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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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  • Journaux
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Références

Le devoir, 1998-09-28, Collections de BAnQ.

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¦+ FONDÉ EN 1910 LE DEVOIR Vol.L X XXIX - N ¦ *21!) ?M 0 N T II K A L .I.K L U N I) I 2 8 S H P T E M B II K I !) !) 8 8 7 c + T A X K S = I $ / T 0 II 0 N T 0 I $ Christian R i o u x ?PERSPECTIVES D’abord l’alternance Aucun doute, c’est la fin de Père Kohl.Mais, l’arrivée à la chancellerie allemande du social-démocrate Gerhard Schrôder, champion du «nouveau centre», ne représente pas pour autant un bouleversement politique.En Allemagne, on parle de victoire de l’«extrême centre».Indécis jusqu’à la dernière minute, les Allemands se sont finalement résolus à se séparer de l’homme de la réunification après 16 ans de pouvoir.Quatre mandats, cela marque une époque.La défaite du chrétien-démocrate Helmut Kohl aux mains du social-démocrate Gerhard Schroder constitue donc une première pour l’Allemagne à plus d'un titre.Pour la première fois le pays sera dirigé par un homme qui n’a pas connu la guerre.Avec les années, Helmut Kohl en était inévitablement venu à représenter l’Allemagne d’une autre époque.Gerhard Schrôder sera, dans sept mois à peine, le premier chancelier d’après-guerre à siéger à Berlin.Bonn est déjà de l’histoire ancienne.C’est aussi la première fois en 50 ans qu’un chancelier en poste perd une élection et que l’opposition accède directement au pouvoir sans passer par un remaniement ou une coalition.Plus qu’un programme politique radicalement différent, les électeurs allemands ont surtout choisi hier l’alternance politique dans un pays gouverné depuis la guerre presque sans interruption par les chrétiens-démocrates.En élisant Gerhard Schrôder, ils choisissent le changement dans la continuité.On parle d’une victoire de l’«extrême centre»! Sitôt élu, Schrôder confirmait qu «après cette élection l’Allemagne ne va pas devenir une autre république».Changement de style donc, mais pas nécessairement de politique.Malgré les difficultés de la réunification et la crise de la sécurité sociale, le pays reste la première puissance européenne.Pourquoi changer radicalement une recette gagnante qui, après les difficultés réelles des années 90, annonçait cette année une croissance de 3 %.Champion du monde des affaires, candidat du «nouveau centre», Gerhard Schrôder demeure un défenseur du modèle social allemand, comme l’a d'ailleurs été Helmut Kohl avant lui.Reste à savoir s’il aura, à la tête d’une nouvelle coalition — on saura plus tard s’il gouvernera avec les Verts ou la CDU —, la marge de manœuvre nécessaire pour réaliser les réformes qui s’imposent au pays.Parmi, cellesci, celles des systèmes fiscal et social apparaissent les plus urgentes.Mais, ceux qui attendent une révolution à la Thatcher ou à la Reagan se trompent Des transformations sont déjà en cours, elle devraient s’accélérer.Comme les Français et les Britanniques, les Allemands ont choisi les sociaux-démocrates (rebaptisé en Allemagne «nouveau centre») pour mettre en œuvre des réformes de droite.Les Allemands n’aiment plus les extrêmes.Qui le leur reprochera?Le nouveau chancelier présidera dès janvier l’Union européenne.Il célébrera en même temps la naissance d’Euroland, dont la capitale est Francfort.Il le fera d’autant plus facilement que le débat auparavant houleux, est clos sur cette question en Allemagne.La crise des marchés financiers ayant montré aux plus sceptiques les avantages d’une monnaie européenne commune.Sur le plan européen, tout au plus peut-on s’attendre à un certain rapprochement avec la Grande-Bretagne, comme l’a annoncé Schrôder.Encore que les impératifs de l’alliance franco-allemande tissée par des années de complicité devraient finir par s’imposer.Non, le défi allemand est ailleurs et le résultat de l’élection est venu le rappeler.La victoire de Helmuth Kohl en 1994 était due au fort soutien qu’il avait obtenu dans l’ancienne RDA Cette fois encore, ce sont les Allemands de l’Est qui ont fait pencher la balance et chassé le gagnant d’hier.La tâche la plus importante qui attend le nouveau gouvernement n’est pas seulement économique, elle est aussi et peut-être surtout politique et culturelle.Elle consiste