Le devoir, 14 janvier 2006, Cahier E
I> 1 .\l ANCHE 1 5 ,1 A N V I E K 2 0 0 ti LE DEVOIR.LES SAMEDI 1 1 ET THEATRE Un Molière «intégral» Page E 3 r h 10 DK HIRURI S I I PAIX Rcxittil liltcruin' i l i/uriv taWr OMu/c (IvnoMs 24 h-%TH*r 20 h 1 RH HIM IXPR1SS musique Utopie, une chorégraphie de Michèle Anne De Mey.HERMAN SORGELOOS / - Æ -s ^ 18 AU 21 + 26 AU 28 JANVIER 20 H SYSTÈME D DOMINIQUE PORTE EXIT MCIIIMU DU \OIK U\l \ I RS IRU.MIXIS 28 IRRATIQUIS \\\l\ IRSAIRtS S( ulpUin» IrtMtMft »r*rd ér I rçttvr hntulkiliot) ptuOi’s VlIH Vmivc Exposttwns riwtt au sainsATSh A I8tv d*r>slOh A tt h30.‘13hè tfih Mm oest/fiiïVmVi DANSE saison 2005.6 présente Opleman Lemieux & Compagnie Fiftetn Heterosexual Duets Soudain, l'hiver dernier “it is es it mas' i 19, 20,21 jan.2006 - 20 h supplémentaire 18 jan.mw\ gosu net Lien de diffusion et de création pleridisciplinaire 1200.ru* d* Bt*ury.Montri'a! | Ptace-ctes-Arts T El SARA HANLEY BERNARD MARTIN DOMINIQUE PORTE MUSICIENS PHILIP HORNSEY.PAMELA RE MER COLLABORATEURS jean JAUVIN JONATHAN NKSc^ER VÉRONIQUE LACROiX.VANDAL COMPOS "EURS .AMES HARll> NICOLAS GILBERT.M'CHAEL OESTERLE HOWARD BACHAW _ f*' **2** K S’î'Ç*** S®3*****» «orr Df 14S0AA Dt JL DANSE r » Gwravoiuft de vCmmouc cacw» .ammoue .I.M.Hn AGORA DE LA DANSE 111*111 8*0 RUE CHERRIES MÉTRO SHERBROOKE WWW AGORADANSE COM 5U 525 1500 > K LE DEVOIR.LES SAMEDI 14 ET RIMANT H E 1 5 J A N VIER 2 0 0 « Cu11 lire MUSIQUE CLASSIQUE Cinq compositeurs à découvrir Le grand acquis du disque compact en matière de musique classique a été de révéler aux mélomanes quantité de compositeurs dont les noms étaient surtout confinés aux encyclopédies.CHRISTOPHE HUSS Le XX' siècle est un pourvoyeur important de musiques à découvrir.Le Concerto pour violon du Portugais Freitas Branco ressuscité par XXI Productions en a été un exemple très éloquent en 2005.Pour prolonger ces émotions, voici, picorées parmi quelques parutions récentes, cinq idées de découvertes intéressantes.Georges Auric: Phèdre, Le Peintre et son modèle.Timpani 1C 1090 (distr.Pelléas) Le nom de Georges Auric (1899-1983) est connu à divers titres.D’abord en tant que membre du fameux Groupe des six (Honegger, Milhaud, Poulenc, Auric, Durey, Tailleferre).Ensuite conune compositeur de musique de films, dont plusieurs de Cocteau et Moulin Rouge, de John Huston en 1952.Dès le début de sa carrière, Auric composa de nombreux ballets pour Diaghilev et ses Ballets russes, dont Les Fâcheux d'apres Molière (1924).Le Peintre et son modèle ainsi que Phèdre, partitions ultérieures, créées en 1949 et 1950, sont des ballets tragiques.Le «gros morceau» du programme est Phèdre, tragédie chorégraphique en un acte sur un argument de Jean Cocteau, sublime partition de 41 minutes, enregistrée ici pour la première fois dans son intégralité (Georges Tzipine en avait gravé la suite en 1953 pour Pathé).Dans son œuvre de réhabilitation du répertoire français.Timpani a confié le projet à Arturo Tamayo et à l'Orchestre philharmonique de Luxembourg, des valeurs sûres.On est ébahi par l’écoute d’une partition éloquente et brûlante qui se range dignement dans la lignée de Daphnis et Chloé (Ravel, 1912) et Bacchus et Ariane (Roussel, 1931).Karl Weigh Symphonie n ’ 6.Old Vienna.Bis CD-I 167 (distr.SRI) Quelle est la destinée de la grande musique symphonique germanique après Mahler et Strauss?Cette question trouve des réponses dans le précieux ouvrage d’Amaury du Closel, Les Voix étouffées du Ht Reich (Actes Sud).Depuis quelques années, cette musique dite «dégénérée» refait surface.De Karl Weigl (1881-1949), l'étiquette Bis avait déjà publié la fascinante Symphonie apocalyptique (n° 5).Le chef Thomas Sanderling poursuit ici son périple musical.Lprsque Weigl dut s’enfuir pour les Etats-Unis, en 1938, il emmena dans ses bagages une lettre de Schoenberg: «fai toujours considéré le Dr Weigj comme l'un des meilleurs compositeurs de la vieille école; l’un de ceux qui ont continué la brillante tradition viennoise.» C'est ce qu'on entend dans cette chaleureuse et parfois tortueuse symphonie en quatre mouvements de quarante minutes, écrite en 1946 et jamais exécutée jusqu’à ce précieux enregistrement, mis sur le marché mardi prochain.Bohuslav Martinu: Quatuors à cordes n * 2,4 et 5.I Vaga PRD 250 205 (distr.SRI).Le nom du compositeur tchèque francophile est assuré- 'S YWir/WÀ çeofkCÜXUPJC Phèdre le peintre et son modèle v - « Ton découvre en écoutant notamment un somptueux et enflammé Quintette avec piano, caractéristique du langage musical de ce «Brahms russe».Walter Braunfels: Ptiantastische Erscheinungen eines Thomas von Hectior Berlioz.Serenade op.20.CIX) 999 882-2 (distr.Naxos) Paru en novembre au Canada, ce CD célèbre un compositeur (1882-1954) qui fait aussi partie des «dégénérés» honnis par les nazis.Braunfels se montre pourtant digne de la grande tradition de la maîtrise formelle à travers l'art de la variation, incarné par Brahms et cultivé par Reger.La «Chanson de la puce» de la Damnation de Faust de Berlioz, fait ici, trois quarts d'heure durant, des «apparitions fantastiques» sous la plume d'un maître orchestraient'.Composée entre 1914 et 1917 et créée en 1920.cette partition repose sur douze apparitions de ce thème, la plus belle est sans doute la sixième, qui baigne dans un climat Roméo et Juliette incluant la ponctuation du début de la partition du même nom de Tchaikovski et les moiteurs de la «scène d’amour» du Romeo et Juliette de Berlioz, tout en débouchant sur Wagner puis Strauss.Ce disque inattendu et captivant fera les délices des amateurs de post-romantisme symphonique.Collaborateur du Devoir K \K1 WtKU s\ Mnkm mv nun Vienna Tutatki dii Nouveau Monde K ment plus connu que sa musique.La prolixité de Martinu lui a finalement nui: comment séparer compositions alimentaires et œuvres majeures?Ce n’est pas toujours évident, mais le quatuor à cordes a été assurément un véhicule expressif important pour Martinu, qui lui a confié ses élans, ses doutes et ses tensions.Au moment où Weigl embarquait pour New York (1938), Martinu concentrait ses angoisses dans le poignant 5' Quatuor, et notamment un adagio (plage 9) qui vous glacera le sang.Tout n’est pas toujours facile dans l’approche de ce disque, mais, servie par le brillant Quatuor Kocian, cette musique s’apprivoise petit à petit et vous habitera longtemps (parution: mardi 10 janvier).SergeïTaneiev: Quintette avec piano.Trio avec piano.DG 477 5419.Paru cet automne, ce disque, qui regroupe Mikhail Pletnev, Vadim Repin, Ilya Gringolts, Nobu-lo Imai et Lynn Harrell, fleure bon le Festival de Verbier, en Suisse, où les grands solistes de ce monde viennent se rencontrer pour faire de la musique en commun.C’est ici pour la bonne cause: la redécouverte d’un compositeur russe important, élève et successeur de Tchaikovski au Conservatoire de Moscou, où il enseigna à Scriabine et à Rachmaninov.C’est très précisément ce chaînon manquant entre Tchaikovski et Rachmaninov que C ON S E RVATOIR E > d’art dramatique de Montréal Demande d'admission Année scolaire 2006-2007 Date limite 6 février 2006 Pour être admises, les personnes sélectionnées à la suite des auditions devront être titulaires d'un diplôme d'études collégiales.Pour information : 4750, avenue Henri-Julien, S'étage Montréal ( Québec) H2T 2C8 Tél.: (514) 873-4283 poste 236 cadm@mcc.gouv.qc.ca www.conservatoire.gouv.qc.ca/cadm LE MALADE GINAIRE EN SCÈNE DE CARL Bl Conservatoire de musique et d’art dramatique Québec n" ++++t+ AVEC ALAIN ZOUVI t PASCALE MONTPETIT ++++++I MARIE ÉVE BEAULIEU .MÉLANIE BÉLAIR .CAROL BERGERON , GARY BOUOREAULTl ****** MATHIEU CAMPEAU » ALEXANDRE CASTONGUAV • PIERRE CHAGNON .GUILLAUME CHAMPOUX • PATRICE COOUEREAU < BENOIT DAQENAIS .BENEDICTE DECARY .GERARD POIRIER .MONIQUE SPAZIANI .MELANIE VAUGEOIDl AV .• fANCI A LA MIM ( N v f NI H RfOII CLAMC UHCUWUX trfCOH OtNCVltVI LIXOTTW ! MARC St Né «AI l martin i Aenrcoue MUSiQUf caboi BrnornoN morêuhamhiis touiia iubbicb ai < i ., .i.r NORMAND BLAIS iHCCPTION OTS MAf> III l AOt JACOUCS LBS PBLLITIBR < Olt f mw4 • mflçt ut'O'.jH Pb'ftpp» ic'aUllt *» $’*»* A »**• VOMÛMiy f'HlK.l «» ÜW’ .ii»4 • ., I («Kepfrii» ‘.wwe Oust** C*G«fl • S»F«0'oti« «nuv-toJe lebr' ftedkiUtM (Wmd* (arfcff Muorl SfflM'lJ H felotfr 1 vririi' mi hlin «le r.itria ( au ISABtLLt Hjp[fiT PASCAL CK6G0OT OAWAC8U TH#WY HAUCISSI CHANTAL KVWtftTH TNKRW lONTlNIAll H1IKEWKM «HII-LMSE rwrnc Msn* COWED , «.llSUtW UMUCCHI 0KMIITI» .‘m.KMKW .«aJIMSÜUU^KWHtllUMin'OLIVER00Witl awp mjo! .uwtwt k yiywsc , josEP* STm® st«« wm: fesoiiuwi m*,*w , .o.www.onf.ca/aportdesaulres A r AFFICHE DU 13 AU 26 JANVIER 2006 A L’AFFICHE! G ""SXSr** f ex centris 4e SEMAINE! 