Le devoir, 31 décembre 2001, Page(s) complémentaire(s)
liïhr-V0 «.il* I o (1 e v o i i LE DEVOIR I .m V o L .X € I I N " 2 9 8 L K L U N I) 1 3 1 I) E C E M H R E 2 0 0 1 8 7 0 + T A X K S = I $ L’ENTREVUE Reprendre conscience Les jeunes ont besoin d'adultes qui se tiennent debout, selon le prêtre et sociologue Jacques Grand’Maison MICHEL VEN NE LE DEVOIR Jacques Grand'Maison aime bien citer le défunt écrivain anglais Chesterton: «Nous ne savons plus ce qu’est le bien mais notes voulons le transmettre à nos enfants.» Tout est là, en quelque sorte.Par cette boutade s’exprime le drame qui préside à tous les autres, affirme le prêtre qui est également sociologue et théologien.C’est «la faille» qui mène aux problèmes graves dont souffre la société d’aujourd’hui: la perte de la conscience, la fragilité des fondements sur lesquels peuvent s’appuyer les choix individuels et les décisions collectives.Une autre forme d’analphabétisme.«Avec une conscience informe, non constituée, vous ne pouvez rien construire de durable, ni sur le plan politique, ni sur le plan social, ni sur les plans de l’éducation, de la morale ou de la religion», dit-il sans se laisser pour autant anéantir par le pessimisme.M.Grand’Maison voit au contraire apparaître une nouvelle «gestation des consciences» qui lui redonne espoir.«Les philosophes parlent de “refondation” et ce n’est pas une mode», dit-il, alors qu’il nous reçoit, quelques jours avant Noël et quelques jours après son yth anniversaire de naissance, à l’évêché de Saint-Jérôme où il pratique toujours la prêtrise.Il y a présentement dans le monde des individus, des peuples, des groupes, des sociétés qui se lèvent avec une conscience nouvelle et se demandent: est-ce que nous sommes uniquement des rouages de notre machine économique ou de nos partis politiques?Les parents s’interrogent sur les valeurs à transmettre à leurs enfants.Pour moi c’est un signe positif.» Mais il faudra des investissements, prévient le sociologue, qui fut l’un des premiers, dans les années 1950, dans la région des Laurentides, à scruter la so- VOIR PAGE A 10: CONSCIENCE «Nous ne savons plus ce qu’est le bien mais nous voulons le transmettre -, à nos enfants.» JACQUES GRENIER LE DEVOIR Jacques Grand’Maison INDEX Annonces.B 7 Actualités.A 2 Avis publics .B 2 Culture.B 8 Économie.B 1 Éditorial .A 8 Fonds.B 3 Idées.A9 Monde.A 7 Mots croisés .B 2 Météo.B 2 Religions .B 7 Sports.B 5 Télévision.B 8 Bienfaits collatéraux AGENCE FRANCE-PRESSE LES ATTENTATS du 11 septembre ont eu des conséquences inespérées en Afghanistan.Hier, à Kaboul, de jeunes élèves espionnaient leurs amies à travers les fenêtres tendues de plastique de l’école Sarghuna.L’établissement fermé parles talibans vient de rouvrir ses portes après cinq ans.Quelque 3500 élèves y sont inscrites et plus de 120 enseignantes y travaillent.Malheureusement, pour l’instant on n’y trouve ni pupitres, ni manuels scolaires, ni cahiers, ni crayons.Croire au 11 septembre JEAN DION LE DEVOIR Deuxième d’une série de six articles La réaction initiale, instinctive, viscérale, fut de ne pas y croire.Ceux qui écoutaient la radio songeaient à une blague, réminiscence d’un goût douteux de la bravade d’Orson Welles dans les années 1930.Ceux qui regardaient la télévision, confrontés aux insupportables images, ont trouvé un temps refuge dans la pensée que c’était du cinéma horriblement bien fignolé.Un temps, aussi bref qu’intense, qui n’a pas tardé à déboucher sur autre chose: après ne pas y avoir cru, on s’est mis à croire à tout, et à n’importe quoi.Ce n’est pas de notre faute.On n’invente rien: c’était la guerre, et ü y avait bien eu Winston Churchill, loin dans le siècle dernier, pour nous dire que la première victime de la guerre, c’est la vérité.Or quand la vérité flageole, la rumeur s’installe.Du 11 septembre, peut-être encore plus que la terreur, la paranoïa, la suspicion, la haine et le patriotisme ostentatoire, la rumeur est sortie gagnante.Accréditée à chaque coin de rue, taillant en pièces le plus élémentaire des scepticismes sous prétexte qu’il faut bien se raccrocher à quelque chose en période de détresse, propagée d’un bout à l'autre de la planè- te par le Web hyperdémocratique et sans surveillance, la rumeur s’est montrée, annoncée par ses formules éternelles: «il parait que» et «ils ont dit que».Il y a eu les historiettes que nous avons tous vues, lues, entendues.Le pompier, ou, mieux encore, l’aumônier des pompiers en train d’administrer les derniers sacrements à une victime, tué par un corps lancé du 90 étage du World Trade Center.L’homme qui s’était ce matin-là rendu voir sa maîtresse, joint sur cellulaire par sa femme angoissée alors qu’il fornique à tout va et qui lui répond que naturellement chérie, il est à son bureau au WTC.Le gars qui s’est accroché à l’antenne de télé surplombant le gratte-ciel et s’est retrouvé sain et sauf en bas après l'écroulement L’autre gars, tout aussi sain et sauf, qui a téléphoné à sa femme pour lui dire qu’il disparaîtrait quelque temps afin qu’elle touche la prime d’assurances et réapparaîtrait sous une autre identité à l’autre bout du pays.Et l’inénarrable Tourist Guy, croqué sur la promenade du WTC alors qu’un avion s’approche en arrière-plan, dont la photo a été retrouvée dans les décombres (!) et s'est retrouvée dans la boîte de courriel d’à peu près tous les branchés de l’univers.Sans même parler du grotesque du visage de Satan apparu dans la fumée, de la symbolique du 11 SEPTEMBRE 2001 VOIR PAGE A 10: 1 1 SEPTEMBRE ¦ Comment le 11 septembre a-t-il changé votre vie?, pages A 4 et A 5 Kaboul accuse le Pakistan d’aider ben Laden Bush exhorte Islamabad à éliminer le terrorisme AGENCE FRANCE-PRESSE, REUTERS Kaboul — Kaboul a demandé hier un déploiement de forces de paix sur sa frontière avec le Pakistan, qu’il accuse d’aider Oussama ben laden, tandis que