Le devoir, 6 avril 2002, Cahier F
L K DEVOIR.LES S A M E l> I « ET I) I M A X ( Il E 7 AVRIL 2 (I II 2 LE DEVOIR Religion Vocations u 'll ifr’iii U Églises et société Comment les Églises d'Amérique réagissent à un nouvel état social et à une évolution des habitudes religieuses.Page 2 Communautés québécoises Les communautés religieuses ont.depuis longtemps, investi de nombreux domaines d'intervention sociale, argent sonnant à l’appui Page 3 Vocation, peut-être.Mais laquelle et pour qui?Quand les sociétés se transforment, les images qu’on leur propose ne sont plus les mêmes.Au moment oê l’Église québécoise est devenue multiculturelle, il y aura bientôt à Montréal un congrès dont LA THÉMATIQUE PEUT SURPRENDRE: LA PASTORALE DES VOCATIONS.À PROPOS DES VALEURS QUI ANIMENT LES SOCIÉTÉS.Église est redevenue laïque.Elle, qui en Occident latin était omniprésente, voit partout ses fidèles se faire plus rares: statistiquement, au nord du 49e parallèle, seulement 5 à 10 % des catholiques se rendent régulièrement au temple.Au Québec, on peut dire sans contestation qu'il y a eu une désaffection envers l’Église traditionnelle: «Depuis le début de la Révolution tranquille, il y a une quarantaine d’années, on a connu comme une expérience de désert.» Ainsi parle Serge Toupin, maître de noviciat chez les frères du Sacré-Cœur.Le nombre des prêtres et des personnes faisant vœux religieux est en déclin.Pourtant, d’autres les remplacent dans des fonctions qui leur étaient normalement déléguées: ils sont devenus diacres: «Des gens lui parlent [au diacre], dira Claude Laliberté, qui depuis 1981 exerce une telle fonction, il devient une référence, un répondant, me courroie de transmission entre ceux qui ont des besoins et ceux qui sont à la tête delà communauté chrétienne.Le diacre doit également tenter de susciter du bénévolat et il est, en ce sens, un animateur de services.» Le visage de l’Église se transforme.S’il est loin le temps où le pouvoir civil se faisait le «complice» d’un statu quo.empêchant l’exercice d’une foi étrangère (certains se souviennent encore des démêlés d’un Duplessis avec les Témoins de Jéhovah), des changements plus profonds ont aussi eu lieu.Écoutons, pour le constater, M117 André Rivest quand il parle de cette Eglise qui était francophone et, d’une lointaine souche, française: «Peu de gens le savent, mais chaque semaine, dans le seul diocèse de Montréal, ta messe est célébrée en 26 ou 27 langues.D’ailleurs, au Grand Séminaire de Montréal, environ 40% des candidats à la prêtrise proviennent des autres communautés culturelles.» Prosaïsme Quand Le Caravage peignit L’Appel de saint Matthieu, tableau civil exécuté au temps de la grandeur baroque, il n’y eut point d’enthousiasme chez les Romains.Le tableau était de nature trop prosaïque.Le personnage du Christ, cet homme debout dans la partie droite de l’œuvre, y jouait un rôle trop mineur et même le jeune compagnon du futur apôtre semblait avoir plus de présence que celui-ci, homme plus âgé à la barbe fournie.En fait, les laïcs y étaient resplendissants quand les «élus» se voyaient représentés sous des habits pauvres.N’eût été de la lumière qui illumine l’œuvre.la scène n’aurait point dépassé le niveau du lieu qui l’abrite: une taverne d’époque, du temps de l’artiste, non du lieu de l’histoire.Cet Appel apparaît aujourd’hui prémonitoire.Quand les Églises catholiques d’Amérique se rencontrent, ce qu’elles feront à Montréal du 18 au 22 avril prochains, pour promouvoir une pastorale des vocations, elles savent que l’occasion ne donnera point lieu à une démonstration spectaculaire.Elles savent que les valeurs des sociétés contemporaines supposent la réussite, surtout matérielle, le confort, voire l’oubli de tout ce qui ne témoigne point d’une abondance de biens.En contrepartie, elles pourront espérer recueillir les fruits d’un temps où im certain conservatisme est de mise (le néo-libéralisme en politique décrit très bien le monde occidental), même si ce n’est point à.cette tendance que plusieurs des Églises américaines se rattachent: il suffit à ce sujet de se remettre en mémoire, les actions et Ips paroles passées des Églises de l’Amérique latine pour voir comment les concepts de justice sociale déterminent les gestes quelles posent En ces temps troubles (quand le catholicisme américain est touché par une série d’attaques et de procès occasionnés par des gestes passés posés par ses pasteurs), il semble qu’il soit justifié de prêcher un retour vers ces concepts de justice, d’insertion dans les communautés, vers toute action qui soit de nature sociale.Comme le dit une Ma-riste, «on est en train de passer d’une Eglise de bâtisse à une Église de rue».S’il est loin le temps où dans une société, comme cela fut au Québec, il était de bon ton de compter une vocation parmi les membres d’une famille (d’autant plus que même la famille n’est plus un concept qui décrit le mode opérationnel des vies quotidiennes), il est aussi loin le temps où les notions de service communautaire décidaient des orientations professionnelles futures de ses jeunes générations.Aussi, il faut comprendre qu’un sous-thème latent à cette rencontre, à ce Congrès continental des vocations, est le retour vers les valeurs du christianisme originel: la justice, la générosité.En fait, indépendamment d’un discours qui porterait sur la foi, si un tel appel était entendu, les sociétés, dans leur ensemble, ne s’en porteraient que mieux.Au temps de la mondialisation.il n’y a pas que le commerce, sous ses diverses formes, qui doit servir de mesure pour évaluer la qualité des échanges.Normand Thériault Le Caravage.L’Appel de saint Matthieu.1599-1602.On est en train de passer r d’une Eglise de bâtisse à une Eglise de rue I Congrès Vocaciàn, Don de Dieu, Given for God's People Page 2 Formation Séminaires et noviciats Page 4 Diaconat L'autre Église Page 5 ! L K l) E V 0 I R .LE S S A M E D I 6 ET 1) I M A X C H E 7 AVRIL 2 0 0 2 F 2 VOCATION'S Églises et société Les défis du catholicisme contemporain Déclin en terre québécoise et montée en Amérique latine Congrès continental des vocations La rencontre des Eglises américaines Vocaciôn, Don de Dieu, Given for God’s People décrit le caractère multiculturel de l'événement Statistique Canada informe que seuls 5 à 10 % des catholiques canadiens se rendraient à l’église de façon régulière.En Amérique du Sud, les séminaristes étaient, en nombre, 17 808 en 1994 contre 5041 en 1970.Comment les Églises d’Amérique réagissent à un nouvel état social et à une évolution des habitudes religieuses.MADELEINE LEBLANC Comme on le sait, l’Église catholique est actuellement secouée par une vague sans précédent de scandales relatifs à des cas de pédophilie impliquant de qombreux prêtres tant aux Etats-Unis qu’ailleurs dans le monde.Cette situation a même incité son chef suprême, le pape Jean-Paul II, à sortir de sa réserve et à émettre une série de nouvelles règles incitant les évêques à rapporter directement au Vatican tout cas d’abus sexuel.Un tribunal composé exclusivement de prêtres devrait ensuite traiter chaque cas, ce qui devrait assurer une procédure uniforme pour la suite des choses.Que l’on remette en cause ou non le célibat des prêtres, que l'on spécule ou pas sur les causes profondes des nombreuses déviances rapportées, et sans être en mesure d’établir un lien cay-sal, ce qui est sûr c’est que l’Église catholique est, dans plusieurs régions du monde, en perte de vitesse.Cet état de fait semble, au Canada du moins, partagé par l’ensemble des religions.Statistique Canada, toujours friande de tendances sociales, rapportait à l’hiver 2000 le déclin spectaculaire de la pratique religieuse régulière au Canada ces 50 dernières années et faisait état que le pourcentage de la population