Le devoir, 4 septembre 2001, Cahier A
I r w w w .I e il e v ' o i r .c o in DEVOIR LE MONDE Les talibans font le procès du «prosélytisme chrétien» Page B 5 LES SPORTS Vainqueur de Rafter, Sampras affrontera Agassi à New York Page B 4 V 0 i .X ( I V "19 8 ?I.K M A I! 1> I 1 S K l> T K M B R K 2 001 S 7 uyr.tCl JACQUES NADEAU LE DEVOIR De nos jours, victimes du mythe de la croissance illimitée qui tient lieu de pensée unique à bien des employeurs, les associations de salariés doivent souvent se résigner à cogérer l’exclusion.On peut comprendre que les renvois en bloc, les départs précipités à la retraite et la précarité accrue de l’emploi, phénomènes aux répercussions immédiates sur les effectifs syndicaux, soient perçus, par le mouvement syndical, comme autant de menaces à sa survie.Le syndicat ne peut plus, en réponse à une accusation de discrimination, se retrancher derrière la convention collective a la prétention de s’en prendre à la discrimination en général, il semble avoir relativement peu d’impact sur le stade de la négociation et s’intéresse, en fait, essentiellement aux motivations syndicales.Non seulement les chartes des droits de la personne ont surclassé ce devoir de juste représentation, mais elles sont susceptibles de l’entraîner dans des sentiers que la jurisprudence développée en application des codes du travail s’est traditionnellement refusée à emprunter.Alors qu’en vertu du devoir de juste représentation, les salariés lésés par une distinction syndicale par ailleurs louable et non arbitraire devaient se rallier à la majorité, voilà que suivant les droits fondamentaux à l’égalité, cette majorité se voit en plus tenue d’accommoder ces mêmes salariés, à moins qu’un tel accommodement ne l’assujettisse à une contrainte excessive.Pour tout dire, de collectif qu’il est en vertu de la législation du travail, l’angle d’analyse s’individualise sous l’influence des lois fondamentales.Le temps où l’on présumait qu’une norme était neutre du seul fait qu’elle n’était pas ouvertement discriminatoire est aujourd’hui révolu.Les parties à la convention collective doivent dorénavant intégrer aux normes qu’elles conçoivent des notions d’égalité et d’accommodement, à défaut de quoi ces normes devront être annulées ou remplacées.Par ailleurs, le salarié titulaire du droit à un accommodement raisonnable a droit d’obtenir un assouplissement aux conditions de travail lorsque leur application intégrale entraîne, à son égard, une discrimination fondée sur une caractéristique personnelle qui n'a rien à voir avec ses besoins, ses capacités et ses mérites propres.Puisque les textes destinés à garantir les droits fondamentaux de la personne sont là pour rester et que la diversification croissante de la main-d’œuvre fera en sorte qu’on les invoquera de plus en plus, dans l’avenir, pour baliser l’exercice du monopole de représentation des syndicats, le mouvement syndical doit se repenser.Lui qui jadis associait la convention collective à la «loi des parties», et les droits d’ancienneté quelle confère à des «droits acquis», doit désormais admettre leur subordination aux droits individuels garantis par les chartes des droits de la personne et s’appliquer à modeler sa conduite sur elles pour en faire bénéficier tous les salariés.Comment y parvenir?En faisant de l’égalité et de la lutte contre la discrimination au travail une véritable priorité qui se reflète non seulement dans le discours, mais aussi dans la convention collective elle-même et dans les rapports avec les salariés.Alors que le législateur fédéral a su, ces dernières années, moderniser la Loi canadienne sur les droits de la personne et qu’il s’apprête incidemment à la réviser de nouveau, la Charte québécoise, dont on a longtemps vanté le caractère unique au Canada, aurait bien besoin d’une réforme, et pas que de façade.Qu’il suffise d’évoquer la nécessité de mieux circonscrire ou d’élargir la portée de certains motifs de discrimination illicite, de