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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2003-07-15, Collections de BAnQ.

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PROCHE-ORIENT ACTUALITÉS François-Albert Angers s’éteint à 94 ans Page A 3 Londres refuse d’isoler Yasser Arafat Page A 5 ?w w w .1 e d e v o i r.c o ni ?LE DEVOIR L’Irak et l’uranium Londres et Washington cherchent des boucs émissaires D’APRÈS L’AGENCE FRANCE-PRESSE ET REUTERS \ A Washington aussi bien qu’à Londres, les hauts responsables politiques, à qui il est reproché d’avoir utilisé des informations douteuses concernant des projets d’achats d’uranium par Bagdad afin de partir en guerre contre l’Irak, s’employaient hier à se défendre ainsi qu’à rechercher des boucs émissaires.La Maison-Blanche a ainsi tenté de minimiser les accusations contre le président George W.Bush.«Pour le président, cela appartient au passé.Je crois qu’on a atteint le fond de cette affaire, a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Ari Fleischer.Cette notion que d’une certaine façon c’est maintenant la principale raison pour laquelle nous sommes allés en guerre [.] est une foutaise.» De manière plus large, la guerre était bien justifiée par «la menace» de Saddam Hussein qui «avait des armes chimiques et biologiques» et qui cherchait à reconstituer son programme nucléaire par des achats en Afrique, a assuré Ari Fleischer.La MaisomBlanche avait admis mardi dernier que le fait d’avoir mentionné des tentatives d’achats d’uranium en Afrique par Bagdad dans le discours sur l’état de l’Union du président Geor-.ge W.Bush le 28 janvier dernier avait été une erreur.«Nous ne savons pas si c’est vrai, mais personne ne peut dire que c’est faux» et «le président est mécontent» que cela ait figuré dans son discours, a déclaré hier M.Fleischer, dont c’était la dernière intervention comme porte-parole de la Maison-Blanche.VOIR PAGE A 8: LONDRES ¦ L’éditorial de Serge Truffaut, page A 6 MAL LANGSDON REUTERS wm Des blindés de l’armée française, ont pris part hier au traditionnel défilé militaire des festivités du 14 juillet, avenue des Champs-Elysées.Pendant ce temps, Paris a formellement démenti être à l’origine de renseignements relatifs au programme nucléaire de l’Irak.Nos informations sur le 14 juillet à l’Elysée en page A 5.Les lobbyistes tardent à s’inscrire Le registre obligatoire ne contient que 343 noms CLAIRANDKÉE CAUCHY LE DEVOIR Les lobbyistes ne se sont pas bousculés aux portes pour s’inscrire au fichier d’enregistrement implanté en novembre dernier, dans la foulée de l’adoption de la Loi sur la transparence et l’éthique en matière de lobbyisme.A l'heure actuelle, 343 lobbyistes sont inscrits dans le registre, alors qu'on estimait qu’entre 1500 et 2000 devaient à l’origine s’enregistrer, selon les informations recueillies par Le Devoir auprès d’une personne qui a travaillé à l’implantation du registre.Au bureau de la conservatrice du registre, on affirme que le bassin de lobbyistes était plutôt évalué entre 600 et 1000 personnes.«Je n aime pas parler de pourcentage d’inscriptions.Je n’aimerais pas qu'on dise qu’on a 34 % de la cible atteinte.Il est difficile de définir clairement une cible.Cest certain qu’à 343, on s'attendait à un petit peu plus que cela», observe le responsable des communications au bureau de la conservatrice du registre, Charles Doyon.Ce dernier constate qu’il y a eu des pointes d’enregistrement au début, entre les mois de novembre et janvier.«Mais c’est plus tranquille parles temps qui courent.Evidemment, c’est une période d'implantation.On est conscient que ce n’est probablement pas le maximum.On s'attend à ce que ces nombres-là augmentent au fil des semaines et des mois», affirme M.Doyon.VOIR PAGE A 8: LOBBYISTES Cités du multimédia et du commerce électronique Québec ne veut plus payer 47 000 $ par emploi TOMMY CHOUINARD DE NOTRE BUREAU DE QUÉBEC Quelque 252 millions de dollars en crédits d’impôt consentis à 435 entreprises qui ont créé 5370 emplois, ce n’est pas une formule qu’entend retenir le gouvernement Charest Québec doit en effet verser cette année l’équivalent de 47 000 dollars par emploi créé aux compagnies qui se sont installées dans des sites comme la Cité du commerce électronique ou encore la Cité du multimédia.C’est ce que le ministre des Finances, Yves Séguin, a révélé hier afin de justifier sa décision, annoncée dans son budget de juin dernier, d’abolir ces sites désignés, où les entreprises qui s’y s’installent bénéficient de crédits d’impôt équivalents à 40 % des salaires de leurs employés.Yves Séguin entend toutefois honorer les engagements qui ont déjà été pris par le gouvernement Landry, qui avait créé ces sites afin de favoriser la création d’emplois dans le secteur technologique.Or il n’y a pas eu création d’emplois, et les entreprises reçoivent des crédits d'impôt pour des emplois qui existaient déjà, a décrié le ministre des Finances.Selon les chiffres qui ont été rendus publics hier, Yves Séguin VOIR PAGE A 8: QUÉBEC INDEX Annonces.B 5 Avis publics.B 4 Culture.B 8 Décès.B5 Économie.B 1 Éditorial .A 6 Idées.A 7 Météo.B 5 Monde.A 5 Mots croisés.B 4 Sports.B6 Télévision.B 7 Adiôs Compay Décès de Compay Segundo, géant de la musique cubaine GUY TAILLEFER LE DEVOIR Le film Buena Vista Social Club, réalisé en 1999 par l’Allemand Wim Wenders, contenait la séquence suivante: assis dans une de ces vieilles voitures américaines des années 1950 dont La Havane est le cimetière, Compay Segundo, le sourire grand comme son charisme, saluait au passage les gens dans la rue d’un quartier de la capitale délabrée.C’était tout dire d’un homme qui savourait infiniment une popularité que Fidel Castro n’hésitait pas, par ailleurs, à mettre en vitrine internationale pour faire oublier sa dictature.L’édition électronique de Granma, le journal officiel du Parti communiste cubain, ne soulevait évidemment pas ce dilemme dans l’hommage qu’il rendait hier à Compay Segundo, qui vient de s’éteindre à l’âge vénérable de 95 ans.Il ne disait pas non plus qu’il a subi près d’un demi-siècle d’effacement, d’abord dans son propre pays, avant que le guitariste américain Ry Cooder ne le réunisse à d’autres génies de la musique cubaine «prérévolutionnaire» pour produire, en 1997, l’album Buena Vista Social Club, vendu dans le monde à quatre millions d’exemplaires, et ressusciter cet extraordinaire genre musical qu’est le «son», convergence d’influences espagnoles et africaines.Quand on lui posait la question, le musicien et chanteur disait vouloir vivre jusqu’à 115 ans —comme sa grand-mère — et demander une prolongation s’il s’y rendait La mort lui a dit noa D est décédé dans la nuit de dimanche à hier d’une «insuffisance rénale» dans sa demeure du quartier de Miramar, à La Havane, VOIR PAGE A 8: COMPAY HENRY ROMERO REUTERS Compay Segundo au cours d’un concert en plein air A Mexico en mai 2000.Le célèbre musicien et chanteur cubain est décédé A La Havane A l’Age de 95 ans.IRAN Zahra Kazemi pourrait avoir été inhumée Les informations continuent de se bousculer et de se contredire autour du décès de la photographe montréalaise d’origine iranienne, Zahra Kazemi, qui a trouvé la mort en Iran vendredi dernier.Séton le fils de la journaliste, Stephan Hachemi, sa mère aurait été enterrée hier dans la nuit par des organisations clandestines, alors que le ministère des Affaires étrangères du Canada refuse de confirmer l’inhumation et mentionne être toujours à la recherche du corps.¦ À lire en page A 2 fM MAISON ni s mus 1)1 LAVAI du 28 juillet au 25 août 2003 1395, boul.de la COOcwde ouest.la*al Métro Henri-Bourassa, autobus 40 ou 61 Billetterie et reservations : (450) 667-2040 ou (514) 790-1245 l.i liiAoii: Tous les lundis Québec Ci! - to % A LE DEVOIR.LE MARDI 15 JUILLET 2 0 0 3 A 2 •LES ACTUALITES- JACQUES GRENIER LE DEVOIR Stephan Hachemi, le fils de Zahra Kazemi, continue de réclamer le rapatriement de la dépouille de sa mère, morte alors qu’elle était aux mains d’agents du gouvernement iranien.IRAN Zahra Kazemi a-t-elle été inhumée ou pas?Son fils assure que oui, mais le ministère des Affaires étrangères dit être toujours à la recherche du corps ALEC CASTONGUAY LE DEVOIR Le flou persiste autour du décès de la photographe montréalaise d’origine iranienne, Zahra Kazemi, qui a trouvé la mort en Iran vendredi dernier.Selon le fils de la journaliste, Stephan Hachemi, sa mère aurait été enterrée hier dans la nuit, alors que le ministère des Affaires étrangères du Canada refuse de confirmer l’inhumation et mentionne être toujours à la recherche du corps.Lors d’un point de presse qui a réuni plusieurs porte-parole d’organismes, hier en fin de journée à Montréal, Stephan Hachemi a annoncé que sa mère avait bel et bien été enterrée.«Les informations en provenance de l’Iran nous indiquent qu’une organisation clandestine a inhumé son corps hier dans la nuit, a-t-il dit à l’occasion d’une brève allocution.Pourquoi le président Khatami a demandé une enquête approfondie de la part de quatre de ses ministres si c’est pour l’enterrer aussi rapidement?» Pour Hossein Mahoutiha, coordonnateur de l’Association de la défense des droits de l’Homme en Iran, les auteurs du meurtre ont simplement voulu cacher leur geste et mettre un point final à l’histoire.«Ce sont ceux qui sont au pouvoir en Iran qui dirigent les organisations clandestines, dit-il.Ils veulent mettre Stephan devant un fait accompli pour le faire reculer.» Visiblement, ce ne sera pas le cas.Stephan Hachemi a maintenant l’appui d’un avocat et entend bien continuer les démarches pour rapatrier sa mère.«Ce que je demande, c'est que le corps soit déterré et qu'il revienne au Canada, souligne-t-il.Je veux aussi que des médecins canadiens participent à l’autopsie pratiquée là-bas pour qu’on puisse faire la lumière sur les causes exactes de sa mort.» Affaires étrangères Mais au ministère des Affaires étrangères du Canada, on refuse de confirmer la version du fils.«Notre ambassadeur en Iran tente de savoir où est le corps, explique Reynald Doiron, porte-parole du ministère.Mme Kazemi pourrait encore être à la morgue ou ailleurs, on n'en sait rien.» Une chose est sûre, le gouvernement du Canada ne tergiverse plus, il appuie désormais à 100 % les demandes de Stephan Hachemi pour le rapatriement du corps au pays, même si la mère de Zahra Kazemi, qui vit en Iran, aurait signé des papiers officiels qui acceptent son inhumation à Chiraz, le village natal de la journaliste.«Nous croyons que les instructions du fils doivent être appliquées, soutient Reynald Doiron.Les lois internationales sont claires à ce sujet, la famille peut recevoir le corps peu importe l’endroit du décès et la nationalité de la personne.» LaFPJQ Le manque de coopération des autorités iraniennes, malgré l'annonce dimanche d’une enquête exhaustive, cache quelque chose, selon Anne-Marie Dussault, présidente de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ).«On n’accuse personne de meurtre à l'heure actuelle, mais si l’Iran n’a rien à cacher, pourquoi ne pas renvoyer le corps ici?» La FPJQ s'est jointe à une dizaine d’organismes, notamment Reporters sans frontières, la Marche mondiale des femmes et l’Association des organisations de coopération internationale, pour envoyer une lettre au premier ministre Jean Chrétien dans le but qu’une enquête indépendante soit menée en Iran.Le ministère des Affaires étrangères reçoit cette requête très froidement.«Nous sommes satisfaits des démarches entreprises par le président Khatami, affirme Reynald Doiron.Nous n'avons pas l’intention de demander une enquête indépendante pour l’instant, mais nous espérons que leur investigation sera rapide et complète.» Ce que ne croit pas du tout Hossein Mahoutiha.«Le régime iranien a un long passé de violation des droits de l’Homme, dit-il.Il avait annoncé des enquêtes sur la mort des écrivains et des opposants en 1998, puis sur la mort des étudiants en 1999, mais on attend toujours les résultats.» Selon la version iranienne, Zahra Kazemi est décédée vendredi à la suite d’une «attaque cérébrale».Elle avait été transférée dans un hôpital de Téhéran après avoir eu un malaise lors d’un interrogatoire mené par des agents du ministère de l’Information.Sa famille croit plutôt quelle aurait été battue à mort.Elle avait été arrêtée le 23 juin alors qu’elle photographiait des manifestations autour de la prison d’Evin, en Iran.LIQUIDATION costumes d'été Juillet-Août Costumes importés d'Italie O / 1195 * Tissus griffés 34955$ Cravates importées d'Italie 25$ 100%soie ^lulo 402-hommc* Du lundi au vendredi de 10 h à 18 h Samedi de 10 h i 16 h Tous les soirs après 18 h sur rendez-vous seulement 1118.rue Sainte-Catherine 0., 2' étage, Montréal (Québec) H3B 1H5 tél.: 861-3636 Bourque reprend les pleins pouvoirs sur son parti Après avoir été rétabli dans ses fonctions de chef, voilà maintenant qu’il dirigera l’opposition officielle ARCHIVES LE DEVOIR Pierre Bourque reprendra son poste de chef de Topposition au mois d’août.CLAIRANDRÉE CAUCHY LE DEVOIR Pierre Bourque retournera bientôt par la grande porte à l’Hôtel de Ville.Celui qui l’avait remplacé comme chef de l’opposition, Martin Lemay, a annoncé hier son intention de céder la place au fondateur du parti.Après avoir essuyé une défaite comme candidat adéquiste dans la circonscription montréalaise de Bourget, où D n’avait récolté que 17 % des votes, M.Bourque avait repris les rênes de Vision Montréal au début juin.Il n’avait cependant pas repris son rôle au conseil municipal Lors de la prochaine réunion du caucus des conseillers de Vision Montréal, le 4 août, Martin Lemay proposera lui-même la candidature du fondateur du parti.Le cas échéant, la décision sera entérinée lors de la prochaine séance du conseil municipal, le 25 août Selon M.Lemay, Pierre Bourque est «l’homme de la situation» pour défendre la nouvelle ville, sérieusement menacée par le projet de loi neuf sur les défrisions.