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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2007-06-18, Collections de BAnQ.

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‘-fil' % PROCHE-ORIENT ^ Les groupes armés du Hamas sont déclarés hors la loi en Palestine 4| Page B 1 www.ledevoir.com LE DEVOIR Vol.XCVIIIN°135 ?LE LUNDI 18 JUIN 2007 88c+taxes=1$ Vache folle: feu vert au recours collectif des producteurs québécois BRIGITTE SAINT PIERRE La Cour supérieure du Québec a autorisé la semaine dernière le recours collectif des éleveurs québécois de bovins contre le gouvernement fédéral et contre Ricüey, un fabricant de nourriture pour animaux, dans le dossier de l’encéphalopathie spongiforme bovine, ou maladie de la vache foDe.Selon la poursuite, le gouvernement fédéral a fait preuve de négligence et serait par conséquent responsable, avec la compagnie Ridley, de la crise de la vache folle au Canada, de Ja fermeture des frontières des Etats-Unis ^t d’autres pays au bœuf canadien î mai 2003 et de la perte de millii-us de dollars pour les producteurs.L’éleveur de bovins à l’origine du recours, Donald Bernèche, reproche à Ridley d’avoir continué à utiliser jusqu’en 1997 des restes de bovins dans la fabrication de moulées vendues au Canada, alors qu'il avait cessé de le faire l’année précédente pour celles destinées au marché australien.Sa demande de recours collectif a été déposée en avril 2005 au nom de quelque 20 000 éleveurs bovins du Québec.Mr Gilles Gareau, un de leurs avocats, a chiffré les dommages à environ deux milliards de dollars pour les producteurs québécois, se basant sur des données de Statistique Canada, a-t-il dit Les pertes s’élèveraient à neuf milliards de dollars pour les éleveurs de l’ensemble de Canada, a-t-il ajouté.M.Bernèche estime avoir subi à lui seul des pertes de l’ordre de 100 000 $ à la suite de la fermeture des frontières à l’exportation du bœuf canadien en 2003.Des demandes de recours collectifs ont été déposées en parallèle en Ontario, en Saskatchewan et en Alberta au nom des quelque 100 000 éleveurs de bovins présents au Canada au 20 mai 2003, VOIR PAGE A 8: RECOURS JACQUES GRENIER LE DEVOIR Québec réclament deux milliards d’Ottawa dans le dossier de la vache folle.ACTUALITÉS Québec solidaire espère se renflouer avant les prochaines élections ¦ À lire en page A 3 I N D EX Annonces.B 6 Avis publics.B 4 Décès.B 6 Météo.B 5 Monde.B 1 Mots croisés.B 4 Sudoku.B 5 PIERRE ANDRIEU AGENCE FRANCE-PRESSE La socialiste Michèle Delaunay célébrait sa victoire hier soir dans les rues de Bordeaux, après avoir défait Alain Juppé au deuxième tour des législatives.Les socialistes résistent La France n’a pas connu la vague bleue annoncée CHRISTIAN RIOUX Paris — La vague bleue annoncée n’a pas déferlé sur la France.Au second tour des élections législatives, les Français ont voté beaucoup moins massivement que prévu pour Nicolas Sarkozy.Le président obtient néanmoins une confortable majorité de députés même si la gauche augmente considérablement sa représentation parlementaire.Selon les estimations disponibles hier soir, les électeurs ont élu environ 342 députés de droite — loin des 400 souhaités par les ténors du parti présidentieb ITIMR Contrairement à la déroute prévue et aux 120 députés annoncés, la gauche a obtenu hier environ 231 circonscriptions, ce qui lui permet d’occuper environ 40 % des sièges de l’Assemblée nationale.L’abstention à ce quatrième scrutin consécutif en six semaines est aussi forte qu’au premier tour et atteint près de 40 %.Symbole de ce sursaut socialiste inattendu, le numéro deux du gouvernement et vieil ami du Québec, Alain Juppé, a été battu de justesse dans sa circonscription de Bordeaux par la socialiste Mjchèle Delaunay.Le ministre de l’Écologie et numéro deux du gouvernement a aussitôt démissionné, ce qui devrait entraîner un remaniement ministériel.Alain Juppé était le seul ministre de l’actuel gouvernement à avoir été un proche de Jacques Chirac.Tous les autres candidats qui étaient membres du gouvernement ont été réélus sans problème.Nicolas Sarkozy devra néanmoins composer avec une opposition parlementaire plus forte que celles auxquelles avait dû faire face Jacques Chirac en 1993 et en 2002.Le premier ministre, François Fillon, a accueilli avec modération cette victoire considérée par plusieurs comme un avertissement au nouveau gouvernement.«Ce soir, le succès des uns ne fait pas la défaite des autres, a-t-il déclaré.Chaque citoyen doit être respecté dans ses convictions.» Selon le premier ministre, la présence d’une forte opposition ne devrait pas ralentir l’action du gouvernement.«La France s’est dotée d’une majorité pour agir.Ce que nous avons dit,- nous allons le faire.» A gauche, les dirigeants du Parti socialiste avaient pour une rare fois l’occasion de se réjouir.Ce sursaut de la gauche est largement attribué à la campagne menée contre l’augmentation de la TVA, un projet à l’étude mais sur lequel Nicolas Sarkozy n’avait pas fait campagne.Les Français auront aussi craint une concentration trop forte du pouvoir, estiment les socialistes.Visiblement revigorée, l’ancienne candidate Ségolène Royal a réagi VOIR PAGE A 8: SOCIALISTES JEAN-PIERRE MULLER AGENCE FRANCE-PRESSE Alain Juppé prenant la parole hier à Bordeaux après l’annonce des résultats.Battu de justesse, il a annoncé sa démission comme ministre de l’Ecologie et numéro deux du gouvernement.L’ENTREVUE Une passion pour la vérité Doyenne des courriéristes politiques à Washington, Helen Thomas s’interroge sur l’avenir de la profession HÉLÈNE BUZZETTI Ottawa—La dame a 86 ans et encore toutes ses dents.Au figuré, s’entend.Journaliste par conviction, Helen Thomas pratique cet «honorable» métier depuis 64 ans, ce qui fait d’elle la doyenne des courriéristes politiques en poste à Washington.Des présidents américains, elle en a «couvert» neuf depuis John F.Kennedy.Presque tous ont pondu des blagues à son sujet pour résumer sa pugnacité et son insatiabilité pour la vérité.La guerre en Irak et ses architectes auront eu raison d’elle professionnellement, mais pour la principale intéressée, cette guerre a signé la Mite des médias.Cette faillite journalistique constitue le cœur de son dernier livre publié en 2006 et intitulé Watchdogs of Democracy?The Waning Washington Press Corps and How It Has Failed the Public («Les chiens de garde de la démocratie?Le déclin de la presse politique à Washington et comment elle a laissé tomber le public»), «fai eu le privilège de couvrir neuf présidents des États-Unis, parfois avec sympathie, parfois avec indignation, mais la plupart du temps avec un sens critique et la conviction qu’ils auraient pu, chacun d’entre eux, faire mieux pour le pays, écrit-elle en guise d’introduction./e dois désormais en dire autant de la presse ou de ce que l’on appelle les médias.» Par cette phrase, Helen Thomas résume l’à-plat-ventrisme qu’elle reproche à une presse politique américaine n’ayant pas su ni voulu démolir les justifications fumeuses de la guerre en Irak.Elle trahit aussi son impuis- JAKE WRIGHT Helen Thomas lors de son passage à Ottawa en mai dernier pour souligner la Journée internationale de la liberté de la presse.sance devant une profession en mutation, avec à la clé l’explosion des moyens de communication et la prolifération d’intermédiaires dont le rôle consiste à enrober la vérité.Sus à la guerre irakienne! Helen Thomas fait désormais figure d’icône.Journaliste aguerrie, elle a été embauchée en 1943 par United Press International (UH), qui l’a envoyée en 1961 à Washington.L’univers du journalisme politique est déjà VOIR PAGE A 8: THOMAS Médicaments: la recherche se tourne vers les protéines Un obstacle de taille: leur coût PAULINE GRAVEL Une nouvelle génération de médicaments constitués non pas de petites molécules chimiques mais de grosses protéines commence à éclore avec à la clé de grandes promesses thérapeutiques.Seulement, ces nouveaux composés de grosse taille sont très coûteux à produire et nous laissent imaginer le poids financier qu’ils imposeront à nos systèmes publics de santé.«Jusqu’à récemment, l’industrie pharmaceutique avait surtout concentré ses efforts sur la recherche de petites molécules produites par des techniques courantes de synthèse chimique.Puis, dans les années 1980, on a commencé à s’intéresser aux plus grosses molécules que sont les protéines, sachant que l’organisme humain synthétise nombre de protéines qui assurent son bon fonctionnement et qui dans maintes maladies sont anormales», a rappelé le Dr John DiMaio du Bureau de transfert de technologies de l’université McGill dans le cadre du Carrefour de la biotechnologie qui avait lieu les 13 et 14 juin derniers à Montréal.De plus, il devient de plus en plus difficile de découvrir de nouvelles petites molécules qui sont normalement actives par voie orale et peu coûteuses à synthétiser en laboratoire.Même les nouvelles méthodes de criblage qui permettent de tester rapidement des dizaines de milliers de composés chimiques et sur lesquelles on fondait beaucoup d’espoir pour découvrir de nouveaux médicaments suscitent la déception ces derniers temps, a fait remarquer le Dr Michael Stern du Bureau de transfert de technologies de l’université McGill.Selon la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis, on ne découvre plus qu’une trentaine de nouvelles molécules traditionnelles par aimée, parmi lesquelles figurent de simples reformulations de composés déjà sur le marché.«Pour cibler une famille de cellules particulières, les protéines sont beaucoup plus efficaces que les médicaments traditionnels qui sont d’habitude de petites molécules», a ajouté le D'John Walker, vice-président chez AstraZeneca Recherche et Développement Montréal.«Par exemple, les cellules cancéreuses se distinguent des cellules normales par certaines protéines qu’elles expriment à leur surface.Or nous pouvons créer des anticorps [qui sont des protéines! qui retrouveront ces protéines particulières et s’y fixeront spécifiquement (et agiront localement] contrairement aux médicaments plus classiques qui sont des cytotoxiques généraux.» VOIR PAGE A 8: PROTÉINES A 2 LE DEVOIR.LE LUNDI 18 JUIN 2007 LES ACTUALITES Salon du Bourget Québec annonce un nouveau laboratoire de matériaux composites à Longueuil Paris — Le Centre technologique en aérospatiale de Longueuil investira une somme de 3,1 millions de dollars afin de construire un nouveau laboratoire de fabrication en composites avancés.Ce projet, annoncé hier à l’occasion du Salon aéronautique Le Bourget, en France, sera réalisé en collaboration avec l’Ecole Polytechnique de Montréal et le gouvernement du Québec, qui a annoncé une contribution de 500 000 $.