clarifier les moyens de défense admissibles à l’encontre d'un acte discriminatoire ou d’affermir les droits que la Charte renferme en accordant aussi une prépondérance aux voies de recours aménagées pour en assurer intégralement le respect On souhaiterait que les grandes centrales syndicales réclament que l’on remédie à ces lacunes avec la même énergie qu’elles ont mise à revendiquer la modernisation du Code du travail.Toutefois, pour l’heure, rien n’indique que les initiatives en ce sens viendront du front syndical.Comme l’on ne peut vraiment miser sur le patronat pour mousser une telle réforme et que les élus ne montrent pas d’inclination notable à la provoquer, le statu quo apparaît immuable sans un nécessaire réveil syndical.Sur le plan de la convention collective, diverses mesures peuvent être envisagées.La négociation d’une clause anti-discrimination à vaste portée doit être encouragée parce qu’elle témoigne d’un engagement ferme des parties à respecter le principe d’égalité.En plus de servir de guide pour l’interprétation de l’ensemble des dispositions contractuelles applicables au travail, une telle clause offre au salarié victime de discrimination un accès rapide et peu coûteux à la justice arbitrale.Le syndicat ne peut plus, en réponse à une accusation de discrimination, se retrancher derrière la convention collective pour en réclamer le respect intégral, sans plus de compromis.Si la convention collective est un facteur important pour mesurer la raisonnabilité d’un accommodement, elle n’est pas pour autant déterminante.Par ailleurs, le syndicat ne devrait jamais renoncer à la possibilité qui lui est reconnue d’accroître la protection des droits et libertés des salariés au moyen de la convention collective.On a beau vanter leurs vertus, les chartes des droits de la personne ne renferment pas en elles toutes les mesures progressistes susceptibles de corriger les inégalités et d’améliorer la condition des travailleurs face à l’employeur.Les droits de direction de la partie patronale sont d’ailleurs préservés, dans une certaine mesure, par des dispositions limitatives intégrées dans ces lois fondamentales.Cela dit, rien n’empêche le mouvement syndical de négocier des clauses qui, à titre d’illustrations, élargiraient la gamme des motifs de discrimination illicite, prôneraient l’embauche de membres de minorités visibles ou favoriseraient l’intégration au travail des personnes handicapées en contraignant l’employeur à revoir l’organisation du travail de maniéré a créer, pour elles, des postes adaptés à leurs capacités.De la même manière que les gains syndicaux d’hier ont servi d’inspiration aux législateurs dans la mise en œuvre de plusieurs lois sociales, les compromis arrachés à la table de négociation pourraient, à plus ou moins long terme, venir enrichir le concept d'accommodement raisonnable en milieu de travail syndiqué.De plus, les associations syndicales devraient résolument intégrer des notions d’égalité dans leurs rapports avec les salariés.D’une part, des mesures concrètes devraient être prises pour favoriser la participation des groupes visés par les normes anti-dis- Pour tout dire, de collectif qu’il est en vertu de la législation du travail, l’angle d’analyse s’individualise sous l’influence des lois fondamentales crimination aux activités syndicales et leur assurer la jouissance, en pleine égalité, des avantages que dispense l’association.D’autre part, il faudrait envisager la création d'un comité d’égalité patronal-syndical appelé à lutter contre toute forme de discrimination dans l’entreprise ou l’institution.Ce comité pourrait œuvrer notamment à la sensibilisation et à l’éducation des salariés, à l’identification des situations discriminatoires et à l’élaboration des mesures d’accommodement susceptibles d’en supprimer les effets préjudiciables.Une telle initiative permettrait au mouvement syndical de faire œuvre utile tout en redorant son image aux yeux de ceux et