Le devoir, 13 avril 2002, Cahier H
LE DEVOIR, LES S A M EDI I :i I T D I M V N L II E 11 AVRIL 2 O O 2 LE DEVOIR .l'Université R E C H E R C H E S Joseph Hubert En arts et sciences sociales, comme le rapporte le doyen de cette faculté de l'Université de Montréal, «nous avons été obligés de revoir de façon systématique nos programmes afin de les améliorer, les adapter à notre monde moderne».Page 2 Questions autochtones À l'Université Laval, un groupe de recherche étudie la globalité des réalités autochtones des Amériques, en partenariat avec des institutions universitaires d'autres pays.Page 6 O c t i f Il suffit que quelqu’un, quelque part, laisse entendre qu’il aurait effectué une nouvelle découverte, que de nouveaux produits pourraient être fabriqués, qu’une commercialisation à grande échelle serait possible, pour que les capitaux affluent.C’est une réalité que les domaines scientifiques connaissent et qui a justifié la mise sur pied de plus d’un centre de recherche tout en étant la raison première d’établissement de multiples compagnies.Dans | les sociétés occidentales où l’activité économique a priorité sur tous les autres secteurs, un tel modus operandi est devenu la norme.Pourtant, à certains moments, la stratégie commerciale, comme la rationalisation sytéma-tique pour fins de rentabilisation, subit quelques ratés.Les grands mouvements de masse récents lancés pour contrer une mondialisation galopante — cette année encore à Bruxelles et à Barcelone — en font la preuve, fl ne suffirait pas de promouvoir le progrès, la seule innovation, pour justifier toute entreprise.D'autres, ailleurs, aux mots performance et productivité, accolent ainsi des termes comme éthique ou justice, voire société et humanisme.Alors, la machine dérape un peu et se perd dans des détours où tout devient incertain, difficilement quantifiable.Dans le monde universitaire, ce double pôle est continuellement présent fl y a une université de la science, de l’économie, du savoir appliqué et de la recherche technique, comme il y en a une autre où ce qui est social, humain, philosophique ou moral est le sujet d’études.Il doit en être ainsi.Nouvelle humeur Où le bât blesse, ce n’est pas dans le fait qu’un type d’activités empêche l’autre, mais plutôt qu’un secteur ait la cote plus que l’autre, quand il s’agit du financement des programmes.Ainsi, s’il fut longtemps dit que l’université québécoise avait trop l’humeur portée sur la chose humaniste ou culturelle, on peut dire qu’un renversement de valeurs a bien eu lieu.Pour preuve, la recherche en sciences humaines et sociales n’obtient aujourd’hui qu’une portion congrue des budgets consacrés à ce secteur des études: un petit 12 % des subventions totales y est réservé quand, en plus, les grandes compagnies investissent dans des recherches dont l’utilité sera immédiate, récupérable en ajout de produits ou de services.Pourtant, sur la portée réelle de ces recherches «inutiles», il est facile de s’entendre: «Je pense ici notamment à toute la gamme des problèmes reliés à la réussite scolaire, à la violence, a la famille et aux conséquences de l’informatisation sur les entreprises et les travailleurs, dira ainsi Louise Filion, vice-rec-trice à la recherche de l’Université Laval, elle qui poursuit, en énumérant rapidement pour circonscrire les champs d’études, «bon nombre de phénomènes sociaux, tels l’abandon scolaire, le jeu pathologique, le patrimoine, l’aménagement du territoire, l’urbanisme et l’analyse des politiques, pour ne nommer que ceux-là».Aussi, pour survivre, pour avancer, les universitaires ont développé des stratégies.la multidisciplinarité y est à l’honneur, qu’elle soit intra- ou extra-muros.Ainsi, les universités déposent et réalisent des projets qui supposent la mise en commun des ressources de plus d’une institution.Le Centre interuniversitaire québécois de statistique sociale en est un exemple.Comme l’explique sa directrice Céline Le Bourdais, professeur à l’INRS, «le centre est logé dans les locaux de l'Université de Montréal, mais il est le résultat d’une concertation entre six établissements universitaires, soit, outre l’université qui l'accueille, l’université McGill, l'Uriiversité du Québec à Montréal, l’Université Laval, Concordia et l'INRS».La nécessité fait donc loi.A défaut d’obtenir des victoires faciles, quant au financement s’entend, des solutions opérantes ont été trouvées.Le danger serait toutefois ailleurs: qu’un jour les futurs étudiants, à l’exemple des stratèges gouvernementaux, optent eux aussi pour des secteurs dits rentables.Alors, l’université serait détournée de sa mission première, soit de l’étude d’une réalité globale, du monde.Il ne resterait plus alors qu’à la réinventer, comme elle était a ses tout premiers jours, universelle.Normand Thériault 1 In U II t % F 1 f ciCTC aux secteu evan s sciences sociales ou humaines.Recherches sociales INRS-Urbanisation, Université de culture et société Sherbrooke UQAM Formation à distance Laval TELUQ Études Justice et victimes Statistiques sociales Pratiques municipales Jeunesse et racisme Page 3 Page 4 Page 5 Page 6 Page 4 Page 2 Page 3 Page 4 Page 5 LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 AVRIL 2 0 0 2 Il 2 RECHERCHE UNIVERSITAIRE r Statistiques sociales Université de Montréal Le Québec a maintenant son centre de recherche Terminée l’époque où les données longitudinales de Statistique Canada n’étaient pas accessibles à la recherche universitaire.Inauguré officiellement le 11 avril dernier, le Centre interuniversitaire québécois de statistiques sociales (CIQSS) donne désormais aux chercheurs l’accès aux données cumulées par l’organisme gouvernemental.Une annonce simple en apparence, mais qui pourrait changer définitivement le visage des sciences sociales au pays, selon Céline Le Bourdais, directrice du CIQSS et professeur à 1TNRS.G UY LA I N E BOUCHER En raison des exigences de confidentialité, Statistique Canada était jusqu’à présent forcé de retrancher toute information pouvant permettre d’identifier des personnes à partir des résultats de ses éludes longitudinales.Conséquence: des données essentielles au travail des chercheurs étaient ainsi rendues inaccessibles.Préoccupé par la question, en 1998, un groupe national d’experts, dirigé par Paul Bernard, professeur au département de sociologie de l’Université de Montréal, proposait la mise sur pied d’un réseau pancanadien de centres de statistiques sociales.Un réseau capable de rendre accessibles, de façon confidentielle et sécuritaire, les données cumulées par Statistique Canada.Entérinée par le gouvernement, la mesure a mené à la création de six centres de statistiques sociales répartis un peu partout sur le territoire canadien.Hormis Montréal, les villes de Halifax, Toronto, Waterloo, Calgary et Vancouver peuvent donc compter depuis l’automne 2001 sur de tous nouveaux laboratoires de recherche.Au Québec, explique Céline Le Bourdais, «le centre est logé dans les locaux de Wniversité de Montréal, mais il est le résultat d'une concertation entre six établissements universitaires, soit l'université McGill, l’Université du Québec à Montréal, l’Université ImvoI, Concordia et ÏINRS».Des installations sécuritaires Rare projet relatif aux sciences sociales à avoir pu bénéficier d’une subvention de la Fondation canadienne pour l’innovation, le CIQSS a aussi pu compter sur l’appui financier de Valorisation-Recherche Québec et du CRSH.Sorte de bibliothèque spécialisée pour chercheurs, le centre rend accessibles des données permettant de poursuivre des recherches dans quatre grands domaines, soit l’effet du contexte familial sur la transition psychosociale à l’adolescence et à l’âge adulte; l’impact de la restructuration économique, nationale et internationale, sur la stabilité de l’emploi et sur la rémunération des travailleurs; l’établissement des causes de la maladie et la compréhension de la dynamique de la santé et, finalement, l’étude du processus d’adaptation des nouveaux immigrants et de l’effet des mesures d’insertion sociale.Mais attention, n’a pas accès à ces données qui veut «Il est important de rendre ces données accessibles, mais il est aussi primordial de le faire en respectant les mêmes normes de sécurité que Statistique Canada.Four éviter tout problème, avant d’avoir accès au Centre, les chercheurs doivent donc présenter leur projet devant des pairs et démontrer en quoi le fait d’avoir accès à ces statistiques particulières est essentiel à leur travail», explique la directrice du centre.Pour plus de sé- curité, les résultats des travaux effectués à partir des données du centre font aussi l’objet d’un examen avant leur divulgation afin de s’assurer que la confidentialité est respectée.Dans les deux cas, c’est le Conseil de recherches sociales en sciences humaines (CRSH) qui fait office de chien de garde.D’ailleurs, pour éviter tout détournement d’information, les 30 ordinateurs du CIQSS n’ont pas de liens vers l’extérieur.Aller plus loin Pour Céline Le Bourdais, au-dela des données elles-mêmes, le centre permettra aussi d’affiner les connaissances et l’utilisation des chercheurs québécois à l’égard des études longitudinales.