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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2001-09-08, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 SEPT E M B R E 2 O O I LE DEVOIR Roman québécois Page D 3 Essais Page D 4 Le feuilleton Page D 5 Michel Foucault Page D 6 Napoléon Page D 7 Arts visuels D 8 Formes D10 TRADUCTION L’homme descend du singe Au commencement, le monde était divisé en trois, celui des dieux, celui des géante et celui des hommes.Au royaume des dieux, Naraï, dormant sur son serpent au milieu de la mer, rêva qu’il donnait naissance à un enfant emballé dans une fleur de lotus.Consultant le dieu Chiva, le plus beau d’entre tous les dieux, sur l’avenir de cette descendance, Naraï conclut qu’il lui fallait envoyer son fils sur la Terre pour fonder une cité humaine.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR LJ anecdote vous dit-elle quelque chose?C’est sur ces prémisses que dé-f bute un long poème traditionnel thaïlandais, le Ramakien, que l’érudit québécois Jean Marcel vient de traduire et d’adapter, sous le titre Sous le signe du singe, à L’Hexagone.On y suit donc, pour la première fois dans une adaptation en fran-çais, les aventures de la réincarnation de Naraï', celles de Rama et de sa bien-aimée, la princesse Sita, les frasques des demi-dieux, le singe blanc Hanouman, le singe vert Bali, le singe rouge Sougri, et leur compagnon le singe Jambou, versé dans la connaissance des drogues et des remèdes.Les guerres, les amours, les jalousies de ces dieux, de ces singes, de ces géants et de ces hommes ressemblent étrangement à celles, plus près de nous, des dieux grecs de l’Olympe.«Si l’on relie les mythes les uns aux autres à travers l’histoire, dit Jean Marcel, joint par courriel en Thaïlande, on se rend compte qu ’ils disent tous la même chose: l’homme est un être social, sexué et mortel.» Sous le blond soleil de la Thaïlande où il passe désormais, en exilé, le plus clair de l’hiver, Jean Marcel raconte comment toute la vie thaïlandaise est inspirée de ce mythe.L’histoire de Naraï, de Chiva, de Rama, de Sita, de l’assaut de la cité de Lanka ou de l’avenir de celle d’Ayoutaya, et de tous leurs amis, ennemis, parents et descendants, est reproduite partout en Thaïlande, dans les sculptures, dans les jardins, au carrefour des routes.Sur les dessins, les enfants reconnaissent partout Hanouman, le singe blanc qui couvre Rama de sa protection.VOIR PAGE D 2: SINGE GSATIIIT En q u ête bord r i WN.«Je crois que le fait d’avoir vu cela change tout» W.Matthieu Sicard et Yves Lamoureux Bertrand Gervais L’homme a d’étranges passions.Il s’intéresse à la mort, à sa représentation dans différentes cultures, et est fasciné par les insectes.Bon vivant, à 44 ans, il rit pourtant, s’esclaffe même, régulièrement, au cours de l’entrevue.Ces jours-ci, l’écrivain, qui enseigne aussi la littérature américaine à l’Université du Québec à Montréal, lance à Montréal son dernier roman, Gazole, chez XYZ.Son héroïne, Gazole, y est confrontée au suicide d’un proche, qui est aussi le parolier d’un groupe de musique rock qui se fait appeler Le livre des morts.CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR On croirait relire l’histoire du suicide de Dédé Fortin et celle de son groupe, Les Colocs.Pourtant, Bertrand Gervais assure qu’il s’agit d’une simple coïncidence.A vrai dire, c’est principalement dans la tête de Gazole, alias Caroline, que se passe cette histoire, mettant en scène un groupe d'adolescents.C’est