celles qui le décrient, souvent à tort, parfois à raison, comme un monopoleur au seul service de la majorité de ses membres.Enfin, les syndicats ne devraient pas hésiter à revoir leurs pratiques dans la gestion et l’instruction des griefs pour que les allégations de discrimination soient traitées avec tout le sérieux qu’elles commandent Somme toute, à l’ère des droits de la personne, la diversification croissante de la main-d’œuvre contraint le mouvement syndical à délaisser la logique toute collective qui a traditionnellement guidé son action, pour l’astreindre plutôt à composer avec les différences individuelles autant qu’il est raisonnablement possible de le faire.Partagés entre deux cultures juridiques, celle propre au droit du travail et celle, tout aussi singulière, des droits de la personne, les syndicats n’ont d’autres choix que de tisser des liens entre elles et de revoir, en conséquence, leur conception de la démocratie pour y intégrer à la fois les intérêts de la majorité et ceux de la minorité.S’ils échouent dans cette tâche, il est à craindre que l’on assiste à leur marginalisation progressive à la faveur de groupes de pression plus individualisés.En revanche, s’ils parviennent à relever ce défi considérable, ils trouveront dans la diversité des salariés l’appui et la créativité nécessaires pour continuer encore longtemps à assurer leur défense.A l’heure actuelle, il n’est cependant pas sûr que les acteurs syndicaux mesurent avec exactitude toute l’ampleur des changements qu’ils doivent opérer devant la montée inexorable des droits individuels en milieu de travail.Or, c’est bien connu, qui pose un mauvais diagnostic apporte rarement un bon remède au mal qu’il croit pouvoir combattre.Sous ce rapport, la réflexion qui doit être entreprise et les moyens qui doivent être mis en œuvre par les organisations syndicales ne diffèrent pas radicalement de ceux qui s’imposent à plus grande échelle, à nos sociétés modernes.Réviser les mentalités et les idéologies, réaménager le droit et les rapports collectifs de travail, rechercher de nouveaux fondements de cohésion collective, voilà le vaste chantier qui s’ouvre aux associations de salariés.Et quoi que l’on en dise, il n’est pas moins prioritaire que le chantier économique où se déploient, dans l’immédiat, la majorité des forces syndicales.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine : Gerald Dallaire iadmin! an dirreteur tUVinfbrmatùm), Valérie Dufour {fénéml/, François Cardinal (artwüiU municipale).Marie^Andrée Chouinard (éducation) Yves d'Avignon fifoets).Paule des Rivieres (éditorialiste).Jean Dion.louisXrifles Francoeur (environnement).Benoit Munger t responsable du site Internet).Dominique Reny, Josée Boileau.Eric Desrosiers, Pauline Gravel (scientifique).Brian M vies (justice et faits divers) Isabelle Paré (santé/.Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (pages éditoriales, respc/nsable des pages tbematigues): Martin Duclos et Christine Dumaze! ireiertears); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes).à l'information culturelk- : Michel Belair (responsable).Stéphane Kaillargeon (théâtre).Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetit (livres), Odile Tremblay (cinéma), Bernard lamarche (arts visuels)', à l’information économique : Gérard Bérubé (adsotnt au directeur de I in/vrmaVon), Claude Lévesque.Claude Turcotte.René lewandowski: A l'information internationale : Jean-Pierre legault.Guy Taillefer, Serge Truflaut (éditorialiste); h l'information politique : Hélene Buzzetti.Manon Cornelüer (correspondantes parlementaires d Ottawa), Mario Cloutier et Robert Dutnsac (correspondants parlementaires à Québec).Kathleen Lévesque ; Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction) ; Louise-Maude Rioux Soucy (commis).I.a documentation : Gilles Paré (directeur) ; Manon Derome.Serge Laplante 1 Québec) Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING.Jacqueline Avril, Jean de Billy, Manon Bouchard, Gyslaine Côté.Marlène Côté, Martin Fournier.Véronique Géraud.Anouk Hurbutt, Christiane D-gault.Jacques A.Nadeau.Claire Paquet, Micheline Ruelland, (publicitaires).Laurence Thériauh (directrice adjointe).Manon Blanchette.Sylvie Laporte.Martine Bérubé (secrétaire).IA PRODUCTION Christian Goulet (responsable de la production).Claudine Bédard, Michel Brrnatchez.Philippe Borne.Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers.Donald Filion.Yanick Martel.Olivier Zuida PROMOTION ET TIRAGE.linda Thériault (responsable intérimaire), Héléne Gervais, Dominique Lariviere.(responsable d la promotion des abonnements).Monique L'Heureux.Lise Lachapelle.Rachelle Leclerc.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables).Céline Furoy.Obvier Lachambre (contrôleur), Ghislaine Lafleur, Claudette Béliveau (secrétaire administrative).Danielle laperriére.Caroline Perrier.Danielle Ross.IA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vice président exécutif et directeur général) 2 0 O I I.K I) E V 0 I K , |.K M A R I) I j s E I’ T E M R R E - « LE DEVOIR •»- ACTUALITES Burnt Church Les autorités fédérales saisissent six autres cages à homards presse: canadienne Burnt Church, N.-B.— Les inspecteurs du ministère des Pêches ont saisi, dimanche, six autres cages à homards appartenant à des autochtones de la réserve de Burnt Church, portant à 133 le nombre de saisies effectuées depuis le début du conflit de la pêche dans la baie de Miramichi.Un porte-parole du ministère a indiqué qu’aucune confrontation n'avait résulté de la saisie.«Il est difficile de dire si les cages avaient été délibérément posées à l extérieur de la zone ou s’il s’agissait d’une erreur de navigation», a-t-il déclaré.Une quarantaine de cages ont été retirés des eaux de la baie, samedi.Les autorités en avaient saisi 86 deux jours auparavant.le gouvernement fédéral a émis un permis spécial de pêche pour la consommation à Burnt Church, permettant aux autochtones de la réserve d’installer un nombre illimité de cages dans un périmètre déterminé.Les pêcheurs micmacs ont déjà indiqué qu'ils ne reconnaissaient ni le permis du gouvernement ni le périmètre imposé, même si la grande majorité des 1000 cages y sont installées.La réserve, dont la population est d’environ 1400 personnes, a toujours refusé de signer une entente de pêche avec Ottawa, prétextant de son droit — issu d’un traité — de pêcher en vertu de son propre plan de gestion de la ressource.Cette non-reconnaissance des règlements du ministère des Pêches et Océans a entraîné des accrochages au cours des deux dernières années, et ce tant avec les agents fédéraux qu’avec les pêcheurs non autochtones.Le permis émis pour Burnt Church est valide jusqu’au 20 octobre.AVIATION SUITE DE LA PAGE 1 Mais nous arrivons à répondre à la demande.Ce qui est vraiment difficile à recruter, ce sont des techniciens en entretien qui ont de l’expérience.Ils ont tous déjà un emploi!» Selon notre source, les employés qui ont installé le moteur sur l’Airbus A330 d’Air Transat étaient tous des gens comptant plusieurs années de métier.«On ne peut pas accuser l'inexpérience dans ce cas-ci», dit-il.Mais lorsque la compagnie s’engage auprès de Transports Canada, comme elle l'a fait la semaine dernière, à améliorer «le rendement des activités de maintenance, dont l’embauche de personnel additionnel», il y a là un peu de poudre aux yeux.Le marché est à sec, et la pénurie ne se résorbera pas en un clin d’œil.Air Transat a toutefois raison de mettre en garde contre les présomptions et détails montés en épingle qui «peuvent s’avérer n’avoir qu’un rôle mineur, voire aucun rôle, dans l’accident».Car chacun sait maintenant que le bris d’un conduit de carburant au moteur droit de l'Airbus A33G ne pouvait causer à lui seul la panne sèche des deux moteurs de l’appareil.Donc, c’est le pilote qui a mal transféré son carburant, conclut la rumeur.Oui, même dans le milieu, c’est là-dessus que tout le monde s’interroge.Sauf qu’eux ne jouent pas aux enquêteurs et laissent le bénéfice du doute.En soulignant à gros traits que, contrairement à tant de désastres aériens dus à un détail inattendu, ce vol plané, au moins, n'aura pas fait de victimes.