«Dans le rapport qu’il a déposé en 1998, le comité d’experts avait identifié les trois principaux obstacles à une meilleure utilisation des statistiques sociales au Canada.Il y avait bien sûr le fait que l’on pouvait difficilement avoir accès à ces enquêtes, l’idée que les statistiques sociales auraient un meilleur rayonnement si les liens ou le transfert d'information entre les universités et les praticiens étaient resserrés, mais surtout, le fait que les chercheurs canadiens avaient besoin de formation et de mise à niveau au plan des statistiques sociales Cest avec ces trois éléments en tête que les gens ont tenté d’établir quel serait le meilleur outil pour l'avancement des statistiques sociales» A son avis, il était difficile de trouver mieux que le CIQSS et les sessions intensives de formation estivales qui y sont rattachées.Créé sous le signe de la concertation, selon la directrice, le centre risque même de favoriser la mise en commun des expertises en sciences sociales.«Le CIQSS est un laboratoire de recherche où des chercheurs vont inévitablement se croiser.Il pourrait donc donner lieu à des partenariats intéressants L’arrivée de l'Institut de la statistique de {’UNESCO, également logé à Wniversité de Montréal, mènera aussi sûrement à des collaborations intéressantes.Après des années de vaches maigres, il y a comme un retour du balancier en sciences sociales.Ixs choses ne seront plus jamais comme avant.» Pour éviter tout détournement d’information, les 30 ordinateurs du CIQSS n’ont pas de liens vers l’extérieur www.il mont rca Loi k Faculté des études supérieures La recherche au service de la formation Avec près de 50 chaires, centres et groupes de recherche en sciences humaines et sociales, l'Université de Montréal est le lieu de convergence par excellence de toutes les sciences vouées à une meilleure compréhension de notre société.Par exemple, en plus des multiples expertises déjà présentes sur le campus dans le domaine des sciences sociales, la venue de l’Institut de statistique de l'UNESCO et du Centre interuniversitaire québécois de statistiques sociales donne aux professeurs, spécialistes et étudiants des cycles supérieurs de nombreux outils de recherche tout en favorisant les échanges entre chercheurs de différents horizons.En privilégiant la concentration d'expertise, l’Université de Montréal fait figure de chef de file en matière de statistiques sociales.Cette approche novatrice permet de créer des programmes de maîtrise et de doctorat s'appuyant sur un environnement de recherche en plein essor.Université de Montréal Orientation multidisciplinaire Refuser les diktats SOURCE UNIVERSITÉ.DE MONTRÉAL Joseph Hubert, doyen de la faculté des arts et des sciences.Désormais moins prisées, les sciences humaines font souvent face à des politiques d’éducation ciblées, qu’elles soient latentes ou explicites.L’Université de Montréal, quant à elle, surveille tout dérapage.Sa faculté des arts et des sciences regroupe tant les sciences que les lettres, les sciences humaines et les sciences sociales.Joseph Hubert, doyen de la faculté, témoigne de la place et de l’orientation du secteur des sciences humaines au sein de l’université.ESTELLE Z E H LE R La faculté des arts et des sciences de l’Université de Montréal se protège, de par sa nature même, contre l'écueil des politiques ciblées.Si la tendance existe au niveau des gouvernements provincial et fédéral, il n’est pas question pour elle de la relayer.Ses 26 départements qui se distribuent en trois secteurs: lettres et sciences humaines, sciences sociales et philosophie, sciences, y veillent.«Notre rôle, précise Joseph Hubert, est de couvrir tous les champs disciplinaires, même si ceux-ci sont jugés moins pertinents à court terme sur le plan de la formation et qu’il y ait des priorités gouvernementales ou non.» La faculté ne peut appuyer son orientation sur une conception restreinte de l’économie du savoir privilégiant les technologies de pointe, les finances, les sciences physiques.Si elle doit répondre aux demandes des entreprises, des employeurs potentiels, elle ne doit cependant accepter leur diktat En conséquence, les sciences humaines, que le doyen définit ici dans leur acception la plus large, c’est-à-dire en englobant les sciences sociales, ont toujours la même importance pour la faculté.Cette position permet la formation d’étudiants dans des disciplines certes moins courues, mais de qualité et qui enricliissent la palette de compétences disponibles sur le marché du travail.Ainsi,' la sauvegarde de ces champs disciplinaires facilite l’élaboration de perceptions, d’alternatives variées pour appréhender la vie sociale.Bidisciplinarité Pourtant, il y a quelques années, les inscriptions dans la plupart des secteurs, notamment celui des sciences, montraient une baisse des effectifs étudiants.Des coupures budgétaires sabraient également dans le corps professoral en favorisant les départs en retraite.Ce faisant poursuit Joseph Hubert «nous avons été obligés de revoir de façon systématique nos programmes afin de les améliorer, les adapter à notre monde moderne.De plus, nous nous rendions compte du désir des étudiants de suivre des formations un peu plus polyvalentes».Dix-sept baccalauréats bidisciplinaires ont alors été créés, un des plus récents étant celui de sciences politiques et communications.Le succès de la formule laisse présager la création de nouveaux programmes du même type.H en découle un renforcement des objectifs de multidisciplinarité et d’interdisciplinarité sous-jacents à la création de laifaculté, voilà déjà une trentaine d’année.Ces changements ne s’inscrivent pas uniquement dans la faculté; des partenariats avec d’autres universités ont été établis.En effet, lors des dernières coupures budgétaires, chaque établissement avait redéfini ses axes de force.Aussi, les établissements dépassent aujourd’hui le fonctionnement intra-muros en s’alliant des ressources complémentaires par le biais de partenariats.Certaines disciplines classiques ont également exploré de nouvelles avenues.«Le département de philosophie, cite Joseph Hubert, en plus de ses activités traditionnelles, a développé le secteur de l’éthique dans lequel il y avait des besoins énormes tant en interrogations critiques qu’en des domaines appliqués, comme l’éthique en recherche biomédicale.» Un centre d’étude et de recherche en éthique s’installera sous peu à l’Université de Montréal et la faculté des arts et des sciences y travaillera conjointement avec plusieurs facultés dont celles de droit et de médecine.Un autre élément d’importance de la vie facultaire est l’ouverture vers l’international.Les étudiants québécois faisaient preuve d’une sédentarité trop poussée, rognant ainsi le potentiel universitaire mis à leur disposition à travers le monde.«Il était nécessaire de travailler dans ce domaine, estime le doyen.Or, les contrats de performance, grâce à un élément budgétaire particulier, nous permettent désormais de définir des programmes et soutenir nos étudiants lorsqu ils entreprennent des séjours universitaires hors du pays.» Le département le plus avancé dans l’internationalisation est celui des sciences politiques.Les sciences sociales, quant à elles, se sont enrichies, d’une part, d’un centre d’accès aux données de Statistique Canada, et d’autre part de la présence du siège social de l’Institut de la Statistique de l’UNESCO en leur campus.Celui-ci était préalablement installé à Paris.Des expertises particulières se sont également affirmées telles les études ethniques et les études relatives à la violence Me aux femmes.La faculté des arts et des sciences s’oriente donc résolument vers une multidisciplinarité pratique et non plus de l’ordre de la seule théorie.Les questions qui se posent à la société actuelle et future ne peuvent plus être traitées à la lumière d’une seule discipline.«Elles doivent être systématiquement abordées par des équipes multidisciplinaires», soutient Joseph Hubert.Pour cela temps et énergie sont nécessaires.Les cultures des différentes disciplines ont commencé à s’apprivoiser.Le travail doit être encore poursuivi de concert La richesse disciplinaire de la faculté, ses liens renforcés avec la société, les milieux d’étude, son expérience sont autant d’atouts dans sa manche.Pour des renseignements complé-mentaires: http://www.fas.u montreal.ca La recherche POUR ÉCLAIRER LES CHOIX DE SOCIÉTÉ ?