Le devoir, 31 octobre 2002, Cahier A
HALLOWEEN Des chiros pour radiographier les bonbons des enfants Page A 3 -?w w w .1 e (1 e v o i r.c o m ?- I l DEVOIR \ £1* un£ CiTR«utUf AAOUC n FAP£ Df éouTFaiu.OlcoRfit AM ^ teux VittttC*.H «AU* VWt! De là à éclipser nos classiques.Vendredi soir, en regardant nonchalamment la télévision, nous sommes tombés sur l’émission Zone libre, diffusée à Radio-Canada.Le réseau y avait fait un décompte des 50 meilleures chansons québécoises.Les titres se succédaient, nous les commentions.En cinquième position, il y avait Ja chanson Le Petit Bonheur de Félix Leclerc.Étonnés, nous nous sommes dit que celles qui allaient suivre devaient être de sérieux chefs-d’œuvre.Quelle ne fut pas notre surprise de voir apparaître en deuxième position la chanson Seul de Luc Plamondon, interprétée par Garou! Comment peut-on classer une chanson incontournable de la chanson québécoise, écrite par un poète-chanteur-compositeur engagé, en cinquième position, alors qu’une autre, qui n’a pas encore passée à travers le temps et qui est interprétée par quelqu'un que la machine médiatique pousse au plus haut point, se retrouve seconde?N’allez pas croire que nous, insurgés, sommes des vieux de la vieille, incontestables partisans de Félix Leclerc et autres reliques des années 50.Non, nous sommes plutôt deux jeunes étudiants au bord de la vingtaine, capables d’apprécier ce que les générations précédentes nous ont légué.Quand nous serons vieux et qu’un jeune groupe de musique reprendra la chanson Seul et que tout le monde en connaîtra les paroles, alors nous reconnaîtrons qu’elle mérite sa deuxième place.Nous savons bien que nous devons encourager nos chanteurs, mais de là à vouloir éclipser nos classiques.Nous ne voulons pas être des détracteurs de Garou, mais il y a des limites à comparer un auteur-compositeur-interprète qui a fait connaître la chanson (et la nation) québécoise à l’étranger à un simple interprète.Lorsque Yves Duteil composera une pièce en l’honneur de Garou, nous reconnaîtrons le bien-fondé de ce palmarès.Marie Depelteau-Paquette Marc-André Veülette Le 25 octobre 2002 LETTRES -?- La Ville de Montréal doit intervenir énergiquement! La Ville de Montréal a récemment décidé d’intervenir pour régler la situation dramatique vécue par les locataires de Place de l’Acadie, dans le quartier Bordeaux-Cartierville: des rats, pas d’eau, pas de chauffage, alouette! Il n’était pas trop tôt La Ville va donc investir pour réaliser les travaux de réparation et facturera le propriétaire.Si ce dernier ne rembourse pas, ses immeubles seront saisis.Cela est excellent Bien mieux, certainement, que de laisser la situation moisir au point qu’il faille évacuer et barricader, comme ce fut le cas de deux immeubles du quartier Côte-des-Neiges, l’un sur la rue Goyer, l’autre — transformé en condos depuis! — sur la rue Plamondon, ou encore celui de la rue de Bullion, dans le Plateau, qui sera à tout le moins transformé en logements sociaux.Cependant ce type d’intervention ne devrait pas être si rarissime.Dans tous les quartiers de la Ville, des immeubles ne sont pas entretenus.Il est fréquent que les locataires doivent attendre des mois avant que les inspecteurs municipaux ne se résignent à émettre avis d’infraction et amendes.Il est fréquent que ces amendes restent lettre morte pendant des années.De telles situations sont inadmissibles, et elles le sont encore plus dans le contexte actuel de pénurie de logements.De tels propriétaires, dont la négligence condamne les locataires à des conditions de vie épouvantables, ne devraient pas être propriétaires! La Ville doit intervenir énergiquement et systématiquement face à ces propriétaires récalcitrants: faire réparer, facturer, saisir le cas échéant., et alors transformer en logement social.Alors que la grande Ville et les arrondissements avec elle en sont à préparer le budget 2003, il est impératif que des provisions suffisantes soient prévues afin d'assurer un nombre adéquat d’inspecteurs municipaux et des réserves pour procéder aux travaux nécessaires lorsque cela s’impose.Denyse Lacelle Projet Genèse Montréal, le 18 octobre 2002 Génétique: des failles à tous les chapitres Sommes-nous assez parfaits pour souhaiter la perfection que nous ne pouvons pas encore imaginer parfaitement?Le raisonnement selon certains, comme James D.Watson, se défile ainsi: les gènes déterminent les caractéristiques physiques et psychiques des humains.Entendons d’ailleurs sous le terme «psychique» l’imagination, la pensée, l’action, la création.Et parmi les,optimismes, on ajoute: «et leurs contenus».A contenus et à dispositifs imparfaits correspondent des gènes imparfaits ou défaillants.A l’inverse, du parfait naît le parfait Or l’état actuel des humains montre des failles à tous les chapitres.Pour bien cerner ces Mies, il faudrait être bien nanti sur le plan génétique.Qu’est-ce qui nous indique que ce serait un certain groupe de généticiens qui serait doté de gènes les habilitant à se prononcer sur ces questions et sur l'avenir des humains reprogrammés?Si on affirme que «la plupart des humains sont programmés par leurs gènes pour avoir de la compassion envers leurs semblables», dit-on de la même envolée que la perception du semblable est inscrite dans les gènes?Depuis quand?Parce que, à ma connaissance, le «vrai» semblable était et est encore dans l’enceinte «imaginaire» de telle ethnieculture-langue-territoire.Dira-t-on aussi qu’un dispositif génétique régule la guerre, le mépris, la haine, le narcissisme, l’exploitation et le pouvoir pour son propre profit, la méfiance?Etc.Peut-on cerner le groupe de gènes qui nous différencie des chimpanzés, les extraire et créer une lignée simiesque?Ou isoler ces gènes qui nous permettraient de bâtir une organisation sociale semblable à celle des orangsoutans, l’agressivité en moins?Avant de choisir ce que nous voulons, puisque nous sommes «imparfaits», il faudra permettre l'invention de zoos où seront rangés les fruits de nos expériences, puisque la science ne peut que fonctionner ainsi expérimenter, puis choisir.