s’adonnant à un tel rituel était passé de 67 % en 1946 à 22 % en 1998 alors que seuls 5 à 10 % des catho-liques canadiens se rendraient à l'église de façon régulière.Au cours de la dernière décennie.SOURCE TOURISME QUÉBEC ise3s! mm * L’église Notre-Dame, dans le Vieux-Montréal.c’est au Québec que cette baisse serait la plus marquée.La religion étant un instrument de cohésion sociale — les pratiquants éprouvant habituellement un lien plus fort envers leur communauté que les autres citoyens —, on comprend que des institutions officielles se préoccupent de l’évolution des habitudes sociales en la matière.Nouvelles tendances Germain Tremblay, adjoint au secrétaire général de l’Assemblée des évêques catholiques du Québec (AEQ) rappelle toutefois qu’il n’existe pas d’étude exhaustive qui tenterait d’établir l’état exact actuel de la pratique religieuse.Rappelons que l’Assemblée des évêques du Québec (AEQ) est l’association de tous les évêques ayant charge pastorale dans un diocèse situé en territoire québécois.M.Tremblay souligne que si le taux de pratique est faible, de nouvelles tendances ou façons de vivre la foi n’en émergent pas moins.Ainsi, pour certaines personnes, la pratique religieuse passerait par exemple par l’exercice de la charité.Le bénévolat s’effectuerait pour certains au nom de leur foi.D’autres s’adonneraient à des rencontres de prière et partageraient leur foi autour de l’Évangile par petits groupes.«La façon de pratiquer sa foi est très diversifiée.Les croyants d’aujourd’hui ne se situent pas en dehors du monde.Ils ont souvent un esprit scientifique et un questionnement très sain.Leur pratique est teintée de cet esprit plus moderne que l’on retrouve même chez les jeunes.Mon enfant de 11 ans me demande de lui prouver que le texte de la création dans la Genèse est exact et que tout n'a pas commencé avec le big-bang.Ce type de réaction nous remet en question.Cette mentalité nous amène à revoir notre attitude face à la foi, à la vision de Dieu, à notre compréhension de la vie et de la mort.» Défis Devant cette baisse de la fréquentation régulière des offices religieux, l’Église catholique ne fait pas de prosélytisme et ne cherche pas à entraîner de nouveaux adeptes.M.Tremblay reconnaît que plusieurs ont cette nostalgie du temps où la majorité des citoyens québécois al- Hommage de l’Église de Gatineau-Hull Que le Seigneur enuoie des oui ’rien \s et des ouvriers à sa moisson Archidiocèse de Gatineau-Hull 180, boul.Mont-Bleu Hull (Québec) J8Z 3J5 Téléphone: (819) 771-8391 Télécopieur : (819) 778-8969 Courriel : communicationOdiocesegatineau-hull.qcxa Site internet : www.diocesegatineau-hull.qc.ca les Soeurs de Sainhjosepli de Saint-Jlyaeinthe M Une congrégation vouée à l’éducation intégrale de la jeunesse et à l'évangélisation des pauvres.Ah service de l'Église du Québec depuis 1877 805, av.Raymond, Saint-Hyacinthe.Qc J2S 5T9 Tél.: (450) 773-6067 Téléc.: (450) 773-8044 laient a l’église.D’autres tentent cependant de comprendre la pertinence et la place de l’Église dans le monde actuel.Plusieurs congrès et sessions d’études se tiennent dans ce sens.En août dernier, quelque 650 personnes — prêtres, agents de pastorale, etc.— étaient réunies à Québec.Ce rassemblement voulait marquer un nouveau siècle d’évangélisation et permettre de s’interroger face au défi de l’annonce de l’Évangile aujourd'hui.«On a voulu chercher ensemble et à Québec, lieu même où la foi s’est implantée en Amérique, les défis à relever pour ce nouveau millénaire», explique-t-il.«L’objectif principal était de se laisser toucher par les drames et les espoirs des femmes et des hommes qui composent la société, de comprendre comment on pouvait les accompagner au mieux dans leur quête spirituelle face aux besoins ressentis aujourd’hui une fois que l’on a bien compris que la mission de l’Eglise, qui est toujours la même soit d’annoncer la Bonne Nouvelle, ne peut se faire en faisant fi de ce qu’est le monde aujourd’hui: post-moderne, interrogateur, libre, réfractaire aux institutions, à l’autorité et à la hiérarchie, alors que la liberté d’expression et la liberté sexuelle sont très valorisées.» Comme quoi, un vent de renouveau semble bel et bien souffler et une volonté de relire le chemin parcouru, de dégager les principaux enjeux et d’identifier les principales pistes d’avenir semble bien réelle.Plus de 100 000 vocations Il n'y a toutefois pas de portrait homogène de l’Église dans le monde.La situation de l’Église en Amérique du Nord et en Amérique du Sud est très éloquente à cet effet.Par exemple, en 1994 e,n Amérique du Nord (Canada, États-Unis et Mexique), le nombre de grands séminaristes (personnes qui se préparent à devenir prêtres) était de 5692 alors qu’en 1970, ils étaient 14 365 candidats.Par contre, en Amérique du Sud, ils étaient 17 808 en 1994 et n’étaient que de 5041 candidats en 1970.ÛEurope connaît une baisse alors qu’on y comptait 33 971 séminaristes en 1970 et 29 511 en 1994; on dénote une légère hausse en Asie du Sud et une explosion en Afrique où l’on passe de 3400 aspirants en 1970 à 17 125 en 1994.Dans l’ensemble du monde, on est passé de 72 991 candidats en 1970 à 105 075 séminaristes en 1994.Le phénomène de diminution de la relève se manifeste donc essentiellement en Amérique du Nord et en Europe.Plusieurs causes peuvent bien sûr expliquer ce phénomène.En schématisant, on se rappellera qu’au Québec, la Révolution tranquille a permis un vept de libération par rapport à l’Église.En Amérique latine, contrairement à ici, l’Eglise aurait permis aux peuples de se libérer et de réaliser qu’ils avaient des droits inaliénables: alors que le joug de bien des dictatures a sévi, l’Eglise catholique leur aurait conféré une certaine dignité.Qui sait qu’à Montréal seulement, les offices religieux catholiques sont célébrés dans près de 30 langues?Qui sait qu’un congrès réunira dans cette même ville les églises des .Amériques?Présentation d’un congrès et des thématiques et débats qui l’animeront.PIERRE VALLÉE ,.\T ocacion, Don de Dieu, Given for God’s People." '' V Tel est le thème trilingue du Troisième Congrès continental sur les vocations au ministère ordonné et à la vie consacrée en Amérique du Nord qui se déroulera à Montréal du 18 au 22 avril 2002.Congrès organisé par la Conférence des évêques catholiques du Canada et lUnited States Conference of Catholics Bishop de concert avec l’Œuvre pontificale pour les vocations ecclésiastiques, l'événement a lieu à l’invitation du pape Jean-Paul II et fait suite aux deux congrès précédents, soit ceux de Sào Paulo en 1994 et de Rome en 1997.Le choix de l’espagnol, du français et de l'anglais pour exprimer le theme reflète bien la diversité culturelle de l’Amérique du Nord puisque ce sont là les trois plus importants groupes linguistiques du continent."Vocaciôn fait référence à la vocation qui est l’appel de Dieu, explique IVfr André Rivest de l’Archevêché de Montréal, qui a agi comme évêque-aviseur pour le Congrès.Mais l'appel de Dieu est un don de Dieu et aussi un don qui est fiait à l’ensemble de la société.Toute vocation est à la fois un appel et un don.» Pastorale et théologie Selon le programme officiel du Congrès des vocations, ce dernier s’est donné trois objectifs: établir une atmosphère positive pour la pastorale des vocations en Amérique du Nord, unifier et guider l’Église nord-américaine dans la promotion et l'accompagnement des vocations et accueillir dans l’espérance les futurs ouvriers et ouvrières de la moisson.Les congressistes seront appelés à célébrer l’appel de Dieu et notre réponse, à réfléchir aux aspects théologiques et pastoraux impliqués dans le contexte nord-américain et à poser les jalons d’un plan pastoral concret Cinq importantes conférences seront prononcées sur les sujets suivants: la théologie de la vocation: la culture nord-américaine et ses répercussions sur le climat des vocations, les défis que posent la diversité culturelle; les jeunes pdultes d’aujourd’hui; les vocations et la mission de l’Église.Seize ateliers aborderont divers thèmes et permettront d’approfondir la réflexion.L’Eucharistie sera célébrée à trois occasions: à la basilique St Patrick’s, à la cathédrale Marie-Reine-du-Mon-de et à la basilique Notre-Dame.On attend environ 1000 à 1200 congressistes en provenance du Canada, des États-Unis, du Mexique, des Antilles et de Rome.Parmi ceux qui prendront part à l’événement, on compte évidemment des évêques, des prêtres, des religieux et des religieuses mais aussi plusieurs participants du monde laïc, notamment des jeunes et des parente.