Le devoir, 21 juillet 2007, Page(s) complémentaire(s)
LE DEVOIR.LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 JUILLET 2007 A 2 LES ACTUALITES - ' ' ' .^ - - .- .M Le fantôme du Parlement JAKE WRIGHT.COLLABORATION SPÉCIALE Gordon Slater, le carillonneur officiel du Dominion, frappe avec force les touches, des tiges de bois qui saillent à l’horizontale et s’actionnent en les abaissant d’un coup de phalange du petit doigt.Quand l’été chauffe les trottoirs, qu’on a joué les touristes, fréquenté les festivals, plongé dans les piscines et flâné aux terrasses, que reste-t-il pour encore apprécier la ville et même s’en étonner?Des coins inexplorés, des gens méconnus, des activités inusitées.De Montréal, Ottawa et Québec, nos journalistes vous font part de ce qu’ils ont déniché.HÉLÈNE BUZZETTI Ottawa — A chaque heure, sa demie et ses quarts, les cloches du parlement se rappellent à notre bon souvenir.Si, mi fa dièse, sol dièse, chantent-elles dans ces mélodies dites de «Westminster» si caractéristiques des institutions britanniques.Le bourdon boucle la mesure de son mi grave, puis c’est le silence.Pourtant, des cloches, il y en a bien plus dans le carillon de la Tour de la paix, à Ottawa: 53.Pour les entendre toutes, il faut se rendre sur la colline à l’heure du dîner, quand Gordon Slater, le carillonneur officiel du Dominion, donne son concert.Bienvenue dans le monde du fantôme du parlement L’antre de Gordon Slater est minuscule.La pièce close au plafond bas peut au mieux accueillir cinq personnes assises, en plus du musicien.et du clavier de son instrument Sorte de quartier général juché dans la Tour de la paix, un ascenseur y aboutit directement Les murs sont aveugles, ou presque.Quatre fenêtres donnent sur une cage de béton et d’acier où se trouvent les cloches: 47 au-dessus de nos têtes, et six en dessous, les plus grosses et les plus graves, dont le fameux bourdon de 10 090 kg.Plusieurs l’ignorent mais le carillon du parlement n’est pas actionné par un quelconque ordinateur.Le mécanisme horloger s’occupe certes de sonner les heures, mais le carillonneur est celui qui donne vie à l’instrument de musique, composé de 53 cloches de bronze accordées, au moment de leur fabrication en 1925-27, pour produire chacun des 12 tons de la gamme sur quatre octaves et demi.Gordon Slater, grand et maigrelet s’installe sur sa banquette de près de deux mètres devant son clavier.Il dispose ses partitions devant lui, retire son veston, enfile ses gants de jardinage, ferme les poings.Puis il se met à frapper avec force les touches, des tiges de bois cylindriques qui saillent à l’horizontale et s’actionnent en les abaissant d’un coup de phalange du petit doigt Exceptionnellement pour jouer des accords, le carillonneur ouvre les mains et écarte les doigts.Le reste du temps, ce sont ses pieds qui donnent un coup de main, actionnant les 29 pédales reliées aux cloches les plus sollicitées.Le carillonneur est ainsi écartelé sur sa banquette, les quatre membres étendus vers les confins de ses claviers, les muscles des avant-bras tendus.Le musicien a chaud, en témoigne un climatiseur qui fonctionne de plus en plus et qui congèle les spectateurs privilégiés à mesure que le concert avance.«Quand j’ai terminé un spectacle d’une heure, je retourne à la maison.Je suis vidée», confie-t-il.Mais la pièce exiguë s’emplit surtout du son de la vieille mécanique usée du clavier.Les cliquetis des fils métalliques, le fracas des touches de bois, le vrombissement des ressors couvrent presque entièrement la mélodie du carillon.