elle, accompagnée de son amant Pyramide, qui découvre le corps de son ami, pendu nu, au milieu de son appartement.Pyramide deviendra du coup silencieux comme une crypte, pour reprendre les mots de Gervais.Et Gazole reste seule avec le mystère, avec les textes secrets laissés par lance, le suicidé, qui dévoilent sa détresse.Elle reste seule aussi avec la vision de son corps nu, en érection parce que cette érection est provoquée par la pendaison, au bout d’une corde.Bros et Thanatos, la pulsion de vie et la pulsion de mort, sont réunis en une seule scène, et ce sont autant de tabous que Bertrand Gervais exploite allègrement dans cette œuvre.Gazole reste seule avec ses questions sans réponse.L’écrivain, qui avait déjà donné un recueil de nouvelles, Tessons, et un roman, Oslo, tous deux chez XYZ, le reconnaît en entrevue.Tout le roman a déboulé à partir du moment où il a campé ce corps inanimé de lance, et toute l’action tourne autour de ce corps.Gazole, qui a vu ce corps-la, se débat avec ce souvenir.«Je crois que le fait d’avoir vu, cela change tout», dit Gervais.C’est pour cela par exemple, dit-il, que dans des musées du Rwanda on a conservé, à la suite du génocide, des corps morte blanchis, pour les exposer au regard humain.VOIR PAGE D 2: ENQUÊTE CONNAÎTRE, CUEILLIR ET CUISINER LES CHAMPIGNONS SAUVAGES DU QUÉBEC La trousse indispensable pour vos excursions : I.K I) K VOIR.L F.S S A M EDI R ET DI M A Ji (HE 9 SEPTEMBRE 2 O O I I) 2 -«r SINGE Livres - ENQUÊTE SUITE DE LA PAGE ü 1 •Tout le théâtre traditionnel (que l’on joue encore beaucoup dans les villages), toutes les danses classiques représentent un épisode de ce grand texte.[.] Vous vous promenez dans ce pays, et vous voyez constamment des rappels du texte», explique-t-il.Le poème pourtant, dans sa forme initiale, n’est pas thaïlandais mais hindou.Intitulé originellement Ka-mayana, il aurait en effet été écrit en Inde, par un certain Valmiki, autour de l’an mil avant notre ère.Depuis, il a eu une influence majeure sur tout l'Orient «H est probablement venu sur le continent du Sud-Est asiatique, d’abord chez les Khmers du Cambodge, qui étaient à cette époque non pas bouddhistes mais avaient aussi reçu de l'Inde le brahmanisme, religion ancestrale de l’hindouisme aujourd’hui.Et c’est sans demie par leurs voisins khmers que les j’hais ont été culturellement india-nisés, en quelque sorte», explique Jean Marcel.Inspiré d’une culture très étrangère de la nôtre, Sous le signe du singe n'avait jamais été adapté en français, de façon à être lu comme l’histoire merveilleuse et insensée qu’il raconte.«Le texte avait été traduit, mais jamais adapté encore, dit Jean Marcel.Le texte original est d'ailleurs si étrange à nos oreilles que les deux traductions françaises que je connais se sont contentées de résumer les épisodes plutôt que de les traduire réellement.J’ai aussi consulté des traductions qui avaient été faites en anglais et en allemand Je n’ai donc pas traduit, mais dtmné une version qui, sans trahir l’original, confère au texte l’allure qu’il aurait s’il avait été écrit directement en français.» Jean Marcel y a donc pris certaines libertés.Ainsi, c’est le singe blanc Hanouman qui devient le personnage central du texte, plutôt que Rama, comme on le trouve dans les textes traditionnels.Aussi, Marcel prête à Hanouman l’invention de l’écriture, ce qui n’est pas confirmé dans toutes les versions du Kamakien, mais qui a été avancé par Octavio Paz.