ü L'Institut national de la recherche scientifique (INRS) joue un rôle de premier plan dans le développement des connaissances sur les villes, les populations, la culture et la société.Force vive du savoir et de la formation scientifique de 2' et de 3' cycle, l'INRS : • approfondit plusieurs questionnements au coeur des choix collectifs dans une perspective internationale; • offre une formation rigoureuse pour les métiers de recherche en sciences sociales; • anime de nombreux réseaux de recherche où collaborent des chercheurs de plusieurs milieux.Université du Québec Institut national de la recherche scientifique La science en action pour un monde en évolution Téléphone: (514) 499-4000 www.inrs.uquebec.ca - LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 AVRIL 2 0 0 2 RECHERCHE UNIVERSITAIRE INRS-l rbanisation, culture et société le Québec contemporain Le partage des savoirs Décrire Le centre de recherche universitaire INRS-l'rbanisation, culture et société, rattaché à l’Université du Québec, se consacre à l’étude de différents phénomènes sociaux québécois depuis plus de 30 ans.Le fruit de ses recherches est une importante source de savoir qui permet de mieux comprendre l’évolution et la situation actuelle de la société québécoise.GENEVIÈVE OTIS DIONNE ."VT ous sommes un des centres ^ 1N de recherche universitaire urbaine les plus anciens au Canada et, aujourd'hui, un des plus grands au Canada en termes d’effectifs», affirme avec fierté le directeur d'un secteur de l'Institut national de la recherche scientifique, l'INRS-Urbanisation, culture et société, Gérard Divay.Avec 30 professeurs-chercheurs multidisciplinaires permanents et un volume de publications en 30 ans qui frôle les 3500 titres, le centre se démarque par son dynamisme et par la qualité de ses travaux de recherche, qui éclairent les grands enjeux de la société québécoise en constante mutation.Une fusion logique Le centre est né en novembre 2000 de l’union de l’INRS-Urba-nisation, qui se penche depuis 30 ans sur les questions urbaines et régionales, et de l’INRS-Culture et société, héritier de l'Institut québécois de recherche sur la culture (IQRC) rattaché à l’INRS en 1994, qui étudie la place de la culture dans la société québécoise depuis les années 1980.De cette fusion a émergé une nouvelle programmation scientifique, inspirée des trois mots clés qui définissent le centre: urbanisation, culture et société.Pour une période d'environ cinq ans, les professeurs-chercheurs vont conjuguer leurs efforts autour de trois axes principaux, à savoir dynamique des espaces métropolitains; âges de la vie, familles et populations en transformation; et culture, science et nouvelle économie.«Il y a une quantité de projets de recherche qui découlent de ces trois axes, déclare M.Divay.Des petits qui durent quelques semaines à des plus longs qui peuvent durer jusqu ’à trois ans, dépendant des sources de financement.» Dynamique des espaces métropolitains «La question des métropoles est actuellement très importante.Autant dans un point de vue de compétition internationale que de structuration de l’ensemble des espaces à l’intérieur des centres urbains», explique M.Divay.Les chercheurs peuvent aborder le thème sous différents aspects.H y a d’abord une dimension qui touche l’évolution économique des métropoles, les conséquences de l’émergence des nouvelles technologies, de l’économie du savoir et les modifications engendrées par ces transformations dans les relations entre métropoles et régions.Il y a un second thème de nature plus sociale qui se fixe pour objectif l’analyse de la recomposition des milieux de vie dans les métropoles en contexte de mondialisation.Les chercheurs peuvent aussi évaluer la qualité des environnements naturels et construits, la gestion des services locaux, et analyser la dynamique interinstitutionnelle entre niveaux de gouvernement, au plan métropolitain.Ages de la vie, familles et populations Les projets de recherche qui s'inscrivent dans cet axe traitent de la dynamique des âges, «des processus de distinction entre les âges, de la dimension d'intergénération en tant que telle, de toute la dimension des relations interpersonnelles et d’intégration sociale, le tout dans la remise en contexte d’un point de vue de société», explique M.Divay.Au niveau des familles et des populations, les chercheurs analysent la diversification des formes de vie familiale, les défis d’insertion des femmes, des immigrants, des néo-ruraux, et le renouvellement des relations entre autochtones et non-autochtones.Dans quelques mois, les professeures Annick Germain et Francine Dansereau, de l’INRS-Urbanisation, culture et société, vont présenter les résultats d’une importante recherche sur les pratiques municipales de la gestion de la diversité ethnoculturelle.Bref aperçu de leur travail.Dans le cadre d’une vaste étude sur l’intégration des immigrants et l’hospitalité, le gouvernement français a chargé différentes équipes de chercheurs d’effectuer plusieurs enquêtes sur son territoire.Cependant, dans le but de prendre le pouls de ce qui se faisait à l’étranger, il a lancé un appel d’offres au niveau international.L’équipe conduite par les professeures Annick Germain et Francine Dansereau a été sélectionnée.«Ce sont les Français qui financent mais ce qui est bien, c’est qu’ils nous demandent de travailler sur notre terrain», se réjouit Mme Germain.Culture, science et nouvelle économie Dans le cadre de cet axe, les chercheurs abordent la culture et la science dans la perspective d'une nouvelle économie, caractérisée par l’importance des innovations technologiques et le libre-échange.«De plus en plus, l'activité culturelle devient un secteur économique.Mais bien plus que ça, la culture devient une sorte d’élément nourricier global de l'économie d'innovation», constate le directeur.Les chercheurs étudient donc les différents types de produits culturels, la transmission de la culture, l'emploi et la main-d'œuvre du secteur culturel dans la nouvelle économie ainsi que les politiques Le projet a débuté il y a environ trois ans et avec le temps, il est do venu un important programme de recherche, qui a attiré certaines subventions de Québec.L’équipe de chercheuses s’est penchée sur les pratiques de gestion de la diversité ethnoculturelle dans plusieurs municipalités de la région montréalaise.Trois domaines d’étude de l’action municipale ont été privilégiés, soit la question du logement social, la gestion des sports et loisirs et l’aménagement des lieux de culte des minorités ethnoculturelles.Cœurs de ville Selon Mme Germain, «le fait d’avoir construit des logements sociaux dispersés, de petits groupes, a favorisé le fait de ne pas regrouper les immigrants pauvres au même endroit».Par contre, cela ne veut pas dire que les municipalités qui ont beaucoup d'immigrants ne fonctionnent pas bien.«On se rend compte qu’on a toujours eu une image très négative des quartiers multiethniques, en se disant c’est des quartiers où nécessairement ça culturelles et la gestion publique de la culture.M.Divay explique que les dit férentes thématiques intégrées dans les trois axes principaux ont été choisies «non seulement parce quelles ont un intérêt du point de vue du développement des connaissances scientifiques, mais aussi parce que la production des nouvelles connaissances dans ces thèmes peut contribuer à éclairer un certain nombre de débats qu 'il y a actuellement dans la société».Diffusion et collaboration Le centre se caractérise par ses nombreuses collaborations avec des chercheurs ou des équipes de recherche d’autres ne va pas, parce qu'il n’y pas une population de souche pour faire l’intégration, explique Mme Germain.Et nous, quand on regarde, on se dit c’est quand même curieux, c’est des quartiers qui fonctionnent assez bien.» Au cours de leurs recherches, Mmes Germain et Dansereau ont remarqué que «dans la même ville, avec la même administration et en principe les mêmes politiques, vous avez des choses entièrement différentes qui se passent d'un quartier à l'autre.» Par exemple, certains quartiers tiennent mordicus à ce que les équiix-s de soccer ou de baseball mélangent les ethnies, tandis que d’autres ne s'en préoccupent pas.Francine Dansereau remarque que, dans Parc Extension, «il y a une transformation de l'offre de services qui est assez fabuleuse.Avec un flux d'immigrants de l’Asie du Sud, au lieu que la grande activité intégrative soit le baseball, maintenant c’est du cricket que l’on organise».Les chercheuses ont constaté que «plusieurs municipalités de la région montréalaise se sont senties institutions, mais aussi avec des gens de différents milieux, autant au niveau national qu’inter national.De plus, afin de favori ser le transfert des connais sauces, plusieurs séminaires sont organises et différents bul letins sont publiés.La diffusion de l'information est d’ailleurs très importante pour le direc leur du centre: «Cette fonction de diffusion, on essaye de l’accentuer, notamment en ayant d'une manière beaucoup plus systema tique nos rapports de recherche en ligne, pour que les gens puissent facilement y accéder.» Un centre de recherche donc, qui veut partager son savoir et faire profiter l’ensemble de la société québécoise de ses découvertes.débordées, disons depuis 1995, parer qu’il y a eu une augmentation astronomique de demandes de construe tion ou d'agrandissement de lieux de culte».Cette situation engendrerait certaines tensions dans différentes municipalités.Mme Dansereau ex plique cependant que les lieux de aille «sont importants pour le développement des communautés.le liai de culte n’est pas qu’un lieu de prières, c’est aussi un centre commu nautaire où se tiennent toutes sortes d'activités récréatives, de loisirs».Pour Annick Gernuiin, les muni cipalités doivent s'outiller dès au jourd'hui pour faciliter la cohabitation dans les quartiers.