à rétablir la confiance entre l’Est et l’Ouest En particulier à l’Est où la population cherche sa voie entre les partis d’extrême gauche et d’extrême droite.Si les anciens communistes du PDS ressemblent de plus en plus à un parti social-démocrate rose foncé, l’enracinement des groupes d’extrême droite est plus inquiétant Ceux-ci n’ont pas l’importance du Front National français, mais ils posent toute la question de l’acceptation des étrangers dans un pays où la définition de la nationalité en fonction du sang (et non du territoire) apparaît de plus en plus comme un anachronisme.Ne serait-il pas temps de faire passer dans la politique les beaux principes de la Love Parade qui mobilise un million de personnes chaque année à Berlin?Chose certaine, il faudra plus que de l’argent pour combler le fossé entre les deux Allemagnes.Le défi consiste à prouver aux Allemands de l’Est que l’on s’intéresse à eux pour autre chose que leur porte-monnaie.A leur montrer qu’il n’ont pas qu’à s’intégrer au plus vite et en silence dans une société déjà programmée, mais qu’ils ont aussi quelque chose à apporter à l’Allemagne de l’an 2000.Les subventions n’y suffiront pas.C’est l’illusion qui a eu raison d’Helmut Kohl.METEO Les Allemands de l’Est ont fait pencher la balance Montréal Ensoleillé avec passages nuageux.Max: 17 Min: 11 Québec Ciel variable Max: 16 Min: 10 Détails, page B 5 INDEX Actualité.A2 Le monde.A 5 Annonces.B 6 Avis publics.B 7 Culture.B 7 Économie.B 2 Éditorial.A 6 Les sports.B 5 Mots croisés .B 7 Planète.B 4 Religions.B 6 Télévision.B 7 www.ledevoir.com LES ACTUALITÉS Duchesneau promet de réduire les dépenses de 40 millions, page A 3 V CULTURE Les Journées de la -4 I culture ont connu un 1-8 J franc succès, page B 8 ENTREVUE Jean-Claude Gallotta, artiste du cœur, page B 1 Les élections en Allemagne Schrôder met fin à l’ère Kohl Les sociaux-démocrates récoltent 41% des voix contre 35 % pour les chrétiens-démocrates CHRISTIAN RIOUX ENVOYÉ DU DEVOIR A BERLIN Réunis dans leur tout nouveau siège national de Kreutz-berg, un arrondissement de Berlin, c’est avec des hurlements de joie que les sociaux-démocrates ont accueilli la défaite du chancelier Helmut Kohl, après 16 ans de pouvoir des chrétiens-démocrates (CDU) en Allemagne.Avec seulement 35 % des voue, celui qui a présidé à la réunification du pays et fait entrer l’Allemagne dans l’euro essuie donc un revers cuisant, le premier d’un chancelier en exercice depuis la guerre.Contrairement à ce qu’annonçaient les sondages, les Allemands lui ont très majoritairement refusé ce cinquième mandat qu’à 68 ans il était convaincu de décrocher haut la main.«Les autres gagnent les sondages, moi je gagne les élections», aimait-il répéter.Battu dans sa circonscription, Helmut Kohl a perdu les deux La défaite est «indiscutable J’en tire les conséquences personnelles», a-t-il déclaré en remettant sur-le-champ sa démission à la direction du parti chrétien-démocrate (CDU).Avec 41 % des voue, le candidat-vedette des sociaux-démocrates (SPD), Gerhard Schrôder, remporte donc une victoire décisive, franchissant la barre psychologique des 40 %.Le nouveau chancelier a indiqué son intention de s’attaquer aux problèmes de l'Allemagne, en particulier le chômage qui frappe surtout les lànder de l’Est Il a de plus exprimé son admiration pour la véritable bête politique que fut Helmut Kohl et qui «restera dans les VOIR PAGE A 8: ALLEMAGNE Intermède T-iOlc VlLLZ MARTIN CHAMBERLAND LE DEVOIR LES MUSICIENS DE L’OSM ont rejeté hier en assemblée générale les dernières propositions de leur employeur.Ils ont ensuite manifesté devant la Place des Arts leur crainte de voir l’orchestre perdre ses meilleurs talents au profit des concurrents, ce qui pourrait nuire, soutiennent-ils, à la réputation internationale de Montréal.Nos informations en page A 2.Le super hôpital McGill, c’est pour 2003-2004 La fusion des institutions anglophones, ce n’est pas «a piece of cake», avoue le directeur du CUSM Pendant que la fusion du CHUM se fait dans la tourmente, celle du Centre universitaire de santé McGill, avec son projet de construire un nouvel hôpital de un milliard de dollars, se fait-elle dans la joie et l’harmonie?S’il semble que tout baigne dans l’huile, les apparences sont parfois trompeuses.ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Il naîtra encore au moins 20 000 bébés dans les murs centenaires de l’hôpital Royal Victoria avant que le mégahôpital du Centre universitaire de santé McGill ne délaisse les flancs du mont Royal pour déployer son campus en plein centre-ville.En effet, même si tout semble baigner dans l'huile dans la fusion amorcée des quatre hôpitaux phares de l’université McGill, on ne prévoit toujours pas, dans la meilleure des hypothèses, en déménager les pénates dans un centre universitaire, tout nouveau, tout beau, avant 2003 ou 2004.Hugh Scott, le nouveau et enthousiaste directeur du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), l’avoue lui- même: les premiers patients du futur complexe high tech qui sera érigé au centre-ville ne frapperont pas à la porte avant cinq ou six ans.Et cela, même si on travaille d’arrache-pied sur la fusion depuis 1992.«On pourra construire certains pavillons de recherche avant cela, mais déplacer des soins, ce sera très long et très complexe», dit-il.Bien que l’hôpital Royal Victoria, l’Hôpital général de Montréal, l’hôpital de Montréal pour enfants et l’Institut neurologique de Montréal aient scellé leur sort dès 1993, la fusion des hôpitaux affiliés à McGill n’est devenue réalité qu’en août 1997, moment où les quatre conseils d’administration ont été fusionnés pour n’en constituer qu’un seul.VOIR PAGE A 8: McGILL L’investiture du PQ dans Mercier Josée Legault mord la poussière Robert Perreault dit ne pas craindre la division dans les rangs péquistes ÉRIC DESROSIERS LE DEVOIR Le député péquiste et ministre de la Métropole, Robert Perreault, a conservé hier l’investiture de son parti dans la circonscription de Mercier.Sa rivale, Josée Legault, a accepté de bonne grâce le verdict des membres tout en avertissant le gouvernement que la grogne dont elle avait voulu se faire la porte-parole était bien réelle au sein de la base du Parti québécois.Les deux candidats ayant décidé d’un commun accord, comme c’est la coutume au PQ, de ne pas dévoiler les résultats du vote pour éviter qu’ils ne nourrissent trop d’amertume, il n’était pas possible hier soir d’établir quelle proportion exacte des 550 votants, sur un peu plus de 1000 membres dans la circonscription, ont appuyé l’un ou l’autre des candidats.Une évaluation subjective basée sur les couleurs affichées par les personnes présentes et la force de leurs applaudissements laissait toutefois croire qu’un peu moins des deux tiers de l’assistance appuyaient la candidature de Robert Perreault.Interrogé après sa victoire sur les risques de division qui pouvaient planer sur le parti, Robert Perreault a dit ne VOIR PAGE A 8: LEGAULT Selon une enquête Sondagem-Le Devoir Le PC n’a guère d’avenir au Québec La victoire du Bloc dans Sherbrooke a eu un effet dévastateur sur les «bleus» PIERRE O’NEILL LE DEVOIR Les Québécois n’ont plus confiance dans le Parti conservateur ni dans ses leaders.A leur avis, le PC est moribond et sans avenir.C’est la conclusion qu’ils tirent de l’éclatante victoire que le Bloc québécois a remportée à l’élection complémentaire du 14 septembre dans le comté de Sherbrooke, jusqu’alors le fief de Jean Charest.Une enquête d’opinion réalisée par la maison Sonda-gem pour le compte du Devoir met en lumière l’effet dévastateur de cette défaite des bleus: 30,3 % des Québécois y voient la confirmation que le Parti conservateur n’a plus d’avenir au Québec: 21,4 % trouvent dans les résultats de cette élection l’indication que le mouvement souverainiste est plus vigoureux que jamais; 15,9 % préfèrent l’explication voulant qu’il s’agisse plutôt d’une réaction aux politiques et attitudes du gouvernement Chrétien; 5,3 % ne retiennent aucune de ces interprétations et 27,1 % n’ont pas d’opinion arrêtée sur le sujet Effectué du 19 au 22 septembre auprès de 1008 personnes, ce sondage tend à démontrer que la remontée des enfers n’est pas pour demain.En supposant que le PC parvienne un jour à regagner la confiance des Québécois, on peut croire que le prochain chef, quel qu’il soit ne sera pas la bougie d’allumage de cette renaissance.VOIR PAGE A 8: PC + I.E I) E V ü I a, L E li IJ N I) I 2 8 S E I’ T E M B R E 1 !) !) 8 A 8 LE DEVOIR ACTUALITES MARTIN CHAMBERLAND LE DEVOIR Josée Legault LEGAULT «Je ri ai que 37 ans» SUITE DE LA PAGE 1 pas s’en inquiéter outre mesure.