le président américain Bush a exhorté Islamabad, en crise avec l’Inde, d'éliminer le terrorisme.Ijc Pakistan se trouve donc sur la sellette, accusé non seulement par son rival régional, l’Inde, mais aussi par son allié américain et par son voisin, l’Afghanistan.Par ailleurs, les nouvelles autorités intérimaires afghanes ont «finalisé» hier un accord officialisant les modalités de déploiement de la Force internationale d’assistance pour la sécurité (ISAF) destinée à consolider la paix dans le pays, a déclaré hier le ministre afghan des Affaires étrangères, Abdullah Abdullah.Il a cependant refusé de divulguer les détails de l’accord, ou même de dire s’il avait été signé.La partie afghane a fait montre de réticences quant à l’ISAF, tentant d’en limiter la taille et les compétences.Mais face à l’évolution de la situation régionale, Kaboul demande maintenant que des soldats internationaux soient envoyés sur sa frontière orientale.Le chef de la diplomatie afghane a même sou- VOIR PAGE A 10: KABOUL ECONOMIE L’euro en poche \ A minuit, .50 milliards de pièces et 14 milliards de billets seront mis en circulation dans les 12 pays de la zone euro, qui totalisent 304 millions d’habitants.la dernière étape de la création de la monnaie unique européenne, l’euro, sera alors franchie.Pour la première fois dans l’histoire, des pays d’un même continent se réunissent afin de se donner une mon- -ÆÊ naie unique.A cette occasion, Le Devoir pro pose à ses lecteurs une série d’articles relatant les péripéties de l’arrivée de l’euro.¦ À lire en page H 1 Montréal, ville nouvelle Dans le deuxième d'une série d’articles sur le «Nouveau Montréal», Le Devoir examine aujour-d’hui les conséquences du partage des pouvoirs entre la ville-centre et ses arrondissements.Pour savoir ce que les fusions changeront à votre quotidien.,, ¦ À lire en page A 2 À jeudi Nos lecteurs prendront note que Is.Devoir ne sera pas publié demain ni mercredi, 1” et 2 janvier.Nous vous donnons donc rendez-vous le jeudi 3 janvier.1 l t i 778313000641 A 10 LE DEVOIR, LE LUNDI DECEMBRE 2 0 01 LE DEVOIR ACTUALITES 11 SEPTEMBRE SUITE DE LA PAGE 1 nombre 11 ou des prophéties de Nostradamus, voila tant de relations tantôt cocasses, tantôt plausibles, mais toujours invérifiées et invérifiables et qui ont tout de même fait leur chemin.«Ben quoi, c'est vrai, ils l’ont dit.» Mais qui ça, ils?Il y a eu les toujours populaires théories du complot Un attentat des services secrets israéliens, désireux de jeter l’opprobre sur le monde arabe.D’ailleurs, les juifs n’avaient-ils pas été prévenus secrètement de ne pas se présenter ce matin-là au World Trade Center?On a pataugé dans les conjectures.L’avion du Pentagone visait en fait la Maison-Blanche.Non, le Capitole.Non, la résidence du président à Camp David.Non, ça, c’était l’avion qui s’est écrasé en Pennsylvanie.On a à peine sourcillé devant des «faits» trop gros pour être vrais.Un manuel de pilotage en arabe trouvé dans une voiture dans le stationnement de l’aéroport de Boston.Et à travers cela, tout le monde avait sa petite idée de ce qui s’était vraiment passé.Et Ta encore.?En ces temps de fébrilité, la tentation la plus forte est de s’agripper à des réponses pour la simple raison qu’il y a trop de questions.On a de la difficulté à le croire, mais on peut lire presque quotidiennement à propos de gens qui n’ont pas abandonné tout espoir que des proches disparus dans les attentats soient encore vivants.Où diable seraient-ils?Mystère.Pas sous les décombres, tout de même?— d’où, soit dit en passant alors qu’on a tendance à oublier le chantier macabre de Ground Zero, on extrait quotidiennement des cadavres.Tout comme est bien mystérieux le décompte même des morts.Pendant des jours, cela dépassait 7000, puis 6000.On a tenu quelques semaines à 5800, puis à 5000, puis à 4000.Nous voici aujourd’hui, selon les sources, «entre 3500 et 4000», voire à «plus de 3000».Bon, on veut bien qu’il y ait eu quelques hospitalisés amnésiques sans papiers qui ont finalement été retrouvés par leurs parents, mais les autres, les centaines d’autres, les milliers d’autres qui n’ont graduellement plus été portés disparus, ils étaient pù pendant tout ce temps?Qui a dressé cette liste-là?A partir de quoi?Qui a planté l’anthrax?Après la terreur venue du ciel, celle de l’enveloppe a occupé l’Amérique pendant deux bons mois.Mais mystère.Il fut de notoriété qu’Oussa-ma ben Laden s'était procuré du bacille du charbon en poudre auprès d’anciennes républiques soviétiques, mais c'en est resté là.L’alerte à l’anthrax — et, chez nous, à son cousin le colis piégé, au potentiel schizophrénique suffisamment grand pour qu’il se traduise en évacuations d’immeubles par dizaines — demeure un épisode formidablement étrange où, tout le monde vous le dira, il faut dorénavant suspecter quelque savant fou ou quelque desperado d’extrême droite.Où est Oussama ben laden?Celle-là, elle redonde.Mais l’homme demeure la plus importante source de questions à haute teneur énigmatique depuis le Sphinx, à la seule différence qu’il en est objet et non le poseur.Où est-il?En Afghanistan?Au Pakistan?Au Soudan?En Chine?Est-il seulement vivant?Sinon, a-t-il été tué par un missile américain, par une attaque de l'Alliance du Nord ou par un cancer de la prostate?Ses vidéos plus populaires que ceux de Britney Spears sont-ils truqués?(Contiennent-ils des messages codés?Qui y est respon-,sable des décors?Est-ce l’avitaminose C ajoutée à un Séjour prolongé dans une grotte sans eau courante ni 'entrée laveuse/sécheuse qui l’ont rendu si pâle?Pour-' quoi n'agite-t-il que le bras droit alors qu’il est gaucher?; Au moment d’attaquer 2002, la rumeur, le questionnement, la propagande en viennent à se 'confondre.Nous ne sommes plus sûrs de rien.Surtout que 2001, à jamais gravée comme année sinistre dans l’imaginaire de l’Occident, se termine sur les .appels renouvelés à une guerre sainte et sur une autre aventure, celle de Richard Reid, trop folle pour ; ne pas faire se réemballer la machine à peur.Après cela, et surtout pendant cela, on en vient à se demander qui croire?que croire?comment croire?Et poser la question, ce n'est sury^ jfiis y répondre.; LE DEVOIR des bureaux du Devoir sont situés ,au 2050, rue De Bleury, T étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.