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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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  • Journaux
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Références

Le devoir, 1998-06-22, Collections de BAnQ.

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1.K I) K V OIK.I.K I.I X I) | 22 .1 II I X I !» !» S A I -LES ACTUALITES » L’école privée exerce un grand attrait sur les élèves les plus forts PAULE DES RIVIÈRES LE DEVOIR Près d’un élève sur quatre a quitté la CECM après avoir terminé son cours primaire l’an dernier.C’est vers le secteur privé que se dirigent majoritairement ceux qui partent, soit, cette année, 16,5 % des élèves (ou 895 sur 5 407).C’est ce que révèle une étude de la CECM rendue publique mercredi soir, lors de la dernière réunion publique de cette commission, qui, au premier juillet, devient la Commission scolaire de Montréal, tout en gardant l’essentiel de son territoire.L’étude révèle aussi que les élèves anglais de la CECM sont beaucoup moins nombreux que les enfants des écoles françaises à s’inscrire au secteur privé.Il reste que la CECM perd un taux plus élevé d’enfants au secteur privé que l’ensemble de la province, qui affiche un taux de départ de 14,6 %.Là encore, une distinction s’impose entre les secteurs anglais et français puisque 7,9 % des élèves anglais de 6' sont passés au privé contre 15,3 % des élèves des écoles primaires françaises.Sur Elle de Montréal, la CECM est toutefois une de celles qui présente un taux de rétention relativement élevé puisqu’elle a perdu 15,5% de ses enfants comparativement à 17,4 % pour l’ensemble des huit commissions scolaires de l’île.Sur l’îe, la Commission scolaire Sainte-Croix, qui recouvre les territoires de Ville Saint-Laurent, Ville Mont-Royal et Outremont, est de loin celle qui a perdu le plus d’enfants au profit du secteur privé, qui a attiré cette année 35 % de sa clientèle ayant terminé sa sixième année l’an dernier.En fait, ce pourcentage vaut à cette commission scolaire le championnat provincial du passage au privé.Suivent les commissions scolaire de Lévis, de st-Hyacinthe, de Sherbrooke, de Brassard, des Découvreurs, de L’Çau Vive, de Lapocatière, de L’Argile Bleue et Des Ecores.Les écoles privées qui ont attiré le plus grand nombre d’élèves finissants de 6' année sont le collège Saint-Jean-Eudes, le collège Mont-Saint-Louis, le collège Regina Assumpta, le collège Villa Maria et le collège Français.Il est intéressant de noter que l’élève qui quitte la CECM affiche une moyenne cumulative supérieure à 80 %.De plus, le plus souvent, il vit avec ses deux parents.La candidature de Clark officielle cette semaine Ottawa (PC) — Après avoir quitté la politique en 1993, juste avant que le Parti conservateur, presque décimé, ne soit réduit à deux députés aux Communes, Joe Clark s’apprête à effectuer un retour en politique fédérale.Après des mois de rumeurs, d’entretiens privés et d’appels téléphoniques destinés à sonder les appuis et les ix>s-sibilités de soutien financier, l’ex-pre-mier ministre originaire de l’Alberta devrait annoncer cette semaine à Cal-gary qu’il souhaite contribuer à la résurrection politique des conservateurs.Les conservateurs sont endettés de 10 millions et n’ont que 19 députés à la Chambre des communes.Depuis que Jean Charest a quitté la formation pour prendre la tête du Parti libéral du Québec, les conservateurs fédéraux sont dépourvus d’un leader connu des Canadiens.Plusieurs, au sein du parti, pla- cent leurs espoirs en Joe Clark, qu’ils perçoivent comme le possible sauveur de la formation et peut-être leur meilleure chance de repousser les avances du Parti réformiste.Agé de 59 ans, M.Clark ne s’est pas encore officiellement lancé dans la course à l’investiture, mais on l’a déjà décrit comme le favori.Tout en se présentant lui-même comme le candidat le plus logique, le stratège conservateur Hugh Segal lançait il y a deux semaines sa campagne à Kingston, en Ontario, en déclarant que Clark était l’homme à abattre.«Il est connu dans tout le Canada.Et il jouit d’énormément de respect», a-t-il (lit.L’ex-ministre manitobain Brian Pal-lister, l’auteur pigiste Scott Paterson, d’Ottawa et l’homme d’affaires ontarien John Ijong sollicitent aussi l’investiture conservatrice.W::ï; j' *•' mm .