1 PARISIEN T1.tshM iVhSQ3 m3fl Ven au jeu 15hÛG - 17h10 * 19h00 - 211*00 FRANÇOIS -E N-c ACT ES À L’AFFICHE 15hl5 - 21H20 C INEMA PARAL L 3 L E EX-CENTRIS 35M, seul S*lnt-L»ur*nt Mil / SHIWMri* (S1«) 147 2201 > I LE DEVOIR, LES SAMEDI 1 1 ET DI M ANCHE I 5 .1 A N V I E R 2 0 0 6 e n t r i s GABRIELLE /PATPICECHÉREAU EX-CENTRI5.COM / 514 847 2206 IShOO 17h1Q ; 19600 21hOO n ÛT1TI O ii \j hj uj I SARABANDE ne Ingmar Bergman |v 0 avec sous-titres français.Suède.2004.107 min.(G), 16 JANVIER I9h30 l :r'X^ §0>m m ,Mx Il 1 I liSlf 11, • 4 :.1 JACQUES GRENIER LE DEVOIR À part des autres est le titre du dernier film du cinéaste montréalais Marcel Simard.La dure fable urbaine de Marcel Simard ODILE TREMBLAY Marcel Simard vous dira qu’on est tous à part des autres, mais quelques-uns le sont davantage.«Certains individus développent un rapport problématique et conflictuel avec la société, estime-t-il, parce qu’ils ressentent les tensions avec force et souffrent.Plusieurs d’entre eux deviennent drogués, alcooliques, dépressifs.» A part des autres est le litre du PALMARÈS DVD ARCHAMBAULT?! » QWSR OK MIMA Résultats An vantes Du 3 nu 9 Jéitvitt 2008 FILM/TELESËRIE LE COEUR A SES RAISONS Saison 1 WEDDING CRASHERS C.RJU.V.HORLOGE BIOLOGIQUE STAR WARS EPISODE III Revenge 0t The Sith MADAGASCAR ET DIEU CRÉA.LAFLAQUE Meilleurs moments: Saison 1 24 Complete Season 4 STAR WARS EPISODE II Attach 01 The Clones 11 sin cmr * Recut & Extended MUSIQUE/SPECTACLE/AUTRE SOL En spectacle LA MARCHE DE L'EMPEREUR JOSÉE LA VIGUEUR Plus ferme que Jamais 2 USE DION En spectacle WAL-MART High Cost 01 Low Price SOL ET GOBELET Cornet 1 LES VOLEURS D’ENFANCE I SYWMMK MC* MUSK Sf sm Dennis Deyoung uz vertigo: Live From Chicago LES OEMS DROLET Au pays de Denis dernier film de ce cinéaste montréalais qui a beaucoup sauté entre documentaire et fiction.Sa démarche chevauche ici les genres.Fiction, soit, que cet ,4 part des autres, mais réalisée à partir de rencontres, de discussions, de mises en commun.Ça s'est déroulé dans l’atelier de cinéma où il a dirigé des jeunes en difficulté à l’organisme de raccrochage La Réplique, durant cinq ans.La fable urbaine qu’il en a tirée est énormément nourrie de leurs histoires.Le sentiment d’exclusion né d’une enfance souvent difficile, la drogue, la difficile insertion sociale occupent une grande place.Mais les personnages de travailleurs sociaux, eux-mêmes aux prises avec des sentiments d’exclusion ou des conflits personnels, sont imaginés par le cinéaste, à partir d’histoires récoltées ici et là.«J’ai voulu dés le depart faire un film avec des acteurs pour créer une distance, précise-t-il.Macha Li-monchik, Lucie Laurier, Jean-Francois Pichette sont de la distribution.Le tournage a roulé sur cinq ans.«Les interprètes se trans-fbrmaient, ce que je n avais pas prévu.Marie-Pierre est passée de PI à 26 ans.en cours de tournage.Un décalage énorme.» Au début des années 1990, lancé dans l’aventure de Love-moi, film devenu culte qui mettait en scène une jeunesse perturbée et violente, Marcel Simard a pris la décision de donner désormais la parole à ceux qui n'en ont pas.A ki tète, avec sa compagne Monique Simard, des Productions Virages consacrées au documentaire souvent engage, il troque quand il peut son chapeau de producteur pour celui de réalisateur.F'n prenant la tète de l’atelier de cinéma à la source d’,4 part des autres.Marcel Simard s’attendait à rencontrer des jeunes de milieux défavorisés, comme pour Love-moi.«A ma grande surprise, les stagiaires venaient de tous les milieux, des enfants de médecins, de comédiens côtoyaient ceux qui avaient connu la misère.Im marginalité pousse partout.» Le but était de familiariser les jeunes avec un milieu de travail.«Et je voulais que le film participe à cette démarche de réinsertion.Les jeunes, 35 en tout, écrivaient des histoires, autobiographiques souvent, puis je partais rédiger un scénario qu’ils révisaient, critiquaient parfois avec véhémence.» Des histoires vécues ont gagné l’écran, comme celle de la jeune fille noire adoptée au Québec qui lance un rap à l’école pour exprimer ses frustrations et sa colère.Ou celle du jeune révolté charmant mais incontrôlable qui apprend à canaliser sa créativité.Trois moyens métrages ont émergé de l’experience, avant d'être reliés entre eux.«Je leur apprenais à mettre des mots sur leurs expériences, leurs émotions, à les structurer.Ensuite, je tissais des liens.Plusieurs stagiaires étaient egalement assistants techniciens et s'initiaient au cinéma sous plusieurs angles.» Le vieux principe du «maître à apprenti» a joué à fond dans ces ateliers-là.Mais certains stagiaires.décrocheurs d’écoles de cinéma, possédaient déjà des notions du métier.Tout est arrivé en cours d’expérience: du décrochage, des révoltes.des rechutes de drogue, mais aussi des engagements fervents.«Pour un de ces jeunes, je suis devenu un modèle, explique Marcel Simard.Il avait un talent de compositeur et a fait la musique dis deux dentiers segments du film.C’est ma meilleure récompense.» Le Devoir NOMINATION AUX GOLDEN GLOBE MEILLEUR ACTEUR-PHILIP SEYMOUR HOFFMAN .PHILIP SEYMOUR HOFFMAN CRÉÂT L’ÉCRAN!.tsuaxu MVSf.LOWSS» LMUtVU flSJUKJWV QUEL E1LM PASSIONNANT! WUF IM.'DtUYUWIK* («U» CARRA VY U SU* PRÉSENTEMENT 13 L'AFFICHE! Wl CWHAr,! ARKM.A4* ¦IMtMA* AMC ——1 ^ FORUM 22 ?! ï Pt^RISIBN ?] ¦ Un crépuscule peint par un vrai maître LE SOLEIL Réalisation: Alexandre Sokourov.Scénario: Yuri Arakov.Avec Issey Ogata, Robert Dawson, Kaori Momoi, Shiro Sano.Image: Alexandre Sokourov.Musique: Andréf Sigle.ODILE TREMBLAY Dernier volet de la trilogie de Sokourov sur le pouvoir suprême.Le Soleil, consacré au parcours de l’empereur japonais Hirohito durant la dernière guerre, est une œuvre d’une exigence artistique extraordinaire.Inscrit dans la lignée du grand Tarkovski, le Russe Sokourov est un des plus grands cinéastes contemporains, avec des plans qui relèvent de l’art pictural.Les deux premiers volets de sa trilogie étaient Moloch en 1999, saisissant portrait de Hitler dans son nid d’aigle, puis Taurus (2000), abordant le destin du Lenine mourant de la fin de son règne.Chaque fois, appuyé sur une documentation abondante et respectant la réalité historique, Sokourov traduit avec finesse et acuité l’immense solitude du pouvoir et sa folie décrochée du réel, son caractère dérisoire.Le Soleil n’y fait pas exception.Avec des plans d’une beauté remarquable, une image brunie, des astres et des brouillards nourris de symboles, son film aborde une période troublée d’août 1945 à janvier 1946, alors que l’empereur japonais, sous l’occupation américaine puis les bombes atomiques, se voit appelé à accepter l’inacceptable au Japon: la reddition de son pays, renonçant aussi à son statut de dieu vivant.Sokourov transgresse la règle japonaise qui interdit la représentation de l’empereur, compromettant la sortie du film dans l’archipel.Issey Ogata campe avec beaucoup de sensibilité l’empereur dépassé par les événements historiques qui se bousculent à son portillon.Homme simple, qui s’adonne à son hobby de biologiste marin, il est appelé, dans le cours des événements et à travers ses dialogues avec le général MacArthur (puissant Robert Dawson), à affronter des réalités éprouvantes et à modifier sa propre vision du monde.Bien des scènes se déroulent dans le bunker souterrain, d’où l’esthétique sombre qui peu à peu s’illuminera avec la sortie au grand jour de l’empereur tombé de son orbite solaire, dont le peuple entendra pour la première fois la voix à la radio.Sokourov possède l’art de brosser des destins d’exception par petites touches, en épousant leur dimension humaine.H possède surtout l’art de pousser le cinéma jusqu’à des sonunets de perfection esthétique, devant lesquels on s’incline avec le respect qu’impose son style épuré de vrai maître.Le Devoir SOURCE K-FILMS D'AMERIQUE Issey Ogata (à gauche) joue le rôle de l’empereur Hirohito dans la dernière œuvre d’Alexandre Sokourov, Le Soleil.Tout et son contraire BREAKFAST ON PLITO Realisation: Neil Jordan.Scénario: Neil Jordan et Patrick McCabe, d’après le roman de Patrick McCabe.Avec Cillian Murphy, Liam Neeson, Ruth Negga, Inurence Kinlan, Stephen Rea.Brendan Gleeson.Image: Declan Quinn.SOURCE PATHE DISTRIBUTION Breakfast on Pluto n'est pas un des meilleurs films de Neil Jordan.?CINEMA ?UNE DU 14 AU 20 JANVIER 2000 Les NOUVEAUTÉS et le CINÉMA en résumé, pages 4 6 La liste complète des FILMS des SALLES et des HORAIRES, pages 715 drns LAGENDA cultunel ODILE TREMBLAY Quoique l’action