«Je pense que la réalité de l'immigration et des différences culturelles va s’amplifier et que les municipalités doivent y fiii re face.Iss municipalités doivent s’en préoccuper et apprendre à gérer ce genre de situation parce qu 'il va y avoir île plus en plus d’immigrants.» La professeure propose, entre autres, de former des médiateurs qui faciliteraient les négociations entre les gens.G.O.-D.Le centre est né en novembre 2000 de runion de l’INRS-Urbanisation et de l’INRS-Culture et société Exemples québécois pour modèle français 17 h 30.Délices des M nations, Sherbrooke.Une rencontre entre François Michaud (génie électrique! et Dominique Lorrain (psychologie) se traduira par une collaboration de recherche sur les applications de la robotique dans le traitement de l'autisme déjà plus loin La recherche à l’Université de Sherbrooke C'est l'avantage de la ville universitaire dans un milieu de vie exceptionnel C'est la facilité des collaborations interdisciplinaires C'est l’innovation et le dynamisme de chercheuses et chercheurs renommés et accessibles S UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE **¦ (819) 821-7555 • un nouveau contrat de recherche par jour ouvrable • au premier rang des universités canadiennes au chapitre des redevances • fonds de recherche de plus de 50 millions $ par an • plus de 50 instituts, groupes ou chaires de recherche • plus de 60 créneaux d'excellence en administration, en droit, en éducation, en éducation physique et sportive, en génie, en lettres et sciences humaines, en médecine, en sciences, en théologie, éthique et philosophie • embauche de 200 nouveaux professeurs uqam*ca les forces de Innovatrice et ouverte sur le monde, l’UQAM établit de nombreux partenariats et mène des recherches de pointe avec différents organismes et entreprises, aux niveaux local et international, dans des domaines tels que la santé et la société, les relations internationales, l’environnement, les impacts de la science et de la technologie, l’éducation, les arts et le multimédia, le développement social et la gestion de créneaux novateurs.L’Université du Québec à Montréal contribue ainsi au développement des connaissances et au rayonnement de la culture francophone en formant une relève sensible aux besoins de la société.» •» I&ifc .t, www.usherbrooke.ca/recherche > Faites plus amples connaissances UQÀM LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 AVRIL 2002 H 4 ECHERCHE UNIVERSITAIRE TELL'Q Université de Sherbrooke Dans le confort du foyer Une simple affaire de maillage Une formation qui se distance des autres La multidisciplinarité à Vhonneur Il y a trente ans, sous le gouvernement libéral de Bourassa, l’Assemblée des gouverneurs créait la Commission de la Télé-université.Aujourd’hui, celle que l’on appelle communément la TELUQ accueille près de 20 000 étudiants annuellement.En plus de permettre l’apprentissage à distance, cette institution a mis sur pied un vaste programme de recherche qui contribue à accroître son expertise.Portrait d’une école peu connue.CHRISTIAN LÉVESQUE Seule université francophone en Amérique du Nord spécialisée dans l’enseignement à distance, la TELUQ permet d’obtenir une formation universitaire loin des salles de classes bondées des écoles conventionnelles.Dans le confort de son foyer, il est maintenant possible d’effectuer des études en administration, en communication, en informatique, en langue, en sciences pures et appliquées, en sciences et technologie ou encore en sciences humaines et sociales.En tout, la TELUQ offre deux baccalauréats, 21 certificats, 26 programmes courts de perfectionnement et plus de 250 cours.De plus, des diplômes de deuxième cycle universitaire en technolo gie de l’information et en environnement d’apprentissage sont également au menu., «Im formation à distance a acquis ses lettres de noblesse et s’inscrit dans un courant moderne, croit la directrice de l’enseignement et de la recherche à la Télé-université, luuise Bertrand.Nous offrons une flexibilité qui permet à nos étudiants de suivre leurs cours selon leur disponibilité et leur horaire personnel.Cela demande cependant une certaine autonomie et une bonne discipline».Transinis par la poste ou accessible par le biais d’Internet, les divers outils pédagogiques des cours (enregistrements audio ou vidéo, logiciels informatiques et recueils spécialement conçus) utilisent de plus en plus les nouvelles technologies pour rejoindre les étudiants.Ces derniers peuvent également compter sur un service d’aide téléphonique puisque chaque étudiant se voit jpersonnellement attitrer l’un des 125 tuteurs engagés pria TELUQ.Recherches sur la formation à distance.; En plus de préparer leurs cours, les professeurs se doivent de réserver une partie de leur emploi du jemps pour effectuer diverses recherches, comme dans toutes les universités traditionnelles.«Nous orientons cependant la recherche sur deux axes principaux: premièrement, sur les méthodes liées au télé-apprentissage et, deuxièmement, sur les autres disciplines concerrmnt \ enjeux économiques, sociaux et territoriaux», affirme Use Bertrand.Plus d’une soixantaine de projets de lerche sont actuellement en cours uniquement à La UQrtMVers autres projets sont cependant réalisés dans des lieux de recherche affiliés.: Pour décupler son potentiel d’investigation, la TELUQ a mis en place un véritable centre de recherche: le Laboratoire en informatique cognitive et en environnement de formation (LICEF).Celui-ci constitue d'ailleurs le lieu par excellence de la recherche orientée sur l'amélioration des méthodes d’éducation à distance.Sa mission consiste à déni-ther et appliquer de nouvelles connaissances permettant de faire progresser les méthodes et les technologies d’apprentissage et de télé-apprentissage.Outre le LICEF, divers groupes de recherche Oe Groupe interinstitutionnel de recherche en formation à distance [GIREFAD], le Groupe de recherche en Science de l'environnement multimédia «La formation à distance a acquis ses lettres de noblesse et s’inscrit dans un courant moderne » et environnement didactique [SEMID] ainsi que la Société pour l’apprentissage à vie [SAVIE]), des équipes de chercheurs et des associations avec d’autres universités ont également vu le jour.et dans plusieurs autres domaines Cependant les projets de recherche de la Télé-université ne se bornent pas a améliorer les conditions de l’apprentissage à distance; ils couvrent plusieurs autres domaines: l’économie, les communications, les lettres, l’éducation, l’informatique, les sciences naturelles et les sciences sociales.«Les professeurs ont le droit de foire les recherches qu’ils veulent.Nous les encourageons d’ailleurs à poursuivre leurs investigations dans leur champ de spécialisation.Les choix des projets de recherche se font ainsi d'une manière tout à foit libre», explique Louise Bertrand.Grâce à des subventions de nombreux organismes gouvernementaux (comme le Conseil de recherche en sciences humaines du Canada, le Conseil de recherche en sciences naturelles et génie du Canada, le Conseil québécois en recherche sociale, etc.), de deux à trois millions de dollars sont investis annuellement dans la recherche.C'est d'ailleurs grâce à ces subventions que la formation des étudiants est assurée.