Le devoir, 9 novembre 2002, Cahier G
DEVOIR.LES SA M EDI 9 E T 1) I M A N ( Il E 1 O X O V E XI R R E 2 O O 2 I L E entrevue Olivier Rolin Page G 19 ESSAIS Denis Vaugeois et la conquête de l’Ouest Page G 8 ?LE DEVOIR » 1 Bruyants et silencieux MARIE ANDRÉE LAMONTAGNE LE DEVOIR Au-delà de l’accueil qui leur est réservé.on pourrait imaginer que les livres qui paraissent chaque semaine en nouveautés se classent en deux catégories: les bruyants et les silencieux.Les premiers font les fiers, ils sont ornés de jaquettes colorées et toisent la foule, bien droits, sur leur présentoir.Les seconds se font plus discrets.Les œillades au lecteur, très peu pour eux.Et leurs couvertures affichent la beauté austère des vieilles familles qu’un port de tête distingue plus sûrement que la villa hérissée de caméras du parvenu.Les bons et les mauvais livres se recrutent dans les deux catégories.Comment les reconnaître?Au lecteur d’en décider, selon les lois du libre arbitre appliqué à la lecture.Le Salon du livre de Montréal, qui ouvre ses portes dans quelques jours, marque chaque automne un point culminant de l'activité éditoriale au Québec.Que de livres, bruyants ou silencieux, auront voulu paraître à temps pour l’événement! On les comprend un peu, même si la giga-li-brairie de quelques jours ne saurait faire oublier les régulières, les patientes, les besogneuses, les chaudes librairies des villes et, on le voudrait, celles qui devraient pouvoir s’installer dans chaque village.Cette année, le Salon du livre de Montréal a 25 ans, ._ aussi bien dire qu’il a atteint l’âge de la maturité, à l'image peut-être de la vie éditoriale au Québec, dont il se veut la vitrine privilégiée.C’est du moins l’intuition qu'a voulu vérifier sur le terrain l’équipe du Devoir qui a préparé, sous la coordination de Normand Thériault, le fascicule de 40 pages publié spécialement à l’occasion de cet anniversaire et qui propose un instantané de l’édition québécoise, déclinée sous ses multiples facettes: lire, écrire, éditer.Inséré dans la présente édition de ce journal, La Vie des livres - 25 ans de rendez-vous au Salon du livre de Montréal devrait durer un peu plus longtemps que ce que durent les roses, surtout en novembre.On n’allait pas négliger le cahier Livres pour autant.Cette année encore, l’édition préparée en vue du Salon du livre de Montréal donne un avant-goût de l’événement grâce à des entrevues avec quelques-uns des auteurs présents au Salon, ainsi que plusieurs recensions d’ouvrages.Bruyants et silencieux.Parmi ces derniers, signalons le tout récent numéro de la revue Parachute (n° 108), avec un excellent dossier sur Beyrouth, qui permet de saisir le pouls artistique, littéraire et intellectuel de la capitale libanaise — arabe, français et anglais mêlés.La photographie et la vidéo occupent une place de choix dans ce riche Beyrouth_Beirut, qui a pu bénéficier des ressources de la Fondation arabe pour l’image et de la collaboration d’organismes libanais voués à l’art contemporain comme l’Association Ashkal Alwan et le Festival Ayoud.Durant la guerre, peut-on y lire, les services secrets libanais avaient installé des caméras de surveillance sur la Corniche, encore maintenant le lieu de promenade préféré des Beyrouthins de tous bords.Surveillance, guerre, suspicion: l’attirail de la violence faisait intrusion dans l’agora.C’était sans compter la fantaisie humaine.Ainsi, chaque soir, pendant des années, le militaire chargé d’opérer la caméra de surveillance oublia un instant sa mission et tourna l'objectif vers le soleil couchant Lorsqu’il fut découvert ce geste contemplatif fut jugé subversif.L’armée renvoya le soldat.Magnanime, elle lui permit cependant d’emporter les bandes vidéo de ses couchers de soleil.On fera de même avec certains livres.Les premiers font les fiers, ils sont ornés de jaquettes colorées et toisent la foule, bien droits, sur leur présentoir.ontréal ( K wr, -, * iv ;t-ï k Mi .wl , '•XWM., RIRE L I $ l C '«• ¦ attisa® ¦Ecmr-” rr>Æ Gilles Marcotte, Les Livres et les Jours Page G 3 Poésie Page G 4 Antoine Volodine, Dondog Page G 5 Wajdi Moua-wad, Visage retrouvé Page G 6 Yasmina Khadra, Les Hirondelles de Kaboul Page G 7 Christine Angot, Pourquoi le Brésil?Page G 10 Meunier et Warren, Sortir de la Grande Noirceur Page G 12 Littérature jeunesse Pages G 15 et G 16 ¦ Kathy Reichs, Voyage fatal Page G 22 Julos Bocarne Page G 28 Guy Gavriel Kay, La Mosaïque sarantine Page G 29 ¦ Benoît Peeters, Hergé, fils de Tintin Page G 31 Jean Aubry, Le Guide 2003 des meilleurs vins et spiritueux Page G 33 F I D E S 52 PACES > LIVRE ET CO 24.95$ Une histoire de famille sous la plume de Gilles Vigneault 1 mict Musique de DENIS GOUGEON • Illustrations GÉ RARD DUBOIS Coédition SMCQ Jeunesse / ATMA Classique T«rn Vaugeois, Meriwether Lewis n’a pas beaucoup d’estime pour les Canadiens français.«Ils sont sujets britanniques et, bien que catholiques, trop fêtards à son goût.Leurs liens avec les Indiens l’agacent aussi.Les Drouillard, Cruzatte, iMbiche l’auront sans doute amené à contenir son aversion naturelle», écrit-il.Alors que Lewis est incapable d’écrire leurs noms correctement, ils désignent tout simplement par le terme «Frenchmen» ces aventuriers venus de l’est et du nord.Avec Toussaint Charbonneau, plus particulièrement, la chronique de voyage n’est pas tendre.En effet, on reproche à Toussaint, originaire de Boucherville «son manque de sang-froid et sa brutalité inadmissible».Il est une fois réprimandé par la mère d’une Indienne qu’il a tenté de violer, et il lui arrive aussi dé lever la main sur Sacagawea, son épouse.Vaugeois, pour sa part, lui déniche quelques qualités.«Toussaint Charbonneau est un bon vivant.Il n’est pas du genre à se ruer sur le travail, mais bien plutôt sur le ou les plaisirs», et plus loin: «Charbonneau aime en effet cuisiner», écrit-il.Vaugeois s’attendrit aussi sur la lettre écrite par le capitaine Clark a Toussaint Charbonneau, après la fin de l’expédition, J.l’implorant de lui confier passagèrement la garde de sa femme Sacagawea et de son fils Jean-Baptiste.Au bout du compte, le grand Clark a, à toutes fins utiles, fait de Jean-Baptiste Charbonneau «son fils», l’adoptant au terme du voyage.Comme il l’annonce dès l’introduction à cet ouvrage, Denis Vaugeois a voulu faire dans ce livre une place «aux humbles, aux obscurs, aux sans grades» de ce récit fondateur de l’histoire des Etats-Unis.Dans ce lot de mésestimés figurent les Canadiens français bien sûr, mais aussi les Indiens, un esclave noir appartenant a Clark et répondant au nom de York, et.Seaman, le chien de Lewis! En entrevue, Vaugeois aime à s'attarder sur les mœurs des Indiens Mandans ou des Shoshones, tribu dont était issue Sacagawea, qui avait pourtant été enlevée par les Hidatsas, avant de rencontrer Toussaint Charbonneau, qui l’a rachetée pour en faire sa femme.Mais son livre n’aborde pas vraiment la vie sociale et politique des Indiens, qui peuplaient pourtant tout l'ouest du continent.Ces Indiens, il les aborde essentiel- lement a travers les yeux des explorateurs.En histoire, la vérité devient celle du conquérant.De tous les aspects de l’histoire des Etats-Unis, précise-t-il cependant en entrevue, c'est l’histoire des Indiens qui a été la moins documentée.Aux Etats-Unis, on connaît pourtant le nom de Sacagawea, la femme de Charbonneau, qui a ouvert le passage pour Lewis et Clark.Car il eût suffi d’un rejet des nations amérindiennes pour que cette conquête de l’Ouest ne soit un échec complet.Alors, l’histoire eût suivi un tout autre cours.En entrevue, Denis Vaugeois précise aussi que Sacagawea n’est pas perçue comme une idole auprès de tous les Indiens d'Amérique.Aux yeux de plusieurs, si l’on en croit les graffiti qui profanent par endroits sa statue, elle a agi comme collaboratrice auprès des Blancs.Un genre de traître à la patrie.Il faut dire que dans les années qui ont suivi, les Indiens des Etats-Unis ont tout simplement été traités de façon impitoyable, reconnaît Vaugeois.Mais il semble que ce soit une autre histoire, qu’on pourra raconter dans d’autres livres, peut-être.Un autre roman, La Route de l'Ouest, portant également sur le thème de la place des Canadiens français dans l’expédition de Lewis et Clark, signé Richard Hétu parait chez VLB.Il est commenté dans ce même cahier (page G 27) par Sophie Pouliot.AMERICA Denis Vaugeois Septentrion Montréal, 2002,265 pages L’historien Denis Vaugeois JACQUES NADEAU LE DEVOIR Réentendre Lévesque LOUIS CORNELLIER Quatrième ouvrage à paraître dans la belle collection ¦¦radio-livre» réalisée en collaboration par les Editions Fides et la radio de Radio-Canada, La voix de René Lévesque, comme son titre l’indique, redonne à entendre le timbre éraillé de celui qui fut, prubable-menL la plus grande voix indépendantiste de notre histoire.Le Lévesque qui parle, sur ce disque comptant 29 plages d’inégales longueurs, c’est, d’abord, le journaliste, correspondant de guerre et animateur-télé; c'est, ensuite, le ministre libéral, partisan de la nationalisation de l’électricité; c’est, plus tard, le chef péquiste, tranquille mais résolu; c’est, enfin, le premier ministre énergiquement réformiste que les blessures de la politique, trop vite venues, meurtriront profondément On a fait de René Lévesque, au Québec, un mythe.On pourrait s’en réjouir puisque, au fond, l’homme le méritait bien.Ce phénomène, toutefois, s'avère plutôt contre-productif parce qu’il nuit, la plupart du temps, à la mémoire vivante du personnage.Chaque fois, en effet, qu’il est question du premier chef péquiste dans les médias et dans l’opinion publique, on assiste à un déferlement de clichés (surtout celui-ci: «il a été bien bon») qui magnifient, de façon très superficielle, un politicien indispensable qui n’en demandait pas tant.Effet pervers: certains esprits qui se targuent d’hyperlucidité en profitent pour se distinguer en cassant du sucre sur le dos de celui qui, malgré la rumeur, disent-ils, hit un velléitaire et un perdant La voix de René Lévesque, en nous mettant directement en contact avec le monstre sacré, nous permet de le redécouvrir sans cette distorsion.Et ce que l’on constate, surtout grâce à ces trois moments forts que furent le discours de clôture au congrès de fondation du PQ en 1968, le discours de la victoire électorale en 1976 et le discours de la défaite référendaire en 1980, c’est que Lévesque était un sacré bon orateur, parfaitement québécois, c'est-à-dire blessé, un peu penaud, mais animé d’un idéal réformiste et démocratique que sa profonde légitimité rend inébranlable.Personne, depuis, n’a parlé aux Québécois avec autant de force et de charisme.Lucien Bouchard?Son autoritarisme tranchant et ses emportements d’orateur de collège classique en ont impressionné plusieurs pendant un certain temps, mais on connaît, aujourd’hui, la superficialité de cet engouement.Parizeau?Brillant, très brillant, mais trop cérébral et grand seigneur.Landry?Brillant, très brillant, mais victime d’une ingrate conjoncture.Les chefs libéraux?Mario Dumont?On me par- donnera de me passer de commentaires sur ces épiciers qui font honte à la fonction de leader politique québécois.Lévesque, lui, savait gagner (1976) et savait perdre (1980), sans s'égarer dans le triomphalisme ou le ressentiment, en gardant le cap sur l’idéal en toute lucidité.Cer tains l’auraient souhaité révolutionnaire parce que l’option qu’il portait en avait tout le potentiel.Sa lecture, qui reste la mienne, lui a plu tôt fait choisir la voie du réformis me radical parce que, croyait-il, la démocratie l’exigeait et que le fédéralisme, qu’il fallait bien sûr refuser, n’était pas pour autant assimi labié au goulag.Son douloureux discours du 20 mai 1980 restera comme une des plus éclatantes démonstrations de la grandeur de l’homme.«Je dois vous dire que c'est dur, disait-il de sa voix fatiguée, ça fait plus mal — ça fait mal plus profondément — que n’importe quelle défaite électorale».mais de cette belle lutte, ajoutait-il.«gardez-en le souvenir mais gardez l'espoir aussi.» Atterré mais rassembleur, il concluait ainsi: «Avec la même fondamentale confiance en nous et tenant compte du fait que demain il faut continuer à vivre ensemble, et qu’il y a très évidemment de grosses divisions entre nous, est-ce qu’on pourrait terminer un peu cette soirée en chantant pour tout le monde ce qui reste la plus belle chanson québécoise.à tous, sans exception, à tous les gens de chez nous ?» On l’entend ensuite balbutier Gens du pays, accompagné par la foule triste.Voilà ce qu’il faut retenir de La voix de René Lévesque-, il n’y a pas de plus beau spectacle politique que celui d'un vrai militant qui sait rester profondément démocrate.C’est comme ça qu'il faut lutter.louisconiellier @parroinfo.net LA VOIX DE RENÉ LÉVESQUE Extraits choisis et présentés par François Brousseau d'après la série radiophonique de Jacques Bouchard Ed.Fides et la radio de Radio-Canada Montréal, 2002,96 pages, CD compris woo?'»»