se déroule essentiellement à Londres et en Irlande.Breakfast on Pluto est une production américaine.Le réalisateur irlandais de The Crying Game et de Michael Collins a fait souvent le saut entre Dublin et Hollywood.Cette fois, il a tourné en Grande-Bretagne avec l’appui de la machine américaine.Breakfast on Pluto n’est pas un des meilleurs films de Neil Jordan.C’est pourtant avec Patrick McCabe qu'il avait déjà scénarisé l’excellent Die Butcher Boy, mais leur nouvelle collaboration s'effiloche.Jordan a cherché à mettre tant d’éléments dans Breakfast on Pluto sur des tons opposés, mariant l'onirisme.les revendications de TIRA l'enfance abandonnée, la religion, la farce, le spectacle, l’innocence, l’homosexualité.la prostitution, la violence.Tout et son contraire, jusqu’à noyer le poisson.Ce qui ne lui enlève pas sa grande dextérité de metteur en scène.Certaines scènes, l’explosion d'une boite de nuit entre autres, sont filmées avec une habileté à couper le souffle.La distribution imposante, qui comporte Liam Neeson en prêtre.Stephen Rea en magicien, etc., n’est pas en cause.C’est la dispersion du scénario qui cause problème.le film met en scène Patrick «Kitten- Braden (lumineux Cillian Murphy).On suit le personnage, un orphelin.travesti dès son phis jeune âge.de son village irlandais natal jusqu’à Londres, où il vivra habillé en femme et fier de letre.Les oiseaux sont les témoins privilégiés des secrets du héros, et l’histoire nous parvient à travers leur vol leurs regards et leurs commentaires.Le film est compose d’une série de tableaux, en autant de volets-chapitres.étapes du chemin que l'innocence de Patrick traverse en demeurant hù-mème au milieu des e preuves.Luttes pour 11RA.quête eperdue de la mère naturelle, terrorisme.violence, prostitution, le héros est propulse comme une balle de catastrophe en catastrophe.La fable est belle, la facture du film, souvent admirable, mais l’intrigue se dilue, hélas! Le Devoir t DK VO fit.LKS SAMEDI I» ET DIMANCHE 15 JANVIER 2006 E 9 Sj .; i n aivi rk Kelly Reilly et Judi Dench dans Mrs.Henderson Presents, de Stephen Frears.SOURCE ALUANCF ATI .ANTIS Un pur spectacle trop bien huilé MRS.HENDERSON PRESENTS Realisation: Stephen Frears.Scénario: Martin Sherman.Avec Judi Dench, Bob Hoskins, Will Young, 1 Christopher Gu est.Image: Andrew Dunn.Monta-; ge: Lucia Zucchetti.Musique: George Fenton.Etats-Unis-Royaume-Uni, 2005,102 min.ANDRÉ LAVOIE Tout comme Neil Jordan, Stephen Frears se balade entre le soleil de Hollywood et le brouillard qui ceinture le Royaume-Uni sans trop se perdre en cours de route.Après Dirty Pretty Things, qui explorait un Londres souterrain où les immigrants illégaux tentent de survivre, il a décidé de demeurer dans la capitale anglaise mais fait un saut dans le passé.Dans Mrs.Henderson Presents, il recrée la glorieuse époque des spectacles de variétés du West End au temps de la Deuxième Guerre mondiale — avant qtte ceux-ci ne soient remplacés, beaucoup plus tard, bar les tartines d'Andrew Uoyd Weber.'r On dit de la paresse quelle est la mère de tous les vices.Devenue veuve en 1937, Laura Henderson (Judi Dench, dont chaque réplique est un feu de Bengale) se refuse à la passivité, incapable de faire de la broderie, trop vieille, selon elle, pour se prendre un amant.Une amie lui conseille de gaspiller son argent et.devant un théâtre désaffecté, pour ne pas dire en ruine, le Windhill, c’est exacte-frtent l’idée quelle aura.La nouvelle propriétaire reef ute alors Vivian Van Damm (Bob Hoskins, qui ne s’en laisse jamais imposer par la grande dame), directeur artistique qui exige le plein contrôle du théâtre.La veuve accepte, sachant qu’en bonne aristocrate, elle ignore tout de ce monde; cela ne l’empêche pas d’avoir de bonnes idées.v ’ En effet, après avoir inauguré le règne des variétés «continues», un spectacle sans interruption et vite copié par les compétiteurs, elle propose un peu dé nudité pour exciter les foules.Dans l’Angleterre puritaine des années 30 où la reine Victoria semble toujours se cacher quelque part, ce n’est pas simple de reproduire le concept du Moulin Rouge à deux pas de la Tamise.Elle saura utiliser ses amis haut placés et proposer des tableaux vivants qui feront frémir les spectateurs, et plus lard des soldats qui viendront chercher un peu de réconfort entre deux bombardements.Dans Mrs.Henderson Presents, les véritables bombes sont plutôt larguées par le scénariste américain Martin Sherman, réservant une foule de répliques assassines à cette veuve excentrique, hargneuse, habitée par un secret qui finira par révéler le sens de son entreprise si peu pudique.On en vient même à croire que seule Judi Dench, et personne d’autre, pouvait camper ce personnage, bien qu’un sentiment de déjà vu ne nous quitte jamais, malgré notre amusement On pourra même dire que le film tient la route, en bonne partie, grâce à la présence lumineuse de la célèbre actrice, tant Mrs.Henderson Presents n’arrive jamais à nous éblouir autrement Et ce n’est pas parce que Stephen Frears n’y déploie pas les efforts nécessaires, multipliant les numéros musicaux et offrant quelques images sublimes d’un Londres grouillant ou outrageusement aristocratique.Pourtant, ses tableaux.en chansons, en danses et en décors kitsch, finissent tous par se ressembler, au-delà de leur beauté évidente, tandis que les horreurs de la guerre ne semblent qu’un simple bruit de fond.la virtuosité du cinéaste n’est jamais prise en défaut, tout comme son sens de l’humour.Or, dans Mrs.Henderson Presents, Stephen Frears affiche une propension agaçante aux effets artistiques, une ol> session esthétique qui fige le film en objet de beauté, en pur spectacle dont la mécanique, trop bien huilée, tourne parfois à vide, terriblement consciente de ses effets.Une œuvre sur la nudité sous d’épaisses couches de vernis.Collaborateur du Devoir Un hiver chaud en nouveautés ! < Les citadins du rebut global Dès le 17 janvier 19 h Pure lame ?Dès le 25 janvier 19 h < Libre échangé Dès le 26 janvier 19 h Contact ?Dès le 1er février 22 h SOURCE AIJJASCF.ATIANTIS Le réalisateur Stephen Frears discute avec Kelly Reilly sur le plateau de tournage de Mrs.Henderson Presents.telequebec.tv Télé-Québec I LE DEVOIR, LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 JANVIER 2 0 0 6 ULTURE François Girard dans le documentaire de Mathieu Roy SOURCE EX CENTRIS FRANÇOIS GIRARD EN TROIS ACTES Réalisation et scénario: Mathieu Roy.Image: Stephan Menghi, Mario Janelle.Montage: Maxime Claude L’Écuyer.Québec, 2005, 80 min.Du 13 au 19 janvier au Cinéma Parallèle du Complexe Ex-Centris.ANDRÉ LAVOIE En scrutant ses traits tirés et son air concentré, déambulant sur des scènes encombrées où des acteurs, des chanteurs, attendent de lui une indication, on s’étonne qu’un créateur aussi boulimique que François Girard ait pu concevoir une installation nommée La Paresse.C'était au Musée d’art contemporain de Montréal en 1999 et, depuis ce temps, seuls certains cinéphiles s’imaginent encore qu’en dehors du cinéma.Girard n’existe plus.Ou s'est réfugié dans la paresse.Rien n’est plus faux et c’est ce que le réalisateur Mathieu Roy démontre dans Français Girard en trois actes.Ces actes, ou plutôt ces variations, nous montrent le cinéaste de Trente-deux films brejs sur Glenn Gould et du Violon rouge dans des pratiques artistiques et des lieux qui lui sont tout aussi familiers.D’abord à Montréal, ensuite à New York et finalement à Toronto, le théâtre, la musique et Topéra deviennent ses terrains de jeux, bien que Girard admette que les différences entre les disciplines l’intéressent peu; pour lui, «choisir un film, decider de faire une pièce, c'est choisir sa vie».En l’espace de quelques mois, il la choisit en accéléré, et en enchantant les delis créatifs, avec la part d'exaltation et de doutes que cela exige.Sans arrogance, mais sans non plus cette fausse familiarité qui pourrait nous laisser croire que tout chez lui est simple, François Girard plonge dans Le Procès de Franz Kafka, une adaptation orchestrée pour le TNM à l'automne 2(XM.Reconnu pour sa grande musicalité, un trait confirmé ici par d'illustres admirateurs (dont Martin Scorsese et Atom Kgoyan) et d'éminents spécialistes (comme le critique Réal la Rochelle), Girard cherche les racines profondes du désarroi de Joseph K.car.selon lui.ce n’est pas que l'histoire d'un homme traqué, mais aussi la prise de conscience d'un être qui jusque-là se croyait irréprochable.Sa mise en scène, qu’il affirme surtout determiner par le choix i'ov tu K' ni ai siçi r et i vwnv SUR LES TRACES DE MOZART du 