Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier G
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (10)

Références

Le devoir, 2003-03-29, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 !» ET DI M A X (' H E 3 O MARS 2 (I O 3 LE DEVOIR Arts et culture Prix ou Conseil des arts de Montréal Véronique Lacroix « C'est la joie ! » Quelques heures à peine après que l’Ensemble contemporain de Montréal eut reçu le Grand Prix 2002 du Conseil des arts de Montréal pour l’événement Cage en liberté, concert et musicircus, Véronique Lacroix est toujours au septième ciel.Page 3 Maurice Forget Dans la nouvelle ville, le Conseil des arts de Montréal a vu sa réalité légèrement transformée.Pour le président du Conseil, l'essentiel demeure toutefois: soutenir la création artistique, avec argent et autonomie à l'appui.Page 9 Premier onse JL/ljr il r~ r~ B «««Ml Soutenir 230 compagnies en danse, théâtre, musique, arts visuels, arts médiatiques, arts multidisciplinaires, littérature et vidéo wine De la rue Viger à la rue Saint-Urbain, la distance n’est pas bien grande.Avec le temps, elle devient toutefois énorme.D est loin le temps où Léon Z.Patenaude assumait la présidence de l’organisme.Alors, pour reprendre ses propos, le Conseil des arts de Montréal subventionnait bien les organismes culturels, mais d’abord ceux qui permettaient aux gens de bien se vêtir pour les sorties car ne Mait-il point, disait-il, augmenter par la présentation de spectacles les revenus de la taxe de vente, source de laquelle découlaient les fonds qui alimentaient le programme de fonctionnement de l’organisme ?Aujourd’hui, l’institution, devenue à nouveau, après les fiisions, le Conseil des arts de Montréal, succédant au CACUM (Conseil des arts de la Communauté urbaine de Montréal), a depuis un moment déménagé ses pénates sur la rue .Saint-Urbain, dans cet édifice conçu par l’architecte Cormier pour l’Ecole d’architecture d’alors.Cela a-t-il eu une incidence sur la teneur des propos qui précisent l’orientation de l’organisme?C’est à voir.Toujours est-il que, pour l’actuelle directrice, Danielle Sauvage, «la mission du CAM est de soutenir l’excellence dans la création, la production et la diffusion artistiques professionnelles.Nous appuyons 230 compagnies de danse, théâtre, musique, arts visuels, arts médiatiques, arts multidisciplinaires, littérature et vidéo».Un tel appui se fait avec un regard jeté davantage sur l’excellence des productions que sur les lieux ou la tenue vestimentaire de ceux qui y assistenL Montréal peut se féliciter d’abriter en son sein un tel Conseil.Il a été le premier de cette nature à être établi au Canada, avant celui d’Ottawa et bien avant que Québec ne mette sur pied le CALQ, le Conseil des arts et lettres du Québec.Pourtant, à budgets comparés, la différence entre ces organismes est grande, l’organisme montréalais fonctionnant cette année avec un maigre budget totalisant neuf millions de dollars, ce qui inclut tant les sommes allant aux prograimnes de subventions qu’à ceux des tournées, ainsi que les budgets de fonctionnement ou d’administration: qui nous dit qu’un jour on ne demandera pas au CAM de déménager dans des locaux plus modestes, sous prétexte d’augmenter indirectement les programmes de subventions, trouvant ainsi moyen de pas investir plus?Aide première Le rôle du CAM dans l’établissement du paysage culturel de Montréal a pourtant été bien réel: plus d’un organisme a pu compter sur son aide au moment de son démarrage.Aussi, quand l’actuelle administration municipale met de l’avant une politique de développement de la ville s’appuyant entre autres sur le secteur culturel, il y aurait donc motif de réjouissance.Cette volonté politique est cependant contrée par des besoins réels qui dépassent de loin la dernière augmentation accordée.Comme l’indique le président de l’organisme, Maurice Forget, «les 350 OOO $ obtenus représentent seulement 20 % de ce qui nous avait été promis dans le cadre du Sommet de Montréal.Nous parlions alors d’un budget total de 10 millions de dollars.Actuellement nous atteignons à peine les 9,05 millions.C’est bien peu, compte tenu du fait que nos besoins réels sont estimés à 16 millions de dollars.» Pourtant, comme le disait M.Forget lors de son allocution prononcée à l’occasion de la remise lundi dernier des prix du Conseil, «Montréal est un incubateur, un lieu d’accueil pour les artistes émergents.Savez-vous que Montréal est, après Rotterdam et Barcelone, la troisième ville au monde où les arts médiatiques se développent de façon aussi spectaculaire?Et y a-t-il une autre ville au pays qui aurait pu accueillir avec autant de ferveur la naissance d’un festival comme Montréal/Nouvelles Musiques, qui a eu lieu il y a quelques semaines?Et les salles étaient pleines.1» Et quoi de mieux aussi pour décrire l’orientation du Conseil et la nature des œuvres qu’il veut soutenir que de rappeler que le grand gagnant pour 2002 a été l’Ensemble contemporain de Montréal, pour un événement de création pure comme l’a été ce Cage en liberté présenté à l’automne dernier! Aussi, pour garantir son autonomie et assumer le mandat qu’il s’est donné — soutenir la création sous toutes ses formes —, le Conseil va plus loin dans ses demandes que la seule obtention d’une autonomie financière.Il veut devenir un organisme indépendant, non soumis au pouvoir politique (qui peut d’une élection à l’autre «repenser» les priorités montréalaises), mais toujours régi par les critères qui ont fait qu’au cours des années, les gens d’art et de culture l’ont soutenu.Avec l’approbation du public d’ailleurs.Il semblerait que la demande soit légitime, quand on est un «vieux» conseil.Que nul ne décrie d’ailleurs.Montréal, qui se veut une métropole culturelle à l’échelle internationale, a vraiment besoin d’un organisme capable de soutenir les initiatives locales.Normand Thériault Conseil des arts Lauréats 2002 Arts médiatiques: Arts visuels: de Montréal Théâtre: ACREQ Quartier éphémère Orientations et programmes Coups de théâtre Page 6 Page 8 Page 2 Page 4 Cinéma: Littérature: Danse: RIDM Mœbius Danse-Cité Page 7 Page 8 Page 5 aux finalistes du Grand Prix du Conseil des arts de Montréal, qui participent à l’expression de notre culture et nous font partager leur énergie créatrice.Culture et Communications Québec C3 C3 ES E3 (i 2 PRIX DU CONSEIL DES ARTS Direction générale Donner accès à l’excellence Les subventions du Conseil ne comptent que pour 4 % du budget général des compagnies subventionnées Depuis les fusions municipales, le Conseil des arts de Montréal procède à une transformation en profondeur pour éviter les dédoublements des services de développement culturel.Mais cela n’est pas un problème majeur.Par contre, comment faire en sorte que le Conseil réponde vraiment aux besoins du milieu culturel tout en venant en aide aux divers organismes qui chaque année surgissent sur le territoire de la nouvelle ville de Montréal?Une directrice face au développement futur du premier Conseil des arts créé au Canada.JESSICA NADEAU Métropole culturelle du Canada, Montréal regorge de salles de spectacles, de théâtres, de musées.Avec ses nombreux festivals, qui attirent des milliers de touristes chaque année, la métropole s’est forgé une réputation artistique enviable sur la scène internationale.Depuis sa création, en 1956, le Conseil des arts de Montréal (CAM) a joué un rôle important dans le rayonnement artistique de la métropole.Il a vu son rôle s’accroître depuis son intégration à la Communauté urbaine de Montréal en 1980.L’un de ses principes fondateurs veut qu’il soit indépendant de toute influence politique.«La mission du CAM est de soutenir l'excellence dans la création, la production et la diffusion artistiques professionnelles.Nous appuyons 230 compagnies de danse, théâtre, musique, arts visuels, arts médiatiques.arts multidisciplinaires, littérature et vidéo», rappelle la nouvelle directrice, Danielle Sauvage.Pour ce faire, le Conseil distribue des subventions, met sur pied des programmes de tournée qui ont conquis les publics, fait du repérage et facilite l'accès, pour les petites et moyennes compagnies, à des salles de répétition et à une aide technique.Son rôle est complémentaire à celui joué par les Conseils des arts d'Ottawa et de Québec, dont les contributions au milieu des arts de la région métropolitaine demeurent plus importantes.Démocratisation des arts Devenu célèbre au fil des années, le programme Jouer dans Hie vise une plus large diffusion des arts de la scène tels que la danse, le théâtre et la musique.