Le devoir, 7 juillet 2001, Cahier C
L K I) K V 0 I R .L E S S A M E 1> I E ! D I M A N ( H K S J I 1 L E E I L* i> » i ?LE DEVOIR » s t 4 ^ ; Les dimanches de Lanaudiere VIES D’ARTISTE Écrire et guérir Page C 3 FESTIVALS Québec en fête Page C 6 FORMES Jeux olympiques Page C 8 Théâtre Page C 3 Cinéma Page C 4 Disques Page C 6 Voyage sur un archet L’archet à la main, Roby Lakatos fait voyager ses auditeurs à travers la Russie jusqu’en Hongrie, en passant par les cabarets de jazz où s’est produit Django Reindhart, avant de remonter le temps jusqu’à Brahms, Strauss et Liszt.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Le violoniste hongrois Roby Lakatos, qui se produit le dimanche 15 juillet au Festival international de lanaudiere, de Joliette, n’a pas peur de mélanger les genres.Folklore gitan, jazz, musique classique sont ses trois sources, ses trois pôles d’inspiration.Et si son immense talent de violoniste lui permet aisément de maîtriser les trois, ses goûts de compositeur l’emmenent aussi a mêler tous ces genres sur de mêmes pièces.On l’entend d'ailleurs sur The Bird in the Dust, signée Lakatos, la première pièce du dernier album de la formation de l’artiste, intitulé Live from Budapest.Construite comme une symphonie, la pièce dure dix minutes et intègre les différents genres maitrisés par l’artiste hongrois."Le jazz et la musique tzigane ont ceci en commun que tous deux font une large place à l'improvisation*, dit le musicien rondelet à la moustache savamment frisée, joint à son domicile de BruxeUes, où il vit depuis quelques années.VOIR PAGE C 2: LAKATOS SOURCE: FESTIVAL INTERNATIONAL DE LAN AU P 1ERE LE DEVOIR.LES SA M E D I ET DI M A N C H E S .MILLET 2 O O 1 c 2 ?LAKATOS Roby Lakatos est descendant d’une lignée de musiciens tziganes hongrois de sept générations fi ••• -'‘-%' t L’ensemble Quartette Gelato sera à l’amphithéâtre de Lanaudière le 29 juillet, à 14h.SOURCE FESTIVAL DE LANAUDIERE SUITE DE LA PAGE C 1 Du classique, plus rigide, le groupe, qui joue ensemble depuis sept ans, tient cependant sa base rigoureuse.En entrevue, Lakatos rappelle d’ailleurs que les danses hongroises de Brahms, par exemple, qu’il a reprises sur son disque précédent, intitulé Roby Lakatos and His Ensemble, ont emprunté beaucoup, en dehors des thèmes, au répertoire tzigane.Les deux disques de la formation sont d’ailleurs produits sous l’étiquette classique Grammo-phon, même si Roby Lakatos ne s’est pas gêné pour y intégrer des éléments très jazz, dont du Django Reindhart ou une pièce intitulée Mon pot’ le gitan, de Jacques Verrières et Marc Heyral, et même du pop, avec des adaptations de Loreena McKenneth ou de Charles Aznavour.•J’ai commencé à travailler dans ce style il y a quelques années, ajoute Lakatos en entrevue.Et je dois continuer à écrire comme cela.» Roby Lakatos est descendant d’une lignée de musiciens tziganes hongrois de sept générations.Au haut de cette pyramide, on trouve le violoniste virtuose Janos Bihari, qui a fréquenté liszt et Beethoven aux XVIII' et XIX' siècles.Pour sa part, le père de Lakatos dirigeait un orchestre tzigane d’une douzaine de personnes, où son fils a joué dès l’âge de neuf ans.Au même moment, le jeune prodige poursuivait sa formation classique, au conservatoire où il a entamé des études à l’âge de cinq ans.Le violon, se souvient-il, lui faisait mal à l’épaule à cette époque, et l’enfant rêvait plutôt de devenir batteur.«Au violon, il faut dépasser ce, stade de la douleur», constate-t-il.À côté de sa formation classique, durant cette période, le jeune homme exploite les univers de la musique tzigane et du jazz.Plus tard, on l’a vu jouer avec Herbie Hancock et Stéphane Grappelli, et Roby Lakatos devrait d’ailleurs faire paraître un disque de jazz l’hiver prochain.Aujourd’hui, deux siècles plus tard après son ancêtre, Lakatos, virtuose du violon, offre ce style métissé qui ne sacrifie en rien la technique.Un style que les journalistes, en quête d’épithètes, ont déjà qualifié de «fusion tzigane non orthodoxe».Il y a quelques années, l’occasion s’est présentée de jouer sur une base régulière a Bruxelles, en Belgique, et le groupe de Roby Lakatos y vit encore, même si tous sont d’origine hongroise.La musique tzigane, Lakatos constate d’ailleurs qu’elle a subi différentes influences, quelle a pris différentes couleurs selon l’endroit ou elle a évolué.Ainsi les tziganes ont-ils créé le flamenco en Espagne.Et la musique tzigane hongroise se distingue de la musique tzigane russe.Car la musique tzigane hongroise, précise-t-il, n’est pas une musique slave mais reçoit plutôt ses influences d’Autriche, par exemple.Dimanches sous influences Ce sera la première fois cet été que Roby Lakatos vient au Québec avec son ensemble.Au Festival international de Lanaudière, il sera en scène le dimanche après-midi du 15 juillet.Car le festival présente encore cette année un volet de spectacles chaque dimanche après-midi, mêlant les influences classiques au jazz et au populaire.Cette année, le volet populaire est plus important, reconnaît Lyne Dutremble, des relations publiques de l’événement Le 8 juillet, on entendra donc Marie-Denise Pelletier chanter des airs du tandem Kosma-Pré-vert.La chanteuse québécoise sera accompagnée de l’Orchestre symphonique de Laval, sous la direction de son chef, Jean-François Rivest.On prévoit faire entendre entre autres les chansons Barbara, Les enfants qui s’aiment et Si tu t'imagines, en plus d’œuvres pour orchestre de Satie, Ravel et Poulenc.lœ dimanche 22 juillet, c’est la chanteuse Sao, née aux Açores et élevée sur le Plateau Mont-Royal, qui s’exécutera au Festival de Lanaudière avec son répertoire de fedo, cette musique traditionnelle portugaise que l’on qualifie de •chant lyrique et nostalgique».Le dimanche 29 juillet, ce sera au tour de l’ensemble canadien 'V Quartetto Gelato de se faire entendre.Réunissant Peter de Sot-to, ténor jouant du violon et de la mandoline, Cynthia Steljes, au hautbois et au cor anglais, Joseph Macerollo, à l’accordéon, et George Meanwell, au violoncelle, à la guitare et à la mandoline, le quartette navigue dans un réper- toire varié.On promet des airs d’opéra, des tangos et de la musique tzigane.j?fr^ T- ESTIVAL DE Au cœur des mots Place à la littérature 11‘ ÉDITION ¦ '4^ •T'"' du 30 juillet au 27 août 2001 Lundi 3Q juillet V JH Rires et soupirs : L’HUMOUR au FÉMININ Recherche et collage de Lucie Joubert Avec Sylvie Tremblay, Marie-Use Pilote, Suzanne Champagne.Accompagnées au piano par Nadine Turbide 1 Mise en lecture de Béatrio» Picard j Lundi 6 août Promenade en proses «Dans l’univers de Reiner ÜNllK RILKE et de Virginie WOOLF» Recherche, collage et mise en lecture de Marcel Pomerlo Avec Daniel Gadouas, Danny Gilmore, Monique Miller Accompagnés au piano par Irik Shoup Uodili août Dernières lettres de STALINGRAD.Recherche, collage et mise en lecture de Marie-Louise Leblanc Avec Françoise Faucher, Marcel Pomerlo, Christian Bégin, Denis Trudel, Claude Gagnon Lundi 20 août Clarice Lispector De BRÉSIL et de BRAISE Texte et montage de Claire Varin Avec Élise Guilbault, Sophie Faucher, Daniel Thomas Mise en lecture de France Castel Lundi 27 août Encore CINQ minutes de Françoise Loranger Avec Monique Mercure, Guy Provost, Markita Boies, Michel Poirier Mise en lecture de Monique Duceppe BILLETS EN VENTE / RÉSERVATIONS Maison dos Arts da Laval (4S0) 667-2040 Réseau Admission (S14) 790-1245 Prix régulier: 19 S Prix étudiants at aînés: 17 $ (taxas ind.) Séria abonnement : 25 S de réduction Québec ûfl^Rad ÔoMalHa.— Tourisme r~K.> LAVAL COWB / pts arts rr o« irw« cucutacc * MAISON DES ARTS DE LAVAL • 1395, boul.de la Concorde ouest.Laval (Québec) • Métro Henri-Bourassa, autobus 35 ou 37 \ 1^26 I E DEVOIR.L E S S A M E D I ET D I M A X ( HE 8 J I I I l.E T 2 O O I ( VIES D’ARTISTE Joël Des Rosiers, ou écrire et guérir JACQUKS NADEAU I E DEVOIR Pour l’écrivain et médecin psychiatre Joël Des Rosiers, «l’art fait par un médecin doit nous faire voir ce que le fiévreux voit et ce que les déprimés endurent».Ils sont écrivains, danseurs, musiciens.Ils sont aussi plongeurs, moniteurs, cascadeurs, médecins.Pour notre série de l’été, nous vous invitons à partager la double vie que doivent presque toujours mener les artistes qui décident de pratiquer leur art sans cesser de faire bouillir la marmite.Docteur Jekylll et Mister Hyde ont aussi un visage souriant.CAROLINE MONTPET1T LE DEVOIR Dans certaines traditions, en guise de médicaments, les chamans faisaient tremper des textes sacrés, des prières ou des poèmes dans une décoction choisie avant de la faire boire au patient Le poème, le texte, était alors thérapie.Et dans la tradition védique de l’Inde du Sud, le nom d’une plante, le vétiver, qui est le titre du dernier recueil de poésie de l'écrivain et médecin psychiatre Joël Des Rosiers, est aussi un mantra.