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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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  • Journaux
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Références

Le devoir, 2002-11-30, Collections de BAnQ.

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CULTURE SCIENCE Jean Leloup, pour la beauté du geste Page E 1 ?w w w .1 e (1 e v o i r .o o ni El Nino menace de nouveau de bouleverser le climat Page B 6 LE DEVOIR AGENCE FRANC!¦ PRESSE Pour sauver une petite fille de six ans atteinte du syndrome de Franconi, une maladie d’origine héréditaire et souvent fatale, les chercheurs de l’Institut de reproduction génétique de Chicago ont transplanté une cellule issue du cordon ombilical de son propre frère (ci-dessus) encore à l’état d’embryon.La jeune Molly Nash poursuit sa convalescence dans un hôpital de Minneapolis, mais son cas suscite une vive critique chez ceux qui craignent que des parents aient recours à cette méthode pour déterminer les traits et caractéristiques de leur progéniture.Des enfants à la carte ?Peut-on sélectionner les qualités génétiques d'un enfant conçu in vitro?Des bioéthiciens de VUNESCO proposent des balises.PAULINE GRAVEL LE DEVOIR Tester les embryons avant de les implanter dans l'utérus d’une femme et sélectionner ceux qui sont du sexe que l’on souhaite ou qui sont biologiquement compatibles avec un frère ou une sœur malade est éthiquement discutable, voire inacceptable, a affirmé le Comité international de bioéthique (C1B) de EUNESCO, qui s'est réuni cette semaine à Montréal.Les membres du CIB étaient rassemblés pour discuter du cadre éthique à adopter autour de cette technologie qu’est le diagnostic préimplantatoire (DPI).Ces directives devraient ensuite servir de référence aux pays qui désirent élaborer des réglementations à ce sujet Le DPI est donc une nouvelle option offerte aux couples qui sont à risque de transmettre une maladie génétique à leur progéniture.Ceux-ci disposaient AGENCE FRANCE-PRESSE Observé à l’aide d’un microscope, cet embryon a été créé par fertilisation in vitro.hr.*v déjà du diagnostic prénatal classique par amniocentèse ou biopsie du chorion — la membrane extérieure du fœtus —, techniques pratiquées au cours de la grossesse.Le DPI permet quant à lui d’éviter un avortement lorsqu'une anomalie est découverte chez le fœtus.Il requiert toutefois de procéder à une fécondation in vitro (FIV) et son coût est prohibitif.la procédure consiste à aspirer une ou deux cellules des embryons — obtenus par FIV — au moment où ils ne sont constitués que de huit cellules, soit le troisième jour après la fécondation.Même si à peine quelques milliers de DPI ont été pratiqués dans le monde jusqu’à maintenant, la procédure ne semble pas occasionner d’anormalités chez l’enfant.«À ce stade de développement [de huit cellules], l’embryon présente une très grande plasticité.Ia biopsie ne risque donc pas de l’endommager», affirme un expert VOIR PAGE A 10: EMBRYONS Santé : Québec fourbit ses armes iMndry entend livrer une bataille déterminée contre Vattitude «centralisatrice» d'Ottawa TOMMY C H O UI N A R I) DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Une «riposte graduée» à un «rapport inacceptable».Voilà la bataille «déterminée» qu'entend livrer le premier ministre Bernard I-andry contre les volontés A'«uniformisation nationale» du rapport Roma-now et l’attitude «centralisatrice» d’Ottawa en matière de santé.Et Québec fourbit déjà ses armes: une série de recours, même juridiques, est envisagée.Une première étape vient d’ailleurs d’être franchie: l’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité une motion dénonçant le rapport Romanow.«Tout ce qui, dans ce rapport, diminue les pouvoirs du Québec et tente de bureaucratiser de façon centrale notre système de santé sera rejeté et combattu.