«À Montréal, 85 % des spectacles sont présentés au centre-ville.Nous souhaitons les rendre plus accessibles en les diffusant gratuitement ou à faible coût dans des maisons de la culture, des écoles, des églises.» Cette initiative de démocratisation des arts permet au grand public, qui n’a pas toujours les moyens d’assister à des productions de grande envergure, de slni- SOURCE CAM Danielle Sauvage, directrice du Conseil des arts de Montréal.tier aux arts de la scène ou de découvrir de nouvelles compagnies, toutes reconnues et acclamées par la critique.Jouer dans Lfle offre aux spectacles une deuxième vie.Suite au succès de Jouer dans l’île qui, depuis 1983, a permis à des milliers de citoyens d’assister gratuitement à des représentations de qualité, le Conseil des arts de Montréal a mis sur pied le programme Exposer dans l’île en 1987.Poursuivant les mêmes objectifs de diffusion des activités artistiques, ce programme de tournées consacré aux arts visuels alimente un réseau d’accueil pour les expositions itinérantes.«Grâce aux subventions du Conseil, les institutions muséologiques organisent des expositions à partir d’œuvres des collections permanentes qui circulent dans les petites galeries à l’extérieur du centre-ville.» Avec lire dans l'île, les écrivains font des lectures publiques de leurs œuvres dans des bibliothèques ou des petites salles de diffusion.Enfin, le programme Arts et conunu-nauté permet à la population d’assister aux récitals de gros ensembles tels que l’Orchestre métropolitain du Grand Montréal.Manque de budget Gelé depuis 1991, le budget du Conseil des arts de Montréal attribué par la Vile de Montréal a enfin débloqué l’an dernier.de peu.«Nous avons reçu 350 000 $ de plus depuis l’an dernier, ce qui nous porte à 9 millions.» La somme peut sembler considérable, mais une fois répartie entre les 230 compagnies subveiltionnées par le CAM, elle s’avère plus qu’insuffisante.«Les subventions que nous accordons aux compagnies ne représentent que 4 % de leurs budgets», soutient la directrice.Pour consolider les organismes présentement subventionnés et répondre aux nombreuses compagnies qui demandent des subventions, le CAM évalue les besoins à 16,5 millions de dollars.CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL Félicitations à tous les finalistes du Grand Prix 2002 L'Association pour la création et la recherche électroacoustiques du Québec (ACREQ)- ELEKTRA L'Association culturelle Quartier Éphémère Les Rencontres internationales du documentaire de Montréal Danse-Cité La revue littéraire Moebius L'Ensemble contemporain de Montréal Les Coups de théâtre 2002 Forum international des arts jeune public JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le Conseil des arts de Montréal est logé dans l’édifice qui abritait autrefois l’École d’architecture.iïttmriT»#, « ' > 4- fÉN ~ .*ÜL v.v : ¦ ! sg-Sgs Éaiiia Un des problèmes majeurs du Conseil des arts de Montréal est son incapacité de soutenir financièrement les nouvelles compagnies, et ce, malgré le fait que l’une de ses missions soit d’accorder une attention particulière à la relève et à de nouvelles formes d’expression.En effet, une grande partie du budget est attribuée aux grandes institutions.Par exemple, en 2000,28 % des subventions octroyées par le CAM ont été versées à dix institutions qui représentent 5 % des organismes subventionnés.Parallèlement, depuis les trois dernières années, 64 nouveaux organismes ont présenté des demandes de subvention et seulement 11 ont pu être accueillis.«Chaque année, une centaine de jeunes créateurs sortent des écoles et créent leur petite compagnie.Comme nous sommes [le niveau de gou- vernement] le plus proche d’eux, ils viennent directement à nous pour demander des subventions.Et à notre grand désespoir, nous ne pouvons pas aider la relève.» Le CAM a tout de même une fonction de repérage et agit à titre de levier pour permettre aux compagnies de s'adresser aux niveaux supérieurs.Il offre des services regroupés et une aide pour se structurer, en plus de leur fournir des salles de répétition à des prix symboliques.Restructuration Depuis les fusions municipales, l’ancien CACUM procède à une transformation en profondeur de ses programmes.Le CAM tente d’éviter que des services de développement culturel ne se dédoublent et cherche de nouvelles formules de financement.«Nous sommes présentement dans un long processus d’harmonisation et ce n’est pas très clair où nous allons, mais nous voulons rationaliser et augmenter l'efficacité du CAM.» Le CAM explore certaines pistes, telles que des partenariats avec les différents niveaux de gouvernement — fédéral, provincial, régional, municipal — et avec des organismes reconnus comme le CRDIM.Il réfléchit aussi à une collaboration avec le secteur privé pour offrir des services de comptabilité, de promotion et publicité, ou des services légaux aux petites compagnies.«Nous pensons par exemple à encourager le mentorat, peut-être en mettant des conditions aux subventions des grandes compagnies.Vous savez, lorsqu’il n’y a pas beaucoup d’argent, il faut faire preuve d’imagination.» Ensemble contemporain de Montréal Dtoctrioi artistique L'ENSEMBLE CONTEMPORAIN DE MONTREAL et sa directrice artistique fondatrice Véronique Lacroix, LAURÉATS DU GRAND PRIX 2002 DU CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL pour le spectacle multidisciplinaire CAGE EN LIBERTÉ, tiennent à remercier tous les artistes et collaborateurs qui ont participé à cette folle aventure et fait de cet hommage à John Cage et à la création musicale québécoise un moment inoubliable.LES COMPOSITEURS Alain Beauchesne, John Cage, Yves Daoust Jean Lesage, André Villeneuve LES SOLISTES ET ARTISTES INVITÉS Quatuor Bozzmi, Marc Couroux, pianiste, Brigitte Poulin, pianiste, André Ristic, pianiste et compositeur, Christopher Butterfield, compositeur, Jean Derome, improvisation musicale, Jean-Pierre Gauthier, art visuel, Massimo Guerrera, performance, Sara Hanley, interprète-danseuse, Marc Hyland, compositeur, Katsumi Kimoto, peintre, Karoline Leblanc claveciniste, Pascale Malaterre, performance multimédia, Silvio Palmieri, compositeur, Dominique Porte, inter-prète-danseuse, D'Arcy Gray, percussionniste.LES MUSICIENS DE L’ECM Sous la direction de Véronique Lacroix.L'ÉQUIPE TECHNIQUE Sous la direction de Pierre Lachapelle, Mathieu Marcoux, assistant au montage sonore.SES PARTENAIRES Conservatoire de musique de Montréal Conseil des arts et des lettres du Québec Conseil des Arts du Canada Conseil des arts de Montréal Fonds de stabilisation et de consolidation des arts et de la culture du Québec Emploi-Québec Fondation Socan Chaîne culturelle de Radio-Canada Le Devoir et les commanditaires LE DEVOIR.LES SAMEDI 2D ET DIMANCHE H O MARS 2 O O A (i ;i PRIX DU CONSEIL DES ARTS j GRAND PRIX 2002 Energie de la création Les grands honneurs pour la célébration de Cage par l’Ensemble contemporain de Montréal Serge Arcuri, Marc Hyland, Isabelle Panneton, Jean Lesage, Estelle Lemire, Serge Provost et André Villeneuve, vous les connaissez?L’Ensemble contemporain de Montréal s’est donné pour mandat de faire connaître la création musicale.Pour avoir souligné avec Cage en liberté le 10' anniversaire de la mort du grand compositeur américain, l’organisme voit son travail reconnu avec l’attribution du Grand Prix 2002 du Conseil des arts de Montréal.RÉJEAN BEAUCAGE Panni les séries qui forment la saison de l’Ensemble contemporain de Montréal (ECM), celle des concerts thématiques place côte à côte des oeuvres du répertoire et des œuvres en création.Le concert Cage en liberté, présenté le 14 mai 2002 à la salle Pierre-Mercure du Centre Pierre-Péladeau, appartient à cette série de concerts thématiques.L’ECM est étonnamment le seul