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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 1999-07-16, Collections de BAnQ.

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?FONDÉ EN 1910 ?LE DEVOIR Le courage consiste à savoir choisir le moindre mal, si affreux qu'il soit encore.(Stendhal) Vol.X Ç - N ¦ 1 5 7 M O N T R É A L PERSPECTIVES Riches et malades LE VEND R EDI 1 (i .1 U 1 I.L E T 1 !) î» !) DANIEL PINARD La viande, ça va fer! page B 1 8 7 « + TAXES = I $ / Tou O N TO 1 $ ÉCONOMIE PLAISIRS Les Canadiens S’envoyer en l’air sont devenus des à 200 km/h, investisseurs, page A 6 page B 1 Je an Dion Causer de hockey le 16 juillet?Excusez-la.Mais si chaque sport a une saison morte, les affaires, elles, ne chôment pas.La valse des millions se poursuit, toujours aussi irréelle, vaguement obscène et sans fin envisageable.On se répète encore mais, que voulez-vous, on n’invente rien.Fin juin, les dirigeants des équipes canadiennes de la Ligue nationale de hockey ont rencontré les représentants des gouvernements, question de voir, comprenez-vous, s’il n’y aurait pas moyen que l’Etat leur lâche un peu les baskets dans le secteur de la taxation parce que, voyez-vous, les Américains sont en train de les manger tout rond.Au mois d’août, une seconde réunion aura lieu.Entre-temps, combien de nouveaux indices de l’impossibilité de leur quête auront surgi?Entre-temps, les Rangers de New York se seront soulagés de 50 millions $ US en l’espace de trois jours pour mettre la main sur Theoren Fleury, Valeri Kamensky et Stéphane Quintal — et ils sont toujours à l’affût, tant de joueurs complètement libres comme Sylvain Lefebvre que d’autres qui ne le sont pas comme Keith Primeau.On se souviendra qu’avant Fleury et Kamensky, les Rangers avaient fait un coup similaire au Colorado en offrant 21 millions pour trois ans à Joe Sakic; l’Avalanche avait été contrainte d’égaler la proposition.Les Mighty Ducks d’Anaheim, eux, ont consenti 30 millions sur trois ans à Paid Kariya il y a quelques jours.Evidemment, on ne parle pas ici du dépanneur du coin.Les Rangers, c’est Cablevision, propriétaire aussi des Knicks de la NBA et du Madison Square Garden et qui a manifesté ?son intérêt d’acquérir les légendaires Yankees — la somme de 600 millions a été avancée, mais il semble que la facture se situerait plutôt autour de un milliard.Les Ducks, c’est Disney, qui possède également ABC et ESPN.Géants des communications et sport professionnel s'entendent plutôt bien merci: au baseball, la masse salariale des Dodgers de Los Angeles a explosé (79 millions) après l’achat de l'équipe par Rupert Murdoch (Fox).Les Braves d’Atlanta de Ted Turner (TBS) ne sont pas très loin derrière.Cette situation fait gonfler le déséquilibre.Au magazine The Sporting News, le directeur général des Oilers d’Edmonton, Glen Sather, qui lui doit manoeuvrer serré, faisait remarquer cette semaine que dans le cas de Fleury, les Rangers n’ont pas seulement remporté la mise; ils ont renchéri sur eux-mêmes.«Personne d’autre n’était preneur.Pas à sept millions par année», a-t-il commenté.Résultat: la barre a été élevée, et les prochains joueurs du même calibre, autonomes ou en instance de renouvellement de contrat, se réclameront du «marché» pour exiger la même chose, comme Steve Yzerman qui s’apprête à accepter des Red Wings de Detroit une offre de prolongation de 30 millions pour quatre ans.Mais ce n’est là qu’un aspect du problème.Un gros, mais pas le seul.Le problème, c’est aussi le Lightning de Tampa Bay, une franchise qui éprouve des difficultés financières (et sportives) notoires depuis plusieurs années, qui congédie Jacques Demers 38 mois avant la fin de son contrat; à environ 800 000 $ par saison, le changement de cap coûte cher.C’est le Canadien qui, tout étranglé par les taxes et la faiblesse du dollar qu’il prétende être, allonge 15 millions à Trevor Linden et 13 à Jeff Hackett mais impute au désavantage structurel des équipes canadiennes la perte de Quintal.Des exemples semblables, on pourrait en trouver des dizaines.Il vaut la peine de se reporter de nouveau à Sather, qui déclarait dans une entrevue au Calgary Herald qu’un trop grand nombre de propriétaires — des gens qui ont par ailleurs réussi en affaires, et pas à peu près — prennent, en matière sportive, des décisions sous le coup de l’émotion, décisions qui seraient mûrement réfléchies dans n’importe quel autre secteur.Cette approche impose une forte pression au persoimel de hockey, forcé d’améliorer les choses rapidement et, à son tour, de prendre des décisions qui ne sont pas toujours criantes de logique ou géniales en termes de coûts et de bénéfices.Bien sûr, le fric n’est pas toujours synonyme de victoire, ni sa relative absence synonyme de défaite.Au base-bail, les Dodgers et les Orioles de Baltimore occupent le dernier rang de leur division respective malgré une masse salariale combinée de près de 160 millions.Au hockey, les Rangers ont raté les séries deux années de suite avec une liste de paie de 40 millions pendant que les Sabres de Buffalo, vingtièmes de la LNH à 26 millions, ont trouvé le moyen d’atteindre la finale de la coupe Stanley.Mais il y a une tendance très lourde.Personne ne peut tenir le coup à long terme sans avoir la bourse leste.Avec leurs agissements récents, les Rangers, qui préfèrent être riches et malades que pauvres et en santé, donnent une nouvelle fois raison aux opposants au soutien public au sport professionnel qui affirment qu’un ménage doit d’abord être fait.Sans plafond salarial, sans plus de cohérence entre les propriétaires eux-mêmes, on ne verse pas une somme, on l’engloutit.Et il n’y a pas seulement les équipes canadiennes qui soient en cause; ce qui est arrivé à Québec et à Winnipeg s’est aussi produit à Hartford et pourrait se produire bientôt à Pittsburgh, à Tampa, à Long Island, à Buffalo ou même à Los Angeles.tim'si MÉTÉO Montréal Ensoleillé.Chaud et humide.Max: 32 Min: 20 Québec Ciel variable.Max: 30 Min: 16 Détails, page B 3 INDEX Annonces.A 4 Les sports.B 7 Avis publics.B 6 Montréal.A 3 Culture.B 8 Mots croisés .A4 Économie.A 6 Plaisirs.B 1 Éditorial.A 8 Politique.A4 Le monde.A 5 Télévision.B 8 www.ledevoir.com Des « hypothèses de règlement » Les 600 délégués de la FIIQ délibèrent au terme du blitz de négociations MARIE-CLAUDE DUCAS LE DEVOIR Le récent blitz de négociations entre les infirmières du Québec et le gouvernement, terminé hier matin, a débouché sur des hypothèses de règlement que la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec (FIIQ) s’apprêtait, hier en soirée, à soumettre à ses délégués syndicaux.