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9 étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Us sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir, www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courrier redaction ©ledevoir .com L’agenda culturel Au téléphone (514) 985-3346 Par télécopieur La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal Les avis publics Au téléphone Par télécopieur (514) 985-3390 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) et appels d’offres (514) 985-3344 (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514)985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montreal 1-800-463-7559 (sans frais) Lt Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir Inc dont le siege social est situé au 2050.rue De Bleury.9" étage, Montreal, (Québec).H3A3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor St Jean, 8(X), boulevard Industriel,Saint Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc .612.rue Saint Jacques Ouest, Montréal.L'agence IVesse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans U Devoir.U Devoir est distribué par Messageries I>ynamiques, division du Groupe Québécor Inc.900.boulevard Saint-Martin Ouest.laval.Envoi de publication — Enregistrement n" 0858.Contrat de vente 40012291 DépAt legal: Bibliothèque nationale du Québec Conférence de Durban Le Mexique se porte à la défense des autochtones EMMANUELLE LAMOUREUX COLLABORATIONN SPÉCIALE Durban, Afrique du Sud — Dans les coulisses de la Conférence mondiale contre le racisme, le Mexique a entamé une campagne de lobbying auprès de pays comme le Canada et la France pour que soit retiré l’un des paragraphes de la déclaration finale qui limite les droits des peuples autochtones.Xochitl Calvez Ruiz, qui est à la tète de la délégation mexicaine, a rencontré dimanche son homologue canadienne, la secrétaire d’Etat au multiculturalisme, afin d’obtenir son appui.«C’est très difficile, mais il faut tenter le coup», a affirmé Xochiltl Calvez Ruiz, qui est elle-même autochtone.Le paragraphe dont les autochtones souhaitent se débarrasser a été qualifié d’«illégal et raciste» par la Guatémaltèque Rigoberta Menchü, récipiendaire du Prix Nobel de la Paix de 1992.lœ texte déclare nul le «s» utilisé dans le reste de la déclaration à la fin de l'expression «peuples autochtones».Ce «s», en appa- SUITE DE LA PAGE 1 «Ce départ rendra indubitablement les travaux entrepris à Durban d’autant plus difficiles.Nous croyons cependant important que notre délégation officielle demeure à Durban afin de poursuivre les négociations actuellement en cours», a-t-elle affirmé.Quelques heures avant l’annonce du Canada, les 15 pays de l’Union européenne ont eux aussi déclaré qu’ils ne quitteraient pas la Conférence.Us souhaitent cependant que la déclaration soit complètement réécrite.Si les paragraphes concernant le Proche-Orient ne sont pas modifiés d’ici vendredi, il est à envisager que le Canada refuse de signer la déclaration finale de la conférence.Les Européens ont décidé de rester en acceptant une proposition sud-africaine de tenter de rédiger un texte «entièrement neuf» permettant un «consensus».Dans un communiqué confirmant officiellement le retrait américam, le secrétaire d’Etat Colin Powell a déclaré ceci: «J’ai donné pour instruction à nos représentants à la Conférence de l’ONUde revenir à la maison.» «Je sais que l’on ne combat pas le racisme par une confèrence qui émet des déclarations amtenant des termes haineux constituant un retour au temps où le sionisme était assimilé au racisme ou qui soutient l’idée que nous en avons trop fait concernant l’Holocauste, qui suggère que /’apartheid existe en Israël ou qui se focalise sur un seul pays au monde, Israël, en ce qui concerne les abus et la censure», a précisé Powell.Le ministre israélien des Affaires étrangères Shimon Peres annonçait peu après à Jérusalem qu’Israël se retirait à son tour.