ensemble montréalais qui ait pensé à souligner le 10' anniversaire de la disparition, survenue le 12 août 1992, du grand révolutionnaire musical américain John Cage.Le compositeur est à l’origine du piano préparé, de l’utilisation du tournêdisque comme instrument de musique, et sa pièce la plus connue, 4’33", s’interprète en ne produisant aucun son.Mais ces arbres-là cachent trop souvent une impressionnante forêt d’œuvres riches et variées, écrites par un homme curieux et soucieux de renouveler les façons d’appréhender tant la musique elle-même que les façons de la présenter.C’est ainsi qu’en 1967, à l’université de l’Illinois, il organise le premier «musi-circus», un événement durant lequel plusieurs participants présentent simultanément et indépendamment des œuvres (musicales, picturales ou autres) à un publiç qui déambule à travers elles.Evidemment, les différentes œuvres présentées interfèrent les unes avec les autres et le public, au gré de sa visite, participe au hasard des créations spontanées.Musicircus L’ECM a choisi de rendre hommage à Cage en présentant dans la même soirée trois mini-concerts entrecoupés de musicircus.On a ainsi pu entendre dans un premier temps Quatuor à cordes II, de Jean Lesage, interprété par le Quatuor Bozzini, et les Sonates et Interludes pour piano préparé de Cage, interprétés brillamment par Brigitte Poulin.Le deuxième mini-concert était particulier en ce sens que le compositeur Alain Beauchesne y présentait son œuvre, L’heure de s’enivrer, interprétée par l’ECM et Véronique Lacroix, en superposition à trois autres œuvres de John Cage, soit Concert for piano, interprétée par Marc Couroux, Indeterminacy, une lecture de textes par Christopher Butterfield, et Fontana Mix, une réalisation électronique interprétée par Yves Daoust assisté de Mathieu Marcoux et d’un membre de l’assistance.John Cage présentait fréquemment certaines de ses œuvres en si-multanéité, comme il le fit par exemple lors de son passage à Montréal en 1961 pour la Semaine internationale de musique actuelle organisée par Pierre Mercure; le pubKc put alors assister à la création de Atlas Eclipticalis pour orchestre de chambre amplifié et modifié électroniquement, jouée simultanément à Winter Music, pour piano (s).Le troisième mini-concert de la soirée faisait entendre Hamwnia-Geo-metria-Nostalgia, d’André Villeneuve, interprétée par l'ECM sous la direction de Véronique Lacroix et Fourteen, de John Cage interprétée au piano à archet par André Ristic.Performances Entre chacun des programmes, le public était accueilli à l'extérieur de la salle de concert par le musicircus, un capharnaüm d’expressions artistiques débridées où se croisaient sur deux étages les productions de Marc Hyland et Silvio Palmieri (installations sonores), Christopher Butterfield (musique interprétée au clavecin par Karoline Leblanc), Massimo Guerrera (performance sur le thème du silence), André Ristic (composition pour téléphones cellulaires), Jean-Pierre Gauthier (sculptures sonores), Jean Derome (improvisation sur divers instruments), Katsumi Kimoto (peinture en direct), Pascale Mala-terre (performance multimédia), Dominique Porte et Sara Hanley (danseuses).L’atmosphère de douce anarchie qui émanait de cette cour des miracles postmoderne valait à elle seule le déplacement! Le dimanche 24 novembre, lors du gala de remise des prix Opus du Conseil québécois de la musique, l’Ensemble contemporain de Montréal et sa directrice artistique Véronique Lacroix voyaient leurs audaces récopipensées par le prix décerné à l’Evénement musical de l’année pour la folle soirée Cage en liberté.Cette semaine, c’était au tour du Conseil des arts de Montréal de lui attribuer son Grand Prix.Une directrice engagée Le moins que l’on puisse dire est que la directrice artistique de l’ECM, Véronique Lacroix, aime les défis.A la veille de sortir du Conservatoire de musique du Québec, en 1987, elle fonde l’ECM et le dote d’un mandat clair ¦ participer à la formation des jeunes compositeurs; ¦ inciter les jeunes interprètes professionnels à aborder le répertoire contemporain et la création; ¦ stimuler la création musicale en interprétant des œuvres commandées à de jeunes compositeurs québécois; ¦ donner à ces créateurs une visibilité, mais aussi des structures variées pour explorer et approfondir leur art ¦ promouvoir la création musicale contemporaine auprès d’un large public.C’est peut-être alors qu’elle était flûtiste au sein de l'Orchestre national des jeunes du Canada ou lorsqu’elle dirigeait l’Orchestre symphonique des jeunes de Chicoutimi que Véronique Lacroix a décidé de miser sur l'énergie propre aux ensembles de jeunes musiciens et de promouvoir l’activité des jeunes compositeurs.Quoi qu’il en soit, en 1994, l'ECM faisait paraître son premier disque, intitule Fin de siècle, qui pennettait au public de découvrir des œuvres de Serge Arcuri, Marc Hyland, Isabelle Panneton, Jean Lesage, Estelle Lemire, Serge Provost et André Villeneuve.Nouveaux territoires Le sixième disque de l’ECM, paru tout récemment chez ATMA s’intitule Nouveaux Territoires 2 et démontre bien le flair exceptionnel de Véronique Lacroix.Les œuvres sont celles qui figuraient au programme du concert Unions libres, que l’ECM donnait à Québec et à Montréal en 2000.L’œuvre d’André Ristic, Catalogue de bombes occidentales, s’est mérité le prix Jules-Lé-ger cette même année-là, tandis que Yannick Plamondon, le compositeur de Fast sur ce disque, a reçu le même prix en 2002.Sean Ferguson, qui propose sur ce disque Apocryphal Graffiti, recevait quant à lui en 2002 une commande conjointe de Radio-Canada et RadioFrance pour une œuvre orchestrale qui fut créée au festival Présences en février à Paris, et à Montréal /Nouvelles Musiques en mars.Michael Oesterle, dont une œuvre figurait au même programme mais n’est pas sur le disque pour des raisons techniques, était nommé en mars 2001 compositeur en résidence à l'Orchestre métropolitain du Grand Montréal.SOIIKCI I CM Véronique Lacroix dirigeant l’Ensemble contemporain de Montréal.«Aller plus loin, plus fort et mieux!» — Véronique Lacroix la joie!» Quelques '' V—' heures à peine après que l’ECM ait reçu le Grand Prix 2002 du Conseil des arts de Montréal pour l'événement Cage en liberté, concert et musicircus, Véronique Lacroix est toujours au septième ciel.«C'est certain que, pour moi, c’est la reconnaissance de 15 années de travail.C’est quand même l’un des prix les plus prestigieux que l’on puisse recevoir dans notre discipline à Montréal! Bien sûr, il couronne un événement en particulier, mais je pense que ça souligne aussi la contribution de l’organisme au milieu de la création.» D'autant plus, en effet, que la soirée en hommage à John Cage constituait pratiquement une synthèse des différentes approches adoptées par l’ECM au cours de son histoire.La directrice artistique acquiesce: «Cette soirée s’inscrivait dans notre tradition de concerts thématiques et ce Grand Prix vient confirmer tout le travail, la foi, la vision, tout ce qu’on a mis dans l'ECM depuis le début.Déjà en 1987, lors de notre premier concert, nous interprétions une sérénade de Mozart et une création d’Anthony Rozankovic qui utilisait la même instrumentation, l'idée étant d’aller chercher l’auditeur et de lui présenter une oeuvre qu’il connaît et une autre qu'il ne connaît pas, en espérant qu’il nous donnera la chance de lui prouver quelle vaut aussi la peine d’être écoutée.On a par la suite développé une habitude de rencontres extraordinaires entre, d’abord, le répertoire, la création musicale d’ici et le public, puis entre la musique et d’autres disciplines artistiques, et, année après année, le travail de dissémination de la création porte ses fruits!» Unions libres à venir Le coup de chapeau du CAM vient à point, alors que l’ECM s’apprête à présenter au public, le 6 mai prochain à la salle Pierre-Mercure, le concert thématique de sa saison 2002-2003.Intitulé Unions libres II, il reprend d'ailleurs des éléments qui ont contribué au succès de la soirée Cage en liberté.Véronique Lacroix s’enflamme à l’approche de cette nouvelle aventure.