Le devoir, 26 octobre 1998, Cahier A
?F 0 N D E EN 19 1 0 LE DEVOIR Vol.I.X X XIX N " 2 I 2 M O N T 11 K A I.LH LUNDI 2(5 OCTOBRE I H î) K + T A X K S = I $ / T O It O N T O I $ PERSPECTIVES S e rfi e Truffant Motus et bouche cousue On en apprend des vertes et des vraiment pas mûres.Petit à petit, on nous met au fait de certains faits qui donnent froid dans le dos.À propos de quoi?Long Term Capital Management, firme experte, soi-disant, dans la gestion de produits dérivés.LTCM vient de sombrer trois ans après la déconfiture de la Barings, l’ex-banque de la royauté britannique.C’est à se demander si l’histoire, au fond, ne se répéterait pas.élas, il faut commencer par certains chiffres.Avec seulement quatre milliards de dollars américains de capital de base, LTCM avait pris des positions sur divers marchés atteignant les.200 milliards US.On prend ces 200, on les divise par le 4 d’en haut et on obtient 50.Cinquante fois plus! Afin d’éviter la faillite de cette firme, la Réserve fédérale, parce qu’elle a eu peur, ajuste titre, d’une catastrophe financière internationale, a obligé 14 banques et institutions à injecter 3,6 milliards dans la firme en question.Depuis la faillite technique de LTCM, d’autres chiffres sortent.Ainsi, l’Union des Banques Suisse (UBS), la plus imposante des institutions de ce pays, vient de déclarer une perte, tenez-vous bien, de.780 millions US.Une perte liée exclusivement à LTCM.Paribas, une banque d’affaires française, vient d’annoncer une provision pour pertes de plusieurs millions de dollars à cause de LTCM.La Dresdner Bank of Germany vient de radier 145 millions.La Sumitomo Bank du Japon s’apprêterait à en faire autant pour l’équivalent de 100 millions US.On passe sur les institutions américaines.Mais on s’arrête sur la Banque centrale d’Italie.Son patron, Antonio Fazio, est présentement sur la sellette pour avoir ordonné l'investissement de 100 millions US ?dans LTCM.Les mauvaises langues.Enfin, mauvaises.C’est à voir! Toujours est-il que l’on dit que le patron de cette banque centrale avait agi de la sorte pour éviter que LTCM ne spécule sur la lire italienne.À titre indicatif, mentionnons enfin que les positions prises par LTCM sur la bourse parisienne atteignaient 30 % des valeurs inscrites.30 %, ce n’est plus du pouvoir d’influence, mais bien du pouvoir pur et dur.Autre chose?Comme dans ces histoires les paradis fiscaux ne sont jamais très loin, on soulignera que le Liechtenstein Global Trust vient de gommer 30 millions US dans ses livres.Il y a toutes ces pertes, ces pertes sèches, et il va y en avoir d’autres.Toutes aussi sèches.Mais il y a d’ores et déjà pire.La Chase Manhattan Bank était à la tête d’un syndicat financier qui avait accordé à LTCM une marge de crédit de 900 millions US, accrochez-vous bien, sans garantie.Bonté divine! 9(H) millions US sans garantie.Il doit y avoir un truc, une astuce.Il est vrai qu’une astuce, John Meriwether, le patron et fondateur de LTCM, en avait élaboré une sérieuse.Une grosse, une belle, une énorme.Il faisait dans le contre-pied, le contraire.Il avait réussi à faire croire à tout le gratin de la finance internationale, les Citigroup, Desdner, Sumitomo, Paribas, UBS et combien d’autres, que rien ne valait l’aveuglement.C’est-à-dire?Son astuce consistait, en peu de mots, à ceci: vous investissez dans LTCM sans poser de questions.Sans nous obliger à vous informer.Grâce à une enquête des journalistes du New York Times, on vient d’apprendre en effet que contrairement à ce que font la très grande majorité des firmes ou divisions de banques qui travaillent sur le front des produits dérivés, soit informer quotidiennement l’investisseur-client sur les positions prises en son nom, LTCM se contentait d’envoyer un bref message une fois par mois.Pire, on a appris que le souci du secret, de la non-information, était cultivé à un point tel par la bande de Meriwether qu’au printemps dernier on a interdit aux cadres supérieures d’une banque suisse — la Bank Julius Baer —, de