«Cette conférence, qui était censée défendre les droits de l’Homme, est devenue une source de haine et d'accusations non fondées contre Israël», a déclaré Peres.Le retrait des Etats-Unis de la Conférence est «regrettable», a pour sa part déclaré hier, lors d’une conférence de presse à Kigali, le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan.En revanche, M.Annan n’a pas évoqué le retrait d’Israël.«Les Quinze m'ont donné mandat d’accepter la proposition qu’a faite ma collègue (la ministre sud-africaine Nko-sazana Dlamini) Zuma, qui consiste à rédiger un texte entièrement neuf, susceptible de recueillir m consensus», a déclaré dans la soirée à Durban le ministre belge des Affaires étrangère, Inuis Michel, dont le pays assure la présidence de TUE.«Nous voulons donner une chance à cette conférence.Si les Européens s’en vont, nous partirons tous ensemble», a rence anodin, donne des droits collectifs aux différents peuples autochtones de la planète.Aussi consti-tue-t-il l’un de leurs principaux chevaux de bataille depuis qu’ils ont mis le pied aux Nations Unies.Les groupes autochtones présents à Durban ont un accès et un droit de parole limités dans la salle où se négocie la déclaration et craignent que le paragraphe ne soit adopté sous leur nez.Lors d’une première lecture faite dimanche, aucun pays ne s’est opposé à cette partie de la déclaration.Les représentants autochtones ont demandé à la Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Mary Robinson, de leur accorder le droit d’émettre leur opinion dans la salle où se réunit le groupe qui travaille sur le projet de déclaration, mais ils n’ont toujours pas obtenu de réponse.Une manifestation est prévue ce matin pour attirer l’attention des médias.Les journalistes présents à Durban ont jusqu’à présent été monopolisés par la question du sionisme, qui a entraîné hier le retrait des Etats-Unis et d’Israël de la Conférence.précisé son porte-parole, Olivier Alsteens.Sauver la Conférence L’Afrique du Sud a cherché à remettre les négocier fions sur les rails en proposant un «texte totalement nouveau» sur le délicat sujet du Proche-Orient, a fait savoir ITInion européenne.Le ministre belge des Affaires étrangères, Louis Michel, a annoncé que les Quinze l'avaient mandaté pour accepter la proposition de son homologue sud-africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, qui consiste à préparer un texte complètement nouveau, pouvant amener à un consensus.M.Michel, dont le pays exerce la présidence tournante de l’UE, n’a pas souhaité donner plus de précisions lors d’une conférence de presse.Mais un porte-parole de l’Union a précisé que le ministre sud-africain avait l’intention de convier un groupe spécial, incluant des représentants européens, à travailler sur ce document pendant la nuit Depuis l’ouverture vendredi de la réunion, tractations et négociations se déroulaient en coulisses pour tenter d’aboutir à une déclaration finale acceptable par les parties israélienne et palestinienne, et leurs soutiens respectifs, américain et arabes.La Norvège avait présenté dimanche un texte de compromis, aussitôt rejeté par les Palestiniens.Ce texte mentionnait Israël, selon une source occidentale, mais, semble-t-il, en des termes jugés trop tièdes par les Palestiniens.«Eux-mêmes (Israël et les États-Unis) confirment leur isolement.Ils n’ont pas réussi à imposer leur point de vue, alors ils partent», a commenté le représentant de l’OLP en Afrique du Sud, Souleiman El Herfi.«C’est dommage», a-t-il ajouté.La question hier soir était de savoir si d’autres pays allaient suivre les Américains et les Israéliens.La haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Mary Robinson, qui est secrétaire générale de la Conférence, a exprimé ses «regrets».