Le devoir, 14 mai 2007, Cahier A
CHAMPIONNAT MONDIAL DE HOCKEY Le Canada termine son parcours parfait en obtenant la médaille d’or Page B 3 www.ledevoir.com DEVOIR Vol.XCV1II N" 106 ?LE LUNDI 14 MAI 2 0 0 7 88c +TAXES= 1$ Wm, Wtk .s'- 'î l -, JACQUES GRENIER LE DEVOIR Les députés péquistes François Legault et Camil Bouchard ainsi que le député du Bloc québécois Réal Ménard ont chaudement applaudi à la candidature de Pauline Marois qui a provoqué hier un véritable engouement Après une semaine de turbulences au sein du mouvement souverainiste, l’événement avait des airs de couronnement avant même que la course à la direction ne débute officiellement L’électrochoc Pauline Marois La candidate à la chefferie propose des changements profonds au PQ KATHLEEN LEVESQUE Bousculé depuis une semaine, le Parti québécois a reçu hier un autre électrochoc.Pauline Marois a annoncé sa candidature à la direction du parti en proposant de procéder à des changements profonds: mettre en veilleuse la mécanique référendaire, s’adapter aux aspirations des Québécois et renouer avec le nationalisme identitaire.Après 18 mois d’absence sur la scène politique, c’est une Pauline Marois souriante, l’oeil pétillant, qui a prévenu les militants péquistes que c’est d’un «parti renouvelé» qu’elle veut être cheffe.«Un parti qui ne répond pas à une nécessité évidente se condamne à la marginalité et peut même se condamner à la disparition.Il y a un immense travail d’écoute à faire, et je sais que je peux le faire», a-t-elle déclaré entourée de quelques dizaines de députés du PQ et du Bloc québécois.Le changement d’approche que propose Mme Marois apparaît comme une condition pour celle qui en est à son troisième essai pour prendre les rênes du PQ.Il est plus que temps, selon elle, que le PQ rompe avec les sempiternels débats sur la date d’un référendum (que ce soit les 1000 jours de Ber- nard Landry ou la formule récente d’André Boisclair du plus tôt possible dans un prochain mandat).C’est un piège, a fait valoir Mme Marois.VOIR PAGE A 8: MAROIS ¦ Les députés bloquistes serrent les rangs derrière Duceppe, page A 3 Traiter la maladie d’Alzheimer à la source La myéline, nouvelle cible thérapeutique PAULINE GRAVEL La destruction de la substance blanche du cerveau, appelée myéline, serait de toute évidence le point de départ de la maladie d’Alzheimer.Cette découverte fondamentale effectuée à l’UCLA devrait mettre les chercheurs sur une nouvelle piste thérapeutique pour contrer les effets dévastateurs de cette pathologie.La myéline est cette substance graisseuse de coloration blanchâtre qui enveloppe les prolongements des cellules nerveuses et qui, en jouant le rôle d’isolant, permet d’augmenter la vitesse de propagation de l’influx nerveux.Elle assure ainsi le traitement rapide des informations qui est nécessaire pour la bonne marche de nps phis hautes fonctions intellectuelles.«A plusieurs égards, le cerveau ressemble à l’Internet, dont les propriétés les plus importantes sont sa vitesse, sa largeur de bande [soit la quantité de données qu’il est possible de transmettre] et l’efficacité de la connexion.Or, dans le cerveau, ces diverses fonctions sont assurées par la myéline», explique le Dr George Bartzokis en entrevue téléphonique depuis l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA).«Nous pouvons discuter entre humains en grande partie parce que notre cerveau est mieux myélinisé que celui de toutes les autres espèces.Et la maladie d’Alzheimçr est une pathologie qui ne touche que les humains.Etrangement, le rôle de la dégradation de la myéline dans l’émergence et le développement de la maladie d’Alzheimer a été en grande partie ignoré jusqu’à maintenant.Quant à moi, je pense qu’il s’agit de la source principale de la maladie.» La détérioration de la myéline fait partie du processus de vieillissement du cerveau.On bouge un peu moins vite à 45 ans qu’à 35 ans parce qu’une partie de notre myéline a commencé à se déliter.VOIR PAGE A 8: ALZHEIMER INDEX Annonces.B 6 Idées.A 7 Avis publics.B 3 Météo.B 4 Convergence.B 7 Monde.B 1 Culture.B 8 Mots croisés.B 4 Décès.B 6 Religions.B 6 Économie.A 5 Sudoku.B 3 Éditorial .A 6 Télévision.B 7 Une vraie victoire de l’OTAN contre les talibans Mollah Dadullah, le«Zarkaoui afghan», meurt dans un affrontement JEAN-PIERRE PERRIN C> est la première réelle victoire dont peuvent se prévaloir les forces de l’OTAN depuis le retour en force des talibans sur la scène afghane.Commandant en chef opérationnel des «étudiants en religion» dans le sud du pays, Mollah Dadullah Akhund a été tué samedi soir dans la province de Helmand où une grande offensive des forces alliées et afghanes est actuellement en cours.Sa cruauté, sa sauvagerie, son fanatisme, son goût aussi pour la publicité macabre lui avaient valu d’être surnommé le «Zarkaoui d’Afghanistan», en référence au chef d’al-Qaïda en Irak, tué l’an dernier par un raid aérien américain.Il faisait partie du Conseil exécutif des talibans qui compte dix membres et était proche du numéro un du mouvement le mollah Mohammad Omar, toujours en fuite.«C’est le.plus gros revers pour les talibans depuis qu’ils ont engagé leur mouvement de résistance en 2001», a estimé Rahimullah Yusufzai, un journaliste basé à Peshawar, spécialiste des tribus qui opèrent ^ VOIR PAGE A 8: TALIBANS L’ENTREVUE Le globe-trotter des arts Le Montréalais Rafael Lozano-Hemmer, un secret bien gardé chez nous, promène ses œuvres dans le monde entier Le Montréalais Rafael Lozano-Hemmer crée depuis 15 ans dans les plus grandes villes du monde des œuvres d’art électronique et technologique d’une prodigieuse force évocatrice.Il représentera le Mexique, son pays natal, à la prochaine Biennale de Venise.Il ne reste plus, finalement, qu’à le faire découvrir chez lui, ici même.LE MONDE L’Irak rapproche Washington et Téhéran ¦ À lire en page B 1 STÉPHANE BAILLARGEON Under Scan, Relational Architecture 11 résulte d’une commande publique passée en 2005 pour les centres-villes de Derby, Leicester, Northampton et Nottingham en Angleterre.L’immense installation interactive inonde de lumière une place publique pendant que 14 projecteurs robotisés diffusent au sol les images vidéo de riverains tournées préalablement en studio.En faisant écran à la lumière blanche, les passants révèlent ces projections mimées du royaume des ombres.Touchant! Brillant! Fiat lux! Subtitled Public, créée la même année, utilise plutôt les bustes des passants comme écrans de projection recevant cette fois des verbes conjugués à la troisième personne.Les mots suivent les visiteurs dans leurs déplacements et peuvent être échangés au fil des rencontres, «s’aime» permutant avec «sait», «cares» avec «hâtes».Le prestigieux musée Tate Modem de Londres vient tout juste d’intégrer l’installation interactive à ses collections.Vectorial Elevation, Relational Architecture 4 (1999) reçoit des internautes des propositions de sculptures lumineuses réalisées par des projecteurs puissants.A Zoca- II JACQUES GRENIER LE DEVOIR Rafael Lozano-Hemmer lo, au Mexique, puis à l’ouverture du Musée basque d’art contemporain de Vittoria, les éclairages projetaient ces feux à 15 kilomètres à la ronde.Toutes ces œuvres ont été conçues et réalisées par Rafael Lozano-Hemmer, un Montréalais de 39 ans.Son site professionnel VOIR PAGE A 8: LOZANO-HEMMER porte-parole Edith Cochran* Lundi, le 14 mai au Lion d’Or à iph (167S.'Ut Ontario E>t à Montréal) Mise en lecture des oeuvres finalistes par Fraaçeis Bernier, Emmanuel Biledeae et Ëdlth Cechrane, agrémentée par la musique de Beneft Recheteae.Emmanuat Silodaau San oit Nochtloao Entrée gratuite.www.prixdestibralres.qc.ca 778313000641 Un maximum t à prix minimum Taux de financement à l’achat d’une Civic à partir de 1 O % >1,9 Civic DX 2007 Prix de location à partir de 198 $‘ o$ par mois/48 mois dépôt de sécurité Incluant 96000 km Transport et préparation inclus en location seulement Berline Civic LX illustrée Taux de financement à l’achat d’une Fit à partir de >2,9 % Fit DX 2007 ' -mi .