«Nous avons accordé une attention toute particulière à la présence des jeunes et à ceux qui les côtoient, explique l’abbé Raymond Lafontaine, coprésident du Congrès des vocations.Plus de 125 jeunes seront présente ainsi que 50 parents.M81 Rivest, quant à lui, ajoute que «nous n'avons pas voulu d’un congrès sous cloche pour spécialistes uniquement.» Quelques pistes de réflexion La première conférence porte sur la théologie de la vocation: «Qu’est-ce que Dieu a à nous dire par rapport aux vocations?», explique M8’ Rivest.D s'agit donc d’interroger les racinçs bibliques, les Saintes Ecritures, ainsi que ce que l’Église a dit tout au long de son histoire, à propos de l’expérience ecclésiale.Un des mandate du Congrès des vocations est de se pencher sur la culture nord-américaine et c’est le sujet de la deuxième conférence.«Nous allons chercher à décrire dans quel bain culturel se trouve aujourd’hui la question des vocations.» Selon l’abbé Lafontaine, il y a des avantages et des désavantages à vivre dans un continent riche.«Les jeunes ont tous les choix, dit-il, et les valeurs véhiculées en société sont le matérialisme et l’individualisme.Dans pareil contexte, faire le choix d’une vie consacrée à une vocation n’est pas évident.D’autant plus que le choix d’une vocation ne se compare pas au choix d'une profession.Le choix d’une vocation est un choix de vie qui etigage l’être tout entier et c’est un engagement permanent.Beaucoup de jeunes ne croient tout simplement pas à la possibilité de permanence.» REUTERS Le Troisième Congrès sur les vocations aura lieu à Montréal à l’invitation du pape Jean-Paul IL , La diversité culturelle pose aussi un nouveau défi à l’Église.L’Église nord-américaine n’est plus monolithique comme elle le fiat par le passé.«Peu de gens le savent, précise M81 Rivest, mais chaque semaine, dans le seul diocèse de Montréal, la messe est célébrée en 26 ou 27 langues.D’ailleurs, au Grand Séminaire de Montréal, environ 40 % des candidats à la prêtrise proviennent des autres communautés culturelles.» Quelle relation et quel lien l’Église doit-elle entretenir avec ces différentes cultures?C’est une question qui se pose à l’Église d’aujourd’hui.La présence des jeunes «Biensûr, il y a des vocations tardives, mais c’est exceptionnel et ce n’est pas le meilleur terreau, avance M8' Ri-vest Les jeunes bousculent et mettent au défi l’Église et ils sont un jacteurde changement.» C’est pour cette raison que le Congrès des vocations accorde une attention toute particulière aux jeunes, tant par leur présence en bon nombre au Congrès que par le choix de sujets qui les préoccupent «Être à l’appel de Dieu, choisir une vocation, ça ne se décide pas du jour au lendemain, explique l’abbé Lafontaine.Il faut créer une atmosphère de discernement vocationnel qui permet d’accompagner les jeunes.» Selon l’abbé Lafontaine, ce n’est pas l’absence de foi chez les jeunes qui constitue le principal obstacle au recrutement mais bien plutôt le manque de connaissance.«Plusieurs jeunes n 'ont même jamais parlé à un prêtre.Comment alors peuvent-ils choisir une vie qu’ils ne connaissent même pas?» fl déplore aussi le manque d’accompagnement dans les familles.«Autrefois, chaque famille souhaitait la présence en son sein d’un prêtre, d’un religieux ou d’une religieuse.Ce n ’est plus le cas aujourd'hui.Devant un jeune qui est tenté par le choix d’une vocation, les familles sont souvent consternées.» D déplore aussi la sécularisation de la société et le fait que les prêtres et les religieux sont moins présente dans la vie des gens.Vœux et recrutement Sœur Susan Kidd abonde dans le même sens.Membre du comité exécutif du Congrès des vocations, sœur Kidd prononce de nombreuses conférences dans les écoles à travers le pays.«Lorsque j’aborde la question des vœux de chasteté, de pauvreté et d’obéissance, les jeunes au départ n’y comprennent rien.Une vie sans sexualité leur apparaît impossible.Mais lorsque j’explique que le vœu de chasteté n ’est pas le refus de l’amour, que sans doute je ne serai jamais riche mais que je ne manquerai de rien et qu’en matière d’obéissance, l’Eglise est plus collégiale qu’autrefois, tout à coup, le choix d'une vocation leur semble moins étrange.» Elle rajoute aussi que pour les jeunes filles, la place des femmes dans l’Église pose un nouveau défi.Au sujet du recrutement des jeunes dans l'Église, tous deux affichent une espérance qu’ils fondent sur les jeunes eux-mêmes.«Le matérialisme et l’individualisme sont des valeurs qui ne répondent pas complètement aux besoins des jeunes, explique sœur Kidd.Plusieurs rêvent d'une vie plus communautaire, axée davantage au service de l’autre, ce que l'Église est en mesure de leur offrir.» Selon M88 André Rivest le Congrès des vocatiops est aussi une excellente occasion pouf présenter l'Église non pas uniquement comme une Eglise de culte et de célébrante mais aussi comme une Eglise inscrite dans la réalité sociale de l’être humain.«Rien de ce qui est humain n 'est étranger à l’Église.» Signe des temps, on peut obtenir de plus amples renseignements sur le Congrès des vocations à l'adresse Internet suivante: www.vocations2002.org.LES RELIGIEUSES DE LA PRÉSENTATION DE MARIE SNJM partagent l’Espérance que fait naître le Congrès des vocations.UNE PRÉSENCE ÉDUCATIVE POUR PROMOUVOIR La flamme ardente de Marie Rivier notre fondatrice, allumée il y a déjà plus de 200 ans, brûle encore aujourd'hui pour ANNONCER JÉSUS CHRIST AUX JEUNES.Nous voyons l’urgence de répondre à leurs attentes.l’amour, la justice et la paix Ouvertes aux valeurs des différentes cultures par l'internationalité de notre communauté, nous sommes solidaires du monde vers lequel nous sommes envoyées.Les Sœurs des Saints Noms de Jésus et de Marie du Québec 925, rue Riverside, Saint-Lambert (Québec) Canada J4P 1C2 Téléphone : (450) 672-5461 • Télécopieur : (450) 672-7430 Courriel : snjmqc@total.net • Site web : www.snjm.qc.ca LES SOEURS DE LA PRÉSENTATION DE MARIE 3«X> Bélanger.Montreal (Québec! MIX 1B1 650 Girouard Ouest, Saint-Hyacinthe (Québec) J2S 2Y4 I4*; Pt*met.Sherbrooke (Québec) JIG 2Y6 \ 1 1 \ LE DEVOIR.L E S S A M E D I ti E I I) I M A S V II E A V K I I 2 O O 2 VOCATIONS Eglise québécoise L’opposition silencieuse Les communautés religieuses ont investi tous les secteurs de l’action sociale Pendant des siècles, les communautés religieuses ont mené la destinée des soins de santé et de l'éducation au tjuébec.Puis, portées par le libéralisme des années 60, elles ont été lentement mais sûrement poussées en dehors des grandes institutions devenues résolument publiques.De l’immigration à l’environnement, en passant par la violence faite aux femmes, elles ont depuis investi de nombreux domaines d’intervention sociale, argent sonnant à l'appui.Résultat: bien que plus diffuse, leur présence pèse lourd sur la définition des nouvelles politiques publiques.Un nouveau rapport de forces dont elles se réjouissent, convaincues que leur rôle dépasse largement celui de l’intervention directe auprès des gens.Histoire de luttes pour la dignité humaine, histoire d’opposition silencieuse.GUYLAINE BOUCHER De l'autre côté de la table, tout sourire, elle me regarde et acquiesce.Oui, la représentation politique fait partie des préoccupations quotidiennes des communautés religieuses.