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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier H
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2001-09-08, Collections de BAnQ.

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L K DEVOIR.LES SAMEDI 8 ET D 1 M A \ (' 11 E D S E P T E M B R E (I 0 l LE DEVOIR Culture et Société Les Arts et la ville José Jacome Le porte-parole de Pratt & Whitney Canada a un propos clair: «Les arts enrichissent la communauté.Nous œuvrons dans une industrie de haute technologie, plusieurs de nos employés sont fortement scolarisés et instruits.La qualité de l'environnement est importante pour eux.» Page 2 Raymond Cloutier Il a une âme de pionnier.Il fut un animateur du Grand Cirque.Il est aujourd'hui membre très actif de l'Union des artistes, tout comme de Les Arts et la ville.Il doute toutefois que l'art et la culture soient des préoccupations urbaines.Page 6 s Elle fut en Occident la première grande institution humaine.On a depuis oublié que ce qui aujourd’hui se désigne comme la Grèce antique était en fait une zone géographique faite de cités: Spartes, Corinthe ou Athènes.Au temps de l’Âge d’or, quand les grands tragédiens étaient mis en scène, quand les philosophes discouraient sur la place publique, quand les athlètes tenaient compétition entre eux, la structure politique agissante était la ville, la polis.Les stratèges municipaux avaient la responsabilité d’assurer la grandeur de leur ville.Spartes fut ainsi guerrière et Athènes culturelle.Plus tard même, il faut rappeler que Rome, c’était Yurbs, la cité, et que cette ville régna sur toute la Méditerranée, après avoir vaincu son ennemi jurç, l’africaine Carthage.À l’ère moderne, le pouvoir politique a été remis entre les mains d’une eptité plus grande: la nation, le pays, l’Etat La responsabilité des villes en a ainsi été réduite et souvent seules les capitales ont accueilli ce qu’auparavant toute ville se devait d’avoir: l’école et l’université, le commerce et les grands centres d’échanges internationaux, le petit cinéma et la salle d’opéra, le simple parc et l’installation de taille olympique.Qui dans ces nouveaux pays voulait réussir, qui voulait fréquenter le monde, se devait de «monter» en ville.Privée de moyens, perdant le pouvoir de la taxation directe, la ville en fut réduite à seulement assurer les services de base.Encore aujourd’hui l’élu municipal est ainsi souvent accusé d’un manque de vision.Sa priorité est le quartier qu’il représente et l’intéressent les services de base: salubrité publique, voies de circulation, services de police et d’incendie ou d’aqueduc.Après viennent les parcs.Quant aux locaux d’enseignement et de santé, ils ne relèvent pas de sa responsabilité.Les critiques à son égard sont souvent vives: «Je suis toujours étonné, dira encore en cette année de grâces 2001 le Québécois et artiste Raymond Cloutier, de constater qu 'il existe dans une localité plus ou moins grosse un aréna financé par la municipalité et que la patinoire est toujours prête pour l’hiver; en plus, il y a un terrain de baseball.On vote les budgets et personne ne conteste ces décisions.Par contre, pour l’esprit il n’y a rien, il faut se battre constamment.» Pourtant on sait dans nos sociétés l’importance de la ville.Elle est le lieu de la vie quotidienne, le premier «in- terface» entre la résidence et le monde, le premier endroit où s’opèrent les frictions, surtout dans ce nouveau monde devenu cosmopolite, pluraliste.Devant cette nouvelle situation, le modèle urbain du siècle dernier ne tient plus, celui de l’agglomération rassemblée à l’ombre de son clocher, entre l’école et l’hôtel de ville.Développement «lorsque nous sommes arrivés à la mairie en 1989, raconte Yannick Guin, adjoint au maire de Nantes et chargé de la culture, nous nous trouvions devant une ville qui connaissait des reconversions industrielles importantes et dont l’état d’esprit était plutôt morose et dépressif.Il fallait redonner confiance en l’innovation, la création et la jeunesse afin de permettre un nouveau départ axé sur le développement.C’est la raison pour laquelle nous avons mis la culture au premier rang de nos préoccupations.» La semaine prochaine, M.Guin rencontrera à Longueuil des élus municipaux pour leur faire part de son expérience, pour dire que l’option culturelle n’est plus pour les villes un luxe, mais une nécessité, pour qui souhaite la renaissance de sa cité.Cette rencontre a été rendue possible parce qu’en terre québécoise d’autres élus ont compris que l’avenir des villes passait par le retour à la cité originale, à cet organisme vivant où les besoins humains peuvent être exprimés, satisfaits.Depuis 1987, Les Arts et la ville, organisme composite où se côtoient élus municipaux et gens du milieu des arts, promeut la nécessité pour les villes de remettre en leur sein les institutions culturelles, de les utiliser autant pour le profit de leurs citoyens que comme moyens de valorisation.En 2001, ils insisteront sur l’importance du musée ou de la bibliothèque, devenus ainsi des outils de base pour les villes, à l’égal des zones de jeux ou de verdure.Âu moment où le Québec va entreprendre une révolution urbaine, par le seul jeu des fusions municipales, le besoin demeure de rappeler que l’implantation de grandes villes ne peut pas se faire par le seul regroupement de services municipaux existants, ou se justifier seulement par le fait d’entraîner des économies budgétaires.Cette opération aura du sens seulement si les villes deviennent plus humaines.Il faut reconstruire la cité.Normand Thériault d • LES ARTS ET LA VILLE Un colloque Page 2 Un organisme Page 4 igi m Reconstruire eue L’option culturelle n’est plus pour les villes un luxe, mais une nécessité Nantes Page 3 Grenoble Page 4 Bibliothèques Page 5 Musées Page 6 ¦ • e Louise Harel Ministre d’État aux Affaires municipales et è la Métropole pour réinventerla ville Québec! MUSÉE DE LA NATURE ET DES SCIENCES DE SHERBROOKE LE DEVOIR, LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 SEPTEMBRE 2 O O I » m (oij.'lMtr.itiofi .•.i l l,i Ville* de* I on^m'iiil LONGUEUIL LES ARTS ET LA VILLE Ville Culture et Développement 12-13-14 SEPTEMBRE 2001 LongueuiL Natalie Choquette coprésidente diva /•' T'*' Lynda Cloutier coprésidente Comité exécutif, Ville de Québec LES PARTENARIATS CULTURELS • Claude Gladu, maire, Ville de Longueuil • Pierre Brunet, coprésident et cochef de la direction, La Financière Bancjue Nationale • José Jacome, directeur, Relations communautaires, Pratt & Whitney Canada • Hervé Fischer, titulaire, Chaire Daniel Langlois en technologies numériques et beaux-arts, Université Concordia • Jean-Pierre Perreault, chorégraphe, Fondation Jean-Pierre Perreault LES INFRASTRUCTURES CULTURELLES Les nouveaux lieux citoyens : LES BIBLIOTHÈQUES • Lise Bissonnette, présidente-directrice générale, La Grande bibliothèque du Québec • Denis Boyer, directeur, Bibliothèque de Hull • Bruno Bourg-Broc, maire, Ville de Châlons-en-Champagne, France Les nouveaux lieux citoyens : LES MUSÉES • Gérald Grandmont, sous-ministre adjoint, Ministère de la Culture et des Communications du Québec • jean Perrault, maire, Ville de Sherbrooke • Yannick Guin, adjoint au maire, Ville de Nantes, France LA GESTION CULTURELLE Le rôle des villes au bénéfice du développement des publics : OPINIONS ET INITIATIVES • Raymond Cloutier, comédien, Union des artistes • Anne Lauzon, conseillère municipale, Ville de Sainte-Thérèse • Biaise Gagnon, directeur, Salle de spectacle de Sept-îles Les fusions municipales au Québec : état des lieux culturel • Sylvie Lauzon, Comité de transition de TOutaouais • Marie Leclerc, Comité de transition de Québec • Marc-André Vaillancourt, vice-président.Comité de transition de Montréal Grande ville et arrondissements : l'histoire de cas de Namur • Georges Latour, secrétaire communal, Ville de Namur, Belgique ET DE NOMBREUX ATEUERS Les Arts et la Ville est financé par QuébecSS Avec la participation du • Ministère de la Culture et des Communications • Ministère des Affaires municipales et de la Métropole Fondation de la Famille Samuel et Saidye Bronfman Partenaires et commanditaires du 14e colloque annuel LONGUEUIL QuébecSS Ministère de la Culture et des Communications Pratt & Whitney Canada Une société de United Technologie» La Grande bibliothèque du Québec SS Télé-Québec m UNIVERSITÉ de SHERBROOKE union d*l municipalité» du Québac _________ _ .