Le devoir, 19 mars 2007, Cahier B
LE DEVOIR, LE LUNDI 19 MARS 2007 SKI ALPIN Nicole Hosp remporte la Coupe du monde Page B 4 if FIFA Car-Men remporte le Grand Prix Page B 8 CC 3 LE MONDE Nouveau gouvernement palestinien d’union nationale Israël durcit le ton tandis que Washington modère le sien François Brousseau 50 ans éé * faut ren^re 1° £uerre impossible.Évi- H ter que mes deux enfants n’aient à sacri-I fier leurs vies dans une autre guerre contre l’Allemagne.» Regardant dans les yeux son homologue allemand Konrad Adenauer, c’est par ces mots que le premier ministre français Pierre Mendès France avait appelé de ses vœux la constitution d’une communauté politique européenne.Le moment de cet appel angoissé: l’été 1954, lors de l’échec retentissant du projet de «Communauté européenne de défense».L’épisode apparaît rétrospectivement comme une sorte de prélude au Traité de Rome de mars 1957, qui instituait, avec succès cette fois — mais sans aucune composante militaire — la Communauté européenne.la Communauté économique européenne.Cette communauté, devenue en 1992 «Union européenne», fêtera dimanche prochain son demi-siècle, lors d’un grand sommet commémoratif à Berlin.«Fêtera»: le mot est fort, puisque l’humeur communautaire n’est pas vraiment à la fête en 2007.Après le «non» retentissant (et démocratique), en mai 2005, des Français au projet de Constitution conçu par l’ancien président Valéry Giscard d’Es-taing, l’Europe est tombée dans une sorte de catalepsie.Sans être totalement paralysée ni frappée à mort par ce rejet, disons qu’elle s’est mise, depuis deux ans, sur le pilote automatique.Sans projet politique précis, qu’il s’agisse de l’«élargissement» (toujours plus de pays membres) ou de ^approfondissement» (toujours plus de pouvoirs pour Bruxelles), mais avec un Parlement qui continue de parlementer, des fonctionnaires qui continuent de fonctionner, des règlements qui continuent de réglementer.Pourtant, les difficultés réelles de l’Union européenne en 2007 ne doivent pas faire oublier que cet immense ensemble inachevé, malgré ses pannes, ses échecs et sa crise d’identité, et avec ses pannes et ses échecs, n’en reste pas moins un succès historique, doublé d’un espoir vivace et persistant pour l'avenir.?«Rendre la guerre impossible»-, cela, l’Europe l’a fait de façon admirable.La question de la réconciliation franco-allemande — si obsessionnelle dans les années 50 et 60, avec le souvenir encore chaud, à l’époque, des ruines fumantes de Berlin en 1945 — n’en est plus une aujourd'hui.Les blocs de l’Est et de l’Ouest ont disparu.D serait totalement inimaginable, aujourd’hui, que l’Allemagne et l’Italie se liguent pour déclarer la guerre à la France et à la Grande-Bretagne.Donc les motivations qui ont présidé à l’avènement de la communauté européenne ne sont plus à l'ordre du jour en 20Q7.Mais si la guerre entre Etats européens est inconcevable aujourd'hui, d’autres types de «guerres» guettent l’Europe à l’orée du XXIe siècle: guerres «sociales», guerres larvées, intérieures aux sociétés occidentales — «guerres» qui ne sont d’ailleurs pas exclusives à l’Europe, mais que l’Europe vit sans doute plus intensément que le reste du monde.C'est la guerre sur l’inégalité des conditions des citoyens qui la composent lorsque l’on compare le niveau de vie d’un Allemand et celui d’un Bulgare (du quatre ou cinq pour un).C’est la guerre sur l’immigration et la libre circulation des citoyens çlans l’Union.La guerre sur le «modèle social» des Etats.La guerre contre la stagnation économique qui affecte certains des membres de l’Union, mais pas tous.La guerre sur la cohabitation pluriethnique, parfois difficile, dans les grandes villes.Et c’est aussi la guerre économique à l’échelle mondiale.11 est remarquable que lorsqu’on dit «stagnation économique en Europe», on est loin d’avoir tout dit.Car la réalité européenne — y compris parmi les plus riches — est extrêmement diversifiée: des pays comme la Suède et l’Irlande tirent leur épingle du jeu, tandis que la France et l’Italie souffrent, et que l’Allemagne — après un douloureux passage — revient aujourd’hui en force.Comme l’écrit cette semaine The Economist, les succès et les échecs économiques des pays européens restent d’abord.des phénomènes nationaux, malgré la monnaie commune, malgré cinquante ans d’intégration.Un débat existe sur la question de savoir s’il y a «trop d’Europe» (trop