«Ce n’est pas quelque chose d’aussi formel qu’une entente de principe, mais tous les points à l’ordre du jour ont été abordés», indiquait hier Jacques Wilkins, porte-parole pour le Conseil du tré- sor, où se déroulaient les négociations.Du côté de la FIIQ, on refusait de dire quoi que ce soit sur ces «hypothèses» jusqu’à ce que les 600 délégués, réunis à Laval pour un conseil fédéral spécial, aient été mis au courant du résultat des récentes négociations.On prévoyait, hier soir, que l’assemblée durerait plusieurs heures.On envisageait même, au besoin, un ajournement pour reprendre les discussions ce matin.Le marathon de négociations de 48 heures, entamé mardi matin, s’est terminé à 7hl5 hier matin.Au milieu de la nuit, la présidente de la FIIQ, Jennie Skene, s’était jointe aux quatre représentants qui siégeaient pour la FIIQ, pour les dernières heures de ce blitz de négociations.Pour la porte-parole de la Fédération des infirmières, Louise Rochefort, il n’y avait toutefois pas lieu d’en tirer des conclusions.«C’est normal, dans un tel cas, que les négociateurs veuillent se référera leur présidente», a-t-elle dit.Mme Skene, à qui les journalistes soulignaient, à sa sortie des négociations, qu’elle n’avait pas l'air heureuse des résultats, s’est contentée de lancer: «Je suis toujours de mauvaise humeur quand je ne dors pas!» Quant aux suites à donner, la décision revient, en VOIR PAGE A 10: HYPOTHÈSES JACQUES NADEAU LE DEVOIR .V>' L.j.a.-¦À 'Æ ' il» J L” De retour sur les piquets de grève hier matin comme leurs milliers de collègues, les infirmières du Centre thoracique de Montreal ont attendu toute la journée les résultats des deux jours de négociations entre leurs représentants et ceux du gouvernement.Les infirmières ont dû s’en remettre aux bulletins de nouvelles de la radio pour attraper quelques bribes d’information.Avouant leur envie de reprendre le travail pour de bon, les grévistes réaffirmaient néanmoins leur résolution de poursuivre la lutte jusqu’à la satisfaction de leurs demandes.Le conseil fédéral de la FIIQ, prévu pour lOh hier matin, a été sans cesse reporté.A 20h, les délibérations n’avaient toujours pas commencé.Proche-Orient Clinton et Barak relanceront le processus de paix AGENCE FRANCE-PRESSE Washington — Le président Bill Clinton et le nouveau premier ministre israélien Ehoud Barak se sont engagés hier à relancer le processus de paix au Proche-Orient, en entamant leurs premiers entretiens directs à la Maison-Blanche.«Il est dans notre intention de donner un nouvel élan au processus de paix et de le remettre sur les rails.Pour ce faire, nous avons besoin du leadership américain», a déclaré M.Barak au début d’une visite officielle de cinq jours aux Etats-Unis.M.Clinton, qui a fait de la pane au Proche-Orient l’une de ses priorités de fin de mandat, a chaleureusement accueilli M.Barak, dont la victoire aux élections législatives israéliennes face à Benjamin Nétanyahou est considérée à Washington comme une chance pour la pane.«L’Amérique vous accompagnera» sur le chemin de la pane, a déclaré le président Clinton lors d’une conférence de presse.M.Barak, lui, s’est engagé à respecter les VOIR PAGE A 10: PAIX LES ACTUALITÉS Baisses d’impôts : Chrétien s’en tiendra à son programme Le premier ministre Jean Chrétien n’entend pas dévier du programme de son parti quant à l’utilisation des surplus budgétaires du pays: la moitié servira à la réduction de la dette ou la réduction d’impôts, et l’autre moitié sera investie dans «des programmes qui sont utiles».Et ce, même si c’était au tour de la Chambre de commerce du Canada, hier, de demander des baisses d’impôts, cette fois de l'ordre de neuf milliards de dollars d'ici deux ans.De passage hier aux bureaux montréalais de Ubi Soft, Jean Chrétien s’est encore fait avare de commentaires sur sa préférence entre la diminution des impôts et le remboursement de la dette.Nos informations, page A 3 Festival d’été de Québec Dr.Steel & Mr.Guitar Junior Brown est le champion de la guitare électrique et du lap steel Ne vous fiez pas à sa drôle de tête de redneck sudiste; Junior Brown est champion de guitare électrique et de lap steel.Deux instruments dont il joue.en même temps.L’invité le plus étonnant du Festival d’été de Québec.SYLVAIN CORMIER Dans les spectacles de guitaristes, je croise souvent Rick Haworth, notre as à nous, référence locale pour tout ce qui se pince, se gratte ou s’amplifie dans un Fender Twin Reverb.Enthousiasmé par le premier disque du guitariste texan Junior Brown, je l’accostai en milieu d’entracte un soir de 1994, sûr de partager avec un tel aficionado ma trouvaille du mois: «Hé, Rick! Tas entendu Junior Brown?Le gars qui joue de la guit-steel?» Haworth me gratifia d’une moue légèrement dédaigneuse, puis dit: «Trop redneck.» Je grommelai un peu, puis compris: Junior Brown ne passe pas facilement dans la gorge.Le chapeau reste pris.Tout un couvre-chef, en effet, que celui de Junior c’est l’énorme Stetson des rois texans du pétrole, des propriétaires terriens esclavagistes ou des shérifs plénipotentiaires de bled perdu, fi y a aussi le nez de Junior, splendide chourave qui rappelle un peu l’appendice de Karl Malden.Il y a également la peau trop blanche de Junior, instantanément rougie par le soleil, surtout dans le cou, d’où l’expression redneck, qui désigne les types à coupe militaire sillonnant l’Amérique en quatre-quatre en quête de che- i velus ou d’étrangers à lyncher.Pourtant, Junior Brown est le contraire d'un redneck.Si l’on tournait un remake d’Easy Rider, ce serait lui qui chevaucherait le rutilant chopper dans le rôle du Capitaine America, et des tas de chevelus réactionnaires voudraient le sortir de la ville avec du goudron et des plumes.«I look like a redneck, but I play like a hippie», ré-sume-t-il au bout du fil, en direct d’Austin, Texas, sa base d'opération.Comprenez par là qu’il faut d’abord rire de la drôle d’allure du gars: ça relâche les muscles autour de l’œsophage, et puis après, on peut goûter pleinement la musique.D’où l’exagération du personnage.Dans un épisode de la dernière saison des X-Files, il incarna un fermier du fin fond de nulle part.Ses vidéoclips, rarement diffusés ^ chez nous en dehors de l’émission CountryMax de Bourbon Gautier, remplissent précisément cette fonction ironique: il faut voir notre Junior en mari surpris par le retour d’une ancienne maîtresse dans le clip de My Wife Thinks You're Dead: «If ( k y°u ^ink that I want trouble / Then you're crazy in your head .77*—-nT*1 / Because you're wanted by the “ police / And my wife thinks you're dead.» C'est rigolo comme on Test rarement à Nashville Tor-thodoxe.