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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
lundi 8 mai 1922
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1922-05-08, Collections de BAnQ.

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VOLUME XIIL-No 105 MONTREAL, LUNDI, 8 MAI 1922 TROIS SOUS LE NUMERO Abonnements par la poste : Édition quotidienne hH H| ¦ CANADA.S6 00 Etats-Unis et Empire Britannique .5* 00 UNION POSTALE.y.S10.00 * ||Éj ¦ Édition hebdomadaire B M CANADA.S2.00 M J&Ê JB ETATS-UNIS ET UNION POSTALE.$3.00 BSB&tttëÊ Directeur : HENRI BOUR ASSA DEVOIR Rédaction et administration 43.RUE SAINT-VINCENT MONTREAL TÉLÉPHONE* Mon 7460 SERVICE DE NUIT : Mai.RI 21 FAIS CE QUE DOIS! L’entreprise “intéresse toute la race” C’est vous-mêmes que nous aidons Deux liste naux de Montré des de souscriptions déjà publiées (l’une par les jour-mtréal, l’autre par VAction catholique) ont manifesté l’intérêt que suscite dans notre province le projet de fondation d’une école libre française à Windsor, Ontario."La réalisation de ce projet est devenue une nécessité", écrivait, dans l’émouvante lettre que nous avons publiée ici même, M.le sénateur Belcourt, président de Y Association canadienne-française d’Education d’Ontario.Il faut vraiment qu’il en soit ainsi pour que nos compatriotes de là-bas fassent l’effort dont nous, sommes témoins, pour que des femmes s’imposent, comme elles le font depuis des semaines, la tâche d’aller de porte en porte solliciter des concours, f>our qu’elles soient venues ici même, avec une fermeté aussi dé-icate que tenace, éveiller, mettre en oeuvre les bonnes volontés.Cette entreprise “intéresse toute la race”, disait encore le président de l'Association d’Education, et c’est une vérité qu’il est utile de ne pas perdre de vue.' Èn fondant leur école libre, nos compatriotes de Windsor n’assureront point simplement à un certain nombre d’enfants une éducation conforme à leur tempérament et à leurs traditions; ils donneront au public une double et féconde leçon de choses.Leur école sera d’abord dans cette région, suivant l’expression de M.Belcourt, “une démonstration vivante que l’intelligence d’un enfant se développe bien plus rapidement et bien plus harmonieusement lorsqu’on se sert pour Ûatteindre de la langue maternelle" ; elle montrera que là est, pour les écoles bilingues, le principe du progrès et du succès véritable.Elle prouvera ensuite, et de la plus efficace façon, par le sacrifice consenti, le sérieux des revendications que nos compatriotes formulent dans la question de langue.On croit volontiers les témoins qui mettent derrière leur parole du travail et du dévouement.Que l’effort de Windsor trouve, comme celui de Green Valley, des collaborateurs d’un bout à l’autre du pays et, l’on en peut être assuré, d’une façon générale, on prêtera à nos réclamations une oreille plus attentive, et plus sympathique souvent.Chaque souscription faite en dehors de Windsor apporte, avec un secours matériel immédiat plus ou moins considérable, la preuve que cette lutte particulière éveille dans les profondeurs de la race de lointains échœ.Des campagnes comme celle» de Windsor et de Green Valley attestent la solidarité de notre race; elles en donnent, aux amis et aux adversaires, un plus vif sentiment.Or, il ne faut jamais l’oublier, ôn nous respectera, on nous rendra justice — pour une bonne part — dans la mesure même où nous nous respecterons, où nous affirmerons notre volonté de vivre tels que nous sommes.Si nous paraissons nous abandonner, il est peu de nos concitoyens de langue anglaise qui feront effort pour nous sauver malgré nous.Par contre, toutes les fois que nous posons, sur un point quelconque du territoire, un acte de courage, un acte de solidarité nationale, nous améliorons notre situation générale.Ajoutez que tout ce qui fortifie nos avant-postes sert pareillement à la protection du centre d’action qu’est notre vieille province.Et, de toute façon, c’est nous-mêmes — en tant que citoyens de la province de Québec, en tant que melnbres du groupe français — qUe nous aidons en aidant nos compatriotes de Green Valley, de Windsor ou de Gravelbourg.Plus les souscriptions seront nombreuses, plus elles attesteront de bonnes volontés, plus forte sera l’aide, plus efficace, plus féconde la leçon de solidarité et d’énergie.Orner HEROUX.U actualité La montagne L’un de nos édiles s'étonne que la montagne reste fermée aux automobilistes "alors qu’à l'étranger, dans les Alpes, par exemple, les routes gui serpentent autour des précipices leur sont ouvertes”.L'étonnement d’un édile est quelquefois étonnant.Celui-ci parait entretenir des illusions sur les motifs qui ont inspiré le règlement qu’il voudrait rapporter.Je ne crois pas qu’on ait songé à protéger les automobilistes.Pour ma part, je ne m’oppose pas à ce qu’ils longent les précipices et s’y allongent é l’occasion pourvu que les dégâts sérieux se limitent à leur malodorante mécanique.Cela leur donnerait une idée saisissante des frousses et des fractures qu’ils infligent trop fréquemment à autrui.La montagne est le dernier asile du piéton.Il y a belle lurette que la chaussée est interdite à celui-ci.H ne s’y risque plus que si son assurance est en règle, sa femme, de mauvaise humeur et sa conscience pure.C’est un fait reconnu