«Je n’ai jamais vraiment pu départager la médecine et la littérature», affirme Joël Des Rosiers, rencontré à la table d'un café de la rue Saint-Denis, à Montréal.Oh, bien sûr, la psychiatrie s’appuie de plus en plus sur la pharmacobiologie.Mais il ne faut pas, chez les malades, négliger la quête du sens.Et c’est là, dans cette quête de sens, que se trouve la littérature.Et l’écrivain, Haïtien d’origine, y va d’une longue série de médecins qui ont aussi été de grands écrivains.Il cite d’abord Rabelais, ensuite Tchékhov, puis Céline, puis William Carlos Williams, Gottfried Benn, Arthur Conan Doyle ou encore André Breton, pour ne nommer que ceux-là.Plus près de nous, au Québec, on peut penser à Jacques Perron ou au psychiatre Julien Bigras.Au sujet de Breton, Joël Des Rosiers précise d’ailleurs que l'écrivain a été marqué par le discours délirant des traumatisés psychiques de la guerre de 1914-18.Plus tard, le médecin psychiatre — qui avait alors exploré, en tant qu’interne, l’association mentale par le truchement du délire de ses patients — a transposé cette démarche dans la littérature, fondant le surréalisme.Quant à Arthur Conan Doyle, il était ophtalmologiste, ce qui explique peut-être la présence de la loupe dans la vie de son célèbre personnage, Sherlock Holmes.la maladie est un bon stimulant.dit Joël Des Rosiers, quand on est en assez bonne santé pour supporter Fintensité de cette stimulation.«L’art fait par un médecin doit nous faire voir ce que le fiévreux voit et ce que les déprimés endurent», dit-il.Or, les médecins, constate-t-il, ont une longue fréquentation de la souffrance et de la vie.Aussi Joël Des Rosiers évoquet-il à plusieurs reprises Frantz Fanon, psychiatre martiniquais révolutionnaire, auteur entre autres de l’ouvrage Peau noire, masques blancs, qui s’intéresse aux répercussions pathologiques du racisme sur l’inconscient Ce même psychiatre écrivait dans Les Damnés de la Terre, que le Tiers-Monde «attend que ceux qui l'ont maintenu en esclavage pendant des siècles [.] l’aident à réhabiliter l’homme, à faire triompher l’homme une fois pour toutes».Ici, les mots ont-ils le pouvoir de guérir les maux du monde?Dans son recueil, Vétiver, Des Rosiers explique ce rapport entre les deux professions qu’il exerce.«Ajouter la littérature à la médecine me contraignait / à rendre aux hommes le dan insidieux que j’avais reçu de leur souffra nce», écrit-il.En entrevue, il ajoute: «Dans l’écriture, il s'agit de faire percer cet indicible de l’horreur, des horreurs.» En effet, dans la pratique de la médecine, il y a aussi beaucoup de compassion.Et c’est cette compassion qui peut mener un médecin à écrire.Présentement, Joël Des Rosiers travaille à un essai sur la mémoire traumatique, et plus précisément, et sur les séquelles psychologiques de l'imaginaire de l’esclavage.Un grand-père mémorialiste Aux origines de la vocation d’écrivain de Joël Des Rosiers, il y a son grand-père paternel, un mémorialiste, dans le pays d’origine, Haiti, que Joël a quitté alors qu’il était encore enfant, fuyant avec ses parents la dictature de François Duvalier.Le médecin se souvient des archives familiales que cet homme avait consignées dans de grands livres reliés, sur du papier importé de France.Est-ce de cet homme que Joël Des Rosiers s’inspire, dans ces strophes de Vétiver, publié chez Triptyque: «Le père de mon père Dieudonné rédigeait alors le nutnus-crit / de plusieurs milliers de pages il fallait quatre bras vierges / pour le transporter après les funérailles de TAmanthe / atteint de déraison il mit le blanc costume d’alpaga / dans la douleur d’amour s’allongea comme précepteur calmé d'amour et dit le mot extase il expira.» De sa famille, il a aussi gardé un amour de la langue française, cette langue que les Antilles ont héritée d’Europe et qu’elles s’approprient passionnément aujourd’hui.«Je me souviens, jeune, d’avoir été grondé en latin», dit-il.Et enfin, il tient de sa famille sa curiosité scientifique, qui le faisait par exemple observer pendant des heures, enfant, le fonctionnement de l’usine de distillation du vétiver, tenue par ses oncles maternels, où on transformait les racines de la plante en huile.«J’étais fasciné par les bielles, les chaudières, les alambics, dit-il, et, encore aujour- d’hui, je suis un homme de gadgets.» Ixi plante, les racines, se transformaient en huile essentielle par un processus mystérieux, une sorte d'alchimie.11 y a donc, chez Des Rosiers, une fascination pour le fonctionnement des choses qui se transpose aussi dans ses textes.Aussi ces poèmes intègrent-ils de près la faune, la flore, l’anatomie, les énumérations des noms et prénoms.les Haïtiens, dit-il, parlent un français tropicalisé.Et l’exil, poursuit l’écrivain, peut commencer dans son propre pays.Joël Des Rosiers se rappelle ainsi de ce juge en chef de la Cour suprême qui, identifié comme un contestataire du régime duvaliériste, était surveillé jour et nuit dans sa propre résidence.L’affection pour le vétiver aurait-elle donc valeur symbolique, cette plante ayant été transplantée de l’Inde aux Antilles par les colons, comme les cultures africaines se sont implantées en Amérique?Cette plante, poursuit Joël Des Rosiers, a été utilisée en Haï- ti, à proximité des champs de canne à sucre parce que ses longues racines prévenaient l’érosion du sol.Des Haïtiens, Joël Des Rosiers dit qu’il sont (les Euro-Africains vivant en Amérique.Rappelons aussi que dans la tradition indienne, le vétiver était connu |x)ur ses vertus thérapeutiques, pouvant calmer la fièvre et l’asthme, pouvant aussi, disait-on, éloigner les mauvais esprits.Dans l’œuvre de Des Rosiers, il y a aussi des naissances et des morts, du sang qui se répand, des guerres.Il y a donc la souffrance, qui arrive avec la vie.«Il songe à l’odyssée du sperme / dans son bassin oblong / ô femmes qui nous files des enfants / aux trompes des vierges / charriant la nouvelle engeance / ondées vermeilles en sa chair amenuisée / ou bien / les deux reins rongés aux hiles», écrivait Des Rosiers dans Savanes, un autre recueil de poésie publié chez Triptyque.C'est de la vie, donc, dont le médecin touche toute l’ampleur du mystère, que naît aussi la littérature.THÉÂTRE JEUNESSE Un radeau de la Méduse en pleine campagne Le Théâtre de la Dame de cœur présente une odyssée rocambolesque sur fond de paradis coulant L’ÎLE AUX FROMAGES Sur un scénario de José Babin, Richard Blackburn, René Char-bonneau, Christine Deschênes, Christine Dupuis, Sylvain Gagon, Luc Labarre, Marc-André Roy, Anne St-Denis, et Yves Simard.D’après une idée originale de Richard Blackburn.Directeur de production: René Charbonneau.Séquences vidéo: Marc Fournel.Représentation à compter de 21h.Une production du Théâtre de la Dame de cœur présentée à Upton jusqu’au 25 août Relâche les lundis et mardis.Il faut prévoir 45 minutes pour revenir à Montréal.Durée: près de deux heures.Public visé: les familles et les enfants de plus de huit ans.Informations et réservations: (450) 549-5828, ou .MICHEL BÉLAIR LE DEVOIR Quand on a vécu dans ce que l’on désigne sous le vocable à la fois flou et légèrement paternaliste de «région», on sait à quel point la culture est une denrée vitale qui n’a rien à voir avec les pédanteries de salon.Hors des grands centres, le «produit culturel» est une rareté.Hors des grands centres, point de salut.Et c’est très évidemment une des raisons qui expliquent, tout autant que les fermetures d’usine, l’exode des périphéries vers les grandes villes.Cette introduction un peu grandiloquente visait tout simplement à souligner à quel point des initiatives comme celles du Théâtre de la Dame de cœur sont essentielles.Etablie depuis un quart de siècle dans la région agricole d’Upton, presque à la frontière de la Montérégie et de l’Estrie, la bande de Richard Blackburn a réussi à créer un lieu unique, fortement en prise sur son milieu.Les gens du coin sont fiers de leur théâtre, en parlent facilement, abondamment.Après 25 ans d’implication culturelle en milieu rural, pas étonnant de voir surgir là un sentiment d’appartenance.Il y a aussi que le Domaine de la Dame de cœur, avec sa grange à décors, son moulin et son espace champêtre exceptionnel, est un endroit presque magique dans lequel les enfants se laissent couler avec plaisir.D’autant plus qu’on y investit dans une démarche théâtrale fondée sur la démesure, sur les possibilités et les contraintes que draine avec elles la technique exigeante des mariopnettes géantes.Cette nouvelle Ile aux Fromages ne fait surtout pas exception à la règle.