¦Renseignementset administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courrier (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction ©ledevoir .corn L’agenda culturel Au téléphone ¦Par télécopieur La publicité Au téléphone .Par télécopieur Extérieur de Montreal (514) 985-3346 (514) 985-3390 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 , Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514)985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Le Devoir est publié du lundi au samedi par I.e Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2060, rue De Bleury.9" etage.Montréal.(Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean, 800.boulevard Industriel,Saint-Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Quebeeor Inc.612.rue Saint-Jacques Ouest, Montréal, l 'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans l* Devoir, /v Devoir est distribue par Messageries Dynamiques, division du Groupe Quebeeor Inc., 900.boulevard Saint-Martin Ouest, l.aval.Envoi de publication — Enregistrement n* 0858.IVpôt légal; Bibliothèque nationale du Québec.Démission du président argentin GÉRALDINE AMIEL AGENCE FRANCE-PRESSE Buenos Aires — Sept jours après avoir pris ses fonctions, le président argentin, le péroniste Adolfo Rodriguez Saà, a jeté l’éponge hier et annoncé sa démission, en l’absence de soutien des membres de son propre parti politique, plongeant davantage dans l’incertitude un pays déjà asphyxié par la crise économique et financière.«Je n'ai pas d’autre choix que de présenter ma démission irrévocable à l’Assemblée législative», a déclaré Adolfo Rodriguez Saa, lors d’une adresse télévisée et radiodiffusée à la nation hier vers 23HOO locales, depuis son fief de San luiis (ouest).«Je fais part de cette décision au peuple argentin et je laisse la présidence à cet instant même dans les mains du président provisoire du Sénat (Ramon Puerto) à qui j’ai annoncé ma décision par téléphone», a-t-il ajouté.Le président argentin, qui avait été élu par le Congrès il y a exactement sept jours, pour remplacer Fernando de la Rua, également démissionnaire, a expliqué ne pas pouvoir continuer à diriger le pays en l’absence du soutien des gouverneurs de province de son propre parti, le Parti jusdcialiste (PJ, péronistes).Adolfo Rodriguez Saà avait convoqué une réunion des 14 gouverneurs de province péronistes hier après-midi, près de Mar del Plato (400 km au sud de Buenos Aires) après la démission de son gouvernement samedi soir.Mais la plupart des gouverneurs convoqués n’ont pas accepté l’invitation, refusant ainsi leur soutien à Rodriguez Saà, une attitude que le chef de l’Etat, dans son adresse, a qualifiée de «mesquinerie».«J’ai fait un grand effort.Les loups et les lobbies n'ont pas compris l’essence des temps nouveaux.Ils prétendent maintenir les privilèges.Je ne serai pas le président de la continuité», a-t-il déploré.«Je ne vais pas être le président de la vieille Argentine, de la répression du peuple.J’ai prétendu être le président qui a entamé le changement» en Argentine, a ajouté Adolfo Rodriguez Saà, entouré de sa famille et ses conseillers.Le gouvernement argentin avait offert sa démission au chef de l’Etat, à la suite de violences ayant éclaté lors de manifestations dans la capitale Buenos Aires et en province dans la nuit de vendredi à samedi pour réclamer le départ de certains membres du gouvernement et la fin des restrictions au retrait d’argent liquide.Lors de son discours à la nation, Adolfo Rodriguez Saà a fait le bilan de ses sept jours à la présidence et a notamment souligné que le moratoire sur la dette argentine de 132 milliards de dollars qu’il avait annoncé représentait «un énorme bénéfice économique et social pour le pays».«Personne ne pourra revenir en arrière» sur cette décision, a-t-il affirmé, soulignant qu'il avait fait tout son possible pour lutter contre le processus de marginalisation sociale et contre les privilèges en Argentine.«Nous avons permis l’expression populaire», a-t-il également souligné, terminant son discours sur un vibrant «Vive l’Argentine».Désormais, selon la législation argentine, l’Assemblée législative (ou Congrès), formée des deux chambres, doit se prononcer sur la demande de démission de Rodriguez Saà, comme il l’avait fait peu avant Noël lorsque le président radical Fernando de la Rua avait démissionné le 20 décembre à l’issue de deux jours de troubles ayant fait 30 morts.En attendant, le pouvoir exécutif réside une nouvelle fois entre les mains de Ramon Puerta, le président provisoire dp Sénat qui avait déjà effectué un intérim, n y a dix jours.A quelques heures de la nouvelle année, l’Argentine se retrouve dans l’incertitude la plus totale, aucune personnalité, aucun parti ne semblant en mesure de reprendre les rênes d’un pays à genoux économiquement et financièrement et au bord de l’explosion sociale.CONSCIENCE « Quel est ton droit si ta conscience est noyée dans Villimite?» SUITE DE LA PAGE 1 ciété québécoise, notamment la jeunesse (il se fera connaître plus tard pour ses travaux sur les relations intergénérationnelles) avec les outils modernes de la sociologie.Le mal est profond, qui se reflète dans une culture médiatique de plus en plus narcissique, dans la montée de nouvelles modes psychologiques ou sectaires, dans la démesure dans laquelle nous sombrons si aisément «une techno-économie que personne ne semble pouvoir gérer; un terrorisme tous azimuts; le gigantisme, la mégapole, cet univers urbain sans dedans, sans dehors, qui se déploie.» 