«Puis un jour que, désœuvré, il grattait nonchalamment un galet plat du bout d’une fléchette, il se rendit compte que la pointe acérée laissait des traces blanches ineffaçables sur la surface pierreuse du galet.Il bondit sur ses pattes, de surprise autant que de joie: il pouvait tracer des signes sur la pierre, qui dureraient autant que la pierre elle-même.Puis il passa des jours et des nuits à inventer des traces qui fussent l’équivalent des choses de.l’existence et qu un lointain destinataire pût reconnaître comme tel», lit-on dans Sous le signe du singe.Marcel a traduit ce poème du thaï, en y adaptant, en supprimant ou en ajoutant les différentes versions de ce texte fondamental, modulé par les cultures cam- bodgienne, laotienne, indonésienne, ou birmane.A la tradition indienne, les Thaïlandais ont ajouté une bonne dose d’humour, a constaté le philologue, en comparant les différentes versions du texte.«Un humour très particulier, propre à la mentalité thaïe, et qui n’a rien à voir avec notre humour occidental.Je ne sais d’ailleurs si on pourra le saisir.J’ai essayé en tout cas de le rendre», précise-t-il.Ce qui n’est pas pour déplaire à Jean Marcel, qui allie une solide érudition a un joyeux appétit de vivre.Ainsi expliquet-il son choix de vivre en Thaïlande, qu’il décrira aussi dans un livre intitulé Lettres du Royaume de Siam, qui doit paraître l’an prochain.«Disons en bref qu’y étant venu par hasard, sur invita-tùm d’amis thaïs rencontrés à Montréal, fy ai découvert que c’était l’endroit de la terre où je me sentais d’accord avec le plus grand nombre de choses: d’abord le soleil permanent, puis le caractère ineffable du peuple qui vit sous ce soleil, sa cuisine infinie, sa vie quotidienne, la végétation tropicale (pour la première fois de ma vie je cultive des fleurs!).Enfin, le mode d’habitation qui fait que, logeant au cœur d’une grande ville comme j’aime toujours le faire, fai tout le jour le calme qu'il me faut pour travailler — comme si fêtais dans un village.» Car travailler et écrire fait partie intégrante de l'existence de Jean Marcel.En plus de ses romans, essais, analyses, nouvelles et réflexions, on lui doit de nombreuses traductions et adaptations de grands textes littéraires.C’est lui qui a traduit et adapté du sumérien Le Chant de Gilgamesh, ce roi légendaire d’Ourouk dont le récit des exploits remonte au XVffl* siècle avant Jésus-Christ Ce texte, souligne-t-il, est le plus ancien texte littéraire de l’humanité.Il a été réédité chez Lanctôt en 1998.fl s’est de même attaqué au Ring, de Wagner, en tentant de rendre au texte tout son poids dramatique.Et on lui doit des adaptations des grands textes de la Chanson de Roland et de Tristan et Iseult.Ce qui ne l’empêche pas de s’intéresser aux lettres québécoises, en particulier à Jacques Ferron, qu’il a longuement commenté.Mais le créateur n’est pas loin derrière le philologue, l’essayiste.Aussi, admet-il.Sous le signe du singe est bien une version, et non une traduction du texte originel, «f ai donné libre cours à mon inspiration», reconnaît-il.On y gagne un conte fabuleux, invraisemblable et féerique, de ceux dont on ne s’est jamais lassé et comme il ne s’en fait plus.SOUS LE SIGNE DU SINGE Jean Marcel L’Hexagone Montréal, 2001,193 pages SUITE DE LA PAGE D 1 Mais est-ce la mort elle-même ou le souvenir de la vie qui hante Gazole à partir de cette vision-là?