Le devoir, 21 mars 1998, Cahier B
L K l> E V 0 tit .I.K S S A M EDI 2 1 K T I) I M A X ( Il K ¦> •> M A It S I il il 8 ?LE DEVOIR ?Im chronique de Use Bissonnette Page B 3 Cinéma Page B 4 Vitrine de la vidéo Page B 5 Théâtre Page B 7 Télévision Page B 8 La vitrine du disque Page B 9 Jazz et blues Page B 9 Grille télé du week-end Page B 10 Agenda culturel Page B 11 Arts visuels Page B12 Disques classiques Page B 14 ARTS VISUELS Vingt ans d’autre chose La revue Inter fait une petite fête pour son anniversaire RÉMY CHAREST CORRESPONDANT 1)U DEVOIR A QUEBEC On était en 1978.Comme cette année, le printemps arrivait et, à défaut des feuilles, ce sont les idées qui bourgeonnaient.Des idées qui bourgeonnaient en revues: Temps fou dans la métropole et Intervention dans la capitale, les deux ayant autre chose à dire, chacune à sa façon.Et si la première a eu ses vies et ses morts, la seconde a poursuivi sa route sur une voie parallèle mais constante, jusqu’à ce premier jour du printemps 1998, aujourd’hui, où l’on fêtera, à partir de 14h, au bar L’Inox, en compagnie des collaborateurs anciens et nouveaux, des amis de la revue et des curieux.Née avec les premiers pas de l’autogestion dans le milieu de l’art contemporain de Québec, Inter (au fil des ans, on a graduellement laissé tomber les deux dernières syllabes) s’est depuis taillé une place singulière dans l’univers des périodiques culturels québécois, autant par sa facture visuelle pour le moins éclatée que par ses élans de contenu où s’entremêlent revendication, réflexion, expérimentation et création d’œuvres dans les pages mêmes de la publication.Car loin d’être l’empire de critiques dilettantes, en herbe, marginaux ou peu pressés, Inter a d’abord et avant tout voulu être un lieu de prise de parole pour les artistes eux-mêmes.Intimement liée au Lieu, le centre d’artistes voué à l’installation et à la performance qu’elle a engendré à l’automne 1982 (on en fête donc les 15 ans), la revue a en effet émergé de la mouvance de jeunes étudiants en arts à l’Université laval qui fondaient, en 1974, la Comme Galerie, devenue ensuite, à leur graduation, la Galerie Comme inc.Il s’agissait, le nom l’indique, d’un lieu «comme une galerie», à une différence près: la gestion revenait aux artistes eux-mêmes plutôt qu’à un agent-galeriste.L’ère des regroupements d’artistes du genre en est alors à ses balbutiements: à Québec, on n’a guère que l’Atelier de réalisation graphique, ancêtre d’Engram-me, et une première version de la Chambre blanche (qui fête les 20 ans de sa deuxième version cette année).L’art ici et partout Le regroupement vise en partie (t maintenir un pôle de production: «A l’époque, on voulait arrêter l'exode des artistes de Québec vers Montréal ou, éventuellement, vers New York, rappelle Richard Martel, grand animateur (Sinter depuis ses tout débuts.On était influencés par la pensée de Robert Filliou, qui disait que l'art, c’est où on est.Si on doit quitter son lieu de vie pour aller faire notre art, il y a un problème.» Si le lieu de production a son importance, certains des fondateurs de la Galerie Comme — entre autres Mona Desgagné, Jean-Claude Saint-Hilaire et Richard Martel — ressentent le besoin de se doter d’un espace d’expression et d’action qui ne soit pas lié à une galerie quelconque.Intervention naît donc de ce besoin de dire, d’impliquer l’art dans le débat social (bref, d’intervenir) et «de revendiquer des formes d'art, des pratiques, des réseaux non institutionnels».Donnant trois axes à son intervention — société, écologie et féminisme —, la revue se veut un lieu d’activités au sein de l'art contemporain.Pour Richard Martel, la nouvelle revue a contribué au développement de certaines politiques culturelles: le numéro huit consacré à ce qu’on appelait alors les galeries parallèles, aurait selon lui tracé les paramètres de la politique gouvernementale de subventions aux centres d’artistes autogérés.VOIR PAGE B 2: INTER Un jour, le Boulevard est passé, le Boulevard avec un grand B, avec ses gros sabots, avec ses grosses affiches, ses façades en aluminium et ses centres commerciaux.Le Boulevard a tout balayé.L ST ri Tl : i t nrri • « ¦ Œ I U « .»S i M m La Caserne de Robert Lepage, à Québec, l>‘.v y - -4 La revanche de la rue Sur son passage, il a vidé les centres-villes.Quand les municipalités décident dans un élan de fierté de relever la tête, deux modèles de développement s'imposent: Disneyland et Balconville.Entre les deux, lequel choisir?Souvent l’entre- LOUISE LEDUC LE DEVOIR Si vous et votre famille pouviez prendre une année complète de vacances à la campagne, n’importe où au Québec, et que l’argent n’était pas un problème, dans quel village préféreriez-vous vivre?Selon un sondage mené conjointement par le Canal nouvelles TVA et le magazine Géo Plein Air auprès de 2700 personnes, Mont-Tremblant et Saint-Sauveur sont les destinations rêvées des Québécois.Eh oui! Devant Percé, devant Baie-Saint-Paul, devant North Hatley.«Ije Québec a eu sa vague “pseudo-organisée”, sa vague “pseudo-chalet suisse".Il a maintenant son remake cohérent de Disney», analyse Marie-Çlaude Robert, directrice générale de la Corporation des Etats généraux du paysage, un organisme mis sur pied en 1995.En 1996-97, Mont-Tremblant a séduit deux millions de visiteurs, comparativement à 365 000 en 1991-92, au moment de l’acquisition de la station par IntrawesL Selon la firme-conseil Innovaction Loisir et Tourisme, l’effet In-trawest se répercute dans un rayon de 60 kilomètres autour du centre de villégiature et aurait créé 4330 emplois.Pour attirer des touristes, il faut cependant des beautés naturelles et beaucoup de millions.Il faut aussi sacrifier des paysages sur l’autel du tourisme, chose que se refusent plusieurs municipalités jalouses de leur tranquillité.La région de Charlevoix fait actuellement l’objet d’un projet-pilote de la Corporation, qui tente de rassembler toutes les forces de la région dans une remise en valeur tous azimuts.«Charlevoix doit songer tourisme, sans sauter à pieds joints dans cette seule industrie, sans tomber dans le cliché», note Mme Robert.En matière de revitalisation d’un paysage urbain, deux règles d’or prévalent aujourd’hui: diversification du centre-ville et priorité au citoyen plutôt qu’au touriste.«Im valeur touristique d’une région est très variable, rappelle Mme Robert.Une fois qu'elle est très connue, les gens s’y rendent moins.C’est le cas de Paris, une destination si facile à vendre pendant longtemps.Aujourd'hui, les forfaits doivent être raffinés, ciblés, pour attirer des visiteurs.» deux, justement.VOIR PAGE B 2: REVITALISER La culture ®ient l'affaire des villes, page B 2 Sauver son centre-ville, page B 3 avant cmm Un exemple de revitalisation toute simple, à Drummondville.apres I I I) !