«Le projet Cage était dérivé de notre expérience de 2000, avec Unions libres, où la musique se mêlait au cinéma, à la danse, à la peinture et à la poésie.Cette fois, Unions libres II s'inspire du projet Cage avec le prélude au concert.Comme dans un concert rock avec une première partie, on invite les gens à se présenter à 18h30 pour entendre Six Pianos de Steve Reich avec une projection du vidéaste Yan Breuleux et une création de l’électroacousticien lx)uis Dufort, un peu un remixe de la pièce de Reich, également accompagnée visuellement par Yan Breuleux.Pour le concert, ce sont les mêmes compositeurs qui participaient à Unions libres en 2000, encore une fois en collaboration avec un autre artiste de leur choix: Michael Oesterle avec la peintre Christine Unger, André Ristic avec le VJ Frédé- ric Saint-Hilaire, Yannick Plamondon avec le cinéaste Justin Antippa et Sean Ferguson avec l’écrivaine Nathalie Mamias.Pour le moment, je n'ai encore vu que des esquisses de tout ça, mais c'est ça la création! Je “compose’’ la soirée comme Cage composait souvent ses œuvres, soit en offrant une structure dans laquelle les artistes sont invités à évoluer librement.Le merveilleux comme l’effrayant avec l’ECM, c’est qu’il s'agit vraiment d’une aventure: on stimule les compositeurs à se dépasser, mais pour ça, on doit être prêt à se dépasser aussi, et à en accepter les risques.C’est pourquoi ce prix-là est extrêmement significatif à nos yeux.» Et on a des projets pour les 25 000 $ qui accompagnent le prix?«On n’y a pas vraiment pensé, parce que l’on ne voulait pas créer inutilement des attentes.Dans tous les cas, il est clair que ça mm servira à soutenir la création; ça nous permettra d’aller plus loin, plus fort et mieux!» R.B.QHCa Société de musique contemporaine du Québec Waller Boudreau, directeur artistique La Société de musique contemporaine du Québec tient à féliciter chaleureusement les finalistes du Grand Prix annuel du Conseil des arts de Montréal et particulièrement l'ACREQ et l'ECM, partenaires lors de la première édition du festival international Montréal/Nouvelles Musiques ! > Unions Libres II s allia 6 mai 2003 13h.entracte bouffe illustré Ensemble; contemporain ; de Montréal MUSIQUE > PEINTURE > THÉÂTRE > CINÉMA > VIDÉO Québec "" 3 ‘ni iliH pour 5 œuvres multiformes et une œuvre de Steve Reich ( «•nlrt» l’ir/rr IVI.mIimii Î'TvM' ï II IM U»ll: Montréal La vitalité de notre métropole culturelle prend sa source dans le formidable élan innove.{unmnma f créateur de ses artistes et artisans.Montréal salue leur talent, leur dynamisme et leur créé.dnhdïïb r rayonne • • • volonté constante d'innover, www.ville.montreal.qc.ca/culture Ville de Montréal LE DEVOIR.LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 MARS 2003 • PRIX DU CONSEIL DES ARTS * j THÉÂTRE Un pari insensé Le festival Coups de théâtre est devenu un événement majeur, tous types d’arts de la scène confondus Il y a 3.3 ans, il fallait être un peu fou pour songer à mettre sur pied un festival consacré tout entier au théâtre jeunes publics.Aujourd’hui, après sept éditions des Coups de théâtre, des milliers de jeunes spectateurs et quelque cent productions plus tard, il faut se rendre compte que Rémi Boucher avait vu juste: son festival est devenu un événement incontournable.SANNE PEPER FOTOGRAFIE Le Malade imaginaire, de la compagnie Wederzijds d’Amsterdam, présenté lors de la dernière édition du festival Coups de théâtre.si m MICHEL BÉLA IR LE DEVOIR La toute récente édition des Coups de théâtre ftit l’une des plus riches manifestations théâtrales jamais présentées ici.Outre Le Malade imaginaire de la compagnie Wederzijds d’Amsterdam, le Lennie & George du Teatre Malien du Danemark, l’étrange Personnages de la compagnie de l’Oiseau-mouche, l'audacieux Im Belle et la Bête du Puppenthea-ter der Sladt Halle et le remarquable Emile et Angèle coproduit par la compagnie Françoise , Pillet et le Théâtre Magasin auraient enrichi considérablement, à l’unité ou en bloc, la programmation de n’importe quelle compagnie de théâtre.Mais il faut se souvenir, en prenant un peu de recul, à quel point l’idée même d’un festival de théâtre consacré aux enfants était tout à fait farfelue au moment où elle a germé dans la tête de Rémi Boucher, le fondateur de l’événement.A la fin des années 1980, le «théâtre jeunesse», comme on di- sait, n'avait pas encore vraiment pris son essor ici.Il y avait bien des compagnies importantes en place: presque toutes ceUes qui alimentent aujourd’hui les scènes québécoises étaient déjà là, oui, puisqu’elles ont toutes fêté leur quart de siècle.Mais elles cherchaient encore pour la plupart à s’inscrire plus largement dans le paysage culturel.En d’autres mots: à se faire voir.Simplement.On avait bien commencé à se regrouper et à créer des lieux de diffusion: la Maison Théâtre à Montréal a pris forme en 1984 et Les Gros Becs en 1987, à Québec.Mais à l’époque, il n'y a pas encore vraiment de réseau de diffusion.Et, grosso modo, qu’on le veuille ou non, le théâtre pour les jeunes publics n’est alors perçu que comme une sorte de sympathique succursale du grand, du vrai théâtre pour les grands.Il y a aussi que le répertoire était mince: même en fouillant, on trouve à peine un «classique» par compagnie.Pourtant, brusquement presque, les choses se met- tent à changer rapidement en l’espace d’à peine une dizaine d’années, les textes, les productions et les compagnies se multiplient de façon presque exponentielle, les circuits de diffusion se ramifient et le théâtre jeunes publics se diversifie et se fragmente tellement qu’il faut maintenant lui enfiler des «s» partout quand on y fait simplement allusion! L’explosion de créativité qui a marqué les années 1990 est la résultante d’une foule de facteurs, bien sûr.Tout à coup, les compagnies ayant survécu aux difficiles années 1980 se sont retrouvées devant un marché tout neuf et les maisons spécialisées dans la diffusion ont connu un essor fulgurant Mais parmi les facteurs importants expliquant l’émergence et la force du théâtre jeunes publics ici et ailleurs, il faut souligner la création du festival Coups de théâtre par Rémi Boucher en 1990.Comme par hasard, Boucher dirigeait alors la Maison Théâtre.Il était donc bien posté pour sentir le vent tourner.Double rayonnement La création du festival allait en fait ouvrir la porte toute grande à ce qui se faisait ailleurs, stimuler le milieu et multiplier les approches.Tout ce qui s’est fait depuis dix ans ne découle pas directement de la création du festival, loin de là, mais la mouvance qui s'est mise en place depuis 1990 en est tributaire.On peut parler en fait d’un double rayonnement Dans une sorte de premier temps, on a d’abord constaté que les compagnies québécoises avaient un impact de plus en plus marqué sur la scène internationale.On ne compte plus, en fait, les compagnies d’ici qui étendent leurs tournées à l’Europe et même à l’Asie et à l’Amérique du Sud.Il serait d’ailleurs plus simple et beaucoup moins long d’établir la liste de celles qui ne le font pas.En participant à des festivals et/ou en signant des accords de diffusion et de création avec des compagnies européennes — surtout en France, en Belgique et en Italie —, les compagnies québécoises sont devenues des grandes voyageuses semant le virus du théâtre jeunes publics sur presque tous les continents.Ce qui, par la bande pourrait-on dire, leur permet aussi de sillonner le Québec tout entier avec des productions quelles n'ont plus de mal à rentabiliser.Et de toucher ainsi de plus en plus d’enfants.Mais l’impact et le rayonnement des Coups de théâtre se fait aussi sentir dans l'autre sens: celui des compagnies qui viennent présenter leur spectacle au festival et qui marquent profondément le milieu.Les meilleurs exemples en sont probablement Mère et enfants d'Alain Platel (Coups de théâtre, 19%), Tempête de la compagnie hollandaise Stella den Haag (Coups de théâtre, 1998) et La Jeune fille, la maman et la poubelle de la com- pagnie suédoise Unga Klara en 2000.Il ne serait d’ailleurs pas étonnant que la bouleversante version du Malade imaginaire du Néerlandais Ad de Sont, présentée lors de la dernière édition du festival en novembre 