- issk-p*-" ; ai jAfQuti H I S T O I R e: ROMAN QUÉBÉCOIS Le libéral et Pultramontain Question de métier LOUIS CORNELLIER \ A gauche, dans le coin rouge, Louis-Antoine Dessaulles, penseur libéral, laïque, tête d’affiche de l’Institut canadien.A droite, dans le coin bleu, MKr Ignace Bourget, évêque de Montréal et chaud partisan de l’ultramontanisme.En 1868, le premier, afin de répliquer aux incessantes attaques du second à l’égard de l’Institut canadien, prononce un discours connu sous le titre de Discours sur la tolérance.Son propos?Le libéralisme n’est pas un péché et la tolérance, quoi qu’en dise son adversaire, n’entre pas en contradiction, loin de là, avec l’esprit évangélique.Le libéral et progressiste Institut canadien accueille des protestants?Et alors, écrit Dessaulles, «où est le mal que les esprits bien faits appartenant aux diverses sectes chrétiennes se donnent mutuellement le baiser de paix sur le champ de la science»?Défenseur de la liberté de conscience et de la discussion ouverte, surtout dans le domaine temporel où le clergé n’a pas à im- ARCHIVES NATIONALES DU QUÉBEC Louis-Antoine Dessaulles poser sa domination, Dessaulles, références catholiques à l’appui, défend son programme: «Nous formons une société littéraire laïque! Notre but est le progrès, notre moyen est le travail, et notre lien est la tolérance.» L’Annuaire de l’Institut canadien pour 1868.dans lequel figure cet important discours, sera «le premier texte canadien mis à l’index parla Sacrée Congrégation de l’Index de l’Eglise catholique romaine».Le responsable de cette triste décision?M" Bourget, qui, dans un mémoire adressé à la «Sainte Congrégation de l’Inquisition générale» en 1869, se livre à une charge en règle et pleine de mauvaise foi contre cet imprimé au nom de.l’intolérance (!), gardienne.selon lui, de la ligne juste en matière de catholicisme! Fin republiant ces deux textes «dont la connaissance était réservée aux initiés», Adrien Thério fait œuvre utile.La lutte épique qu’il nous permet de (re)découvrir contient en elle-même, sans le résumer.une bonne partie de notre XIX' siècle intellectuel.DISCOURS SUR LA TOLÉRANCE Suivi du MÉMOIRE DE L’ÉVÊQUE BOURGET Louis-Antoine Dessaulles Présentation et notes d’Adrien Thério Editions XYZ Montréal, 2002,104 pages SOPHIE POULIOT Alors que beaucoup d’auteurs font leurs premiers pas dans l’arène littéraire avec un roman à teneur autobiographique, ce n’est qu’après avoir signé quelques romans jeunesse et recueils de nouvelles que Sylvie Massicotte publie ce récit qu’on devine inspiré de sa propre vie, comme le veut du reste l’esprit de la collection «Ici l’ailleurs», qui invite des écrivains à réfléchir sur les sources de leur imaginaire.L’auteure y livre pêle-mêle ses impressions sur la mer, des anecdotes de voyages, des souvenirs d’enfance ainsi que les tenants et aboutissants de son rapport à l’écriture, à un point où quiconque a parcouru certains titres de la collection «Ecrire» des Éditions Trois-Pistoles pourrait penser qu’il s'agit d’un autre titre de cette dernière collection.«Je n’écris pas à partir d’un plan, écrit Sylvie Massicotte./e laisse venir les mots, j’en précise le sens, ils en portent souvent plusieurs.Et puis, le personnage se dévoile, graduellement.U me séduit ou me rebute.Je ne le juge pas.Je veux en savoir davantage, alors je continue.Je ne m’arrête pas.Il n’y a que cette écriture qui compte.» Le lecteur aura donc tôt fait de saisir qu’il ne sera pas le témoin jouisseur d'une aventure sise au cœur des tropiques.Il faut comprendre que la mer évoquée dans le titre, somme toute assez présente dans le livre, fait office tantôt de trame de fond pour historiettes diverses, tantôt de symbole.La mer, pourrait-on avancer, y représente la vie, pleine d’inspiration, de richesse et d’excitation, mais d'une im- prévisibilité et d'une force incontrôlable qui la rendent parfois angoissante.Au pays des mers est une œuvre très personnelle.Trop, peut-être.Car si la relation infantile de l’auteu-re avec une amie imaginaire laisse le lecteur plutôt indifférent, le fait que Massicotte ajoute des extraits de ses propres nouvelles dans le texte ne manque pas d étonner.Peut-être, au fond, n’est-il pas convenable de se citer soi-même sous prétexte de parler de son rapport à l’écriture.Bref, le dernier ouvrage de Sylvie Massicotte se lit sans effort, mais sans appétit.«Cadix.La mer tout autour.Je suis seule et c’est bien.La rencontre avec soi-même, parfois.Il y a bien eu ce garçon qui m’a fait découvrir sa ville sous le soleil et, à l’heure de la sieste, m’a pointé son immeuble.J’ai refusé l’invitation.Ce n est pas grave, a-t-il dit, “parce que j’aime la mer aussi .Et si j’avais répondu que je n’étais pas certaine de l’aimer?» Que l’auteure raconte un coup de soleil attrapé en vacances ou encore l'année sabbatique qu elle s’est offerte à 17 ans, son récit, morcelé.n arrive pas à présenter de véritable intérêt.Si la mer fascine l'être humain l’apparition de celui-ci sur Terre, elle ne suffit pas en soi à rendre un journal intime — car c’est bien ce qu’évoque Au pays des mers — captivant.AU PAYS DES MERS Sylvie Massicotte Leméac, collection «Ici Tailleurs» Montréal, 2002,87 pages (in i>> Ttno LA PETITE FILLE QUI NE SOURIAIT PLUS # t ""% LA PETITE FILLE QUI NE SOURIAIT PLUS DE GILLES TIBO ILL.MARIE-CLAUDE FAVREAU PRIX Je l'Asted 2002 Finaliste au PRIX Ai.Christie 2002 PRIX Odyssée 2002 STAND 124 Diffusion du livre Mirabel Lundi, 18 Dimanche, 17 Samedi, 16 Vendredi, 15 Jeudi, 14 QUEBEC AMERIQUE SEANCES DE SIGNATURE Pi FRANÇOIS BARCELO Ni*; JEAN FRANÇOIS BEAUCHEMIN LUCIE BERGERON JEAN BERNÈCHE MARIE-JOSEE BETIEZ STEPHANE BOURGUIGNON MATHIAS BRUNET JEAN-CLAUDE CORBEIL DOMINIQUE DEMERS A ¥ BERNADETTE RENAUD A SK Guy ROCHER JEAN SAINT-GERMAIN SONIA SARFATI PIERRE SCHNEIDER GENEVIEVE TARDIF ERIC THÉROUX Québec Amérique félicite Dominique Demers, présidente d'honneur et Anique Poitras, invitée d'honneur du Salon du livre de Montréal 2002 GILLES TIBO ELAINE TURGEON 9 h 30 à 10 h 30 10 h à 10 h 30 Élaine Turgeon Une histoire tout feu, tout flamme Patrick Leimgruber Régina! 10 h à 11 h Roger Des Roches Marie Quatdoigts Bernadette Renaud Émilie, la baignoire à pattes Gilles Tibo Noémie 12 - La Cage perdue Animation avec Danielle Vaillancourt Carrefour 10 h 30 à 12 h Gilles Tibo Noémie 12 - La Cage perdue 10h30à 11 h_____________________ Anique Poitras Le Roman de Sara Animation avec Danielle Vaillancourt Carrefour 11 h à 12 h Anique Poitras Lysista et le château / Miro et le château 12 h 30 à 13 h 30 Michèle Marineau Cassiopée François Barcelo Première enquête pour Momo de Sinro René Fagnan La Formule 1 en question 12 h 30 à 14 h Bernadette Renaud Émilie, la baignoire à pattes 10 h à 11 h 12 h à 13 h 15 h à 1B h 30 19 h à 20 h Anique Poitras Lysista et le château/ Miro et le château 10 h 30 à 11 h 30 Jean Fontaine, Jean Saint-Germain et Geneviève Tardif Le Petit Druide des synonymes 11 hà 12h Michèle Marineau Cassiopée Gilles Tibo Noémie 12- La Cage perdue 15 h à 16 h Jean Fontaine, Jean Saint-Germain et Geneviève Tardif Le Petit Druide des synonymes François Gravel La Piste sauvage Je ne comprends pas tout Élizabeth Filion La Femme de la fontaine 18 h à 19 h Guy Rocher - Alain-G.Gagnon Regard sur la Convention de la Baie-James et du Nord québécois Jean-François Beauchemin Le Petit Pont de la Louve Pierre Duchesne Jacques Parizeau, Le Baron Tome 2 Pierre Schneider Boum baby boom René Fagnan La Formule 1 en question 20 h à 21 h Pierre Fortin Le Marcheur Marcel Labine Le Roman américain en question Philippe Poloni Des truites à la tomate Monique Proulx Sans cœur et sans reproche 9 h 30 à 10 h 30 Il hà 12h 13 h à 14 h 16 h à 17 h Jean Bernèche Mathieu le héros Roger Des Roches Marie Quatdoigts IQhà 11 h Gilles Tibo Noémie 12- La Cage perdue 10h30à 11 h30 Anique Poitras Lysista et le château / Miro et le château Élaine Turgeon Une histoire tout feu, tout flamme Patrick Leimgruber Régina! 11 h30à 12h30 Marie-Josée Bettez et Éric Théroux Déjouer les allergies alimentaires 12 h à 13 h François Gravel La Piste sauvage François Barcelo Première enquête pour Momo de Sinro 12 h 30 à 14 h Mathias Brunet Paroles d’hommes Gilles Tibo Noémie 12- La Cage perdue 14 h à 15 h 30 Stéphane Bourguignon Un peu de fatigue 14 h à 15 h Lucie Bergeron Sur la piste de l'étoile Michèle Marineau Cassiopée 15 h à 16 h Aurélie et Jean Pierre Girard L'Est en West Pierre Fortin Le Marcheur Jean-François Beauchemin Le Petit Pont de la Louve Jean-Claude Corbeil Le Nouveau Dictionnaire visuel Marie-Éva de Villers Le Multidictionnaire de la langue française (version électronique) 18 h 30 à 19 h 30 Marie-Josée Bettez et Éric Théroux Déjouer les allergies alimentaires Élizabeth Filion La Femme de la fontaine Anique Poitras - Le Roman de Sara 19 h 30 à 20 h 30 Pierre Duchesne Jacques Parizeau, Le Baron Tome 2 Pierre Schneider Boum baby boom 20 h 30 à 21 h 30__________ Philippe Poloni Des truites à la tomate Pierre Fortin Le Marcheur Marcel Labine Le Roman américain en question 10 h à 11 h Marie-Josée Bettez et Éric Théroux Sur la piste de l’étoile 12 h à 12 h 30 Michèle Marineau Cassiopée 12 h à 13 h 30 Mathias Brunet 14 h 30 à 15 h 30 Gilles Tibo Déjouer les allergies alimentaires Gilles Tibo Noémie 12- La Cage perdue Jean Bernèche - Mathieu le héros 11 hà 12h Anique Poitras Entrevue Jeunes journalistes Carrefour Dominique Demers Animation avec Danielle Vaillancourt Place SAQ Paroles d'hommes 13 h à 14 h Noémie 12- La Cage perdue 15 h 30 à 16 h 30 Dominique Demers Série Charlotte et autres titres 13 h 30 à 15 h Stéphane Bourguignon Jean-François Beauchemin Le Petit Pont de la Louve Pierre Fortin - Le Marcheur Anique Poitras - Lysista et le château / Miro et le château Lucie Bergeron 12 h à 13 h Aurélie et Jean Pierre Girard L'Est en West Philippe Poloni François Gravel La Piste sauvage Un peu de fatigue 10hà 11 h 11 hà 12h 11 h à 11 h 30 12 h à 13 h 13 h à 14 h Élaine Turgeon Une histoire tout feu, tout flamme 10 h 30 à 11 h 30 Michèle Marineau Cassiopée Nathalie Fredette Les Mille Chats de madame Emma Gilles Tibo Noémie 12- La Cage perdue Jean Bernèche Mathieu le héros Anique Poitras - Lysista et le château / Miro et le château Animation avec Danielle Vaillancourt Place SAQ 11 h 30 à 12 h 30 Roger Des Roches Marie Quatdoigts Patrick Leimgruber Régina! Jean Fontaine, Jean Saint-Germain et Geneviève Tardif Le Petit Druide des synonymes 14 h à 14 h 30 Gilles Tibo Entrevue Jeunes journalistes Place Loto-Québec Anique Poitras - Lysista et le château / Miro et le château 'Sonia Sarfati sera présente au stand (horaire à déterminer) www.quebec-amerique.com (i K) I.K IJ K V U I H .L K S M t I) I i) K T l> I M \ X < Il K I (I X O V K XI B K K 2 U o 2 SALON DU LIVRE LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE Mémoire blessée LITTÉRATURE FRANÇAISE Passage à vide NA I M KATTAN Ahlam Mosteghanemi est Algérienne; elle vit a Beyrouth et écrit en arabe.Dans ce roman, salué par la presse arabe et qui obtint le prix Naguib Mahfouz, elle relate une histoire d’amour.Histoire double, celle d’abord de Khaled, un homme qui a combattu pour l'indépendance de l’Algérie et y fut mutilé, ayant perdu un bras ainsi que son meilleur ami.Il s’installe à l’aris, se lance dans la peinture et est reconnu comme artiste.Il reçoit la visite de Hayat, la fille de son ami mort, qu’il a connue enfant.Elle est romancière.Ils tombent amoureux l’un de l’autre, un amour non consommé, mort-né, et paradoxalement persistant.L’onde de la jeune fille annonce au peintre le mariage de sa nièce et l’invite à Constantine, sa ville natale, où la cérémonie doit avoir lieu.Cette ville est l’autre amour de Khaled, un amour meurtri, trahi, qui se confond avec celui qu’il voue à Hayat.C’est là le véritable thème du roman.Dans son exil, le peintre persiste à représenter les ponts de sa ville, qui surmontent un précipice reliant deux collines, deux extrémités qui symbolisent des contradictions.De retour dans sa ville, il assiste au mariage de la femme aimée à un homme riche, puissant et corrompu, constatant ainsi la mort de son amour.Il parcourt les rues de son enfance et a le sentiment que l’indépendance fut un rêve assassiné, trahi et, comme lui, mutilé.Il s’aperçoit que les anciens combattants sont devenus des accapareurs de la richesse de leur pays, des profiteurs.La corruption est omniprésente.Il retourne à Paris pour apprendre que son jeune frere, le seul parent qui lui reste, fut assassiné.Il rebrousse chemin, se retrouve a Constantine, cette fois pour un enterrement Ahlam Mosteghanemi fait raconter une histoire d’amour par un homme.La jeune femme, Hayat, est séduisante, se dérobe à l’amour et se résigne finalement à un mariage qui est le constat de la fin de ses rêves.Pour oublier, Khaled s’acharne a peindre sa ville, accomplissant ainsi une œuvre de gardien de la mémoire.Sa détresse est celle d’une société, d’un pays.Sa ville est trahie, ensevelie dans une mémoire tragique où il lui est impossible de retrouver un amour mort-né dans l’exil, un amour non consenti.Mémoires de la chair est certes une histoire d’amour, celle d’une ville qui s’éloigne.C’est aussi un cri de douleur sur un pays exilé, un rêve assassiné.MÉMOIRES DE LA CHAIR Ahlam Mosteghanemi traduit de l’arabe par Mohamed Mokeddem Editions Albin Michel Paris, 2002,331 pages JOHANNE JARRY T> étais épuisée.C’était une ''J source d’épuisement plus importante que les autres, et elle était sans fin.Le soulagement d’avoir une histoire d’amour était annihilé par l’inquiétude de ne plus jamais pouvoir écrire.Il n'y a pas eu d'événement marquant en novembre.Tout ce que je sais c’est qu’à la fin du mois, j’ai dû aller à Montpellier, pour voir mon psychanalyste en urgence.Ça n’allait pas.J’avais besoin d’écrire, ça ne venait pas, rien ne me satisfaisait plus, ce n’était pas bon.Je l’attribuais à mon insatisfaction chronique." La narratrice de Pourquoi le Brésil?vient de publier Quitter la ville, et de quitter Montpellier pour s’installer à Paris.Son travail suscite la controverse.On lui reproche d’écrire sa vie, d’y impliquer (malgré eux) celle des autres.Dans quelques jours, elle va passer à Bouillon de culture, puis lire au Théâtre la Colline devant 700 personnes.Présenter ce livre la soutient, l’empêche de disparaître, même si le désir de fuir est la.Ce qu’elle espère?Qu’une personne, en la voyant, en l’entendant, devienne amoureuse d’elle.Elle a quitté (des hommes, des femmes, Montpellier) , maintenant elle veut aimer, ne plus être seule, se reposer.Un soir, elle est la voisine de table de Pierre Louis Rozynès, journaliste à Livres Hebdo.Et si c’était lui (pense-t-elle)?La narratrice ne peut vivre sans écrire.Pierre Louis Rozynès vit seul depuis toujours et peut de moins en moins vivre -—-ï LES BELLES RENCONTRES LIBRAIRIE “(3 URETEUR Samedi 16 novembre de 11h à 12h Pierre Morency, écrivain, poète et dramaturge Samedi 23 novembre à 14h Raconte-moi une histoire.Une activité d'animation pour les petits, sur le thème des chats, avec Nicole FERRAS Mercredi 27 novembre de 17h à 19h Louise Lacour, professeure d’histoire au Collège Édouard-Montpetit, s'entretiendra avec Pierre Duchesne, biographe de Jacques Parizeau Vendredi 29 novembre de 15h à 16h LIBER \hlâ| ClmB «le lu 0 o SALON DU LIVRE LITTÉRATURE JEUNESSE Quatre par quatre G I S ÈLE DESK OC HES Comment réunir dans un même article des livres qui n'ont, j’ai beau chercher, aucun lien entre eux, sinon qu'ils sont destinés aux jeunes et que j’ai dévoré les quatre avec un égal bonheur?De même que la littérature pour la jeunesse est soumise a des impératifs de séduction instantanée — les jeunes n'ayant ni la patience aiguisée ni la rapidité de lecture de leurs aînés —, la critique de cette littérature est réduite, tout comme son objet, a des impératifs d’espace et de synthèse qui tiennent parfois de l’acrobatie.