(.] Ce que nous voulons, c’est que le gouvernement central transfère sans condition, et tout de suite, les sommes dont nous avons besoin pour la santé.Nous prendrons tous les moyens pour que cette chose arrive», a vigoureusement affirmé M.landry en Chambre hier avant de réitérer ses propos en conférence de presse.Bernard landry refusera ainsi du fédéral tout argent auquel des conditions seraient liées, même le 1,6 milliard de dollars par année qui reviendrait à Québec, selon le président de la Commission sur l’avenir des soins de santé au Canada, Roy Romanow.VOIR PAGE A 10: SANTÉ Autres informations en pages A 3 et B 1 La recherche et l’enseignement universitaires sont en péril Le changement de la garde emportera-t-il la qualité ?MARIE ANDRÉE CHOUINARI) LE DEVOIR Le défi du renouvellement du corps professoral universitaire prend des allures de mission impossible, à tel point que l'Université de Montréal craint d’y jouer la qualité de son enseignement et de sa recherche.Voilà ce que croit le recteur de l’Université de Montréal (UdeM), Robert Lacroix, qui avoue une part d'impuissance devant la situation.Face à l'amas de données irréconciliables qui entourent l’enjeu du changement de garde à l'université, le recteur croit qu’il s'agit là d’une des plus importantes gageures VOIR PAGE A 10: RECHERCHE INDEX Actualités.C 8 Annonces.C 8 Avis publics.C 6 Bourse.C 4 Carrières.C 2 Économie.C 1 Éditorial .B 4 Science.B 6 Idées.B 5 Météo.C 6 Monde.A 8 Mots croisés.C 8 Perspectives.B 1 Sports.C 10 Retour d’ascenseur Porté au pouvoir par les grands intérêts industriels, Bush sabre aujourd'hui les politiques de protection environnementale des États-Unis L’administration Bush a été portée au pouvoir en grande partie grâce aux contributions des grands intérêts industriels, pétroliers et forestiers des Etats-Unis.Elle livre aujourd’hui la marchandise à ses bailleurs de fonds en neutralisant par une amputation systématique certains contrôles réglementaires patiemment érigés en 25 ans de débats publics.LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR ft administration Bush, qui avait ' promulgué dès son arrivée au pouvoir une politique énergé-tique boulimique en plus t}e renier la signature des Etats-Unis au bas du protocole de Kyoto, vient de lever un des derniers freins imposés par l'administration Clinton à la pollution industrielle en plus de sabrer les mécanismes qui assuraient jusqu’à présent la protection des espèces vivantes et la participation du public aux plans d’exploitation des forêts fédérales américaines.Tout cela en deux semaines! L’administration, qui donne depuis le début l’impression d’avoir transformé la Maison-Blanche en un club privé voué aux intérêts pétroliers et industriels, suscite des réactions tout aussi caricaturales.Il faut maintenant ajouter Dieu à la liste des ennemis des monstres énergivores, si profitables aux amis de l’administration américaine, titrait récemment le sérieux New York Timesl Tout récemment, en effet, c’était au tour d’une coalition d’Egiises chrétiennes et juives de passer à l’action contre la Maison- L'administration Bush donne l’impression d’avoir transformé la Maison-Blanche en un club privé VOIR PAGE A 10: BUSH L’Or bleu MAUDE BARLOW • TONY CLARKE « Un livre qui dessine un tableau exhaustif et terrifiant d’un monde en voie d’assèchement.» Jean-Paul Dubois, Le Nouvel Observateur L> 1 ‘ ./ •  • » * Préface de Louise Vandelac eauy nouvel enjeu stratégique et commercial Traduitdei.ngt.is(c.n.d.)p«rPau.eNoy,rt REUTERS mi .L’Or bleu Essai 408 pages • 24,95 $ Boréal www.editionsboreal.qc.ca 778313000696 LE DEVOIR, LES SAMEDI O V O V E M B R E ET DI M A \ (HE I DECEMBRE 2 0 0 2 B • > ô PER S P E CTI VE S éC i;* H V, ,v ¦c vx 5'V, Kt* -il1 •i* Conseil national du PQ Et la souveraineté ?Les militants demanderont des comptes à Bernard Landry - ¦„ #¦ «, JACQUES B0ISS1N0T Bernard I^indry et Paul Bégin en février dernier.ROBERT OUTRI SAC DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Au dernier Conseil national du Parti québécois au début de septembre, Bernard [.an-dry annonçait un décompte de, 1000 jours pour l’accession à la souveraineté.A l’ouverture du Conseil national suivant, en fin de semaine, un peu plus de 80 jours après cette déclaration, nombre de militants péquistes se demandent où sont les moyens concrets pour atteindre cet objectif.Des propositions d’urgence exigeront du parti et du gouvernement qu’ils en fassent davantage.Ix; chef du PQ proposera la création d’un rassemblement des souverainistes, question d’amadouer les militants afin qu’ils gardent la flamme et se mobilisent en vue des prochaines élections générales.Jeudi, le premier ministre Bernard landry rencontrait en tête à tête dans son bureau l’ex-ministre Paul Bégin et député indépendant de Inuis-Hébert.Toujours membre du PQ, Paul Bégin, après avoir hésité, se présentera au Conseil national pour défendre ses idées.Des idées qui dérangent en haut lieu.A l’Assemblée nationale hier, Paul Bégin a eu l’occasion d’exposer son point de vue en s’exprimant sur le rapport Romanow.Les Canadiens sont en train de se bâtir un pays au détriment des Québécois, a-t-il soutenu.«Nous sommes dans un cul-de-sac politique» et il faut «montrer aux Québécois que notre argent sert à nous étrangler».Pendant ce temps, le gouvernement Landry ne fait rien pour promouvoir la souveraineté.«Nous ne voulons pas la faire.Nous voulons être un gouvernement provincial, avec des moyens provinciaux», accuse M.Bégin.Plan d’action Paul Bégin n’est pas le seul à penser que le gouvernement Landry traîne les pieds quand il est question de l’accession à la souveraineté.L’association péquiste de Montréal-Ville-Marie doit présenter une proposition d’urgence pour exiger du gouvernement des actions concrètes.A ce Conseil national, le comité exécutif du PQ devait présenter aux membres un plan d’action et de mobilisation pour les KXX) jours le séparant de la souveraineté.Mais ce plan d’action n’est pas prêt, a indiqué la pre mière vice-présidente du PQ, Marie Malavoy.Aujourd’hui, on y présentera toutefois le document d’orientation qui alimentera les discussions des membres d’ici le congrès d’orientation du mois de mars prochain.le document contient une trentaine de propositions et devra déboucher, en mars, sur une plate-forme électorale approuvée par les militants.Lt rédaction première a été confiée à l’ex-député bloquiste et politologue Daniel Tuip.On sait que le document a connu plusieurs versions, que l’exer- cice fut laborieux et qu’il n’était toujours pas prêt à deux jours de l’événement.Bernard Landry a quelques cartes dans son jeu, qu’il abattra aujourd’hui.Le chef péquiste annoncera la mise sur pied d’un rassemblement des souverainistes, calqué sur le modèle proposé par Jacques Parizeau.L’état-major du premier ministre s’affairait à constituer l’équipe de ce rassemblement qui remplace le Conseil de la souveraineté promis en septembre.Dans l’entourage du premier ministre, on n’a pas d’objection à ce que M.Parizeau soit associé à ce rassemblement, mais on ne veut pas qu’il le dirige.L’argent public Jacques Parizeau voudrait que le gouvernement du PQ consacre des fonds publics pour l’avancement du projet fondamental du parti, la souveraineté.Bernard landry refuse de faire appel aux fonds publics pour promouvoir la souveraineté comme le fait le gouvernement fédéral pour mousser l’appartenance à la nation canadienne, ce qu’il juge amoral.Toute cette question reviendra sur le tapis lors du Conseil national.Présentée par la région de l’Estrie, une pro- position préconise que le gouvernement finance un Institut québécois de recherche en politique afin «de promouvoir la justice sociale et de défendre les intérêts du Québec».Il ne serait pas surprenant qu’à cela s’ajoute une proposition d’urgence qui demande au gouvernement d’aller encore plus