«Fondamentalement, cette école, qui est un des leaders de la formation, sera donc équipée d’un nouveau laboratoire parce que, bien sûr, pour enseigner, il faut avoir les équipements spécialisés», a indiqué le ministre du Développement économique Raymond Bachand, lors d’un interview depuis le Salon du Bourget, où il dirige la délégation québécoise.Le laboratoire de 370 mètres carrés comprendra une presse de 400 tonnes, une grande table de découpe automatisée, un four et plusieurs systèmes d’injection.Ces équipements permettront le développement de nouveaux procédés de fabrication pour des pièces de composites pour les secteurs de l’aéronautique et du transport La mise en service du laboratoire est prévue à l’automne 2007.,Le laboratoire sera situé dans l’Ecole nationale d’aérotechnique à Lqngueuil, un campus du collège Édouard-Montpetit, et s’intégrera aux installations actuelles du centre.Entente entre Concordia et le HEC Paris Par ailleurs, le ministre Bachand a profité de l’occasion pour signer une entente de collaboration relati- ve à un programme conjoint de maîtrise spécialisée, en aviation commerciale entre l’Ecole de gestion John-Molson de l’Université Concordia et le HEC Paris.«HEC Paris a choisi Concordia à cause de sa qualité, mais aussi parce qu’à Montréal, il y a l’Organisation de l’aviation civile internationale et l’International Air Transport Association; c’est vraiment une plaque tournante du savoir-faire en aéronautique», a fait valoir le ministre.Cette entente permettra d’offrir un nouveau programme de MBA exécutif en sol européen et de répondre à des besoins spécifiques pour une formation de haut niveau en gestion de l’aviation.Le International Aviation MBA est offert à Concordia depuis 1992.Quelque 260 étudiants de partout à travers le monde en sont diplômés.Le ministre Bachand s’est réjoui des deux annonces, estimant qu’elles consolident la position du Québec dans l’industrie aéronautique.«C’est une de nos [industries] les plus dynamiques, a-t-il estimé.H y a même eu 4000 nouveaux emplois au cours des trois dernières années, nous sommes rendus à plus de 40 OOO emplois.Les ventes sont passées à près de 11 milliards.C’est une de nos grandes industries qui va très bien.» Le ministre ne voit pas encore de pénurie de main-d’œuvre dans le secteur aéronautique au Québec, mais il estime que, compte tenu de la démographie, la prorince restera à l’affiit de travailleurs et d’étudiants spécialisés, et que cette tendance devrait prendre de l’importance au cours des vingt prochaines années.Presse canadienne Danseurs amérindiens *¦ JACQUES NADEAU LE DEVOIR DES DANSEURS mohawks se sont produits hier dans le parc Émilie-Gamelin à Montréal dans le cadre du festival Présence autochtone qui a débuté ce week-end.Les spectateurs ont ainsi pu voir, en s’y joignant à l’occasion, des danses traditionnelles de plusieurs nations amérindiennes.Une quarantaine d’artisans sont également sur place pour montrer leur savoir-faire et proposer leurs produits.Le festival se poursuit jusqu’à jeudi, jour national des peuples autochtones.L’agence fédérale de sécurité aéroportuaire aurait bâclé un important contrat Ottawa — Malgré les prix qu’il a remportés, un important projet de l’agence fédérale de la sécurité des aéroports a en fait été mal géré, victime de contrôles financiers douteux ou inexistants, révèle un rapport interne.Des hauts fonctionnaires de l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien ont mis de côté des techniques de base comme l’établissement d’un budget et le contrôle de la facturation en faveur d’une gestion empirique dans le cadre d’un contrat avec la société Unicom, de Québec.Le projet visait la mise en place d’un système de reconnaissance biométrique pour les employés des grands aéroports canadiens.Les fonctionnaires «n’ont pas su- pervisé le projet adéquatement du point de vue du projet ou de ses finances», affirme le rapport interne dont la Presse Canadienne a obtenu copie en vertu de la Loi sur l’accès à l’information.«L’échec de la supervision et des rapports financiers ne s’est pas limité à une personne ou un département, mais a été partagé entre un certain nombre de personnes et de départements sur une période de près de deux ans.» Des vérificateurs de l’agence ont commandé le rapport à la firme De-loitte et Touche après avoir appris que plus de 11 millions de dollars avaient été dépensés pour le contrat, qui prévoyait des dépenses maximales de 4,8 millions.Cet important débordement des dépenses s’est déroulé à l’insu des dirigeants de l’agence, a noté le rapport Le projet visait la mise en place d’un système de reconnaissance de l’iris ou des empreintes digitales des employés aéroportuaires afin de s’assurer que criminels et terroristes ne peuvent accéder aux zones d’accès limité des aéroports.«L’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien est fière de sa plus récente étape au chapitre de l’amélioration de la sécurité», avait déclaré en février le président et chef de la direction Jacques Du-chesneau, lors de l’annonce de la réussite de l’installation du système dans 29 aéroports, permettant la vérification de l’identité d’un total de 100 000 employés.Le rapport de Deloitte et Touche dresse cependant un portrait moins rose du projet biométrique.Ses consultants ont découvert que les gestionnaires n’avaient pas lu le contrat d’Unicom ou ne comprenaient pas certains de ses aspects les plus élémentaires, comme la couverture ou non de certaines dépenses de voyage.Personne à l’agence fédérale ou chez Unicom n’a élaboré de budget pour le projet, et aucun processus n’a été mis en place pour superviser les dépenses, poursuit le rapport.Le contrat avec Unicom, conclu en mars 2004 et d’une valeur initiale de 2,3 millions, mais celle-ci a rapidement augmenté, pour passer à 13,2 millions.Presse canadienne Journée de manifestation le 29 juin Paul Martin dit appuyer les revendications des autochtones L'ancien premier ministre juge «inconcevable» que le gouvernement conservateur n’ait pas appuyé l’accord de Kelowna de 5 milliards TOBI COHEN Toronto — Les réclamations de terres des autochtones devraient être réglées le plus rapidement possible, mais pas en marge des problématiques phis laiges qui minent le quotidien des Premières Nations, a estimé l’ex-premier ministre Paul Martm.M.Martin juge «inconcevable» que le gouvernement conservateur du premier ministre Stephen Harper n’ait pas appuyé l’accord de Kelowna de 5 milliards qu’il a aidé à conclure — une entente «historique» qui, selon lui, représentait un «vrai rassemblement» entre Ottawa, les provinces, les territoires et le leadership des Premières Nations.«Personne ne pourrait nier que les autochtones canadiens ont droit aux mêmes bénéfices de soins de santé et aux mêmes bénéfices éducati/s que les autres Canadiens», a indiqué Paul Martin lors d’une interview avec la Presse Canadienne.«Ceci ne devrait pas être une lutte partisane.Ce devrait être une lutte pour améliorer la qualité de vie des autochtones, purement et simplement, et je ne sais pas pourquoi le gouvernement veut en faire une lutte partisane.» Accord de Kelowna L’accord de Kelowna, signé dans les derniers moments du bref séjour de M.Martin au poste de premier ministre, visait à améliorer l’éducation, l’emploi et les conditions de rie des autochtones à l’aide d’un financement gouvernemental et d’autres programmes, et était as- sujetti à des évaluations des améliorations pendant une période de 10 ans.Les conservateurs ont indiqué qu’ils étaient prêts à atteindre les objectifs de l’accord, mais fis ont rejeté un projet de loi privé adopté en mars avec l’appui des libéraux, du Bloc québécois et du Nouveau Parti démocratique.Par conséquent, ils ne sont pas tenus de l’appuyer financièrement Même si l’accord de Kelowna n’avait rien à voir avec les réclamations de terres, qui semblent être la principale réclamation des Premières Nations en vue de la journée de manifestation nationale prévue à la fin juin, Paul Martin a indiqué que son gouvernement avait entamé des mesures pour s’attaquer à ces problèmes séparément Les conservateurs ont tenté de calmer les tensions avec populations autochtones en leur promettant un nouvel effort pour rattraper le retard dans le traitement de phis de 800 demandes.Cet effort comprend un tribunal indépendant et un montant 250 millions sur 10 ans, comparativement à celui de 1,9 million promis par l’anden gouvernement Aujourd’hui âgé de 68 ans, Paul Martin entend «consacrer une bonne partie» du reste de sa rie aux droits autochtones et a accordé son appui à la situation des Premières Nations dans le cadre d’un forum public qui se déroulera à Toronto deux jours avant la journée nationale de manifestation, prévue pour le 29 juin.Presse canadienne Bernard Lord et Donald J.Johnston nommés au conseil d’administration de l’Institnt économique de Montréal BRIGITTE SAINT-PIERRE Ly Institut économique de ’ Montréal (IEDM) a annoncé hier la nomination à son conseil d’administration de l’ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick Bernard Lord et de l’ex-secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) Donald J.Johnston.L’IEDM «confirme, par ces nominations, son engagement à développer des options politiques alternatives en matière de financement et de prestations des services de santé», a indiqué le président de l’Institut, Paul Daniel Muller, par voie de communiqué.En entrevue au Devoir, il a précisé qu’il s’agissait d’une priorité pour l’IEDM.M.Lord, avocat au cabinet McCarthy Té-trault, et M.Johnston, ministre fédéral de 1978 à 1988, pourront mettre l’IEDM en contact avec des personnes ayant étudié les politiques de santé, a dit M.Muller.