«Elle aux Fromages est l’aboutissement d’une série de risques, comme le racontait Richard Blackburn avant le spectacle.Un pari auquel ont participé, sur un calendrier de production de huit mois, des dizaines de créateurs appartenant à plusieurs disciplines différentes.Le résultat, tiré du néant, c’est cette odyssée tissée de filets blancs.» Il s’agit bien d’une odyssée en effet.Celle d’un navire de papier — aux dimensions théâtre-de-la-damedecœu-resques, bien sûr — qu’il faut sans cesse colmater, occupé par une bande de rats soumise aux ordres de son dictateur de capitaine, seul maître à bord avant Dieu.Sur ce radeau de la Méduse de carton pâte, tout le monde est en train de crever de faim.Littéralement.C’est un «détail» important L’île aux Fromages nous raconte en fait une histoire basée sur un scénario fascinant qui, malheureusement, ne consentira a se laisser saisir qu’à la toute fin du spectacle.Ce n’est que dans les cinq dernières minutes que l’on comprendra enfin le sens de cette traversée insensée à laquelle viennent se mêler une petite souris blanche, un immense pélican et quelques hallucinations visuelles du paradis perçu comme un plateau de fromages coulants.Ce qui est un peu triste.Tout comme les projections vidéo d’ailleurs, qui ne sont pas très réussies, instables, floues.Et qui mettent en relief ces gros filets blancs dont parlait Richard Blackburn.Un peu trop même.Car malgré ses aspects séduisants et ses trouvailles, L'Ile aux Fromages est un spectacle qu’on souhaiterait plus ramassé.Surtout en première partie, alors que le déploiement technologique ne réussit pas à masquer le fait que l’action s’étire parfois inutilement, sans véritable surprise.Et que l’on se surprend à investir plus dans la poursuite d’indices que dans le déroulement ronronnant du spectacle.A un point tel d’ailleurs qu'on i>eut en venir à se demander si tout cela ne s’explique pas par la faiblesse du scénario.ce qui n'est pas le cas, on le comprendra à la toute fin.Par contre, lorsque le mystère nous est dévoilé enfin et que les éléments du puzzle tombent tous en place, l'effet est saisissant et la magie Dame de cœur opère à plein régime.Mais on ne peut s’empêcher de souligner qu’on aurait eu avantage à saupoudrer cet effet «poudre magique» tout au long du spectacle.SOURCE THÉÂTRE DE LA DAME DE CŒUR Un des rats d'équipage de L’ile aux Fromages, une production présentée au Théâtre de la Dame de cœur.Théâtre Lac Brome .:: an anglophone is coming to Dinner Première mondiale de cet auteur québécnts, George Rideout TRAVELS WITH MY AUNT ftr Graham Greene, adaptée by Giles Havergal Un voyage faitashque, venez lire avec nous.Hank Williams, the show he never gave Une suirée avec une légende de 'musique country' par Maynard Collins.THE TURN OF THE SCREW far Henry fariK, adaptée par feffrey Hafcher.Une da^que de la lllénfure anglalai A SEULEMENT 60 MINUTES À L’EST DU PONT CHAMPLAIN.Présenté par GROUT FINANCIER BANQUE ROYALF (450) 242-1396, 242-2270 267 ch.Knowltan, Knowlton, Qc.www.cclacbromB.qc.ca/tlb Essayez un théâtre anglais Goûtez la difference I.K I) K V 0 I H , I.K A M E D I ET l> I M A N ( H E H .) LILLET I 0 0 CINÉMA Eriq Ehouaney dans la peau de Lumumba et Alex Descas en Mobutu dans le film de Raoul Peck.SOURCE REMSTAR Petit précis de décolonisation LUMUMBA Réalisation: Raoul Peck.Scénario: Raoul Peck, Pascal Bonitzer.Avec Eriq Ebouaney, Alex Descas, Théophile Moussa Sowié, Maka Kotto, Dieudonné Kabongo, Mariam Kaba.Image: Bernard Lutic.Musique: Jean-Claude Petit.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Certains films possèdent au premier chef une valeur historique et didactique.Us servent à gommer les trous de l’histoire officielle, à témoigner.Tel est Lu- mumba de Raoul Peck, une œuvre nécessaire et poignante qui remonte le cours, au début des années 60, de l’indépendance du Congo, alors arrachée aux Belges.Le premier ministre initial (élu démocratiquement) fut le jeune Patrice Lumumba, un homme intransigeant et idéaliste bien désireux de secouer l’ancien joug belge et bientôt appelé à faire face à la musique.De la sécession du Katanga aux soulèvements divers, sur fond de meurtres et de viols d’anciens colons belges, il eut droit à tout, à l’armée belge revenant en force, à l’ONU se mêlant à la fête, aux trahisons diverses.Tant et si bien que, tortu- ré puis mis à mort avec deux compagnons, il fut sacrifié par les Belges et les Katangais.Assassinat politique, clame le film.Lumumba avait-il une seule chance de s’en sortir?Le film rappelle que les Belges, à l’encontre des Français, n’avaient pas africanisé les cadres et les officiers.De quoi générer un total chaos, en l’absence de compétences locales capables de prendre la relève.Lumumba se place du point de vue de son héros, épouse les angoisses de l’homme et les affres du politicien.Son bref destin à la tête d’un pays ingouvernable soulève aussi la question du rôle joué par Joseph Mobutu, l’ancien compa- gnon de libération appelé à trahir et à monter sur un trône de dictateur.Les belles images de l'Afrique ne sont jamais complaisantes et se mettent uniquement au service de l’action.Minutieusement, on suit avec Lumumba l’enchaîna ment des circonstances qui le portent d’une prison où les Belges l’ont écroué à la tête du nouveau Congo, puis à la solitude du pouvoir impossible jusqu’au sanglant dernier acte.Bonne musique, avec en prime une petite chansonnette rigolote et dansante, Indépendance, cha cha, qu’on aurait envie d’importer au Québec, histoire de se bidonner un peu avec «la cause».Peut-on parler de film d’acteurs?Pas vraiment.Eriq Ebouaney dans la peau de Lumumba tient sa partie, parfois de façon émouvante, mais semble réciter ailleurs son texte.Alex Descas en Mobutu parvient davantage à faire passer chez son personnage une bonne volonté mêlée d’ambition, à le rendre à la fois traître et opportuniste, quoique pas entièrement corrompu au départ.Plusieurs acteurs secondaires possèdent un jeu un peu engoncé, mais le rythme incantatoire du film-récit emporte le spectateur et certaines scènes d’émeutes, de fuite, de violence sont saisissantes.C’est tout le processus de la décolonisation qui se joue devant nos yeux à travers le destin de Lumumba.Le Congo est toujours un pays en détresse.Ailleurs, en Afrique ou sous d’autres méridiens du Tiers-Monde, de nouveaux Lumumba perdent pied à leur tour.Raoul Peck a exploré la négritude sous maintes formes, notamment dans L'Homme sur les quais et Corps plongés, mais aussi à travers plusieurs documentaires (dont un sur Lumumba).H a choisi cette fois de tourner son film de façon très classique, sans effets de style indus, pour mieux demeurer collé à l’histoire terrible et fascinante qu’il raconte.Mille artistes au Mondial Uété de tous les secrets SOURCE MONDIAL DES CULTURES VINGT.C'est le nombre de bougies qui trônent sur le gâteau du Mondial des cultures.À sa vingtième édition, Jusqu'au 15 Juillet, mille artistes représentant les cultures du monde graviteront par Drummond-ville.Dimanche, l’humoriste et comédien Michel Mpambara animera la soirée Us Grands Spectacles, conviant le Brésil, la Pologne et Taïwan.Durant la semaine.Gildor Roy, Hart Rouge et le Grand Dérangement se succéderont.Sur la photo, la Soirée du Pacifique met en vedette Taïwan, le Jeudi 12 juillet, à 21h.Renseignements: .À LA VERTICALE DE L’ÉTÉ Réalisation et scénario: Tran Anh Hung.Avec Tran Nu Yen Khe, Nguyen Hlm Quynh, Ngo Quand Hai, Le Khanh.Image: Mark Lee.Montage: Mario Bat-tistel.Musique: Ton That Tiet.France-Allemagne-Vietnam, 2000,112 minutes.ANDRÉ LAVOIE Il émane du nouveau film de Tran Anh Hung une telle quiétude et une telle douceur que les nuages me naçants venus obscurcir le destin de ces trois sœurs magnifiques de simplicité apparaissent comme de vu! gaires intrus.En effet après sa description impitoyable de la vie de misère d’une famille de Saigon à la merci de gangsters dans Cyclo, le cinéaste vietnamien effectue avec À la verticale de l'été un retour aux sources — d’autres diront un repli stratégique.Une caméra amoureuse des acteurs qu’elle filme au plus près des visages, attentive aux silences, aux atmosphères, aux regards voilés, voilà qui n’est pas sans rappeler le coup de maître qu’a constitué L'Odeur de la papaye verte, son premier long métrage.Une fois de plus, dans une ambiance feutrée, l’existence s’écoule paisiblement, au rythme du travail, des rituels funéraires et des petits matins ensoleillés ou pluvieux sur des airs de Lou Reed ou de Velvet Underground.C’est au son de leur voix que s’éveillent Lien (Tran Nu Yen Khe) et son frère Hai (Ngo Quang Hai), si proches et si complices que la jeune femme rêve de rencontrer un homme qui lui ressemblerait en tous points.Elle éprouve autant de tendresse pour ses deux sœurs, Suong (Nguyen Nhu Quyhn) et Khanh (Le Kannh), la première mariée à un écrivain et l’autre, à un photographe.Elles cultivent une image idéalisée de leurs parents aujourd'hui décédés, si unis dans l’amour qu'ils sont morts à un mois d’intervalle.Pourtant, quelques doutes planent sur cette relation idyllique, des doutes rejaillissant bientôt sur les trois sœurs, surtout Suong et Khanh, forcées d’admettre le fossé de plus en plus profond qui se creuse entre elles et leur époux.Malheureusement leurs soupçons seront confirmés tandis que Lien poursuit sa relation taite à la fois de non-dits et de fous rires avec son frère.Sous le regard de Tran Anh Hung, la ville d’Hanoi devient un véritable refuge de paix, quasi irréel, là où se tissent avec simplicité des liens chaleureux et amicaux, ressemblant au Hong-Kong des années 60 de Wong Kar-wai dans In The Mood for Love.Le temps s’écoule et entre deux fortes ondées, le soleil baigne les intérieurs d’une douce lumière.Tout cela pour dire que, malgré les drames qui ne manquent pas de poindre dans cette famille d’orphelins, le film affiche une magnifique composition visuelle doublée d’une profonde humanité émanant de tous les