(Quelques mentions rapides dans un article fourre-tout ne rendront jamais totalement jus-lice à un bon livre, encore moins à son auteur, mais au moins leurs échos ont-ils des chances de parvenir jusqu'aux destinataires.Daniel Mativat, dont l'excellence des publications depuis quelques années ne se dément pas (Ni vous sans moi, ni moi sans vous: Siegfried ou l'or maudit des dieux), signe Ix> Duc de Normandie, que je suis bien en peine de classer.Il tient en effet à la fois du conte, du roman et de la légende, tout en empruntant à l’histoire son personnage principal: Robert le diable, père de Guillaume le Conquérant, ainsi que le contexte du Moyen-Age et du pèlerinage en terre sainte.Le Duc de Normandie, désormais trop vieux pour guerroyer, revient faire un enfant à sa femme.Au bout de dix ans d'efforts infructueux, il fait appel a Lucifer pour résoudre le cas de sa descendance et c’est ainsi que naît Robert dit le diable.Ses méfaits et sa cruauté se révèlent (lès son jeune âge et lui valent une solide réputation de brigand.Un matin pourtant, seul et abandonné de tous, il se réveille transformé en chien et s’entend dire qu’il le restera tant que ses fautes ne seront pas réparées.C'est donc sous la forme d’un chien qu’il se rendra en terre sainte, en quête de Sarrasins à combattre.Et quels combats! Ses exploits relèvent de la légende et de la caricature, et ses amours, du conte de fée et d’Aurore l’enfant martyre.daniel mativat le duc de Normandie Hlifrf mi Mativat a perfectionné au fil de ses romans un humour irrésistible dont il enrobe ses narrations.Ses récits sont menés rondement, émaillés de remarques et d’apartés en totale complicité avec le lecteur, dans une verve truculente et éclatante, utilisant un vocabulaire aussi riche que juste, et dans une direction assez inattendue pour sus-pendre le lecteur à ses lèvres, pardon, à ses lignes.Celui-ci n’a qu’à bien attacher sa tuque pour suivre, mais il faut dire que les événements sont spectaculaires, bien épicés de détails cocasses et de petites remarques salées du genre de celle-ci, qu'il fait dire à son détrousseur de Robert «l^s pauvres sont moins riches que les riches mais ils sont bien plus nombreux; si bien qu’au bout du compte, ça rapporte plus.» Principe financier qui, plus tard, fut beaucoup copié par nos gouvernements.On se rend à la fin du livre sans même s'en rendre compte, avec l’avantage non négligeable de se sentir un peu moins bête qu'au lever.Lecture palpitante et joyeuse comme une bonne blague.Carte de France et généalogie des ducs de Normandie en prime a la fin.L’aventure dans le nord Dans le genre aventure, rien ne vaut les bonnes histoires de survie.Surtout dans des conditions extrêmes comme le Nord québécois.Et Michel Noël, coordonnateur des Affaires autochtones et ayant lui-même vécu auprès des Amérindiens, connaît bien les territoires du Nord.Il reprend dans L'Homme de la toundra le theme qu’il avait développé dans Im Ligne de trappe, soit un accident d’avion et la lutte ixiur survivre dans des conditions implacables.Cependant, dans cette histoire-ci, le pilote de l’hydravion accidenté est seul avec les éléments sauvages, seul à lutter et a prendre des décisions.Comme il arrive souvent dans le cas des rescapés, l’homme trouve miraculeusement une cabane dans laquelle il se réfugie.Au bout d’un moment, il se rend compte qu'il n’est pas seul dans cette cabane pourtant abandonnée et ce sont là des moments intenses de lecture.Le cadavre découvert jouera un rôle majeur dans la suite des événements.Ir pilote, voyant diminuer ses chances d’être rescapé a mesure que les jours passent, décide de partir à travers bois vers une région qu’il sait régulièrement survolée par les avions de la compagnie.la débrouillardise et le savoir-faire des trappeurs et des peuples autochtones jouent également un grand rôle dans le récit, apportant au lecteur des notions essentielles et des précisions passionnantes au lil de la lecture.Si on se doute bien que la conclusion sera heureuse, le parcours et la façon d’y arriver captent toute l'attention du lecteur, qui avance en même temps que le héros dans ce périple solitaire effectue dans dr's conditions extrêmes.En 1988, le roman Cassiopée ou l'été polonais a valu à Michèle Ma-rineau son premier prix du Gouverneur général (elle en a obtenu un second pour La Route de Chlifa) ainsi que l’estime instantanée d’une génération de lecteurs et lectrices.L’auteure y relatait, à la première personne, la fugue d’une adolescente et les quelques Camille Bouchard LA MARQUE DES LIONS jours passés en compagnie d’une famille de Polonais.Ces quelques jours ont suffi pour faire naître un premier amour, aussi fort que bien raconté, qui n’attendait que des retrouvailles pour s’accomplir.L’année suivante, Marineau propose la suite, L’Été des baleines, dans laquelle les amoureux se retrouvent enfin, dans Charlevoix, au terme d’une année de fervente correspondance amoureuse, l^eur amour ne résistera malheureusement pas à la douloureuse confrontation avec la réalité.Voilà que les éditeurs réunissent les deux volets de cette belle histoire en un seul tome, dans une collection non plus jeunesse, mais grand public.Et le chic, c’est que l’auteure a, pour la circonstance, ajouté un volet d’une vingtaine de pages inédites, L’Été de Constance, dans lequel l’héroïne, devenue mère depuis quelques jours, retrouve et commente le journal de ses 15 ans.On devine en filigrane le désir de l’auteure de répondre aux préoccupations de milliers d’adolescents croisés au fil des rencontres d’auteurs auxquelles elle a participé.Beaucoup n’acceptaient pas facilement le choix final de l’héroïne, la chute du romantisme, l’évincement du beau et tendre Marek.Par ce prolongement de la fiction, elle revoit les événements marquants et en explicite le contexte, les éclaire d’un jour nouveau, assure le recul nécessaire qui manquait à certains pour clore de façon satisfaisante cette histoire inoubliable.La Marque des lions est le der-nier-né de Camille Bouchard (Les Démons de babylone, L'Absence, etc.).Dès le prologue, le lecteur sait qu’il aura affaire à une histoire exceptionnelle, puissante et mystérieuse comme l’Afrique.Après avoir relaté dans le prologue une aventure singulière qui lui est arrivée à l’âge de quatre ans.Manuel, le jeune héros maintenant âgé de 12 ans, présente par petites touches son environnement, ainsi que les protagonistes de cette histoire: des enfants, quatre ferenj, enfants, blancs vivant dans un village d’Ethiopie, et un jeune Noir, Jima.Ils se mettent un jour au défi les uns les autres d’aller trouver la Femme-Zar, la sorcière qui a la réputation de pouvoir repousser les lions.Un lion a en effet été vu rôdant aux alentours et les enfants, par bravade, transgressent l’interdiction de sortir du village popr lui de mander d’intervenir.En Ethiopie, les sorcières sont autrement plus dangereuses et imprévisibles qu’au Québec.In Femme-Zar a HXXl ans, des pouvoirs reconnus par tous les anciens du village, est terrifiante et réagit très mal lorsqu’elle découvre les enfants.Manuel reconnaît avec stupeur sur son visage sale et marqué les mêmes marqu.es que sur son propre visage.A l’âge de quatre ans en effet, l’enfant avait eu le visage marqué par les crocs d’une lionne dont il venait de sauver le lionceau, la Femme-Zar lui apprendra que ces marques font de lui un être capable de commander aux lions.A certains moments, l’auteur plonge le lecteur dans un état de transe où l’on croit sentir l’halei-ne du lion ou celle de la sorcière, la brûlure du soleil sur la peau aussi bien que la terreur qui s’empare des enfants, dont le sort se décide lors d’un affrontement mémorable.L’auteur s’exprime dans une langue riche, sans compromis de facilité.émaillée de mots savants et de figures de style, ce qui n’empèche pourtant ni la comprehension des enjeux ni celle de l’action.I>a vision qu’il présente de l’Afrique est très juste, documentée de façon évidente et si efficace qu’on croirait revenir de voyage au sortir du livre.Une lecture enrichissante et stimulante.CASSIOPÉE Michèle Marineau Québec Amérique, coll.«QA compact» Montréal, 2002,278 pages LE DUC DE NORMANDIE Daniel Mativat Soulières éditeur, coll.«Graffiti» Montréal, 2002,94 pages L’HOMME DE LA TOUNDRA Michel Noël Hurtubise HMH, coll.«Atout» Montréal, 2002,210 pages LA MARQUE DES LIONS Camille Bouchard Boréal Inter Montréal, 2002,112 pages L’Homme de la toundra rtvent un] concours WWW • un séjour culturel en France (offert par le Consulat général de France à Québec) • prix de participation et plus encore Les titres des romans en lice pour l'obtention du Prix littéraire des cégépiens 2003 seront dévoilés au SALON DU LIVRE de Montréal, à la Place Bonaventure.Nous vous attendons au STAND du Devoir Le Devoir Culture et Communications Québec SS M a m t B O o R q i t r BANQUE NATIONALE DU CANADA SCABRINI MEDIA O U V R A G e: S PRATIQUES Vie de famille, vie quotidienne Un premier bébé s'annonce.Comment l’élever pour qu’il soit heureux, confiant, en bonne santé?Cet ouvrage clair et bien fait vient à la rescousse des nouveaux parents en leur prodiguant de judicieux conseils sur la manière de résoudre les problèmes les plus courants qu’ils vont rencontrer dans cette étape de vie qui apporte beaucoup de joie mais qui soulève aussi beaucoup de questions.Cet ouvrage, qui s’intéresse les écritsl U imimii an r»nun lintrilret »u rniilac Fondée en 1954 par Jean-Louis Gagnon, la revue Les écrits - connue auparavant sous le titre Écrits du Canada français - publie des textes inédits de nombreux écrivains du Québec et de la francophonie.Yves Bonneloy Nicole Brossant Jacques De Decker oicniH m André Ricard Andrée A.Michaud Gaëtan Brulotte En vente dens toutes les librairies.Le numéro : 10 $.ABONNEMENT D UN AN rmOIS NUMÉROS) 3 Résidents ou Canada 25 $ : Institutions 35 $ Résidents de l’étranger 35 $ NOM ADRESSE VILLE CODE POSTAI TÉLÉPHONE Ci-joint un chèque à l'ordre de Les écrits.À retourner k l'adresse suivante : les écrits Case postale 87 Succursale Place du Parc Montreal (Québec) H2X 4 A3 Téléphone : 1514' 4vq-2830 Télécopieur : (514) 499-9954 k-secntsfi'intemet.uqanica aux enfants de zero à six ans, traite en premier lieu des soins à donner depuis le changement des premières couches jusqu’aux accidents mineurs et aux urgences.On s’attarde au développement de l’enfant sur les plans physique et intellectuel, à partir des premiers instants qui suivent sa naissance, puis aux différents stades de sa croissance.On y parle des aptitudes parentales que l’on peut développer au fur et à mesure que l’enfant vien BISTRO DES DIZAINES D’ÉVÉNEMENTS DES MILLIERS DE LIVRES grandit et on aborde des sujets plus vastes tels l’amour, la discipline, la confiance en soi.Ce guide, abondamment illustré, consacre plusieurs pages à l’évolution des familles et aux changements qui s’y opèrent, aux troubles de comportement et aux façons d’agir face à l’enfant.L’art d’être parent n’est pas inné chez tout le monde, mais tous peuvent apprendre et développer des compétences.Et pour rassurer son lecteur, Dorothy Binon, psychologue spécialisée dans le domaine de l’éducation et de l’apprentissage, rappelle «qu il n’existe pas de parents parfaits».L’objectif à viser: faire de son mieux en donnant à l’enfant les outils nécessaires pour affronter la vie.LE GRAND LIVRE DE NOTRE ENFANT Dorothy Binon Les Éditions de l’Homme Montréal, 2002,224 pages Choisir le prénom d’un nouveau né n’est pas tâche facile puisque cela doit plaire à maman et à papa.11 faut aussi penser à l’enfant qui aura à le porter.On dit que «/c prénom est censé contenir l’essence même de l’être».Vous hésitez entre Geneviève et Aude si c’est une fille, entre David et Germain pour un garçon?Quelles en sont les origines, la signification?Ces prénoms représentent-ils une promesse ou un présage?Laura Pendriès, enseignante française, et Nicolas Meaux, journaliste et historien, se sont penchés sur la question et ont étudié quelque 3000 prénoms dont ils font état dans un guide où ils présentent les origines et l’étymologie de chacun, les raisons de les préférer aujourd'hui, la symbolique qui s'y rapporte, leur actualité.Ouvrage indispensable, peut-être pas.intéressant.mais amusant, oui.5219, Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges TU : 51W39-363?Fax : 5iA*739-3630 service@librairleolivieri.com COMMENT CHOISIR LE PRÉNOM DE VOTRE ENFANT Nicolas Meaux et Laura Pendriès Flammarion Québec France, 2002,398 pages mt ¦ÉMMMa Éditions David STANDS 229, 231, 233 Voix retrouvées Mariel O'Neill-karch et Pierre Karch Augustin Laperrière (1829-1903) 214 p.«20$ Voix savantes Sous la direction de Danielle Forget et France Martineau Des identités en mutation de l’Ancien au Nouveau Monde 198 p.• 18 S Sous la direction de Laté Lawson-Hellu Littérature et impôt 263 p.• 18S Voix artistiques Danièle Vallée et Virgin i Bedard, Debout sur la tête d 'un chat 120 p.(couleurs) 29 S Séances de signature : le vendredi de 20 h-21 h, le samedi de l lh-ISh et de 19h30-21h.le dimanche de lâh- I6h30.Voix didactiques Frèdelin Leroux Mots de tête 224a • 18$ Séances de signature: le samedi de 17h-18h, le dimanche de I6h-I7h.Eugène Roberto, L’hermès québécois 138 p, • 16 S Voix intérieures Yves Antoine 1m mémoire à fleur de peau 84 p.• 14 $ Séances de signature : le vendredi de 20h-21 h, le samedi de 13h-14hetde 16h-17h, le dimanche de 13 h-14 h.Micheline Beaudry et Jean Dorval Blanche mémoire 96 p.*10$ Séances de signature : le samedi de 12h-13n30etde 15h-16h.Vanessa-S.-E.Bannino Souffle de paix 120 p.• 14 S Séances ue signature : le vendredi de 17h-19h, le samedi de 18h-19h30, le dimanche de 12h-13h.Sophie Bérubé La trombe sacrée 88 p.* 13$ Eisa Carducci Pays inconnu/Paese sconosciuto 92 p.• 10 S Sous la direction de Francine Chicoine et André Duhaime Dire le Nord 156 p.•H) S Séances de signature : le jeudi de 9n-II h, le vendredi de9h-llh, le samedi de 9h-11 h.Ouvrage collectif Éphémère 10$ Ginette Fauquet Ikebana 64p.• 10$ Séance de signature : le d i manche de 12 h 30-14 h.Carole Forget Elle habite une metropolis 82p.« 12$ Séances de signature : le vendredi de 17h-18h, le samedi de 13h-14h, de.l6h-17h, le dimanche de 17h-18h.Jacques Gauthier Pêcher l’ombre 104 p.*10$ Stéphane Jean Cortège mémoire 102 p.• 14 $ Séances tie signature : le samedi île lOh- I9h30 et le dimanche de 15h30-16h30.Jean-Louis Major Antifables 198 p.