de pouvoirs à Bruxelles, au détriment des Etats-nations), ou encore si l’élargisse ment effréné (27 membres depuis le début janvier, après l’inclusion de la Bulgarie et de la Roumanie) n’est pas allé trop vite, ou trop loin.Avec à la clé des questions concrètes comme celle de savoir si — oui ou non — un pays comme la Turquie est «européen».ou pourra le devenir d’ici 10 ou 15 ans.Tout cela n’est pas sans intérêt.Mais plus importantes sont sans doute les questions suivantes: quel sens a l’Europe pour le demi-milliard d’individus qui la composent aujourd’hui?Quelle influence aura l’Europe dan?le monde du XXIe siècle, à l’heure du déclin des Etats-Unis et de la fulgurante montée de la Chine?Comment préserver la souveraineté des nations, tout en composant, sur les plans stratégique et économique, un bloc à même d’en imposer, d’ici à 2030, aux deux autres géants?Voilà des questions qui devraient intéresser tous les Européens.et bien au-delà, tous les citoyens du monde qui s’interrogent sur leur propre avenir.François Brousseau est chroniqueur et affectateur responsable de l'information internationale à la radio de Radio-Canada.francobroussaécùhotmail.com ADAM ENTOUS Le nouveau gouvernement palestinien d’union nationale associant le Hamas et le Fatah s’est réuni hier pour la première fois, Washington montrant un certain assouplissement à l’égard de ce cabinet alors qu’Israël restait fermement campé sur ses positions en appelant la communauté internationale à suivre son exemple en boycottant le nouveau gouvernement palestinien.Après avoir approuvé la composition de ce cabinet d’union nationale, le président de l’Autorité palestinienne, le modéré Mahmoud Abbas, a invité la communauté internationale à lever ses sanctions finan- L% Irak pourrait perdre une bonne / partie du contrôle qu’il exerce sur sa principale richesse, le pétrole, .si ses élus adoptent rapidement, comme on leur demande, une nouvelle loi sur les hydrocarbures.Depuis des mois, le gouvernement américain fait pression sur le premier ministre, Nouri al-Ma-liki, pour qu’il fasse voter cette loi avant l’été, faute de quoi il menace de lui retirer son soutien.Le régime proposé prévoit la redistribution équitable par l’Etat central de ses revenus pétroliers entre toutes les régions du pays, celles qui possèdent des réserves d’or noir comme celles qui en sont privées.Là n’est pas le problème.Cela fait runanimité chez ceux qui veulent éviter l’éclatement de l’Irak.D’autres clauses du projet de loi se heurtent cependant à une rive opposition de la part de certains partis, des principaux syndicats irakiens et de plusieurs activistes occidentaux.Ces dispositions visent à retirer la majorité dçs gisements de pétrole du contrôle exclusif de l’État, permettant ainsi aux sociétés étrangères de les exploiter avec beaucoup de liberté pendant des décennies.En Irak, comme dans la plupart des autres pays producteurs du Moyen-Orient, c’est une société dÉtat qui exploite elle-même les puits de pétrole depuis les années 60.Dans cette région, les sociétés étrangères négocient principalement des contrats de mise en marché du brut.Elles peu- cières pour lui faciliter la tâche.Mais Ismail Haniyeh, le premier ministre palestinien issu du Hamas, a revendiqué haut et fort durant le débat d’investiture de son équipe son droit à la «résistance sous toutes ses formes» contre l’occupation israélienne.Israël aussitôt réagi en traduisant «la résistance, c’est le terrorisme» et en annonçant qu’il ne travaillerait pas avec un gouvernement qui ne reconnaît pas son existence, comme l’exigent aussi les médiajteurs internationaux du Quartet — ONU, Russie, États-Unis et Union européenne.L’UE envisage de reprendre son aide aux Palestiniens, la France et la Grande-Bretagne estimant notamment judicieux de récompenser par un «geste» vent aussi fournir des services spécialisés pendant des périodes relativement courtes.Avec le changement proposé, c’est le partage de la rente pétrolière qui serait bouleversé, l’État cédant une part importante du produit de la vente de brut, se contentant de simples redevances.En ouvrant plus en ampnt la filière à des intérêts privés et étrangers, l’État perdrait en outre la maîtrise du niveau de sa production.En théorie, l’Irak est toujours membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole O’OPEF) même s’il n’est pas soumis au système de quotas du cartel en raison