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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2001-06-27, Collections de BAnQ.

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w w w .I e d e v o i r .c o m ?V o l .X C I I X ' I 4 I ?L K M E R (’ R E I) 1 2 7 .1 V 1 N 2 0 (I I LE DEVOIR LES SPORTS Raymond Bourque: le repos du guerrier Page B 6 LE MONDE Milosevic garde espoir dechapper au tribunal international ^ Page A 5 I A V K s Le grand déménagement dans l’inconnu Pauline Kanbolo n’a même plus un toit à offrir à ses trois enfants qu'elle élève seule La semaine dernière, les groupes sociaux sonnaient l’alarme: faute de logements, des centaines de personnes se retrouveront à la rue le 1" juillet à Montréal, à Hull et à Québec.Dans la région métropolitaine, plus de 200 ménages ne savent toujours pas où ils coucheront dimanche.Et la liste continue de s’allonger.VALÉRIE DUFOUR LE DEVOIR Les yeux de Pauline Kanbolo expriment la fatigue du monde.Chef d’une famille monoparenta'e de trois enfants, la jeune mère est visiblement découragée.Découragée, épuisée et triste.Arrivée au Canada il y a trois ans comme réfugiée politique, cette Congolaise d’origine n’arrive tout simplement pas à trouver un appartement pour loger sa petite famille.En fait, Pauline a commis une er-._ reur (si l’on peut s'exprimer ainsi), celle de ne pas avoir renouvelé son bail.Elle voulait tenter sa chance en Ontario.«On m'a dit qu'il y avait plus d’emplois et je voulais apprendre l’anglais», confie-t-elle au Devoir.Mais voilà, son projet est resté lettre morte et quelqu’un d’autre avait signé un bail pour son logement lorsqu’elle a décidé de rester à Montréal.«J’ai épluché les petites annonces des journaux, j’ai appelé partout mais à chaque fois on m’a dit que l’appartement était déjà loué, lance-t-elle./c me suis promenée dans le quartier et je n’ai rien vu.Il n’y a rien à louer.» VOIR PAGE A 8: INCONNU JACQUES NADEAU LE DEVOIR Pauline Kanbolo entourée de ses enfants Jothan et Sarah, tenant dans ses bras la petite Naomi.Des piqueries légales pourraient voir le jour au pays Santé Canada fera état de ses réflexions lors d’une rencontre fédérale-provinciale l’automne prochain BRIAN MYLES LE DEVOIR L’ usage des drogues par injec-f lion a atteint des proportions «alarmantes», justifiant l'ouverture à brève échéance de sites d’injection assistée dans les grandes villes comme Montréal, Toronto et Vancouver.Un grou|X‘ de travail relevant de Santé Canada étudie sérieusement cette hypothèse.Un document de consultation dont Le Devoir a obie-nu copie, intitulé Réduire les méfaits associés à l’usage des drogues par injection au Canada, propose de mener «une étude de faisabilité» pour mettre sur pied «un projet de recherche scientifique et médicale» sur les sites d'injection assistée.Le document suggère aussi d’appuyer les initiatives comme la distribution de seringues propres et les programmes de traitement à la méthadone (y compris en milieu carcéral) ainsi que les essais cliniques pour la prescription d’héroïne aux toxicomanes jugés irrécupérables.Montréal, Toronto et Vancouver, les trois villes canadiennes les plus durement touchées par ce fléau, sont susceptibles d’accueillir des piqueries légales d'ici un an, deux ans lout au plus, dans le cadre d’un projet-pilote.A elles seules, ces trois métro|K)les comptent près de 117 000 utilisateurs de drogues par injection (UDI).«L’usage de drogues par injection représente un grave problème social et de santé dans de nombreux pays, y compris au Canada», indique le document de travail préparé par le Comité consultatif sur la santé de la population avec la collaboration de quatre comités fédéraux et provinciaux spécialisés dans les questions portant sur l’alcool, les autres drogues, le sida, les mesures correctionnelles et la justice.Ils présenteront leur recommandations finales lors de la conférence des sous-ministres de la Santé prévue à l’automne.VOIR PAGE A 8: PIQUERIES Six millions pour rajeunir la fonction publique québécoise JEANNE CORRIVEAU LE DEVOIR \ Aune autre époque, la fonction publique n’avait aucune peine à attirer les recrues alléchées par des perspectives de carrière intéressantes et des conditions de travail enviables.Quarante ans après la Révolution tranquille, les hordes de fonctionnaires ont maintenant les cheveux blancs et le gouvernement accuse un tel retard qu’il doit maintenant prendre les grqnds moyens pour rajeunir ses troupes.Le ministre d’Etat à l’Administration et à la Fonction publique, Sylvain Simard, annonçait hier une série de mesures visant à intégrer cette nouvelle génération d’employés.Dans les années 60, la naissance de nouveaux ministères et la réforme complète de la fonction publique avec l’embauche massive de jeunes diplômés choisis pour leurs compétences et non leurs allégeances politiques ont refeçonné l’administration québécoise.Le temps a passé et les compressions budgétaires ont fermé les portes de l’appareil gouvernemental à de nouveaux aspirants pendant les dix derrières années.Résultat: l'âge moyen des employés de l’Etat a grimpé à 44 ans en 2000, les moins de 35 ans ne forment plus que 7,7 % des effectifs et la fonction publique est devenue aux yeux des jeunes une organisation sclérosée.Mais Sylvain Simard espère renverser la vapeur.D’ici dix ans, 21 000 employés réguliers auront déserté la fonction publique, soit 42 % des effectifs.Devant la concurrence de l'entreprise privée et de la fonction publique fédérale, le gouvernement a donc VOIR PAGE A 8: RAJEUNIR INDEX -A4 .Annonces.B 5 Bourse.B 2 Avis publics.B 6 Carrières____B 4 Culture.B 8 Économie.B 1 Éditorial.A6 Idées-A 7 Le monde.A 5 Les sports.B 6 Mots croisés.B 5 Nature.B 5 Télévision.B 7 Météo.B 6 Etudiantes aux HEC pour mieux servir le Christ RENÉ LEWANDOWSKI LE DEVOIR ermain Belzile a eu la surprise de sa vie l’hiver dernier en pénétrant dans sa salle de cours.Elles étaient là, crayon à la main, assises devant leur pupitre, au milieu d’une bande d’étudiants aussi stupéfaits que leur professeur.«Vous avez vu leur costume?Au début, j’ai cru quelles s’étaient déguisées pour la séance d’initiation!», raçonte le professeur d’économie à l’Ecole des hautes études commerciales.D n’est pas le seul à avoir subi un électrochoc.Depuis septembre, trois jeunes femmes dans la trentaine, portant sac à dos et couvertes de la tête aux pieds d’une longue robe et d’un voile bleu marin, ratissent ensemble les corridors des HEC, faisant tourner au passage bien des têtes de la communauté estudiantine.Elles s’appellent sœur Andrée-Anne, 29 ans, sœur Maria Paula, 31 ans, et sieur Marie-Julie, 31 ans, toutes inscrites à temps plein au programme de baccalauréat en administration des affaires.«D port du costume est obligatoire dans notre congrégation», dit sœur Andrée-Anne afin d’expliquer pourquoi elles vont à l’école dans leur habit religieux.l es trois religieuses font partie de la congrégation des Sœurs de la Charité de Sainte-Marie et de la relève des œuvres de Marie-Cla-rac, qui regroupe une école, deux pensionnats, un hôpital, un camp de vacances à Saint-Donat, des résidences pour personnes âgées et un centre VOIR PAGE A 8: HEC Dans cette école, on lit davantage les cotes boursières que les Évangiles JACQUES NADEAU LE DEVOIR La Bible matin et soir et, entre les deux, quelques lectures plus prosaïques pour sœurs Andrée-Anne, Maria Paula et Marie-Julie.Accords de Kyoto Les prétentions de Bush sont contredites Les États-Unis émettent 30 % des gaz à effet de serre même s'ils ne comptent que 5 % de la population de la planète LOUIS-GILLES FRANC CE U R LE DEVOIR Les États-Unis sont responsables de près du tiers de tous les gaz à effet de serre (GÉS) émis depuis le début de l’ére industrielle, soit 30 % de toutes les émissions d'origine humaine depuis 100 ans, même s’ils ne comptent que pour fi % de la population mondiale.Ces chiffres accablants pour la première puissance économique mondiale apparaissent dans un ra(> port publié hier à Ixi Haye par le World Resources Institute (WRI) de Washington, un des |)lus éminents instituts de recherche scientifique des États-Unis.le rapixirt a été publié alors que démarrent en Europe les séances techniques préliminaires en vue de la conférence internationale de Bonn, qui doit se dérouler à la mi-juillet et au cours de laquelle les signataires du protocole de Kyoto vont tenter de sauver cet accord d’une démolition annoncée par l'administration américaine du président Bush.L'étude du WRI a ceci d’original qu’elle compile la totalité des émissions de chaque pays entre 1900 et 1999.Il en ressort que les États-Unis sont le «premier émetteur historique» de GES avec 30 % des émissions planétaires.On savait déjà que les États-Unis crachent actuellement 25 % des émissions anthropiques de GES.Mais leur bilan historique s’avère encore plus lourd, ce qui frappe de plein fouet les prétentions du président Bush et du Congrès, qui refusent d’entériner le protocole de Kyoto parce qu'il n’oblige pas les pays en voie de développement à procéder à des réductions d’ici 2011.le président Bush avait déclaré à ce sujet: «je m’oppose au protocole de Kyoto parce qu'il exempte de réduction 80 % de la planète, y compris des populations aussi importantes que la Chine et l’Inde.» VOIR PAGE A 8: BUSH 778313000665 L K D K V 0 I K .LE MERCREDI 27 JUIN 2 0 0 I A 2 LES ACTUALITES La Société pour l’expansion des exportations Un véritable cadre environnemental pour la SEE «Oui aux affaires mais non au saccage», dit Pettigrew HÉLÈNE BUZZ ETTI DE NOTRE BUREAU D’OTTAWA La Société pour l’expansion des exportations (SEE) devra utiliser des critères environnementaux plus sévères pour évaluer si, oui ou non, elle financera des projets à l’étranger.On veut ainsi cesser d'alimenter les critiques qui accusent la SEE de se rendre complice de désastres écologiques et de violations des droits de la personne.Encore le mois dernier, la SEE s’est fait reprocher d’avoir accordé son appui financier à la mine Antamina, au Pérou (135 millions $US), et au barrage hydroélectrique Chame-ra, en Inde (175 millions).Dans un cas, on déplore les indemnités insuffisantes versées aux populations touchées et, dans l’autre, la trop grande étendue de territoire inondé.Au même moment, la Vérificatrice générale a décrié dans un rapport spécial le manque de respect du cadre environnemental de la SEE: dans 23 projets sur 25, l’évaluation des impacts environnementaux des projets financés avait été mal ou pas du tout faite.Le gouvernement fédéral a annoncé hier qu’il entend remédier à la situation.Il deman- de à la SEE de consulter les Canadiens et ses entreprises-clientes pour proposer un nouveau cadre d’ici l’automne.Mais Ottawa a dressé la liste des éléments dont devra s’inspirer la SEE.Ainsi, on s’attend à ce que l’organisme établisse des normes environnementales uniformes qui devront être respectées pour un type de projet donné, où qu’il se trouve.En ce moment, l’acceptabilité d’un projet dépend surtout de son respect des normes environnementales locales.En d’autres mots, un projet de mine peut être jugé acceptable dans un pays où les lois sont peu sévères mais inacceptable dans un autre.Les valeurs canadiennes On veut aussi que la SEE établisse d’avance de quels renseignements elle a besoin pour procéder à son évaluation et qu’elle s’engage à ne prendre aucune décision visant à accorder ou non un prêt avant d’avoir ces renseignements en main.