«Le clavier devrait être silencieux, avoue M.Slater entre deux pièces de son récital.Celui-ci a besoin d’être changé.» M.Slater a, comme tout bon fils de musicien, con> mencé ses leçons de piano à l’âge de quatre ans.A sept ans, il accompagne son père James, qui était le carillonneur attitré de la Metropolitan United Church de Toronto.Le coup de foudre est immédiat «C’est le seul instrument de musique acoustique que l’on peut jouer pour des milliers de personnes à la fins.R n’y a pas besoin d’amplification.Le son est direct.» Il jouera sur trois des 11 carillons du Canada avant de devenir le joueur attitré de celui du parlement, le seul poste à temps plein qui soit rémunéré au pays.L’homme, sarcastique, n’aim,e pas beaucoup l’idée d’être ainsi un employé de l’État, et accumule les blagues décapantes sur le peu de considérations artistiques qui animent les responsables des édifices du parlement Qu’importe, il se sent «privilégié» d’occuper ce poste, et cela depuis maintenant 30 ans.«Cest un grand honneur», dit-il.Gordon Slater n’est que le quatrième carillonneur du «Dominion» (U refuse qu’on remplace ce mot suranné par Canada).Le premier, Perrival Price, a étrenné le carillon, installé le 1er juillet 1927, pour souligner l’Armistice de 1918.Le parlement devait se doter d’un autre beffroi, le précédent ayant été détruit dans un incendie dramatique en 1916.A l’occasion de l’inauguration, les premières notes jouées furent celles de l’hymne national du Canada.La cérémonie a fait l’objet de ce qu’on considère comme la première émission radiophonique diffusée en direct à travers tout le pays.Gordon Slater, qui a personnellement connu ses trois prédécesseurs, occupe le poste de carillonneur depuis 1977.D joue aussi le basson et le contre-basson à l’Orchestre symphonique d’Ottawa.L’art de carillonneur n’est pas en perte de vitesse, assure notre homme.La Guilde des carillonneurs d’Amérique du Nord compte environ 500 membres et des écoles existent un peu partout en Europe.Gordon Slater est hiknême invité à jouer à l’étranger tandis que des carillonneurs invités viennent tâter de l'instrument pariementaire.L’homme apprécie visiblement la visite de la journaliste et du photographe, prenant son temps entre chaque pièce pour expliquer l’origine de celle-ci ou quelques anecdotes, n aimerait surtout que son travail soit davantage connu.Sa marotte: instaUer une caméra vidéo dans la salle du clavier pour que les amoureux venus l’écouter plus bas puisse le voir en action.«Mais évidemment, cela coûterait au moins 30 $ et fierait exploser le budget», lance-t-il.Et il ne pourrait peut-être plus ponctuer ses pièces de cris («hé!») et de grimaces comme il le fait maintenant.En juillet et août le carillonneur du parlement à Ottawa présente une programmation musicale d’une heure, tous les jours de semaine entre 14 et 15 heures.Le reste de l’année, il joue 15 minutes, à midi, la plupart des jours de semaine.Le Devoir CONCOURS en collaboration avec SOL^BEC TOURS INC.swiss + Swiss International A* Unes «.Nce oe GAGNER un voyage Pout* 0 CAMPANœ ?EXCLUSIVITE SOL^BEC tü î ¦mm Hôtel Sonia ?! voyage Inclut : 6 nuits d’hébergement, vol aller-retour Mtl/Rome, location de voiture 6 jours.Non inclus : frais de service et taxes d'aéroport.Voyage basé sur la disponibilité des départs selon les brochures d’été 2007 et hiver 2008.Valeur de 4100$.WWW.SOLBECTOURS.COM Voir forfait longs séjours «Italie» Maggfore ^Nation»! GerRnan.A SURVEILLER DANS LE DEVOIR DÈS LE 23 JUILLET L’exode des Québécois se poursuit C LAIRAN D RÉ E CAUCHY Ly exode des Québécois vers d’autres provinces i s’accentue depuis un an et demi, selon des données de Statistique Canada analysées par l’Association d’études canadiennes.Le Québec a perdu 12 619 citoyens au profit des autres provinces en 2006, comparativement à 4874 en 2005, à 3297 en 2004 et à seulement 218 en 2003.La différence entre le nombre de citoyens qui ont quitté d’autres provinces pour s’établir au Québec et le nombre de Québécois partis vivre dans le reste du Canada s’approche des périodes d’exode massif connues dans les années 1990 ou 1970, selon le président de l’Association d’études canadiennes, Jack Jedwab.La tendance observée entre 2005 et 2006 semble se confirmer lorsqu’on considère les premiers mois de 2007, alors que le bilan de la migration interprovinciale semble encore plus déficitaire qu’au cours des premiers mois de 2006.