1-3 perte de conscience entraîne aussi la montée des revendications en faveur de «nos droits».«Plus la culture est éclatée, plus une société multiplie les droits, les lois et les contrôles», dit M.Grand’Maison, évoquant le Joseph K.du Procès de Kafka.«Quel est ton droit si ta conscience est noyée dans l’illimité?» Il n’est donc pas étonnant que «les gens vivent une profonde confusion intérieure».Au cours de ses recherches, M.Grand'Maison a vu s’exprimer ce désarroi chez les gens par des phrases toutes simples: «On ne comprend plus ce qui se passe.» Et on se sent impuissant Le problème touche aussi les institutions, et notamment l’école.«Si on ne réussit pas l’école, on va avoir du mal à réussir quelque chose de plus complexe», dit-il, lui qui a toujours combiné son sacerdoce avec l'enseignement Une étude de l’UNESCO montre que l’on n’arrive plus à trouver les finalités des différents systèmes d’éducation dans le monde.«Apprendre à apprendre, mais à apprendre quoi?», demande M.Grand’Maison.«On est dans une logique instrumentale.» Les problèmes sociaux commanderaient que l’on crée dans chacune des écoles un service de prévention du suicide, un service de prévention de la violence, un autre pour prévenir le décrochage, un autre encore pour combattre la consonunation de drogues, relate-t-il.«Se pourrait-il, demande M.Grand’Maison, que derrière tous ces problèmes, il y ait des pratiques éducatives tout croches, qui en sont la source, et qu 'il y aurait lieu de revoir, enseignants et parents, ensemble?» L'«interdit» est civilisateur L'une des sources de «déculturation», selon le théologien, nous vient d’un aveuglement né avec Mai 68 au sujet du sens de l'interdit H fallait interdire d’interdire, disait-on.Ainsi, «on a perdu de vue comment se construit la conscience humaine et une société humaine, explique-t-il.On a disqualifié depuis un bon moment l'interdit Or «l’histoire, la psychologie et l'anthropologie nous ont appris que l'interdit a un rôle fondateur, libérateur, civilisateur.Quand on a interdit l'inceste, par exemple, des clans qui étaient en guerre perpétuelle ont pu, grâce aux alliances matrimoniales interclaniques.commencer à sortir de la violence pour construire une société humaine».Résultat aujourd'hui, on ne sait plus se situer par rapport à la limite.Il ne s’agit pas de revenir à une pratique de l’interdit qui ressemblerait à une vaste et constante entreprise de culpabilisation, dont beaucoup de Québécois ont voulu se libérer en tournant le dos à la religion.Il faut se rappeler, dit M.Grand’Maison, que l'interdit comporte toujours trois composantes qui se renforcent et se limitent en même temps.Il y a la composante sacrale: la limite qui est sacrée et que je respecte comme telle; la composante morale qui donne à la limite un sens normatif, la composante sociale qui définit ce qui est viable socialement.«Le terrorisme de ben laden, par exemple, se donne un fondement sacral.Mais le sacré peut être fou, dit M.Grand'Maison en fronçant les sourcils.Je me méfie de la religion qui n ’a pas de vis-à-vis éthique, critique.Même chose pour une morale qui est assommante si elle ne se situe pas dans ce qui est viable pour la société et les rapports humains.Si vous jouez seulement la carte du sacré ou celle de la morale, vous aurez des effets pervers.Mais si vous jouez seulement Ut carte de ce qui est viable au plan social, vous vous adaptez et ça peut devenir la carte du troupeau.» La mémoire, la transmission Alors comment la société va-t-elle reprendre conscience?En redécouvrant les vertus de l’engage- ment, l’importance de la mémoire (qui pose toute la question de la transmission) mais aussi en réhabilitant la transcendance.Peut-il en effet y avoir une conscience sans transcendance c’est-à-dire sans recours à quelque chose qui est plus grand que soi?En d’autres mots, comment la société laïque va-t-elle remplacer la religion?La tâche de reconstruire une conscience n’incombe pas à un groupe en particulier mais à tout le monde.«Personne ne peut dire que ce n’est pas son créneau», affirme M.Grand’Maison, déplorant la surspécialisation qui caractérise l’organisation sociale aujourd’hui.Les jeunes qui désespèrent, au point d’entretenir parfois des tendances suicidaires, «ont besoin d’avoir devant eux des adultes qui se tiennent debout et qui transmettent des repères», dit M.Grand’Maison.Dans ses recherches, M.Grand’Maison a découvert que les gens établissaient leur position existentielle en termes générationnels, se situant par rapport à leurs parents ou à leurs enfants, en faisant le procès des vieux, celui des jeunes.«On s'est rendu compte que les générations sont un des rares lieux pour se situer dans le long terme dans une société où tout se joue à court terme.» On a dit que la société traditionnelle est tournée vers le passé, que la société moderne est tournée vers l’avenir et que la société postmodeme est tournée vers le présent «Mais on s’est vite aperçu que le présent, tu fais le tour assez vite.Nous sommes en train de découvrir l’importance de la mémoire.» A cet égard, la maladie d'Alzheimer est aux yeux de M.Grand’Maison, une métaphore extraordinaire.«On vient de découvrir, même sur le plan biologique, que lorsque la fonction de la mémoire flanche, toutes les autres fonctions se défont.Cela vaut, je l’espère, sur le plan de la culture, de la morale et de la politique.» Une conscience sans transcendance ?Bien qu’il soit prêtre, M.Grand’Maison célèbre le meilleur de notre modernité et de la société laïque.