À l’achat à partir de 14 980$ Incluant 96 000 km Transport et préparation inclus en location seulement Prix de location à partir de 178 0$ par mois/48 mois dépôt de sécurité Fit Sport 2007 illustrée ÉVÉNEMENT CONDUISEZ GAGNANT hondaquebec.ca L’Association des concessionnaires Honda du Québec Pour obtenir l’adresse d’un concessionnaire près de chez vous, visitez hondaquebec.ca ou composez le 1 888 9-HONDA-9.OUI, ON A FAIT LE PLEIN ¦U Tous les véhicules Honda sont livrés avec un réservoir plein.participants.Offre d'une durée limitée sujette à changement sans préavis par le manufacturier. LE DEVOIR, LE LUNDI 14 MAI 2007 A 3 ACTUALITES 17 MAI : JOURNEE INTERNATIONALE CONTRE L HOMOPHOBIE ON NE CHOISIT PAS SON ORIENTATION SEXUELLE FONDATION ÉMERGENCE : 514-866-6788 www.homophobie.org Les députés bloquistes serrent les rangs derrière Gilles Duceppe ALEXANDRE SHIELDS Revenu à Ottawa après une très brève incursion dans l’arène politique provinciale, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, doit se soumettre aujourd’hui à un vote de confiance de la part de ses députés, afin d’évaluer ses appuis.La chose ne devrait être qu’une formalité, puisque, chez les bloquistes, on serre déjà les rangs derrière le chef pour pallier les contrecoups des rebondissements des derniers jours.«Je pense qu’il va être accueilli en héros», a lancé hier Pierre Paquette, leader parlementaire du Bloc québécois (BQ).Selon lui, les députés bloquistes qui souhaitaient qu’il reste «vont être ravis» et ceux qui le voyaient déjà à la tête du Parti québécois (PQ) «vont être d’accord» avec sa décision.Même son de cloche du côté de la députée Maria Moura-ni, mais aussi de Réal Ménard et de Louis Plamondon.«Je suis convaincu qu’il y aura un vote unanime et enthousiaste pour lui dire “nous te gardons et nous te faisons encore confiance”», a dit ce dernier.«L’accueil à M.Duceppe sera excellent», a lui aussi affirmé le bloquiste Bernard Bigras.Ce dernier croit toutefois que le vote de confiance n’en est pas moins «fondamental».«Clairement, la solidarité des collègues du Bloc va être l’élément essentiel de la suite des choses pour M.Duceppe dans la population québé- coise, a-t-il souligné au Devoir.Si les députés continuent d’appuyer leur chef sans réserve, M.Duceppe sortira d’autant plus fort de cet exercice pour convaincre la population.» Et selon lui, «la solidarité des collègues dépendra de sa capacité de passer à l’autre étape, qui est de convaincre la population».S’il est convaincu que les bloquistes appuieront leur chef parti et revenu en 24 heures, M.Bigras redoute néanmoins les conséquences d’un appui mitigé.«S’il y avait de la dissidence, M.Duceppe ne pourrait pas aller loin», croit-il.«Si M.Duceppe devait sortir affaibli de sa rencontre du caucus, c’est non seulement M.Duceppe qui sort affaibli, mais c’est aussi l’ensemble du caucus du Bloc», a ajouté le député fédéral Rosemont-La Petite-Patrie.Pas de course à la succession Bernard Bigras, qui était pressenti pour succéder à son chef, a également dit qu’il n’était pas question, pour lui, d’entreprendre une course à la chefferie «avant que M.Duceppe ait annoncé ses intentions».M.Duceppe devait en théorie le faire au cours d’un point de presse qu’il devait tenir aujourd’hui.Même chose pour Pierre Paquette.«Je suis intéressé à sa succession quand il décidera de partir de lui-même», a-t-il laissé tomber.Réal Ménard s’est quant à lui dit soulagé de voir le chef bloquiste demeurer à Ottawa.«Il n'y CHRIS WATTIK REUTERS Gilles Duceppe a surpris tout le monde samedi en se retirant de la course vingt-quatre heures après avoir annoncé son intention de briguer la direction du Parti québécois.a personne qui connaît mieux les ment, c’est la poursuite de la cohé-dossiers, la façon dont ils nous ani- sion au Bloc québécois, c’est la poursuite d’un front dynamique à Ottawa pour la souveraineté», a-t-il expliqué.Le député d’Hochela-ga a aussi jugé que les souverainistes sortaient «gagnant» de ce revirement de situation.«On est dans la situation idéale dans le mouvement souverainiste», a fait valoir M.Ménard, ajoutant que Gilles Duceppe représentait toujours un «leader souverainiste crédible à Ottawa».D’ailleurs, selon lui, «qu’il ait été tenté de faire le saut à Québec, ce n’est pas une tare en soi».En fait, pour les bloquistes, seuls les autres partis présents aux Communes tenteront de profiter de la volte-face de M.Duceppe.«Ils disaient “si Gilles Duceppe part, le Bloc s’effondre”.M.Duceppe revient, ils vont dire “il n’a plus l’autorité morale pour diriger», a prédit hier Pierre Paquette.«D’ici quelques semaines, M.Duceppe sera bien en selle», a-t-il ajouté, convaincu que les événements des derniers jours seront rapidement relégués au rang de X«anecdote dans l’histoire politique du Québec».Il n’a pas été possible de parler à Michel Gauthier hier.Vendredi, il s’était dit convaincu que M.Duceppe ne reviendrait pas au Bloc.«Quand tu fais ce choix-là, tu l'assumes avec les conséquences qui vont avec.Le Bloc, c'est pas un parking en attendant», avait-il ajouté.L’effet Marois A l’instar de plusieurs de ses collègues, Pierre Paquette consi- dère que son chef a fait passer les intérêts du mouvement souverainiste avant ses ambitions politiques.«M.Duceppe a évalué les choses et il a bien compris qu’il aurait pu gagner, mais que ça aurait probablement trop divisé le mouvement souverainiste», a-t-il soutenu hier.Le leader parlementaire du Bloc croit aussi que Gilles Duceppe s’est lancé rapidement dans la course parce qu’«il ne croyait pas vraiment à la volonté de Pauline Marois de se présenter.Il voulait peut-être la mettre devant le fait accompli».«B a fait ses calculs en estimant que Mme Marois n’était pas si intéressée que ça à se présenter.D’ailleurs, c’est le genre d’échos qu’on avait.Manifestement, l’appel du pied des militants et les sondages ont eu raison de ses hésitations», a jugé M.Paquette.