«Cela se produit alors que l’économie québécoise va plutôt bien, mais l’économie albertaine va encore mieux.[.] L’Alberta attire beaucoup de Québécois», constate M.Jedwab.En analysant les données, il a constaté que 25 % de ceux qui quittaient la Belle Province se rendaient vers celle de l’or noir, alors que cette proportion n’était que de 10 % il y a cinq ans.La moitié des exilés ont opté pour l’Ontario en 2006, comparativement aux trois quarts en 2001.M.Jedwab soupçonne par ailleurs que cet exode puisse aussi être attribuable à la possibilité que plusieurs nouveaux arrivants immigrent au Québec pour ensuite se déplacer vers d’autres provinces.C’est que les périodes où on constate des hausses du nombre de départs vers d’autres provinces coïncident avec celles où on enregistre des niveaux plus importants d’immigration au Québec.Selon les données épluchées par l’Association des études canadiennes, on observe également une diminution du nombre d’immigrants dans les villes cosmopolites de Toronto et de Vancouver alors que des villes de plus petites tailles attirent davantage d’immigrants, comme Winnipeg, Saskatoon, Halifax ou encore Charlottetown.Le flux d’immigrants semble toutefois stable pour ce qui est de Montréal.Des villes comme Sherbrooke ou Trois-Rivières ont connu une augmentation significative du nombre de nouveaux arrivants; celui-ci a doublé à Sherbrooke entre 1997 et 2006 (pour un total de 1087) et presque quadruplé à Trois-Rivières (pour un modeste total de 327).«Les efforts pour attirer des immigrants en région semblent avoir porté fruits.Il reste maintenant à savoir si ces villes seront capables de retenir les immigrants», fait observer M.Jedwab.Le Devoir EN BREF Une autre lune pour Saturne Paris — Une soixantième lune a été découverte dans l’orbite de Saturne, provisoirement appelée «Frank», a annoncé hier l’Agence spatiale européenne (ESA).Le 60 satellite de Saturne, la deuxième plus grosse planète du système solaire, a été détecté par une équipe dirigée par Carl Murray, de l’Université de Londres, à partir d’images prises par la sonde Cassini.La nouvelle lune est apparue pour la première fois comme une simple tache sur les images prises par la sonde le 30 mai.«Je regardais les images dans la région des lunes Methone et Pallene quand quelque chose a accroché mon regard», explique Cari Murray dans le communiqué de lÉSA Après cette détection initiale, l’équipe scientifique a recherché la trace de la nouvelle lune sur d’andennes prises de vue de la sonde réalisées entre 2004 et 2007.Frank fait environ deux km de diamètre, et elle est essentiellement constituée de roche et de glace, comme la plupart de ses voisines.Frank est un nom provisoire, en attendant le baptême offidel par l’Union astronomique internationale, basée à Paris.-AFP Une nouvelle piste Arlington, Texas — Il pourrait y avoir de nouveaux développements relativement à l’enlèvement et au meurtre d’une fillette survenus il y a 11 ans, qui avaient mené à la mise sur pied du système d’alerte Amber.Un petit espace dédié à sa mémoire est toujours préservé près d’un stationnement à Arlington, au Texas, le dernier endroit où la petite Amber Ha- german, neuf ans, avait été vue vivante, le 13 janvier 1996.Elle se promenait à bicyclette lorsqu’un homme l’avait empoignée et l’avait emmenée dans une camionnette noire, sous les yeux d’un témoin.Son corps avait été retrouvé quatre jours plus tard.L’affaire n’avait jamais été résolue, mais les poliders texans disent être maintenant à analyser le dossier d’un suspect dans uqe affaire de viol et de meurtre, qui est détenu dans TÉtat du Washington.Le meurtre d’Amber Hagerman avait mené les services de police et les diffuseurs américains et canadiens à conclure un partenariat pour lancer des alertes rapides, fréquentes et répandues lors de la disparition d’un enfant Ce partenariat est devenu le système d’alerte Amber, du nom de la fillette texane.