Le devoir, 6 décembre 1943, lundi 6 décembre 1943
“Le Canada ect une ration touve^ raine et ne peut avec docilité nzcepter de la Grande-ëîetagne, ou de; Etats-Unis, ou de qui .que ce soit d'autre l’attitude qu'il lui taut prendte envers le trcnde.Le premier devoir de ’oyalisme d'un Canadien n’est pas envers le Corrrr.orwealtb britannique des nations, mais envers e Canada et îon roi, et ceux qui contestent ceci rendent, à mon avis, un mauvais service au Commonwealth.” (iî-x-sr> Lord TWEEDSMUIR LE DEVOIR Dirsctsar i G**r«e» NLLITIER FAIS CE QUE DOIS Rstfactsar m chtf i Omet HIROUX Montréal, lundi 6 décembre 1943 REDACTION II ADMINISTRATION 410 1ST, NOTRE-DAME MONTREAL TOUS LIS SERVICES TELEPHONE s Sltsir 1361 « SOIRS, DIMANCHES ET PETES Rsdactssr «a chat i Ornai HEROUX Adminiatratisa Rédaction i Gérant t S Blair 3361 ISIair 2914 Mlair 336! Les plans de la triple offensive contre FAllemagne L’argument de la reconnaissance ne vaut absolument rien Uné déclaration de M.J.-C.Gardiner qui en montre la parfaite inanité — Le ministre de l’Agriculture contredit le ministre des Munitions et de l’Approvisionnement — L’Angleterre, tellement pauvre qu’elle ne peut acheter; le Canada, tellement riche qu’il donne par milliards de dollars Dans son discours du 1 8 novembre à Moncton, aussi1 une nation paaote apth ta guerre.Cela soulève ta question La déclaration de Téhéran omet I’“unconditional surrender” bien que dans son allocution au Club de Re'forme de Montréal, le 27 novembre, le ministre des Munitions et de l'Approvisionnement, M.C.-D Howe, avait parlé avec assurance, même avec enthousiasme, de l’immense prospérité qui serait le lot du Canada apiès la guerre.Le ministre avait laissé entrevoir un marché domestique capable d’absorber une bonne part de la production industrielle et des marchés extérieurs désireux de se procurer nos produits agricoles.Quelques jours plus tard, le ministre de l'Agriculture, M.J.-G.Gardiner, apprenait aux agriculteurs une bien mauvaise nouvelle.Il leur disait qu’à la suite d’informations fournies par les représentants du ministère de l’Agriculture d’Angleterre, le gouvernement canadien ne serait pas justifié de demander aux éleveurs et aux agriculteurs de produire autant de porcs que l'an dernier.En d’autres termes, M.Gardiner a annoncé la perte partielle, après la guerre, du marché britannique pour le bacon canadien.Le ministre de l’Agriculture s’est trouvé à apporter un démenti catégorique aux promesses exagérées de son collègue des Munitions et de l’Approvisionnement.* * ¥ A Moncton, au quarante-troisième banquet annuel du Board of Trade des Provinces Maritimes, le 18 novembre, M.Howe avait affirmé: "L’occasion d’obtenir des débow chés à l'étranger na jamais été aussi belle pour nous.Les propriétés au Canada n’ont pas subi les ravages de la guerre, alors que la destruction de propriétés au Royaume-Uni, en Europe et en Asie est effroyable.11 faut reconstruire ce qui a été détruit.Les produits du Canada sont né cessaires à cette entreprise.Les provisions alimentaires dam les pays dévastés par la guerre ont atteint te niveau le plus bas de toute l'histoire.Nos prétendus cadeaux à nos ciliés, sous forme de don d'un milliard de dollars à la Grande-Bretagne et d’aide mutuelle à d'autres pays alliés nous assureront un bon accueil sur ces marchés.Je suis en complet désaccord avec ceux qui prétendent que le Canada ne peut se permettre de tels cadeaux \ Dans son distours au Club de Réforme de Montréal (2?novembre), M.Howe a insisté davantage sur la re- de savoir si elle sera capable d’importer du.bacon.Eh échange du bacon danois, elle pourra fournit du charbon, des bicyclettes, etc.Ma crainte est que tien de semblable ne constitue un échange acceptable pour son bacon aux yeux du Canada”.M.Watson a voulu amortir le choc que sa déclaration ne pouvait manquer de produire en Canada, en remerciant notre pays de ce qu’il a accompli pendant la guerre: "Nous serions enclins à acheter du Ca nada, et nous sommes reconnaissants à ce pays qu’il ait accru le plus possible sa production de bacon.Le sentimen* en Grande-Bretagne est tout à fait en faveur de l’achat du bacon canadien”.¥ ¥ ¥ La vérité paraît tout autre.Nous la tenons de M.J.-G.Gardiner lui-même.La question de l’élevage du porc et de la production du bacon, pour satisfaire les besoins de la Grande-Bretagne a fait le sujet de nombreux débats parlementaires depuis le début de la guerre.Le 3 juin 1942, le ministre de l’Agriculture en a longuement parlé à la Chambre des Communes, en réponse à des interpellations de députés de l'opposition.Le ministre a admis qu’en dépit d'efforts soutenus, l’éleveur canadien n’avait pas réussi à améliorer suffisamment la qualité du bacon pour satisfaire le goût du consommateur anglais.Car le Canada deste employé qui, à longueur de vie, racle, récure, nettoie, extirpe, lui aussi.Son activité ne se déploie pas sur les parquets ni sur les murs: elle s'exerce sur les épreuves d'imprimerie qu’on lui confie et dont il expurge avec un soin méticuleux les fautes de typographie, de syntaxe, d’orthographe, pour que le lecteur ait entre les mains, quelques heures plus tard, un journal sor/a-ble (sortable est bien le mot, puisque le journal vient de sortir des presses).Ce bonhomme-là s'appelle le correcteur.Si le caractère de sa corvée quotidienne l'apparente assez étroitement aux gens de peine dont il a été précédemment parlé, il y a, d’autre part, ceci qui t’en distingue nettement: c’est que, rèple générale, on ne prodigue ni salive ni encre à le flagorner.Comme il est tenu à l’infaillibilité, on s’attend qu’il fasse son travail à la perfection et l’on ne s’occupe pa* autrement de lui.Hais que soient relevées dans le journal une ou deux pauvres petites coquilles, univalves ou bivalves, oh, alors! faut entendre comment on Venguirlande.Il pourrét répondre, à la vérité, comme le fit un jour l’un de ses confrères au proie arrogant qui lançait: — Il est resté une faute dans l’article de M.Untel.— Qui vous a dit ça, vous?., Mais sa magnanimité lui déconseille de telles représailles.Il se contente d’encaisser sans mot dir:, quelque envie qu’il en ait.C’est pour toutes ces raisons Préparation diplomatique de l’assaut décisif Nouveaux entretient au Caire — Gains alliés en Italie — Expédition aéro-navale dans les îles Marshall — Les Japonais sacrifieraient 5,000,000 d’hommes dans une guerre d’usure ne se contentait pas de fournir la quantité dont la Grande- Bretagne avait besoin, mais aussi 1?qualité afin de fournit 1 qu’ont dù être estomaqués ceux qui le genre de bacon auquel le consommateur anglais est ' habitué.En vue d’aider l’éleveur et l'agriculteur canadiens, M.Gardiner a voulu passer avec l’Angleterre des contrats de longue durée.L’Angleterre n’y a pas consenti pour une raison évidente.La Grande-Bretagne entendait être libre, sitôt la guerre terminée, d’acheter son bacon du Danemark.M.Gardiner le savait depuis longtemps, puisqu’il déclarait le 3 juin 1942: “Petsonm nt peut dire quelle sera la situation du Danemark après la guerre, mais à mon avis nous devons admettre que les maîtres actuels de l’Europe [les Allemands] font preuve d’autant de sagesse en ce qui regarde ta production des denrées alimentaires que dans la connaissance des pays alliés que nous avons aides pendant conduite de la guerre; je serais bien snrpris si te Danemark la guerre.Après avoir longuement expliqué le cadeau d un \ ne produisait pas plus de porcs qu avant la guerre.(.) Le milliard à la Grande-Bretagne et l'aide muruclle aux Na tions-Unies, !e ministre a tiré la conclusion suivante: "J'ai confiance que l’aide que le Canada apporte à ces pays durant la guerre paiera de riches dividendes sous forme de commerce pout l’après guerre.Les habitants de ces pays seront habitués de voit le nom du Canada sur chaque article expédié en vertu de l'aide mutuelle, et ils se rappelleront longtemps que le Canada est venu à leur aide alors qu’ils avaient tant besoin de secours.C'est ce qui me pet met d’affirmer que l’aide mutuelle est un placement solide que le Canada fait sut les futurs marchés de l'étranger .L’argument de la reconnaissance fait très bien dans un discours politique, destiné à réchauffer l'enthousiasme de partisans désemparés, mais il ne résiste pas à 1 analyse des faits.¥ ¥ ¥ A la première épreuve, la reconnaissance faillit lamentablement.M.Gardiner l’a laissé entendre à Regina, le 30 novembre.Le ministre de l'Agriculture s appuyait sut des informations fournies par les représentants du ministère de l’Agriculture d’Angleterrêe, Le 1er décembre, M.J.