«Quand il est entré dans la course, il pensait vraiment apporter quelque chose au mouvement souverainiste.En voyant Mme Marois entrer dans la course et peut-être aussi les sondages, il s'est dit "c'est peut-être mieux que Mme Marois soit à la tête du PQ», a jugé pour sa part la députée Maria Mourani.Selon elle, Gilles Duceppe, qui est à la tête du Bloc depuis dix ans, a ainsi fait un geste «très courageux».Tous soulignent aussi que Pauline Marois, déjà presque couronnée, sera apte à reconstruire un Parti québécois en grande difficulté.Le Devoir Étude brésilienne Le méthane produit par les grands barrages pourrait être récupéré LOUIS-GILLES FRANCŒUR Des chercheurs de l’Institut national de recherche spatiale (INPE) du Brésil proposent de récupérer le méthane produit dans les grands réservoirs hydroélectriques pour remplacer d’autres combustibles fossiles comme le charbon ou le pétrole.L’étude publiée récemment par l’équipe du Brésilien Ivan Lima est la deuxième à offrir un portrait global des émissions des 52 000 réservoirs hydroélectriques relevés en l’an 2000 par la Commission internationale des barrages.L’étude de l’équipe brésilienne a ceti de particulier qu’elle s’intéresse exclusivement aux émissions de méthane des réservoirs, et non, comme les études classiques, aux émissions de dioxyde de carbone (C02), de N20 ou d’oxydes d’azote.Les Brésiliens ont calculé que les grands barrages rejettent chaque année 104 millions de tonnes métriques de méthane, un gaz à effet de serre 21 fois plus puissant que le gaz carbonique, ce qui équivaut à 2,2 milliards de tonnes de gaz carbonique.Les grands barrages seraient ainsi responsables de 4 % de toutes les émissions de GES d’origine humaine et constitueraient la principale source anthropique d’émissions de méthane.En l’an 2000, la Commission internationale des barrages avait évalué les émissions annuelles de méthane à 70 millions de tonnes et celles de CO, à un milliard de tonnes.Production de GES Le méthane se forme au fond de l’eau des réservoirs lors du processus de décomposition de la matière organique qui a pu être noyée au moment de la mise en eau ou qui prolifère sous forme de plantes aquatiques, de poissons et de micro-organismes.Les chercheurs brésiliens ont confirmé les études de la Commission internationale des barrages qui avaient établi en l’an 2000 que les grands barrages des pays du Sud — beaucoup plus actifs que les nôtres d’un point de vue biologique et, partant, plus productifs en ma- tière d’émissions de méthane et de gaz carbonique — pouvaient dans certains cas émettre plus de gaz à effet de serre par kilowatt produit qu’une centrale thermique.Les chercheurs estiment par ailleurs que les concentrations de méthane en suspension dans les eaux des grands barrages sont en grande partie émises au moment du brassage de l’eau à leur sortie des turbines.Il faudrait donc penser à capter ce méthane à cet endroit stratégique, écrivent-ils, ce qui, d’une part, réduirait le bilan d'émissions des pays en cause et, d’autre part, remplacerait d’énormes quantités de combustibles fossiles.Une première Le directeur général de l’International Network Rivers, Patrick McCully, a expliqué hier au Devoir qu’il voyait pour la première fois dans une étude scientifique cette idée de capter les émissions de méthane des grands barrages.«C’est sûrement plus rentable d’envisager cette technique dans un pays du Sud, où les réservoirs sont plus actif biologiquement, comme au Brésil, que dans un endroit comme le Québec», a expliqué M.McCully de son bureau en Californie.«Par contre, s’il est vrai que les réservoirs nordiques produisent en principe moins de méthane, leur taille et leur nombre méritent sans doute un examen de la question, d’autant plus que la vente des crédits d’émissions pourrait rentabiliser l’opération», a-t-il expliqué.Une étude publiée en 2002 dans le World Resource Review par quatre chercheurs québécois évalue les émissions de méthane des 28 042 km2 de réservoirs québécois à 50 000 tonnes métriques de C02 par térawatt-heure produit De son côté, Hydro-Québec estime ces émissions tugitives à 33 000 tonnes métriques.Si on utilise le barème des chercheurs indépendants, nos grands barrages représenteraient environ 10 % du bilan des émissions québécoises, un bilan qu’elles gonfleront sensiblement.Mais d’ici 2012, les règles du protocole de Kyoto n’exigent pas de comptabiliser ces émissions.Le Devoir Chantal Hébert La chronique de Chantal Hébert fait relâche cette semaine.Elle reviendra lundi prochain.Ottawa tentera de garder au pays le présumé pédophile Richard Goldberg Un des dix criminels les plus recherchés aux États-Unis a été arrêté samedi à Pointe-Claire Les autorités canadiennes tenteront de gardçr au pays un présumé pédophile recherché aux Etats-Unis, appréhendé au cours du week-end et devant comparaître aujourd’hui lors d’une audience relative à sa détention.Richard Goldberg, âgé de 61 ans, a été arrêté samedi «sans incident» dans un appartement de Pointe-Claire, en banlieue ouest de Montréal, par une équipe de formation et d’intervention spéciale de la police montréalaise, a affirmé hier Erik Paradis, porte-parole de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC).«Notre rôle lors de cette audience sera d’abord et avant tout de démontrer qu’il devrait demeurer en état de détention», a-t-il déclaré.Le nom de Richard Goldberg figurait sur la liste des dix personnes les plus recherchées par le FBI, Bureau fédéral d’enquêtes des Etats-Unis, en raison d’agressions sexuelles qui auraient eu lieu à Long Beach, en Californie, en 2001.La police affirme que l'homme a agressé sexuellement des fillettes de moins de 10 ans et a pris lors de ces délits des photos, par la suite trouvées dans son ordinateur.L’arrestation a été rendue possible en raison d’un renseignement fourni à Interpol, vendredi soir, par un informateur montréalais anonyme, a indiqué M.Paradis.«Parce que M.Goldberg se trouvait au Canada illégalement, nous avons pu, à l’ASFC, procéder à son arrestation sans mandat», a-t-il affirmé.Au Canada depuis des années Richard Goldberg a été trouvé et arrêté dans un immeuble à logements, a par ailleurs indiqué Annie Lemieux, porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal.«Je crois que ça s’est fait assez rapidement», a-t-il dit, refusant de donner des détails quant au nombre de policiers impliqués dans l’opération ou aux armes qu’ils portaient Richard Goldberg, que le FBI disait armé et dangereux, est détenu en vertu des dispositions de la législation sur l’immigration.Les autorités croient que l’homme vivait depuis des années dans l’appartement où il a été arrêté.M.Paradis a indiqué que les autorités américaines s’étaient déjà entretenues avec des représentants de l’ASFC au sujet de l’extradition du présumé pédophile, et qu’elles leur faisaient parvenir des documents juridiques, y compris un mandat d’arrestation.Presse canadienne Hommage à l’ancien premier ministre La Médaille du Barreau du Québec sera remise à Brian Mulroney La Médaille du Barreau du Québec sera remise cette année à l’ancien premier ministre canadien Brian Mulroney, qui pratique le droit au sein du cabinet Ogilvy Renault, à Montréal.Cet hommage lui est rendu en raison de sa contribution exceptionnelle à la reconnaissance de la nation québécoise et aux droits de la personne, ainsi que dans les domaines du droit commercial international et du droit criminel.Le Barreau souligne notamment que Brian Mulroney a présidé aux discussions constitutionnelles de Meech en 1987 et de Charlottetown en 1992, qui vi- saient entre autres à permettre au Québec de réintégrer la Constitution canadienne.Ses efforts ont donc contribué à l’évolution de la pensée constitutionnelle au Canada.Au chapitre des droits de la personne, le Barreau note que le gouvernement Mulroney a annoncé en 1985 une série de sanctions du Canada à l’endroit de l’Afrique du Sud pour protester contre sa politique d'apartheid.11 a également fait campagne auprès d’autres pays pour qu’ils se joignent au Canada dans l’imposition de sanctions.Sur le plan du commerce