Le devoir, 2 mars 1999, Cahier A
^ FONDÉ EN 19 10 4- LE DEVOIR Vo l.X C - N " 4 4 M 0 N T II E A L .I- E M A II I) I 2 M A II S I 9 9 9 8 7 C + T A X K S = I $ / T 0 II 0 N TO 1 $ Isabelle Paré PERSPECTIVES Ratage annoncé au CHUM ’.«Il Sept ans après que l’idée eut germé sur les tables à dessins, la fusion des hôpitaux universitaires de Montréal se retrouve à la case départ.Surprenant?Nenni.Tous les ingrédients se sont conjugués un à un pour faire tourner la sauce.n février 1995, le ministre de la Santé, Jean Rochon, a décrété la fusion des hôpitaux universitaires.Après moult rapports et d’intenses chicanes entre hôpitaux, le ministre tranche: trois des cinq hôpitaux universitaires de Montréal, l’Hôtel-Dieu, Notre-Dame et Saint-Luc, sont condamnés à la fusion, et deux autres, Maisonneuve-Rosemont et Sacré-Cœur, perdront leur statut universitaire.La même médecine est imposée à Québec, où trois établissements sont fondus en un seul pour créer le Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ).Faut-il s’étonner qu’à cinq mois d’intervalle, ces deux mastodontes, créés de toutes pièces dans les officines ministérielles, avortent au grand jour?Pendant des années, Québec a décrié la bisbille qui régnait dans ces centres universitaires pour justifier sa propre inaction.Surfant sur ces conflits, le gouvernement a choisi la procrastination, ménageant la chèvre et le chou, tout en répétant sa profession de foi en l’essor de la médecine universitaire au Québec.Or, à observer la feuille de route du ministère de la Santé ces dernières années, on aurait voulu nuire à l’expansion des centres universitaires que l’on n’aurait pu faire mieux.D’abord, Québec opta, malgré des rapports considérant cette option «difficilement réalisable», pour le regroupement de trois hôpitaux aux cultures diamétralement opposées.Les consultants de la firme CGI, qui ont scruté les trois organisations pendant des mois, avaient plutôt conclu à la «faisabilité» d’une fusion ?entre Notre-Dame et l’Hôtel-Dieu.Mais la décision de Québec n’étonne guère quand on sait que quelques mois tard allait s’engager au Québec le plus ambitieux plan de compressions budgétaires jamais entrepris dans les services de santé.La fusion n’avait dès lors plus pour seul but le rayonnement de la médecine québécoise, Pour tout cadeau de noces, les hôpitaux fusionnés ont eu droit à une première vague de coupes qui, dans le seul cas du CHUM, s’est élevée à 30 millions.Pour forcer la fusion, on avait brandi la carotte de la modernisation aux médecins, réfractaires à ce mariage de raison.Mais au cours des trois années qui ont suivi, médecins comme infirmières, n’ont eu droit qu’au bâton.Coupures de postes, de lits, de services.En sus, Québec a renchéri, quelques mois plus tard, en adoptant le plus massif plan de retraites jamais envisagé.Autant l’opération était séduisante au plan des finances, autant elle s’avéra une catastrophe au plan médical.D’autant plus dans ces centres universitaires, où la main-d’œuvre expérimentée est au moins aussi indispensable que l’expertise médicale.Au moment où l’on rêvait de centres universitaires d’envergure internationale, on a littéralement vidé ces hôpitaux de leurs meilleurs éléments en juillet 1997.Dans la même veine, au CHUM, une centaine de médecins, attirés par les généreuses allocations de retraites offertes par le gouvernement, ont raccroché leurs sar-raus.Dès 1997, la pénurie d’anesthésistes et de radiologistes plongeait le CHUM dans un équilibre précaire et l’y maintient toujours.Ajoutez au tableau, l’arrivée d’une directrice néophyte, plongée au beau milieu d’un panier de crabes, et vous avez en main tous les ingrédients d’un ratage de première.On peut reprocher à Mme Cléroux, une ingénieure spécialisée en structures devenue sous-ministre à l’administration et aux approvisionnements, de n’avoir pas su évaluer sa propre capacité à prendre la barre du CHUM.Mais on doit d’abord au gouvernement du Québec d’avoir laissé dégénérer la situation, se souciant comme d’une guigne des tuiles répétées que ses nombreuses politiques faisaient s’accumuler sur la tête d’un CHUM et des autres centres universitaires à peine mis au monde.Le prétexte des bisbilles médicales a longtemps servi de sauf-conduit au gouvernement pour justifier l’absence d’investissements du CHUM.«Entendez-vous, d’abord», martelait le ministre Rochon.Jusqu’en septembre dernier, on sommait les médecins d’avoir une idée claire de leur centre ambulatoire avant d’y investir un seul sou.Or, la brève histoire du CHUM montre que l’absence d’investissements a servi de catalyseur à la querelle.«Comment voulez-vous qu'il n’y ait pas de chicane, tout le monde se bat pour la même miette de pain», affirmait la semaine dernière Marc Laviolette, le représentant de population au conseil d’administration du CHUM.Déjà à court d’équipement, de personnel et de renfort médical, pas étonnant que les médecins aient perçu chaque changement comme une menace à leurs maigres ressources.Comment éviter l’exode et le chaos quand les hôpitaux regroupant la crème des spécialistes du Québec se retrouvent moins bien équipés que certains petits hôpitaux de banlieue?Sept ans plus tard, le CHUM, tout comme le CHUQ, se retrouvent de nouveau à la case départ.Autant d'années perdues et d’espoirs déçus que la médecine universitaire québécoise mettra du temps à rattraper.METEO Montréal Faible neige le matin.Dégagement en soirée.Max:-1 Min:-3 Québec Faible neige.Max: 0 Min: -1 Détails, page B 4 o O a o* l/l INDEX Annonces.B 5 Le monde.A 5 Avis publics.B 4 Les sports.B 6 Culture.B 8 Montréal.A 3 Économie.B 2 Mots croisés.B 4 Éditorial.A 6 Politique.A4 Idées.A 7 Télévision.B 7 www.ledevoir.com IDÉES La chronique de Chantal Hébert: Robert Bouchard/ Lucien Bourassa, page A 7 CULTURE Le cinéma québécois rend hommage à Marcel Sabourin, page B 8 HORIZONS L'origine des tics nerveux: les théories s'affrontent, page B 1 Le Centre Molson ne vaudrait plus que 35 millions KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Fière d’avoir construit un amphithéâtre de 235 millions sans subvention, la Brasserie Molson prétend maintenant qu’il ne vaut plus que 35 millions, question de payer moins d’un million en taxes foncières.Il s’agit de l’estimation telle que faite par Molson et contenue dans le rapport d’expertise faisant l’objet d’une ordonnance de confidentialité au Tribunal administratif du Québec (TAQ).C’est d’ailleurs devant le TAQ que Molson contestera à compter de lundi l’évaluation foncière de son bâtiment inauguré il y a trois ans et qui pourrait résulter en un remboursement de plus de 50 millions de la part de la Ville de Montréal.L’actuel compte de taxes de Molson est de 9,9 millions par année pour l’édifice que la Communauté urbaine de Montréal (CUM) évalue à 177,6 millions.Si le TAQ devait donner raison à Molson, la Ville de Montréal n’empocherait plus que 756 000 $ annuellement En clair, Montréal devra peut-être rembourser plus de 30 millions pour les années 1996 (taxation partielle), 1997, Les orphelins protestent et.nuancent !l !» A (> EDITORIAL Une démocratie militaire ?L’ancien général Olusegun Obasanjo a facilement remporté, comme prévu, les élections présidentielles au Nigeria.Une victoire pour la démocratie?Ou une façon pour l’élite militaire de doter le pays d’un gouvernement civil sans perdre le pouvoir?Le résultat de ces élections est, sur fond de profondes divisions ethniques, un mélange plus ou moins subtil des deux.e Nigeria, pays dominé par des généraux qui ne sont jamais tout à fait à la retraite, est sorti de seize ans de dictature brutale avec la mort salutaire, en juin dernier, du président Sani Abacha.Promu au pouvoir, le général Abdulsalami Abubakar s’est instantanément mué en guide inattendu de la démocratie, en libérant des prisonniers, en autorisant des opposants en exil, comme l’écrivain et prix Nobel Wole Soyinca, à rentrer au pays et en dressant un échéancier électoral qu’il a respecté à la lettre.Un moment de grâce pour ce «géant africain» dont l’Etat est considéré comme l’un des cinq plus corrompus au monde.Même dans les milieux les plus critiques du régime, on reconnaît que, depuis huit mois, le climat politique s’est détendu au Nigeria et que, toutes proportions gardées, l’exercice de la liberté y a fait des bonds certainement inégaux mais néanmoins prometteurs.Dans l’eau stagnante des dictatures africaines, les présidentielles de samedi dernier constituaient donc une occasion — au moins technique — de saluer un espoir de démocratisation.