«Il faut que les valeurs canadiennes soient véhiculées à travers les investissements canadiens faits à l’étranger», a commenté Sébastien Thé-berge, attaché de presse du ministre responsable de la SEE, Pierre Pettigrew.«Et les va- leurs canadiennes, c'est oui aux affaires mais non au saccage.» Le nouveau cadre environnemental ne sera plus de type volontaire: il aura une base juridique.En cas de non-respect, des poursuites pourraient être entamées, mais uniquement par des Canadiens, a précisé M.Théberge.Il faudra attendre le dépôt du projet de loi pour connaître les conséquences d’une poursuite fructueuse.Première réaction négative Cette annonce a laissé perplexe le plus virulent critique de l’organisme, le Groupe de travail d’ONG sur la SEE.On déplore qu’elle ne soit pas carrément soumise à la Loi canadienne d’évaluation environnementale, qui régit les projets menés au Canada.Ceci aurait fait en sorte que le Canada applique les mêmes normes à l’étranger qu’à l’intérieur de ses frontières.Le gouvernement fédéral finance la SEE à hauteur de 244 millions chaque année, somme qui sert à financer des entreprises canadiennes pour les aider à exporter leurs produits et à mener à terme des projets à l’étranger.Session de l’ONU sur le sida Une déclaration finale « de compromis » AGENCE FRANCE-PRESSE New York — Les quelque 160 pays participant à la session extraordinaire de l’Assemblée générale de l’ONU sur le sida à New York sont parvenus à un accord sur le texte d’une déclaration finale «de compromis», a-t-on appris hier auprès d’un responsable de l’ONU.«Ils se sont mis d’accord sur un texte de compromis», a indiqué ce responsable sous couvert d’anonymat.Ce document final, qui devrait être adopté aujourd’hui à l’issue dés débats, ne fait plus ré- férence aux termes et aspects les plus controversés de la déclaration qui en bloquaient jusqu'ici l’adoption: «droits de l’homme», «groupes vulnérables» (homosexuels, prostituées, drogués, immigrants), «droits des femmes» et «obstacles culturels».Les vifs débats qui se sont déroulés en coulisses sur ce texte illustrent les tabous qui entourent toujours la sexualité et le sid?reflétés dans la véritable «guerre culturelle» entre pays occidentaux et une coalition de pays catholiques et musulmans, opposés à toute mention dans le document des homosexuels, drogués et prostitués, selon des diplomates.L’organisation Médecins du monde s’est indignée de ce texte qui, «se voulant consensuel [.], manque de conviction et d'engagements finis».«Le projet de déclaration affiche m discours d’exclusion et de stigmatisation des toxicomanes, des homosexuels et des prostituées.Ces personnes sont par-'ticulièrement vulnérables visà-vis du virus du sida et doivent être reconnues comme telles», écrit l’organisation dans un communiqué.Médecins du monde déplore par ailleurs que le texte «évite de promouvoir franchement la réduction des risques liés à la drogue» et ne «mette pas assez l’accent sur le lien entre la prévention et les traitements».Un nouveau traitement contre la dysfonction sexuelle PAULINE GRAVEL LE DEVOIR Selon une récente enquête effectuée sur la sexualité des Canadiens, 27 % d’entre eux souffrent de dysfonction érectile.D’ici quelques années, la thérapie génique pourrait bien devenir le traitement par excellence pour soulager ces messieurs de leur handicap.Au cours de la dernière décennie, les scientifiques ont découvert qu’une molécule, nommée oxyde nitrique, présente dans l’organe de la copulation, induisait la synthèse du guanosine monophosphate cyclique (cGMP), messager chimique responsable de la relaxation des muscles lisses qui composent 70 % des tissus du pénis.Or la relaxation de ces muscles lisses permet l’entrée du sang dans l’organe, provoquant ainsi son érection.Molécule qui inhibe la dégradation du cGMP, le viagra accroît la concentration de ce messager chimique dans le pénis et entraîne de ce fait une érection plus longue et plus efficace.L’action spectaculaire du viagra au niveau de l’organe masculin s’accompagne toutefois d’une foule d’effets secondaires indésirables compte tenu de l’ubiquité du messager chimique dans l’organisme.Les scientifiques s’efforcent donc de mettre au point des médicaments qui seront plus sélectifs et agiront plus spécifiquement sur l’organe sexuel.«Une stratégie consiste à stimuler le circuit nerveux issu de la région du cerveau responsable de l’innervation du pénis et donc de son érection», a expliqué le docteur Wayne J.G.Hellstrom, spécialiste des dysfonctions sexuelles au Centre médical de l’université Tulane à La Nouvelle-Orléans, en Louisiane, lors d’un congrès sur l’andrologie qui a récemment eu lieu à Montréal.«Ces médicaments qui agissent centralement [au niveau du cerveau] pourraient même éventuellement aider les femmes atteintes de dysfonctions sexuelles» Selon le docteur Wayne Hellstrom, les femmes seraient probablement aussi nombreuses, sinon plus que les hommes, à souffrir de dysfonction sexuelle, mais le problème est très peu discuté.probablement parce qu’il n’a jamais été étudié.Mais le traitement le plus innovateur sur lequel travaille le docteur Hellstrom est la thérapie génique.Ce traitement qu’il expérimente actuellement chez le rat consiste à «injecter dans le pénis le gène responsable de la synthèse de l’oxyde nitrique.Le gène est alors incorporé par les muscles lisses de l’organe [où, telle une petite usine de production], il accroît la présence du messager chimique, cGMP, qui enclenche la relaxation des muscles lisses, causant ainsi l’érection».Ce traitement hautement sélectif ne sera toutefois pas disponible chez l’humain avant cinq à dix ans, a prévenu le chercheur.EN BREF Pas de cellulaire au volant à NY Albany (PC) — New York est sur le point de devenir le premier État américain à proscrire l’usage du téléphone cellulaire manuel lors de la conduite automobile.La législature de l’État a adopté la me- sure, qui doit maintenant être entérinée par le gouverneur, George Pataki, qui a déjà promis de l’appuyer.La loi sera en vigueur le 1er novembre, mais elle prévoit une période de grâce au cours de laquelle les automobilistes fautifs recevront un avertissement Un mois plus tard, une amende de 100 $ sera imposée.LA LEXUS IS 300 2001 m ,'.f CM «wssp® Preuve que la justice est de ce monde : les performances Lexus à bon prix.Certes, elle est abordable.Mais son plus grand atout, c'est d 'être une Lexus.Se retrouver aux commandes de cette grande sportive propulsée par un moteur de 3 litres et 215 ch est un vrai plaisir.La suspension indépendante à double bras triangulé de la IS300 minimise les vibrations au niveau même du centre de gravité, accroissant ainsi la stabilité du véhicule.Ce qui tous permet 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à L K I) K V O I R .I.K M K R C R K I) I J I I N 2 0 0 I LE DEVOIR ACTUALITÉS Gambard Vente et service technique ¦ A RITewHl'ARI MONTRÉAL.«.I XTRf V1UI • TF1 HMvlR'd Chantal Hébert Homme rose ou macho ?Colline parlementaire fédérale oblige, j’ai passé beaucoup plus de jours de la récente saison politique en compagnie de Stock-well Day que de Bernard Landry.Dans ma profession, on a les fréquentations qu’on peut! Fendant la dernière campagne électorale, le chef de l’Alliance et moi avons même eu l’occasion de discuter de sa préférence pour les échecs par rapport au scrabble.Encore que je soupçonne que, poussé dans ses derniers retranchements, M.Day serait aujourd’hui enclin à privilégier les jeux de lettres à ceux de stratégie.Par comparaison, M.Landry et moi avons tout au plus passé quelques minutes côte à côte à attendre nos tours respectifs sur un plateau de télévision.C’était à la toute veille du référendum de 1995.Il pensait qu’il gagnait, je croyais qu’il allait perdre.Quelques années plus tard, nous avons eu une courte conversation téléphonique.Jetais en file à la caisse d’une SAQ.D était à bord de sa limousine ministérielle.Par la suite, en discutant avec des collègues, j’ai cru comprendre qu’il avait parfois tendance à occuper les temps morts sur l’autoroute 20 en faisant de la pédagogie journalistique.Ces contacts téléphoniques étaient également chers à Brian Mulroney.Dieu sait qu’ils ne lui ont pas porté chance! Mais là n’est pas mon propos aujourd’hui.En prenant connaissance des plus récents sondages, j’ai découvert de nouveaux avantages journalistiques à ma relative distance par rapport au nouveau premier ministre du Québec.Les femmes, y apprend-on, sont doublement plus réfractaires que les hommes au style Landry, une désaffection qu’on a sommairement attribuée au sein du Parti québécois à la méfiance soi-disant proverbiale de Télectorat féminin par rapport au changement Mais de quel changement parle-t-on?Depuis son arrivée en poste, M.I andry incarne tout sauf justement le changement.Vu de loin, c'est-à-dire du point de vue de la vaste majorité de celles qui votent Bernard Landry me semble inspirer des réserves qui relèvent de Tordre du déjà vu plutôt que de la nouveauté.M.Landry n’était pas encore assermenté qu’il jurait de mettre son gouvernement encore davantage au service de la réalisation de la souveraineté.Dans l’état actuel des choses, cela équivaut à taper sur un clou pour le faire entrer dans un mur de briques.Ce n’est bon ni pour le clou, ni pour le mur.Inrs de la composition de son conseil des ministres, M.Landry s’est vanté d’avoir aménagé une place sans précédent aux femmes, notamment en nommant Pauline Marois aux Finances.Malheureusement, s’il y a un phénomène que les femmes d’aujourd’hui connaissent trop bien, c’est la singulière propension qu’ont les gros postes de perdre de leur influence aussitôt que Tune d’entre elles pointe le bout de son nez.Et que dire de la pratique de créer des postes de secrétaires glorifiées pour ajouter des noms de femmes à la liste de la direction.A l’occasion de la présentation du dernier budget, le premier ministre a parlé haut et fort du début d’une grande offensive contre la pauvreté, laquelle se résumait finalement à quelques miettes.La stratégie qui consiste à vendre le même savon dans un emballage redessiné pour taper Tœil ne trompe personne qui fait régulièrement Tépicerie.Il n’y a pas si longtemps, M.Landry se vantait d’être le plus fervent libre-échangiste en Amérique du Nord.Le PQ a été une des forces motrices de l’adhésion du Canady au libre-échange canado-amé-ricain et à TALENA A la lumière d’un sondage montrant que les Québécois s’inquiètent de plus en plus des conséquences de la mondialisation, il affirme maintenant que la solution à ces angoisses réside dans la souveraineté du Québec.Pourtant, hier encore aux Finances, il expliquait avec justesse que le simple maintien de la position concurrentielle du Québec par rapport à ses voisines canadiennes limitait sa marge de manœuvre en matière de salaire minimum.souveraineté permettrait-elle au Québec d'échapper aux pressions de la mondialisation?A force de vouloir être à la fois un macho et un homme rose, on finit généralement par ne séduire personne.Mais laissons le mot de la fin à une autre femme.