Ënfin, et si la perfection suppose la régulation parfaite, d’où naîtra l’invention?Georges Tissot Gatineau, le 29 octobre 2002 LIBRE OPINION -4- La grande déchirure JEAN-FRANÇOIS BERTRAND Député et ministre du Parti québécois entre 1976 et 1985 Au Parti québécois, la grande différence entre les «modérés» et les «purzédurs», c’est que les premiers sont des souverainistes qui veulent que ça se fasse alors que les seconds n’y tiennent pas plus que ça.Les premiers travaillent pour une victoire, les seconds, pour une défaite.Je caricature à peine.Les «purzédurs» se sont opposés, en 1974, à l’idée d’un référendum pour réaliser la souveraineté.Ils auraient nettement préféré une élection référendaire qui leur aurait permis de «faire le pays», mais avec une minorité d'appuis: beUe démocratie! Les «purzédurs» n'ont jamais aimé l’idée de salir la pureté de l’«Option» en la colorant du concept d’association ou de partenariat.Ce «lévesquisme» ou ce «bouchardis-me» les ont toujours horripilés: d'ailleurs, ils ont toujours considéré ces deux hommes comme «suspects».Les «purzédurs» voudraient qu’on tienne le référendum «au plus sacrant», permettant ainsi à l’«Option» de passer du 49 % de 1995 au 40 % de 1980.Méchant cadeau! Après cela, il ne restera plus qu’à organiser le prochain congrès national du PQ dans la chambre 203 du motel Idéal.Les «purzédurs» voudraient que le parti se débarrasse des «Legault, Boisclair et Fa- cal» alors que ces derniers représentent pourtant l’espoir de l’«Option».Ils préfèrent les «Parizeau, Bégin et président de Montréal-Centre», qui minent les efforts des premiers, en adoptant un discours réducteur et sectaire.Les «purzédurs» veulent qu’on parle de souveraineté tout le temps, même si c’est à contretemps.Ils croient que si les gens ne veulent pas en entendre parler, c’est parce qu’on n’en parle pas, et que si on en parlait davantage, les gens les écouteraient, les comprendraient et les appuieraient.Youppi! Aux yeux des «purzédurs», les modérés sont des traîtres, des lâches ou des peureux.Leur ADN et celui de la souveraineté ne concordent pas.Il faut donc se méfier de ces «impurs» et de leurs stratégies «diaboliques».Pour la secte dogmatique des «purzédurs», les «autres» sont ou des incroyants, ou des hérétiques.Les «purzédurs» aimeraient faire l'Indépendance durant la nuit, à 3h du matin, pendant que tout le monde dort.L’opinion publique, quel mot affreux, leur donne de l’urticaire.De quel droit faudrait-il en tenir compte dans la réalisation d’un projet aussi grand et aussi noble?C’est dans Mercier, sur l’avenue du Mont-Royal, chez Porté Disparu et dans la grosse boucane que ça va se régler! Vaut mieux en pleurer J’aborde volontairement la question des «sempiternelles querelles internes» du PQ sur un ton ironique et sarcastique, en sachant toutefois qu il faut davantage en pleurer qu’en rire.Car les conséquences de ces déchirements sont prévisibles: l’effondrement du parti aux prochaines élections et l’affaiblissement du projet souverainiste.En ce moment, on retrouve environ 800 000 ex-péquistes souverainistes à l’ADQ.Consultez les derniers sondages, faites les calculs, et vous arriverez au même constat.C’est le tiers des appuis additionnels dont le Parti québécois aurait besoin pour demeurer au pouvoir.Et il en manque encore quelques centaines de milliers pour faire la souveraineté! Mais, voyez-vous, les «purzédurs» n'aiment pas là «dictature» des chiffres.Si cette confrontation se poursuit on va se retrouver avec le contraire de ce qu’on recherche.LADQ sen va peut-être au pouvoir grâce, en partie, aux deux solitudes pé-quistes.Si ça persiste, ne nous surprenons pas de retrouver le PQ avec, tout au plus, cinq, six ou sept sièges.Comme en 1970 et en 1973.Et là, nous assisterons au duel final.Il sera spectaculaire.Au micro de gauche le «pape», pontifiant, avec, en main, l’Encyclique de 1 Indépendance.Au micro de droi-te, un quelconque «pissou» qui se laissera aller à des considérations aussi vulgaires que la réalité, le peuple et la démocratie.Devinez qui va gagner.i LE 11 E V 0 1 R .LE J E l l> :5 1 OCTOBRE 2 O O 2 IDEES T m jtn m ^ / JACQUES NADEAU UK DEVOIR Peut-être est-ce le temps de cesser de regarder les moyennes des écoles à des épreuves standardisées de trois heures et de recentrer le débat sur l’acquisition de connaissances, la réalisation d’apprentissages et le développement de compétences au bénéfice de tous les élèves, de toute la population et pour toute la durée des études.Le palmarès des écoles secondaires, prise 3 Il y a lieu de s’interroger sur les véritables motifs de tout ce branle-bas JEAN-GUY BLAIS CRIFPE - Labriprof, faculté des sciences de l’éducation, Université de Montréal e troisième Bulletin des écoles secondaires du Québec de l’Institut économique de Montréal et de l’Institut Fraser de Vancouver sera présenté demain en conférence de presse.De plus, la revue L’Actualité publiera elle aussi, dans un numéro spécial, un résumé des données contenues dans le Bulletin.Cette importante diffusion d’un classement des écoles selon les scores moyens pour chaque école à quatre, épreuves de la fin du secondaire du ministère de l’Éducation soulève plusieurs questions.En effet, malgré d'importantes lacunes méthodologiques et plusieurs ellipses intellectuelles commises dans ce bulletin, les commanditaires récidivent de la même manière cette année, comme si de rien n’était.Si ce classement était présenté dans un obscur congrès au Kansas, on ne trouverait rien à y redire.Mais lorsqu’on le publie à 400 (XX) exemplaires et qu’on lui donne autant de visibilité médiatique, il y a lieu de s'interroger, étant donné les importantes réserves méthodologiques émises à son sujet, sur les véritables motifs de tout ce branle-bas.Je désire donc profiter de cette troisième publication pour remettre en perspective trois facettes de l’opération de l’IEDM et de l’IF avec leur Bulletin des écoles secondaires: ¦ les glissements conceptuels commis par les auteurs mais ne découlant pas des caractéristiques des données utilisées; ¦ les techniques empruntées par l’IEDM et l’IF au domaine des relations publiques; ¦ l’objectif de diffusion de l’information à la population.Le Bulletin des écoles: les glissements Les auteurs relient continuellement la performance de l’école aux résultats moyens des élèves aux épreuves du ministère.Ainsi, on glisse, ou on surfe, dans une perspective de cause à effet entre les résultats moyens aux épreuves, qui constituent l’information de référence, et ce qu’on appelle Y «efficacité» de l’école.Malheureusement, les données utilisées ne permettent pas d’être aussi audacieux.Rappelons-le, ce ne sont pas les résultats des écoles qui sont observés, ce sont les scores des élèves à quatre épreuves d’une durée de trois heures chacune.En associant directement les scores moyens des élèves aux épreuves de la fin du secondaire à une caractéristique générale de l’école ou encore à un effet de l'enseignement, on prend un raccourci qui ne conduit nul part Il y a plusieurs éléments qui militent contre ce genre d’ellipse intellectuelle: l’absence de la démonstration de l’existence d’une mesure, Tutilisation de la seule moyenne plutôt que de l’ensemble des résultats, la non-prise en considération de l’erreur de mesure et de l’erreur d’échantillonnage, les fluctuations dans la clientèle des élèves et les changements dans le corps