«Les projets de recherche qui sont mis sur pied contribuent à la formation des étudiants, qui peuvent ainsi pratiquer leur futur métier de chercheur en participant, dès leurs études, à des projets de recherche», exprime Evelyne Vallières, professeur et chercheuse à la TELUQ.Récemment récipiendaire d’une subvention de 150 000 $ du Fonds québécois de la recherche sur la nature et les tçchnologies pour effectuer une recherche, Evelyne Vallières entend effectuer une recherche, d’une durée de deux ans, sur les processus psychologiques impliqués dans l’agressivité au volant «Dans des études antérieures menées en Europe, il a été démontré que la majorité des automobilistes ont été témoins d’actes de rage au volant.Il est ainsi intéressant de pretulre une population d’automobilistes sélectionnés au hasard et tenter de comprendre comment beaucoup d’entre eux semblent capables de contrôler leur colère au volant», continue-t-elle.Pour mener son investigation, la chercheuse s’associera à deux autres chercheurs issus du milieu universitaire québécois.L’université du futur?De nombreux projets ont vu le jour grâce aux activités de la Télé-université.Résultat de son expertise dans le domaine de la formation à distance, la TELUQ a été choisie par l’Agence canadienne de développement international (ACDI) pour piloter un programme visant l’implantation d’un Centre d’application, d’étude et de ressources en apprentissage à distance (CAERENAD).Ce programme de partenariat international avec six établissements (situés au Brésil, au Chili, au Costa Rica, à l’Ile Maurice et au Sénégal) vise à répondre aux besoins grandissants en matière d’éducation à travers le monde.Le CAERENAD ambitionne de développer de meilleurs outils pédagogiques pour la formation à distance ainsi que de pennettre aux partenaires de développer conjointement les quatre champs qu’ils ont identifiés comme prioritaires: la formation des maîtres, l’administration, l’environnement et la communication.«Le modèle de l’enseignement à distance est une des voies d’avenir et il va s’en faire de plus en plus, croit ! nuise Bertrand.Mais il ne faudra pas que l’enseignement se fasse uniquement de cette façon.» La directrice de l’enseignement et de la recherche de la TELUQ croit que l’apprentissage à distance ne convient pas à tous, fi faut avant tout avoir la motivation et la discipline nécessaire.En plus, le goût d’apprendre et de s'instruire doit d’être présent Autrement, les fins de session risquent d’être ardues.même à distance.La recherche à l’Université de Sherbrooke se porte plutôt bien.On dénombre pas moins d’une soixantaine de centres, d’instituts et de chaires de recherche de toutes sortes allant des sciences pures aux sciences humaines et on compte en rajouter une bonne douzaine dans l’année à venir.Et cela, sans compter les projets de recherche effectués par les professeurs à titre individuel.PIERRE VALLÉE T T ne des tendances qui se dé-" LJ veloppe en recherche universitaire aujourd’hui, avance M.Edwin Bourget, vice-recteur à la recherche à l’Université de Sherbrooke, c’est le maillage des chercheurs qui travaillent dans différents domaines.La recherche moderne exige de plus en plus une approche multidisciplinaire.» C’est le cas de l’Observatoire de l’environnement et du développement durable qui verra le jour d’ici un mois.Cet institut de recherche, dont le mandat est d’observer, de comprendre, de prévoir et d’améliorer l’environnement, regroupera plus de 50 chercheurs de sept facultés différentes en provenance de l’Université de Sherbrooke et de l’université Bishop.«C’est un centre de recherche à connotation transversale, si l’on peut dire, il dépasse le cadre traditionnel d’une recherche menée par une seule faculté ou un seul département.C’est aussi un bel exemple de collaboration entre institutions.» Cette multidisciplinarité se retrouve au cœur de l’Institut des matériaux et des systèmes intelligents (IMSI), un des joyaux en recherche de l’Université de Sherbrooke.Près de 100 chercheurs y travaillent à des sujets aussi variés que les polymères ingénieux et l’intelligence biomoléculaire en passant par la robotique et les systèmes intelligents.La médecine et le domaine de la santé comptent parmi les plus La médecine et le domaine de la santé comptent parmi les plus importants secteurs de recherche à l’Université de Sherbrooke importants secteurs de recherche à l’Université de Sherbrooke.«Plus de la moitié de la recherche à l'Université de Sherbrooke est de la recherche médicale.La faculté de médecine est un véritable moteur de recherche pour nous», affirme M.Bourget.Une bonne part de cette recherche se fait conjointement avec le Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) et son centre de recherche clinique.Parmi les secteurs de pointe, notons la radio-oncologie et l’imagerie médicale.«Le CHUS possède deux appareils à tomographie par positrons, particulièrement efficaces lors du suivi d’un traitement contre le cancer.C’est d’ailleurs ici que le capitaine du Canadien, Sai-ku Koivu, a été suivi lors de sa maladie.» Dans le domaine de la santé, mentionnons aussi l’Institut universitaire de gériatrie de Sheitrooke et son centre de recherche en vieillissement Dans le domaine pharmaceutique, il y a l’Institut de pharmacologie de Sherbrooke qui est selon M.Bourget, le premier institut de la sorte au Canada.On y effectue des travaux de recherche en synthèse de molécules diverses et en chimie combinatoire par la création de nouvelles molécules bioréactives dont on étudie les propriétés pharmaceutiques.En ce qui concerne les sciences pures et la recherche fondamentale, soulignons les travaux sur la supraconductivité du professeur Louis Taillefer du département de physique, qui vient tout juste d’obtenir la chaire de recherche en matériaux quantiques.Le professeur Taillefer s’intéresse à la théorie du comportement des électrons dans les nouveaux matériaux.Coopération Le champ des sciences humaines et des sciences sociales est aussi un secteur de recherche important, en particulier dans le domaine coopératif, où l’Université de Sherbrooke a depuis longtemps acquis ses lettres de noblesse.En effet, l'Institut de recherche et d’enseignement pour les coopératives de l’Université de Sherbrooke (IRECUS) a vu le jour il y a déjà 25 ans.«Cet institut s’implique avec les universités des pays en voie de développement afin de faire valoir les avantages de la coopération et du mouvement coopératif.» L’Université de Sherbrooke a consenti ces dernières années de nombreux efforts afin de décloisonner la recherche universitaire et cje la sortir de sa tour d’ivoire.A cet effet, l’institution s’est dotée de deux organismes.Le Bureau de la recherche et de la coopération internationale (BRCT) fait la promotion de l’université et gère les ententes de partenariat avec les autres institutions.Le Bureau de liaison entreprises-université (BLEU), comme son nom l’indique, fait le lien entre la recherche et l’entreprise privée.Il encadre aussi les chercheurs qui veulent lancer une entreprise dérivée (spin-off) et gère les redevances sur les brevets.«Nous sommes l’université au Canada qui recueille le plus de redevances sur nos brevets, soit un montant de 16 millions de dollars.» Selon M.Bourget, l’avenir de la recherche universitaire passe par un échange de bons procédés entre divers partenaires.«On doit faciliter les échanges entre les institutions.Chacun d’entre nous a des moyens, mais ils sont limités à cause essentiellement du coût élevé des infrastructures de recherche.En s'associant, on peut évidemment faire plus.» Jeunesse, intolérance et racisme Les programmes de maîtrise et de doctorat de l'ÉTS Comment se comportent les jeunes d’aujourd’hui face aux cultures diverses qui façonnent maintenant nos sociétés?C’est ce que cherche à comprendre une enquête internationale sur le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance chez les jeunes de 12 à 15 ans réalisée par le Groupe de recherche en racisme de l’Université de Sherbrooke (GRRUS) pour le compte du Haut-Commissariat des droits de l’Homme.Le responsable de cette enquête est M.Pierre Binette, professeur en politique appliquée au département d'histoire et de sciences jx>li-tiques.Selon le rapport d’étape qu’il vient tout juste de déposer, il y a des raisons d’être relativement optimiste.Selon les données préliminaires, deux tiers des jeunes interrogés accueilleraient favorablement dans leur entourage une personne d’une aptre race ou d’une autre culture.A ce sujet, les filles (71 %) sont systématiquement plus tolérantes que les garçons (62 %).Si l’on peut s’en réjouir, il existe toutefois des zones grises puisque au moins le tiers des répondants affiche à cet égard une certaine réticence.De plus, environ 7 % des répondants affirment carrément ne pas apprécier la présence d’une personne d’une autre race ou culture.Enfin, encore trop de répon- dants (environ 20 %) affirment avoir été victimes d’injustices à causes de leurs caractéristiques raciales ou culturelles.L’échantillon traité dans ce rapport d’étape est de 5476 répondants.On y retrouve des jeunes de 16 pays, de 53 langues différentes et de plus de 20 religions ou mouvements religieux.La répartition continentale est la suivante: Amérique 25 %, Afrique 24 %, Asie 10 %, Europe 36 %, Océanie 5 %.Idéalement, on espère atteindre le nombre de 30 000 répondants dans 30 pays.