«Et c’est tant mieux.», laisse-t-elle tomber avant d’ajouter «qu’il ne s’agit pas juste dé faire de l’assistance pour réparer les pots casés, il faut aussi aller voir aux causes.Si les causes d’un problème de déforestation sont de l’ordre de la réglementation et des politiques c’est sur ce plan-là qu’il faut intervenir», affirme, convaincue, Gisèle Turcot, religieuse en charge de la communauté de l’Institut Notre-Dame-du-Bon-Conseil de Montréal.Justice sociale Dans les faits, les gestes ont rejoint la parole depuis un certain temps déjà.En 1975, la Conférence religieuse canadienne, région du Québec (CRCQ), qui réunit tous les leaders des communautés religieuses de la province, mettait sur pied un Comité de justice sociale.Dès le départ, le comité adopte une stratégie de promotion collective.On souhaite, non seulement, que les gens des milieux populaires s’organisent et prennent en charge leur condition de vie, mais luttent également ensemble pour une organisation du travail et des politiques qui tiennent compte de leurs intérêts.La volonté d’influencer l’action gouvernementale est d’ores et déjà clairement établie.Près de 30 ans plus tard, les exemples susceptibles d’illustrer cette volonté ne manquent pas.Depuis deux ans par exemple, le Comité de justice sociale de la CRCQ s'intéresse aux questions de protection de l’environnement.«L’idée derrière nos actions est toujours d’être près de la population.explique Gisèle Turcot.La question des forêts, par exemple, touche tellement de gens que nous avons senti le besoin de secouer le gouvernement et l’opinion publique.La CRCQ a même déposé un mémoire à la commission parlementaire qui vient d’avoir lieu sur le sujet.» ARCHIVES LF.DEVOIR Fortes d’une imposante tradition de mission à l’étranger, les communautés religieuses sont aussi très présentes dans l’accueil des immigrants.Un défi pour toi Vivre à la manière de Jésus Donner un sens à ta vie Prier avec d'autres CONNAIS-TU LA CONGRÉGATION DE SAINTE-CROIX ?Appelle au (514)733-6111 ou écris à : pastovoc@videotron.ca Yvon Cousineau, esc Françoise Hébert, esc Élimination de la pauvreté Dans un autre registre, les communautés religieuses et la CRCQ ont aussi largement contribue à la rédaction du projet de loi sur l’élimination de la pauvreté dirigé par le collectif du même nom.«Dès le début quand Viviane Labrie, qui est la figure de proue de ce mouvement, a lancé l’idée d'une telle loi, les communautés religieuses ont énormément aidé a financé le projet, à rassembler des groupes et à faire signer des pétitions, raconte Gisèle Turcot.Nous avons analysé le projet de loi, fait des recommandations.La CRCQ a aussi envoyé un mémoire au gouvernement pour lui dire qu'on ne peut pas se limiter à l'assistance.Quand la pauvreté a vraiment une raison économique, il faut que collectivement on se trouve des moyens de ne pas appauvrir le cinquième le plus pauvre de la population.Si on veut un minimum de justice sociale, on ne peut pas travailler à la pièce.Il faut qu’on intègre des concepts de justice sociale dans la charité quotidienne.C’est ce que le projet de loi prône.» L’action politique des communautés ne se limite pas au Québec.En 2000, elles ont non seulement financé la Marche mondiale des femmes, mais elles ont aussi contribué à organiser les groupes un peu partout sur la planète.Plus récemment, l’Association des religieuses pour la promotion des femmes signait, avec l'Union internationale des supérieures générales, une déclaration de solidarité concernant toutes les formes de trafic et d’abus sexuel des femmes et fillettes.Depuis, de concert avec le Bureau international des droits de l’enfant, les communautés travaillent à établir une banque de noms de religieuses qui sont à l'étranger, qui travaillent avec des enfants et qui pourraient devenir des observatrices de l’application du Protocole international des droits de l’enfant.Action directe Résolument engagées dans un processus de représentations politiques, les communautés religieuses n’ont pas pour autant renoncé, à l’action directe sur le terrain.A Montréal, Québec, Trois-Rivières, Alma, Valleyfield, les projets portés ou développés sous l’égide des communautés religieuses sont en effet légion et vont de la soupe populaire au centre d’écoute pour parents en difficulté.Dans le Vieux-Québec par exemple, pendant que les touristes défilent inlassablement, la Maison Dauphine accueille les jeunes de la rue et intervient auprès d'eux en ce qui à trait à la toxicomanie, l’itinérance, la prévention des MTS et du Sida, etc.En 1998, l’organisme mettait même sur pied la première Ecole de la rue au Québec.Fondé par sœur Cécile Girard, le projet de formation a été jusqu’à présent fréquenté par 170 jeunes et a permis à 27 d’entre eux de terminer leur secondaire.Fier des résultats obtenus jusqu’à présent, Michel JACQUES URENIRR LU DEVOIR L’Accueil Bonneau a été fondé et est toujours dirigé par des représentants des communautés religieuses.Boisvert, père jésuite et directeur général de la Maison, confirme que le nombre de finissants est en croissance d’année en année et qu'un certain nombre de jeunes sont inscrits sur la liste d’attente pour bénéficier du service.«Après être intervenu auprès des jeunes quant aux services de première ligne et d’urgence, nous leur offrons un deuxième niveau de service que sont l'école et le programme de retour en emploi.Nous avons des critères d'admission très claires et les jeunes qui s’engagent dans ces programmes signent en quelque sorte un contrat avec nous.Ils s'engagent à se prendre en charge et ça marche.» Fortes d’une imposante tradition de mission à l’étranger, les communautés religieuses sont aussi très présentes d;uis l’accueil des immigrants.A Montréal, où la majorité des nouveaux arrivants choisissent de venir s'établir, le Centre social d’aide aux immigrants, fondé par les sœurs de l’Institut Notre-Darne-du-Bon-Conseil de Montréal, a pignon sur rue depuis 1947.Il a offert depuis des services à plus de 150 000 Néo-Québécois.Aide à l’établissement, à la recherche d’emploi, à l’apprentissage du français, au jumelage, les services offerts par l’organisme sont multiples.Et c’est sans compter les désormais célèbres Accueil Bonneau et Le Bon Dieu dans la rue, également fondés et dirigés par des représentants des communautés religieuses.Action préventive De plus en plus, les communautés s’inscrivent aussi dans des démarches de prévention.Ainsi, pendant qu’à Québec, les sœurs du Bon-Pasteur font du tutorat auprès des jeunes du secondaire, question de prévenir le décrochage scolaire, à Montréal, la Maison- La théologie à PUniversité Laval Des programmes d'étude aux trois cycles • Certificat et Baccalauréat en théologie • Maîtrise en théologie (profils recherche et intervention pastorale) • Doctorat en théologie • Doctorat en théologie pratique (type D.Min.), le seul dans la francophonie Des domaines d'étude et de recherche variés • Études bibliques et patristiques • Analyse du discours croyant • Histoire du christianisme • Théologie pratique et intervention pastorale • Éthique fondamentale, biomédicale, sociale et politique • Étude de maîtres spirituels et des mystiques Des entreprises de recherche de pointe • Groupe de recherche en théologie pratique • Groupe de recherche en esthétique et théologie • L’éducation de la foi et l’expérience spirituelle • Mission et inculturation du christianisme • Le Centre d'études Mane-de-ITncamation • Vatican II et le Québec des années I960 Un soutien financier des plus intéressants Pour en savoir davantage • Notre site web: www.ft.sr.ulaval.ca •Téléphone (418)656-3576 (Ull.U 1)1.THtOKK.It FTM semas IELKŒUSCS UNIVERSITÉ LAVAL Aujourd'hui (^éhec.demain le monde.nette des parents, fondée par sœur Madeleine Gagnon des sœurs de Sainte-Croix, travaille entre autres à développer les habiletés parentales, Dans la métropole toujours, l'action préventive contre la violence est supportée par le Centre de formation sociale Marie Gérin-Lajoie (Notre-Dame-du-Bon-Conseil) notamment au moyen du programme «Cultivons la paix» offert en milieu scolaire et en milieu familial.Aux interventions humaines s'ajoute aussi le soutien financier.Pour l’année 2001, la CRCQ estime qu’environ trois millions de dollars en dons ont été attribués par les communautés à des organismes à but non lucratif de toute nature.Un chiffre qui se maintien d’année en année, selon Guy Fortier, responsable du Comité de priorités dans les dons pour la CRCQ et qui ne reflète que partiellement la contribution véritable des communautés.