«Notre but est de montrer aux Québécois, aux Canadiens, qu’il existe d’autres formules.On s’inscrit dans la recherche d’une plus grande efficacité, d’une plus grande performance du système», a-t-il affirmé.L’IEDM se présente comme un institut de recherche et d’éducation œuvrant «à la promotion de l’approche économique dans l’étude des politiques publiques».Le Devoir EN BREF Couillard rencontrera les urgentologues Le cri du cœur lancé par les urgentologues a trouvé écho à Québec, puisque, selon le quotidien La Presse, le ministre de la Santé, Philippe Couillard, a entrepris des démarches vendredi pour rencontrer le plus rapidement possible le pré- Que diriez-vous d'une pause enchantée en Provence à bord d'une péniche sur le Canal du Midi?W5 WWWTV5.CA DES RACINES ET DES AILES ce soir 1 9h30 sident de la Table des chefs d'urgences de Montréal Les représen tants des urgentologues d’autres régions du Québec, dont la Monté régie et l’Outaouais, seront aussi conviés à la réunion.La dernière rencontre entre le ministre et le président de la Table, Bernard Mc thieu, remonte au mois de mars, soit avant les dernières élections.La dernière semaine a été particulièrement houleuse pour le ministre Philippe Couillard, qui a été confronté à la démission médiatisée des chefs des urgences de troi hôpitaux de la Montérégie.Le pré sident de l’Association des méde-cins d’urgences, Laurent Vanier, si dit heureux de cette avancée, tout comme Emmanuelle Jourdenais, chef du département de médecine d’urgence du Centre hospitalier d< l’Université de Montréal qui s’est montrée très critique envers le mi nistre Couillard samedi - PC Feux de forêt: situation précaire Québec — Les précipitations des dernières heures donnent un répi aux pompiers de la Société de pro tection des forêts contre le feu (SOPFEU), mais la situation demeure toujours précaire.On sigxu lait quelque 70 incendies hier matin dans les forêts québécoises, dont sept non maîtrisés, alors qu’il y en avait 21 samedi.Les précipita lions n’ont pas été uniformes sur les différentes régions de la provii ce, ce qui force la SOPFEU à mail tenir l’ensemble des interdictions en vigueur au Québec.- PC i LE DEVOIR, LE LUNDI 18 JUIN 2007 A 3 ACTUALITES CM Chantal Hébert Le bulletin de l’opposition Une dette de 300 000 $ Québec solidaire espère renflouer ses coffres avant les prochaines élections Le Nouveau Parti démocratique dépasse actuellement les libéraux dans les intentions de vote des électeurs francophones au Québec.Le recrutement de l’ancien ministre libéral de l’Environnement, Thomas Mulcair, comme lieutenant québécois constitue un rare bon coup dans une saison trop riche en rendez-vous manqués.Sans fracasser de nouveaux records, le NPD a consolidé ses appuis depuis le début de l’année.Jack Layton est finalement celui des quatre chefs de l’opposition qui s’est le mieux tiré de la drôle de guerre qui passe pour de la politique fédérale depuis six mois.B En concluant un pacte de non-agression avec les libéraux dans la circonscription de Central Nova, la leader du Parti vert Elizabeth May a amélioré un tant soit peu ses chances de l’emporter contre le ministre des Affaires étrangères Peter MacKay aux prochaines élections, mais à quel prix pour sa formation?En désignant Stéphane Dion comme son choix comme futur premier ministre, Mme May a fourni aux électeurs qui se préoccupent d’environnement une raison de ne pas faire un détour par son propre parti au prochain scrutin.Elle a peut-être un plus bel avenir comme future ministre libérale de l’Environnement que comme chef d’une cinquième colonne environnemen-taliste aux Communes.C Le prix du rendez-vous manqué de 2007 revient évidemment à Gilles Duceppe.La campagne d’un soir du chef bloquiste pour le leadership du Parti québécois était sans précédent dans les annales fédérales et le restera sans doute.M.Duceppe a limité les dégâts en se ravisant rapidement.Dans cette affaire, son amour-propre a finalement été plus égratigné que son leadership.Mais l’épisode n’a rien fait pour dissiper les odeurs de fin de règne qui se dégagent du Bloc depuis les élections de 2006.C Contrairement à Stephen Harper dans les mêmes circonstances, Stéphane Dion a eu droit à une lune de miel dans la foulée de sa victoire au leadership.Mais il n’a pas réussi à rester sur sa lancée.Jusqu’à présent, le message libéral — sous son nouveau chef — passe difficilement.Alors que les conservateurs connaissaient leur pire saison au pouvoir, la cote libérale est restée largement stationnaire.L’impopularité du PLC au Québec s’est amplifiée au sein de l’électorat francophone depuis six mois; elle tire le PLC vers le bas.A l’échelle pancanadienne, une majorité d’électeurs ne voient pas (encore?) en M.Dion un futur premier ministre.C+ ' Personne n’accusera jamais Michael Ignatieff d’être allé bouder dans ses terres dans la foulée de sa défaite au leadership.Il y a des jours où Stéphane Dion doit le regretter.Nommé chef-adjoint au lendemain du congrès au leadership, le meneur déçu de la course s’est rapidement imposé aux Communes où il est une présence constante depuis la rentrée parlementaire.En particulier mais pas exclusivement en anglais, la prestation de M.Ignatieff porte ombrage à celle, moins convaincante, de son chef.Sans lui, par contre, l’absence de panache du PLC et ses nombreux flottements auraient été encore plus flagrants.B S’il y avait un concours de tir sur des ambq-lances, Denis Coderre remporterait la palme.A titre de critique libéral à la Défense, le député de Bourassa a hérité d’une cible facile en la personne du ministre Gordon O’Connor, et il a fait flèche de tout bois.Après les Dion et Ignatieff, M.Coderre a été un des députés les plus visibles de sa formation depuis six mois, notamment au Québec.Mais la virulence peut devenir une arme à deux tranchants quand l’on s’acharne sur des adversaires qui sont déjà au tapis.C+ .Le bloquiste Pierre Paquette figurait en tete de la très courte liste des aspirants possibles à la succession de Gilles Duceppe ce printemps.Mais le député de Joliette a déjà de la difficulté à combler le vide engendré par le départ de Michel Gauthier de son poste de leader parlementaire.Un parti dont la scène principale est la période des questions peut difficilement faire sa marque avec des acteurs de série B.Si MM.Coderre et Ignatieff ont tendance à surperformer dans leurs créneaux libéraux respectifs, c’est plutôt le contraire du côté du leadership parlementaire du Bloc.C Dans un parti où les talents francophones sont toujours rares et souvent voués à des rôles obscurs le néo-démocrate Yvon Godin a su se trouver une niche.Homme à tout faire hyperactif de son parti sur le front de l’assurance emploi, le député d’Acadie-Bathurst a également joué un rôle de premier plan dans le débat sur l’abolition du programme de contestation judiciaire, lequel a fini par coûter sa tête au président conservateur du comité des langues officielles, Guy Lauzon.B Le député qui a fait perdre le plus de plumes au gouvernement Harper en cours de session n’était même pas dans l’opposition jusqu’à tout récemment.En affrontant son parti sur la péréquation, l’ex-député conservateur de la Nouvelle-Ecosse Bill Casey a allumé un baril de poudre sous ses anciens collègues, à commencer par le ministre senior de sa province, Peter MacKay.B, pour courage.Les libéraux Bill Graham, Belinda Stronach, Paul Martin, Lucienne Robillard et le néo-démocrate Bill Blaikie font tous partie du club en pleine expansion des députés dont on sait déjà qu’ils ne se représenteront pas aux prochaines élections.Plusieurs d’entre eux ont fait connaître leurs intentions à l’époque où tout indiquait (à tort) qu’il y aurait un scrutin fédéral ce printemps.Mais si la tendance se maintient, leurs circonscriptions pourraient être représentées par ces semi-retraités de la politique pendant deux autres années, ce qui est beaucoup trop long.D chebertfftlthestar.ca Chantal Hébert est columnist politique au Toronto Star.CLAIRANDRÉE CAUCHY Les militants de Québec solidaire (QS), qui étaient réunis en conseil national hier à Montréal, ont poussé un soupir de soulagement lorsqu’ils ont su que les élections provinciales ne se tiendraient pas cet été.S’il en avait été autrement, la jeune formation politique aurait dû se lancer dans la bataille avec les coffres vides, puisqu’elle doit encore 300 000 $ à ses membres et sympathisants.L’hiver dernier, QS a demandé à ses sympathisants de lui accorder des «prêts solidaires».La campagne a si bien fonctionné que le parti a renoncé à emprunter à la banque comme le font la plupart des autres partis.«Cela a été fait sur la base d’une espérance de votes entre 3,5 % et 4,5 %.On sera capable de rembourser rapidement», assure la porte-parole Françoise David.Cette dette devrait être complètement épongée dans environ 18 mois.QS a récolté 3,7 % des suffrages en mars dernier, avec des pointes de 26 % et 2 % pour les deux porte-parole, Françoise David et Amir Khadir, respectivement candidats dans les circonscriptions de Gouin et de Mercier.«Quand arrivera le temps des élections, on va le faire», a déclaré Mme David, assurant que QS arrivera à financer adéquatement sa prochaine campagne.Elle souligne que la formation de gauche n’a pas besoin d’autant d’argent que les autres grands partis pour faire campagne.Si des élections hâtives ont été évitées, QS demeure néanmoins à la merci des trois grands partis pour l’échéancier électoral.La situation de gouvernement minoritaire complique par ailleurs le travail de la formation politique, selon sa principale porte-parole.«On va assister à quelques reprises à ce que j’appellerais des psychodrames, qui font le régal de certains.[.] Cette nouvelle situation intrigue, suscite beaucoup d’attention de la part des médias et malheureusement, nous ne sommes pas à l’Assemblée nationale.Les projecteurs sont donc moins braqués sur nous», note Françoise David.* i J ai r JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les deux porte-parole de Québec solidaire, Amir Khadir et Françoise David, ont assuré aux militants hier que le parti de gauche arriverait à financer adéquatement sa prochaine campagne.Non au privé en santé La formation entend néanmoins faire entendre son point de vue sur certains sujets d’actualité.Au menu de l’automne: l’opposition au dégel des droits de scolarité, la revendication d’un mode de scrutin proportionnel et la dénonciation du glissement vers le privé en santé.Le deuxième porte-parole de QS, le docteur Amir Khadir, y est d’ailleurs allé d’une charge à fond de train contre le comité de travail présidé par Claude Castonguay, chargé de proposer de nouvelles pistes de financement pour le système de santé.QS estime qu’il a reçu le mandat d’ouvrir la voie à un système de santé résolument à deux vitesses.M.Castonguay, «qui a œuvré le plus clair de sa vie dans les compagnies d’assurances», a beau être qualifié de «père du système de santé», «cela ne lui donne pas un droit divin pour décider de l’avenir du système de santé, qui appartient maintenant au Québec», argue M.Khadir.«La solution de financement par les assurances privées n’est destinée qu’à assurer un système de qualité pour les plus riches, pour une minorité de la population, et surtout à générer beaucoup de profit pour les compagnies d’assurances», poursuit M.Khadir, réitérant la proposition de QS de créer une agence nationale du nom de Pharma-Québec pour réduire l’explosion du coût des médicaments.Marois interpellée Les porte-parole de QS ont par ailleurs pressé le Parti québécois, et plus particulièrement sa future nouvelle chef Pauline Marois, de se positionner sur «l’axe lucides-solidaires».«Qu’est-ce que Mme Marois aura à dire sur la santé, sur les frais de scolarité?