¦' VII I K I I' S S \ \l K II I > I K T lll\l V V C II K •> *J M A I! S I II II S weues sUP Tge Arcuri v THEATRE DU RIDEAU VERT presente en collaboration avec Q^ouétwc et en coproduction avec le Théâtre français du ^1 " ' ; * Mrim k Fmn^ FiU( Journée Mise en scène : Guillermo de Andrea Marc Béland Anne Dorval Sophie Lorain René Gagnon Élisabeth Chouvalidzé Jacques Girard Maxim Gaudette Roger Larue Marc Legault Jean-Guy Roy ^ Jean-Marie Moncelet et huit comédiens Du 3 au 28 mars W Réservations : 844-1793 www.rideauvert.qc.ca BANQUE NATIONALE Jean-Marie Guay .La Prusse b*Jii La culture devient l’affaire des villes La création d'emploi sert de moyen de persuasion La revanche nie Principale MARIE-ANDRÉE CHOUINARD LE DEVOIR La culture sort de l’antre du ministère de la Culture et des Communications (MCC) et devient l’affaire d’autres partenaires, tels les villes.En contact direct et régulier avec les structures et les gens qui contribuent à l’activité culturelle, les municipalités sont conviées à mettre le pied dans la danse! SUITE DE LA PAGE B 1 Un paysage ne se construit pas.Il évolue au rythme des mœurs, tranquillement.Plus qup des actions d’éclat concrètes, les États généraux du paysage ont surtout eu pour effet de semer une réflexion.«Une croyance persistante veut que la protection du paysage soit un obstacle au développement», soutiept le président de la Corporation des États généraux du paysage, David Belgue, qui croit au contraire que les deux peuvent très bien aller de pair.C’est aussi la certitude de la fonda- Les poignées de main culture et municipalités ne datent pas d’hier: à l’été 1992, au terme d’une vaste réflexion sur l’évolution culturelle au Québec, la ministre des Affaires culturelles (MAC) d’alors, Liza Frulla, propulsait sa toute nouvelle politique culturelle.Dans un généreux ensemble de mesures, elle insistait alors sur le partenariat avec les municipalités dans le soutien à la cause des arts, faisant alors du début des années 90 un point tournant dans la participation des villes à l’aventure culturelle.En raison de leur proximité avec les citoyens, les municipalités étaient interpellées pour accroître leur implication au développement culturel, don autonome Rues principales qui, depuis 1995, a aidé une soixantaine de municipalités à se refaire une beauté en déclarant une guerre ouverte aux affiches criardes au néon, aux façades défraîchies, aux immenses terrains vacants et à la prolifération d’offres du smoked-meat et du hot-dog.Plus que pour le simple coup d’œil, ces paysages urbains sont surtout rajeunis dans l’optique d’en faire le moteur d’un renouveau économique.Les cicatrices béantes qu’ont laissées à Montréal l’autoroute Métropolitaine ou à Québec l’autoroute que l’on voulait voir dépasser l’action dans les bibliothèques publiques ou le secteur des loisirs.Avec une approche privilégiant le dialogue et la collaboration d’un ensemble de milieux concernés par l’avancement culturel, le MAC proposait alors de soutenir les municipalités et de leur fournir les outils nécessaires à une implication plus importante dans ce secteur souvent négligé.Cette façon de penser continue de faire des petits.Au début de février dernier, par exemple, le ministère des Affaires municipales et le ministère de la Culture partageaient la même table pour propulser «Villes et villages d’art et de patrimoine», un programme Dufferin font trop souvent oublier les initiatives de fiers citoyens qui portent à bouts de bras depuis des années leur municipalité, l’un en installant son cinéma au centre-ville de Drummondville plutôt qu’à Bou-levardville, l’autre en allant visiter une entreprise d’affichage pour l’inciter à travailler dans les règles de l’art.A l’image de Drummondville, si longtemps la risée du magazine Croc, quantité de petites villes guidées par l’action de la fondation Rues principales présentent aujourd’hui un visage nouveau.dont l’objectif est de permettre la realisation, dans les villes intéressées, cfe projets de mise en valeur et de protéfc-tion du patrimoine, tout en favorisant la création d’emplois sj)écialisés.En embauchant une centairfe A'«animateurs-coordonnateurs culturels», des bacheliers s;uis emploi mais spécialisés en architecture, muséolô-gie, archéologie, etc., sur une période de trois ans, le programme devrait permettre à des municipalités régionales de comté (MRC) ou à des villes de réaliser des projets à saveur culturelle et étroitement liés au tourisme.Cette démarche, qui en est encore à ses balbutiements, «devrait permettre aux municipalités de considérer l’activité culturelle comme une ressource et non plus uniquement comme une dépense», explique Fernand Lévesque, responsable du projet au MCC.L’ensemble du projet nécessitera plus de six millions de dollars, cinq d’entre eux provenant du Fonds de lutte contre la pauvreté, lequel paiera les salaires des animateurs-coor-donnateurs.Les partenaires impliqués dans le programme devront débourser le million supplémentaire.«Il est évident que les municipalités inscrites au programme devront participer financièrement, et cela pourrait en rebuter quelques-unes, affirme M.Lévesque.Mais la dimension de création d’emplois, d'attrait touristique et d’activité économique accrue devrait pouvoir les convaincre de l’intérêt du projet.» REVITALISER Au delà des cicatrices urbaines creation %M *r.H g \ (i IRECTEUR ARTISTIQUE i» AT&T Canada Également au programme Stepping Stones In Paradisum Place des Arts 842-2112 Théâtre Maisonneuve Admission : 790-1245 Info-Arts Bell : 790-ARTS Groupes : 849-8681 Les Grands Ballets Canadiens Gagnant du Grand Prix du CACUM ! * • V OM PRÉSENTENT Théâtre Maisonneuve Place des Arts œ> consTTlI DESERTS 1 iwMiirr ijusntu Si Caron Bélanger Ernst &Young Ville de Montréal INTER S'éclater; de jour et de nuit SUITE DE LA PAGE B 1 Tout cela, avec des moyens de fortune: «Us sept premiers numéros, je les payais de ma poche, avant de me rembourser avec les ventes et la publicité, raconte Richard Martel.Im distribution, c’était Guy Sioui Durand et moi qui allions de dépanneur en dépanneur ou qui envoyions des numéros par autobus aux rares libraires en région.» Consacré d’abord exclusivement au Québec, dont il met en valeur les développements artistiques en région, suivant une logique alternative qui préside à tout son propos, la revue s’ouvre graduellement à l’international, à partir du numéro 19.Mais même là, les choix de pays prennent des tournants alternatifs, au fil des ans: ce ne sera pas Paris et New York, mais bien la Lituanie, la Pologne,Tir-lande, la Corée, etc.Les collaborateurs deviennent aussi internationaux, Charles Dreyfus étant par exemple le correspondant français de la revue, tandis que le dernier mimé1 ro, le 69, consacré aux paysages, laisse parler des qrtistes des Pays-Bas1, du Japon, des Etats-Unis, du Québec, de l’Australie, de la Réunion, etc.Témoignant au jour le jour des dév veloppements