-A -Scott Watson, conseiller agricole auprès de l’ambassade anglaise à Washington, a apporté des précisions révélatrices.“L’idée que j’ai voulu faire ressoifir à Regina, a-t-il dit, c'est que la Grande-Bretagne aura besoin de blé ainsi que d’une grande quantité de fromage du Canada après la guerre.Le fromage est un bon aliment pour l homme poiu’re.Ma crainte est qu'après avoir acheté du blé et du fromage canadiens, U nous soit extrêmement difficile de nous procurer du bacon canadien en échange d autres produits .Si M.Howe sait faire valoir l’argument de la reconnaissance, l’Angletetrre n’ignote pas l'art d’y répondre par l'argument de la pauvreté."Toute la difficulté réside dans l’incapacité de la Gran do-Bretagne de payer, non dans son besoin d approvision nement en bacon, a ajouté M.Watson à titre de représentant du gouvernement de Londres.La Grande-Bretagne seta Danemark est l'une det smeilleures régions agricoles de l’Europe et c'est aussi l’une des mieux organisées.Les Danois connaissent l*bgzicultute; ils savent administrer des exploitations agricoles et élever des porcs, et leur pays n’est pas un champ de bataille” Le ministre terminait scs remarques en affirmant qu'après la guerre, les Danois auraient les mêmes produits de qualité supérieure et que nous serions sages de maintenir les nôtres en état de faire face à la concurrence possible.¥ ¥ ¥ M.Gardiner est un réaliste.Il sait bien qu’après la guerre, les nations que nous aurons aidées au prix de glands sacrifices seront tentées, comme par le passé, de céder aux attraits et aux avantages de la concurrence.L’Angleterre achètera son bacon du Danemark?Pourvu qu’elle n’importe pas son blé d’Argentine et de Roumanie! Car l'Angleterre, après la guerre, sera un pays pauvre! Elle ne pourra pas se permettre d’acheter de nous plus qu'il ne faut! La situation du Canada et de la Grande-Bretagne n'est pas la même.Nous sommes un pays riche, alors que l’Angleterre est terriblemnet pauvre! M.Howe disait à Moncton: “Je suis en complet désaccord avec ceux qui prétendent que le Canada ne peut le permettre de tels cadeaux”.M.J.-A.-Seott Watson, conseiller agricole auprès de l’ambassade anglaise à Washington, aurait pu dire: “Je suis en complet désaccord avec ceux qui prétendent qu’après la guerre nous pourrons acheter du bacon cana- ' ont lu l’autre jour, dans le New York Times, l’éloge à loul casser qu’un rédacteur a fait, en page éditoriale, de son correcteur.Mais il faut vous dire que l’objet de ce panégyrique inusité venait de passer de vie à trépas, à l'àge respectable de quatre-vingt-deux ans.Comment le malheureux a-t-il pu tenir aussi longtemps le coup dans l’exercice d: son sale métier?Mystère! Quoi qu’U en soit, Ikulçur de l'article, so.i tribut acKrtfê à la mémoire du défunt, étend ses hommages à toute la noble corporation, dit les qualités de patience et d’omniscience qui font le bon correcteur, opine que c’est plutôt la tâche d’un "vieillard”, parce qu'il y faut ia sagesse.Il va jusqu’à comparer la fonction à celles d'un tribunal de suprême instance en rappelant que c’est le correcteur qui décrète en dernier ressort en tant que grammairien, styliste et historien.Tout cela est magnifique.Seulement, s’il faut, pour mériter semblables éloges, attendre d’être mort.,, Bien ne.garantit, d'ailleurs, que le monsieur qui a écrit cette touchante homélie n'ait pas eu, en la rédigeant, une arrière-pensée: cel’t qu'il n’anrail plus à renouveler son tour de force.Comment cela?Pour le., raisons que voici: en marge des (suite à la dernière page) Bloc - notes Dans notre article de samedi, où il était dit, à propos des nominations présidentielles qut doivent etre ratifiées par le Sénat des Etats-.- - Unis: Il en est de même, théor'que- dicn.Car l'Angleterre est un pays pauvre ’.Simple diffe- ment, par les ministres, mais il est ‘Pour” et par rence de points de vue! A Londres et à Ottawa on n’envi sage pas les questions commetfules de la même façon! L’agriculteur canadien sera déçu.Comme M.Howe, il comptait trop sur la reconnaissance.Mais le consomma leur, qui a fait des sacrifices pour agrémenter le menu de j nos alliés, se consolera à la pensée qu’il ne manquera plus} Les secrétaires d'Etat, chefs des dix départements de l’Exécutif, nommés par le President avec le entendu que ceci est de pure forme, on aura compris qu’il fallait lire pour et non point par.L'A n n u aire interparlementaire Sédition de 1931, page 208) dit à cè de bacon dorénavant, 6-XII-43 Léopold RICHER Notre Rencontre (Par Gérard PELLETIER) I neur au premier souper, M.Orner i Héroux du Devoir, reçut l’hommage “Nous avons en mains une | d’un grand ban.soixantaine de feuililes étudiantes, dont le tirage global se chiffre déjà à plusieurs milliers d’exemplaires.Il s’agit pour nous de les améliorer sans cesse, de faire donner à chacune tout ce dont elle est capable.Nous voulons, Iravai'Uant tous en collaboration, bâtir une presse étudiante canadienne-française qui soit au niveau des autres.” Ainsi se présentait le travail à entreprendre, dans cette rencon tre des journaux étudiants tenue l’autre lour à Ville LaSalle.J.E.C.avait réuni lâ quelque quatre-vingts délégués de parlout, dont cinquante garçons et mie trentaine de jeunes filles.La délégation couvrait à péu près toute la population étudiante de langue française.Nous avions même un rédacteur acad’en du Nôuveau-Brunswick.response, ble au journal Liaison à l’Université Sainf-Jorepb de Memramcook.De l'Ouest nous étaient parvenues des réponses, des adhésions, promesses de délégations futures.r/était une joyeuse bande.On commença par des chansons, comme il se doit, et le président d’hon- L'extrovogonce, voilà l'ennemi ! Je ,'entreprendrai pas de rcla-ler par le menu toutes les discussions subséquentes.Qu'il me suffise de noter au passage les conclusions principales, les idées maîtresses qui se dégagent des assemblées.Tout d’abord, nous fûmes à la recherche de nos lignes de force.Î)uels sont, pour un journal de Tù>l-êge ou d’école, les sujets principaux?QuePe matière peut-on ex-oloiter?Quel est le champ d’intérêt qu’on doit couvrir pour capter le plus complètement possible l'attention de son public?Ce»t fri lie « Trépamer, rédacteur au Copain (séminaire de Sherbrooke), qi: apporta à cette question la première réponse."Nous sommés étudiants.Toute question, pour être traitée dans nos journaux, doit «voir un aspect étudiant ou quelque connexion avec nos probiè-mes.Plus elle se rapproche de nos préoccupations ordinaires, plus elle a chance d'intéresser; plus elle (suite à la page deux) L'actualité Eloge posthume d'un porio et réflexions conséquentes Epar Edouard Biron) consentement du Sénat (qui n'est ia-mais refusé) et révoqués par lui forment ensemble le cabient du Présl dent.La Constitution ne fait mention ni du cabinet (visé pour la pre mière fois dans une loi de 1017) ni des ministres individuellement.Ceux-ci, en effet, sont uniquement les agents d’exécution de la politique du Président, reçoivent de lui seul leur direction cl ne répondent qu’à lui de leurs actes.Simples chefs administratifs, Us n’encourent au-, , cune responsabilité devant les Queind le concierge a fini de dèlo- Chambres, dont ils ne peuvent faire partie et auxquelles ils n'ont pas entrée.ger de tous les coins et recoins de l'immeuble l’ennemi-poussière ; quand, d’un torchon énergique, il a décrassé les vitres de toutes les fenêtres.leur donnaiit une transparence telle qu'on les croirait inexistantes, n'était la douce chaleur qu’elles captent jalousement.Von dit de l’habile travailleur: “C’est un s.bon homme!" même si l'on ne prise que médiocrement ses tendances quel nue pmi égalitaires.Lorsque Mme Frottenplein.harassée de son incessante besogne, a réussi à obtenir de son serre-la-poigne de mari le concours d'une femme d, ménage, et qu'elle voit enfin tout reluire dons son honv\ ça lui arrache ce cri d'admiration à l’endroit de sa précieuse auxiliaire: "Non, mi, c'l'anne sarieuse de bonne, femme!” Voilà des humbles dont on sait au moins reconnoitre les mérites.Dans tout journal soucieux de sa tenue, il y a, pareillement, un mo- > Nous avons déjà fait remarquer que, pour la première fois dans 1 histoire des Etats-Unis, voici quelques jours, un Secrétaire d’Etat, — M.Cordell Hull, au retour de son voyage à Moscou, a fait un rapport direct nu Congrès, —- c'est-à-dire aux deux chambres, Sénat et Chambre des Représentants, réunies.L'autre révolution Puisque nous reparlons du régime politique des Etats-Unis, soulignons une dépêche de