personnages, ni anges ni démons, peu bavards mais dont les gestes et le regard expriment tant Ce contraste de pureté est d’autant plus saisissant après la violence et la symbolique un peu excessive de son film précédent Au centre de cet univers trône une fois de plus Tran Nu Yen Khe, qui tut la docile servante de L’Odeur de la papaye verte et la femme asservie de Cyclo, affichant toujours la même élégance et sur laquelle le temps ne semble avoir aucune emprise.Elle n’est pas étrangère à ce climat envoûtant qui se dégage de cette œuvre admirable, toute en finesse, offrant beaucoup au regard mais dont le sens de certaines scènes prend plaisir à se dérober à notre rationalité.L’amour, conjugal ou adultère, y est traité avec une discrétion toute orientale, conjugué à une mise en scène où les gestes du quotidien (les rituels du matin, la préparation des repas, les confidences de femmes pendant la nuit) prennent une importance symbolique considérable.Une fois de plus, grâce à Tran Anh Hung, les par-fùms et les couleurs du Vietnam viennent jusqu’à nous: on aurait tort de ne pas les saisir au passage.i_____a_______L \ A ! ».i - >; * Rentrée scolaire samedi août 2001 r Tombée publicitaire le 10 août 2001 LE DEVOIR LE DEVOIR.LES SAMEDI 7 ET DIM A X ( H E 8 .III t.I E T 2 O O I Hommage à Toto Dans le cadre du Festival Juste pour rire, la Cinémathèque consacre une série au Chariot italien MARTIN BILODEAU Qui est Toto?Certains parlent d'un Buster Keaton italien.d’un Chaplin de la Botte ou d’un Stan Laurel napolitain.Toutes ces comparaisons sont vraies et fausses.Né Antonio Furst de Curtis Gagliardi Ducas Comneno di Bisanzio en 1898, Toto échappe à toutes les étiquettes et impose un personnage unique en soi, bien pourvu en parents, certes, mais qui découle, comme eux et sans souffrir de la comparaison, d’une école de l’humour enracinée dans la classe populaire.Federico Fellini a découvert Toto au début des années 30 alors que ce dernier, encore inconnu du grand écran — qu’U ne prendra d’assaut qu’à la veille de la Deuxième Guerre mondiale —, divertissait la foule pendant les entractes au cinéma.Dans un entretien accordé au magazine Star, le réalisateur de 8 et demi parlait d’une «apparition, d’un animal fantastique» et d'«une tête en argile, tombée de son socle et recomposée à la hâte avant le retour du sculpteur à qui on veut cacher la catastrophe».Selon la même source, son compatriote Dario Fo évoque pour sa part un «acteur rebelle au pathétique», un personnage à’«homme écrasé, humble, exclu de la société, [qui] essaie à travers une violence paradoxale, absurde, de retrouver un équilibre en face d’un pouvoir immobile et statique».Le survol de ce Toto anti-ta-tiesque, que nous fait faire la Cinémathèque québécoise entre le 11 et le 29 juillet, comporte une quinzaine de longs métrages, une goutte d’eau dans une filmographie qui comporte près de 100 titres.Or l’échantillon semble fidèle aux descriptions de Fellini et Fo, même si les films ne sont pas toujours à la hauteur du personnage, ce que plusieurs ont dénoncé lors du décès de l’acteur, survenu en 1967.Ainsi, bien qu’il mette en valeur le personnage et son style, Hands Off Me (11 et 12 juillet), réalisé en 1937 par Gero Zambu-to, est une comédie assez insignifiante, inspirée de The Kid, de Chaplin, et centrée sur un personnage de vagabond à chapeau melon (Toto) qui, après avoir pris une jeune orpheline sous son aile, s’introduit dans la haute société romaine et s’y taille une place.St.John the Baptist, Beheaded (11 juillet), sorti trois ans plus tard, bénéficie à tout le moins d’un scénario construit et conséquent dans lequel Toto, en patriarche écrasé par son épouse et vénérant saint Jean-Baptiste, tente d’arranger le mariage de sa fille avec un allumeur de réverbères (une belle envolée poétique).L’un des plus ardents défenseurs de Toto, le cinéaste Mario Moni-celli, a réalisé avec lui sept films, dont Le Pigeon (15 et 27 juillet), considéré comme l’un des sommets de la comédie italienne.L’acteur de 60 ans y joue, avec brio et juste ce qu’il faut de folie douce dans le regard, le maître à penser d’un groupe de voleurs amateurs parmi lesquels on retrouve les très jeunes Marcello Mastroianni, Vittorio Gass-man, Renato Salvadori ainsi que la lumineuse Claudia Cardinale.Bien que son personnage soit plus effacé dans ce film, Toto reste malgré tout le clou de ce divertissement haut de gamme qui l'ouvre à des perspectives de jeu que lui interdisait son personnage éponyme.En d’autres mots, Le Pigeon {I soliti ignoti en L’un des plus ardents défenseurs de Toto, le cinéaste Mario Monicelli, a réalisé avec lui sept films SOURCE CINEMATHEQUE QUÉBÉCOISE Avant de devenir une vedette du grand écran, celui qu’on nommait l’homme de caoutchouc en raison de sa gestuelle de contorsionniste était une vraie star du music-hall.version originale) est à Toto ce que Monsieur Verdoux fut à Chariot.Du même Mario Monicelli, la Cinémathèque propose aussi Laughs Of Joy (18 et 28 juillet), d’après Moravia.Avant de devenir une vedette du grand écran, celui qu’on nommait l’homme de caoutchouc en raison de sa gestuelle de contorsionniste était une vraie star du music-hall.Sa carrière au cinéma a vraiment pris son envol dans les années 50, dans des films qui formulaient un discours social qui convenait à son personnage de laissé-pour-compte.Si quelques cinéastes de grande classe se sont pris d’affection pour lui (parmi eux.Pier Paolo Pasolini, qui l'a fait jouer en 1965 dans Hawks And Sparrows, présenté les 22 et 29 juillet), la consécration de la critique est venue après sa mort.Ainsi, depuis le début des années 70, plus personne ne proteste lorsqu'une cinémathèque rend hommage à Toto.On préfère y courir.SOURCE CINEMATHEQUE QUÉBÉCOISE Si quelques cinéastes de grande classe se sont pris d’affection pour Toto, la consécration de la critique est venue après sa mort.HOMMAGE À TOTO Cinémathèque québécoise Du 11 au 29 juillet Renseignements: (514) 842-9768 TVA INTERNATIONAL présente « Au-delà d une approche ostensiblement picturale qui soigne partiuilièrcment la couleur, lrtrait de groupe subtil et hédoniste.•> sélection officielle cannes 2000 à la verticale de l'été avec Iran nu yén khénguyen • nhu quynb • le khanh HI H® «jSI?B www.lazennec.com/verticale TgpTVR @ À L’AFFICHl EN EXCLUSIVITÉ réÂb.sÏEM'^n « un fitm de tràn anh hung MÊMES PROBLEMES LA SOLIDARITE (514) 257-8711 1-888-234-8533 www.devp.org «D&ELOPPLteV B MIX Du même réalisateur que ¦¦MARIUS ET JEANNETTE» LA VILLE EST TRANQUILLE un FILM DE ROBERT GUEDIGUIAN ARIANE ASCARIDE • IEAN PIERRE DARROUSSIN • GERARD MEUAN ' e x Ce n t r i s «coup de maître.» k- L* Parisien ^ secret ^ Ub film d* VIRGINIE WAGON ANNE COESEN5 MICHEL BOMPOIL • TONY TÜDD Hrp^RishENn* TOGETHER LA VILLE EST TRANQUILLE KIESLOWSKI k > LA FAUTE A VOLTAIRE 9 S ADMISSION GENERALE/6 $ ETUDIANT.AGE 0 OR/6 S: EN SEMAINE AVANT 18 H 3536 BOUL.ST-LAURENT/HORAIRES .INFOS: 511.«47.2206 / WWW.EX-CENTRIS.COM ly STATIONNEMENT: RUE MILTON METRO SHERBROOKE » ST-LAURENT Le salaire (minimum) de la peur SCARY MOVIE 2 Realisation: Keenen Ivory Wayans.Scenario: Shawn Wayans, Marlon Wayans.Buddy Johnson.Avec Anna Fais, Marlon Wayans, Tim Curry, Tori Spelling.Chris Elliott.Image: Steven Berstein.Montage: Peter Teschnef.Musique: Randy Spendlove.Etats-Unis.2(X)1, 82 minutes.La chose la plus effroyable à propos de Scary Movie fut sans aucun doute le succès commercial monstrueux que le film a obtenu l’été dernier.Evidemment, dans ce contexte, les suites sont aussi inévitables que les fantômes dans les châteaux en décrépitude, les assassins sanguinaires derrière les portes qui grincent et une panne d'électricité pendant l’orage, le tout martelé de quelques coups de tonnerre.Le réalisateur Keenen Ivory Wayans n’allait pas s’arrêter en si bon chemin.Il a ameuté toute sa bande, gavée jusqu’à plus soif de sitcoms, de maïs soufflé graisseux et de cinéma hollywoodien.1^ croiriez-vous?11 a fallu sept scénaristes pour pondre, visiblement à la hâte, cette suite aux aventures moins cauchemardesques que scatologiques, tournant une fois de plus autour de la délicieuse Cindy Campbell (Anna Faris).Alors que Scary Movie portait fidèlement son nom en ratissant assez large dans le champ des films d’horreur pour et avec adolescents proprets aux vêtements griffés, Scary Movie 2 n'a d'autre choix que de puiser un peu plus creux tlans le gigantesque bassin quelque peu nauséabond de la culture populaire américaine, se prêtant même à une ou deux blagues songées, vite noyées dans un torrent de vulgarités.Cette fois-ci, les ami(e)s de Cindy, dont le survolté Shorty (Marion Wayans) et la pas très délurée Alex (Tori Spelling, au secours!), se retrouvent sous la coupe d’un machiavélique professeur (Tint Curry), convies dans un château où, un an aupa ravant, les scénaristes ont eu la seule vraie bonne idée du film: une parodie de The Exorcist, encore plus insoutenable si on y avait ajoute l'option Odorama.Au cours de ce week-end d'expe rimentations scientifiques, les choses vont tourner — ai-je besoin de vous le dire?