«Les chiffres compilés par la CRCQ sont partiels et n’incluent pas les prêts de locaux, de ressources humaines et l’aide à d’autres organisations comme les centres pour les femmes victimes de violence, les mères monoparentales et certains groupes d’intervention en toxicomanie.» risque du vide Pour Gilles Routhier, professeur au département de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval, l’action des communautés religieuses est si importante que si elles se retiraient soudainement de toute action sociale, les choses iraient très mal.«Elles ne font pas de tapage, mais elles sont très actives.Si, du jour au lendemain, il n'y avait plus de communautés religieuses à Québec ou à Montréal par exemple, la pauvreté nous sauterait aux yeux plus que jamais et la société ne pourrait sans doute plus se laver les mains, comme elle le fait en ce moment, des problèmes découlant de la désinstitutionalisation.» Dans les milieux communautaires, la crainte de voir les communautés religieuses se retirer progressivement de certains dossiers est effectivement très vivace.C’est que le vieillissement accéléré des membres des communautés et le non-renouvellement des effectifs religieux laissent présager le pin1.Reconnaissant le problème, Gisèle Turcot se fait tout de même rassurante.«Dans les années 90, trois personnes sont entrées dans notre communauté et deux sont restées.C’est clair que tout cela nous préoccupe.Si on arrêtait du jour au lendemain, le Québec changerait énormément.C’est un risque, d'autant plus que contrairement à ce qui peut se faire du côté anglo-saxon ou juif, nous n 'avons pas une très grande tradition de laïcs qui prennent en charge complètement des œuvres [de charité].C’est évidemment possible et déjà les communautés vont chercher beaucoup d'autres collaborateurs.Je ne crois pas qu’il faille s’alerter outre mesure, on n ’est pas indispensable à ce point.Je ne doute pas qu ’il y ait des réservoirs d'énergie importants chez les gens.Il y aura toujours des personnes pour défendre la dignité humaine, plusieurs sont déjà à l’œuvre.Il s’agira de faire les choses différemment.» A L'AUBE DU XXIe SIECLE, L'AVENTURE SE POURSUIT.Depuis près de huit cents ans, les Dominicains ou l'Ordre des Prêcheurs (frères, prêtres, laïques, moniales et sœurs) proclament l'Évangile de |ésus Christ.Cette mission se réalise par la vie commu nautaire, la prière, l'étude, la prédication, l'enseignement, l'engagement pour la justice et la paix, le ministère paroissial et universitaire, l'édition, les mass médias et les arts.A QUÉBEC : François Pouliot, o.p.tél.: (418) 523-2005 centredetudesdsprint.ca À MONTRÉAL : Daniel Cadrin, o.p.tél.: (514) 739-3223 poste 334 dancadrin@yahoo.ca À OTTAWA : Guy Lespinav, o.p.tél.: (613) 232-7.363 guylespinay^hotmail.com n L'Ordre des Prêcheurs Sur Internet : http://www.dominicains.ca « I L K I) K V 0 I K .L E S A M E I) I ti ET l> I M A X ( H E AVRIL 2 0 0 2 F 4 VOCATIONS Séminaires et noviciats Les nouveaux séminaristes Québec ou Montréal, la formation des futurs prêtres n’est pas la même Rares et hétérogènes, tels sont devenus les aspirants à la prêtrise tant du côté de Québec que de Montréal.Le temps est révolu durant lequel des cohortes de jeunes hommes poursuivaient des études classiques dans des établissements religieux pour adhérer à la prêtrise ou bifurquer vers des professions dites libérales.RÉGINALD HARVEY \ A l'époque, les prêtres étaient ordonnés après des études théoriques d’une durée de quatre ans.L’expérience pratique se résumait alors à peu de choses, et les nouveaux prêtres devaient acquérir cette dernière sur le las, se rappelle le recteur du Grand Séminaire de Montréal, Marcel Demers, lui-même un séminariste dans les années soixante.!/¦ Grand Séminaire a été fondé en 1840, il est dirigé par les prêtres de Saint-Sulpice et est affilié depuis 1979 à l’Université de latran située à Rome.Aujourd’hui, la clientèle de cette institution est âgée de 21 à 59 ans.Quelques étudiants démarrent leur cheminement vers la prêtrise dès la fin de leur cours collégial, mais la plupart possèdent une expérience du marché du travail ou ont fréquenté l’université.Le profil des prêtres est très modifié de nos jours."C’est très hétérogène et, même pour le choix de cours, c’est vraiment du cas par cas», dit le recteur.Quant à la source première de la vocation, elle relève à son avis d’un désir partagé par tous de se dévouer pour les autres dans un contexte religieux.Il décrit le parcours académique du candidat à la prêtrise.La formation s’étend sur une période cinq ans de cours, dont deux années sont consacrées à la philosophie et trois à la théologie.Après avoir obtenu son baccalauréat en théologie, l’étudiant doit suivre un stage d’une durée d’au moins un an et demi Ce stage avec activités supervisées conduit à une maîtrise en théologie pastorale de premier cycle, soit l’équivalent du Master of Divinity chez les anglophones.«Fendant les études théologiques, il y a déjà des insertions pastorales, donc un peu de travail sur le terrain.Le tout prend la forme d’interventions en milieu hospitalier, en pastorale sociale, jeunesse, paroissiale et autres», précise-t-il.Quant au pourcentage de persévérance de la clientèle, il demeure le même que par le passé: environ 50 % des effectifs de départ complètent leur formation et sont ordonnés prêtres.Le Grand Séminaire accueille présentement 36 candidats à la prêtrise et sept autres sont en stage.Il serait facile d’en recevoir le double.Les recrues se font rares et la mission doit être recentrée selon cette conjoncture: «Il faut complètement repenser l’organisation du ministère en raison du petit nombre de prêtres qui sont actuellement disponibles», constate Marcel Demers.À ce propos, il parle en ces termes des fonctions du prêtre: «Il est au cœur d’une communauté comme signe du Christ qui prend soin de celle-ci.Il est de plus en plus l’animateur d'une équipe au sein de laquelle se retrouvent d’autres prêtres et des laïcs engagés.Il est présent pour toute la population du milieu où il est envoyé pour, théoriquement et en priorité, annoncer la parole de Dieu, ce qui peut prendre bien des formes dont celle de la célébration des sacrements.» Dans la région de Québec L’Acte de fondation du Grand Séminaire de Québec remonte aussi loin qu’en 1663 au même moment où l’Université laval voyait le jour.En cette année-là, il y avait au point de départ cinq séminaristes.En 1959, ils atteindront le nombre de 160; en 1987, la clientèle chutera à 51 étudiants et on en dénombre maintenant 30.Ici comme à Montréal, il serait aisé de dispenser la formation au double de ce nombre de candidats à la prêtrise.Quant à l’hétérogénéité de ceux-ci, elle est de la même eau que dans le secteur de la métropole, à l’exception du volet culturel.Autant sur les plans théorique que pratique, il existe quelque différence dans la formation entre les deux grands séminaires.Recteur du Grand Séminaire de Québec, Réal Grenier souligne que cet établissement privilégie un peu plus la formation humaine en ce qui a trait à la psychologie alors que l’aspect philosophique prend le pas à Montréal.Ici, la maîtrise en théologie est exigée.