[.] Quand elle dit qu’elle veut revoir la social-démocratie, cela n’augure pas très bien.En général, ceux qui ont tenu ce discours, c’était pour effectuer un virage à droite», frit observer Françoise David.Cette dernière a tracé un bilan plutôt positif de la dernière campagne, malgré quelques «difficultés».Le parti en a profité pour recruter 1000 nouveaux membres, pour un total de 7000, et mettre sur pied de nouvelles associations locales.Hier, quelque 200 délégués, dont la majorité provenaient de l’extérieur de la région de Montréal, étaient réunis pour tirer un trait sur la campagne et planifier les prochains mois.Certaines faiblesses ont été notées, comme la position sur la souveraineté, précédée d’une démarche d’assemblée constituante.Le candidat dans Saint-Henri-Sainte-Anne, le président du conseil central de Montréal Arthur Sandbom, a avoué au micro que la position s’assimilait à de la «bouillie pour les chats» pour l’électeur ordinaire rencontré dans l’embrasure d’une porte.Les délégués ont convenu de clarifier leur position d’ici aux prochains mois, sans toutefois la remettre en question.Le Devoir MacKay est prêt à venir en aide au gouvernement d’urgence palestinien Le Canada a salué hier le nouveau gouvernement d’urgence palestinien et a laissé entendre qu’il était disposé à reprendre son aide financière directe, suspendue depuis mars 2006.«Le Canada appuie les efforts du président [Mahmoud] Abbas et sa décision de dissoudre le gouvernement» précédent, qui était dirigé par un premier ministre issu du mouvement islamiste du Hamas, a dit dans un communiqué le chef de la diplomatie canadienne, Peter MacKay.«Nous entendons collaborer avec le [nouveau] premier ministre [Salant] Fayyad et examinons les meilleurs moyens de venir en aide à son gouvernement», a-t-il ajouté.Ce nouveau gouvernement palestinien, chargé de faire appliquer l’état d’urgence, a prêté serment hier en Cisjordanie devant le président Abbas.Ce dernier a déclaré hors la loi les forces du Hamas, qui ont pris le contrôle vendredi de la bande de Gaza après avoir mis en déroute les forces fidèles au Fatah de M.Abbas pendant une semaine de combats sanglants.Ottawa boycottait le gouvernement palestinien depuis l’arrivée du Hamas, considéré comme organisation terroriste, à sa tête en mars 2006.Le Canada avait été le premier pays, avant même les Etats-Unis, à suspendre son aide financière.«Le Canada continuera de répondre aux besoins humanitaires du peuple palestinien, y compris les réfugiés.Nous continuons également d’appuyer les courants modérés au sein de la société palestinienne afin de réaliser la paix et la stabilité», a conclu M.MacKay.Agence France-Presse GRC : Day favoriserait un groupe de travail plutôt qu’une enquête publique EN BREF Dion peu préoccupé par les sondages Drummondville—Stéphane Dion estime que le Parti libéral du Canada (PLC) «va redevenir le parti préféré des Québécois».Au cours du conseil général de la section québécoise du PLC, samedi, à Drum-mondviUe, le chef libéral a dit ne pas être préoccupé par les sondages qui mettent son parti à égalité avec les conservateurs.En conférence de presse, il a affirmé que le Parti libéral allait se renforcer et allait «redevenir le parti préféré des Québécois».Or, un sondage Décima dévoilé mardi plaçait le Bloc québécois à 38 % dans les intentions de vote au Québec, contre 23 % pour le PLC, tandis que 16 % allaient aux conservateurs.-PC Forum économique des Amériques Pas moins de 3200 personnalités, conférenciers et experts de nombreux pays seront réunis dès aujourd’hui à Montréal pour le 13" Forum économique international des Amériques.Les travaux, qui s’étaleront sur quatre jours, se dérouleront sur le thème Réussir dans un monde incertain.L’énergie, la santé et le développement durable seront notamment à l’ordre du jour.Aujourd’hui, le Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie, Abdou Diouf, et le premier ministre du Québec Jean Charest seront présents.Le président du Forum, fondateur de l’événement est l’anden ministre libéral Gil RémiHard.Parmi les personnalités qui assisteront au Forum, on note le gouverneur de la Banque du Canada, David Dodge, et le président du conseil de Power Corporation, Paul Desmarais fils.-PC liste d’interdiction de vol Ottawa — Une liste fédérale d’interdiction de vol, qui entre en vigueur aujourd’hui afin de protéger les passagers des lignes aériennes intérieures, pourrait conduire à lins-cription de personnes innocentes sur une liste noire et au profilage racial et religieux, selon des critiques.Avant même son entrée en vigueur officielle, au moins un député conservateur, dont le nom apparaît sur une liste américaine d’interdiction de vol, craint que d’autres Canadiens ne partagent bientôt son sort-PC Ottawa — Le ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, favorise là mise sur pied d’un groupe de travail plutôt que la tenue d’une enquête publique pour faciliter la restructuration de la Gendarmerie royale du Canada.M.Day annoncera officiellement aujourd’hui ou demain sa réaction au constat de l’enquêteur spécial qui a conclu que la structure interne de gestion de la GRC était démolie.Mais hier, sur les ondes du réseau CTV, il a affirmé: «Il y a des moments où une enquête publique en bonne et due forme peut être appropriée, quand les enjeux sont gigantesques.Mais ces choses peuvent s’étirer sur des années, et atteindre des coûts de plusieurs millions de dollars.Nous savons ce qui a mal tourné.Nous savons que des choses doivent être corrigées.» Zaccardelli blâmé David Brown, l’ancien patron de la Commission des valeurs mobilières de l’Ontario qui était chargé d’enquêter sur la crise touchant la GRC, a blâmé principalement l’ex-commissaire de la GRC, Giuliano Zaccardelli.Selon M.Brown, M.Zaccardelli avait un comportement autocratique et pratiquait l’intimidàtion, et son utilisation abusive de la caisse de retraite de 12 milliards du corps policier a démoralisé le personnel M.Brown n’a pas recommandé la tenue d’une enquête publique.D a étudié des milliers de pages de documents et a passé 100 heures à parler aux principaux intervenants dans cette affaire.Une longue investigation n’ajouterait «rien de valable», a-t-il déclaré.L’enquêteur serait plutôt favorable à la constitution d’un groupe de travail, formé de policiers, de fonctionnaires et d’experts du secteur privé, qui examinerait la GRC de manière privée, puis formulerait des recommandations publiques.M.Day a laissé entendre que c’est la solution que les conservateurs privilégieront après des années de ce qu’il a qualifié d’inaction libérale.D a aussi dit que le gouvernement pourrait demander à des enquêteurs de la police provinciale ontarienne d’évaluer si des gestionnaires de la GRC avaient commis des crimes.M.Zaccardelli, qui a nié toute malversation, a été écarté l’an dernier à la suite d’un dossier sans rapport avec cette crise, l’affaire Maher Arar.Les conservateurs «sont terrifiés à la perspective d’une enquête publique» et de ce qui pourrait en sortir, a soutenu le député du Nouveau Parti démocratique David Christopherson.Le député libéral Boris Wrzes-newskyj a fait remarquer que les prétendues révisions précédentes de la GRC avaient toutes été de portée limitée, et que le corps policier n’avait pas, jusqu’à présent, fait l’objet d’une enquête pleine et entière.Presse canadienne Voir aussi texte de Jean- Claude Leclerc en page B 6 Hélène TRUDEL Le Chasseur d’anglicismes Trauaux nratioues Cahier • 144 pages •16,95$ ISBN 978-2-7601-6911-1 Corrigé» 148 pages‘33,95$ ISBN 978-2-7601-6910-4 GUÉRIN, édltout lt« < 514-842-3481 pour les oersonnes qui ont i cour la qualité de la langue française.En vente dans toutes les librairies Les prix sont indiqués sous réserve rie modifications i LE DEVOIR.LE LUNDI 18 JUIN 2007 A 4 LES ACTUALITÉS La navette de retour jeudi Dernière sortie dans l’espace des astronautes Atlantis Les fosses septiques contribueraient à la pollution des lacs NASA / REUTERS Les astronautes Patrick Forrester et Steven Swanson ont fait une sortie de plus de six heures autour de la Station spatiale internationale pour terminer l’installation d’un nouveau tronçon de la station.Washington — Deux astronautes û'Allant is ont entrepris hier la quatrième et dernière sortie dans l’espace de la mission, tandis que les ordinateurs russes de la Station spatiale internationale (ISS) continuaient à fonctionner normalement après une panne inédite de 48 heures.Patrick Forrester et Steven Swanson ont émergé du sas de décompression de la Station spatiale internationale pour une sortie devant durer six heures et demie, selon les images en direct de la télévision de la NASA.Leur principale tâche est de finir l’installation du nouveau tronçon de l’ISS comprenant notamment une antenne solaire, livré lundi dernier par Atlantis et attaché à l’ossature de la Station.Les astronautes devaient hier débloquer le mécanisme de rotation de l’antenne à double aile de 73 mètres d’envergure pour qu’eDe puisse tourner sur elle-même et capter un maximum de rayons solaires.Ils doivent également installer un câble informatique sur le module Unity, premier élément de l’ISS fabriqué par les Etats-Unis, pour établir un branchement avec la partie russe de la Station.Ils vont en outre enlever une antenne GPS et finir d’installer pne protection contre les débris orbitaux sur le laboratoire américain Destiny.Par ailleurs, après une panne sans précédent de 48 heures, les deux ordinateurs russes de l’ISS, essentiels pour le contrôle de la production d’oxygène et des moteurs orbitaux d’orientation de la Station, «fonctionnent de nouveau quasiment normalement» et «sans problème», indiquait hier la NASA sur son site Internet Les trois unités centrales de traitement de chacun des deux ordinateurs sont opérationnelles.Mais seules deux d’entre elles ont été mises en marche par ordinateur.Une seule unité de traitement est suffisante sur chacun des deux ordinateurs pour assurer le fonctionnement des systèmes de l’ISS.Le centre de contrôlé russe de l’ISS à Moscou a remis en marche tous les systèmes de la Station contrôlés par ces ordinateurs à l’exception, pour le moment du générateur russe d’oxygène Elektron ce qui sera fait ultérieurement Derniers tests Les directeurs du vol de l’ISS prévoient de tester aujourd’hui les moteurs orbitaux de la Station qui dépendent des ordinateurs russes et procéderont à des manœuvres pour réduire légèrement l’altitude de l’ISS qui se trouve à quelque 350 km au-dessus de la Terre.Ces moteurs se mettent en route régulièrement pour maintenir l’orientation de la Station quand les gyroscopes de l’ISS, contrôlés par un ordinateur américain, sont saturés.Si ce test est