que les politiciens vont rarement à pied.Les podagres sont de plus en plus rares parce qu’ils sont de plus en plus vite écrasés.Le pire malheur qu’il soit possible de souhaiter à son ennemi, c’est une distraction en franchissant la rue Sainte-Catherine à l’angle du boulevard Saint-Laurent.Dans quelque vingt ans d’ici, s’il reste encore des piétons et qu'ils soient influents, ils feront construire par l’édilitè des passerelles la Pn \sse ù tous les coins de rue.Dans cet immense motordrome qu’est devenue la ville, quelque echevin prévoyant, — que sa mémoire soit bénie, car il était probablement piéton et il a dû mourir comme tous les piétons, qui meurent comme tous les politiciens écrasé, — a réservé un rond-point de salut, la montgane.Il ne proscrivit pas que l'automobile, mais encore le tramway, en cela plus juste que le ministre de la voirie dont l’excès de fureur contre l’autobus naît d’un excès d'amour pour le tramway.La montagne, outre qu'elle est tin endroit de promenade, est encore le lieu de repos de nos morts.On y pensa sans doute quand on adopta cette disposition tutélaire.Mais depuis quelques années, il est de mode d’agiter Vopinion contre elle.Le tramway accapareur et aut craignait que le funiculaire démoli ne fût remplacé par un autre, lança l'Idée de la construction d'une voie pour voitures électriques.J.a concession lui est accordée.Il a le champ libre.Depuis qn'ii est permis de construire un tramway û la montagne, le public n'est plus aussi souvent agité par des campagnes de presse.Pour le tramway, passe encore; on pouvait pincer la corde démagogique: on voulait rendre la montagne accessible aux travail*-leurs.A entendre alors les journaux, nos ouvriers, leurs femmes et leurs enfants étaient vraiment malheureux.Ils souffraient tous de cette maladie terrible, l’ataxielocamotrice.Le fondateur de Montréal avait pu, à travers la brousse, le huilier et la forêt vierge, gravir la pente escarpée, avec une croix sur les épaules.Par respect pour ce pieux exploit, il était séant d’accomplir ce trajet à pied.Mais les gens au nez courbe, qui ignorent notre histoire ancienne, mais font l’actuelle autant que nous, avec leur droit de vote tout frais, ne pouvaient gravir les douze marches de la rue Guy, ne pouvaient déshonorer leurs chaussures sur la piste suivie par Maisonneuve.Mais pour les automobilistes, quelle excuse peut-on invoquer ?L’irrésistible besoin chez bon nombre d’entre eux de revoir leurs victimes, d’aller près des cimetières qu’ils ont tant contribué à peupler?Mais ils peuvent y aller à pied ou en voiture de place.La nostalgie des précipices?comme parlait notre édile.Mais ils en ont tant qu’ils en veulent dans les rues hautes de Westmount.Pour être sérieux, la campagne s’accorde avec l'affaiblissement du respect pour les droits du piéton, y compris celui, assez essentiel, de la vie.C’est partout l’arrogance et l’accaparement de l’auto nouveau-riche, besoin d’étaler partout ses breloques, de se carrer et, c’est te triste cas de le dire, d'écraser le prochain.Espérons que le conseil, qui veut s'affranchir de.l’humiliante tutelle du maire, n’ira pas s’inspirer d’un de ses fameux gestes.Qu’il n’oublie pas que le premier con-lempleur de la loi contre l’automobile a la montagne fut le mair \ assigné pour cela, bien avant l’illustre M.Sévère Picard, en Cour du recorder.Continuons la tradition, si nous voulons que la montagne garde ce charme qui agit sur le vulgaire, inconsciemment, à tel point que c'est en croyant le conquérir qu'il s’apprête à le détruire.Conservons à la montagne son éloignement relatif, si nous ne voulons pas que les hautes herbes périssent sous des numéros de la Presse, que les arbres perdent leur écorce, les oiseaux, leurs nids, les enfants, leur paradis terrestre, et les rêveurs, un peu de paix à l’ombre des tombeaux.NEMO.En marge d’un livre Coquillages, par Marius; préface die Leo-pRul Resrasiera, Dans une première esquisse.Marias nous parle avec émotion du temps un peu lointain déjà où."pieds nus dans le sable tiède’’, il ramassait, sur les plages ensoleillées de Maria, les coquillages “verts, roses, blancs ou mauves”.Depuis tors, il a, le long de cette autre plage qu’est la vie, recueilli des coquillages d’un genre nouveau: souvenirs, visions d’enfance, images saisies au cours d’une promenade, impressions jetées sur le papier dans un moment de loisir.Ce sont ces esquisses que nous lisions naguère avec plaisir dans le Devoir, qu’il vient de réunir en volume et que Léo-Paul Desrosiers présente au public de la façon la plus charmante.Ces coquillages ont un premier attrait: c’est d’être des coquillages de chez nous.C’est bien la voix du sol canadien, Le murmure de nos grèves, le bruit de nos villes qui chantent en eux.Marius s'est empli les yeux des paysages où s’est déroulée son enfance, de ceux un peu différents où la vie plus tard l’a transplanté et il nous les peints avec tant d’amour qu’on ne peut se défendre de les aimer à notre tour.Et c’est toujours un bon livre que celui qui nous fait aimer le coin du monde où il nous est donné de vivre.Marius écrit avec un grand souci de la forme.II écrit même avec une certaine recherche, ce qui enlève parfois à sa phrase an peu de Taisia nce, de la souplesse qu’elle aurait naturellement.Par contre on sent circuler partout un souffle de