«H a été maire sept ans de l’ancien Montréal, c’est lui qui a été derrière la création de la nouvelle ville, avec le gouvernement de l’époque.Il a une vision claire de cette ville.Il n’y a pas d’autre solution pour nous, en tant que parti, dans le contexte où noies sommes actuellement», fait var loir Martin Lemay Le conseiller de Vision Montréal se concentrera davantage sur ses fonctions de président de l’arrondissement Ville-Marie.Il s’opposera au projet de l’administration du maire Gérald Tremblay d’octroyer un statut particulier au centre-ville, afin qu’il ne relève plus de l’arrondissement mais bien de l’administration centrale.«Je vais recommencer à dénoncer ardemment la situation “une île et deux traitements”.Si vous êtes dans une ancienne banlieue, vous faites ce que vous voulez, si vous êtes dans l’ancien Montréal vous êtes sous l’emprise des services centraux et du comité exécutif.C’est tout à fait inacceptable et je vais le dénoncer vivement.Les anciens petits maires ne se sauveront pas avec la cagnotte, c’est pas vrai», a insisté M.Lemay.Au cabinet du maire Gérald Tremblay, on a déploré le départ de M.Lemay.«C’était quelqu’un qui permettait de faire un travail souvent très positif avec l’opposition», a affirmé l’attachée de presse du ministre, Christiane Miville-Deschesne.Des pénalités versées d’une filiale à une autre Les lois du marché pourraient coûter 85 millions aux clients d’Hydro-Québec LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Les clients d’Hydro-Québec pourraient devoir payer jusqu’à 82,5 millions par année en guise de pénalités si jamais Hy-dro-Québec «Distribution» devait demander à Hydro-Québec «Production», une autre case du Monopoly créé par la loi 116, de reporter ses livraisons convenues de 600 MW après 2007.C’est ce que prévoit la clause de report des livraisons d’électricité, rendue publique la semaine dernière par d’Hydro-Québec Production qui fournira à compter de 2006 à Hydro-Québec Distribution quelque 600 MW provenant des centrales LG-1 et LG-2 de la Baie Jameç, des mégawatts que la société d’Etat vient de découvrir dans ses réserves alors qu’elle en manquait l’an dernier au point d’envisager pour 2006 la construction d’une centrale thermique de 800 MW à Beauharnois.Hydro-Distribution a aussi convenu d’acheter à l’occasion du même appel d’offres quelque 507 autres mégawatts pour l,e début de 2006 à TransCanada Energie, qui veut les produire avec une centrale thermique à Bécancour.Québec, l’actionnaire principal ARCHIVES LE DEVOIR d’Hydro, devra autoriser en vertu de la Loi de l’environnement la construction de cet équipement dont les nouveaux rejets équivalent à 2 % des émissions totales de gaz à effet de serpe de la province.TransCanada Energie refuse de divulguer la pénalité qu’Hy-dro-Québec Distribution s’est engagé à lui payer si elle réclamait un report de la mise en service de cette centrale.Les pénalités de report pour les 600 MW de la Baie James, s’ils n’étaient pas nécessaires au début de 2006, sont milles durant la première année du contrat.Mais par la suite, et pour quatre ans, les pénalités seraient de 10 millions par année pour chaque tranche de 50 MW dans le bloc de 350 MW d’énergie de base.Total possible: 70 millions par an.Pour les 250 MW d’électricité dite «cyclable» ou intermittente, la pénalité sera de 2,5 millions pour chaque tranche de 50 MW.Les 350 MW en énergie de base seront vendus à 5,5 cents du kWh à partir de LG-2 et les 250 MW «cyclable» au prix de 7,4 cents du kWh à partir de LG-1.On peut imaginer que les primes consenties par la société d’Etat pour les 507 MW que lui fournira TransCanada Inc sont au moins équivalentes à celles que les clients devront acquitter à Hydro-Production en cas de report, expliquait hier Manon Lacharité, analyste en énergie pour l’Union des consommateurs du Québec (UCQ), ce qui pourrait globalement porter la facture jusqu’à 150 millions par année si les prévisions de la demande s’avéraient en deçà des besoins pour la période.En somme pour de l’électricité dont on n’aurait pas besoins.Le concept de «report» des livraisons se justifie assez mal, dit-elle, dans le cas d’Hydro-Québec qui pourrait emmagasiner l’eau inutilisée dans son vaste réservoir de LG-2.Et peut-on parler de report, quand les deux centrales en question existent depuis des années et que l’électricité non utilisée, le cas échéant, pourrait être revendue ailleurs.Avec la loi 116, poursuit l’analyste en énergie de l’UCQ, Hydro-Québec doit fournir à 2,79 cents 165 TWh d’électricité à ses clients, qui ont payé pour ces équipements collectifs.C’est ce qu’on appelle dans la loi 116 «l’électricité patrimoniale».Mais ces équipements déjà payés par les clients-contribuables peuvent produire environ 182 TWh.L’excédent peut donc être vendu aux Américains ou, comme id, revendus aux Québécois aux prix du marché.«C’est comme si après avoir payé une voiture au complet, les Québécois étaient facturés avec un compteur de taxi pour l’utiliser au prix du marché, dit-elle.Et s’ils décidaient de ne pas utiliser la voiture, pour quelque raison que ce soit, ils devront quand même payer au garagiste au moins le Profit qu’il aurait fait si le compteur avait marché toute l’année.C’est du vol véritablement.» Chaque année, 50 enfants sont blessés par des pistolets à air comprimé Des groupes veulent éliminer les fausses armes en circulation PRESSE CANADIENNE Toronto — Un jeune garçon de cinq ans était toujours hospitalisé, hier, après qu’une balle tirée par un pistolet à air comprimé se fût logée dans sa cervelle.Par ailleurs, les groupes en faveur du contrôle et de l’usage sécuritaire des armes à feu ont réclamé l’interdiction des an nés d’apparence réelle.Deux adultes, ainsi qu’un jeune homme de 17 ans dont les noms ne peuvent être révélés ont comparu en cour, hier, faisant face à plusieurs accusations en rapport avec la fusillade d’une demi-heure au cours de laquelle l’œil droit du garçonnet a été touché.Les coups de feu ont été tirés à partir d’une voiture en mouvement qui se déplaçait près du terrain du Parc des expositions à Toronto dimanche vers 17 h, alors qu’une foule compacte quittait les lieux après la présentation du Molson Indy, une course automobile de la série Champ Car.L’état de l’enfant s’est amélioré en après-midi.Les médecins ont affirmé que le bambin n’avait pas perdu la vue de l’œil atteint et qu’une chirurgie n’était pas envisagée à l’heure actuelle pour extirper la balle.Lors de la fusillade, un homme de 27 ans a également été blessé au front et a été conduit à l’hôpital hier.Le porte-parole du Çonseil canadien de la sécurité.Emile The-rien, a qualifié cet acte de «brutal et ignoble», et en déplore la fréquence.Le Conseil a demandé au gouvernement fédéral à plusieurs reprises d’interdire les faux pistolets, tels ceux à air comprimé, de starter et les fusils à plomb ainsi que ceux d’apparence semblable aux vrais pistolets, mais sans succès.•Il est aussi facile d’acheter ces armes que des bandes dessinées.alors que ce sont des produits de consommation dangereux», a dénoncé M.Therien à Ottawa, précisant que n’importe qui peut s’en procurer dans des magasins d’articles de sport.Le port de ces armes est problématique surtout chez les jeunes, qui procèdent fréquemment à des actes illégaux munis de fausses armes.Selon les études effectuées par le conseil, des fausses armes à feu sont retrouvées presque aussi souvent que des armes de poing lors de crimes.Chaque année, plus de 50 enfants de moins de 18 ans sont hospitalisés pour des blessures causées par des pistolets à air comprimé.La police de Toronto n’a pas été en mesure de confirmer combien de fausses amies ont été saisies dans le cadre d’activités criminelles.Cependant, le sergent-détective Randy Smith a affirmé que les forces policières accor- daient autant d’importance aux fausses armes qu’aux vraies.«Ces armes sont conçues pour ressembler aux vraies armes à feu.Si elles sont utilisées aux mêmes fins, elles peuvent être classées comme telles et des accusations peuvent être portées contre leur détenteur», a indiqué M.Smith.Selon la loi fédérale, ces armes ne peuvent être considérées comme des vrais pistolets en raison de la vélocité des balles, qui atteint moins de 152 mètres par seconde.De ce fait leur vente ne peut être restreinte au grand public.Cependant M.Therien a fait savoir que grâce à l’usage de balles légères, la vitesse de tir de ces armes peut dépasser la limite permise.D’après lui, il est étonnant qu’aucune loi ne réglemente l’usage des fausses armes à feu, alors que même les jouets en peluche font l’objet d’une réglementation selon la Loi sur les produits dangereux.f » I LE DEVOIR.LE MARDI 15 JUILLET 2 0 0 3 POLITIQUE Denis Coderre ARCHIVES LE DEVOIR Coderre lance le débat public sur une éventuelle carte d’identité biométrique GENEVIÈVE OTIS-DIONNE LE DEVOIR Un débat important s’annonce cet automne au parlement fédéral et au sein de la société civile concernant l’adoption d’une carte d’identité nationale à haute sécurité.Le ministre de l’Immigration, Denis Coderre, attend le dépôt du rapport final du Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration sur la question au début de l’automne et veut organiser un vaste forum national sur le sujet au mois de novembre.M.Coderre a déclaré dimanche au Toronto Sun que les Canadiens devaient envisager l’adoption d’un moyen d’identification faisant appel à la haute technologie d’ici à 2005, en raison de la demande internationale de mesures de sécurité renforcées.Le ministre a toutefois précisé hier au Devoir qu’il désirait qu’un véritable débat de fond ait lieu au Canada avant l’adoption d’une telle mesure.Lors du forum national qui devrait se tenir au mois de novembre, M.Coderre souhaite réunir différents experts et des représentants de la société civile pour aborder les différentes facettes de la question.M.Coderre appuie cependant fermement l’adoption d’une carte d’identité nationale comportant des marqueurs biométriques, comme les empreintes digitales ou celle de l’iris.«Le Canada est un des seuls pays où il n’y a pas de document ou de carte d’identité.Les pays industrialisés se penchent actuellement sur l’utilisation de la biométrie et ils sont très avancés dans cette direction.Il est temps qu’on ait au Canada un débat de fond sur le sujet», a déclaré le ministre.Selon M.Coderre, l’adoption d’une carte d’identité nationale biométrique dintinuerait les vols d’identité, comme les vols d’adresse, les vols de cartes de crédit et de débit et les documents contrefaits.Le ministre affirme également que cette carte d’identité faciliterait l’entrée des voyageurs canadiens aux Etats-Unis.D’ici à 2005, les Américains, conformément à leur programme de surveillance des points d’entrée du pays, veulent exiger les empreintes des visiteurs afin de contrôler leur entrée et leur sortie.M.Coderre croit qu’une carte canadienne comportant des données biométriques pourrait éviter aux Canadiens d’être fichés aux Etats-Unis.Réactions négatives Le député conservateur Gerald Keddy, membre du Comité permanent de la citoyenneté et de l’immigration, est catégoriquement contre l’adoption d’une telle carte d’identité.Selon lui, la biométrie faciale «est une grande invasion dans votre vie personnelle.Nous parlons vraiment ici de Big Brother.Une caméra dans la rue, dans un aéroport, dans une banque, un magasin, va pouvoir prendre votre biométrie faciale et vous identifier».Concernant les Américains, M.Kelly souligne que ceux-d offrent une exemption de prises d’empreintes digitales pour certains pays.lye Canada est actuellement en négociation avec les Etats-Unis pour obtenir cette exemption, mais rien n’est encore confirmé.«Le problème, ce n’est pas la frontière avec les États-Unis.Cest la mauvaise relation qu'entretient l’actuel gouvernement avec les Américains», soutien M.Keddy.Le critique au Bloc québécois en matière de Justice, Richard Marceau, souligne qu’il n’y a aucun argument valable pour la mise sur pied d’une telle carte d’identité et redoute les coûts d’une telle mesure.