inter- national, le Barreau rappelle que Brian Mulroney fut l’instigateur d’un, accord de libre-échange avec les Etats-Unis, ce qui a amené l’internationalisation de la pratique du droit commercial.Enfin, en droit criminel, le Barreau indique que le gouvernement Mulroney a procédé à une nouvelle codification de la partie générale du Code criminel et a adopté de nouvelles mesures importantes concernant par exemple, les victimes d’actes criminels, les agressions sexuelles et les armes à feu.Presse canadienne EN BREF Ville-Marie : nouveaux supports à vélos L’arrondissement Ville-Marie installera 1000 nouveaux supports à vélos sur son territoire au cours des prochaines semaines.On fera ainsi passer le nombre de places de stationnements pour bicyclettes à 2000.Ces nouveaux supports à vélos seront installés directement sur la tige des panonceaux qui servent à indiquer les numéros de places des stationnements dans les rues.On retrouve ces panonceaux dans l’arrondissement Ville-Marie.Une variante de ce support sera installée le long de la nouvelle piste cyclable du boulevard de Maisonneuve.Il s’agit d’un anneau en acier d’un diamètre de 22,8 cm et d’une épaisseur de 3,2 cm.Le positionnement du support a été étudié afin de permettre le verrouillage du cadre et de la roue avant du vélo.Chaque support permet d’ac-cueiÊr et de maintenir debout deux vélos.Ces supports seront installés en permanence, pour les quatre saisons.«R s’agit d’une première étape», a par ailleurs assuré le maire de l’arrondissement, Benoit Labonté.- Le Devoir Garderies: un trou de 2 milliards Ottawa—Plus de deux milliards de dollars de fonds fédéraux destinés aux services de garde d’en-fants ont disparu dans un trou noir comptable au cours des trois dernières années.Les responsables fédéraux n’ont que peu d’indices quant à la façon dont la plupart des provinces ont utilisé cet argent depuis 2004.Les rapports provinciaux à ce sujet sont en retard de plusieurs mois, voire des années, quand ils sont déposés.Ottawa affirme qu’il revient aux provinces d’expliquer publiquement à leurs électeurs de quelle façon elles ont dépensé l’argent Un tableau de la situation dressé par l’Association canadienne pour la promotion des services de garde à l’enfance montre que Terre-Neuve-et-Labra-dor, riledy-Prince-Edouard, la Nouvelle-Ecosse, le Nouveau-Brunswick, l’Alberta, le Yukon et le Nunavut n’ont pas encore remis leurs rapports pour 2004-05.- PC ******** Jeanne d’Arc ALLAIRE Jeanne d’Arc MERCIER COUDRE AUJOURD’HUI et DEmam 258 pages - 40,50 $ ISBN 978-2-7608-3305-0 LIDEC Inc.514-843-5991 tas tachniinias sont ortianlias de laçon trè* ottsillde al toot acconpaoBéai de plttilaart illustration».En uente dans mules les HDrairles le prix est indiqué sous réserve de modifie étions.François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Montréal 514.845.5545 LA FORCE 1)1 DROIl fi I LE DEVOIR, LE LUNDI 14 MAI 2007 A 4 LES ACTUALITES Quand la thérapie tourne à l’inceste LAssociation Plaidoyer-Victimes dénonce la situation des victimes d’abus sexuels commis par des thérapeutes BRIAN MYLES Dans une lettre empreinte de détresse, une femme violée pendant 15 ans par son médecin de famille a interpellé récemment l’Association Plaidoyer-Victimes sur la réalité — peu connue — des abus sexuels commis par des thérapeutes.Elle a fcüt cinq tentatives de suicide pour échapper à ce criminel en sarrau qui a détruit une bonne partie de sa vie.Même si le médecin a fait l’objet d’une radiation permanente après avoir reconnu ses torts, elle ne s’en remet pas.La missive a remué Arlène Gau-dreault, la présidente de Plaidoyer-Victimes.L’association a examiné le dossier des abus sexuels commis par des thérapeutes pour la dernière fois en 1996.Depuis?Presque rien.Les proies livrées aux thérapeutes prédateurs sont «des victimes oubliées», concède Mme Gaudreault «On les a délaissées.Et finalement, quand une personne vient vers nous, ça réveille notre conscience», expliquât-elle.Et le réveil est brutal.Les choses n’ont pas beaucoup changé en dix ans.Les abus sexuels commis par des thérapeutes sont rarement dénoncés en raison du profond sentiment de honte et de culpabilité qui paralyse les victimes.A peine 4 à 8 % d’entre elles portent plainte, selon la littérature scientifique.Les torts subis sont immenses.Plusieurs chercheurs, comme la psychologue Marie Valiquette, comparent les effets des abus à ceux de l’inceste.La majorité des victimes ressentent de la méfiance, un sentiment de vide intérieur, l'isolement, une perte d’estime de soi, la dépression, etc.Des symptômes de stress post-traumatique peuvent aussi se manifester.Environ 1 % des victimes mettent fin à leur jour, et 14 % tentent d’en faire autant, à l’instar de la femme anonyme qui a écrit à Plaidoyer-Victimes.Son cas illustre d’ailleurs le drame de cette forme d'agression sournoise: cette survivante est suivie depuis maintenant dix ans par un psychiatre, un travailleur social et un psychologue.«Je ne serai plus jamais la femme que j’étais, qui espérait être heureuse un jour», écrit-elle dans cette lettre, lue pour la première fois devant le Comité de discipline du Collège des médecins, lorsque le «Dr X» a été radié à vie.Dénonciations difficiles Plaidoyer-Victimes a l’intention d’analyser plus à fond la situation des victimes d’abus sexuels commis par des thérapeutes.Elle prépare un guide d’information et un dépliant «pour que les victimes puissent se reconnaître, et peut-être dénoncer», espère Arlène Gaudreault.L’association veut aussi solliciter les ministères de la Justice et de la Santé, afin de mettre sur pied un groupe de travail sur la question.Les travaux préliminaires entamés à ce jour mènent Mme Gaudreault à un premier constat Les victimes désireuses de dénoncer leur thérapeute sont confrontées à «des démarches très complexes», que ce soit au criminel, ou devant les comités des discipline des 45 ordres professionnels du Québec.Le Code des professions a été modifié en 1994 pour faire de l’inconduite sexuelle une infraction spécifique.Les lignes de conduite sont désormais plus claires.Quoi qu’il en soit les victimes «sont laissées à elles-mêmes» dans le traitement des plaintes, déplore Mme Gaudreault La psychologue Marie Valiquette, qui a fait son doctorat sur les abus sexuels commis par les thérapeutes, ne peut concevoir que des professionnels radiés à plusieurs reprises pour inconduite sexuelle puissent reprendre leur pratique.«C’est ceux-là qu’il faut arrêter et radier, et pas seulement pour un an>\, lance-t-elle.A cet égard, Mme Valiquette ne fait pas de distinction entre les agressions sexuelles ou les relations amoureuses développées entre un thérapeute et son patient.Dans les deux cas, il s’agit de crimes qui devraient faire l’objet d'une infraction spécifique au Code criminel, croit-elle.