de la faiblesse de sa production.Avec le nouveau régime, il y a toutes les raisons de croire que la rupture serait consacrée.Presque une privatisation Cet aspect de la question est très rarement abordé par les grands médias à un moment où, pourtant, le débat sur la guerre en Irak s’intensifie à Washington.La future loi irakienne sur le pétrole et le gaz est bel et bien présente dans la joute politique que l'on se livre au Capitole, mais elle est presque toujours présentée sous son aspect positif (la péréquation à l’intérieur de l’Irak).Antonia Juhasz, une activiste californienne travaillant pour Oil Change International, un «chien de garde» de l’industrie pétrolière, a montré l’autre côté de la médaille lundi dernier en publiant dans les pages du New York Times un article intitulé «Whose oil is it anyway?» («Cest à qui ce pétrole?»).VOIR PAGE B 2: PÉTROLE la mise en plac#d’un gouvernement d’unité qui n’est plus monopolisé par le Hamas.Entre ces deux lignes diplomatiques, Washington a adopté une position intermédiaire.Dans une interview à la chaîne de télévision CNN, le conseiller à la sécurité nationale de la Maison-Blanche, Stephen Hadley, a déclaré que Washington refusait de discuter avec le nouveau gouvernement palestinien tant qu’il ne respecterait pas les trois principes fixés par le Quartet: renoncement à la violence, reconnaissance d’Israël et des accords de paix passés.La Maison-Blanche répond aux opposants à la guerrre JEAN-LOUIS SANTINI Washington — L’administration Bush a défendu avec force hier sa stratégie d’envoi de renforts en Irak, alors que les démocrates majoritaires au Congrès s’efforcent de mettre fin à cette guerre de plus en plus impopulaire aux États-Unis et que les opposants à la guerre en Irak prenaient le relais à New York, et ailleurs aux États-Unis, des dizaines de milliers de manifestants qui ont défilé samedi à Washington et Los Angeles.Pour le secrétaire à la défense, Robert Gates, l’envoi de plus de 25 000 soldats américains supplémentaires depuis le début de l’année, doit permettre de donner du temps aux Irakiens pour assurer eux-mêmes leur sécurité.«Nous leur donnons davantage de temps.C’est le sens de cette stratégie», a-t-il affirmé hier dans une interview sur la chaîne ABC.«Nous pouvons [ainsi] les aider [.] à rendre leurs forces militaires capables d’assurer leur sécurité», a-t-il ajouté.Robert Gates est resté très prudent sur les premiers résultats de la nouvelle stratégie et ses chances de succès.«Je pense qu’il est très tôt», mais «jusqu’à présent ça se passe bien», a-t-il estimé.«Le général Petraeus, qui commande les forces en Irak, a dit qu’on ne saura probablement pas avant l’été si nous avons réussi ou si nous avons échoué», a rappelé M.Gates.«Les, Irakiens respectent leurs engagements» à l’égard des États-Unis, s’est aussi félicité le secrétaire à la Défense, précisant notamment qu’ils fournissaient les troupes promises et qu’il n’y avait pas d’ingérence politique dans les opérations de sécurité.Le conseiller à la sécurité du président Bush, Stephen Hadley, a lui aussi estimé sur la chaîne CNN hier que le premier ministre Nouri al-Maliki, dont le Congrès et la Maison-Blanche avaient critiqué l’impuissance ou le double-jeu, avait «gagné en confiance en soi et en compétence».M.Gates a aussi critiqué les efforts des démocrates pour forcer le président à s’engager sur un calendrier de retrait des troupes.Selon lui, le projet de loi budgétaire démocrate à la Chambre vise surtout «à un retrait [des troupes] sans tenir compte des circonstances sur le terrain» plutôt que de créer une situation favorisant une réconciliation nationale en Irak.VOIR PAGE B 2: GUERRE KIMBERLY WHITE REUTERS Les manifestations contre la guerre se sont Roursuivies hier aux États-Unis, notamment à lew York et à San Francisco (notre photo).VOIR PAGE B 2: ISRAËL I ARCHIVES REUTERS Avec le changement proposé, c’est tout le partage de la rente pétrolière qui serait bouleversé.tr.wmM y À qui appartiendra le pétrole irakien?La loi sur les hydrocarbures retirerait la majorité des gisements de pétrole du contrôle de l’Etat CLAUDE LÉVESQUE ?v LE DEVOIR, LE LUNDI 19 MARS 2007 B 2 LE MONDE John R.MacArthur Je suis un sans-abri Lorsque je médite sur la candidature de Nicolas Sarkozy (et bien sûr, en cette époque surmédiatisée, sur son visage implacable et combatif), l’imagç qui me vient à l’esprit est celle de son