«C’est vrai que l'humour m’a permis de faire oublier mon look P® redneck, mais je mise moins là-dessus maintenant: on peut facilement vous cantonner dans le rôle du comique de service.L’important, VOIR PAGE A 10: JUNIOR BROWN A 2 LE DEVOIR, LE VENDREDI 16 JUILLET 1999 LES ACTUALITES Une bactérie de chien trouvée sur un humain L’ehrlichiosis est semblable à la maladie de Lyme BRIGITT GREENBERG ASSOCIATED PRESS New York — Des chercheurs américains ont diagnostiqué pour la première fois chez l’homme une infection bactérienne due à une tique, l’ehrlichiosis, que l'on croyait jusqu’alors réservée aux chiens, selon une étude publiée jeudi dans le New England Journal of Medicine.Ces travaux ne prouvent toutefois pas que le meilleur ami de l’homme peut lui transmettre directement cette maladie parfois mortelle.Les chercheurs soulignent simplement que les tiques, ces acariens parasites qui se nourrissent de sang, infectent les hommes tout comme les chiens, et que, dans certains cas, elles passent de l’animal à son maître.Quatre cas dans le Missouri Quatre cas de cette infection ont été trouvés, tous dans le Missouri, entre 1996 et 1998, et quatre autres cas à la même époque dans le Tennessee et l’Oklahoma.L’ehrlichiosis, encore peu connue, est semblable à la maladie de Lyme, elle aussi transmise par les tiques et bien connue du grand public.Ces deux maladies se rencontrent notamment en Nouvelle-Angleterre et dans le Middle West.Deux formes d’ehrlichiosis ont déjà été diagnostiquées chez des humains depuis 1986, date de Ja découverte de la maladie aux Etats-Unis.Depuis, 1200 cas environ ont été répertoriés, selon les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC).Mais c’est la première fois qu’une forme que l’on croyait spécifique au chien est trouvée chez l’homme.La bactérie en cause est sans importance, tant chez les chiens que chez les humains, toutes étant sensibles aux antibiotiques.Du reste, les quatre personnes de l’étude ont été traitées avec succès à ce type de traitement Des symptômes en commun L’ehrlichiosis et la maladie de Lyme ont des symptômes en commun: mal de tête, nausées, frissons, fièvre, malaise général et fatigue.L’infection ne se manifeste pas par une éruption et peut être fatale si elle n’est pas traitée.Environ 5 % des cas sont en effet mortels.«Cette maladie est beaucoup plus aiguë et évolue plus rapidement que la maladie de Lytne.Elle est par ailleurs plus grave parce qu’elle peut être fatale», souligne le Dr Gregory Storch, praticien à l’hôpital pour enfants de Saint-Louis (Missouri) et coauteur de l’étude.En revanche, la maladie de Lyme n’est pas fatale: «elle peut devenir chronique et se manifester par des symtômes importants et gênants».Le Dr Christopher Paddock des CDC assure pour sa part que l’ehrlichiosis peut être prévenue.«Si vous circulez, campez, chassez ou pêchez dans une zone à risques, vérifiez que vous ne portez pas de tiques.Le cas échéant, retirez-les au plus vite.» Médecine Amputée d’une partie du cerveau La patiente pourrait retrouver une vie normale AGENCE FRANCE-PRESSE Washington — Une jeune Américaine qui avait subi mardi une ablation partielle du cerveau «se portait bien» hier matin et pourrait peut-être retrouver une vie à peu près normale, a indiqué un porte-parole du centre des enfants à l’hôpital Johns Hopkins de Baltimore (Maryland).«Les médecins sont optimistes», a-t-elle noté, en précisant tout de même que «la période de convalescence sera longue».Les chirurgiens avaient enlevé l’hémisphère gauche du cerveau d’Amber Ramirez, 15 ans, pour traiter le syndrome de Rasmussen, une maladie neuro-dégénérative, dont elle squffrait.Une telle opération, classique pour cette affection, doit normalement lui supprimer la capacité de parler, de lire et de se servir de ses membres du côté droit.Mais les médecins ont indiqué au cours d’une conférence de presse post-opératoire que ces fonctions pourraient éventuellement revenir au moins partiellement, l’hémisphère droit du cerveau pouvant remplacer le gauche pour certaines fonctions en cas de besoin.Chez une personne atteinte du syndrome de Rasmussen, maladie extrêmement rare, les cellules nerveuses du cerveau disparaissent petit à petit, provoquant notamment des convulsions dans les premiers stades de l’affection.Sa cause est inconnue et environ un millier de personnes dans le monde en sont atteintes.Amber Ramirez avait commencé à éprouver des convulsions douloureuses à l’àge de neuf ans et avait accepté de subir l’opération pour tenter de retrouver une vie à peu près normale.Le quotidien USA Today cite hier le père d’un ancien malade, Nicky Armstrong, dont le fils de 18 ans joue au basketball, et vient d’être accepté à l'université après avoir subi une ablation d’une partie du cerveau en 1992.B u ma mi k rs 7IIIIUET-7 Aôur.i'Mi HmuiT [NCMxenofâ w zr$ miô/ioéf Président de Radio-Canada Les rumeurs vont bon train Robert Rabinovitch, principal candidat COSTAS GORAS REUTERS Une grenade explose à côté d’un autobus après aue des agents des forces spéciales de la police grecque eurent donné l’assaut pour mettre un terme à une prise d’otage qui s’y déroulait depuis 30 heures près de la frontière albanaise.Le preneur d’otages est tombé mort sous une volée de balles de tireurs d’élite.Les cinq personnes qu’il avait gardées prisonnières s’en sont tirées indemnes.Grèce Le preneur d’otages est abattu et les passagers sont libérés Lhomme réclamait 780 000 $ US et le droit de se rendre en Albanie AGENCE FRANCE-PRESSE Salonique (Grèce) — Le preneur d’otages albanais, qui retenait plusieurs passagers d’un autobus, a été tué et tous ses otages ont été libérés, a affirmé hier à l’AFP le préfet de Fiorina (nord-ouest de la Grèce), Pavlos Altinis.La libération des cinq personnes qui restaient otages a été réalisée sur intervention de la police grecque, a ajouté M.Altinis sans donner d’autres précisions.Tous les otages «sont sains et saufs», selon les responsables contactés par l’AFP.Aucune précision sur l’intervention n’a encoré été donnée officiellement La libération des otages a eu lieu à Palaistra, une localité à 11 km de Fiorina, où l’autobus était immobilisé par la police depuis mercredi soir.Le preneur d’otages, qui souhaitait se rendre en Albanie, menaçait les passagers avec deux grenades, selon les autorités.Le premier ministre socialiste grec, Costas Simitis, s’est félicité dans des déclarations à la presse du succès de l’opération et a réaffirmé son intention de poursuivre «sa politique pour la sauvegarde et la protection des citoyens du phénomène de la criminalité provenant des réfugiés économiques».Une opération difficile menée à bien Les ministres grecs de l’Intérieur et de l’Ordre public Vasso Papandréou et Michalis Chrysohoïdis se sont aussi félicités «d'avoir mené très bien une très difficile opération».Visiblement soulagés et très fatigués, Mme Papandréou (sans lien de parenté avec son homologue des affaires étrangères Georges Papandréou) et M.Chrysohoïdis ont remercié «les forces d’élite de la police [EKAM], les deux psychologues qui ont été présetits tout au long de l’opération et tous ceux qui ont contribué au succès de l’opération».Aucune précision sur l’opération Les deux ministres n’ont fourni aucune précision sur la façon dont s’est déroulée l’opération, mais selon des sources policières, les autorités ont attendu que le preneur d’otages soit visiblement fatigué pour envoyer discrètement un policier de l’EKAM à l’intérieur du bus.Celui-ci a pris les deux grenades dégoupillées des mains de l’Albanais et les a lancées à l’extérieur où elles ont explosé dans un champ.Pendant ce temps un tireur d’élite, qui attendait à l’extérieur, a frappé par balle le preneur d’otages et l’a tué sur le coup.Les médias grecs donnent diverses versions similaires, affirmant que le preneur d’otages était tellement fatigué que ses yeux se fermaient lorsque le policier de l’EKAM a pénétré dans le bus.Aucune image sur l’opération n’a jusqu’ici été donnée à l’appui, les autorités ayant éloigné de façon très sévère les caméras.Selon l’un des deux otages libérés peu avant l’opération, le preneur d’otages était victime de la dureté d’un policier de Polycastro, près de Salonique, qui lui avait pris tous ses documents d’identité.L’identité exacte de l’Albanais, qui a été présenté sous le nom d’Alexander Nana et qui a réclamé jusqu’au bout 250 millions de drachmes (780 000 $ US) et le droit de se rendre en Albanie, n’a pas encore été communiquée.Gambard Vente et service technique ROLEX GENÈVE / ê en acier et or 18 carats 630-A RUE CATHCART, MONTRÉAL, CENTRE VILLE • TEL.: 866-3876 LE DEVOIR La machine à rumeurs a fonctionné à plein régime cette semaine au sujet de la succession du président sortant de 1^ Société RadioGanada, Perrin Beatty.