2002, soit en lice pour le Masque de la meilleure production étrangère.D y a aussi que Rémi Boucher a su rapidement intégrer la danse et la musique à son festival en faisant ainsi une fenêtre encore plus largement ouverte sur les arts de la scène.Cela aura déjà permis aux enfants d'aborder l’opéra contemporain (Pacamambo-Topéra, de Chants libres, en 2002) et la musique actuelle (20 Jacks 1/4, en 2002) tout autant que la danse ou même l’installation (Amour, délices et ogre, du Théâtre des Confettis, en 2000).On est bien loin des sketches de La Boite à surprises.Depuis quelques années également, Coups de théâtre investit largement dans la coproduction de spectacles avec des organismes de diffusion comme le Carrefour du théâtre international et Les Gros Becs à Québec, mais aussi avec des compagnies locales comme l’Arrière-scène, le Théâtre de Quartier, le Carrousel, le Théâtre de l’Œil et plusieurs autres.On a même pris la bonne habitude de faire venir ici des compagnies étrangères entre les éditions du festival (Le Petit Chaperon rouge, du Gruppe 38 et Petits Peuples du marais du Théâtre de Galafro-nie, l’an dernier).Dernier impact à souligner, l’édition 2002 des Coups de théâtre ouvrait encore plus son rayonnement du côté de la diffusion en créant un volet «spectacles en décentralisation».Certaines productions du festival ont ainsi pu circuler à Terrebonne, Beloeil, Le Bic et Québec après leur passage sur les planches montréalaises.A la fin du festival, rappelons-le, Rémi Boucher avait souligné que ce n'était qu'un début Voilà comment on relève un pari insensé.JACQUES GRENIER DEVOIR Rémi Boucher, directeur du festival Coups de théâtre.Votre talent est notre raison d’être S\ îtlM.r ¦: Les compagnies québécoises sont devenues des grandes voyageuses autant ici qu’à l’étranger depuis bientôt 40 ans.¦ Ak* est fière d’applaudir les artistes d’ici.Jjl Ü ' cfb Place des Arts Québec::» - La Place de c INÉMA PARAIL3 L E .PASSloXnknj.DIFFÉRENTE \ .DEPUIS 35 ÂNSC • UAHO Prix Snm m, A—. LE DEVOIR.LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 MARS 2 0 0 3 (i r> PRIX DU CONSEIL DES ARTS DANSE Le corps mis en scène Danse-Cité est devenue une plateforme pour la relève montréalaisae Depuis maintenant 20 ans, Danse-Cité est une compagnie itinérante qui occupe diverses scènes montréalaises.Elle vise maintenant à se produire aussi ailleurs.Pour un renouvellement de la danse québécoise.ü smiKCI DANSi:CITÉ Varenka, Varenka! de Laurence Lemieux, présenté en janvier dernier, était coproduit par Danse-Cité.FRÉDÉRIQUE DOYON \ A peine terminées les célébrations entourant son 20' anniversaire en 2001-2002, l'équipe de Danse-Cité apprend, en décembre dernier, que son organisme fait partie des sept finalistes du Grand Prix du Conseil des arts de Montréal pour les quatre productions de l’année 2002.Trois mois plus tard, à la veille du dévoilement du lauréat, le fondateur et directeur artistique de Danse-Cité, Daniel Soulières, ne semble ni inquiet ni trop optimiste.Sa seule mise en nomination est une petite consécration qu’il savoure avec un mélange de légère surprise et d’assurance tranquille.«// y a si peu de prix en danse que ça surprend toujours un peu», relève-t-il avec un air de résignation tranquille.Mais plus tard dans l’entrevue, après avoir porté un regard sur le chemin parcouru par Danse-Cité, il corrigera le tir, voyant dans cette nomination la reconnaissance d’une certaine audace dont il se fait volontiers le défenseur.«Pour les gens qui osent prendre des risques, c'est une affirmation sociale et culturelle qui dit que ces productions valent la peine d’être vues», admet-il.Espace de création Daniel Soulières a surtout l’air serein de celui qui a toujours flairé l’air du temps, de manière instinctive, tout en répondant à ses aspirations profondes.Son objectif, quand il a fondé Danse-Cité en 1982, était d’assurer un espace de réelle création aux artistes, établis ou émergents, à l’écart de ce qu’offraient déjà les compagnies à répertoire.«Cela a toujours été important pour moi — et c’est ainsi que j'ai découvert la danse — d’aborder cet art par la lorgnette de la création et non par l’entremise d’un répertoire ou des visions purement techniques, raconte-t-il.Il y a beaucoup de danses où la technique n’est pas un outil mais devient une fin en soi.Et on assiste à des élans de cirque.C’est un côté de la danse qui ne m’a jamais attiré.J’ai découvert mon corps à travers la danse: le corps est un outil pour le créateur (comme la peinture ou les notes de musique) et j’ai trouvé cela fascinant depuis le début qu’on puisse utiliser le corps comme une matière à création.C'est ce qui m’a guidé pendant toutes ces années à Dance-Cité.» Cette vision de la création s’est enracinée profondément dans la structure de Danse-Cité depuis 21 ans.Discrètement mais sûrement, la compagnie s'est taillé une place unique dans le paysage de la danse montréalaise.Figure atypique, Danse-Cité se voue à la création et à la diffusion sans toutefois être rattachée à aucun théâtre.Locataire de l'Agora de la danse de 1991 à 2001, le temps de consolider son fonctionnement et son équipe, celle-ci a maintenant pignon sur la rue Jeanne-Mance, mais demeure itinérante quant à la diffusion des spectacles, choisissant ses salles au gré des projets qu’elle soutient.Ce caractère itinérant lui permet d’évoluer au gré des mouvances artistiques nouvelles, mais surtout au gré des besoins et aspirations des artistes qui demeurent au cœur de la démarche de Daniel Soulières.«La souplesse de la structure est une caractéristique très importante selon moi, explique-t-il.Tout ça pour amener les créateurs à se dépasser.L’an dernier par exemple, la thématique et l’intérêt de Carole Courtois n’étaient pas de faire un spectacle sur une scène mais dans un lieu spécifique, alors on a loué un lieu spécifique pour le temps de sa création.» Pour la relève Outre cette place centrale accordée au créateur, Danse-Cité se définit aussi comme une plateforme pour la relève montréalaise et un lieu pour explorer le mélange des genres artistiques.Ce profil remonte aux projets qui ont donné naissance à Danse-Cité, alors que Daniel Soulières gérait l’organisme Quidam (Quatuor d’improvisation en danse et en musique) ou encore la compagnie Qui Danse?de 1979 à 1982, qui, une fois élargie, est deyenue Danse-Cité.Dès lors, les Evénements de la pleine lune associent des chorégraphes-interprètes de la relève (à l’époque) telles Louise Bédard ou Ginette Laurin avec des musiciens-compositeurs comme René Lussier ou Jean Derome.«J'ai souvent tenté de mettre ensemble des genres qui se rencontraient pour la première fois, pour qu’il y ait un questionnement et une résultante», confie le directeur artistique.Il évoque alors la rencontre de 1999, effectivement intrigante, entre le metteur en scène Wajdi Moua-wad, qui se disait lui-même, à l’époque, à mille lieues de savoir danser, et l’interprète Annik Hamel — le premier chorégraphiant pour la seconde.Pourtant, Daniel Soulières commence tout juste à s’intéresser au «multidisciplinaire» tel qu’on le connaît aujourd’hui.«Mes expériences de spectateur face au multidisciplinaire ne me stimulaient pas vraiment», avoue-t-il franchement.Il flairait un peu l’imposture de cette forme d’art dont il reprochait «l'éparpillement, le manque d'approfondissement d’une idée, l'empiètement du multi sur la danse, sur l'œuvre chorégraphique».Jusqu'ici, le mariage des genres devait rester simple, épure, pour ne pas devenir un fourre tout.Ce qui ne l’a pas empêché d’oser.Cette annee, fort du projet Harwood, qui intégrait vidéo, art visuel et improvisation dansée, et de l’installation audio et vidéographique d’Alain Francœur, il reconnaît que «tout cela s’intégre beaucoup mieux».Formule intégrale Depuis 1990, la programmation de Danse-Cité compte quatre productions qui suivent, de la manière la plus équilibrée possible, deux axes principaux.La Formule intégrale donne carte blanche à un chorégraphe et le Volet Interprètes est consacré à un danseur qui souhaite pousser plus loin son talent en choisissant les créateurs qui l'entoureront.Si la Formule intégrale dérive en fait du Volet Chorégraphes institué en 1986, le Volet Interprètes constitue un tournant décisif dans l’existence de Danse-Cité.