•Plus rien ne peut arriver à ce corps pendu à une corde, le cou brisé par la force de la gravité, la peau refroidie à jamais.Plus rien de douloureux, à moins de croire que l’âme reste près du corps, qu’elle le hante avant de s’éloigner.Mais Gazole ne croit pas à ces histoires.L’âme n’est qu'une invention pour apaiser les insécurités de l’humanité.Quand la mort survient, la conscience se dissout.Elle s’éparpille et se défait, elle perd sa masse critique.Une goutte d’encre dans un verre d’eau», écrit Gervais.Fascinée par la mort, par l’endroit (ou le néant) où elle conduit, Gazole va jusqu’à toucher au cadavre d’un homme exposé dans un cercueil, dans le salon funéraire au-dessus duquel elle habite.Depuis qu’il mène un groupe de recherche universitaire sur l’imaginaire de la fin, Bertrand Gervais reconnaît qu’il est fasciné par les représentations de la mort.Il s’est même rendu en voyage au Tibet, autour du mont Kaïlash, la montagne sacrée des bouddhistes et des Tibétains et d’une partie des hindouistes, avec un groupe de professeurs, entre autres pour mieux comprendre les enjeux du Livre des morts tibétain.Ce livre, dit-il, qui prévoit entre autres des instructions à donner au défunt pour lui permettre d’échapper au cycle de la renaissance et de la vie, est récupéré sous de fausses représentations en Occident.«J’ai travaillé sur l’idée du livre des morts en Occident, rappelle-t-il au sujet de ses recherches uni- versitaires.Car ce livre n’est pas un livre.Ce sont des instructions, des prières.Et par le biais des traductions au début du siècle, en anglais et en français, c’est devenu un livre des morts, et le livre des morts est devenu une espèce de synthèse tout usage qu’oti retrouve partout.» Ecrit dans une langue limpide, Gazole est donc l'expression littéraire du travail universitaire de l’écrivain.Et c’est en deux mots, une sorte d’enquête sur la mort Quel est le poids de l’âme dans le corps humain?, se demande Gazole après le suicide de Lance.Où va cette âme après la mort?Alors qu’elle touche au cadavre embaumé, l’héroïne se fait la réflexion suivante: «Il n’y a rien, rien de perceptible, rien de cette absence que la mort a tout à coup inscrite dans la vie.Qu’une masse affaissée, une peau lâche et inutile, le relief accentué d’une pommette.Gazole cherchait la mort, elle n’a trouvé qu’un cadavre.La présence de Lance, sans cesse à l’horizon de son regard, toujours à l’aube de sa conscience, lui a fait croire qu’il pouvait y avoir dans le cercueil un chemin par où le retrouver.» Un roman tout à fait actuel Tout centré qu’il soit sur le mystère de la mort, le mystère de la vie, Gazole n'en est pas moins un roman tout à fait actuel.Les adolescents qui y sont décrits pourraient être ceux qui fréquenteront bientôt les cours de Bertrand Gervais à l’UQAM, ou la place Emilie-Gamelin.Ces jeunes vivent en pleine désillusion politique, en pleine libéralisation des échanges.Aussi, le roman de Gervais est sciemment truffé de marques de produits de toutes sortes, Chrysler, Dunkin' Donuts, Lysol.Même la mort y est présentée sous ses traits les plus commerciaux, à travers la panoplie d’urnes de toutes sortes offertes au client par l’industrie funéraire.Et pourtant, ces jeunes, comme ceux sans doute que Gervais côtoie dans les couloirs de l'université, s’opposent, naïvement peut-être, à la commercialisation à outrance.•Gazole était contre Internet, une autre manifestation de l’impérialisme culturel américain.