«À toutes les fois que le parti est au gouvernement, a-t-il déclaré, la même situation se présente.Les militants sont d'abord et avant tout là pour atteindre l'objectif du parti qui est la souveraineté.Le gouvernement est là pour ça aussi mais il doit aussi assumer les responsabilité du pouvoir.Je trouve ça plutôt sain.Ça nous rappelle à nos engagements fondamentaux.Et puis, je pense que la distance n'est pas aussi grande que parfois les médias le laissent croire.» Peu de parti politique en Occident, a-t-il poursuivi, atteignent le niveau de débat démocratique que l’on trouve au PQ.Se disant évidemment déçue du résultat.Josée Legault a pour sa part déclaré ne pas voir dans sa défaite le signe d’un rejet par les membres du parti.Elle s’est toutefois dite forcée de constater que la direction du parti y avait mis tout son poids pour la faire battre.Elle a répété que la distance entre le gouvernement et la base allait grandissant.«C’est grave au Parti québécois, parce que c’est un parti de militants.» Au journaliste qui lui demandait si elle entendait mettre un terme à sa carrière politique, elle a répondu: «Je n'ai que 37ans.Qu’en pensez-vous?» Robert Perreault s’est défendu d’avoir gagné par la seule force de la machine placée derrière lui.«J’ai des racines profondes ici, a-t-il rappelé.Ça fait des années que je m’implique dans le quartier.» Les ministres Nicole Léger, André Boisclair et Pierre Bélanger ainsi que le leader adjoint du gouvernement, M-dré Boulerice, et le député de Saint-Jean, Roger Paquin, étaient venus au sous-sol de l'église Saint-Denis, au coin des rues Berri et Laurier, se passer autour du cou la petite écharpe bleue et verte du candidat Perreault, alors que l’écharpe toute bleue marquée «Josée» ne trouvait aucun preneur chez les «invités d'honneur».Au moment de faire leur discours et d’essayer pour une dernière fois de convaincre les militants, les deux candidats s’en sont tenus aux positions qu’ils ont défendues durant toute la campagne.La première à prendre la parole, Josée Legault a redit combien il était important pour le parti et le comté d’avoir un représentant à la «voix claire et forte» qui défendrait les «trois piliers de notre parti»: la souveraineté, la social-démocratie et la langue française.Disant ne pas comprendre pourquoi un tel programme lui avait valu l’étiquette «d'ortodoxe» ou «de radicale», elle a invité les membres du parti à faire preuve du «courage et de l’audace» d’être «convaincus et convainquants», «les seules véritables conditions gagnantes» selon elle d’un prochain référendum .sur la souveraineté.Bien appuyée par des partisans minoritaires mais enthousiastes, M""' Legault a mis en garde le parti des dangers de trop s’éloigner de sa base militante.Plus scolaire, Robert Perreault a expliqué sa position et celle du gouvernement depuis quatre ans sur chacun des trois principes fondateurs énoncés par sa rivale.Concernant la stratégie référendaire, il a assuré l’assistance que le degré de conviction souverainiste des membres du gouvernement était sans faille.«Faisons-nous confiance», les a-t-il priés.Au sujet des réformes et des compressions, il a rappelé qu’elles étaient inévitables ne serait-ce que pour garantir à l’Etat québécois la marge de manœuvre nécessaire en cas de souveraineté.Quant à la défense de la langue française, il s’est dit convaincu que William Johnson et Alliance Québec menaient présentement un combat d’arrière-garde.Là encore, il a promis qu’une fois le Québec souverain, «tout sera tellement plus clair et plus simple.» «Mes adversaires ne sont pas dans cette salle», a-t-il finalement conclu avant d’inviter les militants à se préparer fébrilement à la prochaine campagne électorale.S.V.P.Assurez-vous de recycler ce papier journal.Les prix Gémeaux LE DEVOIR "Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9" étage, Montréal (Québec), H3A3M9 EDI Place-des-Arts Ds sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction@ledevoir.com (514) 985-3551 Au téléphone Par télécopieur Par courrier électronique Pour l’agenda culturel La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres (514) 985-3344 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 Au téléphone Par télécopieur (514) 985-3340 Radio-Canada rafle presque tout PAUL CAUCHON LE DEVOIR Trois gros canons de Radio-Canada se sont partagé hier les plus prestigieux prix Gémeaux: si la série Omertà 2 a remporté le prix du public-Uniprix, le prix de la meilleure série dramatique et le plus grand nombre de trophées avec huit Gémeaux, Sous