de l’art — la performance y occupe bientôt une place de choix —, Inter prend aussi le temps de relire l’histoire.En 1988, s’apercevant qüe les jeunes artistes connaissent à peine le Refus global, on en republie le texte ixnir son 40 anniversaire, tout comtfiè.en 1993, le manifeste de Parti pris y trouve une place au moment de ses 30 ans.C’est avec l’entrée en scène du graphiste Pierre Monat, au numéro 25, qu’Inter commence à sé-rieuse m e n t s’éclater dans la forme.Le numéro 28 est un numéro-objet, en plusieurs fascicules, sur la notion «d’atopie», petite eousihe de l’utopie.Ix1 numéro 30, quant à lui, demande une dizaine de jours de montage diurne et nocturne à l'équipe d’artistes qui s’y consacre: on y monte des œuvres graphiques à 1500 exemplaires, en imprimant par exemple des motifs sur des feuilles mortes insérées par la suite manuellement dans la revue.En repassant les numéros A’Inter datant du début des années 80, on se dit en tout cas une chose: Wired et son cybergraphisme éclaté ou Raygun et son image rock alternativo-illisiblc n’ont rien inventé.Les Conseils se suivent.D’ailleurs, à ce chapitre, les récentes aventures A’Inter au royaume des subventions ont de quoi faire sourire.Si le Conseil des arts et lettres du Québec a donné à la publication de bonnes notes devaluation doublées de la meilleure appréciation possible, soit une augmentation de subvention de 25 (XX) à 40 (XX) $ par année, le Conseil des arts du Canada a suivi le mouvement inverse, passant de 25 (XX) à !XXX) $.Ce que l’organisme reproche à Inter?Le caractère d’autogestion qui fait que la revue est dirigée par des artistes qui y écrivent également, et la faible lisibilité de la trame graphique: une évaluation passablement ironique pour une revue fondée dans un esprit d’autogestion et animée par une volonté d'expérimentation graphique.Four des artistes qui ont, (Luis une certaine mesure, choisi et revendiqué la marge et le débat, ce genre d’aventures est |x*ut-être inévitable.On lui reproche sa faible lisibilité.Ironique ' pour une tir.telle revue.t. L L 1) K V DIR.1.E S S A M E I) I 21 E T I) I M A X ( If E 22 M A K S I !) il X TO Cool Québec Le premier ministre du Québec prépare pour la mimai une tournée économique aux Etats-Unis, destination plus présentable et plus rentable que les dictatures où il s’est rendu courtiser des mirages de marché, pour faire comme le premier ministre du Canada.Partout où il ira, à Boston, Atlanta, Chicago et Philadelphie, et malgré les efforts des lambeaux de bureaux qui nous représentent encore chez notre voisin, il devra d’abord franchir un récif de préjugés, étoffés par la série de reportages ou de commentaires vicieux qui émigrent si aisément du Montréal partitionniste jusqu’aux états-majors des médias américains.Quiconque s’est intéressé un tant soit peu au Québec en les lisant, depuis le référendum, ne peut en entretenir d’autre image que celui d’un fief sous-développé, mené par des attardés du nationalisme ethnique qui maintiennent un peuple d’ignorants à l’écart des grands cou-nuits contemporains de pensée et de culture en barrant la route à tout ce qui tente de circuler chez lui en anglais.Les pays, tout comme les personnages publics ou les produits de consommation, ont une «image» qui peut devenir un handicap, et c’est certainement le cas du Québec.Même ceux qui l’aiment bien, comme certains Européens par exemple, sont plus attendris par sa culture de survivance que par son urbanité.Peut-on faire bouger les perceptions?Il faudra suivre avec le plus grand intérêt l’expérience que veut tenter le politicien dont tous envient la touche magique, le premier ministre de Grande-Bretagne, Tony Blair.Vous aurez lu comme moi, dans la section économique de notre édition du 9 mars, un reportage assez étonné du quotidien Le Monde sur «le capitalisme postindustriel britannique», qui examinait avec un scepticisme tout hexagonal le phénomène dit Cool Britannia, opération de repositionnement de l’image de marque du pays, sous le signe de la créativité et d’une course au leadership culturel de la planète.Pour l’instant, presque toute la presse traitant du sujet réserve son jugement, quand elle n’est pas carrément méprisante, comme le fut récemment Vie Economist, peu enclin à trouver quelque intérêt aux valeurs non cotées en Bourse.Pourtant, M.Blair et son entourage en sont venus à leur stratégie en suivant à la trace les méthodes les plus conseillées aujourd’hui aux entreprises.C’est une grande firme de marketing qui, à coups de groupes de discussion, de sondages et dé consultations, a pu établir les forces et faiblesses de l’image de la Grande-Bre-tagne et démontré que les vieux clichés, même sympathiques, nuisaient au développement de son économie, notamment à ses exportations.Si les produits américains ont tant de succès sur les marchés internationaux et jusque chez les civilisations les plus étrangères, c’est que l’Amérique réussit encore à ressembler à l’avenir, ont dit les consultants, tandis que la Grande-Bretagne traîne une réputation de bonne vieille culture du passé.Autrement dit, les bizarreries de la monarchie et la chaleur des pubs sont encore utiles pour le tourisme mais se transportent mal dans les bagages des voyageurs du commerce mondial.Beaucoup de ce qui s’écrit sur Cool Britannia, que M.Blair préfère appeler New Britain, est assez factice.J’ai lu au moins cinq fois la relation du dîner offert au président français Jacques Chirac, en décembre dernier, au trente-huitième étage du plus récent gratte-ciel de Londres plutôt qu’entre de vieilles pierres humides, le roastbeef à l’eau remplacé par quelque venaison si finement apprêtée que même des papilles françaises furent «dûment impressionnées», comme le dit le Washington Post.On évoque aussi l'époque où la fringue anglaise, au son de Yellow Submarine, habillait la jeunesse universelle des «swinging sixties», en se disant que Blair veut surtout reprendre le terrain perdu en matière de mode.Mais tout indique que M.Blair vise bien plus qu’une image rafraîchie et attirante pour la jeunesse à havresac.Ses ministres promettent des centaines de milliers d’emplois dans les secteurs dits de «créativité» qui pourraient peser un jour près du cinquième du produit intérieur brut britannique.Et cela, dans des dizaines de domaines qui vont de l’industrie des expositions à l’architecture en passant par toutes les disciplines artistiques, les agences de design, l’édition, les universités, les entreprises intellectuelles en tout genre, les mé-cjias, les firmes publicitaires, les think-tanks et même les Eglises dans la mesure où elles veulent frayer d;uis le mar-ché des «idées», maître-mot de ce pari.industries culturelles traditionnelles craignent bien un peu pour leur pureté, dans ce maelstrom où s’estompent les distinctions de classe et où le profit se pourchasse* à