enseignant, l’ignorance des caractéristiques métriques des épreuves du ministère, etc.La mesure Les auteurs avancent qu’ils «peuvent mesurer non seulement le rendement annuel de l'école mais aussi leur [sicj progrès ou leur [sic] recul au fil des ans».Mais quelle sorte de mesure utilisent-ils?Avec quelle sorte de balance réussissent-ils à peser les écoles les unes contres les autres?D’abord, pour obtenir une mesure, il ne s’agit pas seulement de compter le nombre de bonnes réponses, d'obtenir un total, de faire la moyenne des totaux des élèves et d'additionner, soustraire, multiplier ou diviser ces moyennes.La mesure n’existe pas seulement par la magie des nombres; ceux-ci ne sont qu’un support dont la structure est très commode.la mesure existe parce qu'on peut faire la démonstration qu’il existe des unités de mesure qui représentent des rapports entre des grandeurs, comme pour la seconde ou le candela par exemple, et parce qu’on peut démontrer qu’il existe une façon de combiner les unités de mesure, par exemple en les concaténant Pour mesurer, il faut aussi mettre au point un instrument qui permettra de produire la preuve de la régularité de la grandeur de l’unité de mesure, comme une montre qui mesure le temps écoulé.Qu’en est-il des nombreuses «mesures» du Bulletin?En fait, la principale mesure concoctée par les auteurs du Bulletin est ce qu’on appelle une mesure par fiat, c’est-à-dire une mesure qui n'existe que par la volonté de celui qui la crée, comme la personne qui prétend que l’intelligence consiste en ce que le test d’intelligence mesure.L’IF concocte d’ailleurs des mesures de l’efficacité des écoles de la Colombie-Britannique, de l’Alberta, de l’Ontario et du Québec.Pour chacune de ces provinces, les variables utilisées pour construire la cote ne sont pas les mêmes.Il y aurait donc quatre unités différentes pour mesurer la même chose, soit l’efficacité de l’école, dans quatre cultures éducatives différentes.L'opération ne tient pas compte de l’erreur de mesure inhérente aux épreuves standardisées du type de celles du ministère, où la perspective métrique relève plus de la fidélité des scores que de leur validité.A titre d’exemple, la tâche de l’épreuve écrite en langue maternelle varie d’une année à l’autre et, certaines années, la tâche peut être plus complexe pour ceux qui rédigent le texte et pour ceux qui le corrigent.Les scores à ces épreuves sont ainsi marqués, à divers degrés d’une année à l’autre, par une erreur de mesure associée au thème à développer.Le recul ou le progrès du «système» ou d’une école particulière peut ainsi n’être qu’un artéfact de la tâche à réaliser.Lorsqu’on utilise uniquement |a moyenne pour représenter les résultats des écoles, on oublie que cette statistique est très sensible à l’asymétrie de la distribution des scores et aux valeurs extrêmes qui peuvent la contaminer et l'empêcher d’être un indicateur valide.De plus, les modèles psychométriques utilisés pour étudier les caractéristiques de fidélité et de validité des épreuves du ministère sont des modèles valides pour les individus, pas pour un collectif d’individus représenté par une moyenne.L’opération de diffusion des résultats Dans l’industrie des relations publiques, il existe différentes techniques de diffusion des messages qu’on veut faire passer.Parmi ces techniques, il y en a deux qui ressemblent drôlement à ce qui est fait par l’IEDM et l’IF dans l'opération Bulletin.Il s’agit de la technique dite du troisième homme et de la technique du reportage gracieusement proposé.En fait, il s’agit d'utiliser la position d’expertise de la science et de l’allier à la puissance des médias de grande diffusion.Aux États-Unis, le monde des affaires et les think-tanks conservateurs ont souvent recours à ces techniques, et on retrouve plusieurs études de cas bien documentées dans le livre de l’historien S.McEwen, PR! - A Social History Of Spin.Il s’agit tout simplement de passer une commande à un expert crédible, un universitaire la plupart du temps, qui partage, en partie ou en totalité, vos idées et vos objectifs, et ensuite, d’offrir gratuitement le fruit de ce travail commandité à un média à grand tirage qui accepte de le rendre public parce qu'il partage aussi une partie de vos idées et de vos objectifs.Quel est l’objectif de ce genre d’opération?Généralement, il s’agit d'influencer l’opinion publique dans une direction qui converge vers les intérêts des commanditaires.Quel est l’intérêt des commanditaires dans le cas de l’opération Bulletin?L’orientation idéologique de l’IF est assez claire.L’IF se fait le propagandiste du marché et de la liberté de choix.Ainsi, peut-être ne faut-il pas chercher très profondément les raisons qui mènent l’IF et l’IEDM à commanditer et à diffuser largt^ ment ce bulletin: le marché, tout simplement.Certains acteurs de l’industrie des relations publiques, théories psychologiques des masses à l’appui, sont persuadés de l’efficacité d’une démarche planifiée de cette façon.Une espèce de publicité-propagande subliminale, en somme.Cela fonctionne-t-il?Difficile à dire dans le cas du Bulletin des écoles secmdaires, mais si on se réfère à l’air du temps politique au Québec et aux débats qui ont lieu à propos de la santé, il est probable que ce type d’opération ait actuellement un impact sur l'opinion publique.Une étude indépendante ?Les auteurs du Bulletin 2001 mentionnent qu «une dépense publique d’une pareille ampleur appelle une mesure constante et indépendante».En fait, il faudrait plutôt dire: «un des deux auteurs mentionne que.».En effet, les tâches sont partagées, et c’est un employé de l’IF qui est responsable de la partie «littéraire» du rapport.L’étude est peut-être indépendante, mais on remarque que la partie littéraire des bulletins 2000 et 2001 pour le Québec s’inspire toujours très fortement des autres rapports du même type publiés par l’IF.Par exemple, dans le rapport 2(K)0 du Québec, on retrouve des morceaux de texte provenant directement, sans référence, du rapport de la Colombie-Britannique.Dans le rapport 2001, ce sont des morceaux de texte du rapport de l’Ontario que l’on retrouve tel quel, à des nuances de traduction près.Ainsi, il existe une espèce de coquille d’interprétation passe-partout, fournie par l’IF, à laquelle on greffe une analyse de données pour produire un classement des écoles en Colombie-Britannique, en Alberta, en Ontario et au Québec.Si les commanditaires et les auteurs du Bulletin décidaient de soumettre leurs travaux à un comité de pairs indépendants qui jugerait de la qualité du travail réalisé, il y aurait un pas de fait vers une réelle indépendance et pas uniquement une indépendance déclarée.Informer la population Pour ce qui est de fournir de l’information