Ça, le FMI, T ALENA et la ZLEA, c’est du pareil au même», écrit Gervais.Pour sa part, le personnage du professeur dans le roman, celui de Pierre Vallée, y est décrit comme un passeur, celui qui aide les jeunes à aller au bout de leurs démarches, émotives ou littéraires.Cette démarche, pour Gazole, c’est aussi celle qui cherche dans l’entourage de Lance ce qui a pu le conduire au suicide.Sur son chemin, elle retrouve ainsi Daphné, ancienne copine de Lance, qui l’a même sans doute rencontré la veille de sa mort.On trouve aussi Véronique, dernière liaison du suicidé.Mais après?Gazole cherche des coupables mais ne trouve que des êtres à leur tour fragiles, vulnérables, impuissants.Le livre se referme et l’enquête de Gazole est terminée.La vie du groupe de musique appelé Le livre des morts s’est éteinte.Et le mystère de la mort, celle de Lance comme toutes les autres, ce mystère au cœur de l’intrigue de ce polar insoluble, demeure entier.GAZOLE Bertrand Gervais Editions XYZ Montréal, 2001,176 pages : Dictionnaire LE PETIT IAR0USSE ILLUSTRÉ 2002 COLLECTIF Larousse * - : Roman Qc ADÉLAÏDE - Le goût du bonheur.T.2 4P Marie LABERGE Boréal 23 Roman Qc GABRIELLE - Le goût du bonheurt T.1 ¥ Marie LABERGE Boréal 39 ¦i BD.Roger LEL0UP Dupuis 2 b Psvcholoiiie CESSEZ D'ÉTRE GENTIL, SOYEZ VRAI ! ¥ T.D'ANSEMBOURG L'Homme 34 h Fantastique HARRY POTTER ET LA COUPE DE FEU, T 4 V Joanne K.ROWLING Gallimard 41 ; Cuisine LES SALADES Anne WILSON Kônemann 17 - Roman Qc UN LIEU APPROPRIÉ Lise 8ISS0NNETTE Boréal 3 i Roman EN AVANT COMME AVANT ! r Michel F0LC0 Seuil 15 n Cuisine Anne WILSON Kônemann 3 ; Roman Qc Georges-H.GERMAIN Art global 2 ! Roman PORTRAIT SÉPIA ?Isabelle ATTENDE Grasset 11 ! .Guide QUÉBEC LA BELLE PROVINCE V COLLECTIF Phidal 21 1 Polai LENGRENAGE tohn GRISHAM Robert Laffont 12 b Cuisine Anne WILSON Kônemann 3 Sc.Sociale Qc LA SIMPLICITÉ VOLONTAIRE r Serge MONCEAU Écosociété 177 17 Roman Qc UN DIMANCHE A LA PISCINE A KIGALI V Prix des libraires 2000 G.C0URTEMANCHE Boréal 45 1b Roman Pierrette FLEUTIAUX Leméac 3 W Roman Qc UN PARFUM DE CÈDRE ¥ Éd.compacte A, M.MACDONALD Flammarion Qc 4S 0 BD.ASTÉRIX ET LATRAVIATA Albert UDERZO Albert René 26 : Sport GUIDE DES MOUVEMENTS DE MUSCULATION ¥ F.DELAVIER Vigot 168 ' Roman DOLCE AGONIA ¥ Nancy HUSTON Actes Sud 25 Psychologie A CHACUN SA MISSION ¥ J.M0NB0URQUETTE Novalis “! .•! Polar DANS LA RUE OÙ VIT CELLE QUE J'AIME M HIGGINS-CLARK Albin Michel 25 Jeunesse HISTOIRES A CROQUER AVANT D'ALLER SE COUCHER ¥ COLLECTIF Hemma 151 Roman LA VIE SEXUELLE DE CATHERINE M Catherine MILLET Seuil 1/ Fantastique j HARRY POTTER A L'ÉCOLE DES SORCIERS.T.1 ¥ Joanne K.ROWLING Gallimard 28 Flore LES CHAMPIGNONS SAUVAGES DU QUÉBEC V - Nouvelle édition SICARD/[AMOUREUX Fides 9 | Spiritualité LE POUVOIR DU MOMENT PRÉSENT Eckhart TOLLE Ariane 51 iÜ Roman 99 FRANCS F BEIGBEDER Grasset • '¦ Gestion COLLECTIF Septembre 3 Roman JE PENSAIS QUE MON PÈRE ÉTAIT DIEU ¥ Paul AUSTER Actes Sud ' Maternité COMMENT NOURRIR SON ENFANT.3e édition L.LAMBERT-LAGACÉ L'Homme 109 34 Jeunesse LES PLUS BEAUX CONTES DU TEMPS PASSÉ ¥ COLLECTIF Hachette 356 Spiritualité LÉ GRAND LIVRE DU FENG SHUI ¥ - Éd.broche - Gill HALE Manise 124 38 Jeunesse A IA CROISÉE DES MONDES, T.3 - Le miroir d'ambre ¥ Philip PULLMAN Gallimard 22 !' Roman Qc Sylvain TRUDEl Les Allusifs 3 38 Psychologie LES HOMMES VIENNENT DE MARS.LES FEMMES VIENNENT DE VÉNUS ¥ John GRAY Logiques 392 Biographie LES LIENS DU SANG NICAS0 ! LAMOTHE l'Homme 16 I- Critique litt.DERNIER INVENTAIRE AVANT LIQUIDATION Frédéric BEIGBEDER Grasset 11 i; Cuisine SUSHIS FACILES ¥ COLLECTIF Marabout 66 i Essai NO LOCO : La tyrannie des marques ¥ Naomi KLEIN Leméac 21 ¦»,! Roman SOIE ¥ A BARICC0 Albin Michel 