• 18$ Séance de signature : le dimanche de 14h30-15h30.Jeanne Painchaud Soudain 78 p.• 10 S Séance de signature: le vendredi de 20 h-21 h Monique Paradis Étincelles 72 p.* 10$ Séance de signature : le samedi de 11 h-12h.Alain Raimbault L'absence au jour 126 p.• 14 $ Séances de signature : le vendredi de 13h.30-15h et de 19h-20h; le samedi de 12h-13h, de 15h30-17hetde 19h30-21 h: le dimanche de 12h-13h30.Alain Raimbault, New York loin des mers 108 p.* 10$ Séances de signante : le vendredi de 13h30-15h et de 19h-20h, le samedi de 12h-13h, de 15h30-17h et de 19h30-21 h.le dimanche de 12h-13h30.MichelThérien Eaux d’Eve 124 p.• 14 $ Séances ue signature : le vendredi de 19h-20h, le samedi de 14h-15h 30, le dimanche de 13h30-15h.Evelyne Vokleng Brocéliande à coeur de neige suivi de Mon herbier sauvage 132 p.* 14$ Voix narratives et oniriques Claudette Gravel Fruits de la passion 240 p.*15 S Séances de signature : le dimanche de 11 h 30-13 h30 et de J5h-I6h.Nancy Vickers La Petite Vieille ata poupées 180 p.• 14 $ Séancés de signature : le samedi de I5h-16h et de I9h30-21 h, le dimanche de llh-12h, de 14h-15het d éum£t£t ê ¦¦¦ ¦*£ 216 pages • 19,95 $ 304 pages • 24,95 $ 208 PAGES • 19,95 $ 168 PAGES • 18,50 $ BŒiMSEnnamB A GLOIRE DE CASSI0DDRE UN (ARDIN ENTOURÉ 0E MURA.LI ES 1 LA BRÈCHE ; TRANSIT SECTION N° 20 g SUIVI Qf | HlUCR ^ MoVKjUI l*KC Mil V 276 PAGES • 22,95 $ 400 PAGES • 24,95 $ t I ( CLUB 1ST * iS UH MUSCLE INVOLONTAIRE ¦X -V/ .304 pages • 27,95 $ 396 pages • 27,95 $ TRADUIT DE l’ANGlAIS (CANADA) PAR OOK CHUNG (, \r i \n Souo^ LE CHAMP ÉlCURiQUE g"-j I MISTQDK z O q: < U 1 i mis Caron /• lï< - '\T Jonathan Iranzcn :s CORRIXTiONS 520 PAGES • 27.95 $ 432 pages • 27.95 $ 720 pages • 29,95 $ TRADUIT DE L’ANGLAIS (ÉTATS-UNIS) PAR RÉMY LAMBRECHTS LU h* h- o U ce Gilles Mareutte iWMBCAi MPI LES LIVRES I l LES J0I RS l'KIVYldl (Loai 240 PAGES » 22,95 $ \ riu iirc du loup 240 pages • 19,95 $ 7 itteram t)t» etruvinu prtitm jférptém LU H h 144 PAGES • 19.95 $ Boréal www.editionsboreal.qc.ca i LE DEVOIR.LES SAMED !» ET DIM A X ( H E I O X O V E M B R E 2 0 0 2 (i l SALON DI' LIVRE ontréal Entrevue avec Olivier Rolin "S 1 «Nous trouvions plus marrant de vivre comme des Don Quichotte que comme des Sancho Pança » ANNIE ASSOULINE CHRISTIAN RIOUX CORRESPONDANT DU DEVOIR Paris — «Dites surtout à vos lecteurs que je ne suis pas un disciple d'Arlette Laguillier et que je ne m'ennuie pas de l’extrême gauche.Je ne suis pas le porte-parole d’une génération.Je n’ai rien à proposer.Rien d’autre qu’m.roman.» Voilà donc qui est fait! En me disant au revoir dans la petite rue Jacob, à Paris, Olivier Rolin a soudain été gagné par la peur.La peur que son roman.Tigre en papier, passe pour un manifeste gauchiste.Une sorte de lamentation nostalgique sur une époque révolue.Peur de passer pour un donneur de leçons, comme ceux qui ne cessent de répéter que, dans leur temps, tout était tellement mieux.Qu’on se le tienne donc pour dit, Olivier Rolin a écrit un roman et non pas une savante analyse des années 60.Même qu’il a peut-être écrit le premier véritable roman français sur cette époque agitée où la jeunesse des beaux quartiers ne rêvait que de révolution.Un roman assez beau, en tout cas, pour faire grincer des dents quelques membres de l'Académie Concourt et faire croire à une partie de l'intelligentsia parisienne qu'il aurait mérité le prix.Il était donc une fois.une bande de jeunes révoltés qui voulaient changer le monde.Rien de moins.La révolution est le véritable héros de ce roman où un ancien gauchiste raconte à la fille d'un de ses meilleurs amis, mort par pure insouciance, la folle équipée de sa jeunesse contestataire.Il le fait dans une vieille guimbarde appelée Remember, qui tourne en rond pendant une nuit entière sur le périphérique parisien.Faire la révolution, comme le mot le dit, ce serait donc tourner en rond?«Je n'ai pas écrit ce roman pour expliquer mais pour fournir ma perception des choses, dit Rolin.Cette époque, avec tous ses formidables défauts, n ’était pas cynique.Il y avait un certain idéalisme et une volonté généralisée de ne pas être des individus.Cette volonté effrénée de ne plus être des individus était à la fois belle et terrible.» Belle, parce que la jeunesse était à la recherche de l’absolu.Terrible, parce qu’elle rejetait l’individu et tout ce qui pouvait res-serpbler à la beauté.A la fin des années 60, Olivier Rolin était l’un des dirigeants de la Gauche prolétarienne, une organisation d’extrême gauche française née dans le sülage de Mai 68.L'organisation, qui prêchait la révolution pure et dure, n’avait rien de rigolo et n’hésitait pas à sombrer dans l’illégalité.Loin de lui pourtant lldée d’en avoir honte.«Au contraire, j’ai alors vécu des choses très romanesques.Beaucoup de mes amis viennent de là.J’y ai rencontré des gens plutôt bien.Sur le plan humain, je ne regrette pas cette expérience.» Le nom de code d’Olivier Rolin était alors «Antoine».Car Rolin n’était pas tout à fait un militant comme les autres.Il était responsable des «coups tordus».Il organisait les opérations clandestines.Il avait même «des dispositions» pour cela, dit-il.Un jour, il était à Marseille, un autre, à Toulon.Un jour, il organisait le saccage d’une usine.L’autre jour, il en kidnappait le patron pour le laisser dans une malle sur un quai de gare.Avec plus de peur que de mal, heureusement «Je venais d’un milieu moyennement bourgeois.Ce n’était pas par souffrance individuelle qu’on s'engageait.C’était plutôt par rejet de notre condition future d’intellectuels.Notre rage anti-intellectuelle était immense.Nous étions de jeunes intellectuels qui voulaient renoncer aux privilèges de cette condition.» Une faute à racheter?Martin, Treize, Fichaoui-dit-JuloL Reureu lUirsute, Roger le Belge, Judith et Chloé ressemblent comme deux gouttes d’eau à des ascètes.A une autre époque, ils seraient entrés dans les ordres.Comme si cette jeunesse, pourtant dorée, avait une faute cachée à racheter.Une tache à effacer.«Sans en avoir conscience, nous avions la volonté de racheter nos parents qui n’avaient pas été collectivement à la hauteur pendant la guerre.En France, depuis que la génération des années 30 et 40 a été si peu héroïque, si impuissante et résignée face au fascisme, on n’arrête pas de refaire les guerres antifascistes, même si c’est largement imaginaire.» Rolin ne le dit pas, mais on pense aussitôt aux milliers de jeunes qui ont dénoncé le «fascisme» entre les deux tours de la dernière élection présidentielle française.Comme eux, les jeunes gauchistes de 1968 étaient à la recherche du grand frisson de l’histoire.Dans leurs banlieues climatisées, ils avaient la nostalgie de l’héroïsme.Olivier Rolin revendique d’ailleurs totalement cette quête de l’héroïsme.«Nous trouvions plus marrant de vivre comme des Don Quichotte que comme des Sancho Pança.Non seulement on ne s’est pas ennuyés, mais on a désennuyé pas mal de monde.Tout semblait possible.On nous aurait dit qu’il fallait dévaliser la Banque de France qu’on aurait réfléchi à la façon de le faire.» Quelque part, Rolin écrit que l’ennui ‘is l'islam une idéologie politique et qui considèrent que l'islamisation de la société passe par l’instauration d’un État islamique» — a marqué un point tournant dans l’histoire de la religion.Il a donné naissance à une double évolution.D'un côté, des populations musulmanes se sont déplacées vers l'Ouest, principalement en Europe.De l'autre, un néofondamentalisme a pris racine au Moyen-Orient.Le djihadisme (terme qui vient du concept de djihad, qui signifie «guerre sainte»), dont le réseau terroriste al-Qaïda fait partie, est, selon Roy, «la radicalisation politique des néofondamentalistes».Ainsi, les militants de cette branche radicale privilégient «la lutte armée plutôt que la prédication religieuse».Phénomène nouveau, propre aux années 90, la dimension djiha-diste de l’islam découlerait de la banalisation des mouvements islamistes et des transformations du champ stratégique dues à la disparition de l’ennemi communiste et à «la militarisation de la présence américaine dans tout le Moyen-Orient».Cette radicalisation, qui s’est déployée aux yeux de tous le 11 septembre 2001, mène aujour- d'hui un combat contre la puissance américaine: -En se donnant comme projet de reconstruire l’oumma, les radicaux se heurtent nécessairement à la seule puissance hégémonique, les États-Unis.Ils voient le conflit en termes de lutte entre deux civilisations, l’Islam et l’Occident, dont l'expression militaro-politique est l'empire américain.» Pourtant, la mondialisation de l’islam, qui se trouverait a l’origine des réseaux terroristes islamiques internationaux, n’aurait pu se réaliser qu’en s’appuyant sur les avancées technologiques, informatiques et scientifiques de l'Occident.11 en est de même pour les réseaux terroristes internationaux qui utilisent ces nouveaux moyens afin de mener leur djihad contre l’Ouest et contre les valeurs qui y sont véhiculées.«Grâce aux nouveaux médias (Internet et chaîne de télévision al-Jazira), à leur transversalité, à l’éducation, à la circulation des personnes et à l'usage de l'anglais, le débat n 'est plus dans l'espace national: il ignore les lieux d’autorité légitime [.].» Ce que Roy baptise l’oumma virtuelle d’Internet L’ennerru numéro un des Etats-Unis Et qu’en est-il du réseau al-Qai-da?Quelles sont scs origines?Ses caractéristiques?Ses leaders?Leurs motivations profondes?Autant de questions rapidement éclaircies par l’érudition d’Olivier Roy.Partant de la rencontre d’Oussama ben laden avec- Abdallah Az-zam, le fondateur d'al-Qaïda (Frère musulman jordanien d’origine palestinienne), aux prisonniers de Guantanamo, en faisant un court détour par l’histoire du jeune Américain John Walker Lindh, l’auteur brosse de main de maître un portrait détaillé de la création et de l’évolution de ce réseau considéré à ce jour comme l’ennemi numéro un des Etats-Unis et de ses alliés.L’occidentalisation de la religion de Mahomet, la réislamisation, le communautarisme ethnique et religieux, la globalisation, la naissance des djihads, l’islamisme humaniste et la révolution de l'information sont tous des facteurs que Roy utilise pour disséquer les changements survenus au sein de l’islam.Olivier Roy réussit, en près de 2(X) pages, à expliquer ce que trop d’auteurs ont tenté de faire, mais sans succès, depuis près d'un an.Bref et concis, L’Islam mondialisé met de l’ordre parmi les propos et les écrits éditorialistes qui fusent de toute part.11 réfute et déconstruit les idées préconçues et stéréotypées qui hantent les discussions gravitant depuis plusieurs mois autour de l’islam.Il plonge le néophyte dans l’univers moyen-oriental et islamique.La réalité n'est jamais simpliste, et le chercheur du CNRS démontre que cette affirmation prend tout son sons lorsqu’on l’appose à une société peu connue des Occidentaux.Intelligemment, Olivier Roy s’oppose et critique, mais par-dessus tout, il explique et clarifie.C'est après avoir mis en avant une solide argumentation qu’il jx-ut avec objectivité affirmer qu’il n’y a pas, au XXI' siècle, de «géostratégic de l'islam, parce qu 'il n'y a plus ni terre d'islam, ni l IORC Séances de signature • Stand 24 SrkiSUtmtK- üimh WtiRiÉÉS i îtfrri?' Ht ?>**;«* *s s «Mtatoes* «>«• «N ’ ««Pi l.e ItâttÇnls, YVAN CONOIR L’action humanitaire au Canada Vendredi le 15 de 20 h à 21 h VINCENT FAUQUE La dissolution d’un monde Samedi le 16 de 14 h à 15 h Dimanche le 17 de 14 h à 15 h LISE GOULET Une vie à trois temps Jeudi le 14 de 19 h à 20 h Vendredi le 15 de 19 h à 20 h Samedi le 16 de 15 h à 16 h Dimanche le 17 de 14 h à 15 h SYLVIE LACOMBE La rencontre de deux peuples élus Samedi le 16 de 13 h à 14 h SERGE LAURIN Sainte- Apr at he-des-M ont s Un demi-siècle d'histoire Samedi le 16 de 16 h à 16 h DENISE LEMIEUX Traité de la culture Vendredi le 15 de 19 h à 20 h LOUIS MERCIER La Société du parler français au Canada et la mise en valeur du patrimoine linguistique québécois Vendredi le 15 de 20 h à 21 h DANIÈLE OU ANES Chronique de Ramallah Vendredi le 15 de 17 h à 18 h DENIS PERRON Ma vie c’est la musique Samedi le 16 de 14 hà 16 h CLAUDE VERREAULT Le français, une langue à apprivoiser Vendredi le 15 de 20 hà 21 h Ultc t Pour de plus amples informations Les Presses de I’Universite Laval • Les Editions de IQRC Tel.(418) 656 7381 «Tclée.(418) 656 3305 Domiiiicp.ie.GingrAS@puI.ulAVALtA • www.ulavAl.ca/pul r communauté musulmaiu.mais une religion qui apprend à sr desinaimer et des populations musulmanes qui négocient leurs nouvelles identités, y compris dans le conflit L’ISLAM MONDIAUSK Olivier Roy Editions du Seuil Luis.2U)2,210 pages NOUVELLES- ROMANS • ESSAIS Linslant même * STAND 638 DANIELLE DUSSAULT L'imaginaire de l'eau Vendredi 15 novembre de 19 h à 21 h Samedi 16 novembre de 10 h à 12 h LOUIS JOLICŒUR Le Siège du Maure Samedi 16 novembre de 16 h A 18 h Dimanche 17 novembre de 11 h à 12 h CHRISTIANE LAHAIE Hôtel des brumes Samedi 16 novembre de 18 h à 19 h Dimanche 17 novembre de 11 h à 13 h SERGE LAMOTHE L'ange au berceau Vendredi 15 novembre de 17 h à 19 h Samedi 16 novembre de 12 h à 13 h et de 15 h à 16 h Dimanche 17 novembre de 15 h à 17 h MARIE CLAUDE MALENFANT Nouvelles mémoires Samedi 16 novembre de 17 h à 18 h et de 19 h à 20 h Dimanche 17 novembre de 10 h à 11 h CLAIRE MARTIN La brigands Vendredi 15 novembre de 11 h à 12 h et de 15 h à 17 h PIERRE YERGEAU Banlieue Samedi 16 novembre de 13 h à 15 h Dimanche 17 novembre de 13 ha 15 h' NOS PLUS RÉCENTES PARUTIONS CLAUDINE POTVIN Pornographies Nouvelles, 133 pages ; 16,95 $ mm- 'ijm ( lut* dîne Prrtvin PORNOGRAFHIIS LmïfarÉ mtnt MARIE-ÈVE BELZILE, STÉPHANIE BOUTIN, ANNIE CHRÉTIEN, DAHLIA MEES, PASCAL MORNAC, SYLVAIN THÉVOZ Clair-obscur Nouvelles, 107 pages ; 14,95 $ L'instant même / Images d'Yvoires / AQWBJ CtAIROBSCUR f/iyLt ÀwUAr 1 * (i T>.I.h l> K 0 I.K S S A M K I) I !