prendre des notes par écrit.Qu’on imagine! On a interdit aux clients, ceux qui mettaient l’argent sur la table, l’utilisation du crayon et du papier.Sidérant! La non-information, le déficit de communication, le manque de compréhension.C’est exactement cela qui avait plongé, il y a trois ans maintenant, la Barings, la banque anglaise, dans le précipice.Qu’on se souvienne: Nick Leeson, courtier travaillant pour cette institution, avait convaincu ses patrons de le laisser agir à sa guise en matière de produits dérivés.Et alors?Après enquête des journalistes du quotidien britannique The Indépendant, les bonzes de la Barings avaient fini par reconnaître, par avouer, que lorsque le jeune Leeson leur causait produite dérivés, ils ne comprenaient rien.Ils étaient les responsables de la Barings, ils ne comprenaient rien, ils ont laissé faire Leeson.Résultat?Des milliards partis en fumée.Après coup, après cette déconfiture qui fut précédée par celles des caisses d’épargne américaines qui, au début de la décennie, n’ont emporté avec elles pas moins de 250 milliards US, les uns et les autres, on pense surtout aux organismes de surveillance, s'étaient juré d’éviter d’autres catastrophes du genre.Même pas trois ans après la faillite de la Barings, la LTCM a failli emporter tout le gratin de la finance, ces têtes bien pleines, ces têtes soi-disant bien formées, dans un maelstrom énorme pour avoir fait du motus et bouche cousue sa loi fondamentale.Effrayant! M E T E 0 Montréal Ensoleillé.Ciel variable en soirée.Max: 10 Min:-1 Québec Ciel variable.Max: (5 Min:-5 Détails, page B 3 I N I) E X Annonces.B 7 le monde.A 5 Avis publies.B 3 les sports.B 5 Culture.B 8 Mots croisés.B 7 Economie.B 2 Planète.B 4 Editorial.A (5 Religions.B (5 www.ledevoir.com CULTURE Deux prix pour François Girard au Festival du nouveau cinéma, page B 8 ¦ IIIKSI HtlMâtlOM NQUVL AlllciNE MA START ÉDITORIAL L'éditorial de Bernard Descôteaux: Un maire pour Montréal, page A 6 LE MONDE Bruits d’élections en Israël, page A 5 Enquête Sondagem—CKAC—Le Devoir Les Québécois préfèrent Bouchard à Charest pour gérer le système de santé I* 1 E R R E O ’ N E I L L LE DEVOIR Nonobstant la performance décevante des péquistes dans le dossier de la santé, la population n’est pas disposée à en confier la gestion aux libéraux.En cette matière, elle fait encore plus confiance à Lucien Bouchard qu'à Jean Charest.Un relevé de l’opinion publique, effectué par la maison Sondagem pour le compte de CKAC et du Devoir, montre que la façon dont le ministre Jean Rochon a mené la réfor- me de la santé a exaspéré les Québécois: alors que près des deux tiers (60,7 %) se disent «peu ou pas du tout satisfaits», seulement 36,8 % se déclarent «très ou assez satisfaits».Effectué entre le 17 et le 21 octobre auprès de 905 personnes, ce sondage indique que les gens rie sont pas pour autant disposés à remettre ce dossier entre les mains du chef du PLQ.«Pour améliorer le système de santé»: 34,4 % des Québécois feraient davantage confiance à un gouvernement dirigé par Lucien Bouchard; 33,1 % à, Jean Charest; 19,2 % à ni l’un ni l'autre; 2,4 % aux deux.A cet égard, 10,8 % s’avouent indécis.Par delà la désapprobation générale, ces données indiquent que les gens sont prêts à pardonner parce qu’ils savent que le gouvernement devait donner priorité à l’assainissement des finances publiques.Cette expression du sentiment populaire tend à donner raison au ministre Jean Rochon, qui a confessé s’être senti littéralement piégé par l’objectif du déficit zéro, dans une entrevue à La Presse: «Que ça devienne l’objectif envers et contre tout, je n ’étais pas VOIR PAGE A 8: SANTÉ Controverse autour d’un portique chinois JACQUES NADEAU LE DEVOIR DANSE des dragons, concert de pétards, battements de tambours, chants traditionnels et.coupe du cochonnet.C'est à l’occasion du festival de l'automne et des récoltes Chung Yeung que les arches chinoises, boulevard Saint-Laurent, ont été inaugurées en présence du maire Pierre Bourque et plusieurs