«La relation consensuelle, c’est impossible à cause du lien entre le thérapeute et son patient.Une personne se dévoile dans la fragilité et le traumatisme.Et l’autre ne parle pas, elle a tous les atouts.Elle connaît toutes les zones de vulnérabilité et de fragilité de la patiente.» Pas de statistiques officielles Il n’existe pas de statistiques officielles sur l’ampleur des abus sexuels commis par les thérapeutes —c’est le deuxième grief de l’Association Plaidoyer-Victimes.En tenant compte des résultats de huit études nationales américaines, Plaidoyer-Victimes estime à 4,4 % la proportion de psychiatres, psychologues et travailleurs sociaux ayant eu des contacts sexuels avec leurs clientèle.L’an dernier, la section des agressions sexuelles du Service de police de Montréal (SPVM) a reçu une vingtaine de plaintes concernant des professionnels de la santé.Selon les données de l'Ordre des psychologues du Québec, sept plaintes pour inconduite sexuelle ont été déposées en 20054)6, sur un total de 194 demandes d’enquête.Quatre plaintes ont été acheminées au Comité de discipline (des affaires de relations amoureuses entre un thérapeute et son patient dans tous les cas).Ces errements ont valu aux professionnels des radiations variant de 6 à 21 mois, selon les circonstances.L’écrasante majorité des affaires d’inconduite sexuelle s’apparente à des relations amoureuses malsaines, selon l’expérience pratique de Marie Valiquette.Ces liaisons dangereuses n’en sont pas moins lourdes de conséquences pour les patients.«Dans tous les cas, ce n'est jamais un consentement éclairé, parce que le patient ne sait pas ce qu’il est en train de mettre en danger dans sa propre psyché», dit-elle.Le problème est circonscrit, mais il n’en demeure pas moins réel.y compris pour les thérapeutes qui devront réparer les pots cassés de leurs collègues.En effet, la moitié des psychiatres et psychologues seront appelés, au cours de leur carrière, à traiter au moins une personne victime d’abus sexuels par un autre professionnel de la santé.Le Devoir La relation consensuelle est impossible à cause du lien entre le thérapeute et son patient À Dunford Lake, dans POutaouais L’opposition grandit contre le projet de « mégadépotoir » LOUIS-GILLES F R A N C Œ U R Le projet de construction d’un «mégadépotoir» à Danford Lake, dans l’Outaouais entre Gatineau et Maniwaki, soulevé non seulement des passions, mais aussi des questions sur la valeur de la planification de plusieurs MRC en matière de déchets.Ce projet, qui sera scruté à la loupe à compter de demain par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), est parrainé par la société LDC gestion et services environnementaux de Gatineau.* Cet important site d’enfouissement — un «lieu d’enfouissement technique» ou LET selon la nouvelle terminologie réglementaire — couvrirait 105 ha de forêts publiques.Avec une capacité d’environ 8 millions de tonnes, il pourrait accueillir environ 250 000 tonnes de déchets par an pendant 30 ans.le secteur réservé à l’enfouissement couvrirait environ 40 ha et le talus ainsi créé par la montagne de déchets pourrait atteindre 70 mètres de haut, ce qui serait inférieur, insistent les promoteurs, aux montagnes voisines.Le résidu des déchets, une fois terminés le tri et la récupération à des fins de recyclage, serait enfoui dans un gigantesque sac de plastique, triple épaisseur, qui devrait pouvoir recueillir les lixiviats au lieu de les laisser filer dans le sous-sol.Ce jus de déchets, si l’on peut dire, serait traité avant d’être rejeté dans les cours d’eau voisins.Conformément aux normes, le site serait recouvert et reboisé à la fin de sa vie utile.D’autre part les biogaz produits par la décomposition des déchets seraient récupérés et brûlés.Une partie de la chaleur ainsi générée serait utilisée pour sécher le bois d’œuvre produit dans la région pour lui conférer une valeur ajoutée à faible prix.Enfin, le site recueillerait les matières organiques, qui seraient compostées sur place, ainsi que les déchets de construction, voire les pneus, qui seraient eux aussi triés et recyclés.Opposition Mais ce projet, situé à quelques centaines de mètres de cours d’eau de grande qualité; a suscité une opposition qui s’est cristallisée autour de la Coalition contre le mégadépotoir de Danford.Son président, André Carrière, a expliqué au Devoir que «plus on a été informés sur ce projet, plus on s’est retrouvés avec des questions et des problématiques sans réponses».La coalition s’interroge, par exemple, sur la pertinence de faire franchir pendant les 30 prochaines années pas moins de 85 km aux déchets de Gatineau (170 km aller-retour en gros camion) pour les éliminer alors qu’un inci-nérateur urbain, vraiment moderne, comme on en utilise en Europe avec l'appui des Verts à plusieurs endroits, serait plus adapté, soutient-il, à la lutte contre les changements climatiques.Cette solution permettrait en outre, dit-il, de produire de l'énergie sous forme de chaleur et d’électricité au lieu d’en dépenser aux dépens de la planète.De nouvelles technologies désormais éprouvées, comme la gazéification au plasma qui ne produit aucune émission nocive, devrait, à son avis, remplacer tous les projets d’enfouissement au Québec qui sont totalement dépassés sur le plan technique, ajou-te-t-il.Cette technologie, en plus de servir à produire de l’énergie, laisse au bout du compte un produit vitrifié que l’on peut réutifiser en construction.Présentement, la région de l’Outaouais se débarrasse de 93 % de ses déchets à l’extérieur de son territoire, principalement à Lachu-te.On y dénombre encore plus de 50 archaïques dépôts en tranchée, qui représentent 14 % des 366 dépôts toujours utilisés au Québec.La plupart des MRC de l’Ou-taouais ont terminé leur Plan de gestion des matières résiduelles (PGMR), exigé par la loi.Mais plusieurs de ces plans précisent que les élus ne veulent aucun site d’enfouissement sur leur territoire sans prévoir pour autant d’autres solutions, précise M.Carrière, qui estime que les déchets devraient être éliminés dans un rayon de 25 km de leur source pour responsabiliser les gestionnaires et la population locale.Le Devoir Actuellement, la région de l’Outaouais se débarrasse de 93 % de ses déchets à l’extérieur de son territoire, surtout à Lachute mw > SERGIO MORAES REUTERS Le pape Benoît XVI donne la communion à des fidèles venus assister à la messe qu’il a célébrée hier sur l’esplanade devant la basilique Notre-Dame d’Aparecida, au Brésil, pour l’ouverture de la Ve conférence générale des évêques d’Amérique latine et des Caraïbes.BRÉSIL Le pape défend une religion qui ne se mêle pas de politique Aparecida (Brésil) — Le pape Benoît XVI a pküdé hier matin, à Aparecida (sud-est du Brésil), pour une religion de l’amour qui ne fait pas de politique au cours d’une messe qui n'a pas attiré les foules attendues par l’Eglise catholique brésilienne.Selon la police et le porte-p:irole du Vatican, le père Federico Lombardi, 150 000 fidèles étaient rassemblés sur l’immense esplanade devant la basilique Notre-Dame d'Aparecida pour la messe d’ouverture de la Ve conférence générale des évêques d’Amérique latine et des Caraïbes.L’Eglise brésilienne espérait au moins un demi-million de personnes.Dans son homélie, le pape a déclaré que la foi en Dieu «n’est pas une idéologie politique ni un mouvement social, ni un système économique».La religion chrétienne, «c’est la fin en un Dieu amour», et «l’Eglise doit se sentir disciple et missionnaire de cet amour», a-t-il souligné.Une mise en garde Cette déclaration a sonné comme un avertissement aux partisans de la théologie de la libération condamnée par le Vatican, mais qui restent très actifs dans les Eglises d’Amérique latine, ainsi qu’aux animateurs des «communautés ecclésiales de base» qui partagent avec eux un engagement politique au côté des plus pauvres.Il a