«Il est certain que les formations peuvent s’équivaloir, mais il y a un nombre supérieur de cours au total dans certains domaines», laisse-t-il savoir.Sur le plan pratique, le Grand Séminaire exige un stage de deux ans entre le baccalauréat et la maîtrise.Le recteur comptabilise de la sorte les années de formation.Il existe une année préparatoire ou de pro-pédeutique, qui est suivie d’une période de trois ans pour l’obtention du bac.Prennent place par la suite les deux ans de stage auxquels s’ajoutent les 45 crédits nécessaires pour accéder à la maîtrise.Entre l’entrée au séminaire et l'ordination, il faut donc compter une période de sept ans et demi.Dans la région de Québec, le caractère pluriethnique des populations demeure une réalité plutôt marginale.Par conséquent, le ministère des prêtres diffère lui aussi.«L’aspect culturel influe beaucoup et nous, ici à Québec, il ne faut pas se le cacher, nous avons encore une culture assez homogène.Même si on commence à avoir un certain nombre d’immigrants, il s’agit d’un très petit nombre en comparaison avec Montréal», mentionne à ce propos Réal Grenier.Le Grand Séminaire accueille des étudiants venus d’une dizaine de diocèses; deux de ceux-ci sont situés hors Québec, soit un au Manitoba et l’autre au Nouveau-Brunswick.Le reste de la clientèle provient des diverses régions du Québec qui renferme 21 diocèses sur son territoire.Hors du couvent Les nouvelles religieuses ont une meilleure connaissance du monde le profil des aspirantes à la vocation religieuse a changé.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Plus matures, plus autonomes.Fini le temps où les religieuses se réfugiaient au couvent.Elles doivent même choisir un champ d’action qui leur permettra de gagner leur vie! Céline Létourneau est l’une des 12 membres de la communauté des sœurs Maristes au Québec.Elle est responsable de la formation pour les siennes; elle l’est également sur le plan de l’in-ter-noviciat au sein duquel se donnent les cours communs du noviciat pour l'ensemble des communautés de la région de Québec.Ijes sœurs Maristes œuvrent sur le plan international, se déplacent d’un pays à l’autre et se distinguent par la connaissance de plusieurs langues.Céline Létourneau considère ainsi l'évolution de la situation quant au statut des religieuses chez les communautés apostoliques traditionnelles: «Les candidates actuelles sont très conscientes d’être minoritaires dans le monde des jeunes.On appartenait à un groupe qui avait plus de poids.Quand je suis entrée en religion, le groupe était composé de sept membres.Maintenant, il y a une seule novice.Voilà pourquoi cma mis les noviciats ensemble pour donner quand même une certaine force à celles qui font ce choix».Ellé fait aussi observer que les religieuses sont moins encadrées par des structures de nos jours et quelles évoluent davantage «dans le trafic».lœ profil des aspirantes à la vocation a changé.Elle le décrit: «Elles n'arrivent plus à 20 ans, mais lorsqu'elles sont plus âgées.Elles possèdent une expérience de vie, elles ont parfois formé un couple et été propriétaires de leur maison.Elles sont habituées à vivre en dehors de leur famille et ont reçu une formation professionnelle.Leur personnalité est plus articulée que dans le passé.Elles sont plus matures et autonomes.» Sœur Létourneau croit que pour accéder à une telle vocation, les qualités de base sont les suivantes: «Il faut aimer les gens.Il ne faut pas avoir peur d’aller jouer dans la circulation, d’aller trouver les gens chez eux.On est en train de passer d'une Eglise de bâtisse à une Eglise de rue.En même temps, il importe d’avoir une qualité de vie intérieure tout en étant capable de fonctionner en groupe.Actuellement, les reli- gieuses sont des femmes qui aiment la vie communautaire, même si elles se livrent à des tâches différentes chacune de leur côté.» Comment on forme les religieuses Les premiers temps de la formation se déroulent sous une forme informelle.Les femmes manifestant un intérêt pour cette forme d'engagement sont invitées à partager des instants de vie avec les membres de la communauté pendant une période indéterminée.Si la personne veut poursuivre son cheminement vers la vie religieuse, elle devient une pré-novice.Elle habite alors avec la communauté, peut conserver son emploi et s'emploie à travailler à la connaissance d’elle-même.Selon les candidates, cette période dure de six à dix-huit mois.C’est un temps de transition.Après quoi survient la période du noviciat.La responsable de la formation explique: «C’est l’année canonique.Durant 12 mois sans interruption, elle doit demeurer avec les gens d’une même maison avec lesquels elle forme équipe.Normalement, elle doit aussi laisser son emploi».Des cours théoriques sur la religion et des expériences bénévoles de travail se succèdent alors.Après quoi débutent chez les Maristes en phase de noviciat les stages apostoliques qui s’échelonnent sur un an.La candidate est invitée à effectuer divers séjours d’une durée de trois mois à l’étranger et à découvrir comment se passe la vie mariste dans le monde.L'apprentissage d'une deuxième langue figure au programme.Au terme de ces périples, elle aura à choisir et à effectuer le travail qui lui servira à gagner sa vie selon les champs d’ac- tion que privilégie la communauté.Par la suite, les cinq premières années de vie religieuse, durant lesquelles seront prononcés des vœux temporaires, serviront par surcroît à combler les lacunes dans sa formation initiale.Cela, dit, les temps changent encore.A l’écoute des garçons et des filles âgées de 25 à 40 ans qui sont des étudiants à la carrière religieuse l’entourant, Céline Létourneau a découvert cette année l’émergence d’un tout autre style de vie religieuse: «C’est très intéressant.Ceux-ci célèbrent un jour de fête en se rendant au restaurant.Ils circulent sur Internet.Ils approchent le monde d’une tout autre façon.Aller en Europe, pour eux, il n’y a rien là.Apprendre une autre langue, c’est normal.Ça va être un nouveau style de religieux, vraiment plus mondial.» R.H.La traversée du désert Former des frères quand des communautés religieuses sont appelées à disparaître Le vieillissement de la population s’étend également aux communautés, ce qui explique en partie la diminution marquée des effectifs chez les religieuses et les religieux.Les jeunes et les recrues se font plus rares.Maître des novices pour tout le Québec chez les frères du Sacré-Cœur à Sainte-Foy, Serge Toupin pose ce constat, lui qui forme seulement deux étudiants au cours de la présente année.Dans un esprit de rationalisation, les communautés dispensent des formations communes à tous leurs novices dans certaines matières, autant du côté de Québec que de Montréal.D interprète de façon positive cette espèce de traversée du désert en posant un deuxième regard sur la situation: «Depuis le début de la Révolution tranquille, il y a une quarantaine d'années, on a connu comme une expérience de désert.La Bible nous enseigne que quand Jésus est allé à cet endroit, il a été conduit par l'Esprit.Si c’est l’Esprit qui nous guide au cours d’une telle épreuve, ça veut dire que Dieu veut nous parler au cœur et qu’il veut nous dire quelque chose.C’est à nous de déchiffrer ce qu’il veut dire.S’il nous conduit au désert, c’est pour vivre davantage et non pas pour mourir ou se laisser mourir».Plutôt que de faire constamment référence au passé, il souhaite plutôt aller de l’avant en composant avec les réalités d'aujourd’hui.Dans ce but, il mise notamment sur la richesse de l’engagement des jeunes.Certaines communautés n'en sont pas moins très fragilisées.