poésie.Parlant de la mer “dont la barcarolle mystérieuse se mêlait à la voix de ma mère appelant le sommeil sur mon berceau”, il écrit un jour: “Je Tai revue à la ves-prée, à l’heure exquise où tremble comme une goutte d’or, la première étoile.Le bruit cadencé de nos rames se mariait à la rumeur lointaine du village apaisé.Des fils d’argent traînaient dans notre min ce sillage.Là-haut, une faucille d’or errait par Pinfini.Debout à Pavant du bateau, je me penchai vers elle, et à l’instant j’eus quinze ans.Comme des ombres fugitives, mille visions d’enfance défilèrent dans mes souvenirs.Ah! que l’on voit clair et loin dans les paysages du passé, par un beau soir de juillet, sur" une mer limpide!” (p.41).Comme tout poète, Marius a le don de voir les choses.Sans doute, dans ces pages, les premières qu’il a écrites, on trouve à côté dos expressions, des images jailli es de la claire vision des choses, un bon nombre d’expressions et d’images moins neuves: tout le fardeau de nos lectures dont il nous faut, une fois pour toutes, nous soulager pour devenir tout à fait nous-mêmes.Mais ce qu’il’ voit, il le voit bien et il a des mots pour le dire.Il écrit: “Elle m’apparaît, la vieille terre gaspésienne, ceinturée de bleu, offrant aux baisers du soleil son front toujours jeune, sa lourde chevelure dc sapins et d’érables frissonnante sous la brise du large Comme des fauves apaisés les monts silencieux dorment.Groupés selon leur caprice, premier jet d’une grande création, ils s’échelonnent du bassin de Gaspé jusqu’aux derniers contreforts des sourcilleux Shick-Shock.Vagues terrestres, désormais figées dans leur immobilité, ces ondulations granitiques gardent l’orientation de leurs soeurs liquides, les longues lames en marche continuelle vers le rivage.” (p.140).Ces coquillages — espéron s-lc ne seront pais les derniers.D’autres viendront s’y ajouter; d’autres aux contours de plus en plus souples au dessin de plus en plus simple mais dans lesquels on entendra chanter encore Pâme un peu rê veuse de celui qui les aura recueillis pour notre joie.Fr.Gestes FOREST, O.P La session fédérale Grande instabilité de la situation Les trois groupes et une nouvelle alliance possible — Ce qui reste à faire.“Pour la Patrie” On annonce une réédition de ' Pour la Patrie”, le roman de J.-J\ Tardivel: $1.00 le volume, .$5.00 pour six volumes franco.Adresser les souscriptions au bureau de la Vérité, Chemin Sainte-Foy, Québec.Bloc-notes Petite crise Dans son numéro de samedi dernier, le Soleil se fend d’un long article sur le Devoir et ses rédacteurs ordinaires.Il y prend personnellement à partie plusieurs de ceux-ci.Notons que tout ce qu’il peut dire quant au personnel du Devoir laisse celui-ci indifférent.Le moindre des soucis des rédacteurs du Devoir, c’est de plaire au Soleil et à ceux qui le dirigent.Nous agissons et nous écrivons en toute bonne foi ce que nous pensons et ce que nous estimons devoir écrire, même si cela fait l’affaire du Soleil et de ses arni,s.Comme nous ne sommes pas payés pour écrire des compliments de ceux-ci, — et nous ne voudrions pas l’être, — nous ne leur en faisons que s’ils le méritent, selon nous.Pour le reste, nous les jugeons comme nous estimons nécessaire de le faire.Quoi que dise et fasse le Soleil, nous ne modifierons pas cette ligne de conduite; nous ferons à ses amis des louanges quand nous penserons qu’ils les méritent, nous les critiquerons quand nous estimerons qu’ils doivent l’être.Pour le reste, quand le Soleil prend des airs scandalisés, si le Devoir parle politique et critique les hommgs politiques de Québec et d’Ottawa, et quand le Soleil demande, comme samedi dernier: “Qu’en pensent les souscripteurs du Devoir?" Ce journvj de Québec est dans l’erreur et nous le lui avons déjà démontré.Dans son long article de samedi.11 revient à la eteirge et voudrait inter- dire au Devoir toute critique politique, alléguant qu’il existé entre M.Bourassa et les souscripteurs du Devoir “un engagement public” el “un contrat” de faire du journal un organe d’oeuvres sociales, étranger à la politique.Si le Soleil est de bonne foi, il est singulièrement ignorant.Le jour même ou M.Bourassa parlait du dixième anniversaire du Devoir, au cours d’un congrès où la souscription au Devoir s’organisa, M.Bourassa dit en toutes lettres: "Si je n’écoutais que mes goûts personnels et mes dégoûts, amoncelés dans un contact de vingt ans avec la politique et les politiciens, je vous dirais tout de suite: "Soyez sans crainte, jamais plus le Devoir ne s'occu-pera de politique’’.Celte parole, je n’ai pas le droit de la prononcer.Je suis donc forcé de vous dire qu’en dépit de nos répugnances à tous et de nies dégoûts personnels, le Devoir, parce que journal 'de principes et d’idées, parce que journal catholique, continuera à s'occuper de politique, à parler des choses et des hommes de la politique".C’est clair, net, explicite, sans équivoque.Où donc sont la promesse et le contrat dont parle le Soleil?Pas cela A s’én prendre à plusieurs des rédacteurs du Devoir, à tenter de démontrer que le Devoir n’a pas respecté les engagements de son directeur, le Soleil compte peut-être empêcher notre journal de s’intéresser aux hommes et aux choses d’une campagne politique imminente et aussi d’élections provinciales générales.11 fait fausse route.Le