«On s’est donné un nouvel art de vivre avec une valorisation du corps, de la subjectivité, de l’affectivité.Dans la famille moderne, qu’elle soit standard ou recomposée, on permet davantage aux membres d’engager leur propre histoire.Il y a aussi toute une dynamique d'autodétermination de l'individu et une créativité culturelle extraordinaire.» Mais «comme curé, dit-il, je suis piégé.Je suis très à l’aise avec la laïcité qui est l’aménagement d’une société plurielle et ouverte.Mais comme je l'ai dit, nous sommes confrontés aujourd’hui à des problèmes liés aux couches les plus profondes de l’expérience humaine.Les réflexions sur ces sujets ont été, historiquement, véhiculées par la religion.Au Québec, on a disqualifié la tradition judéo-chrétienne.Si vous écartez cette intelligence religieuse de ces couches profondes de l’expérience humaine, vous n’êtes plus capable de penser la transcendance.Or c’est la transcendance, la capacité de se tourner vers quelque chose de plus grand que soi, qui interpelle l'individu contemporain, lequel se croyant souverain est enfermé dans son auto-asservissement.» La question que pose M.Grand'Maison c’est: peut-on mettre de côté la réflexion religieuse?«Ce serait malhonnête pour un laïc, dit-il.je ne peux pas me dire à la fois ouvert à toutes les dimensions et en même temps exclure cette intelligence de l’humanité.» Or M.Grand’Maison trouve que les réflexions sur la laïcité sont très courtes.Que fera-t-on de la prochaine réforme scolaire, de la déconfessionnalisation des écoles?On ne peut pas tout bonnement remplacer la religion par les chartes des droits.«Est-ce qu'on sera capable de parler, dans les termes de Camus, d’une spiritualité laïque?» Cela dit, même s'il était lui-mème laic, M.Grand’Maison tiendrait le même discours.«Dans une société où tout se joue autour du pouvoir, de l’avoir, du savoir, qu'advient-il du croire?Qu ’est-ce qui arrive dans une société qui désespère de l'humanité, quand le croire n’est plus là?Qu'est ce qui arrive d’un jeune qui, lorsqu’il arrive à l'âge adulte, ne croit plus en rien ?Ce n’est pas seulement des questions de curé, ça!» KABOUL SUITE DE LA PAGE 1 haité que la force internationale soit déployée «dès que possible» à Kaboul, puis hors de la capitale ultérieurement.«Nous sommes tous conscients de l’urgence de la situation», a-t-il souligné.La semaine dernière, son collègue de la Défense, Mohammad Fahim, avait déclaré qu’environ 3000 soldats étrangers seraient déployés, dont un millier pour la sécurité et le reste pour un soutien logistique et humanitaire.La Grande-Bretagne, qui fournira 1500 soldats, dirigera l’ISAF pendant les trois premiers mois.Des responsables britanniques ont déclaré que le premier contingent de 1TSAF, composé d’une cinquantaine de soldats britanniques, était arrivé hier soir sur la base aérienne de Bagram.Ils seront suivis aujourd’hui par 15 officiers d’état-major et prépareront le quartier général de 1TSAF à Kaboul.Le ministre afghan des Affaires frontalières, Aminullah Zadran, a par ailleurs annoncé hier à l'AFP qu’il avait déjà posté des hommes sur la frontière avec le Pakistan pouf surveiller les services secrets pakistanais ISI.«À ce stade des recherches concernant Oussama ben Laden, nçus avons besoin de ces troupes étrangères», a-t-il dit.Evoquant les services secrets pakistanais, il a toutefois ajouté qu’il avait pris contact avec le gouvernement pakistanais.«Nous n’aimons pas les ingérences étrangères ennemies à nos frontières.Si le Pakistan interfère à nos frontières, il deviendra notre ennemi.» Les autorités afghanes affirment avec insistance depuis plusieurs jours que le chef d’al-Qaïda est vivant et qu’il a trouvé refuge au Pakistan, dans la zone frontalière.Le ministre afghan de l’Intérieur Yunus Qanooni avait déjà accusé samedi à la télévision iranienne les services secrets pakistanais de «soutenir» le chef islamiste.Le ministre aighan chargé des frontières a également averti dimanche que ben laden ne pourra pas être capturé sans l’aide de patrouilles étrangères et de fonds de la communauté internationale.«Oussama ben Laden est un homme très riche qui dispose d’un large réseau de soutien dans les zones frontalières», a-t-il dit.«Sans cette coopération, nous ne pourrons rien faire.» Un avertissement pour le Pakistan Le président américain George W.Bush a contacté samedi soir les dirigeants indiens et pakistanais pour les inciter à «réduire les tensions dans la région», mais il a spécifiquement réclamé des efforts du Pakistan.M.Bush a en effet demandé au président pakistanais Pervez Musharraf de prendre des mesures «supplémentaires fortes et décisives» contre les «extrémistes qui cherchent à faire du mal à l’Inde» et «déstabilisent la coalition contre le terrorisme».L’Inde, se sentant renforcée par cet appel, a pressé dimanche le Pakistan d’agir rapidement contre les extrémistes musulmans pour éviter une guerre.Le premier ministre indien Atol Behari Vajpayee s’est dit persuadé que la pression internationale forcerait la main du Pakistan après le choc provoqué par l’attaque du Parlement de New Delhi qui a fait 14 morts le 13 décembre dernier.L’Inde accuse deux groupes islamistes pro-Cash-miris basés au Pakistan d’avoir lancé l’assaut avec le soutien des services secrets militaires d’Islamabad.Le Cachemire est un territoire himalayen, à majorité musulmane, dont les deux-tiers sont contrôlés par l’Inde, et qui est revendiqué dans sa totalité depuis un demi-siècle par Islamabad.Une explosion dans cette région tendrait à relativiser «la guerre contre le terrorisme» des Etats-Unis, déjà à la recherche d’une autre cible après les premiers succès en Afghanistan.Dans un entretien à la télévision iranienne, le ministre afghan Qanooni a affirmé que ben Laden était «en déplacement permanent» en Afghanistan et au Pakistan et n'a pas exclu que «ses activités soient supervisées par les services secrets pakistanais (ISI)».Les nouveaux maîtres de Kaboul ne portent pas le Pakistan dans leur cœur.Islamabad a en effet été le principal artisan de l’arrivée des talibans au pouvoir en Afghanistan, en 1996.Ils ont par la suite transformé le pays çn sanctuaire pour ben Laden, avant de se rallier aux Etats-Unis après le 11 septembre.Le président pakistanais Musharraf veut montrer qu’il reste totalement impliqué dans la chasse contre ben Laden et a assuré samedi que ses quelque 50 000 hommes déployés à la frontière avec l'Afghanistan y resteraient engagés.Leur renvoi vers le nord-est avait été envisagé samedi par le ministre paldstanais des Affaires étrangères Abdul Sattor.Kaboul, qui envisageait de demander l’arrêt des bombardements américains, a accepté la poursuite des raids.Les bombardements doivent «continuer aussi longtemps qu ’il existe des poches terroristes en Afghanistan et jusqu ’à ce que les objectijs de la campagne antiterroriste soient entièrement remplis», a déclaré le ministre des Affaires étrangères Abdullah Abdullah.