centaines de membres de la communauté asiatique.Une fête qui a cependant occulté la controverse entourant la construction de ce second portique aux frais des Montréalais.Nos informations en page A 3.Les automatistes à Paris Un colloque et une exposition rappellent l’influence du Refus global en France CHRISTIAN RIOUX CORRESPONDANT DU DEVOIR À PARIS Ils rêvaient de partir et ont échoué à Paris.I*i capitale française tiendra toujours une place unique dans leur art, écartelés qu’ils seront quelque part entre l’Amérique et l'Europe.Eux, ce sont les auto-matistes québécois dont on fête cette année les 50 ans du tonitruant Refus global.Un colloque, organisé au Centre culturel canadien de Paris, accompagné d’une petite mais admirable exposition, est venu rappeler cette semaine l’importance qu’ils ont eue non seulement au Québec, mais en France.«Le Refus global est un texte fondateur très important», explique Harry Bellet, historien d’art et journaliste au quotidien Le Monde.Et cela, même s'il n’a à peu près lias été diffusé en France.«Lorsque les automatistes sont arrivés, dans les années 40, les Français ont découvert une peinture qu'ils n'avaient jamais vue.Malheureu- sement, les automatistes se sont rapidement fait voler la vedette par les Américains.» Leurs expositions, dans la petite galerie du Luxembourg, rue Gay-Lussac, fait maintenant partie de l’histoire de l'art d’après-guerre.Ils y côtoyaient Hartung, Picasso, Wols, etc.la manifestation consacra le mouvement dit de l’abstraction lyrique.«Paris a eu une grande importance dans la formation même du groupe», explique Lise Gauvin, professeure à l'Université de Montréal et qui a proposé le thème de ce colloque, lout au long de ces deux jours de discussion, ce sont surtout les témoignages des principaux acteurs de l’époque qui ont passionné le public.Pour Fernand Leduc, Paris était un «ilôt lumineux» où il chercha toujours «cette chaleur», qu’il avait connue à Montréal, sans pour autant la trouver.Ses contacts avec les surréalistes et An- VOIR PAGE A 8: AUTOMATISTES Charest pense pouvoir faire bouger le Canada «Chrétien devra répondre de ses déclarations» PIER R E APRIL PRESSE CANADIENNE Sherbrooke — Le premier ministre Jean Chrétien peut bien dire que le Québec ne peut rien espérer de plus dans le débat constitutionnel, le chef libéral Jean Charest demeure quant à lui convaincu, qu’une fois élu, il réussira à faire bouger le Canada en faveur des revendications québécoises.Confirmé candidat du PLQ dans la circonscription de Sherbrooke, hier, M.Charest a vite été confronté aux affirmations du premier ministre fédéral, lors d’un point de presse qui a suivi son discours devant près de 300 militants.Il a d’abord rejeté le blâme sur le gouvernement du Parti québécois et sur le premier ministre Lucien Bouchard, qui selon lui entretiennent la discorde constitutionnelle pour mieux faire avancer leur projet souverainiste.«Un des choix qui s’offrent aux Québécois, a-t-il soutenu, c’est quatre autres années de chicane, de tiraillements et de perte de temps entre M.Bouchard et le gouvernement fédéral.Moi, en tant que chef du PLQ, j'ai l’intention défaire jouer le poids du Québec dans le cadre canadien et de retrouver nos alliés qui partagent notre avis sur les changements à la fédération et auxquels personne ne va échapper, pas plus le gouvernement fédéral actuel, que tous ceux qui cherchent à freiner le Québec.» Pour M.Charest, la chaise vide du Québec dans les rencontres multilatérales «permet au fédéral de dire n’importe quoi», alors que toutes les autres provinces proposent des changements.