— au grotesque, avec Poltergeist, What Lies Beneath et autres Charlie's Angels comme références culturelles incontournables.Scary Movie se regardait, je l'avoue, avec un certain mélange de plaisir coupable, poussant jus qu'à l'absurde un genre, celui enfanté par Wes Craven et le scénariste Kevin Williamson, fortement contaminé par son obsession à citer n'importe quoi et son contraire ton! en prétendant être vachement original.Manifestant (déjà!) des signes évidents d’épuisement, Keenen Ivory Wayans et ses acolytes préfèrent se réfugier, la plupart du temps, en bas de la ceinture de préférence, voire entre les lignes du seul livre qu’ils connaissent: le télé-horaire.On aura un peu plus de chances de s'esclaffer à quelques occasions si le spectateur, jeune de préférence et pas trop exigeant sur la marchandise, a vu pratiquement tous les chefs-d’œuvre cités.D's autres se rabattront sur les flèches lancées en direction de la politique américaine où la robe tachée de Monica Lewinsky* et le recomptage des votes en Floride lors de la dernière élection présidentielle constituent, dans le contexte, un véritable commentaire éditorial.Sinon, il faut avoir le cœur bien accroché pour contempler, entre autres insanités, les mauvaises manières de Chris Elliott en majordome de pacotille (l’odieux personnage survit à la fin, cela qui n’annonce rien de bon).Au bout du compte, comme devant n’importe quel phénomène ectoplasmatique, le mieux à faire, face à Scary Movie 2, esl de prendre ses jambes à son cou.LA COMÉDIE «K AU CANADA! î » «Deux fois plus de plaisir que dans le premier.» ¦ KMa, K1U MOMMM MWI "C'est exactement ce que le docteur a prescrit oee une double dose de rires.» DR.D0LITTII2 JL_ Étt* «¦nhRBJI Wi 11R1191 »«•-m I VERSION FRANÇAISE < % STARCITÉ I I-LES CINÉMAS- I- CINÉMAS AMC -1 r FAMOUS PLATER6 8TARCITÉ i i-LES CINÉMAS-11-CINÉPLEX OOÉON-1 ILE FORUM 22 ?11 MONTREAL ?11 LANGELIER 6 ?11 LASALLE (Place) ?| rt.ES CINFMAS (1UZ20 1 I MEQA PLEX™ ÛUZZO—| r—MEOA-PLEX'* OUZZO—I »—FAMOUS PI AYERS——l PARADIS ?11 JACQUES CARTIER 1W\ [TASCHEREAU 18 ?| | COLOSSUS LAVAL ?| r—MÉOA-PLEX-OUZZOf CINÉMA.—i r—CINÉPLEX OOÉON 1 i CINÉPLEX OOÉON—i 1PONT-VIAU 16 ?! 1ST-EUSTACHE ?11 ST-BRUNO ?11 BOUCHERVILLE ?| r—LES CINÉMAS OUZZO—i r—LES CINÉ MAS OUZZO—i i * CINÉPLEX OOÉON —| f—CINÉPLEX OOÉON-1 | TERREBONNE 8 ?11STE-THÉRÉSE 8 ?| [CHÀTEAUGUAY ENCORE ?| ]CARREFOUR D0RI0N ?1 r-—CINÉPLEX OOÉON—-i r GALERIES ST-HVACIWTME -i r- CAPITOL .i r-CAHRFFOUR DU NORD —i I PLAZA DELSON ?| |ST-HYACINTHE ?11 ST-JEAN ?| [ ST-JÉRÔME ?| i CINÉMA DE PARIS—^ r—CINÉ-ENtREPRISE-1 f—CINÉ-ENTREPRISE-1 r—CINÉ PARC ——l | VALLEYFIELD ?1 |PIAZA REPENTIGNY ?11 ST-BASILE ?11 ST-EUSTACHE | VERSION ORIGINALE ANGLAISE LES CINÉMAS OUZZO- I- CINÉMAS AMC —i I-FAMOUS PLAYERS-1 l— LES CINÉMAS OUZZO —i i-CINÉPt EX OOÉON-1 Ile FORUM 22 ?I ICOUSSiaBKUUIOm ?| IlACORDAIRE 11 ?11 LASALLE [Plaol ?| r—CINÉPLEX OOÉON-1 r—CINÉPLEX OOÉON—l r~ MFoA PLFX' OUZZO —I f FAMOUS PLAYERS—i ICAVENDtSH (Mail) ?| ICÛTE-DES-HEIGESVl [TASCHEREAU IB 7\ 1 CENTRE LAVAL ?1 1 _ ._ .r—LES CINÉMAS OUZZO —1 f—Mf0A PLEX,"0UK0"n A L’AFFICHE! 4® DUES ADIEU À IA PEUR 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COiOiSUS LAVAL ?I ?SON OMIT AL [POINTE-CLAIRE ?] IsPHERETECH 14 ?] ISTE-APÉLE ?[ A L'AFFICHE I LAISSEZ-PASSER REFUSÉS I.K I) K V O 1 K , L E S S A M E I) I E T 0 1 M A S C II E H .MILLET 2 O O I C (i dans la DAVID CANTIN Après ses Chansons nomades, voilà qu’An-gélique lonatos aborde le versant plus tragique de la Méditerranée sur D'un bleu très noir.Un nouvel album où la douleur ainsi que les marques du destin refont surface, à l’image de la phase lunaire de cette quête lyrique exceptionnelle.Ce mardi 10 juillet, le public du Festival d’été de Québec aura la chance d’entendre dans la cour du Séminaire ces pièces qui déploient toute la force d’une Grèce intériorisée.Avec l’aide d’un quatuor peu banal, la voix grave d'Angélique lonatos s’ouvrira à ce blues, plein de passion et de pudeur, qu’elle s’approprie.La réputation d’Angélique lonatos n’est plus à faire.Dès ses débuts en 1972, à l’âge de 18 ans, elle remporte le prestigieux Grand Prix du disque Charles-Cros avec Résurrection.Ce ne sera que le présage d’une aventure musicale qui mènera à terme des projets souvent ambitieux.La chanteuse née à Athènes se fera surtout connaître grâce à une voix d’une beauté intense, capable de défendre les mots de poètes tels Odysseus Elyi-tis et Cavafy ou encore les composition de Mijtis Theodorakis.A l’autre bout du fil, la grande dame demeure très simple et généreuse dans ses propos.«Contrairement aux pièces du disque précédent, D’un bleu très noir est guidé par des émotions beaucoup plus sombres et douloureuses.Cette musique retourne davantage vers les origines du blues au sens large.Je ne parle pas, ici, du blues dans sa tradition purement américaine, mais plutôt de ce bleu dans l’âme.C'est quelque chose que je retrouve dans mes origines grecques.» Il y a aussi la présence de ces cinq femmes qui viennent, en quelque sorte, ponctuer ce voyage à travers certains contrastes mélancoliques: la Vierge Marie, prête à interroger le fardeau du Sauveur, Rosa Luxembourg, la rêveuse acharnée, Marie des brumes, la subversive, Sappho, la première auteure grecque à utiliser le «je» et enfin Alphonsina Storni, poétesse argentine qui, se sachant condamnée, se jettera à la mer.Pour lonatos, est-ce que ces femmes possèdent quelque chose en commun?«Je dirais, d'abord, qu’il s’agit de femmes tout à fait remarquables.Ensuite, qu’elles ont un côté très romantique.Je crois que cet élément, que je n 'avais pas en tête au départ, apporte une unité au disque.Ce sont des mythes et des destins faits d'ombre et de lumière.À Buenos Aires, il existe une statue d’Alphonsina Storni qui fait face à la mer pour l’éternité.Un pareil symbole me touche énormément.» On découvre aussi, à l’écoute D’un bleu très noir, une instrumentation qui ne cesse de surprendre.«Im participation d’un musicien de l'envergure de César Stroscio a été déterminante.J’admire beaucoup cette manière, si subtile, avec laquelle il est capable de faire résonner le bandonéon.C’est, pour moi.une source d’inspiration.Je tenais à avoir des couleurs et des timbres, de connivence avec cette spontanéité ludique qui se dégage du blues.De plus, les sonorités d'un complice comme Henri Agnel me Festival d’été de Québec Du blues langue d’Homère SOURCE FESTIVAL D’ÉTÉ DE QUÉBEC Angélique lonatos rassurent toujours.Puis, le violon de Michael Nick et la clarinette de Bruno Sansalone ajoutent une diversité, de même qu une profondeur ravissante, à l’enregistrement.» En concert, on aura droit, en grande partie, à l’ensemble du matériel D’un bleu très noir, de même qu’à une chanson de Ferré et quelques surprises qu’Angélique lonatos ne souhaite guère divulguer pour l’instant.Une invitation qui ne se refuse tout simplement pas.À voir ce week-end Pour cette première longue fin de semaine du Festival d’été de Québec, il serait plutôt difficile de faire une liste exhaustive de ce qu’il y aura à découvrir sur les différentes scènes.Ce soir, c’est l’imprévisible Jean Le-loup qui sera de la partie, avec Vénus 3 et les Funk A Fones, sur les plaines.Inspiré ou inégal, tout demeure possible lorsque notre John The Wolf est de la fête.Un peu plus sage, Jean-Pierre Ferland aura aussi des choses à fredonner au parc de la Francophonie.En cas de pluie, il y a toujours le très populaire spectacle de Pierre Lalonde au Cabaret du Festival.Dimanche, autre scénario.D’abord, on mentionne la présence du violoncelliste hors pair Pieter Wispelwey en compagnie des Violons du Roy, sous la direction du Montréalais Yannick Nézet-Séguin, dans le cadre du volet classique.Pour les puristes du blues-rock américain, le working class hero himself George Thorogood et ses Destroyers pourraient très bien attirer une foule record sur la scène Bell.Au parc de la Francophonie, Claire Pelletier aura aussi une bonne part de fidèles pour la suivre dans son monde onirique.Dernière suggestion, on souligne la grande visite de John Hammond à la place Métro.Il offrira sa relecture, très séduisante, de quelques-unes des compositions du mythique Tom Waits.Un incontournable.Métissages à saveur électronique DAVID CANTIN Depuis quelques années, le Festival d’été de Québec s’efforce de renouveler une pro grammation qui risque trop souvent de tourner autour des mêmes artistes, d'ici comme d’ailleurs.Certains diront qu’on verra encore une fois, lors de cette 34'' édition, les Pelletier, Ferland, Lacaille et Brozman.Par contre, certaines séries se précisent dans ce qu’elles souhaitent offrir de neuf au public de Québec.C'est le cas, notamment, du volet de nuit au bar spectacle D’Auteuil, à partir de 23h et à lh30 jusqu’au 15 juillet.Pour l’ouverture vendredi, le duo autrichien dZihan & Kamien, en compagnie des Français de la Cosmik Connection, amorçait cette portion du festival.Des spectacles où l'imprévu ainsi que les découvertes sont à l’honneur.L’an dernier, il fallait voir le nombre, parfois impressionnant, de spectateurs qui commençaient à faire la file, dès les environs de 20h, dans l’escalier du bar spectacle