loin.Bernard bmdry a prévu le coup.Il annoncera aujourd’hui sa solution basée sur l’octroi de déductions fiscales pour des contributions à des fondations d’allégeance souverainiste.On verra si cette solution parviendra à rallier les militants qui croient que le projet de souveraineté doit s’incarner dans l’action gouvernementale.L’organisation électorale du PQ, qui était dirigée par le ministre responsable de la région de la Capitale nationale et député de Charlevoix, Rosaire Bertrand, est maintenant confiée à un poids lourd du gouvernement, la vice-première ministre, Pauline Marois.M.Bertrand reste dans l’équipe, à laquelle se joignent François b'gault et André Boisclair.Pour certains militants, la présence des Marois, Legault et Boisclair à l’organisation électorale signifie que la souveraineté ne sera pas un des enjeux importants de la prochaine cane pagne.Du côté de Mme Marois, on souligne que c’est aux militants de définir la plate-forme électorale du parti, ce qu’ils feront lors du congrès d’orientation de mars.« Nous sommes dans un cul-de-sac politique » Ce que disent les chiffres.Les surprises du rapport Romanow Laide sociale et Véducation postsecondaire ont fait Vobjet dyune attention particulière de la commission MANON CORN El.LIE R DE NOTRE BUREAU D'OTTAWA Roy Romanow ne rêve pas seulement de sauver le système de santé.Il voudrait aussi, par la bande, venir à la rescousse de deux autres programmes: l’aide sociale et l'éducation postsecondaire.L’intention de M.Romanow est avouée mais subrepticement, entre les colonnes de chiffres du rapport sur l'avenir du système de santé qu'il a présenté jeudi.Pour découvrir son projet, il faut décortiquer ses calculs et ne pas manquer un court passage de son rapport de près de 4(X) pages.Ce qui pourrait passer pour un énoncé technocratique se révèle une rare lumière d’espoir pour deux programmes qui ont lourdement écopé depuis 1995.Si l'idée de l’unique commissaire se concrétise, cela pourrait annoncer la fin du désengagement graduel du fédéral de ces programmes, en particulier l’aide sociale.Pour comprendre comment M.Romanow arrive à ses fins, il faut examiner sa proposition d’augmenter la contribution financière fédérale pour la santé et de créer un nouveau transfert réservé exclusivement à cet effet.D'ici 2(X)5-(Xi, dit Romanow, Ottawa devrait assumer, en argent sonnant, 25 % des dépenses publiques en santé.Cela se traduirait par une hausse d’au moins 6,5 milliards de PRESSE CANADIENNE Roy Romanow dollars cette année-là pour totaliser 15,3 milliards.Ce versement se ferait au moyen d’un transfert exclusif, pluriannuel et assorti d’une formule d’indexation.Un nouveau transfert social serait créé pour les deux autres programmes.11 s’agirait d’un changement majeur.Depuis 1995, les transferts fédéraux en espèces pour la santé, l’aide sociale et l’éducation postsecondaire sont regroupés sous le Transfert social canadien (TSC).Le partage des fonds entre les trois programmes est laissé aux provinces, ce qu’elles souhaitaient à l’époque.Par conséquent, personne ne sait exactement quelle part du TSC, donc des fonds fédéraux, va à la santé.Comment M.Romanow a pu alors déterminer le montant à confier, à l’avenir, au nouveau transfert en matière de santé et celui à laisser aux deux autres?En faisant comme tout le monde une hypothèse.La différence Et c'est ce partage qui fait toute la différence pour l’aide sociale et l'éducation postsecondaire.«Plus le plancher en espèces du transfert en matière de santé sera élevé, moins le plancher en espèces pour le transfert social canadien le sera.Et si on se retrouve avec un montant en espèces trop faible pour l'enseignement postsecondaire, l'aide sociale et les services sociaux, on pourrait obtenir des résultats qui, à long terme, se révéleront nuisibles au système de santé.