«1m volonté pour des changements est telle, a-t-il dit, qu’il n'y a pas une personne qui va réussir à la renver «La volonté pour des changements est telle qu’il n’y a pas une personne qui va réussir à la renverser» VOIR PAGE A 8: CHAREST Lire aussi en page A 3 François Macerola se joint au PLQ La priorité de Dumont: payer la dette Programme électoral du PQ: modération en tout La tension monte entre les professeurs d’université et les chargés de cours PAU LE DES RIVIÈRES LE DEVOIR Loin d’être un pont vers la carrière professorale universitaire, le statut de chargé de cours est trop souvent le tremplin d’une déqualification.En n’ayant pas accès à la recherche, cette «main-d’œuvre bon marché» s’éloigne en effet graduellement d’une composante essentielle de la vie du professeur, gaspillant ses compétences et son talent C'est ce que soutient la Fédération québécoise des professeurs d’université en réclamant une filière de recrutement auprès des diplômés universitaires, qui se prépareraient officiellement à la carrière professorale, notamment en participant à des collectifs de recherche.La Fédération réclame aussi des normes fixant le nombre de chargés de cours qu’un département peut embaucher.De telles normes sont présentement inexistantes.Les professeurs estiment que l’étudiant sera moins bien servi si tous ceux qui enseignent au premier cycle sont des chargés de cours qui ne participent pas aux activités VOIR PAGE A 8: PROFESSEURS 778313000641 A '> L K I) !•: V 0 I It , I.K I.I! N I) I 2 1) 0 (' T 0 B H E I !M) 8 LES ACTUALITES Avec 48,51 % des suffrages exprimés lors de la course à la direction du PC Clark a perdu son pari «J’aurais préféré une victoire au premier tour» PRESSE CANADIENNE Ottawa — L’ex-premier ministre Joe Clark n’a pas réussi son pari.Il a failli remporter samedi la course à la direction du Parti progressiste conservateur du Canada.Bon meneur, il a récolté 48,51 % des suffrages exprimés.Pour remporter une victoire décisive, il devait franchir le cap de 50 % plus un des voix au premier tour.Un deuxième tour aura lieu le 14 novembre.«Bien sûr, j’aurais préféré une victoire au premier tour de scrutin mais si ça prend un deuxiènie tour, je serai là», a-t-il déclaré hier au cours d’un [joint de presse.M.Clark estime qu’il a le vent dans les voiles et qu’il peut gagner s’il maintient ses appuis.Il a reconnu cependant qu’il faudra faire un effort pour motiver les troupes, surtout que le deuxième scrutin pourrait fort bien coïncider avec une campagne électorale au Québec.L’ex-ministre des Affaires constitutionnelles de Brian Mulroney estime que ses appuis étaient forts dans huit provinces mais qu’ils étaient faibles en Saskatchewan et en Colombie-Britannique, deux bastions de David Orchard.Un deuxième scrutin aurait pu être évité si les quatre autres candidats s’étaient ralliés derrière M.Clark.David Orchard n’a pas tardé à faire connaître ses couleurs.Il fut le premier à dire qu’il ne voulait pas concéder la victoire à M.Clark.L’avocat montréalais Michael Fortier aurait préféré «que les candidats se retirent pour le bien du parti».«M.Clark était tellement près de l’objectif qu’il me semble malheureux JIM YOUNG REUTERS Joe Clark, samedi: des appuis forts dans huit provinces.de s’engager dans trois autres semaines de combat.» Avec 3,8 % des voix, M.Fortier a été éliminé de la course, n’ayant pu obtenir 5 % des suffrages au premier tour.«Ce n’était pas un vote contre moi mais un vote en faveur de la stabilité», a-t-il indiqué.M.Fortier était le seul à afficher clairement ses cou- leurs en faveur de la réunification de la droite pour faire échec aux libéraux de Jean Chrétien.L'ex-chef de cabinet du premier ministre Brian Mulroney, Hugh Segal, est arrivé bon deuxième avec 19 % des voix, une performance un peu décevante de l’aveu même de M.Segal.Il croit cependant qu’il peut remporter la bataille au deuxième tour.Selon lui, le vote préférentiel pourrait réserver bien des surprises aux candidats.Les militants doivent indiquer leur premier, deuxième et troisième choix sur le bulletin de vote.Lors de son discours, M.Segal a souligné qu’il souhaitait poursuivre le combat au deuxième tour.Il a tendu la main à «son ami» Michael Fortier en l’invitant à «jouer un rôle au deuxième tour».De même, il a souhaité que l’ex-ministre manitobain Brian Pallister, «une voix nouvelle de l’Ouest» reste dans l’arène au deuxième tour.La grande surprise