«Le registre des armes à feu a coûté très cher au gouvernement.Imaginez combien pourrait coûter une carte technologique comme ils veulent le faire», a déclaré M.Marceau Pour ce qui est du vol d’identité, M'Denis Barrette, membre de la Ligue des droits et libertés du Québec, soutient qu’il ne faut pas sous-estimer les fraudeurs et que ceux-ci vont rapidement arriver à falsifier les nouvelles cartes d’identité.«R faut être naïf pour penser que le vol d’identité va diminuer à cause d’une carte d’identité nationale», affirme M.Barrette.M'Julius Grey, praticien spécialiste des droits fondamentaux, s’inquiète de l’utilisation qui pourrait être faite d’une telle base de données dans les années à venir.«Dans cinq, dix ou quinze ans, quand il va y avoir un autre gouvernement ou qu’il va se produire une situation d’urgence qui dépasse celle du 11 septembre, les gens vont pouvoir utiliser ces données pour de mauvaises raisons II y a toujours un danger», mentionne M' Grey.EN BREF Des appuis aux entarteurs de Ralph Klein (PC) — La Fédération des travailleurs de l’Alberta organise une campagne pour amasser des fonds afin d’assurer la défense juridique des trois étudiants qui ont entarté le premier ministre de la province Ralph Hein, la semaine dernière, «fai bien peur qu'ils doivent faire face à une sentence sévère, ce qui serait plutôt injuste, soutient le président de la fédération, Les Steel Nous voulons nous assurer que les étudiants subiront un procès équitable.» Les Steel estime que les médias et le gouvernement provincial ont réagi de façon exagérée après que Ralph Hein eut reçu une tarte à la crème à saveur de banane en plein visage lors d’un déjeuner organisé à l’occasion du Stampede le 7 juillet François-Albert Angers, figure dominante du mouvement nationaliste, est décédé hier.François-Albert Angers (1909-2003) ARCHIVES I E DEVOIR Le Québec perd un défenseur de la nation GENEVIÈVE OTIS-DIONNE LE DEVOIR Le mouvement nationaliste québécois a perdu hier un de ses importants pionniers.François-Albert Angers, économiste réputé et personnage fortement engagé dans l’Action nationale, est décédé hier après-midi à l’âge de 94 ans.«François-Albert Angers était à la fois un scientifique, un chercheur et, en même temps, un homme de convictions, a déclaré hier soir au Devoir le président de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB), Jean Do-rion.Ce qui m'a toujours frappé chez Angers, c'est la force du personnage.Cette force physique s’exprimait par une voix très forte lorsqu’il faisait des discours.Même à un âge très avancé.» «Le Québec vient de perdre un des grands artisans de la modernité.Un de ses plus grands intellectuels», a ajouté Gilles Rhéaume, un ami de M.Angers et ancien président de la SSJB (1981-1985).Professeur émérite de l’Ecole des hautes études commerciales (HEC), M.Angers a enseigné l’économie pendant de nombreuses années et «a formé la plupart des économistes du Québec, dont Jacques Parizeau, soutien M.Rhéaume.C'est un des grands artisans de l’enseignement supérieur économique du Québec, qui a écrit de nombreux manuels.M.Angers a dû écrire plus de 5000 articles.C’était l’un des grands intellectuels du Québec».M.Dorion définit François-Albert Angers comme un homme de principes: «M.Angers était curieusement un personnage tourné vers l’économie appliquée et les affaires.Et, en même temps, il était un homme de principes.Il était loin d’être cynique comme plusieurs hommes d’affaires le sont.Il s’est battu pour les droits du fiançais au Québec et pour l’indépendance.» M.Angers a été le fondateur et le président du Mouvement Québec français (1972 à 1980).Selon M.Rhéaume, M.Angers est «un des grands défenseurs de la langue française et un des grands initiateurs de la loi 101».M.Angers a égalerpent été l’un des concepteurs et des réalisateurs des Etats généraux du Canada français avec un autre grand bâtisseur, Rosaire Morin.De 1969 à 1973, il était de passage à la tête de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal.11 a été le président de la Ligue d’Action nationale (1955-1985) et le directeur de la revue du même nom (1959-1968).«Des années 1930 aux années 1990, François-Albert Angers a été dans le mouvement nationaliste à l'avant-plan dans toutes les organisations, que ce soit l’Action nationale ou pour le Mouvement Québec fiançais», a déclaré M.Rhéaume.Chrétien présente un plan d’intervention en cas de génocide Le premier ministre a Vappui d'une coalition de gouvernements progressistes Jean Chrétien KEVIN WARD PRESSE CANADIENNE Bagshot, Angleterre — Une coalition de gouvernements de centre-gauche a donné son appui hier à une proposition du Canada visant à prévenir d’éventuels génocides.Les 14 dirigeants présents au Sommet sur la gouvernance progressiste de Londres, dont le premier ministre britannique Tony Blair, n’ont toutefois pas cité les moyens qui seraient pris par la communauté internationale pour empêcher les bains de sang.Dans un communiqué, les dirigeants du mouve-ipent progressiste fondé par l’ancien président des Etats-Unis, Bill Clinton, le chancelier allemand, Gerhard Schrôder, et par Tony Blair en 1999, demandent à l’Organisation des Nations unies d’accorder une attention particulière et prioritaire au document présenté par le premier ministre du Canada Jean Chrétien.«Le conseil de sécurité de l'ONU demeure le seul organisme capable de prendre des mesures à grande échelle pour prévenir des drames humanitaires d’envergure», peut-on lire dans le communiqué.En nommant les Nations unies comme étant l’organisme ayant l’autorité pour sévir contre les pays qui commettent des atrocités envers leurs citoyens, la proposition du mouvement pour la gou- vernance progressiste ne tient pas compte du droit de veto des cinq membres permanents du conseil de sécurité de l’ONU., Certains observateurs laissent entendre que les États-Unis, un des cinq membres permanents, n’appuieraient pas la proposition faite par Jean Chrétien.Le premier ministre du Canada a précisé que la stratégie d’intervention pqurrait tout de même fonctionner sans l’appui des États-Unis en ajoutant que les Américains n’ont pas appuyé la création d’un tribunal pénal international ni le traité international sur les mines antipersonnel mais que les deux projets se sont malgré tout concrétisés.«Nous n’avons pas besoin de l'accord de tout le monde.Nous trouverons bien une façon de parvenir à nos fins», a dit Jean Chrétien.Le document de 85 pages a été écrit par une douzaine d’experts, dont le Canadien Michael Ignatieff, à la demande du secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, afin de protéger les droits de la personne et de prévenir d’éventuels génocides.Kofi Annan avait présenté sa demande aux chefs de gouvernement de la planète, il y a trois ans, après que l’ONU eut été incapable de prévenir les génocides du Kosovo en 1999 et du Ruanda en 1994.Le document avait été déposé en décembre 2001, mais les attentats terroristes du 11 septembre 2001 à New York ont retardé la présentation du texte.Mariage gay Les détails du projet de loi seront connus bientôt ALEXANDER PANETTA PRESSE CANADIENNE Ottawa — Les modalités du projet de loi fédéral visant à reconnaître les mariages de conjoints de même sexe seront vraisemblablement dévoilées d’ici à la fin de semaine, a-t-on appris hier auprès de certaines sources.La nouvelle définition du mariage sera inscrite dans un document envoyé à la Cour suprême du Canada pour approbation ces jouraci.Deux sources soutiennent que le document sera transmis à la cour après le retour au pays du ministre de la Justice Martin Cauchon, plus tard cette semaine.M.Cauchon est actuellement en visite en Angleterre et les fonctionnaires du ministère de la Justice ne sont pas en mesure de confirmer la date exacte du retour en sol canadien du ministre.•H sera de retour bientôt», a simplement répondu Patrick Charette, porte-parole du gouvernement •Le premier ministre (Jean Chrétien) et Martin Cauchon ont confirmé que le gouvernement allait envoyer un document sous peu, vous pouvez donc attendre une annonce bientôt.» Une source a par ailleurs indiqué que Martin Cauchon jonglait avec l’idée de faire l’annonce immédiatement après son retour au pays, jeudi.Le Canada deviendrait le troisième pays seulement à reconnaître les mariages de conjoints de même sexe, après la Belgique et les Pays-Bas.Les gais et lesbiennes peuvent déjà se marier dans deux provinces au pays, en Ontario et en Colombie-Britannique.Le gouvernement fédéral a décidé de ne pas en ap peler des jugements portés dans ces provinces, de même que d’une décision similaire rendue au Québec, qui permettent désormais les mariages gais en toute légalité.Des couples gais américains profitent maintenant de la souplesse des lois au Canada pour venir se marier en sol canadien.La Cour suprême du pays va tenir compte de trois éléments, dont la conformité avec la Charte des droits et libertés, pour avaliser le projet de loi.Ottawa demandera à la Cour suprême de statuer sur la juridiction de la loi afin de savoir si toutes les Eovinces seront dorénavant obligées de permettre i mariages gais.L’Alberta entend continuer d’interdire les mariages de conjoints de même sexe étant donné que la Constitution lui en donne le droit.Le fédéral a par ailleurs déjà pris certaines dispositions afin de ne pas subir les foudres des communautés religieuses en précisant que les mariages gais ne seront permis qu’au civil.Le premier ministre Chrétien a souligné que la loi sera soumise à un vote libre à la Chambre des communes une fois que la Cour suprême se sera prononcée.A1C LE DEVOIR.LE MARDI 15 JUILLET 2003 A 4 Le travail forcé se porte bien dans le monde industrialisé ?LE MONDE* Inondations, crues et glissements de terrain se multiplient Les intempéries ont déplacé 1,3 million de Chinois Le Yangtsé menace de déborder à son tour REUTERS LE MONDE De l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) au Bureau international du travail (BIT), de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC) au Conseil de l’Europe, plusieurs organisations internationales — dans la foulée d’organisations non gouvernementales les ayant précédées sur ce terrain — se penchent depuis quelques mois sur une réalité noire, mais en développement la traite des êtres humains, notamment sous sa forme la plus courante, celle du travail forcé.Dans de nombreux pays occidentaux, la demande pour une rnaiiHl’œuvre à bon marché, conjuguée à la fermeture des frontières à l’immigration légale, favorise l'im-rnigration clandestine et le travail au noir, qui devient souvent travail forcé.«Si les travailleurs illégaux sont exploités, c’est qu'il existe dans nos pays une demande pour une main-d’œuvre peu qualifiée et peu coûteuse», explique Danielle del Marmol, ambassadeur de Belgique auprès de l’OSCE, qui dirige le groupe de travail sur la traite au sein de cette organisation, basée à Vienne.Selon elle, les pays occidentaux profitent de la traite d’êtres humains, asservis dans l’agriculture ou la construction, une activité criminelle aussi lucrative que le trafic de drogue.«En termes de coûts et de bénéfices, la traite d’être humains est plus lucrative et moins risquée que le trafic de drogue», indique une étude récente du Bureau international du travail (BIT).Facteur aggravant, dans la plupart des pays concernés, les hommes et les femmes sont encore souvent considérés comme des immigrants clandestins à expulser plutôt que comme des victimes à protéger et à réintégrer dans leurs sociétés.Ce nouveau commerce d’immigrants clandestins, qui travaillent par la force ou sous la menace, n’est pas limité à l’industrie du sexe ni au tiers-monde.«R y a beaucoup d’autres formes de travail forcé, d'esclavage, d’asservissement pour dettes, dans les pays industrialisés», souligne Mme del Marmol.Les victimes travaillent dans des ateliers de confection clandestins en France, dans des restaurants en Belgique, dans des chantiers en Alle- magne ou des vergers espagnols ou britanniques.«L’exploitation du travail des immigrants aide des industries qui ne sont plus compétitives — comme l’agriculture, la cmfection textile ou la construction — à survivre», indique le BIT.Une base de données établie par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), basé à Vienne, a recensé la Turquie, la Belgique, la France et la Grèce comme principales destinations de la traite pour le travail forcé.Mais tous les pays riches sont des pays de destination.Une étude du BIT publiée en mai dernier illustre comment des organisations criminelles envoient des travailleurs russes en Grèce, d’où ils prennent l’avion pour Londres en se mêlant au flot de touristes de retour de vacances.Sans papiers, endettés, ils travailleront dans l’horticulture pour un salaire de misère et vivant dans la menace d’être dénoncés aux services d’immigration.En Espagne, des immigrants marocains qui venaient de recevoir un permis de travail se sont vus remplacés «par des milliers de jeunes Polonais et Roumains considérés comme plus dociles».En Allemagne, le bâtiment emploie 300 000 à 400 000 immigrants clandestins dans des conditions précaires.L’OSCE, qui regroupe 55 Etats d’Europe, d’Asie centrale et d’Amérique du Nord, prépare une offensive coordonnée pour lutter contre le fléau.Elle recouvre à la fois des zones d’origine, comme l'Albanie, la Moldavie, ou l’Ouzbékistan, des zones de transit, comme l’Europe orientale, et des pays destinataires.