passage aux Etats-Unis en septembre 2006.C’est à ce moment-là que j’ai remarqué une photographie du ministre de l’Intérieur (déjà le candidat présidentiel quasi officiel de la droite respectable) souriant à la une de France-Amérique, la main tendue à George Bush dans le Bureau ovale.Selon le journal, Sarkozy avait passé 35 minuteslavec le chef d’Etat américain «au cours desquelles il a dit vouloir rebâtir la relation transatlantique».Dire que j’étais dégoûté par cette entrée en matière purement politique (faisant prétendument partie d’un hommage aux victimes du 11-Septembre) serait bien en dessous de la vérité.Voir le probable futur président de ma République maternelle en pourparlers entièrement gratuits avec l’abominable président actuel de ma République paternelle m’a fait jurer que je ne voterais jamais pour celui qui courtise un tel vaurien.Ceux qui haussent les épaules devant le jeu politique ignorent tout simplement la gravité des dégâts commis par Bush contre le fondement constitutionnel des Etats-Unis.Quand même, on ne peut pas congédier Sarkozy «l'Américain» aussi facilement, comme le font ses critiques de la gauche en France.Parlant d’insultes contre la bienséance, on vient juste d’être confronté à l’image perturbante de Lula, grand héros de la gauche à la mode, serrant dans ses bras le président américain lors de sa visite officielle au Brésil.En politique, il semble que tout soit admissible, à gauche comme à droite.La visite de Sarkozy mise à part, je me pose cette question: de quoi Sarkozy le «Français» parle-t-il?Quand l’ancien maire de l’ultrabourgeoise banlieue de Neuilly-sur-Seine joue le radical qui «revendique la rupture» avec le passé politique, on peut assurément en rire.Durant ma jeunesse, dans les années soixante, j’ai passé deux étés dans le calme et confortable appartement de ma grand-mère en plein Neuilly et, lorsque j’y retourne, soit pour des soirées chic soit pour me balader avec les enfants au verdoyant Jardin d’acclimatation, je remarque très peu de rupture avec le passé.Au contraire.En revanche, on pourrait aussi espérer que Sarkozy, ce fils d’immigrés arriviste (et, heureusement, non diplômé de l'élitiste École nationale d’administration), veut carrément réduire et disperser le pouvoir de la petite oligarchie politique et financière qui gère la France depuis longtemps.D’autre part, quand Sarkozy prône sa politique d’immigration «choisie» et non pas «subie», j'applaudis.Bien qu’il se déclare «pour le libéralisme économique», Sarkozy est suffisamment nationaliste pour — du moins je l’espère — comprendre la vérité économique qui s’applique lors d'un influx de milliers de sans-papiers: un surplus d’ouvriers, soit légaux ou illégaux, réalité économique qui fait baisser les salaires des citoyens les moins fortunés.La gauche sentimentale, incarnée aujourd’hui par la maladroite Ségolène Royal, a oublié cette règle du marché de la main-d’œuvre.Grâce au socialisme de Lionel Jospin, qui a régularisé trop facilement les clandestins, le crypto-fasciste Jean-Marie Le Pen a pu profiter, en 2002, des ouvriers désabusés, dont d'anciens communistes, qui ne savaient ni où ni comment exprimer leur colère.Bousculés par la délocalisation de leurs emplois vers l’Europe de l’Est et l’Asie, se sentant abandonnés par un Parti socialiste obsédé par le rêve d’une grande Europe sociale (un genre d’internationale de gauche continentale et bureaucratique), beaucoup parmi les chômeurs du Nord industriel ont voté pour un vrai radical.En fait, la gauche devenue bourgeoise a laissé tomber son devoir envers la classe la plus vulnérable devant la globalisation.Et voilà encore que Sarkozy s’est montré plus malin que ses rivaux humanistes.En parlant de «discrimination positive» (idée très progressiste à l’américaine) «pour celui qui a moins», Sarkozy contourne ceux qui l’accusent d’être un extrémiste de droite caché.De ce coté-là, son audace est admirable.Dans un entretien avec Le Figaro magazine, en septembre dernier, il a déclaré: «La discrimination positive à la française doit être limitée dans le temps, y compris pour la parité.Le jour où il y aura autant de femmes que d’hommes parmi les élus politiques, on n’aura plus besoin de quotas.» Si seulement Sarkozy ne s’affichât pas comme un «libéral économique»-, si seulement il n’avait pas parlé de «racaille» et de «nettoyer» les mauvais quartiers; si seulement il n’avait