de la soirée est venu du côté de David Orchard, un agriculteur de la Saskatchewan férocement opposé au libre-échange.Au grand étonnement du camp Clark, il a fait beaucoup mieux que prévu en prenant la troisième place avec 16,4 % des voix.M.Pallister qui prônait un retour aux vraies valeurs conservatrices, est arrivé quatrième avec 12,3 % des voue.Les conservateurs ont mis à l’essai un nouveau mode de scrutin pour élire leur chef.Plus de 90 000 militants avaient le droit de vote.Chacune des 301 circonscriptions valait 100 points.Pour gagner au premier tour, un candidat devait récolter 15051 points.Gates sur la sellette au procès de Microsoft ¦\X7ashington (AP) — Le président de Micro-VV soft, Bill Gates, sera sans conteste le point de mire de la deuxième semaine du procès pour monopole de Microsoft, même s’il ne sera pas physiquement sur place.M.Gates, l'homme le plus riche de la planète et reconnu pour son tempérament agressif, a subi un long interrogatoire des avocats du gouvernement l’été dernier.Pendant près de trois jours, dans une salle de conférence sans fenêtre du siège social de Microsoft, près de Seattle, M.Gates a tenu tête aux meilleurs avocats de Washington qui visent à le fai- re passer pour un «prédateur monopolistique».Mardi, les avocats du gouvernement comptent déposer plusieurs heures du témoignage vidéo de M.Gates recueillies lors de cet interrogatoire.Les bandes vidéos seront ensuite remises aux réseaux télévisés pour diffusion.A la fois admiré et méprisé, en raison de la place qu’occupe Microsoft dans l’industrie, Bill Gates admet, lors de l’interrogatoire, avoir craint que l’avenir de son logiciel Windows ne soit menacé par le logiciel d’accès à Internet de Netscape Communications Corp.Le programme de langage informatique de Netscape, appelé Java, peut en effet fonctionner sans Windows.Le gouvernement soutient que Microsoft a contre-attaqué Netscape, d’abord en offrant illégalement de diviser le marché du logiciel Internet avec son rival, puis en tentant d’écraser Netscape avec son propre logiciel Internet Windows, utilisé aujourd’hui,dans plus de 80 % des ordinateurs personnels aux États-Unis.Pour la direction de Microsoft, la vue de Bill Gates esquivant les questions des avocats du gouvernement pourrait s’avérer un désastre en termes de relations publiques.Malgré ses propos controversés L’image de Chrétien est loin d’être ternie Ottawa (PC) — Malgré ses remarques inconsidérées, le premier ministre Jean Chrétien jouit toujours de l’appui de Canadiens — du moins, selon des maisons de sondage.Ces jours-ci, ses propos controversés sont scrutés à la loupe.Il est attaqué quotidiennement à la Chambre des communes pour la désinvolture avec laquelle il fait face aux crises.Il est la cible des caricaturistes des journaux canadiens qui tournent en ridicule ses commentaires cavaliers sur la façon dont la police a aspergé de poivre de Cayenne les manifestants au sommet de l’APEC, à Vancouver, en novembre dernier.Les Canadiens en ont-ils pour autant assez de voir leur premier ministre se dérober sans jamais s’excuser pour ses remarques discutables?Non, si l’on se fie aux maisons de sondage qui ont tâté le pouls de l’opinion publique pour le compte de clients privés, ces dernières semaines, en tenant compte de la façon dont le premier ministre a traité l’affaire du «peppergate».«Son niveau d’appui continue de croître», constate Donna Dasko, vice-présidente de la firme torontoi-se Environies.«Nous n’avons vu aucun changement significatif», signale à son tour Bob Richardson, vice-président du Groupe Angus Reid.M.Chrétien bénéficie toujours d’un confortable appui de 60 % dans les sondages d’opinion publique, en dépit des partis d’opposition qui répètent que les Canadiens commencent à en avoir assez d’un premier ministre qui n’est pas prêt à faire face aux problèmes.