«Quand est apparue le Volet Interprètes, pour moi, cela a été un très bon coup», souligne Daniel Soulières.Dans un contexte où toute l’attention est portée sur les chorégraphes — un peu comme le cinéma est dominé par ses réalisateurs —, ce volet consacré au travail des interprètes fait figure d’innovation.Pour le directeur de Danse-Cité, l’attention portée uniquement sur les chorégraphes «n'aide pas la fréquentation des salles.parce qu’il faut s’intéresser plus à une démarche qu’à des humains qui dansent sur scène.C’est important que les chorégraphes continuent une démarche plus cérébrale, mais c’est intéressant, en contrepartie, de créer une culture d’interprètes aussi».Mais la structure ouverte de Danse-Cité permet aussi d’introduire des projets spéciaux qui servent en quelque sorte de catalyseurs aux deux volets de la programmation.C’est dans ce contexte que Daniel Soulières évoque l’autre bon coup de l’histoire de Danse-Cité, le projet Hautnah (1999) du chorégraphe allemand Félix Ruckert, qui a rempli à tout point de vue la mission dp la compagnie: nourrir la création, le créateur, le public et l’interprète.D’une part, le spectateur explorait une avenue tout à fait inusitée de la danse et du spectacle en s’isolant avec un danseur dans une petite alcôve, le temps d’une courte chorégraphie largement improvisée.D’autre part, le processus a bénéficié au chorégraphe, qui s’est fait connaître en Amérique du Nord, mais surtout, il a enrichi l’expérience des dan- seurs d’ici.«Cette œuvre-là existait pour dix chorégraphes européens, mais ça ne m'intéressait pas parce que je ne suis pas un diffuseur, précise Daniel Soulières.Moi, ce qui m’intéressait, c’est qu'il vienne transmettre son expérience et expertise à des interprètes québécois.Et il a accepté.» L’aventure a non seulement modifié sa perception de la mise en espace scénique pour les spectacles ultérieurs, mais elle a aussi grandement contribué à l’éclosion artistique de jeunes danseurs et chorégraphes tels que Emmanuel Jouthe, largement influencé par Félix Ruckert avec qui il a poursuivi sa recherche chorégraphique, et Catherine Jo-doin, partie travailler au sein de la compagnie allemande.Expansion Tout cela semble donc de bon augure pour l’avenir île Danse-Cité, qui souhaite désormais élargir la diffusion de ses projets à l’étranger.Mais avant tout, Daniel Soulières veut rallonger la période de diffusion de ses spectacles à trois semaines, voire un mois.Dès les débuts de Danse-Cité, il avait eu l’audace de programmer deux semaines de représentations, un geste jugé presque suicidaire à l’époque — et encore aujourd’hui —, mais qui s’est révélé vital pour la danse.«Déjà, en 1983, je me disais: artistiquement, deux semaines, c’est un minimum parce qu’à la deuxième semaine de diffusion, l’œuvre est plus assise, tout va plus loin, tout s’approfondit, tant chorégraphiquement que pour les interprètes.J'y croyais pour faire du développement de public et pour que les œuvres aient une certaine durée de vie.» C'est peut-être parce qu'il voit déjà loin devant lui que Daniel Soulières ne sourcille pas plus qu'il ne le faut quand on lui rappelle les fitXX) dollars qui reviennent à sa compagnie, comme à tous les finalistes du Grand Prix du Conseil des arts de Montréal.«C’est sûr que c'est réinvesti en création.Ce sera peut-être sous forme d’ajout à la programmation (l’année prochaine étant bouclée depuis deux ans).Mais en même temps, on a tellement besoin d'argent en création.Je pense que ça va plutôt être réparti sur chacune des créations.» La Nature MêMe du continENt de Jean-François Caron mise en scène d’Antoine Laprise assisté o' Annick Asseiin avec Normand Daneau Patrice Robhaille Louise Bombardier Paul-Patrick Charbonneau I Eveline Gélinas I Luc Proulx I Martin Desgagné Steve Pilarezik Sébastien Delorme les concepteurs Jean Sard Claude Accolas Stéphanie Cloutier Ludovic Bonnier du 8 avniL au 3 nui 2003 PRÉSENTÉE PAR Ua BANOUt SM NATIONALE UNE CRÉATION DU Théâtre Urbi et Orbi DIRECTION Yvan Bienvenue, Sylvie Gagné ET DU Théâtre d’Aujourd’hui 3900, rue Saint-Denis, Montréal www.theatredaulourdhul.qc.ee DIRECTION "" ai EN René Richard Cyr Jacques Vézlna Gilles Renaud COLLABORATION AVEC Hydro Québec I p-T-1 W" Cas public dent à remercier le Conseil des Arts de Montréal pour son soutien indéfectible! Hélène Blackburn % # l '• ' .i • Des Coups de théâtre qui se déploient.L'équipe du Festival Les Coups de théâtre remercie tous ses partenaires, ainsi que les représentants des médias et le public de lui avoir permis de vivre une édition 2002 remarquable.15* Congrès et festival mondial d'ASSITEJ International Montréal se prépare à une grande célébration des arts jeune public : ASSITEJ International a confié au Festival Les Coups de Théâtre l'organisation, en 2005, de son 15* Congrès et festival mondial des Théâtres pour l'enfance et la jeunesse qui a lieu tous les trois ans et qui rassemble des participants de 75 pays répartis sur les cinq continents.Une première en Amérique ! i www.coupÿdethgatrftLçomwww.assitejcanada.org www.assitej.org Québec «« 1.1 MVnil Ville rie Montreal PRIX DU CONSEIL DES ARTS (J fi LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 MARS 2003 ARTS MÉDIATIQUES Paysage en forme de notes Elektra en est à son quatrième regard jeté sur l’évolution du médium Si Montréal est «la Mecque de la musique électroacoustique en Amérique du Nord», cela est dû en grande partie aux initiatives que prend depuis 1978 l’Association pour la création et la recherche électroacoustiques au Québec.Et elles sont reconnues, si on se fie aux succès rencontrés avec la présentation d’un quatrième Elektra à l’automne dernier.Place au son.RÉJEAN BEAUCAGE /'‘^est en 1978 qu’apparaît vfl dans le paysage musical québécois l’Association pour la création et la recherche électroacoustiques au Québec (ACREQ).fondé par Yves Daoust, Marcelle Deschênes, Michel bmgtin, Philippe Ménard, Jean Sauvageau et Pierre Trochu, il s’agit du premier organisme au Canada dont le mandat est exclusivement voué à la diffusion de la musique électroacoustique, un genre qui est un croisement entre la musique concrète de Pierre Schaeffer, découverte en 1948, et la musique électronique développée à la même époque dans les studios allemands sous la houlette de Karlheinz Stockhausen.En produisant des événements comme les Printemps électroacoustiques ou des séries de concerts comme les Clair de terre organisés par le compositeur Robert Normandeau au Planétarium de Montréal, l’ACREQ a grandement contribué au développement de cette branche très particulière de la musique contemporaine.Ainsi, en 1991, dans une entre- vue que Yves Daoust, alors directeur de l’ACREQ, accordait à Martin Geoffroy pour le McGill Daily français, on présentait déjà Montréal comme «la Mecque de la musique électroacoustique en Amérique du Nord».Concert-spectacle Arrivé à la direction artistique de l’organisme en 1993, le compositeur Alain Thibault entendait souligner l’évolution rapide de la lutherie électronique et indiquait un désir de «ramener les humains sur scène».11 le faisait dès le mois d’octobre 1993 en présentant le «concert-spectacle» The Dangerous Kitchen, une rétrospective de la musique du compositeur américain Frank Zappa durant laquelle les pièces diffusées sur bande succédaient à celles interprétées par des musiciens en chair et en os, bardés d’équipements électroniques sophistiqués.Au fil des saisons suivantes, la série de concerts Hautes Tensions a pavé la voie à Elektra, dont la première édition se tenait en 1999.Elektra en était donc, du 7 au 16 novembre 2002, à sa quatrième édition, et poursuivait son Décloisonner les différentes esthétiques présentes en musique et en arts électroniques PETER DIMASKOS FausTechnology, de PurForm, présenté lors du dernier festival Elektra.BOMBARDIER Mn# upéf*»nct txtnocfhname 200 artistes sur scène Les Saisons Yannick Nézet-Séguin, chef Christina Tannous, soprano Benjamin Butterfield, ténor Gary Relyea, baryton-basse Le Chœur de l'OM Basilique NhtrevDam Dimanche 13 avril 200^/ 19 