24; u Humour Qc LES CHRETIENNERIES Pascal BEAUSOLEIL Intouchables 48 45 Maternité MON BÉBÉ : |e l'attends, je l'élève E.FENWICK Reader's Digest 223 N.B : Coup de coeur RB wt/mÊ : Hors prescrits et scolaires : 1 semaine sur notre liste Nombre de semaines depuis parution J Pour commander à distance : ‘B (5i4> 342-2815 www.rena ud-bray.com Ce palmarès hebdomadaire vous est offert avec la collaboration de r L - SCABRINI MEDIA Bien au-delà de la simple impression et [ 1 AGMV Marquis -* IMPRIMEUR INC.La passion du livre québécois Longueuil • Montréal • Montmagny • Sherbrooke GAETAN SOUCY « l'écriture romunesciue Je Soucv est empreinte d'une richesse culturelle et d'une puissance d’évocation extraordinaires.» PierreThibcault, Ici « Gaétan Soucv a livré au metteur en scène une œuvre magnifique f ••• f-Souci est un \ érituhle maître dit suspense lorsqu'il sonde les fosses abyssales de l'âme humaine.» Eve Dumas, Lu Presse 4 "-X ?Gaétan Soucv CATOBLEPAS Au Théâtre d’Aujourd’hui du il septembre au 6 octobre 282-3900 TE Théâtre, 102 pages • 14,95 $ Boréal www.editionsboreal.qc.ca Extrait T a mort appartient à ceux ''J-/qui ne ressentent plus rien.J’essaie de me convaincre d’y croire encore.J’écris, mais les événements m’ont plongé dans un prodigieux silence.Mes insomnies se prolongent.Je veux m’endormir, afin de rêver jusqu’à l’apnée.Dormir, afin que le rêve me dise de ne plus respirer.Cela fait du bien quand on s’arrête un peu.Notre société est fondée sur la respira- tion.C’est la source de tout mal.Est-ce poser un acte héroïque que de chercher à l’enrayer à sa racine?Je place mes mains bien à plat sur la table, les doigts écartés, et je tente d’oublier que je respire.Je pratique le silence, l’immobilité, la dissolution.» Bertrand Gervais, Gazole, Éditions XYZ.Reproduit avec l’aimable autorisation de l’éditeur.À L’ESSENTIEL Au delà de Saint-Jacques-de-Compostelle VISAGES DES PÈLERINS AU MOYEN ÂGE Marcel et Pierre-Gilles Girault Zodiaque éditeurs Paris, 2001,388 pages Ce volume est le troisième de la collection très informative çt réussie «Visages du Moyen Age».Il y eut d’abord Visages de femmes puis Les Anges et leur image.Il s’agit cette fois des pèlerinages européens dans l’art et l'épopée, une vaste fresque où l’on aborde la littérature épique comme source des pèlerinages médiévaux.Au cours des dernières années, la littérature a négligé bon nombre de pèlerinages médiévaux au profit d’un seul d’entre eux, celui de Saint-Jacques-de-Compostelle, un itinéraire qui connaît une grande vogue.L’incontournable Guide du pèlerin de Saint-Jacques du XIP siècle, publié en 1882, traduit en français en 1938, a d’abord été la référence obligée de tout jac-quaire moderne: tout en faisant connaître la réalité du pèlerinage médiéval, il en a aussi occulté la diversité, comme le notent le père et le fils Girault, tous deux historiens de grand renom.Les auteurs s’attardent, dans ce remarquable album, à présenter l’image, ou plutôt les images, que la littérature et l’art du Moyen Age donnent du pèlerin et de sa démarche, en suivant les trois moments cruciaux du pèlerinage: l’engagement, le déplacement physique et l’accomplissement, ce qui nous amène à découvrir qui sont les pèlerins de cette époque et quelles étaient les motivations de leur départ.A travers des poèmes épiques, quelques romans, des textes satiriques comme le Roman de Re-nart, des fabliaux, des textes empruntés au théâtre religieux ou à quelques autres genres littéraires comme la vie des saints, ils