Évidemment, une élection ne fait pas une démocratie.On ne le dira jamais assez, au vu de l’agaçante tendance de certains gouvernements et d’organisations comme le Centre Carter pour la démocratie — qui, agissant à titre d’observateur, a donné aux élections nigérianes leur sceau de qualité — à faire passer un scrutin tenu sans trop de bavures pour une garantie de passage à la vie démocratique.L’histoire du Nigeria est la somme d’un antagonisme ancien.Celle d’un antagonisme ethnique — entre nordistes d’origine Haoussa-Funali qui dominent l’appareil politique et militaire et sudistes yoroubas et ¦ ibos qui habitent les riches régions pétrolifères — sur lequel la candidature de M.Obasanjo allait en principe appliquer un baume.En faisant élire cet ex-général d’origine commodément yarouba, l’élite nordiste cherchait samedi à faire d’une pierre trois coups: donner à la communauté internationale la preuve d’une démocratisation nigériane, placer au pouvoir un ancien général qui lui soit acquis et espérer que ses origines yoroubas aideront à calmer le sentiment de spoliation politique qu’éprouvent les Nigérians au sud.Il est possible que cette élite ait atteint son principal objectif en donnant aux Nigérians — mais, à l’évidence, sans vraiment accepter de céder le pouvoir politique — un président démocratiquement élu.Il est moins sûr quelle ait réalisé le troisième.Car le plus inquiétant dans le résultat de ces élections est précisément que l’ancien général, malgré sa victoire convaincante, ne soit pas parvenu à convaincre les électeurs du sud-est yorouba de voter pour lui.Les électeurs de la région de Lagos, cœur du pays yorouba, ont voté massivement pour son rival Olu Falae, lui aussi yorouba.La carte ethnique a joué perversement contre M.Obasanjo, dans lequel ses électeurs «naturels» n’auront finalement vu qu’un valet des intérêts du nord musulman.Aussi, ses origines n’allégeront pas pour le nouveau président les défis qui l’attendent: il lui faudra jeter des ponts et faire la preuve qu’il n’est le laquais de personne.Il lui faudra surtout commencer à sortir le Nigeria, pourtant la cinquième puissance pétrolière au monde, de sa misère abyssale.Sans quoi sa double appartenance risque seulement de creuser les divisions ethniques et de convaincre tout le monde que la mort d’Abacha n’aura servi qu’à créer une espèce de «démocratie militaire».Guy Taillefer Les orphelins crient our qui en doutait, les «orphelins de Duplessis» n’ont pas abandonné le combat pour arracher excuses et «juste» compensation pour les sévices subis entre 1940 et 1960.En mars 1997, le premier ministre Bouchard reconnaissait la nécessité de «réparer» les erreurs du passé.L’automne dernier, il promettait une déclaration officielle en ce sens pour plus tard cette année.Mais depuis ce temps, plus rien.De son côté, le clergé, par la voix de l’archevêché, se montre toujours aussi réticent à reconnaître ses torts.Ce sont des cas particuliers à ne pas généraliser, répète monseigneur Turcotte, et il serait injuste de condamner les religieuses qui ont été si dévouées à l’endroit des milliers d’enfants abandonnés.Monseigneur ne comprend-il pas que toute décision d’abandonner son enfant était le résultat des pressions sociales générées par l’enseignement moral de l’Église?Le sort déplorable réservé à des centaines d’orphelins étant aujourd’hui un fait connu, il doit aussi être reconnu.L’Église et l’État ne peuvent plus se dérober devant leur responsabilité d’offrir leurs excuses.Et ces excuses doivent être accompagnées d’une compensation financière, même symbolique, en regard du tort commis.Il y a deux ans, le Protecteur du citoyen a recommandé un programme souple par lequel chaque individu recevrait entre 10 000 $ et 40 000 $, montant établi selon deux critères: la durée de l’internement illégal et la présence d’agression sexuelle ou physique.A cette proposition, dont le coût est évalué à quelque 150 millions de dollars, les orphelins et leur avocat ont répondu par une surenchère de conditions «non négociables».Selon eux, il faudrait plutôt tenir compte de sept critères dont celui, large et vague, de la «perte de jouissance de la vie», et confier l’exercice à une sorte de tribunal décisionnel indépendant.Hier, en direct devant les caméras, on a fait témoigner des individus sous prétexte de répondre au cardinal Turcotte qui disait vouloir des preuves, et on a conclu le tout en présentant une nouvelle demande: la tenue d’une enquête publique.Pour parler avec franchise, tout en comprenant l’impatience légitime des orphelins, il devient de plus en plus difficile de suivre le groupe habilement dirigé par l’écrivain Bruno Roy.On ne peut pas appuyer cette demande d’enquête publique dont l’objectif est de faire la lumière sur ce que nous savons déjà.Si des actes criminels ont été commis, il n’est pas trop tard pour agir.Pour le reste, ce serait pure perte de temps, d’argent et d'énergie que de revenir sur chacune des décisions prises dans les orphelinats, les ministères et les officines du clergé entre 1940 et 1960.Par ailleurs, si les «orphelins» tiennent à un règlement hors cour, le seul qui semble toujours possible au plan juridique, il leur faut accepter que l’État conserve son droit de fixer lui-même les termes d’un programme de compensation dont il devra répondre devant tous les contribuables.En conséquence, au lieu de créer un tribunal indépendant, il nous parait souhaitable de suivre les recommandations du Protecteur du citoyen en faveur d’un programme de compensations sans égard à la faute.Après tout, les responsables sont connus: ce sont l’Église et l’Etat.Et même si nous n’étions pas présents, c’est à nous tous, les héritiers, qu’il revient aujourd’hui de présenter nos excuses au nom de la société d’hier.jrxunsfuconCa iledevoir.ca Jean-Robert Sansfaçon O O O LE DEVOIR FONDÉ PAH HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur et rédacteur en chef BERNARD DESCÔTEAUX Directeur de l'information CLAUDE BEAUREGARD Directeurs adjoints de l'information PIERRE CAYOUETTE, PIERRE BEAULIEU, NORMAND THÉRIAULT Rédacteur en chef adjoint JEAN-ROBERT SANSFAÇON Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes et marketing MARTINE DUBÉ Ï^Po/vvMAô’tAAÊ/v/î OffLt Aux Coit S'occuPet DÈS CnFanTT II Cotisé , ___ T#tiA té TT*.h! .^ 'Ai*i£Poc mX.fi 1 7 U J'WZV - ; L’union sociale, un mauvais contrat Contrairement à ce qu’affirme sur toutes les tribunes, avec son arrogance et sa suffisance habituelles, le ministre fédéral des Affaires intergouvemementales, Stéphane Dion, l’entente sur l’union sociale canadienne est essentiellement un mauvais contrat.Cet accord, qu’a refusé avec raison de signer le Québec, constitue un exemple parfait de fédéralisme tutélaire et centralisateur, en fait, d’un régime quasi unitariste.Cette entente affaiblit l’unité canadienne en méprisant les provinces qui sont traitées comme des entités négligeables et en excluant le Québec.Seul le pouvoir fédéral tire profit de ce mauvais contrat.Ces propos, qu’on pourrait attribuer à un méchant séparatiste, émanent plutôt du très fédéraliste Institut C.D.Howe de Toronto.Ils constituent l’essence d’un avis publié le 8 février 1999 par deux chercheurs de l’Institut, William B.P.Robson et Daniel Schwanen.Ajoutons à cette évaluation négative deux constats personnels.¦ La conclusion de cette entente démontre que le gouvernement du Québec, quel que soit le parti au pouvoir, est le seul au Canada qui respecte vraiment la Constitution canadienne de 1867, spécialement le partage des compétences de chaque ordre de gouvernement.¦ La saga ayant conduit à cette entente illustre la fragilité des fronts communs des provinces devant le fédéral; ce dentier n’a qu’à sortir ses gros bras et surtout à allonger son fric pour que les provinces anglaises renoncent à leurs revendications même les plus minimes.Seul le Québec est fidèle à ses convictions et au respect de la parole donnée.Marc-André Labrecque L’Ancienne-Lorette, 15 février 1999 LETT RES -?