visage découvert.Mais le fait de trouver un compagnon enthousiaste au gouvernement, après avoir subi les sévices néolibéraux de Margaret Thatcher et la plate indifférence de John Major, change le climat Ne soyons pas naïfs, d’ailleurs.Les travaillistes qui se disent le New Labour, pour faire contraste avec l’ancien Labour Party qui était aussi jovial qu’un brouillard londonien, tiennent à s’attacher solidement les milieux qui ont contribué à les porter au pouvoir, des milieux culturels qui possèdent les clés des nouveaux modes de communication.Calcul simple, que n’a jamais maîtrisé ici un gouvernement du Parti québécois, pourtant en butte à des obstacles politiques analogues à ceux que rencontrent les travaillistes: les grandes puissances économiques du royaume ne les soutiendront jamais, même si elles font aujourd’hui quelque risette à M.Blair, premier ministre fort populaire.Si l’image de la Grande-Bretagne, qui ne manque surtout pas de charme sous son brin de poussière, semble déjà profiter de l’opération, que dire des besoins de celle du Québec, qui croule sous les pires caricatures?L’intérêt même que suscite le plan britannique, commenté un peu partout dans les meilleures gazettes, témoigne de son potentiel.Chacun sent bien, plus ou moins confusément, que la fameuse économie du savoir et des communications dont on nous serine les vertus devrait pouvoir se marier avec les entreprises culturelles.Mais les milieux financiers ne connaissent vraiment bien, de ces entreprises, que les multinationales du divertissement L’univers des milliers de travailleurs autonomes, des |x*tites entreprises qui gagnent aujourd’hui leur pain en refaisant la qualité de vie et de lieux de leurs concitoyens, leur échappe.Souvenez-vous du Sommet sur l’avenir du Québec, en cx'tobre 199(i, que nous avions tenté d’intéresser à ce dynamique secteur d’emplois, qui pourrait recevoir des milliers de diplômés dans des disciplines neuves et culturelles, en régions comme dans les grands centres.Personne, au gouvernement, ne prenait la chose au sérieux, comme personne, sous le gouvernement libéral précédent, n’avait pris au sérieux le ministre de l'Industrie de l’époque, Gérald Tremblay, qui voulait reconnaître la culture comme «grappe industrielle» spécifique.Il s’attirait la moquerie alors qu’il disait, de façon plus modeste, ce que disent aujourd'hui Tony Blair et ses principaux ministres, des Affaires étrangères à l’Industrie en passant par le Tourisme.Le plus étonnant, c’est que le Québec est un des rares endroits, en Amérique du Nord, où l’innovation culturelle est constante et forte, et où rien ne serait plus normal que de voir l’économie culturelle devenir un axe majeur de développement, avec des stratégies, des plans, des moyens aussi articulés que ceux d’Hydro-Québec, qui font la fierté d’un premier ministre en voyage mais qui s'accommodent bien dé notre ancienne image de porteurs d’eau.On peut toujours nous voir comme un fief d'attardés et acheter notre électricité.Mais le jour où on nous verra comme un Cool Québec, nous vendrons encore de l'électricité et aussi d’autres choses, en cessant de nous épuiser à grignoter au préalable un mur de préjugés.L i s e Bisson il et te Sauver son centre-ville De Drummondville à Chambly, de Trois-Rivières à Hull, soixante programmes de revitalisation urbaine ont cours au Québec Bientôt dans le paysage ARCHIVES LE DEVOIR Les jardins de Saint-Roch, à Québec igjjjji.» La, revanche rue Principale LOUISE LEDUC LE DEVOIR A uand est venue l’heure d’agrandir Vv le cinéma Capitol, au centre-ville de Drummondville, la question s’est posée: fallait-il succomber aux offres alléchantes du centre commercial?Le propriétaire Luc-Marc Gendron a plutôt fait le pari du centre-ville.Il a acquis des logements en décrépitude aux abords du cinéma et les a fait raser.Aujourd’hui, le cinéma compte huit salles très modernes, avec sièges européens.En dix ans, deux millions ont été investis dans le cinéma Capitol.«Le centre-ville représente un gros risque», explique M.Gendron.Les taxes et le prix du terrain au pied carré sont plus élevés, le promoteur doit assumer seul le financement complet d’un complexe plutôt que la seule location d'un espace dans un centre commercial.À Saint-Hyacinthe, quand le cinéma est passé de cinq à huit salles, il a quitté le centre-ville.» Des regrets, à Drummondville?«Certes, le stationnement nous cause des maux de tête.Pour le reste, les affaires roulent très bien.» Dans une municipalité de taille moyenne, un cinéma, ça compte.Qui dit film dit parfois petit repas au restaurant avant la soirée ou petite bière pour la conclure en beauté.A Saint-Jean-sur-Richelieu, on l’a si bien compris qu’un changement de zonage a empêché le cinéma de s’installer ailleurs qu’au centre-ville.Odéon voulait s’installer dans le centre commercial, la municipalité en a décidé autrement.Chaque petit geste peut provoquer un intéressant effet d’entraînement, fait remarquer M.Gendron de Drummondville.«Un jour, j’ai refait l’aménagement à l’avant du cinéma.Le mois suivant, les voisins d'en face et d’à côté emboîtaient le pas.» Il suffit aussi de mener des actions conjointes pour donner des airs de fête à la ville.«Pendant le festival mondial du folklore, nous organisons un Festival du film.» A cela s’ajoutent du cinéma de répertoire tous les lundis et jeudis et un militantisme au sein de la coopérative des cinémas indépendants du Québec.«Nous sommes une soixantaine de propriétaires à travers le Québec — à Repentigny, Baie-Co-meaujoliette — à nous être regroupés pour augmenter notre pouvoir d’achat auprès des majors et des distributeurs de films», continue M.Gendron.Cependant, il n’y a pas que les cinémas.Depuis 1985, les spécialistes de la fondation Rues principales, autonome mais subventionnée, ont accompagné par leur expertise une soixantaine de municipalités dans une démarche de revitalisation de leur passage urbain.Rien n’est négligé.«À Drummondville, par exemple, nous avons rendu visite à des fabricants d'enseignes pour les convaincre de faire davantage dans la sobriété et le style», explique François Varin, directeur de Rues principales.«Chiffres à l’appui, nous partons aussi à la recherche de promoteurs locaux pour tenter de les convaincre de se lancer dans des projets viables qui feraient disparaître des terrains vacants.Tout est mis en œuvre pour leur faciliter la vie, par exemple dans l’obtention de permis.» Chacun sa solution Quantité d’acteurs de la municipalité sont mis à contribution lors de pareilles démarches., I.a première étape: le diagnostic.