«Je pense que le scandale de la sécurité au sommet de l’APEC a réellement secoué un grand nombre de Canadiens», soutient le leader du Parti réformiste, Preston Manning.Au cours de la semaine passée, les élus de l’opposition n’ont cessé de s’en prendre à M.Chrétien, lui reprochant d’avoir laissé entendre que les manifestants à Vancouver devaient s’estimer chanceux d’avoir été asjjer-gés de poivre de Cayenne par la police plutôt que battus à coup de bâtons de baseball.Même des libéraux ne peuvent s’empêcher de tiquer — ditn crètement — devant la façon dont M.Chrétien a maladroitement transformé une enquête sur la sécurité au sommet de l’APEC en débat sur sa propre insensibilité et son arrogance.Mais les observateurs de la scène politique décèlent un écart entre la façon dont le premier ministre est dépeint par l’opposition et les médias, et la façon dont il est perçu de la population.Le président de la firme de sondage Compas, d’Ottawa, Conrad Winn, soutient que les Canadiens sont prêts à laisser beaucoup de corde à M.Chrétien parce qu’ils sont satisfaits, dans l’ensemble, de la façon dont les libéraux ont gouverné, et particulièrement de leur élimination du déficit.Le simple fait qu’il soit â la tête du seul parti fédéral crédible lui permet de trouver grâce auprès des Canadiens, croit M.Winn.Les médias plus durs que jamais On semble également penser que les médias se font plus durs que jamais à l’endroit de M.Chrétien.Dans l'enquête sur l’affaire des manifestants de l’AFEC, la question concerne le degré d’implication du cabinet du premier ministre, voire de M.Chrétien lui-même, dans la répression policière d’étudiants qui manifestaient contre la présence de dictateurs asiatiques sur le campus.M.Richardson, du Groupe Angus Reid, estime que le public est encore prêt à donner à M.Chrétien le bénéfice du doute, mais que ses commentaires sur les bâtons de baseball pourraient se retourner contre lui, selon l’issue de l’enquête, Peter Donolo, le directeur des communications du premier ministre, écarte du revers de la main toute hypothèse de désillusion de la population à l’égard de son patron.«Ils ont l’habitude de l'entendre dire ce qu’il pense, ils sont souvent d'accord avec lui, parfois, ils ne le sont pas, mais toujours, ils savent qu’il ne dit pas de choses pour les flatter ou pour être «politiquement correct»», affirme-t-il.fM M, V Appuie-tête actif pour une protection accrue X Moteur turbo Ecopower de 2 litres, 185 hp Sacs gonflables latéraux et frontaux pour le conducteur et le passager avant k\- Accoudoir central arrière avec trappe pour te transport d’objets longs Affichage facultatif de nuit Commandes des fonctions audio au volant Sièges avant chauffants Verrouillage de sécurité antivol TOUT EST DIT QUAND ON CHOISIT D'ACHETER UNE AUTO DE 35 000$ ALORS QU’ON PEUT S'EN PAYER UNE DE 60 000$ 418^/mo/s* Bail de 36 mois.Transmission manuelle.4750$ comptant (transport, préparation et taxes d'accises inclus) Pourquoi jeter votre argent par les fenêtres en achetant un véhicule plus cher alors que la SAAB a tout d’une voiture de luxe7 En plus d’ètre abordable, elle vous offre fiabilité, confort et sécurité Faites un placement intelligent.Pensez SAAB.1999 1 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québécois Modération en tout François Macerola se joint à l’équipe de Jean Charest Le directeur de Téléfilm Canada affrontera Cliche dans Vimont «Cette campagne électorale est une des plus importantes du siècle et je ne voulais pas regarder passer le train» Après avoir annoncé la semaine dernière la candidature de l’écrivain Roch Carrier dans la circonscription de Crémazie, et du constitutionnaliste Benoît Pelletier dans Chapleau, l’équipe libérale de Jean Charest doit annoncer celle de Téléfilm Canada.