Devoir ne sc mène pas à coup de bfitons, il n’est pas facilement intimidé.Quoi qu’il arrive, il parlera politique, élections, hommes de gouvernement, ou d’oppoi sition, il soulignera leurs erreurs, s’ils en commettent, il leur donnera crédit de leur conduite, quand elle sera fondée sur de sages principes politiques.L’argent qu’il a reçu de ses souscripteurs et de ses amis, il l’a reçu à ciel ouvert, après leur avoir dit qu’il parlerait politique.Il ne touche ni cent ni deux cent mille dollars par an pour défendre un gouvernement, ni pour l’attaquer, quel qu’il soit.Ce n’est pas un journal à volte-face, à compliments intéressés.S’il y a une campagne électorale, il ne se laissera pas museler quand même cela ferait l’affaire du Soleil et de ses amis.Si l'administration libérale a bien fait, en certaines circonstances, il le dira; et si elle a mal fait, il le dira aussi.Les malices et les réflexions -quelconques ; jrr.du Soleil à l’endroit de nos rédac- *ient, ùeja.Rans^ CM.Je comité leurs n’auront pas plus d’influencejIfha,.‘V.lnn Ymméte s’il pas parleroift ^ ^ chanteront veut faire un rapport définitif avant pas, 11 parleront.'la fin de ia session.Pourquoi ?1 # * » .La semaine dernière a surtout été Il y a des traductions fantaisistes.On nous remet ce matin un feuillet dont la couverture porte cette énigme: Pourquoi Sapon Savons sont vrais Sanons pour la peau.Nous y apprenons, au cours de la lecture, que "le savon fait de graisse, nettoie parcequ’il forme une émulsion de très petits globules dans l’eau, chaque globule ayant une affinité pour la crasse, la graisse, etc, et saisit la première occasion de s’envelopper dans n’importe quelle crasse qu’il touche.En même temps, quand l’émulsion se forme, la tension de surface de l’eau est réduite, sans lequel le nettoyage ne peut se faire.Il n’est pas nécessaire de dire que la part de la peau qui a le plus grand besoin de se faire propre, du point de vue scientifique, n’est pas l’épiderme, mais les pores de la peau.A moins que ceux-ci ne puissent contracter, et dilater librement les différentes poisons, que le corps excrète par les pores, seront emprisonnées et les conditions tes moins à désirer s'élèveront.Sapon Savons de sont pas faits graisses et- d’huiles bouillies comme tous les autres savons, mais ils sont faits par un procès où de beaux produits cérêals sont saponifiés et font le basis à la substitution de la graisse.De ce basis sont faits tons les savons à toilette.11 y en a comme cela pendant trois pages.La maison qui a pavé quelqu’un pour lui mettre en pareil langage ses prospectus et ses feuillets explicatifs aurait besoin d’employer des tonnes de son savon pour décrasser le prétendu traducteur.11 en a une couche! Ottawa, 7.— Le gouvernement a réussi & faire adopter sa motion pour la formation d’un comité des chemins de fer chargé de faire une enquête sur les taux de transport.Mais il se présente tout de suite une particularité étrange.Presque tous les membres de la Chambre des communes ont voté, hier, sur la résolution; or les règlements de la Chambre n’admettent pas qu’un député qui s’est une fois prononcé sur un bill puisse faire partie d’un comité chargé d’étudier ce bill.Le comité parlementaire ne pourra donc être formé, à moins que le parlement ne se dispense lui-même d’observer les lois qui ont été faites à son intention.C’est ce que l’on fera prochainement; et il est question, aujourd’hui, d’une demande en ce sens, que le premier ministre ferait avant longtemps.Le comité à nommer devait se composer de 27 membres, mais il est probable, aujourd’hui, que Ton réduira sensiblement ce nombre.M.A.-K.Maclean, d’Halifax, est le candidat à la présidence qui a le plus de chances.Il a prononcé, ces jours-ci, un très bon discours sur la question.Sous sa direction, ' le comité déterminera sa manière de procéder et tâchera de limiter le nombre des témoins appelés.Cette dernière procédure s’impose; car si on entend tous ceux qui se présentent, l’enquête sera si longue qu’il sera impossible de rien décider durant cette session.Les chefs des diverses compagnies, croit-on, seront seuls admis à présenter les vues des groupes qu’ils représentent et on ne leur permettra peut-être pas d’amener avec eux des techniciens.Ils sont favorables à une réduction, dit-on, mais pas à la réduction si radicale qui consisterait à revenir aux taux de la Passe-du-Nid-du-Corbeau.Nombre d’associations auraient déjà manifesté Pintentioù d’être entendues avant que la décision soit ren-due.Comme M.King a manifesté l’intention, vendredi matin, d’enlever aux députés les deux jours de la semaine à leur disposition pour présenter des résolutions, on doit conclure que la fin de la session s’en M.Crerar, sur une question complexe et importante de notre politique, sur un des problèmes les plus profonds de la politique canadien-ne.Voilà une chose d’acquise.II y en a d autres, cependant.Ainsi, quant au budget qui sera présenté prochainement, on ignore encore s’il contiendra des diminutions de droit.Mais s’il y en a et qu’elles ne soient pas radicales, ou s’il n’y en Cinq millions ?On a pu lire dans une dépêche de ces jours-ci que le Canada aurait souscrit £1,01KUH)() au fonds d'établissement d’un consortium économique chargé d’éclaircir la situation financière de l’Europe.Il n y a eu aucune confirmation