• - SfUSf mm MfH aShhh khb WmÊËimÈ; ¦ : a» t Mi wÈMËmmWÊk: • illll Han née 1998 marque le 50e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'Homme.Cette déclaration, adoptée par les Nations Unies le 10 décembre 1948, fut un modèle universel en matière de droits humains.Elle a été une grande source d'inspiration pour la Charte québécoise des droits et libertés de la personne.5Ca aiuiuHMaVw d& ta (f^éelaAaüo/i unw(M(>U/> dea dkoilâ de i (ffjfoninw Le Québec est fier de s'associer à la communauté internationale pour souligner cet important anniversaire et pour réaffirmer son engagement en faveur du respect des droits humains.Québec ss Gouvernement du Québec Ministère des Relations avec les citoyens et de l’Immigration REVUE DE PRESSE Début d’été ANTOINE ROBITAILLE «Çï, nommé < Difficile d’éviter le dossier constitutionnel dans toute revue de presse du Canada anglais.Un effort louable a été fait, la semaine, dernière pour contourner les vieux démons.En parlant, entre autres, de jeunes démons «sympathiques» estivaux : les squeegees; et en faisant état d’un éloge torontois de la Caisse de dépôt.Mais vous vous en doutez: la revue de presse «constitution free», ce sera pour une autre fois.adopté le fameux document.«Si les Québécois élisent un gouvernement non souverainiste, qui sait?, on pourrait même modifier la Constitution en conséquence.» Mais horreur! «Notre billet doux est tombé dans les mauvaises mains.Comme un Papa impétueux du bon vieux temps, le premier ministre Bouchard a intercepté le message afin de tuer dans l’œuf toute possibilité romantique.» Nullement langoureux, le ton du Ottawa Sun de mercredi.Plutôt anti-estival, même.«Espérons que David lœvine, disait-il en substance, ne s'attendait pas à être accueilli chaleureusement, à Ottawa, cette semaine, à son arrivée au travail».«Pour qu'un séparatiste trouve quelque oreille sympathique au cœur de la capitale nationale, il faudrait un vendredi du Canada de juin avec des températures sous zéro.» Mais surprise : pour une des premières fois depuis le début de la controverse, le Sun demande aux anti-leÇvine «d’exprimer leur opposition de façon plus civilisée».Di raison?Parce que les «quelques personnes» qui se comportent comme s’ils étaient «à la World Wrestling Eederation» font plus de tort que de bien à la cause de l’unité nationale.ï suffit!» s’écriait samedi le Globe and Mail, dans ce qu’il a nommé «son éditorial annuel sur les squeegees», qui vient naturellement avec le début de l’été.L’an passé, rappelle le Globe, le comité éditorial s’était déclaré impressionné p;ir la débrouillardise et «le sens de l’entrepre-neurship» des squeegees, leur «don du service à la clientèle».Ils avaient loué leur «politesse» qui ressemblait dans certains cas «à de l’obséquiosité».«Quelle différence en un an!», se désole pourtant le Globe.Cette année, il y en a tout simplement trop de ces laveurs de vitres «dégoulinants et transpercés de partout» à Toronto.«On en a assez de ces ados faisant irruption dans la circulation», qui laissent tomber des gouttes d’eau «dans nos fenêtres de voitures ouvertes».«Parfois, nos pare-brise ne sont pas encore secs» qu’à l’intersection suivante, d’autres hordes de squeegees «assaillent nos voitures» et les lavent une seconde fois! Y allant d’un courageux aveu: «Nous sommes des bourgeois, fiers de l’être!», les membres du comité éditorial du Globe réclament une réglementation municipale.Selon eux, les squeegees sont très nombreux cette année pour la simple et bonne raison que beaucoup d’adolescents sont en mal de bohème et ont fait du lavage de pare-brise leur aventure romantique estivale.«Ils se disent que c'est mieux que d’être cravatés dans un bureau à faire du télémarketing.» Citant les cas de «New York, Vancouver, Montréal et Winnipeg», où l’on a interdit, par réglementation, et le phénomène squeegee, et la mendicité, le Globe affirme que c’est au tour de Toronto d’aller de l’avant.Toutefois, il prétend qu’il ne faudrait pas intervenir contre les deux phénomènes de la même façon.«Au moins, les squeegees offrent un service, qu’il soit bienvenu ou non.» Proposition du Globe : «pourquoi ne pas émettre des permis de squeegees comme on le fait pour les vendeurs de hot dogs et les musiciens de métro?» Ainsi, Revenu Canada prélever les impôts qui lui sont dus! «En attendant, espérons que l'été sera pluvieux», conclut méchamment le Globe.Calgary et Levine C’est aussi par un ton estival que le Toronto Star commentait, lundi, la dernière «éruption» du «Mount Lucien».