> K T l> I M A X ( Il K I 0 V O V E M B R E l 0 O 2 SALOX DU LIVRE Entrevue avec Kathy Reichs Troublant comme le vrai PAULINE GRAVEL LE DEVOIR La frontière entre la fiction et la réalité apparaît extrêmement ténue dans le dernier roman de Kathy Reichs, Voyage fatal.Comme l’auteur, l’héroïne de ce nouveau thriller est anthropologue judiciaire au laboratoire de médecine légale du Québec et pour l'Office of the Chief Medical, Examiner en Caroline du Nord.A l’instar de son personnage central, Kathy Reichs a déjà reçu des menaces de mort au cours de l'exercice de sa profession.Des gardes du corps ont dû l’escorter au moment où elle devait témoigner au Tribunal pénal international pour le Rwanda.Et un procès a été interrompu lorsque l’accusé, qui n’appréciait pas la description qu’elle faisait de l’outil qu’il avait utilisé pour démembrer sa victime, a proféré des menaces meurtrières à son endroit.D’une rigueur irréprochable, les descriptions des procédures scientifiques employées pour déterminer la date et les circonstances de la mort d’une victime, et pour procéder à son identification ajoutent au réalisme de Voyage fatal, qui paraît chez Robert Liffont.En ce qui concerne ces passages, Kathy Reichs admet son souci de Rectitude.«Je suis très perfectionniste sur les questions scientifiques, dit-elle.Ce sont les seules parties de mes romans que je fais relire par un spécialiste avant publication.Les lecteurs doivent apprendre quelque chose de juste et correct.» Cette touche de science en filigrane des thrillers de Kathy Reichs ont contribué a faire découvrir la profession d'anthropologue judiciaire à plusieurs.«Mes collègues ont relevé un accroissement du nombre de demandes de consultations depuis la publication de mes romans», souligne la scientifique.Kathy Reichs avoue aussi puiser dans sa pratique professionnelle et celle de ses collègues divers éléments d’intrigue quelle ficelle habilement pour créer une histoire complètement originale.Ellê insiste néanmoins pour qualifier l’essentiel de son œuvre de fiction, en commençant par les lieux et les noms.11 n’empêche que ses références à des événements r.éels sont parfois troublantes.Etonnante ressemblance en l’occurrence entre les événements du 11 septembre 2001 et l’amorce de Voyage fatal, qui se situe au milieu d'un enchevêtrement de débris humains et de morceaux de carlingue tombés dans un champ à la suite de l’explosion d'un avion.«Etrange coïncidence plutôt», rectifie une Kathy Reichs visiblement ébranlée par pareille Son premier roman, Déjà Dead, s’est hissé en tête de la liste des best-sellers du New York Times JACQUES GRENIER LE DEVOIR Kathy Reichs a été appelée à Ground Zero au sein de l’équipe d’experts chargée d'enquêter sur les victimes.mm Aim coïncidence.Elle qui avait termi- un an avant la catastrophe et né le manuscrit de Voyage fatal dont la version anglaise avait été lancée à peine un mois avant le jour fatidique.Imitant encore une fois la vie de l’héroïne de Voyage fatal, Kathy Reichs a été appelée à Ground Zero à titre de membre de DMORT (Disaster Mortuary Operational Response Team), cette équipe d’experts chargée d'enquêter sur les victimes — décédées — de désastres.«En collaboration avec les policiers de New York, j'ai travaillé pendant deux semaines à récupérer des restes humains, des objets personnels et des pièces d'identité ensevelis au milieu des décombres du World Trade Center qui avaient été transportés au dépotoir de Fresh Kills Landfill à Staten Island», raconte Kathy Reichs.Ces fragments de vie brisée servaient à identifier les victimes et pouvaient apporter un certain réconfort aux familles.«Les familles veulent désespérément connaître les circonstances de la mort de leurs proches.Elles veulent des restes à enterrer ou à incinérer.Et ce, même 50 ans après leur disparition», précise celle qui s’est appliquée à dévoiler l’identité de soldats «inconnus» morts au combat durant le deuxième conflit mondial et la guerre de Corée.Les indices que Kathy Reichs tire des ossements qu’elle examine servent aussi à ce que justice soit faite, précise-t-elle.Sa participation à une enquête sur les atrocités commises durant la guerre civile au Guatemala en est un bon exemple.«Après avoir exhumé d’une fosse commune les squelettes Hydro-Québec est fïère d'être associée N au Prix Marcel-Couture.Ce prix, nommé à la mémoire de Marcel Couture, président du Salon du livre de Montréal de 1990 à s 1998, s'adresse aux auteurs francophones pour des ouvrages de langue française de toutes catégories édités par une société québécoise.Il récompense une œuvre étonnante et audacieuse et est accompagné d'une bourse de 5 000 $.1927-1 À la barre des services d'information et de relations publiques d'Hydro-Québec pendant plus de 30 années, Marcel Couture a développé le mécénat d'entreprise dans le secteur public.Son engagement à promouvoir les arts et la culture lui a valu les titres d'officier de l'Ordre des arts et des lettres de la République française et de chevalier de l'Ordre national du Québec.a Hydro Québec de 23 femmes et enfants tués par les militaires guatémaltèques, nous avons cherché à retracer les trous de projectile et les stries de machette sur ces ossements afin d’établir qu'il y avait bien eu atrocité, explique-t-elle.Nous avons ensuite identifié les victimes et les avons restituées aux familles.Ultimement, ces renseignements permettront la tenue d’un procès où seront accusés les coupables.» Cette importante mission au Guatemala sert de toile de fond aux premiers chapitres de Grave Secrets, dont la version française devrait nous arriver l’automne prochain.L’inspiration de Kathy Reichs ne semble pas s’essouffler depuis que son premier roman, Déjà Dead, s’est hissé en tête de la liste des best-sellers du New York Times.Le week-end dernier, elle terminait son sixième roman.liée par un contrat avec un éditeur, elle doit déjà s’atteler à la prochaine intrigue.Le congé sabbatique que lui a accordé l’université de Caroline du Nord, à Charlotte, où elle est professeur titulaire se poursuivra donc encore trois ans, soit le temps d’écrire trois autres histoires palpitantes si on se fie au rythme de production auquel elle s’est astreinte jusqu a maintenant.Kathy Reichs sera présente au Salon du livre de Montréal, stand 223.VOYAGE FATAL Kathy Reichs Editions Robert laffont Paris, 2002,403 pages ROUN «Je suis pour une langue baroque.Je n'hésite pas à employer beaucoup de mots étrangers.» SUITE DE LA PAGE G 19 C’est pourquoi je ne demande pas pardon.» Même qu’Olivier Rolin estime qu’il faut être passé par là pour comprendre vraiment ce qu’est le totalitarisme.«Ça nous a donné un certain scepticisme utile à l'égard de la chose politique.Je suis certain que je comprends mieux mon siècle que ceux qui ne sont pas passés par là.Ce fut une éducation politique parla négative.» Comme cette époque désordonnée, Tigre en papier ressemble parfois à un immense fouillis, pourtant très organisé.Pour faire sentir le souffle de l’histoire qui passe sur les individus, Rolin fait tout pour que le lecteur se sente bousculé.«Je voulais qu'il y ait beaucoup d’énergie dans ce livre.Qu’il y ait tout le temps 400 volts.Qu'il n’y ait pas de relâchement et d’eaux stagnantes.J’avais envie de secouer mes interlocuteurs.» Dans son livre précédent — un essai intitulé La Langue, qui était une sorte de conversation sur la langue française —, Rolin s’était insurgé contre le purisme de certains défenseurs du français.«Je suis pour une langue baroque.Je n 'hésite pas à employer beaucoup de mots étrangers.Comme j'utilise d’ailleurs aussi beaucoup plus de mots français que la plupart des écrivains qui pratiquent une langue simple.» Lors de notre rencontre.Rolin arrivait de Bretagne où il écrit tous ses livres en regardant la mer.La veille, il avait réécouté par hasard de vieux succès de Robert Charly bois.«Pour moi, c’est un français génial.J’aimerais faire quelque chose en littérature qui ressemblerait à Lindberg.» Rolin aime bien les proses un peu violentes, qui brûlent les lèvres.Il cite Henry Miller qui disait de Moravagine, le roman fabuleux de Biaise Cendrars, que c’était «un texte phosphorescent vu à travers des lunettes de soudeur».«Je voulais faire passer cette conception qu’on avait autrefois, où l’on se sentait petit, bousculé et traversé par Ihistoire.Maintenant, on ne sait même plus ce que c'est que l’histoire.Cela permettait de rêver, même de façon folle.Les gens n’ont plus une grande représentation du passé, ni de l’avenir C’est le présent qui est devenu énorme, gigantesque et grouillant.Il nous submerge.» Olivier Rolin sera présent au Salon du livre de Montréal, stand 638.TIGRE EN PAPIER Olivier Rolin Editions du Seuil Paris, 2002,268 pages LA LANGUE Olivier Rolin Verdier Paris.2000,96 pages 4 i Les Presses de l'Université de Montréal NOUVELLES PARUTIONS Thierry Hentsch Raconter et mourir La gestion des ressources humaines lo»; s Savoir entreprendre I e regime moncLiinp canadien I -«'(Itu'alioii potir tous Ô 5 - % LA OS m ^!v in On cn rA ta»» LA On sJ 0 O J (i 2 é SALOX DI' LIVRE LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE Elles étaient deux LOUISE -MAU DE RIOUX SOUCY LE DEVOIR Peu connu ici, le journaliste et écrivain Daniel Sada a su s’imposer.au Mexique, comme l’une des plumes les plus prometteuses de sa génération.Même Carlos Fuentès est sous le charme, reconnaissant en lui rien de moins qu'-nne révélation pour la littérature mondiale».Les Allusifs ont eu la bonne idée de se pencher sur son œuvre publiée, traduisant de celle-ci, par Robert Amutio, un récit original et vertigineux proposé sous le titre de Lune est l’autre.Délicieuse fable.L'une est l’autre allie tout à la fois jansénisme, réalisme magique et satire grinçante.On y suit les premiers émois amoureux des jumelles Gamal, dans le petit village d'Ocampo.un bourg comme tous les autres, qui tient lieu de province universelle.Agees de 41 ans, les sœurs Constitution et Gloria Gamal ne se sont jamais quittées.Nées identiques, elles ont patienunent cultivé cette similitude, leur seul veritable intérêt résidant dans ce double sens qui.à bien y regarder, n’en était peut-être plus qu’un seul.Leurs tics, leurs mouvements, leur allure, même la douceur de leur voix, tout chez elles était en tous points semblable.Même le temps ne semblait avoir aucune prise sur elles.Etaient-elles victimes d’une malediction?Avaient-elles été désignées dès avant leur naissance par le doigt de Dieu ou du demon?Toujours est-il qu'«û mesure que le temps passait, les ingrates se ressemblaient de plus en plus.».Couturières attentives et perfectionnistes, les deux vieilles filles auraient tout aussi bien pu poursuivre leur vie ainsi, mouvant le réconfort dans ce proverbe quelles aimaient à se rappeler mutuellement en riant: «Mieux vaut seules plutôt que mal accompagnées.» C'était sans compter la perseverance de leur tante qui, pressée de les voir enfin se marier, n’hésita pas à jouer les entremetteuses.C’est ainsi qu'un soir.Oscar rencontra Constitution.Gentiment encourage par la tante, ce naïf paysan débuta aussitôt une cour aussi tendre qu’assidue.L'élue, llattee par tant d'attention, en oublia sa sœur, toute dévouée à cette douce langueur qui l'envahissait.Mais cette apparition tomba sur elles comme une foudre destructrice: «Rien que le seul fait d’etre venu sur le tapis, il [Oscar] créait une dialogic encore inexplicable.» En dépit du culte inébranlable voué depuis leur naissance à leur vieille égalité, les jumelles sentirent alors monter pour la première fois en elles le désir profond d'être une et une seule.Deux moitiés «qui n’étaient depuis toujours qu’une même graine, une seule pureté et une seule direction», pouvaient-elles être désormais si dis semblables qu'Oscar.le doux Oscar, ne pouvait en aimer qu'une seule?Petite leçon d’integrite.L'une est l'autre pose un regard rafraîchissant sur la gémellité, thème déjà pourtant largement parcouru.A travers le duel fascinant de ces deux femmes littéralement enivrées par leurs ressemblances.Daniel Sada signe ici, de sa plume leste et drôle, un charmant fragment de lame humaine.l’UNE EST L’AUTRE (Una de dos) Daniel Sada Traduit de l'espagnol par Robert Amutio l^es Allusifs Montréal, 2002.112 pages ROMAN HISTORIQUE Histoire, quand tu nous tiens SOPHIE POULIOT Voilà de quoi faire vibrer notre corde patriotique.Un Canadien français, Toussaint Charbonneau, a servi d’interprète — il parlait le hidatsa, une langue amérindienne — lors de la première véritable traversée du continent américain d’est en ouest L’Homme dont le membre ne se repose jamais, comme le désignaient amicalement ses contemporains autochtones, a donc participé à l’expédition commandée par le président Jefferson et dirigée par les capitaines Lewis et Clark entre 1804 et 1806.Iü version que propose Richard Hétu de cet épisode historique diffère de celles, nombreuses, qui l'ont précédée en ce qu’elle met l'accent sur le rôle qu’y ont tenu le trappeur né à Boucherville ainsi que sa concubine amérindienne, Sacagawea, dite la Femme-Oiseau.Une leçon d’histoire en bonne et due forme.Bravant les intempéries, faisant fi de l’âpreté du parcours, des famines et des blessures, pour ne citer que ces contrariétés, l’expédition américaine a, en moins de trois ans, traversé le continent d’est en ouest, soit de Saint Louis à l’océan Pacifique en suivant le Missouri, en traversant les Rocheuses et en descendant le fleuve Colombia, puis d’ouest en est afin de revenir à son point de départ En chemin, les voyageurs rencontreront nombre de tribus amérindiennes, des Sioux aux Nez-Percés, en passant par les Shoshonis, les Clatsops et les Pieds-Noirs.Certaines seront hostiles, d’autres amicales.ou peut-être naïves.En effet, l'auteur, en fin de parcours, surprendra le lecteur qui a suivi la progression des explorateurs et s’est réjoui de chacune de leur victoire contre les éléments, par cette remarque: «Cutssahnem souhaita la bienvenue aux explorateurs, ne se doutant pas que les Blancs détruiraient un jour son royaume.» Ce commentaire est d'autant plus étonnant que le roman est jusque-là fla 382' page) exempt de toute critique, le narrateur omniscient s’effaçant complètement derrière l’action.On retrouvera aussi ce type de propos sans complaisance en épilogue.La Route de l’Ouest est le fruit d’une recherche historique méticuleuse.Plusieurs coutumes autochtones y sont exposées, de même que les réalités pratiques avec lesquelles les pionniers devaient composer, les vêtements de cuir qui pourrissaient en climat humide par exemple, les problèmes gastriques de l'équipage dont le régime alimentaire subissait des changements considérables, selon la région traversée.Toutefois, si l'ouvrage regorge de renseignements historiques dont certains sont plus essentiels que d’autres — le lecteur dispose entre autres de la liste complète des compagnons d'infortune d’Alexander Mackenzie, un explorateur qui, en 1790, avait entrepris la traversée du continent sans succès —, il n’a pas la qualité de marier à l’Histoire — avec un grand H — la forme romanesque qui invite à dessiner des relations entre les personnages, à les faire évoluer, à prêter un visage humain et une portée émotionnelle aux événements décrits.Le problème est que la seule caractéristique romanesque de Ia Route de l’Ouest est le remaniement de certains faits historiques.S'il fallait catégoriser, il conviendrait bien davantage de qualifier l’ouvrage de Richard Hétu de récit historique légèrement romancé que de roman historique.Contrairement à certains de ses confrères qui, eux aussi, troquent le stylo du journaliste contre la plume du romancier, l'auteur, correspondant de 1m Bresse à New York, a à peine modifié son style.Il en résulte un livre où sont exposés des faits, alignés l’un après l’autre dans l’optique de raconter une histoire vraie, un épisode de l’histoire de l’Amérique sans qu’y soient inclus métaphores, poésie, psychologie des personnages ou développement dramatique créé par l'auteur afin de susciter quelque émotion chez le lecteur.Ainsi, 1m Route de l’Ouest n’est pas une histoire d’amour, de haine ou de trahison, par exemple, sur fond historique, mais uniquement le récit de l’expédition.Si l'on y décrit parfois les sentiments qui animent les capitaines ou encore leur interprète cana-dien-français, ce n’est que pour étayer le récit de leur périple.