«À Victoriaville, par exemple, le vandalisme a été l’un des premiers problèmes à être signalés lors de discussions, se souvient M.Varin.Les citoyens ont donc choisi de confier des responsabilités aux jeunes dans la revitalisation du centre-ville, de leur donner un local pour leur permettre de travailler.» A chaque centre-ville ses solutions: faut-il plus d’activités culturelles, faut-il plus d’arbres, faut-il songer à la diversification commerciale?Au cœur de Hull, l’association des gens d’affaires a fait le premier geste en achetant et en réaménageant un immense terrain vacant «Les batailles à la sortie des bars défrayaient la manchette.Il fallait qu’ils ne soient plus les seuls endroits où sortir», continue M.Varin.A Chambly, où la cure de rajeunissement du centre-ville bat son plein, la chargée de projet de Rues principales, Marie-Sophie Couture, note des amé- liorations notables.«Depuis un an, nous remarquons une augmentation de 100 % des investissements au centre-ville.» Voilà qui est bien.«Nous espérions davantage.Nous partions de loin!» Les Promenades Saint-Bruno, rappelle Mme Couture, sont «à huit minutes de voiture et le Club Price tout aussi près.» Plutôt que de se battre à forces inégales contre eux, le centre-ville de Chambly mise sur l’arrivée d’artisans et de bureaux de professionnels.«Im rue Bourgogne reprend peu à peu son image institutionnelle», se réjouit Mme Couture.A Québec, au cours des dernières années, de semblables opérations ont été menées, à plus grande échelle.Des travaux de 2,2 millions de dollars viennent d’être réalisés dans la rue Saint-Paul, près de la Vieille Gare du Palais.Les trottoirs ont été élargis, l’éclairage repensé dans le style «Vieux-Québec», les abribus rajeunis.Une soixantaine d’arbres et 800 arbustes ont été plantés.Il est de nouveau de bon ton de sortir rue Saint-Paul, un samedi soir, et le résultat a même été salué par la voisine, la mairesse de Sainte-Foy, Andrée Boucher.Dans le quartier Saint-Roch, tout près, dont la «revitalisaction» lancée en 1992 a donné lieu à des investissements de 94 millions, les efforts commencent à porter fruits: l’Ecole natio- nale d’administration publique (ENAP) s’y installe, 400 logements se sont ajoutés au paysage depuis quatre ans et Télé-université est en train d’élaborer ses plans en vue de son emménagement prochain.Ces quartiers de Québec autrefois sans âme ont aussi pu compter sur l'aménagement de nombreux ateliers d’artistes, de même que sur la célèbre Caserne de Robert Lepage — un centre de création et de production théâtrale et technologique — près du Musée de la civilisation.Un programme initié en 1984 En 1984, le gouvernement québécois partait le bal avec son programme d’aide à la revitalisation des centres-villes, avec aide financière aux municipalités pouvant aller jusqu’à un million.Le programme de revitalisation des vieux quartiers du ministère des Affaires municipales a permis de poursuivre l’action.Trois-Rivières a su en profiter.Entre 1985 et 1991, cette ville a profité d’investissements publics et privés de 100 millions.Dans un premier temps, 468 bâtiments du centre-ville ont fait l’objet d’un inventaire.Chacun des propriétaires a reçu une fiche expliquant l’appartenance stylistique de son bâtiment Les matériaux tels que les placards d’acier qui défiguraient bon nombre de façades ont été retirés, des balcons et des corniches ont été refaites.«Depuis le début des années 90, nous nous attaquons à 2768 bâtiments d’intérêt inventoriés à l’extérieur du centre-ville», raconte Denis Ricard, technicien en urbanisme à la ville de Trois-Rivières.«Leurs propriétaires ont à leur tour reçu leurs fiches, avec des photographies d'exemples de restauration malheureuses.réalisées ailleurs qu’à Trois-Rivières, histoire de ne pas heurter des résidants d'ici!» Tous les efforts du monde ne suffisent pas toujours.La population de Trois-Rivières n’a pas augmenté en dépit des efforts d’amélioration du paysage et d’augmentation des activités culturelles.La population serait même passée sous la barre des 50 000 habitants.Quand l’économie connaît des ratés, les programmes de revitalisation des paysages urbains sont les premiers à en souffrir, fait remarquer Louise Leclerc, chargée de projet de Rues principales à Saint-Jean-sur-Ri-chelieu.«Des résultats tangibles ont été visibles lors des deux premières années d'action de Rues principales ici.Le taux de vacances des immeubles a chuté, de nouvelles boutiques ont ouvert leurs portes.Puis, depuis un an, Pomme rouge a fermé, Croteau et la Banque Nationale ont fermé.Ces trous béants nuisent à notre image, la volonté politique connaît un certain relâchement.Encore chancela que des condominiums soient en construction dans l’ancienne usine du bord de l’eau abandonnée depuis quinze ans.» Politiques et documents ¦ La Corporation des Etats généraux sur le paysage songe à l’élaboration d’une charte paysagère qui préciserait les principes de base à respecter dans la modification d’un paysage donné.¦ Guide de caractérisation des paysages, demandé à la chaire en paysage et en environnement de l’Université de Montréal par la MRC des Pays-d’en-Haut.Disponible dans un mois, ce guide donnera des indications sur les précautions à prendre avant de modifier un paysage montagneux, une région agricole, etc.Grands chantiers ¦ Travaux sur la colline parlementaire à Québec.Les consultations publiques débutent à la fin du mois sur l’allure à donner à l’espace devant le Parlement, dans un environnement très entaché par la construction du complexe G et du bunker.On souhaite réaménager cet espace, à mieux l’aménager pour faciliter.les manifestations! V Saguenay.Dixit David Belgue, des Etats généraux sur le paysage: «Nous avons fait des représentations l’an dernier, mais les gens en avaient tellement assez d’entendre parler d’inondations et de reconstruction que nous avons décidé d'attendre cette année avant de nous replonger dans le dossier.» ¦ Les Eboulements.Jusqu’ici dans ses projets, le ministère des Transports a davantage songé à la sécurité qu’à la beauté des paysages.¦ Chambly souhaite mettre davantage en valeur les abords du canal et du fort.On songe notamment à la construction d'une promenade riveraine et à augmenter les possibilités de restauration.Tout cela, sans les moyens, cependant, du Musée d'interprétation de la bière de Charlebois.L.L.