cependant ajouté que la religion «ne doit pas être un motif d'évasion de la réalité historique» et que l’Eglise doit partager «les joies et les espérances, les douleurs et les angoisses» des hommes d’aujourd'hui, «spécialement les plus pauvres et ceux qui souffrent».Benoit XVI a encore souligné que «l’Église ne fait pas de prosélytisme».Il avait critiqué vendredi à Sâo Paulo le «prosélytisme agressif des sectes» auprès des habitants des quartiers pauvres des grandes métropoles du souscontinent La concurrence des courants pentecôtistes protestants est un motif de préoccupation pour l’Eglise catholique, qui perd des fidèles à leur profit Le pape avait aussi critiqué vendredi «l’hédonisme» des sociétés contemporaines et les «assauts de l’agnosti- cisme, du relativisme et du laïcisme» qui mettent à mal la l Gamba rd Vente et service technique 630 A RUE CATHCART, CENTRE-VILLE MONTRÉAL (S 14) 866-3876 A « A 6 LE DEVOIR, LE LUNDI 14 MAI 2007 EDITORIAL Tragédie sur tragédie Vingt-deux ans après le drame qui les a soudainement privées de leurs proches, les familles des victimes de l’attentat d’Air India replongent dans l’horreur.Les révélations-chocs de certains acteurs demeurés silencieux pendant deux décennies ont cruellement démontré, ces derniers jours, que le pire aurait bel et bien pu être évité.Ce constat remet en scène la crédibilité déjà minée de la GRC.A Marie-Andrée Chouinard pporter des réponses aux familles des victimes.Tel était l’objectif visé par le gouvernement Harper avec cette énième enquête sur l’explosion du vol 182 d’Air India, qui a coûté la vie à ses 329 passagers le 23 juin 1985.En demandant au juge à la retraite de la Cour suprême John Major de mener un examen public, les autorités ne pouvaient sans doute pas imaginer jusqu’à quel point certains témoignages éclairciraient d’immenses pans d’ombre.Déjà en 2005, Bob Rae avait évoqué des zones floues et des ratés à la source de l’horreur.«Malgré les précautions et les mesures de protection qui devaient être mises en place, presque tout ce qui pouvait mal tourner a effectivement mal tourné», a écrit dans son rapport — très justement intitulé Leçons à retenir — le conseiller indépendant chargé par l’ancienne ministre Anne McLeUan de recommander une façon de répondre aux nombreuses questions restées en suspens.Invité la semaine dernière à commenter les derniers rebondissements du jour, l’ex-premier ministre de l’Ontario ne s’étonnait pas outre mesure: «Lorsque j'ai appris qu’il y aurait une enquête publique, je savais que des choses allaient sortir», a-t-il dit, parlant du 23 juin 1985 comme d’un «cauchemar de frustrations».D ne croyait pas si bien dire.L’enquête publique a permis d'entendre le lieutenant-gouverneur de l’Ontario, James K Bartleman, ancien directeur de la sécurité et des services secrets au ministère canadien des Affaires étrangères.Il a révélé que, dans les jours précédant la destruction du Boeing au large de la côte irlandaise, il avait obtenu des renseignements privilégiés laissant croire à un attentat pour le week-end du 22 et 23 juin.Stupeur: cette information n’a vraisemblablement jamais atteint les autorités concernées.Puis, nouveau coup de théâtre la semaine dernière, alors que Serge Carignan, un ancien maître-chien de la Sécurité du Québec, a ajouté une pièce de taille au casse-tête d’Air India.La nuit précédant le drame, alors que le vol 182 faisait escale à Montréal, le policier avait été appelé par ses supérieurs pour passer en revue avec son chien renifleur le contenu des bagages transportés par l’avion.Quarante-cinq minutes plus tard, lorsqu’il mit le pied à l’aéroport de Mirabel pour s’acquitter de sa mission, on lui confia que le vol avait déjà décollé.Le plus grand émoi est survenu lorsque l’homme, qui n’avait jamais évoqué cet événement devant quiconque, a confié qu’il aurait sans doute pu déceler les explosifs et donc stopper l’attentat terroriste.Dans la tête de tous ces premiers témoins de l’horreur, à qui l’on a injustement fauché famille et amis ce jour de juin 1985, une deuxième tragédie se joue.Celle des faux pas, des bourdes et des silences inconvenants.Combien d’autres questions gênantes obtiendront réponse à la faveur de cette enquête?Devant ce spectacle, certains ont crié au camouflage.D’autres, à juste titre, ont souligné l’incompétence des services de sécurité canadiens.La GRC, déjà écorchée vive, entre autres choses, par le départ fracassant de son commissaire Giuliano Zaccardelli dans l’affaire Arar, aurait-elle échafaudé au fil des ans un système qui lui commanderait de protéger les siens avant la population dont elle est garante?Bientôt, espérons-le, à cette question cruciale, on ne pourra plus nous répondre le traditionnel «nul ne le sait.» machouinard@ledevoir.com La voie albertaine adame Lise Thibault quittera bientôt le poste de lieutenant-gouverneur du Québec.Probablement l’aura-t-on vue la semaine dernière pour la dernière fois remplir une fonction officielle lors de la reprise des travaux de l’Assemblée nationale.Se posera alors la question de sa succession.On n’a jamais fait grand cas au Québec de cette fonction ramenée au fil des ans au «rang de décoration muette», selon l’expression du politologue Claude Corbo qui, dans la page Idées de vendredi, appelait à reconstruire la fonction de chef d’Etat du Québec.Il vaut la peine de s’y intéresser, car, avec les élections du 26.mars, le lieutenant-gouverneur a retrouvé un poids politique.Si le gouvernement minoritaire de Jean Charest venait à tomber, il deviendrait l’arbitre de la situation.Il pourrait, du moins en théorie, inviter Mario Dumont à tenter de former un gouvernement plutôt que de renvoyer les partis se soumettre à une nouvelle élection.La nomination du prochain lieutenant-gouverneur relève strictement du gouvernement fédéral en vertu de l’article 58 de la Loi constitutionnelle de 1867.Alors que le gouverneur général est pour sa part nommé par la reine du Canada sur avis du gouvernement fédéral, il n’y a, dans le cas du lieutenant-gouverneur, aucune obligation de la part d’Ottawa de consulter les provinces.Changer ce processus est impossible, du moins par la voie constitutionnelle.Une autre voie, moins formelle, pourrait toute fois être empruntée.Il s’agirait de s’inspirer de l’expérience de l’Alberta qui a réussi, à la fin des années 1980, à contourner la Constitution pour démocratiser le processus de nomination des sénateurs.Profitant d’une vacance à l’un des six sièges de sénateurs représentant l’Alberta au sénat, le premier ministre Don Getty avait tenu une élection sénatoriale.Jouant le jeu, le premier ministre fédéral d’alors, Brian Mulroney, avait consenti à nommer au sénat celui qui avait remporté cette élection.Le premier ministre Jean Chrétien a par la suite refusé d’abdiquer son pouvoir de nommer les sénateurs, mais l’actuel premier ministre, Stephen Harper, entend s’inspirer de la voie albertaine pour réformer le sénat sans devoir se plier aux règles d'un amendement constitutionnel.Dans l’état actuel des choses, il faut avoir recours à de telles astuces pour transformer l’ordre constitutionnel.Pourquoi l’Assemblée nationale ne prendrait-elle pas l’initiative de choisir le prochain lieutenant-gouverneur et de soumettre une résolution au premier ministre Harper le priant de nommer la personne qu’elle aurait élue à