\Htts it v11.lacis PttMMnoNQuntcoiacksNuncwpis ËN SANTÉ; -âlire Informations Les Arts et la Ville : téléphone: (418) 691-7480 télécopieur: (48) 691-6119 courriel: mfo@arts-ville.org Colloque 2001-Coûts membres: 150$ non-membres: 250 $ LES ARTS ET LA VILLE Une entrevue avec José Jacome Colloque 2001 Améliorer la qualité de vie Les arts enrichissent toute la communauté Le financement et le soutien d’organisations et d’activités artistiques: une forme privilégiée par la compagnie Pratt & Whitney Canada dans son engagement auprès de la collectivité.JOHANNE LANDRY T / s'agit de collaborations à long terme dans le but ¦ J.d'améliorer les choses», pose José Jacome, directeur des relations communautaires chez Pratt & Whitney Canada.Avec le Festival international des films sur l’art (FIFA), par exemple, l’association date d’une quinzaine d’années.Même chose pour Les Kemmeuses, une exposition annuelle d’artistes féminines au cours de laquelle les œuvres sont vendues au prix du marché et les revenus partagés moitié-moitié entre les artistes et des centres d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale.«Sept centres de la Rive-Sud, précise M.Jacome, reçoivent ainsi une partie de leur financement.Nous avons remis, au total, 620 OOO $ jusqu’à maintenant.L’événement connaît un succès remarquable.Près de 6000 visiteurs en deux jours, ce qui peut paraître surprenant pour une exposition qui se tient non pas dans une galerie d’art, mais dans un milieu industriel.» Et les retombées des Femmeuses ne sont pas que financières, selon José Jacome: «Ce projet a contribué à la sensibilisation envers une cause, qui, il y a 15 ans, était encore taboue.» Projets innovateurs Pratt & Whitney Canada se veut un citoyen corporatif engagé dans le bien-être de la collectivité, rapporte le directeur des relations communautaires: «Nous souhaitons cependant aller plus loin qu'un simple don monétaire.Nous cherchons à initier des projets innovateurs.» C’est le cas d’une idée lancée par Pratt & Whitney Canada et subventionnée chaque année depuis, qui au départ s’appelait Un moment magique, devenue le Fonds de Noël pour les enfants.Le but donner à des jeunes de milieux défavorisés la chance de fréquenter la Place des Arts et de voir le traditionnel Casse-Noisettes présenté par les Grands Ballets canadiens.«Autrement, ces jeunes ne mettraient peut-être jamais les pieds dans un tel endroit, commente M.Jacome.Et qui sait si la magie n’allumera pas, pour quelques-uns d’entre eux, le souffle d’aller plus loin et d’ouvrir leurs horizons?» Autre exemple, le financement de l’atelier-gar-derie Pratt & Whitney Canada au Théâtre du Rideau-Vert.Pour la somme de 5 $ (moins cher qu’une gardienne à la maison), les parents qui assistent au théâtre (ce service n’est cependant pas disponible tous les jours) y laissent leur enfant durant la représentation.«C’est plus qu’une simple surveillance, dit M.Jacome.Des animateurs stimulent les bambins dans des activités où l'aspect création est bien présent.» Ainsi en est-il également des Ateliers de création Pratt & Whitney Canada du Musée d’Art Contemporain, où des volontaires y produisent œuvres et travaux en relation avec l’exposition en cours.L’événe-ment Visiteurs à l’œuvre présente le meilleur de ce qui s’est fait dans l’année.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Pratt & Whitney est associé depuis les tout débuts à l’événement annuel Les Femmeuses, une exposition au profit des centres d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale.SOURCE PRATT & WHITNEY Pour José Jacome, directeur des relations communautaires chez Pratt & Whitney Canada, «les arts et la culture ont un impact direct sur la qualité de vie.Si Montréal jouit d’une réputation de centre dynamique, le côté culturel y est pour beaucoup.» Les arts embellissent la vie «Soucieux d’être un bon citoyen corporatif, explique José Jacome, Pratt & Whitney Canada se veut un leader dans l’amélioration de la qualité de la vie.Et les arts enrichissent la communauté.Nous œuvrons dans une industrie de haute technologie, plusieurs de nos employés sont fortement scolarisés et instruits.La qualité de l’environnement est importante pour eux.» La variété et la qualité des activités et institutions culturelles comptent d’ailleurs parmi les points d’intérêt qui attirent les employés de haut calibre, lait remarquer M.Jacome.«Dans la grande région de Montréal, poursuit-il, nous avons la chance de bénéficier d'institutions culturelles qui donnent une réputation intéressante à la métropole et ses environs.» Membre des conseils d’administration du Théâtre de la ville de Longueuil, de l’Orchestre symphonique de la Montérégie et du FIFA José Jacome parle d’un effet structurant lorsqu’on lui demande quel est le rôle des arts.«On le constate lorsqu ’on voyage, les arts donnent une âme et une dimension à une région.Lorsqu'on arrive dans un endroit pauvre à cet égard, on sent tout de suite le vide.lœs arts et la culture ont un impact direct sur la qualité de vie.Si Montréal jouit d’une réputation de centre dynamique, le côté culturel y est pour beaucoup.» Musée Marcil et salle de spectacle La direction et les employés se sont également investis, il y a une vingtaine d’années, dans la restauration d’une vieille maison de Saintlnmbert, le musée Marcil dédiée à la fibre et au textile.L’entreprise a contribué au financement et à la coordination des travaux alors que 500 employés ont donné bénévolement des heures à différentes étapes de la construction et de l’aménagement Pratt & Whitney Canada a aussi contribué à la cueillette des fonds qqi ont servi à la transformation d’une salle au cégep Edouard-Montpetit afin de lui donner le cachet d’une véritable salle de spectacles de 900 places.«Elle porte d’ailleurs le nom de Pratt & Whitney Canada, précise José Jacome, en échange d’un financement annuel important des opérations courantes, engagement que nous venons d’ailleurs de renouveler pour les cinq prochaines années.Bien équipée, cette salle permet la présentation de spectacles de tous genres à Longueuil.» Autre soutien concret, la grande entreprise lon-gueilloise imprime gracieusement dépliants et autres documents pour des organismes disposant de petits moyens ou en développement.«Ce qui leur permet, expose José Jacome, de disposer d'outils de qualité pour rehausser leur image.» La création d’un poste de directeur des relations communautaires, personne chargée de mener les projets en rapport avec le bien-être de la collectivité, démontre l’importance qu’y accorde Pratt & Whitney Canada.José Jacome interviendra au colloque Les Arts et la ville pour exposer et expliquer l’engagement de l’entreprise dans le domaine des arts.CONSEIL DESERTS COMMUNAUTE URBAINS DE MONTREAL JO Le Conseil des arts de la Communauté urbaine de Montréal Partenaire dynamique du développement \ artistique et culturel dans la région métropolitaine de Montréal www.cacum.com Travailler en collégialité Longueuil, ville hôte du colloque Les Arts et la ville RÉGINALD HARVEY Plusieurs centaines de personnes préoccupées par le développement de la culture en milieu urbain se rencontreront cette année à Longueuil dans le cadre du colloque de l’association Les Arts et la ville.Cette municipalité s’était dotée d’une politique culturelle il y a une dizaine d’années, mais les retombées de cette démarche ont tardé à se manifester pour de multiples raisons.Par conséquent, à l’instigation de la conseillère Marie-Lise Sauvé, les autorités municipales ont par la suite mis sur pied une commission de la culture afin d’activer ce dossier et de faire en sorte que la politique d’origine résulte en des réalisations tangibles.Cet organisme a largement contribué à regrouper les forces en présence et à bâtir des structures fonctionnelles autour desquelles se sont greffées des activités artistiques, culturelles et patrimoniales d’une grande richesse.Mme Sauvé ne manquait donc pas d’arguments valables pour défendre et gagner la cause de Longueuil à titre de ville hôtesse du colloque.La Commission relève directement du Conseil de ville.«Tous les groupes culturels issus de différentes disciplines sont représentés et siègent au sein de celle-ci.Il existe même des sous-comités.De la sorte, une quarantaine de personnes nous ont montré depuis deux ans le vrai portait culturel de Longueuil», fait valoir la conseillère.De plus, la Commission s’est révélée un outil très efficace dans la recherche de subventions auprès du ministère de la Culture.La réunification des forces en présence Le regroupement des énergies autour d’une même table s’est avéré positif.