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Le directeur de Téléfilm Canada François Macerola quitte l’arène culturelle pour faire le saut en politique.11 rejoint l’équipe Charest du PLQ et fera campagne à laval dans la circonscription de Vimont contre l’actuel ministre du tourisme David Cliche.Des rumeurs avaient circulé au sujet de son atterrissage en politique, mais c’est vendredi dernier qu’il a rencontré le personnel de Téléfilm pour annoncer son départ et franchir le Rubicon.Peter Katadotis, le directeur des opérations, assurera l’intérim à l’institution fédérale jusqu’à la prochaine nomination, un processus qui pourrait prendre de trois à six mois.de François Macerola, directeur En entrevue au Devoir, François Macerola parlait de nouveau défi à relever, d’envie de quitter un univers qu’il connaît bien pour affronter du nouveau.Il avait déjà songé à faire le saut en politique fédérale, n’arrivait pas alors à se décider.A 55 ans, ça y est.il se lance dans l’arène libérale québécoise.«J’ai toujours été de l'autre côté de la clôture, développant des programmes mais sans jamais participera l’élaboration du plan d’ensemble, affirme-t-il.Jean Charest m'apparait comme un homme d’avenir et son programme doté d'une vision vraiment intéressante.Cette campagne électorale est une des plus importantes du siècle et je ne voulais pas regarder passer le train.» Vise-t-il le ministère de la Culture, advenant sa victoire et celle de son parti?Le PLQ, qui n’a pas tant de candidats de prestige à se mettre sous la dent, pourrait bien être tenté d’offrir à Macerola ce poste de commandes s’il sortait vainqueur du scrutin.Il refuse pour l’heure d’en commenter l’éventualité, affirme concentrer son tir dans sa campagne à I^aval en vue de son élection, mais souhaite d'une façon ou d’une autre participer au débat sur la culture et les Communications.François Macerola avait auparavant occupé divers postes de commande à l’Office national du film dont celui de Commissaire à fit cinématographie de 1984 à 1989.A la tête de Téléfilm Canada depuis mars 1995, il part avant la fin de son mandat qui devait se terminer en mars 2000.On se souvient qu’il avait été [iris dans une tempête à Téléfilm en avril dernier alors que le scandale du fonds des câblodistributeurs éclatait et que son leadership se voyait contesté de toutes parts.Il affirme que les choses s’étaient tassées depuis, que sa crédibilité n’avait plus de plomb dans l’aile et qu’aucune pression n’est venue hâter son départ.«J'aurais aimé achever mon mandat, mais on prend le train des élections quand il passe.» En guise de bilan de son administration à Téléfilm, François Macerola se dit satisfait du fonds accordé à la télévision, des acquis en terme de multimédia.Reste la lancinante question du long métrage, toujours sous-financé, dont la gestion pas très transparente entre les mains de Téléfilm avait fait l'objet de critiques virulentes.François Macerola faisait partie cette année du comité consultatif chargé de revoir les politiques du long métrage, lequel visait notamment la création d'un fonds supplémentaire pour le cinéma.«Les recommandations du comité seront déposées en novembre, et je crois que la ministre Sheila Copps devrait accueillir le dossier du long métrage avec autant d’enthousiasme que celui de la télévision», estime-t-il.Il ne sera toutefois plus là pour jouer les chiens de garde dans le suivi d’un dossier difficile qui perd un pilote.PIERRE O’NEILL LE DEVOIR Le programme électoral que la direction du Parti québécois a soumis en fin de semaine aux membres du conseil national est dénué d’audace, un document coloré d’un souci de retenue, un texte qui s’inscrit dans la continuité de la modération.En fin de mandat, le gouvernement a été maintes fois mis en cause sur les questions de la santé et de la langue d’affichage.A ces deux chapitres, la plateforme électorale péquiste ne redéfinit pas les orientations politiques du gouvernement sortant, les engagements précis sont d’une grande timidité.En ce qui concerne la langue, le PQ proclame son intention de poursuivre l’application de la politique linguistique, en mettant l’accent tout particulièrement sur la francisation en milieu de travail et sur l’amélioration de la qualité de la langue française.En matière de francisation des entreprises, l’( )ffice de la langue française mènera à terme durant les trois prochaines années