h 30 Conférence preconcert à 18 fi 30 \ 514 842 2112 Réseau Admission 514 790 1245 \ | UH ^ ^ ^ X- •* id SOURCE ELEKTRA Elektra adopte une approche œcuménique et présente d’année en année une impressionnante variété de modes d’expression des nouvelles cultures électroniques.mandat de décloisonner les diffè rentes esthétiques présentes en musique et en arts électroniques afin de rejoindre les différents publics intéressés par les multiples pratiques artistiques qu’a engendré ces dernières années le développement exponentiel des équipements infonnatiques.Se démarquant des autres festivals montréalais voué aux arts électroniques, qui privilégient chacun un créneau particulier, Elektra adopte une approche œcuménique et présente d’année en année une impressionnante variété de modes d’expression des nouvelles cultures électroniques.Les trois premières éditions ont permis au public de découvrir un grand nombre d’œuvres qu’il serait sans doute très difficile, voire impossible, de présenter dans un autre contexte.On pense au cirque électro-néoïste d’îstvan Kantor/Monty Cantsin, aux différentes présentations multimédias du duo autrichien Granular Synthesis ou au support indéfectible que l’ACREQ offre depuis le début au développement de la vidéo-musique sur écran triple, un nouveau médium qui a vraiment acquis ses lettres de noblesse à travers les œuvres d’un Jean Fiché, véritable chef de file, ou celles du duo PurForm (Alain Thibault et Yan Breuleux).Musiques de recherche La programmation de 2002 poursuivait sur la voie ouverte par les trois éditions précédentes et voyait sa proposition acceptée par un public grandissant (en augmentation de 33 96 par rapport à l’édition 2001).S’étalant sur deux week-ends, Elektra s’ouvrait sur une soirée vidéomu-sique où les œuvres d’artistes confirmés (Jean Fiché, Zack Set-tel) côtoyaient celles de jeunes créateurs (Krystell Burlin, David Fafard et le duo formé de Thien Vu Dang, alias VJ Pillow, et Mathieu Saint-Arnaud) et se poursuivait le lendemain avec un projet d’envergure présenté par l’électroacousticien Christian Galon.Précédé par la diffusion acousmatique de sa pièce Time Well, son Projet Ulysse réunissait sur scène Içs comédiens Gabriel Gascon et Elisabeth Lenormand ainsi que la chanteuse new-yorkaise Shelley Hirsch, en dialogue avec des voix diffusées sur bande et la musique concoctée par Galon, basée sur des échantillonnages du guitariste René Lussier et diffusée sur un orchestre de haut-parleurs.Bref, une production à grand déploiement dans le monde financièrement contingenté des musiques de recherche.Le lendemain, c’est le «supergroupe» Super_Collider qui prenait la scène d’assaut, pour le plus grand plaisir des amateurs de musique électronique «festive».Avec chanteur, batteur, bassiste, cla-viériste et manipulateur vidéo, le projet de Christian Vogel et Jamie Lidell cherche à rendre un peu plus vivantes les prestations de musique électronique, le public s’étant visiblement lassé des «concerts de laptop».Remises en scène Parmi les faits saillants du deuxième week-end, les Juke Bots du collectif allemand Robot Lab, des robots qui jouent les DJ d’usine, offraient au public l’occasion de réfléchir sur le processus créatif de nouvelles musiques et de constater qu’en matière de création, les machines sont plus efficaces quand elles sont entre bonnes mains, plutôt que laissées à elles-mêmes.Ce que démontra d’ailleurs avec brio le vrai DJ A-Trak devant un public médusé par le savoir-faire de ce Montréalais couronné plusieurs fois champion du monde des manipulateurs de vinyle.Plusieurs spectacles présentés durant ce second week-end comportaient un lien historique important.Ainsi, le directeur de l’étiquette américaine Asphodel, Naut Humon, présentait ses étonnants projets de remixes bruitistes des œuvres de Iannis Xenakis (Persepolis, 1971) et Granular Synthesis (Noise Gate, 1998), le Torontois Gordon Monahan reprenait avec beaucoup de succès sa performance Speaker Swinging (1982) et Scanner (Robin Rimbaud) présentait un remixe du Wan Alphaville (1965), de Jean-Luc Godard.En conservant un lien avec des pratiques ou des œuvres dont l’intérêt historique est indéniable, Elektra permet un regard sur l’évolution du médium électroacoustique qui a même une fonction éducative auprès d’une partie du public, qui y accède par son versant le plus populaire.La liste des artistes et projets pressentis pour la cinquième édition montre que l’ACREQ poursuivra son mandat de présenter avec Elektra le plus vaste éventail possible de créations issues des cultures électroniques.On annonce le retour de Granular Synthesis avec l’installation 360 (en première nord-américaine), une performance audio/vidéo de Marie Chouinard et Louis Dufort (en création) et de nouvelles performances ou de nouvelles œuvres de Mitchell Akiyama, Francisco Lopez, Gordon Monahan, Ned Bouhalassa et Genesis P-Orridge.Mais ça, c’est le futur! L'OPERA DE MONTREAL EVENEMENT SIGNATURE Renee Fleming en concert LE DIMANCHE 6 AVRIL ?0 0 3 A 1 6 H a Hydro , Oi/obor I Hiflll.tt '7'iul'i ARTS ET CULTURE PRIX nu CONSEIL DES ART S DE MONTRÉAL CE CAHIER SPÉCIAL EST P (! B L 1 É PAR LE DEVOIR Responsable NORMAND THÉRIAULT iilherUnllolcdevoir.cA 2050.roc dr Bleary, 9’ cUjçc.Montre»! ((Jncbcc) HSA SM9.T*!.: (514) 985.3353 red»f llonalfdevolr.com FAIS CE QUE DOIS I, L I» I L f 1 I, i j LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 O ET DI M A X t H E i O M A R S 2 0 0 S (i i PRIX DI' CONSEIL DES ARTS CINÉ M A La longue bataille de la reconnaissance Les Rencontres internationales du documentaire de Montréal travaillent déjà à la production d’une sixième édition Le Québec a été longtemps reconnu comme un lieu privilégié du cinéma documentaire.Pourtant, année après année, les responsables des Rencontres internationales du documentaire de Montréal doivent mettre l’épaule et la roue.L’enthousiasme conservé de Jean-Daniel Lafond et Marie-Anne Raulet.ANDRÉ LAVOIE Les documentaristes québécois savent ce qu’il en coûte d’efforts pour reconnaître la valeur de leurs projets et conquérir de modestes fenêtres de diffusion, sachant que la fin de la bataille n’est rien d’autre qu’une trêve avant de reprendre le combat de leur présence sur les écrans, grands et petits.S’il en va ainsi pour de nombreux réalisateurs, comment un festival consacré entièrement au documentaire d’auteur d’ici et d’ailleurs pourrait-il échapper aux vicissitudes du genre qu’il cherche à mettre en valeur?Après une cinquième édition couronnée de succès, suivie par près de 5200 spectateurs, les responsables des Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM) admettent que ce rendez-vous annuel, toujours en novembre, nécessite une bonne dose d’enthousiasme pour compenser un financement fragile et inadéquat Cette précarité, le réalisateur Jean-Daniel Lafond, président de l’événement depuis ses débuts en 1998, et Marie-Anne Raulet directrice après avoir été tour à tour programmatrice et membre du conseil d’administration, conservent l’espoir d’en parler bientôt comme d’un mauvais souvenir.La nomination des Rencontres pour le Grand Prix du Conseil des arts de Montréal représente «à la fois une belle reconnaissance pour le travail accompli tout en soulignant, à titre d’événement émergent, qu'il reste un grand potentiel de développement à exploiter», souligne Marie-Anne Raulet Etablir un discours La tâche est donc loin d’être terminée car les objectifs fixés par les fondateurs et les responsables actuels des Rencontres relèvent tout autant du militantisme que du plai- sir festif des échanges passionnés, des débats enflammés.L’événement se veut ainsi la matérialisation de certaines revendications des documentaristes, notamment au sein de l’Association des réalisateurs et des réalisatrices du Québec.