«lœ fait d’asseoir les intervenants ensemble a rendu plus facile pour les élus l’identification des situations vécues et des besoins exprimés par les gens du milieu.Chacun des groupes a été en mesure de se positionner face à l’autre et à côté de lui.» Des tiraillements inévitables ont marqué les premières séances.«Au départ, il était inconcevable pour moi que les gens des arts ne se connaissent pas et ne se parlent pas.Maintenant, ils se rencontrent et ils échangent.Les gens VOIR PAGE H 3: COLLOQUE JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le «nouveau» Longueuil, autour de la station de métro.* i ir- «ïSIJssîisfi «o En >ï ¦ ¦ (0 3 a>£ Sv) Christian Barré Pierre Crépô Loly Darcel Lucio de Heusch Normand Hamel François Lamontagne Simon Ménard Claude Millette Normand Moffat Luce Pelletier Serge Roy SAMEDI, 15 SEPTEMBRE 14 h ; faites le parcours des vitrines de la rue du Roi au centre-ville de Sorel-Tracy.15h vernissage au Cabaret du Saint Cyrille.Cette exposition est organisée par le CENTRE D EXPOSITION CL kg) DES GOUVERNEURS 90, chemin des Patriotes, Sorel Tracy Tel (450) 780 5720 www.leceg com T ?4 DEVOIR.T E M H R I.E S A li T S E T LA VILLE COLLOQUE ïfUTE DE LA PAGE H 2 s entraident et vont même jusqu 'à réaliser des travaux en collégialité.j.?ns Ie Passé.les deux sociétés d histoire en présence sur le terrain étaient à couteaux tirés alors qu à présent, elles se rendent visite dans leurs locaux respectifs», laisse savoir Mme Sauve.La fierté et la suite des choses La municipalité de Longueuil créait la Société de développement des arts et de la culture (SODAC) il y a 10 ans afin de venir en aide aux artistes professionnels.«Nous étions vraiment des pionniers à l'époque.Même la Maison des arts à Laval est par la suite venue chercher notre expertise en la matière.C’est une des fiertés de la ville.Il y a aussi des organismes qu’on soutient vraiment, tels l’orchestre symphonique, le Théâtre de la Ville et les centres communautaires, qui ont la vocation de rassembler les gens et de les informer.Il est important que la population en général découvre qu’il y a de l’art un peu partout», dit la conseillère.A son avis, le processus de fusion en cours sur la Rive-Sud ne risque pas de mettre en péril les acquis actuels.Initialement la Loi 170 ne prévoyait pas que la nouvelle ville soit dotée d’un conseil des arts, mais la situation a été corrigée depuis.«La Commission est allée voir les villes autour pour obtenir leur appui et, par la suite, nous avons transmis notre demande au Comité de transition.Il est maintenant inclus dans la loi qu’il y aura un conseil des arts dans la grande ville.Je ne sais toutefois pas quelle forme prendra ce dernier», précise-t-elle, dans le contexte politique qui prévaut présentement Le colloque rassemble La tenue du colloque de l’association Les Arts et la ville à Longueuil est perçue comme un couronnement par Mme Sauvé, à la suite du travail effectué et des succès remportés par la Commission de la culture.«Pour tous nos artistes et pour tous les gens de la région, c’est un événement rassem-bleur dans le cadre de la fusion en devenir», ajoute-t-elle.En raison du caractère général du thème de cette année, Ville, culture et développement, la conseillère s’attend à une forte participation, d’autant plus que la manifestation se déroule dans un milieu à forte concentration urbaine.Tous les gens du Québec et de la Rive-Sud intéressés à la problématique culturelle dans les villes ont été conviés au rendez-vous.I ne entrevue avec Yannick Cîuin ARCHIVES LE DEVOIR La marina de Longueuil.Renaissance bretonne Une impulsion culturelle redonne le moral à la population de Nantes Une ville qui vit intensément la culture devient attrayante pour tous, y compris pour les décideurs économiques, prône la mairie de Nantes.Rencontre avec le chargé de la culture de la ville.JOHANNE LANDRY T orsque nous sommes arrivés ".L/à la mairie en 1989, raconte Yannick Guin, adjoint au maire de Nantes et chargé de la culture, nous nous trouvions devant une ville qui connaissait des reconversions industrielles importantes et dont l’état d’esprit était plutôt morose et dépressif.H fallait redonner confiance en l'innovation, la création et la jeunesse afin de permettre un nouveau départ axé sur le développement.C’est la raison pour laquelle nous avons mis la culture au premier rang de nos préoccupations.» Une question d’orientation, explique le magistrat Placer l’innovation en tête des préoccupations municipales veut dire investir, créer des lieux où les artistes peuvent s’exprimer et leur témoigner des signes de confiance.Théâtre, musique et musée Pour démontrer sa confiance en de jeunes institutions originales, la ville de Nantes a ouvert ses rues au Royal de Luxe, une troupe de théâtre qui essayait de percer à Toulouse sans y parvenir faute de support «Nous les avions déjà reçus, dit M.Guin, et nous avions reconnu leur talent.» L'administration municipale a aussi posé un geste de foi en René Martin, un Nantais qui a lancé l’événement La Folle journée, où 150 concerts d’orchestres symphoniques et de musique de chambre sont présentés durant trois jours dans les différentes salles de la Cité des congrès.«Une façon, commente Yannick Guin, de renouveler les méthodes d’approche de la culture et de rendre la musique classique accessible aux classes plus modestes.» Certains concerts, en effet, peuvent être entendus gratuitement dans une grande halle.Expositions et présentations sur l’histoire des musiciens accompagnent ces prestations.Un succès considérable, selon l’adjoint du maire.«Nous recevons des artistes locaux et internationaux et Tan dernier, nous avons vendu 70 000 billets pour cette manifestation.Ce savoir-faire est maintenant en train de s’exporter vers Lisbonne et même Moscou, qui ont invité René Martin à leur concevoir un événement qui ressemble à La Folle journée nantaise.» Outre une impulsion nouvelle insufflée aux grands établissements municipaux, au Musée des Beaux-Arts et au Muséum d’histoire naturelle, la mairie de Nantes rénove le Château des ducs de Bretagne, situé en plein cœur de la ville et propriété municipale, un projet culturel d’importance.«Le château, les murailles et les douves datent du XV' siècle avec, en leur enceinte, des bâtiments construits à l'époque de la Renaissance.Nous voulons qu’il devienne le musée de la société des environs de Nantes.Nous ferons en sorte que les gens de la région se reconnaissent dans ce qui sera la cristallisation de leur histoire.Car une telle attache avec le passé peut permettre d’envisager l’avenir sans crainte.» Les travaux de rénovation ont été entrepris il y a 12 ans, au début SOURCE VILLE DE NANTES Yannick Guin, adjoint au maire de Nantes et chargé de la culture.du mandat de la présente administration.La ville défraie 60 % des coûts alors que des partenaires, dont les autres paliers gouvernementaux, contribuent au reste.«Il a fallu refaire entièrement d’immenses façades Renaissance avec leurs sculptures», ajoute monsieur Guin.Selon l’échéancier, une pro mière partie du musée sera inaugurée en 2004 et le reste deux ans plus tard.«Actuellement, durant l’été, 200 000 personnes viennent visiter la cour du château, rapporte Yannick Guin.Une fois le musée inauguré, nous prévoyons que cette fréquentation doublera de volume.» Saint-Nazaire, la ville voisine, participe à la restauration du château.Alors que l’agglomération nantaise est de 500 000 âmes, M.Guin parle d’une métropole de 800 000 habitants qui pourrait voir le jour par une association avec Saint-Nazaire, une façon de gagner des galons sur la carte des grandes villes de l’Europe.Selon la ligne de pensée de la mairie de Nantes, patrimoine (.immobilier et intellectuel) et avant-gardisme ne s'opposent aucunement «Il faut que les générations présentes connaissent le theatre ou Ir peinture du passé, expose M.Guin.En même temps, il faut accorder notre confiance à la jeunesse et à ce qu elle est capable de créer avec sa sensibilité toute contemporaine.- Il s'agit d’une valeur directrice pour la République française, explique le chargé de la culture de Nantes: «Nous cherchons à former des citoyens éduqués, instruits et cultivés.Et la culture, c’est à la fois la connaissance de ce que les générations précédentes ont produit, et en même temps la participation et la curiosité pour les œuvres d’aujourd’hui.» L’attrait de la ville Depuis cette impulsion artistique et culturelle, Nantes devient attrayante, soutient Yannick Guin et il apporte pour exemple le cas de la Société des chemins de 1er qui.lorsqu'elle a decide de décentraliser ses services de reservation et de billetterie, a consulté les 1000 employés parisiens sur leur preference entre Toulouse, Rennes et Nantes.