ce maiin qui se rattache aux répercussions du progrès des communications sur les moeurs électorales du pays.On dit donc qu’il esl sérieusement question pour les républicains de limiler à quelques brefs diseours publies la campagne de leur prochain candidat à la présidence.On allègue La préparation diplomatique de l'assaut définitif contre l'Allemagne se poursuit avec une grande activité dans le Proche-Orient où sont rassemblés les chefs politiques et militaires des Nations-Unies.Après avoir établi au Caire les plans de la campagne contre le Japon, ils ont établi à Téhéran les plans de la campagne contre l'Allemagne qui doit atteindre la première la phase décisive.On soit maintenant que la grande conférence tripartite qui a réuni pour la première fois Churchill, Roosevelt et Staline s'est tenue dans la capitale de la Perse du 28 novembre au 1er décembre.D'autres entretiens se poursuivent actuellement pour disposer des détails des vastes plans qui ont été formulés, C'est ainsi que les chefs militaires de Grande-Bretagne et des Etats-Unis, de retour au Caire, siègent depuis vendredi et mettent la dernière main aux plans de campagne.On rapporte que le premier ministre Churchill participe à leurs travaux, mais on n'a pas révélé les allées et venues du président Roosevelt depuis la fin de la conférence de Téhéran.Une agence de nouvelles allemande prétend par ailleurs que le président de la Turquie, M.Ismet Inonou, a eu samedi des entretiens au Caire avec MM.Churchill et Roosevelt.Le principal communiqué publié à l'issue de la conférence de Téhéran peut se ramener à deux propositions principales.La première, d'ordre militaire, dit que les états-majors des trois puissances en sont venus à une entente complète sur l'étendue et le moment des opérations qui seront entreprises simultanément contre l'Allemagne de l'est, de l'ouest et du sud.Le texte du communiqué ajoute même que l'entente conclue est une garantie de victoire.La seconde proposition, d'ordre politique, dit que les quatre puissances reconnaissent qu'elles sont responsables avec les autres Nations-Unies de l'établissement d'une paix durable après la guerre et qu'elles entendent rechercher la collaboration de toutes les nations, grandes et petites, qui voudront faire partie de la grande famille mondiale des nations démocratiques conformément aux principes de la Charte de l'Atlantique.La conférence de Téhéran n'a pas donné lieu à un suprême ultimatum au peuple allemand comme on l'avait prévu.Le correspondant Louis-P.Lochner, qui a dirigé le bureau de [''Associated Press'' à Berlin de 1928 à 1942, souligne le fait que le communique de Téhéran ne comporte pas les mots ''reddition sans conditions".Il estime pour sa part que c'est là une décision éminemment politique parce que, dit-il, si lo population des Nations-Unies n'a jamais interprété cette expression comme une tentative de réduire l'adversaire en esclavage, Goebbels et la propagande allemande prétendent depuis des mois que les Alliés veulent créer une vaste colonie de coolies au centre de l'Europe.M.Lochner estime que la déclaration le Téhéran va redonner espoir oux démocrates allemands.Lo conférence de Téhéran n'a apparemment pas réglé les questions litigieuses qui se poseront lorsque les armées allemandes auront été chassées des territoires occupés.Les communiqués ne parlent pas de la question des frontières polonaises, qui sera probablement la plus épineuse de toutes, ni de l'imbroglio en Yougoslavie où les partisans communistes ont créé un nouveau gouvernement qui s'oppose à celui du roi Pierre.La presse soviétique n'a cependant pas perdu de temps à lancer un avertissement aux vassaux de l'Allemagne, notamment lo Finlande, la Hongrie et la Roumanie, en leur disant que leur sort sera d'autant plus dur qu'ils seront restés plus longtemps attachés à l'Allemagne.Quant à la Turquie, on se demande si elle ne déclarera pas la guerre à l'Allemagne à la suite des entretiens du Caire auxquels aurait participé le fils du roi Ibn Séoud de l'Arabie.A son retour en Turquie après un séjour à Berlin, l'ambassadeur Franz von Papen a déclaré que l'Allemagne désire continuer à la Turquie sa collaboration amicale afin de lui épargner les horreurs de la guerre.EN RUSSIE Les opérations militaires sont toujours fort actives en Russie.Elles sont actuellement plus considérables en Russie-Blanche qu'en Ukraine.Le dernier bulletin soviétique rapporte que les troupes rouges ont poussé au delà de Propoïsk pour s'emparer de Varodol, Bahki et Zablouka et qu'elles menacent maintenant l'important centre ferroviaire de Mogilev.D'autres colonnes rouges serreraient de très près les Allemands aux environs de Zhlobin et de Rogachev dans la région de Gomel.C'est tout le tronçon de la ligne de chemin de fer Leningrad-Odusso, qui passe en Russie-Blanche par Kalinkovichi, Moryr, Zhlobin et Rogatchév, qui mtnact d'échapper aux Allemands.Les Allemands commenceraient à manquer de réserves en Russie-Blanche et se verraient parfois obligés de lancer dans la mêlée des troupes du génie.En Ukraine, dans la région de Krementchoug, les Russes réclament de nouveaux gains.Les Allemands continuent à contre-attaquer devant Cherkasy, entre Kiev et Krementchoug, mais sans succès.A l'embou-chute du Dnieper, les Russes ont consolidé leurs positions dans la péninsule de Timbourg, sur la rive orientale du grand fleuve, où les Allemands avaient établi une tête de pont il y a quelques jours en écrasant ces troupes allemandes.La possession de cette péninsule a de l'importance pour les Russes cat elle leur permet d'interdire oux Allemands l'utilisation des ports de Kherson et de Nikolaïev.Le bulletin allemand dit que les troupes soviétiques ont lancé de nouvelles attaques en Crimée de leur tête de pont au nord-est de Kertch, mais qu'elles ont été repoussées.Au sud de Kertch, les Roumains auraient enfoncé les positions soviétiques et se dirigeraient vers la mer.EN ITALIE L'offensive alliée progresse sur les deux secteurs du front italien.La 5e armée du général Clark s'est emparée de nouvelles hauteurs qui commandent la route de Rome à l'ouest de Mignano et a repoussé une contre-attaque ennemie à l'ouest de Venafro.Il sa serait déroulé de furieux corps à corps sur les pentes des monts Maggiore et Camino.Dans le secteur oriental du front, la 8e armée anglaise a poussé jusqu'à la rivière Moro, à 10 milles au nord de la Sangro.Cela représente une avance de deux milles et demi au delà de San-Vito dont on a annoncé la chute hier.Les troupes britanniques ne sont plus qu'à 14 milles du port important de Pescara sur l'Adriatique.Les contre-torpilleurs anglais ont soutenu ta 8e arméa en bombardant la route e&tière entre Pescara et Giulianov de même qu’entre Ancône et Benédetto.Ils ont coulé en outre trois petits navires allemands.L'aviation alliée a exécuté la nuit dérnière une vigoureuse attaque contre le grands port de Salonique en Grèce.Hier, des bombardiers des Etats-Unis avaient attaqué des navires au large de Leros dans le Dodé-canèse.Un bulletin de l'Amirauté annonce que les sous-marins anglais ont coulé 16 petits navires allemands au cours d'incursions dans la mer Egée.Un pétrolier aurait également été torpillé au large de Toulon.DANS LE PACIFIQUE La radio de Tokyo annonce aujourd'hui que 100 bombardiers attachés à des porte-avions ont attaqué dimanche matin des objectifs dans les îles Marshall et qu'ils ont causé des dommages aux bases japonaises.Vingt bombardiers alliés auraient été descendus.La radio de Tokyo prétend que des escadrilles de la marine japonaise ont poursuivi cette escadre, qu'ils ont coulé un porte-avions et un croiseur lourd et avarié un autre porte-avions et un autre croiseur.Les Alliés n'ont pas encore parlé de cette expédition contre lei îles Marshall.En Nouvelle-Guinée, les troupes australiennes poursuivent leurs opérations qui visent à s'emparer de Wareo dans la péninsule stratégique de Houon.L'aviation alliée a attaqué divers objectifs dans la région des îles de Bougainville et de la Nouovelle-Bretagne et poussé jusqu'à [île Hare qui se trouve dans, le Pacifique central à 400 milles seulement au sud de la grande base navale de Trouk.Le premier ministre de [Australie, M.John Curtin, qui s'intéresse naturellement surtout à la guerre contre le Japon, a demandé de nouveau aujourd'hui que l'on accorde plus d'attention au front du Pacifique.La résistance fanatique des soldats japonais, dit-il, prête quelque vraisemblance à la théorie qui veut que le Japon soit prêt à sacrifier 5,000,000 de combattants dans une guerre d'usure contre les démocraties.Certains experts estiment qu'il ne faudra que cinq ans au Japon pour devenir la plus grande puissance militaire du monde si on lui permet d'exploiter les énormes ressources dont il s'est emparé et d'organiser la production en utilisant la main-d'œuvre des peuples qu'il a réduits en esclavage.C'est pourquoi, dit M.Curtin, il ne faut pas seulement soutenir mais accélérer l'allure de l'offensive entreprise contre le Japon.