officielle de cette nouvelle, fit M.King, interpellé à ce sujet «ux communes, il y a quelques heures, a dit qu’il attend des informations d’Europe la* dessus.Fondée ou non, cette nouvelle parait, au premier abord, fantaisiste.Nous avons trop besoin de notre argent afin de rétablir ici même l’équilibre économique, pour que nous souscrivions même à ce prétendu consortium étranger.Journaux et hommes politiques Il y a des journaux qui sont la chose d’hommes politiques.11 y en a d’autres qui font les hommes politiques.Ainsi, dans sa dernière chronique à la lievtte Hebdomadaire de Paris (22 avril 1922), M.Louis fiatzarus, ancien rédacteur nu Figaro, écrit: “Jamais il n’a été plus facile qu’en notre temps d’imposer un homme à la foule.Je vais en donner un exemple.Qu’était M.Loueheur, en 1914?Itlcn d’autre qu’un Industriel, pnrfois malchanceux.Il crée une Usine de gue,r««( qu’un journaliste influent remarquable à cause de lu scission très profonde et très radicale qui s’est produite entre libéraux et progressistes sur cette question des taux de transport.Cette fois, l’antagonisme n’était pas que superficiel, mais profond, radical et presque inéluctable.M.Crerar, qui avait abandonné son parti sur la question du bureau du blé, ne pouvait plus faire la même chose sur la question des taux de transport.Les gens de l’Ouest tiennent, en effet, à cette réforme encore plus qu’à la première et il est certain qu’ils vont employer toutes leurs forces pour l’obtenir.Dans ces conditions, M.Crerar aurait aussi bien fait de donner sa démission que de ne pas Iqs suivre.On a dit un certain temps que son parti Pavait presque obligé à se ranger à son avis.C’est ce qui expliquerait, en grande partie, toute la nervosité de M.Crerar pendant son discours.Il n’était pas à son aise comme d’habitude, ses mouvements saccadés, sa voix voilée par moments, ses grands gestes brusques, dénotaient une agitation intérieure à laquelle il ne nous a pas habitués.11 serait absolument surprenant que le parti consentît à revenir aux taux de la Passe-du-Nid-du-Corbeau, comme le demandent expressément les progressistes.La réduction serait trop radicale et nuirait à nos chemins de fer nationaux ainsi qu’au C.P.R.B est tout probable qu’une réduction modérée aura l’appui des libéraux et des conservateurs contre les progressistes qui veulent une diminution radicale.Ainsi on voit les deux anciens adversaires s’unir contre le parti de a pas du tout, nous verrons proba blement encore les libéraux s’unir aux conservateurs contre les progressistes.Et ceci ne fait que rendre plus éclatante l’impossibilité où les deux anciens partis se trouvent de ne pas être obligés, un jour ou l’autre,de s’unir entre eux contre le troisième parti, presque malgré eux-mêmes.Ils ont les mêmes idées sur les questions essentielles, ils sont tous deux fournis de fonds électoraux par les mêmes compagnies, ils ont les mêmes maîtres et aussi la même politique et l’idéal de leurs rhefs ne diffère pas sensiblement.Déjà, depuis le commencement de la session, le gouvernement a obtenu en une ou deux circonstances l’appui de M.Meighen.Il devra le demander encore, de jour en jour, à mesure que la session va avancer et que le» choses politiques vont marcher.On ne voit pas beaucoup comment il pourra faire autrement, à moins de précipiter une élection générale.D’ailleurs, depuis jeudi dernier, on affirme que les libéraux ne gouverneront plus maintenant en tablant sur l’appui des progressistes.Jn des ministres les plus importants du cabinet aurait plaidé éloquemment pour que le cabinet ne retire pas sa résolution des chemins de fer; les autres avaient peur d’être mis en minorité et, dans les circonstances, auraient été favorables à la mort de la résolution.Mais ce ministre aurait arrangé les choses pour que le vote soit favorable au gouvernement; et ce ne sont pas aux progressistes qu’il aurait demandé de changer d’avis.On verrait ainsi le gouvernement changer son arme d’épaule en pleine session; les conséquences de cet acte seront évidemment très considérables et très importantes.# • • Par ailleurs, tout indique que les cartes politiques sont encore très mêlées.Il n’y a pas de stabilité, depuis le commencement de lu session.Quelquefois ce sont les conservateurs, quelquefois ce sont les progressistes qui appuient le gouvernement.On a vu, en quelques circonstances aussi le parti libéral divisé sur lui-même.Î7ne semblable situation peut durer, sans dangers trop grands, pendant une session, lorsque les partis d’opposition ne désirent pas une élection générale.Mais ce n’est pas un arrangement stable et qui puisse se continuer.L’initiative de déclencher*, une élection se trouverait avec l’opposition au Heu de se trouver avec le gouvernement; et un gouvernement qui veut le succès ne reste pas sans dangers dans une position aussi fâcheuse.Aussi la session d’automne, si session d’automne il y a, ne pourra que s’ouvrir sous d’étranges auspices, si conservateurs et libéraux ne trouvent pas un terrain d’entente.Car s’il y a dos libéraux qui conservent des espoirs de conclure un truité avec les progressistes, leurs espoirs doivent baisser quotidiennement, à mesure qu’ils connaissent mieux ce groupe.L’impossibilité de faire une alliance de ce côté pourrait bien servir d’excuse à une autre alliance, qui serait moins bien vue du public.