«Ce doit être un savant dosage entre la pénalisation de la traite, la protection des victimes et la coordination de toutes les agences internationales, des Etats et des organisations non gouvernementales», explique la diplomate belge.Beaucoup de pays doivent encore ratifier et appliquer les conventions internationales contre la traite, et adopter des lois qui la pénalisent.Entre les organisations qui s’attaquent à la traite, des agences de l’ONU au Conseil de l’Europe, il y a beaucoup de déperdition d’efforts et d’argent «R y a trop de séminaires, pas assez d’actions sur le terrain et pas assez de coordination», conclut Mme del Marmot Avec l’Agence France-Presse AGENCE FRANCE-PRESSE Pékin — A la suite d’inondations catastrophiques le long de la rivière Huai qui ont fait plus de 1,3 million de déplacés, la Chine se préparait hier à affronter une forte crue du Yangtsé dans le centre du pays.La crue de la rivière Huai, qui a forcé plus d’un million de personnes à abandonner leur maison dans la province de l’Anhui (est), se déplaçait hier vers Test en direction du Jiangsu, où 300 000 personnes ont été évacuées, a indiqué un responsable de la Croix-Rouge internationale.La situation «est plutôt grave», a déclaré par téléphone depuis le Jiangsu à TAFP Niels Juel, son responsable régional en charge des catastrophes naturelles se trouvant sur place.Au total, 2,6 millions de personnes ont été mobilisées pour surveiller et colmater les digues le long de la Huai, selon Cheng Dianlong, un porte-parole du Bureau national de lutte contre les inondations.M.Juel a rapporté avoir vu «des zones où toutes les terres agricoles ont été emportées.De nombreuses fermes d’aquaculture ont également été détruites», a-t-il ajouté.Selon l’agence Chine nouvelle, 16 personnes ont péri et quelque 47,5 millions de personnes ont été touchées par le désastre dans les trois provinces de Anhui, Jiangsu et Henan, irriguées par la rivière Huai.Selon le quotidien China Daily, plus de 9000 médecins et infirmiers ont été déployés dans TAn-hui pour éviter la propagation de maladies infectieuses.Manque de préparation Certains responsables chinois ont laissé entendre que bien que la Huai soit un fleuve extrêmement capricieux, l’étendue des inondations était aussi due au manque de préparation des autorités.«Les normes en matière de contrôle des digues sont plutôt laxistes, ce qui augmente les efforts nécessaires pour les renforcer en Le long de la rivière Huai.cas d’inondation», a déclaré Luo Zewang, un ingénieur du Comité des ressources hydrauliques de la rivière Huai.Le premier ministre Wen Jia-bao, qui s’est rendu durant le week-end dans les zones sinistrées de TAnhui et du Jiangsu, a demandé aux autorités locales de se mobiliser.«Tous les grands cours d’eau sont entrés dans leur principale période de crue.Dans certaines régions, des inondations peuvent survenir à tout moment», a déclaré M.Wen, cité par l’agence Chine nouvelle.C’est notamment le cas le long du cours moyen du Yangtsé, où une importante crue est attendue dans les prochains jours.«Nous accordons une attention toute particulière au niveau des réservoirs à travers la province», a déclaré à TAFP une responsable de la lutte contre les inondations à Wuhan, la capitale du Hubei.«Des pluies torrentielles, habituelles en cette saison, et des glissements de terrain ont fait quelques victimes», a-t-elle ajouté, sans préciser combien de personnes étaient mortes ou avaient été blessées.Deux glissements de terrain causés par les pluies ont fait douze morts et trois blessés graves dans la municipalité de Chongqing, dans le sud-ouest de la Chine, selon l’agence de presse China News Service (CNS).Un glissement de terrain dans la ville de Fengjie a fait six morts et deux blessés graves.Un autre glissement de terrain sur le chantier d’une route en construction à Fengdu a fait six morts et un blessé grave.Outre les averses, une mauvaise utilisation des explosifs par les ouvriers sur la route de Fengdu a contribué à la survenue de Téboule-ment, selon l’agence.Naufrages Dans le district de Zigui, dans l’ouest du Hubei, un glissement de terrain le long de la rivière Qinggan, un affluent du Yangtsé, a fait cinq morts et 19 disparus.Le glissement de terrain a provoqué le naufrage de plusieurs bateaux, dont dix occupants ont été emportés par les eaux de la rivière, a rapporté un journal local, le Chutian Dushi Bao.Dans le Sichuan (sud-ouest), 51 personnes étaient portées disparues hier à Badi, un village de montagne englouti par des tonnes de boues et de pierres, alors que 71 autres ont pu être sauvées, a déclaré à TAFP Zhao Liyong, du bureau local des Affaires civiles.«Tous les grands cours d’eau sont entrés dans leur principale période de crue» CONCOURS au ____Agadir MAROC Dorint CAI AIS DES ROSES royal air aiarac Toujours plus loin * — CE VOYAGE POUR 2 COMPREND : Billets d'avion aller/retour, les transferts et 6 nuits à l'hôtel.LE DEVOIR Nom Retourna è.Concours Agadir, 2050., me de Bleury.9 Otage.Montréal (Québec) H3A 3S1 Adresse le tngi aura teu le H goOt 2003 i t5E Faites w penenr les avions de parucvatw evait le 13 sort 2003 èlTNK) le ontoirs s BitesseBui personnes de 18 ens et pliis Un seul œcon per enietoppe les reproductions eie(«om|ues ne senn pv les additions et rpgleinents du concours sont dispasbles e le receim du Devoir Veieir de 2 850 $ App Ville Code postal ;.Téléphoné: (rés) .Courriel :.(bur).Question mathématique (58 - 45) + 6 = Abonné(e) Oui Q Non ü ISRAËL La marche de Vicky Knafo a lancé un mouvement parmi les déshérités JACQUES KEREM LIBÉRATION Jérusalem — La marche solitaire, la semaine dernière, de Vicky Knafo, partie de Mitzpeh Ramon, une ville oubliée de Dieu, au cœur du désert du Neguev, dans le sud brûlant d’Israël, jusqu’à Jérusalem, est en passe de devenir le début d’une véritable révolution des laissés-pour-compte de la société israélienne.Cette mère célibataire de trois enfants est venue demander des comptes au ministre des Finances, Benjamin Nétanyahou qui, avec son plan d’austérité économique draconien.Ta réduite à la famine.Vicky Knafo, tee-shirt et casquette vissée sur le crâne, a rallié en neuf jours les 200 km qui séparent les deux villes, un drapeau israélien à la main, provoquant l'admiration et l'enthousiasme de centaines de personnes sur sa route.Les automobilistes klaxonnaient en passant à sa hauteur pour l’encourager, des voyageurs descendaient de leur autobus pour lui dire un mot, les kibboutzims (villages collectivistes), des pionniers socialistes de la première heure qui ont voulu bâtir en Israël une société juste, Tont accueilli pour la nuit et soigné ses cloques.Sa marche, relayée par les grands journaux et la radio nationale, jour après jour, a enflammé les esprits.Une héroïne du peuple était née.Elle a planté sa tente devant les bureaux de la présidence du Conseil israélien.Décidée à combattre jusqu’au bout pour la cause des femmes célibataires.réduites comme elle à la misère, et pour celle de tous les déshérités du pays.Après plus de trente mois d'intifada, Israël connaît en effet la pire récession économique de son histoire.Pour tenter de redresser la barre et réduire le déficit budgétaire, le gouvernement, sous l’impulsion de Nétanyahou, a adopté en mars un plan d’austérité imposant des coupes draconiennes qui provoqueront le licenciement de dizaines de milliers d'employés de la fonction publique, une réduction de 8 à 10 % des traitements des fonctionnaires et le passage pour eux de Tâge de la retraite de 65 à 67 ans.Le plan taüle également dans le vif les budgets consacrés à Taide sociale et aux allocations familiales.C’est ainsi que celles des quelque 130 000 mères célibataires du pays ont été réduites de façon draconienne.La perte pouvant atteindre 350 dollars par mois.Vicky Knafo a dit stop et est venue planter sa tente à Jérusalem.Benjamin Nétanyahou, qui a vite compris l’impact médiatique de cette «mère courage» a essayé de désamorcer la bombe en venant la rencontrer discrètement, de nuit, une première fois.Elle ne s’est pas laissée avoir par le beau parleur.Il Ta reçue une seconde fois dans son bureau.Elle n'a pas cédé.De son côté, Meir Shetrit, ministre sans portefeuille, affecté au ministère des Finances, a tenté de réduire sa marche de protestation à une superbe performance d’endurance physique, «salutaire pour la santé».Il vaudrait mieux, a-t-il lancé, quelle utilise son énergie pour se rendre au bureau de placement de Beersheba, la capitale du Neguev.Et s’est fait vertement remettre en place par une féroce pamphlétaire du Yédiot Aharonot qui lui a dit en substance: quand on habille sa chienne avec des gilets du couturier Versace, on ferait mieux de la boucler.NouveUe économie En Israël, le taux de chômage a atteint, fin mars selon les chiffres du bureau central des statistiques, 10,8 %, son plus haut niveau depuis onze ans.A la date du 31 mars, pas moins de 281 400 personnes étaient sans emploi.Et Shetrit et Nétanyahou, qui se veulent les apôtres de la nouvelle économie israélienne, doivent compter maintenant avec Vicky Knafo et ses émules.Vendredi, Dana Azoulay, 53 ans, a entrepris à son tour de marcher sur Jérusalem, avec son fils paralytique de 17 ans sur sa chaise roulante.Le tandem avait de quoi surprendre.Partie d’Arad, une autre ville du sud du pays, la mère de famille s’est effondrée, à bout de souffle au bout d’une dizaine de kilomètres.Le maire d’Arad a tenté de la raisonner et de la ramener en ambulance chez elle.Elle a repris ses esprits et décider de poursuivre sa route.«Je marche, pousse la chaise roulante de mon fils et je pleure.C'est ma façon à moi de protester», a-t-elle confié à la presse.Jusqu’ici, elle tentait de survivre en chapardant de la nourriture dans les supermarchés.«Je veux aller voir Bibi [Benjamin] Nétanyahou, le regarder droit dans les yeux et qu’il me dise comment je peux vivre.Je veux qu’au ministère des Finances, on me dise si l'on ne veut plus de nous dans ce pays ?Et si oui, qu'on nous jette toutes au fond d’un puits, nous asperge de pétrole et qu on en finisse», dit-elle.> Soupes populaires De tous les coins d’Israël, des femmes et des hommes se mettent en marche pour exiger le droit de vivre décemment.La misère économique a fait des ravages dans le pays et Ton ne compte plus les soupes populaires qui éclosent un peu partout.Tous montent vers Jérusalem où se prépare, dit-on, un grand rassemblement de la colère.Le mouvement de protestation sociale généré par Vicky Knafo fait immanquablement songer à Motti Ashkénazy.ce capitaine solitaire, commandant de «Budapest», Tun des rares bastions de la ligne Bar Lev, sur le canal de Suez, à n’être pas tombé aux mains des forces égyptiennes lors de leur assaut, durant la guerre du Kippour, d’octobre 1973.L’officier était monté seul à Jérusalem pour exiger des comptes des dirigeants de l'époque, au nom des soldats tombés dans la guerre.C’était en février 1974.Le capitaine Ashkénazy demandait la démission du cabinet Golda Meir et du général Moshe Dayan, ministre de la Défense.Au bout de quelques jours, il avait été rejoint par des milliers de personnes.Trois mois plus tard, le cabinet Meir tombait.Benjamin Nétanyahou a vite compris l’impact médiatique de cette «mère courage» LE DEVOIR.LE MARDI 15 JUILLET 2003 LE DEVOIR LE MONDE La bataille du sida n’est pas gagnée, rappelle Nelson Mandela BRIGITTE CASTELNAU AGENCE FRANCE-PRESSE Paris — L'émotion était perceptible.hier à Paris, quand l’ancien président sud-africain Nelson Mandela est venu rappeler à la conférence internationale sur le sida, le désespoir des pays en développement toujours privés d’accès aux traitements anti-sida, tandis que les chercheurs rappelaient que la bataille n’était pas non plus gagnée dans les pays développés.«Nous avons affaire à la plus grande crise sanitaire de l’histoire de l’humanité», a souligné Nelson Mandela.Toujours aussi charismatique, l’ancien président, qui vient d’avoir 85 ans, a critiqué le fait que les traitements antiviraux restent financièrement inaccessibles aux déshérités.Une «réalité choquante» et une «injustice» que l’on ne peut pas faire semblant d’ignorer, a-t-il souligné à la deuxième conférence scientifique de l’IAS (Société internationale du sida), qui réunit plus de 5000 médecins et chercheurs jusqu'à mercredi.