À la fin de 1993, Louise Beaudoin n’était encore ni ministre ni députée.En marge d’un colloque politique, elle s’était livrée à la réflexion suivante sur la confiance dont jouis-sait René Lévesque par rapport à Jacques Parizeau.Sebn elle, les Québécois avaient davantage confiance en M.Lévesque parce qu’ils avaient la conviction que, s’il découvrait que la souveraineté comportait plus de ronces que de roses, il n'hésiterait pas à rebrousser chemin tandis que M.Parizeau continuerait sur sa lancée.J'ai l’impression jusqu’à présent que cette perception de M.Lévesque valait pour Lucien Bouchard tandis que cette évaluation de Jacques Parizeau s’applique pour bien des électeurs, tous sexes confondus, à Bernard Landry.Sur ce, bon été.Je vous laisse jusqu’à la fin août aux campagnes de charme des messieurs Day et I andry.Les dangers de Pauto-examen des seins : à prendre avec des pincettes La Société canadienne du cancer continuera à faire campagne en faveur de cette mesure La recommandation d’un groupe d’experts canadiens prônant l’abandon de l'auto-exa-men des seins comme méthode de dépistage du cancer du sein sème le doute chez les médecins.La Société canadienne du cancer a aussi accueilli hier ce conseil avec un bémol et elle continuera à inclure l'auto-examen à ses campagnes de prévention.ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Abandonner la pratique de l’auto-examen des seins serait une hérésie, croient plusieurs spécialistes du cancer du sein, qui ont froidement accueilli hier la recommandation que vient d’émettre en ce sens un groupe d’experts canadiens sur la médecine préventive.Même la Société canadienne du cancer affirme que les conclusions de ce groupe d’experts ne changeront pas d’un iota sa politique envers l’auto-examen des seins, considéré comme un mode de prévention complémentaire, après la mammographie et l’examen clinique annuel par un médecin.«Nous sommes intéressés à toutes les nouvelles études qui se publient sur la question.Mais pour l’instant, nous maintenons nos recommandations, qui sont d’abord de passer une mammographie, puis un exa- men annuel, puis l'auto-examen des seins.Même si cette méthode est moins.fiable que la mammographie, il reste que plusieurs femmes ont trouvé leur cancer de cette façon-, a insiste hier Suzanne lemire, porte-|x>-role pour la Société canadienne du cancer.Plus de mal que de bien?Ces nouvelles lignes directrices, que vient de publier ce groupe d’experts dans le Journal de l’Association médicale canadienne, visent à guider les médecins dans leur pratique et à réévaluer la pertinence de certaines campagnes de prévention.Pour soutenir leurs conclusions, ces experts affirment que l’auto-examen, d’après 16 études majeures, n'a eu aucun impact sur le taux de mortalité dû au cancer du sein.Plus encore, cette méthode semble avoir causé plus de problèmes, disent-ils, en encourageant les biopsies inutiles et une anxiété excessive chez les femmes ayant des masses non cancéreuses.Mais les spécialistes qui traitent les patientes atteintes de cancer sont d’un tout autre avis.Si l’auto-examen des seins n'est pas une panacée, il n’en d K V O I K .L Y.M K R » H K I» I .1 I I V > 0 O 1 A .) -* LE DEVOIR ?-— LE MONDE Le pape aux jeunes Ukrainiens Macédoine Les jeunes membres du chœur qui devait chanter pour Jean-Paul II ont dû lutter contre la pluie pour livrer leur performance.« Restez avec confiance » La tension monte Les graves incidents des dernières heures rendent la minorité albanaise craintive AGENCE FRANCE-PRESSE REUTERS Skopje — Le president macédonien Boris Trajkovski a défendu hier le retrait controversé des rebelles albanais d’Aracinovo, qu’il a qualifié de «succès* en réponse au coup de colère de milliers de manifestants qui s’étaient rassemblés lundi soir à Skopje en l’accusant de laxisme.Le retrait de la guérilla d’Aracinovo, négocié par la communauté internationale, «était la tnanière la plus rapide et la plus efficace pour éviter des victimes», a affirmé Boris Trajkovski, s’adressant au pays à la radio et à la télévision.Il a estimé que cette opération constitue «un succès, avec l’aide de l’Union européenne et de l’OTAN, car le but était de faire partir les rebelles» qui contrôlaient depuis le 8 juin cette localité aux portes de Skopje et «d’éloigner la menace» de la capitale.Mais dès hier matin, et malgré l’annonce par la guérilla d'un cessez-le-feu de longue durée, des combats ont éclaté à Nikustak, le village même où des centaines de rebelles avaient été déposés lundi soir, avec leur armes, après avoir été évacués d'Aracinovo, quelques kilomètres plus au sud.Iæs chars macédoniens ont ou- vert le feu contre la guerilla, les deux camps s'accusant d’avoir attaque en premier.A Skopje, en revanche, le calme était revenu après la manifestation.parfois violente, de la veille au soir.Aucun dispositif policier n'était risible aux abords du parlement, qui abrite aussi les locaux de la présidence du pays, devant lequel des milliers de personnes s’étaient rassemblées, criant «Trajkovski, démission», pendant que quelques manifestants forçaient les entrées du bâtiment.Des dizaines d’hommes en uniforme militaire étaient mêlés à la foule, certains faisant claquer des rafales d'arme automatique, sans que la manifestation ne dégénère pourtant au delà de quelques vitrines brisées, voitures officielles lapidées et bureaux saccagés.Dans un contexte de mécontentement croissant, le départ quelques heures plus tôt de centaines de rebelles de l’Armée de libération nationale (UCK) d'Aracinovo, avec la bénédiction de la communauté internationale, emportant à bord de plusieurs camions leur arsenal militaire, avait mis le feu aux poudres.Une bonne partie de l'opinion publique macédonienne accuse en effet les dirigeants du pays de laxisme et la communauté inter- nationale, très critiquée [xmr ses appels à la modération, de soutenir la cause albanaise.Même si plusieurs observateurs mettaient en doute hier le caractère spontané du rassemblement, cette manifestation «semble être le fait d’une minorité manipulée par des agitateurs qui ont interet À polariser les tensions entre les deux communautés», macédonienne et albanaise, a estimé à Bruxelles le porteqia-mle de l’O TAN.Craintes les graves incidents de ces dernières heures à Skopje font d’ailleurs craindre à la minorité albanaise d’être victime de pogroms que personne au sein du gouvernement macédonien ne semble fermement disposé à empêcher.Hier, les commerçants albanais ont fermé boutique et les pères de famille s’apprêtent à évacuer femmes et enfants hors de la ville.Certains choisissent de se faire discrets pour l'instant, d'autres avouent attendre les ordres des chefs de la guérilla.De l'avis des responsables |«>li-tiques albanophones, certains membres du gouvernement macédonien mettent les échauffourées au service de leur logique de guerre.Ils accusent en particulier le ministre de l’Intérieur, le Slave 1 jubé Boskovski, et son allie ixili-tique, le premier ministre 1 jubco (îeorgievski, de faire obstacle à la paix — un avis partagé par certains diplomates occidentaux.Lundi soir, des reserristes de la police armés de kalachnikovs ont pénétré de force dans le parlement.Plusieurs ont tiré en l'air dt^ puis le balcon, d’où ils ont été acclames par des milliers de manifestants hostiles à la politique gouvernementale envers la rebellion albanaise, jugee trop laxiste.Si des menaces de mort ont été proférées contre les albanophones, la foule en colère s'est gardée de traverser la rivière Nadiu et d’envahir le vieux quartier de la ville, dont les rues étroites sont bordées de magasins tenus par des albanophones.1 es dégâts se sont limités à des vitrines brisées, mais le message a été bien revu.«Samedi, je vais emmener ma femme et nus enfants à l'extérieur de la ville parer qu'ils ont peur, je ne sais pas comment nous allons nous défendre», s’inquiète un ix1-tit commerçant, (îafur Memeti.Au même moment, le chef rebelle albanophone, connu sous son nom de guerre, Hoxha, déclarait qu'il se trouvait à Skopje pour défendre les civils au lendemain des graves échauffourées consécutives à l’évacuation de rebelles du village d’Aracinovo, proche de la capitale.Les autorités se mobilisent JEAN-MICHEL CADIOT AGENCE FRANCE-PRESSE Téhéran — Frappé par une grave sécheresse, l'Iran souffre d'une pénurie d'eau qui inquiète la population, notanunent les Téhéranais condamnés à vivre au rytjime des coupures, et mobilise les autorités.A tour de rôle, les quartiers de la capitale iranienne — dix millions d’habitants — sont privés d’eau, en général pour douze heures.C’était le tour hier du quartier Haft-é-tir, alors que la chaleur était suffocante dans la ville.Lundi, le quartier de Behecthi n’avait plus d’eau.«Il y a toujours eu des problèmes, des petites coupures.Mais depuis dix ans, on n’avait pas connu ça», explique Homeyra Yazdi, une retraitée du quartier.Les trois barrages alimentant Téhéran sont à leur plus bas niveau.Les réserves risquent d’être épuisées d’ici la fin du mois d’août, selon les experts.Dans la ville touristique d’Ispahan (centre), le fleuve Zayandeh-Roud, sur lequel subsistent d’antiques ponts, est à sec depuis plusieurs mois.Outre Téhéran, les régions du Sistan-Balouchistan (sud-est), où chaque jour des milliers d’Afghans entrent de façon clandestine en Iran, du Khorassan (nord-est) et de Fars (sud), sont parmi les plus touchées.L’Iran connaît sa quatrième année de sécheresse consécutive, mais c’est la première fois que la question de l’eau se pose au niveau national de façon aussi dramatique.Des consignes ont été données ces derniers jours aux Iraniens, notamment aux Téhéranais, de «faire des efforts» et de consommer 15 % moins d’eau.