«Certaines vont disparaître, ce qui n’çst pas nouveau dans l’histoire de l'Eglise.Une communauté religieuse vit à peu près 250 ans.Seul un petit noyau d'entre elles continuent d’exister.Ce sont celles qui réussissent à garder le même charisme qui les a caractérisées au point de départ tout en s'ajustant au monde d’aujourd’hui et en s’adaptant aux nouvelles réalités», constate M.Toupin.La formation des religieux doit évoluer selon les paradigmes des sociétés actuelles.Une formation adaptée aux besoins Les frères du Sacré-Cœur continueront d'être présents parmi les plus démunis et ils doivent recevoir une formation qui leur sert à trouver un équilibre personnel pour être en mesure de bien assumer ce rôle.Ces religieux ont par la force des choses délaissé le secteur de l’enseignement pour revenir à une mission plus ancienne.«A l'origine, on travaillait avec les délinquants.On aidait les jeunes à se réinsérer dans la société à leur sortie de prison.On revient vers ce genre de mandat.Actuellement, nous somme 40 frères âgés de 25 à 50 ans au Québec.Seulement 10 d’entre eux travaillent en institution scolaire et les autres œuvrent dans des centres de réhabilitation, de réinsertion, de désintoxication ou d’animation pastorale», laisse-t-il savoir.Dans cette optique, même les cours de théologie revêtent maintenant un caractère plus pastoral.On fait aussi appel au vécu de la personne et on lui demande de fouiller à l’intérieur d’elle-même pour découvrir comment Dieu lui a prodigué son amour et pourquoi il l’a choisie.De façon plus terre à terre, la formation comprend un an de postulat qui précède les deux années de noviciat.«Avant cette période de formation, les personnes sont appelées à vivre avec la communauté durant deux, trois ou même quatre ans dans des milieux locaux.On apprend ainsi à se connaître mutuellement.Au moment où elles choisissent de faire le saut, elle savent vraiment dans quoi elles s'embarquent», signale le maître des novices.Les nouveaux venus sont acceptés au sein de la communauté à titre de «regardant» ou d’observateur à partir de l'âge où un jeune termine normalement son cégep.Au terme de cette vie en commun, le temps du postulat sert à un premier débroussaillage des connaissances.Durant le noviciat, les apprentissages sont tournés essentiellement vers la théologie et la pastorale.Les cours théoriques sont entrecoupés de deux stages d’une durée de deux mois pendant la première année.L’enseignement est davantage centré sur la théorie et la vie religieuse par la suite.Au terme de ces trois années, les candidats prononcent leurs vœux temporaires de chasteté, d’obéissance et de pauvreté; ils les renouvelleront chaque année pendant six ans.Après quoi viendra le moment de prononcer des vœux perpétuels ou de quitter la communauté.R.H.{fyôe/èi's ixzr Qj/Fu à manÿrater /a/nour i/c tem/rcAsc et c/c ¦w/Zazf/a/c (/ , '4 -A ,V -' m f -la LES DK COMMANDEMENTS Joseph Sitruk, Jean-Charles Thomas Dalil Boubakeur Alain Mamou-Mani Éditions Albin Michel Paris, 2000,320 pages Cet ouvrage est le prolongement éthique et spirituel du grand spectacle musical du même nom, une expérience artistique unique créée par Elie Chouraqui sur une musique de Pascal Obispo.Moïse, monté seul au sommet du mont SL I naï, reçoit de Dieu les Tables de la Loi où sont inscrits les dix commandements, texte qui trouve toujours un écho à nos oreilles.Dans ce livre conçu par Alain Mamou-Mani, le Grand Rabbin de France, l’évêque de Versailles et le recteur de la Mosquée de Paris livrent chacun leur interprétation des dix paroles bibliques.L’ouvrage se referme sur un vibrant «appel pour vivre ensemble», invitation à faire des dix commandements la charte éthique du XXI' siècle.PRIERES Gérald Messadié Presses du Châtelet Paris, 2001,384 pages Parue pour la première fois en 2000, cette anthologie des prières établie et présentée par l’historien Gérald Messadié, rédacteur en chef pendant vingt ans de Science et Vie, a connu un vif succès et vient d'être rééditée.L'auteur, qui a publié de nombreux ouvrages sur les croyances, les cultures et les religions, a rassemblé ici près de 300 prières de toutes traditions et de toutes époques: hymnes babyloniens et égyptiens d’il y a 30 ou 40 siècles, prières des Indiens de l'Amérique du Nord, des mystiques musulmans du X' siècle, des poètes modernes, des tribus africaines, de saint Augustin.On trouve en fin d’ouvrage un index par thèmes (bénédictions, méditations, offrandes, action de grâce.) et par sources.Chez le même éditeur, mentionnons trois autres titres: Les plus belles “paroles" de la Bible, rassemblées et présentées par Bruno lagrange.Soyez Yang, d’Erik Pigani et Soyez Yin, de Pascale Senk LA GÉNÈSE ET SES MYSTÈRES Daniel Elouard Desclée de Brouwer Paris, 2001,204 pages «Au commencement, Dieu crée le ciel et la terre».ainsi s’ouvre la Bible à la manière d’un conte, d’une belle histoire à interpréter dans un contexte religieux, mais qui.de nos jours, soulève questions et doutes, «une histoire qui fourmille d'écueils devant lesquels se brisent [des] explications ration- l nelles».L’auteur, agrégé de lettres, conférencier et journaliste à Ulysse, Notre Histoire et Télérama, reprend les récits de la Génèse, le premier livre de la Bible, les met en perspective avec leur dimension mythique, relève des problèmes posés par le texte, tente de voir ce qui se passait à l’époque de sa rédaction et effectue des rapprochements avec d’autres traditions.Ouvrage de vulgarisation, accessible et intéressant à plus d’un titre.L’AUTRE MESSIE Israël Knohl Éditions Albin Michel Paris, 2001,192 pages A partir de fragments des célèbres manuscrits de la mer Morte, le directeur du département biblique de l’Université hébraïque de Jérulasem, Israël Knohl, amorce une nouvelle réflexion sur l’énigme liée à la personnalité de Jésus, qui était-il réellement, se considérait-il comme le Messie?11 met en en évidence, pour la première fois, des correspondances troublantes entre la biographie de Jésus et celle du leader messianique qui l’a précédé d’une génération, Mena-hem l’Essénien, assassiné par les soldats romains en l’an 4 av.J.-C.j** m ytte Mite** y, *.*••«**• •Ti ’ -*"•»*- Israôr'fefe., Knohl «SÏk; ¦ ^ - ¦ L’autre Messie Cet homme constituerait-il le chaînon manquant entre l’histoire du judaïsme et celle du christianisme qui permettrait de comprendre le destin de Jésus?Un ouvrage qui bouscule les idées reçues.IA BIBLE ET SES FANTÔMES Didier Dumas Desclée de Brouwer Paris, 2001,190 pages A son tour, l'auteur nous propose une analyse de la mythologie biblique, notamment des onze premiers chapitres de la Genèse (de la création à la Tour de Babel, de la descendance d’Adam à celle de Noé).Etudiant cette mythologie en cernant de plus près le texte hébreux, M.Dumas, collègue et ami de Françoise Dolto, découvre que ce qu’il a mis dix ans à élaborer en travaillant avec des en Lints psychotiques était déjà esquissé dans la Genèse, fi s’attarde à la théorie biblique des transmissions pater-nelles, théorie résumée dans le cinquième verset des Dix Commandes ments, verset où Dieu, après avoir interdit la vénération des idoles, se présente et résume ce dont traite le mythologie de la Genèse, en disant que les fautes ou les manques à parler des pères se transmettent sur trois ou quatre générations.DÉCIDEZ D’ÊTRE LIBRES Wayne W.Dyer Tracjuetion: Geneviève Roquet Editions