«Ils étaient arrivés au bout de l’Amérique et maintenant ils ne pouvaient aller nulle part, sauf revenir sur leurs pas.Toussaint se sentit déprimé et il songea avec nostalgie à son pays, le Haut-Missouri.» Cette affirmation ne sert qu'à montrer le moral de l’équipage et à introduire le fait que, revenu de l’expédition, Charbonneau retournera s’établir dans la région.Un peu à la manière du documentaire historique présenté sur une chaîne sixVialisee, |xir opix>-sition à la télésérie à caractère historique, ce ne sont pas des personnages à part entière qui éprouvent des sentiments ou des sensations, mais les membres d’une expédition.L'ouvrage est loin d'être inintéressant |x>ur autant.11 suffit de le prendre pour ce qu'il est: le récit dé taillé, quoique quelque (xui modifié par l’auteur, de la traversée de F Amérique par l’équipe d’explorateurs dirigés par les capitaines Meriweather Lewis et William Clark.Point.L’intérêt du lecteur devant ce récit peut se comparer à celui île l’étudiant qui se repaît de la leçon de son professeur d’histoire.Il ne s’agit pas de minimiser le plaisir de suivre les péripé ties des découvreurs américains et les connaissances historiques ainsi acquises par le lecteur.De façon nuancée, on dira que la trame romanesque de ce livre s’avère extrêmement mince.IA ROUTE DE L’OUEST Richard Hétu VLB éditeur Montréal, 2002,432 pages Sur le même sujet mais dans une autre optique, lire également l’entrevue avec l’auteur Denis Vaugeois, page ( 1-8.Les PROJETS À tout casser nous emballent Brasser, stimuler, faire craquer de nouveaux marchés.En investissant dans les entreprises qui ont de la croissance dans les idées, nous engageons des capitaux pour les aider à percer et à prendre leur envol.Ensemble, nous créons de nouvelles richesses.Et l’idée nous emballe.Fd FONDS de solidarité FTQ 1 SOÜ 361-5017 www.fondsftq.com La force du travail (i 28 L E DEVOIR.1.E S S A M E l> I «I E I I) I M \ X C II E I O X (I V E M B R E 2 0 0 2 SALON DU LIVRE Entretien avec Julos Beaucarne Incursion dans le « Julosland » À l’occasion du 25' anniversaire de sa fondation, le Salon du livre de Montréal reçoit Julos Beaucarne à titre d’invité d’hon-neur.La venue du poète troubadour, qui est également conteur, artiste visuel, «collectionneur d’arcs-en-ciel», écologiste et rassembleur, coïncide avec la parution d’une biogra- SOLANGE LÉVESQUE T ulos Beaucarne, c’est Juins J pour plusieurs Québécois qui Font vu en spectacle lors des nombreuses tournées qu’il a effectuées à travers la Belle Province.Et Julos, c’est un homme-orchestre dont la vie et l’œuvre ont fasciné Laurence Vanbrabant, jeune biographe belge qui publie Julos Beaucarne chez Isabelle Quentin éditeur.Poète, Julos Beaucarne ne l’est pas seulement quand il écrit; il l’est dans la création d’un vocabulaire de son cru, dans les objets détournés ou recyclés (voir le tipi et les pagodes postindustrielles, la centrale électrique musculaire, l’Ostensible ostensoir pour curé pauvre et le vélo volant, etc., photographiés dans sa biographie); il l’est dans sa façon de philosopher ou de défendre la mère terre et l’écologie.Julos vit, crée, gueule, chante, bouge et fait bouger, provoque et agit.Son dernier spectacle, Le Navigateur solitaire sur la mer des mots, avait mené ce bourlingueur aux quatre coins de la province.Jeter l’ancre au Salon du livre en tant qu’invité spécial revêt pour lui un sens particulier; rejoint chez lui en Belgique, il raconte: «Souvent j'ai fait le voyage mais depuis que je marche sur l’herbe des mots, sur l'océan d'une parlure autre que celle des parlements [qui parle ment] depuis que je fréquente les parloirs, depuis que je fais passer les mots par mon gueuloir, c’est la première fois qu’un salon du livre qui a pignon sur rue me demande de venir en chair et en os.Ce me semble être une manière de reconnaissance.» Et parlant de ses liens avec le Québec: «Ce ne sont pas des nœuds; il me semble, peut-être je me trompe, que le Québec est un laboratoire de langage, un immense inventoir d’expressions, un foisonnement de créations verbales, un inventoir textuel.En plus, ce sont des mots qui descendent dans les bouches, qui se font chair et qui par bonheur galopent aussi dans les chansons qui sont les plus puissantes propagatrices de mots, si elles ont la chance d’être données à entendre par les radios et.de s’imprimer ainsi dans les oreilles et dans les livres de celles et ceux qui décryptent le langage».«Kebek» et «Belgik» Le «Kebek» et la «Belgik» (voir le glossaire julosien à la fin de la biographie), selon lui, ont beaucoup en commun: «Il y a plus que des connivences.Est-ce le langage québécois si proche du wallon, langue de mon enfance, est-ce l’accent qui est tout un pays qui sort d'une bouche?» Julos Beaucarne se sent bien au Québec.Et quoi de mieux à faire, èn y séjournant, que de «zonzon-ner» et de «musiquer» un peu, histoire de colorer la «tristitude» de l’automne: «Il est annoncé des lâchers de chansons comme dit mon ami lyonnais François Gaillard, des zonzonnages comme j’aime dire, quelque chose qui ressemble à un murmure; je vais faire entendre ma voix, ma voix d'insecte, c'est vrai que ce n’est pas tonitruance, c’est plutôt une vibrance particulière de l’air et de {’être que je suis.» A quand les «pagodes post-industrielles» en terre québécoise?«Il est question d’installer un pas de tir de missiles de tendresse et d’amour et des pagodes post-indus- Julos Beaucarne CLAIRE LAFONTAINE être ce qui m’y ramène si souvent car les radios, me semble-t-il — peut-être, je me trompe — multiplient et amplifient la voix des poètes.La poésie est une nourriture pour toutes et pour tous, la poésie exprime ce que nous pensons au fond de nous sans le savoir.Raoul Duguay dit: "La poésie n 'est pas que belle, elle est rebelle”, et c’est vrai que la vraie poésie amplifie les êtres plutôt que de les limiter, elle les fait s’impliquer, agir.La poésie mobilise et donne au lecteur l’envie d’écrire.» Comme Hubert Reeves, Julos Beaucarne a choisi le parti d’être un «optimiste volontaire»: «Nous sommes toutes et tous nés d'une femme.À notre naissance, nous recevons une feuille de route mais nos parents, nos amis, la société, la publicité, tous ont des rêves pour nous et essaient par tous les moyens de nous distraire de cette feuille de route, et cette feuille de route, c'est ce que nous avons de particulier à faire et à dire.Cette feuille de route, c’est notre poésie personnelle.Nul n’est infidèle sur terre, à moins qu’il ne soit infidèle à lui-même, ce qui est peut-être la meilleure façon d’être malade.La poésie, celle que j’ai lue — et je n’ai pas tout lu, loin s’en faut — m’a toujours ramené au coeur de moi, m’a toujours remis face à moi-même.» Julos Beaucarne croit que chaque être humain peut être un émetteur positif puissant et, s’il va au bout de lui-même, au bout de sa propre création et de sa propre histoire, il est bien dans sa propre peau.«Nous sommes toutes et tous membres de l’équipage du vaisseau spatial Terre; nos pensées positives ou négatives ont une influence universelle.Rien que par sa rayonnance, l’être humain change le monde.Il est un parfumeur psychique».Que quelqu’un ait passé des mois à s’intéresser à ses mots, à étudier ses textes, ses chansons et sa vie pour en faire un livre l’étonne: «Cela me semble un travail considérable, un travail de Titan.Je ne peux que remercier Laurence Vanbrabant de mettre en lumière des choses que j'ignorais sur moi-même.Elle a écrit un livre-miroir, elle est consciente, je crois, qu’on ne peut pas tout dire sur quelqu'un, que chaque personne est aussi large et immense que l’univers avec ses trous noirs ses étoiles naines et ses comètes».Julos Bocarne sera présent au Salon du livre de Montréal, stand 181.JULOS BEAUCARNE Laurence Vanbrabant avec une préface de Jim Corcoran Isabelle Quentin éditeur Montréal, 2002,160 pages trielles quelque part au sommet d’une colline du Québec.Il est aussi question d’ériger un cercle sacré capteur et émetteur d’ondes qui font du bien, une manière de cercle sacré à marcher et à courir en connivence étroite avec l’air, le ciel et l’eau.» «Reboiser l’âme humaine» Julos Beaucarne s’est donné comme tâche de «reboiser l’âme humaine».Les livres, selon lui, contribuent à cette vaste entreprise.«Le livre serait juste une approche, un livre est peut-être toujours approximatif, d’ailleurs personnellement je vis dans l’approximatif et je m'en rapproche de plus en plus.» Quant à la place que la poésie occupe dans le monde actuel, il la souhaiterait accrue: «Im poésie est parente pauvre, chez nous, les radios ont pour la poésie une grande allergie; ça ne semble pas être le cas au Québec et c’est peut- Pauvre Tchétchénie, pauvre Russie Les récents événements en Russie, liés au conflit thétchène, ont inspiré à Julos Beaucarne le texte suivant, inédit, destiné aux lecteurs du Devoir.Tout a commencé par une querelle de frontière, de mur mitoyen; en plus, il y a du pétrole en Tchétchénie à 2000 km de Moscou et c’est un malheur.Trois ans que les soldats russes violent et tuent là-bas.L’élastique s’est tellement tendu qu’il a cassé: un commando tchétchène rentre dans le Palais de la Culture, rue Melnikiva, on y joue Nord-Ost, une comédie musicale qui fait fureur depuis un an à Moscou, on est le 23 octobre 2002, jour de ton anniversaire, ma Loulou.Quand les terroristes rentrent dans le théâtre, les spectateurs croient que ça fait partie de la pièce, «Fameuse, la mise en scène», disent-ils.Non, ce ne sont pas des comédiens ni des touristes, ce sont des terroristes, il y a parmi eux des veuves de guerre avec, tout autour de la taille, des bombes artisanales, des sortes de bébés emmaillotés qui leur collent au corps: des bombes de pauvres, de désespérées, les spectateurs aussi sont désespérés, celles que l’on a empêché depuis huit ans de donner la vie sont devenues des donneuses de mort.Le 26 octobre, les forces spéciales donnent l’assaut avec du gaz incapacitant, spectateurs et terroristes tombent comme des mouches.La mort fait son œuvre aussi bien chez les attaquants que chez les attaqués.On ne connaît pas encore le bilan exact.Poutine à la télévision russe traite les terroristes d’ordures mais est-il conscient que la barbarie n’engendre que la barbarie?Il dit aussi: «Il ne sera pas dit que la Russie s’agenouillera devant quiconque.» Vous êtes comme Mister double you Bush.Vous n’avez rien compris, monsieur Poutine, je recommence: tout a commencé par une querelle de frontière, de mur mitoyen.Julos Beaucarne DOCUMENT Passion Dalida LOUIS CORNELLIER Pour le dire franchement, rien ne me prédisposait à apprécier ce livre.Si elle me touche quand elle chante II venait d’avoir 18 ans, si son «caramel, bonbon et chocolat» de Paroles, paroles me communique bien sa part de drame, Dalida, tout compte fait, incarne à mes yeux le modèle quintes-sencié de la chanteuse kétaine dont le talent naturel, par moments, transcende les intentions.J’ai pourtant été tout aussi franchement charmé par le Dalida - Normand Provencher Cl LU 32 MJ 21 Entre T Eglise et la société, le fossé ne cesse de s’élargir, L'Église d'ici vit ses derniers moments, et, l très bientôt, on n arrivera plus à prolonger ses jours.Nous sommes à une croisée de chemins qui peut nous conduire à une impasse ou à un renouveau.Normand Provencher IMOVAUS Di mots de l'imt Une œuvre en soi de l’essayiste québécois Michel Rheault.Eloge très émotif du personnage de Dalida considéré comme «une œuvre en soi», analyse originale et bellement rédigée du parcours artistique de cette femme qui «est toujours là où on ne l'attendait pas», cet essai, lui-même inattendu, brille autant par ses enthousiasmes que par ses réserves à l’endroit de son objet de désir.La chanteuse française d'origine italœégyptienne, explique d'abord Rheault, a marqué la mémoire collective, ce qui témoigne, au moins d’une certaine façon, «de la valeur de son travail».L'écrivaine Andrée Chedid lui a rendu hommage en la transformant en personnage littéraire et, au passage, des auteurs comme Madeleine Chapsal, Jacques Godbout, Denise Boucher, Daniel Pinard, Yolande Villemaire et Jean-Paul Daoust l’ont tous évoquée dans leurs œuvres.Sorte de George Sand de la chanson habitée par «une outrance evy Salon du livre de Montreal, stand 1 29 le samedi 16 novembre.15 h le dimanche 1 7 novembre, 13 h 30 /» hisaUptwu- t uinx'lebùim Zig-Zag ARCHIVES LE DEVOIR Dalida: un personnage composite à travers lequel se rejoignent les figures d’actrices américaines et de chanteuses populaires françaises.