19 au 29 avril 2006 SALZB0URG VIENNE - PRAGUE ^ DEMANDEZ NOTRE OtPUANÎ 4 599 $ p« p#re test occupation MM «lt CMIltKwglCV' IM hSWSrKE 450-SMZÎM MAi.WOY 1 800-682 7293 514 286 7939 Variations Girard des acteurs, Alexis Martin dans ce cas précis, transforme parfois le texte en véritable chant choral, comme si les dialogues devenaient notes de musique.Et c’est d’ailleurs dans le second acte, new-yorkais cette fois, qu’il pousse cette logique encore plus loin, avec Lost Objects, un oratorio du collectif Bang on a Can.Le metteur en scène fragmente l’œuvre en autant de cases, de petits écrans, où les mots viennent donner quelques clés (minimales) d’interprétation.Bien qu’il fasse merveille à l’opéra, surtout à Toronto, Girard admet, subtilement, que le livret, et même le chef d’orchestre, peut s’avérer contraignant.Cela ne l’a pourtant pas empêché d’offrir une vision séduisante du Siegfried de Wagner, prenant ainsi part à une première historique au Canada: la présentation complète de la Tétralogie, un cycle de quatre opéras.I à encore, les louanges pleuvent sur son travail, marqué par sa fascination pour la forêt ainsi que la lenteur, voire l’immobilité, mais l'homme semble parfois ailleurs.En effet, François Girard en trois actes ressemble parfois à un appel, une sorte de bouteille à la mer lancée non pas en direction des plus gl andes scènes du monde, où le cinéaste se sent parfaitement à l’aise et est reçu à bras ouverts, mais du côté du septième art.Ses projets, coûteux et complexes, semblent cantonnés sur une voie d’évitement; le portrait de Mathieu Roy, fort louangeur, occultant son travail antérieur à Trente-deux films brefs., sert d’aide-mémoire pour ceux qui ont le pouvoir de ramener Girard sur un plateau de tournage.On sent bien que celui qui doit parfois rêver aux délices de la paresse commence sérieusement à trouver le temps long.Collaborateur du Devoir s PRESENTENT DES SAMEDIS EN COMPAGNIE DES PLUS AUDACIEUX VIRTUOSES ii ! A RELÈVE la musique sur un plateau 14 JANVIER 20 H MUSICA 3 TRIO MUCZYNSKI AIRAT ichmouratov, clarinette LUO Dl, violoncelle EVGENIA KIRJNER, piano DIMANCHES N V V,' LA MUSIQUE, CEST DE FAMILLE! 22 JANVIER UH • 13H3 LA PASSION V DE MAX BRUNO ROY ET MARIO ROY, percussions CONFERENCES SUR LES CASTRATS AV C = AVANÇONS Al HISTOIRE SOCIALE ET MUSICALE 5 FÉVRIER 14 H FARINELLI, LE PLUS GRAND DE TOUS UNE SALLE DE CONCERTS A DECOUVRIR ¦ RESERVEZ VOS PLACES! MAISON ors M 305.«V DU MONT 9(Tv«u f$T MlTCrsf AL tQUÉBtO K?T IPS TTlÉPHOV SU S4 - 4hv-www ffunnMS(tkfSicz)tes PENTAEDRE flûte Danièle Bourget dannette Martin Carpentier hauttxtis Normand Forget basson Mathieu Lussier cor Louis-Philippe Marsolais & piano Dorothy Fieldman Fraiberg Oeuvres de Mccart 4 Schubert jeudi 19 janvier, 20 heures Salle Redpath.Université McGill Entree libre www.ailegrachenibermusic.com La véritable nature du loup.SOIIRCK ! \ CI NfRIS Le cinéaste Mathieu Ro\ 25' saison HOODWINKED (LA VÉRITABLE HISTOIRE DU PETIT CHAPERON ROUGE) Réalisation: Cor Edwards et Tony Leech.Scénario: CoryetTodd Edwards, Tony Leech.Avec les voix d’Anne Hathaway, Glenn Close, Patrick Warburtin, Jim Be lushi.Musique: Todd Edwards et Corey Edwards.ODILE TREMBLAY Précisons qu’il existe une version doublée au Québec de ce Hoodwinked, à laquelle des vedettes nationales ont prêté leurs voix: Karine Vanasse, Pierre Le-beau, Béatrice Picard, Raymond Bouchard, etc., et à laquelle des groupes musicaux comme Loco Locass participent.Il est sans doute plus intéressant de voir cette version française avec les enfants, et indispensable si ces derniers sont unilingues bien évidemment.Un film d’animation peut se voir en version doublée sans perdre son esprit, avec des repères en prime.Les frères Todd et Corey Edwards ont cherché à revisiter après bien d’autres le conte du Petit Chaperon rouge.Tex Avery en avait fait jadis une version pour adultes particulièrement désopilante.Ici, l’auditoire visé est enfantin, parfois adolescent.Une incursion dans les sports extrêmes est de toute évidence destinée à séduire cette dernière clientèle.Le conte est servi sur fond d’humour parfois grinçant.Les scénaristes cinéastes ont créé une structure narrative à la Rashomon, le fameux classique du Japonais Kurosawa à travers lequel un fait divers du XV siècle (un viol suivi d’un meurtre) était raconté successivement par les voix de plusieurs témoins qui livraient des histoires différentes.Les jeux vidéo ayant familiarisé les enfants avec des récits éclatés, ce type de narration peut leur convenir.Ici, le Petit Chaperon rouge, la grand-mère, le loup, le bûcheron et quelques autres, sur de nouvelles peripheries qui ne doivent rien à l’univers de Perrault et en actualisant l’action, livrent leur témoignage sur ce qui s’est passé chez la mère-grand, en apportant chaque fois de nouveaux éclairages qui contredisent la version précédente.Des revirements inattendus, la véritable nature du loup et de la grand-mère par exemple, viennent pimenter l’affaire au milieu de force scènes de poursuites, dont certaines en téléfériques.Les arts martiaux, populaires par les temps qui courent, sont de la fête.Le Petit Chaperon du XXT siècle a appris les règles de l’autodéfense.Autres temps, autres mœurs.Boni les dessins ne sont pas exceptionnels et le film se révèle assez décevant, du moins pour des adultes, mais il repose sur de bonnes idées.Faire du loup un journaliste et de la mère-grand une adepte de ski acrobatique apparaît.de fait, assez audacieux.Le méchant ne sera pas celui qu’on croit.Soit, il y a du suspense, mais rien de vraiment exceptionnel du côté de l’intrigue.L’humour ne vole pas très haut.Avec un scénario moins dilué à travers plusieurs scènes inutiles, on oublierait plus facilement les images quelconques.Mais rien ne nous tient très longtemps en haleine.Les enfants y trouveront peut-être leur compte, mais tant d’animations contemporaines à leur intention font des étincelles aujourd’hui.Pas celle-ci.Il est probable que les plus âgés parmi-eux finiront par s’ennuyer après une première partie plus enlevée que la seconde, une fois l’effet de surprise dissipé.Le film dégage une fraîcheur, soulève de bonnes pistes, mais manque de génie et de fini.Le Devoir SOURCE ALLIANCE ATLANTIS L’humour de Hoodwinked ne vole pas très haut.CONSERVATOIRE > de musique de Montréal > Demande d'admission Année scolaire 2006-2007 Date limite 1" mars 2006 Spécialités offertes Profil Interprétation Alto, basson, chant, clarinette, clavecin, contrebasse, cor, direction d’orchestre, flûte, guitare, harpe, hautbois, orgue, percussions, piano, saxophone, trombone, trompette, tuba, violon, violoncelle.Profil Composition Composition, composition électroacoustique, écriture Pour information : 4750, avenue Henri-Julien Montréal H2T 2C8 Tél : (514) 873-4031 cmm@mcc.gouv.qc.ca www.conservatoire.gouv.qc.ca/montreal Conservatoire de musique et d'art dramatique Québec II c: SHCQ.40r saison Série montréalaise Concert no 277 Société de musique contemporaine du Québec Mardi 17 janvier, 20 h Salle Redpath Réservations 514.398.4547 Denys Bouliane, Rumore sut (2003) Jean Lesage, Quatuor d cordes III (création) Walter Boudreau.Le Grand Méridien (création) 2 0 0 (i K I I LE DEVOIR.LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE Livres .1 A N VIER ROMAN QUÉBÉCOIS Le jardinier silencieux Il flotte dans ce premier roman de Françoise Roy un ton grave, insolite et drôle Suzanne Giguère Un jeune homme s'enfenne dans un mutisme incomprehensible.Mais peut-être ne s’agit-il pas là d’un enfermement?Il flotte dans le premier roman de Françoise Roy un ton grave, insolite et drôle.Ce pourrait être un des visages de ce fameux réalisme magique familier aux écrivains du pays de Ruan Rulfo, ce Mexique où vit et écrit la romancière.«Il y eut d’abord des signes annonciateurs du silence de Celso.» Le lierre du patio couvert de petites corolles violettes s’infiltre à travers la fenêtre de la salle à dîner, recouvre entièrement le mur, les branches s’emmêlent et la pièce ressemble bientôt à une ronceraie.D’autres événements étranges s’enchaînent.Les horloges de la maison s’arrêtent à n’importe quelle heure, les aiguilles se mettent à tourner à l’envers, le réveille-matin sonne plusieurs fois par jour, les ampoules électriques éclatent les unes après les autres, les portes tombent toutes seules, les électroménagers se détraquent sans raison.Celso a grandi dans un village mexicain auprès de onze tantes bigotes et superstitieuses.L’ainee, «au nom très long», Ana Maria Conception de Jésus, l’a pris en affection dès son plus jeune âge.Parvenu à l’àge adulte, libre-penseur, agnostique, Celso tient des propos acérés sur ses contemporains, égratigne les dogmes religieux, fait table rase des discours convenus.