- Notre gouvernement veut-il «bilinguiser» le Québec ?Des militants péquistes de l’Estrie s’inquiètent du fait que l’architecture mise en place par les libéraux pour «bilinguiser» le Québec soit entretenue par le gouvernement actuel.Nous sommes reconnaissants à Bill Johnson de nous avoir révélé clairement les intentions et les plans de sa communauté.Toutefois, nous nous opposons à la bilinguisation orchestrée depuis 1986 par les opposants à la loi 101.En 1988, la loi C72 a amendé la Loi sur les langues officielles et permis l’ingérence du fédéral dans les compétences des provinces pour promouvoir l’anglais au Québec.Dans la foulée de cette loi fédérale, Lucien Bouchard et Gil Rémillard ont négocié l’Entente Canada-Québec venant à échéance le 31 mars prochain.Cette entente de 1989, renouvelée en 1993, est l’outil de bilinguisation du réseau de la santé et des services sociaux parce qu’elle a fourni le financement nécessaire (dix millions de dollars) à la mise en œuvre des dispositions linguistiques de la loi 142.Adoptée en 1986, après avoir été concoctée par les opposants à la Charte de la langue française avec la bienveillante complicité des sénatrices 'Diérèse Lavoie Roux et Lise Bacon, alors ministres dans le gouvernement Bourassa, la loi 142 prescrit l’usage de l’anglais dans les services sociaux et de santé et crée un habile mécanisme de bilinguisation du réseau.Un cadre de référence adopté en 1994 par le gouvernement libéral guide les régies régionales dans leur bilinguisation.Quant à la bureaucratie de la bilinguisation, elle est prévue à la loi 142 et financée par les dix millions de l’Entente Canada-Québec.Les principaux acteurs en sont les coordonnateurs des régies régionales.Toute cette belle entreprise menée par des anglophones et des anglophiles réussit grâce à la docilité et à la sympathie de plusieurs dizaines de francophones québécois qui n’y voient que du bien, même si ça oblige des milliers de travailleurs et de travailleuses à renoncer à leur droit de travailler en français, comme la Charte le leur garantit.Mis à part la négation du droit fondamental des travailleurs (art.46 de la Çharte), une telle bilinguisation des services de l’État n’a rien d’inquiétant à Chicoutimi, Jonquière ou Québec, mais là où il y a des immigrants en grand nombre, le message est çlair: le français est inutile.L’affichage est bilingue.A l’école, en dehors de la classe, la, langue commune est de plus en plus l’anglais.A l’hôpital et au CLSC, on esi désormais obligé par la loi de les servir en anglais.Bientôt, des groupes de francophones réclameront le libre choix de l’école pour leurs enfants afin que ces derniers ne soient pas des citoyens de deuxième classe.Les francophiles de l’Estrie demandent au gouvernement de mettre fin à l’Entente Canada-Québec négociée par I-ucien Bouchard et Gil Rémillard parce qu’elle est l’outil de la bilinguisation des institutions québécoises en plus d’être une intrusion dans un champ de compétence du Québec.Ils demandent aussi d’expurger la loi 142 des dispositions d’ordre linguistique qu’elle contient puisque ces dispositions viennent inutilement en conflit avec la Charte de la langue française alors que cette Charte, elle-même, protège et garantit les droits et privilèges de la minorité depuis 1977.Ils deraàn-dent de plus en plus que les programmes d’adcès non approuvés le 4 février dernier soient rejetés > Clermont Domingue > ; Sherbrooke, 19 février 1999 1 ¦ LIBRE OPINION —:—?- La promotion de la souveraineté proposée par Bouchard plonge les partisans dans un drame hamletien PIERRE I)E BELLEFEUILLE Journaliste et ancien député Les indépendantistes sont face à un dilemme.Lucien Bouchard les invite à participer à une campagne de promotion de la souveraineté.Mais voilà: la crédibilité du premier ministre est lézardée, et les militants sont échaudés.Pourquoi ces chats craignent-ils l’eau froide?N’entrons pas dans les détails.Contentons-nous de rappeler que depuis l’étapisme des années 70 jusqu’à la décision toute récente de reporter jusqu’à l’an 2000 le congrès qui devait avoir lieu en 1998 — sans oublier le lamentable «beau risque» de René Lévesque en 1984 ni la pitoyable «affirmation natitt-nale» de Pierre-Marc Johnson en 1985 —, le Parti québécois s’est souvent comporté comme s’il avait peur à la fois de son option et de ses militants.Comment s’étonner, dans ces conditions, que l’indépendance fasse encore peur à l’électorat et que les indépendantistes, même modérés, soient qualifiés de «purs et durs» du seul fait de leur fidélité à la raison d’être du parti?Ainsi, le Parti québécois n’est plus que l’ombre de lui-même, déserté qu’il a été par des éléments parmi les meilleurs.Ix> bel instrument de réflexion collective des années 70 n’est qu’un souvenir.C’est dommage, mais cela fait l’affaire des apparatchiks du bunker qui n’attendent des militants que des sous et des votes.Pour les idées, le bunker se contente des siennes, qui ne sont le plus souvent que les chiffres des sondages.Le premier ministre est-il crédible, avec ses zigzags passés, son comportement autocratique et la discutable tangente du partenariat?Il a su se tenir debout dans l’affaire de l’union sociale canadienne, mais comprend-il que le Canada anglais n’est pas un partenaire mais plutôt — héritage de l’Histoire — un incorrigible dominateur?Iœs marionnettes à la Chrétien et Dion ne doivent leur survie politique qu’à leur hargne envers les séparatistes.\ja political correctness interdit de penser que la francophobie ronge le Canada anglais, mais comment expliquer autrement des affaires pénibles comme celle de l’hôpital Montfort à Ottawa?Quoi qu’il en soit, on peut croire que le Canada anglais ne commencera à nous respecter vraiment — et à envisager un éventuel partenariat — que le jour où le peuple du Québec aura choisi l’indépendance.Dans les propos de Lucien Bouchard au récent conseil national du Parti québécois, il y a une zone obscure.Qu’est-ce que cela signifie, «revoir l’idée de souveraineté à la lumière des réalités nouvelles comme la mondialisation»?Des journalistes ont parlé de «dépoussiérage».Ils ont mis en doute la pertinence de la souveraineté.Ils reflètent sans doute l’état de l’opinion publique qui éprouve une certaine lassitude.Pourtant, la souveraineté, comme l’a dit Lucien Bouchard avec insistance et comme l’affirme Bernard Landry, est plus que jamais une nécessité.On l’a vu récemment lorsque la France, au nom des souverainetés nationales, a déclenché le rejet de la première version de l’accord multilatéral sur les investissements, trompeusement appelé l’AMI, qui aurait menotté les gouvernements des pays dans des domaines comme la culture et la protection des ressources et de l’environnement, laissant le champ libre aux entreprises multinationales, qui ne sont responsables qu’à leurs actionnaires, et encore! Loin d’être une réalité nouvelle, la mondialisation est vieille comme le monde.L’Antiquité étendait déjà ses explorations.Au XIII"siècle, Marco Polo a tissé des liens universels.Iœs puissances européennes ont couvert la boule terrestre de leurs empires.I,a décolonisation a libéré des forces incalculables.Le développement actuel des échanges n’est qu’une phase totalement prévisible.Fruit de la voracité du capitalisme, cet aspect de la mondialisation est un concept à la mode que l’on drape dans le manteau de l’internationalisme.Déjà, il y a près d’un siècle, Jean Jaurès disait: «Un peu d’internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup y ramène.» Revenons à notre propos.Les optimistes croiront que le remue-méninges proposé par Lucien Bouchard permettra de visualiser le Québec indépendant avec ses valeurs et ses institutions.On jettera alors la base de la constitution de notre pays.Lorsque viendra le référendum promis, le camp du OUI ne proposera pas un saut dans l’inconnu.Le Québec libre aura pris corps et âme dans notre imaginaire.Cette étape pourrait être vitale et enthousiasmante: le dernier droit avant la victoire.L’optimisme, sans doute, vaut mieux que la méfiance et le cynisme.Mais alors, il est essentiel que le parti et le gouvernement soient à la hauteur de la tâche en évitant les entourloupettes et en battant le rappel des dé-crocheurs.Il est tout aussi essentiel que les militants, une fois de plus, fassent confiance.On ne bâtira pas autrement un nouveau pays. WÊÊKÊËÊKÊÊÊÊÈÊBÊÊtÊM I.E 1) E V 0 IR.L E M A R I) I 2 M A R S !) 