— Pierre VIGEANT.6-XII-43 surcharger les voies ferrées par des courses imi'Ucs.On pourrait invoquer d’autres raisons, de caractère plus durable.Ue développement des voies fer rées a facilité — et provoqué - les randonnées fantastiques d’un Bryan.A ce candidal jeune, éloquent, on a imposé d’invraisemblables courses Il en fut de même de Théodore Roosevelt.C était Tuiic des grosses cartes do leurs partis.Mais voici qu’avec la radio, sans bouger de riiez soi.le candidat peut atteindre des millions et des millions d'hommes qui n’ont pas davantage a se déplacer.Pourquoi persisterait-on à multiplier les efforts anciens, qui ne pourraient tsiijours atteindre, pur rapport à la radio, que des auditoires fort limités.Un harmonium Si vous pouvez disposer d’un har- vous trouverez à faire un grand aele de charité en vous adressant au R.P.Paul (iirard, Ü.M.I., Monastère des Oblats, 9621.baulevard La Salle, Ville La Salle (Téléphone: DExter 8298).Cet harmonium s’en ira au vicariat apostolique du Kewatin.O.H.a-xn 43 cat net du gtinckeux Si les partis politiques perdent de la faveur, les parties de hockey reprennent leur intérêt de naguère.Le peupla a besoin d’idolés.Les "Canadiens” lui one, le papier-tenture, les patrons en papier pour vêtements, les joueurs et les jeux en papier (autre ques les cartes à joueur), les fleurs artificielles et tout autre produit entièrement fabriqué de film transparent.Ces trois ordonnances sont similaires et toutes trois décrètent que les administrateurs ont des pouvoirs discrétionnaires pour changer les termes des permis si les conditions existantes le justifient.avions seront relayés nar d’uitrès j •.au t-anaaa appareils d’une cscfdrille baTe au ?aU derPOt le pIus rappr°-Hqyaume-Uni.La imite .riî i Vie de Ifurs foyers et on paiera L’Imprimeria Populaire, Limitée 430, Notre-Dame est, Montréal Têt.BEIair 3361 •suivie, alors, sera la plus directe en vue de desservir, dans le plus bref delai possible, toutes les unies canadiennes sur le front méditerranéen.Î5 équipages, comprenant des pilotes, des pilotes de relève, des radiotelegraphistes-initrailleurs ' et des navigateurs, se sont entraînés, au cours du mois dernier, en vue de ces envolées transocéaniques.Ils ont, plusieurs fois par semaine, vole sans escale jusqu’à Edmonton, soit une distance de 1950 milles.Cette nouvelle ligne aéropostale mettra la capitale du Canada en communication directe avec les li-()e feu.En fait, les équipages a:'ei .au .transport du courrier :0l!!LquL^r,a lenr transport aller et retour jusqu a leurs domiciles.Pas plus cher à cause des Fêtes Ottawa, 6 — Les Canadiens qui, !es jours de Noël et le Jour de l’Au, prenaient leurs repas dans les hôtels et les restaurants n’auront pas à payer davantage qu’ils ont l’habitude de faire aux jours ordinaires de l’année, La Commission des prix et du commerce rappelle aux propriétaires d’hôtels et aux restaurateurs que les règlements ne leur permettent pas d’augmenter leurs prix uniquement parce qu’il s’agit d'une journée de fête.Les propriétaires d’hôtels et les restaurateurs qui effraient, outre le repas, en 1941 et en 1942, un diver- CALENDRIER 12e mois DECEMBRE 31 tours Demain: MARDI 7 DECEMBRE 1943 S.AMBROISE, év., conl.et docteur.Lever du soleil.7 h.27.Coucher du soleil.4 h.16.Lever rte la lune.2 h.30.Coucher rte la lune.2 h.35.Premier Quartier, le 4.à 6 h.3m.du mat.Pleine Lune, le 11.* 11 h.24m.du mat.Dernier Quartier, le 19, à 3 h.3 m.du soir.Nouvelle Lune, le 26.à 10 h.50m.du soir.seront considéi-pJ ‘'V repas, en uni et en i:i4z, un diver- activité de service et tmîl e*1 ÎT'i !is-se™cnt particulier à un prix spé-f.c lQus ceux qui cjaj peuvent l’exiger encore cette « , -, - ' WMA VJ U I gnese“ • «i M ¦* *» ¦ Co-suutJ wiih lb Geraldine Fitzgerali A I'affJrhe PHLQCE TM SiKtbMt! stv it 'taMuci' | Aujourd'hui et jusqu'à jeudi RANDOlFH SCOTT JAMES BROWN "Corvett K-225" Autre spectacle : Saludos Amigos" A L’ERMITAGE Les jCompagnons de saint Laurent à leur meilleur dans Le Barbier de Séville de Beaumarchois Décors ct costumes neufs 9-10-11 décembre en soirçe BILLETS : $1.05, 80c, 67c, 53c Location: 1275 St-Vlateur O.TA.1418 et chez Archambault.¦HUHK JW 11 'WJWISH ^ tZZSZZfcL eme sema in'» TkSnUNCEDEffiR of RMilF HITLER ’Triïh lUDfflG DONATÜ CALE SONDF.RSAARD Gtorgt D0UNZ Fritz A0RTNER lixhrig STOSS EL Wîilttm TRERK ftl » OONALÔ^H.SOO'f ."S -WOODS KHO* QvmUiNJ A l'affiche PRINCESS ARCADE A L’AFFICHE \' MARCEL CHABRIER] ANTOINETTE CiROUX JEANNE DEMONS ESPOiR % tcris * ntnf** aiieit't1** HUGUETTE 0L1GNY DEHiS DROUIN - ELISIGIREAU RENE VERNE Grave accident de chemins de fer Massillon, fi (A.P.) — Un convoi de voyageurs de Pennsylvanie, courant de Chicago à Pittsburgh, a écrasé une automobile à un passage à niveau près d’ici ct tué trois personnes; Il fut ensuite attrapé par en arrière par un autre convoi ct la collision fit dérailler deux trains ct blessa 25 personnes.La cause de l’accident serait un brouillard épais qui empêchait une anl LE 13 DECEMBRE à 8 h.30 SIR THOMAS BEECHAM dirigera LE GRAND ORCHESTRE DE LA SOCIETE Les Festivals de Montréal St.James United Church.463 ouest, rue Ste-Catherine Souscriptions à prix populaires : .50.*1„ 11,50.Places disponibles maintenant au bureau H, Hôtel Windsor - BElaJr 2238.HIS MAJESTY’S LES CONCERTS DIM.12 DEC.3 H.P.M.SYMPHONIQUES célèbre chef d’orchestre VLADIMIR GOLSCHMANN Saint Louis Symphony Orchestra Souscriptions populaires: 1.75, 1.50, 1 00 - 400 fauteuils à .50 En vente, chambre 125 hôtel Windsor _HA 3157 LE BARBIER DE SEVILLE Crise du combustible sans précédent aux Etats-Unis Washington, 6 (A.P.) — Le secrétaire à l’intérieur Harold Ickes a déclaré au Congrès que les Etats-Unis font face à une crise du combustible sans précédent dans leur histoire, à suite de la perle de ’0,000.000 de lonnes de charbon à .Mise des grèves des mineurs.Il a ait celte affirmation en deman-uint un crédit spécial de 13,550.-'00 pour appliquer un projel de répartition des approvislotme-trieni» de charbon rct hiver.Ce montant a été approuvé.Des bureaux de répartition seront établis dans (55 villes.M.Ickes note que la dernière série de grèves, fin octobre et début de novembre, a coupé la production de charbon de 10,000,000 de tonnes, qui s’ajoutent à une perte de 30,000,000 durant les cessations de travail antérieures provoquées par le différend sur le contrat entre les mineurs de John L, Lewis et les employeurs.visibilité convcnah]e.L’actualilé L’emploi fies dentiers tels qu’on les uiilise présentement date du tSe siècle.économique Semmiir» — Août-Sepfembr» 1941 • L* Servie» forestier d» la previnca de ’ Québec, par Fernand Boutin.La conflit dat doctrine» économique* ‘ en France h la veill* d* la guarrt, par Roger Picard.L'exploration foreitiéra, par Idgflr Porter.^ibliographifl: le* livre» (commentaire» bibliographique» 1, Pour le» chercheur* (bibliographie clmifiéo).Au comptoir .35*: par la po*t* .40*.I SERVICE DE LIBRAIRIE OU “OEVJiR” .¦.; ¦, '.;r »'M*4*V**! ¦'/ ' s K* •*, Variétés Lyriques — Monument National 20 - 22 • 23 - 25 - 27 - 29 - 30 janvier en soirée 175 personnes en scène dans VALSES « VIENNE GREAT WALTZ Musique de Johann Strauss (père et/ils) rnAOLf* COULET — MARTHE LETOURNEAU — LIONEL DAUNAIS C ALPRED BRUNET — OLIVETTE THIBAULT _ ROLAND CREPEAU “ «oJcES TOUPIN - MARCELLE CIR - IULIEN LIPPE - ROSAIRE — GtOKQti ' PHARAND — PAUL CUEVREMONT et LES DISCIPLES de MASSENET Les Ballets Morenoff JEAN GOULET, chef d’orchestre LE BARBIER DE SEVILLE de Beaumarchais est i l’affiche de l’ERMITACE chcx le» Compagnons de saint Laurant pour très prochainement.Cette comédie éhourîff-nt,.sera louée dans le rythme ds la comédie italienne par une trouoe iâuna.alflrtfl da betuK *0',* è '’ERMITAGE pour .k* Amateurs d« rirfl* * la hantait*.j Prl«.des place.: SI 65.$1.35, $1.20.90c t taxe* hKl«.«> • En vente au Monument National de 10 heures s 6 heures.PL.9161 VOLUME XXXIV — No 280 LE DEVOIR, MONTREAL, LUNDI 6 DECEMBRE 1943 S PAGE FEEIINin Diractrico : Germain* BERNIER Lâ bonne entente ne va pas Dans ce foyei sans concessions.Une dépêche récente nous raconte le fitiîTulvant, qui montre bien que la bonne entente est souvent basée sur des concessions, au moins d un coté, quand elles ne sont pas mutuelles.Donc, voici la substance de cette dépêche.