ce poste?Si la chose vaut pour les sénateurs, pourquoi ne vaudrait-elle pas pour les lieutenants-gouverneurs?Procéder ainsi ne donnerait pas au titulaire de cette fonction plus de pouvoir, mais sa légitimité serait renforcée.Qu’il détienne son autorité de l’Assemblée nationale plutôt que d’Ottawa n’est pas sans importance dans le contexte politique actuel.Il serait le représentant de la nation québécoise et non plus de sa gracieuse majesté la reine.Pour les défenseurs de l’autonomie du Québec, ce serait un bon test de leur capacité à changer les choses, ne serait-ce que minimalement.bdescoteaux@ledevoir.ca / rr;,V Bernard Descôteaux LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directrice de l’information JOSÉE BOILEAU Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE LETTRES La droite aussi est maladroite La gauche en général, et celle du PQ en particulier, subit bien des railleries ces temps-ci, sans doute bien méritées.Mais ce n’est pas la gauche qui a poussé à la retraite des infirmières qui nous manquent cruellement aujourd’hui, ce n’est pas la gauche qui a payé des augmentations de salaire aux fonctionnaires à même leurs fonds de retraite, ce n’est pas la gauche qui leur a par la suite fait payer l’équité salariale au prix d’une loi spéciale condamnée par le Bureau international du travail, ni la gauche qui veut vendre des montagnes, ni qui part avec la caisse de l’entreprise, ni qui demande aux travailleurs de payer l’automatisation des usines afin de les mettre à la porte un peu plus tard.Ce n’est que maigre consolation, mais la droite aussi est maladroite.Paul-André Desjardins Québec, le 10 mai 2007 Doit-on vendre le Canada?On n’entend plus parler dans les rubriques économiques que de l’offre d’achat qu’a déposée la compagnie américaine Alcoa pour acheter son ancienne filiale Alcan.La question qui se retrouve sur toutes les lèvres est: «sommes-nous prêts à laisser partir ce dernier fleuron de l’industrie minière canadienne et québécoise aux mains des étrangers»?Je crois cependant que la question la plus appropriée à se poser serait plutôt «sommes-nous prêts à vendre le Québec et le Canada à des étrangers»?En effet, la richesse du Canada est constituée de ses ressources natu- relles en majeure partie et, au cours des derniers mois, plusieurs grandes compagnies canadiennes exploitants nos ressources naturelles ont été vendues à des intérêts étrangers.Les actionnaires devraient peut-être regarder plus loin que leur petit portefeuille lorsqu’ils auront à voter sur l’offre d’achat, parce que si l’on continue ainsi, nous perdrons le contrôle de notre économie au profit des grandes compagnies étrangères.Petit à petit, nous leur vendons le Canada en agissant de la sorte.Ce sont nos forêts, notre sol et bientôt notre économie que nous leur vendrons.Les mots «Maîtres chez nous» nous évoquent-ils encore quelque chose?J’en doute de plus en plus.Valérie Pratte-Lacoursière Saint-Sulpice, 10 mai 2007 Tirer leçon des Patriotes Lundi prochain, le 21 mai, nous serons conviés à célébrer la cinquième journée nationale des Patriotes.Cette tranche de notre histoire est tellement riche et significative que, chaque année nous pouvons y découvrir des leçons capables d’éclairer notre présent et d’orienter notre avenir collectif.Nous pouvons admirer tantôt le courage et la persévérance de nos Patriotes en quête de démocratie, tantôt leur lucidité et leur patience en quête d’un gouvernement responsable.Cette année, à un moment où le peuple québécois est fragmenté et divisé plus que jamais, il me semble que la grande leçon que nous pouvons tirer de nos Patriotes, est celle du regroupement, du rassemblement, notamment sur la question nationale.D’aucuns se demandent pourquoi célébrer cette journée nationale au mois de mai au lieu du mois de novembre où les Patriotes ont pourtant gagné la bataille de Saint-Denis?La question est importante.Il faut savoir que, durant l’été 1837, les Patriotes se sont rassemblés comme jajnais dans notre histoire.Les plus grands Etats généraux du Québec.Quelques exemples: à Saint-Ours le 7 mai, à Québec le 15 mai, à Saint-Laurent également le 15 mai, à Stanbridge, à Napierreville, à Ya-machiche, etc.Bref, durant cette période, les Patriotes ont organisé pas moins de 18 assemblées, sans compter les grandes assemblées de comtés.Ces rassemblements, l’un après l’autre, ont regroupé des milliers de personnes, de façon pacifique, pour bien faire comprendre à Londres que l’objectif des Patriotes n’était pas la lutte armée, mais l’instauration de la démocratie et l’obtention d’un gouvernement responsable.Le 21 mai, ce n’est pas la fête de la révolte que nous sommes appelés à célébrer, mais la recherche têtue de la pane et de la justice.Alcide Clément Président de la Journée nationale des Patriotes en Estrie Le 9 mai 2007 Une erreur de jugement Je suis insulté par la phrase qui termine le discours de démission d’André Boisclair: «Je suis profondément convaincu que ce peuple francophone en Amérique reprendra un jour ses droits; qu’entre la résignation tranquille et sa liberté, cette brave nation choisira la liberté.» Comme si tous les Canadiens français et tous les Québécois qui se sont battus et se battent encore pour le Québec dans le Canada étaient des résignés.Selon moi, M.Boisclair manque encore de jugement Marc A.Vallée Ottawa, le 9 mai 2007 LIBRE OPINION -+- « Non, M.Harper, tous les nationalistes québécois ne se retrouvent pas dans votre parti! » WILLIAM H O G G Candidat libéral dans Compton-Stanstead FABRICE RIVAULT Aspirant candidat libéral dans Laurier-Sainte-Marie Lettre ouverte au premier ministre du Canada, Stephen Harper Monsieur le premier ministre, dans un discours prononcé le vendredi 27 avril 2007 à Saint-Narcisse-de-Beaurivage, dans Lotbinière, vous avez avancé que les vrais nationalistes québécois se retrouvaient dans votre Parti conservateur.Permet-tez-nous de vous démontrer le contraire! Les Québécoises et les Québécois ne sont pas dupes.En effet il n’est de secret pour personne au Québec que vous aviez vous-même refusé de reconnaître l’existence de toute nation québécoise en juin 2006, lors de la Fête natjonale de la Saint-Jean-Baptiste à Québec.A ce titre, tout le monde sait que votre motion d’urgence sur la reconnaissance de la nation n’était qu’une manière de couper court à l’opportunisme du Bloc québécois qui essayait, comme à son habitude, de diviser les Canadiens.Les Québécois ont donc raison de douter du bien fondé de votre prétendue «ouverture» envers le Québec — laquelle trouve son origine dans des fins principalement élec-toralistes plutôt que dans votre cœur ou dans celui des membres de votre caucus.Mais au-delà du simple fait que ni vous ni votre parti n’avez été à l'origine de la recon-naissance de la nation québécoise pas plus que n’avez véritablement cru en la reconnaissance de la nation québécoise — laquelle, rappelons-le, fut officiellement reconnue par une majorité écrasante de Québécois libéraux en octobre 2006, lançant par-là même le débat à l’échelle du pays —, votre Parti conservateur ne reflète pas les valeurs de notre nation.Parlons de l’environnement, par exemple.Le plan prétendument «vert» que votre gouvernement a présenté à l’ensemble des Canadiens est un artifice électoral, à la limite de la supercherie, qui fut décrié comme tel par tous les