1) !) A 7 IDEES Les orphelins institutionnalisés sous le régime de Duplessis La collusion entre l’Etat et l’Eglise «Ce n’est pas la souffrance de l’enfant qui est révoltante en elle-même, mais le fait que cette souffrance ne soit pas justifiée.» — Albert Camus RÉJEAN HINSE Laval écemment, le gouvernement fédéral n’accordait rien de moins que trois cent cinquante millions de dollars (350 000 000 $) à une fondation regroupant des autochtones qui, lors des années 1940-50, se sont retrouvés durant quelques années dans des institutions religieuses vouées à la conversion des âmes et à l’endoctrinement chrétien.Leurs revendications portaient sur certains cas d’agressions et le fait d’avoir subi une éducation contraire à leur coutumes ancestrales dans le but de les assimiler à l’ordre des pouvoirs blancs.A l’inverse des enfants délinquants indemnisés par les gouvernements en raison de sévices commis par des religieux à Mount Cashel, Terre-Neuve et d’AJfred, Ontario, établissements reconnus comme internats de redressement, dans le cas sans pareil des orphelins et orphelines institutionnalisés de Duplessis, bon nombre furent faussement diagnostiqués débiles mentaux et parqués dans les crèches, orphelinats et asiles toute leur enfance, adolescence ou même au-delà, en plus pour certains d’être l’objet de sévices et d’agressions.La folie religieuse des années duplessistes favorisait l’embrigadement de jeunes hommes et filles de familles nombreuses (.) et conduisait à la construction d’institutions de plus en plus imposantes qui prenaient en fait des allures d’univers concentrationnaires d’obscurantisme, où les enfants, surveillés par une religieuse de faction n’en étaient pas moins virtuellement laissés à eux-mêmes et où ils grandissaient dans des conditions de vacuité mentale telles qu’elles retardaient sérieusement leur développement psychomoteur.Les causes d’un tel scandale trouvent leurs prémices à partir d’une loi fédérale de bon aloi, dite du «secours direct» qui, avant que ne débute le règne de l’Union Nationale en 1936, venait en aide aux mères démunies.Impitoyable au fil des années de son évolution, le scandale éclate et prend son essor lors du premier mandat (1936-1939) de Maurice Duplessis comme premier ministre.En 1937, une loi provinciale très controversée promulguée par le ministre du travail, William Tremblay, boucher de son métier, lui permet de détourner les subsides du Trésor fédéral destinés au «secours direct» en prétextant occuper les chômeurs.La nouvelle loi stipulait que seules les mères dûment mariées et dont le mari décédé ou reconnu invalide par un médecin, avaient droit à une aide, dite de «mère nécessiteuse» et encore fallait-il que l’épouse veuve ou le mari invalide soient parents d’au moins deux enfants.Devant l’Assemblée nationale, le ministre Tremblay invoquera ses principes religieux pour enlever les «secours» aux filles-mères, aux séparées ou aux couples vivant en concubinage, et ce, en dépit des nombreuses manifestations qui avaient cours tant à Québec qu’à Montréal.Le point culminant de ces manifestations visant à dénoncer l’odieux projet de loi et ses conséquences innommables fut l’invasion de l’hôtel de ville de Montréal par une foule en colère avant d’en être chassés par les services d’ordre.S’imagine-t-on le nombre de mères éplorées et angoissées à l'idée de se retrouver sans ressources avec sur les bras de jeunes enfants innocents, en vertu d’une loi aussi abjecte et irresponsable.Evidemment, certaines communautés religieuses dont les ambitions mercantiles faisaient peu de doute, en profitèrent en s’improvisant gardiennes de ces enfants.Dès lors, les mères célibataires qui accouchaient se voyaient pour de mauvaises raisons, surtout celui de l’indigence, enlever leurs nouveau-nés.À ce régime, les crèches, les orphelinats, les asiles se La folie religieuse des années duplessistes favorisait l'embrigadement de jeunes hommes et filles de familles nombreuses (.) et conduisait à la construction d’institutions de plus en plus imposantes JACQUES NADEAU LE DEVOIR Bruno Roy manifestait pour les Enfants de Duplessis devant les bureaux de Lucien Bouchard à Montréal.remplissaient et débordaient au fur et à mesure de leurs constructions.Les congrégations requéraient pour leurs communautés de plus en plus de novices.Loin de parvenir à juguler le problème des enfants prétendument abandonnés malgré une tentative d’amélioration de la loi des «mères nécessiteuses» en 1948, le Québec de la grande noirceur se transformait en état religieux et policier et, en usines collectives à fabriquer des fous.Des hôpitaux psychiatriques s’érigeaient en villes microcosmiques populeuses de milliers d’êtres réduits à végéter dans la médiocrité des lieux et dont les communautés religieuses, sous prétexte de bonnes oeuvres, tiraient grand mérite et profit auprès des âmes charitables d’une certaine société bigote.Certains se sont retrouvés à 15,16 ou 17 ans, sans avoir commis d’actes répréhensibles, sans accusations, sans procès, à la prison de Bordeaux avec de dangereux criminels dans une aile dite psychiatrique et y ont connu les pires sévices.C’est ainsi que, d’office, la collusion fastueusement condescendante des hiérarchies politiques et religieuses s’exerçait pendant que d’innocents enfants étaient menés des abattoirs politiques ultramontains aux boucheries concentrationnaires cléricales, sous la bonne étoile de la Providence.Un tel système d’abus s’avérait payant pour les congrégations impliquées.Pour chaque enfant, le gouvernement provincial, en vertu de la loi de l’Assistance publique, payait une allocation journalière.Mais si l’enfant était déclaré médicalement «débile mental» ou l’équivalent, l’allocation gouvernementale était automatiquement multipliée par quatre et l’enseignement obligatoire de ces enfants était révoqué par la loi définissant la maladie mentale.Voilà une des astuces à court terme qui enrichissait le capital des congrégations concernées, sans qu’elles aient à se soucier des conséquences infâmes à long terme pour le devenir de ces enfants.Les mêmes congrégations préféraient ignorer la loi de l’Adoption en regard de l’enfance malheureuse promulguée par l’Assemblée législative depuis 1924, mais contestée par l’Eglise.En quoi lesdites communautés auraient-elles eu intérêt à promouvoir l’adoption d’enfants victimes de préjudices avant même de naître et communément qualifiés à l’ombre des clochers de bâtards, enfants du péché ou illégitimes?L’apothéose de la grande npirceur sous l’autorité de Son Éminence le cardinal Paul-Émile Léger, du Très Honorable premier ministre Maurice Duplessis, de l’Honorable ministre de la santé Albini Paquette et de l’aspirant dauphin secrétaire d’État et ministre de l’éducation Orner Côté très proche de l’épiscopat, connaîtra son heure de gloire avec le changement diabolique de l’institut Mont-Providence dirigé par la congrégation des Sœurs de la Providence.La construction achevée, l’imposant édifice de Rivière-des-Prairies ouvrait ses portes en 1950 aux orphelins provenant de crèches et d’institutions surpeuplées.Vers le début de l’année 1954, lesdites autorités supprimaient toute éducation aux six cents et plus orphelins et orphelines du Mont-Providence.On érigea alors une clôture autour de l’institution et aux fenêtres, des barreaux.Sans attendre, le médecin attitré à la nouvelle vocation de l’institut désigné «psychiatrique», notait sommairement sur chacun des dossiers médicaux des enfants un jugement de débilité mentale.Comment, tant les autorités religieuses que politiques, pouvaient-elles ignorer la Déclaration universelle des droits de l’homme proclamée le 10 décembre 1948 par plus de cinquante pays membres de l’Organisation des Nations unies (ONU)?Article 1: «Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.» Article 25, 2: «La maternité et l’enfance ont droit à une aide et à une assistance spéciales.Tous les enfants, qu’ils soient nés dans le mariage ou hors mariage, jouissent de la même protection sociale.» Article 26, 1., 2.: «Toute personne a droit à l’éducation.L’éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l’enseignement élémentaire et fondamental.L’enseignement élémentaire est obligatoire.» Comment pouvaient-elles ignorer la liste des vingt-trois articles sur l’Histoire des enfants tristes parue dans Le Devoir entre le 12 juin et le 10 juillet 1950 et où le journaliste reporter Gérard Pelletier fera état de la pingrerie sordide du Québec à l’égard des mères nécessiteuses et de l’état pitoyable des enfants laissés à la garde des communautés religieuses?L’homophobie en question Des changements s’imposent dans l’organisation, la structure, les normes et les valeurs du monde sportif si Ton veut satisfaire les besoins de toutes les femmes GENEVIÈVE RAIL Sociologue et professeure à l'École des sciences de l’activité physique de l'Université d’Ottawa ans la page Idées du 9 février