>tl Gloi des filles à Magloire nroift autouéré Texte André Ricard.Mise en scènp avec marie-josée forget • jean harvey • chantai lapointe • marie-hclene thibault • nathalie fortier Alain Fournier francis soucy « projpt autogéré du 18 mars au 11 avril à 20h30 [relâche les dimanche, lundi et mardi] et les concepteurs yvan gaudin • amek la bissonnière < daniel ross billet 15$ Billetterie526.6582 Admission790.1 245 BANQUE LAURENTIENNE Yuli Turovsky Directeur artistique et chef d'orchestre i lyrusici de TVlontréal NÜRTEL NORTHERN TELECOM Commanditaire principal de la saison présente une série de concerts en matinée et à l’heure de pointe Jeudi 26 mars à 11 h oo et à 17 h 45 (complet) et vendredi 27 mars à 17 h 45 Musique de la Passion HAYDN Les Sept dernières paroles du Christ en croix Supplémentaire : Concert spécial jeudi 26 mars à 14 h Salle Tudor : sième étage du magasin Ogilvy, au coin de Sainte-Catherine et de la Montagne OGILVY n Société rie» alcools du QuibM Billetterie : 982-6037 I .a E GÉRARD ME YUAN ft LE FILM FRANÇAIS QUI SÉDUIT LES QUÉBÉCOIS I ARIANE ASCARIDE MARIE GILLAI Un film de ROBERT GUÉDIGUIAN A L’AFFICHE! ^ tous les jours: 12:30 • 2:45 - 5:00 • 7:15 - 9:30 .VCFGL 105.7 fm CINEPLEX ODEON COMPLEXE DESJARDINS ® DE 7 CESARS IUSSOLLIER JF GAGNANT dont* Meilleur film français g • Meilleur acteur - ANDRÉ DUSSOLLIER# • Meilleur scénario - AGNÈS JAOUI ET JEAN-PIERRE BACRI ARENA FILM et CAMERA ONE PRÉgENTENT SABINE JEAN-PIERRE ANDRÉ AGNÈS LAMBERT AZEMA BACRI DUSSOUIER JAOUI WILSON LAGARDERE IRA A TOI: UN FILM DE PHILIPPE DE BR0CA I i» M A II S I !l !l 8 SUR SCÈNE T H É Â T K E L’abîme du rêve JACQUES GRENIER LE DEVOIR LES GRECQUES Dix héroïnes des tragédies d’Eschyle, de Sophocle et d’Euripide se rencontrent à l'invitation de Luce Pelletier, pour se raconter et nous raconter leurs amours, leurs malheurs et ceux de leur peuple.Colère, meurtres, sacrifices, liireur, passion et douleur surtout sont, par la même occasion, au rendez-vous.Cinq excellentes comédiennes incarnent chacune deux de ces héroïnes et elles nous les rendent étonnemment contemporaines.Leurs tirades sont entrecoupées de récitatifs qui m’ont semblé moins bienvenus.Mais en dépit de cette réserve, Les Grecques nous font passer une soirée très troublante, où les cris d’amour et les suppliques succèdent à des gouffres de nuit.Solange Lévesque LE BEAU PARLEUR DU VASTE MONDE Le chef-d’œuvre de Synge mis en scene par Pierre Rousseau, dans une adaptation de Michel Garneau, risque d’ennuyer ferme ceux qui se rendront au Théâtre Denise-Pelletier.Cette histoire d’un jeune homme ayant tué son père souffre notamment de la vision étriquée d’un metteur en scène qui en a évacué le contenu politique.Esthétiquement, il n’y a pas non plus de quoi pavoiser.Jusqu’au jeu des acteurs qui ne convainc pas.Stéphane Jacques est bien ordinaire dans le rôle-titre.A ses côtés, Julie McClemens ne s’en sort guère mieux.Pierre Drolet, Yves Da-genais et Marcel Levasseur surtout caricaturent grossièrement.En fait, qu’un parricide nous laisse froid à ce point, c’est du jamais vu.A l’affiche jusqu’au 28 mars.Hervé Gtiay LE MARIAGE DE FIGARO Cette comédie de Beaumarchais, où le ùivial et le spirituel font si bon ménage, a été délibérément tirée vers le bas par le directeur artistique du Rideau Vert, Guillermo de Andrea.Ici, on ne fait pas dans la dentelle.Tout est gros.Jusqu’à René Gagnon qui y va avec ses gros sabots dans le rôle du comte, un acteur d’habitude si fin.On est moins surpris que, dans le rôle de la comtesse, Sophie Lorrain suive la même pente.Ce traitement vaut de plus pour presque tous les personnages secondaires.Exceptions à la règle: Marc Béland (Figaro), Anne Dorval (Suzanne) et Maxim Gaudette (Chérubin) dont émanent un ix-u de légèreté et de sincérité.Autrement, c’est le règne de l’effet éprouvé et la recette ••flattons-le-public-dans-le-sens-du-poil».On comprendra que, pour le respect du spectateur, il faudra repasser.Supplémentaires les 1" et 2 avril.H.G.JERUSALEM THE MUSICAL Sans grande chaleur, Jerusalem The Musical nous montre deux jeunes gens qui s'aiment sur fond de conflit ancestral: il est juif, elle est musulmane et l’action se passe dans la «capitale éternelle».C’est cousu de bonnes intentions et de bons sentiments, c’est prévisible et cela ne dérange pas vraiment.Le plaisir qu’on peut y éprouver est celui de voir arriver ce qu’on avait deviné qui arriverait.Au Centre Saidye Bronfman jusqu’au 29 mars 1998.S.L.MOTEL HÉLÈNE Un huis clos très percutant de Serge Boucher mis en scène par René Richard Cyr.On y voit Johanne lutter, puis s’enfoncer dans une vie compromise par un drame qui la mènera vers une immolation qui était, au fond, prévisible, mais que personne n’avait prévue.En une trentaine de brefs tableaux, des comédiens au jeu boule versant arrivent à créer un univers d’une si grande justesse qu’on peut le reconnaître même si on ne le connaît pas.Une production du théâtre Petit à Petit à l’affiche à l’Espace Go jusqu’au 21 mars 1998.S.L.LE CHEMIN DES PASSES-DANGEREUSES Di nouvelle création de Michel Marc Bouchard compte encore des maladresses d’écriture.Ainsi, la forme de ce drame opposant trois frères m’est apparue assez tordue.Mais, au moins, l’auteur dramatique a oublié de s'assagir et ce qu’il dit sur les hommes, la parole et la beauté mérite d’être entendu.Serge Denoncourt, de son côté, a créé quelques moments forts mais sa direction d’acteurs n’est pas au point.Patrice Godin et Sébastien Delorme, notamment, ne sont pas entièrement convaincants.Par contre, Normand D’Amour emporte l’adhésion, qui im-ixise avec une netteté inspirante l’aîné de cette famille déchirée.Chez Ducep-pe, jusqu’au 28 mars.Supplémentaire le dimanche 22 mars, à 14h30.H.G.Il y avait «mille Don Quichotte possibles», niais Dominic Champagne, le créateur du cynique Cabaret neige noire, a choisi de recréer pour le TNM un chevalier à la triste figure qui «se cogne au réel» mais qui «n 'abandonne jamais son rêve».STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR Don Quichotte est le premier des romans modernes, et à bien des égards, il reste encore le meilleur.Sa renommée est presque sans égale dans le merveilleux monde de la fiction: on le connaît sans même avoir lu son millier de pages, le nom de son héros est devenu un nom commun, son univers peuplé de moulins à vent, de Sancho Pança et de Dulcinée a suscité des mythes et rien de moins.Shakespeare est probablement le seul auteur à avoir captivé plus d’esprits que Cervan-tès et, par un extraordinaire coup du sort, les deux géants sont d’ailleurs décédés le même jour, le 23 avril 1616.Les commentaires du grand chef-d’œuvre occupent des bibliothèques entières.Comme tout travail de cette éternelle qualité artistique, le Quichotte en a aussi inspiré d’autres.La fortune visuelle du chevalier et de son écuyer a été assurée par Daumier, Doré, Picasso ou Dali.On ne compte plus les opéras, les opérettes et les comédies musicales sur ce thème.Au TNM, la tâche a été confiée à la jeune équipe de Wajdi Mouawad (à l’écriture) et Dominic Champagne (à la mise en scène).Avant cette sortie montréalaise, cette semaine, la pièce a été présentée au Centre national des arts, à Ottawa, au début du mois.Ce monument est un dédale et il fallait donc choisir un fil rouge pour s’y retrouver.