les programmes de francisation on voie d’élaboration depuis plus de dix ans dans des entreprises de 50 employés et plus.Il existe actuellement environ 2(X) de ces programmes.Dans l’espace d’un paragraphe, le PQ effleure le cas de la communauté anglaise.Il y formule son intention de demeurer résolument fidèle à son engagement à l’égard des droits de la communauté anglophone.Dans le domaine de la santé, les engagements sont un peu moins timorés, les péquistes s’engagent à mettre sur pied six nouveaux centres ambulatoires: au Centre hospitalier de l’Université de Montréal; au Centre hospitalier universitaire de l’Université McGill, à l'hôpital Sacré-Cœur, à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, à Dival et dans la région de Lanaudière.Ix PQ promet aussi de réduire de 19 % à 15 % le nombre de patients devant passer plus de 24 heures à l’urgence.S’il est reporté au ixmvoir, il investira ]X)ur assurer de meilleurs soins à domicile, dont les soins infirmiers.Des ser- vices seront développés pour ])ermettre le soutien (répit, dépannage, services d’assistance, etc.) aux familles de convalescents ou à celles ayant à charge une personne âgée ou une personne handicapée.Il s’engage à poursuivre ses politiques d’ouverture de nouvelles places d’hébergement et de rehaussement des budgets des centres d’hébergement, pour tenir compte du vieillissement d’une partie des clientèles qui nécessitent un niveau de soins plus élevé.Il révisera le mode de fixation des places en faculté de médecine et en spécialité, de manière à tenir compte des nouvelles particulari-tés de la pratique médicale et de l’impact du vieillissement de la population.En éducation, le PQ exprime son intention d’effectuer une étude sur le financement des universités et de définir à leur intention une politique d’ensemble.Il améliorera le soutien aux élèves de milieux défavorisés et accentuera l’intervention auprès des jeunes en difficulté d’apprentissage.Il |x>ursuivra la réforme de l’éducation particulièrement en ce qui concerne le renforcement de l’enseignement des matières de base au primaire et au secondaire.Le dernier chapitre de ce document de 09 pages est consacré à la souveraineté, «un geste de confiance en soi».Le virage y est confirmé: «le référendum doit se faire dans des conditions gagnantes pour le Québec».Chargé de présenter le programme électoral, le ministre Bernard Landry s’est montré encore plus évasif en déclarant que ce référendum n’aurait pas nécessairement lieu au coqrs du prochain mandat.A l’issue du conseil national, le premier ministre Bouchard s’est présenté devant la presse en compagnie de ses piliers: Bernard Landry, Pauline Ma-rois, Louise I larel et Jean Rochon.Il y a quelque part un fin stratège qui a fait comprendre à son chef qu’une campagne électorale ne doit pas se jouer en solo et qu’il faut mieux projeter l’image de l’équipe.Ce que Jean Charest n’est pas en mesure de faire.En ajoutant deux chaises pour Nicole Léger et Joseph Facal, on aurait aussi donné l’impression de rajeunissement Promesse non tenue, dit la FEUQ LE DEVOIR Le gouvernement du Parti québécois n’a pas tenu sa promesse de faire adopter pendant son mandat une loi permettant aux étudiants d’être consultés sur leurs conditions économiques.Cette loi devait permettre la création d’une commission — au sein de laquelle les étudiants occuperaient la moitié des sièges — qui serait nécessairement consultée avant toute modification au régime d’aide finan- cière aux étudiants ou aux droits de scolarité.D' président de la Fédération étudiante universitaire du Québec, Nikolas Ducharme, a déploré hier le fait que «le gouvernement //’«lit] pas rempli ses engagements».Ix leader étudiant, qui réunissait le conseil d’administration de la FEUQ en Abitibi ce week-end, a ajouté que ce gouvernement devra être très convainquant au cours de la campagne électorale s'il veut s’attirer le vote des étudiants.DIRECTEMENT DE L'IMPORTATEUR Qym/ior/
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