(.] le danger que soulève l’utilisation d'une allocation plus élevée est qu'elle limiterait directement les montants en espèces pouvant être affectés à ces autres programmes», écrit Roy Romanow dans son rapport.Selon lui, «on ne doit pas s'attaquer au sous-financement apparent de la santé en sous-finançant l'assurance sociale et l'enseignement postsecondaire».Et c’est pourquoi il a choisi comme base de calcul la proportion établie par Ottawa au moment de la création du TSC en 1995.Le fédéral estimait alors qu'envi-ron 43 % du TSC servait à financer le système de santé.Partant de là, on déduit que la portion «santé» du TSC, qui devrait totaliser 21 milliards en 20t)5-06.atteindrait un peu moins de 8,8 milliards, la somme suggérée par M, Romanow.Ce qui laisserait 12,2 milliards pour l’aide sociale et l'éducation postsecondaire, une somme qu’on soupçonne supérieure à celle actuellement attribuée.Si la commission avait reprise à son compte la proposition du récent rapport sénatorial sur la santé, c’est 62 % du TSC quelle aurait attribué à la santé, soit 13 milliards.Cela n’aurait laissé que huit milliards pour les deux autres programmes, à peu près l’équivalent de ce que le fédéral versait en 1993 uniquement pour l'aide sociale.Depuis l’arrivée des libéraux au pouvoir, la contribution fédérale pour l'aide sociale a chuté d’environ 34 %, selon des calculs effectués à partir des hypothèses financières du ministère fédéral des Finances.Cela s'est traduit par une baisse de 7,9 milliards en 1993 à 5,25 milliards en 2(HXL Avant ce déclin, Ottawa payait la moitié de la facture de l’assistance sociale.Son critère était le besoin.Tout a disparu avec la création du TSC.Et en plus de diminuer, les fonds sont maintenant distribués en fonction de la population de chaque province et non plus en fonction des besoins.M.Romanow, de confier en privé un proche collaborateur, est conscient qu'il est plus facile de demander et d'obtenir de l'argent supplémentaire pour la santé.Il voulait donc éviter de torpiller deux programmes en voulant en sauver un autre.Il a donc préféré piger moins dans le TSC pour, ensuite, en exiger davantage pour le transfert en matière de santé.Car les 8.8 milliards avec lesquels il aboutit sont à ses yeux nettement insuffisants pour maintenir le système de santé.«Im commission estime qu'au minimum, les dépenses futures fédérales devraient se baser sur sa contribution passée de 25 % des dépenses provinciales et territoriales pour les services assurés par la Loi canadienne sur la santé», écrit-il.Ce qui signifie une hausse nécessaire de 6.5 milliards pour 2(Xl,r>(Xi.Li méthode de M.Romanow a pour effet, finalement, d’augmenter les fonds pour tous les programmes et non pas pour un seul.Cela représente un changement majeur car chaque fois que le fédéral a accepté d'accroître le TSC.il demandait que les nouveaux fonds soient consacrés à la santé.L’aide sociale n’est le souci de personne depuis bien longtemps.Quant à l’éducation postsecondaire, elle s’en est tirée en allant arracher des budgets séparés pour la recherche et les infrastructures.Comme le confiait ce collaborateur de M.Romanow, la proposition Romanow, si elle est mise en œuvre, ne résoudra pas tout.La vigilance s'imposera si on veut protéger la part de l'aide sociale.Les groupes de défense des démunis, note-t-il, n'ont pas la force des puissants lobbies académiques qui ont l’oreille du gouvernement Chretien.La vigilance s’imposera si on veut protéger la part de l’aide sociale Michel David ?Le chiffon rouge Le premier ministre Landry était d’humeur pugnace hier «Ils vont payer et ils vont payer sans conditions.» A la veille d’un conseil national.c’est le ton qui convient à un chef du PQ, mais il ne fait aucun doute que la nouvelle offensive fédérale annoncée par le rapport Romanow l’a mis en rogne.La partie qui vient de commencer exigera toutefois beaucoup de sang-froid.En janvier 2001, M.Landry avait eu beau jeu de dire que le Québec ne se laisserait pas acheter par