à la population, il est difficile de dire si l'objectif est atteint car l’information transmise est incomplète et invalide sous plusieurs aspects.Le public n’est pas dupe de ce genre d'opération.Dans le sondage publié par L’Actualité dans le cadre de son numéro spécial 2001, les répondants étaient d’accord à 82 % avec l’énoncé voulant que «la publication des bulletins aide les parents à choisir une école», mais 62 % des répondants étaient aussi d’accord avec l’énoncé selon lequel «les bulletins ne sont pas représentatifs de la réalité car certaines données importantes ne sont pas prises en considération».Bien dit Évidemment, les choses pourraient toujours être meilleures pour tous et partout, mais il n’en demeure pas moins que 40 ans après la publication du rapport Parent, notre système d’éducation a trouvé un rythme de croisière qui fait l’envie de plusieurs.Cependant, comme tous les systèmes complexes, il nécessite des ajustements périodiques.Cela non plus, il ne faut pas l’oublier.Il y a place à des ajustements, mais que les sceptiques en parlent aux parents qui ont des enfants qui fréquentent l’école, publique ou privée, au Québec.D’après les enquêtes des 20 dernières années sur ce sujet, ils sont en général assez satisfaits.Alors, peut-être est-ce le temps de cesser de regarder les moyennes des écoles à des épreuves standardisées de trois heures et de recentrer le débat sur l’acquisition de connais sances, la réalisation d'apprentissages et le développement de compétences au bénéfice de tous les élèves, de toute la population et pour toute la durée des études.Si le passé est garant de l'avenir, les élèves du Québec bénéficieront, à n’en pas douter, d’un accompagnement de qualité et sans cesse renouvelé dans cette direction.Norman Spec tor ?De Bush à Chrétien Si vous cherche/ à comprendre ce qui s'est passe cette semaine lors de la septième conference fédérale-provineiale conjointe des ministres de l'Environnement et de l’Énergie ixirtant sur le protocole de Kyoto, oubliez la question de la réduction des emissions de gaz à effet de serre.Pour quelques minutes seulement, imaginez que Jean Chrétien soit Gt'orge W.Bush.Oui, je sais, cela [xnit [xiraître incongru.Et, non, je ne fais pas reference ici à leurs compétences linguistiques respectives.Réunis à Halifax, les ministres provinciaux ont demande à l'unanimité que M.Chrétien convoque une conférence avec ses homologues provinciaux avant que le Parlement ne ratifie le protocole, fa's deux ministres fédéraux présents à la conférence ont ignoré leur demande.11 s'agit là d’une bien étrange réaction.Comme les autres chefs de ce monde, M.Chrétien a une affection particulière pour les réunions, Luit et aussi longtemps qu’elles se tiennent à l’étranger, la semaine dernière, par exemple, il s’est brièvement arrêté à Ottawa après avoir assisté au Sommet de la Francophonie à Beyrouth, juste assez longtemps [xmr mettre quelques chemises propres dans ses valises avant de se rendre au Sommet du Forum de coopération économique Asie-lfacifique (APEC) qui se tenait à lus Cabos, au Mexique.Le premier ministre canadien aime tout particulièrement les sommets du G8.En revanche, le président Bush, qui sait bien qu’il a |x-u à y gagner, y arrive tard et en repart tôt.C’est exactement ce que pense M.Chrétien à propos des réunions tenues avec ses homologues provinciaux.Sur le plan international, M.Chrétien n’hésite pas à faire siennes les critiques européennes à propos de Dunilatéralisme» américain.Il a offert d'unir ses efforts à ceux de l’Afghanistan dans l’espoir de mettre un frein à la guerre au terrorisme.Parmi 101111*8 les critiques for-mulées lorsque les Etats-Unis ont décidé de ne pas adhérer au Tribunal |x'*nal international, les plus virulentes ont été celles de notre ambassadeur aux Nations unies.Et c’est M.Chrétien lui-même qui a vivement conseillé à M.Bush de signer l’accord de Kyoto.Chez nous, par contre, M.Chrétien se comporte comme un «unilatéraliste» par excellence en matière d’environnement.Il a pris tout le monde de court, y compris ses ministres, en annonçant, à Johannesburg, que le Canada ratifierait le protocole de Kyoto.Et même s’il avait auparavant promis de convoquer une conférence des premiers ministres en 2003, devant porter sur les soins de santé, cette réunion n’aura lieu qu’après cette fameuse ratification.la* «multilatéralisme» est vraiment la dernière des options qu’il souhaite envisager.Bien sûr, M.Chrétien sait que les provinces sont généralement en désaccord à propos du réchauffement planétaire puisque leurs représentants sont là pour défendre les intérêts de ceux qui les ont élus.Par conséquent, le fait que tout accord provincial ne puisse que nécessairement refléter le plus bas dénominateur commun explique pourquoi les provinces ne se sont véritablement entendues lundi que sur l’importance de réclamer la tenue d’une conférence des premiers ministres avant la ratification du protocole.C’est ce qui explique comment les ministres fédéraux peuvent normalement sortir des réunions, même les plus difficiles, le sourire fendu jusqu’aux oreilles.En effet, eux et leurs fonctionnaires peuvent toujours dominer les négociations fédérales-provinciales en exploitant les oppositions qui déchirent les provinces.I es provinces ne sont pas dupes du jeu d’( )ttawa mais ne peuvent s’empêcher de tomber dans le piège.Dans le dossier de Kyoto, c’est le premier ministre albertain Ralph Klein qui a lancé le bras de fer en protestant vigoureusement contre la ratification du protocole et en prônant l’adoption d’une approche mode in Canada.Pendant bien des mois, l’Alberta est restée isolée.Mais M.Klein a récemment reçu l’appui d’une coalition de grandes entreprises qui, si elles appuient la mondialisation commerciale, n’en font pas autant dans le domaine de la mondialisation environnementale.Dès que l’opinion publique a commencé à fléchir à propos des accords de Kyoto, Ottawa en a profité pour négocier secrètement avec l’Alberta, espérant ainsi tempérer son opposition.Mais les autres provinces ont rapidement compris le double jeu auquel Ottawa se prêtait.Lorsque le gouvernement ontarien s’est aperçu qu’Ottawa se préparait à alléger le fardeau pesant sur le secteur de l’énergie et donc à alourdir la note des manufacturiers, son appui aux objectifs de Kyoto a considérablement décru.L’Assemblée nationale — la plus grande alliée d’Ottawa en ce qui a trait au protocole de Kyoto — a adopté à l’unanimité la semaine dernière une résolution pour protester contre l’absence de reconnaissance des efforts entrepris par le passé pour contrôler les émissions de gaz à effet de serre.Pendant ce temps, le premier ministre Gordon Campbell expédiait une lettre au premier ministre