# « • La campagne contre le blasphème On connaît déjà — au moins par les notes que nous avons plus d’une fois insérées — l’active campagne que mène contre le blasphème PA#-socintion catholique des Voyageurs de commerce.L’association vulgarise, elle fait afficher un peu partout la loi qui punit le blasphème; mais elle s'efforce surtout de montrer la malice de celui-ci et d’en inspirer l’horreur.Cette prédication, faite par des laïques mêlés au train général des affaires, appuie efficacement celle du prêtre.C’est l’un des résultats du grand mouvement d’apostolat suscité chez les voyageurs de commerce par l’oeuvre des retraites fermées et qui a produit dans tout le pays un si grand bien.^ Ou s’est particulièrement adressé jusqu’ici, croyons-nous, au public des villes, mais les villages aussi ont sollicité la présence et le concours des Voyageurs.Souhaitons ù leur salutaire campagne le plus vif, le meilleur succès.— O.H.va visiter.Les deux hommes causent.L’industriel séduit le journaliste par une éloquence positive et par des idées ingénieuses.Quelque temps après, le ministère est renversé.On réclamait, déjà, des hommes actifs, des novateurs.Le journaliste détermine son directeur à recommander l’industriel au nouveau président du conseil.Voilà M.Loueheur ministre et célèbre trois mois après.Il ne faut donc que peu de temps au hasard pour conférer la notoriété à un homme”.C’est tout à fait cela.Les journaux font ou défont un homme public en quelques mois, surtout dans certains pays.Plusieurs politiciens le savent, — et c’est pourquoi certains d’entre eux voudraient bien avoir tous les journaux de leur côté.Seulement, il arrive que les hommes hissés au pouvoir ou à la notoriété par les journaux n’y restent que s’ils ont de la valeur, des qualités.La meilleure façon d’empêcher le public de se rendre compte qu’ils en manquent, c’est encore la presse qui la fournit, — la presse subventionnée par le parti auquel appartiennent ces politiciens.Ce qui se passe en Angleterre, en France et ailleurs le démontre surabondamment._ G.P.La session présente menace de durer plus longtemps qu’on ne s’y attendait.Déjà deux mois se sont écoulés et le discours du budget n’est pas encore prononcé.La discussion qui le suivra emploiera vraisemblablement une quinzaine de jours, à moins que les whips n’opposeht un barrage au torrent des paroles.Puis, il faudra panser la législation budgétaire et adopter les crédit» nombreux qu’on garde toujours pour les derniers jours.Si le parlement vote encore une loi pour un bureau du blé et ensuite pour les taux des chemins de fer, s’il adopte quelques autres lois qu’on ne peut retarder, il lui restera deux mois de session sur les bras.Mais bientôt le sortilège de l’été et des beaux jours va se faire sentir et les députés vont commencer à penser à la maison qui les attend dans leur comté.Lfopposi-tion deviendra alors moins vive au milieu de la lassitude générale et le président de comité de la Chambre n’aura qu’à mener rondement les procédures pour satisfaire tout le monde.Et l’on votera encore, comme par le passé, des sommes énormes dans fa même nuit et tout le monde Ira se coucher aux petites heures sans le moindre remords.Léo-Paul DESROSIERS.Pour le» écoles de Green Valley Nous accusons réceplion de deux nouvelles souscriptions d’une piastre chacune pour les écoles libres françaises de Green Valley: l’une de M.l’abbé Léonide Primeau, de Saint-Bonifacc; l’autre de M.Henri Bruyère, de Woodridge, Man.M.SAUVE A ‘ ST-BEN OIT LE CHEF DE L’OPPOSITION PROVINCIALE RENCONTRE SES ELECTEURS.HIER APRES-MIDI.— lOURQUOl DES ELECTIONS PROVINCIALES') — L'A DM INTS TRATION DE LA JUSTICE.— J-A CONVENTION CONSERVA-TRIGE.Saint-Eustadhe, 8.(Spécial au “Devoir1 ) — Hier après-midi, il y a eu réunion des oppositiomiistes du comté de.» Deux Montagnes, à St-Benoit Toutes les paroisses du comté étaient représentées et l’on y remarquait surtout plusieurs libéraux.L’assemblée a été présidée par M.le Dr S, Lamarche, de Sainte-Scholastique.On y remarquait MM.J.Glrouard, notaire, J.A.Charrette, notaire, Dr J.-M.Pominville, Dr Jos.Page, Dr Page, Dr Labonté, L.Gratton, B.Fil ion, Ed.léonard, J.A, Cadieux, A.Rochon, 01.Gratton, marchand.La réunion fut nombreuse, si l’on tient compte de la mauvaise température.M.Arthur Sauvé fut invité par le Dr Lamarche à adresser la parole.Il a parlé des principes qui doivent diriger le parti conservateur provincial.Il est évident que M.Sauvé n’est pas de cet impérialisme qui consiste à tout sacrifier d’avance en cas de guerre, sans se préoccuper des Intérêts et du salut du Canada.Le député des Deux-Montagnes a parlé d’abord de ce qu’il a fait pour son comté.Il dit que s’il a fait un travail aussi considérable à la législature, c’est parce qu’il avait la conscience de son devoir et la fierté de porter haut et ferme dans toute la province le nom du comté qu’il trouve beau par son progrès et par la distinction de sa population.M.Sauvé parle des questions du comté, puis il aborde la politique.La convention conservatrice aura pour le parti et aussi pour moi-même une importance capitale, dit M.Sauvé.Ses conséquences seront considérables et décisives, désastreuses ou salutaires.Ce que je serai dejnain, devant vous électeurs et devant ma province, cela dépendra du résultat de ce congrès.Il se fait actuellement, dans le parti conservateur, un travail d’école politique, une discussion nécessaire, une reaction qui, à mon sens, s’imposait.Je ne serai jamais ce que mes maîtres politiques appelaient avec mépris un bureaucrate, poursuit l’orateur.Il faut être Canadien et bon Canadien.Je suis dp la vieille école libérale-conservatrice.