un «bout de chiffon rouge».Après tout, il ne s’agissait que de 18 millions destinés à moderniser un zoo et un aquarium.Cette fois-ci, on parle de milbards dont le réseau de la santé a désespérément besoin.Dans son intervention sur la motion de l’Assemblée nationale dénonçant les visées centralisatrices du rapport Romanow, le ministre de la Santé, François Legault, a déclaré qu’il y aura des «choix difficiles à faire fi le gouvernement fédéral maintient la ligne dure».A quelques mois des élections, c’est le moins qu’on puisse dire.Le débat sur cette motion a très bien illustré l’étroitesse de la marge de manœuvre dont dispose M.Landry.L’ex-ministre de la Justice, Paul Bégin, a clairement exprimé ce que pensent la majorité des militants péquistes — et de ses ex-collègues — en disant qu’il fallait profiter des circonstances pour démontrer aux Québécois qu’Ottawa est en train de nous étrangler financièrement avec nos propres impôts et que la souveraineté est la seule solution possible.Encore une fois, le gouvernement fédéral n’acceptera de laisser passer un peu d’air que si on le laisse empiéter davantage sur les pouvoirs du Québec.Toujours la même «tenaille» que dénonçait déjà Jacques Parizeau il y a vingt ans.?On dit que Roy Romanow, qui a toujours aimé voir les projecteurs braqués sur lui, compte sur son rapport pour passer à la postérité comme un nouveau père de la Confédération.Si le rapport était appliqué intégrale ment, son auteur pourrait en effet avoir droit à une mention spéciale dans les livres d'histoire tant la réingénierie qu’il propose marquerait un tournant dans l’évolution du fédéralisme canadien.De son propre aveu, M.Romanow voit la réforme des services de santé comme une véritable «entreprise nationale».H ne faut pas s’y tromper la santé sera la grande préoccupation de la population au cours des prochaines décennies.Conséquemment, la configuration du Canada dépendra largement de quel palier de gouvernement détiendra le pouvoir effectif dans ce domaine.M.Landry n’a évidemment pas besoin d’un dessin pour comprendre cela.Nul n’aurait plus envie que lui d’envoyer paître Ottawa II connaît aussi les limites des fronts communs des provinces.D'une fois à l’autre, le scénario est invariablement le même.Les riches provinces anglophones commencent par pousser les hauts cris, avant d’accepter un compromis qui satisfait finalement aux objectife fédéraux.Dès lors qu’il accepte de s'asseoir à une table de négociations, le Québec met le doigt dans un engrenage dont il lui est pratiquement impossible de se dégager.En septembre 2000, Lucien Bouchard s’en était tiré relativement bien grâce à Mike Harris, soudainement élevé au rang de «grand ami du Québec», mais surtout en raison de l'imminence des élections fédérales, qui avait rendu Jean Chrétien plus conciliant.Il n’en avait pas moins dû accepter la création de trois fonds «ciblés», comme ceux que recommande le rapport Romanow, de même que l’adoption d’indicateurs communs, qui constituait déjà un pas significatif vers la création d’un système de santé «national» intégré.On voit cependant mal comment M.Landry pourrait accepter d’en faire un de plus.?Toute la difficulté consisterait à expliquer à la population qu'il est préférable d’augmenter les impôts que d'accepter l’argent fédéral.Quand les sondages disent quelle souhaite une collaboration entre les deux niveaux de gouvernement, il faut traduire que les querelles constitutionnelles ne l’intéressent pas.Dans ces conditions, celui qui refuse l’argent de l’autre finit toujours par avoir tort.Malgré la motion unanime de l’Assemblée nationale et le nouveau nationalisme de Jean Charest, il ne faut se faire aucune illusion sur l’appui que le gouvernement peut espérer des partis d’opposition.Il suffisait d’entendre la députée libérale de Saint-François, Monique Gagnon-Tremblay, se désoler sur le sort des malades en attente d'un traitement, des personnes âgées «démunies».des médecins «découragés»’, des infirmières «épuisées», pour comprendre que les libéraux n'attendent que le moment de dénoncer l'obsession souverainiste du PQ, qui lui fait négliger les «vrais problèmes».Déjà, Mme Gagnon-Tremblay a perçu une «certaine ouverture» dans le rapport Romanow.