«Nous, le peuple Africain, suivrons avec grand intérêt», la concrétisation des engagements pris par le président américain George W.Bush, qui s’est engagé à consacrer 15 milliards de dollars sur cinq ans pour combattre le sida en Afrique et dans les Caraïbes.«Compte tenu de la taille de sa population et de son économie, la contribution de l’Europe devrait au moins atteindre sinon dépasser celle des États-Unis», a souhaité M.Mandela.Alors qu’il venait de terminer son discours, des manifestants sont intervenus pour un meilleur financement des traitements contre le sida dans les pays pauvres.Pancartes et banderoles déployées jusque sur la tribune dénonçaient «les mensonges des donateurs» et réclamaient «un traitement sont les 10 milliards?», référence aux 10 milliards de dollars par an dont on aurait besoin pour lutter efficacement contre la pandémie.Nelson Mandela, resté à la tribune pendant que les manifestants scandaient leurs slogans, a souri, puis applaudi en lisant le texte des banderoles, repris en choeur par la salle.«Nous en savons probablement plus maintenant sur la pathogénèse du VIH que sur celle d’aucune autre maladie virale, a souligné le professeur américain Anthony Fauci, directeur du National Institute of Allergy and Infectious Diseases.Mais cette connaissance comporte encore des lacunes et il reste encore beaucoup plus à apprendre dans la décennie à venir.» «Il a une extraordinaire capacité à muter», a-t-il rappelé.Le virus, qui réussit ainsi à contourner les défenses immunitaires de l’organisme, trouve également des parades aux traitements et constitue un casse-tête pour la mise au point d’un vaccin eja préventif.Les «résistances» du virus, qui finissent par rendre inopérants les traitements, sont une des grandes préoccupations des cliniciens.D’où le besoin de trouver de nouvelles cibles pour l’attaquer.Une série de nouvelles molécules visent à empêcher l’entrée du virus dans les cellules.Parmi ces «inhibiteurs d’entrée», on trouve des inhibiteurs du CCR5 (un récepteur qui se trouve à la surface des cellules et une des clés d’entrée du virus) dont le gros avantage serait de pouvoir être pris par la bouche, selon le P Jean-François Delffaissy (hôpital Bicêtre, Paris).Ce qui n’est pas le cas d’une autre moléculé, le T-20/Fuzeon, premier «inhibiteur de fusion», mais qui semble constituer une solution de rechange pour un certain nombre de patients en échec de traitements.Aucun des traitements disponibles ne guérit du sida, faute de pouvoir éradiquer pour les six millions [de sidéens], où le virus de l’organisme.Double victoire pour Yasser Arafat Londres refuse d'isoler le président de l’Autorité palestinienne, qui se réconcilie avec son premier ministre, Mahmoud Abbas AGENCE FRANCE-PRESSE Ramallah et Londres — Yasser Arafat et son premier ministre Mahmoud Abbas ont réglé leur différend hier à la suite d'une rencontre, alors qu’à Londres l’appel du premier ministre israélien Ariel Sharon à isoler le dirigeant palestinien se heurtait à un refus.«Le président Arafat et Mahmoud Abbas ont réglé durant leur rencontre leur différend en adoptant une formule sur la manière et les moyens de gérer les futures négociations [avec Israël], ainsi que sur les affaires de sécurité», a affirmé à l'AFP un responsable palestinien qui a demandé l'anonymat.Sans donner de précision sur cette «formule», il a indiqué qu’elle devrait permettre d'éviter l'apparition de «dispute à l’avenir».Concernant la répartition des pouvoirs, il a affirmé que le premier ministre conservait «sans changement les prérogatives définies par la loi fondamentale palestinienne».Au terme de réformes au sein de l'Autorité palestinienne, le poste de premier ministre avait été créé en mars.Le chef du gouvernement se chargeait de la conduite des affaires internes, alors que M.Arafat conservait la haute main sur la sécurité nationale et les affaires étrangères, notamment les négociations avec Israël.MM.Arafat et Abbas se sont rencontrés au QG du dirigeant palestinien à Ramallah (Cisjordanie) pour la première fois depuis le 7 juillet.Ce jour-là, le comité central de leur mouvement, le Fatah, avait tenu ime réunion houleuse présidée par M.Arafat, durant laquelle le premier ministre a été critiqué pour sa politique à l’égard d'Israël, notamment la manière dont il mène les discussions sur la liberation des pri-sonniers palestiniens.M.Abbas avait été accusé d'être trop conciliant.Les Palestiniens réclament la libération des quelque 6000 détenus, mais le gouverne-ment israélien n'a donné son accord de principe qpe pour relâcher 350 d’entre eux.A l’issue de cette réunion, M.Abbas a présenté sa démission du Comité central, qui l'a refusée.11 a également menacé de renoncer à ses fonctions de chef du gouvernement A Londres, où il effectue sa première visite officielle, M.Sharon a vainement tenté de convaincre le chef de la diplomatie britannique Jack Straw d’isoler le président de l'Autorité palestinienne, considéré par Israël comme un obstacle à la paix.La Grande-Bretagne continuera de traiter avec M.Arafat, leader palestinien démocratiquement élu, tant qu’elle le jugera «utile», a indiqué un responsable britannique.Un haut responsable israélien qui accompagne M.Sharon avait fait valoir qu’une éventuelle démission de M.Abbas de son poste remettrait en cause la «feuille de route», plan de paix international visant à résoudre le conflit israélo-palestinien.MM.Sharon et Abbas doivent cependant se retrouver «dimanche ou lundi» prochain pour une nouvel- REUTERS Ariel Sharon était hier en visite officielle auprès de Tony Blair.le rencontre à Jérusalem, avait indiqué ce responsable.«Leproblème [des prisonniers] est dans l’impasse et nécessite une intervention internationale pour contraindre Israël à changer de position».a pour sa part déclaré le ministre palestinien chargé des prisonniers Hicham Abdel Razzaq, lors d'im sit-in de solidarité avec- les détenus tenu au siège du Comité international de la Croix Rouge (QCR) à Gaza.A Belfast, une association de soutien aux Palestiniens a affirmé que les forces israéliennes auraient arrê- té par erreur un pacifiste irlandais en raison d’une confusion homony-mique avec un membre présumé de TIRA véritable.Enfin, le chef du Fatah en Cisjordanie Marwan Barghouthi a accusé, lors de son procès à Tel-Aviv, les Israéliens de vouloir le tuer.«Je suis isolé dans une cellule infestée de cancrelats.Ils [kw Israéliens] veulent me tuer.Je n ai pas vu ma famille et mes enfants depuis quinze mois, sous prétexte que cela nuit à la sécurité de l’État» d’Israël, a-t-il affirmé en refusant de comparaître à fa barre ou de citer des témoins pour sa défense.r Les Etats-Unis joueront au Liberia un «rôle limité» AGENCE FRANCE-PRESSE Washington — Le président George W.Bush a indiqué hier qu’il était ouvert au déploiement de forces américaines pour un rôle «limité» de stabilisation au Liberia, tout en rappelant que le départ du président libérien Charles Taylor était une condition préliminaire à un tel déploiement Le fait d’aider lp Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CE-DEAO) à renforcer le cessez-le-feu au Liberia «peut requérir l’envoi de troupes.Nous ne savons pas encore combien», a déclaré le président américain au cours d'une rencontre à Washington avec le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan.«Toute implication serait limitée en volume et dans le temps.Notre travail serait de faciliter la présence de la CE-DÉAO qui serait ensuite transformée en une opération de maintien de la paix de l’ONU», a-t-il dit.La semaine dernière, la CE-DEAO a annoncé avoir décidé d’envoyer au Liberia un premier groupe de 1000 à 15(H) militaires dans les deux semaines dans le cadre d’une force de maintien de la pane, tandis que Washington renâclait à s’engager dans ce pays ouest-africain.Kofi Aman a pour sa part précisé les grands lignes d’un plan pour le déploiement de forces de fa CEDEAO, après le départ de Charles Taylor et avec le soutien d’un contingent américain.Ultérieurement, selon le secrétaire général, les forces américaines partiront et l’ONU prendra en charge l’opération de maintien de fa pane.14 juillet à l’Élysée Garden-party sous le signe l’Afrique et des jeunes créatt Pas de soldats indiens en Irak ÉMILE P I C Y REUTERS Paris — Jacques Chirac a placé sa neuvième garden-party du 14 juillet à l’Elysée sous le signe des jeunes créateurs mais aussi, et surtout, de l’Afrique avec la présence du sud-africain Nelson Mandela.C’est sous les applaudissements que le président français et son épouse accompagnés par l’ancien président d’Afrique du Sud et Prix Nobel de la paix sont venus un instpnt sur les marches du palais de l'Elysée, face au parc, saluer les quelque 6000 invités qui les attendaient Mouvement des intermittents oblige, Jacques Chirac s’est montré attentif aux jeunes créateurs invités à la garden-party, pour la plupart intimidés d’être dans un lieu si solennel.Une intermittente Cela n’a pas empêché le ministre de la Culture, Jean-Jacques Allagon, d’être pris à partie par une intermittente du spectacle.Le ton est vite monté.«Vous racontez n’importe quoi», a lancé le ministre excédé.«Arrêtez de dire ça, vous n 'avez pas conscience de notre situation», a répliqué l'intermittente.Le ministre délégué au Budget est venu le tirer de ce mauvais pas.«Jean-Jacques, d'autres Français t'attendent», lui a dit Alain Lambert en l'entraînant plus loin, tandis que la jeune femme poursuivait ses critiques à l'égard du nouveau statut des intermittents.C’est cependant incontestablement l'ancien président sud-africain Nelson Mandela, à Paris pour plaider pour une aide accrue en faveur de la lutte contre le sida en Afrique, qui a été la vedette de cette réception.«Nous avons milité ensemble depuis longtemps», a déclaré le président français en rappelant leur combat commun contre le sida en Afrique, tandis que le champion de la lutte contre l’apartheid faisait signe à Abdou Diouf, ancien président du Sénégal et aujourd'hui président de la francophonie, de les rejoindre.«Je suis très heureux d'être là au- New Delhi (Reuters) — L’Inde a fait savoir hier qu’elle n’enverrait pas de troupes de maintien de la paix ,en Irak malgré une demande des Etats-Unis en ce sens.Cette décision était attendue après l’échec du gouvernement de coalition du premier ministre Atal Behari Vajpayee à obtenir un consensus en Inde sur l’envoi de troupes en territoire irakien.New Delhi s’était opposé avec vigueur à l’intervention d’une coalition militaire sous com- mandement américain contre le régime de Saddam Hussein.«S’il y avait un mandat explicite de l’ONU à cet effet, le gouvernement indien pourrait envisager de déployer des soldats en Irak», a déclaré le ministre des Afaires étrangères Yashwant Sinha, au sortir d’une réunion de deux heures de la commission de sécurité du gouvernement Le chef de la diplomatie a cependant ajouté que l'Inde était prête à participer à fa réhabilitation des infrastructures.Jacques Chirac a participé au traditionnel défilé sur les Champs-Élysées.MAL LANGSDON REUTERS jourd’hui, jour anniversaire de la Bastille, avec mon ami Jacques», a dit Nelson Mandela.«Sur bien des sujets nous avons pensé de façon identique», a-t-il poursuivi, profitant de l’occasion pour saluer la position de la France sur l’Irak et condamner les pays «qui agissent en dehors des Nations unies».Canicule Après le traditionnel défilé militaire sur les Champs-Élysées et sa non moins traditionnelle intervention télévisée, le chef de l’État avait reçu pendant une heure l’ancien président sud-africain.Plusieurs ministres étaient à la garden-party, ainsi que des députés et sénateurs, des représentants des grands corps, des formations politiques ou des syndicats.Le député communiste Maxime Gremetz, présent pour la première fois, allait de stands en stands, rencontrant le député UMP Pierre Méhaignerie, président de la commission des Finances, avant de converser pendant une dizaine de minutes avec François Fillon, le ministre des Afaires sociales.Pendant plus de trois semaines, François Fillon a dû faire face à l’Assemblée aux attaques de l’élu communiste lors du débat sur la réforme des retraites.Ernest-Antoine Seillière, président du MEDEF, conversait, un peu plus loin.En plein soleil, un groupe de députés UMP s’étaient regroupés parmi lesquels Jean Tiberi, l'ancien maire de la capitale.Le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, accompagné de son épouse Cécilia, jouait les célébrités, signant ici un autographe, là se laissant photographier avec un invité, serrant de nombreuses poignées de main.Les militaires de toutes armes étaient nombreux sur la pelouse du Palais de l’Élysée, certains couverts de médailles gagnées sur les champs d’opération.En cette période de canicule.les invités s’agglutinaient à l’ombre des marronniers du parc avant de tenter une «percée» vers les différents buffets proposant des produits régionaux et, surtout des boissons fraîches.Le kiosque à glace a été pris d’assaut Pendant ce temps, un «pique-nique géant», sorte de garden-party «alternative», se » tenait sur les pelouses du Champs de Mars à l’appel de l’association mouvement altermondialiste AT- ATTAr TAC pour réclamer la AI I AC libération du dirigeant syndicaliste agricole a tenu un José Bové, qui purge ., une peine de dix mois pique-nique pour la destruction de plants de riz transgé-alternatif nique expérimental.Jacques Chirac n’a accordé qu’une amnistie partielle de deux mois au porte-parole de la Confédération paysanne, décision qu’il a justifiée dans son intervention télévisée en affirmant que José Bové était un Français «comme les autres».LUDIQUE, TONIQUE, TECHNIQUE : LE NOUVEAU PROGRAMME DE 3* ET 4* ANNÉES DE L’ÉCOLE NATIONALE DE BALLET CONTEMPORAIN n ,VjÈ L'École S' propose, dès septembre e 2003, un programme danse-études de 3’ et 4' années du primaire.Académique le matin, chorégraphique l'après-midi, à raison de douze heures de danse par semaine, ce programme est dispensé en collaboration avec l’École Saint-Joseph.Par des classes d’initiation à la technique classique, de gymnastique rythmique synchronisée, de folklore et de caractère, ce programme développera le goût, le plaisir, et les aptitudes physiques de danseurs et danseuses en herbe.Places limitées.Pour informations et inscriptions : Madame Louise Maurice T : (514) 849-4929 - F : (514) 849-6107 lmaurice