«Nous avons le droit absolu de penser selon nos convictions.C’est la seule liberté que nous ayons réellement.» Un jour, sans crier gare, il s’enferme dans un silence entêtant Le récit emprunte alors des chemins désopilants, complètement fous.Désemparée, Ana consulte médecins, prêtres, voyants, chamans, guérisseurs en espérant que quelqu’un réussisse à lui arracher un mot.Elle donne à son neveu des plumes et des crayons pour qu’il écrive («écrire, c’est presque parier»), Celso la regarde «comme une chouette, avec des yeux ronds».Ne se résignant pas à ne plus entendre sa voix, Ana s’achète un rossignol pour entendre une autre vont que celle de ses sœurs.Elle s’en défait à cause de son chant trop triste.Une voisine lui offre un canari à la place d’un bel ara (perroquet) sud-américain: «Je suppose que ça aurait été grossier de me donner en cadeau un oiseau qui parle.» Après des mois de mutisme total, la bonne, moqueuse, déclare que Celso ferait une belle fontaine et qu’on devrait le sortir dans la cour pour lui faire prendre l’air.Devant tant de tentatives infructueuses, de désarroi et de consternation, Ana eqimène son neveu dans un institut psychiatrique.A leur arrivée, un patient attire leur attention.Il a posé un grand miroir sur le gazon.Les pensionnaires tout autour s’y regardent.Quand ils se penchent sur la surface vif-argent qui reflète le ciel, ils se mettent à sourire en voyant leur visage entouré de bleu, de nuages, «comme s'ils étaient déjà arrivés là-haut plutôt que dans le jardin d'un asile psychiatrique».Habiter poétiquement le monde Au fil des mois, Ana sympathise avec les pensionnaires.Elle qui a passe toute sa vie dans l’abnégation, «les pieds serrés dans ses chaussures comme du raisin dans le pressoir par peur de ce que les autres allaient dire», voit ses certitudes ébranlées, la's «fous» — dans le sens où socialement on l’entend — semblent plus libres quelle à l’intérieur de la prison apparente de leur vie.Une conversation s’engage entre le psychiatre et Ana sur la folie: «Souvent les fiimilles amènent ici leurs membres perturbés parce qu’ils dérangent.Ils sont comme un miroir tenu à la hauteur du visage des autres.Alors, les gens soi-disant sains d’esprit y voient se refléter tous leurs défauts: l’impulsif, son manque de contrôle: la pleurnicharde, sa sensibilité à fleur de peau; l’intransigeant, la dureté de son cœur: le dépressif, sa tète d’enterrement.Li plupart ne sont pas prêts à entendre la vérité.» Et si Celso et ses amis s’étaient trompés d’époque?Après des semaines d’observation, le psychiatre confirme à Ana que son neveu n’est pas fou.Il comprend tout, ses pensées sont cohérentes, au- cune raison physiologique n’explique son mutisme, la face cachée de ce conte moral se révèle peu à peu au detour de certaines phrases, le roman décrie «la montée de l'insignifiance» — pour reprendre le titre d’un essai de Cornelius Castoriadis — dans nos sociétés friandes de bavardage insipide et de ronron verbal qui rejettent dans l’ombre les voix discordantes au prolit de ce type de paroles: «Le mutisme de son neveu était le résultat de sa rebellion, un bastion contre tant de bêtises, tant de futilités, tant de discours inutiles.» Celso ne reparlera gis.L’homme, d’une grande lucidité.choisit d’habiter poétiquement le monde.«Les mots qu ’on n a pas dits sont les fleurs du silence», dit un proverbe japonais.Celso aura la patience et l’humilité d’être le jardinier de ces Heurs-la.Mis en valeur par un style nerveux, le roman de Françoise Roy se situe au centre d'un univers instable, a la frontière entr e le rationnel et l’irrationnel, la réalité et l’illusion, le reel et l'imaginaire.11 existe d’abord par sa puissance de suggestion (poétique), ensuite par sa partie souterraine, invisible (réflexions sur la folie, la liberté et la différence), enfin par l’ironie douce et l’humeur badine qui remontent à la surface comme des bulles.Collaboratrice du Devoir SI TU TRAVERSAIS LE SEUIL Françoise Roy I Instant même Québec.2005,144 pages lin univers instable, à la frontière entre le rationnel et l'irrationnel LITTÉRATURE ANGLAISE Dans les méandres de la lecture Où Virginia Woolf puisait-elle son talent ?Réponse dans une traduction inédite qui paraît chez Boréal * G U Y LAI N E MASSOUTRE Hybride, la pensée impressionniste, moderne et mature de Virginia Woolf, dans les années 1920, captait-elle ce que, pensant désigner la même chose qu’elle, nous appelons la «vie»?Ses revirements primesautiers et instinctifs, elle en attribuait la complexité et le mouvement à son âge, la quarantaine.Lectrice naturellement, elle appliquait souvent sa vitalité à la critique.Penchant poétique ou souci de l’autre, elle conférait aux livres plus d'importance qu'à soi.Sans doute lui fallut-il s’arracher maintes fois à ce terreau fertile, tant de fois remué, qu’est l’univers d’autrui.Cette distance, une plume aussi sensible que la sienne peut avoir été rétive à la marquer.Elle se laissait glisser.Mais n'a-t-elle pas livré à ce que nul autre mieux qu’elle n’appela «les myriades d’impressions»’?Une prose passionnée et autres essais, publié chez Boréal, en témoigne.Il s’agit d’un recueil de dix «essais», textes critiques et articles qu'elle consacra à l’art du roman.Lorsque Geneviève Letarte et Ali-son Strayer entreprirent de les traduire, ceux-ci étaient encore inédits en français.Il n’est pas nécessaire d'être une adepte de Woolf pour jouer avec bonheur dans l’une ou l'autre vague de son œuvre immense.Bien des pages, même journalistiques, sont à relire pour leur mélancolie, pli .dont on voit, dans des publications récentes et des expositions consacrées à l'esprit d'un siècle, signaler la force perceptive.Curiosité, imagination, liberté, la vie intellectuelle de Woolf déborde, toute saisie.Pour qualifier son potentiel inédit, vibrant, souvent dit «visionnaire», on la réduit.D'un côté, seuls le temps et la relecture réactualiseront son parcours singulier, il faut que se décante encore son écriture multiforme, aux traces enchevêtrées.D'un autre côté, l'édition de cette œuvre considérable est toujours en cours.Voilà deux bonnes raisons de revenir a sa prose.Vagabondage littéraire Rêveuse ou combative, Woolf critique rebondit souvent loin de son point de départ Si l’élégance de la romancière, féministe avant-gardis-te.ne masque guère son sens aigu des mots, bien connu est l'effet de balancier, chez elle, entre le génie et le deséquilibre.Pour notre plaisir, on le confronte intact dans le cinquième chapitre, «Une prose passionnée», clef de voûte et titre du présent ouvrage, où.en dénigrant les ecrivaillons.elle fait l’apologie des romanciers solitaires, hantes de rapsodies et de rêves qui courent dans leurs fictions.L’époque cernée par ce recueil est breve.Mais, ramenés a l’exercice critique, ces textes permettent de considérer chez Woolf une activité assez stable.La lectrice aux prises avec Y«ardeur féconde» des romans glisse entre les plaisirs glanes, tels «Au hasard des rues de Londres».Critique libre, essayiste surtout, sa pensée se donne des dans, des motif* d'observation, des occasions de réfléchir ensemble, parmi ses pairs en création.On goûtera ainsi les envolées imagées, colorées, rythmées, si éblouissantes de son style.Pas de découverte fondamentale, pourtant dans ce métier d’écrire, sinon la jubilation de Woolf à fixer l’irréalité de ses visions.C’est pourquoi son expérience de la lecture, dans la plus grande proximité qu’elle nous ait laissée de son expérience, éveille la curiosité.La délicatesse avec laquelle elle touche l’écriture d’autrui invite en retour cette attention si nécessaire à la nôtre.Insensible et fragile est le passage du livre lu à celui qui s’écrit Une existence contiguë relie Woolf à ses pairs.Par quantité de réalités invisibles, bien soutenues dans cette édition, il devient urgent de nous y accorder à notre tour.Présence retrouvée Il existe toute une effervescence éditoriale autour de Virginia Woolf.Question de traductions, question de droits levés, question de rencontres, de biographies et de nouveaux partages, toutes les grandes œuvres — qu’on pense à Dostoïevski et à Joyce, par exemple — supportent de nouvelles traversées d’identités culturelles.Elles sont reformulées, pour produire des coïncidences inouïes avec les lecteurs.Les traducteurs, sur le travail desquels on lira l’intéressant essai d’Agnès Whitfield, Le Métier du double.Portraits de traductrices