Ça rappeUe la fois où Jean Charest avait vu une «nette amélioration» dans l'entente sur l'union sociale de 1999.Jusqu'à ce que Claude Ryan lui explique qu'il fallait plutôt la situer dans la perspective du coup de force de 1982 et du rejet de l’accord du lac Meech.Dans ce débat, l’ADQ se retrouve quelque peu marginalisée.Peu importe qu’Ottawa impose ou non de nouvelles conditions aux provinces, son programme de médecine «à deux vitesses» demeurera tout aussi incompatible avec les dispositions de la Loi canadienne sur la santé.Et comme Mario Dumont ne veut plus entendre parler de Constitution, le problème parait insoluble.L'opération à laquelle M.Romanow s'est associé semble trop bien planifiée pour que Jean Chrétien y renonce.D’autant moins qu'à l’extérieur du Québec, elle répond probablement aux vœux de la majorité des Canadiens, à défaut de plaire aux politiciens provinciaux.M.Landry pourrait trouver là un bon prétexte pour déclencher des élections.Son honneur aussi bien que sa conception du devoir lui commandent de ne pas céder.Au nom de la défense des intérêts du Québec, il pourrait mobiliser le PQ sans avoir à s’engager à tenir un référendum.Il pourrait même reporter après les élections la présentation d'un budget qui.sans l'argent fédéral, serait très problématique.Le premier ministre le répète continuellement on ne sait pas ce qui peut résulter d'une lutte à trois.Les plus récents sondages sont pour le moins contradictoires.Dans ces conditions, pourquoi ne pas s’offrir le plaisir de foncer sur le chiffon rouge? ( 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI RO X 0 V E M R R E E T l> I M A X (' Il E 1 I) E l' E M B R E 0 0 L» ?LE DEVOIR ?LES SPORTS Canadien 2, Bruins 4 Coupe Davis HOCKEY Murray, Thornton et les Bruins sont trop forts pour le Canadien Le Canadien a très rarement menacé la forteresse de Steve Shields et a profité d’un but chanceux en avantage numérique GUY RO B 11, LA R D PRESSE CANADIENNE Boston — Les Bruins de Boston ont remporté hier après-midi leur premier affrontement de la saison contre le Canadien par 4 à 2.Les Bruins — et surtout le duo Glen Murray et Joe Thornton — ont dominé l’équipe qui les a éliminés le printemps dernier après qu’ils eurent terminé au premier rang de l’Association Est.José Théodore a encore eu à affronter une quarantaine de lancers.N’empêche qu’il a fallu un but du quatrième trio des Bruins, le premier de la saison de Michel Grosek, pour assurer leur victoire à l’issue d’une explosion de trois buts en trois minutes 21 secondes au début de la troisième période, la meilleure du Canadien, qui a lutté pour recréer l’égalité.Sean Brown a complètement raté la passe qu’il destinait de l’autre côté de la patinoire, mais la rondelle s’est retrouvée en plein sur la palette de Grosek.Ce dernier arrivait rapidement et a pu diriger un puissant lancer frappé dans le haut du filet.R J.Stock a été plus applaudi quand on a annoncé sa mention d’assistance! Thornton a marqué le dernier but après avoir soutiré la rondelle à Andrei Markov dans le coin pour ensuite déjouer habilement Théodore.Jozef Stumpel avait d’abord procuré une avance de 2-1 aux Bruins en déjouant Théodore d’un revers entre les jambières après avoir saisi le retour d’un lancer de la ligne bleue du défenseur Sean O’Donnell.Ce dernier avait été arrêté à la défense à la suite d’une mise au jeu perdue par Yanic Perreault.Deux buts de Zednik Richard Zednik a réussi son deuxième but du match d’un tir sur réception d’une passe de Saku Koivu.Zednik a maintenant 12 buts, le nouveau meneur chez le Canadien, devant Yanic Perreault.Qui