experts environnementaux québécois, canadiens et internationaux.En compromettant les obligations du Canada à l’endroit du protocole de Kyoto, vous avez répondu aux seuls intérêts spéciaux de vos amis du secteur énergétique de l’Ouest avec une loi sur «la qualité de l’air» qui n’atteindra jamais les réductions d’émissions de gaz à effet de serre que les Québécois jugent possibles et nécessaires.Nous pouvons aussi parler de la situation en Afghanistan.Vous avez laissé une mission essentiellement noble et constructive se métamorphoser en une expédition militaire dangereuse, axée sur le «châtiment» et la «vengeance» plutôt que sur le respect des droits de l’homme et la primauté du droit Tout comme pour Kyoto, votre gouvernement a affaibli notre réputation internationale en bafouant la Convention de Genève sur le traitement des prisonniers de guerre.Ces agissements ont très clairement montré à la population du Québec la véritable nature de votre politique étrangère et confirment que les valeurs militaristes de votre Parti conservateur ne trouveront jamais de résonance auprès des québécois.Nous pourrions également parler des compressions budgétaires de votre gouvernement conservateur et de ses politiques rétrogrades envers l’apprentissage chez les jeunes enfants, le soutien au développement économique des régions québécoises, la promotion de la culture et la protection du secteur agricole québécois.Mais bien sûr, ce n’est pas nécessaire.Car même si vous affirmez haut et fort vouloir accueillir les nationalistes québécois, dans ces dossiers et dans tant d’autres, votre parti et l'idéologie «du chacun pour soi» qui le définit ne reflètent pas les intérêts et les valeurs des Québécois.Sachez, M.Harper, que le nationalisme québécois a bien changé depuis Maurice Duplessis.Plus particulièrement, il nous est maintenant permis de concilier à la fois notre fierté d’être québécois et canadien, et notre fierté d’être nationaliste et fédéraliste.En tant que fiers Québécois qui ont contribué directement au long processus politique ayant mené la Chambre des communes à reconnaître la nation québécoise, qui désirent respecter les engagements du Canada envers le protocole de Kyoto, qui reconnaissent le besoin d’une approche équilibrée en Afghanistan qui œuvrera pour la reconstruction en respectant notamment les droits de l’homme, et qui apprécient l’utilité des programmes fédéraux envers l’apprentissage chez nos jeunes, le développement économique de nos régions, la promotion de la culture ou la protection de l’agriculture québécoise, nous pouvons donc vous affirmer sans l’ombre d’un doute, Monsieur Harper, que tous les nationalistes québécois ne se retrouvent pas dans votre Parti conservateur.' A » LE DEVOIR LE LUNDI 14 MAI 2007 A 7 DEES La mégalomanie au service du bien commun ?LINA BONAMIE Présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) n adoptant la loi 33 sous le bâillon et dans une indifférence médiatique inquiétante, le ministre de la Santé et le premier ministre se félicitaient de la réponse qu’ils venaient de fournir à l’arrêt Chaoulli.Ils étaient particulièrement satisfaits d’avoir réussi, selon eux, à protéger l’intégrité de notre système de santé universel et public.Par l’entremise de la loi 33, ils é «vFrri m encadreraient le rôle de l’entreprise privée dans la prestation des soins de santé.Or, depuis l’adoption de la loi 33, le «commerce de la souffrance», comme l’a si bien dit M.Charest dans son discours, inaugural, est plutôt florissant, et les entrepreneurs rivalisent de créativité afin de contourner les lois actuelles et de forcer la main du gouvernement.On n’a qu’à penser à l’ouverture de la clinique Rockland MD, qui offre sous un même toit les services de médecins participants et non participants, en plus de facturer aux patients des frais «accessoires» dont la légalité est douteuse.L’entreprise Médicina, faisant le courtage de services santé obtenus dans le réseau public est un autre exemple.Récemment, l’utilisation de salles opératoires et du personnel du régime public pour des chirurgies privées a de nouveau placé le ministre Couillard dans l’embarras.Pourtant, la FIQ avait prévu et affirmé, lors des consultations publiques portant sur la loi 33, qu’au-delà des dangers réels qu’elle contient, cette loi ne règle rien quant à la frontière entre le public et le privé et nous constatons que nous sommes passés du «flou juridique» à la «confusion juridique».Alors que la loi 33 est loin d’encadrer le rôle de l’entreprise privée dans le secteur de la santé, voilà que M.Jacques Chaoulli en personne est venu forcer la main du ministre Couillard en fixant lui-même les paramètres à l’intérieur desquels devrait évoluer l'entreprise privée, ce qui est bien pratique lorsqu’on se lance en affaire dans ce même secteur.Ainsi, le D' Chaoulli a présenté la création d’une entreprise privée portant son nom, soit le Groupe Chaoulli.Sa mission laisse pantois.Ainsi, l’entreprise de M.Chaoulli entend réaliser une bonne douzaine d’activités allant de la recherche en politique publique jusqu’à la surveillance de la transparence des établissements publics au regard des infections nosocomiales, en passant par la mise sur pied d’assurances privées complémentaires et le financement d’organismes indépendants.Devant cet ambitieux plan d’action, la question à se poser de-ineqre: le docteur Chaoulli compte-t-il se substituer à l’État et au ministère de la Santé et des Services sociaux?Pour ce qui est des activités de recherche du Groupe Chaoulli, on peut déjà avoir une bonne idée de leur orientation, puisque M.Chaoqlli bénéficie du titre de Senior Fellow à l’Institut Économique de Montréal, un think tank de droite dont les scribes, à la solde du grand capital, rêvent à l’instauration d’une dictature des marchés.Bref, derrière l’écran de fumée créé par les salves qu’il tire de tous côtés, l’annonce des activités de recherches du Groupe Chaoulli sert plutôt à masquer ce qu’il y a de plus inquiétant.A JACQUES NADEAU LE DEVOIR Si nous drainons des ressources du réseau public vers le privé, les listes d’attente ne feront que s’allonger pour les patients n’ayant pas les moyens de se payer les services du Groupe Chaoulli, s’inquiète la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec.Rêves de grandeur Il ne faut pas se méprendre.Ce que le Dr Chaoulli propose, c’est de réaliser du courtage de consultations générales et spécialisées de même que du courtage de procédures diagnostiques et de chirurgies.Des médecins non participants et participants feront partie de la banque de ses partenaires.Or nous savons très bien que si nous drainons des ressources du réseau public vers le privé, les listes d’attente ne feront que s’allonger pour les patients n’ayant pas les moyens de se payer les services du Groupe Chaoulli.M.Chaoulli avait, bien entendu, prévu le coup.Il précise en conséquence que les médecins participants devront s’engager par écrit à ne pas diminuer leurs activités dans le réseau public.Mais qui est donc M.Chaoulli pour s’acquitter de la surveillance des médecins?Cette tâche incombe au ministère de la Santé, garant du bien commun, pas à un entrepreneur du «commerce de la souffrance».C’est à se demander si M.Chaoulli n’a pas été élu secrètement quand il affirme qu’il
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