«C’est un premier pas, mais c’est insuffisant», indiquait-on hier à la Société des eaux iranienne (SKI) de la province de Téhéran.la pénurie d’eau a déjà provoqué des incidents sérieux.Il y a quelques jours, une histoire de répartition d'eau a dégénéré en bagarre collective et 20 personnes ont été arrêtées près de Kerman (sud).Un homme a été pendu récemment à Babol (nord) pour avoir tué sa voisine qui l’accusait de trop consommer d’eau.Outre les citadins, les agriculteurs sont très pénalisés par la sécheresse, 90 % de Teau étant destinée à l’agriculture.L’élevage souffre particulièrement dans un pays à peine autosuffisant (x>ur ses besoins en viande.Un débat houleux a agité hier le Parlement (Majlis) sur les subventions à accorder aux agriculteurs pour les aider notamment à creuser des puits.Des députés ont dénoncé les «carences» du gouvernement pour faire face à la crise.Outre la faiblesse de la pluviométrie, l'Iran est aux prises avec une pollution croissante qui touche ses réserves en eau, y compris les nappes phréatiques, et à un réchauffement de son climat.Téhéran est totalement en phase avec l’Union européenne pour faire aboutir, malgré l’opposition américaine, le protocole de Kyoto, qui impose à 38 pays occidentaux et d’Europe de l’Est de réduire, entre 2(X)8 et 2012, de 52 % en moyenne leurs rejets de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement de la planète.Slobodan Milosevic garde espoir L ex-président yougoslave pourrait être livré au tribunal de La Haye dès vendredi Alors que son éventuel transfèrement vers le Tribunal pénal international (TPI) de La Haye approche, Slobodan Milosevic n’a pas perdu espoir de voir la situation se dénouer à son avantage.Fort de l’appui d’une partie de la population yougoslave — 10 000 personnes ont manifesté hier en sa faveur face au parlement de Belgrade —, il estime encore possible que la justice de son pays refuse de le livrer.IZW G*"""’ SmaÿAUH REUTERS Environ 10 000 personnes ont manifesté hier à Belgrade leur soutien à Slobodan Milosevic, aux cris de «Nous ne donnerons pas Slobodan ! » et «Trahison ! ».AGENCE FRANCE-PRESSE Lviv — Après avoir prêché aux Ukrainiens la réconciliation interreligieuse entre orthodoxes et catholiques, puis interethnique avec les Polonais, le pape a demandé hier aux jeunes de faire confiance à leur pays et de ne pas l’abandonner pour le «mirage de la richesse facile à l’étranger».Jean-Paul II s’adressait à une foule compacte de jeunes, chantant et agitant des drapeaux et des banderoles malgré une pluie froide, réunis sur une esplanade à la périphérie de Lviv, au nombre de quelque 200 000, selon les journalistes sur place.Le souverain pontife est apparu en forme au soir du quatrième jour de sa visite en Ukraine, marqué par un accueil particulièrement chaleureux dans ce bastion catholique de Touest du pays.Des dizaines de milliers de curieux endimanchés se pressaient hier soir le long des rues empruntées par son cortège.S’adressant aux jeunes, il les a invités à «rester avec confiance dans leur patrie, sans céder aux mirages de la richesse facile à l’étranger.On a besoin de vous ici», a-t-il ajouté.L’émigration constitue un problème de premier plan en Ukraine, dont la démographie est nettement négative, avec deux millions de départs à l’étranger depuis cinq ans.Il s'agit autant de AGENCE FRANCE-PRESSE REUTERS Belgrade — Du fond de sa cellule à Belgrade, l'ancien président yougoslave Slobodan Milosevic espère toujours, selon l'un de ses avocats, que la justice de son pays désavouera le pouvoir politique et refusera de le livrer au TPI.Si M.Milosevic offre parfois le visage d’un homme «résigné et triste» face à «la trahison», «il continue d'espérer que la justice nationale ne répondra pas positivement aux requêtes du TPI», a déclaré hier l'un de ses défenseurs, M’ Veselin Cerovic.Lundi, le gouvernement fédéral de la Yougoslavie a officiellement engagé auprès du Tribunal régional de Belgrade le processus devant aboutir prochainement au transfèrement de l'ex-président au TPI.Cette démarche fait suite à l’adoption par le cabinet fédéral.48 heures plus tôt d’un décret officialisant sa coopération avec le TPI et ouvrant la voie à une comparution devant cette juridiction de TONU des anciens responsables serbes inculpés de crimes de guerre et se trouvant en Yougoslavie.Selon le TPI.ils sont au nombre de seize.M.Milosevic est incarcéré à la départs de chercheurs hautement qualifiés, en augmentation d’année en année, que de dizaines de milliers de jeunes filles tombant chaque année dans les filets de réseaux internationaux de proxénétisme, selon l’ONG spécialisée La Strada.Depuis le début de sa visite en Ukraine, le pape a prêché la réconciliation, à commencer par celle avec les orthodoxes, auxquels il a demandé pardon pour les erreurs commises à leur égard, dès son arrivée à Kiev samedi.Mais ses appels n’ont apparemment pas fait mollir le patriarcat de Moscou, farouchement opposé à sa visite en Ukraine, considérée comme un territoire orthodoxe.Après avoir gardé le silence pendant trois jours — ce qui avait été interprété comme un signe positif par le Vatican —, le patriarche russe Alexis II a affirmé hier que «plusieurs siècles de division entre catholiques et orthodoxes ne pouvaient être surmontés avec une seule déclaration», en référence à la demande de pardon du pape.La visite controversée du pape en Ukraine ne rapprochera pas catholiques et orthodoxes mais, au contraire, «contribuera à la division de ces deux confessions, cédant nous avons aujourd’hui le moins besoin», a déclaré Alexis II selon l’agence Itar-Tass, depuis le Bélarus où il se trouve en visite.prison centrale de Belgrade depuis le 1er avril dans le cadre d’une instruction ordonnée par la justice de la Serbie pour abus de pouvoir et malversations financières.Selon son défenseur, M.Milosevic considère que «les soupçons et accusations dont il est l'objet sont le résultat d’une machination politique mise en œuvre par l’OTAN», dont la coalition dirigeante (DOS) du président Vojislav Kostunica est «l’instrument».Le discours anti-OTAN de M.Milosevic n’a pas varié depuis des années.Ses diatribes contre l’Alliance atlantique ont alimenté l'essentiel de son dernier message électoral, peu avant le scrutin présidentiel qu’il a perdu, en septembre, face à M.Kostunica.«Tout ce qu’il a fait lorsqu'il était à la tête de la Yougoslavie, c’était, selon lui, de la légitime défense.Il affirme qu’il s'est constamment attelé à la sauvegarde de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de son pays.Pour lui, le responsable de tous les crimes, c’est l’OTAN.Il ne cesse de faire référence aux bombardements monstrueux, en 1999, de la Yougoslavie par les avions de l’Alliance», poursuit l’avocat «Aujourd'hui, selon M.Cerovic, M.Milosevic considère qu'il est un prisonnier de l’OTAN et il a quasiment érigé en philosophie politique sa résistance à cette organisation.Il s’estime comme un vainqueur moral face à ses attaques.» L’ancien président yougoslave est «intimement persuadé que son départ éventuel à Im Haye constituerait un acte de trahison, quelque chose de très indigne pour le peuple serbe et pour tous ceux qui ont adopté le décretfédéral», a ajouté M.Cerovic.Evoquant les conditions de vie de son client, M.Cerovic assure qu’il lit beaucoup, «jusqu’à deux heures du matin».«L’histoire et la philosophie le passionnent.Il m’a dit récemment qu’il s’était plongé dans Socrate et Platon.Il consacre aussi du temps à la lecture des quotidiens de Belgrade.» Seul privilège accordé à l’ancien homme fort de Belgrade par rapport à ses voisins détenus: «Sa cellule est un peu plus grande et, surtout, il a droit à la lumière plus longtemps dans la nuit.» M.Cerovic affirme que lui et ses collègues attachés à la défense de M.Milosevic «se battront jusqu'à la fin pour tenter d’infléchir positivement le cours de son destin et pour empêcher qu’il comparaisse devant le IPI».«En tant qu’avocat, conclut-il, ;'e peux dire que ce tribunal rappelle vraiment l’Inquisition».Pas de date ferme Selon le premier ministre serbe Zoran Djindjic, le transfèrement de l’ancien président pourrait toutefois être une question de jours, même si aucune date précise n’avait encore été fixée hier soir.Zoran Djindjic a en effet laissé entendre que Milo- Pénurie d’eau en Iran sevic pourrait être transféré dès vendredi prochain, date de la conférence des bailleurs de fonds internationaux pour Tex-Yougoslavie, prévue à Bruxelles.«Je ne sais pas si cela sera fait dans un laps de temps aussi court, mais [le transfèrement se fera] d’ici très peu de temps.Trois jours ou dix jours, cela ne fait pas une grande différence», a-t-il déclaré à la presse.Plus prudent, le président yougoslave Vojislav Kostunica n’a pas évoqué de date de transfèrement, rappelant même qu’il aurait préféré que Milosevic soit jugé dans son pays.D’après lui, la pression exercée par les Etats-Unis en a décidé autrement «Nous ne voulons pas être un pays isolé, nous ne voulons pas être un État paria dans le monde.Nous voulons avoir des relations normales avec le reste du monde», a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.Kostunica, qui a fréquemment critiqué par le passé le tribunal de I.a Haye, qu’il juge hostile aux Serbes, a indiqué que le décret adopté samedi par le gouvernement yougoslave ne pourrait être mis en œuvre avant la conférence de Bruxelles.