dernier, Yvan Pe-titclerc rappelait brièvement certains faits entourant «l’affaire Amélie Mauresmo».Toutefois, il ratait une belle occasion de discuter d’un événement médiatique d’importance: les propos outrancièrement hétérosexistes et homo- D — |wauuucuiuwviHvi.v.v»«—t-., phobes proférés, apparemment en toute impunité, par des joueuses de tennis professionnelles.Si l’article curieusement intitulé (par qui et pourquoi?) «Sexe et sport» permettait de briser un tant soit peu le silence intolérable qui entoure la question des lesbiennes en sport, il n’en demeure pas moins que ses effets insidieux pourraient être comparés à ceux des commentaires hétérosexistes rédigés par les journalistes australiens que M.Petitclerc paraphrasait ironiquement.En effet, M.Petitclerc aurait pu discuter du courage d’Amélie Mauresmo de s’afficher et de s’affirmer en dépit des sanctions sociales et économiques.Encore, il aurait pu écrire sur l’homophobie (sur le plan individuel) et l’hétérosexisme (sur le plan des structures et des normes sociales) qui pèsent sur le monde du tennis pro- fessionnel, de leurs conséquences dévastatrices pour les athlètes, du silence et de l’invisibilité des lesbiennes qu’ils perpétuent, des stéréotypes et des mythes qu’ils reproduisent, des divisions qu’ils causent parmi les sportives, ou de la façon dont ils légitiment un système de normes hétérosexuelles opprimant.Plutôt, M.Petitclerc choisissait d’utiliser plus du tiers de sa colonne simplement pour dire qu’il y a des lesbiennes en sport.Ceci est d’autant plus surprenant que M.Petitclerc disait lui-même, «s’il est une chose qui ne devrait plus surprendre personne, c'est bien la présence des lesbiennes à l’avant-plan de certains sports professionnels».Plus surprenant encore, M.Petitclerc citait le cas de Billie Jean Kmg pour étayer ses propos, bien que cette athlète ait toujours nié son présumé lesbianisme.Pour un exemple de porte-étendard de la cause gaie, on repassera! Outre les «faits» de l’affaire Mauresmo et la démonstration de la présence lesbienne en sport, il reste un tiers de colonne et c’est celui-là qui est le plus répugnant à mon avis.C’est que non seulement M.Petitclerc ne tente pas de dénoncer l’hétérosexisme et l’homophobie omniprésents dans le sport, mais que sa première et unique mention du terme «homophobie» est associée à sa thèse incroyable que celle-ci n’existe à peu près pas, qu’elle est exceptionnelle.M.Petitclerc semble plutôt suggérer que des «considérations de simple marketabilité» permettent aux compagnies de discriminer et d’exclure certaines personnes de leur publicité sur un produit, parce qu’elles appartiennent à un groupe social au sein duquel ce produit n’a pas encore fait son entrée.D’une part, puisqu’il s’agit-d’un article sur l’affaire Mauresmo, nous serions en droit de reprendre ce dernier argument et de penser que M.Petitclerc sanctionne la discrimination à l’égard des lesbiennes sur la base de cette marketabilité («'.e., pour mieux vendre le tennis professionnel féminin, excluons donc les lesbiennes et éliminons «l’angoisse des organisateurs» de tournois et «l’image publique [négative] que cela peut donner du sport»).D’autre part, l’argument de la «simple» marketabilité est des plus rétrogrades et nous pousse vers un statu quo dangereux que semble accepter M.Petitclerc: «Que Ton s’attriste de la chose ou que Ton soit plutôt indifférent ne changer rien».Il me semble au contraire que des changements s'imposent dans l’organisation, la structure, les normes et les valeurs du monde sportif si l’on veut satisfaire les besoins de TOUTES les femmes.Un bon point de départ serait de dénoncer publiquement les comportements ou propos discriminatoires.Ceux de Martina Hingis et de Lindsay Davenport ne font pas exception et les médias ont certes un rôle à jouer en ce sens.Chantal Hébert Robert Bouchard/Lucien Bourassa I quoi le premier ministre Lucien Bouchard A pourra-t-il bien penser lorsqu'il se lèvera demain à l’Assemblée Nationale pour inaugurer son nouveau mandat?S’imaginera-t-il s’inscrivant dans la foulée de René Lévesque et Jacques Parizeau en faisant ¦¦ ¦ franchir aux Québécois la dernière marche de l’escalier devant déboucher sur la souveraineté?En d’autres circonstances que celle du mandat populaire ambigu obtenu par le Parti Québécois le 30 novembre dernier, c’est certainement l’état d’esprit qui conviendrait au premier premier ministre souverainiste du 21’ siècle.Mais le connaissant, on serait porté à croire que Lueiên Bouchard s'inquiétera plutôt de devenir le quatrième premier ministre du Québec en un quart de siècle à se faire dire non par voie de référendum par la population.Dans le passé, M.Bouchard a maintes fois soutenu qu’il ferait ce qu’il faut pour éviter que l’histoire ne se répète ainsi.Personne n’a de raison de douter de la fermeté de cette résolution.Mais toute son action politique tourne autour de l’impératif de faire avancer le Québec.Cela fait de lui un homme particulièrement susceptible de vouloir dénicher une question à laquelle les Québécois pourraient finalement répondre oui.Dans ces circonstances, M.Bouchard serait bien avisé demain d’avoir une bonne pensée pour un autre de ses prédécesseurs, le fédéraliste Robert Bourassa.De tout ceux qui l’ont précédé, c’est celui sur les traces duquel il a le rIus de chances de s’engouffrer._ ; Élu avec un programme fédéraliste, M.Bourassa s’était retrouvé plongé en pleine tourmente souverainiste à la suite de l’échec des Accords du lac Meech.Pour éviter d’être englouti par la vague, il avait choisi de surfer, allant même jusqu’à entériner le projet d’un référendum sur la souveraineté.Si Robert Bourassa a dù ainsi naviguer à travers un raz-de-marée pour éviter de sombrer, M.Bouchard est guetté par un autre phénomène, celui d’un pourrissement de son vaisseau souverainiste.Plus graduel, le résultat ultime ne risque pas moins d’être un naufrage.A Ottawa, son Bloc québécois s’abîme dans l’insignifiance à défaut de ne pouvoir ni s’engager à fond dans une démarche référendaire ni respecter, le c.as échéant, son engagement de rentrer dans ses terres.A Québec, l’absence d’une direction claire sur le front de l’avenir politique ne peut que miner à terme le moral et la cohésion de ses troupes gouvernementales.Depuis le 30 novembre, M.Bouchard a eu l’occasion de constater plutôt deux fois qu’une combien la vague qui avait porté malgré lui Robert Bourassa aux rives de la souveraineté s’est résorbée depuis, laissant le PQ à pied sec sur une plage fédéraliste.Les Québécois hésitent manifestement à remonter sur les barricades aux côtés d’un premier ministre qui recherche les «conditions gagnantes» d’un référendum sur la souveraineté.En d’autres temps, l’union sociale signée sans le Québec et le budget Martin auraient été suffisants pour provoquer une ruée aux drapeaux.Et si Jean Charest avait gagné en novembre, sans doute serait-on même en train de vivre une belle poussée de fièvre nationaliste! Dans le passé, les premiers ministres, quand ils ne savaient trop à quel saint se vouer, ont eu tendance à se tourner vers la population.M.Bouchard, qui vient de lancer son parti sur la piste d’une réflexion d’un an sur la , .souveraineté, ne fait pas différemment plus capable Mais que pourra-t-on apprendre de si nouveau?Depuis 1990, aucun peuple sur la planète n’a sans doute été aussi fréquemment consulté sur sa vision de son avenir politique que celui du Québec.En l’espace de huit ans, les Québécois ont été sondés par cinq commissions différentes.Pendant la même période, ils ont voté six fois suides enjeux touchant leur avenir, soit à deux référendums et à quatre élections, provinciales ou fédérales.Tout cela sans jamais signifier clairement autre chose que leur rejet du fédéralisme tel qu’on le pratique actuellement.Que se passera-t-il dans un an, si après avoir chauffé à blanc les moteurs de la machine souverainiste, M.Bouchard et le PQ constatent ensemble que le décollage n’est pas prometteur.Remisera-t-on l’appareil au hangar ou sera-t-il alors question de changer de destination?Si Robert Bourassa demeure l’homme qui aurait été le plus susceptible d’obtenir un mandat fort pour réaliser la souveraineté, Lucien Bouchard est celui qui serait le plus capable d’obtenir l’adhésion d’une majorité claire à un projet de redéfinition de la place du Québec dans la fédération canadienne.Pourquoi?Parce que les Québécois sont convaincus qu’il n’accepterait pas n’importe quoi en leur nom tout comme ils auraient cru que M.Bourassa renoncerait à faire l’indépendance s’il avait constaté que le jeu n’en valait vraiment pas la chandelle.Dans le même genre de souliers, Robert Bourassa avait préféré reculer et mordre la poussière avec l’Accord de Charlottetown plutôt que d’aller voir ce qui pourrait l’attendre au détour du seul oui qui s’offrait à lui à l’époque, celui à la souveraineté.Comme M.Bourassa, Lucien Bouchard aura sans dolite au cours du nouveau mandat à décider s’il prend le risque de récolter un oui à un projet dont l’aboutissement pourrait être autre chose que la réalisation de son option.Ou s’il laisse le Québec s’enfoncer encore un peu plus profondément dans une ambivalence bien plus débilitante pour l’avenir collectif que l’un ou l’autre des choix en présence.Lucien Bouchard est l’homme qui serait le d’obtenir l’adhésion d’une majorité claire à un projet de redéfinition de la place du Québec dans la fédération canadienne L’ÉQUIPE DU DEVOIR [a rédaction lournalistes A l’information générale et métropolitaine : Louis Lapierre (adjoint au directeur de l’information), Sylvain Blanchard, Jean Chartier (vie urbaine), Yves d'Avignon (pupitreur); Paule des Rivières (éducation) Jean Dion Louis-Gilles Frailc^urf?