‘ La favorite d an cheik (arabe, naturellement) porte aujourd'hui les bouclés d’oreilles qui devaient être le cadeau de Noël de Mrs Philin Kerker parce que son mari capitaine de l'armée américaine, n'a pas pu parler un français asscr rapide.Mais Mrs Kerker se console en pensant que son mari, à présent avec la commission alliée en Afrique du Nord, a à son crédit une menue victoire en faveur des relations internationales.Voici ce que le capitaine Kerker a écrit à 'a maison: Accompagné d un ami archeologdpe qui connaît très bien le pays arabe, j'ai rencontré un orfèvre et acheté une paire de boucles d’oreilles, simplement mais exquisement travaillées, pour vous en faire cadeau.Le jour suivant, j étais l invité d'un chef arabe qui donnait une fête.La conversation se poursuivait en français et je faisais ma part sans aller trop vite.Dans un moment de répit, je montrai les bijoux pour avoir l’opinion de mon hôte.Mais le chef se méprit sur mon geste en les prenant pour un cadeau pour lui.Avec grâce il s’empara des bijoux, les accepta de la même manière et dit qu’il regrettait que je n’en eus pas quatre, parce qu’il avait quatre belles à favoriser.El il n’y avait pas possibilité de reprendre les bijoux ou de tenter une explication.J’ai accepté le dilemme aussi gracieusement que mon français me le permettait et porté un toast au bonheur du cheik et à l’unité internationale.C'est ainsi que vous avez perdu vos boucles d'oreilles.” Si ce brave capitaine continue de se ballader en Arabie et à fréquenter les cheiks, m est avis qu’il va faire attention, non seulement à son français, mais aussi à ses gestes et qu’il ne montrera pas de sitôt des bijoux aux fils du désert, même pour remplir un moment creux dans la conversation.Quand un homme s’entoure de tant de femmes, ce n’est pas surprenant qu’il saute sur les bijoux et se les approprie avant même de savoir leur destination.Le capitaine, en laissant aller les boucles d'oreilles si galamment, a peut-être en effet sauvé un brin de l’union internationale: reste à savoir si le cheik n'a pas troublé l’horizon domestique avec une seule paire de boucles d’oreilles quand il aurait en quatre jolis minois à faire sourire.G.B.6-XII-43 La femme et lo vie Dans le monde On ne peut, il est vrai, quelle que suit tu situation qu’on occupe, se confiner toujours chez soi et ne veiller qu’à la maison.11 faut à tout être une existence extérieure, c'est-à-dire dans laquelle il lui est donné, en fréquentant des étrangers, de faire preuve de qualités spéciales, telles que l'éducation, le savoir-vivre et l’amabilité.C’est à sa tenue dans le monde qu’on juge le plus rapidement une femme.Mlle ne doit s’y montrer ni trop réservée, ni trop exubérante, mais d’une sage modération, d’une gailé de bon aloi qui la feront apprécier de tous.Il est* si déplaisant de voir une femme se jeier à la tête des premiers venus, leur conter sa vie dès qu’elle les voit, les interroger sur la leur — se montrer, en un mot, bavarde et curieuse.Par contre, la jeune femme qui se tait obstinément, qui dans ses relations avec ses amis garde un silence mal approprié, ne fait point davantage honneur à son mari.Puisqu’elle ne dit rien, on la croit volontiers inintelligente; son visage renfermé — renfrogné — n’attire pas les sympathies.On la laisse vite dans son coin.Une telle femme ne facilite pas les affaires à son époux.Loin d’accueillir aimablement ceux qui pourraient lui être utiles, loin de leur ouvrir sa maison, de les y retenir par un charme agréable et prévenant, elle crée autour de son foyer un déplorable vide.Les gens se lassent rapidement de se mettre en frais pour qui n’y répond pas.Bien au contraire, ils se montrent tout de suite sympathiquement disposés pour ceux qui se révèlent intelligents, compréhensifs et sociables.C’est ainsi que la femme peut jouer un grand rôle dans l’avenir de son mari; sa bonne grâce peut aussi aider à l'établissement de ses enfants.Il importe donc qu’elle se surveille,sans cesse.Elle doit cultiver ses relations, que ce soit dans un but intéressé ou seulement amiral.Mais entretenir autour de soi de la vie et du mouvement est une garantie de réussite.Cependant, nous insistons encore sur la mauvaise opinion qu’une femme donnerait d’elle en se jetant à la tête des gens ou en se cramponnant à eux.Immédiatement chacun se détournerait.L’exubérance de sentiments amicaux vis-à-vis d’étrangers engendre facilement la vulgarité, qui est le pire des maux.Il est en effet très possible de penser que la vulgarité de manière s’étend aux sentiments.La femme perd alors immédiatement tout son charme.Il importe donc, lorsqu’elle va dans le monde, qu’elle prenne garde à ses gestes, à ses paroles, à ses façons d’ê* Ire.Elle ne regardera ses interloeu-leurs ni trop obstinément — ce qui ferait mal augurer de sa mentalité — et même de sa moralité — ni trop timidement, ce qui nuirait u sa grâce et pourrait faire croire chez elle à de là dissimulation et même à de la sournoiserie.Léducation mondaine est une chose très à part, très complexe et qui demande infiniment d’attention et de tact.trop calme J Pourquoi ne pas accueillir un enfant?Dans une jolie petite maison de Montréal, une dame r le l’ennemi c’est de tenir jusqu’à ce que les N itions-î donnen' des signes de tiéchis-sement sous ••• poids de la guerre, 1, ul indice trinifsse ou J’iiuîif-lé.cnce chez l’ui.iiuelcotiquo des pays libres euco nagera l’ennemi à Unir plus ’ocren ps.C’est rendu-r,f "e qui ccmp'c le plus dan une longue lutte.Le présent conflit est dc’enu une 11 "'uve d’endur nicc et risi la dernière eprise qui assure, a la victoiie u.a défaite.La guerre ”e p'endra fil que lorsque l’une ou l'aulre des forces en présence aura I, reitifude absolue de sa défaite.Tout ce qui pourra Les ouvriers ne sont pas seulement les salariés; ce sont tous ceux qui.directement ou indirectement, travaillent pour que le Canada puisse déployer un effort de guerre vigoureux.Ils comprennent les mères de famille, les ouvriers des mines et des forêts, ceux qui travaillent dans les usines, dans les ateliers et les bureaux; les cultivateurs et les pêcheurs; les hommes et les femmes d’affaires et les membres des profsesions libérales.Production et inflation Sur le front intérieur, nous avons eu deux batailles à livrer: le bataille de la production et la lutte contre l’inflation.Dans la bataille de la production, le Canada a remporté des succès magnifiques.Depuis le début des hostilités, il a doublé sa production, dont la moitié sert maintenant à des fins de guerre.Ses navires, ses avions, ses chars d’assaut, ses canons, ses munitions, ses vivres sont autant d’armes puissantes qui aideront à assurer la de-faite de l’ennemi.Cependant, si étrange que cela paraisse, les succès que nous avons connus dans Ja bataille de la production ont augmenté les difficultés que nous rencontrons dans la lutte contre l’inflation.En doublant notre production, nous avons doublé les revenus de ];) population canadienne.Toutefois, comme nous employons plus de la moitié de notre production a des oeuvres de guerre, nous n a-vons pas pu accroître les biens de consommation que la population pourrait se procurer avec ses revenus plus considérables.Si maintenant nous dépensions deux fois plus qu’en 1939, les prix monteraient, et la valeur de chaque dollar tomberait.Le produit qui coûtait 50 cents en 1939, coûterait plus d’un dollar aujourd’hui.Nous passerions par ce que les économistes appellent ^'inflation .Conséquences néfastes de l'inflation L’inflation n’est pas chose nouvelle dans le monde.Plusieurs pavs en ont fait l’essai, et toujours à leur détriment.Les mauvais ef- laisser croire à l’ennemi que la dé- fets de l’inflation se font seuiii le faite n’est pas certaine prolongera pins souvent et le plus forteincr.it le conflit.aux époques de guerre.Voici a Ce que nous devons le plus nous peu près comment le phénomène se rappeler à l’heure actuelle, c’est que produit: D’abord, les prix montent, nous sommes encore au plus fort Les salaires^ peuvent ensuite inonde la lutte, dans toutes les régions du globe, contre l’agression sans merci el le crime monstrueux aux quels se livrent des ennemis terriblement puissants.Nous devrons surtout maintenir el même, dans la mesure où nous le pourrons, accroître notre immense effort de guerre des quatre dernières années.Nous ne saurions risquer de perdre aucun des gains