concluant, Atlantis, dont les moteurs orbitaux avaient pris la relève durant la panne des deux ordinateurs russes pour maintenir la bonne orientation de l’ISS, pourra alors se désamarrer de la Station demain comme prévu.Le retour sur Terre de la navette et de sept astronautes est prévu jeudi en Floride, après une mission de 13 jours, rallongée en raison de dommages sur la couverture thermique ft Atlantis au moment du lancement Les responsables du programme ont donné samedi le feu vert de principe à un retour ft Atlantis sur la Terre après que les analyses des centaines d’images eurent montré que le bouclier thermique de l’orbi-teur était en parfait état pour une rentrée dans l’atmosphère.Agence France-Presse LOUIS-GILLES FRANCŒUR Les fosses septiques, qui sont censées digérer littéralement la pollution domestique, pourraient être des sources plus importantes que prévu de phosphore dans les lacs, ce qui y stimulerait la prolifération des algues et tout particulièrement des cyanobactéries.Cette question dérangeante, car les fosses septiques sont la pierre angulaire de la stratégie québécoise de protection des lacs contre les apports en nutriments, a été soulevée publiquement par Nature Québec.Le groupe environnemental rappelle que les normes sur la gestion des eaux usées des résidences isolées ont été conçues dans un contexte fort différent, alors que les lacs avaient un pouvoir d’absorption beaucoup plus important Mais, note le groupe environnemental, ces normes ont été d’abord conçues «dans le but de protéger les puits voisins des pathogènes et des nitrates.Même si elles étaient parfaitement respectées, ce qui n’est pas souvent le cas, ces normes s’avéreraient inadéquates pour assurer la protection de l’eau du lac contre cette source de contamination.» Génératrices de phosphore Selon Charles-Antoine Drolet porte-parole de Nature Québec dans ce dossier, il y a de fortes pos- SEKIES+ i V.'Vi - mm DERNIERE SAISON SIX PIEDS SOUS TERRE LUNDI 22 H.EN RAPPEL DIMANCHE 21 H sibilités que les fosses septiques réglementaires soient en réalité de «véritables génératrices de phosphore provenant de la matière organique en décomposition ou des phosphates présents dans les eaux usées, soit sous forme minéralisée (phosphate de fer, de calcium et de magnésium)».La forme minéralisée peut effectivement se greffer au sol, mais seulement si celui-ci est formé de particules fines.Si le sol est plutôt formé de matériaux grossiers ou à le champ d’épuration est déjà saturé en phosphore après des années d’utilisation, aucune des formes de phosphore ne sera retenue, miné ralisée ou organique.Si le champ d’épuration en question n’est pas loin du cours d’eau, sa charge en phosphore pourra alors y aboutir rapidement Selon M.Drolet «l’hypothèse de la contamination issue des champs d’épuration comme principale source de phosphore doit être étudiée attentivement.Si cette hypothèse se confirme, les mesures mises en avant devraient viser à interrompre cet écoulement de phosphore migrant en profondeur vers les lacs».Il faudrait alors revoir le plan de lutte global contre l’eutrophisation des lacs et concevoir de nouveaux outils normatifs pour contrôler le problème, estime Nature Québec, d’autant plus que cette source de phosphore pourrait, à son avis, s’avérer «plus considérable que celles provenant de l’épandage des fertilisants sur les gazons des rives».Le Devoir Phosphates : l’opposition appuie une motion du Bloc LOUIS-GILLES FRANCŒUR Alors que les organismes de bassin versant du Québec s’apprêtent à distribuer gratuitement 100 000 plants pour refaire le couvert végétal des rives dénudées de lacs et de cours d’eau, les Communes ont appuyé à leur façon la lutte contre les algues bleues en adoptant une motion visant à foire interdire la vente de savons à vaisselle et à lessive contenant des phosphates.C’est Bernard Bigras, député bloquiste de Rosemont, qui a déposé une motion au comité des Communes afin de faire interdire la vente de ces produits.Les deux autres partis d’opposition l’ont appuyé, ce qui impose son dépôt devant le Parlement Mais comme les conservateurs présents à ce comité se sont opposés à cette motion, il se pourrait que même une motion votée majoritairement aux Communes n’ait aucune suite au niveau du gouvernement Harper.Lors des débats devant le Comité de l’environnement, le ministère fédéral de l'Environnement a en effet indiqué que l’apport des phosphates présents dans les savons domestiques ne représentait que 1,5 % du problème, l’essentiel provenant des activités agricoles.Mais un chercheur québécois, Richard Carignan, a indiqué que dans plusieurs régions de villégiature aux prises avec les cyanobactéries même si l’agriculture est absente, les savons domestiques contenant des phosphates peuvent représenter entre 5 et 20 % du problème, ce qui justifierait leur interdit de vente.Par ailleurs, le Regroupement des organismes de bassin versant du Québec va coordonner les 20 organismes qui distribueront sous peu les 100 000 arbustes que Québec veut faire replanter dans des bandes riveraines dénudées pour enrayer les problèmes d’érosion et d’apports en phosphate.D’ici 2009, ce sont deux millions de jeunes plants que ce programme prévoit installer à demeure sur les berges des cours d’eau.Le Devoir EN BREF Incendie suspect à Val-David Val-David—Pour la deuxième fois en près de deux semaines, un incendie suspect a éclaté dans un camp d’été appartenant à la communauté juive, à Val-David, dans les Lauren-tides.Un chalet a été complètement détruit dans la nuit de dimanche.Personne n’a été blessé.- PC < i LE DEVOIR.LE LUNDI 18 JUIN 2007 A 5 ECONOMIE PERSPECTIVES Le retour du chapitre 11 Inventé par les pays riches comme moyen de discipliner les pays du Sud, il s’est retourné contre ses créateurs en menaçant la souveraineté de leurs gouvernements.Souvent perçu comme le parfait exemple des errances de la mondialisation, il fait, depuis quelques jours, un peu moins peur.\ a à jgK Eric Desrosiers La nouvelle est largement passée inaperçue la semaine dernière.La chose serait parfaitement normale, compte tenu de la nature mortellement ennuyeuse de l’affaire, s’il n’y avait pas autant de gens qui pensent que se joue là l’avenir de nos gouvernements et du principe démocratique.On a appris mardi qu’un tribunal d’arbitrage de l’ALENA avait débouté la compagnie américaine de messagerie UPS de sa plainte contre le gouvernement du Canada.Déposé en vertu du chapitre 11 du traité de libre-échapge permettant aux investisseurs de poursuivre les Etats nationaux s’ils s’estiment lésés, la plainte était agrémentée d’une demande de réparation de 160 millions.Elle avait été déposée en 2000 (sic) et avait été entendue par le tribunal en 2005 (resic).UPS alléguait que Postes Canada bénéficiait d’un avantage indu en matière de messagerie rapide à cause de son monopole sur la livraison du courrier ordinaire et de son réseau d’infrastructures.Le géant américain en avait également contre le programme fédéral d’aide aux éditeurs canadiens qui obligent ces derniers à livrer leurs produits par l’intermédiaire du service public.UPS se plaignait aussi du fait que les douanes canadiennes traitent de manière différente le trafic postal ordinaire et les services de messagerie.Le tribunal d’arbitrage constitué d’experts indépendants n’a retenu aucune de ces accusations, au grand soulagement non seulement d’Ojtawa, mais aussi de Washington et Mexico.C’est qu’il n’y avait pas que les services de Postes Canada et 160 millions de dollars qui étaient en jeu.Une victoire de UPS aurait pu être le signal de départ d’une pluie de plaintes similaires pouvant émaner de toutes les compagnies nord-américaines actives dans des domaines où le secteur public est également présent.Au Canada, on a toujours pris soin d’exclure des accords commerciaux des secteurs particuliers comme la culture, les politiques sociales ou encore la santé.Une quantité d’autres secteurs auraient quand même été exposés, comme le transport, les services municipaux, ou encore l’assurance automobile.La victoire du Canada contre UPS ne sera pas suffisante pour rassurer ceux qui ont peur du chapitre 11 de l’ALENA et des quelques 2400 autres traités bilatéraux sur l’investissement qui se sont signés au cours des dernières années dans le monde.Au départ, ce genre de dispositif se veut un moyen d’encourager l’investissement dans les pays pauvres, et par le fait même leur développement, en garantissant aux entreprises étrangères un certain degré de protection contre d’éventuelles mesures gouvernementales arbitraires.L’échec retentissant de l’Accord multilatéral sur l’investissement (AMI) de l’OCDE à la fin des années 90 n’a pas empêché la multiplication des accords bilatéraux.Le Canada en est rendu à lui seul à un total de 21 et souhaite en signer d’autres, notamment avec la Chine, l’Inde et la Corée du Sud.À la défense de l’État La principale critique contre ce genre de traité est toujours la même.C’est d’accorder le droit à des entreprises privées de contester devant,un tribunal particulier des décisions prises par des Etats souverains et dirigés par des gouvernements démocratiquement élus.La principale crainte est de voir des multinationales et leurs armées d’avocats gruger petit à petit ce qu’il reste du domaine public, à coup de décisions de cour, ou par la simple menace de recourir aux tribunaux.Jusqu’à présent, ces craintes ne se sont pas vraiment matérialisées.Des 46 plaintes déposée depuis 1994 contre l’un ou l’autre des trois pays membres de l’ALENA en vertu du chapitre 11, seulement deux ont mené à une condamnation du Mexique pour des amendes totales de 18 millions; et quatre ont mené à une condamnation ou à des ententes à l’amiable au Canada, pour une facture totale d’environ 27 millions.Dans un cas (Ethyl Corporation), Ottawa a également dû présenter des excuses et retirer une loi interdisant un produit chimique pour des raisons environnementales.Les experts notént que les tribunaux de l’ALENA ont jusqu'à présent fait preuve de beaucoup de circonspection dans leurs décisions.Et lorsque les gouvernements sont blâmés, c’est habituellement à cause de la manière dont ils s’y sont pris pour atteindre leur but et non pas parce que l’on met en doute leur droit d’agir.Les trois pays membres de l’ALENA ne se sont pas moins dépêchés, au début des années 2000, d’adopter une déclaration visant à empêcher le tribunal de donner un sens trop large au concept d’expropriation et éviter ainsi de se voir réclamer par des entreprises des dédommagements non seulement pour la perte de leurs investissements directs, mais aussi pour les profits futurs qu’elles escomptaient en tirer.Ils ont aussi convenu de rendre l’exercice plus transparent.