«Iœ décret prévoit une certaine procédure, certains droits, y compris celui de faire appel, et il ne peut tout simplement pas être mis en oeuvre d'ici la conférence des donateurs», a-t-il déclaré.EN BR E F Le bilan s’alourdit au Pérou Lima (AFP) — D1 tremblement de terre de samedi dans le sud du Pérou a fait 102 morts, 53 disparus et 1368 blessés, selon un dernier bilan produit hier par l’Institut national péruvien de I léfenso civile.11114 habitations ont été détruites l>ar la secousse tellurique et 46 460 personnes sinistrées.En raison du séisme, le gouvernement de transition a déclaré l’état d’urgence dans les départements d’Arequipa de Moquegua et Tacna, ainsi que (huis les provinces de Parinacochas et Paucardel Sara.Selon l’Institut de géophysique du Pérou (1GP), il s’est produit quelque 160 secousses secondaires depuis samedi, certaines d’une magnitude de cinq degrés sur l’échelle ouverte de Richter.La militante Sihem Ben Sedrine est arrêtée à Tunis 'Tunis et Paris (AI1) — L’opposante tunisienne et militante des droits de l’homme Sihem Ben Sedrine a été- interpellée hier à l’aéroport de Tunis à son retour de Londres pour être déférés- devant un juge d’instruction, a-t-on appris auprès de l’une de ses avocates, Radia Nasraoui.Dans un communiqué rédigé à Paris, l’()bservatoire ixiur la protection (les défenseurs des droits de l’homme a dénoncé «un nouveau durcissement du régime tunisien à l’encontre des défenseurs des droits humains» et appelé les «autorités tunisiennes à respecter leurs engagements internationaux».Propriétaire de la maison d’édition Aloes, directrice du magazine en ligne Ka-lima et porte-parole du Conseil national [xiur les libertés en Tunisie (CNLT, non reconnu), Sihem Ben Sedrine est l’une des personnalités les plus en vue des dissidents tunisiens hostiles au «régime policier» dirigé par le président Zinc el Abi-dine Ben Ali.L’Espagne recrute pour combattre l’ETA Madrid (Reuters) — Le gouvernement espagnol va recruter 5500 policiers et gardes civils cette année pour, notamment combattre les séparatistes basques de 1TTA a annoncé hier le président du gouvernement José Maria Aznar.L’ETA a tué près de 800 personnes au cours de 30 ans d’une insurrection armée dirigés: contre le pouvoir central, visant à obtenir la création d’un Etat basque indépendant le renforcement des forces de police ira de pair avec une révision du code pé-nal et une ré-forme de la justice destiné-e à renforcer l’indépendance des juges, a indiqué Aznar dans son discours sur l’état de la nation prononcé devant les Cortès. EDITORIAL Uéchec du monde Tout un chacun l’admet: la pandémie du sida a atteint des proportions telles qu’elle commande une contre-offensive aussi massive qu’universelle.Malheureusement, le sommet qui se déroule présentement sous l’égide des Nations unies est davantage le théâtre de polémiques que de convergences.epuis le coup d’envoi de la première session extraordinaire que l’ONU a consacrée au sida, deux controverses et une inquiétude sont apparues.Les controverses?La première émane des Etats-Unis, qui souhaitent établir une nette distinction entre prévention et distribution de médicaments.la seconde provient des pays musulmans, alliés objectifs, une fois n’est pas coutume, de la droite religieuse américaine, qui ne veulent pas que priorité, en matière d’intervention, soit accordée aux groupes vulnérables: les homosexuels, les prostitués, les drogués, etc.L’inquiétude?11 est peu probable (lue la proposition du secrétaire général de l’ONU, Koli Annan, de créer un fonds d’aide doté annuellement de sept milliards minimum passe comme une lettre à la poste.Reprenons.Nouveau responsable de l’US Agency for International Development, Andrew Natsios est l’auteur d’une bourde si monumentale qu’il a passablement heurté l’ensemble des organisations qui luttent quotidiennement sur le front du sida.Dans une entrevue accordée ces jours-ci au Boston Globe, le principal acteur de la coopération américaine est allé jusqu’à soutenir que la distribution de médicaments aux 25 millions d’Africains séropositifs est inutile.Ce propos, Andrew Natsios l’a appuyé en arguant du fait que les Africains, parce qu’ils auraient une conception du temps différente de la nôtre, ne sauraient pas suivre adéquatement les présentions.Par conséquent, tous les efforts devraient s’articuler sur la prévention et non l’allocation de soins.Cette position reviendrait à abandonner tout simplement les personnes actuellement aux prises avec cette maladie.Pour leur part, les pays musulmans ont exprimé de vives réserves à propos de la hiérarchisation des groupes à risques.Que l’on donne priorité, toujours en matière de prévention, à ces groupes constitue à leurs yeux un scandale.la délégation iranienne est allée jusqu’à accuser les pays du Nord de vouloir «légitimer des comportements contraires aux valeurs d'autres pays».Histoire de ne pas être en reste, l’Egypte a formulé un amendement afin que le comportement des homosexuels, par exemple, soit qualifié (['«irresponsable».Bref, ces pays sont davantage animés par la volonté de punir, de châtier, que par le combat qu’exige l’urgence de la situation.lorsqu’on y songe, taxer la situation d’urgence relève pratiquement de la lapalissade.En effet, selon les estimations de l’ONU, 35 millions d’individus à travers le monde sont infectés par le virus du sida, dont 25 millions dans l’Afrique subsaharienne.Dans huit pays africains, 15 % au moins des adultes sont aux prises avec cette maladie; au Botswana, le nombre atteint 36 %; en Afrique du Sud, il avoisine 20 %.L’an dernier, toujours en Afrique, on a comptabilisé près de 2,5 millions de décès.En fait, tout se résume comme suit: de 61 ans, l’espérance de vie des pays touchés est tombée à 44 ans.Il va sans dire que les conséquences inhérentes à cette pandémie relèvent du désastre tous azimuts.Déjà pauvres, toutes les nations qui composent l’Afrique subsaharienne voient leur PIB respectif être retranché de 1 à 2 % par année.Sur le plan démographique, lec générations comprises entre 15 et 49 ans étant les plus touchées et le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans augmentant, ces pays sont condamnés à un désastre social et culturel qui dépasse l’entendement.On constate déjà qu’entre la mort des enseignants et la hausse vertigineuse du nombre d’orphelins, l’alphabétisation régresse de manière prononcée.Pour pallier tous ces maux, Kofi Annan demande aux plus riches des nations la constitution d’un fonds d’aide de sept milliards par année afin de financer simultanément des campagnes de prévention et de distribution de médicaments.Entre les sommes promises pour l’instant par le Canada (73 millions), les Etats-Unis (200 millions), la France (150 millions) et certaines grosses entreprises, on est très loin du compte: 528 millions seulement.A moins d’un sursaut de dernière minute, ce qui est peu probable, les tables de la mort sont appelées à gonfler inexorablement.Serge Truffaut ?T LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA l-E 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information CLAUDE BEAUREGARD Rédacteur en chef adjoint MICHEL VENNE Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, MARIE-ANDREE LAMONTAGNE.LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE C'cTAT ÇA (WÊCÎT ‘A CRAuDC?(tAWÏXZ loot-efc.r' AwnULC 'A F m 600 000 $ et six mois de travail à l’eau Pour un défilé de nuit de la Saint-Jean qu’on a décidé de reporter à l’année prochaine, ce sont ni plus ni moins 600 000 $ et six mois de travail tombés à l’eau.de pluie.Pour un défilé qui devait se tenir beau temps mauvais temps, est-ce le premier volet du Festival Juste pour rire?L’un des producteurs avance qu’on ne peut remettre le défilé dans les 48 heures qui suivent parce que l’équipement loué est monopolisé pour d'autres événements.Mais quels événements?Le Festival de jazz et la Fête du Canada, une semaine plus tard ?Un autre producteur.Simon Aussant, justifie la non-tenue du défilé, le 25, sous prétexte qu’on ne peut priver les vacanciers de l’accès au pont Jacques-Cartier dans la soirée du lundi.Comme si l’île de Montréal n’avait qu’un seul pont et aucun tunnel! J’avoue que je n’ai vu aucun des derniers défilés de nuit parce que ceux de jour qui les avaient précédés m’avaient tellement déçu par leur côté quétaine et amateur.Tout ce que j’espère, comme contribuable, c’est que le dernier événement ait été «couvert» par une police d'assurance annulation.Et, vu qu’on va nous présenter le défilé de 2001 en 2002, j’espère qu’on demandera moins de subventions à la Société Saint-Jean-Baptiste et à la Société des événements majeurs.L’argent pourrait peut-être mieux servir ailleurs.André St-Germain Montréal, 25 juin 2001 Yé ben comme yé Tiens, Yves Hamel a donc mal à la langue.C’est certainement pénible, mais attention à la poutre qui lui menace aussi l’œil.Instituant les journalistes suppôts de la LETTRES -?- langue molle et leur reprochant, avec une bouche en cul de poule, quelques tournures douteuses, lui-même commet en peu de phrases un «supposément» dont ni Le Petit Robert ni Larousse ne font mention honorable.Doit-on y lire supposedly en dérive?C'est supposable, hélas.Un conseil de médecin : qui souffre trop de voir une paille dans l’œil du voisin devrait peut-être se mettre un suppositoire avant de pérorer ainsi sur la langue d’autrui.Alain Vadeboncœur Longueuil, 22 juin 2001 Liaisons dangereuses d’une société de la Couronne Enlevé le 2 juin 2001, Kimy Pernia Domico n’a toujours pas été retrouvé.Kimy Pernia Domico est cet autochtone Embera Katio de Colombie qui était venu au Canada en novembre 1999 pour témoigner des impacts désastreux qu’avait eus sur son peuple la construction d’un barrage hydroélectrique financé en partie par les contribuables canadiens.En effet, les promoteurs du barrage Urra I, sur la rivière Sinu, avaient bénéficié d'un prêt de 18 millions $US de la Société pour l’expansion des exportations (SEE), une société de la Couronne relevant du gouvernement canadien.La SEE jouit d’un statut presque unique au sein du gouvernement, n’étant pas assujettie à la Loi canadienne sur l’évaluation environnementale (contrairement aux ministères et agences comme l’ACDI).Ce qui fait de la SEE le seul organisme fédéral, ou presque, à pouvoir financer la construction d’infrastructures majeures sans être légalement tenu de procéder à une étude d’impacts environnementaux.Certes, la SEE a adopté en 1999 un cadre de référence pour l’examen des questions environnementales, en vertu duquel un projet dont les effets positifs prévus ne justifient pas les risques environnementaux néfastes qu’il risque de poser ne devrait pas être appuyé par la société.Mais lorsque le bureau du Vérificateur général a examiné l’application de cette politique pour 25 projets financés par la SEE, il a constaté que 23 dossiers sur 25 ne contenaient.aucune information sur leurs impacts environnementaux ! Le barrage Urra I a donc été érigé sans étude d’impacts et, pire encore, sans consultation des Embera Katio, dont ce projet allait pourtant bouleverser le mode de vie.