«Mais, a-t-elle dit, nous devons poursuivre nos efforts, les victimes du racisme le réclament.» Depuis quatre jours, la question du conflit qui embrase le Proche-Orient occultait les autres débats, notamment sur les réparations pour l’esclavage et les multiples formes du racisme moderne.Mais en l'absence des États-Unis — qui avaient boycotté, ainsi qu’Israël, les deux première Conférences contre le racisme en 1978 et 1983 —, tout programme d’action adopté devrait peser moins lourd.LE DEVOIR Partisans des Palestiniens et des Israéliens s’affrontaient hier à l’extérieur de fa Conférence mondiale contre le racisme, à Durban, en Afrique du Sud.JEDWAB SUITE DE LA PAGE 1 «J’étais peut-être naïf mais en venant ici, j'attendais du progrès et une meilleure coopération internationale pour combattre le racisme», dit-il.Vraiment?En dépit de toutes les mises en garde qu’on entendait avant même le début des travaux?«Oui, mes attentes n’étaient pas énormes mais j’espérais que des cadres de dialogue puissent être établis pour créer un processus post Durban, qui vise des pistes de réflexion et d’action.Mais en essayant de tout traiter, l’ONU se livre à une autodestruction.Ils ont vu trop gros.Le résultat, ce sera une perte de crédibilité pour l’ONU et un coup sévère porté à la société civile, représentée par les ONG.» «En fait, les désaccords sont tels que les seules convergences sont chez les forces anti-israéliennes.Et moi, je ne m’attendais pas à assister à une conférence sur le Moyen-Orient où la stigmatisation d’Israël et des juifs deviendrait l’objectif.» Cette stigmatisation se manifeste concrètement, au-delà des recommandations adoptées, explique-t-il.Vendredi, M.Jedwab évoquait des sous-entendus antisémites.Hier, il faisait clairement état de caricatures antisémites et d’insultes «hurlées» aux juifs.«J’ai rarement vu une expression d'antisémitisme aussi palpable.Ça déborde de beaucoup la seule critique d’Israël.Et l’agressivité est telle contre ceux qui ne sont pas d’accord avec ça que c’est vraiment stigmatisant.» M.Jedwab se dit aussi déçu que dès lors, la place laissée aux autres parties du monde soit infime.Et même là, ce n’est pas tant l’ampleur d'un problème mais le nombre de délégués, et leur poids politique, qui fait la différence.«La dimension politique joue très fort ici», souligne-t-il.Et encore distingue-t-il l’impact médiatique de la véritable influence sur le déroulement des travaux.A preuve, le chef autochtone Matthew Coon Come a attiré quelque peu l’attention.Pourtant les autochtones, à leur grand dam, restent soumis aux gouvernements nationaux dans les textes officiels.Quelque 200 Canadiens, dont une vingtaine de Québécois, assistent à la Conférence.La délégation officielle compte 50 membres, une soixantame de délégués sont, comme M.Jedwab, parrainés par le gouvernement fédéral et d’autres représentants d’ONG sont venus de leur propre chef.Le gouvernement québécois a aussi deux représentants sur place.M.Jedwab a participé à la préparation de la délégation canadienne puisqu’il a rédigé un document de recherche à son intention: un inventaire des 3500 recommandations sur le racisme et la discrimination raciale émises depuis 20 ans au Canada par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux.ISRAEL MAJIDI SUITE DE LA PAGE 1 C’est une comédie vraiment spirituelle, portée par le charme de ses répliques (et de son acteur principal Ricardo Darin) davantage que par sa valeur cinématographique, qui récolta Le Grand prix du jury.Il s’agit du Fils de la mariée de l'Argentin Juan José Cam-panella, ayant eu le mérite de dérider les festivaliers (comme de toute évidence le jury).Rien détonnant à ce que le laurier de la meilleure réalisation couronne l’Allemand Oliver Hirschbiegel.L’Expérience (Das Experiment), puissante et violente fable noire opposant de faux gardiens et de faux prisonniers dans un sanglant jeu de rôles, était un des grands favoris de la course.Quant au prix de la