et plus loin jusqu’au milieu de la rue D'Auteuil afin de pouvoir entrer dans la petite salle.Impossible, donc, de se pointer vers les 23h pour terminer la nuit en musique.On refusait l'ac- cès à bien des curieux car le D'Auteuil affichait très souvent complet peu de temps après l’ouverture des portes.Cette année, les organisateurs ont cru bon d’imposer un tarif raisonnable chaque soir.Est-ce que l’ambiance baissera d’un cran?Cela reste à confirmer.Néanmoins, on remarque plus que jamais deux lignes directrices qui ont sans doute eu des incidences sur le choix des artistes.D’une part, une forte propension en matière d’ethno-techno avec des noms comme Ekova, Bullfrog, Wimme ou encore DJ Ram, qui viendra ponctuer plusieurs des échanges qui auront lieu au cours du festival.De l’autre, de la house live en compagnie de Soul Not Mind, New Deal, Nick Holder, Curtis et les Couch Potatoes.Collages et croisements A quoi peut-on s’attendre, donc?Pour ce qui est de dZihan & Kamien, sans contredit le gros nom cette minée, on doit d'abord comprendre qu'il s’agit d’une prestation de DJ avec tout ce que cela comporte comme limites.Toutefois, ce mélange d’électroni-ca et d’influences des musiques issues des Balkans et de la Turquie pourrait très bien en étonner plusieurs si on pense à la réputa- tion que le duo se taille présentement un peu partout à travers le monde.En ce qui concerne les Lyonnais de Cosmik Connection, on parle de «jungle-dub-électro-jazz» où l’éclectisme semble être la seule règle persistante.Autre formation à surveiller, ce samedi soir cette fois, le dop*pel*gang*er tente un croisement hybride entre certaines voies exploratoires du jazz et un bon nombre de nuances électroniques.On recommande également de suivre de près la première fin de semaine alors que la house live battra son plein avec des invité en provenance de l’Ontario (The New Deal) comme de la France (Curtis).Le son de Detroit resurgira, mais avec une touche nettement plus contemporaine.De la danse qui mérite d’être écoutée avant de porter un jugement trop sévère.Au Capitole.le 9 juillet, le trompettiste français Erik Truffaz sera accompagné sur scène du rappeur Nya et d’un quatuor qui injecte une forte dose d’électronique à un jazz des plus contagieux.Amateurs de Saint-Germain, soyez prévenus! On aura aussi droit au retour d’Ekova, les 12 et 13 juillet qui avaient fait très bonne figure l’année dernière.DJ Ram interviendra sans doute lors du spectacle de flamenco de Tier-ra Negra, d’Allemagne, mais aussi le 13 juillet dans Te cadre d’une prestation pour lequel on lui donne carte blanche.En terminant, il ne faudrait surtout pas manquer la visite du montréalais Freeworm, en fermeture, qui remonte aux sources du trip hop et du jungle pour concocter une techno des plus enivrantes.Une première à Québec.Pour sa grande soirée d’ouverture, le Festival d’été de Québec propose un programme double comme on en a rarement vu.D'abord, le retour très attendu de Manu Chao, qui interprétera des extraits de ses deux derniers albums.Voilà une prestation que plusieurs attendaient avec impatience.En deuxième partie, un dernier clin d'œil à l’œuvre d’André Fortin, en compagnie d’une pléiade d’artistes québécois sur la scène Bell des plaines d’Abraham.Autre option, cette fois au parc de la Francophonie, les voix célestes du groupe corse I Muvrini.Une polyphonie à la fois ancestrale et actuelle avec, en ouverture, l’accordéoniste malgache Régis Giza-vo.On souligne également que la Fanfare Pourpour sera à la place lœclerc-Desjardins en après-midi.Un tourbillon d’excentricité et de savoir-faire! VITRINE DU DISQUE Pas moyen de faire le tour Delisle : faut traverser C II A N S O N LA TRAVERSÉE Céline Delisle Le Musicomptoir (Dep) Les artistes téléphonent rarement eux-mêmes aux critiques.Z’ont des relationnistes pour faire tampon.Relayer, quoi.Ça permet au critique de ne pas avouer de vive voix à l’artiste qu’il n’a rien à cirer de son disque et à l’artiste en question de ne pas se le faire dire trop sèchement.Ça filtre, en attendant la cruelle recension dans le journal.Céline Delisle, faiseuse de chansons du Plateau pas née de la dernière pluie, se contrefiche des usages en cours dans le milieu: elle téléphone aux critiques.De toute façon, elle n'a pas les moyens de faire autrement.Et même si elle en avait les moyens, les tampons, elle s’en tamponne.Dans le blanc du creux des oreilles, elle n’envoie jamais rien dire: ça sort comme ça sort, de personne à personne, et puis zut! Les premières fois qu’elle m’a eu au bout du fil, c’était avant son premier disque.Tout de go, elle m’avait servi son couplet autopublicitaire: elle chantait ses chansons depuis des années dans les cafés du Plateau, avec ceci de particulier qu’elle n’utilisait aucun micro, fallait absolument que j’aille voir ça.Une expérience i-nou-bli-a-ble, u-ni-que et in-com-pa-ra-ble, m’assurait-elle.Je laissais braire.Salopard comme un critique, je ne rendais pas les appels.Elle rappelait, pourtant.In-com-pa-ra-ble, bon! Dix fois?Elle m’écrivait, aussi.Et puis un jour, plus rien.Elle avait renoncé à moi.Mais il n’y avait pas que des salopards.Alors critique au Voir, Louise Dugas lui donna sa chance, alla la voir et la trouva inoubliable, unique et incomparable.Et formidable itou.Ah?D’autres critiques renchérirent Un premier album, produit à compte d’auteur, parut, tout le monde en dit du bien.Je l’ignorai, boudeur.Et il arriva que Céline Delisle chanta sur scène au Spectrum, en première partie de Richard Desjardins, qui avait lui aussi décidé de lui donner sa chance.Petit triomphe.J’étais là, pas le choix.Et n’en revenais pas de ma bêtise.C’était donc tout vrai.Inoubliable, unique et incomparable.Folle braque itou.Dangereusement drôle.Attachante.Vraie comme ça ne s’invente pas.J’étais bien content qu’elle me téléphone la semaine dernière pour causer de son deuxième album qui ne se vend pas assez à son goût.Content d’être une de ses conquêtes.J’ai tout donné ce que j’ai là-dessus, m'a-t-elle dit.Je l’ai crue sur parole.De fait, je le savais déjà: ça s’entend sur le disque, paru chez Musicomptoir, l’étiquette des Colocs.C’est un disque extrême, dans le sens «sport extrême» du terme.De la chanson sans la moindre gène, plus romantique qu’un Titanic dans L’Unique Camarade, engagée comme cent Che dans Nabila (au sujet d’une journaliste algérienne), carrément achalante de questions dans Chercher la sortie, drôle à faire la queue aux toilettes dans La Bière tablette.Cris d’extase, vocalises d’opéra, tendres mélodies, elle est capable de tout et ne s’en prive jamais.Céline Delisle est la plus irrépressible chanteuse au monde.Pour tout dire, La Traversée est un disque épeurant d'authenticité.L’écouter, c’est accepter que Céline Deliste s’installe dans votre système de son — et peut-être votre vie — avec toutes ses affaires.Les belles et les moins belles.Pour le meilleur et pour le pire.«J’cherche un grand qui aura pas peur de moé», chante-t-elle dans La Bière tablette.Elle m’a trouvé.Vous n’êtes pas à l'abri.Sylvain Cormier H A K I) C O R E CONSUME ASSUME Docteur Placebo (Kerozen/Local) Depuis le temps qu’il est prêt — le lancement a été avorté il y a un an environ, en raison de problèmes logistiques —, Consume assume est finalement dans les bacs, distribué par Local Distribution.Pour le plus grand plaisir de l’amateur de hardcore, celui, en fait, qui apprécie le temps d’avant la lente transformation du hardcore vers une forme plus métallisée de la chose.Le hardcore de Docteur Placebo ne ressemble en rien au mur de son heavy que servent d’autres formations au nom du hardcore.Deux basses malléables, des textures sonores qui rivalisent entre elles, le son de Docteur Placebo, si l’on tient compte uniquement de la double portion de basse, est plus proche de celui de No Means No que des locaux de Overbass.Docteur Placebo explore, mené par la voix rugueuse et puissante de Bertrand (ex-Flo-kons givrés).Il ne cherche pas à écraser sous un mur de sons mais à envoûter par des sonorités riches, des références à l’Europe de l’Est, et un jeu fluide (malgré la mouture lourde) qui cherche avant tout à livrer une certaine forme de complexité, ce que plusieurs groupes n’arrivent plus à faire.Une très bonne nouvelle, que ce Consume assume.Typique du hardcore, montréalais, au sens propre du terme.Bernard Lamarche I» O P - R O C K GWENWED L’amour la haine les chats les automobiles (Proxenett/Local) Voilà une pop-rock comme on voudrait en entendre plus souvent sur la scène locale.Des références multiples fusent de cet album qui n’a rien des clichés et des caricatures qu’on entend trop souvent sur la planète rock au Québec et qui puisent dans les vieux fantômes du rock de bar.Un côté rétro se dégage de ce disque de 15 pièces, une facture quoi, mais il y a .beaucoup plus: de l’imagination.A vrai dire, on ne tombe pas des nues à l’écoute de cet opus bien foutu mais, sans conteste, l’écriture des chansons est solide, la production impeccable, sans être trop propre.On préférera peut-être les pièces plus enlevées, comme Gwen et les rats ou Amours et haines à d’autres, moins portées sur la chose agitée.La raison en est bien simple.Bien que le groupe originaire de Rouyn-Noranda marche sur la voie d’une plus grande définition de son identité (tous n’y arrivent pas), c’est moins la voix du chanteur que sa manière d’allonger les syllabes, d'étirer la voix comme un léger râle, qui finit par gêner.En fait, on ne peut s’empêcher de penser que le gars chante comme un clone de Jean-Pierre Ferland (et ne répondez pas qu’il a la voix qu’il a; des manières de chanter, ça se travaille).Cela dit, le disque a de la personnalité, à laquelle contribuent des collaborateurs de marque: Vincent Peake, chanteur de Groovy Aardvark, et le jazzman Charles Papasoff au sax baryton, sur Les Poissons-Bombes.B.L VOIR PAGE C 7: VITRINE s p é Q a L Rentrée culturelle août 2001 Tombée publicitaire le 17 août 2001 , .M'*.' .y.'",-'.;:' f•: M ^ y samedi LE Devoir K I) K V 0 I K .L K S S A M K 11 I 7 K I I) I M A \ ( H K S .III I I K T 1* 0 0 I H ) TC \ 1 1' VITRINE SUITE DE LA PAGE C 6 I l «.