et traducteurs littéraires (Fides, 2005, 387 pages), sont des passeurs qui revivifient le sens et contribuent à le faire rayonner.La diversité des lectures, c’est évident fait exploser l’énergie des œuvres.Aussi Geneviève Letarte et Alison Strayer mériteront-elles de figurer dans un prochain chapitre de cet ouvrage inaugural, qui brosse le panorama de la traduction littéraire franco- phone au Québec et au Canada.Avec cette traduction de Woolf, Letarte et Strayer forment à leur tour un duo qui garantit la rigueur dans la langue de l'autre et l’union dans la métamorphose.Une prose passionnée.n'occulte pas les choix de langue.Les traduc-trices préfacent, annotent et remercient, témoignages d'une activité qui se relance et s’interrpge, tout en prenant des décisions.A la lecture, cette traduction négociée de Woolf coule sans heurt ni dualité.Rien n’entrave ce que Woolf désirait être: «notre descente au fil du courant tranquille».L'impression générale est peut-être un peu terne, mais l’ampleur donnée à des textes inégaux serre le détail infime auquel Woolf ramène constamment.Effet de loupe, le changement de langue met en lumière la méticulosité de la romancière, sa saisie instantanée de la pensée, aussi photographique qu’inspirée.A signaler: la parution de plusieurs ouvrages concernant Woolf et le groupe de Bloomsbury.Toute passion abolie, le meneur roman de Vita Sackville-West (Editions Autre» ment), jadis édité par Leonard Woolf; une biographie inédite de vulgarisation, par Alexandra Lemasson (Gallimard Poche); enfin, un essai de Jane Dunn sur la relation étroite entre deux sœurs inséparables, Viginia Woolf et Vanessa Bell, une très intime conspiration (Ed.Autrement), qui rend hommage à leur belle intimité.Collaboratrice du Devoir UNE PROSE PASSIONNÉE ET AITRES ESSAIS Virginia Woolf Boréal, coll.«Papiers collés» Montréal, 2005,133 pages • Virginia Woolf Le roman populaire de Francine Ouellette MARIE LABRECQUE Revisiter l’histoire de la Nouvelle-France à travers la lunette des peuples amérindiens: c’est à cette colossale tâche que s’est attelée Fùancine Ouellette avec sa saga Feu.Sis majoritairement au début du XVlir siècle, le second tome des six annoncés (déjà plus de 1000 pages publiées!) s’intéresse aux descendants des Algonquiens rencontrés dans Im Rivière profanée.Cette fois, le personnage principal est un guérisseur (un mashhki-ki-winini) surnommé Petit-Renard à cause de sa minuscule taille.Ce spécialiste des plantes médicinales — qui a perfectionné sa science auprès d’une Iroquoise — se méfie profondément de la rapacité des Européens, qui baptisent «p'tit homme du Diable» celui qui s’oppose à leurs pratiques et refuse la conversion à lepr Dieu.Ces Étrangers s'installent partout, jusque sur les territoires sacrés des premières nations, contaminant de plus en plus leur mode de vie, corrompant tout par les lois du marché.(Les Français mènent une guerre génocidaire contre un peuple, les Autagamis, dont le seul crime est de nuire à la traite des fourrures de castor.) le récit dépeint surtout le ravage causé par r«eau-de-feu», que les Visages pâles utilisent volontiers comme monnaie d’échange, car l’enivrement fait des autochtones une proie facile pour les marchands.Intoxiqué par ce poison, l’oncle de Petit-Renard battra ainsi sa fille au point de l’éborgner, à la grande indignation du guérisseur, dont la belle NTsuk est le grand amour.Iz vision négative — et mani-chéenné—des Français ne souffre guère de nuances, jusqu’à la seconde partie du roman, alors qu'apparaît Pierre Vaillant.On découvre à travers le destin de ce paysan très costaud, condamné à l’exil pour avoir osé nourrir sa famille en tuant un cerf sur le territoire de son seigneur, que les regies du commerce sont aussi impitoyables en «Neuves , i "«» \ x Ps V 't, Francine Ouellette France» pour les |x4its blancs.le grand blond croit pouvoir bientôt retourner en France retrouver la belle qui l’attend, mais ses compagnons l’ont berné, l’embrigadant plutôt dans une longue expédition de chasse, où se- multiplient les traversées de rapides et les pénibles séances de portage du canot.I -ors de sa tentative de fuite (buts ce ter ritoire hostile, le pauvre Pierre de vra bientôt la vie à Petit-Renard et à sa famille.On assiste alors a un certain renversement de perspective, voyant désormais les Amérindiens par le regard effrayé de ce Français nourri de préjugés.Je ne surprendrai personne en révélant que le respect succédera peu a |»'ii à l'incompréhension mutuelle.Et qu’a l’aulne des valeurs de partage et de liberté de la famille d'adoption de Pierre, la société française, fondée sur des injustices et des inégalités de classes érigées en système, apparaît sous un jour très défavo rable: «Des sa naissance, sa vie ne lui appartenait déjà plus.Simple I.UC KH HKVKKKY promesse de main-d'œuvre pour le seigneur des lieux, elle fui vouée au labeur et a l’ignorance, complice idéale de l'asservissement.» Dans cette seconde partie, L'Étranger ressemble davantage à un roman historique populaire stan dard, convenu.Mais il y a toujours dans ce récit une documentation importante et un souci quasi an thropologique.Francine Ouellette expose les rouages du commerce des fourrures et décrit minutieuse ment, ave< respect, les us et cou tûmes des jjeuples autochtones — quelle fait s'exprimer dans un langage imagé, métaphorique et su lennel.I tes cultures auxquelles elle tient manifestement a rendre leur dignité et leur complexité.Collaboratrice du Devoir FEU Tome 2 - L’ÉTRANGER Francine Ouellette 1 ibre Expression Montréal, 2005,555 pages Hommage aux lauréats des prix de la Fondation Emile-Nelligan LOUISE MAUDE RIOUX SOUCY Sa foi dans la culture a fait du galerisfr Gilles Corbeil, neveu du poète Emile Nelligan, l’ange gardien de la Fondation Emile-Nelligan.Bien au-delà de la philanthropie, Gilles Corbeil avait une conscience, une sensibilité et une droiture qui ont en effet profondément marqué la fondation quïl a créée.Les dirigeants qui lui ont succédé se sont tous pliés à ces impératifs.rappelle Pierre Vadeboncœur en préface d’un ouvrage publié a l'occasion du 25’ anniversaire de la Fondation Emile-Nelligan.«La fimdatum (.] c’est crmme une présence, un fait personnel, une signification, dont il est facile de voir qu 'ils remontent sans discontinuité a Gilles Corbeil lut-méme • Intitulé un peu sèchement Textes en hommage aux lauréats des prix triennaux, ce recueil rassemble principalement les textes d'éloge des lauréats et leurs discours de réception aux prix trien- Textes en* hommage aux lauréats des prix triennaux naux de la fondation: le prix GiflesCorbeil (littérature}, le prix Serge-Garant (musique} et le prix Oziavb-duc (arts visuels).En dépit de son titre et de sa forme quelque peu rébarbative au premier abord, ce livre témoigne avec efficacité rie l'importance qu’a prise cette institution au sein de l'univers culturel québécois.Il permet également de se frotter a certains de ses plus grands noms.lœs prix décernés par la fondation ont en effet permis de dresser une anthologie a la musicalité* très particulière, celle née de la sensibilité unique de Gilles Cor beil.C'est ainsi qu'on retrouve sous la même enseigne ries Réjean Ducharme, Anne Hébert ou Jacques Brault en littérature, des Denys Bouliane et François Morel en musique ou des Roland Poulin, Jana Sterbak et Massimo Gerrera en arts visuels.Voila un parcours qui mérite amplement d'être revisité.Le Devoir TEXTES EN HOMMAGE AUX IAURÉATS DES PRIX TRIENNAUX Collectif lü Fondation Emile-Nelligan f Hitremont, 21)05.Ibb pages E 12 LE DEVOIR.LES A M E D I It ET I) I M A X CHE 1 5 J A X V I E R 2 0 0 6 -«• Livres-»- Le soleil se lève aussi à l’ouest Louis IIamelin a se passait là-bas, dans les Grandes Plaines, il n’y a pas si longtemps.Un pe-tit musée perdu au milieu de la prairie.Le plusneau fleuron de la collection était un sac de médecine ayant jadis servi à la danse du Soleil, dont la pratique avait cessé depuis des lunes.Un jour, une délégation constituée d’autochtones issus des réserves environnantes s’est présentée à la porte du musée.Nous venons chercher le sac de médecine, ont-il lancé au préposé blanc.Le conservateur s’est interposé: vous ne pouvez pas faire ça.Ils l’ont fait quand même.Et depuis ce temps, dans la plaine sans limite, la danse du Soleil, ressuscitée, assure le renouvellement des saisons au milieu d’une floraison de tipis.J’ai découvert Thomas King il y a une dizaine d’années dans une anthologie de nouvelles canadiennes.Sa contribution, intitulée Trap Lines, m’avait donné envie d’en savoir plus.Mais