enbc.org École nationale de ballet contemporain 4816, rue Rivard ÉCOLE Montréal (Québec) NATIONALE DE Métro Laurier BALLEF CONTEMPORAIN LE DEVOIR, LE MARDI 15 JUILLET 2 0 03 ÉDITORIAL De l’humour très britannique Il y a de l’eau dans le gaz.Entre Washington et Londres, entre notables de l’administration Bush, entre princes travaillistes, l’unanimisme a laissé place à l’aigreur.Des accusations sont formulées qui débouchent immanquablement sur la faculté de Bush et de Blair de juger à bon escient Et tout cela parce que les services secrets d’un pays tiers auraient assuré que le Niger et l’Irak faisaient bon ménage.c Serge Truffaut ?heure du bouc émissaire a sonné.Des deux côtés de l’Atlantique, on se livre à un jeu qui se conclura immanquablement dans le fracas.Le premier qui pourrait lourdement écoper de la supposée acquisition d’uranium nigérien par l’Irak est nul autre que George Tenet grand patron de la CIA.Depuis une semaine, il est sur la sellette ou plus exactement sur un siège éjectable.Dans les couloirs du Congrès américain, les paris sont ouverts sur le nombre de mois ou de semaines qui lui restent avant que le président Bush ne commande sa démission.Certains vont jusqu’à prédire que ce sera cet automne, Bush ne voulant pas que cette histoire l’embarrasse pendant la prochaine campagne présidentielle.Tout a commencé par cette admission de la Maison-Blanche que la mention d’uranium nigérien dans le discours de l’Union aurait dû être biffée.Par qui?Par la CIA lorsque celle-ci a révisé le brouillon de l’exposé en question qui, il n’est pas inutile de le rappeler, s’avère le plus important discours de l’année de tout président.Dans les jours qui ont suivi cet aveu, Tenet, en bon soldat, a fait un mea maxima culpa qui au fond ne fait qu’ajouter à l’imbroglio qui entoure toute cette affaire.Comment se fait-il en effet que la CIA n’ait pas gommé ce qu’elle avait précédemment gommé, soit lors du discours de Bush à Cincinnati?Parce que.Si l’on en croit les recherches de plus d’un journaliste, la première version du fameux discours de l’Union évoquait l’achat de l’uranium sans que la référence aux services britanniques ne soit explicite.Jusqu’alors la CIA campait sur les conclusions d’une enquête effectuée, à la demande du vice-président Dick Cheney, par un diplomate de carrière qui affirmait que les bases de cette histoire étaient fausses.La CIA campait làdessus, car cette enquête corroborait ses propres enquêtes.Alors pourquoi diable Tenet at-il laissé faire?Parce que la Maison-Blanche a fini par rédiger le propos comme suit «Le gouvernement britannique a appris que Saddam Hussein a récemment cherché d’importantes quantités d’uranium en Afrique.» C’est ainsi que Tenet a cédé même s’il était effectivement de sa responsabilité d’insister, puisque sa conviction était contraire, pour que cet extrait soit effacé.Aujourd’hui, il est dans de beaux draps ainsi d’ailleurs que le président Bush.Sur ce sujet d’une extrême importance, car il fut le seul avancé comme preuve que l’Irak travaillait à la fabrication d’armes nucléaires, Bush apparaît comme un chef d’État s’étant appuyé sur les services d’un pays étranger.Les ténors démocrates n’ont d’ailleurs pas manqué l’occasion qui leur a été offerte de souligner l’irresponsabilité de Bush en la matière.D’autant que moins de quinze jours après lui, le secrétaire d’Etat Colin PoweÜ fut appelé à son tour à prononcer un discours capital pour la suite du dossier irakien.On pense au Conseil de sécurité de l’ONU.Devant les membres de ce dernier, Powell s’est bien gardé de reprendre le fait relaté par son patron.Lors d’un entretien accordé ces jours-ci, Powell a confié que sa certitude que tout était faux l’a évidemment convaincu de ne pas mentionner la chose malgré les insistances émanant du chef de cabinet de Cheney.CQFD: Powell vient de s’inscrire en faux contre son patron.La somme des quiproquos s’annonçant exponentielle, les Britanniques à l’origine du premier d’entre eux ont trouvé une parade pour s’extraire de ce guêpier.Tout cela est la faute, selon ce qu’a laissé tomber le 10 Downing Street, des services de renseignements italien et., français! Lorsqu’on sait combien la France s’est opposée à tout acte guerrier tant et aussi longtemps que les inspecteurs de l’ONU n’auraient pas trouvé les preuves d’armes, la dernière trouvaille de l’entourage de Blair laisse pantois.A moins que cela ne relève de cet humour tout britannique.Au fond, peut-être bien que ces mots articulés en son temps par Georges Clémenceau à l’endroit du premier ministre britannique de l’époque, Lloyd George, sont aujourd'hui de mise: «Monsieur le premier ministre, vous me mettez dans l’obligation de vous rappeler que décidément l’Angleterre est une ancienne colonie française qui a mal tourné.» LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, JEAN-FRANÇOIS NADEAU.LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE &£Votrl CouVPohc Tqhh, Aî-Tu W5 PRo&U/kK XMoNTuKC?REPRISE DU 14 MARS 2003 Se libérer des contestations D était temps! Le Québec a rejoint une communauté internationale qu’il avait toujours, jusqu’ici, regardée avec condescendance.Nous connaissons maintenant, par expérience et en direct, ce que les habitants des bidonvilles du monde connaissent depuis des lustres, c’est-à-dire l’expulsion forcée d’un quartier pauvre et la démolition des maisons par les bulldozers sous l’œil, aussi attentif que désintéressé, des forces policières.Guindon-ville rimait trop avec Bidonville pour être toléré encore longtemps.Presque à la même heure et quelques dizaines de kilomètres plus au sud, le Québec rejoignait les rangs des pays d’Amérique latine où les parcs sont rapidement et proprement nettoyés par des équipes spécialisées dans la chose.La seule différence, c’est qu’en Colombie, la nuit, on utilise des patrouilles militaires ou paramilitaires pour le nettoyage: enfin peu importe, au petit matin, rien ne transparaît plus du désordre de la veille et le parc est revenu à ses véritables propriétaires, les chiens errants et autres sans-abris rejetés par la société moderne.Le nouveau mot d’ordre du pouvoir est désormais: «Vive un Québec libre de contestations»! Bernard Vian Saint-Jérôme, juillet 2003 Les sept vaches de Saint-Benoît-Labre On pourrait s’attendre à ce que des vaches pmssent être responsables d’une tempête dans un verre de lait mais non dans un verre d’eau! C’est pourtant bien le cas si l’on s’en tient à l’histoire de l’approvisionnement en eau de Saint-Benoît-Labre, rapportée dans Le Devoir du 27 juin (Sept vaches ferment le puits d’un village beauceron).Selon Le Devoir, cette municipalité est alimentée en eau potable depuis plusieurs années par la ville de Saint-Georges, mais elle a fait des démarches pour devenir autonome sous cet aspect en construisant son propre puits.Mais voilà que la méchante CPTA • a mis des bâtons dans les roues, ce qui amène LETTRES -?- le maire à crier haro sur cet organisme qui, selon lui «a décidé de protéger quelques vaches».Compte tenu du rôle de la CPTA et des nouvelles normes du ministère de l’Environnement, lesquelles ont été relevées après que ce ministère eut été impliqué dans certains problèmes en milieu agricole, c’est chercher la misère que de vouloir faire cohabiter les vaches et les équipements souterrains d’eau potable.Quelques vaches si l’on veut, mais ces dernières produisent du fumier qui séjourne longtemps sur le sol et qui risque de contaminer la nappe d’eau si des mesures de prévention appropriées ne sont adoptées.La municipalité de Saint-Benoît-Labre, dont la population approche 1600 personnes, est déjà desservie en eau potable, traitée en usine de filtration, par la ville de Saint-Georges qui, elle, regroupe environ 29 000 habitants.Rien ne dit que cela ne pourrait continuer.Imaginez une fusion des deux municipalités et vous pouvez être assurés que le projet de construction d’un puits chez les vaches serait vite oublié.À vouloir jouer les irréductibles comme Astérix et ses Gaulois, on en vient à faire une tempête dans un verre d’eau.Jean-Marie Desgagné Québec, le 30 juin 2W3 Le courage de Martin Cauchon Dans plusieurs milieux, on dit que le ministre fédéral Martin Cauchon et le gouvernement Chrétien font preuve de courage en voulant légaliser le mariage homosexuel.J’avoue ne voir rien de courageux dans cette décision, à moins de croire que suivre le courant populaire dominant, c’est faire part d’une telle vertu.J’ai toujours pensé qu’aller à contre-courant, pratiquer la dissidence, voilà souvent des manifestations d’un certain courage.Pour moi, le mariage doit demeurer une institution réservée aux couples hétérosexuels.Cette prise de position me permettra d’être qualifié par certains de conservateur, réactionnaire, fondamentaliste, papiste, homophobe et j’en passe.Je ne suis pas dans le vent, cool et les médias ne m’aimeront pas.Je m’en fiche éperdument Je ne suis pas courageux.J’écris seulement dans un quasi désert.Michel Le bel Entrelacs, le 18 juin 2003 Les méfaits du recyclage Depuis bon nombre d’années, je suis un fervent adepte du recyclage.J’y participe activement et j’essaie de conscientiser les gens dans mon entourage à en faire autant.Mais je me demande sérieusement si je n’ai pas fait plus de mal que de bien.Pourquoi me direz-vous ?C’est pourtant une activité noble que celle de la protection de l’environnement non?Je suis totalement d’accord avec vous.Mais à voir la façon dont les gens se débarrassent de ce devoir de citoyen (car s’en est bien un), ça me déçoit et me frustre.La journée la plus polluante à Montréal est sûrement la journée du ramassage des matières recyclables.Le Québécois moyen n’en a que faire de l’environnement Pour lui, sa responsabilité s’arrête dès que sa bouteille ou son morceau de carton atterri dans le bac vert, sans même qu’il se questionne si du polystyrène ou un vieux pot de moutarde à moitié plein se recyclent who cares! il a la conscience tranquille.Au jour J, il met son bac vert chancelant et débordant à côté de la poubelle et part pour le travaiL À son retour, le bac est vide, mais ce phénomène prodigieux ne s’est pas accompli de la façon qu’il croit au moins, la moitié de son polystyrène et de ses journaux se sont envolés avec le vent et le peu qui a été ramassé est constitué d’une large part de déchets qui atterriront espérons-le, dans les poubelles.Je ne pense pas qu’avec toute l’énergie et l’argent qu’on déploie à cette cause, ce genre de comportement soit bénéfique, que ce soit économiquement ou écologiquement.Est-ce pourtant vraiment compliqué de s’informer sur les matériaux qui sont réellement recyclables et de les mettre dans la rue consciencieusement?Cette fois-ci, c’est à vous de me répondre.Pascal Champagne Montréal, le 7 juillet 2003 LIBRE OPINION -?