Chrétien afin que les efforts de la Colombie-Britannique en matière de gestion forestière — et non ceux du Canada en entier — soient pris en considération.Désormais, chacune des provinces demande l’autorisation de s’attaquer à sa manière au réchauffement de la planète.Mais cellesci n’en souhaitent toujours pas moins la tenue d’une réunion avec le premier ministre, peut-être pour faire publiquement étalage de leurs désaccords.enspectorCajhotmail.com Norman Spector a été sous-ministre auprès de Bill Bennett, ancien premier ministre de la Colombie-Britannique, et secrétaire du cabinet aux relations fédérales-provinciales à Ottawa.L'ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine Gérald Dallaire (adjoint au directeur de l'information), François Cardinal (actualité municipale) Jeanne Corriveau ( vigile ), Marie-Andrée Chouinard (éducation) ; Pau le des Rivières (éditorialiste), Jean Dion, LorôGilfes Francœur (environnement).Benoît Munger {responsable du site Internet), ioséç Boileau Julie Carpentier, Brian Myles (Justice et faits divers).Isabelle Paré (santé): Michel üameau (caricaturiste; : Diane Précourt (pages éditoriales, respcmsable des pages thématiques): Martin Dudos et Christine Dumazet (relecteurs), Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) : à l’information culturelle : Michel Bélair (responsable), }ean-i*\erre I^gault, Stéphane Baillargeon (théâtre).Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma), Bernard I.amarche (arts visuels): à l’information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information).Dominique Reny.Éric Desrosiers.Valérie Dufour.Pauline Gravel, Claude Turcotte, à l’information internationale Claude Lévesque, Guy Taillefer, Serge Truffaut (éditorialiste); à l’information politique : Hélène Buzzetti.Manon Cornellier (correspondantes parlementaires à Ottawa), Tommy Chouinard et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec).Kathleen I>évesque ; Marie-Hélene Alarie (secrétaire à la rédaction) : Ixiuise-Maude Rioux Soucy, Geneviève Otis»Dionne (commis).1^ documentation Gilles Paré (directeur): Manon Derome, Serge Laplante (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa) LA PUBLICITÉ HT LE MARKETING.Jacqueline Avril.Jean de Billy, Gyslaine Côté, Marlene Côté.Annie Duguay, Martin Fournier, Christiane l^egault, Amélie Maltais, Jacques A.Nadeau.Claire Paquet.Micheline Ru el land, {publicitaires), laurence Thériault {directrice adjointe).Manon Blanchette.Sylvie Laporte.Martine Bérubé {secrétaire).LA PRODUCTION Daniel Bazin et (responsable de la production), Claudine Bédard, Michel Bernatchez, Philippe Borne, Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers.Donald Filion, Olivier Zuida.INFORMATIQUE, Yanick Martel (responsable).PROMOTION, DISTRIBLTION ET TIRAGE.Linda Thériault (responsable service à la clientèle, distribution et tirage), Marie Kve Santerre, (coordonnatrice à la promotion et à la sollicitation).Monique L'Heureux, Lise Lachapelle, Rochelle l^clerc.Marie-France Dalcourt.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables).Céline Furoy.Germain Haeck (contrôleur).Ghislaine I^fleur.Claudette Béliveau (adjointe administrative).Claudine Chevrier.Chantal Rochon, Danielle Ross.LA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (lieeprrsidentexécutifetémleurgénéral). LE DEVOIR.LE JEUDI 31 OCTOBRE 2002 A 8 -?LE DEVOIR •-—- ACTUALITES Benny Farm : les citoyens ont dix jours pour se faire entendre JOSÉE BOILEAU LE DEVOIR Quelque 400 personnes se sont penchées hier soir sur quatre scénarios de développement du site Benny Farm, dans le quartier montréalais de Notre-Dame-deCirâce.L’assemblée aurait pu être explosive, puisque l’avenir du site fait l’objet de débats depuis plus de dix ans.Elle fut plutôt attentive, studieuse même, scrutant les plans exposés et notant soigneusement les forces et les faiblesses de chacune des propositions élaborées par quatre firmes d’architectes.11 faut dire que le mot d’ordre était clair: «Ce n’est pas une assemblée de consultation, mais une réunion d'information», disait d’entrée de jeu l’animatrice de la soirée, qui se déroulait au campus Loyola de l'université Concordia.«Ce n’est pas un concours que l’on fait: nous ne sommes pas ici pour élire un vainqueur», insistait de son côté le représentant de la Société immobilière du Canada (SIC), propriétaire de l’immense site qui a logé pendant plus de f)0 ans des vétérans et leur famille.La soirée elle-même avait été précédée d’un travail de fond, commandé par la SIC qui voulait se sortir de l’impasse dans laquelle les dissensions autour de l’avenir du site — allait-on y faire des condos ou des logements sociaux?— la plongeait.Un groupe de travail, composé de 12 personnes ayant des vues fort opposées, a finalement été créé cet automne, avec pour mandat de dégager des principes communs autour du site.L’exercice, qui s’est tenu au début octobre, a permis d'en arriver à un consensus qui paraissait au départ impossible.Les architectes invités devaient donc respecter des points précis: avoir 500 unités de logement; en réserver le tiers à des propriétaires, le reste au secteur locatif; prévoir 40% de logements sociaux et 30% de logements pouvant être accessibles aux personnes handicapées.Enfin, il fallait arriver à rénover une partie des 52 sixplex existants et inclure des bâtiments communautaires, dont un CESC.Les firmes ont chacune insisté sur un aspect particulier.la firme Daoust Lestage a axé le développement du site à partir d’un square et d’un centre sportif en sous-sol.Le consortium Atelier BRAQ/Atelier in situ mise sur le respect de la structure actuelle de Benny Farm.Les architectes Sai'a et Barbarese a insisté sur des îlots urbains qui communiquent par des cours et des jardins.L’agence L'O.E.U.E, qui travaille depuis longtemps avec les promoteurs du logement social et abordable à Benny Farm, a pour sa part fait valoir les liens entre les logements et des activités communautaires.Durant la période de questions — où toute place pour les commentaires était évacuée —, seules des préoccupations quant au nombre d’immeubles qui seront détruits ont été soulevées.L’agence L’O.E.U.F.entend rénover 80% des immeubles existants; les trois autres firmes parlent plutôt du tiers.Ce fut la seule dissension de la soirée.Sinon, les gens présents avaient des questions bien terre à terre: où seront les stationnements?y en aura-t-il assez?Et accèdera-t-on facilement au CLSC?Les citoyens sont maintenant invités à souligner ce qu’ils aiment et n'aiment pas de chaque projet — dès hier soir, certains ont rempli la fiche à cet effet.Ils ont jusqu’au 10 novembre pour ce faire et peuvent d’ici là voir les plans exposés dans quatre lieux du quartier.Sur la base de ces suggestions, le comité de travail recommandera ensuite un scénario final à la SIC, qui doit le déposer à la ville de Montréal d’ici la fin décembre.la ville procédera à sa propre consultation publique, comme le veut la loi, en début d'année.Mais Michel Prescott, vice-président du comité exécutif et responsable de l’habitation, présent hier soir, disait avoir confiance que la construction sur le site commence d'ici le début de l’été prochain.LE DEVOIR les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir, www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3346 (514) 985-3390 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics Au téléphone Par télécopieur Par courrier et appels d’offres (514) 985-3344 (514) 985-3340 avisdev@ledevoir.com SHARON SUITE DE LA PAGE 1 la responsabilité.