«Ils ont choisi Nantes, rapporte-t-il.Bien sûr la proximité de la mer et les activités sportives y sont pour quelque chose, mais ils ont cite la vie culturelle comme première raison de leur choix.» Située au sud de la Bretagne et à l’ouest de l’Europe, Nantes se trouvait décentrée et un peu en périphérie depuis l’ouverture vers les pays de l’Est, fait remarquer M.Guin.D’où l'importance d’etendre son rayonnement.lieu unique Si l'économie de la région s'appuie de plus en plus sur l'industrie tertiaire, celle des services, jusque dans les années 90, elle reposait surtout sur la construction navale, la métallurgie et le secteur agroalimentaire.La ville de Nantes est d’ailleurs la patrie des célèbres biscuits LU.«Nous avons justement récupéré /'ancienne usine de LU que nous avons appelé Le Lieu Unique.L'animateur Jean Biaise y montre aux Nantais les realisations contemporaines les plus intéres santés dans des domaines ct>mmc les arts plastiques, la danse, la musique ou la video.» Lors de sa presentation au colloque 1 es .Arts et la ville, Yannick Guin expliquera les orientations culturelles de Nantes, et notamment les liens entre patrimoine et avant-garde, ainsi que les nouveaux rapports avec le public qu'entraînent les investissements dans les musées ou dans les festivals.11 parlera également de l’importance du musée du Château des ducs de Bretagne.«Notre époque est en train de perdre ses repères historiques, déplore-t-il, et même ses repères en général.Sans eux.notre société moderne risque d'encourir de graves inconvénients.» ’mm La mairie de Nantes rénove le Château des ducs de Bretagne, situé en ville et propriété municipale, un projet culturel d’importance.SOURCE VILLE DE NANTES plein cœur de la soeur vie culturelle trifluvienne au cœur de notr CIRQUE DU SOLEIL APMAQ Amis et propriétaires de maisons anciennes du Québec 2050.rue Amherst Montréal (Qc) H2L 3L8 Téléphone : 514 528-8444 Télécopieur : 514 528-8686 Courriel : maisons.anciennes@sympatico.ca Pour tout renseignement, visitez notre site WEB à www.apmaq.ca.tc Dynamique et efficace, la Corporation de développement culturel de Trois-Rivières assume depuis sa création par la Ville de Trois-Rivières en 1997, la mise en oeuvre de la Politique culturelle, la gestion des équipements et des programmes culturels, le soutien et la concertation des intervenants culturels sur son territoire.La Corporation de développement culturel est maintenant reconnue comme un des chefs de file au sein de la communauté culturelle de Trois-Rivières, ville d’histoire et de culture.!*> TROIS RIVIERES Ville ^histoire culture I Tradition d'excellence, expression de la créativité et du dynamisme de nos gens, partenaires de notre développement.Drummondville, une force d'avenir.avec vous ! CORPOfiRTION Dé DéV€tOPP€M€NT CULTUREL D€ TROIS-RIVléfleS © Vilk de Drtimmnndvillc LF MINISTÈRE.DE LA CULTURE ET DES COMMUNICATIONS PARTENAIRE A# DES ARTS ET LA VILLE La ville qui mise sur la culture pour assurer sou développement gagne à tous les coups.iA** f Culture et Communications Québec mm « Organismes L E DEVOIR, L E S A M E I) I E T I> I M A N C II E R SEPTEMBRE > O O I JS ARTS ET LA VILLE Revitalisation des villes L’homme de toutes les intégrations A qui, pour qui et de qui est faite la culture dans les villes aujourd’hui Il y a déjà longtemps que Claude Jacquier s’intéresse au développement et à la revitalisation des villes.Chercheur au CNRS, responsable de 1988 à 1995 du programme de revitalisation des quartiers en crise associant 30 villes de l’Union européenne, il a aussi dirigé, de 1997 à 2001, un groupe d’experts du Conseil de l’Europe sur les politiques sociales innovatrices dans les villes.Depuis deux ans, il est également coresponsable du programme UGIS (Urban Governance, Social Inclusion and Sustainability) de l’Union sur le développement urbain.Il trouve aussi le temps d’enseigner à l’Institut d’études politiques de Grenoble, à l’Institut d’urbanisme de Lyon, à l’Institut d’études politiques de Paris et à l’Université catholique de Louvain la Neuve.Il a répondu à nos questions avec une exceptionnelle générosité.mm REUTERS Le carnaval de Nottinghill, à Londres, un quartier pauvre habité par des immigrants originaires des Antilles ou d’Afrique.Un exemple de métissage des cultures qui marie les approches académiques de la culture et de l’art et les pratiques plus contemporaines, ou non normalisées, portées par diverses catégories sociales ou groupes d’origines diverses.PROPOS RECUEILLIS PAR MICHEL BELAI R Le Devoir: Claude Jacquier, vous réfléchissez à la question depuis longtemps: Jusqu’à quel point «l’Art urbain» est-il vraiment une solution lorsqu’on évoque la revitalisation des quartiers en crise dans les grandes métropoles?Claude Jacquier: Dans le cadre des stratégies de revitalisation des Quartiers en crise, la notion d’art urbain doit être considérée dans une acception large, à savoir toutes les formes d’art, académiques, traditionnelles, contemporaines, en liaison avec les pratiques de vie quotidienne urbaine, ü’s collectivités locales s’intéressent à l’art et à la culture de deux manières: soit il s’agit de l’art et de la culture dans leurs dimensions «spectaculaires» (grands équipements et grandes manifestations visant un grand public); soit il s’agit de l’art et de la culture dans leurs dimensions académiques et patrimoniales au sens classique du terme (musées, théâtres, monuments) qui s’adressent à un public averti, plutôt intellectuel.Approche ethno-culturelles Nous connaissons bien cette approche «grands monuments, grands événements»; s’applique-t-elle partout?Généralement, les pays «riches» consacrent une part importante de leurs budgets à ces activités (parfois jusqu’à 30%) qui ne concernent qu’un public restreint.Certains ont même parlé, à ce propos, d’une forme de redistribution et de solidarité à l’envers, des pauvres vers les riches ou plutôt des classes populaires vers les classes moyennes supérieures.Mais cela est en train de changer.Depuis quelques années, surtout en Europe, certaines collectivités locales ont pris conscience de cette dérive et ont décidé d’y porter remède afin aussi de légitimer des dépenses qui ont du mal à être justifiées politiquement.On a vu ainsi se développer la dimension instrumentale de l’art et de la culture, pour recréer du lien, voire de la cohésion sociale dans des villes et des quartiers qui ont perdu le sens du «bien commun» et du «vivre ensemble».C’est ainsi que se sont mises en place des approches plus ethno-artistiques ou ethno-culturelles qui essaient de construire des processus d’intégration des populations issues de l’immigration (par exemple en France, l’intégration dans le modèle républicain «à la française»).Certains programmes ont mis en évidence la question multiculturelle et le métissage des cultures qui marient les approches académiques de la culture et de l’art et les pratiques plus contemporaines, ou non normalisées, portées par diverses catégories sociales ou groupes d’origines diverses.On en a un cas type dans l’agglomération lyonnaise avec la biennale organisée par les quartiers les plus défavorisés elle Conservatoire national de la danse (danse classique, danse moderne) qui fait se rencontrer l'ensemble de ces pratiques en un long défilé de plusieurs kilomètres de danseurs dans l’agglomération.On retrouve un peu la même chose à Londres pour le carnaval de Nottinghill, un quartier pauvre habité par des immigrants originaires des Antilles ou d’Afrique.Je pourrais aussi vous donner l’exemple du Musée dauphinois de Grenoble, consacré jusqu ’à présent aux traditions dauphinoises, qui a organisé plusieurs manifestations et expositions sur les immigrations successives à Grenoble (arménienne, italienne, algérienne).On s'intéresse ainsi de plus en plus à ceux qui ont construit «physiquement» et «intellectuellement» ce que l’on appelle des «œuvres» ou le «patrimoine».Par exemple, les ouvriers du bâtiment, souvent immigrés, qui ont construit la ville au cours de la grande période d'urbanisation alors qu'ils étaient logés dans des bidon- villes et des taudis.En bref, on s’oriente vers une redécouverte et une valorisation de l’ensemble du capital social et culturel des territoires urbains et bien sûr, des populations.Tout cela correspond à une sorte de redécouverte de la diversité des territoires et des populations, de la complexité de leurs arrangements, non pas parce