^ LA REDACTION Journalistes A mform uon gent , ., b £ ,, é ( ,f) , R h „ (justice), Serge Truffaut (questions urbaines): Odile Tremblay (Horizons): Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Precourt (pages éditonales, responsable des pages thématiques).Martin Duclos etChnsti Leduc, Kathleen Lévesque ^ZLphe) A Information culturel e‘ Michel Bélair (responsable), Stéphane Baillargeon (théâtre, danse).Paul Cauchon (médias).Marie-Andrée Chouinard (livres et politiques culturelles).Brian Myles (anima , Jean-Pierre Ixgault, Clement ! rudel ne Dumazet (releceun),; Jacques Rober* Bcnoit Munger, François Normand, Claude Turcotte ; A l’information internationale : Jocelyn Coulon (adjoint au directeur de l’information) GuyTaillefer (ditonaliste) Claude Lévesque ; A informa- (musique), A 1 information qr ' ‘ (correspondante parlementaire à Ottawa) Mario Cloutier et Gilles lisage (correspondants parlementaires à Québec), Michel Venne (correspondant parlementaire et éditorialiste à Québec)-, Marie-Hélène Alarie (secrétaire a la redaction)-, Julie Tremblay, Marie-Claude e Don politique : I icrre O Neill, Manon Cornüht ( P P p ' Serge Laplante (Québec) Hache Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice), Daniel Barbeau (directeur adjoint), Jacqueline Avril, Jean de Billy, Gyslaine Côte, Marlene Cote, Louane l^mie'chris^ne'LegmS'j^cques A ^afcauTf^re PaquetîchMtid Mn^tel'MicheUn^i^elitandfsébà^tien&dM-HUaireyitWfdtein»); Manon Blanchette-Turcotte, Geneviève Landry, Sylvie Laporte, Micheline Turgeon ; Martine Bérubé (seerftaire).LA -ivoi Christiane h gault, J 1 • Tiiroeon (responsable de la Production) Claudine Bédard Philippe Borne Johanne Brunet, Danielle Can tara, Richard Des Cormiers, Christian Goulet, Marie-Josée Hîidon, Christian \ îen, Yamck Martel, Olivier /uida.SERVICE A LA CLIENTELEJohanne n ( pZabh) Hélène GerSÉvèlZo ul!c(responsoble d la pro,notion des flmnmenb) Monique L’Heureux, lise L,chapelle.Rachelle Leclere-Venne.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables) Jeannwl'Arc Houde (secrétaire à la direction) ; Céline Furoy, Patnck Inkel (contrôleur), Ghislaine Lafleun DiinieUe Nantel (secrétaire administrative), Nathalie Perrier, Danielle Ponton, Danielle Ross.IA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président).Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général). I.E I) E V 0 1 H .L E M A R I) I 2 M A R S I !) !» !» A 8 -g, t » ITT ?LE DEVOIR ?ACTUALITES •mi Os p* QUÉBEC SUITE DE LA PAGE I Les députés du Parti québécois l’ont d’ailleurs dit et redit lors de leur caucus pré-sessionnel la semaine dernière, il y aura un référendum au cours de ce mandat.Pour Eheure, le premier projet de loi présenté ce printemps tentera d’éliminer certaines pratiques douteuses reliées à l'identification de l’électeur.Le responsable de la réforme électorale, Guy Chevrette,' ne s’arrêtera pas là.Il compte procéder à d’autres modifications de la Loi électorale pour pallier les problèmes vécus lors de la dernière campagne électorale, notamment dans le cas de décès d’un député (Masson) ou d’un abandon de dernière minute (Viau).La consolidation des réformes de la santé et de l’éducation occuperont passablement le gouvernement au cours des prochains mois.La tâche devrait toutefois être quelque peu facilitée par l’atteinte du déficit zéro et par le système de péréquation du gouvernement fédéral.Le chèque de 1,4 milliard d’Ottawa, encaissable avant le 31 mars, servira vraisemblablement à éponger les déficits des hôpitaux et des universités.Par ailleurs, la plupart des ministères québécois devraient aussi bénéficier des finances publiques assainies.Plusieurs cabinets politiques ont reçu le mot d’ordre du Conseil du trésor de revoir leurs priorités si leurs crédits étaient éventuellement augmentés d’en moyenne 5 %.Le gouvernement devra cependant garder de l’argent pour les 400 000 employés de l’État qui l’ont bien mérité, ont maintes fois répété les ténors du cabinet Bouchard depuis quelques mois.La présentation des offres salariales aura lieu peu après le dépôt des crédits.Devant la demande d’augmentations de 11,5 % en trois ans des syndicats, le gouvernement étudie plusieurs scénarios, dont une offre initiale à 6 %.Ce pourcentage pourrait être plus élevé, note-t-on en coulisses, mais ce sera probablement moins lors du dépôt initial.Dans cet esprit, les négociations des secteurs public et parapublic s’annoncent très longues.L’automne sera là aussi la saison privilégiée pour un blitz de pourparlers.La demande patronale de décentralisation des discussions sur les 20 000 clauses normatives des conventions collectives a été refusée par les centrales syndicales, mais le gouvernement n’a pas encore présenté de contre-proposition.En outre, Québec épargnerait des dizaines de millions cette année si les nouvelles conventions étaient signées plus tard que tôt Les fonds de grèves syndicaux bien garnis, des dizaines de millions là aussi, sont également de nature à laisser le Conseil du trésor prendre tout son temps.Enfin, les nouvelles réformes annoncées, fiscalité municipale et Code du travail, ne seront présentées qu’à l’automne.Les ministres Louise Harel et Diane Lemieux auront besoin des prochains mois pour analyser les avenues s’ouvrant devant elles avant de régler, en présence d’intervenants difficiles, les unions municipales, le patronat et les syndicats, ces dossiers délicats.Ces deux tests importants pour le gouvernement donneront leurs fruits vers la fin de l’année, à l’aube de l’an 2000, au moment où les sondeurs recommenceront à tester la fibre souverainiste des Québécois.Après des mois de relations que l’on prévoit à Québec comme difficiles avec le gouvernement fédéral, les ténors souverainistes du gouvernement auront entamé leur brassage d’idées sur la souveraineté et parleront de plus en plus de l’avenir mondial du Québec, en lieu et place du partenariat canadien.D’ailleurs, aux Relations internationales, la ministre Louise Beaudoin se donne quatre ans pour rebâtir un réseau de délégations du Québec à l’étranger digne de ce nom.Il s’agira sans doute d’une autre étape importante de la stratégie souverainiste du gouvernement A défaut d’un réseau solide à l’étranger, la ministre Beaudoin a déjà commencé à voyager afin de vendre, notamment le projet souverainiste de son gouvernement La première session de la 36r législature marquera également l’entrée en scène d’un nouveau chef de l’opposition, Jean Charest Le chef du Parti libéral du Québec passera sûrement plus de temps à l’Assemblée nationale qu’il ne l’a fait aux Communes comme chef du Parti conservateur jusqu’en 1997, même si le PLQ devra aussi traverser une phase de reconstruction.En présence de M.Charest les libéraux continueront à .adopter une attitude dynamique, voire énergique, comme, ils l’avaient fait l’an dernier dès la nomination du nouveau chef.Les qualités de chef l’opposition officielle de M.Charest restent toutefois à démontrer.Sa tâche sera facilitée par la présence des vétérans Pierre Paradis et Jean-Marc Fournier, mais le chef libéral devra aussi composer avec des critiques inexpérimentés à certains postes clefs.