les livres se chassent entre eux et, littérairement parlant, je l’ai vite perdu de vue.De loin en loin, lorsque je tentais de me constituer un panorama mental de la littérature amérindienne, son nom revenait croiser mon esprit.Un incontournable, me disais-je, sans pour-huit connaître le corps principal de son œuvre.Puis, un beau matin, dans une chambre d’hôtel de Chi-bougamau, travaillant fort de la zappette en sirotant mon premier café, je suis tombé sur une émission pour enfants diffusée à la chaîne autochtone.King en avait écrit les textes.J’adore cette chaîne câblée.C’est presque aussi bon que CNN.J’avais sous les yeux une sorte de Muppets Show racontant la mythologie des Premières Nations.Et c’est cette même ambiance exubérante, mais accompagnée d’un propos sérieux, cette légèreté de la forme pour un contenu teinté de gravité, que j’ai retrouvées dans L’Herbe verte, l’eau vive, le dernier roman de Thomas King paru en français.Dans l’univers de cet écrivain du Nord canadien, jouer un rôle prépondérant dans la création du monde n’empéche pas le coyote, par exemple, de se montrer tout aussi désopilant que son congénère des dessins animés.Dès le deuxième paragraphe, l'auteur nous a d’ailleurs prévenus: «Quand ce Coyote-là rêve, il peut arriver n’importe quoi.Laissez-moi vous le dire.» Rassurons tout de suite le lecteur moderne: King ne se cantonne pas dans la cosmogonie.Les autochtones qui peuplent son livre et la réserve de Blossom, dans l’Ouest canadien, présentent un mode de vie tout ce qu’il y a de plus contemporain.L’un vend des télés dans un magasin d’électronique, l’autre est avocat à la ville.Une jeune femme enseigne à Calgary, une autre possède un restaurant qui annonce du chien au menu (en réalité du bœuf, mais qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour séduire les touristes?).Quant à tonton Eli, il possède un doctorat en littérature et est l’auteur d’une étude sur Francis Bacon.Tout ce qu’il y a de plus contemporain, donc, sauf pour un truc: la danse du Soleil.Le passé comme un occasionnel retour du refoulé.Car on a beau être un Indien mondialisé, se mettre à la cuisine italienne, préparer des tortino di carciofi et de la ribollita pour souper, l’intégration culturelle connaît parfois des ratés.Exemple d’un dialogue typique: «Qu’est-ce que c'est?— Une soupe de légumes et une omelette aux artichauts.— Des artichauts?Où est-ce que tu as pu trouver des artichauts?— Je les ai remplacés.—Ah.Qu’est-ce que tu as mis à la place?— Du wapiti.» Et puis, il y a ce lettré torontois qui finit par réoccuper la cabane familiale située à l’ombre d’un barrage hydroélectrique dont il retarde l’inauguration à coups d’injonctions légales.A Opitciwan, a la riviere Manitou, à Winneway et a Lac-Simon, on est déjà au courant, et même Gilles Duceppe le sait depuis qu’il s’est rendu excursionner dans le nord du parc de La Vérendrye: dans ce mariage de la tradition et du progrès, tout n’est pas rose, loin de la.Un roman de la réappropriation Le titre du roman fait référence à une expression célèbre jadis employée, par le président Jackson, entre autres, pour garantir aux Indiens d’Amérique des droits inextinguibles sur les nouvelles concessions territoriales auxquelles les acculait l’expansion anglo-saxonne: tant que l’herbe sera verte et que les eaux s’écouleront, promit, par lettre, le grand-père blanc.L’Herbe verte, l’eau vive est donc un roman de la réappropriation.D’une solidarité rouge qui ignore les frontières arbitraires tracées par les pacificateurs sanglants de l’époque.L’art du langage lui-même, baptisé rhétorique parles Grec®, est né de chicanes de clôtures.Et la revendication de la terre, dans un roman, n’est possible qu’à travers les réseaux symboliques tissés par la culture.Le champ de bataille de Thomas King, de ses personnages illusionnés, blanchis, coincés dans des complets-vestons, au bord du réveil, et qui tous, pendant un peu plus de 400 pages, vont converger, chacun à son rythme et à sa manière, vers le cercle enchanté de la danse ancestrale, c'est donc l’identité et ses dérivés: littérature, cinéma, clichés, etc.Clin d’œil à l’inoubliable Grand Chef Balai qui, à la fin de Vol au-dessus d'un nid de coucous, échappait à sa fausse folie et, dans un grand jaillissement d’eau et de verre brisé, recouvrait sa vraie raison, le livre, qui est tout entier contenu dans le désopilant rêve de notre ami Coyote, s’ouvre sur l’évasion réussie de quatre très vieux Indiens internés dans un asile d’aliénés.Mission: redresser le monde.Et pour être fous, ils le sont certainement, puisque chacun d'eux a usurpé l’identité d'un héros de la littérature blanche, un maître condescendant, à jamais flanqué, dans l'imagerie populaire, de son inseparable faire-valoir à face cuivrée: The Lone Ranger (et Ton-to); Robinson Crusoë (et Vendredi); Ismaël (et Que-geg); Natty Bumppo (et Chingachgook).L’auteur, d’origine crie ou blackfoot, je ne sais trop, se paie ainsi le luxe de revisiter la littérature paternaliste de l’Occident conquérant et de la dépoussiérer comme un vieux tapis.Et c’est, de fait, bien beau, la littérature.Car on peut bien se moquer de Hollywood (et Tom King ne s’en prive surtout pas, qui se paie la fantaisie de couper au montage, sous le nez même de John Wayne, l’arrivée salvatrice de la cavalerie en pleine guerre indienne.), les happy ends ne se rencontrent pas sem lement dans les films, et j’avoue que le deus machina qui, ici, vient tout arranger à la fin m’a laissé pour le moins songeur.Va pour la pensée magique et la catastrophe naturelle survenant à point nommé.Mais à Opitciwan, à la rivière Manitou, à Winneway et à Lac-Simon, les choses se passent un peu différemment, et devant un détournement de rivière ou une coupe à blanc, quand on essaie de faire respecter l’esprit dçs vieux traités, c’est à l’escouade antiémeute qu’on a le plus souvent affaire.King, ce grand farceur, ne le sait que trop bien: «Qui aurait pu deviner qu’il resterait des Indiens au vingtième siècle?», demande son ingénieur blanc.Réponse blackfoot: c’est un des petits tracas de l’existence.Collaborateur du Devoir L’HERBE VERTE, L’EAU V IVE Thomas King Traduit de l’anglais par Hugues l eroy Albin Michel Paris, 2005,437 pages CORRESPONDANCE Françoise Dolto, à la lettre ELISABETH R O U» I N E S C O Amie de Jacques Lacan, formée à la clinique par Sophie Morgenstern et Edouard Pichon, Françoise Dolto fut et reste la figure la plus populaire de l'école française de psychanalyse de la seconde moitié du XX' siècle.Sa manière inimitable de s’adresser aux enfants par la voie des ondes, sa façon de parler à la télévision dans une langue du terroir, son adhésion à une foi chrétienne qui frisait le mysticisme et, enfin, ses prises de position en faveur d’une pédagogie de masse aux allures à la fois libertaires et normatives ont fait d’elle un personnage irréductible à tout manichéisme.Haie par ses ennemis, qui la prenaient sans cesse en flagrant délit de contradiction,- elle fut adulée par certains de ses disciples qui la transformèrent en une Mamie Nova un peu bouffonne.En réalité, Françoise Dolto fut une clinicienne de génie.Aussi est-ce à travers sa correspondance, son enseignement oral, ses exposés de cas, ses savoureux bricolages ludiques — la poupée-fleur — et ses merveilleuses interprétations des dessins d’enfants que l’on découvre l’immensité de son travail psychanalytique, réuni en de nombreux volumes.Pendant cinquante mis, de 1938 à 1988, ce travail se poursuivit en divers lieux — à l’hôpital Trousseau ou au Centre Etienne-Marcel — et il Œuvres pour piano solo de Wolfgang Amadeus Mozart à l'occasion de son 250ème anniversaire (^d C3322SEBCS® BOUQUNERÎE du plateau ¦MMüHM LE DEVOIR, LES SAMEDI ET D ! M A \ (HE I J A \ V I E R 1 (I O (i K \ :\ -?Livres'*- ESSAIS QUÉBÉCOIS Un bon fédéralisme en désuétude ?Louis Cornellier 4 Le régime constitutionnel canadien offrait-il en 1867 et offre-t-il aujourd’hui à la nation québécoise les outils juridictionnels nécessaires à la survie et au développement de son identité culturelle particulière?» Telle est la question que soulève la constitutionnaliste Eugénie Brouillet dans un important essai intitulé La Négation de la nation - L’identité culturelle québécoise et le fédéralisme canadien.Selon le politologue Guy LaforesL qui en signe la préface, cet ouvrage «aura l'effet d’une petite révolution sur le milieu universitaire et la vie intellectuelle au Québec» parce que, en plus d’être un modèle de précision et de rigueur, il déplaira autant aux fédéralistes qu’aux souverainistes.Les premiers, s'ils