ï K O \ I l| I K PROFANE Couch (Matador) En voilà un groupe qui ne manque pas d'idees.Le rock instrumental de Couch ne se limite pas justement au rock.Ces musiciens de Munich puisent un peu partout, de lelectro-pop à l’échantillonnage discret de l’inspiration très libre du jazz aux atmosphères planantes de l’ambiant Un tel mélange pourrait aussi donner des résultats quelconques, sauf que sur ce troisième album on a affaire a une formation des plus ingénieuses.Plutôt que de se perdre dans des zones trop confuses, la musique de Couch s’inspire essentiellement de puissantes lignes mélodiques.Sur les huit compositions de Profane, on remarque aussitôt cette quête inouïe de liberté.Certes, l’expérimentation n’est jamais gratuite.Après chaque écoute, des détails ressortent qui vont de l’intellect à l’émotionnel.Entre Plan et Farbe, on a droit à d’incroyables combinaisons chromatiques, des moments de vertiges insondables.On va des accords robustes des guitares aiqt rythmes furieux de la batterie.A chaque coin, une profusion de teintes, de textures et de sons électroniques.On passe facilement de la transparence à l’opacité sonore.De plus, on ne fait jamais fausse route en compagnie de ce quatuor.Il n’y a rien de bien difficile dans cette musique, seulement un pur désir de réinventer des schémas d’écriture complexe.L’amplitude atteinte surprend.Un rock élé-giaque et déformant On en raffole.David Cantin m r s i i i: s 1)1 M C) \ 1) i WEBEFOREME Lagbaja (IndigeDisc/PDSE) Curieux phénomène que ce Lagbaja.Depuis 1994, l’énigmatique chanteur-saxophoniste du Nigeria se cache derrière un masque afin de ne pas dévoiler son identité à la lumière du jour.Empruntant aux traditions de l’ancienne tribu d’Egungun, il est devenu la voix sans visage du peuple africain.Dès qu’on découvre cet artiste hors pair, on ne peut que penser au grand Fêla Kuti.Même fougue et même charisme dans cette façon de vivre la musique.On entre aussi dans un monde de revendications sociales qui évoque à la fois l’afro-beat le juju, le ftink, le jazz, le hip-hop, tout comme le highlife.11 y a deux facettes à Lagbaja: le musicien accompli et le personnage flamboyant Dans la langue Yoruba, Lagbaja signifie quelqu'un de façon très générale.Il devient alors la voix du peuple, celui qui dénonce les injustices d'une démocratie douteuse.Saxophoniste redoutable, Lagbaja surprend grâce à des harmonies complexes et irrésistibles.Une dizaine de musiciens l’accompagnent dans ce voyage musical où tradition rime avec modernité.Un cri d’espoir, de même qu’un appel libérateur qui ne manque certainement pas d'âme.A voir le 11 juillet au Festival d’été de Québec.D.C.DISQUES CLASSIQUES Ah ! la beauté du son ! FRANÇOIS TOI SIGNANT NIGHT SONGS Gabriel Faure: Clair de lune.Mandoline.Après un rêve.Soir.Nell; Claude Debussy: Beau soir.Mandoline, Apparitions.Chansons de Büitis; Joseph Marx: Nocturne, Nachtgebet Selige Nacht Pierrot Dandy; Richard Strauss: Ruhe.meine Seelel, Schlechtes Wetter, Leises Lied.Leise Lieder, Càcilie; Serge Rachmaninov: Zdes khorosho (Il fait beau), V molchani nochi taynoy (Dans le silence de la nuit mystérieuse), Rechnaya Liliya (Le Nénuphar), Son (Sommeil), Eti let-niye nochi (Ces mystérieuses nuits d’été), Ne poy, Krasavitsa (Ô, ne me chante pas).Renée Fleming, soprano; Jean-Yves Thibaudet piano.Decca 2894676972.Ma passion pour Renée Fleming — l’artiste comme la femme — et sa voix est secret de Polichinelle.J’ai beau résister, rien n’y fait, même pas la crainte que, succombant à l'écoute d'un nouveau disque, je me retrouve un peu déçu.C’est donc avec un doux mélange d’attentes et d'hésitations inquiètes que, tel un adolescent attendant un mot de sa douce, j'ai finalement installé le disque dans le lecteur.L’idée thématique est intéressante: des mélodies qui traitent toutes de la nuit, ou qui s’y réfèrent plus ou moins explicitement.Bien des pages connues — les Fauré, Debussy et Strauss surtout — cohabitent avec des raretés.Le mélange gagne donc en piquant, stimulant la découverte d'un compositeur comme Joseph Marx (compositeur autrichien né à la fin du XIX' siècle et mort en 1964 et qui a longtemps exercé le métier de critique pour les gazettes viennoises.Le choix du répertoire permet aussi d’approfondir sa connaissance du corpus de mélodies écrites par Rachmaninov — et les amateurs de ce compositeur savent bien apprécier sa veine lyrique; ils seront bien contents de pouvoir les écouter.Vous voyez, je vous fait languir avant d’arriver au centre du propos: la musique.Ah! encore la beauté du son, tant au piano qu'à la voix! Ce sens du style français si indescriptible! Fleming a l'air de juste infléchir la note avec ce maniérisme de salon requis dans Fauré — bien que la diction ne soit pas toujours impeccable, on retrouve ce que Fauré appelait: des mélodies chantées non pas par des voix fades, mais par des vont formées à l'opéra.Cela a comme avantage que la palette expressive est autrement développée, et Fleming ne se gène pas pour en user (sans jamais en abuser, un petit miracle).Thibaudet au piano s’en donne à cœur joie, que ce soit dans le cynisme de Mandoline ou dans le plus facile Après un rêve.Avec une cantatrice qui a une voix, le pianiste se permet d'avoir un son, superbement enregistré par les gens de Decca.Voici donc ce qui n'aurait pu 2001 AU Domaine „ c wofvd! Tous lus (oncurts comrnuncunt «i 20 h 30 LE FESTIVAL INTERNATIONAL DU DOMAINE FORGET 23 JUIN AU 26 AOÛT 2 001 Mercredi, 11 juillet François Carrier Trio + 1 François Corner, sa* alto.Pierre côté, basse, Michel Lambert, batterie, Steve Amirault, piano INDUSTRIEiXfc AUJANCI Vendredi, 13 juillet Les Ballets jazz de Montréal Direction : Louis Robitaille invité : Ricardo Cotoo.guitare Avec la participation iÜ?-de Québec-Audio Samedi, 14 juillet 30S ’ « Concert du cinquième anniversaire de la ŒbJfV-, salle FTançoys-Bemier » Les Violons du Roy Direction : Bernard Labadie ,jS}, Dimanche, 15 juillet ‘ « et la ffte continue » Q^Sîhet Porte ouverte de 11h à 15h Des activités gratuites pour toute la famille LES BRUNCHES-MUSIQUE TOUS LtS DIMANCHES DF 11H A 14H 8 juillet «À cause», L'Ensemble Bouffon Musique traditionnelle, d'Irlande, d’Écosse.15 juillet «Ffetore», musique sud-américaine et tango Véron* aimer, mezzo-soprano et Guy Bergeron, guitare COÛT.2SS AdtiHes 12.SOS Enfin** d«> 6 À 12 ans Gratuit Entants 6 an» et moins Taan et terwe mdui BILLETTERIE md* ABONNEMENT (418) 4SZ-1S3S ou 1-888-536-7438 PRIX SPÉCIAUX i • Aînés 23 S • étudiants entre 13 et 20 am 30% de rabais • Enfants de 12 am et moms gratuit 10 billets de concert au chou de la programmation régulière du festival pour seulement 210 $ ta*es incluses, et bien plus encore.Fortiih HÉBERGEMENTS-CONCERT disponible Visitez notre site MMivw.doma1nefor9et.com Renée Fleming être qu’un autre récital-concept et qui s’avère un disque vocal pensé où l’effet musical prime sur l’effet cutané de la vocalité.Bien des perspectives sont désormais changées tant ce genre d’interprétation apporte une nouvelle vision.Un exemple tout bête: Après un rêve, si galvaudé, qui devient une pièce profonde (ou du moins à laquelle on est prêt maintenant à accorder une certaine densité, voyez l’exploit du tandem).Faire de la musique, c’est savoir trouver le ton idoine au compositeur.Debussy n’est pas Strauss.La différence est audible, justement et parfaitement réalisée.On flotte de vague en vague, réalisant, à la fin du programme, que cette «musique nocturne» est tout sauf endormante, refusant de se modeler sur le moule de la berceuse sirupeuse qui engourdit au sommeil.L’attention sensuelle prend le dessus et on se remet le disque.Petite parenthèse conclusive si vous voulez poursuivre l’expérience.Ce même duo a participé à la musique du film (actuellement sur les écrans) Bride of the Wind.Le réalisateur, Brice Beres-ford, présente un portrait d’Alma Mahler, née Schindler, qui malgré ses mariages successifs n’a jamais abandonné le nom du compositeur.Dans tout ce qui est proposé comme guimauve commerciale plus propre à dénaturer l’art qu’à le propulser se trouvent disséminés deux lieder de la célèbre