«Bouleverser» est, en l’occurrence, un euphémisme.A la suite de la construction du barrage, les champs des Embera Katio ont été inondés et les poissons dont ils se nourrissaient ont pratiquement disparu de la rivière Sinu.Les protestations des autochtones sont demeurées sans effet.Au contraire, une féroce répression s’est abattue sur eux, menée principalement par un groupe paramilitaire d'extrême droite, les Autodéfenses unies de Colombie (AUC) de Carlos Castano.Menaces, intimidations et agressions se sont succédé, culminant avec l’assassinat, le 17 septembre 2000, de deux Embera Katio, Jaquelino Jarupia Bai-larin et Antonio Domico.Une question demeure: les groupes paramilitaires agissaient-ils de leur propre chef, ou leur action était-elle commanditée par les promoteurs du barrage Urra I.eux-mêmes bénéficiaires des largesses de notre gouvernement?«En vous disant ces choses, je mets ma vie en danger», avait dit Kimy Pernia Domico lors de son témoignage à Ottawa en 1999.La suite des événements, hélas, lui a donné raison, autant sur le bien-fondé de ses critiques que sur les dangers auxquels il s’exposait Nicolas Gilbert Hull, 23 juin 2001 LIBRE OPINION -+- La francisation dans les milieux de travail : les vœux pieux ne suffisent pas RENÉ ROY Secrétaire général de la FTQ Dans Le Devoir du 8 juin, en éditorial, Michel Venue indique que la Commission des états généraux sur la situation et l’avenir de la langue française au Québec est «d'une timidité déconcertante à l'égard du français au travail, qui est pourtant le nerf de la guerre».A la FTQ, nous partageons ce constat sévère mais pertinent.Ui FTQ rappelle à juste titre dans son mémoire à la commission I arose que l'énoncé de politique qui donna naissance à la Charte de la langue française, en 1977, plaçait la langue de travail au cœur de la politique et de la législation linguistique du Québec.Cette même charte prévoit des mesures structurelles et législatives très précises pour assurer la francisation des entreprises, la promotion et la pérennité du français dans les milieux de travail.Foute entreprise québécoise qui emploie 50 personnes ou plus (il y en a environ 44(H)) doit se doter d'un programme de francisation qui a pour but, comme le précise l’article 141 de la Charte de la langue française, «la généralisation de l'utilisation du français à tous les niveaux de l'entreprise».Voilà un immense défi explicité par de nombreuses mesures prévues par la loi 101.Dès le moment où l’Office de la langue française estime que l'utilisation du français est généralisée à tous les niveaux de l'entreprise, il lui émet un certificat de francisation.Soulignons que les entreprises de KH) salariés ou plus doivent obligatoirement se doter d'un comité de francisation dont le tiers de ses membres sont des représentants des travailleurs.la FTQ souligne les gains qui ont été faits dans les milieux de travail mais insiste aussi sur l’in- croyable précarité de ces gains, due à l’extraordinaire force d'attraction de l’anglais, au phénomène de la mondialisation de l’économie, à l’introduction des nouvelles technologies de l’information et des communications et au poids des transferts linguistiques chez les allophones.Ainsi, en 1996, la force d’attraction de l’anglais chez les allophones au Québec était toujours plus forte que celle du français: 61 % en faveur de l’anglais contre 39 % en faveur du français.Les avancées faites de peine et de misère dans les milieux de travail ne sont jamais irréversibles, elles doivent être consolidées et faire l'objet d’une vigilance de tous les instants.Attention au volontariat ^ Certains peuvent se réjouir, et c'est le cas du Conseil du patronat, que la commission ait plutôt retenu la stratégie du partenariat et du volontariat pour la francisation des entreprises.Mais, quant à nous, forts de l’expérience que nous vivons au quotidien, nous devons rejeter cette approche qui constituerait une fuite en avant et serait susceptible de freiner une dynamique qui doit nécessairement s’appuyer sur le rôle d’,encadrement, de stimulation et d'intervention de l’État, qui, parfois, doit être «musclé».Évidemment, la participation des syndicats et des employeurs est primordiale.Après tant d'années d’efforts et d'interventions, si prés du tiers des entreprises de 50 salariés ou plus au Québec n’ont pas de certificat de francisation, c’est que quelque chose cloche quelque part.Ces don-nées traduisent éloquemment que les seules pieuses incitations à faire mieux pour l’avenir sont manifestement insuffisantes.A titre d’exemple, un secteur de pointe comme ce- lui de l’aéronautique et de l’aérospatiale traîne la patte et tarde à prendre son envol : la presque totalité des entreprises dans ce secteur n'ont pas encore obtenu leur certificat de francisation après bientôt un quart de siècle d’application de la loi ! Bien sûr, nous avons fait des progrès, mais rien n’est jamais acquis, surtout dans ce domaine.Si plusieurs employeurs au Québec ont manifesté une grande ouverture, parfois aiguillonnés par les syndicats présents dans leurs entreprises, en revanche, un très grand nombre se font encore tirer l’oreille.Pas une priorité pour les entreprises Rappelons à ce propos ce qu’a déclaré devant la commission, le 16 février.Bernard Salvail.directeur de la francisation de l’OLF: «La francisation n’est pas une priorité pour les entreprises.Un plan d'aménagement linguistique, pour être efficace, a besoin non seulement de s'appuyer sur une loi mais également d’être dirigé d'une manière ferme et soutenue.Il faut du courage politique pour établir une politique linguistique et une grande détermination pour en assurer la mise en œuvre.» Ce haut fonctionnaire, placé à un poste d’observation stratégique et dont la grande compétence est reconnue, a eu le courage de dire que «la francisation du monde du travail au Québec, bien qu'elle ait progressé au cours des 20 dernières années, doit demeurer sous haute surveillance».La FTQ n’hésite pas à faire siennes ces affirmations, elle qui est présente dans plus de 500 comités de francisation et qui a acquis une expertise certaine sur le terrain même des opérations.Nous avons souvent rappelé qu’il y avait contradictions et décalages entre les grands discours gouvernementaux sur l'importance de la francisation des entreprises et les moyens mis en œuvre pour y parvenir.D’ailleurs, FOLF a subi une hémorragie continue de ses ressources humaines et financières depuis 1980: aussi bien sous les libéraux que sous les péquistes, FOLF a perdu plus de 50 % de ses effectifs.Contre une nouvelle structure La FTQ ne croit pas à l’efficacité d’une mégastructure lourde, complexe et fatalement bureaucratique pour mettre en œuvre les dispositions de la loi, contrairement à la commission Larose, qui propose la création d’un nouvel organisme regroupant l’ensemble des attributions dévolues jusqu’ici aux structures existantes.L’idée d'abolir un organisme et d’en créer un autre n'est pas nouvelle: elle réapparaît au gré des changements politiques et des grands débats sur ce sujet II suffirait au contraire d'assurer la stabilité indispensable aux structures existantes, de leur donner les moyens nécessaires, de manifester courageusement une volonté politique déterminante et de tracer des stratégies d’action percutantes et appropriées pour répondre aux enjeux de l’heure et aux grandes muta-tiotis dans l’entreprise et dans l’économie.A cause de ses effets intégrateurs et de ses impacts sur le développement économique, social et culturel d’un Québec de plus en plus pluraliste, surtout dans la région de Montréal, la francisation des milieux de travail constitue un défi colossal et un passage obligé, qui exige plus que des vœux pieux et des exhortations lénifiantes.Pour toutes ces considérations, la FTQ souhaite que la Commission des états généraux sur la situation et l’avenir de la langue française au Québec réexamine ses orientations sur cette question capitale qui concerne les réalités du monde du travail K l> K V O I H .I K M K K ( K K H I .1 I I \ 0 0 IDEES De quelques malentendus sur raméricanité GÉRARD BOUCHARD Professeur au département de sciences humaines de l’Université du Québec à Chicoutimi Institut interuniversitaire de recherches sur les populations (IREP) autres comme moi sans doute se sont trouvés interpellés par les intéressants commentaires sur l’améri-canité que Joseph-Yvon Thériault a publiés dans Le Devoir les 19-20 et 22 mai.Je partage la plupart de ces réflexions qui me semblent découler très logiquement de la perspective adoptée par l’auteur.Je voudrais les prolonger en soulignant que cette perspective est partielle: pour cette raison, elle peut engendrer des malentendus.L’américanité comme enracinement et tradition Ce qui fait problème, c’est la définition sur laquelle M.Thériault fonde son argumentation.En se référant à Quijano et Wallerstein, il s’inscrit dans une démarche qui privilégie le changement et l’innovation.Il fait de l’américanité un synonyme de rupture, de déracinement, d’instabilité, etc.On voit comment, de là, la transition s’opère aisément vers la modernité, laquelle peut être définie de la même manière.Cependant, il ne s’agit là que d’un aspect de l’américanité.En effet, celle-ci est également expérience de réenracinement, de réinvestissement institutionnel et d'appropriation symbolique se traduisant par des figures de sédentarité, de communauté, de tradition et d’identité.C’est du reste ce qui en constitue son principal intérêt dans la mesure où elle exprime alors une tension qui se joue entre deux allégeances, celle de la mère patrie et celle du nouveau territoire.Dans l’histoire culturelle des collectivités neuves, le concept lui-même n’apparaît dans le discours public qu’au moment où la relation culturelle avec le pays d’origine commence à être vécue non plus spontanément comme une matrice (ou un cordon ombilical) mais comme une servilité, un facteur d'appauvrissement et d’aliénation.Les relations à la mère patrie et au nouveau continent sont dès lors vécues comme deux appartenances difficilement compatibles, comme une dichotomie, un déchirement.Dans la plupart des cas, une recherche d’authenticité et d’autonomie, une volonté d’affirmation parmi la classe intellectuelle va l’emporter (au moins pour un temps), entraînant un renversement des allégeances.On a affaire ici à un phénomène général.Dans chaque cas, un concept a exprimé ce déchirement, cette tension qui a précédé puis accompagné la rupture: americanidad en Amérique latine, australianness en Australie, ocea-nity en Nouvelle-Zélande, etc.Au Québec, cette expérience a d’abord donné naissance à la notion de québécitude puis à celle d’américanité.Il est donc utile d’insérer la définition