- PC Pas besoin d’être armé Ottawa — La Cour suprême du Canada maintient le verdict de culpabilité à l’endroit d’un voleur qui prétendait être armé lors d’une introduction par effraction, même si l’accusé ne portait pas nécessairement l’arme sur lui.Dans un jugement unanime, les neuf juges de la Cour suprême ont conclu hier que, selon le Code criminel, un malfaiteur est considéré comme ayant bel et bien une arme même s’il ne l’a pas réellement en main.Le fait de laisser deviner qu’il est armé, par des mots ou par un comportement, suffit pour entraîner la culpabilité à un crime impliquant une arme.Les juges du plus haut tribunal du pays précisent qu’il suffit qu’un bandit soit en possession physique de l’arme, ou en mesure de s’en emparer sans délai.- PC « LE DEVOIR, LES SAMEDI 21 ET DIMANCHE 22 JUILLET 2007 Contre les terroristes présumés Bush interdit officiellement la torture \\Tashington — George W.VV Bush a interdit officiellement hier l’usage de la torture contre les terroristes présumés détenus dans les prisons secrètes de la CIA, qui devront désormais respecter les Conventions de Genève.Après avoir régulièrement affirmé que les Américains ne pratiquaient la torture nulle part, le président américain a signé hier un décret imposant à la Centrale de renseignement d’appliquer ces conventions internationales aux détenus des prisons secrètes dont il a reconnu l’existence en septembre 2006.Le texte interdit les «traitements et punitions cruels, inhumains ou dégradants» et les «actes de violence suffisamment graves pour être considérés comme comparables au meurtre, à la torture, à la mutilation», a précisé le porte-parole de la Maison-Blanche, Tony Snow.Il interdit aussi «les actes conscients et scandaleux de mauvais traitements personnels destinés à humilier ou à avilir l’individu d’une manière si grave qu’une personne raisonnable, compte tenu des circonstances, pourrait juger les actes comme allant au-delà des limites de la décence humaine», a ajouté M.Snow.Enfin, le décret «interdit les actes destinés à dénigrer la religion, les pratiques religieuses ou les objets religieux des détenus», et garantit aux détenus l’accès aux «nécessités de la vie»: nourriture, eau, abri, vêtements, soins médicaux de base.Interrogé sur le fait que cette Este ninterdisait pas de priver un détenu de sommeil, une technique très pratiquée par les Américains, un responsable de la Maison-Blanche a fait valoir que les Conventions de Genève ne l’évoquaient pas non plus.Plusieurs associations de défense des droits de l’homme ont rappelé que tous les actes mentionnés étaient déjà interdits par la loi américaine, et dénoncé le fait que le décret ne mentionne pas le «waterboarding», ou simulation de noyade, une technique que le vice-président Dick Cheney a défendue publiquement «Ce que nous avons ici, c’est un gouvernement qui récite un certain nombre de principes légaux et qui dit “faites-nous confiance”, et c’est difficile à accepter de la part d’une administration qui refuse de renoncer au “waterboarding”», a déclaré Jennifer Daskal, de Human Rights Watch (HRW).Et «même si vous aviez toutes les meilleures pratiques, le programme de détentions secrètes reste illégal», a ajouté Jumana Musa, d’Amnesty In-temationaL En septembre 2006, l'armée américaine avait fixé à ses militaires des limites similaires à celles annoncées hier aux agents de la CIA.Sx mois plus tôt, M.Bush