pas tendu la main à Bush, je pourrais voter pour lui.Mais je reste un électeur sans abri.Quant à moi, le fait le plus notable de cette campagne extrêmement serrée est que les trois candidats majeurs ont tous appuyé le Oui dans le référendum sur la Constitution européenne, alors que 55 % des Français ont voté Non il y a seulement deux ans.Où donc se trouve le porte-parole de cette majorité qui prendrait la relève de la lutte contre les forces néolibérales et anti démocratiques promues dans cette Constitution rédigée par le doyen de la droite élitiste, Valéry Giscard d’Estaing?Personne n'ose dire ce qu’il en est de ce «projet d’Europe» que soutiennent Royal, Sarkozy et Bayrou.La vérité est qu’il n’y aura jamais un consensus économique entre les ultralibéraux thatchéristes et blairiste sen Grande-Bretagne et les gaullistes nationalistes en France.La mode de la mondialisation est finie, tout comme le temps de l’ingérence militaire à la Blair-Bush.Oui, l’Europe existera, mais sans politiques étrangère et économique réellement commîmes.A part Le Pen, il ne reste que José Bové qui s’exprime clairement sur la question primordiale du libéralisme économique sans avoir recours au racisme ou au dogmatisme communiste: «La France n’a jamais été aussi inégalitaire», répète l’homme à moustache, malgré son faible soutien dans les sondages.«Un grand patron gagne 300fois plus qu’un smicard.Les plus riches désertent leur devoir fiscal quand 100 OOO perstmnes dorment dans la rue.H est temps de décréter l'insurrection électorale contre le libéralisme économique.» Question franchise, Sarkozy ne pourrait pas mieux faire.John R.MacArthur est éditeur du mofiarlne américain Harper’s.ZIMBABWE Les autorités empêchent l’opposition de quitter le pays GODFREY MARAWANYIKA Harare — Les autorités zimbabwéennes ont intensifié leurs efforts hier pour empêcher les membres de l’opposition de quitter le pays, alors que son leader, Morgan Tsvangirai, a estimé que la crise dans le pays avait «atteint son apogée».Nelson Chamisa, porte-parole du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), a été «grièvement blessé à la tête» hier «par des agents de la sécurité» à l’aéroport d’Harare, a déclaré un responsable du parti.Il a été agressé par des homrqes, soupçonnés d’être des agents de la sécurité d’État alors qu’il se rendait à l’aéroport d'où il devait s’envoler pour Bruxelles.Il devait y participer à une réunion des pays ACP (Afrique, Caraïbes, Pacifique) et l’Union européenne, a déclaré à l’AFP le porte-parole du parti, William Bango.M.Chamisa faisait partie d’un groupe de 49 personnes, dont M.Tsvangirai, qui avaient subi des violences lors de leur détention après leur arrestation par la police avant un rassemblement de l’opposition, le 11 mars.La diffusion des images du visage tuméfié de M.Tsvangirai avait soulevé l’indignation de la communauté internationale et notamment des États-Unis et de l’Union européenne.M.Chamisa est devenu le quatrième membre de l’opposition à avoir été empêché de quitter le pays durant les deux derniers jours.Arthur Mutambara, leader d'une des composantes de l’opposition zimbabwéenne, a été interpellé samedi à l’aéroport de Harare alors qu’il s’apprêtait à se rendre en Afrique du Sud.Deux militantes du MDC, Grace Kwinje et Sekai Holland, ont également été empêchées de quitter le territoire par des agents de sécurité alors qu’elles souhaitaient se rendre en Afrique du Sud pour des soins médicaux.«C’est une tentative pour empêcher le monde de voir exactement à quelle brutalité sont soumis les membres du MDC et d’autres militants des droits civiques», a indiqué Rashweat Mukundu, membre de la coalition Save Zimbabwe Campaign, qui regroupe ONG, partis politiques et syndicats.«Le gouvernement se comporte maintenant comme un quelconque groupe rebelle», a-t-il ajouté.Peu avant l’agression de M- Chamisa, Morgan Tsvangirai a estimé que la crise au Zimbabwe avait «atteint son apogée», dans une interview à la chaîne de télévision BBC1.Prié de dire si le Zimbabwe était sur le point de connaître «un moment de libération», le leader de l’opposition a répondu: «La situation n’est pas bonne, mais je pense que la crise a atteint son apogée et que nous pourrions assister au début de la fin de la dictature.» Agence France-Presse Réforme contestée en Égypte ”1 l4jf “XWI rit1*-»/ •« * *>"«
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