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9r étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ds sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courrier électronique redaction ©ledevoir .com Pour l’agenda culturel (514) 985-3551 La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514)985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 ,Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 8h à 16h30 Par télécopieur (514)985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) U Devoir est publié du lundi au samedi par Ix* Devoir Inc.dont le siège social est fiitué au 2050, rue de Bleury.9* étage.Montréal.(Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor LaSalle, 7743, rue de Bourdeau, division de Imprimeries Üuebecor Inc., 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L’agence Presse Canadienne .est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans U Devoir.¦Le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest, I-aval.Knvoi de publication — Enregistrement ri* 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.MOLSON SUITE DE LA PAGE I loges louées annuellement (135 loges à 100 000$ l’unité).Si cet élément devait être retenu par le TAQ, l’opération administrative pour réclamer à chaque locataire ces taxes serait «extrêmement complexe et pour ainsi dire ingé-rable», estime le Service des finances de Montréal.Chose certaine, Molson réclamera un remboursement de 20 millions, qui s’ajoutent aux quelque 30 millions déjà mentionnés.Si ce dossier a des implications financières majeures pour Montréal, dont la santé financière est fragile depuis quelques années, il constitue également un enjeu juridique de premier ordre.En gagnant sa cause, Molson ouvrirait la porte à une contestation de l’évaluation foncière d’autres propriétaires insatisfaits à Montréal comme partout ailleurs au Québec.Cela pourrait signifier une éventuelle perte pour les plus importantes villes du Québec, dont le fardeau s’est grandement alourdi depuis sept ans.Encore l’année dernière, Québec a procédé à un délestage de 350 millions aux mains des municipalités.Au cabinet du maire Pierre Bourque, on se dit prêt à négocier à l’amiable avec Molson.Ce matin, le président du comité exécutif de la Ville de Montréal, Jean Fortier, a convoqué la presse pour discuter du dossier et donner son point de vue.Six mois ont été prévus pour entendre cette affaire complexe devant le Tribunal administratif du Québec où les experts de Montréal, de la CUM et de Molson devraient s’affronter dans des expertises et contre-expertises pointues.La défense de cette affaire pourrait d’ailleurs coûter entre 500 000 $ et un million à Montréal et à la CUM en frais d’avocats et d’experts.Molson n’en est pas à sa première tentative pour obtenir un rabais de taxes.A deux reprises, la brasserie a utilisé la voie politique mais le tollé soulevé dans la population a eu raison des démarches de l’entreprise.En décembre 1996, le gouvernement du Québec a cherché, avec l’appui de l’administration Bourque, à modifier la Loi sur la fiscalité municipale pour permettre aux villes de réduire de moitié le niveau de taxes municipales des propriétaires privés d’établissements à vocation sportive et culturelle, qui n’ont pas eu recours à des subvention publiques pour construire lesdits bâtiments.L’amendement avait vraisemblablement été taillé sur mesure pour Molson, ce qui lui aurait permis de payer 4,5 millions par année plutôt que 9,9 millions.L’un des arguments de Molson, proprié- taire du club de hockey Le Canadien, reposait sur la compétition avec les autres villes de la Ligue nationale.La grande majorité des clubs de la Ligue nationale ne paieraient ni loyer ni taxe municipale.Le dossier a refait surface six mois plus tard alors que Québec et Montréal étaient en pleine négociation pour une aide financière pour 1997.Le gouvernement se disait prêt à payer 50 % de la facture de Molson, qui aurait pris la forme d’une compensation incluse dans le soutien à la Ville de Montréal.Montréal aurait donc été privé de 4,5 millions par année.L’idée a finalement été jetée aux oubliettes.Le printemps dernier, au cours des audiences devant un sous-comité des Communes chargé d’étudier la question du sport professionnel au pays, plusieurs propriétaires de clubs sportifs, dont le président du Canadien Ronald Corey, sont venus se plaindre du fardeau fiscal qui leur incombe.i REUTERS Magalys de Armas (à droite), l’épouse du dissident Vladimiro Roca ainsi que sa fille sont reçues par l’Américain Michael Kozar (à gauche) peu après leur arrivée à La Havane, hier, pour témoigner au procès où Roca et trois autres dissidents sont accuses de crimes contre-révolutionnaires.Les quatre dissidents les plus célèbres de l’île sont détenus depuis le 16 juillet 1997 à la suite de la publication d’un document critiquant le régime politique de Fidel Castro et demandant des réformes urgentes du système.CUBA SUITE DE LA PAGE 1 Havane où il enseignait l’économie quand le groupe qu’il y animait «Courant civique cubain», a envoyé une lettre à Castro exigeant une ouverture économique.Quant à l’avocat René de Jesus, 56 ans, formé à Moscou, il s’était distingué en assurant la défense de plusieurs dissidents, et il a créé une association d’avocats indépendants.Les quatre inculpés ont été arrêtés le 16 juillet 1997.Au nom de Concilio Cubano, ils venaient de publier un manifeste, La Patrie appartient à tous, où ils critiquaient le document préparatoire au Congrès du Parti communiste organisé en octobre de la même année.Ce document, estiipaient-ils, i \ «rend impossible l’existence d’un Etat de droit et d’un système judiciaire indépendant et impartial, et il n’offre rien qui puisse solutionner les problèmes du pays».Vladimiro Roca et ses amis avaient par ailleurs appelé leurs concitoyens à boycotter les élections officielles.Leur interpellation était intervenue cinq jours après l’explosion de plusieurs bombes dans des hôtels de La Havane, attentats perpétrés, apprendrait-on plus tard, par des artificiers recrutés à l’étranger par un exilé cubain.Les autorités avaient alors accusé les quatre prisonniers de «saper le cadre politique et constitu- tionnel de la république de Cuba».Le procès qui s’est ouvert hier — sous réserve d’un verdict de clémence — apparaît comme un défi de Fidel Castro à tous ceux qui l’ont exhorté à libérer les accusés.Jean-Paul II n’a pas eu plus de succès dans leur cas que l’Union européenne, le département d’État américain, le premier ministre canadien, ou encore le ministre espagnol des Affaires étrangères, Abel Matutes, récemment venu à La Havane négocier les conditions du prochain voyage officiel du roi Juan Carlos.Les quatre inculpés échapperont toutefois aux très sévères verdicts prévus par une nouvelle loi, votée le mois dernier, pour châtier plus durement délinquants, trafiquants de drogue, ainsi que dissidents et journalistes indépendants, désormais assimilés à des criminels et menacés de vingt ans de prison s’ils collaborent à des médias étrangers.Dernier en date des signaux de crispation du Lider Maximo, Cuba \ a coupé les liaisons télépho- \ niques desservies par cinq compagnies de télécommunications américaines (sur sept en service), pour non-paiement des royalties dues à la société cubaine du téléphone.Une mesure qui empêche de nombreux Cubains de prendre cpntact avec leurs proches aux États-Unis.\ Les Canadiens anglais tolèrent de moins en moins les francophones Toronto (PC) — Les vieilles rancœurs entre anglophones et francophones persistent au Canada.Un sondage du National Post révèle en effet que les Canadiens anglais sont généralement ouverts à l’égard des personnes de races et d’origines ethniques différentes, mais qu’ils sont beaucoup moins tolérants envers les francophones.Les personnes sondées expriment aussi des objections envers l’apparente influence dont jouiraient les autochtones, révèle le sondage conjoint National Post-COMPAS.Le sondage, mené le mois dernier auprès de plus de 1000 Canadiens, visait à déterminer les attitudes à l’endroit des minorités ethniques et raciales.Il permet de constater qu’un petit nombre seulement de Canadiens entretiennent de l’animosité envers les groupes qui ont historiquement fait l’objet de préjugés.Parce qu’il y a peu de Canadiens qui admettraient ouvertement être racistes, le sondeur a dû s’y prendre de manière détournée pour interroger les gens.La méthode classique consiste à demander si certains groupes ont trop de pouvoir, et ensuite de demander comment ceux-ci pourraient changer pour s’améliorer.Lorsque ces questions ont été posées à des Canadiens anglais, plus de la moitié d’entre eux ont répondu que les francophones détenaient trop de pouvoir, et 68 % étaient d’avis que les francophones seraient plus aimables s’ils cessaient de se plaindre, rejetaient la notion de souveraineté du Québec et pensaient davantage aux besoins du Canada dans son entier.