- L’universalité des services de garde pour l’égalité des chances CLAUDETTE CARBONNEAU Présidente de la CSN LOUIS ROY Premier vice-président de la CSN Le 4 juillet dernier.MM.Breton, Boucher et Migué* publiaient dans les pages du Devoir un violent réquisitoire contre l’universalité des services de garde.Loin de nous l’idée de monter aux barricades pour cause de délit d’opinion.Là où il faut s’insurger cependant, c’est lorsque des intellectuels, qui revendiquent le droit de se livrer à de l’analyse, pervertissent la réalité pour asseoir leurs conclusions.Le mérite du retour aux faits À les lire, les tenants de l’universalité, dont se réclame la ÇSN, seraient de dangereux idéologues du «tout à l’Etat», qui pourfendraient le secteur privé, fut-il sans but lucratif.Mettons ces messieurs au défi de nommer une seule garderie d’Etat dans le secteur de la petite enfance.D n’y en a aucune au Québec.Les services de garde que nous défendons avec beaucoup d’autres groupes, c’est l’approche des centres de la petite enfance (CPE) tels qu’ils se développent depuis leur création en 1997.H s’agit aujourd’hui de près d’un millier de petites corporations privées sans but lucratif, gérées par une majorité de parents élus par l’assemblée des parents utilisateurs.Loin d’être des gardes rouges recyclés, il s’agit plutôt de citoyennes et de citoyens, au sens noble du terme, et de salariées qui ont à cœur de s’impliquer dans la gestion et l’administration de ces CPE et de s’investir au quotidien pour offrir à nos enfants un service éducatif de qualité.Là ne s’arrête pas la liste des élucubrations.Ainsi en est-il de ce vieil épouvantail essoufflé, qu’ils brandissent une fois de plus, des prétendus intérêts corporatistes des travailleuses et des travailleurs en CPE découlant d’un virtuel monopole syndical, dans un secteur d’activité où le taux de syndicalisation est inférieur à la moyenne québécoise.L’idéologie dont se réclament ces messieurs réserve généralement ce type d’accusations fourre-tout aux employé-es du secteur public dont les salariées des CPE ne font pas partie.Enfin, comment expliquer qu’à chaque rentrée, des milliers de parents réclament plus de places pour que leurs enfants soient admis dans des services de garde qui les pénaliseraient financferement’’ C’est peut-être que la bêtise n’est pas dans le camp où certains voudraient qu’elle loge.Assez sur les nécessaires coups de plumeau pour tasser ou dénoncer les grossièretés qui tentent de déformer notre position.Allons maintenant sur le fond des choses.L’universalité d’un service ne peut se justifier par la seule volonté de faire échec à la pauvreté.Il est cependant indéniable que les personnes les plus vulnérables trouvent là un puissant levier d’affranchissement Tant mieux Ce qui, depuis plus de 30 ans.motive la CSN à revendiquer l’iiniversalité d’accès aux services de garde, c’est cette volonté d’offrir à l’enfance un service qui favorise l’égalité des chances, un service qui stimule le développement du plein potentiel des en- fants.Ce que nous voulons pour tous les enfants du Québec, c’est ce coup de pouce dès le jeune âge pour toutes et tous, sans distinction sociale — y compris les enfants uniques, ceux des familles immigrantes, ceux qui accusent des retards d’apprentissage, tant en zone urbaine que semi-urbaine ou rurale.On peut bien nous opposer une obscure étude américaine qui décrit les effets négatifs des services de garde.Encore faudrait-il pouvoir nous renseigner sur les types de services qui ont été analysés.Aux Etats-Unis, le meilleur côtoie le pire.Dans le champ des comparables, rappelons que le programme «High scope», qui a inspiré l’approche pédagogique retenue dans les CPE, a été soumis à de nombreuses études.Les résultats sont plus que probants sur le plan de l’initiative, de la socialisation, du développement intellectuel et moteur, de la capacité d’écoute, du langage, de la concentration, pour ne mentionner que quelques facteurs étudiés.Au Québec, pour consolider encore davantage cette qualité de l’approche pédagogique et administrative auprès des jeunes enfants, il est exigé dans les OSBL que les deux tiers du personnel répondent à des critères formels de formation.D’abord au service des privilégié-es ?Encore là, le meilleur antidote à la démagogie s’avère être le retour aux faits.Les CLSC ont des protocoles d’entente avec les CPE pour y référer les enfants en difficulté, gratuitement s’il vous plaît De plus, une simple visite du site Internet du gouvernement permet de recenser les services de garde à 5 $.D s’avère qu’ils sont au nombre de dnq et de sue dans les très homogènes quartiers montréalais de Mont-Royal et de Westmount, par opposition à 13 dans Hochelaga-Maisonneuve, 19 à Rosemont et 23 dans Villeray.À l’échelle du Québec, ces services sont très largement utilisés par la classe moyenne, qui a le mérite de les soutenir par ses impôts.Ce faisant elle devient garante d’un service de qualité offert à toutes et à tous.Les CPE sont nés d’initiatives citoyennes et populaires, et demeurent fidèles à leurs origines.Et il faut s’en réjouir._ La CSN sera de la consultation publique du mois d’août prochain.Nous y serons pour faire valoir d’indispensables améliorations au régime actuel — par exemple des modifications aux règles fiscales qui permettent au fédéral de sauver des dizaines de millions de_dollars en contributions aux CPE du Québec.Mais la CSN y sera d’abord et avant tout pour y défendre cet iiremplaçable levier de développement humain et de justice sociale que sont les services de garde.Elle y défendra aussi les services de garde en milieu scolaire pour éviter le retour des enfants «clef au cou».La CSN n’a pas de leçon de solidarité sociale à recevoir de qui ose invoquer la discrimination pour refuser de payer pour les familles avec enfant(s), de qui prône, en termes à peine voilés, le retour des mères à la maison.Les enfants du Québec méritent mieux que cela.C’est ce que nous ferons valoir.‘Le Devoir rappelle que le texte auquel il est fait référence comportait par erreur la signature de M.Richard Marceau de l’Ecole nationale d’administration publique.Il a donc, au final, bel et bien trois auteurs. IDEES Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme sera la contribution du Canada?MIKE HUTCHINGS REUTERS Nompumelelo Nyawo, huit ans, est orphelin.Ses parents ont tous deux succombé au sida.Dans s, petite province d’Afrique du Sud, ils sont des milliers d’enfants à partager le même triste sort.Quelle MYRNA CHAHINE Enseignante en philosophie, cégep Marie-Victorin emain se tient à Paris une très importante réunion des donateurs du GFATM, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme.Notre premier ministre, M.Jean Chrétien, y sera-t-il?Ce dernier, qui pour le moment ne brille malheureusement que par sa perpétuité, brillera-t-il aussi à Pa ris.Ville lumière, en prenant cette fois l’engagement ferme de verser des sommes plus substantielles et plus significatives que lors de sa déclaration d'Okinawa en 2000?Je pose cette question car le Canada peut jouer un rôle important et déterminant dans la lutte que doivent poursuivre de concert tous les pays du G8 qui ont été à l'origine de la création du GFATM.Ces derniers, et le Canada en particulier, se déroberont-ils à leurs engagements qui consistaient à réduire de 25 % le nombre de jeunes infectés par le virus du VIH, de moitié le taux de prévalence de la tuberculose et de mortalité due à cette maladie, de moitié les infections de paludisme?S’agissait-il de vœux pieux?Sur les 7 à 10 milliards §US de nouveaux fonds qui devaient être injectés chaque aimée, seulement près de deux milliards seront versés, et encore, ces versements sont répartis sur un certain nombre d’années accusant une mauvaise foi manifeste de la part de nos dirigeants et provoquant l’anémie certaine du GFATM.Il s’agit là en fait du moyen le plus efficace de rendre presque caduques les efforts herculéens que nous devrions plutôt déployer afin de ne pas permettre ce génocide dont est responsable un trop mol engagement politique et financier.Chaque année, le paludisme — ou malaria — fauche la vie de 2,7 millions de personnes et cause de 300 à 500 millions de cas cliniques.Selon Jeffrey Sachs, économiste de l’université Columbia, il s’agit «du plus grand décideur de richesse ou de pauvreté en Afrique».D me semble encore entendre résonner la voix de M.Chrétien qui scandait à l’issue du sommet de Kanasakis en 2002: «Nous voulons aider l’Afrique.» Investir dans le Fonds (FGATM), donner un mandat clair aux fonctionnaires qui nous représenteront à Paris le 16 juillet prochain, annoncer que le Canada assumera sa part de responsabilité financière dans cette lutte humanitaire, voilà quelles me semblent être, à court terme, les actions que devrait poser le Canada pour venir en aide, comme le souhaitait M.Chrétien, à l’Afrique.Lors des trois dernières années, le nombre d’en-fants en bas de 15 ans atteints par l’infection du VIH a presque triplé.La tuberculose, quant à elle, continue de tuer par millions, sans parler de la menace persistante d’expansion de la forme pharmaco-résistante de la tuberculose.Près de 1 % de la population mondiale est infectée par le virus de la tuberculose chaque année.Ces maladies font des ravages autrement plus dévastateurs dans les pays pauvres où les traitements sont moins accessibles, où les médicaments sont hors de prix, où l’accès aux soins de santé relève du privilège des bien nantis plutôt que du droit des individus à être soigné sans égards pour leur statut social Injecter de l’argent dans le GFATM doit être accompagné d’un appui ferme et constamment renouvelé aux accords de Doha dont le respect doit prévaloir sur celui des intérêts pécuniaires des grandes compagnies pharmaceutiques.Il faut donc qu’un changement dans les règles commerciales s’opère afin que les sommes versées au Fonds n’aillent pas alourdir les poches déjà suffisamment remplies des corporations pharmaceutiques américaines et européennes.C’est qu’il y a lieu de se scandaliser des pratiques actuelles, sachant qu’il peut en coûter 1500 $US par année pour traiter un malade atteint du sida avec des médicaments brevetés, mais cinq fois moins pour le traiter avec des médicaments génériques.En somme, multiples sont les actions et les pressions que peut exercer avec efficacité le Canada.Et le plus important serait qu’il ne contribue pas à l’ago- nie du FGATM par des contributions symboliques à l’instar de certains autres pays riches, comme le soulignait dans son discours du 28 mai dernier, Stephen Lewis, l’envoyé spécial des Nations unies en Afrique.En effet, en 2000, les 25 millions $US promis par M.Chrétien représentaient, proportionnellement, un des plus petits montants avancés par les pays développés.C’est un bien petit versement pour la grande sortie que fera prochainement le premier ministre du «plus beau pays au monde».Nous vous demandons donc, M.Chrétien, de ne pas réduire la rencontre du 16 juillet à une randonnée touristique parisienne mais de l’élever au rang des événements importants auxquels le Canada sait donner une noblesse particulière lorsqu’il affirme ses valeurs humanitaires et son engagement concret dans la lutte contre la pauvreté et le sort lamentable et injuste des plus démunis de notre monde.Rêves et tristes réalités Les petites bibliothèques décapitées Chacune d'elles pourrait être un «catalyseur d'énergie» pour le quartier, pour la ville et pour les écoles PAULETTE VIGEANT Pédagogue et consultante Depuis des années, je rêve pour les bibliothèques de laval, de Montréal et du Québec d’un projet plus global, systémique et qui pourrait être articulé de façon organique.Dans cette vision dynamique, les bibliothèques de quartiers et les bibliothèques scolaires sont l'une des sources de vie intellectuelle, elles sont même, selon Gaston Gauthier, «lame de l'école» et aussi «lame d'un peuple».la métaphore de l'eau vive permet d’exprimer l'importance du rôle vital des «petites» bibliothèques: la goutte d'eau s’est comme transformée; elle s’est jointe à un ruisseau, puis à des rivières, au grand fleuve et même à la mer! Avant de parler de budgets, il fruit d’abord raconter quelques histoires vraies mais incroyables: des histoires de bibliothèques décapitées de leurs bibliothécaires, vidées de leurs collections, certaines fermées, d’autres affamées parce qu’il n'y a pas eu d’acquisition de livres pour alimenter la curiosité des jeunes, ni pour satisfaire leur soif d’apprendre.Où sont donc passés les budgets des bibliothèques?Seraient-ils alloués au ménage, aux réparations de portes?Ailleurs dans le béton?Une compression après l’autre Plusieurs fois dans ma carrière de pédagogue, j’ai travaillé dans des milieux éducatifs où les bibliothèques avaient un rôle important: n à la CECM dans les années 1970: la bibliothèque centrale contenait une mine d’or de documentation sur l'éducation.Nous y faisions des recherches accompagnées de bibliothécaires compétents et disponibles; les archives étaient d’une grande richesse.Puis, un jour, la menace de fermeture! Serge Coulombe, Gaston Gauthier et bien d’autres amis de la bibliothèque se lancent à son secours et ils la sauvent du naufrage.Pour quelques années seulement car, un jour, le fonds pédagogique fut dispersé; la bibliothèque de notre commission scolaire a été presque fermée.Le personnel scolaire n’avait plus qu’à chercher ailleurs.Finis les services de livraison de livres au personnel dans les