que nous avons déjà réalisés au prix de tant de vies humaines.Il est une chose dont nous pouvons être sûrs.Si la guerre ne se termine pas d’ici la fin de l’hiver en Europe, les forces canadiennes, britanniques et américaines seront, le printemps prochain, engagées dans la bataille qui sera la plus violente et la plus coûteuse en vies humaines que lotîtes celles qu’elles ont livré .iusqu’ici.Les chefs des élnts-nndors combinés sont tous d accord sur ce point.Cela devrait assurément engager chacun de nous m Ncuvcauié Le monde classique p*r André ROUSSEAUX •neontr* avec la* grands U maures Homère — Corneille — Racine — La fontaine — Boileau — Chateaubriand — Stendhal — Lamartine — Victor Hugo — Delacroix — Sand et Musaet — Mérimée — Sainte-Beuve — Les Concourt — Baudelaire — Rimbaud — Verlaine.Volume de 250 pages.Au comptoir $1.25, par la peate $1.15.SERVICE DE LIBRAIRIE DU “DEVOIR” ter, mais ils ne montent jamais aussi vile que les prix.L’argent additionnel payé en salaires lend a provoquer de nouvelles hausses dans les prix.Quelques personnes rusées et jicu scrupuleuses peuvent, par spéculation et mercantilisme.tirer avantage de l’inflation, mais tôt ou tard c’est la grande majorité qui en souffre.Au cours de la dernière guerre el des années qui la suivirent im-médiatement.les salaires se sont élevés rapidement, mais ce n est que dans quelques cas que cette hausse a i>ius que compensé l’augmentation enregistrée dans le coût do la vie, qui avait doublé.Lorsque les prix ont baissé, les salaires ont aussi commencé à fléchir.Pis encore, la chute des prix fut suivie de chômage.Celte fois-ci, nous avons cherché à éviter la meme difficulté.Nous l’avons évitée jusqu’ici.Si la chose est humainement possible, nous sommes déterminés à ' éviter jusqu a la fin de la guerre et durant la période de raprès-guerre.L’idée que je désire faire pénétrer ce soir Hans vos esprits rs» la suivante: Si nous voulons gagner la bataille contre le chômage durant les années de l’après-guerre, il nous faut tout d’abord gagner la.bataille contre l'inflation., ., ,.Je tiens, en attendant, a souligner qu’avec autant de force qu en temps de guerre l’inflation est Ton des movens les plus efficaces et les plus sûrs d’affaiblir le front intérieur.C'est pourquoi, dès le début même de la guerre, nous avons, au Canada, pris la résolution de prévenir l'inflation.Afin d'aider n défrayer les dépenses de guerre, le trésor national a prélevé une portion considérable du revenu additionnel provenant de Paccroisse-ment de la production, nu moyen de mesures comme l'impôt de 100% sur le surplus de bénéfices; l’impôt sur le revenu, qui pèse djune façon partleulièremenl lourde sur les revenus moyens et les revenus supé- rieurs; les emprunts de la victoire et l'épargne en temps de guerre.Les impôts et les emprunts, nous le savons tous, ont considérablement réduit le montant d’argent qua nous gardons dans nos goussets.En dépit de la répugnance qu’ils peuvent nous inspirer, les impôts de guerre ont contribué à conserver leur pouvoir d’achat à tous les dollars qui restent à chacun de nous.L'établissement du plafond des prix Nous avons constaté cependant, il y a deux ans.que les impôts et les emprunts seuls ne pourraient nous faire gagner la bataille engagée contre l’inflation.Les prix montaient trop rapidement.La valeur d’achat du dollar fléchissait sans cesse.Le moment était venu de recourir à une mesure plus énergique.Nous avons alors décidé de combattre l’inflation par la réglementation directe des prix.Sur torn les prix, nous avons virtuellement établi un “plafond".Chacun a fait bon accueil au “plafond” des i prix pour les articles qu’il devait 1 acheter.Mais pour chaque acheteur il faut un vendeur, et l’on ne saurait réglementer le prix d’achat sans réglementer aussi le prix de vente.C’est là (rue la lutte contre l’inflation demande de l'abnégation et de la force de caractère.Chacun voit l'avantage immédiat d’une augmentation de revenus, qu’il s’agis-1 se d’obtenir des prix plus élevés j pour ce que Ton vend, ou un meilleur .salaire peur son travail.Il n’est pas aussi facile de comprendre qu’un plus fort revenu monétaire ne sera d'aucun avantage si, à cause de la hausse des prix, Tar-gent achète de moins efl moins de marchandises, fl faut féliciter la grande majorité des Canadiens d’avoir compris que Tiifflation leur ferait du mal; leur patriotisme leur fait aussi comprendre que l’effort de guerre souffrirait de l'inflation.Importance du contrôle des prix Lt lutte dans le domaine de la production a commencé il y a] quatre ans.' Elle a été particulière-j ment ardue pendant le* deux pre-j mières .innées.Cependant, le suc-j cès qui a couronné les efforts du Canada a émerveillé tous nos alliés.Nous avons aussi commencé à organiser la lutte contre l’inflation il y a quatre ans.mais nous n’avdns cf-fectivenient engagé la bataiBle qu’il y a deux ans, lorsque nous avons établi le plafond des prix.Dans ce domaine, également, le Canada a obtenu de beaux résultats.Depuis $a décoration de-la guerre, le coût de la vie au Canada n’a augmenté qu’un peu plus de 19% comparativement à 53% au cours de la période correspondante de Tau-tre guerre.De 1939 jusqu’à l'établissement du plafond des prix, il y a eu une hausse de 15%.Nous avons s; bien réussi à maintenir le plafond des prix que, depuis l’inauguration de ce régime, la progression ascendante n'a guère dépassé 3%.Au cours des deux années correspondantes de la derniè-! re guerre, les prix avaient monté de 33%, ce qui est exactement dix fois plus.Le netiple canadien lutte ‘contre l’inflation avec l’aide du gouvernement du Canada.Le plafond des prix est à la première ligne de ce front de bataille.Si nous ne réussissons pas à tenir celte ligne, toute la structure de notre effort de guerre en sera ébranlée.Nous compromettrons la production soutenue et ininterrompue des munitions de guerre et des denrées alimentaires.Nous amoindrirons la valeur des épargne.; de gu e ère et, de fait, de loutes les épargnes, tant obligatoires que facultatives.Nous réduirons la valeur des allocations aux familles des soldats et tjes pensions d’invalidité des soldats eux-mêmes.Ce qu’il y a de plus grave, c’est qu’en diminuant In production nous exposerons à de plus grands risques la vie de nos combattants.Si le front de bataille commence à s’effondrer, si le plafond des prix s’écroule, tout le monde, à la longue, y sera perdant.La nécessité de limiter le coût Quand le gouvernement a entrepris de limiter la hausse du coût de la vie en 1941, i1 a clairement ex-j pliqué que le plafond des prix ne saurait être maintenu que par la ! imitation du coût de la production des denrées.Cela impliquait le contrôle du prix des produits agricoles et des salaires.N'^is savons que le prix des produits de la fer" e ne saurait être contrôlé sans le concours du cultivateur, de même que les salaires ne peuvent Têlrc sans l’nppi.i de la classe ouvrière.En d’autres termes, nous avons demandé aux cultivateurs et aux ouvriers de se mettre en front de bataille et de tenir tête à l’inflation, tout comme ils avaient été sur la première ligne dans la lutte pour la prod notion.Mois le fardeau de ja lutlc contre l’inflation n’a pas élé placé sur les seules épaules de Tagrirulteur ou du salarié.La charge a été répartie entre Beux qui étaient le mieux en mesure de la supporter.Pendant le conflit actuel, le Canada a entrepris et dirigé, sur une échelle inconnue jusqu'ici dans les pays démocratiques, un nivellement par le haut et par le bas des revenus dépcnsables.l.e nivellement par le haut a atteint les personnes qui jouissent de revenus moyens ou élevés.Leurs bénéfices et leurs revenus sont frappés de lourds impôts et leurs salaires sont assujettis à des règles rigides.Le nivellement, par le bas favorise surtout l’agriculteur et l’ouvrier.Sauf dans quelques cas exceptionnels* les Tiiltlvaleurs admettront que leurs recettes agricoles sont aussi élevées maintenant qu’elles l’ont jamais été.De même, je suis cer- tain que la plupart des ouvriers conviendront que leur salaire annuel est meilleur qu’en 1939.Maintien du niveau normal d’existence Maintenant que nous en sommes rendus au point où ia moitié de notre production globale sert à combattre l’Allemagne et le Japon, aucune classe de la société ne doil s’attendre à améliorer sans cesse scs conditions d’existence d’ici la fin de la guerre.Ce n’est pas dire qu’il n’y a pas heu de remédier aux injustices et aux écarts les plus criants; cependant, si nous voulons tenir ferine sur le front intérieur