À l’heure où la situation de Radio-Canada en inquiète plus d’un, divers noms ont été évoqués quant à la nomination que devrait faire sous peu le premier ministre Jean Chrétien.Mais le principal candidat pressenti demeure Robert Rabinovitch, ancien haut fonctionnaire sous le régime Mulroney.Monsieur Rabinovitch était rattaché au ministère des communications dont le ministre était Francis Fox à l’époque; il détenait en outre un poste clé au conseil privé avant d’être limogé en 1986.Monsieur Rabinovitch est actuellement à la tète de Claridge Investment Ltd, une filiale de l’empire Bronfman qui détient des parts importantes dans plusieurs entreprises culturelles, dont la chaîne de cinéma Cineplex Odeon et jusqu’à février dernier, de NetStar Communications.Le nom de Robert Rabinovitch avait également circulé au moment de renouveler la présidence du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes en 1996.Françoise Bertrand lui avait cependant été préférée par le premier ministre Jean Chrétien.Madame Bertrand, de même que Peter Herndorf, ex-président de TV Ontario, faisaient partie des candidats envisagés en début de semaine pour succéder à Perrin Beatty à la tête de la Société Radio-Canada.Tous deux ont par la suite fait savoir qu’ils ne brigueraient pas un tel poste.Les autres noms qui défrayaient la manchette à Ottawa étaient ceux de François Macerola, directeur général de Téléfilm Canada, du producteur de télévision André Picard et de Richard Stursburg, ex-président de l’Association canadienne de télévision par câble.La décision revient au premier ministre La décision ultime appartient toutefois au premier ministre qui devrait annoncer son choix soit le 27 juillet prochain, alors que se réunira le cabinet, soit à la mi-août.Jean Chrétien pourrait surprendre encore, comme il l’avait fait en nommant un ancien ministre conservateur, Perrin Beatty, à la tête de la société d’Etat en 1995.Perrin Beatty a quitté son poste plus tôt que prévu, mercredi, pour prendre la tête de l'Alliance des manufacturiers et des exportateurs du Canada.Son mandat ne devait prendre fin qu’au 30 septembre; c’est le vice-président exécutif Jim McCou-.brey qui assure l’intérim entre-temps.EN BREF La situation est sous contrôle dans les urgences (Le Devoir) — Malgré la grève des infirmières et la réduction saisonnière des services, la situation dans les urgences demeure sous contrôle dans les hôpitaux de Montréal et de Québec.Dans la région montréalaise, la plupart des .établissements rapportaient un niveau d'achalandage habituel, tout en notant, à certains endroits, la présence d’un nombre relativement élevé de cas plus lourds attendant depuis plus de 48 heures qu’un lit se libère aux étages supérieurs.C’était par exemple le cas à l’Hôpital général du Centre de santé de l’université McGill.A Québec, on se réjouissait de voir d’importants établissements, comme les hôpitaux l’Enfant-Jésus, Saint-Sacrement et Laval, afficher un niveau d’achalandage inférieur aux maximums permis.Québec obtient les Jeux mondiaux des policiers-pompiers de 2005 Québec (PC) — À défaut d’avoir pu obtenir les Jeux olympiques d’hiver de 2002, la ville de Québec a été choisie hier pour accueillir les Jeux mondiaux des policiers-pompiers de 2005.Ces jeux, qui se déroulent tous les deux ans, ont Ûeu cette année à Stockholm, en Suède.Ils regroupent environ 10 000 athlètes de 70 pays, dans une soixantaine de disciplines.Québec était en compétition avec Adélaïde, en Australie, pour l’organisation des jeux de 2005.Les retombées sont évaluées à près de 50 millions pour la région de Québec.Moins d’Américains sont venus au pays au mois de mai Ottawa (PC) — Davantage de Canadiens ont effectué un voyage d’une nuit ou plus au sud de la frontière, en mai, alors que moins d’Américains frisaient le trajet inverse, a frit savoir à Ottawa, hier, Statistique Canada.Selon l’agence fédérale, les Canadiens ont effectué le mois dernier 1,1 million de voyages d’une nuit ou plus aux Etats-Unis, en hausse de 1,3 % par rapport à avril.Pour leur part, le nombre des voyages du même type effectués par les Américains au Canada s’est établi à 1,3 million, en baisse de 2,2 %.Néanmoins, le nombre des voyages d’une nuit ou plus effectués par les Américains au pays a été supérieur à celui enregistré lors de la même période de l’an dernier.t.Des milliers d’ouvriers du nucléaire ont souffert de maladies graves Washington (AP) — Le gouvernement américain a reconnu pour la première fois hier que des centaines d’ouvriers américains avaient contracté des maladies graves après avoir été exposés dans leur travail à des substances radioc-tives et a annoncé un plan de compensations couvrant les soins médicaux et les salaires perdus de la plupart d’entre eux.Ce plan, qui doit encore être approuvé par le Congrès, mettrait un terme à des années de conflit entre l’Etat et des ouvriers qui se plaignaient d’avoir souffert de maladies pulmonaires ou de cancers après avoir été employés par des entrepreneurs privés dans des installations nucléaires fédérales durant la Guerre froide.Tous les téléphones irlandais mis sur écoute par Londres Londres (AFP) — Le gouvernement britannique a mis sur écoute toutes les communications téléphoniques entre l’Irlande et la Grande-Bretagne pendant dix ans, a révélé un reportage télévisé diffusé hier soir.Selon Channel 4 News, une tour située à Capenhurst (nord-est de l'Angleterre) était utilisée pour intercepter tous les appels téléphoniques entre l’Irlande et la Grande-Bretagne depuis 1989 jusqu’au début de cette année, lorsqu’elle a été fermée.Leur contenu était ensuite passé sous scanner pour repérer des mots clés et des thèmes sélectionnés.Le reportage précise que bien que la première préoccupation de ce programme était la lutte contre le terrorisme, il servait également à réunir des données d’un intérêt économique ou commercial.Les collections d'hiver arrivent, le solde printemps-été achève.jusqu à 70% Maternité 1007, avenue Laurier Ouest Montréal (Québec) H2V 2L1 Tél.: 274-2442 LE DEVOIR.LE VENDREDI I (i J V I L L E T I !