sait, peut-être Karl Dy-khuis aurait-il intérêt à le brasser plus souvent?Les deux équipes s’étaient échangé un but à la première période.On a vu l’importance des gros gabarits lorsque Murray s’est planté devant le filet pour marquer le premier but du match.Le petit Oleg Petrov a bien essayé mais n’a jamais pu lui nuire et encore bien moins le déloger.Pour Murray, auteur d’un tour du chapeau à son match précédent, il s’agissait d’un septième but à ses quatre dernières rencontres.Michel Grosek, lui, est passé prêt d’inscrire son tout premier but quelques instants plus tard lorsque son lancer du poignet a frappé le poteau.Le Canadien a très rarement menacé la forteresse de Steve Shields et a profité d’un but chanceux en avantage numérique lorsque le tir d’Andrei Markov a dévié sur Zednik.Saku Koivu n’a pas obtenu de mention d’assistance sur ce but, mais c’est lui qui a gagné la mise au jeu pour remettre la rondelle à Patrice Brisebois.A la deuxième, le Canadien s’est contenté de limiter les dégâts et il a fallu attendre à la 18' minute de jeu pour qu’il obtienne ses premiers tirs au filet, pendant les 90 dernières secondes d’une punition de quatre minutes infligée à Martin Lapointe pour bâton élevé à l’endroit de Craig Rivet On a même vu le directeur général s’emporter contre les officiels mineurs qui ont omis de créditer un rare lancer à la fiche du Canadien! Le Canadien a finalement été crédité de quatre lancers, le même nombre que Murray à lui seul au cours de cette période.L’or pour GUI U1 M l f BOGDAN CRISTEL REUTERS LE MONTREALVIS Nicolas GUI (en blanc) a remporté la médaille d’or et le premier prix de 15 000 $ grâce à une victoire décisive chez les 100 kilos au Grand Prix de judo de Bucarest, réservé aux meilleurs judokas au monde dans chaque catégorie.GUI, deux fois médaillé olympique, a défait le Néerlandais Elco Van Der Geest en finale en réussissant un ippon qui a mis fin au combat après deux des cinq minutes prévues.Il s'agit d’une douce revanche pour GUI, qui a perdu contre Van Der Geest en demi-finale du Grand Prix de Moscou le mois dernier et qui avait dû se contenter d’une médaille de bronze.«La grande différence, cette fois, est que j’étais en bien meilleure forme», a déclaré GUI, qui a décroché la deuxième médaille d’or de sa carrière dans le Grand Prix.«À Moscou, je revenais tout juste d’une blessure.Je n’ai pas du tout modifié ma stratégie.» En demi-finale, GUI a vaincu par ippon le Roumain Marian Nichitelea, classé deuxième en Europe, après une minute de combat.La prochaine compétition de GUI sera la coupe Kano, qui aura lieu au Japon en janvier.E N Le CIO accorde un sursis au baseball, au softball et au pentathlon Mexico (AP) — Le baseball, le softball et le pentathlon moderne restent des disciplines olympiques, du moins pour le moment En août dernier, la commission des programmes du Comité international olympique (CIO) avait reft BREF commandé de supprimer ces trois sports à compter des Jeux de Pékin de 2008, notamment en raison des coûts élevés imposés aux villes olympiques.Au cours d’une assemblée générale à Mexico, les délégués du CIO ont voté hier le report de toute décision d’exclusion.Cette possibilité ne sera étudiée qu’apres une révision complète des programmes à l’issue des Jeux olympiques d’Athènes, en 2004.Le baseball, le softball et le pentathlon moderne figureront donc encore aux Jeux de Pékin de 2008.Le dernier sport exclu des JO d’été a été le polo, en 1936.i PHILIPPE WOJAZEK REUTERS Le Russe Marat Safin a été époustouflant sur certains retours dans son match sur terre battue contre le nouveau venu français, Paul-Henri Mathieu, hier à Paris.S>v-«*«bY; 3^2 La France conserve toutes ses chances ASSOCIATED PRESS Paris — Tout est encore possible.Conformément aux prévisions de Guy Forget, l’équipe de France de tennis n’a pas manqué ses débuts hier lors
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