avait déclaré: «Aucun Américain ne sera autorisé à torturer un autre être humain où que ce soit dans le monde.» Agence France-Presse Pas de prison pour un marine Camp Pendleton, Californie — Un officier des marines reconnu coupable d’enlèvement et de complot en vue de commettre le meurtre d’un Irakien dans la ville de Hamdania, en avril 2006, a échappé hier à une peine de prison, alors qu’il encourait au maximum, la réclusion à perpétuité.Le caporal Trent Thomas a été condamné par une cour martiale américaine à un renvoi pour mauvaise conduite et à une réduction de salaire.Les procureurs avaient requis une peine de 15 ans de prison assortie d’un renvoi en disgrâce et d’une réduction de salaire.Le caporal Thomas, 25 ans, a été reconnu coupable mercredi, mais acquitté en revanche des accusations de meurtre avec préméditation, de taux et d’effraction.11 fait partie d’un commando de huit hommes — sept marines et un marin — inculpés l’année dernière du meurtre d’Hashim Ibrahim Awad, 52 ans, dans la ville de Hamdania, dans la province d’Anbar (ouest de Bagdad).Selon l’accusation, la nuit du meurtre, ces hommes cherchaient un insurgé présumé, mais n’ayant pu le trouver à son domicile, ils avaient interpellé la victime chez elle avant de l’abattre et de placer un frisil d’assaut et un obus près de son corps afin de la faire passer pour un militant installant une bombe.Le caporal Thomas a plaidé coupable en janvier dans le cadre d’un arrangement, avant de se rétracter un mois plus tard.11 avait alors affirmé n’avoir fait que suivre les ordres du chef de son escadron, le sergent Lawrence Hutchins.Associated Press Des bombes sautent tous les jours au Pakistan Moucharraf débordé CÉLIA MERCIER Les ennuis s’accumulent pour le général Moucharraf depuis une semaine, les bombes sautent quotidiennement au Pakistan, avec près de 200 morts au total, dont la plupart sont des policiers ou des militaires.Et enfin, hier, ultime coup de théâtre, Iftikhar Chaudry, le président de la Cour suprême que le général avait destitué en mars dernier, a été réinstallé dans ses fonction sous les vivats des opposants au gouvernement, après quatre mois de procès.Le président de la Cour suprême, suspendu sur des accusations d’abus de pouvoir et de mauvaise conduite, avait refusé de démissionner et s’était lancé dans une bataille judiciaire contre le gouvernement Selon l’opposition, Moucharraf avait écarté ce juge pour des raisons politiques.Chaudry avait pris le parti des familles de «disparus», des centaines d’hommes enlevés par les services secrets pakistanais, un dossier très embarrassant pour le régime.Mais surtout alors que les élections législatives et présidentielles doivent avoir lieu cette année, la Cour suprême, gardienne de la Constitution, tient le sort du général entre ses mains: elle doit décider si Moucharraf peut comme il le réclame, être élu président par le Parlement actuel où ü dispose d’une majorité, avant que celui-ci ne soit renouvelé.Elle doit aussi permettre ou non au général de conserver son titre de chef de l’armée, alors qu’il est censé quitter son uniforme en 2007.La suspension de Chaudry n’avait cependant pas eu les effets escomptés.Le juge est vite devenu le symbole d’un pouvoir judiciaire piétiné par une dictature militaire sans scrupules.Les manifestations de soutien en sa faveur ont déplacé ARCHIVES LE DEVOIR Pervez Moucharraf les foules, rassemblant tous les opposants au gouvernement.Moucharraf avait déclenché une crise politique sans précédent La décision de la Cour suprême de réinstaller son chef représente un camouflet Mais une inculpation de Chaudry, pour des faits qui semblaient plutôt futiles, aurait déchaîné l’opposition laïque, qui a ainsi perdu sa principale cause.Ce sont maintenant les islamistes qui se manifestent certains ont promis de venger