Viennoise rendus par les mêmes interprètes, dont un très très beau (iMute Sommernacht, qui se trouve ici en bonne compagnie par le sujet) qui satisfera bien des curieux.SCHUBERT - HOLZMAIR Franz Schubert: Die schône Mül-lerin (La Belle Meunière), cycle de 20 mélodies sur des poèmes de Wilhelm Müller, D.795.Wolfgang Holzmair, baryton; Imogen Cooper, piano.Philips 456 581-2.Le baryton autrichien Wolfgang Holzmair fait partie pour moi de ces chanteurs que le disque n’a jamais servis.Comme il n’a pas la plus belle des voix ni l’une des plus développées, l’enregistrement a le fâcheux défaut de ne pas trop servir sa principale qualité, à savoir son sens de la communication sentie d’un texte poétique et musical.Ce dernier enregistrement du cycle La Belle Meunière AKCllIVFS 1 r IU VOIR montre encore un chanteur qui n’a toujours pas la plus belle des voix, mais on y retrouve ce qui avait fait sa force lors de son récital en mars 1999 à la salle Pollack.Tout d’abord, non seulement il sait ce qu’il fait, mais en prime il se sent.Attention, ce senti-là est tout sauf sentimental.Il est intelligent et expressif.Holzmair étant appuyé par une pianiste impeccable — il faut ici plus que louer le travail d’Imogen Cooper, qui sait faire parler le piano, dans le registre neutre d’un accompagnement un peu naïvement bébête comme tout à coup subtilement riche et attirant —, nous assistons à une scène d’opéra miniature.Il s'agit, pour vrai, d’une série de conversations et de méditations d’un jeune homme avec le ruisseau qui alimente l’abée du moulin où il travaille.Pour son malheur, il est tombé amoureux de la fille du meunier qui, elle, n’a guère d’yeux pour les employés de son père.Joies, inquiétudes, angoisses, deceptions et espoirs, tout cela se mêle avec une science consommée de la construction.Rien n’est abstrait dans cette conception.File sert de cheville ouvrière à l’avancement de l’histoire — donc du sentiment humain porte par la musique.Si le mot, ou le concept, comme vous voulez, de «cycle» prend une signification aussi forte que pertinente, c'est exactement dans ce genre d’interprétation qui nous accroche dès le départ.l e premier lied est une belle mise en situation.Puis le drame commence et on redécouvre le genie de Schubert.Chaque lied a sa forme, parfois traditionnelle, parfois inventée* de toutes pièces, parfois copiant tes scènes d’opéra d;ins l'alternance entre «récitatif» et air.Comme chaque temps du «drame» est caractérisé, il s’inscrit tout naturellement non plus dans une succession de beaux moments musicaux mais dans une structure perceptible car psychologiquement sensible.Mieux encore, 1 lolzmair, en artiste de haut mérite, sait transformer ses «faiblesses» en qualité.Ainsi, abstraction faite des belles rondeurs souples d'un Fischer-Dieskau par exemple, on entend ici vraiment un jeune homme un pem mal dégrossi, mais qui n’en a pas moins du cœur, à l’ouvrage comme au sentiment.Peut-être même est-ce là la voix du Schubert timide qui n’osait approcher les jeunes filles dont il s'entichait et qui a transcendé cette impuissance dans le potentiel musical.Ce que Holzmair nous fait très bit'll sentir.Un cycle de lieder est chose rare malgré tout.Quand on tombe sur un bon, et aussi bien fait, on chérit sans trop de réserve.Prise isolément, je me répète, chaque mélodie montrera des problèmes.Cherchez la clé ailleurs, c’est-à-dire dans l’ensemble, ce que I lolzmair et Cooper ont trouvé et nous offrent humblement avec succès, qui nous amène jusqu'au suicide du protagoniste, noyé dans son ruisseau consolateur.Et croyez-moi, on veut aussi se |x*rdre dans cette musique.iir ¦-» Tina Modotti : Un Nouveau Regard Collection 1923-1927 Conférence sur Tina Modotti le 19 juillet 2001 à 17 heures Du 3 au 21 Juillet 2001 ESPACIO MEXICO 2055, rue Peel Montreal, Québec (514) 288-2502 ext 237 Heures d'ouverture : mardi au vendredi de 11h à 18h, samedi de 12hà 17 h Fermé : dimanche et lundi 50 ans de passion pour la musique.Ce Soir, à 20 h ORFORD EN FÊTE ANDRÉ LAPLANTE EN RÉCITAL ./.Haydn - Sonate en mi bémol, opus 49 F.IjLizI - Années de Pèlerinage ’Italie'' (extraits) M.Ravel - Oiseaux tristes et I x: Gibier (extrait de Gaspard de la Nuit) F, Schubert - Fantaisie "Wanderer ", I).760 Vendredi 13 juillet, à 20 h ORFORD EN FÊTE HOMMAGE À YULI TUR0VSKY ./.hrahm.t - Sonate pour violoncelle en (a majeur, opus 99 L.V.Beethoven - Sonate pour violon en mi bémol majeur, opus 12/3 Rrahnui - Quatuor avec piano en la majeur, opus 26 William Preucil, violon - Terence Helmer, alto Janos Starker, violoncelle - Reiko Neriki, piano Escapade dans les Cantons-de-l’Est Information sur hébergement et activités : _ Tourisme Memphrémagog 1 800 267-2744 ! Memphnémagog Centre d’Art#* Orford Autoroute 10, Sorties 115 et 118 3165, chemin du Parc, Orford (Qc) J1X 7A2 1 888 310-3665 • (819) 843-9871 www.arts-orford.org • arts.orford@sympatico.ca I B4NOUC ^ I nation ale TéléOuébec Q^oSbec u; devoir 1*1 Canada I.E DEVOIR.LES S A M E D I ET D I M A X f H E K J l I L L E T • O O I C 8 ?LE DEVOIR * CHARLES ANTOINE R O O Y E R Toronto — Pour ou contre les Jeux olympiques?la question est sur toutes les lèvres dans la capitale ontarienne.Cette fièvre olympique ramènera sans doute nombre de Montréalais en prière.A Toronto, l’enjeu urbanistique est colossal.Imaginez plus de 400 hectares de friches industrielles (soit près de deux fois les 230 hectares du Vieux-Montréal!), à 15 minutes à peine du quartier des affaires.la site du Vieux-Port de Toronto, du remblais gagné sur le lac Ontario, n’a jamais connu l’expansion prévue.las coffres de la municipalité to-rontoise sont vides (à la suite, en partie, des années de vaches maigres fédérales des libéraux, des tours de vis sans fin des conservateurs provinciaux, dont leurs cadeaux empoisonnés lors de la fusion municipale et des échanges de responsabilités province-municipalité, sans parler des dépenses engagées pour réaliser la dite fusion).la Ville de Toronto voit donc dans cette candidature olympique un ballon d’oxygène pour financer la revitalisation de son secteur riverain, dont le Vieux-Port désert.Toronto : la quêteuse olympique ?la Ville a déjà réussi à faire promettre 500 millions de dollars à chacun des deux autres paliers de gouvernement, soif un milliard.C’est peu en regard des États-Unis, qui réinvestissent sans compter dans la qualité de vie de leurs villes.Cela fait donc mal au cœur de voir Toronto, la capitale économique de l’un des sept pays les plus riches du monde (le G7), devoir aller parier sur les jeux du stade comme au casino pour arriver à se payer un urbanisme digne de ce nom, voire, qui sait, ne glaner à peine que les miettes.D’ores et déjà, personne ne cache plus que le démantèlement prévu de l’autoroute urbaine Gardiner ne pourrait pas être réalisé avant 2008.Cela constituait pourtant une pierre angulaire de l’avant-projet olympique publié au printemps dernier, le rapport Fung (Te Devoir, page Formes, 3 et 4 juin 2000), évaluant la rentabilité d’un réaménagement du secteur riverain à l’horizon 2022, sur 20 ans.Mais dès 2009, les dés seront jetés.Et quel serait le legs des Jeux olympiques à la Ville de Toronto?Les partisans du projet actuel invoqueront que les JO amorceront la pompe des investissements dans le Vieux-Fort.I.es sols seront décontaminés (par les deniers publics).L’embouchure de la rivière Don retrouvera son cours normal, un méandre dans une zone humide.Ce marécage (et une digue) jouera le rôle de trop-plein, rendant une plaine inondable voisine constructible permettant d'accueillir le village des médias, souligne Ijeslie Woo, architecte et urbaniste, responsable du design et de l’aménagement pour le bureau de la candidature to-rontoise aux J.O.I>a charrue devant les bœufs Par contre, [X)ur toute infrastructure de transports durables supplémentaires directement liés aux Jeux, Toronto ne récolterait que deux gares de trains de banlieue de plus pour desservir les deux sites sportifs.Le reste du transport aux olympiades serait assuré par autobus.Pour desservir le Vieux-Port, l’urbaniste en chef de la Ville de Toronto, Paul Bedford, évoque toutefois une ligne de tramway, mais dont les différentes échéances selon les phases successives restent vagues.Il annonce dans la foulée la sortie d'un rapport à la fin juillet esquissant les grandes lignes de l’aménagement du secteur riverain et du Vieux-Port.Pour l’heure, le village olympique, perdu au bout du Vieux-Port, ne serait desservi que par des autobus, «jusqu a ce quèfki masse critique soit atteinte justifiant un tramway», précise Paul Bedford.Di charrue serait-elle mise devant les bœufs dans le Vieux-Port de Toronto par excès de précipitation?Le Vieux-Port hériterait aussi de la moitié du centre aquatique (l’autre moitié serait déplacée dans un autre quartier torontois) et d’un stade en plein cœur du quartier principal du futur village dans la ville (une partie des gradins serait certes retirée après les Jeux, ramenant la capacité de 100 (XX) à 20 (XX) places.Cela resterait tout de même un stade au **«•.ÿ.', V V'
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