jusqu’à la victoire finale, chacun doit être résolu à faire tonie sa part dans la lutte contre l’inflation.L’objet de la réglementation des prix n est pas de relever le niveau de 1 existence, mais plutôt d’assurer et de maintenir un niveau normal, qu 11 faut défendre contre tous les assauts de Tetinerai.l’inflation.Prix minimums pour les produits agricoles Lorsque fut institué je régime du plafond des prix, le gouvernement admettait 1 insuffisance de certains cours agricoles.Les cultivateurs sa-'ent que beaucoup a été accompli dans le but d’établir un plus juste équilibré' entre leurs revenus el ceux des autres classes de la société.Ce soir, je veux les remercier de leur magnifique contribution a la guerre dans le domaine: de la production.Par ailleurs, je les invite instamment à tenir ferme aux avant-postes dans la lutte contre J inflation en maintenant leur appui au regime du plafond des prix.De son côté, le gouvernement comprend que les cultivateurs songent à l'après-guerre.Ils ne veulent pas se voir acculés à une chute désastreuse des cours moins d’un an ou deux après la fiq du conflit.Puisque, pour assurer la victoire, nous leur demandons d’accepter une fixation du maximum des prix, nous estimons qu’en retour ils ont droit à une fixation du minimum, les garantissant contre une crise agricole après !a guerre Comme partie essentielle de sou programme d’après-guerre, le gouvernement entend inviter le parlement, au cours' de la prochaine session, à fixer un prix minimum Pour les principaux produits de la ferme.Stabilisation des salaires Le contrôle des salaires s'imposa pour le maintien du plafond des prix.Mais s’il stabilisa presque tous les prix, le gouvernement ne stabilisa pas tous les salaires.Nous savons que le régime des salaires (omportail des inégalilés et injustices auxquelles il fallait remédier.Lors de la stabilisation des salaires, il y a deux ans, nous avons institue un conseil national du travail en temps de guerre ainsi que des conseils régionaux.Nous avons conféré à ees organismes le pouvoir de relever les salaires jugés trop bas par comparaison avec lu rémunération d’un travail analogue dans des conditions comparables.Depuis deux ans, les conseils du travail en temps de guerre ont statue sur 40,009 demandes de relèvement de salaire intéressant deux millions et demi de travailleurs, fis ont remédié aux inégalités dans 90 p.100 des cas.Ces remaniements maintenant eu vigueur ont valu aux salariés canadiens un supplément de salaire de plus de 150 millions de dollars.C’est là une preuve concluante que les salaires n'ont pas été stabilisés.Mais si on tolérait une hausse générale des salaires, il serait toul à fait impossible de maintenir le plafond des prix.Les salaires constituent un élément considérable, sinon le plus considérable, du prix de toul ce que nous achetons.C’est pourquoi, s’il y avait lieu de réglementer les prix, la réglementation des salaires était également nécessaire.Lors de Tinstitution du plafond des prix, il y a deux ans, nul ne pouvait prévoir jusqu’à quel point il serait possible d’empêcher la hausse du coût de la vie.En vue de proléger le salarié contre cette hausse on a en même temps rendu obligatoire le versement d’une indemnité de vie chère.Le but de celle indemnité clait.de contrebalancer en partie tout accroissement du coût de la vie, La classe ouvrière a généralement reconnu que le contrôle des salaires doit nécessairement s’exercer en vue de protéger la norme fondamentale d’existence et elle a loyalement appuyé ce principe.L'histoire (les relations industrielles du Canada pendant la guerre mérite les plus grands éloges, Depuis un an toutefois, la situation donne des signes de tension el d’un besoin de mesures nouvelles susceptibles de promouvoir l'harmonie industrielle, j-a première a consisté à reconstituer le Conseil national du travail en tçmps de guerre jiour lui donner un carac- Romans policiers por Maurice LEBLANC Arsène Lupin Gentleman-Cambrioleur — Les trois crimes d'Arsène Lupin — "813" Arsène Lupin.Chaque volume environ 200 pages.Au comptoir .50s l'exemplaire.Par la poste .55s.SERVICE DE LIBRAIRIE DU "DEVOIR" 1ère plus judiciaire.Le Conseil a depuis mené une enquête dans tout le domaine des relations industrielles.Il y a quelques semaines, le Conseil présentait ses conclusions sous la forme d’un rapport majoritaire et d’un rapport minoritaire.Le gouvernement a étudié soigneuse-! ment cès rapports lorsqu’il s’est agi pour lui de modifier sa pollti- ! j que ouvrière.Je suis maintenant en mesure de dire que le gouvernement est prêt à accepter, comme fondement d’une revision de la politique du travail, les proportions principales sur lesquelles le rapport majoritaire et le rapport minoritaire sont d’accord.Modifications de la réglementtion des salaires Dans la bataille contre l’inflation, encore une fois, le plafond des prix constitue la ligne de front.Cette ligne, le gouvernement est résolu de la tenir.En abandonnant la ré lementation des salaires, — je Tai déjà démontré, — il deviendrait impossible de tenir celle ligne.La politique de stabilisation des salaires ne subira donc pas de changement fondamen’al.Toule-fois, deux modifications importantes seront apportées dans le mode de réglementation des salaires.Dans l’examen des demandes d'ajustement de salaires, les Conseils du travail en temps de guerre ne seront plus liés par le système de comparaisons entre les salaires payés dans une industrie ou pn élu-Jdissement donné avec ceux d'autres établissements ou industries.Les ajustements apportés aux salaires devront plutôt faire disparaître les inégalités et injustices flagrantes.l.e second changement a trait à l’indemnité de vie chère.L’octroi d’indemnités de vie chère à des| taux divers a donné au Canada une structure complexe de salaires et d’indemnités.Cette complexité a été une source constante de malentendus et de conflits.Le gouvernement entend prendre toutes les mesures possiiijes pour maintenir le coût de la vie à son niveau actuel.S'il obtient ce résultat, il n’y aura pas lieu d’accorder d’autres indemnités de vie chère.Un ne paiera plus d’indemnités de ce genre.Les indemnités actuelles de vie there seront ajoutées aux salaires de base dont elles feront dorénavant partie.Le gouvernement croit qu’en maintenant le coût de la vie au niveau actuel, les normes d’existence fondamentales des travailleurs se trouveront mieux protégées qu’elles ne Tétaient par le système des indemnités de vie chère.Si le coût de la vie augmente de plus de 3% et reste à ce niveau pendant deux mois consécutifs, le Gouvernement revisera le programme intégrai du contrôle des prix et des salaires el prendra les mesures voulues.La nouvelle ordonnance relative à la réglementation des salaires sera rendue publique au début dé la semaine urochaine.Un code des relations ouvrières J ai fait allusion aux voeux que renfermaient les deux rapports soumis par le Conseil national du travail en temps de guerre et auxquels le gouvernement est prêt à donner suite, l.e phts important de ces voeux vise l’adoption d’un code des relations ouvrières pour les industries de guerre.On est déjà à mettre la dernière jjiain à sa rédaction.Le code ouvrier définira el interdira les pratiquas injustes et, en conformité du programme de la stabilisation des salaires, U établira un régime obligatoire de conventions | collectives.L’application du code < sera confiée à un conseil national i des relations ouvrières en temps de guerre, organisme qui sera distinct et indépendant du conseil national du travail en temps de guerre, lequel continuera à exercer son autorité sut le» salaires.Le pouvoir d’édicter des lois ten-1 dant à rendre obligatoires les con-j veiîtions collectives appartient, en temps de paix, aux provinces.Des ' conférences récentes tenues avec i les autorités provinciales ont donné lieu à une entente sur le principe j de coopération dans Tinstitution et i l'exécution d'un régime obligatoire de conventions collectives.Le code des relations ouvrières sera promulgué dans un avenir rapproché.Lorsque le code aura paru, le rapport majoritaire et le rapport minoritaire du Conseil national du travail en temps de guerre seront également publiés.Je désire, en terminant, remercier, la classe ouvrière, tomme je l’ai fait poor la classe agricole, de son rapport magnifique à la bataille de la production.Je veux aussi faire aux ouvriers le meme appel que j’ai lancé aux agriculteurs, celui de continuer d’aider à tenir la ligne de front contre l'inflation, en maintenant leur appui au régime du plafond dea prix.J’exposerai une autre fois, je l'espère, les projets du gouvernement en vue de la réalisation, après la victoire, d’un programme dont j’ai déjà parlé comme d'un minimum national de sécurité so-cialé et de bien-être humain, non seulement pour la i\ ,ie ouvrière mais pour toute la population.Ce minimum national doit comporter du travail utile pour tous ceux qui veulent travailler; les normes d’ali-nientalion et de logement propres à assurer la santé de toute la population; et l'assurance sociale contre les privations découlant du chômage, des accidents, du di^ès du chef de famil'% de la maladie el de la vieillesse.Telles sont nos visées d’après-guerre.Ce soir, j'ai borné mes remarques à la bataille contre l'Inflation.Il faut gagner celte bataille pour assurer la victoire; M faut aussi la gagner pour établir les assises solides sur lesquelles on pourra, après la guerre, édifier un Canada plus grand et plus heureux.Les permis du Service sélectif Morris Klemensherg, de la maison Moni i Morris, 3673 boul.Saint-Laurent, coupable d’avoir gardé deux employés à son service sans le perm's obligatoire du service sélectif, a été condamné à deux amendes de 425 et aux frai*.Fédération des Oeuvres de Charité C.