qu’il y a une obligation politique et morale à le faire, mais parce qu’il y a là, une ressource essentielle à valoriser.Gouvernance urbaine On associe aussi votre nom au concept de «gouvernance urbaine», vous pourriez nous en parler un peu plus?Le concept de «gouvernance urbaine» est beaucoup utilisé dans tous les pays depuis quelques années et sous de multiples acceptions.Appliquée à la ville, la notion de gouvernance englobe la notion d’administration municipale.Il s’agit en fait d’élargir le champ du gouvernement, limité à la sphère d’action des services publics et des organismes qui en dépendent étroitement, à une régulation de la multiplicité des acteurs et des partenaires (publics et privés, personnes physiques et personnes morales, secteurs marchands et non marchands) qui concourent à faire fonctionner une ville.Ce nouveau type de régulation s’impose avec le cours que prend le développement des villes.Il faut dé- \ sonnais prendre en compte la complexité de la réalité urbaine afin de pouvoir produire des biens et surtout des services appropriés.On est entré dans des logiques de copro- j duction entre différents producteurs de biens et de services, mais aussi coproduction entre producteurs et consommateurs.Tenir compte de tout cela suppose que l’on puisse réguler une multiplicité d’acteurs.L’administration municipale peut participer à la gouvernance, elle peut y tenir un rôle éminent, mais elle ne peut prétendre à elle seule la maîtriser.En retour, le développement des formes de gouvernance signifie une modification de l’administration municipale et des fonctions prises en charge parses agents.De nouvelles organisations sont nécessaires et de nouveaux métiers apparaissent, qui privilégient moins la spécialité que la transversalité des compétences: métiers de l’interface, de la médiation, etc.Pour faire bref la gouvernance serait la régulation des interfaces.Ainsi, les politiques de revitalisation des quartiers ou les approches intégrées de développement urbain sont des politiques qui, par-delà leur action vis-à-vis des populations et des territoires en crise, ont pour ambition de bousculer les organisations en place et de construire de nouvelles formes de gouvernance urbaine.Claude Jacquier interviendra au colloque Les Arts et la ville dans un des ateliers de l’après-midi du jeudi 13 septembre.Le titre de l’exposé: «La culture dans les villes aujourd’hui: la culture de qui?Pour qui?» Expériences urbaines Revitalisation des quartiers en crise La dimension artistique et culturelle est partie intégrante des programmes de développement communautaire des villes Les expériences européennes se comparent-elles à ce qui se passe en Amérique et en Afrique?Quels sont les points communs?Les différences majeures?Claude Jacquier, qui a présidé le groupe d’action «V illes européennes en mutation et gérance urbaine», nous fait part de ses réflexions.MICHEL BÉLAIR LE DEVOIR Il est toujours difficile de comparer des expériences de développement urbain implantées dans des pays, voire des continents différents.Mais Claude Jacquier est un observateur privilégié.Depuis déjà près d’une quinzaine d’années, il effectue des missions d’évaluation et de conseil dans le secteur de la «politique de la ville».Sa ¦riche expérience lui a permis de constater de visu ce qui se passait un peu partout à travers le monde.La tradition européenne Notre interlocuteur s'empresse d'abord de préciser que la situation en Europe est loin d'être homogène.En France par exemple, dès le début des années 80, on a utilisé l'art et la culture dans les stratégies de revitalisation des quartiers en crise.Cette spécificité française, comme le précise M.Jacquier, a plusieurs origines et tient à une certaine tradition de présence culturelle et artistique dans les politiques d’aménagement «Elle est surtout liée à l’importance qu'a eu la politique culturelle du gouvernement central dans les années 60 et au mouvement de décentralisation culturelle qui a considérablement renforcé le rôle des collectivités locales à cette époque.» Mais il y a aussi une forte tradition d’éducation populaire en France et on y retrouve partout la volonté d'utiliser l'art et la culture dans la construction de ce que Claude Jacquier appelle «les sociabilités et la citoyenneté active».«Tous les contrats de ville, par exemple, ces contrats passés entre l’État et les agglomérations, et destinés à maîtriser les mécanismes de fragmentation des villes, présentent un volet culturel à côté des volets restau- Ia situation en Europe est loin d'être homogène CE CAHIER S fE C I AL Responsable NORMAND THERIAULT iithrriaullalftlf'voir.ra 2050.rue de Bleurv.9* eta^o, Montreal (Quêber) H3A 3M9.Tel.: (51 I) 985 5555 redactionoledevoir.coni F A 1 S CE QUE D 0 1 S ration physique des quartiers, emploi, éducation, prévention de la délinquance, santé.Ainsi, 247 contrats ont été signés pour la période 2000-2006 avec toutes les grandes agglomérations.Depuis, la plupart des pays européens ont développé des approches similaires dans leurs programmes de revitalisation, surtout dans les pays qui avaient un empire colonial (France, Pays-Bas, Royaume-Uni) et qui ont fait appel, bien avant les autres, à l’immigration.» Par contre, on retrouve en Europe d’autres spécificités tout aussi bien identifiées, comme les approches moins étatiques et plus portées par les communautés de base des pays anglo-saxons.Les programmes urbains qu’on y développe sont habituellement plus ouverts à l’expression des communautés de différentes origines ethniques.Londres en est un exemple notable.Traditions nationales et métissage En Europe du Sud par ailleurs, on se montre plus proche des traditions nationales puisque les solidarités de base sont encore très largement inscrites dans les organisations confessionnelles.«La situation, explique toutefois Claude Jacquier, est en train d'évoluer rapidement dans ces pays compte tenu du fait que, pour la première fois de leur histoire, depuis une dizaine d'années, le Portugal mis à part, l’Espagne.l’Italie et la Grèce sont en train de découvrir l’immigration extra-européenne.» Il ne faut pas non plus oublier l'Allemagne, qui a commencé à reconnaître la valeur artistique et culturelle des expressions de la communauté turque présente sur son territoire depuis plusieurs générations.Et les pays Scandinaves, qui ont fortement accueilli les immigrés non européens depuis une quinzaine d'années et qui mettent aussi en œuvre des politiques culturelles ouvertes sur ces collectivité* Claude Jacquier parle aussi d’un autre type de «révélateur», celui des pratiques sportives-spectacles (le football, bien sûr).«Il est intéressant d’étudier la composition des équipes nationales des pays compétiteurs européens à la dernière Coupe du monde de football en 1998 ou au dernier championnat d’Europe en 2000.Trois pays seulement avaient des équipes métissées (la France, les Pays-Bas et le Royaume-Uni) et avec quel succès.Depuis, les autres pays s’y sont mis, recrutant et naturalisant des footballeurs étrangers, non européens, y compris dans les pays où cette naturalisation était difficile à obtenir, comme en Allemagne.La France est certainement le pays qui avait l’équipe mélangeant la plus grande diversité des origines: l’équipe Bleu, Blanc, Rouge est devenue l’équipe Black, Blanc, Beur.Cette équipe était portée par les quartiers en- crise et a contribué à construire une sorte de nouvelle identité française.» La dimension communautaire américaine En Amérique, et plus précisément aux Etats-Unis, on ne sera pas surpris de retrouver une dimension communautaire de caractère ethnique.«Que la communauté soit noire — afro-américaine, comme on le dit maintenant — hispanique, asiatique ou encore, si on remonte dans l'histoire, irlandaise, polonaise, italienne ou yiddish, la dimension artistique et culturelle est partie intégrante de tous les programmes de développement communautaire dans les villes.Mais il faut bien remarquer que, dans tous ces cas, ce n’est pas l’Etat ou les collectivités locales qui en sont les maîtres d'œuvre, mais bien les communautés de base.Souvent il ne s'agit pas non plus d’une stratégie politique, mais bien de l'expression d'une lutte entre ces groupes, une manifestation de la violence de l’exploitation, de leur volonté farouche de se faire une place dans la société d’accueil.Toutes les formes d’expression sont alors possibles.» Les stratégies de dévelqppe-ment communautaire aux Etats-Unis mettent donc elles aussi, mais différemment, l’accent sur la dimension artistique et culturelle.Elles l’utilisent, conclut notre spécialiste, «pour construire un référentiel identitaire, vecteur indispensable du développement économique et social des territoires considérés».La problématique africaine En Afrique, la problématique est très largement différente, souligne encore Claude Jacquier, principalement à cause de la place qu’occupent les différentes formes d’art et d’expression culturelle dans l’organisation politique et la régulation des sociétés locales.