«C’est la belle saison et le Canada anglais avait osé envoyer une petite lettre d’amour aux Québécois.» Parlant de la «brise de la déclaration de Calgary», l’éditorial signale que toutes les provinces du Canada anglais ont La presse Vive la Caisse de dépôt! Un rare «billet doux» venant du Canada anglais, en terminant.L’expéditeur en est David Crane, directeur des pages économiques au Toronto Star qui publiait un papier, mercredi, dans le Times Transcript de Moncton.Selon lui, le Québec n’a jamais si bien fait, en 1965, en créant la Caisse de dépôt.Crane affirme que «le ROC peut apprendre beaucoup du Québec».Alors que dans le reste du Canada, les trésors provinciaux, qui avaient accès à l’argent des pensions, l’ont utilisé pour financer leurs déficits avec des bonds provinciaux peu efficaces, le «Québec a décidé de financer de petites entreprises fondées sur le savoir, dans l’espoir qu'elles deviennent une source de richesse pour son économie».Aujourd’hui, affirme Crane, «la Caisse est le plus important détenteur institutionnel d’actions sur le marché boursier torontois».Le chroniqueur, résume ensuite le plan d’investissement ontarien que Denis Dionne, président de Sofinov, filiale capital risque de la Caisse, venu rencontrer des gens d’affaires, à Toronto récemment.Reconnaissant «le mérite du gouvernement du Québec d’avoir eu la vision d'utiliser ainsi les avoirs des Québécois», il incite le ministre des finances Paul Martin, à s’inspirer de la Caisse dans la gestion du futur «bas de laine» canadien anglais et d’investir, tout comme Sofinov, dans le capital risque et la nouvelle économie.Les francophones hors Québec veulent faire peau neuve HUGUETTE YOUNG PRESSE CANADIENNE Ottawa — Les communautés francophones hors Québec sont à la croisée des chemins.L’examen de réflexion amorcé par la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada pourrait même l’amener à repenser la notion des «deux peuples fondateurs».Trente ans après la proclamation de la Loi sur les langues officielles et après 10 ans de lutte scolaire, la Fédération des communautés francophones estime qu’il est temps de faire peau neuve.S’appuyant sur un rapport de François Duhaime de PCF Consultants, la Fédération a eu l’audace de remettre en question la notion des «deux peuples fondateurs».Le président Gino LeBlanc estime que bien que «pertinent», ce concept est restrictif et laisse les jeunes indifférents.«Lorsqu’on dit deux peuples fondateurs, c’est vraiment assis, c’est vraiment enraciné dans l’histoire, dans tous les moments historiques alors que lorsqu’on parle de deux grandes communautés linguistiques par lesquelles on peut s’intégrer à la société canadienne, je pense qu’on élargit les possibilités'», a-t-il expliqué à la presse.Cette proposition audacieuse a été accueillie comme une douche froide par certains participants.La présidente de la Société des Acadiens et des Acadiennes du Nouveau-Brunswick, Ghislaine Foulem, n’ose même pas y penser.«La lj)i sur les Langues officielles est directement liée à cette notion de peuple fondateur.S’il n’y avait pas eu de francophones et d’anglophones à la base de ce pays-ci, je ne sais pas pourquoi on aurait eu une Loi sur les langues officielles», dit-elle.En reniant cet «héritage politique et culturel», le Canada risque de devenir le «melting pot» américain, a critiqué à son tour l’ex-chef du Parti libéral du Québec, Claude Ryan.Il a invité les communautés francophones à faire preuve d’une extrême prudence.Sans cette notion de «deux peuples fondateurs» qui les caractérise, les francophones seraient noyés dans les autres groupes multiculturels, a-t-il prévenu.Pour le sociologue Raymond Breton, professeur à la retraite de l’Université de Toronto, cette idée «révolutionnaire» ne passera pas la rampe chez une majorité de francophones dont l’identité est liée à cette notion de deux peuples fondateurs.Cette profonde remise en question a largement dominé les débats de la Fédération des communautés francophones et acadienne.L’exercice a amené les francophones vivant à l’extérieur du Québec à se donner de nouvelles priorités au tournant du siècle: la santé, l’économie, bref les grands débats de la société canadienne.Dans cette même veine, M.LeBlanc estime que le discours de la Fédération doit être actualisé pour rejoindre les jeunes.A l’heure de la mondialisation, les jeunes ne s’intéressent pas «strictement aux questions francophones», a-t-il noté.C’est pourquoi la Fédération a intérêt à revoir son discours de long en large, y compris cette notion de deux peuples fondateurs.Pour refaire l’image de la Fédération, c’est toute une opération charme qui est en jeu.Ix* rapport Duhaime propose que la Fédération se défasse de ‘son côté prévisible’, qu’elle fasse un effort de communication, quelle «dépolitise le bilinguisme» et quelle rafraîchisse son discours.