«Des inquiétudes ont été exprimées à propos d’éventuelles victimes civiles, mais c’est une autre question.Nous avons déjà exprimé notre préoccupation à ce sujet dans le passé».De son côté, le ministère afghan de la Défense a souligné dans la matinée que des districts de la province orientale de Paktia n’avaient «pas totalement été nettoyés, si bien que les bombardements et nos attaques au sol doivent se poursuivre».Le porte-parole du ministère, Mohammad Habeel, a aussi ajouté: «Nous sommes d’accord avec Bush pour que cette campagne se poursuive.» Des voix s’étalent auparavant élevées au sein du nouvel exécutif intérimaire pour exiger la fin des frappes.Cette polémique naissante avait été alimentée par le bombardement américain, ce mois-ci dans la province orientale de Paktia, d’un convoi de notables tribaux, vraisemblablement invités à la cérémonie d’investiture du gouvernement dirigé par Hamid Karzaï.Soixante-cinq personnes auraient péri dans ce raid.L’agence Afghan Islamic Press (AIF) a de plus annoncé dimanche qu’au moins 15 personnes avaient été tuées dans un bombardement vendredi soir et samedi matin sur le village de Shekhan, à 20 km de Gardez, capitale provinciale de Paktia Par ailleurs, le nouveau pouvoir afghan a annoncé avoir placé parmi ses priorités la restauration des bouddhas de Bamyan.Ces figures emblématiques de la culture afghane avaient été détruites à l’explosif par les talibans le 10 mars 2001, provoquant un émoi international.Parallèlement, le Haut-Commissariat des Nations unies aux réfugiés a fait savoir que nombre des 4000 familles tadjikes de souche, qui devaient retourner ce week-end à Bagram depuis la vallée du Panchir où elles avaient trouvé refuge pendant les années de guerre, avaient décidé d’attendre l’arrivée du printemps et de profiter de l’aide humanitaire parvenue dans le Panchir.I n v.v o i K l t V D i l> É ( KM K K t 0 0 i lk Devoir Patinage de vitesse longue piste LES SPORTS Tournoi rotation du championnat mondial de hockey junior HOCKEY Patrick Bouchard obtient son laissez-passer au 1000 m II représentera également le Canada PRESSE CANADIENNE Calgary — Patrick Bouchard s’est qualifié pour l'épreuve du 1000 m lors des sélections olympiques canadiennes de patinage de vitesse longue piste, présentées hier à l’anneau de glace de Calgary.Le patineur de Cap-Rouge a complété la distance en un temps de 1 min 09 s 80.Les deux autres aspirants, Jason Parker et le Québécois Jean-René Bélanger, ont respectivement inscrit des chronos de 1 min 10 s 57 et de 1 min 11 s 16.«Je m’y attendais un peu, même si la semaine dernière je n’avais pas fait un temps extraordinaire, a déclaré l’étudiant au doctorat en génie électrique à l’Université Laval.«Cette semaine, a ajouté Bouchard,/ûî pratiqué les droits et ça m’a permis d’abaisser mon temps au 500 m de sept dixièmes de secondes par rapport à la semaine dernière.Je savais que ma qualification au 1000 m ne serait pas facile et j’ai très bien accompli ma tâche.» En février prochain, Bouchard participera à ses troisièmes Jeux olympiques et il compte bien profiter de son expérience pour se fixer des objectifs bien précis.«Si ça va très bien au 1000 m, je crois être en mesure de faire un top 10.Au 500 m, je serai plus proche d’une médaille.Je vais surtout me concentrer sur le 500 m, mais je veux également bien faire au 1000 m.» Dès la première semaine de janvier, Patrick Bouchard prendra la direction de l’Europe afin de participer à une étape de la Coupe du monde.Ensuite, il prendra part aux Championnats du monde sprint, qui auront lieu à Hama, en Norvège, les 19 et 20 janvier.Tournoi de tennis de la coupe Hopman Hewitt revient à la charge Testud domine le championnat féminin d'Australie ASSOCIATED PRESS Perth, Australie (AP) — Ueyton Hewitt est revenu à la charge malgré une mauvaise deuxième manche, hier, l’emportant 6-3, 0-6, 6-4 contre Roger Federer pour permettre à l’Australie de vaincre la Suisse en tournoi à la ronde à l’occasion du tournoi de tennis de la coupe Hopman.Alicia Molik avait donné une avance de 1-0 à la formation australienne au moyen d’une victoire de 6-3, 64 contre Miroslava Vavri-nec.Molik et Hewitt ont ensuite remporté le match de double mixte 6-3, 6-1, procurant une victoire de 3-0 à l’Australie.Ces matchs ont été disputés à l’intérieur au Burswood Dome devant 8486 spectateurs, un record de la coupe Hopman.Dans les autres matchs du tournoi, hier, l’Espagne a vaincu l’Argentine 30.Arantxa Sanchez-Vicario a battu Paola Suarez 6-2, 6-3 tandis que Tommy Robredo a eu raison de Mariano Zabaleta 4-6, 6-2,6-3.Le duo espagnol l’a ensuite emporté 4-6,7-5,7-6 et 10-5 au bris d’égalité.Zabaleta a accepté de remplacer Guillermo Coria, que l’ATP a suspendu jusqu’au mois de mars après qu’il ait subi un test positif à la nandrolone.Tina Pisnik surprend Sandrine Testud La Slovène Tina Pisnik a surpris la troisième tête de série, la Française Sandrine Testud, 64,7-5 au championnat féminin d’Australie sur surface