de l'américa-nité dans un modèle général qui recouvre toute l’expérience dont elle n’est qu’un cas particulier.C’est dans ce sens que, dans la genèse des nations et cultures du Nouveau Monde, j’ai proposé la notion d’appropriation en tant que processus d’inscription collective: pour désigner l’ensemble des actes, physiques et symboliques, relevant soit des coutumes, soit du discours, d’où résultent un rapport à l’espace et au temps, une image de soi et des autres.Au delà de l’instabilité liée à l’exploration du territoire et à son peuplement, on rejoint ici la dynamique de l’enracinement et de l'identité, qui est donc au cœur, elle aussi, de l’appropriation — et de l'américanité.ARCHIVES I K DEVOIR Dans tout ce qui s’est écrit ici sur raméricanité, on n’a peut-être pas assez souligné à quel point le Canada hors Québec est absent, comme si ce grand morceau du continent n’y avait pas sa place.Je ne pense pas que le métis ou le créole soit le personnage mythique de l’américanité Quelques désaccords A ces remarques, j’ajouterai quelques désaccords.En premier lieu, il me paraît erroné d'associer étroitement l’américanité à l’errance et au non-lieu.C’est la tirer artificiellement vers la postmodernité.La mobilité, dans l'histoire des collectivités neuves, est liée principalement soit aux aléas du peuplement initial, qui s'effectue par définition dans la mobilité, soit à la reconnaissance du nouveau territoire.En tout état de cause, et sans nier les «Nouveaux Mondes intérieurs» (P.Nepveu) qui se sont manifestés ici et là, nous sommes assez loin des états d’âme postmodernes.Les ressemblances sur ce plan paraissent fortuites.Deuxièmement, la notion de collectivités neuves ne doit pas être associée exclusivement à la rupture.L’histoire des Etats-Unis ne représente qu’une trajectoire parmi d’autres.Selon ma définition, ces collectivités sont le produit de transferts migratoires intercontinentaux en provenance de l’Europe vers des territoires considérés comme neufs.Les cultures qui s’y constituent peuvent s’inscrire dans la rupture mais aussi dans la continuité; la collectivité neuve s’érige alors en clone de sa mère patrie.Les élites y ordonnent la destinée de la nation dans le prolongement du monde ancien mais demeurent pénétrées du sentiment d’appartenir à un nouveau monde (le Québec des années 1850-1950 en offre un bel exemple).Troisièmement, je ne pense pas que le métis ou le créole soit le personnage mythique de l’américanité.Plusieurs nations des Amériques (en commençant par les Etats-Unis) ont justement réalisé et maintenu leur intégration en brisant la diversité, en excluant l’Autre.L’avenir de l’américanité ?Il importe de signaler d’importantes extensions qui viennent de se greffer à la problématique de l’américanité au Québec.C’est d’abord l’idée selon laquelle la culture québécoise peut être considérée comme une culture latino-américaine (B.Andrés et autres).Parallèlement, les projets de libre-échange ont aussi inscrit la réflexion à l’échelle des Amé- riques, d'où est née une autre ouverture sur l’inter-américanité.Ces déplacements sont doublement importants.Ils invitent à penser le Québec continental au delà de sa relation avec les Etats-Unis; de la même manière, ils créent, au moins par symétrie, les conditions permettant de penser désormais le rapport Québec-France dans un cadre européen.Une troisième extension est venue de la pensée autochtone.La question de l’américanité ne peut plus guère être abordée sans lui associer la démarche intellectuelle (et politique) apparue depuis peu sous l’étiquette de l’américité (Georges Sioui).Du point de vue des descendants d’Européens (que je propose d’appeler les seconds occupants), le nouveau concept contient un énorme potentiel de déstabilisation.Il prend en effet le contre-pied de l’américanité en ce qu'il désigne l'entreprise de réappropriation des Amériques par les premiers occupants eux-mêmes.Cela aussi (cela surtout?) est une histoire à suivre.Au cours des 30 dernières années, le concept d’américanité a surtout servi au Québec à piloter la mise en place d’un nouveau rapixirt avec la France et avec l’Amérique, à affirmer la nouvelle identité québécoise.Il est possible que sa pertinence soit en déclin présentement, dans la mesure où les Franco-Québécois fies plus concernés par cette affaire) éprouvent peut-être le sentiment d’avoir enfin surmonté leur dichotomie.C’est à voir.U* cas échéant, il est prévisible que le concept disparaîtra des débats, tout comme il en était absent avant les années (iO — songeons que le mot n’a même pas cours aux Etats-Unis, là où précisément le rapixirt à la mère patrie, depuis longtemps, n'est plus vécu comme tension, encore moins comme aliénation.En somme, l'avenir du concept paraît étroitement lié au sort que nous réserverons à nos appartenances et à nos dépendances.Enfin, dans tout ce qui s'est écrit ici sur l’américa-nité, on n'a peut-être pas assez souligné à quel point le Canada hors Québec est absent, comme si ce grand morceau du continent n’y avait pas sa place.Est-il perçu comme incompatible avec la démarche d’affranchissement, d'ouverture et d’émancipation dont le concept est chargé?L’américanité serait donc aussi le déversoir symbolique de vieilles aspirations politiques jusqu’ici tenues en échec?Les criminels de guerre froide La guerre froide du XXe siècle est finie ! Car celle du XXIe siècle commence à l’instant même.«La guerre froide est finie, le traité ABM est un vestige du passé, les nouvelles menaces viennent d’États-voyous comme l’Iran, l’Irak ou la Corée du Nord.Il faut étendre l’OTAN et l’Europe sur la base des libertés, la Russie même pourrait y adhérer; c’est ce que je vais dire à Poutine en le regardant dans les yeux.» - George W.Bush PIERRE VADEBONCŒUR Écrivain « a guerre froide est finie.» Bush le proclama au moment même où il force le monde entier à la recommencer.Elle va reprendre _____sur une nouvelle base: non plus surtout dans et par l’équilibre de la terreur mais plutôt à cause du bouclier antimissiles américain et dans cette nouvelle stratégie.Finie?C'est un leurre, et ce n’est pas le premier: l’illusionnisme est constant depuis que,l’extrême droite est au pouvoir aux Etats-Unis.Il y a d’autres exemples: «démocratie», «liberté», mots de passe contraires aux choses qu’ils désignent, fort employés cette année comme paravents.Ce qui est proclamé est en effet le contraire de ce qui existe dans les faits, dans les intentions, derrière le discours.Le mensonge est si radical qu’il soutient paradoxalement les propos du président des Etats-Unis.•La guerre froide est finie.» Glissement sémantique.Vous voulez dire: celle du XX' siècle est finie! Car celle du XXL siècle commence à l’instant même.Même genre d’imposture qu’au Sommet de Québec où, au nom de la «démocratie», on travaillait à soustraire le pouvoir politique aux Etats en vue de le livrer progressivement à la puissance sans responsabilité politique de l’entreprise privée mondialisée, donc à tout le contraire de la démocratie.Autre exemple de perversion du sens: la «liberté», soi-disant À l’Europe et à la Russie, Bu$h parle des libertés.Or ce que les Etats-Unis visent présentement à assurer pour le monde futur, ce n’est justement pas le système de la liberté; derrière l’écran des libertés civiles, c’est tout l’opposé: la ruine, en gros, de la liberté politique au profit de la puissance écono-miqqe maîtresse des choses au sein des Etats et internationalement Une profonde altération des YUN SUK-BONG REUTERS Près de 300 manifestants demandaient cette fin de semaine au président américain de cesser ses démarches de développement d’un bouclier antimissiles (MD).concepts politiques essentiels pénètre ainsi, plus ou moins de force, par le moyen de l’hégémonie américaine et le chantage économique, dans les consciences irrésolues de l’Europe, l’Europe qui existera ou n’existera pas.Est-ce le signe que le capitalisme est déjà en mesure d’empêcher l’Europe de se distinguer de l’Amérique, autrement dit de se constituer?Ce ne serait pas surprenant.Dans la situation actuelle, depuis Bush, tout tourne autour de la militarisation de l’espace, du bouclier antimissiles et, par conséquent, de la domination américaine sur le monde.L’Europe ne réagit pas beaucoup, semble-t-il.Le capitalisme européen est lui aussi mondialiste et supraétatiste, donc pas nécessairement très à part de la conspiration du complexe militaro-industriel américain.L’Occident risque donc d’engager l’avenir du monde sur des rails orientés très étroitement par quoi?Ridiculement, par une partisanerie locale américaine vers des buts sans rapport avec les questions globales intéressant l’humanité, celle-ci plus que jamais laissée pour compte.Le tout enclenche d’ailleurs un impérialisme qui menace potentiellement le monde entier.Mais, heureusement, la guerre froide est finie.4 lain- R o b e r t Nadeau ?I.a prochaine année marquera le vinjrtiéme anniversaire de l’adoption et de l’enchâssement de la Charte canadienne dans la Constitution du Canada Comme un roman Je l’ai déjà affirme: un phénomène important (que je qualifie personnellement de révolution politique) s’est produit au moment où le gouvernement issu du Parti lilierul du Canada a relancé l’idée île rapatrier (comme on le dit communément) la Constitution du Canada, à la fin îles années 70.Correspondant bien sûr à la volonté de lierre Trudeau, alors premier ministre, mais aussi d’un nombre important d’intellectuels, le projet de rapatriement de la Constitution était assorti d’un autre projet qui prévoyait l’enchâssement d’une charte des droits et libertés dans la Constitution canadienne.Or, depuis l’adoption de la Charte canadienne, il est incontestable que le régime constitutionnel canadien, en rupture avec la tradition anglaise qui faisait du principe de la souveraineté du Parlement un dogme quasi absolu, s’est rapproche du modèle constitutionnel américain en ce que les tribunaux ont, depuis cette date, pour tâche d’appliquer et d’interpréter les droits et libertés fondamentaux qui y sont enchâsses.Désormais, à l’instar du système politique américain, le système politique canadien reixise sur la dix-trine du constitutionnalisme, c’est-à-dire le principe qui consacre la suprématie du droit et qui fait des tribunaux les gardiens de la Constitution et les protecteurs des droits fondamentaux des individus.Ainsi, les actes émanant des pouvoirs législatif (le Parlement et l’Assemblée nationale) et du pouvoir exécutif (le gouvernement) sont dorénavant assujettis au contrôle du pouvoir judiciaire (les tribunaux, et plus particulièrement la Cour suprême du Canada).Si, pendant longtemps, au moment où la cour s’affairait à interpréter les garanties juridiques, la population ne s’est pas rendu compte de l’importance accrue du rôle des tribunaux dans la société, il serait aujourd’hui difficile de l’ignorer puisque les questions les plus controversées (comme l’avortement, l’orientation sexuelle, l’euthanasie, le suicide assisté, la peine de mort, les droits à l’égalité et le droit à la vie privée), jusque-là décidées dans les enceintes parlementaires, sont dorénavant tranchées par les tribunaux.la prochaine année marquera le vingtième lumiver-saire de l’adoption et de l’enchâssement de la Charte canadienne dans la Constitution du Canada.Déjà, au Canada anglais, le débat gronde en ce qui a trait à la légitimité du pouvoir des tribunaux.