> !» !» A 3 -?LE DEVOIR ?-—- ACTUALITES Côte-des-Neiges Chambre de commerce Les organismes souffrent des compressions CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Les organismes communautaires du quartier Côte-des-Neiges, qui se consacrent à l'intégration des nouveaux arrivants, se plaignent de compressions draconiennes dans le budget de fonctionnement qui leur est accordé par le ministère de l’Immigration et des Relations avec les citoyens.Hier, en conférence de presse, ces organismes ont dénoncé le fait que le ministère leur a imposé des compressions budgétaires de 20 à 100 %, alors que les besoins en matière d’intégration des immigrants du quartier sont criants.De plus, ces compressions leur ont été imposées sans explication aucune, par la voie de lettres qui leur ont été envoyées à la fin du mois de juin.«Brutal et injustifié, le geste l'est autant dans la forme que dans le fond», écrit le Conseil communautaire de Côte-des-Neiges dans un communiqué.Ce dernier se plaint que «les coupures ont été effectuées sans aucun préavis, ni aucune explication, signifiées par une lettre laconique envoyée au lendemain de la Saint-Jean, alors que commençait la période de congés».Or, «dans un quartier d’immigration comme Côte-des-Neiges, les besoins à ce chapitre sont bien évidemment criants».Des organismes qui bénéficiaient de subventions stables depuis 15 ou 20 ans, tels le Centre communautaire de loisirs de Côte-des-Neiges ou le projet Genèse d’accueil et d’intégration des immigrants, ont vu leur budget fondre du tiers ou de plus de la moitié.Le budget de la table de concertation du qiuirtier est annulé, et celui des groupes SIAR1, le Centre Multi-écoute, le Centre des «femmes du monde» de Côte-des-Neiges, de la Ligue des Noirs du Québec, et de la Black Community association, est amputé ou menacé de disparition.Selon Jawad Skalli, du centre communautaire de loisir de Côte-des-Neiges, les critères de subventions du ministère se sont tellement élargis qu’ils laissent désormais beaucoup de marge de manœuvre aux fonctionnaires, et de place à l’arbitraire.Or, Jean-Claude Delorme, directeur de la coordination et du soutien aux relations civiques, affirme que le budget accordé à sa direction est demeuré le même, soit de 2,1 millions, depuis l’air née dernière.Le ministère a cependant reçu 280 demandes de subventions cette année, contre 229 l’année dernière.La subvention moyenne par organisme est passée pour sa part de 9100 $ à 11400 $ cette année.Les organismes communautaires de Côte-des-Neiges demandent un rencontre avec le ministre Perrault à ce sujet, ainsi qu’une révision collective de toutes les réponses aux demandes de subventions.Chrétien est invité à réduire les impôts Le premier ministre réplique qu’il s’en tiendra à son programme La Chambre de commerce du Canada lui enjoint de réduire les impôts de neuf milliards de dollars d’ici deux ans, mais Jean Chrétien fait la sourde oreille et s’en tient à son plan de match initial.HÉLÈNE BUZZETTI LE DEVOIR Le premier ministre Jean Chrétien n’entend pas dévier du programme de son parti quant à l’utilisation des surplus budgétaires du pays: la moitié servira à la réduction de la dette ou la réduction d’impôts, et l’autre moitié sera investie dans «des programmes qui sont utiles».Et ce, même si c'était au tour de la Chambre de commerce du Canada, hier, de demander des baisses d’impôts, cette fois de l’ordre de neuf milliards de dollars d’ici deux ans.De passage hier après-midi aux bureaux montréalais de la société française Ubi Soft — qui célèbre ce mois-ci son deuxième anniversaire d’ouverture au pays —, Jean Chrétien s’est encore fait avare de commentaires sur sa préférence entre la diminution des impôts et le remboursement de la dette ou sur la nature des «programmes utiles» qui pourraient être financés.«Nous avons déjà commencé à réduire les impôts pour les gens à plus faibles revenus.Nous avons enlevé la surtaxe de 3 %.[Au total], il y aura une réduction d’impôts au cours de cette année et des deux années à venir de 15 milliards de dollars.Notre programme est que la moitié du surplus que nous avons doit aller ou bien à la réduction des impôts ou à la réduction de la dette, et l’autre moitié à des programmes qui sont utiles.» «Nous regardons les surplus que nous avons et nous savons exactement ce que nous ferons.» «Nous sommes [seulement] dans le troisième mois de l’année [financière].Il y aura un autre budget en février, et vous devrez être patients.Il y aura des discours, des indications.L’année passée, à pareille date, j’ai commencé à parler de santé, et vous avez vu [les résultats] en février [dernier]." «Je ne vous donnerai pas de pistes pour le moment», a-t-il toutefois ajouté.Plus tôt en journée, la Chambre de commerce du Canada, qui représente 170 000 membres, prétendait que le gouvernement fédéral peut se permettre des réductions d’impôts de neuf milliards sans affecter le niveau de dépenses.«Le gouvernement a déjà fiait des réductions d’impôts, a admis la présidente Nancy Hughes Anthony au cours d'une conférence de presse.Nous lui demandons d’en faire plus.» Selon elle, les contribuables surimposés étouffent et la compétitivité des entreprises en souffre.L’organisme propose un plan budgétaire détaillé pour les deux prochaines années et une feuille de route budgétaire pour les trois années subséquentes.En supposant un surplus budgétaire de sept milliards pour l’exercice 2000-01 et les prévisions actuelles de dépenses de 113 milliards, le gouvernement devrait réduire les cotisations à l’assurance-emploi de 0,15 $ par tranche de 100 $ pour les employés (1,05 milliard) et réduire les impôts personnels de 2,95 milliards pour un total de quatre milliards.Le fonds d’urgence de trois milliards devrait servir à éponger la dette, propose Mme Hughes Anthony.Au Québec, les économies d’impôt fédéral pour le célibataire gagnant 40 000 $ sans personne à charge se traduiraient par une baisse de 231 $.Un couple avec deux enfants touchant un revenu de 65 000 $ paierait 211 $ de moins en impôt fédéral.Un deuxième scénario prévoit un excédent budgétaire d’environ neuf milliards: trois milliards iraient à la dette: 4,75 milliards à la réduction d’impôts, et les cotisations à l’assuran-ce-emploi des employés diminueraient de 0,15 $.Selon cette deuxième possibilité, l’employé gagnant 39 000 $ par année aurait un maximum de 58 $ de plus dans ses poches.Il serait même possible, croit l’organisme, de relever les plafonds de cotisation des régimes d’épargne-retraite de 1000$.Pour l’année 2001-02, la Chambre de commerce estime que le gouvernement pourrait se retrouver avec 12 milliards de dollars dans ses coffres.En retournant quatre milliards aux Canadiens sous forme de réductions d’impôts l’année précédente, cela dégagerait huit milliards pour financer de nouvelles baisses et réduire la dette.Les cotisations à l’assurance-em-ploi baisseraient de 0,15 $ (1,05 milliard) et les réductions