«Tout le monde connaît l’importance que j’accorde au gouvernement d’union nationale.Tout le monde dqit faire preuve d’unité et de responsabilité», a-t-il dit Evoquant les tractations de dernière minute pour aboutir à un compromis sur le budget U a précisé avoir refusé que le «débat soit détourné vers quelque chose qui pourrait affecter toute une population (les colons]».«C’est pour cette raison que tu as provoqué la rupture du gouvernement d’union nationale», a-t-il lancé à l’adresse de M.Ben Eliezer.Ce dernier avait pris la parole avant le premier ministre, affirmant avoir fait «l’impossible pour parvenir à un compromis» tout en dénonçant le projet de budget comme étant antisocial et susceptible de frapper les couches les plus défavorisées de la société.La crise avait éclaté en raison de la menace des travaillistes de voter contre le projet de budget si les crédits alloués aux colonies dans les territoires palestiniens n’étaient pas réduits de 150 millions de dollars à l’instar de toutes les autres dépenses sociales.Le budget d’austérité prévoit des coupes totales de 1,,8 milliard de dollars.Le compromis prévoyait que l’Etat accepte le principe d’un soutien financier aux colons «équivalent aux autres secteurs» de la société, mais sans s’engager à réduire les aides à la colonisation.Selon des sources proches des tractations, l’échec est notamment dû au refus de M.Sharon d’inclure dans le texte du compromis toute formule critique à l’endroit des aides accordées à la colonisation.De son côté, M.Ben Eliezer a vu sa marge de manœuvre se rétrécir du fait de l’opposition de nombreux élus travaillistes à un compromis qui leur apparaissait comme une capitulation.Selon la radio militaire, M.Sharon n’a pas l’intention, dans un premier temps, de présenter sa démission, ce qui entraînerait automatiquement la tenue d’élections législatives anticipées dans les 90 jours.Il estime que l’opposition, malgré le renfort des travaillistes, ne sera pas en mesure de mobiliser une majorité absolue de 61 députés sur 120, indispensable pour renverser le gouvernement lors du vote d’une motion de censure, comme celle déposée par le parti de gauche Meretz, qui doit être examinée lundi.le premier ministre pourrait continuer à gouverner et choisir ensuite entre donner sa démission à la date qui lui convient le mieux ou faire voter une loi sur des élections anticipées qui pourraient avoir lieu dans les six mois, selon les médias israéliens.Les élections sont normalement prévues en octobre 2003.Ariel Sharon se retrouve devant trois scénarios possibles: garder un gouvernement minoritaire, constituer un nouveau cabinet majoritaire en s’alliant avec les ultranationalistes ou organiser des élections anticipées.Gouvernement minoritaire Avec le départ des travaillistes de la coalition.Sharon se retrouve avec un gouvernement minoritaire qui ne peut compter que sur le soutien de 55 députés sur les 120 que compte le Parlement, qui pourrait présenter contre lui des motions de censure.En restant à la tête d’un gouvernement minoritaire, Sharon risque de voir s’éroder son pouvoir et son image publique.Le gouvernement a de grandes chances de s’effondrer au bout de quelques mois.Sharon pourrait obtenir une courte majorité en s’alliant à des partis de droite comme Israël Beite-nou, qui compte sept sièges au Parlement Cependant, une telle décision donnerait aux ultranationalistes un pouvoir démesuré sur Sharon et empêcherait toute avancée dans le processus de pane avec les Palestiniens, déjà mis à mal par plus de deux ans d’intifada Sharon subit les pressions des Etats-Unis, qui lui demandent de limiter les violences à l’encontre des Palestiniens afin de permettre à Washington d’obtenir le soutien des pays arabes à une éventuelle intervention armée en Irak.Dissolution du Parlement Après le départ des travaillistes.Sharon pourrait décider de demander au président israélien Moshe Katzav de dissoudre le Parlement et d'oiganiser des élections d’ici 90 jours.Le Likoud et le Parti travailliste, principaux partis du pays, peuvent décider d’un commun accord de dissoudre le Parlement et de déterminer une date pour les élections.Les élections israéliennes sont organisées pour les partis politiques sur le principe de la proportionnelle, les sièges étant répartis en fonction du pourcentage des votes obtenus.Ce système a favorisé l'émergence de petits partis religieux extrémistes.Une fois les résultats proclamés, le président désigne le chef du parti qu'il estime le mieux à même de constituer une coalition viable.D s’agit en général — mais pas nécessairement — du chef du parti ayant obtenu le plus grand nombre de sièges au Parlement Contexte tourmenté L'actuelle crise du pouvoir survient alors qu'Israël traverse une récession sans précédent dans son histoire tout en faisant face à l’intifada palestinienne et en étant menacée d’un éventuel conflit en Irak.Cet inquiétant contexte autorise toutes les supputations, y compris une improbable volte-face des travaillistes.Toujours est-il qu'à moins d’un coup de théâtre, l'éclatement du gouvernement d’union nationale sera consommé demain, les démissions des ministres travaillistes devenant effectives 48 heures après leur présentation.M.Sharon perdra ainsi une carte maîtresse qui lui a jusqu’à présent valu de caracoler imperturbablement en tête des sondages de popularité, malgré la crise économique et l’insécurité.Depuis 20 mois, le chef travailliste de la diplomatie, Shimon Peres, lui servait littéralement de gilet pare-balles sur la scène internationale.M.Sharon va en outre découvrir les changements du paysage politique intérieur dès lundi, lorsque la Knesset devra se prononcer sur une motion de censure du gouvernement présentée par le parti laie de gauche Meretz.Quant aux sept députés ultras du bloc «Union nationale - Israël Beitenou», ils ont déjà indiqué qu’ils souhaitent des élections anticipées, la législature prenant fin dans un an.Leur