«Nous avons pour cette enquête défini le racisme de fo- Le génie pour l'industrie Maîtrise en génie aérospatial Maîtrise en génie de la construction Maîtrise en génie de la production automatisée Maîtrise en génie électrique Maîtrise en génie logiciel Maîtrise en génie mécanique Maîtrise en technologie des systèmes Maîtrise ès sciences (technologie de l’information) Doctorat en génie 'Programme conjoint en instance d'approbation m la- I Ecole de technologie supérieure propose des programmes de 2e et Y cycles branchés 'indu< École de technologie supérieure 1100, rue Notre-Dame Ouest Montréal (Québec) H3C 1K3 Téléphone : (5141 396-8888 admission @etsmtl.ca www.etsmtl.ca sur I industrie qui : forment des spécialistes au cœur du développement et du transfert technologiques; profitent de l'expérience industrielle et de l'expertise de plus de 90 professeurs actifs en R & D; privilégient les projets d'application, les mémoires et les thèses en collaboration avec l’industrie; permettent aux étudiants de bénéficier d'un programme exceptionnel de soutien financier.Université du Québec École de technologie supérieure www.hec.ca/recherche Innover en recherche* Innover en enseignement* Innover en entreprise* Concrètement, les recherches menées à l’École des Hautes Études Commerciales portent fruit.En repoussant constamment les frontières du savoir, elles permettent d’enrichir l’enseignement et d’améliorer les pratiques de gestion.Nouvelles chaires créées depuis septembre 2001 ?Chaire de commerce électronique RBC Groupe Financier; Chaire de gestion stratégique des technologies de l’information; Chaire de gouvernance et juricomptabilité; Chaire de management stratégique international; Chaire de recherche du Canada en distributique.Au total, 13 chaires et 22 centres et groupes de recherche.recherche.infota hec.ca tcolf d« Hautrs Éludes Commerciales 3000, chemin de la COte-Sainte-Calherine Montreal (Québec) H3T2A7 frndŒj Créer à Sherbrooke un Observatoire des jeunes qui permettrait de les questionner sur toutes les formes d’intolérance çon large, explique Pierre Binette, en adoptant la définition des Nations unies qui comporte trois critères: la couleur de la peau, la religion et la langue maternelle.» La rédaction du questionnaire de 22 questions ne fut pas une mince tâche puisqu’il devait s’adresser à des jeunes de milieux fort différents.«Nous avons dû gommer les réferences culturelles puisque le questionnaire devait être compris à la fois par un jeune du Cameroun et du Québec.» Les jeunes répondants ont été rejoints dans les écoles.Au Québec, le questionnaire a été distribué par le biais des commissions scolaires.Ailleurs dans le monde, c’est par la Fédération des clubs de l’UNES-CO qu’on a approché les écoles.Le tout se fait sur une base volontaire et bénévole.«Pareil sondage conduit par une firme spécialisée est impensable sur le plan financier.» L’enquête se poursuit et des questionnaires seront bientôt distribués en Russie.Quant aux Etats-Unis, une brèche s’est ouverte du côté de la ville de Washington inais Pierre Binette avoue qu’il s’agit d’un marché difficile à pénétrer.«Nous passons maintenant en deuxième vitesse et nous voulons créer à Sherbrooke un Observatoire des jeunes qui mms permettrait de les questionner sur d’autres formes d’intolérance, telle l’orientation sexuelle.Nous espérons être soutenus financièrement par le Haut-Commisariat des droits de l’Homme.» P.V.* LE DEVOIR.LES SA M EDI 13 E D I M A N t H E » A V K I 1 _> O O L> lECHEKCIIE UKIVERSITAIIÎE UQAM Nouveau plan de match Tisser des liens avec le milieu et le réseau universitaire L’I niversité du Quebec à Montréal est reconnue pour son rôle social et son implication dans son milieu.Mais, au dire de Daniel Coderre, nouveau vice-recteur à la recherche et à la création, la recherche scientifique qu’on y réalise serait lance-t-il fièrement Nous collaborons avec toutes les universités du Québec et avec des universités canadiennes, américaines et euro- péennes.Sous sommes probablement l’université qui collabore le plus avec les autres.• Le vice-recteur déplore nean- moins le fait que les universités québécoises compétitionnent entre elles plutôt que de s'associer pour constituer un pôle universitai- re de calibre international capable d’entrer en concurrence avec les autres grands pôles universitaires de la planète.«un secret bien gardé».La Justice et ses victimes CLAUDE LAFLEUR n parle toujours de l’Univer-" yj site de Montréal et de l’université McGill comme de grandes universités de recherche, déclare Daniel Coderre, alors que la recherche que nous réalisons à IVQAM se fait dans des créneaux originaux et moins traditionnels.On est considéré, à tort je pense, comme une université qui fait moins de recherche, alors que nos professeurs sont fort actifs.» Justement, l’équipe de direction qui s'est installée ces derniers mois à la tête de l’UQAM entend bien remédier à ce malentendu.Spécialiste des insectes et professeur au département des sciences biologiques depuis 1982, Daniel Coderre a en outre été directeur des programmes de maîtrise en biologie et de doctorat en sciences de l’environnement, puis vice-doyen avant de devenir, en janvier dernier, le vice-recteur responsable de la recherche scientifique.L’UQAM est reconnue pour ses travaux en sciences sociales et en sciences humaines, rappelle-t-il.«C’est une marque de commerce depuis fort longtemps, l’université menant ses recherches en lien avec les besoins du milieu.Nous sommes une université au centre-ville branchée sur les communautés et nous allons conserver cette couleur, car elle fait partie de notre originalité.» Huit grands pôles de recherches Expliquant que les chercheurs réalisent souvent à l’UQAM des travaux originaux et hors des grands créneaux scientifiques, il note que ceux-ci deviennent fréquemment, avec le temps, au centre des grands courants scientifiques.C’est notamment le cas des recherches en environnement «]e me rappelle, relate-t-il, que lorsque je faisais mes études et que je parlais de lutte biologique comme approche alternative aux pesticides chimiques, on me rétorquait que ce n’était pas de la science! Pourtant, maintenant, c’est m champ prioritaire.Voilà le genre de préoccupations que nous avons ici à IVQAM et que nous voulons poursuivre.» Le vice-recteur annonce donc que l’imiversité continuera de favoriser les recherches qui ne figurent pas nécessairement dans les grands courants scientifiques.«Nous pensons que ce type de recherches pourrait bien devenir le pôle d’excellence de demain, commente-t-il.Mais, cela dit, nous devons aussi définir notre contribution Particulière — notre couleur—par rapport aux autres universités.» La nouvelle équipe de direction a ainsi identifié huit pôles de convergence qui conféreront justement à l’UQAM sa couleur.Le premier pôle concerne l’éducation.Rappelant que son université forme une bonne part des futurs enseignants du primaire et du secondaire, M.Coderre constate qu’il y a là la nécessité de valoriser ce domaine en réalisant des travaux pertinents.L’UQAM accordera donc beaucoup d’attention à valoriser les recherches en éducation, qu’il s’agisse de celles concernant la formation des maîtres, de l’éducation en santé, en environnement ou dans les enjeux de société.Le deuxième pôle porte sur les relations internationales et la mondialisation.«Tout ce qui concerne le développement des relations internationales Prendra une ampleur majeure dans les années à venir, énonce le vice-recteur.On créera par conséquent, dés cette année, un institut en relations internationales que Ton veut interuniversitaire, mais dont nous assurerons le leadership.» Troisième pôle: les arts et le multimédia Déjà, lUQAM s’est associée à l’université Concordia, l’autre grande université œuvrant dans ce secteur.Ainsi, 60 créateurs et chercheurs (30 de chacune des deux universités) se sont regroupés et associés à des spécialistes en communication et en informatique pour développer des axes d’excellence.«Je vous prédit, lance M.Coderre, que d'ici quelques années, ce sera un succès total au niveau canadien et au niveau mondial!» Le développement social, qui a toujours été une force de l’UQAM, particulièrement en sociologie et en économie sociale en lien avec la santé, formera un autre pôle d’importance qui deviendra même une priorité au cours des prochains mois.De même, l'université dispose d’importantes équipes de chercheurs en santé sociale.