de l’impôt personnel totaliseraient 3,75 milliards.La famille de quatre personnes touchant un salaire de 65 000 $ paierait 637 $ de moins en impôt au fédéral.Pourquoi neuf milliards ?En guise de réponse, le premier ministre s’est contenté de lancer: «Vous savez, quand on regarde cela, pourquoi ont-ils dit neuf [milliards]?Ils auraient pu dire dix ou huit.» M.Chrétien a reconnu que le retour en force de l’économie «des tigres» asiatiques était de bon augure pour l’économie canadienne et que celle-ci connaissait jusqu’à présent une meilleure performance économique que prévu, «mais il peut y avoir des retards au cours de l’année».Avec Presse Canadienne JACQUES NADEAU l.K DEVOIR Pas facile de garder sur la piste une Formule 1.Plus prudent que Michael Schumacher, le premier ministre Jean Chrétien a eu la sagesse, hier, au siège de la compagnie Ubi Soft à Montréal, de ne se prêter à ce jeu dangereux que de façon virtuelle, sous le regard amusé de Sylvain Vaugeois (à gauche), investisseur et 1 un des initiateurs de la venue au Québec du géant français du jeu informatique.EN BREF Il n’y a pas de feu en enfer Cité du Vatican (AFP) — Il n'y a pas de feu en Enfer, selon Civiltà cattolica, la revue des jésuites italiens, qui en confirme cependant bien l’existence, non comme un «lieu» mais comme un «état de privation de Dieu».Un éditorial de la revue, datée du 15 juillet, soigneusement examiné par les plus hautes autorités doctrinales du Vatican, aborde la question de l’enfer, excluant son existence en tant que «colossale injustice divine».Selon les jésuites, «l’existence de l’enfer est une vérité de la foi».Il ne s’agit pas «d’un lieu mais d’un état, une façon d’être de la personne qui souffre de la peine de la privation de Dieu».«Il ne faut donc pas croire, en dépit des images populaires, que Dieu, par l’intermédiaire des démons, inflige aux damnés des tourments épouvantables, tels que celui du feu».Autre certitude: «l’enfer est étemel, non par volonté de Dieu, mais à cause des hommes qui se condamnent eux-mêmes en rejetant Dieu», Quant à ceux qui vont en enfer, l’Église n’en sait rien, y compris au sujet de Judas, affirme Civiltà cattolica, qui reconnaît que dans le passé l’Église a trop insisté sur la crainte de l’enfer «pour détourner les hommes de la perdition étemelle».«Peut-on encore être croyant?» CROIRE IIAR rH*a «n»" «««•« _ .- - - .- .,—'-triste) : Diane Préoourt (pages éditoriales, responsable des pages thématiques): Martin Duclos et Christine Dumazet (relecteurs): Jacques politiques culturelles).Brian Myles (cinéma), Jean-Pierre I-egault.Clément Trudel (musique) : à l’information éeono-directeurde l'information).Guy Taillefer (éditorialiste).Claude Lévesque ; à l’information politique : Pierre O'Neill, Manon r (corresbondantc Parlementaire à Ottaiva).Mario Cloutier et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires d Quebec): Mane-HCiene /varie tsecretaire a la reaaawni : juue i railway.Marie-Claude Petit (commis).La documentation : Gilles Paré (directeur) ; Brigitte Arsenault, Manon Dcrome, Serge Laplante (Québec) Rachel Rochefort (Ottawa) LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Martine Dubé (directrice), Daniel Barbeau (directeur adjoint), Jacqueline Avril, Jean de Billy.Gyslaine Côté.Marlene Côté, Christiane I-egault.Jacques A.Nadeau.Claire Paquet.Chantal Rainville.Micheline Ruellan .Sébastien Saint-!lilaire (Publicitaires)- Manon Blanchette-Turcotte.Geneviève Landry, Sylvie Laporte, Micheline Turgeon : Martine Bérubé (secrétaire).LA PRODUCTION Marie-France Turgeon (responsable de la production).Claudine Bedard.Philippe Borne.Johanne Brunet Danielle Cantara.Richard ^s Cormiers, Christian Goulet, Marie-Josée Ifudon, Christian Vieil.Yanick Martel, Olivier Zuida.PROMOTION ET TIRAGE Martine Aubin (directrice), Johanne Brien (responsable à la clientèle).Hélène Gervais.Evelyne I-abonte (responsable a la promotion des abonnements).Monique L Heureux, Use Lachapelle, Raclielle Leple'rc.L'ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables).Jeanne-d'Arc lioude (secrétaire à la direction) ; Céline Furoy, Patrick Inkel (contrôleur), Danielle Ross.IA FONDATION DU DEVOIR Marcel Couture (président), Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général)., Ghislaine I-afleur, Claudette Béliveau (secrétaire administrative), Nathalie Perrier, Danielle Ponton, A 10 LE DEVOIR, LE VENDREDI I (i JUILLET 1999 -?LE DEVOIR ?-—- ACTUALITES Il neige en Alberta ! PRESSE CANADIENNE Edmonton — Que font les enfants de Peimy Silbema-gel pendant les vacances d’été?«fis ont fait un bonhomme de neige dans la cour», a-t-elle dit, hier, de sa ferme laitière située dans le centre de l’Alberta.Cette région a en effet reçu huit centimètres de pluie et de neige, mercredi soir, et tous les champs étaient blancs comme en hiver hier matin.«Tous les arbres ployaient sous la neige quand mon mari s’est levé à 5 h ce matin, a poursuivi Mme Silbernagel.Nous avons beaucoup de neige.» La ville de Nordegg, en Alberta, sur les contreforts ouest des Rocheuses, en a beaucoup elle aussi.«Le présentateur météo a dit Bonjour et Joyeux Noël!», a lancé avec dépit Ron Leaf, de Clearwater.Certains employés municipaux ont d’ailleurs dû ressortir les balais à neige pour enlever les deux centimètres de neige qui recouvraient leur automobile, hier matin.Les chutes de neige en été n’ont rien de neuf dans la région des contreforts des Rocheuses, mais la neige de mercredi soir est la première jamais enregistrée à Elnora, où vivent les Silbernagels.La même dépression a également apporté de la neige à Red Deer, en Alberta.Mais ce n’était que la troisième fois que ça se produisait depuis 1944.¦ Il faut ire que, jusqu’à présent, l’été a été plutôt moche en Alberta.Il a plu beaucoup, il a fait froid et le ciel a été couvert une bonne partie du temps.Edmonton a enregistré 73 mm de pluie au cours des deux premières semaines de juillet, alors que la moyenne est de 94 mm pour tout le mois.Juin et juillet ont également apporté des températures de un degré Celsius en dessous de la moyenne.Le soleil a été présent 30 heures de moins que la moyenne en juin et, jusqu’à présent, la situation n’est guère meilleure en juillet, avec un ensoleillement 20 pour cent sous la moyenne.Pire encore, les météorologues ne prévoient pas d’amélioration avant novembre.«Nous prévoyons que la température continuera à osciller entre le chaud et le froid au moins jusqu’en octobre, affirme Ken Nelles, météorologue à Environnement Canada.Nous aurons deux ou trois jours de beau temps, puis ça se refroidira à nouveau.» Quant à Mme Silbernagel, elle prend la situation avec philosophie: «Je suis née et j’ai grandi dans ce pays, alors je ne devrais pas être surprise, a-t-elle dit Mais je trouve quand même ça fort.» Les ouvriers du nucléaire souffrent de graves maladies ASSOCIATED PRESS Washington — Le gouvernement américain a reconnu pour la première fois, hier, que des centaines d’ouvriers américains avaient contracté des maladies graves après avoir été exposés dans leur travail à des substances radioctives et a annoncé un plan de compensations couvrant les soins médicaux et les salaires perdus de la plupart d’entre eux.Ce plan, qui doit encore être approuvé par le Cqngrès mettrait un terme à des années de conflit entre l’État et des ouvriers qui se plaignaient d’avoir souffert de maladies pulmonaires ou de cancers après avoir été employés par des entrepreneurs privés dans des installations nucléaires fédérales durant la Guerre froide.