«La place des griots dans la société traditionnelle est par exemple toujours aussi essentielle.Dans les villes, l’art et la culture ont aussi fait l’objet d’une intégration dans les réseaux d'échanges et dans les circuits commerciaux.Ils ont été instrumentalisés d’une autre manière, notamment avec le boom mondial des arts et des musiques africaines, qui constitue un moyen d’accès aux ressources monétaires externes.L’art et la culture apparaissent comme une possibilité d'accès à la manne financière internationale et permettent ainsi de drainer des ressources vers les quartiers en crise.D’une certaine manière les stratégies de revitalisation, ou les stratégies de développement des quartiers, doivent faire plus d’efforts que dans les autres pays évoqués ci-dessus afin de faire jouer un rôle à l'art et à la culture.» Il est vrai aussi que les enjeux de développement ne se posent pas dans les mêmes termes sur le continent africain que dans les pays riches du nord.Il faut y faire face à la très grande précarité du quotidien sur l’ensemble du territoire et encore plus, souvent dans les zones urbaines des agglomérations.Une coalition originale Artistes et élus municipaux Les Arts et la Ville tiendra son colloque cette année à Longueuil les 12, 13 et 14 septembre prochains.Au programme, à coup sûr les institutions culturelles, mais aussi un débat sur la relation entre le faire culturel et l’état de pauvreté dans les zones urbaines.LE DEVOIR Les Arts et la Ville existe depuis 1987 et réunit le milieu des arts et celui des villes dans le but de promouvoir et protéger la vitalité culturelle et artistique au niveau local.Il s’agit, en fait, d'une coalition d’élus et de représentants municipaux, d’artistes et de partenaires culturels qui observent les états de situation sur les tendances et les pratiques en matière d’art et de culture au sein des municipalités.Son conseil d’administration réunit des leaders politiques et des personnalités artistiques connues.Vingt-cinq personnes en sont membres et la diva Natalie Choquette et le comédien Raymond Cloutier en sont les porte-parole du milieu des arts.Ils y sont présents aux côtés d’élus municipaux dont Lynda Cloutier, membre du Comité exécutif de la ville de Québec, Jean Perrault, maire de la ville de Sher-b r o o k e , Marc Croteau, maire de la ville d’Âylmer et Gérald Lévesque; maire de la ville de Rouyn-Noranda.D’autres personnalités dont Pierre Brunet coprésident et cochef de la direction de La Financière Barque nationale, homme bien connu dans le domaine du mécénat des arts, y sont également impliquées.Par son action, Les Arts et la Ville désire contribuer à la démocratie culturelle au sein des villes et municipalités.Elle fait la promotion des politiques culturelles locales, encourage la création et la diffusion de l’art dans les municipalités, favorise la mise en commun des initiatives et des ressources, ainsi que le partage des savoirs et des pratiques entre les membres de la coalition.Ville, culture et développement Voilà pourquoi Les Arts et la Ville organise aussi chaque année un important colloque de réflexion et d’échange.Ville, culture et développement sera le thème de cette édition 2001.On y parlera des différentes formes de partenariat qui existent entre les municipalités et leurs citoyens, principalement artistes et gens d’affaires, et qui favorisent le développement des arts et de la culture dans chaque localité.Il y sera question aussi des infrastructures culturelles, principalement les bibliothèques et les musées, et de la place stratégique qu’elles occupent maintenant dans les villes.La préoccupation du développement des publics sera également discutée, mais cette fois du point de vue du rôle que peut y jouer la municipalité.Et bien sûr, les fusions municipales ne seront pas oubliées.Quel sera leur impact sur la vie culturelle locale?Du 12 au 14 septembre La ville de Longueuil sera l’hôte de l’événement les 12, 13 et 14 septembre prochains et plusieurs partenaires se sont joints aux efforts de Les Arts et la Ville et de la ville de Longueuil en vue d’assurer le succès de ce IA' colloque annuel.Le ministère de la Culture et des Communications du Québec, Pratt & Whitney Canada et La Grande Bibliothèque du Québec sont du nombre.«Les formules varieront cette année, nous confirme Sylvie Cameron, directrice générale de Les Arts et la Ville depuis 1996.En plus des conférences en plénière, plusieurs ateliers seront offerts.Cela permet ainsi à l'association d’élargir l’offre des sujets.» Un phénomène nouveau à cette édition 2001, la culture sera associée à la pauvreté.La culture dans les villes d'aujourd'hui, y demande-t-on, la culture de qui?pour qui?Les Arts et la Ville désire contribuer à la démocratie culturelle au sein des villes et des municipalités LE DEVOIR.LES SAMEDI 8 ET D I M A \ ( Il E !l S E 1“ T I M R K E 2 O O I .ES ARTS ET LA VILLE Une entrevue avec lise Bissonnette Culture et information au coeur de la ville Les bibliothèques publiques sont devenues des acteurs majeurs de la nouvelle économie tn***- Maquette de la future Grande Bibliothèque du Québec.m* Terminée l’époque des livres assignés sur les tablettes en attente d’être empruntés, lieu de rencontre, d’apprentissage et de diffusion de la culture comme du savoir, la bibliothèque publique des années 2000 bat au rythme de la vie urbaine et des gens qui la fréquentent.Une transformation déjà bien sentie dans differents endroits de par le monde et susceptible de dépoussiérer la vision passéiste qu’entretiennent bon nombre de Québécois sur la question, affirme, convaincue, la présidente-directrice générale de la Grande Bibliothèque du Québec, Lise Bissonnette.Coup d’œil sur une bibliothèque en devenir.GUY LAINE BOUCHER , TD our plusieurs personnes, les bibliothèques sont " 1 presque des greniers où les litres s’empilent en attendant d’être empruntés et c’est irai même dans les milieux culturels et intellectuels.Pourtant, que ce soit aux Etats-Unis, en France ou au Canada, il n’y a pas une place dans le monde où l’ouverture d’une nouvelle bibliothèque publique n’a pas été un succès.C’est à mon sens très significatif.D’ailleurs, à chaque fois que j’aborde la question, les gens sont sidérés de voir ce que ces institutions sont devenues.» Celle qui parle connaît son sujet Depuis qu’elle a quitté Le Devoir, il y a plus de deux ans maintenant Lise Bissonnette travaille à mettre sur pied la future Grande Bibliothèque du Québec.Elle s’est ainsi donné le mandat d’informer sur les raisons profondes d’une telle initiative.Des services éclatés D faut dire que, depuis cinq ou même dix ans, les bibliothèques publiques ont connu une véritable révolution.Ainsi, si le prêt de livres et de documents reste toujours le fondement de leurs activités, elles offrent aussi une série d’autres services aux citoyens.A titre d’exemple, il n’est pas rare que l’on y retrouve de petits centres de conférence capables d’accueillir différentes activités culturelles, de la simple visite d’écrivain à des événements ou rencontres culturels plus élaborés.Des services qui connaissent une telle popularité qu’à titre d’exemple, la British Library de Londres en est déjà à rénover ses espaces de conférence cinq ans à peine après leur inauguration.Même scénario du côté des salles d’exposition intégrées aux nouvelles bibliothèques.Conçues pour mettre en valeur les documents de toute nature — estampes, livres ÉRIC ST-PIERRE LE DEVOIR Lise Bissonnette, la présidente-directrice générale de la Grande Bibliothèque du Québec.rares, etc.