à l’origine du pire comme du meilleur», Dalida aura incarné, plutôt qu’un sex-symbol, une mère symbolique devenue consolatrice à force de vivre de mémoire et de deuil (trois de ses compagnons se sont suicidés et elle-même a survécu à une tentative de suicide en 1967 avant de s'enlever la vie en 1987).Personnage composite à travers lequel se rejoignent les figures des actrices américaines Ava Gardner et Rita Hayworth, de la chanteuse populaire française de la première moitié du XX' siècle Mistinguett, de Cléopâtre et de Dalila.Dalida fut en quelque sorte «toutes tes femmes» (selon le titre d’une de ses chansons), une égérie de la féminité complexe et insaisissable.au point de se perdre elle-même.Rheault divise sa carrière en trois temps, qui sont autant d’étapes vers un pinacle vertigineux: 1956-66, «les années d'apprentissage», où elle apparait comme une «allégorie vivante de l'exotisme et de la légèreté» et pendant lesquelles elle «énerve les critiques»: 1967-77, «les années-lumière», ses plus riches sur le plan artistique, qui présentent «à la fois des ballades inconsistantes (voire franchement navrantes) et des textes de haute tenue» et qui voient les critiques, hier méprisants, s’incliner devant son originalité et son professionnalisme; 1978-87, «les années de la déconstruction», celles de sa conversion à la mode disco, qui se déroulent avec aux lèvres un sourire perpétuel et un peu forcé, symptomatique d’un égarement artistique.«Hier chanteuse légère, aujourd’hui tragédienne et demain meneuse de revue couverte de tenues extravagantes», résume l’essayiste en se désolant du fait que la vamp disco fasse trop souvent, aujourd’hui, oublier l’artiste véritable.Brillant et chaleureux commentateur des chansons, surtout les meilleures, de Dalida, admirateur respectueux et discret de cette femme exaltée et torturée à la biographie plus ou moins obscure, Michel Rheault signe ici un bel hommage, à la fois déconcertant et convaincant, à la pleureuse consolatrice de la chanson française.Elle chantait Gigi l’amoroso et Pour ne pas vivre seul.J’ai réécouté ces deux-là (et quelques autres moins réussies).Touchant.louiscomellieraparroinfo.net DALIDA - UNE ŒUVRE EN SOI Michel Rheault Editions Va bene Québec, 2002,192 pages ! K I» K V (Ml!.I K N S \ M K I» I !» K T l> I M V X (Ht I (I \ O V K NI B I! K *2 O II 2 (i 2!) SALON DU LIVRE SCIENCE FAN T A S Y Des traces de pas dans Thistoire Guy Gavriel Kay est à Montréal ces jours-ci dans le cadre, bien sûr, du Salon du livre.Le célèbre auteur de science fantasy vient de lancer La Mosaïque sarantine chez A Lire.Et l’éditeur en profite pour remettre en marché les trois volumes épuisés depuis longtemps de son premier grand succès, La Tapisserie de Fionavar.Rencontre du troisième type.MICHEL BÊLAI K LE DEVOIR La science fantasy, c'est cette province de la littérature à laquelle a donné naissance Tolkien avec son Seigneur des anneaux qu’on vient de porter au cinéma.Depuis le milieu du XXr siècle, quatre ou cinq auteurs majeurs ont succédé à l’ancêtre: on pense surtout à John Crowley (Le Fadement des fées), Robert Jordan (La Roue du temps) et Tad Williams (LArcane des épées).Mais Guy Gavriel Kay, un Canadian de souche qui vit en banlieue de Toronto, est probablement le plus connu d'entre eux: ses ouvrages ont été traduits en 17 langues et sa dizaine de romans compte déjà des millions de lecteurs un peu partout à travers le monde.I In monde à peine parallèle Depuis la trilogie de La Tapisserie de Fionavar qui l'a lancé au début des années 90.Kay développe une science fantasy double, pourrait-on dire.Certaines de ses épopées (Fionavar et les deux tomes de Ti-gane, par exemple) se rattachent à la fantasy traditionnelle où le Bien et le Mal.les Ténèbres et la Lumiè re s’affrontent en remettant en jeu le sort du monde à coups de sortilèges et de pouvoirs magiques.Mais de plus en plus, ses ouvrages se rapprochent du roman histo-rique.IjCS deux grosses briques de cette Mosaïque sarantine sont une claire illustration de cette tendance.Sarance, c'est un peu Byzance.Comme Arbonne (dans Im Chanson dArbonné) était une métaphore incarnée dans une presque Provence courtoise et comme Les Lions dAl-Rassan racontait la reconquête de l’Espagne sur les Maures.Vaste mosaïque ancrée dans la vie de quatre ou cinq personnages principaux, chacun étant l’épicentre d'un réseau d’intrigues, La Mosaïque sarantine s’inscrit dans un monde à peine parallèle à la trame de l'histoire.On y découvrira rapidement à quel point l'écriture de Guy Gavriel Kay s’appuie sur d'infinis détails peignant par petites couches des tableaux éblouissants inscrits dans le quotidien de mondes révolus: Sarance-Byzance est un des personnages majeurs de son roman.Et le portrait qu’il en tisse vaut à lui seul le détour.Comme celui qu’il trace de la médecine d’il y a presque 2000 ans.Ou celui de l'effritement des empires et des systèmes de croyances à travers la longue construction de «la civilisation à son apogée» que représente Sarance.«C’est amusant», dit GGK sur fond de mur en crépi et de petite fontaine presque néoclassique.«Ce roman est venu d'un commentaire JACQÜKS GKKNIKK I I DEVOIR Guy Gavriel Kay raconte que pour cette Mosaïque sarantine qui fait plus de 1200 pages, il est en quelque sorte devenu un expert en mosaïque antique et en courses de chars.sur Les Lions ou swrTigane, Je ne me souviens plus: on y disait que lïn-trigue était “byzantine”.Et ça m’a donné le goût d’aller vérifier ce que ça voulait vraiment dire.J’ai commencé à lire sur Byzance, à me renseigner sur la cour, les luttes de pouvoir et les arts qui y florissaient.C’était parti.» Guy Gavriel Kay travaille sans plan: «Ce sont les personnages qui appellent l'histoire.» Il part plutôt d'un thème qui oriente sa recherche.Ici dans La Mosaïque, c’est le désir des hommes de laisser une empreinte sur leur époque et sur l’histoire qu’il a voulu creuser.«Comment les empereurs, les artistes ou les gens un peu plus qu’ordinaires agissent-ils pour laisser une trace de leur passage?Comment cela s’inscrit-il concrètement dans leur vie?C'est cela que fai voulu chercher dans une ville représentant le summum même de la civilisatùm.» Maniaque Sa façon de travailler fait de Kay une sorte de chercheur un peu maniaque.Depuis notre première rencontre, qui remonte déjà à plus de trois ans, il raconte que pour cette Mosaïque sarantine qui fait plus de 1200 pages, il est en quelque sorte devenu un expert en mosaïque antique et en courses de chars.«Avant de me mettre à écrire, j’ai travaillé à ce livre pendant plus d'un an en me servant beaucoup de ce merveilleux outil qu’est Internet.C’est là que je me suis mis en contact avec les plus grands experts universitaires — “scholars" — passionnés par la mo- saïque, la médecine et les courses de chars à l'époque de Byzance.» Kay a tout lu sur le sujet.Il s’est immiscé dans des cercles de discussion spécialisés, conversé par courriel avec tous les spécialistes.Il a analysé tous les traités techniques, noué des liens auxquels personne n’avait encore pensé et proposé, par exemple, une saisissante description de l’hippodrome antique et une théorie personnelle sur les règles et les stratégies de courses à l'intérieur de l’enceinte.Cet homme est un maniaque.Lorsqu’il parle en vous regardant dans les yeux, il découpe ses mots comme s’il avait une rage de dents, mordant dans chacun comme s'il voulait en éprouver la solidité.En plus de lui donner un drôle d'accent, cela souligne aussi sa passion pour les mots et pour la langue.La langue de Kay vous emporte par vagues; un peu partout à travers le monde, les critiques ont souligné l’ampleur de son souffle et la dimension impressionnante de son registre.C’est que l’écriture de GGK sait prendre la couleur des paysages, des personnages et des situations qu'elle met en relief.Plastique, colorée, elle sait se glisser dans les grands mythes comme dans les terreurs bien concrètes qu’ils provoquent chez le petit peuple; elle sait aussi prendre l’ampleur des grands desseins ou des complots tramés autour de ses principaux personnages.Elle peut s'enfler jusqu’à faire sentir la frénésie d’un stade rempli à craquer de 80 (XX) fanatiques comme se faire concise, claire, pointue telle une lame pour décrire les méandres de la pensée ou des sentiments.Merveilleusement servie dans La Mosaïque sarantine par la traduction d'Elisabeth Vonarburg, cette langue souple décrit un monde étrangement semblable au nôtre où la complexité des intrigues du passé permet de mieux saisir le présent.Ix*s fanas d’histoire, comme tous les autres, y verront une réalité jusqu’ici confinée à des dates prendre les couleurs à la fois sombres et éblouissantes de la vie.Guy Gavriel Kay sera présent au Salon du livre de Montréal, stand 328.LA MOSAÏQUE SARANTINE Tome 1: VOILE VERS FARANCE Tome 2: LE SEIGNEUR DES EMPEREURS Guy Gavriel Kay Traduit de l’anglais par Elisabeth Vonarburg À lire Montréal, 2002, respectivement 553 et 620 pages « ( .Asîon rrcmhwv LAN (, AGI CHIENS Le Langage des chiens Salon du livre de Montréal, stand 129 le samedi 16 novembre.16 h le dimanche 17 novembre.11 h /.hvtdtfitmlr / .• hvw œ wish /PR DH .r/.- ^ 'itêÊm Yvon Saint-Arnoud La guérison par le plaisir ¦j an in; dziu jmêpn/ubJuy Mon seul souhait est qu’a près la lecture de cet ouuraÿe, les gens sachent mieux utiliser le plaisir pour prévenir la maladie et, s’il le faut, pour favoriser la guérison de celles qu’ils n’auront pu prévenir! Yvon Saint-Arnaud NOVALIS Lm mots it l'imt au Salon du Livre de Montréal MEDIASPAUL SCIENCES HUMAINES ET RELIGIEl SES ! itinérances tOKMA fUK WtOUKUMUl Etre formateur aujourd'hui (il X LESEIN\\ une kisteir* a amour B i Itinérances spirituelles Retrouser sa RICHARD spiritualité BERGERON M \Rll S MORIN (il X I U’OINIE fW.i*.A i» NÏHtl *1 (P Jésus, une histoire d'amour l’rières du soir Prières du soir aumt de s'endormir auprès d'un CLAIRE DEMON 1 JEAN-X X ES SI/ANNE LACOURS1ÈRE [ trouiez (e que je vous à (iVRNKAl nouveau-ne JEAN-YVES (i XKNI U Vitre! Un beau défi Ecoute/, ce que je vous dis ANDRE MX RE LIS CULTURES A LA RESCOUSSE DE LA FOI 11 Les Cultures a la rescousse de la foi JEAN BACON Vivre! I n beau défi l'hérèse de I isieux X \ ON POU R \S 1,1 Dietrich BonhoelTer SYLVAIN DESTREMPES à U CREATION w u ¦Pfiht l.-aivt ouïs Trwuci Le revenant de Fninalliaut A OOS {MO O K Ac; O M I.'intendance de la création LOUIS VAILLANt OCR ! JEUNESSE Le revenant de Eomalhaut JEAN-LOUIS RIEL Piège pour le Jules-Verne MICHÈLE LAI RAMBOISK Le petit sage ERANÇOIS GERVA1S PHGi PO À dos de dragon Horizons blancs JULIE MARTEL GUY SIROIS SÉANCES DE SIGNATURE SCIENCES HUMAINES ET RELIGIEUSES : stand Médiaspaul (329) JEUDI 14 NOVEMBRE I5hà I6h GUY LESPINAY I6h à I7h GUY LAPOINTE 17h à I9h MARIUS MORIN IVh à20h CLAIRE DUMONT SUZANNE LACOURSIKRE 20hà2lh JEAN-YVES GARNEAU VENDREDI 15 NOVEMBRE I3h à I4h ANDRÉ MYHK I4h à 16 h YVON POU RAS I9h à 20h RH HARD BERGERON 20h à2lh GUY LESPINAY SAMEDI 16 NOVEMBRE 13H30 à 15h RICHARD BERGERON t5h à I7h SYLVAIN DESTREMPES I9hà 21 h JEAN BACON DIMANCHE 17 NOVEMBRE II)h à I2h LOUIS VAIULANCOURT I4hà I6h ERANÇOIS GERVAIS JEUNESSE : stand Prologue (157) JEUDI 14 NOVEMBRE I0h à I2h JEAN-LOUIS TRI DEL VENDREDI 15 NOVEMBRE I0h à I2h JEAN-LOUIS TRUDEL I2h à I4h MICHÈLE EAERAMBOISE I4h à I6h JULIE MAR I EE SAMEDI 16 NOVEMBRE I2h à I4h GUY SIROIS DIMANCHE 17 NOVEMBRE 13h à I5h MICHÈLE LAKRAMBOISK MÉDIASPAUL www.mediaspaul.qc.ca I NOVALIS Séances de signatures I JF AN MON&OUHQUFTTF Normand Provcncher CoTé, # 9%j.jean Monbourquette Le présent ouvrage se propose de mettre à jour les articulations entre psychologie et spiritualité.Jean Monbourquette est en effet convaincu que la maturité spirituelle exige un «je» fort sur le plan psychologique, et que la croissance psychologique de l’ego est tronquée si elle ne s'appuie pas sur le soin de lame ou sur les ressources spirituelles.Samedi — I*f h à 15 h Dimanche — W h à 15 h Normand Provencher Après avoir connu des jours de gloire, l’Église catholique semble ne plus avoir d’impact dans le monde d’ici.Est-il trop tard pour réagir?Est-il même souhaitable quelle retrouve le visage triomphant de jadis?Le théologien Normand Provencher pose des questions essentielles sur l’avenir de l’Église d’ici.Un propos sans concession! Samedi — 15 h à 16 h Dimanche — 13 h à 1H h André-Philippe Côté «Une des raisons pour lesquelles j’achète les journaux, c’est la caricature quotidienne.Je trouve ça tellement formidable de pouvoir résumer une situation en un seul dessin.» — Daniel Lemire André-Philippe Côté s’amuse, taquine, mord parfois, mais sa critique sociale est un régal pour l’esprit, une thérapie contre la morosité.Voici ses meilleurs dessins de l’année.Vendredi 19 h à 20 h Samedi — 13 h à JH h et 16 h à 17 h Nouveautés Yvon Sfltnl Arnaud La guérison par le plaisir SAGESSES Israël Finkelstein Neil Asher Silberman U BIBLE DÉVOILÉE LES NOUVELLES «ËVÉULTIONS DE l'MCHËOlOCIE Les plaisirs humains provoquent-ils des réactions décelables dans l’organisme?Si oui, sont-ils guérisseurs?Fruit de plusieurs années de recherche scientifique, ce livre pourrait faire avancer le traitement de maladies comme la dépression, le cancer, l’asthme et les maladies cardiaques.Pour la première fois, toutes les sagesses de l’histoire de l’humanité réunies en un seul volume! Les meilleurs spécialistes contemporains dressent le portrait des grands maîtres spirituels et proposent une anthologie des plus beaux textes.Comment et pourquoi la Bible fut-elle écrite?Que savons-nous des premiers patriarches et de la Terre promise?Voici la plus tonique et la plus audacieuse des synthèses sur la Bible et l’archéologie depuis cinquante ans.TABLE RONDE ce Loto~Québe Une Église en phase terminale?Normand Provencher rop tard ?