«Le gouvernement américain reconnaît que nous a,vons fait une erreur», a déclaré le secrétaire américain à l’Énergie Bill Richardson.«Nous devons réparer ce tort».S.V.P.Assurez-vous de recycler ce papier journal.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue de Bleury, 9' étage, Montréal (Québec), H3A3M9 El Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courrier électronique L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction@ledevoir.com (514) 985-3346 (514) 985-3390 La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514)985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514)985-3355 f du lundi au vendredi de 8h à 16h30 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) U Devoir est publié du lundi au samedi par 1* Devoir Inc.dont le siè«e social est situé au 2050, rue de Bleury, 9" étaRe, Montréal.(Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor USalle, 7743, rue de Bourdeau, division de Imprimeries Québécor Inc., 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées danB Le Devoir.U Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest, Uval.Envoi de publication — Enregistrement n* 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.Le Canada veut réduire sa présence militaire en Bosnie PRESSE CANADIENNE Ottawa — La réduction projetée par l’OTAN de près de la moitié de sa force de maintien de la paix en Bosnie ne se traduira vraisemblablement pas par une diminution équivalente de la présence militaire canadienne dans les Balkans.En fait, aucune réduction du contingent canadien dans la région ne devrait survenir avant le début de l’année prochaine.Plus tôt cette semaine, le comité militaire du Conseil de l’Atlantique Nord a décidé de réduire de 31 000 à 16 500 soldats la force de stabilisation (SFOR) dépêchée en Bosnie.Cette mesure doit auparavant recevoir l’assentiment de l’OTAN.Même si la SFOR est réduite de moitié, l’importance de la présence canadienne n’en sera pas affectée, a indiqué hier le colonel Walter Natynczyk, chef d’état-major aux opérations.Le colonel Natynczyk, qui était à la tête du contingent canadien dépêché en Bosnie entre juin 1998 et février dernier, a indiqué avoir alors passé la majeure partie de son temps à tenter de trouver des façons de réduire l’engagement des troupes.Déployés dans le nord-ouest de la Bosnie, quelque 6000 sol- dats canadiens et britanniques occupent environ 45 % du pays.Les Américains et les Français, qui disposent d’effectifs plus importants, pourraient supporter avec plus de facilité une réduction de leur présence.Ils disposent également d’états-majors plus imposants; des coupes pourraient donc être effectuées sans qu’elles n’affectent les troupes patrouillant et assurant la sécurité.Néanmoins, il n’est pas exclu que la présence canadienne soit réduite, selon les besoins, a indiqué le colonel Natynczyk.D est également possible que le contingent canadien fasse appel à davantage de civils.Lors de son séjour en Bosnie, le colonel Natynczyk comptait sur plus de 200 ressortissants bosniaques affectés à diverses tâches, notamment l’entretien des génératrices, la cuisine et le nettoyage.Le mois dernier, le général Maurice Baril, chef d’état-major des Forces armées canadiennes, avait évoqué la possibilité d’une réduction de la présence de l’OTAN afin de soulager les militaires.Les Forces canadiennes comptent actuellement près de 3500 membres affectés à diverses missions à travers le monde, incluant 1300 en Bosnie et autant au Kosovo.C'est assez JACQUES NADEAU LE DEVOIR Comme plusieurs milliers d’infirmières, Francine Laplante a dû patienter, hier, avant de prendre connaissance du résultat des négociations entre la FIIQ et le gouvernement.HYPOTHESES Une assemblée sans cesse reportée SUITE DE LA PAGE 1 définitive, aux délégués.«Ils pourraient décider de tout accepter, ou de tout rejeter, ou encore de proposer une autre trêve, le temps d’explorer davantage certains points, indiquait Louise Rochefort.Tout est ouvert.» Depuis le début du blitz, les deux parties se sont montrées, d’un commun accord, remarquablement avares d’indications, pour ne pas risquer de nuire au déroulement des négociations.Hier, les 600 délégués de la FIIQ ont eux-mêmes eu à patienter avant d’avoir un aperçu de ce qui avait été atteint.D’abord convoqués à lOh au Centre des congrès de Laval, ils ont appris le report de leur assemblée à plusieurs reprises: celle-ci a été repoussée à 15h, puis à 16h30, et à 18h30, «pourfinalement débuter à 20h».Les quatre négociateurs qui avaient siégé toute la nuit devaient au préalable rencontrer les 11 membres du comité de négociations élargi de la FIIQ.Ce comité, qui devait ensuite rencontrer l’exécutif de la FIIQ tôt en après-midi, a étiré sa session jusqu’en fin de journée, ce qui peut laisser supposer des discussions ardues.On a quand même indiqué, du côté gouvernemental, que des propositions avaient été faites à la FIIQ sur l’ensemble des points encore en suspens, y compris sur les clauses salariales, principal point d’achoppement depuis le début des négociations.Les infirmières demandaient un rattrapage salarial de 10 %, en plus d’une augmentation de 6 % sur deux ans, à laquelle s’ajouterait une troisième année ouverte dans la convention collective.Le gouvernement avait toujours refusé d’accorder autre chose qu’une augmentation de 5 % sur trois ans, ce qui correspond aux offres faites aux quelque 400 000 employés du secteur public et parapublic.Les membres de la FIIQ, qui compte 47 500 infirmières, ont déclenché le 26 juin dernier une grève illimitée et illégale pour protester contre la lenteur des négociations, entamées avec le gouvernement Vendredi dernier, les délégués de la FIIQ avaient convenu de conclure une trêve de 48 heures, pour permettre la reprises des négociations avec le gouvernement Les infirmières, après être retournées au travail mardi matin à 8h, sont retournées hier matin, tel que prévu, sur les piquets de grève.3.Î-* REUTERS «L’Amérique vous accompagnera», a promis le président Bill Clinton au premier ministre israélien Ehoud Barak de passage à Washington.PAIX SUITE DE LA PAGE 1 accords israélo-palestiniens conclus par ses prédécesseurs, y compris l’accord conclu en octobre 1998 à Wye Plantation, dans le Maryland.M.Barak, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse conjointe avec le président Bill Clinton à la Maison-Blanche, a souligné qu’il en avait donné l’assurance aux dirigeants arabes et palestiniens qu’il avait rencontrés avant de s’envoler mercredi pour les États-Unis.