«Trop proche du gouvernement fédéral», l’organisme aurait également intérêt à «s’affranchir de cette image».Ces grandes réflexions devraient faire l’objet d’une étude plus approfondie.In Fédération veut s’en remettre à une commission consultative ‘sur l’état de la francophonie canadienne.Dans le dossier de l’unité canadienne, la Fédération aurait avantage à «s’ouvrir au Québec» et «à contribuer à mettre fin à l’ignorance et à l’indifférence québécoises envers la francophonie canadienne», note le rapport Duhaime.< I E I) K V OU, L K I- lî N I) I 2 2 JUIN I !l !» « B 8 -* LE DEVOIR ?- CULTURE L’Oie de Cravan, Clémence Hiver, Fata Morgana, Fourbis.les petits éditeurs sont à la Librairie Gallimard.3700 bout.St-Laurent.tél : 499-2012 LE BALAYEUR DE NUIT Louise contre-attaque LES FRANCOFOLIES DE MONTRÉAL Hurler au loup BRIAN MYLES LE DEVOIR Louise a contre-attaqué samedi soir au Spectrum, mettant le public k.o.Le quatuor français pratiquant une espèce «d’acoustique-grunge» mérite chaque mesure de son succès.Comment diable une batterie, un violon et deux guitares acoustiques arrivent-elles à faire autant de bruit et soulever le public à ce point?La musique de Louise Attaque, c’est une section rythmique d’une précision mécanique (Robin Feix à la basse et Alexandre Margraff à la batterie), un violoniste en transe (Arnaud Samuel) et un chanteur-guitariste (Gaëtan Roussel) qui te balance les succès les uns après les autres sans jamais faiblir.À Montréal, le groupe retrouve une base de fans connaissant les paroles par cœur, ce qui facilite leur travail de persuasion.— A poil!, crie une fille entre deux morceaux.«A poil?D’accord, allez-y», invite Roussel.Et son comparse de préciser quelque chose du genre: «Nous sommes moches, alors.» Les gars de Louise Attaque ont démontré deux choses.D’abord, ils ont le sens de la répartie.Ensuite, ils sont venus pour jouer.Quand ils se lancent dans Arrache-moi, la ligne de basse vient justement extirper un quelque chose dans les entrailles.Les paroles sont tout aussi troublantes: «Arrache-moi les ongles/La douleur jusqu’au bout des doigts/Arrache-moi le cœur/Que je ne puisse plus avoir peur.» L’introspection ne dure guère longtemps et ça repart sur Fatigante, pièce pressée où les harmonies vocales sont mises en évidence.«Elle est fatigante, fatigante, intelligente, négligente, excitante, désespérante, attirante, pas très galante, souriante, affligeante, rassurante, désobligeante, souriante, énervante, sur la bonne pente, un rien méchante, surprenante, menaçante, militante, parfois charmante, très très changeante, très importante, imposante, correspondante, suffisante, alléchante, intéressante.» En première partie de cette soirée à guichets fermés, Ann Victor, gagnants de l’Empire des futures stars en 1997, a plongé l’assistance dans atmosphère intimiste.Tout en douceur, les sept musiciens ont décliné leurs chansons de fête foraine vachement fran-çouillardes, y ajoutant des nuances de jazz.Clarinette, guitare acoustique, batterie, contrebasse, violon, accordéon et puissant chant: c’est un opéra de romanichelle qu’a servi Ann Victor.Le Spectrum était aussi bondé et bondissant vendredi soir pour Pigalle et les 3/4 Putains.Pigalle, c’est la voix, la vielle à roue, le violon, la mandoline, le banjo, l’accordéon et la cornemuse de François Hadji-Lazaro, qui est aussi chanteur.Le créateur des Garçons Boucher reste, à sa façon, alternatif.De la woman Histoire de compléter la Fatigante de Louise Attaque, ajoutons élégante, séduisante et troublante, trois qualificatifs qui, dans un souci d’économie de l’espace texte, décrivent ici la flore urbaine dont les parfums, Contradiction, Obsession et Eternity, liquéfiaient les esprits dans la chaude nuit La zone hip, à l’angle des rues de Bleury et Maisonneuve, rassemble depuis le début des FrancoFolies quantité de jolies demoiselles.En fait, a analysé l’ami Pico, cet éternel coureur des bois prisonnier de la ville, «il y a plus de belles filles ici que de mouches noires, maringouins, mouches à chevreuil ET brûlots réunis dans toutes les Laurentides.»Et c'est encore un euphémisme.Ce troublant constat, dont la preuve scientifique peut être fournie sur demande, invite au questionnement.Qu’est-ce qui attire les quelques têtes grises qui se perdent invariablement