dans le sang l’assaut début juillet de l’armée pakistanaise sur la Mosquée rouge, un bastion fanatique d'Islamabad.Plus d’une centaine d'insurgés retranchés dans cette mosquée avaient trouvé la mort au terme d’une semaine de siège.Les talibans de la zone tribale du Waziristan ont immédiatement annoncé qu’ils ne respecteraient plus les accords de paix signés avec le gouvernement en 2006, et s’attaqueraient aux militaires déployés dans leur région.Pris en tenailles, Moucharraf doit aussi affronter de vives critiques américaines, qui mettent en cause l’efficacité de sa guerre contre le terrorisme et l’accusent d’avoir laissé les talibans et afQaïda se reconstituer dans son pays.Libération A 7 LE MONDE Gamba rd 6JO-A RUE CATHCART, CENTRE-VILLE MONTRÉAL (514)866-3876 ROLELX Vente et service o * Les prisonniers palestiniens libérés ont été accueillis par leurs proches.ELIANA APONTE REUTERS Pour aider Mahmoud Abbas Israël libère 256 Palestiniens Ramallah — Soucieux de renforcer Mahmoud Abbas dans son épreuve de force avec le Hamas à Gaza, Israël a libéré hier en Cisjordanie phis de 250 prisonniers palestiniens, pour la plupart des membres de son mouvement Fatah, mais aussi quelques membres du Hamas.Les anciens détenus ont été ache-minés en autocar de la prison de Ktsiyot, dans le sud d’Israël, au siège de la présidence palestinienne à Ramallah, où Abbas les a accueillis à bras ouverts en présence d’une foule de 3000 personnes.«Vous n’imaginez pas à quel point nous sommes heureux de vous revoir parmi nous, leur a dit le prérident de l’Autorité palestinienne.Mais notre bonheur est tempéré par notre désir de voir l’ensemble des 11 OOO prisonniers retrouver leurs familles.» Nombre des prisonniers libérés brandissaient des drapeaux palestiniens en descendant des autocars israéliens pour se livrer à des effu- sions avec leurs familles.«Je suis très heureux, c’est pour moi un grand jour», s’est extasié Chadi Baraouchi, libéré après avoir purgé deux des cinq années de détention auxquelles il avait été condamné.«Je n’arrive pas à croire qu’il est maintenant devant moi», s’est exclamé sa mère entre deux sanglots.Un autre ancien détenu, Mou-hannad Djaradat, qui émerge de 18 ans dans les geôles israéliennes, a étreint sa mère en lui promettant «Je ne te quitterai plus désormais, maman!» , Le premier ministre israélien Ehoud Olmert a présenté sa décision de libérer ces 256 détenus, dont la plupart n’avaient plus qu’une courte période à purger et «pas de sang israélien sur les mains», comme un geste de bonne volonté pour aider Abbas.Israël a accepté en outre de lever l’ordre de capturer ou tuer 180 activistes, principalement des membres des Brigades des martyrs d’al-Aksa, issues du Fatah, s’étant engagés par écrit à déposer les armes et à s’intégrer dans les forces de sécurité d’Abbas.Ces concessions israéliennes visent à aider Abbas à marginaliser le Hamas, qui s’est emparé du contrôle de Gaza le mois dernier après des violents combats qui ont vu la déroute des force fidèles au président palestinien.Néanmoins, quelques membres du Hamas et d'autres groupes figurent parmi les prisonniers bénéficiant de cette remise en liberté, dont Ismail Haniyeh, chef du mouvement islamiste à Gaza, s’est félicité.«Nous sommes heureux de toute libération de prisonnier palestinien», a dit Haniyeh, tout en lançant une «mise en garde contre l’instrumentalisation de ces questions» par Israël à des fins politiques.Abbas, qui a dénoncé ce «coup d'Etat du Hamas», a limogé le gouvernement d’union nationale dirigé par le chef du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, et mis sur pied en Cisjor- danie une administration de crise désqrmais fermement soutenue par les Etats-Unis et l’Europe.S la partition de fait entre Gaza et la Cisjordanie semble avoir éloigné les perspectives d’établissement rapide d’un Etat palestinien sur ces deux territoires, le souci de l’Occident et d’Israël d’isoler le Hamas les a en effet amenés à renforcer la main d’Abbas.