*F.La prochaine campagne aura lieu du 21 février au 2 mars — M.Arthur Fontaine annonce que l’objectif sera augmenté à cause d’oeuvres affiliées additionnelles — “Paix ou guerre.partageons telle est la devise A Tissue d’une importante assemblée du comité de publicité tenue ces jours derniers sous la présidence de M.Charles Maver et à laquelle assistaient la plupart des membres, M.Arthur Fontaine, président général de la prochaine campagne de la Fédération des Oeuvres de charité canadiennes- M.Charles fr.ayer.journaliste, president du comité de publicité de la prochaine campagne de la Fédération des Oeuvres de Charité Canadiennet-françd-ses, gui aura lieu du 21 février au 2 mars 1944.françaises a annoncé d’importantes décisions arrêtées par les dirigeants.Ainsi, la campagne de 194 4 aura lieu du 21 février au 2 mars, c'est-à- dire plus tôt que d'habitude.On a choisi comme devise de celte campagne: “Paix ou guerre.partageons!” C’est un heureux rappel du devoir qu’a l'humanité de secourir les miséreux en tout temps.M.Fontaine, soulignant que de nouvelles oeuvres ont été affiliées à la Fédération, dit qu’il faudra augmenter l’objectif en conséquence.Il a aussi annoncé que la plupart des cadres de la prochaine campagne sont formés et que le travail est en marche dans tous les comités.Comme on le sait, c’est Mme Honoré Parent qui a été nommée vice-présidenle de la campagne et qui dirigera la section féminine.Aux noms réservés, M.Maurice Trudeau a accepté de conserver la présidence; il en est de même à la section des employés et aux sections spéciales où MM.Antoine Desmarais et Paul Dozois demeurent présidents.L'importante section des arrondissements paroissiaux aura comme président M.Eugène Tliérien et comme présidente, Mme J.-A.Mongeon.M.Charles Mayer préside le comité de publicité qui a comme secrétaire permanente Mlle Marie-Jeanne Patry; MM.Lucien Desbiens et Lawrence Conroy agissent comme agents de liaison entre la Fédération et le* journaux.Retenez le "Devoir" d'avance chez votre dépositaire — c'est le SEUL MOYEN de ne jamais le manquer — 3 sous le numéro.Téléphonez au service du tirage : Utlair 3361’' : U vous donnera l’adresse d’un dépositaire de votre voisinage.Docteur en théologie Le H.P.Elément-Marie Lachance, O.P., a obtenu avec un brillant succès son doctorat en théologie, l.e jeudi 2 décembre, il a présenté devant les professeurs de la Faculté de théologie de l’Université de Montréal une thèse sur la fonction curative de la ordre.Le jury élait composé de MM.IL Lesieur, P.S.S., A.Ferland, P.S.S., Y.Charron, P.S.S., C.Morin, P.S.S., G.Yelle, P.S.S.On a particulièrement admiré chez le candidat sa connaissance du texle même de saint Thomas et la clarté de son exposé.Un auditoire très nombreux, formé de prêtres, de religieux et de séminaristes, assistait à Ta soutenance.Les distributeurs de vivres Congrès albertain des frovoilüstes'progressisfes Galgary, fi (C.P.) — Le premier congrès provincial albertain du parti travailliste-progressiste aura lieu à Edmonton du 20 au 23 janvier, Soixante-cinq clubs travaillistes-progressistes ont déjà été organisés dans la province et plusieurs autres sont en voie de Têt re.M.|.-R.Desrosiers, gérant et organisateur de le nouvelle “Association des distributeurs de vivres du Québec”.Le but piincipal de ce nouveau groupement est le protection de ses membres contre le cartel des vivres et Tcx-p icafion des ordonnances de la Commission des prix dans une langue accessible aux marchands de la section concernée.m: LE DEVOIR, MONTREAL.LUNDI 6 DECEMBRE 1943 VOLUME XXXIV — No 280 COMMERCE ET FINANCE BOURSE DE MONTREAL L» tot*l îles » été samedi de 4 347 actions et de 3.870 action» minière*, en comparaison de 11.859 actions et de 12.190 actions minière* vendredi dernier.4 DECEMBRE 1 Valeur* Acme Giove prie.Aluminium.Aluminium Co.prtv.Assoc.Breweries .Bell Telephone .Brazilian .B.C.Power A.Can.Cement .Can.Breweries , .Can.Breweries pnv.Can.Car prlv.incuv.) Can.Converters .C.Ind.Ale.Can.Pac.Ry.Con.Smelting .Dom.Bridge .Dom Coal priv.Dryden .Gen.Steel Wares .Hudson Bay Stic.Imp.Oil ., , .Imp.Tobacco .Ou*.Haut Cldt Valeurs Ou» Haul Clé» 72 IInt.Nickel .28 28% 94 94 94 Int.Fete .21% 21 100% 100% 100% : Int Power .# .19% 19% 19% 22 22 22 L Sccord .* .13’.13% 13% 156 155% 156 McCcll-Frontensc .” ^ 7lv 7 U 22% 22% 22’-, Mont Power .19% 19% 19% 24 24 24 Nat, Breweries prlv.41 7% 7% 7% Noranda .ê , .47% 47% 5% 5% 5% Ogilvie ., .23% 23% 23% 40% 40% 40% Page Hersey .• • .99 25% 25% 25% Penmans .• .53 53 53 30 30 30 i Power Corp .• a .6% 5 5 s i Pr;ce Bros prlv., • .89 9 Quebec Power .13 39% 79% 39% St.law Com, prlv.13 22% a% 23 ShAWinlgAa .14% 14% 14% 15 15 15 So Caa.Power .10 î\* 7*.f S’.fsi of Csnsd* .62% 62% 62% !ô\ 10% Twin CH> »nout.> .• • 5 \v.r.n Electric * 6 6 6 14% Banques i lî %* IVm im VîoctrfA: • * .153 It;.-: ¦ 7 Dans le monde ouvrier Le code du travail annoncé samedi soir par M.King est accueilli favorablement par les machinistes_Les hô- pitaux et l’ordonnance no 11 — Hausse de salaire de $1 par jour et vacances payées à 12,000 mineurs de la Nouvelle-Ecosse Cartes Professionnelles ASSURANCES La nouvelle politique ouvrière d’Ottawa On trouvera, dans une autre page, le texte intégral de l’important discours prononcé samedi soir à la radio par le premier ministre King pour révéler les détails du nouveau code du travail arrêté par le gouvernement canadien.Comme on le sait, ce code, de caractère national, décrète le régime obligatoire de la convention collective, l’assimilation du boni de vie chère actuellement ajouté aux salaires et qui désormais fera partie du salaire, la révision des rela-M.C.A.C P A., d.«»"« industrieHes P«nr g.LE CURB DE MONTREAL Valeurs Ran Bu CW* Talewr» H»ot BU CIAt Abîtibî S'- ssriT.«HT* 24 1 Pina?Farmer .j 28% 38% Besuhamsts .3$ A .23’.23% 23% B-A Oil .* *¦* 4>* rruer XT, 5» C.* D S-urar .« J SC Ppw.PrtT 104 C.lad psv., .ï~i : •î ITT vfa~ke.- .59 59 59 Caa.Vicier* çrtv.r-s Mir.e* ictw* ea centst Com.Alcchd .IN î% Â^SermAe .14 14 14 CeascCistec Paper .5 5 5 Nart&etsù .80 80 sa Deœ.OCcloth .• .51 Montréal, qui a été élu 2ème vice-président de la Corporation des comptables agréés de la province de Québec.Les nouvelles en raccourci BOURSE DES MINES 01 TORONTO Les magasins ruraux En octobre cette année les ven- tries de guerre, rétablissement d’un prix minimum des produits agricoles et un vaste programme pourvoyant à un minimum de sécurité sociale pour l’après-guerre.Les premieres réactions au sujet de cet important discours sont venues de l’Union internationale des machinistes, alors que M.Robert Haddow, représentant de la Grande Loge, portant la parole devant la loge 712 de l’Union à la salle de l’Assistance Publique, hier après-midi, a dit que le^ nouveau code annoncé par M.King doit tes des magasins généraux ruraux être considéré comme une grande tUat Frro Haut Fèrm 2500 .%derrr.se .14 13 ISO* Madsen .147 147 e * e -e - .59 59 2900 Ms auic .315 315 1>ZK* AsîC-na 2xe M* * E .1% 1' SU Kisifseid .14% î4s* - S>5 McKeaaie .150 150 23» Bear Es .• • • * 25% HW® MVYsrter .19 19 1530 Beau» .î$C; stXî 5*0 M:.”., Co , t » e .185 185 Brdcood .900 Norawtal .78 78 5» Bobro .9 9 2àv O'Brien .116 1.508 BT Dors , .Si | SCO Oméga .35 34 5 SX* Brcclan 4 1K» Buff Can.9% ! 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