sont de tendance centralisatrice, seront obligés de constater que l’esprit de 1867 contredit leur vision et, s'ils sont de tendance décentralisatrice, ils devront admettre que l'évolution du pacte originel contredit leur désir.Les souverainistes, pour leur part, n'accepteront pas facilement la thèse qui soutient que, jusqu’en 1949, selon les mots de Laforest, «le fédéralisme canadien a fait somme toute une place relativement généreuse à l’identité culturelle et nationale québécoise».Car telle est, en effet, l’idée centrale de cet essai d'herméneutique constitutionnelle: pour le Québec, le pacte fédératif originel consistait à «s’unir avec d’autres entités politiques en des matières d'intérêt commun, tout en conservant une entière liberté d’action quant aux matières liées à la survie et à l’épanouissement de son identité culturelle distincte» et, jusqu’en 1949, cette approche fut à peu près respectée.Ce que montre Eugénie Brouillet, c’est que tant que le Comité judiciaire du Conseil privé de Londres fut chargé d’interpréter le pacte de 1867, l’équilibre originel souhaité par le Québec n’a pas trop souffert A partir de 1949, toutefois, c’est-à-dire au mo- ment où la Cour suprême du Canada devient le dernier tribunal d'appel en toutes matières, violence fut faite «tant à l'esprit qu d la lettre de la Constitution», et ce, toujours en faveur de la tendance fédérale centralisatrice, alors que l’évolution de l'ordre mondial (plus d'echanges de toutes sortes) aurait exigé le contraire dans une perspective québécoise.La Loi constitutionnelle de 1982 constitue en ce sens le symbole d'une évolution qui nie l'esprit du pacte fédératif originel.Si la diversité culturelle ne nous dit rien qui vaille, on peut, écrit Brouillet rester indifférent à cette évolution et accepter avec resignation, voire en s'en rejouissant, la dissolution de l’identité québécoise dans l'identite canadienne.Toutefois, ajoute-t-elle, «s'ils décidaient à l’inverse de continuer d’exister en tant que nation distincte, les Québécois auront à choisir, à l’issue d’une décision démocratique, de repretuire les rênes de leur destin culturel collectif en assumant les pleins pouvoirs d'un État souverain».Interprétation historique et politique Tout compte fait, et contrairement, dans une certaine mesure, à ce qu’affirme le professeur Laforest c’est essentiellement aux fédéralistes en tout genre que cet ouvrage déplaira puisqu’il leur dit que leur option est devenue incompatible avec la survie de l'identité culturelle québécoise, qui passe nécessairement, aujourd'hui, par la souveraineté.Bien sûr, les historiens et sociologues de tendance nationaliste trouveront à redire sur une partie de la thèse, c'est-à-dire celle qui affirme que le pacte de 1867 pouvait être favorable à la survie et au développement de l'identité québécoise, mais ils ne pourront néanmoins qu'être d’accord avec les conclusions de cet ouvrage, d'autant plus retentissantes quelles proviennent d'une savante qui n’est pas associée à une démarche militante.Ceux, d'ailleurs, que cette logique interprétative intéresse auraient intérêt à lire les travaux du philosophe Michel Seymour, dont l'argumentaire souverainiste s’inspire d'une semblable démarche.Le fédéralisme canadien aurait pu, suggère-t-il lui aussi, convenir au Québec.On sait, aujourd’hui, compte tenu de son évolution, que ce n'est plus le cas.Sur le plan de l’interprétation historique, je le rappelle, cette thèse fait débat dans les rangs souverainistes.Pour certains d'entre eux, en effet, le régime fédéral n'a Le ministre de la Justice Jean Chrétien et le premier ministre Pierre Elliott Trudeau lors des négociations constitutionnelles de 1982.toujours voulu que l’assimilation du peuple québécois de langue française.Sur le plan de l’analyse poli tique de la conjoncture actuelle, toutefois, élit' récon cilié les souverainistes de principe, ou de longue date, avec les déçus, une fois pour toutes, du fédéralisme renouvelé, qu’il soit rouge ou bleu.louiscornellieriaparroinfo.net \A NÉGATION DE IA NATION L’identite a lu rkui: québécoise ET LE EÉDÉRAL1SME CANADIEN Eugénie Brouillet Septentrion Sillery, 2005,481 pages T T E K A 13 K E ES A G N OLE Rendons grâce à Mastroianni MASTROIANNI-SIR- MER Enrique Vila-Matas Traduit de l’espagnol par Pierre-Olivier Sanchez Editions du Passage du Nord/Ouest Albi, 2005,244 pages JEAN-FRANÇOIS NADEAU r Ecrivain barcelonais né en 1948, collaborateur du Magazine littéraire, Enrique Vila-Matas est auréolé d’une gloire littéraire qui s’appuie sur une exceptionnelle érudition et un sens de l’ironie qui demeure forte même en traduction.«Je suis écrivain parce que j’ai vu Mastroianni dans La Notte d Antonioni», écrit-il dans Mas-troianni-sur-Mer.Ce recueil au titre curieux rassemble des commentaires, des conférences et des textes de commande inédits ou publiés notamment dans le Magazine littéraire, Courrier international et El Pais.Vila-Matas y parle entre autres choses de sa bibliothèque, de son «cabinet Marcello Mastroianni noir», comme il l’appelle.Avant de se mettre à écrire, comme un gymnaste effectue ses étire- SOURCE TELE QliEBKC ments, il explique comment il lit et relit, cigarette au bec, des auteurs susceptibles de le rendre meilleur, de l'inspirer, de l'encourager à écrire.Au nombre des auteurs cités, on trouve avec surprise un certain Jan Hydejeck, auteur pragois qui.n’existe pas et dont le nom est en fait un anagramme proprement littéraire de Dr Jekyll et Mr.Hyde.Enrique Vila-Matas écrit et pense tout comme il s’en va rencontrer la nièce de Léon Trotski à New York: «essentiellement excité par l’idée que le voyage pourrait être romanesque».A la manière de Franz Kafka à Felice Bauer, il pourrait dire qu'il n'a pas une tendance à la littérature mais bien qu'il est tout entier littérature.Et comme Witold Gombrowicz qu’il estime beaucoup, Vila-Matas a compris que «l’art consiste précisément à ne pas écrire ce que l'on a à dire, mais quelque chose de complètement imprévu».De page en page, on va ainsi de surprise BÉDÉ Deux inventeurs très inventifs ! ANNE MICHAUD Créé en 1998 par l’auteur-illus-trateur Jacques Goldstyn pour le magazine Les Débrouillards, Van l'inventeur en est aujourd'hui la vedette puisque les pages où sont racontées ses aventures sont les plus appréciées des lecteurs.D faut dire que plusieurs des inventions de Van ont de quoi faire rêver les jeunes: des patins à réaction, une boîte à lunch anti-voleurs.une tondeuse Formule 1, un sac d’école auto-portant et toutes sortes d'autres gadgets destinés a simplifier la vie quotidienne.A moins que Van ne décide de s'attaquer aux grands problèmes de la planète tels que le réchauffement global, le trou dans la couche d'ozone ou la pollution des océans.Chose certaine, c'est un jeune homme qui ne manque ni d'imagination ni d'ambition! Ce petit génie de l’électronique fait maintenant l’objet d'un album eponyme où sont réunies toutes les planches publiées entre 1998 et 2003, soit quarante-quatre inventions et autant d’aventures cocasses qui vont rejouir les jeunes lecteurs.et peut-être les inciter a poursuivre leurs etudes en sciences! VAN L’INVENTEUR Jacques Goldstyn Bayard jéiîésse Canada, col •Les Débrouillards» Montréal.2005,48 pages (6 ans et phis) Poésie et sens de l’humour Pour sa part, Archimède Tire-lou est un personnage né de la plume de fauteur-illustrateur Fabrice Boulanger et qui semble tout droit sorti d’un conte de fées.Sa première aventure, Une idée de grand cru, raconte comment Archimède se lance dans l’élaboration d'un appareil pour pétrir la pâte dans le but de gagner le cœur de mademoiselle Suzette, la pâtissière.Malheureusement, les idées lui manquent et celles de ces ancêtres (puisqu’on est inventeur de pere en fils dans cette famille), conservées dans de vieux tonneaux de chêne comme des grands vins, semblent totalement inutiles.Grands et petits seront instantanément charmés par la poésie et le sens de l’humour qui se dégagent des textes et des illustrations de Fabrice Boulanger.Vivement d'autres aventures d'Archimède Tirelou! .ARCHIMÈDE TIRELOU, INVENTEUR: UNE IDÉE DE GRAND CRU Fabrice Boulanger Editions Michel Quintin Waterloo.2005,32 pages (3 ans et phis) Collaboratrice du Devoir Miberté 'iii Paris se montréalise-t-il ?Michelle Blanc Luis Carlos Fernéndez Fulvio Cacda Robert Lalonde Sylvestre Clancier Christian Monnln Use Gauvtn René Vlau Robert Glroui lean-PhlIIppe Warren lacques Godbout Naim Rattan Michel Madore Dominique Noguez Bernard Pozler Robert Richard raSE- : r » :.I
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