«Une réalité rappelant ce qui s’est passé dans le nord ne se constituera pas à Gaza», a déclaré Olmert hier lors d’un congrès d’agriculteurs dans le nord dïsraël, en frisant allusion à la guerre de l’été dernier contre le Hezbollah libanais qui avait tiré des centaines de roquettes sur Israël «Je ne pense pas que la manière de gérer [la situation à Gaza] serait d’y pénétrer avec une importante force militaire», a-t-il ajouté, dté par le site Internet israélien Ynet News Reuters Ex-dissidente soviétique Lioudmila Alexeeva a 80 ans Indépendance dans le cadre de l’ONU Blocage russe sur le Kosovo GÉRARD AZIAKOU New York, Nations unies — Les Etats-Unis et leurs alliés européens ont échoué hier, en raison d’un blocage russe, à garantir une indépendance du Kosovo dans le cadre de l’ONU, et décidé de s’en remettre au Groupe de contact pour atteindre cet objectif pour la province serbe.«Nous regrettons qu’il n’ait pas été possible d’obtenir l’adoption d’une résolution au Conseil de sécurité de l’ONU», a déclaré l’ambassadeur de France, Jean-Marc de La Sablière, au nom des Occidentaux promoteurs d’un projet de texte.«Nous suspendons donc nos discussions sur une nouvelle résolution» et «avons décidé de relancer les discussions au sein du Groupe de contact et avec les parties» sur la base des principes établis dans le projet, a-t-il ajouté.Selon un diplomate russe, une réunion du Groupe de contact est prévue le 25 juillet à Vienne.Le Groupe de contact sur le Kosovo est composé de la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, llta-lie, la Russie et les Etats-Unis.A la différence du Conseil de sécurité, il n’existe pas de droit de veto au sein de cette instance.«Le peuple du Kosovo doit pouvoir avoir l'occasion de réaliser son développement politique et économique.Nous sommes déterminés à l’aider à atteindre ce but dans la pé- riode à venir», a ajouté l’ambassadeur français.«Un accord sur le statut du Kosovo dans un temps raisonnable permettrait aussi à la Serbie de laisser derrière elle les conflits des années 1990 et de se tourner vers un avenir européen et euro-atlantique meilleur.Nous pensons qu’un accord sur le statut du Kosovo devrait être obtenu aussitôt que possible», a-t-il poursuivi.Le Conseil de sécurité discutait depuis le début de la semaine d’un projet de résolution.La dernière mouture du texte invitait les Serbes et les séparatistes albanais à engager d’ultimes négociations pendant 120 jours sur le futur statut du Kosovo «pour déterminer si un terrain d’entente peut être trouvé».Ces négociations devaient se tenir sous l'égide du Groupe de contact sur le Kosovo et de l’Union européenne.La Serbie et son allié russe ont rejeté à plusieurs reprises le projet de résolution discuté à l’ONU car il contenait en germe une indépendance à terme de la province serbe à majorité albanaise, ce que refrise Belgrade.Le Kosovo est sous administration provisoire de l’ONU depuis 1999, après des bombardements de l’OTAN pour frire cesser la répression des forces serbes contre la guérilla indépendantiste albanaise.Agence France-Presse Moscou — L’ancienne dissidente soviétique Lioudmila Alexeeva, l’une des rares personnes à dénoncer sans relâche l'arbitraire judiciaire et la montée de l’autoritarisme en Russie, a fêté vendredi ses 80 ans.Le visage encadré d’un carré de cheveux blancs et barré de grosses lunettes, cette infatigable vieille dame est de toutes les batailles.ier encore, elle a appelé l’opposition très divisée à taire ses dissensions.