«Les Rencontres font suite à un long combat mené dans l'ombre pour contrer une période de grisaille dans la production documentaire, se souvient Jean-Daniel Lafond.Cela a permis, entre autres choses, l’établissement d’un véritable dialogue, d'égal à égal, avec les institutions, et tout particulièrement les télédiffuseurs, alors que le documentaire se retrouvait souvent dans le fauteuil le moins confortable, celui placé dans l’antichambre des bailleurs de fonds.» Le genre n’obtient pas nécessairement toute la considération à laquelle il serait en droit de s'attendre mais les Rencontres cherchent à raffermir sa position.Parmi les signes encourageants, Marie-Anne Raulet voit se profiler «un engouement pour le documentaire alors que se pointe une nouvelle génération de jeunes documentaristes.Ils connaissent souvent mal le genre mais manifestent un grand intérêt».Au fil de ses rencontres avec plusieurs étudiants, Jean-Daniel Lafond confirme cette atriosité tout en admettant certains préjugés tenaces: «Pour bien des jeunes, le documentaire, disons-le, c’est chiant, alors que d’autres préfèrent les faux documentaires”.Mais qu’est-ce qu'm ‘fauxdocumentaire”?Par définition, ils sont tous faux car le réel n’est pas donné, il est construit; ce qui s’exprime d’abord, c’est la vérité du cinéma.Le documentaire démonte le monde pour montrer comme il fonctionne.C’est l’art du faux, mais ça ne signifie pas que c’est l’art du mensonge.» Rejoindre le public Autant de précisions, de nuances qui sont matière à débats, et les Rencontres ne ratent pas une occasion d’offrir aux festivaliers Théâtre du Nouveau Monde UN THÉÂTRE Où LA MUSIQUE ET LA DANSE EXPRIMENT CE QUE LES MOTS SONT IMPUISSANTS A DIRE m corinmicTioH me li murin ut «nu nw m DANSER À LUGHNASA «BRIAN FRIELnuoucno.ixPAUL LEFEBVREBEN BARNES MAUME DENOMMEE + LOUISE LAPRADE : QUESNEL « MARK-EVE TREMBLAT *VE CATHERINE ALLARD + EUDORE BEURE + IWIIITMAUini + RBIAB>HUWM« + r~ _________________ ASSISTANCE A LA MISE EN SCÈNE ET RÉGIE ÊLAINE NORMANDEAU DÉCOR ET ACCESSOIRES BUIDO T0NDIN0 COSTUMES FRANCOIS ST-AUBIN Eclairages ALAIN LORTIE ihqregrapht- DAVID B0L6ER maquillages FRANÇOil CTR À L’AFFICHE www.tnm.qc.ca RÉSERVATIONS ai4.»6g.«66»l TARIF DERNIÈRE MINUTE: 22$ ACHAT 30 MINUTES AVANT LE LEVER OU RIDEAU anv If PUT * JACQUES OKKNIKN I.K DEVOIR Jean-Daniel Lafond et Marie-Anne Kaulet, président et directrice des Rencontres internationales du documentaire de Montréal.des moments privilégiés pour discuter du passé glorieux et de l'avenir incertain du documentaire, à l’heure de la mondialisation et de l’omnipotence des télédiffuseurs.Pour le réalisateur de La liberté en colère et du Temps des barbares, les Rencontres devenaient justement nécessaires pour qu’enfin les cinéastes «reprennent contact avec le public» puisqu’il n’y a parfois rien de plus abstrait que des cotes d’écoute.Et de réfléchir aussi sur le filtre télévisuel, qui condamne souvent les oeuvres à une durée de moins de 60 minutes, alors que les chaînes recherchent davantage des «sujets» que des œuvres.Ce ne sont pas les seuls questionnements qui habitent les responsables de l’événement, désireux de partager leurs réflexions avec tous les intervenants du milieu, grâce entre autres à des études pilotées par Michel Houle et Kirwan Cox sur l’état de la production documentaire au Québec et au Canada, dressant un portrait juste de la situation.Car derrière le foisonnement du documentaire québécois se cachent d’autres réalités, comme l’explosion du numérique et celle des canaux spécialisés, qui multiplient les possibilités de diffusion.tout en fractionnant les coûts.En résulte une production abondante, trop abondante peut-être.Vigilance Pour Jean-Daniel Lafond, les mutations technologiques sont aussi vieilles.que le documentaire: «On laisse croire qu 'avec le numérique, les choses sont plus faciles à faire et donc, que ça prend moins d’argent.Beaucoup de gens tenaient le même discours à l’apparition des caméras légères 16 mm.Mais toutes ces “légèretés” dans le documentaire ne peuvent exister que si les réalisateurs possèdent à la fois une solide pensée et une solide formation.Une image vaut peut-être mille mots, |Unfl coUaboratn .: * Rrinitte Hâsntjofîs.nent mis en scene p Racj .—- ™DEAU^ GEORG Mise en scène Brigittr'Haè/tjens Avec Marc Béland, Anne-Marie Cadieux, Marie-France Lambert, James Hyndman, Bernard Meney, Jean Turcotte, François Trudel, Louise de Beaumont, Brigitte Lafleur, Étienne Charron.Représentations du mardi au vendredi 19830 • samedi 16H et 20830 Réservations (514) 844-1793 www.rideauvert.qc.ca ou«t*c:: Gras*, mais parfois, ce sont mille mots creux, et c'est bien dommage.» L’augmentation exponentielle des films soumis aux Rencontres, autant du Québec que de l’étranger, rassure les organisateurs sur la pertinence de ce forum, mais le jo-vialisme ne doit jamais céder le pas à la vigilance, à l’exigence.En proposant des films — près de 83 en 2002 — qui sont à la fois «la mauvaise conscience de leur temps, l’empêcheur de penser en rond et la mouche du coche», selon Lafond, l’événement voulait prouver que le documentaire n’av;üt pis dit son dernier mot, suscitant encore de la curiosité chez les spectateurs désireux de le voir aussi sur grand écran.Mais tout n’est pas gagné.«Pour un film de fiction, le parcours est clair et prévisible: salle, telc, vidéo, précise Marie-Anne Raulet.Pour le documentaire, c'est plus complexe, lus télédiffuseurs les programment d’abord.et on ne les retrouve nulle part après.Beaucoup de documentaires sont egalement disponibles en deux versions (tele et long métrage), ce qui pose aussi dts problcmes de diffusion.» Et des casse-têtes aux programmateurs des Rencontres qui doivent jongler entre une sélection internationale et les grilles de programmes des chaînes télévisées.Tradition du documentaire Ce ne sont que quelques-uns des soucis des organisateurs, qui doivent gérer ce trafic avec un minimum de moyens et un maximum d’imagination.Encouragée par les objectifs de la nouvelle Politique québécoise du cinéma «où l’on reconnaît le besoin d’investir dans le développement et la recherche pour les documentaristes», Marie-Anne Raulet souhaite que les Rencontres en profitent au passage.Car la U*-nue de l’événement «demeure un défi, une kitaille.Il fout réussir à solidifier la base de l’organisme: pour maintenir la qualité des débats, diversifier les échanges et assurer un veritable rayonnement international.En fait, les Rencontres cherchent bien plus qu'à reconnaître l'héritage du Québec pour le documentaire: elles veulent le soutenir pour qu 'il puisse continuer à s’épanouir».Pour Jean-Daniel Lafond, il faut que cesse l’épuisante «mendicité».«Depuis sa fondation, fai passé plus de temps à trouver de l'argent pour assurer la tenue de l’événement que j'en ai passé à en chercher pour foire des films.Iss Rencontres ne participent pas seulement à la consolidation d’une culture cinématographique, mais aussi d’une véritable culture citoyenne.» Marie-Anne Raulet (Toit que le message de la reconnaissance a été entendu, à preuve cette nomination pour le Grand Prix du CAM, «mais l’équation entre cette reconnaissance et l’argent nécessaire pour être à la hauteur de la tâche reste à foire».UNE CREATION QUEBFCOISE DE CLAUDE MEUNIER mise en scENtiiF DENIS BOUCHARD PIERRETTE R0BITAILLE MARTIN DRAINVILEE HELENE BOURGEOIS-LECLERC PASCALE DESROCHERS LUC GUERIN DIANE LAVALLEE MARC MESSIER CONCEtTEURS PIERRE LAB0NTE SUZANNE HAREl LUC PRAIRIE MICHEL SMITH DUCEPPE www.duceppe.com dès le 16 AVRIL Préientées en collaboration avec BANQUE NATIONALE v^V ÈlllfMÀfBflyf QUEBECOISE ,3?s nombre de PUCCS 1 _ » *c/ *éZ.ék as r L'IKIm C priuiti II Mitilli crtitln il GILLES MAHEU / CARBONE H équipe de création CIMUE URIIIH NICIU mm.im MlfEIIMUl HUIS mon.RIRCY TOUR, FLRMRCf CIIRCT.ItRIRIC IERIS avec JtiR-iRiRcais niRCRim.imi nitt.tmi more, curie imitre IRERIX UR.CEIRCEI RILRM.(IREttE RUHR.CRIOl SIRIRI Et TIES SIRIRI l DU 26 MARS AU 12 AVRIL USINE Q 521.4493 790.1245 www.usine-c.com U3 Héritier d’une riche tradition de reconnaissance artistique, le Conseil des arts de Montréal a un an VIDécMaphe LUI SOUHAITE LONGUE VIE Félicitations aux 7 organismes finalistes mis en nomination’et bravo à l'Ensemble contemporain de Montréal, lauréat du Grand Prix 2002 du Conseil des arts de Montréal ! ejo ï .mm.:; SSl':'' ¦ f l ’j3> _ mm ëfC%my f.'Mwsm 1»£» WJjÊÈ r.r i %# ?•MBS Siê-S® v" feSPpi «'ï; / Â' fWï .0 s.> Ssifej IW'^V %» V.•: -H- • 'k ”•: P« ,.k,v '* ¦ t : /
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.