meilleure contribution artistique, il fut attribué à juste titre À la gauche du père du Brésilien Luiz Fernando Carvalho, œuvre exigeante et merveilleusement filmée décrivant un clan familial étouffant.Le prix de la meilleure actrice fut divisé en trois quartiers, puisque Sandrine Kiberlain, Nicole Garcia et Mathilde Seigner étaient conjointement récompensées pour leurs prestations dans Betty Fisher et autres histoires du Français Claude Miller (coproduit au Québec).Cette comédie dramatique explorait la thématique des rapports maternels, en trois facettes de comédiennes.Le film s'est mérité par ailleurs le prix Eipresci de la presse internationale.Plus surprenant et pour tout dire assez incompréhensible ce prix d’in- terprétation masculine attribué au jeune Robert Stadlober en punk amoureux, charmant sans plus dans l’incohérent Engel & Joe de l’Allemande Vanessa Joop.II laisse sur le carreau son compatriote Michael Degen, puissant dans Léo et Claire de Joseph Vislmaier.Les films québécois, si solides cette année en compétition, ne repartent pas bredouilles (même s’ils auraient pu récolter davantage) puisque le très beau Mariages, premier long métrage de Catherine Martin, brossant de sensibles portraits féminins dans un Québec du XIX‘ siècle, remporte la palme du meilleur scénario.Le vétéran du cinéma japonais Kon Ichikawa, qui nous avait offert en fin de semaine l’émouvant La Mère, recevait de son côté une récompense spéciale couronnant l’ensemble de sa longue carrière.Le jury a offert le premier prix de court métrage au très émouvant Still Life de la Néo-Zélandaise Sima Urale, sur les derniers jours d’un vieux couple.Le deuxième prix allait de son côté au charmant Petit poisson de l'Allemand Holger Ernst, traitant dans une piscine publique des premiers émois érotiques d'un garçon de 12 ans.Hors des choix du jury, le prix de Montréal pour le meilleur film de fiction du festival fut décerné à Sous les étoiles du Chypriote-Grec Christos Georgiou, explorant quelques retombées émotives du coup d’État militaire de Chypre en 1974.La palme de la popularité échoit au très applaudi Tunnel de l’Allemand Roland Susor Richter, récit d'évasion sous le mur de Berlin au début des années 60, qui reçoit le prix Air Canada décerné par le public.Quant au prix FedEx remis au meilleur film canadien, il fut octroyé à L’Ange de goudron du Montréalais Denis Choui-nard, comédie dramatique explorant l'immigration au Québec, que le jury a ignoré de son côté.C’est Le Fils de la mariée de l’Argentin Juan José Campanella (également lauréat du Grand prix du jury) qui reçut le laurier Bélanger Sauvé du meilleur film d’Amérique latine.Outre son premier prix offert au film de Claude Miller Betty Fisher et autres histoires, la Eipresci (presse internationale) a accordé une mention au film de l’Américain Todd Field In the Bedroom opposant Tom Wilkinson et Sissy Spacek dans une troublante (et inquiétante) histoire de couple vengeant l'assassinat de leur fils.Rideau donc sur cette 25' édition du FFM, qui déroula comme d’autres avant elle le tapis rouge à Majid Majidi.Ironie du sort, le jury du FFM couronne un film iranien qui ne remet pas le régime en cause, juste après que, dans ce même pays, la réalisatrice Tahmineh Milani, qui vient d’être libérée sous caution, ait été arrêtée pour avoir dénoncé l’injustice faite aux femmes à travers son dernier film The Hidden Half.SOURCE FFM Le petit Aron d'Abandonnés et l’énigmatique Rahmat de Baron, deux films qui se partagent le Grand Prix des Amériques.«v.du Prés*d«nt-Kenrvedy V bout dt M»teono«uv 1 5 r\M Siint*-Gith«nn« ?Restaurant Gutenberg cuisine française qui fait bonne impression CE MIDI Onglet, sauce au poivre et verre de vin «14$ LE 5 A 7 Leffe • 3.75 $ L’AVANT- SPECTACLE Entrée + Tian d'aubergines et porcelet + dessert • 22 50$ 359.av.du Président-Kennedy (coin de Bleury) .© Place des Am .Tél.: 285-8686 .gutenberg@qc.aira.com V
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