«Nous allons créer un Institut santé et soaété dès cette année et allons prendre ainsi un important virage».M.Coderre annonce donc qu’il y aura sous peu un «guichet unique» qui regroupera toutes les équipes de recherche de lUQAM en santé.Un autre pôle d'importance est l’étude de la science et de la technologie.particulièrement les analyses stratégiques des impacts de la science et de la technologie sur nos vies.L’environnement est bien sûr une autre des forces majeures de l’UQAM, car il comprend à la fois les sciences exactes (biologie, sciences de la terre, etc.) ainsi que les sciences sociales et même l'économie.«Nous allons désormais rassembler tous les volets relatifs à l’environnement, notamment les études sur le climat et sur les phénomènes extrêmes [verglas, inondations].» Enfin, l’UQAM mettra l’accent sur les sciences de la gestion, particulièrement dans des créneaux originaux comme la gestion du patrimoine.Justement, elle créera bientôt un Institut du patrimoine — un centre qui regroupera des forces aussi bien en gestion, en art, qu’en études littéraires, etc.Collaboration Daniel Coderre souligne que dans chacun des huit pôles, des regroupements se feront, impliquant plusieurs facultés, plusieurs départements et plusieurs disciplines.«Nous sommes probablement l’université qui gagnerait le premier prix de la collaboration, \ A l’occasion de l'évaluation des indenmités à verser à une personne victime d'un accident ou d’un crime, les juristes constatent que le «système» aboutit parfois à des jugements totalement erronés, tant sur le plan juridique que médical.Comment peut-on en arriver à de tels résultats?C'est la question à laquelle tente de répondre Katherine lippel, professeure au Département des sciences juridiques de la Faculté de science politique et du droit de l’Université du Québec à Montréal.Mme Uppel dirige une équipe de recherche qui analyse l’utilisation de la preuve médicale et scientifique dans un contexte juridique.Depuis 25 ans, cette avocate se passionne, selon ses propres mots, pour «l’utilisation du droit comme outil de changement social».Elle s’est entre autres associée à Karen Messing — à la tête du Centre d’étude des interactions biologiques entre la santé et l’environnement (C1NBIOSE) de l’UQAM — pour diriger l’équipe «L'Invisible qui fait mal», un regroupement de spécialistes qui développent une approche de recherche et d’inter- vention en santé qui tient compte de la division sexuelle et sociale du travail.Deux «cultures» en collision.Mme Lippel s’intéresse plus particulièrement aux questions medi-co-légales, c'est-à-dire lorsque la culture juridique rencontre la culture médicale.Elle observe ainsi qu'en présence de décisions «qui déplaisent, qui étonnent ou qui frustrent», les juristes se disent que cela doit être le résultat d’une sul> tilité médicale qu'ils ne peuvent comprendre alors que, de leur côté, les médecins pensent que cela résulte plutôt de notions légales hors de leur portée! Pour comprendre ce qui se passe, Mme lippel a réuni différents experts en médecine et en droit pour leur soumettre un même corpus d’informations (jugements, verdicts, etc.) afin de voir comment chacun les interprète.«Et ça a porté fruit, dit-elle, puisque j’ai identifié des incompréhensions de mots qui sont pourtant identiques.Je m’explique.Comme avocate, lorsque je demande à un médecin: “Pour vous, docteur, y a-t-il une relation entre le travail et la lésion?", j’ai toujours pensé qu'on partageait le sens du mot "relation ".Mais ce n’est pas le cas.» la chercheure a ainsi découvert une série de mots qu’on utilise de façon courante mais qui n’ont pas le même sens selon qu’on soit médecin ou juriste.Elle a donc recensé une vingtaine de mots qui sont «des véhicules de l'incompréhension».Mme Lippel spécifie neanmoins qu’elle n'a pas le crédit d'avoir découvert ce phénomène puisque ce sont ceux et celles qui jonglent au quotidien avec ces pro blêmes qui ont réalisé, au sein de leur propre tribunal, ce genre de «conflits de valeur».Victimes des indemnisations Katherine Lippel se spécialise par ailleurs dans les questions de droit à l’indemnisation en vertu des régimes publics (CSST, LI-VAC, etc.).Elle a publié plusieurs ouvrages sur la question, notamment Le stress au travail.L'indemnisation des atteintes à la santé en droit québécois, canadien et améri- cain (1992) ainsi que L'Indemnisation des victimes d'actes criminels.Une analyse jurisprudentielle (2(XXï).C'est même pratiquement la seule chercheure universitaire québécoise à se consacrer spécifiquement aux questions de santé au travail et de droit.Elle s'intéresse plus particulièrement aux effets du processus medicolegal que subissent, lors de leur évaluation, les personnes victimes d’un accident de travail, d’un accident d'automobile ou encore les aiv ciens combattants (notamment les vétérans de la guerre du Golfe)i Elle cherche à identifier les effets sur la santé qu'a indéniablement le processus d'indemnisation.«Ce qui nous intéresse, dit-elle, c'est le fait que lorsqu un accidenté se voit infliger de W à 15 expertises différentes, uniquement pour les fins du procès^ sus d’indemnisation (et non pas pou b Us fins dis soins), quels effets cela a-t-il sur l’évolution de la maladie?» 1 .’ambitieux projet de recherché de l’équipe de Katherine Lippel ECHERCHE UNIVERSITAIRE Université Laval L’ouverture au monde Un intérêt historique pour les études sociales Disparu au début de l’an 2000, le père Georges-Henri Lé-vêque a fondé en 1938 l’École des sciences sociales et politiques de l’Université Laval, qui est devenue en 1943 une faculté autonome de cette institution.Le dominicain a souvent été qualifié de père de la Révolution tranquille ou du Québec moderne.Sous son impulsion, sciences humaines et sociales ont débordé les frontières du campus pour inspirer toute une société.Il n’en demeure pas moins que la recherche en ces matières demeure, ici comme ailleurs, l’enfant relativement pauvre de ce pan d’activités universitaires.KÉGINALD HARVEY Aujourd'hui, les budgets de recherche à Laval atteignent les 160 millions de dollars en provenance de fonds externes.De cette somme, 19 millions sont consacrés aux sciences humaines et sociales, soit environ 12 à 13 % de la masse monétaire globale.Louise Filion, vice-rectrice à la recherche de l’Université Laval, renseigne ici sur les principales orientations, les limites financières et les courants majeurs qui façonnent la recherche à caractère humain et social.Ethique et environnement émergent des priorités et s’appliquent à plusieurs disciplines à la fois.«De façon générale, l’éthique est applicable autant au sujet de la santé qu'à celui d'à peu près Unîtes les sciences.C’est un secteur qu 'on souhaiterait regrouper autour des gens qui œuvrent aussi bien dans le domaine de la philosophie et de la religion que du droit.On voudrait réunir ce monde sous une entité commune qui pourrait prendre la forme d’un centre de recherche ou d’un institut.De cette façon, ils pourraient travailler ensemble plus étroitement, quoiqu 'ils le fassent déjà à travers de petits projets.Il y aurait intérêt à se structurer davantage dans ce secteur-là», croit la vice-rectrice.Un projet en environnement et société a aussi été déposé sur la table.«On tente de faire travailler ensemble les gens des sciences humaines et sociales et ceux des sciences naturelles, de façon à avoir une approche plus intégrée des questions de l’environnement.Dans ce domaine, il existe une sorte de cloisonnement.Chacun œuvre de son côté et rares sont les personnes qui ont obtenu une formation dans un moule multidisciplinaire au départ.Iœ but de l'opération serait de former des personnes qui sont sensibles tant aux aspects des sciences fondamentales qu à ceux des sciences humaines pour en arriver à une vison plus intégrée des problèmes globaux de l’environnement, comme ceux portant sur les changements climatiques, par exemple», mentionne-t-elle de plus.des OGM.Ces gens-là n’ont pas attendu que nous ayons un institut en éthique pour aborder des sujets propres à l’éthique dans le domaine de la reproduction ou de choses du même ordre.En recherche, les affinités s’établissent beaucoup plus facilement et c’est à nous finalement d'ajuster nos structures d’enseignement, de formation et, éventuellement, de recherche, pour faciliter l’interdisciplinarité.En fait, le décloisonnement s’effectue beaucmp plus rapidement dans le champ de la recherche que dans ceux de la forma-tion et de l’enseignement», reconnaît Mme Filion.Le problème du sous-financement Le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH) possède un budget qui représente 12 % des sommes totales versées par le gouvernement fédéral dans le secteur de la recherche.AI aval, à peu de choses près, la situation correspond à cette réalité en ce qui a trait au budget.Au Québec, la présence du Fonds québécois de recherche sur la société et la culture (FQRSC) compense en partie le manque à gagner par un certain apport d'argent.ta vice-rectrice parle de cette conjoncture: «Il y a beaucoup de profs dans ce monde-là.D’autre part, par rapport aux problèmes considérables de société que nous traversons, l’ef fort de recherche demeure disproportionné.Je pense ici notamment à toute la gamme des problèmes reliés à la réussite scolaire, à la violence, à la famille et aux conséquences de l'informatisation sur les entreprises et Içs travailleurs.» A l’heure actuelle, les budgets ne correspondent absolument pas aux besoins identifiés.