dure, hier.Testud a perdu son calme lors d’un match disputé par temps humide, commettant une double faute lors du dernier match après qu’on ait jugé que son service avait touché le filet «L’arbitre ne savait pas ce qui se passait.Mais il faut faire avec», a déclaré Testud.Lors d’un autre match, dimanche, la Russe Elena Likhovt-seva a vaincu l’Américaine Alexandra Stevenson 62,1-6,64.La favorite Venus Williams, qui a directement accédé au deuxième tour, ne jouera pas avant mardi.La deuxième tête de série est la Belge Justine Henin, la championne en titre du tournoi.MUTE RS Le seul but du Canada, qui a dirigé 28 tirs sur Kari Ixditonen, a été l’œuvre de Jared Aulin, lors d’un avantage numérique au premier vingt.agiSè** Le Canada termine au deuxième rang Il s’incline 4-1 devant la Finlande DONNA SPENCER PRESSE CANADIENNE Le Canada a subi une défaite de 4-1 aux mains de la Finlande, hier, lors de son dernier match du tournoi rotation du championnat mondial de hockey junior.Tuomo Ruutu, Jarkko Immo-nen, Mikko Koivu et Toni Koivis-to ont déjoué le gardien québécois Olivier Michaud, qui a fait face à 43 tirs.Koivu, le frère du capitaine du Canadien de Montréal, a ajouté une mention d’aide.Le seul but du Canada, qui a dirigé 28 tirs sur Kari Lehtonen, a été l’œuvre de Jared Aulin, lors d’un avantage numérique au premier vingt.Ce fut le seul moment de succès du Canada lors de jeux de puissance.Les joueurs de l’entraî-neur-chef Stan Butler ont été tenus en échec lors de leurs sept autres tentatives avec l’avantage d’un homme.En revanche, la Finlande a inscrit deux buts en six supériorités numériques, tous deux au premier vingt, après lequel la Finlande menait 2-1.C’était la première fois, d’ailleurs, que le Canada tirait de l'arrière à n’importe quel mo-tnent d'un match depuis le début du championnat.Cette défaite a fait glisser la troupe canadienne (3-1-0) au deuxième échelon du classement final de la poule B, derrière la Finlande.Les Finlandais présentent la même fiche que le Canada, mais ils méritent le premier rang en vertu de leur victoire d'hier.En quarts de finale, mardi à Hradec Kralove, la formation canadienne jouera contre la Suède.Pascal Leclaire sera de retour devant les filets du Canada.Dans les autres rencontres de quarts de finale, la Finlande affrontera la République tchèque, la Russie se mesurera aux Etats-Unis et la Suisse livrera bataille à la Slovaquie.Inertes et insouciants Aussi imposants que leurs rivaux canadiens, les Finlandais, médaillés d’argent à Moscou l’an dernier, ont affiché autant de robustesse que le Canada.Ils profitaient également d’une journée de repos additionnelle.Le Canada, privé des services du défenseur Dan Ham-huis, blessé à une épaule, avait gagné un match éprouvant, la veille, contre la Russie.«C’était la première fois que nous disputions deux matchs en autant de jours, et je n’ai pas aimé notre niveau d'énergie.Sur le banc, les joueurs étaient calmes comme je ne les avais jamais vus avant.Sur la glace, ils n’avaient rien dans les jambes.Je souhaitais que l’on reprenne des forces au fur et à mesure que le match avançait», a constaté l’entraîneur-chef Stan Butler.«Nous ne méritions pas de gagner, a tranché, de son côté, le défenseur Jay Bouwmeester.«Vous ne pouvez vous permettre de prendre congé lors d'un tel tournoi.C’est mieux d'avoir perdu aujourd’hui que plus tard.» «Nous avions remporté trois victoires convaincantes, a rappelé Aulin, et nous avons joué avec un brin d’insouciance.Nous voulions compléter de belles manœuvres plutôt que d’effectuer les jeux simples.Nous avons travaillé fort, mais pas de façon intelligente.» La Russie, qui a blanchi la Suisse 4-0 hier, termine au troisième rang de la poule B avec un dossier de 2-2, devant la Suisse (2-2).Dpns la poule A, la Slovaquie, les Etats-Unis et la Suède ont terminé avec des fiches identiques de 2-0-2.En raison d’un meilleur différentiel au chapitre des buts pour et des buts contre, les Slovaques se classent au premier rang, devant les Américains et les Suédois.La République tchèque (1-30) a pris le quatrième rang.ASSOCIATION DE L’EST Section Nord-Est G P N DP BP BC Pts Boston 21 10 3 4 105 88 49 Toronto 21 12 3 3 117 98 48 Ottawa 20 14 4 0 123 92 44 Montréal 16 16 5 2 96 104 39 Buffalo 15 19 4 1 106 105 35 Section Atlantique N Y.Rang.22 14 3 2 121 115 49 Philadelphie 20 11 5 1 111 81 46 N Y.Isl.19 11 5 2 105 96 45 New Jersey 16 14 5 2 87 90 39 Pittsburgh 14 17 5 2 83 108 35 Section Sud-Est Caroline 19 13 5 5 115 120 48 Washington 15 17 7 0 113 122 37 Tampa Bay 15 17 3 2 77 82 35 Floride 11 20 3 3 78 110 28 Atlanta 8 22 5 3 89 144 24 Association de l'Ouest Section Centrale Detroit 27 8 3 2 123 87 59 Chicago 22 12 8 0 121 113 52 St.Louis 18 11 6 3 102 86 45 Nashville 14 17 6 0 97 99 34 Columbus 9 22 6 1 68 106 25 Section Nord-Ouest Edmonton 21 13 5 2 105 93 49 Colorado 22 15 4 0 99 81 48 Calgary 17 13 7 2 98 99 43 Vancouver 16 21 4 0 103 111 36 Minnesota 13 16 6 3 99 117 35 Section Pacifique San José 18 11 6 3 106 90 45 Dallas 16 12 6 4 106 101 42 Phoenix 16 14 6 3 95 103 41 Los Angeles 14 16 7 2 101 96 37 Anaheim 13 20 5 3 89 102 34 Note: Une équipe qui gagne en prolongation reçoit deux points et une victoire dans la colonne des victoires (G); l'équipe qui perd en prolongation reçoit un point et la partie est inscrite dans la colonne de DP Hier Caroline 5 Washington 5 St.Louis 7 Nashville 2 New Jersey 2 Edmonton 1 Phoenix 4 San José 2 Chicago 2 Anaheim 1 __________Aujourd'hui Atlanta en Floride, 15h00 Chicago à Ottawa, 18h00 Caroline à Buttalo, 19h00 Minnesota à Detroit, 19h00 Anaheim à Columbus, 19h00 Toronto à Tampa Bay, 19h30 N Y Rangers à Phoenix, 20h00 Boston à Dallas, 20h30 Edmonton à Calgary, 21h00 Philadelphie à Vancouver, 22h00 Demain N.Y.Islanders à Washington, 15h00 Colorado à Nashville, 15h00 St.Louis au New Jersey, 19h30 Mercredi 2 janvier_____ Boston en Caroline, 19h00 Anaheim à Detroit, 20h00 Tampa Bay au Minnesota, 20h00 N Y Rangers à Edmonton, 20h00 Atlanta à Dallas, 20h30 Floride à Los Angeles, 22h30 Philadelphie à San José, 22h30 _________Jeudi 3 janvier Toronto à Boston, 19h00 Washington à Ottawa, 19h00 Nashville au New Jersey, 19h30 Pittsburgh à N Y Islanders, 19h30 Columbus à St, Louis, 20h00 Buffalo à Calgary.21h00 Atlanta à Phoenix, 21h00 N Y.Rangers au Colorado, 22h00 Montréal à Vancouver, 22h00 Vendredi 4 janvier Nashville au Minnesota, 2ÔhÔ0 Tampa Bay à Chicago, 20h30 Floride à Anaheim, 22h30 Phoenix à San José, 22h30 Bilan 2001 pour la NFL Une année plutôt calme Si on laisse de côté les attentats terroristes et la mort prématurée de Korey Stringer REUTERS Seul le décès inattendu de Korey Stringer est venu assombrir le camp préparatoire cet été, le joueur de ligne des Vikings succombant à une insolation durant l’entraînement.PEIILIPPE REZZONICO PRESSE CANADIENNE Pas de grève ni de lock-out en vue, pas de dissolution d’équipes ou de faillites à l’horizon, une parité exemplaire malgré un jeu d’ensemble moyen et aucun acte criminel majeur.Hormis les incontournables attentats terroristes et le décès de Korey Stringer, force est d’admettre que l’année 2001 de la NFL a été plutôt calme.Naviguant pour quelques années encore — jusqu’en 2008 — sur son faramineux contrat de télévision de 17 milliards $ US, le circuit dirigé par Paul Tagliabue est à l’abri des embruns qui menaçant de faire chavirer plusieurs équipes, voire d’autres ligues professionnelles.L’année a commencé avec le triomphe de la défense par l’entremise des Ravens de Baltimore, qui ont démoli les attaques adverses avec une unité défensive qui n’avait pas connu d’égal depuis les grandes années des Steelers.En fait, la semaine qui a précè dé le grand match entre les Ravens et les Giants de New York a été plus excitante.Les quelque 2000 représentants des médias s’arrachaient le secondeur Ray Lewis qui avait été disculpé d’une nébuleuse affaire de meurtre l’année précédente.Avec ses coéquipiers Shannon Sharpe et Tony Si-ragusa, Lewis et les Ravens ont animé le cirque médiatique, le secondeur ayant le dernier mot en remportant le titre de joueur par excellence du match.La NFL, justement, a évité les affaires macabres en 2001.Pas d’affaire Lewis et pas d’affaire Rae Carruth.Il n'y a pas eu d’annonce de transfert d’équipe — le retour de Houston en 2002 est confirmé depuis 1999 —, et un seul retraité de marque, le quart TroyAikman des Cowboys de Dallas, qui n’a plus qu’à attendre cinq ans avant d’accéder au Panthéon de la renommée.Et on n’a fait que confirmer le réalignement des divisons lié au retour de Houston.Seul le décès inattendu de Korey Stringer est venu assombrir le camp préparatoire cet été, le massif joueur de ligne des Vikings du Minnesota succombant a une insolation sous un soleil de plomb durant l’entrainement Puis, le 11 septembre.Comme tous les autres circuits professionnels et amateurs en Amérique du Nord, la NFL a suspendu ses activités, laissant en plan les matchs prévus à sa deuxième semaine de jeu.La lutte la plus ardue de l’année fut donc celle entre la NFL et l'Association des concessionnaires automobile d’Amérique dont le congrès était prévu du 28 janvier au 3 février, à la Nouvelle-Orléans.Ne voulant pas modifier son format éliminatoire et voulant impérativement disputer les rencontres reportées, la NFL voulait déplacer le Super Bowl du 27 janvier au 3 février.ou bien changer de ville pour la tenue du match.Avec l’aide du bureau de tourisme de l’Etat de la Louisiane qui a mis tout son poids, l’ACAA a accepté d’avancer son congrès d’une semaine afin d’accommoder la NFL, ramassant quand même au passage les sept millions $ offerts par le circuit.Contrat de 17 milliards, on vous l’a dit.Sur le terrain, on a eu droit a quelques tran-ferts d’importance de joueurs établis (Brad Johnson à Tampa Bay, Doug Flutie à San Diego, Aeneas Williams à St.Louis, Elvis Grbac à Baltimore), mais pas de contrats comparables à ceux du baseball majeur ou d’assurance d’une participation aux séries avec de telles acquisitions.Le jeu au sol et l’attaque “West Coast» sont maintenant très populaires, aucune équipe n’a véritablement de profondeur aux postes clés (quarts, demis) et les innombrables publicités — contrainte du lucratif contrat — vous dégoûtent parfois de regar- S’il fallait trouver quelque chose qui cloche, il faudrait regarder du côté du commissaire Paul Tagliabue der un match à la télévision.En fait, s’il fallait trouver quelque chose qui cloche, il faudrait regarder du côté du commis saire Paul Tagliabue.En janvier, à Tampa, il s’est un peu couvert de ridicule en avançant que le nombre de contrevenants au sein de la NFL n’était pas plus élevé que dans la population en général.11 avait peut-être oublié que son circuit est une ligue élite et non un panorama représentatif des couches de la société.En septembre, il a mis près de 72 heures avant d’annoncer que la NFL ne disputerait pas ses matchs lors du week-end suivant le 11 septembre.Pensait-il que les joueurs allaient se présenter sur le terrain ?11 y a deux semaines, au mépris de toute sécurité, il a contraint les joueurs des Jaguars et des Browns à disputer les 48 secondes restantes au match entre les deux clubs, alors que les spectateurs de Cleveland, furieux d’une décision de l’arbitre, lançaient des bouteilles de bière sur le terrain.Le même jour, il recommandait que l’on étudie sérieusement la possibilité d’octroyer le match du Super Bowl de 2007 à la ville de New York ou à celle de Washington.Malgré les bonnes intentions liées à cette derniere demande, on se dit qu’un Super Bowl disputé a moins 22 Celsius dans le Giant Stadium, fin janvier, début février, n’est vraiment pas une bonne idée.I y \ i
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