«Nous respecterons les accords internationaux, y compris l’accord de Wye», a-t-il dit, en soulignant toutefois qu’il faudrait combiner son application avec les négociations de statut final.«Les premières mesures [de mise en œuvre] ne pourront venir qu’après des discussions franches, ouvertes et directes» avec le dirigeant palestinien Yasser Arafat, a ajouté M.Ba-r,ak.Pour sa part, le président Clinton a assuré que les États-Unis «feraient tout ce qu’ils pourraient» pour aider à faire avancer le processus de paix.M.Clinton s’étqit dit auparavant «impatient» de rencontrer le travailliste Éhoud Barak.Le nouveau premier ministre israélien s’est également dit prêt à rencontrer, «le moment venu», le président syrien Hafez al-Assad, tout en soulignant qu’il fallait être «deux pour danser le tango».«Lorsque le moment sera venu, j’espère qu’on pourra se rencontrer.Il faut être deux pour danser le tango.Je suis prêt, la piste est prête [.] et nous devons trouver l’occasion et commencer», a déclaré M.Barak.M.Barak, qui a réaffirmé son intention de relancer les pourparlers de paix avec les Palestiniens, la Syrie et le Liban, quasiment gelés par son prédécesseur de droite Benjamin Nétanyahou, effectue une visite de cinq jours aux États-Unis, ponctuée d’une série d’entretiens cruciaux.Selon la Maison-Blanche, «le président [Clinton] a souhaité profiter de cette journée [d’entretiens] pour écouter le nouveau premier ministre, entendre ses idées, échanger des points de vue et vraiment prendre le temps d’approfondir leur relation personnelle».Éhoud Barak devait ensuite rencontrer le vice-président Al Gore et se rendre dans la soirée en compagnie de M.Clinton à la résidence présidentielle de Camp David, dans le Maryland.Les États-Unis ne s’opposeraient pas à une médiation du président finlandais Martti Ahtisaari dans le processus de paix au Prpche-Orient, a par ailleurs indiqué hier le département d’État.Le porte-parole du département d’État, James Rubin, a déclaré qu’une médiation de M.Ahtisaari, suggérée par le dirigeant palestinien Yasser Arafat hier lors d’une visite à Helsinki, était une bonne idée.«Nous accueillons l’aide de tous ceux qui sont également attachés à permettre une avancée» du processus de paix, a-t-il déclaré.Une médiation extérieure ne pourrait cependant se faire sans le rôle central des États-Unis dans le processus, a souligné M.Rubin.Selon l’agence finlandaise STT/FNB, Yasser Arafat a déclaré que M.Ahtisaari, dont le pays occupe la présidence tournante de l’Union européenne, pourrait apporter son aide pour sortir de l’impasse dans laquelle il se trouve le processus de paix., j Enfin, au sujet du rôle des États-Unis dans le processus ; de pane, M.Barak a estimé que Washington devait retrouver un rôle d’«auxiliaire» plutôt que de négociateur direct entre les parties.Avant d’entamer sa visite, ,M.Barak avait estimé dans la presse américaine que les États-Unis étaient «trop impliqués» dans la région et avait préconisé que Washington cesse d’agir à la fois comme «arbitre, policier et juge».JUNIOR BROWN Rien d'un redneck SUITE DE LA PAGE 1 c'est que les gens entendent la musique.» Et musique il y a.Musique de fondation country &,western, certes, mais extrêmement large d’esprit.À 43 ans, Junior Brown, qui fut musicien de session et accompagnateur de choix pendant une bonne décennie, est capable d’à peu près n’importe quoi de ses dix mille doigts: ses albums abondent autant dans le Texas swing (Venom Wea-rin’Denim) que le pur rock’n’roll (I Hung It Up), le blue-grass (Sugarfoot Rag), le truck-driving rig rock (Highway Patrol), le blues (un fumant Stupid Blues de neuf minutes dont vous me direz des nouvelles), la musique hawaiienne (Lovely Hula Hands), voire le surf californien (l’époustouflant Surf Medley) et sa variante hot rod (une chouette reprise du 409 des Beach Boys avec les garçons plagistes eux-mêmes).On entend d’ici les râlements des notables de Nashville.Junior relativise: «Ils ne savent pas quoi faire avec mes disques, qui ne correspondent à aucun format country radiophonique actuel, mais ils aiment ce que je fais.J’ai des tas de fans dans l’industrie, et je suis dans toutes leurs collections de disques.Mais il faudrait qu’ils inventent une autre sorte de radio pour me faire jouer.» Junior aime jouer, voilà tout.Il a ainsi escrimé manche à manche avec l’une des vedettes du dernier Festival de jazz, l’excellent Jimmy Vaughan, frère de Stevie Ray: «On se connaissait.Je lui avais donné des cours de lap steel il y a bien longtemps.» Notre redneck-qui-n’en-est-pas-un a même un fort penchant hendrixien: citation du classique The Wind Cries Mary, jam avec le batteur du Band Of Gypsys Buddy Miles, session d’enregistrement avec Mitch Mitchell, batteur du Jimi Hendrix Experience, il n’en rate pas une.«Je travaille présentement avec Eddie Kramer, ajoute l’intéressé.C’est l’ingénieur de son des albums de Hendrix: ce que j’ai toujours aimé de Jimi, c’est sa liberté d'action.» La Guit-steel À la fois expert manieur de lap steel et de guitare Fender électrique, Junior Brown a longtemps été, justement, brimé dans sa propre liberté d’expression.«Je passais d’un instrument à l’autre selon les engagements.Quand je revenais à la guitare électrique après un job de lap steel, j’étais rouillé.Je vivais dans deux mondes différents.Maintenant, ces deux mondes font partie du même univers.» À savoir l’univers de la Guit-steel.Instrument unique, conçu par Brown avec le luthier Michael Stevens au début des années 80, il s’agit d’une hydre à deux manches, guitare électrique en haut, lap steel en bas.Une étrange bête qui permet au musicien de passer d’un manche à l’autre d’un simple déclic d’interrupteur.La définition du bonheur selon Junior.Si le maniement de l'animal est un spectacle en soi, l’impact de Junior Brown sur scène est plus total.Il y a le chapeau, le nez, mais aussi son.groupe d’accompagnement, glorieusement minimal, composé de rien d’autre qu’une contrebasse, une caisse claire et une guitare acoustique.De quoi tenir sur un flatbed truck, comme au bon temps du Grand Ole Opry.C’est l’épouse de Junior, Tanya Rae Brown, qui gratte énergiquement la sèche, véritable rock’n’roll mama: «Sa rythmique remplace presque la batterie, comme dans les anciens groupes de country & western; la basse et les guitares faisaient tout.» Elle lance ces jours-ci son propre mini-album intitulé Meet The Mrs.Samedi à 21h30, au Pigeonnier (parc de la Francophonie), on verra pour la première fois chez nous l’immense Stetson, la betterave, la Guit-steel et le poignet leste de Tanya Rae.On reverra aussi le maître ès slide Bob Brozman, qui, en plus d’assurer la première partie (dès 20h), profitera de l’occasion pour mêler les cordes avec Junior.Profitons-en aussi: jusqu’ici, Ottawa avait été la plus proche destination de Junior Brown.Un vif succès pour servir d’exemple.Des fois que le Festival d’été inviterait tout le Texas l’an prochain.
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