«C'est un indice de réelle irritation», a commenté M.Conrad Winn, le président de COMPAS, au sujet des attitudes des anglophones à l’égard des francophones.«Cette hostilité est peut-être fondée, a-t-il poursuivi.On peut peut-être dire qu’il est normal pour des humains normaux de devenir hostiles quand on leur maintient une épée de Damoclès séparatiste au-dessus de la tête depuis des années.Mais cela demeure de l'hostilité.» On a fait beaucoup d’efforts pour intégrer les non-francophones et les non-anglophones à la société canadienne, remarquait Hedy Fry, la secrétaire d’État au multiculturalisme.«Mais personne n’a réellement concentré ses efforts sur le rapprochement des anglophones et des francophones.Les gens ont l’impression que tout le monde au Québec est indépendantiste et que tout le monde au Québec se plaint», a-t-elle dit Contrastant avec l’opinion négative entretenue à l’égard des Canadiens de langue française, seulement 20 % des francophones interrogés ont affirmé que les personnes d’ascendance britannique détenaient trop de pouvoir.Plus du tiers de tous les Canadiens interrogés ont cependant estimé que les autochtones étaient trop puissants.Ils ont suggéré que les autochtones seraient mieux perçus s’ils «recherchaient moins le pouvoir», étaient «plus Canadiens», et avaient moins l’esprit de clan.9 % ont aussi dit qu’ils aimeraient davantage les autochtones si ceux-ci travaillaient plus dur, et 3 %, qu’ils voudraient les voir payer des impôts.Interrogés sur leurs attitudes envers les personnes de race noire, aux Chinois, Juifs et Italiens, les Canadiens ont semblé relativement ouverts.Environ 29 % ont dit croire que les Noirs n’ont pas suffisamment de pouvoir; seulement 6 % ont dit qu’ils en avaient trop.Environ 30 % ont estimé que Noirs et Chinois devraient changer pour se rendre plus aimables.Cette proportion tombait à 24 % pour les Juifs et 14 % pour les Italiens.Dans l’ensemble, toutefois, le nombre de personnes exprimant de la haine envers une quelconque minorité ethnique ou raciale était réduit.Iœ sondage a été effectué auprès de 1014 personnes entre le 11 et le 16 février.Ce sondage comporte une marge d’erreur qui ne devrait pas excéder 3,2 %, 19 fois sur 20.TRIBUNAUX SUITE DE LA PAGE I cusé] vêtue d’un bonnet et d’une crinoline» (elle portait un short).Il a aussi frit allusion au mode de vie de la victime, mère d’un bébé de sue mois, et qui vivait avec son ami et un autre couple.La juge Claire L’Heureux-Dubé, dans ses commentaires, s’en est prise directement à ce genre d’arguments, qu’elle a qualifiés de «mythes et de stéréotypes» qui n’ont plus leur place à notre époque et dans notre société.Le juge McClung, dans une lettre publiée dans le quotidien National Post vendredi dernier, a attaqué directement la juge l’Heureux-Dubé, déclarant entre autres qu’une attitude comme la sienne explique sans doute le haut taux de suicide chez les hommes au Québec.Le juge McClung s’est excusé, hier dans un communiqué, d’avoir tenu ces propos.Dans une entrevue au Post, publiée samedi, il avait néanmoins réitéré les arguments sur lesquels il avait basé son jugement, disant que la victime «ne sortait pas d'un couvent».«L'agression sexuelle est un crime très grave, pour lequel les gens sont toujours prêts à trouver des excuses; c’est très important que la question du consentement soit très claire, tant pour les juges des autres tribunaux que pour les femmes», dit Bonnie Diamond, de l’Association nationale de la femme et du droit, qui a déposé une plainte au sujet du juge McClung devant le Conseil canadien de la magistrature.D’autres organismes, dont le Conseil national des femmes, en ont fait autant «Déjà très peu de femmes portent plainte dans les cas d’agression sexuelle, dit ici Louise Picard, intervenante à Trêve pour elles, un centre d’aide aux victimes de viol.Et c'est toujours la notion de consentement sur laquelle on joue.Et aussi, très souvent, sur les antécédents.Les victimes vont continuer de craindre que leur agresseur ne soit acquitté, ou de le voir s’en tirer avec une peine très légère, après que leur vie aura été étalée au grand jour.» D’autres observateurs se montrent néanmoins plus optimistes quant à la portée du jugement «C’est la première fois que l’on aborde la notion de consentement, on l’a fait de façon très claire, en rejetant sans équivoque l'idée de consentement tacite, dit Carfissima Mathen, directrice des litiges au Fonds d’action et d’éducation juridique pour les femmes, qui avait d’ailleurs fait une intervention devant la Cour suprême.On retrouvait beaucoup de situations où l’accusé pouvait dire que, à cause du silence, de la passivité de la victime, il avait pu présumer au consentement.Ce ne sera plus le cas maintenant.» Dans le cas jugé par la Cour suprême, la victime avait rencontré Steve Ewanchuk à l’été 1994 pour solliciter un emploi.Ewanchuk, après l’avoir fait entrer dans une caravane dont il a fermé la porte, a tenté de lui caresser les seins, de se frotter contre elle, puis a finalement sorti son pénis de son pantalon, bien que la jeune fille ait dit «non» à chaque tentative.«C’est un jugement dont l’importance se fera sentir à tous les niveaux», dit pour sa part Irwin Cotier, professeur de droit à l’université McGill.Tout d’abord, souligne-t-il comme plusieurs autres, la notion de «consentement tacite» n’a plus aucune chance de survivre.«Non veut dire non.Il n’y a pas de troisième option», dit Irwin Cutler, qui rappelle aussi que le jugement a été unanime.D’autre part, la Cour suprême ne s’en est pas tenue à la simple question du consentement.«Le jugement aborde de façon très directe toute la question des mythes et des stéréotypes, qui intervenaient souvent dans de tels cas, poursuit Irwin Cotler.On ne pourra plus prendre en considération l’apparence de la victime, son passé ou son mode de vie.» Irwin Cotler qualifie par ailleurs de «sans précédent» la façon dont la Cour suprême a attaqué les arguments de tribunaux inférieurs.«On n’a jamais vu de réprimandes aussi directes, dit-il.Cela rend le jugement incroyablement clair.Aucun avocat ne pourra plus invoquer le consentement implicite, aucun juge ne pourra plus le prendre en considération.Il devra dire: «désolé, ce n’est pas une défense, non veut dire non».» C’est d’ailleurs la première fois, ajoute le professeur Cotler, que les amendements apportés en 1992 au Code criminel sur l’agression sexuelle, qui portent justement sur la question du consentement, sont testés,en Cour suprême.A ses yeux, la portée des commentaires faits par le juge McClung, qu’il qualifie de «tout à fait outranciers», sera de beaucoup moindre que celle du jugement «On s'est beaucoup arrêté au caractère sans précédent de l’intervention du juge McClung, nmis on a oublié à quel point le jugement de la Cour suprême, avec des réprimandes aussi directes à l’endroit d’autres tribunaux, est aussi sans précédetit», dit le professeur Cotler.Des voix s’élèvent PRESSE CANADIENNE Ottawa — Tandis que le juge albertain John McClung présentait ses plus plates excuses à sa collègue de la Cour suprême du Canada Claire L’Heureux-Dubé après l’avoir attaquée, tant professionnellement que personnellement, la semaine dernière, plusieurs voix ont continué à s’élever hier pour réclamer une enquête sur le magistrat maintenant repentant.Le Nouveau Parti démocratique et des groupes de femmes ont déposé hier des plaintes au Conseil canadien de la magistrature qui décidera, le cas échéant, d’instaurer une enquête.Pour la leader néo-démocrate Alexa McDonough, il est clair que le juge McClung doit être démis de ses fonctions.Celui-ci, estime-t-elle, a été fautif à plusieurs égards: il a manqué de respect envers la loi et envers les femmes et il a défié ouvertement la Cour suprême.«Je ne m’attends pas à ce qu’il démissionne parce qu’il ne réalise pas ce qu’il a fait», a expliqué Mme McDonough.Le Conseil national des femmes du Canada, qui représente 50 groupes de femmes au pays, a aussi déposé une plainte au Conseil de la magistrature.
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.