— elles attirent, elles aussi, l’intérêt d’un nombre important de personnes, que ce soit volontairement ou au hasard de leurs visites.Points de rencontre de plus en plus fréquentés, les bibliothèques sont aussi devenues, selon Lise Bissonnette, de véritables lieux d’information publique, comblant par le fait même un espace laissé vacant jusqu’à présent «Nous ne sommes plus dans les sociétés d’autrefois où les citoyens acceptaient passivement les décisions.Ils cherchent de la documentation, des références.Ils veulent de plus en plus d’information.Le problème, c’est qu’il n’existe pas de lieu unique où l’on peut avoir accès à tout ça.La bibliothèque publique joue ce rôle-là.En fiait, non seulement on peut y trouver toute l’information publique que l’on désire, mais on peut aussi compter sur un personnel spécialisé pour nous aider à le foire.» Si la population en général est susceptible de trouver un nouvel allié dans sa quête d’information à travers les nouvelles bibliothèques publiques, l’affirmation est encore plus vraie pour les travailleurs autonomes.De fait selon la présidente-directrice générale de la Grande Bibliothèque du Québec, ces dernières «sont littéralement envahies par les travailleurs autonomes et les propriétaires de petites entreprises venus y chercher des outils de référence et profiter des services spécifiquement développés pour eux».De quoi, ajoute-t-elle, «aider au développement économique d’une ville».Confirmation du rôle de plus en plus actif des bibliothèques, bon nombre d’entre elles accordent aussi une grande importance à l’accessibilité de la population aux nouvelles technologies.Formation à l'utilisation d’Internet aide à la recherche, partage de bases de données, les services sont légion et c’est sans parler de la vocation patrimoniale que bon nombre de bibliothèques publiques nouveau genre ont aussi endossée.Autant de fonctions que «l’on n’imaginait pas pour les bibliothèques il y a à peine 10 ans», aime à rappeler lise Bissonnette.Ancrée dans la communauté Si les changements orchestrés dans les services offerts sont considérables, le lien unissant les bibliothèques à la communauté où elles s’enracinent est lui aussi très différent les expériences menées ailleurs, notamment à Chalon en France, démontrent effectivement que l’ouverture des bibliothèques transforme le tissu social environnant.«Installées dans le centre des villes, les bibliothèques ont un impact considérable sur les quartiers.Elles transforment les lieux et le rapport des citoyens non seulement à la culture, mais aussi à l’information.On est loin de la bibliothèque traditionnelle où l’on entrait emprunter un livre avant de ressortir aussitôt.Les gens s’y donnent rendez-vous, y passent des heures, voire des journées entières.De jour en jour, le nombre d’inscrits augmente.C’est un instrument de démocratisation de la culture extraordinaire.» Une démocratisation que lise Bissonnette refuse d'ailleurs de voir limitée au territoire immédiat de la bibliothèque elle-même.C’est qu'à son avis, petites, moyennes ou grandes, les bibliothèques forment un réseau capable de rayonner à la grandeur de la province ou du pays, voire même de la planète entière.A l’échelle québécoise, le rayonnement sera notamment |X)ssible via le réseau électronique liant les différentes bibliothèques publiques existantes.«Une institution comme la Grande Bibliothèque disposera d’une infrastructure électronique pas possible.C’est ce qui fera en sorte que, même si l’on est à Scpt-ÎIes et que l’on souhaite consulter un ouvrage uniquement disponible à la bibliothèque nationale, on pourra le foire numériser et l’obtenir quelques jours plus tard par Internet.1rs possibilités sont infinies.» Reste à voir si la population, elle, saura profiter de ces possibilités.Optimiste, la présidente-directrice générale de la Grande Bibliothèque croit que le phénomène fera rapidement boule de neige.«Personne ne manifeste dans la rue pour avoir une bibliothèque publique.L’engouement pour le service n ’est pas de cette nature.Par contre, l'histoire montre que les bonnes bibliothèques sont très fréquentées et que l’achalandage ne cesse de croître.Parce qu’elles deviennent des institutions où l’on peut avoir différents services, les bibliothèques ne sont plus des édifices rébarbatifs.1rs gens y entrent pour des raisons fonctionnelles, s’y rassemblent et il faut en profiter pour leur donner accès à de nouveaux univers et créer du même coup de nouveaux lieux citoyens.» ma vie une ville cl'art et d’bistoire Longueuil Une commission de la culture Une société de développement des arts et de la culture Des lieux de diffusion culturelle Des artistes, des artisans, des créateurs et des organismes partenaires .et un millier d'activités palpitantes pour tous ! sur le développement Québec Québec ( IIC‘I )0( Ministorr po I* (ulluif ¦t CommiMiK.ilforv LONGUEUIL www.ville.longueuil.qc.ca LE DEVOIR.LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 SEPTEMBRE 2001 LES ARTS VILLE Musée de la Nature et des Sciences de Sherbrooke Une entrevue avec Raymond Cloutier D’une pierre deux coups Une usine désaffectée donne une seconde vie à un musée de séminaire Lorsque la ville de Sherbrooke fêtera son 200' anniversaire l’an prochain, elle pourra s’enorgueillir d’avoir réglé deux problèmes épineux: la relocalisation du Musée du Séminaire — rebaptisé le Musée de la Nature et des Sciences — et la remise à neuf d’une vaste bâtisse abandonnée qui défigurait le cœur de la municipalité.Phénomène peut-être unique en Amérique du Nord, le nouveau musée partagera l’occupation de l’immeuble avec une résidence pour personnes âgées.Double revitalisation.réussie! DENIS LORD Passionné de collection, de sciences et d’enseignement, l’abbé Léon Marcotte a été le premier conservateur du Musée du Séminaire, fondé en 1879, En 1973, le Musée s’incorporait et se laïcisait.La corporation présentait alors deux espaces muséaux distincts, le Musée de la Tour, sis au 195 rue Marquette, et le Centre d’exposition I-éon Marcotte, consacré à des expositions thématiques scientifiques, situé au 222 rue Frontenac.C’est ce dernier espace qui déménagera ses pénates.Au fil des ans, le Musée a fait l’acquisition de près de 110 000 objets: des animaux naturalisés, mais aussi des peintures, des sculptures en ivoire, des pièces de monnaie, des meubles, etc.Malgré des moyens modestes, selon le directeur de la Corporation du Musée du Séminaire de Sherbrooke, Yves Lauzière, l’institution a acquis la réputation d’être un des plus grands concepteurs d’expositions en sciences naturelles au Canada.Quinze d’entre elles circulent actuellement au pays.Cependant, l’institution ne répondait plus depuis un temps déjà aux impératifs de conservation de ses collections (température, éclairage, etc.), et à la nécessité d’augmenter sa clientèle.«Dès 1991, de dire M.Lauzière, nous avions l’idée de nous installer ailleurs.» À l’abandon À quelques portes du Centre d’exposition Léon Marcotte, au 225 Frontenac, se trouve l’usine Kayser, construite au début du siècle.D’une superficie d’environ 14 000 m2, l’édifice surplombe la rivière Magog, en plein cœur du centre-ville de Sherbrooke.Fabricant de sous-vêtements et de gants pour dame, Kayser a déjà employé plus de 1000 personnes.«A Sherbrooke, tout le monde a quelqu 'un dans sa famille qui a travaillé à Kayser», de dire M.Lauzière.C’est d’ailleurs le cas de la mère du maire.Seulement voilà, l’édifice est abandonné depuis près de 15 ans.et, avec ses graffitis et ses squatters, il fait l’objet de l’opprobre des citoyens.Une caricature d’un journal local espérait qu’une bombe destinée à Beyrouth s’y égare; selon le maire de Sherbrooke, Jean Perrault, en 1994, le président de la Chambre de commerce disait qu’on devrait dynamiter la bâtisse.L’usine Kayser et l’espace quelle occupe a aussi fait l’objet de différents projets: du centre d’achats à divers concepts résidentiels, dont des lofts.Mais tous ont avorté et c’est le Centre d’exposition Léon Marcotte qui va s’installer à Kayser.«Ça a pris six ans d'énergie à un haut niveau pour réaliser ce projet», d’affirmer M.Perrault maire de Sher- brooke, qui fait état du scepticisme de la population et même de membres du Conseil.«Je croyais à l’apport du secteur culturel dans le développement du centre-ville.Mais le Musée ne pouvait occuper l’ensemble de l'usine.Il a été question pendant un temps d’y intégrer la faculté d’administration de l’Université de Sherbrooke mais finalement, après de longues discussions, nous nous sommes entendus avec le Groupe Savoie, qui possède des résidences pour personnes âgées un peu partout au Québec.» Pour le maire de Sherbrooke, il s’agit d’une importante opération de sauvetage puisque le Musée, tout comme l’usine, font partie du patrimoine de la ville.Un concept mixte D’après le directeur de la corporation du Musée, Yves Lauzière, il aura coûté près de 8M $ pour remettre à neuf l’usine Kayser et respecter son esthétique originelle.Divers paliers de gouvernement fédéral, provinciaul et municipal ont collaboré.Il reste encore 1 million à aller chercher auprès du privé.