«Les défenseurs des droits de l’homme ont appris ce que nos politiciens ne savent pas encore faire, ne plus tirer la couverture à soi», a-t-elle lancé aux opposants politiques venus la fêter.Les exactions en Tchétchénie, les prisonniers brutalisés, les expulsions illégales d’étrangers, les condamnations sur la base de feux témoignages: elle répond toujours présente, organise des conférences de presse, laisse son numéro de téléphone portatif aux personnes se sentant menacées.Tout comme à l’époque de l’URSS elle aidait les familles des condamnés au goulag, collectant de l’argent, envoyant des paquets.«Lioudmila est devenue un pont entre le passé et le présent.Elle relie l’action de défense des droits de l’homme maintenant avec l’action dissidente», dit son ami Alexandre Daniel, fils de louli Daniel, condamné en 1966 à cinq ans de camp à l’issue du célèbre procès des écrivains Daniel et Siniavski.«On a arrêté mes deux parents quand j’avais 17 ans et à l’époque, je voyais souvent Lioudmila Mikhailovna.Elle me préparait des boulettes de viande panées», racon-te-t-il à l’AFR Cette femme douce, considérée comme une modérée parmi les défenseurs des droits de l’homme, donne un verdict sévère de la situation de la société civile depuis l’élection du président Vladimir Poutine en 2000.«La Russie a cessé d’être un pays libre et nous devons apprendre à défendre nos droits dans une situation d’absence de liberté», disait-elle en décembre 2005 lors d’un congrès d’ONG à Moscou.Celle qui reconnaît «sans honte» avoir pleuré en apprenant la mort de Staline en mars 1953 a vu à la même époque ses convictions s’effondrer lors des révélations du DENIS SINYAKOV AEP Lioudmila Alexeeva chef de la police politique, Lavrenti Beria, sur les purges staliniennes.La jeune professeure d’histoire de la banlieue de Moscou était issue d’une famille de communistes sincères.Son père économiste et sa mère mathématicienne «vénéraient Lénine», dit-elle.«Mon père avait son portrait sur son bureau et dans ma chambre, il avait mis le Portrait de Lénine enfant.» Mais dès 1956 son appartement devint un lieu de rencontre de l’intelligentsia moscovite et de diffusion et de conservation du samizdat, les publications clandestines des dissidents soviétiques.Elle dénonçait les asiles psychia-triques, était en relation avec l'étranger auquel elle transmettait des information^ sur les répressions politiques.A partir de 1968, elle devait subir à maintes reprises interrogatoires et perquisitions.Lioudmila Alexeeva dut quitter l’URSS en 1977, s’exilant aux Etats-Unis.Elle ne revint à Moscou qu’en 1990 et n’obtint la citoyenneté russe,que trois ans après.Aux Etats-Unis, elle a publié en 1984 L’Histoire de la pensée dissidente en URSS.Hier, devant les opposants, Mme Alexeeva a dit tenir son «optimisme» de sa lutte de dissidente dans les années 1960: «Nous étions un microcosme invisible, en lutte contre une superpuissance, l’URSS», qui semblait alors indestructible et s’est finalement effondrée en 1991.Agence France-Presse E N Cheney, président d’un jour Washington — Le président américain George Bush subit aujourd’hui une coloscopie de routine, ont annoncé ses services.Pendant la durée de son anesthésie, il déléguera ses pouvoirs au vice-président Dick Cheney.Le porte-parole de la Maison-Blanche, Tony Snow, a précisé que l’examen s’inscrivait dans un suivi, le président américain s’étant frit retirer des polypes avant d’arriver BREF au pouvoir.Un nouvel examen mené en 2002 n’en avait toutefois pas montré, mais compte tenu de l’âge, 61 ans, et des antécédents médicaux de Bush, «il y a des chances que des polypes soient découverts cette fois», a ajouté Snow.Bien que bénins, les polypes peuvent dégénérer en cancer s’ils ne sont pas soignés.L’examen sera conduit par une équipe de médecins militaires du Maryland, sous la supervision du médecin personnel de Bush, le docteur Richard Tubb, a ajouté Tony Snow.- Reuters » t
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