intransigeant chef, Avigdor Lieberman, est un proche de M.Nétanyahou.Autant dire que M.Sharon aura du mal à former une large majorité de substitution, vu le caractère composite de la Chambre.La seule réaction palestinienne est venue du ministre des Collectivités locales, Saëb Erakat, qui a estimé que, crise politique ou pas, la classe politique israélienne ne fait que s’éloigner «de plus en plus de la paix».MONTRÉAL SUITE DE LA PAGE 1 Affaires municipales et de la Métropole a officiellement puisé hier trois millions à même les crédits alloués au Programme-cadre de renouveau urbain.Cette somme, directement versée à la CMM, servira à financer les projets qui lui ont été soumis.La CMM et les 63 municipalités qui la composent participeront également au financement des projets à hauteur de 66 %, soit trois millions de la CMM et autant des municipalités qui verront leurs projets acceptés.Au total, la CMM jouira donc d’une enveloppe globale de neuf millions de dollars, enveloppe quelle espère pouvoir étoffer ultérieurement, selon la demande.Et tout porte à croire qu’une demande sera faite en ce sens au gouvernement puisque, à ce jour, 24 projets de toute sorte ont été présentés.Le coût total de ces derniers est évalué à 34 millions alors que l'enveloppe du programme est de neuf millions.«C’est du un pour quatre, ce qui est normal pour ce genre de programme», précise en entrevue Denis Pélo-quin.responsable du secrétariat métropolitain de mise en valeur des espaces bleus et verts.«Ça veut dire, en fait, que ce programme répond à des besoins, qu’il n’est d'aucune façon superflu.Mais il est évident que ça nous oblige à faire un tri en fonction de la qualité des projets et de leur dispersion sur le territoire de la CMM.» Puisque cela implique que certains projets ne seront pas retenus dans un premier temps, il a été impossible de connaître la nature exacte des projets qui ont été présentés.«En bonne partie, il s'agit de réfection de marinas et de création de ports de plaisance, a tout de même précisé M.Péloquin.H y a également plusieurs projets de parcs riverains, tant sur les couronnes nord et sud que sur Tile, de renaturalisation de berges et de pistes cyclables.» «Le but, a-t-il ajouté, est de mettre sur pied des équipements nautiques, notamment, pour qu’à un moment donné il y ait possibilité de louer des batequx, par exemple.En Ontario, sur la rivière des Milles-Îles, il est très facile de louer un bateau pour la pêche ou pour la promenade.Il y a même des “house boats" louables à la semaine.On est loin deçà à Montréal, mais m jour, on pourra peut-être arriver à ça.» L’idée du Montréal bleu a été lancée par l’actuel chef de l’opposition à Montréal, Pierre Bourque, à l'époque où il occupait la plus haute fonction à l’hôtel de ville.L'objectif était de mettre en valeur les berges de l’île.Récupéré par la CMM et son président, factuel maire de Montréal, Gérald Tremblay, le Montréal bleu est devenu le Grand Montréal bleu.La CMM souhaite ainsi protéger et mettre en valeur les grands bassins de la région métropolitaine, en plus d'accroître l’accès du public aux berges, aux plans d’eau et à certaines îles fluviales du Grand Montréal.Pour ce faire, elle accordera un appui notamment financier aux projets municipaux qui militent en ce sens.Par ailleurs, des discussions vont actuellement bon train entre le gouvernement et la CMM au sujet d’un fonds vert qui reste à être bonifié.Celui-ci, l’équivalent du fonds bleu, s’appliquerait aux boisés de la région métropolitaine ou, en d’autres mots, au Grand Montréal vert.L’entente signée le 10 octobre dernier consacre à cette fin une somme de 3,5 millions de dollars (provenant à parts égales du ministère de l’Environnement et de certains partenaires privés, comme Canards illimités et Conservation de la nature) pour l'acquisition et la conservation d’espaces naturels, boisés et humides dans la région.la CMM étudie actuellement la possibilité de se joindre au gouvernement et à ses partenaires pour augmenter le montant de cette enveloppe.Cela est d’autant plus urgent que le cadre d’aménagement élaboré par le gouvernement à l’intention de la CMM souligne le caractère critique de la situation naturelle de la région.Celle-ci aurait perdu 30 % de son couvert végétal entre 1986 et 1994, et ses aires protégées ne correspondent à l'heure actuelle qu’à 4,3 % du territoire métropolitain.SURSIS VOLS SUITE DE LA PAGE 1 cette journée d’étude.«Il n’y a pas d’inventaire des œuvres d’art dans les cimetières.Alors, pour signaler les vols, il faut connaître ces œuvres.Il est difficile de faire le suivi.» Un des conférenciers de la journée d’étude, Paul Aiello, soutient que plus d’une dizaine de pièces ont été volées à cette famille de marchands de monuments funéraires, explique M.Tremblay.La question de la descendance complique également les choses.«Le buste du monument d'Alfred La-liberté, qui a été fait par lui-même, a été volé.Mais puisqu’il n’y a pas de descendants, la famille n ’a pas pu déclarer le vol.» Le caractère semi-public de ce patrimoine n’a rien pour simplifier le dossier.Les œuvres appartiennent aux familles mais les monuments sont sous la responsabilité des fabriques.Or ces dernières sont les dépositaires des œuvres mais n’ont pas les moyens d’en assurer la sécurité.Alain Tremblay hésite avant de parler de désacralisation.«J’ai lu quelque part que des calices avaient été volés dans les églises il y a 150 ans.» Il préfère lire ce phénomène à la lumière du délaissement des pratiques religieuses au Québec.«H y a un délaissement de la tradition des visites de cimetières qui fait qu’on est moins au courant ou moins sensible à ce patrimoine.» Ce qui ne fait pas de doute cependant, vu le renom des artistes dont les œuvres sont volées, il y a tout lieu de croire que des connaisseurs sont derrière ces coups.«On parle d’œuvres signées.Il doit y avoir des collectionneurs qui acquièrent ces œuvres.On se promène chez les antiquaires, et on a des anges de marbre et des bronzes qui proviennent des cimetières.Il y a un marché.» La crainte que certains peuvent avoir, c’est que plus le sujet sera ressassé par les médias, plus les éventuels voleurs seront alléchés.