dans la zone hip tous les soirs?Le renouveau musical ou l’ambiance?Mesdames, si vos époux développent un torticolis à leur retour de ce festival, dites-vous qu’ils auront regardé davantage le spectacle qu’ils ne l’auront écouté.Accessoirement, le site des FrancoFolies a été foulé par la coqueluche de ces dames, l’acteur.Désolé, il faut conclure.C’est tout l’espace qui était disponible aujourd’hui.Zachary fait des petits LOUISE LEDUC LE DEVOIR Zachary Richard prend les grands moyens.Défenseur devant l’éternel du fait français en Louisiane, voilà qu’il propulsera jeudi à l’avant-scène des FrancoFolies quatre de ses concitoyens âgés d’une dizaine d’années.Au delà de l’expérience artistique, Zachary Richard veut redonner à ces jeunes la fierté de parler français et leur prouver que le français ouvre des portes sur le monde et sur le succès.Quoique soutenu dans cette initiative par les FrancoFolies et le Mouvement national des Québécoises et des Québécois, Zachary Richard refuse d’être assimilé au nationalisme d’ici.«Nous avions besoin d'appuis et il se trouve que nous les avons trouvés de ce côté.Pour le reste, ma position demeure la même: je ne suis pas Québécois, je n’ai pas droit de vote aux référendums et je ne veux pas abuser de l'accueil qui m’est fait ici.» Par contre, quand il s’agit de parler du français en Louisiane, Zachary Richard aevient intarissable.«Pendant trop longtemps, le français a été associé à l’ignorance et à la pauvreté.Ma génération est perdue, mais grâce aux classes d’immersion, celle qui pousse est vraiment porteuse d'espoir.» Pour illustrer son propos, le prolifique et très aimé auteur-compositeur-interprète y va d’une anecdote.«Pendant longtemps, les parents des gens de ma génération parlaient français quand ils ne voulaient pas que leurs enfants comprennent.Et aujourd'hui, ce sont leurs enfants qui parlent français quand ils veulent exclure leurs parents de leurs secrets.» Les bonnes nouvelles affluent enfin du côté de la Louisiane.«En pré- vision du 300 anniversaire de la fondation de la Louisiane, en 1999, un million vient d’être consacré à la venue de francophones et à la promotion du français au point de vue touristique.En plus, le Codofil [l’organisme d’Etat chargé de la défense du français] vient d’élire un président nettement plus dynamique.» Zachary Richard, lui, milite surtout dans l’Action cadienne qui s’est chargée du voyage des jeunes musiciens au Québec.Leur principal cheval de bataille: la sauvegarde des classes d’immersion francophone que fréquentent 3000 jeunes Louisia-nais.«Dans les paroisses riches autour de Lafayette qui profitent de l’industrie du pétrole, le financement de ces classes d’immersion se trouve sans difficulté.Par contre, il a fallu nous battre récemment pour ne pas perdre celles de la paroisse de Saint-Landry.» Ces jours-ci, la lutte prend pour Zachary Richard des airs de vacances.Il se trouvait hier à Joliette avec «ses» enfants qui assureront une partie du spectacle local de la Saint-Jean, en plus de leurs prestations aux FrancoFolies.«Il fallait offrir à ces jeunes l’occasion de vivre en français ailleurs que dans leur famille ou à l’école.Quand ces jeunes retourneront en Louisiane, ils jouiront d'un grand prestige auprès de leurs copains.Et tout ça pourquoi?Parce qu’ils auront participé aux FrancoFolies.Parce qu’ils parlent français.» La Louisiane fait son bout de chemin jusqu’ici, Zachary Richard souhaiterait bien que le Québec fasse le sien.«Le Québec a une délégation à New York mais a fermé celle de Im-fayette il y a une dizaine d’années.Or, sans ce bureau qui m’a permis de chanter au Carnaval de Québec en 1974, que serait ma carrière aujourd’hui?» Le francochoix du Devoir Jeff Bodart est Belge, ce qui n’explique pas nécessairement son affection pour les casquettes et son habileté à créer de la chanson pop pas bête, mais justifier un certain humour oblique.De fait, rien que ses titres parlent pour lui: mentionnons Tout le monde m’aime sauf moi, Ça valait la peine que je naisse, Il faut de tout pour faire un homme, et surtout le ninofer-rerien Personne n’est formidable, ma préférée.Ancien des Gangsters d’amour, groupe tout aussi belge et célèbre pour sa première partie couillonnée du James Brown Show au Forrest-National de Bruxelles, ce Bodart m’avait bien plu en solo à La Rochelle et Spa, plutôt dynamique sur toutes scènes et sous toutes casquettes.Z’avez deux occasions de l’attraper aux présentes FrancoFolies: aujourd’hui à 18h en bas des marches