Carte blanche Outremont, 2(X)1,317 pages Gt;and succès de librairie tant aux Etats-Unis qu’à travers le monde, ce livre se veut une invitation à faire le ménage dans sa vie, à dépasser ses vieilles croyances, à «connaître sim nun sacré», à aller au-dela du monde des apparences, à s’éveiller aux foies de ia vie spirituelle et à y puiser une.force insoupçonnée».L’auteur montre, à partir d’un programme en trois étapes, à mieux gérer ses émotions pour parvenir à un état de sérénité; face aux épreuves et suggère de pratiquer le détachement pour connaître la véritable liberté.Renée Rowan R E L I G I 0 N VOCATIONS CE CAHIER SPÉCIAL EST P t: B L I É PAR LE DEVOIR R e s p o il s a h I f NORMAND T HÉ RIAL LT nllipriaullelrdrx oir.ra 20.10.rup dr Biron.9* rtagr.Montréal (Qiiébrc) H3A 3M9.Tel.: (5141 985 3333 redactionelcdpvoir.r om F A I S CE (J U E 1) 0 I S jÇes Hcdigieusesj lospitalières de $aint:Joseph (t leurs associés sont engages auprès des malades, des pauvres et des démunis depuis 1636.Jyous roulons continuer d apporter a notre monde tendresse et compassion et d’etre témoins du Ùieu./lmour qui unit et libère. CONTINENTAL DES VOCATIONS AUX MINISTÈRES ORDONNÉS ET À LA VIE CONSACRÉE EN AMÉRIQUE DU NORD «Vocaciôn, Don de Dieu, Given for God's People» La pastorale vocationnelle se renouvelle Le « 3èrnt Congrès continental des vocations au ministère ordonné et à la vie consacrée en Amérique du Nord » qui a lieu à Montréal du 18 au 21 avril 2002 est une belle occasion de marquer un tournant important dans la pastorale vocationnelle.La première observation faite par la plupart des gens se situe habituellement autour de la question de la diminution de la relève tant chez les prêtres que dans les instituts de vie consacrée.Cette observation n'est pas fausse mais nous situe dans une dynamique d'une idéalisation du passé où beaucoup de baptisés avaient engagé leur vie dans une vocation religieuse.Cela est illusoire et freine notre créativité vers un renouvellement de la pastorale vocationnelle.La préparation du 3ème Congrès continental des vocations nous ouvre des portes sur un avenir plus constructif.Le thème du Congrès des vocations « Vocaciôn, Don de Dieu, Given for God's People » donne l'accent de l'ensemble de nos travaux à venir, c'est-à-dire, présenter la vocation comme un don de Dieu pour son peuple.Cette approche a l'avantage de présenter à la fois le volet personnel de la vocation, « Don de Dieu » qui se concrétise dans une personne incarnée et le volet communautaire, « Given for God's People » qui exprime que Dieu donne des vocations en fonction des besoins de son peuple.Les vocations : une affaire de toute l'Église Les 1 200 personnes déléguées au « Congrès des vocations » représentent différents groupes d'appartenance.De ce point de vue, cela donne déjà un aperçu de l'esprit du renouvellement de la pastorale vocationnelle.C'est une affirmation que la pastorale vocationnelle concerne toute l’Église.C'est ainsi que parmi les délégués nous retrouvons : des parents, des membres de mouvements spirituels associés à l'Église qui sont composés majoritairement de laïcs, des intervenants en milieu scolaire (primaire, secondaire, collégial, universitaire), des intervenants en pastorale jeunesse, des mouvements de femmes, des agents et agentes de pastorale, des religieux et religieuses, des prêtres, des diacres, des membres d'instituts séculiers, des membres associés aux instituts de vie consacrée (majoritairement des couples) et des évêques.Longtemps associée au recrutement, la pastorale vocationnelle se présente davantage dans une approche intégrée où l'ensemble des membres de l'Église ont un rôle à jouer.La tendance des dix dernières années nous montre un travail qui rallie davantage les intervenants et intervenantes des différents secteurs de pastorale.Cela permet ainsi de recentrer la pastorale vocationnelle dans une démarche de discernement où les individus ont la chance de côtoyer plusieurs personnes engagées dans des vocations diverses.De plus, l'accompagnement spirituel prend une place de plus en plus grande.Il n'est pas rare que les jeunes adultes qui amorcent un discernement vocationnel doivent y intégrer également une démarche catéchétique pour se resituer d'abord dans leur vocation baptismale qui est le fondement de toutes les vocations particulières.Les mini-congrès : Une prise de parole de tous Bien que le Congrès des vocations est d'ampleur nord-américain avec ses 1 200 délégués, il apparaissait important pour les organisateurs de favoriser la plus grande participation possible de l'ensemble du peuple de Dieu aux travaux du Congrès.C'est dans cet esprit que s'est vécu localement des mini-congrès dans l'ensemble des diocèses du Canada et des Etats-Unis.C'est donc des dizaines de milliers de personnes qui ont fait l'effort d'une réflexion autour de trois questions sur les espérances, les obstacles et les pistes de solution pour une pastorale vocationnelle.Le résultat de ces travaux mettent déjà en valeur des tendances fortes.Pour n'en nommer que quelques-unes, une vocation ne peut pas naître et se concrétiser chez une personne si elle n'est pas interpellée par une autre personne et si elle n'est pas reconnue dans cet appel.La vocation à la vie consacrée et au ministère ordonné n'est pas donné par Dieu à un individu pour sa sanctification personnelle mais d'abord pour le bien de l'Église « Given for God's People ».C'est la vocation du baptême qui appelle à la sainteté, la vocation particulière, elle, ne représente que le contexte ou la forme dans laquelle l'individu va cheminer vers la sainteté à laquelle tout baptisé est appelé.Dans ce contexte il apparaît intéressant de réaffirmer que toute personne baptisée peut et doit interpeller les personnes chez qui elle reconnaît des charismes particuliers qui correspondent à une vocation particulière.Une autre tendance est que l'interpellation à une vocation est souvent déclenchée chez un jeune adulte par une expérience concrète qui l'a mis en contact avec une personne déjà engagée dans une vocation à la vie consacrée ou au ministères ordonné.Cela invite donc les personnes engagées dans des vocations particulières à se mettre en contact le plus possible avec les jeunes et les jeunes adultes.Des signes qui parlent Je l'ai constaté dans mon travail comme responsable de la pastorale vocationnelle au Diocèse de Québec et des animateurs et animatrices en pastorale jeunesse me l'ont signifé également, il est de plus en plus fréquent que des jeunes adultes nous approchent de façon assez directe sur leur questionnement vocationnel.Ce phénomène était plus rare il y a de cela quinze ans.Les jeunes adultes croyants ne sont pas mal à l'aise d'aborder la question d'une vocation pour la vie, il s agit juste qu'ils aient l'occasion de partager leur préoccupation.Dans ce sens-là les parents ont également un rôle primordial à jouer dans le soutien de leurs enfants.De plus, la XVIIème Journée Mondiale de la Jeunesse (JMJ) qui aura lieu à Toronto en juillet 2002, a intégré dans ses activités un volet vocationnel.C'est une nouvelle approche qui n'était pas présente dans nos rassemblements jeunesse ces quinze dernières années.Cela révèle une évolution positive de la préoccupation des vocations.Aurons-nous encore des vocations dans l'avenir?Cette question trouvera la même réponse que vous donnerez à la question suivante : Voulez-vous des vocations aujourd'hui?C'est votre réponse qui est la plus importante.Pour plus d'information sur le congrès n'hésitez pas à visiter le site internet du congrès : www.vocations2002.org.Abbé Julien Guillot Président de l'Association des directeurs et directrices diocésains de la pastorale des vocations
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.