le signe du lion et L’Ombre de l’épervier ont tous deux obtenu les prix d’interprétation dans leur catégorie.Les Gémeaux de la meilleure interprétation dans une série ou émission dramatique sont en effet allés au couple Luc Picard et Isabel Richer de L’Ombre de l’épervier, dans une catégorie où la compétition était forte, alors que les mêmes prix dans la catégorie téléroman sont allés à Jacques Godin et Danielle Proulx pour Sous le signe du lion.Les comédiens d’Omertà Michel Dumont et Brigitte Paquette ont quant à eux remporté le prix du rôle de soutien dans la catégorie série, alors que dans la catégorie téléroman (rôle de soutien toujours) c’est Claude Prégent et Huguette Oligny pour Sous le signe du lion qui ont été récompensés.Avec ses 70 prix, ce 13' gala annuel de l’Académie canadienne du cinéma et de la télévision a pris une telle ampleur qu’il comportait deux parties, la première diffusée en après-midi sur RDI et la deuxième diffusée en soirée sur Radio-Canada.La gala d’hier soir a également été l’oc- casion de rendre un grand hommage à Lise Payette, qui a reçu le Grand Prix de l’Académie.Mme Payette, très émue, et dont c’était hier soir le premier trophée Gémeaux à vie, a exprimé ses inquiétudes devant plusieurs tendances du monde de la télévision: la trop petite place qui est faite à la culture, le phénomène de la commandite qui s’étend, la multiplication des canaux, la détérioration de la langue.«Tout réduire aux cotes d'écoute nous ramène vers le bas», a-t-elle déclaré, en rappelant aux directeurs des réseaux que «l'esprit et l’intelligence ne font pas fuir les téléspectateurs».Sous le signe du lion, la nouvelle version du téléroman de Françoise Loranger, une œuvre particulièrement brillante qu’a sûrement appréciée Mme Payette, a été consacrée meilleur téléroman et meilleur texte de téléroman (six Gémeaux en tout).Un gars, une fille, toujours à Radio-Canada, a remporté quatre Gémeaux, éclipsant d’ailleurs presque à chaque fois La fin du monde de TQS.Un gars, une fille a été consacré meilleure série humoristique, meilleure réalisation dans le domaine humoristique, meilleur texte humoristique et ses deux interprètes ont remporté le prix pour le série humoristique.De façon générale les émissions de Radio-Canada n’ont laissé que des miettes aux réseaux concurrents et il faudra voir si cette situation changera l’année prochaine car l’Académie a annoncé vendredi dernier que TVA participerait en 1999 au Gala des prix Gémeaux, après l’avoir boy- ARCHIVES LE DEVOIR Isabel Richer et Luc Picard ont remporté les Gémeaux de la meilleure interprétation dans une série pour leurs rôles dans L’Ombre de l’épervier.cotté pendant cinq ans.La vedette de TVA, Julie Snyder, a quand même tiré son épingle du jeu en remportant le prix de la meilleure animatrice dans une série de variétés et celui du meilleur spécial de variétés avec son émission sur Céline Dion.Mais comme meilleure série dç variétés, Le Poing J s’est incliné devant L’Ecuyer.L’équipe de Découverte à Radio-Canada était ravie d’obtenir le prix de la meilleure série d’information et La Facture a remporté le trophée de la meilleure émission de services.Anne-Marie Dussault a reçu en après- midi le prix de la meilleure animation pour une série d’information (Québec plein écran à Télé-Québec), souhaitant d’un ton ému que ce prix puisse témoigner de la foi du ^\xbXic«envers une télévision qui doit survivre».Pour sa célèbre entrevue avec Pierre Pé-ladeau réalisée pour RDI, Pierre Maisonneuve a remporté le prix de la meilleure entrevue toutes catégories.L’équipe de Christiane Charette a remporté trois Gémeaux, dont celui de la meilleure émission ou série culturellé.1 Trois Gémeaux ont également été décernés à la série documentaire Des crimes et des hommes.Dans le domaine des émissions pour enfants se sont distingués Les Zigotos, Pin-Pon, Radio Enfer, Les Aventures de la Courte Echelle et Watatatow.Les deux comédiens de Pin-Pon, Thomas Graton et Yves Soutière, ont été consacrés meilleurs interprètes dans une émission pour enfants Le gala d’après-midi était animé pour la première fois par Stéphan Bureau, qtiia adopté un ton léger, se permettant de( dévoiler des dons de comédien en se déguisant en maquilleuse ou en caméraman.’ Le tout premier trophée de la journée était d’ailleurs consacré au meilleur journal télévisé et on a pu y voir Stéphan Burfeau remettre lui-même le trophée à Bernard Derome.En soirée, Normand Brathwaite a animé le tout avec son habituelle dose d’insolence et d’humour.ALLEMAGNE «Goodbye Helmut SUITE DE LA PAGE 1 mémoires pour tout ce qu 'il a fait pour l’Allemagne».Malgré cette défaite amère, le chancelier Kohl entre dans les livres d’histoire comme l’homme de la réunification et de la monnaie commune européenne, ce qui n’est pas rien.Le secrétaire général de la CDU, Peter Hintze, a dit que Helmut Kohl était «peut-être le chancelier qui a le plus marqué l’histoire allemande».Après 16 ans de pouvoir chrétien-démocrate, l’Allemagne souhaitait d’abord et avant tout l’alternance.«Goodbye Helmut», scandaient les centaines de militants du SPD réunis à Berlin qui ont attendu jusqu’à la dernière minute pour savoir si Gerhard Schrôder gouvernerait en coalition avec les Verts ou s’il choisirait une «grande coalition» avec les chrétiensriémocrates (CDU).Les deux éventualités demeurent possibles et l’on ne connaîtra qu’aujourd’hui la décision du nouveau chancelier.Gerhard Schrôder veut prendre le temps d’analyser la situation.«Je n 'ai pas de penchants pour le pathos», a-t-il dit Les élus sociaux-démocrates additionnés aux verts donneraient pourtant à une coalition «rouge-verte» une douzaine de députés de majorité (le parlement allemand compte 656 sièges).Mais, Schrôder a déjà fait savoir qu’il ne ferait pas d’alliance à moins d’une solide majorité.On connaît les réticences du nouveau chancelier (partisan du «nouveau centre»), à l’égard du programme des écologistes pas toujours réaliste sur le plan économique.«Ce pays a besoin d’un gouvernement stable», a-t-il rappelé hier.Reste donc la possibilité d’une alliance avec la CDU dont Wolfgang Schàuble, dauphin de Helmut Kohl, a déjà annoncé qu’il entreprendrait la reconstruction.Une solution qui serait perçue comme une trahison par les militants sociaux-démocrates, nettement plus à gauche que leur chef.Plusieurs exigeaient hier que la décision soit prise lors d’un congrès extraordinaire.Avec 6 % des voix, les Verts, divisés par de graves crises internes, n’ont pas amélioré leurs résultats.Leur porte-parole, Jurgen Trittin, s’est dit néanmoins optimiste sur les chances de son parti de former une coalition avec le SPD.«Une «grande coalition» PSD-CDU ne signifiera pas un véritable changement.80 % » des élus seront dans le gouvernement, rien ne bougera», nous déclarait Monika Pugi-nier, membre du parti social-démocrate.Comme beaucoup de militants, elle a réservé son second vote aux Verts (les Allemands déposent deux bulletins dans l’urne: un pour l’élection directe, l’autre pour la proportionnelle).Les négociations pourraient être ardues entre états-majors.Deux petits partis s’imposent par ailleurs sur la scène politique allemande.D’abord les anciens communistes du PDS qui dépassent la barre des 5 % de voix et demeurent donc au parlement.Le PDS est soutenu exclusivement par des électeurs de l’ancienne RD A.«Les gens votent pour lui parce que c’est un parti régional, nous disait M.Staffelt, candidat social-démocrate (SPD) dans Neukôln, un quartier de Berlin.C’est le seul qui représente uniquement l'Est.On vote d’ailleurs pour lui souvent plus pour des raisons de frustration psychologique.» Pas question cependant pour les sociaux-démocrates (SPD) de s’allier avec lui.Le porte-parole du PDS, Helmut Ettin-ger, déclarait hier que son parti favorisait une coalition «rouge-vert».À l’autre extrême du paysage politique, le parti libéral (FDP) connaît aussi, avec 6 % des voix, l’un de ses meilleurs résultats.Toutes les formations politiques se sont félicitées de ce que l’extrême droite, divisée en trois partis (NPD, DVU et Re-publikaner), n’obtienne pas les suffrages nécessaires (5 %) pour entrer au parlement.Dans le land de Mecklembourg-Poméranie, la région la plus pauvre d’Allemagne où se tenaient des élections simultanées, l’extrême droite n’a pas non plus fait élire de députés.D’importantes manifestations d’extrême droite avaient eu lieu à Rostoc.i En guise d’avertissements, un groupe de skinheads avaient hier organisé line «rave» sauvage devant le siège national des sociaux-démocrates.Leur slogan: «La résistance n’a pas d’alternative dans ces élections.» La manifestation fut rapidement interrompue par la police.Auparavant, un arabe avait été attaqué par un groupe de skinheads dans la même rue.VOIR PAGE A 5: Gerhard Scrôder, un séducteur pragmatique PC Bris de confiance Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514)985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h à 16h30 Par télécopieur (514)985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Le Devoir est publié du lundi au samedi par Le Devoir Inc.dont le sièfte social est .situé au 2050.rue de Bleury.9• étage.Montréal.(Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor USalle, 7743, rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc , 612, rue Saint-Jacques Ouest.Montréal.L'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et a diffuser les informations publiées dans I.e Devoir.U Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest, Uval.Envoi de publication — Enregistrement n’ 0858.Dépét légal: Bibliothèque nationale du Québec.SUITE DE LA PAGE 1 En fait, l’actuelle campagne au leadership, qui conclura le 24 octobre au choix du prochain leader, ne suscite que très peu d’intérêt.Cet événement politique majeur est si peu connu que très peu de gens sont capables de nommer les deux principaux aspirants à la direction du parti: 19,5 % ont identifié Joe Clark et seulement 1,7 % se sont rappelé que Hugh Segal est son principal adversaire: 4,3 % ont nommé l’un des cinq autres candidats; 74,5 % n’en avaient aucune idée.Le bris de confiance entre le PC et les électeurs québécois est si profond que les leaders conservateurs ne souffrent pas la comparaison, même avec les antipathiques ténors du gouvernement fédéral.Qui de MM.Clark et Chrétien est le plus apte à comprendre les aspirations nationalistes du Québec?En réponse à cette question, 28,8 % ont désigné Jean Chrétien, 17,3 % ont nommé Joe Clark, 8 % ont opté pour les deqx et 28,7 % ont dit ni l’un ni l’autre.A la lumière de ces données, peut-on penser que le Parti conservateur a encore une vie au Québec, après Jean Charest?Au lendemain de la défaite de Sherbrooke, les analystes politiques n’ont pas tardé à proclamer le décès du parti.Néanmoins, il s’en est trouvé pour prétendre qu’une victoire du PLQ sur le PQ pourrait suffire à donner un nouveau souffle au PC.Cette théorie repose sur l’idée qu’une défaite du Parti québécois soulèverait toute la pertinence de la présence du Bloc à Ottawa.Quoi qu’il en soit, c’est le 24 octobre que l’on saura qui, de Joe Clark ou Hugh Segal, succédera à Jean Charest à la tête du PC.Le nouveau chef sera élu par tous les membres du parti, ce qui rend l’organisation du vote plus complexe et le résultat moins prévisible.Par le passé, le candidat qui obtenait le plus de votes dans un comté était assuré de l’appui de tous les délégués.S’il avait les moyens de recruter suffisamment de membres, il prenait ainsi le contrôle de la plupart des délégations et son élection était ainsi assurée.Ce système de délégués a été éliminé au profit d’un suffrage universel pondéré.Chacun des 301 comtés, peu importe la taille de son membership, se voit accorder 100 voix.Sur la base de cette formule, l’aile québécoise du parti détient 7500 des 30100 voix, d’où son importance stratégique et l’intense cabale dont les membres sont l’objet Pour être vainqueur, un candidat au leadership devra recueillir la majorité des voix (au moins 50 %) à l’échelle nationale lors du premier tour de scrutin, le 24 octobre.Si aucun des cinq candidats n’y parvient, un second tour de scrutin aura lieu le 15 novembre.La date limite du recrutement des nouveaux membres a été fixée le 29 septembre.La direction du parti estime que la section québécoise du PC comptera alors plus de 20 000 membres.McGILL Im Ferrari des hôpitaux SUITE DE LA PAGE 1 Pendant que les hôpitaux «francophones» du CHUM déchirent leurs chemises sur la place publique, le regroupement des hôpitaux de McGill semble se faire à un rythme accéléré et dans un calme olympien.Pourtant, la fusion des institutions «anglophones» est loin d’être «a piece of cake», concède le Dr Scott.«Imaginer qu’il n’y a pas de chicanes, c’est faux.On a franchi le Rubicon et on ne peut nier qu’il y ait toujours des sceptiques face à notre projet», affirme le directeur du CUSM.Mais à la grande différence du projet du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), celui de McGill a toutefois l’attrait de faire reluire, pour appâter ses 900 médecins et 10 000 employés affiliés à 82 unités syndicales, l’espoir d’un nouvel hôpital ultramoderne de 850 millions, appelé à devenir la Ferrari des hôpitaux universitaires au Canada.Avec ses 475 millions de budget de fonctionnement — le même qu’à l’heure actuelle —, il conservera le plus gros budget versé par le ministère de la Santé au Québec.