«La plupart, sinon tous les engagements internationaux limitent d’une certaine façon la souveraineté des Etats», avait rappelé en juillet 2005 la juge Sarah Pepall de la Cour supérieure de l’Ontario au Conseil des Canadiens et au Syndicat des travailleurs des postes qui contestaient la constitutionnalité du chapitre 11.«Les tribunaux de [ ALENA n’ont aucun pouvoir pour invalider les lois intérieures ou les pratiques des gouvernements», avait-elle néanmoins conclu.Ni ce jugement de la Cour de l’Ontario ni la victoire de la semaine dernière du Canada contre UPS ne feront changer d’avis aux plus fervents adversaires du chapitre 11.«Les règles en matière d’investissement, comme le chapitre 11, doivent être retirées de l’ALENA et de tous les autres accords commerciaux signés par le Canada», a déclaré la semaine dernière un porte-parole du Conseil des Canadiens.On a d’ailleurs déjà demandé à la Cour suprême de se saisir de la question.odidas ¦ 9- .•*av ' SP m , r en ARCHIVES LE DEVOIR La touriste de l’espace américaine Anouseh Ansari se préparant pour son vol avec les Russes, l’an dernier.Le tourisme spatial européen en orbite JÉRÔME FENOGLIO DOMINIQUE GALLOIS Un fabuleux moyen de réveiller l’ambition européenne pour l’espace.» C’est ainsi que François Auque, président d’Astrium, a présenté, mercredi dernier, la maquette de l’avion-fusée conçu par cette filiale du groupe EADS pour se lancer dans le tourisme spafiaL De la taille d’un jet d’affaires, cet appareil emportera quatre passagers.Pouvant décoller de nimporte quel aéroport, il s’élèvera jusqu’à 12 kilomètres d’altitude grâce à ses turboréacteurs.Ensuite, le moteur-fusée à l’arrière sera mis en route pendant 80 secondes permettant de propulser l’avion à 60 kilomètres de haut L’inertie fera le reste pour atteindre une altitude de plus de 100 kilomètres.Pendant troiç minutes, les passagers seront en apesanteur totale.A travers les nombreux hublots, «Us découvriront que la terre est ronde, verront le ciel noir, le soleil et les étoiles», raconte M.Auque.L’avion reviendra ensuite sur Terre vers son aéroport d’origine.Le vol aura duré une heure et demie, pour un prix de 150 000 à 200 000 euros.L’idée est venue d’une dizaine de jeunes ingénieurs d’Astrium qui, un join, ont interpellé leur patron sur le thème ; «Nous sommes la plus grande société spatiale européenne, pourquoi ne faisons-nous rien dans le tourisme spatial?» Pendant deux ans, le projet a été mené dans le plus grand secret avant d’être pré- senté en mars par le comité exécutif d’EADS.Cet investissement d’un milliard d’euros sera financé uniquement par fonds privés.M.Auque se donne six mois pour convaincre des banquiers d’y participer.Si le développement débute en 2008, le premier vol pourrait se dérouler en 2012.L’objectif est de prendre 30 % du marché du tourisme spatial suborbital.Pour cela, Astrium envisage de constituer une flotte de 20 véhicules en dix ans.«C’est un projet sérieux», souligne M.Auque, mettant en avant les compétences du groupe dans le spatial avec Ariane et l’aéronautique avec Airbus.«C’est le meilleur concept existant en terme de sécurité, confort et coût récurent, affirme-t-il au regard des projets concurrents, la plupart n’existant que sur le papier.» Parmi les propositions les plus crédibles, celle de Rocketplane s’inspire de la même idée.Cette société de l’Oklahoma, créée par d’ex-ingénieurs de Loo-kheed Martin et de la NASA travaille sur un jet classique propulsé par un moteur de fusée à partir de 6 kilomètres d’altitude.L’entreprise, qui a rachçté le groupe Kistler, pionnier du spatial privé aux Etats-Unis, espère tester son prototype dès 2008.Le prix du billet est de 250 000 $US.Virgin Galactic affiche un prix un peu inférieur et la même date pour les premiers essais de son Spaceship Two.Le principe diffère : l’appareil du groupe de Richard Branson serait d’abord soutenu par un avion traditionnel avant de s’en séparer pour franchir la limite officielle de l’espace, à 100 kilomètres d’altitude.Cette entreprise a deux avantages.Le savoir-faire publicitaire du milliardaire britannique s’appuie sur la seule véritable expérience de vol suborbital privé, due au succès du Spaceship One de l’Américain Burt Ru-tan eji 2004.Il peut également compter sur le soutien de l’Etat du Nouveau-Mexique, qui vient d’autoriser la construction son premier port spatial.Un troisième projet est mené en secret D s’agit de la société Blue Origin, fondée par Jeff Bezos, patron du site Amazon.Celui-ci a testé une fois, à basse altitude, son idée de capsule réutilisable à décollage et atterrissage vertical.Cet appareil pourrait peut-être viser phis haut que la très basse orbite terrestre.C’est aussi ce que recherche Robert Bigelow, magnat américain, de l’immobilier.D a déployé dans l’espace, en 2006, un prototype de module gonflable préfigurant une station privée annoncée pour 2015.Beaucoup plus complexe que le vol suborbital, ce type de projet est le seul à viser un tourisme spatial de plus longue durée.Mais il ne semble pas pouvoir s’adresser avant longtemps à d’autres clients que des milliardaires, tels que les cinq privilégiés qui ont payé environ 20 titillions $US à Space Adventure pour passer une dizaine de journées dans la Station spatiale internationale.À ce jour, ce sont les seuls touristes spatiaux de l’histoire.Le Monde Stock-options: les chercheurs doutent ARMAND HATCHUEL La rémunération par stock-options des dirigeants de grandes entreprises reste très contestée.L’ampleur des plus-values, l’obsession du cours de Bourse, les attributions illicites d’options ont été beaucoup dénoncées.S’agit-il de pratiques dévoyées ?Une recherche expérimentale récente met en cause la jus tification scientifique de ces rémunérations, en montrant que les détenteurs de stock-options ne se comportent pas comme la théorie financière classique le prévoit Les dirigeants qui reçoivent des stock-options (ou options d’achat d’action) peuvent acheter, avant une certaine date, une quantité d’actions à un prix fixé.Si, avant l’échéance, le cours boursier de ces actions s’élève au-dessus du prix de l’option, le dirigeant achètera celles-ci et les revendra avec un gain; si le cours reste au-dessous, il ne fera rien.En théorie, ce mode de rémunération devrait inciter les dirigeants à servir les intérêts des actionnaires en prenant toujours les risques nécessaires pour faire progresser le cours de l’action.De plus, il semblait établi que l’on savait évaluer la valeur de ces stock-options-(en 1997, le prix Nobel d’économie fut attribué à Myron Scholes pour la méthode d’évaluation élaborée avec Fischer Black).L’entreprise pouvait donc mesurer la valeur des stock-options attribuées et les managers rationaliser la gestion de ces dernières.Or, des expériences menées avec des cadres américains montrent qu’ils évaluent différemment leurs stock-options.La théorie prédit, par exemple, qu’ils persisteront à prendre des décisions courageuses, comme une politique d’innovation audacieuse, lorsque le cours de l’action ne cesse de monter.Or, les détenteurs de stock-options qui n’ont pu encore tirer bénéfice de leurs actions, renonceraient à cette politique, de peur de provoquer une perte sur leurs valeurs par une légère baisse du çours.A l’inverse, en période de chute des cours, ils prendraient des risques exagérés pour faire remonter rapidement, et très provisoirement, la valeur de leurs options.Autre distorsion : les détenteurs de stock-options font des évaluations subjectives de leurs options qui sont supérieures aux évaluations de la théorie, ce qui tendrait à amplifier l’écart entre les comportements prédits et observés.On retrouve ainsi les thèses du psychologue du risque Daniel Kahneman, Prix Nobel en 2002, pour ses travaux avec Amos Tversky.Selon eux, face au risque, nous surévaluons nos pertes possibles et négligeons l’espoir de gros gains.Bref, lorsqu’il s’agit de nos biens, plus nous possédons et plus nous serions frileux.Ces résultats seront sûrement discutés.Mais au-delà des théories du risque, ils soulignent ce qui fait problème dans les stock-options.Au début du XX' siècle, et notamment grâce à Henri Fayol, le dirigeant d’entreprise a été perçu comme un bâtisseur ou un administrateur compétent, qui fait fructifier le patrimoine de tous : celui de l’actionnaire, mais aussi celui du salarié, du client ou du fournisseur même si ces patrimoines sont de natures différentes.Que cette mission reçoive une rémunération d’exception ne surprend pas.Mais que celle-ci soit construite-sur la valeur, de surcroît aléatoire, de son seul patrimoine boursier, voilà une ruse de la raison qui passionnera les historiens du management Reste qu’i> s’agit de la légitimité des dirigeante d’entreprise, et que celle-ci, on l’oublié trop, a mis un siècle à se construire.Le Monde i oto Résultats des tirages du: K/>«rr«?)f Jean-Guillaume Dumont.Philippe Papineau (pupitre), louise-Maude Rioux Soucy (Santé)-, Pauline Gravel (sciences) ; Michel Gameau (caricaturiste) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques) ; Martin Dudos, Michèle Malenfant et Christine Dumazet (relecteur), Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; à l’information culturelle : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Julie Carpentier (pupitre), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Stéphane Baillargeon (reporter), Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (WaémaJIsabelle Paré (culture), h l'information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), Dominique Reny (pupitre), Éric Desrosiers.Claude Turcotte.François Desjardins; à l'information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international et page éditoriale), Claude Lévesque.Guy Taillefer (adjoint au directeur de l'information), Serge Truffaut (éditorialiste) ; â l’information politique : Hélène Buzzetti et Alec Castonguay (correspondants parlementaires à Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Du tri sac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen Lévesque ; Amélie Gaudreau (secrétaire à la rédaction); Marie-Pier Frappier, Émilie Parent Bouchard (commis à la rédaction).La documentation : Gilles Paré (directeur); Manon Derome.Patrick Cossette (Québec), Monique Bhérer (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Amélie Bessette, Jean de Billy, Jean-François Bossé, Dave Cameron.Marlène Côté.Christiane Legault, Amélie Maltais, Claire Paquet, Martine Riopelle, Isabelle Sanchez, Nadia Sebaï, Mélisande Simard (publicitaires), Laurence Thériault (directrice adjointe), Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire).LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Michel Bernatchez, Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers.Donald Filion, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis, Olivier Zuida.INFORMATIQUE Yanick Martel (responsable).