“Je suis convaincu d’avoir fait mon devoir d’homme public.11 y a quatorze ans.vous m’accoraiez pour la urcmicrc fois un mandat de député, fai alors juré dévouement et fidélité à vos intérêts.Je ne vous ai pas trahis, je vous le jure.J’ai donné à ma province un travail considérable.Aux sessions, vous saviez où était votre député, vous saviez qu’il était à son poste de travail, au poste du devoir.J’ai conscience d’avoir porté honorablement dans toute la province le nom de Deux-Montagnes.ELECTIONS “On parle d’élections prochaines à Québec.Pourquoi?Parce que le gouvernement de Québec veut pM-ser avant le gouvernement d’Ottawa qui demandera probablement des élections vers novembre.Pourquoi le gouvernement de Québec veut-il absolument passer avant?Le mandat des députés n’expirera que dans deux ans.“Un organe du gouvernement, de Suébec (le Soleil) disait, jeudi ernier : “Qu’on nous préserve d’une élection fédérale.” Il admettait qu’une élection générale serai! un bouleversement et qu’une tourmente électorale serait un véritable malheur pour le pays.“Mais deux élections générale» dan* six mois, ne seralt-ce pas urt double malheur?Le gouvernement est-11 obligé de faire des élections, cet été parce qu’il s’imagine que l’opposition n’aura pas le temps da s’organiser?Le même organe du gouverne» ment dit que l’opposition n’aura pas de votes, parce qu’elle n’aura pa* de fonds.J’aime mieux, mol, dos votes gagnés par le mérite que des votes acnetés à prix d’argent, dil M.Sauvé.Les électeurs prennent alors Par-gent et votent à leur goût.I-a vague populaire contre le gouverne- (suite * la pace 2) LE DEVOIR.MONTREAL, LUNDI, 8 MAI 1922 VOLUME XIII.—No 105 LETTRES AU “DEVOIR" ! Avec le Wheat Board, je n’ai pas ' d’autre alternative que d'abandonner I mon grain, ce grain qui m’appartient, ! à une commission que V n m’impose.| Je n’en pas le choix, l'on a créé un \ monopble, l’on a supprimé ma liberté : d’homme intelligent et libre.L’on {fait de moi un être sans volonté, ou plutôt, courbant sa volonté devant les rouages du despotisme d’Etat.Ce grain que j’ai arrosé de mes sueurs, qui est mon bien, sur lequel je compte pourélt ver nui famille, disparaît entre les mains de gens sur lesquels je n’ai j aucun contrôle, qui en feront ce qu’ils voudront, et qui, on le vendant, peu-I vent, aussi bien que moi, faire des i erreurs, pour lesquelles je ne pourrais point les tenir responsables.| Bien mieux, si j’en juge par le j dernier Wheat Board, je ne saurais ' qu’un an plus tard le prix que mon grain aura été vendu et je demeurerais tout ce temps-là dans l’incertitude, me demandant toujours: Suis-je riche?Suis-je pauire?Qu a-t-on fait de mon blé ?Comme fermier et comme citoyen canadien, je tiens à protester de tout mon pouvoir contre un pareil abus.Mon grain m’appar- Nous ae publions que des ieltret situées, ou des communications accompagnées d’une lettre signée, avei adresse authentique.Les correspondants anonymes s’épargneraient du papier, de rentre, un tin>’ire-poste, et a nous une perte de te^pa, s’ils voulaient bien en prendre acte définitirement.La question du blé M.le directeur; Pour Vintelligence de vos lecteurs, je vous prierais de reproduire la lettre ci-jointe sur un projet de bureau de blé pour les producteurs de céréales de l’Ouest, adressée dernièrement au ^ président du comité, de l agriculture, ; e( je ne reconnais a aucun gou-à Ottawa, par M.Raymond Denis, rernement, le droit de me priver de ce président et gerant de la compagnie (jrmi fa possession.Le Wheat Pool coopérative des h ermiers de V onda, | étnid libre, évite ces abus.J’en ferai artie, parce qu’il respecte ma liberté.Sur le personnel du Wheat Board, le fermier n’a aucun contrôle; c’est le gouvernement qui fait les nomina- ces spéculateurs ou au plus impor- ‘ de leur grain, alors qu’ils ont tant tant d’entre tmx, d’après la rumeur, besoin d’argent, publique, que l’on confie les intérêts ' Si le prix minimum garanti aux des fermiers.Comment va-l-ii à la fermiers n’est pas au moins de $1.25 fois protéger ses intérêts propres et ; sur la base du rw 1 à Fort William, ceux qui lui sont confiés, sons que ni ] l’Ouest tout entier sera désappointé, les uns ni Us autres en souffrent ?j On peut dire que ceux qui demandent Pour moi, je considère comme sauve- le Wheat Board ne le demandent vainement dangereux le fait de confier \ qu’en autant qu’on leur garantira un la récolte de tout un pays, une récolte \ solide prix; minimum.Si vous ne leur qui équivaut à 25% des exportations ! offrez que 75c.aux élévateurs no 1 ou du monde entier, à un spéculateur ou il .00 à Winnipeg, vous les aurez à des spéculateurs qui pourront s’en j déçus; tous se retourneront contre servir pour influencer les marchés voi- \ le Wheat Board, et cependant il faudra sins et réaliser des fortunes au détriment des fermiers canadiens.Ceux qui réclament le Wheat Board le supporter, il est obligatoire.Avec le Wheat Pool, nous sommes libres, nous n’en ferons partie qu’en autant disent que le blé a baissé dès qu’il fut \ fant- il n’y avait jamais eu de Wheat Board, i Ue wheat Pool offre donc tous les coopératif* Saskatchewan.p( Monsieur le Président du Cqmité | d’Agriculture Ottawa, Ont.Cher monsieur; La discussion qui se poursuit actu ellement devant votre Comité et qui j ({onSi Dans combien de temps son m tardera pas à avoir son denouement pernnwi ne sera.t.