«Le projet de créer une nouvelle entité géographique est un incitatif certain.Et si cela ne se réalise pas, je ne vous cache pas que ce sera très difficile», convient le nouveau directeur.L’ambitieux projet de construction du CUSM, rendu nécessaire par l’état de désuétude avancé des hôpitaux regroupés, est le moteur de sa réussite mais pourrait aussi devenir son talon d’Achille.Sans argent, le projet du CUSM est voué à l’échec.Pour mettre au monde son hôpital de 850 millions — dont 100 millions serviront à l’achat d’équipements médicaux —, le CUSM compte sur une méga-campagne de financement de 250 millions, 250 millions venant du gouver- nement du Québec, 250 millions puisés à même la Fondation canadienne pour l’Innovation et le reste provenant des économies occasionnées par la fusion.Les anciens hôpitaux, d’une superficie de trois millions de pieds carrés, seraient vendus à des promoteurs de projets d’habitation.Mais à l’heure où le gouvernement du Québec n’a pour obsession que le déficit zéro, où les hôpitaux du CHUM sont condamnés à vivre dans leurs vieux murs, comment McGill pourrait-il convaincre Québec de délier les cordons de sa bourse?«Que Québec investisse 250 millions dans un nouvel hôpital et 250 millions pour investir et rénover les bâtiments actuelles du CHUM, c’est la même dépense, mais effectuée d’une autre façon.Pour nous, il n’y a pas de traitement de faveur», soutient Hugh Scott.Lors de la fusion des hôpitaux de l’Université de Montréal, le gouvernement du Québec s’était aussi engagé à injecter 250 millions pour donner naissance au CHUM.On attend toujours.Plusieurs pensent que si Québec verse cet argent au réseau hospitalier de McGill, ce sera la guerre dans les hôpitaux desservant la clientèle francophone.Mais le nouveau directeur du CUSM ne le voit pas de cet œil.«Le CUSM ne sera pas un hôpital pour les anglophones, même si nous ne comptons pas abandonner pas notre clientèle traditionnelle.Les francophones sont nos patients.Il y a d'ailleurs plus de francophones qui vivent à proximité de l’Hôpital pour enfants de Montréal qu’autour de Sainte-Justine», insiste-t-il.Et pourquoi un nouvel hôpital?L’argument du nouveau directeur est difficile à réfuter.Agglutinés sur la montagne, certains hôpitaux du réseau McGill sont des vestiges d’un autre siècle.Pas moins de 44 % des locaux du Royal Victoria, le plus grand des quatre hôpitaux, ont été construits entre 1853 et la Première Guerre mondiale! «On ne peut vivre, ni même penser croître, dans un hôpital conçu en 1850, avant même l’ère des antibiotiques, alors que la principale cause d’hospitalisation était la maladie infectieuse», tranche le Dr Scott.• «Nous devons concevoir un CHU en fonction de 2020, dit-il.Nous pensons à un concept d'hôpital tout à fait différent, évolutif.On ne juge plus de l’importance d’un hôpital aujourd'hui à partir du nombre de lits.Pour nous, c’est totalement inconcevable.» _ '¦ Et pas question d’ériger un hôpital-paquebot.Car le nouveau centre de santé sera en fait un campus de 35 acres, où s’élèveront plusieurs petits pavillons distinct^, d’au plus cinq à six étages de hauteur.Le nerf de la guerre demeure l’achat du terrain.Une offre a été faite en juin dernier par l’université McGill pour un terrain adjacent âu centre-ville, mais les négociations, compliquées par la possibilité de travaux de décontamination du sol, s’étirent depuis des mois.î : Les rumeurs laissent entrevoir trois sites, dont cekii-là même convoité par les Expos à deux pas du Centre Mol-son.Mais cette hypothèse est de moins en moins ’probable.Reste la possibilité d’un terrain du CP, situé à côté du métro Vendôme dans Notre-Dame-de-Grâce, et le golf de Meadowbrooke, un terrain vague sis aux limites de Côte-Saint-Luc et Saint-Pierre.Si tout va comme prévu, dès l’acquisition d’un terrain, le CUSM amorcera la construction d’un pavillon de recherche en génétique.Au plus tôt en 2001.Quant aux sër-vices aux patients, il ne faut donc pas penser à leur arrivée au centre-ville avant 2002 ou 2003.Mais dans l’esprit (Je Hugh Scott, patience et longueur de temps font plus-que force ni que rage.
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