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Caroline Simard (responsable service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Rachelle Leclerc.L'ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudette Béliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier, Monique Proteau, Danielle Ross. ACTUALITES SOCIALISTES SUITE DE LA PAGE 1 en énumérant ce qui pourrait ressembler à un programme pour la conquête du Parti socialiste.«Les Français et les Françaises ont voulu par leur vote donner un sens à la République», a-t-elle déclaré.La présidente de la région Poitou-Charentes estime qu’«entre les deux tours, il y a eu une prise de conscience».Elle s’engage à ce que l’opposition pèse «pour un bon fonctionnement des institutions» et qu’elle veille «à l’Etat impartial».Le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, pourrait trouver dans ce sux saut électoral de quoi modérer pendant quelque temps les ambitions des prétendants à sa succession.«La vague bleue annoncée n'a donc pas eu lieu, a-t-il déclaré.La France marchera donc sur ses deux jambes.» Selon lui, les Français ont voulu «installer une force face au nouveau pouvoir permettant l’équi- libre et le contrepoids indispensables en démocratie.Et ils ont voulu aussi exprimer un doute voire une crainte à l'égard des premières mesures injustes du gouvernement de François Fillon».Dès hier, un proche de Ségolè-ne Royal, Gaëtan Gorce, a appelé à un «changement de direction» à la tête du parti.Dans un livre à paraître mercredi et intitulé Les Coulisses d’une défaite, Ségolène Royal annonce officiellement sa candidature à la direction du Parti socialiste ainsi que sa séparation d’avec son conjoint, François Hollande.«Ils ont gagné de l’autre côté de la table, mais ils ont quand même une mine un petit peu pâle», a ironisé Laurent Fabius sur cette victoire de la droite.L’ancien premier ministre socialiste réélu dans sa circonscription avait été le premier à critiquer le projet à l’étude d’augmentation de la TVA.L’élection confirme une fois de plus la régression des tiers partis.Le Parti communiste ne devrait pas obtenir plus de 18 députés, ce qui ne lui permettra pas de former un groupe parlementaire reconnu.Les Verts n’obtiennent que quatre circonscriptions.Le centriste François Bayrou, réélu dans les Pyrénées, n’aura lui aussi que quatre députés pour l’épauler dans le nouveau Parlement «Nous allons représenter à l'Assemblée nationale tous ceux qui en sont écartés», a-t-il déclaré.«Nous allons construire ce grand courant poli-tique dont la France a besoin.» A gauche, plusieurs personnalités mises en ballottage dimanche dernier ont vu leur élection confirmée.Parmi celles-ci, on trouve plusieurs proches de Ségolène Royal comme Arnaud Monte-bourg (Saône-et-Loire), Jack Lang (Pas-de-Calais), Pierre Moscovici (Doubs) et Jean-Louis Bianco (Alpes-de-Haute-Provence).L’an-den ministre Dominique Strauss-Kahn a aussi été réélu dans le Val- D’Oise.Son anden collègue Jean-Pierre Chevènement mord cependant la poussière à Belfort Cette victoire mitigée de la droite est interprétée par la plupart des analystes comme une mise en garde au nouveau gouvernement «C’est une façon de dire attention, a déclaré à Libération François Mi-quet-Marty, directeur des études politiques de la firme de sondages LH 2.Les électeurs ont voulu signifier les limites de l’image de Nicolas Sarkozy.Au-delà de la concentration de pouvoirs, son image est jugée trop médiatique.LL y a aussi le fait qu’il est trop sûr de lui, ce qui peut inquiéter.» Le résultat d’hier pourrait modérer certains projets du gouvernement notamment en matière sociale.Le président annoncera cette semaine la nomination d’une djzaine de nouveaux secrétaires d’Etat Correspondant du Devoir à Paris ALAIN JOCARD AGENCE FRANCE-PRESSE Ségolène Royal quittant la ville de Melle, dans 1 ouest.de la France, hier soir.Sa séparation d’avec le premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, est désormais officielle.RECOURS SUITE DE LA PAGE 3 date du moratoire sur les exportations de bœuf et de bovins du Canada.Le Québec est la première province à autoriser le recours collectif.«Je pense que [le jugement] va servir de précédent pour les autres provinces.On a espoir [.] que ça serve de cause type pour l’ensemble du Canada», a déclaré hier au Devoir M' Gareau.«Les producteurs bovins continuent de souffrir, parce que la réalité, c’est que le prix de la livre du bœuf qu’ils obtiennent n’est toujours pas revenu au niveau où il était en 2003 avant la crise de la vache folle», a-t-il ajouté.Selon Mf Gareau, le gouvernement canadien a perdu la trace de 80 bovins britanniques, qui seraient entrés dans la chaîne alimentaire.«Le gouvernement canadien n’en a pas informé l’industrie bovine, ni les producteurs de moulées, ni le public», a-t-il déploré.Il n’a pas été possible d’obtenir de commentaires du gouvernement fédéral hier.La poursuite vise le Procureur général du Canada et le ministère de l’Agriculture et de l’agroalimentaire du Canada.Une maladie diagnostiquée pour la première fois en 1986 L’encéphalopathie spongiforme bovine est une maladie neurodégénérative mortelle qui affecte le cerveau des bovins.Cette maladie a été diagnostiquée pour la première fois en Grande-Bretagne en 1986.En mai 2003, un cas de maladie de la vache folle est relevé au Canada, en Alberta.Selon la requête, la cause la plus probable de la maladie serait la consommation de nourriture contenant des farines d’animaux d’équarissages issues de ruminants, avant que le Canada n’interdise, en 1997, leur utilisation dans l’alimentation des bovins.«Selon l’Organisation mondiale de la santé, l’apparition de la maladie [de la vache folle] s’explique par deux hypothèses, soit la présence spontanée de la maladie chez des bovins dont les carcasses sont ensuite introduites dans la chaîne alimentaire du bétail, soit par l’introduction dans la même chaîne des carcasses de mouton infectées par une maladie similaire appelée “la tremblante”», mentionne le juge de la Cour supérieure Richard Wagner dans son jugement.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 3 Pour toutes ces raisons, plusieurs compagnies pharmaceutiques se tournent désormais vers les protéines qui, prévoit-on, généreront un marché mondial d’environ 100 milhards $US d’ici à 2010.La pharmacopée moderne comprend déjà quelques protéines qui sont devenues des traitements de choix pour plusieurs maladies courantes: l’insuline d’abord, qui est utilisée dans le traitement du diabète et l’interféron bêta dans celui de la sclérose en plaques.Le tPA (tissue-type plasminogen activator) recombinant et la streptokinase sont prescrits pour dissoudre les caillots qui se forment dans les artères coronaires ou cérébrales et les obstruent, provoquant du coup une interruption de la circulation sanguine.Dans le cancer du sein, l’herceptin est un anticorps monoclonal — spécifique à un seul antigène — qui se colle à la cellule cancéreuse et bloque sa reproduction ainsi que l’angiogénèse, c’est-à-dire la formation de nouveaux vaisseaux à proximité de la tumeur.Le remi-cade (ou infliximab) est un anticorps qui neutralise quant à lui certains bataillons du système immunitaire et apporte du coup un certain soulagement de l’arthrite rhumatoïde et de la maladie de Crohn Toutefois, diverses difficultés ont limité l’essor des protéines dans l’arsenal thérapeutique.D’abord, leur production coûte très cher, près de 100 fois plus cher que les petites molécules qui constituent la grande majorité des médicaments sur le marché.Les protéines sont produites par cultures de tissu, un procédé beaucoup plus délicat et coûteux que de simples synthèses chimiques.«On utilise des lignées de cellules auxquelles on greffe les gènes humains qui codent pour la protéine désirée.Ou bien, on fait appel à des souris qui ont été modifiées génétiquement pour qu’elles produisent des anticorps humains plutôt que des anticorps de souris», précise le Dr Walker d’AstraZeneca Par ailleurs, le système immunitaire de l’organisme humain reconnaît souvent ces protéines introduites de l’extérieur comme des corps étrangers qu’il s’emploie à détruire, souligne le Dr Michael.«Par exemple, les personnes atteintes de sclérose en plaques auxquelles on prescrit l’interféron bêta finissent par produire des anticorps contre cette grosse protéine quelques semaines à quelques mois plus tard», dit-il.De plus, comme tout autre type de médicament.PROTÉINES les protéines n’exercent pas toujours leur fonction au seul endroit désiré mais dans tout l’organisme, c’est pourquoi elles peuvent entraîner une multitude d’effets secondaires indésirables.Et en raison de leur grande taille, elles ne peuvent pénétrer dans les cellules, ni franchir la barrière hématoencéphalique qui leur permettrait de rejoindre le cerveau et y exercer un effet bénéfique dans certaines maladies neurologiques.L’autre obstacle à l’utilisation des protéines-médicaments est qu’elles doivent nécessairement être administrées par injection, précise le Dr Stern.On ne peut les absorber par voie orale, car elles seraient détruites par les enzymes présentes dans le système gastrointestinal — digestif — par lequel elles transiteraient.De nouvelles protéines-médicaments à l’horizon À l’université McGill, Luis Congote a conçu une protéine qui permettrait de guérir les plaies récalcitrantes — souvent secondaires à une maladie comme le diabète — et pour lesquelles il n’existe presque aucun médicament efficace.Cette protéine qui est actuellement éprouvée sur des rats diabétiques s’applique sur la peau blessée où elle inhibera les protéases, des enzymes qui s’accumulent sur le lieu de nécrose pour détruire le tissu mort.De plus, elle inclut un facteur de croissance qui recrutera les cellules nécessaires à la reconstruction du tissu détruit, explique le Dr DiMaio.En étudiant le parasite responsable de la malaria, le parasitologue Martin Olivier et le chimiste Scott Bohle de l’université McGill ont quant à eux découvert qu’une protéine issue du métabolisme de ITiè-me, un constituant de l’hémoglobine du sang dont se nourrit le parasite, pourrait s’avérer très utile dans la composition de futurs vaccins.A titre d’im-munostimulant — ou adjuvant —, la protéine stimulerait les cellules T du système immunitaire qui détruisent normalement les corps étrangers qu’elles rencontrent dans l’organisme.À l’Institut de recherche en biotechnologie du CNRC, l’équipe de Feng Ni travaille à la mise au point d’une nouvelle génération d’anticoagulants à effet contrôlé et localisé.