< )r jxiser la question de la légitimité du pouvoir des tribunaux de contrôler la constitutionnalité des lois.c'st se demander qui doit décider de ces questions juridiques controversées: les juges nommés à vie, qui n’ont de comptes à rendre à personne, ou les représentants élus de la population?En ce qui me concerne, vous l’aurez déjà compris, tout en reamnaissant que les grandes orientations politiques de la société doivent être prises par des personnes élues, j’estime que les tribunaux (et les juges qui les composent) constituent le seul forum jouissant de l’indépendance essentielle à la protection des droits et libertés fondamentaux; par voie de conséquence, ces tribunaux doivent jouir d’une grande marge de ma-nœuvre afin de réaliser pleinement l’objet des garan-ties constitutionnelles.A mon avis, certaines questions controversées devraient être décidées sans avoir à subir les contraintes et les vicissitudes de la vie politique.Cela ne signifie cependant pas que ce jxiuvoir d’appréciation judiciaire doive être sans limites.Au contraire.En rendant leurs décisions, les juges doivent interpréter les garanties constitutionnelles en les justifiant par la structure politique et la tradition historique ainsi qu’en tenant compte des principes moraux communautaires.Quels sont donc les limites du |x>uvoir judiciaire?Je ix'nse qu’il y en a deux: la présomption de constitutionnalité des lois et la règle du précédent la présomption de constitutionnalité des lois exprime à la fois une idée de retenue judiciaire et une idée de nécessité d’assurer l’ordre juridique en n’invalidant que les lois ou les dispositions législatives qui contreviennent directement à une garantie constitutionnelle.bille sous-tend une règle d'interprétation selon laquelle une loi contestée doit, autant que possible, être interprétée d’une manière conforme à la Constitution.Selon la regie du précédent, dite du stare decisis, les tribunaux sont liés par les princi|x.*s judiciaires énoncés dans les décisions antérieures qui ont tranché des questions juridiques identiques ou semblables à celle faisant l’objet de l’examen du tribunal.Ronald Dworkin — un professeur de l’université Oxford, en, Angleterre, et de l’Université de New York, aux États-Unis, que j’estime grandement — proposait de tenir compte de l’adéquation de la contribution du juge par rapport à l’ensemble de la structure juridique et morale émanant de l’interprétation constitutionnelle en faisant une analogie entre les juges et une série d'auteurs qui écriraient, à des époques différentes, les chapitres d'un même roman.lœ roman ainsi élaboré par les juges représente non seulement le consensus social à une époque donnée mais aussi les valeurs fondamentales d’une société libre et démocratique.Cependant, pour que ce roman puisse exister, il est nécessaire que ses auteurs agissent d'une manière impartiale, bien sûr, mais aussi qu'ils bénéficient d’une indépendance absolue.Bref, on le constate aisément, l’indépendance judiciaire garantit notre démocratie.alain- robert.nudeuufasympatico.ca Alain-Robert Nadeau est avocat et docteur en droit constitutionnel.Cette chronique, fait relâche pour l'été.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine : Gerald Dallaire (adjoint au directeur de l'information).Valérie Dufour (général).Marie Andrée Chouinard (éducation) Yves d'Avignon (sports), Paule des Rivieres (éditorialiste), Jean Dion, Louis-Gilles Francœur (environnement), Benoît Munger (responsable du site Internet).Brian Myles (justice et faits divers), Isabelle Paré (santé)-, Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques)-, Martin Dudos et Christine Dumaaet (relecteurs): Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; à l’information culturelle : Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon (théâtre), PaulCauchon (médias).Caroline Montpetit (livres), Odile Tremblay (cinéma); à l’information économique Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information).Claude Lévesque, Claude Turcotte; à l'information internationale : Jean-Pierre Legault, Guy Taillefer, Serge Truffaut (éditorialiste); à l’information politique Hélène Buzzetti, Manon Cornellier (correspondantes parlementaires à Ottawa), François Cardinal.Mario Cloutier et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen I>vesque ; Marie-Helene Alarie (secrétaire à la rédaction) : luuise-Maude Rioux Soocy, Marie-Claude Petit (commis) l>i dfKumenüitkm Gilles Paré (directeur) ; Brigitte Arsenault.Manon Derome.Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING.Jacqueline Avril.Jean de Billy, Manon Bouchard.Gyslaine Côte.Marlène Côté.Martin Fournier.Véronique Géraud.Anouk Hurbutt, Christiane LegauH, Jacques A.Nadeau, Claire Paquet, Micheline Ruelland.(publicitaires), laurrnce Theriauh (directrice adjointe).Manon Blanchette.Sylvie Laporte.Martine Bérubé (secrétaire) lv\ PRODUCTION Christian (ioulet (responsable de la production).Claudine Bédard, Michel BernaU hez, Hiilipix- Borne.Johanne Brunet.Danielle Cantara, Richard Des Cormiers.Donald Filion Yanick Martel.Olivier Zuida.PROMOTION ET TIRAGE.Johanne Brien (responsable à la clientèle), Hélene Gervais, Dominique Larivière, (responsable à la promotion des abonnements), Monique L’Heureux.Use (^chapelle, Rachelle I^clerc.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (rrsponsatUe des services comptables).Céline Furoy.Olivier lüchambre (contrôleur), Ghislaine Lafleur.Claudette Béliveau (secrétaire administrative), Danielle lüperriere.Caroline Perrier.Danielle Ross IA FONDATION DI ' DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général) t -* Le devoir «- ACTUALITES PIQUERIES RAJEUNIR SUITE DE LA PAGE 1 entrepris une vaste campagne de recrutement et promet de regarnir ses effectifs en comblant dès cette année 1500 postes réguliers et 5000 postes occasionnels.Le ministre assure que le nombre actuel de fonctionnaires sera maintenu et compte même embaucher des candidats issus des communautés culturelles, des personnes handicapées et des autochtones dans une proportion de 25 %.Hier, le ministre a annoncé de nouvelles mesures évaluées à 6,4 millions de dollars pour intégrer ces nouvelles recrues à la fonction publique.Dès septembre, on lancera une expérience-pilote de parrainage de 200 nouveaux employés réguliers embauchés dans le cadre des concours de recrutement universitaire et collégial.En jumelant ces jeunes à des employés d'expérience, on espère favoriser le transfert de compétences d’une génération à l’autre.De plus, dans l'espoir de développer un sentiment d’appartenance chez les nouveaux venus, on compte les instruire dès leur arrivée des grandes missions (je l’État et du fonctionnement de son administration.A cet effet, le Secrétariat du Conseil du trésor et l’École nationale d'administration publique élaboreront un programme d’accueil.Finalement, le nombre de stages en cours d’étude passera de 940 à 1200 l’an prochain et le budget alloué à ce programme sera augmenté de 1,5 million à deux millions.Mais pour attirer les jeunes talents dans la fonction publique, encore laut-il rendre attrayante la profession.Sylvain Simard a confié la tâche à un expert de.l’entreprise privée, Sam Hamad, vice-président du Groupe-conseil Roche et ex-président de la Chambre de commerce de Québec.«Il faut créer une deuxième révolutim tranquille!», lance M.Hamad.le comité qu’il dirigera aura quatre mois |x>ur dresser un bilan de la situation actuelle et comparer les données recueillies avec celles d’autres pays de l’OCDE et de l’administration fédérale.Il devra ensuite proposer des stratégies jx>ur aider le gouvernement à procéder à la cure de rajeunissement de son administration publique.Use Dionne, secrétaire générale du Syndicat de la fonction publique du Québec, n’est pas impressionnée par l’annonce du ministre.Ir mentorat fait partie des revendications syndicales depuis 1995, indique-t-elle, et le programme d’accueil que le gouvernement veut instaurer n’est qu’une réplique d’une tradition reléguée aux oubliettes avec l’arrêt de l’embauche au cours de la dernière décennie.Quant à l’ajout de 260 stages, elle trouve la hausse bien mineure.«Et le comité de travail, c’est de la poudre aux yeux», s’indigne-t-elle.«Dans le fond, il n’y a pas de recette miracle pour augmenter le nombre de jeunes dans la fonction publique: c'est l’embauche et la garantie de services à la population.» Pendant qu’on recrute, trop d’employés «sortent par la porte d'en arrière» et elle redoute un recours de plus en plus fréquent à la sous-traitance.«L’image de la fonction publique dans l'avenir, on s’en reparlera dans dix ans.» Tant du côté de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) que de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), les initiatives du ministre Simard sont plutôt bien accueillies bien qu’on s’inquiète de la précarité des postes offerts aux jeunes.De son côté, Martin Koskinen, de Force Jeunesse, reste prudent «Mieux vaut tard que jamais mais on ne fera pas de félicitations au gouvernement pour l’instant.On va attendre les résultats.Ixs jeunes étaient assez déçus lors du dernier Sommet de la jeunesse parce que le gouvernement avait fait preuve de peu d'initiative pour le renouvellement de la fonction publique et la conjoncture statistique n 'a pas changé.» Ce qui l’indispose le plus, et' sont les «exigences mininmles» en vigueur depuis la signature de la dernière convention collective, qui ne tiennent pas compte de l’expérience de travail ou des diplômes de maîtrise dans la rémunération des nouveaux employés de l’État L’opposition libérale estime quant à elle que les 6500 ix>stes créés cette minée seront «assombris par les 50
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