«Il y a des gens qui réfléchissent à des questions et qui font des choses en ayant de petites subventions ou sans l’apport de celles-ci.Cependant, on peut déjà À l’heure actuelle, les budgets ne correspondent absolument pas aux besoins identifiés imaginer tout ce qu on aurait comme retombées si gens-là étaient mieux appuyés.Il faudrait multiplier les budgets par deux et ce serait au départ considérable, mais il faudrait probablement penser à tes multiplier plutôt par trois ou par quatre», résume-t-elle.L’impact sur milieu de vie et l’ouverture sur le monde la notion de commerce et l’aspect de mise en marché d’un produit se font absents en sciences sociales et humaines.Les retombées de la recherche sont donc plus difficilement chiffrables et mesurables, quoiqu’elles aient un impact réel et déterminant sur le milieu et sur la qualité de vie des citoyens.Toutefois, «c’est moins percutant que dans le domaine de la santé.Quand on travaille sur le cancer ou la fibrose kystique, on n’a pas beaucoup de justification sociale à trouver à nos recherches.D’un autre côté, il faut tout de même penser à la contribution de ces gens-là sur bon nombre de phénomènes sociaux, tels l’abandon scolaire, le jeu pathologique, le patrimoine, l’aménagement du territoire, l’urbanisme et l’analyse des politiques, pour ne nommer que ceux-là».Sur la scène internationale, les foyers d’excellence attirent des compétences venues de partout.Quant aux professeurs de l’Université Laval, ils se révèlent également présents sur la scène mondiale de la recherche.La vice-rectrice souligne qu’il existe un centre dynamique Québec/Moscou, entre Laval et l’Université des sciençes sociales de la capitale russe.A Québec même, l’Institut des hautes études internationales scrute les phénomènes de mondialisation et entretient des liens avec d’autres organismes du même genre.En science plus fondamentale, la recherche prend également une tangente de plus en plus internationale.Par exemple, la photonique requiert de maintenir des échanges constants avec l'étranger pour garantir une compétitivité créatrice.Selon la vice-rectrice, interdisciplinarité et internationalisation sont deux grandes tendances de fond, qui sont facilitées par l’Internet: «Le gens n’ont pas besoin de se déplacer autant qu’avant pour rédiger des articles collectifs, ce qui n’empêche pas la tenue des grands congrès et les contacts sur une base individuelle.Toutefois, même de façon ponctuelle, il n’existe plus vraiment d’obstacles à ce que les chercheurs de différents pays s’insèrent dans la réalisation de grands projets», soutient finalement Louise Filion.ARCHIVESDE LA SOCIETE MAKIVIK les communautés autochtones font preuve d’ouverture à l’endroit des projets universitaires qui les touchent.Elles sont même devenues des partenaires de la recherche.Questions autochtones Il existe à l’Université Laval un groupe de recherche qui ratisse beaucoup plus large que son nom l’indique.Ses chercheurs, qui ont circonscrit durant les premières années leurs travaux au monde inuit et circumpolaire, se penchent de nos jours sur la globalité des réalités autochtones des Amériques, en partenariat avec des institutions universitaires d’autres pays.Une douzaine de personnes font partie de l’équipe de base et sont appuyées par une vingtaine de collaborateurs venus de divers horizons.Quelque deux millions de dollars sont consacrés annuellement à divers projets.«On a un acronyme qui est quelque peu ancien parce que nos recherches ont évolué au fil du temps.De plus en plus, on retrouve des gens dans notre équipe qui travaillent sur les Amérindiens non seulement du Québec, mais aussi d’ailleurs.On s'oriente graduellement vers le statut de centre de recherche sur les questions autochtones en général», fait savoir François Trudel, professeur au département d’anthropologie de la faculté des sciences sociales de l’Université Laval et directeur du Groupe d’études inuites et circumpolaires (GETIC).Il y a notamment des chercheurs qui s’intéressent aux populations autochtones importantes de l'Amérique latine et l’une des membres du GETIC s’est même rendue chez les aborigènes australiens.Les communautés autochtones font preuve d'ouverture à l’endroit des projets qui les touchent.Elles sont même devenues des partenaires de la recherche.«Il s'agit d’un partenariat en bonne et due forme, qui commence dès le moment où Vidée d’une thématique jaillit et qui se poursuit dans toutes les étapes de réalisation d’un projet.Celles-ci ont leurs idées sur la recherche, connaissent leurs besoins, veulent figurer de façon dynamique dans les travaux et avoir accès aux résultats obtenus», sou-ligpe le professeur.A ce propos, il mentionne trois grands projets en cours actuellement et qui sont financés par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH).L’un porte sur la sécurité alimentaire dans l’Arctique.En vertu d’une autre étude, les chercheurs analysent la cohésion sociale et les conditions de vie dans la même région.Dans un troisième cas, la thématique repose sur l’histoire et la mémoire du Nunavut.Au-delà de ces approches toutes nordiques, le projet de base est lié au statut actuel du Groupe, comme l’explique François Trudel: «Nous voulons nous transformer de groupe de recherche en centre interuniversitaire de recherche sur les autochtones du Nord et des Amériques.Dans ce sens-là, nous tentons en ce moment de réunir des collègues des universités du Québec autour de cette entreprise.» La tendance est au regroupement et le secteur de la recherche n'y échappe pas.Dans un contexte de mondialisation, les chercheurs de différentes disciplines doivent unir leurs efforts pour en arriver à des résultats satisfaisants de leurs travaux, eu égard à la complexité des problèmes qui se posent a eux.R.H.icipli du au goût du jour Les chercheurs se regroupent et partagent de plus en plus leurs compétences dans de nombreuses disciplines.«C’est une tendance très nette en vertu de laquelle on aborde davantage les problèmes, les grandes thématiques de recherche, peu importe sous quel angle, dans toute leur complexité.Par exemple, c'est là un courant en santé où on cherche à réunir les sciences sociales avec le secteur santé pour obtenir une approche plus globale des situations.On ne parle plus simplement de la maladie qui est le propre du domaine biomédical, mais plutôt de santé, donc des problèmes globaux qui peuvent influencer celle-ci; par exemple, on tient maintenant compte des variables socioéconomiques.» En matière de collaboration interdisciplinaire.les gens font preuve d’ouverture d’esprit et les poches de résistance se font rares.Le problème est plutôt d’ordre structurel.«Ce sont les structures qui suivent moins vite.Je parlais d’éthique tantôt.Nous avons un groupe qui se penche sur la questùm de la biologie de la reproduction et U N I V E R SI T E S R E ( HERO HE CE C A H 1 E R SPÉCIAL EST PUBLIÉ PAR LE I) E VOIR Responsable NORMAND T H É1U Al! LT ntheri&ullalpdfvoir.ra 200(1, rue lie Blrurv.3' fla^p, Montrral (Quolifc) USA SMS.Tri.: (.il 4) 38,'> redaction® Ifiirvo i r.con: F A l S C E y U E DOIS Chercheurs d'aujourd'hui et de demain, ne cherchez plus.LES FONDS DE RECHERCHE AU QUEBEC c'est simple comme.O un seul but mieux servir la recherche e deux nouveaux fonds sont créés e trois nouveaux mandats DESORMAIS CE SONT : LE FONDS QUEBECOIS DE LA RECHERCHE SUR LA SOCIÉTÉ ET LA CULTURE LE FONDS QUEBECOIS DE LA RECHERCHE SUR LA NATURE ET LES TECHNOLOGIES LE FONDS DE LA RECHERCHE EN SANTÉ DU QUÉBEC Surveillez la nouvelle programmation des trois fonds, bientôt disponible sur Internet.Pour en savoir plus, consultez la rubrique du Comité permanent des présidents-directeurs généraux des fonds de recherche du Québec, accessible dans le site web de chaque fonds.Québec « »
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