«Il y avait mille Don Quichotte possibles: ou bien tu montes une intégrale fidèle en quarante jours, ou bien tu fais des choix, explique Champagne.Pour moi, c’est un personnage violent, fanatique même.C’est une triste figure, quoi, dont l’auteur se moque, parce que l’intention de Cervantes, c’est d’en finir avec les romans fabuleux de chevalerie en créant le plus grand rêveur de la littérature, submergé parla fiction.» En fait, le personnage lui va comme Dominic Champagne un heaume, puisque Dominic Champagne a souvent abordé le thème de la mort du rêve, notamment dans Im Cité interdite (sur la mort du rêve révolutionnaire des felquistes) et Cabaret neige noire (sur la fin des utopies du siècle, symbolisée notamment par l’assassinat de Martin Dither King).«Luther King et Quichotte sont de la même trempe.Iœ chevalier veut aussi se mettre au service des hommes, redresser les torts, sauver la veuve et l’orphelin.Comme Luther King, il se cogne au réel, mais il n'abandonne jamais son rêve.» Pour «monter» Hamlet, il faut un Hamlet.Pour monter le Quichotte, il faut un tandem, un élancé et un ixitelé, en l’occurrence Rémy Girard et Normand Chouinard.«J’ai une relation intime avec En attendant Godot, de Beckett [il s’en est inspiré pour sa propre pièce, La Répétition ], et j'avais été assez soufflé par leur performance, au TNM, il y a quelques années.Quichotte et Pança, c’est un peu le même couple, mais qui se met en route, comme dans un road-mo-vie, vers une quête inassouvissable.» Le doute et l’angoisse Le parallèle ne s’arrête pas là.Chez Becket, l’absurde tragique trace le portrait d’un homme et d’une société à l'agonie, au milieu de la prolifération insensée et pathétique des êtres, des choses et des signes, menaçants et nihilistes.Au contraire, le Quichotte qui est aux origines de ce processus de libération moderne, qui aboutit au doute et à l’angoisse absolus, fascine par sa capacité de donner plus de sel à la vie, de tout vitaliser par son imagination encore nourrie par des idéaux, encore imbibée d’un grand mystère merveilleux.Peut-on même parler d’une sorte de «Cabaret neige blanche»?«Non, répond franchement l’habitué des productions cyniques.Mais le Quichotte m'a permis de mettre le doigt sur la nécessité de croire en quelque chose qui nous dépasse.C’est peut être le fait d’avoir des enfants, ou de vieillir, je ne sais pas.Mais c’est aussi un exercice de santé que d’être cynique.Ça prend des Cioran pour faire contrepoids aux Che Guevara.Au nom du rêve, on a tué bien du monde dans le siècle, et le cynisme, c'est un sain réflexe de courage, de lucidité et de doute.C’est bien de se révolter, d’envoyer promener les grands rêveurs de temps en temps, mais c’est bien aussi de B 7 défendre certains idéaux, certains rêves, pour ne pas s’enfermer dans une complainte geignarde.» Champagne précise que Mouawad a développé dans un sens plus religieux cette relation à la transcendance.Le (Edipe roi, que l’auteur a mis en scène cet hiver au TDP, était entièrement organisé autour de ce problème de la soumission aux lois divines.Son adaptation du Cervantès reprend le thème en faisant du chevalier une sorte de saint ou de mystique.«Dans la vision de Wajdi, confie le metteur en scène, Quichotte est conscient qu 'il porte en lui une souillure, une tache originelle: l’ennemi à abattre, c’est cette part noire de lui-même, qui l'empêche de transcender l'humaine condition.Le combat contre cette souillure devient donc le but de sa quête.Il doit s'enfoncer dans la boue pour engager un dialogue plus profond avec Dieu ou le ciel.» lœ tout premier acte de justice accompli par le chevalier consiste à empêcher un paysan de fouetter son petit berger.Mais sitôt qu’il reprend la route, la punition n’en devient que plus dure.«Pour moi, dit Champagne, tout le paradoxe du personnage tient dans cette scène: Don Quichotte est sans concession.» Cette ligne de force influence finalement toute l’adaptation.Mouawad, qui a réalisé pas moins de treize versions de la pièce, a retenu des éléments dramatiques qui ont permis à son compagnon de création d'accentuer cette opposition entre le grotesque et le sublime, le vulgaire et le sublime, le monde terre-à-terre et les idéaux.«Si les thèmes sont profonds et sérieux, le spectacle ne l’est pas.Don Quichotte, c’est aussi une œuvre populaire, et on a respecté son côté carnavalesque.» D’où le recours à une musique du maestro Pierre Benoit, rendue live par un band rock, avec percussions, guitares électriques et tout et tout.Un bel exemple de ce que l’artiste des scènes (disons) parallèles a réussi à imposer à la grosse structure du TNM.«J'aurais pu livrer un Don Quichotte plus classique, qui aurait correspondu un peu plus au modèle attendu par le contexte institutionnel, qui explique d’ailleurs pourquoi, souvent, tous les shows se ressemblent dans des boîtes comme celle-là.Je n 'aurais pas été heureux là-dedans.Mais je ne suis pas venu réinventer le théâtre institutionnel: je suis venu ici monter le Don Quichotte, un show sur la nécessité de rêver.» 1er et 7 ;an°n ictton ,aSC»J iéca"1 Llmporialo STANDARD un QUEBECOR IRC.LaManufactub dans le dos dans la de 1ASON SHERMAN Traduit par / PIERRE LEGRIS Mis on scène par MICHEL MONTY Avec PIERRE COLLIN CLAUDE DESPINS MURIEL DUTIL ÉRIC FORGET AUBERT PALLASCIO Assistance à la mise en scène JEAN GAUDREAU Concepteurs LINDA BRUNELLE MARTIN LABRECQUE OLIVIER LANDREVILLE CLÉLIA MARSADIE JEAN-FRANÇOIS PEDNÔ Du 12 mars au A avril 1998 du mardi au samedi à 20 h / le dimanche à 15 h RÉSERVATIONS : (514)523-2246 W LA UC ORNE V 4559, Papineau, Montréal Une Saison Païenne dhprès Une saison en enfer ci outres textes I M A X ( IIE 22 M A » S I !) 9 S ^ SP — ¦ ^ 1 I DISQUES CLASSIQUES De FRANÇOIS TOUSIGNANT ROBERT SCHUMANN LIEDER R.Schumann : Lieder op.98a, n"' 2,4, 6,8; Quatre Husarenlieder, op.117; Trois poèmes d’Emmanuel Geibel, op.30; Douze poèmes de Justinus Kerner, op.35; Die Lowenbraut, op.31 n° 1.Durée: 70 min 21.Hypérion CDJ33102 Avant même d’avoir terminé de publier son intégrale des mélodies de Schubert, le pianiste Graham Johnson en remet et repart à l’aventure.Cette fois, c’est l’intégrale des mélodies (en cycles ou non) de Schumann qui l’intéresse.Le premier volet, l’an dernier, a mérité des honneurs avec la soprano Christina Schafer.Cette fois, c’est au tour du jeune baryton britannique montant Simon Keenlyside de défendre un répertoire méconnu.Les textes de Goethe (tirés de Wil-helmeister.les chants du harpiste) reçoivent une lecture sentie.L’émotion si nostalgiquement déchirante (Wer nie sein Brot mit Tranen ass) pénètre très loin, portée par la voix du chanteur, un artiste qu’on découvre avec bonheur.Quel baryton somptueux et expressif! Rien ne semble à son épreuve: la mélodie sérieuse, la chanson un peu paillarde comme la bluette coulent de source.On regrette seulement un accompagnateur un peu timide par moments, alors qu’on sent la partie de piano dont l’écriture agissante voudrait se faire plus présente.Peut-être est-ce le respect de l’accompagnateur face au chanteur?Ou que ces mélodies ne sont pas toujours les plus affirmées de Schumann?On formule néanmoins un souhait: réentendre — et