«Il serait impensable de construire un tel édifice aujourd'hui.C’est tellement solide que ça va être encore là dans 100 ou dans 200 ans.Le Musée de la Nature et des Sciences occupera le tiers de l’usine, soit environ 5000 m2 sur cinq niveaux.Nous avons achevé la première phase des travaux, les constructions structurales, l’isolation, les planchers, et nous sommes en appel d’offres pour l’aménagement des espaces muséaux, le chauffage, les systèmes de sécurité et la climatisation.» Le Musée emploiera entre 25 et 30 personnes.Quant à la résidence pour personnes âgées, baptisée le Manoir du Musée, elle est constituée de 200 unités de logement Leur taux d’occupation est actuellement de 80 %.Faut-il en rire ou en pleurer quelques-unes des personnes qui y habitent travaillaient autrefois à l’usine Kayser.La ville a investi près de 500 000 $ pour aménager la rue, poser de nouveaux lampadaires et enfouir les lignes téléphoniques.En face, de l’autre côté de la rivière Magog, l’usine de caoutchouc American Billtrite a aussi investi pour embellir ses aménagements et réduire son niveau de pollution sonore.La nouvelle vocation de l’usine Kayser s’inscrit dans une perspective de revalorisation du patrimoine architectural et de revitalisation du centre-ville.Par exemple, la ville a fait l’acquisition de l’ancien palais de justice, construit en 1906; l’ancien bureau de poste, datant d’environ 1885, est devenu le siège de la Société d’histoire de Sherbrooke et grâce à l’apport de l’avocat Louis [.agacé, le Théâtre Granada est ressuscité.Dans le même quadrilatère, le Musée des Beaux-Arts de Sherbrooke loge dans une ancienne banque érigée vers 1875.La culture demeure en reste dans les villes Penser une boîte à outils commune aux élus, aux fonctionnaires et aux artistes Raymond Cloutier a une âme de pionnier.Il fut un animateur du Grand Cirque ordinaire.Il est aujourd’hui membre très actif de l’Union des artistes, tout comme de l’association Les Arts et la ville.Il doute toutefois que l’art et la culture soient des préoccupations urbaines.Sa première proposition: des troupes de théâtre permanentes en région.RÉGINALD HARVEY Le Grand Cirque ordinaire, sous l’égide du Théâtre populaire du Québec, a frappé à la porte des villes pour convier les populations de ces milieux urbains à une grande fête culturelle et sociale au début des années 1970.Des populations ont alors accepté de parader avec la fanfare de la troupe, se sont exprimées par son entremise et ont applaudi à ses perfor-mances.Dans un contexte propice, les communautés locales ont répondu avec entrain à l’appel de saltimbanques qui les ont rendues complices de leur art.Un mariage pour un temps réussi entre la culture et les lieux de vie.Raymond Cloutier était l’un de ces jeunes artistes enthousiastes du Grand Cirque qui a promené son inventive et communicative folie au cœur de l’existence des gens.Aujourd’hui, en des temps durant lesquels le spectacle des arts de la scène a pris un tournant plus industriel, le comédien n’en poursuit pas moins son engagement social.Entre autres, il est maintenant devenu vice-président de l’association Les Arts et la ville.A ce titre, il se montre réaliste et constate qu’il reste bien du chemin à parcourir pour faire en sorte que la culture se taille une place raisonnable, si- Raymond Cloutier est devenu vice-président de l’association Les Arts et la ville non enviable, dans le vécu quotidien des citoyens des municipalités.Invité à identifier des caractéristiques culturelles urbaines propres au Québec, le délégué de l’Union des artistes auprès de l’association s’avoue quelque peu déstabilisé par la question: «Je ne suis pas du genre à me péter les bretelles en ce moment.Je suis très inquiet au sujet de la situation actuelle et je trouve que ça ne tourne pas rond.À peu près 45 % de la population québécoise est desservie par une politique culturelle de niveau municipal.Cette politique ne veut pas dire pour autant qu’il se passe de quoi.» Il reconnaît qu’il s’agit là d’un bon outil mais émet de sérieuses réserves sur l’état réel de la situation en plusieurs endroits.«Je suis toujours étonné de constater qu’il existe dans une localité plus ou moins grosse un aréna financé par la municipalité et que la patinoire est toujours prête pour l’hiver; en plus, il y a un terrain de baseball.Les sportifs du coin, dont l’équipe de hockey, prennent l’autobus pour se rendre jouer ailleurs.Dans le cas de ces amateurs, il apparaît tout à fait normal que ces services soient gratuits.On vote les budgets et personne ne conteste ces décisions.Par contre, pour l’esprit il n’y a rien, il faut se battre constamment.Il y a des villes où des troupes locales doivent payer le même montant que Daniel Lemire JACQUES NADEAU LE DEVOIR Raymond Cloutier pour la location d’une salle municipale.C’est aberrant! On ne ferait pas cela dans d’autres domaines, dont celui du sport.» Des troupes professionnelles de théâtre en région Raymond Cloutier a récemment brassé la cage du théâtre montréalais quand il a dit haut et fort qu’il existait un problème de surproduction sur les scènes de la métropole.Il plaide maintenant en faveur de l’adoption d’qne directive du ministère de l’Éducation, qui ferait en sorte que les élèves du primaire et du secondaire soient tenus de fréquenter de deux à quatre spectacles des arts de la scène à chaque année.«Dans ces conditions, vous seriez obligés de créer cinq ou six troupes permanentes en région au Québec pour servir les écoles en priorité et, le soir venu, le grand public», évalue le comédien.A titre d’ex-directeur du Conservatoire d’art dramatique, il constate qu’au moins les deux-tiers des talents en théâtre proviennent de l’extérieur de Montréal.«Par conséquent, tout cela n’est pas une illusion d’optique.Il suffit simplement de penser que ces troupes-là sont aussi importantes que la ligue junior AA ou que je ne sais trop quoi.C’est même bien plus important pour l’identité nationale dont on parle tant.On ne se situe pas que dans le passé, on est ce qu’on va créer», croit-il.Une boîte à outils Le colloque tenu par Les Arts et la ville sert à provoquer une réflexion des politiciens sur la problématique de la culture et à les sensibiliser au financement de projets.L’environnement, l’urbanisme, l’architecture font aussi partie du discours de l’association.«C’est à force d’enfoncer le clou que des boulevards Taschereau et Labelle, on va en avoir moins.Les gens vont arrêter d’ajouter l’horreur à l’horreur tout le temps.On se retrouve dans de tels environnements inhumains juste parce qu’on a obéi à la loi du marché et du commerce.On a crée des enfers environnementaux invivables», s’indigne le vice-président Cette année, les lieux citoyens retiendront l’attention.«On essaie d’offrir une boîte à outils aux municipalités, aux fonctionnaires locaux, aux élus et ata artistes aussi.On fait en sorte que tout ce monde-là échange et passe à l’action sur le terrain.Beaucoup de ces personnes sont fascinées par les histoires de réussite vécues par certaines villes.Visiblement, il y a une qualité de vie qui vient avec la préoccupation culturelle», soutient-il.Raymond Cloutier conclut de la sorte: «Les Arts et la ville sont là pour pousser là-dessus et pour en arriver à un monde idéal qu’on n’atteindra jamais, mais enfin on va tout de même y travailler.» SOURCE MUSÉE DE LA NATURE ET DES SCIENCES Le Musée de la Nature et des Sciences sera relocalisé dans une partie de l’ancienne usine Kayser, cjui abrite également une résidence pour personnes âgées, baptisée le Manoir du Musée.Elle est constituée de 200 unités de logement.DEMAIN, PROPULSE PAR PRATT & WHITNEY CANADA Pour répondre aux besoins de demain, il faut pouvoir atteindre nos objectifs aujourd'hui, faire preuve d'avant-gardisme et anticiper les solutions.C'est pourquoi Pratt & Whitney Canada est l'un des plus importants investisseurs en recherche et développement axés sur l'aviation.Allouer les ressources nécessaires à la création de moteurs qui dépassent nos critères inégalés de fiabilité.propulser l'efficacité de notre réseau international vers de nouveaux sommets.et par-dessus tout, investir dans notre personnel : telles sont les véritables énergies motrices de notre avenir.Bienvenue sur notre site Web : www.pwc.ca Permanence téléphonique 24 h : É.U.et Canada - 1-800-268-8000 International - préfixe international ?8000-268-8000 ou 1-450-647-8000 Pratt & Whitney Canada Une société de United Technologies
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