À partir de son livre intitulé Trop tard?, Normand Provencher, théologien bien connu des médias, pose un diagnostic sévère sur l’Église d’ici.Il confronte son analyse à celle d’un journaliste des questions religieuses, d’un auteur critique et d’un représentant de l’Église de Montréal.Dimanch» 12 h — Place Loto-Québec wWw.novalis.ca | ________________ SALON DU LIVRE de Montréal STANDS 561 (i L K I) h V 0 I I! .I.K S S A M K I) I It K T 1> I M A X < Il E I 0 \ I) V E M B I! F 2 II (I l SALON DE LIVRE M U S I Q U E L’héritage du bénédictin yéyéphile SYLVAIN CORMIER Vingt ans, mazette! Vingt ans que Richard Baillargeon s’y colle.Vingt ans que ce bénédictin de la Basse-Ville de Québec fouille, scrute et creuse ces années-la Les années yé-yé, s’entend.Et plus spécifiquement «le temps des groupes», tel que vécu chez nous au milieu des années 60, alors que chaque sous-sol et chaque garage et chaque salle paroissiale était réquisitionné par de boutonneux Beatles, Stones et Kinks en herbe, qui adaptaient dans un français plus ou moins boiteux les airs de leurs idoles ou en osaient des variantes plus ou moins originales.Baillargeon n’était pas de ceux-là.C’était un spectateur assidu et passionné, un fan.Et un indécrottable ramasseux û’«artefacts yé-yé», comme il le dit lui-même, colligeant disques, revues, journaux, affiche's et babioles diverses en quantité aussi industrielle qu’effarante.Ramasseux, il l’est encore, à cela près qu’on dit archiviste autodidacte ou ethnomusicologue amateur pour parler de lui entre émules admira-tifs, parce que ce drôle de zig, qui ressemble à Tryphon Tournesol et peut sans crier gare se mettre à danser un redoutable twist, mérite le plus grand respect.Pour ser- vices exceptionnels rendus a la mémoire collective de la musique populaire du Québec.Baillargeon a en effet donné au Québec rien de moins qu’une encyclopédie de «la musique d’agrément» (une expression de son cru, qui désigne autant le western et la musique instrumentale que le yé-yé proprement dit): trop peu de gens, hélas, possèdent la totale de ses recherches publiées depuis le début des années 80.Il faut dire qu’au départ, c’est dans les pages photocopiées, pliées en deux et brochées à la main d’un simple bulletin a parution élastique intitulé Yé-yé 84 (puis 85,86 et ainsi de suite), qu’il signa ses premiers «portraits de famille», biographies détaillées de groupes célébrés ou obscurs, des Sultans aux Bises, à partir de dizaines d’entrevues avec les membres survivants, dénichés avec la patience d’un limier.limier yé-yé, beau métier.L’informatique et linfographie aidant, les bulletins deviendront cahiers dans les années 90, et Baillargeon faisant des petits, des collaborateurs s’ajouteront fieu à peu, jusqu’à constituer une authentique équipe de chercheurs patentés (dont chacun peut danser un redoutable twist, comme de raison).Ce sont les deux derniers de ces Le plaisir de lire les r Editions la courte échelle et Un monde différent depuis déjà 25 ans! € QUÉBEC-LIVRES » QUEHEf OU MEDIA cahiers annuels qui paraissent simultanément ces jours-ci sous la bannière Rendez-vous 2002: il y avait trop d’articles pour un seul fascicule, la dernière parution remontant à 1998, faute de moyens.De fait, Baillargeon en profite pour fermer boutique, ayant ratissé le jardin yé-yé jusqu'aux innombrables groupes d'un seul 45-tours, trop occupé depuis deux ans à mettre en place le site Québec-Info-Musique (unvw.qim.com) et à fournir moult livrets de disques en bios abrégées, souhaitant désormais faire entendre le yé-yé à la radio après en avoir écrit l’histoire.Formidable baroud d’honneur que ce Rendez-vous 2002, où le bénédictin bien nommé, en plus des habituels «portraits de famille» (Excentriques, Alexandrins), entrevues et reportages variés (dont une fascinante étude des groupes espagnols des années 60, signée Jean-Christophe Laurence, par ailleurs journaliste à Im.Presse), livre son plus tita-nesque travail: une liste de mille chansons de «musique d’agrément» dont il retrace systématiquement l’origine, parfois jusqu’au.Moyen Âge.Sachez ainsi que Le Frère Jean, chouette rock’n’roll interprété par Les Sultans, provient d’un Bruder Martin du XVT siècle.Rendez-vous 2002, c’est ça Des heures de pareil plaisir en perspective.Reste à trouver les fascicules: seuls quelques disquaires spécialisés en ont.Mieux vaut s'adresser a Baillargeon lui-même: C.P.1051, suce.Haute-Ville, Québec (Québec) G1R4V2.Et acheter toute la collection.Et danser un redoutable twist RENDEZ-VOUS 2002 Volet universel Rock-twist-yé-yé Collectif, sous la direction de Richard Baillargeon Sarma Québec, 2002,162 pages MMIIIISW LITTÉRATUR E Fables arabes et fables françaises CAROLINE MONTPETIT LE DEVOIR Nous vivions déjà dans des mondes à part, l’univers américain et l’univers arabe étant, autant géographiquement que culturellement, passablement éloignés l’un de l’autre.Les événements tragiques du 11 septembre ont mis entre nous encore plus d'ineompré hension, plus de distance.Jusqu’au 17 novembre, le Festival du monde arabe de Montréal vise ainsi à développer de meilleurs échanges avec la culture arabe.Dans un petit recueil de fables et de contes traduits de la littérature arabe ancienne, publié chez l’Harmattan, Fhad Tourna, professeur d’arabe à Paris tente aussi d'établir des ponts entre la culture arabe ancienne et la culture française d’aujourd’hui.Son ouvrage recense plus de soixante fables, dont certaines datent du VIII'' et du IX siècle.Fait étonnant, le professeur démontre qu’un nombre important de ces fables ont été reprises par l’illustre Français Jean de La Fontaine.Ainsi, la labié mettant en scène la souris du logis et le rat du désert, attribuée à al-Ibsihi, et écrite autour du XIV' et du XV siècle, deviendra Le Rat des villes et le rat des champs, selon La Fontaine, au XVII' siècle.De même, celle du soleil et du vent, attribuée au sage Luqman, qui a vécu au VI' siècle, est devenue la fable de Phébus et Borée, sous la plume de La Fontaine plus de mille ans plus tard.Dans sa préface, Samia Miossec, docteur en littérature arabe, explique que les contes merveilleux, dans la culture arabe, étaient cultivés dans toutes les classes sociales.L’auteur mentionne notamment que le philosophe hindou Bidpaï, avait comme la Fontaine, «recours au langage indirect en utilisant des animaux».«Ses apologues écrits sous le nom de Pancha Tantra — cinq livres — ont été traduits du sanskrit au phlavi au VI siècle, puis de cette langue en arabe par Ibn al-Muqaffa au Wf siècle».La transmission orale de ces fables, poursuit par ailleurs F'ahd Tourna dans son introduction, est toujours vivante dans la société arabe.Ces fables font partie d'un patrimoine universel, puisqu’elles ont existé en langues anciennes avant d’être traduites en arabe.Ainsi cite-t-il de nombreux personnages de différentes cultures qu’on dit à l’origine de quelques-ynes de ces labiés.Mentionnons Esope, le fabuliste grec ayant vécu au VU et au VL siècle avant J.C., et Phèdre, fabuliste latin contemporain de Jésus, ainsi que le roi Bidpai.L’auteur cite de nombreux fabulistes arabes ayant traduit ou écrit des fables: le sage Luqman, l’Irakien Ibn al-Muqaffa, l’Andalou al-Sa-risi, ou l’Egyptien abDamiri, pour ne nommer que ceux-là.Chez les Français, le professeur Tourna relè ve les œuvres de Jean-Pierre Claris de Florien, et de Jean de La Fontaine.Dans son livre, chaque fable arabe traduite en français est accompagnée du texte en version originale.On trouve même un lexique à la fin.Voilà un livre qui, outre le plaisir du conte qu’il apporte, permet de réaliser que la sagesse n’est pas l’apanage d’une seule langue, d’une seule culture, ou d’un seul pays.FABLES ET CONTES TRADUITS DE LA LTITÉRATURE ARABE ANCIENNE F'ahd Tourna L’Harmattan Paris.2002,172 pages Salon du livre de Montréal, stand 129 PATRICE DESBIENS Hennissements le vendredi 15 novembre 19 h 30 le samedi 16 novembre, 11 h le dimanche 17 novembre, 15 h 30 ROBERT DICKSON Humains paysages en temps de paix relative le vendredi 15 novembre.18 h 30 le samedi 16 novembre, 12 h 30 et 19 h le dimanche 17 novembre.14 h 30 MARC LEMYRE Zones de dos de baleines le samedi 16 novembre.14 h le dimanche 17 novembre.12 h Les poètes Patrice Desbiens, Robert Dickson et Marc LeMyre vous convient à un hommage à la poésie le vendredi 15 novembre h 20 h 30, à la place Canoë.CLAUDE GUILMAIN La Passagère le vendredi 15 novembre.19 h 30 le samedi 16 novembre, 16 h le dimanche 17 novembre, 11 h LAURETTE LÉVY Zig-Zag le samedi 16 novembre.15 h le dimanche 17 novembre, 13 h 30 GASTON TREMBLAY La Langage des chiens le samedi 16 novembre.16 h le dimanche 17 novembre.11 h MARGUERITE ANDERSEN Virages, la nouvelle en revue le samedi 16 novembre, 15 h Lancement! Lancement! Vous êtes cordialement invités à venir rencontrer les auteurs et à prendre un cocktail avec eux le samedi, 16 novembre à 17 h, stand 129.y * Prise deparole PAROLE l L K IM VOIR.I K S S A M K I) I !» K T !» I M A \ l 11 K 1 O N O V K M B li K 1 O tl _* (i :>i SALOX DU LIVRE Entre\-ue avec Benoît Peeters Filiation à rebours Une biographie du créateur de Tintin vient de paraître DENIS LORD Des ouvrages sur Georges Remi, Hergé, Tintin ou, pourquoi pas, les Dupond et Dupont.il s'en est écrit plus d'une centaine et on vous fait grâce de la nomenclature des articles.On a eu droit aux angles psychanalytique, économique, ésotérique, et j’en oublie.Jusqu'au leader belge pro-nazi Léon De-grelle qui, signant Tintin mon copain, prétend avoir inspire le personnage du reporter.Une publicité dont Hergé se serait bien passé.Benoît Peeters avait déjà puissamment contribué à cette riche bibliographie.Licencié en philosophie, romancier, scénariste et cinéaste, Peeters s’avère un expert en la matière.En plus d'avoir signé plusieurs ouvrages sur le sujet, notamment Le Monde de Hergé (1983) et Les Bijoux ravis (1984), il a participé à la mise en forme de LAlph-Art et dirigé la Bibliothèque de Moulinsart.Mais aucun des portraits proposés, pas même les siens, ne le satisfaisait.-Il y manquait certains liens entre l'homme et l’oeuvre.Assouline.par exemple, a davantage montré l’homme et ses errements idéologiques: Hergé en tant que créateur est relégué au second plan.Je voulais mettre en relief ce triangle étrange formé par l’homme, l’artiste et l’œuvre.C’est essentiel de montrer comment Tintin a inventé Hergé, le conduisant à évoluer.Sa rencontre avec Tchang par exemple, pour Le Lotus bleu, va l’amener à s’intéresser à la philosophie chinoise et ça va changer toute sa vie.» On retrouve effectivement dans Hergé, fils de Tintin une mise en parallèle récurrente de la vie de Hergé et de son oeuvre, finalement moins fictive qu'il n’y paraît.La liberation de la Belgique trouve écho dans le réveil de Rascar Capac, alors que «sonne pour les impies l'heure du châtiment»: la Castafiore.personna- ge central des Bijoux.incarnerait Germaine Kieckens.première femme du créateur.Les Aventures de Tintin.écrit Benoit Peeters, peuvent être lues comme une autobiographie indirecte, ou plus exactement comme une sorte de «journal» à travers lequel se donnent à lire tous les événements, publics ou privés, qui marquèrent Georges Remi.Des documents inédits Peeters a commence cette biographie il y a 25 ans et a eu l'occasion de rencontrer Hergé à quelques reprises.Il a eu accès à plusieurs sources inédites, parmi lesquelles la correspondance du fils de Tintin avec Germaine Kieckens et avec son premier secrétaire, Marcel Dehaye.des entretiens inconnus, et des entre-vues non traduites accordées à la presse flamande.«Le travail du biographe tient parfois du puzzle; on découvre une petite phrase, un élément qui e e * /.^.i - 1 t-sx «will ii.i .ml iiiinwiMiwwiiiiniMfcMiiiiimimKnm AP-Wi.-é-.& Ïèï HSICLON qyptobg MS LOU A R K À WA toiogue Une planche de l’album Les Cigares du pharaon, d’Hergé.TîNTIN jOUPMdliste SOURCE TÉLÉ-QUÉBEC vous éclaire.Dans une entrevue par exemple, Hergé utilise le mot "dégoût’’ en parlant de son enfance.C’est un mot très fort, qui pourrait évoquer les abus sexuels dont il aurait été victime.J’ai aborde mon sujet avec empathie et admiration, mais sans complaisance.Je ne voulais tomber ni dans la légende dorée, ni dans un procès.Car il y a dans l'œuvre des cases d'un antisémitisme regrettable, mais aussi beaucoup de générosité.» Peeters dresse le portrait d'un créateur ambitieux et angoisse.«Sa guerre a été celle d'un artiste obsédé par son œuvre, ne regardant pas plus loin que sa table à dessin.Sa vie se confondait avec celle de Tintin.“Ce n'est pas le moment de se laisser oublier", disait-il.» Ce n’était pas un vrai collaborateur, mais plutôt un opportuniste quj n’a pas vu les autres enjeux.«Etonnamment, dès les années 1940, Hergé songe à abandonner le personnage qui a fait sa fortune.Il se révolte comme un adolescent envers ce personnage qui est devenu une figure d'autorité.Iœ dialogue entre Tintin et Hergé Ta conduit à s’ouvrir vers le monde, jusqu'au point où il ne pouvait plus exprimer sa maturité dans cette œuvre.Après Tintin au Tibet et U-s Bijoux de la Castafiore, où il s’amuse à déconstruire les codes qu'il avait inventés, Hergé ne pouvait aller plus loin.Les albums ultérieurs, Vol 714 pour Sidney et Tintin et les Picaros, tiennent de l’autopas-tiche.Il a cherché du côté de la peinture, de la spiritualité, mais cette insatisfaction ne s’est jamais éteinte.Créativement, le succès de Tintin ne l’a pas aidé.» Des suites improbables Selon M.Peeters, il serait fort étonnant qu'une nouvelle aventure du reporter paraisse un jour.Malgré les pressions — nombreuses — de l’héritière de Hergé, Fanny Rodwell, il n’a pas fléchi depuis 20 ans.Il reste les projets de film.On rêve de ce que Jean-Pierre Jeunet ou Jaco Van Dormael, qui ont un temps caressé l'idée, auraient pu réaliser.Le biographe est convaincu qu’un film se fera mais que ce sera un film de tâcheron, alors .Venez rencontrer les auteur/e/s des éditions TROIS au Salon du livre de Montréal, stand 157 SAMEDM6 NOVEMBRE Monique Bosco, Amen 4^ de 14 h à 15 h Ljubica Milicevic, Marina et Marina de 14 h à 15 h Andrée Dahan, La jeune fille au luth de 15 h à 16 h Louise Deschênes, Le berceau des ombres de 15 h à 16 h Marie Savard, La future antérieure de 18 h à 19 h François Piazza, L exil chronique de 19 h à 20 h DIMANCHE 17 NOVEMBRE nathalie Stephens, L’embrasure de 14 h à 15 h Dominic Gagné, Fragiles saisons à résoudre de 14 h à 15 h Hélène Mino, Album d’une voyeuse de 15 h à 16 h Isabelle Miron, Toute petite est la terre de 15 h à 16 h Des livres pour savoir Éditions Nola bene ÉDITIONS TROIS VENEZ RENCONTRER DALIDA D.NF.tfct.VRfc KN SOI M.Michel Rheault auteur de Dalida.Une œuvre en soi au Salon du livre de Montréal Vendredi 15 novembre de 19 h à 20 h Samedi 16 novembre de 16 h à 17 h et de 20 h à 21 h iméJff hym V ;of/r*st»on des émettons *n tnathematiiiues louise uvcwtunE »i BenNAKO Ma*** te SeftGfc LAfOATtW® CHERES MATHÉHATIQUIS Susciter l’expression des émotions en mathématiques Livre et vidéocassette Qu elles nous séduisent, nous effraient, nous laissent indifférents ou soulèvent des passions, les maths font parler d’elles.«•vv.K-W Venez rencontrer LOUISE LAFORTUNE, BERNARD MASSÉ et SERGE LAFORTUNE et visionner la vidéocassette le samedi 16 novembre 2002 de11hà15hau Salon du livre de Montréal, stand n° 476 Presses de l'Université du Québec /\oh
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