bientôt! — ce duo nous faire le Dichterliebe ou le Liederkreis op.39.C’est dans les chefs-d'œuvre, après tout, qu’on saisit mieux la profondeur des interprètes.SHAHAM - PLETNEV Alexandre Glazunov: Concerto pour violon en la mineur, op.82; Dmitri Kabalevski : Concerto pour violon en do majeur, op.48; RI.Tchaïkovski : Souvenir d’un lieu cher, op.42, Valse-Scherzo, op.34.Gil Shaham, violon.Orchestre national de Russie.Dir.: Mikhail Pletnev.Durée: 61 min 58.DGG 457 064-2 la bien bonne musique bien faite The Songs of Robert Schumann - QT] h^pt’nw SIMON KEENLYSIDE • GRAHAM jOHNSON Gii Shaham Mikhail Pletnev timiift Kitiom! Drthtitià Décidément, le violoniste Gil Shaham n’en finit pas d’étonner par son intelligence.Alors que, dans le monde si compétitif du violon, plusieurs de ses collègues ressassent les mêmes concertos ou sonates «célèbres et célébrés» pour tenter de se faire remarquer, il préfère s’abstenir, au disque en tout cas, de trop présenter le répertoire «standard».Les pièces offertes ici jouissent quand même d’une popularité certaine auprès des connaisseurs et exploitent à peu près toutes les capacités expressives et virtuoses de l'instrument, deux domaines où Shaham est roi.Sa sonorité si pleine, ronde et aérienne à la fois, qui se transforme en chair ou en nuée éthérée (en ce domaine, on pense souvent à Nathan Milstein), ajoute à l’intérêt un peu relatif du répertoire choisi.Il faut aussi parler des coups de fouet prodigués par Pletnev et son Orchestre national de Russie, qui ne se gênent pas pour prendre la place qui leur est due.On assiste donc à un sain concours d’émulation qui atteint des sommets musicaux impressionnants.Je vous préviens: il faut être amateur de musique pour violon (ceux qui saisissent l’expression s’y reconnaîtront) pour pleinement goûter cet enregistrement.Encore une fois, on a affaire à de la bonne musique, rarement grande ou indispensable, de celle qui nous appauvrirait si on la perdait.Gil Shaham aime séduire, sourire, et se donne à fond dans tout ce qu’il entreprend.Le résultat est donc toujours remarquable et convaincant dans l’art du violon.Il ne saurait être tenu responsable des mièvreries commises en certains endroits des partitions par les compositeurs.Avec Pletnev, il prend le pari d’en tirer le meilleur parti, quitte à les magnifier pour rendre justice à un certain esprit romantique moins tempétueux.Il y aura toujours un plaisir certain à écouter la virtuosité (Kabalevski) ou à se reposer (je n’ose écrire à se laisser aller à la facilité) sur une belle et conventionnelle mélodie (Souvenir d'un lieu cher).Quand c’est fait avec grâce et panache, on se trouve satisfait.NOVÂK Viteslav Novak: Quintette pour piano et cordes en la mineur, op.12; Treize mélodies slovaques; Chants d’une nuit d’hiver, pour piano seul, op.30.Radoslav Kvapil, piano; Magdalena Kozenâ, mezzo-soprano; quatuor Kocian.Durée: 67 min 20.ASV Digital CD DCA 998 Compositeur tchèque du tournant du siècle, assez important en son temps mais que la gloire de Janacek a un peu occulté, Novak tente une percée au disque.Tant mieux.Les œuvres de jeunesse présentées ici montrent un métier sûr et une générosité d’inspiration (et d’écriture pia-nistique) dont nul n’aurait à rougir.Tout le langage reste encore dans la foulée du folldorisme de l’école nationale tchèque de la fin du romantisme (Dvorak et Smetana en tête), rien de choquant ou de neuf, un simple entremets.Pourtant, que de charme dans les variations (second mouvement) du quintette pour piano, et quelle qualité d’enregistrement! Le pur plaisir du son (du piano surtout, ce qui est rare) vaut largement la dépense.Les mélodies folkloriques amusent, sourires de la cantatrice, Magdalena Kozena, que les amateurs de chants vont adorer découvrir.Ce qui surprend le plus, c’est la mignonne suite Chants d’une nuit d’hiver.Bien que datant de 1903, les harmonies sensuelles flirtent avec le jazz et la poésie nostalgique avec des modernismes à la Debussy.Non seulement cette musique calme, elle arrive à intéresser.W Novak Piano Qûintet Suno* of* a l'iNtt* Nicm » J glOVMC îlot Kw ?D€H üKiSi ORCHESTRE SYMI’HOMQI I DEMOWKEAI, Gershwin le compositeur américain aux accents ipi77fS Keith Lockhart, chef d’orchestre du légendaire Boston Pops Orchestra, dirigera ce concert très enlevant ! AIR CANADA (ocommanditaire 4.'xV-_Y les Envolées musicales Air Canada Mardi et mercredi 24 et 25 mars, 19 h 30 Gershwin Gershwin Gershwin Proto Ouverture cubaine Concerto pour piano « en fa » Rhapsody in Blue A Portrait of George Keith Lockhart, chef Michael Chertock, piano Admission: 790 1245 Place des Ans: 842-2112 Salle; Wilfrid-Pelletior Place des Arts 0SM:842-9951 MÉLODIES L'unique magasin de disques exclusivement JAZZ au Québec LE SPÉCIALISTE DE L'IMPORTATION JAZZ 4375, rue Saint-Denis Montréal (Québec) H2J 2L2 Tél.: (514) 845-1736 Fax : (514) 845-7233 LE faites coiiiiiiissniiee avec une personne renia equable chaque lundi.m N.B.A LA CHAINE CULTURELLE FM DE RADIO-CANADA % www.radio-canada.com LA PRINCESSE BLANCHE, de BRUCE MATHER, avec Pauline Vaillancourt, sop., Yolande Parent, sop.colorature, David Doane, t., Michel Ducharme, b., et l'Orchestre du Nouvel Ensemble moderne, dir.Lorraine Vaillancourt, sera présenté après la diffusion de Lohengrin, de Wagner, vers 17 h 20.Anim.Jean Deschamps Réal.Maureen Frawley L'OPÉRA DU METROPOLITAN Aujourd'hui à 12 h 10 PHILIPPE DE BR0CA est l'invité de Chantal Jolis pour son film Le Bossu.En concert à 21 h 30, le SEXTET C02 d'Edmonton.Anim.Chantal Jolis Réal.Christophe Rodriguez Réal.-coord.Daniel Vachon SILENCE.ON JAZZ! Ce soir à 18 h 30 CARTE BLANCHE A DANIELLE MARTINEAU, concert enregistré dans le cadre de la série Mémoires vives à la Maison de la culture Frontenac.Anim.Elizabeth Gagnon Réal.Lorraine Chalifoux UNE OREILLE SUR LE MONDE Dimanche à 13 h NATHALIE DER0ME tisse sa toile dans S'ALLUMER CONTRE LE VENT, poème sur pattes en direct du Monument National à Montréal.Ce spectacle multidisciplinaire est élaboré à partir de poèmes de François Martel.Création musicale : Maryse Poulin.Anim.Michel Garneau Réal.Christine Germain LES DÉCR0CHEURS.D'ÉTOILES Vendredi à 22 h A NE PAS MANQUER CETTE SEMAINE : LÉ0NARD0, INGÉNIEUR ET MUSICIEN présente ALAIN THIBAULT, électroacousticien, en direct de Québec avec son partenaire, le disc-jockey DJ K-0NE, samedi à 23 h.Anim.Jacques Languirand Réal.Danielle Bilodeau RÉGINE CRESPIN est l'invitée de Catherine Perrin à TOUT POUR LA MUSIQUE.lundi à 9 h 11.Réal.Michèle Patry LE SALON DES ÉCRIVAINS animé par Claude Lavoie et Mario Girard, est présenté en direct du Salon du livre de l'Outaouais, vendredi à 12 h 11.Réal.Claire Couture 100,9 CHICOUTIMI • 98,3 MONCTON • 100,7 MONTRÉAL • 102,5 0TTAWA-HULL • 95,3 QUÉBEC • 101,5 RIM0USKI • 90,7 SHERBROOKE • 90,3 TORONTO • 104,3 TROIS-RIVIÈRES 86
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