de l’esplanade de la PdA puis jeudi 25 juin à 22h30 à l’autre extrémité du site, toujours rue Sainte Catherine, mais à l’angle de Saint-Urbain.Z’avez qu’à suivre la casquette.Sylvain Cormier Quinze minutes de retard, quinze petites minutes de retard.Il n’en fallait pas plus pour que ses fans hurlent au Leloup, impatients.Ils étaient prêts, Leloup sans doute aussi, mais voilà, Leloup sait se faire désirer et il sait, par-dessus tout, semer le doute, étonner, ne jamais donner tout à fait ce qui lui est réclamé.Il arrive enfin, s’installe à demeure au milieu de la scène.Il ne bougera pas de là et sans doute y est-il resté tout au long des deux heures et demi de spectacle et des quatre rappels prévus.Sa guitare, sa bouille d’acteur et son charisme s’occupent du reste.De belle humeur, Leloup s’amuse à briser le rythme du spectacle, faisant suivre ses tubes les plus connus de titres sortis de nulle part, de quelque tiroir où s’empilent, paraît-il, des dizaines et des dizaines de chansons jamais enregistrées.Et ce n’est rien: ne s’est-il pas déjà mis, en concert, à improviser des paroles pendant quinze minutes sur sa guitare?Leloup n’a pas à s’en faire, n’a pas à songer à la promotion de son dernier album, Le Dôme, qu’il a déjà vendu à plus de 100 0000 exemplaires.Les mots se bousculent à la sortie, il raconte, hyperactif, coq-à-Vâne.Combien de mots à la minute?A une vitesse folle, sans jamais perdre le fil — mais, au fait, y a-t-il un fil ?— il compose par petites touches des univers surréalistes.Tout le monde plonge avec lui et récite tel un laïus, les pa- roles de ses titres qu’ils connaissent bien: Cookie, Edgar, Alger.Dans la foule, les corps se promènent, portés à bout de bras.«Tout est étrange», chante Leloup dans un décor tout aussi mystérieux, sur une scène flanquée de rideaux violets et de deux statues sans tête au bout de longues colonnes.Leloup sourit, heureux.Et pour les 22 à 30 ans, les FrancoFolies commençaient hier soir, pas avant.Les plus vieux avaient eu leur Michel Legrand et leur Nicole Croisille, les plus jeunes de 18 ou 19 ans avaient entendu leur rap plus tôt en fin de semaine.Les 22 à 30 ans attendaient, eux, leur Leloup, celui qui a enfin pu leur rendre attirante la chanson québécoise.Louise Leduc Luce les siens, Claude les siennes C9 était mon programme d’hier soir: Claude Gauthier au café du Monument-National, puis Luce Dufault et ses invités au théâtre Maisonneuve.Deux univers paral- lèles.L’un avec les moyens du bord, l’autre servi par la grosse machine du showbiz.Si je les appose ainsi, un peu gratuitement a priori, c’est parce que la disproportion entre les conditions de travail m’a semblé presque gênante.Jugez plutôt.Gauthier était coincé au bout d’une sorte de couloir (l’aire café ménagée en vitrine du Monument-National) sur une scène ad hoc plantée à l’entrée, presque dans le chemin des retardataires.Sono vaille que vaille, personne pour s’occuper de la guitare désaccordée, recours aux bandes pré-en-registrées (à défaut d’orchestre), inconfort général du lieu pour le chanteur comme pour l’auditoire, bref, un mauvais fac-similé de boîte à chansons.Luce, comme de raison, disposait de tout ce que l’effarant succès de son premier disque apporte: éclairages chics, sono impeccable, musiciens ultra-pros, équipe complète.Presque trop, en fait: une fille un peu gypsy avec les production values d’un show de Roch Voisine.D’où l’étrange impression que personne n’était vraiment à sa place.L'impression que Gauthier était vendu à rabais et Luce présentée dans un écrin trop luxueux.Une im- pression toute personnelle qui n’enlevait rien aux artistes: gens d’intensité et de sincérité, chacun faisait fi des contextes peu appropriés.Gauthier a été Gauthier, chêne massif du Lac-Saguay, à la fois magnifique et maladroit, misant peu sur le passé (enfilant rapidement Geneviève, T’est pas une autre, Le Soleil brillera demain, expédiant Le Grand six-pieds) et beaucoup sur l’avenir (un bel échantillonnage des nouveautés de l’album en chantier avec Daniel Lavoie, dont Le Chant des arbres, La Maison rose et surtout Ce pays-là).Et Luce a été Luce, c’est-à-dire qu’elle a profité de la Carte blanche offerte par les Francos pour se payer un presque plein show de duos.Dans le segment de seconde partie auquel j’assistais, Bruno Pelletier et Loulou Hugues allaient et venaient constamment, réquisitionnés par Luce pour chanter du Fer-land (Un peu plus haut.), du Zachary Richard (Pleine lune de décembre), etc.C’était bien, mais