examinent leurs destinations et les itinéraires décrits pour les atteindre, Rome ou Compostelle, mais aussi Brioude, Le Puy ou Saint-Gilles de Provence.Les deux hisforiens ont écarté volontairement de leur propos le pèle- i M t SOURCE ZODIAQUE Un pèlerin dans la pierre 4’une cathédrale du Moyen-Âge.rinage en Terre sainte, le plus prestigieux au Moyen Âge, itinéraire qui fera l’objet d’un traitement à part lors de publications ultérieures.Dans ce volume de très belle présentation, généreusement illustré et fort bien’ on voit donc le pèlerin se préparer au voyage: moyens de locomotion adoptés, équipement, rites de départ.On le suit ensuite sur la route, on l’accompagne dans les difficultés de la marche comme à l’étape.Puis c'est l’accueil du pèlerin parvenu au sanctuaire ainsi que les rites de l’arrivée, le séjour et les souvenirs rapportés comme autant de trésors.Un livre passionnant accessible à tous.Renée Rowan i I> K VOIR T K M R R K Livres ECHOS Cortège de poètes La 17' édition du Festival international de poésie de Trois-Rivières prendra son envol le vendredi 28 septembre prochain, avec son cortège de poètes du Québec et de l'étranger, ses lectures, ses spectacles, ses soirées, ses prix et ses lancements.Au cours du lancement de la programmation, qui se tenait cette semaine au Saint-Sulpice, les organisateurs du festival ont dévoilé la liste des poètes invités (on en attend 150 d’une trentaine de pays différents), les activités ainsi que les lauréats de quelques récompenses.On sait donc déjà que l’un de ceux-ci est Roger des Roches, qui recevra le grand prix du Festival international de la poésie, pour son recueil.Nuit, penser, publié aux Herbes Rouges.Le jury y a apprécié l’art de la concision mis au service de la création d’ambiances.Pour sa part, le prix Félix-Antoine Savard de poésie sera remis à Monique Juteau, pour une suite intitulée Jeux de mémoire en l’espace de quelques huîtres, ayant paru dans la revue Arcades.Des mentions seront remises à des poèmes de José Acquelin et de Christine Balta.Le prix Piché de poésie de l'Université du Québec à Trois-Rivières reviendra à Isabelle Forest pour sa suite intitulée Les petites filles aussi sont périssables, et une mention sera accordée à Patrick Nicole pour La danse calme de l’angoisse.Le Festival international de poésie de Trois-Rivières se poursuit jusqu’au 7 octobre.A en juger par la liste des activités prévues, on doit y trouver des poèmes à domicile, des poètes au centre de détention, le lancement d’une version de L'Homme ra-paillé, de Gaston Miron, en espagnol, du théâtre et des ateliers d'écriture.Discussions littéraires sur Internet La maison d’édition Nota Bene lance une collection de livres qui seront tirés de discussions littéraires de haut vol tenues sur Internet.Le premier livre de cette collection s’intitulera Frontières de la fiction, et résulte d’un colloque tenu sur Internet, sur le même thème, à l’adresse www.fa-bula.org.Il sera publié en collaboration avec les presses de l’Université de Bordeaux.