«J’accepte de porter Todkux d’avoir ameuté l’opinion publique.Eya des gens qui verront ces œuvres chez les antiquaires et qui accepteront de faire des remontrances à ceux qui font ce commerce.Peut-être qu’on pourra l’enrayer.Ne pas en parler est également un risque.On vide les cimetières avec des camions.Ils volent des statues de trois tonnes.Ce ne sont pas des amateurs qui font ça.» Les lacunes de la législation québécoise en matière de recel d’objets d’art épaississent encore le dossier.M.Tremblay rappelle que les grands artistes du début du siècle dernier ont signé des travaux pour les cimetières et que le fait de commander des œuvres funéraires aux artistes était une forme de mécénat.Il donne l’exemple de la famille Grothé, dont les trois frères avaient commandé des bronzes.Le directeur de l’Écomusée de l’Au-Delà soutient que les pièces volées peuvent servir à faire collection d’œuvres d’artistes reconnus, voire tout bonnement être recyclées pour le métal.La valeur esthétique et patrimoniale de ces ouvrages est indéniable.Ceux-ci témoignent des pratiques de commémoration au Québec à travers le temps et participent à l’embellissement des cimetières en singularisant les monuments.M.Tremblay considère les cimetières comme des musées accessibles à tous, un intérêt que l’engouement pour le recours à la crémation contribue peut-être à faire oublier.Parmi les participants à la journée d’étude, on note entre autres Fernand Lévesque, de la Direction du patrimoine au ministère de la Culture et des Communications, Yoland Tremblay, directeur du cimetière Notre-Dame-des-Neiges, et Julie Boivin, architecte à la Ville de Montréal, qui traitera du vol d’œuvres d’art sur la place publique.Ce n’est pas le premier colloque qu’organise le Musée de l’Au-Delà, un organisme sans but lucratif qui existe depuis 1991.Ce musée sans murs entend produire une déclaration finale qui tentera de trouver des moyens de conserver et de préserver le patrimoine funéraire au Québec.La rencontre, organisée en collaboration avec Héritage Montréal, a lieu de 8h30 à 16h30, au 1212 de la rue Panet, salle Marcel-Pepin.Une Française demande l’asile politique au Canada AGENCE FRANCE-PRESSE Une Française de 54 ans, qui se bat depuis neuf ans pour retrouver la trace de ses quatre enfants partis avec son ex-mari, a déposé hier une demande d’asile politique au Canada, se disant victime des «dysfonctionnements de la justice française» et de harcèlement «La France n’est pas le pays des droits de l’homme, on est nombreux à être persécutés par la justice.Moi, on m’a saboté mon droit de mère», affirme cette Toulonnaise, dont le nom n’a pas été dévoilé pour ne pas nuire à sa demande.Le combat de cette femme commence en 1993 lorsqu’elle découvre que son mari, haut gradé dans l’armée, est parti avec leurs quatre enfants.Il la fait passer pour souffrant de troubles psychologiques et affirme-t-elle, obtient la garde des enfants, mais il ne respectera pas les droits de visite accordés à la mère.Pour les revoir, elle multiplie les procédures judiciaires.en vain, stationne à Paris devant l’Assemblée nationale ou l’Elysée, ce qui la conduit à passer plu-sieyrs nuits en garde à vue.Ecœurée de n’avoir jamais obtenu gain de cause, assurant que son mari a été protégé par ses relations, elle dit «aspirer à trouver une vie plus tranquille» au Québec tout en continuant à chercher ses enfants.Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Les abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) U Devoir est publié du lundi au samedi par La* Devoir Inc.dont le sièRe social est situé au 2050.rue IV Bleury, ^ étage, Montréal.(Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean.800, boulevard Industriel.Saint-Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc.612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L'agence Ifresse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans U Devoir.Le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc.900.boulevard Saint Martin Ouest, Laval.Envoi de publication — Enregistrement n* 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.SUITE DE LA PAGE 1 Les Algériens sans statut de réfugié disposent donc de trois mois à compter d'hier (ou à compter du moment où leur demande de statut de réfugié sera refusée, le cas échéant) pour déposer leur demande de résidence permanente.L'acceptation d'une telle demande n'est pas automatique: ils devront encore se qualifier selon les règles en vigueur.Mais il s’agit d'un sursis d’importance, peut-être permanent, a fait valoir le ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration, Denis Coderre.«Nous démontrons une solution qui est humanitaire», a-t-il déclaré hier.*0» dit aux gens: la balle est dans votre camp.Vous avez quelque chose à faire.Vous avez à actualiser votre dossier La question du maquis, la question de négocier dans les églises, oubliez ça.On n embarque pas dans ça.» On se rappellera que Yakout Seddiki.maintenant enceinte de 15 semaines, et son conjoint Mourad Bourouisa se sont réfugiés la semaine dernière dans une église de Montréal pour éviter d'être déportés vers l’Algérie.Arrivés au Canada il y a quelques années, les deux n’avaient pas réussi à se qualifier comme réfugiés politiques.Toutefois, le Canada ayant instauré un moratoire sur le renvoi d’Algériens, compte tenu du climat général de violence régnant dans le pays, ils ont pu rester ici.C’est ce moratoire qui a été levé en avril dernier.Il y aurait 1100 ressortissants algériens au Canada, dont la quasi-totalité se trouvent au Québec.Depuis la levée du moratoire, 32 personnes faisaient l’objet d’un renvoi et seulement deux — Mme Seddiki et M.Bourouisa — ont défié cet avis.Une cinquantaine d’entre eux ont obtenu le droit de s’établir au Québec.Le ministre responsable de l'immigration à Québec, Rémy Tru-del, a souhaité que ce nombre augmente.«Ce traitement humanitaire, équitable et spécifique nous permettra, nous l'espérons, de statuer sur un très grand nombre de cas qui sont en litige et permettra à ces personnes, pour le plus grand nombre possible, de vivre et s'épanouir en terre québécoise» Le ministre Coderre souligne que cet assouplisse- ment n'est en aucun cas un «passe-droit» et qu’il n’est pas non plus un constat que la levée du moratoire a été prématurée.«H s'agit d’une mesure exceptionnelle pour une situation exceptionnelle et ça ne touche uniquement que la cohorte algérienne touchée parla levée du moratoire.» Le ministre a demandé à tous les ressortissants algériens n ayant pas encore régularisé leur situation de le faire d’ici le 8 novembre prochain.«S’ils ne le font pas, je comprendrai qu’ils ont quelque chose à cacher et nous procéderons immédiatement, selon la loi, à l'émission de mandats et nous procéderons également aux mesures de renvoi de ces personnes.» La famille Bourouisa, toujours retranchée dans l’église Union United Church, n’a pas voulu commenter l'entente intervenue entre les deux paliers de gouvernement et réserve ses commentaires pour au-jourd hui.Le Comité d action des sans-statut, créé pour défendre la cause des ressortissants algériens, a d’ailleurs convié les médias à une conférence de presse prévue ce matin.Avec la Presse canadienne et Jeanne Corriieau
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