«Les anticoagulants [ou antithrômbotiques] courants, comme le coumadin et l’héparine peuvent causer des saignements indésirables, c’est pourquoi les patients recevant cette médication doivent être suivis de près par leur médecin qui devra dans certains cas réduire la dose», explique Feng Ni, chef du groupe de recherche sur les protéines.Feng Ni sait de quoi il parle.Il y a 15 ans, il avait déposé un brevet pour protéger une molécule antithrombotique presque identique à celle sur le marché qu’il avait découverte dans son laboratoire.Mais c’est l’équipe états-unienne qui a gagné la compétition et a réussi à faire commercialiser son brevet avant lui.Feng Ni s’applique maintenant à adjoindre à ces antithrombotiques un antidote qui renverserait l’effet anticoagulant en cas de saignements.Il tente également de rendre possible l’acheminement du médicament à un site spécifique, comme par exemple les artères coronaires où les caillots de sang qui obstruent la circulation sanguine peuvent entraîner un infarctus.Car «un des principaux problèmes avec les anticoagulants actuels est leur effet systémique [Ils agissent partout dans l’organisme].Mais si vous vous coupez, vous n’auriez besoin d’un anticoagulant qu’à l’endroit de la blessure», explique le chercheur qui fait appel aux mêmes concepts utilisés dans l’amélioration des anticoagulants pour élaborer des médicaments qui préviendraient la dissémination de cellules cancéreuses vers d’autres organes.«Les cellules cancéreuses peuvent se coller aux microthrombi [microcaillots] qui circulent dans les veines et qui s'arrêtent pour colmater les petits trous présents sur leur passage.Ce qui leur permet d’aller coloniser d’autres parties du corps», souligne le scientifique qui par ailleurs étudie de près les cellules cancéreuses afin d’identifier leur signature très personnelle.«Celle-ci permettrait de les reconnaître avant même que la personne ne manifeste les symptômes de la maladie.Nous disposerions ainsi d’un biomarqueur servant à faire un diagnostic précoce», indique Feng Ni.Au cours de cette 12e édition du Carrefour de la biotechnologie, le Dr Bernard Prigent, vice-président et directeur médical de Pfizer Canada a insisté sur l’importance de rendre cette nouvelle génération de médicaments accessibles à la population.Les coûts considérables qu’ils représentent exigeront une concertation et un partenariat entre les gouvernements, les gestionnaires de soins de santé et les compagnies pharmaceutiques, a-t-il souligné.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 frénétique en soi, alors quand on travaille pour une agence de presse, cela implique un dévouement quasi total à son emploi.Que ce soit les marches avec le président (aujourd’hui non accessibles pour cause de sécurité) ou les soupers d’Etat pour lesquels elle sortait ses velours, Helen Thomas y était «Rien ne remplace, pour un journaliste, de voir de ses propres yeux et d’entendre de ses propres oreilles quand on écrit une histoire», insiste-t-elle au cours d’une entrevue avec Le Devoir accordée en mai dernier.Y était! Non, Helen Thomas n’a pas pris sa retraite et ne compte pas la prendre, d’ailleurs.Mais depuis 2000, elle rédige des chroniques pour la moins prestigieuse chaîne de journaux Hearst publiées sur une base régulière par quelques publications seulement Sans compter que ce changement d’emploi lui a fait perdre le privilège, accordé à la doyenne qu’elle est dans cet univers fortement codifié, de s’asseoir à la première rangée et de poser la première question au président lors des points de presse.Helen Thomas n’est plus la bulldozer du quotidien.Une sorte de dommage collatéral irakien.L’origine libanaise de ses parents y est-elle pour quelque chose?Quoi qu’il en soit la journaliste déjà mordante a été particulièrement critique de la décision de l’administration de George W.Bush de partir en guerre contre Saddam Hussein, d’autant plus,, aime-t-elle rappeler, que chacune des justifications à la guerre en Irak s’est révélée fausse.Helen Thomas en veut à ses collègues qui, par peur d’être accusés d’antipatriotisme, ont accepté aveuglément ces justifications.Plusieurs grands médias américains se sont d’ailleurs excusés depuis.«Nous avons une seule arme dans notre arsenal, THOMAS nous, les journalistes, et c’est notre scepticisme», lance-t-elle.Mme Thomas soutient que si les journalistes n’avaient pas mis ce scepticisme en veilleuse dans l’après-ll Septembre, la guerre irakienne n’aurait pas eu lieu.Entêtée jusqu’au bout Helen Thomas aura essayé jusqu’au bout de connaître les raisons véritables de l’intervention en Irak.Le 6 janvier 2003, quelques semaines avant l’invasion, elle demande à Ari Fleischer, le porte-parole du président, «pourquoi veut-il larguer des bombes sur des Irakiens innocents?».Voilà à peu près le style toujours incjsif, cru (certains diront éditorial) de ses questions.A peu près au même moment, Mme Thomas se fait piéger par un collègue qui, se faisant passer pour un fan réclamant un autographe, lui soutire son appréciation de George W.Bush («le pire» président de l’histoire).Il publie.Est-ce pour la punir de sa franchise antijournalistique ou de ses questions d’enquiquineuse?Reste qu’au cours d’un point de presse, deux mois plus tard, en mars 2003, M.Bush l’ignore.De mémoire de vétérans, c’était la première fois qu’un président refusait à Helen Thomas le droit de l’interroger.M.Bush ne la laisse pas non plus le remercier au nom de tous les journalistes, ce qui était sa marque de commerce.Le gel diplomatique est à ce point remarqué qu’il fait la nouvelle.Elle n’obtiendra une question présidentielle que trois ans plus tard.Lors de briefings, les porte-parole de la Maison-Blanche la narguent.Et ainsi, peu à peu, le monument, marginalisé, a perdu de son influence.Helen Thomas refuse d’en faire tout un plat «Je suis persona non grata C’est correct, même si on se sent seule, là-bas», se contente-t-elle de répondre sur le ton de celle qui cherche à ne pas faire scandale.De Washington à Ottawa Ce n’est pas pour rien que la dame a été invitée à Ottawa pour célébrer la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai dernier.Elle symbolise la journaliste qui a su se tenir debout envers et contre une puissante administration américaine qui aurait voulu la faire taire.Les organisateurs ont vu un lien avec le nouveau contexte dans lequel évolue la presse politique depuis l’avènement du gouvernement conservateur de Stephen Harper.Le contrôle de l’information est strict et les journalistes qui sortent du rang sont subtilement punis (pas de réponses aux appels, pas d’invitations à des événements officiels, annulations d’entrevues, etc.).«C’est terrible, et je pense que la presse ne devrait jamais courber l’échine, commente-t-elle.Nous avons un rôle à jouer, indispensable en démocratie.» Et que pense-t-elle de cette liste des journalistes ayant le droit de poser une question au premier ministre et que dresse son entourage?«C’est correct d’être sur la liste, analyse-t-elle, mais c’est aussi important de poser la question qui s’impose, à savoir pourquoi y a-t-il une liste?Après tout, vous êtes le premier ministre.Croyez-vous avoir le droit de choisir?Une fois que vous êtes sur la liste, posez la question!» Cette atmosphère de contrôle instaurée à Ottawa comme à Washington par des partis politiques de droite «vient de cette fausse conviction que tous les journalistes sont libéraux.Ils ne le sont pas! Même si j'aimerais qu’ils le soient.».Une profession en mutation Helen Thomas s’interroge plus généralement sur l’avenir d’une profession davantage disposée à accep- ter la version officielle des faits fournie par les personnes en autorité.«Malheureusement, trop de journalistes croient qu’il est nécessaire de capituler devant le pouvoir afin d’avoir accès aux hauts responsables», écrit-elle.On sent chez elle une aigreur devant l’orientation que prend le tandem journalistes-relationnistes moderne.«Avant, nous avions un contact plus personnel avec nos dirigeants.Aujourd’hui, ils sont entourés d’un cordon de sécurité, alors on ne peut pas vraiment les matraquer avec des questions.Quand je marchais à côté de Kennedy, Johnson, Carter, je leur posais des questions, et je pouvais juger par moi-même s’ils les évitaient.Maintenant, c’est différent.Tout passe par une sorte de filtre.Leurs porte-parole servent de gardes de palqis.» A la Maison-Blanche, soupire la journaliste, une réunion quotidienne est organisée pour déterminer comment «gérer» les communications entourant telle ou telle histoire.«Ces gens-là sont plus absorbés par la manipulation de la presse que par la gestion des affaires du monde!» Quand on l’interroge sur son âge, Helen Thomas se fâche.C’est une façon, selon elle, déjuger les gens plutôt que de les accepter pour ce qu’ils sont et font «Mon adrénaline, c’est mon indignation devant l'injustice», dit-elle.Alors dans cette optique, pas question de raccrocher ses patins.«Je veux continuer aussi longtemps que je le pourrai.Qu'y a-t-il d’autre?Le journalisme, ce n’est pas un travail.C’est un intérêt pour le monde, c’est un intérêt pour la vie.Voilà ce qu’est le journalisme.C’est une curiosité intellectuelle.Vous devez êtes fouineur, vous devez vous préoccuper de ce qui vous entoure.» Le Devoir LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9' étage, Montréal (Québec), H3A3M9 @3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone 514-985-3333 Par télécopieur 514-985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com La publicité Au téléphone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-985-3344 Par télécopieur 514-985-3340 Par courrier avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-985-3322 Par télécopieur 514-985-3340 Les abonnements Au téléphone 514-985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur 514-985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal (sans frais) 1-800463-7559 L’agenda culturel Au téléphone 514-985-3346 Par télécopieur 514-985-3390 T.ngwir peut, à l'occasion, mettre la liste d'adresses de ses abonnés à la disposition d'organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par le Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2050, rue De Bleury.9?étage.Montréal, (Québec), H3A 3M9.R est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean.800, boulevard Industriel,Saint-Jean sur le Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc., 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans Le Devoir.Lt Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest, Laval.Envoi de publication — Enregistrement n" 0858.Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007
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