ü plus nu’un ra-a la C hambre des Communes, attire ; maggis d’amis du gouvernement?t attention du pays tout entier, mats, Qni n0Ulj yem crmre fJU'nvec notre, surtout celle des provinces de l Chust, ' SySl(,me politique ces nominations plus directement intéressées.seront toujours faites au mérite ?Certes Von nous dit que ce Wheat Board ne sera que temporaire mais Le marché du blé est mondial et le Wheat Board n'aurait pas empêché la baisse des années passées.Pour juger le résultat qu'il m’a donné, il faut se reporter aux prix obtenus par les autres pays durant la même année, et cette comparaison condamne défi-nilivemeni le Wheat Board.Il a coûté des millions aux fermiers canadiens; ce fut une expérience assez coûteuse pour qu’on ne juge pas à propos de la renouveler.avantages du Wheat Board et aucun de ses désavantages et je m’étonne que les chefs des Grain Growers, avec lesquels je suis habituellement en sympathie, ne l'acceptent pas.L'on dit que pour donner un résultat satisfaisant, il faut que la plus grande partie de la récolte canadienne soit contrôlée par la même commission, alors qu’avec le Wheat Pool libre, la majorité des fermiers vendra encore par (’intermédiaire du Grain Exchange.Ou de deux choses l’une, ou les fer- Aucune commission ne peut prévoir \ miers veulent le Wheat Board ou ils ce que seront les cours futurs, parce ; ne [e veulent pas.S'ils le veulent, ils que ceux-ci dependent de conditions feront éguleme%tt partie du Wheat Pool que personne ne peut contrôler.En ; volontairement, parce qu’ils y trouve-novtmbre et décembre derniers, les ront les mêmes avantages.S’ils ne le cours fléchirent sous la force des arri- veulent pas, pourquoi le leur imposer ?vages à H vnnipeg, mais aussi sous la Et il semble bien que les Grain Gro-perspectivt des grosses récoltes en An-\wers soni d'opinion que la majorité Vous avez déjà entendu les chefs dec organisations connues, sous le ___________ _ .^ d?Grain Gro wers ou de ( onseü \,/ fa ce!t mesures temporaires qui yV A Cl Y-i s* e e I é i d sr* I / i,ci 11 l *1 y-/ j i —d rvi yi rVi -, • » .d'Agriculture.Foüs entendrez bientôt les représentants des Compagnies de Grains, des Banques, des minotiers, etc.Il est regrettable que les fermiers non-organisés, qui représentent 75% de la population rurale de l'Ouest, paraissent être ignorés.Pour ma part, habitant l’Ouest depuis 20 ans, semant tous les ans autour de 1200 acres de grains, fréquen durent terriblement longtemps et nous avons bien peur que celle-ci ne devienne.définitive.En tous cas, nous aurons, nous, fermiers, aucun moyen de l'abolir.La mesure sera entre les mains du gouvernement, qui représentera non seulement les provinces de l’Ouest, mais encore tout le reste du Canada.Il y aura peut-être longtemps que nous serons fatigués tant journellement mes vois,ns, fer- , du Wheat Eoari, que U gouvernement miers comme moi, parlant souvent nous l’imposera encore.Avec le Wheat avec eux, alors qu ils ne sont point Boards nous sommes pris pour un sous l influence de quelques beaux | temps indéterminé; avec le Wheat parleurs en mal de popularité, con- < p00i n us pOUVOns nous retirer si les naissant, leur sentiment, je crois résultats sont mauvais; nous pouvons aimr droit autant que qui que ce soit, | continuer et en faire une organisation a faire entendre ma voix et à donner | permanente, si les résultats sont sa-mm opinion autour a um chose qui | tisfaisants.m appartient: mon blé., .! Pourquoi parle-t-on tant du grain t t'Il adversaire determine ’ ,, , Vermris d en douter, de fermiers qui ne sont point toutes .G tst bon de se soutenir que.les en faveur du Wheat Board.fermiers furent les premiers à deman- Le Patriote de Prince Albert, publi- c?fr 'j disparition du défunt Wheat ait dans son dernier numéro, une alta- i Board, parce qu ils comprenaient que très farte contre le Wheat Board ' a.l,0TS les, Ptrtes 1U lls avaient subies, et son and n président.M.Stewart, j {Il n.e s,en souviennent plus aujqur-et cette attaque était signée par un d hui, du moins, pas tous.Mais il gros fermier du sud de la province.îï en P% moins vrai que, durant Cette unanimité d'opinions qu'on tinnée du H heat Board, les fermiers invoque est donc loin de correspondre | améneams^ rendirent leur blé à un a la vérité.Et quand bien même se-1 P™ bten Plu* élevé que celui que nous Tait-elle traie* que V argument ne se-, re^umfs V^]ir notre.Les statistic rait pas suffisant, parce que les fouler sont là pour le prouver.// est *>e laissent guider bien plus par leurs difficile de les contester, * Le blé vmtmcts que parla voix delà raison et i “mmeam est de qualité inférieure au que le pouvoir du législateur est de\n™re: ’e change américain dans le résister aux courants d’opinions, lors- temPs’ était un grand désavantage que ceux-ci demandent des innovations ; Pour acheteur européen, c est-à-dirt dangereuses.\
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