c’aurait quand même été meilleur dans un gros club.Et le récital de Gauthier nettement plus agréable au studio-théâtre de la PdA, comme en avril.Sylvain Cormier FRANCOFOLIES Sing Sing à perpétuité pour Nougaro SYLVÈRE AZOULAI ET PASCAL AULAGNER Claude Nougaro, rien de moins que.terrassant.r » SYLVAIN CORMIER C> était forcément un signe, ce Sing Sing Song de Claude Nougaro et Nat Adderley chanté en pleine Catherine par Linda Racine, lauréate du prix d’interprétation au dernier concours Ma Première Place des Arts.Dès 18h samedi soir, déjà, Nougaro était là.Dans l’air.Dans la moiteur de l’air.Moiteur nouvelle-orléa-naise, lourde de sens et de mots.Le Toulousain, lui, supposait-on, n’était pas loin, soufflant d’impatience par les naseaux, petit taureau attendant l'heure d’entrer dans l’arène du théâtre Maisonneuve.Entre-temps, pour tromper l’attente, j’avais le joyeux party des Fabuleux Élégants au Spectrum.Leur tout premier spectacle, en fait, suite du réjouissant album country-folk-rock paru le mois dernier, enregistré en dix jours.Un show préparé en moins d’une semaine par les compères Jeff Smallwood, William Dunker (dit Will-lie le Wallon), Patrick Norman et Bourbon Gautier.Le pari du pur plaisir a été tenu: nos Wilburys québéco-américano- belges ont offert deux f°r_ midables heures de bon temps.A savoir toutes les combinaisons possibles d’harmonies à deux, trois et quatre voix, des solos de guitares en veux-tu en vHà, de solides rendus des chansons de l’album et quelques autres fie Boulevard des minuscules de Smallwood, le Menteur de Gautier), de l’asticotage en masse (Gautier vouvoyant le «vénérable» Norman) , et un étui de guitare à l’avant- scène pour, le petit change.Le bonheur, quoi.A cela près que j’ai dû partir à l’entracte, Nougaro oblige, en me jurant de revoir ces Elégants véritablement fabuleux au Festival d’été de Québec vendredi 17 juillet.Nougaro est arrivé avec un jeu de mots à la Nougaro: «C’est comme si je n’avais pas quitté la maison.neuve!»Et puis il s’est mis en branle, jambes écartées, bas de gravité, assumant la position de bête de scène.Bête de scène?Je l’affirme: en trente chansons et plus de deux heures trente d’intense, riche et exigeant récital, ce cliché-là reprenait du service.On ne glosera pas infiniment sur les affres de l’âge, mais qu’un homme de 69 ans, pontage coronarien au curriculum, assène ainsi l’une des plus magistrales expériences de spectacle vécues de mémoire d’auditoire, c’était riep de moins que terrassant A la fin, après avoir reçu dans le buffet la quasi-intégralité de son nouvel album L’Enfant-phare, les essentielles de sa première période jazz (Le jazz et la java, Armstrong,Une petite fille, Sing Sing Song), ses incontournables des années 80 et 90 (Le Coq et la pendule, Nougayork, C’est une Garonne,Bidonville), et ses grands hymnes (Cécile ma fille, Toulouse), c’est nous qui étions épuisés.Alors que lui n’en finissait plus de revenir, increvable batailleur refusant de s’arrêter avant l’absolu knock-out, ajoutant encore Je suis sous, Dansez sur moi, Rimes.Pour Nougaro le magnifique, la vie, c’est Sing Sing à perpétuité.CONCERTS CLASSIQUES L’arrière-goût de Pavant-goût DOMAINE FORGET W.A Mozart Air Ah! se in ciel, bénigne stelle (transe.P Magnan).C.Saint-Saëns: Sonate pour hautbois et piano, op.116; R Guiot Charlevoix-Atmosphère, Afterrpon-Blues; G.Sil-vestrini: 4 des Six Études pour hautbois seul; M.Ravel: Sonatine (transe.D.Walter), Le Tombeau de Couperin (transe.P.Magnan: O.Messiæn: Vocalise pour hautbois et piano.Philippe Magnan, hautbois; Claire Ouel-let, piano.Salle Françoys-Bernier du Domaine Forget Saint-Irénée, le 19 juin 1998 FRANÇOIS TOUSIGNANT Vendredi soir, au Domaine Forget, récital bien timide du hautboïste Philippe Magnan et de son accompagnatrice Claire Ouellet.On avait déjà entendu cette paire dans une horrible acoustique à Lanaudière l'an dernier, c'était donc une joie de se préparer à les entendre dans une meilleure salle (l'auditorium Françoys-Bernier ne m'a pas encore convaincu d'être à la hauteur de sa réputation, mais c'est plus que correct en ce qui concerne la qualité acoustique).Dès le départ une forte nuance teinte le commentaire: le hautboïste connaît des problèmes d'anche qui lui font rater plusieurs notes et qui vont souvent le gêner.Cela n'empêche pas d'admirer son étendue dynamique et la qualité de son timbre, voire sa virtuosité.les études retenues de Silversr trini furent à ce point de vue réussies.Techiquement constamment exigeantes — bien que pas toujours brillantes —, malgré un vocabulaire suranné, on a entendu quatre pages de poésie qui savaient retenir l'attention et donner à Magnan la chance de démontrer tout son potentiel musical et son sens du style.Ce qui est adéquat ici, l'est moins dans sa transcription de l'air de Mozart.Partiquant un art de la respiration inconnu des chanteurs, le hautboïste, au souffle long, oublie les respirations de la phrase, ce qui la rend gauche.Ce qui fonctionne à merveille dans Le Tombeau de Couperin — à savoir la respiration continue — prive cette page d'une partie de son rythme charnel et on peine à retrouver Mozart, n'y entendant que du hautbois.Le reste du programme fut assez nonchalant.J'ai déjà souligné que l'interprète se concentrait sur un impondérable technique.Son accompagnatrice ne l'a guère aidé.Claire Ouellet joue Saint-Saëns.Messiæn et Ravel tout du même, en vraie «accompagnatrice d'école», de celles qui ne prennent jamais la parole (et parole il y eut à prendre souvent).Elle n'articule pas les phrases, ne sent pas quand elle doit se mettre de l'avant ou supporter son partenaire.Elle habille un soliste, très nettement et avec assurance, mais sans relief ni inspiration.Les deux petites créations du flûtiste Raymond Guiot en ont pâti.Le «swing» et ce je-ne-sais-quoi de sensualité coquine absents des deux interprètes ont fait d'une œuvrette jolie et amusante un instant assez rasoir.C'est avec une impression d'ennui qu'on sort, admirant le paysage, souhaitant écouter bientôt Magnan mieux stimulé par ses partenaires.Et le goût du goût.C.W.Gluck: Don Juan (extraits); F.Devienne: concerto pour flûte no 7 en mi mineur; J.Haydn: concerto pour orgue en do majeur, Hob XVIIkl; W.A Mozart: symphonie no 29 en la majeur, K 201 «de Paris».Alain Marion, flûte; Michael Radu-lescu, orgue; Les Violons du Roy, dir.Bernard Labadie.Salle Françoys-Bernier du Domaine Forget, Saint-Irénée, le 20 juin 1998 Samedi, coup d'envoi de la vingtième saison du Festival international du Domaine Forget, l'affiche à quatre temps était racoleuse.La première partie du concert a brillamment donné le ton.Commençons par les extraits de Don Juan de Gluck.De cette musique qui calmait les oreilles de nos mères-grand par son apparente simplicité, Labadie et ses acolytes font un événement musical d'une perfection sonore et de style — tant dans l'humour galant que dans la fine caricature hispanisante — qui a provoqué chez tous ceux présents un «Ahhh!» audible et senti à la fin de l'exécution.Un moment de pure magie qui fait se rendre compte de tout le potentiel de cet ensemble, et qui hausse la barre des attentes.On sait maintenant ce dont ils sont capables et on ne veut rien moins.Ensuite, Alain Marion a empoigné la musique à bras-le-corps dans une éblouissante interprétation d'un concerto de Devienne.Si le sens de l'expression Strum und Drang vous semble flou, écoutez la radiodiffusion de cette interprétation cet été en après-midi à la Chaîne culturelle de Radio-Canada.Strum und Drang, c'est çà! Marion reste Marion.Avec lui, la musique parle, vit, est.L'idéal artistique atteint transcende les contingences, le sens domine la réalisation chez cette flûte exceptionnelle.Il ne manquait qu'un accompagnement plus précis, comme si les Les Violons du Roy n'avaient pas assez travaillé leur partie.Une inconfortable imprécision s'installait entre le soliste et l'orchestre, malgré la belle complicité entre la flûte et le chef.Par la force de Marion, néanmoins, la mémoire fait plus que s'enrichir; elle se nourrit.Après l'entracte, un concerto pour orgue de Haydn rendu de manière amateure par Michael Radulescu.Même des traits simples sont ratés, sales (sur ce petit positif, un comble), et si l'orchestre fait un peu meilleure figure (c'est très facile), le soliste ne manifeste aucune fantaisie ou imagination; Haydn tombe à plat.Quant à la symphonie de Mozart, et tant pis pour mon chauvinisme, l'OSM fait on ne peut mieux dans la précision, le sens du style, l'articulation des motifs (ah, ce quatrième mouvement qui boitait toujours) et le chanté sensuel.Labadie semble confondre sforzando et attaque agressive.Son maître Gardiner l'a bien comprise, cette différence.Une œuvre raffinée devient donc objet ordinaire.C'est le risque qu'il y a à mûrir un répertoire, et les Violons semblent avoir besoin de longue maturation avant de pleinement s'épanouir.Car, j'y reviens avec bonheur, le Gluck d'ouverture.t r
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