«Le site existe depuis deux ans, il est consacré à l’actualité littéraire et à la recherche en littérature», explique Guy Champagne, éditeur de Nota Bene, qui se charge de rendre disponibles ces discussions sur un support de papier.Le livre s’écrit donc au fil de ces échanges sur Internet et son propos peut être modifié, corrigé, selon l’évolution des discussions.Il sera publié chez Nota Bene dans sa version finale.Car si l’Internet permet une rapidité phénoménale d'échanges à travers le monde, son support demeure moins pratique que celui du papier.Du côté québécois, c’est René Audet qui joue le rôle de webmestre du site et qui anime les échanges.Du côté français, Alexandre Gefen joue ce rôle.Participent à ces échanges certains intellectuels de grande réputation, dont Julia Kristeva et Antoine Compagnon.Un livre sur Roland Barthes devrait aussi paraître en 2002.Caroline Montpetit ROMAN QUÉBÉCOIS Coupable Europe KALEIDOSCOPE BRISE Sergio Kokis Editions XYZ, collection ••Romanichels» Montréal, 2001,348 pages LS Amérique, surtout cel-* le du Sud, aura-t-elle été la poubelle de l’Europe qui, depuis ses missionnaires et ses conquistadors jusqu’aux nazis d'hier, y aurait déversé son intolérance, sa morale hypocrite, son appétit du gain?«Tout parait ici une sorte de caricature monstrueuse ce que l'Europe a produit de plus excessif», affirme un des personnages du roman de Kokis à propos du Paraguay de 1948.Ce propos, servi par certains épisodes, circule dans Kaléidoscope brisé, qui n’est pas pour autant une thèse socio-politique déguisée.C’est un authentique roman-roman, riche de toute une cohorte de personnages qui y vivent mille péripéties.Ce sont, pour les principaux, des artistes de cirque, qui veulent se consacrer à leur art modeste.Mais même s’ils sont empêtrés dans les soucis du quotidien, on ne voit pas pourquoi ils n’auraient pas droit à leurs opinions, d'une lucidité parfois tranchante.Dans ce second volet d’une trilogie amorcée l’an dernier avec Saltimbanques, on retrouve les membres du cirque Alberti, qui viennent tenter leur fortune en Amérique du Sud après avoir quitté l’Europe au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.Ce deuxième livre a son autonomie, assurée assez habilement dès le début par un narrateur bienveillant qui fait, en quelques pages, une mise à jour de la situation des personnages que le lecteur ne connaîtrait pas.Jouant franc jeu (chez Kokis, l’artiste est un illusionniste honnête), il explique même le premier mot du titre: la vision kaléidoscopique correspond à celle des artistes qui la préféreraient à «la platitude offerte par la longue-vue».Nous voici fixés sur la manière dont le récit sera mené.Pourquoi «brisé»?C’est un jeune carioca de Rio qui en donne la clé — un certain Serginho, clin d’œil de Kokis à son propre premier roman, Le Pavillon des miroirs.Une fois éclaircie la question du titre et la longue-vue mise de côté au bout de quelques pages, le récit s’approche des personnages eux-mêmes et de leurs destins, racontés par fragments qui vont se croiser, se superposer, s’éloigner en formant, de brefs instants, des compositions cohérentes qui se défont dès que l’agitation du monde les reprend.Cette suite des pérégrinations de la troupe Alberti se passe pour l'essentiel en deux périodes: un «présent», sur deux ans, de 1947 à 1949; et des avancées dans un futur, situé dut ou vingt ans plus tard.Périodes fragmentées toutes deux, présentées en alternance et selon une chronologie non linéaire dont les personnages sont les jouets, capricieuse comme leur itinéraire qui les mène du Brésil à l’Argentine puis au Paraguay.Et retour.Alors que Saltimbanques nous installait tranquillement, avec quelques longueurs dans la présentation des personnages, dans Robert Chartrand une histoire qui s’annonçait consi- Monique Le Marier Mas chère/ Margot, r*>irun Récit éjiistolairc et roman noir dans lequel la folie épie la lucidité, V/
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