écoles, finis les communiqués sur les nouveautés pédagogiques.n à l’école polyvalente Henri-Bourassa, dans les années 1970 et 1980: il y avait une grande collaboration avec la bibliothécaire, les techniciennes et les autres membres de son personnel.Mes élèves de secondaire 2, 4 et 5 ont pu être initiés à la recherche dans la bibliothèque scolaire.Quel beau choix de livres, de revues! Quel service personnalisé! Les élèves recevaient de l’aide et moi aussi; alors ils ont appris à rédiger des rapports de recherche significatifs, à développer des «compétences transversales», ils ont appris à aimer ces heures passées dans une atmosphère de paix et de découverte.Mes élèves ont même développé le goût de lire! Puis un jour, j’ai appris qu’il n’y avait plus de bibliothécaire et que les achats de livres étaient réduits au minimum, faute de budget et de personnel.n au ministère de l’Éducation, dans le bâtiment de la rue Fullum où travaillaient des éducateurs, des chercheurs, des agents de développement pédagogique: imaginez que nous avions une bibliothèque florissante et fort bien organisée! Un jour, dans les années 1980, compressions budgétaires; quand vous aurez besoin de livres, téléphonez au MÉQ à Québec (à ce moment, il n’y avait pas encore de courriel.) et les documents vous seront postés.Malgré nos protestations légitimes, les collections ont été déplacées.Que restait-il pour nous les «travailleurs du MINISTERE de l’EDUCATION»?fi me semble que c’est un mauvais rêve.Les LG2 du savoir Pour les Lavallois, pour les Montréalais, pour les jeunes et les adultes du Québec, comment ap: prendre par l’entremise des bibliothèques?Comment devenir un meilleur citoyen sur le plan personnel, local, municipal, national et mondial?Continuons avec la métaphore de l’eau vive.Dans l’ensemble des cours d’eau éducatifs de notre milieu, les bibliothèques de quartier seraient comme des «centrales hydroélectriques» qui jouent le rôle de LG2 en rap port avec le réseau des bibliothèques scolaires.Pauvres bibliothèques: plutôt à sec, du moins appauvries depuis quelques années — c’est ce que j’ai constaté et ai lu dans plusieurs rapports.Chaque bibliothèque pourrait toutefois être un «catalyseur d’énergie» pour le quartier, pour la ville et pour les écoles.Tous ces membres d’un réseau d’approvisionnement en eau vive de la connaissance peuvent enclencher un mouvement de leadership au Québec: les bibliothèques peuvent alimenter la vie communautaire et se brancher sur l’éducation à la citoyenneté en commençant par donner le goût de lire aux enfants, aux jeunes, aux adultes.Il me semble que pour exercer nos responsabilités de citoyens, nous avons à prendre le temps de lire pour nous informer, pour nous amuser, pour mieux comprendre, pour mieux délibérer et proposer des solutions.Que pouvons-nous faire pour revitaliser nos bibliothèques en péril?Pour leur redonner une croissance «normale», ou plutôt pour leur sauver la vie?A chacun de nous de trouver une solution et de la faire connaître de toute urgence à notre député.Que peut faire le gouvernement du Québec?Beaucoup par l’entremise de ses budgets, car nos bibliothèques de quartier crient «donnez-moi de l’oxygi-ne» et nos bibliothèques scolaires sont actuellement aux soins intensifs.Politique de continuité du gouvernement Charest Vers une nouvelle génération de traités avec les autochtones?MAXIME SAINT-HILAIRE Podorant, Institut de droit comparé.Université McGill; auteur d’un mémoire de maîtrise sur le sujet, déposé à l’université Laval.—.1 est rare, au Québec et au I Canada du moins, que l’importance d’une question politique puisse se mesurer à l’aune de l’espace qu’elle oc-l 1 cupe en campagne électora- le.N’empêche que la négligence des questions relatives au nécessaire aménagement de relations justes entre al-lochtones et autochtones lors de la campagne d’avril pouvait inquiéter.Or la politique autochtone du nouveau gouvernement sera vraisemblablement logée à l’enseigne de la continuité de préférence à celle de la rupture.Le gouvernement de Jean Charest a même su faire montre de hardiesse en s’engageant le 17 juin, auprès de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, à établir un conseil conjoint des élus.Québec a par ailleurs conclu, mi-mai, une entente-cadre sur des négociations administratives avec les Atikamekw de Manawan, «sans préjudice» à la négociation de leur revendication territoriale fondée sur leurs droits ancestraux.L'entente-cadre fut précédée d'une déclaration commune des parties qu’elles négocieront «dans le respect mutuel de leur identité nationale de même que de leur histoire et de leur occupation du territoire».Au sujet de cette terminologie, récurrente dans son discours et se réfé-fant indubitablement aux travaux de la Commission royale sur les peuples autochtones, le nouveau ministre délégué aux Affaires autochtones, Benoît Pelletier, a parlé de portée «philosophique».C’était à juste titre; le respect ou la re- connaissance de l’altérité qui doit orienter les rapports humains se situe bien dans ce registre.C’est justement la reconnaissance de l’identité des Innus qui avait présidé à l’«approche commune» de la négociation de leur revendication territoriale.On comprend dès lors comment M.Pelletier a pu confier dernièrement au Devoir que, dans ce dossier spécialement, il souhaitait voir son ministère s'inscrire dans la continuité.L’objectif des négociateurs à l’origine de la proposition d’entente de principe avec les Innus — qui, l’hiver dernier, faisait l’objet d’un examen en commission parlementaire à l’Assemblée nationale — était notamment celui d’en arriver à une solution de remplacement à la logique de la politique fédérale.Aiqc termes de cette dernière, l’État, dans le but de remédier à l’insécurité juridique générée par le «principe de common law des droits ancestraux», demande à la partie autochtone d’abandonner ses droits ancestraux «en échange» de droits et autres avantages clairement définis dans un traité.Le défi était de taille.Quelques juristes experts ont été appelés en renfort pour qu’on réussisse ce tour de force.Ce qui a traditionnellement été considéré comme allant de soi par l’État n’a eu de cesse d’être reçu comme un acte de mépris stupéfiant par les autochtones, qui n’ont jamais donné quelque consentement digne de ce nom à un tel procédé.Du reste faut-il savoir que la controverse s’est trop longtemps nourrie d’un quiproquo sur la nature des droits en jeu: pour les élites autochtones, la conclusion d’un traité est la meilleure manière d’en arriver à ce qu'un régime juridique autochtone et l’ordre juridique étatique se reconnaissent l’un l’autre; dans l’esprit des agents de l’État, les autochtones ne peuvent avoir pour droits spéciaux qpe ceux que le droit posé par ce même État veut bien leur octroyer.Suivant l’approche retenue par les négociateurs de la revendication des Innus, il est possible, à la faveur du pluralisme juridique défendu par les autochtones, de purger le droit étatique des droits trop mal définis qu’accorde la common law aux autochtones sans pour autant jeter le bébé avec l’eau du bain: les droits et autres avantages négociés dans le détail et consignés dans un traité deviennent les modalités d’exercice de droits ayant leur source profonde dans un «autre juridique».Il est donc possible d’établir une sécurité juridique de la coexistence, sans entreprendre d’éteindre systématiquement les droits ancestraux, qui par nature ne peuvent avoir l’État pour premier principe.Il suffit de négocier les effets que les différents ordres juridiques doivent se reconnaître les uns les autres.L’espace manque ici pour faire l’exposé des critiques, rapports, observations, etc., dont a fait l’objet la politique fédérale sur les revendications autochtones depuis ses prémices, au début des années 1970, et qui sont aussi sérieux que nombreux.La tribune ne convient pas mieux à la présentation des quelques tentatives hésitantes pour la corriger, dont celle de la recon- naissance partielle de droits ancestraux consignée à l’accord avec les Nis-ga’a de la Colombie-Britannique.Il vaut par ailleurs d’être souligné que cette lutte soutenue des autochtones contre l’extinction et pour la reconnaissance de leurs droits ancestraux dans les traités est éloquente.Un homme qui crie n’est pas un ours qui danse, selon le terme de Césaire, et on ne s’habitue pas au mépris.Axel Hon-neth, qui a succédé à Jürgen Habermas à l’Université de Francfort, en rend compte à l’aide d’une théorie des luttes sociales pour la reconnaissance.La culture est partiellement constitutive du rapport positif à soi, de l’identité, dans la mesure où elle fournit des modèles d’autoréalisation.La déconsidération d’une culture peut donc conduire celui qui y baigne à faire l’expérience du mépris.et de la souffrance morale qu’il engendre.Dans un milieu propice à la formation d’un mouvement social, il peut s’ensuivre une lutte pour la reconnaissance.Or chez certains groupes constitués en sociétés politiques tels que les minorités dites «nationales», la culture comprend une sous-culture: la culture juridique.Peut-être est-il bon de rappeler que les «Québécois» ont lutté un siècle durant, voire plus, pour la défense de leurs lois civiles.Le projet d’entente de principe avec les Innus, en proposant une solution pleinement «récognitive» des droits ancestraux à l’insécurité juridique qu’ils peuvent autrement produire, veut faire le lit d’une nouvelle génération de traités qui soit respectueuse de l’identité des autochtones.Il est raisonnable d'avoir bon espoir que le nouveau gouvernement de Québec lui donne son aval.Il est en revanche plus difficile de s’avancer au sujet de celui d’Ottawa.Un homme qui crie n’est pas un ours qui danse, selon le terme de Césaire, et on ne s’habitue pas au mépris L'ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine Ctérald Dallaire (adjoint an dirrctmr de l'information).Jeanne Corriveau.Fabien Deglfee, Marie Andrée Chouinard (f duration) ; Josée Boileau ( tditorialistr.responsable de la pane Idées), Brian Myles f/nstice et faits divers), Jean Dion, Louis-Gilles Franccrur (environnement).Benoît Munger (responsable dn site Internet), Julie Carpentier (pages éditoriales, sports), Isabelle Paré (santé), Pauline Gravel (science) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques)-, Martin Ducloa et Christine Dumazet (relerteun), Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) .h l’information culturelle Michel Bélair (responsable).JeanPierre D-gault.Stéphane Baillargeon (théâtre), Paul Cauchon (médias).Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma), Bernard Uinarche (arts visuels); h l’information économique : Gerard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), Dominique Heny, Éric Desrosiers.Claude Turcotte; h l'information internationale Claude I>vesque, Guy Taillefer, Serge Truffaul (éditorialiste); à l'information politique Hélène Buzzetti, Manon Cornellier (correspondantes parlementaires d OttauHi).Tommy Chouinard et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires d Québec), Kathleen l^évesque ; Marie-Hélène AJarie (secrétaire d la rédaction) ; l/niiae-Maudr Rioux Soticy, (ienevléve Otis-Dlonne (commis).La documentation : Gilles Pare ^directeur); Manon Derome.Serge 1 aplanie (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING.Jacqueline Avril.Jean de Billy, Gyslaine CVHé, Marlene CAté, Slavica Bogdanov, Véronique Géraud.Christiane lx*gault, Amélie Maltais, Jacques A.Nadeau, Claire Paquet.Micheline RueV-land (publicitaires) Laurence Thériault (directrice adjointe).Manon Blanchette.Sylvie Laporte.Martine Bérubé (secrétaire) IA PRODUCTION Daniel Baxinet (responsable de la production).Claudine Bédard, Mic hel Bernatche*.Philippe Borne.Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiefl, Donald Filion Olivier Zuida INFORMATIQUE.Yanick Martel (responsable) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE.IJnda Thériault (responsable service à la clientèle, distribution et tirage), Gisèle I^enard, (coordonnatrice d la promotion et â la sollicitation), MoniqueL'Heureux, lise IJK’hapelle.Rachelle Leclerc Marie-France Dalcourt.L'ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy.Germain Haeck (contrôleur), Ghislaine tafleur.Claudette Béliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier.Chantal Rochon, Danielle Roi».LA FONDATION DU DEVOIR Ri>ger Boisvert (vice-président exécutif et directeur générât) » LOBBYISTES ACTUALITES LONDRES SUITE DE LA PAGE 1 Le registre mis en place en novembre prévoyait l’enregistrement à la fois des lobbyistesconseils, soit ceux qui entreprennent des contrats de relations gouvernementales pour des tiers, et des lobbyistes d’entreprise ou d’organisation.Dans ces deux derniers cas, on considère comme lobbyistes les personnes qui consacrent au moins 20 % de leur temps à des activités de lobbying.Les lobbyistes-conseils avaient jusqu’à la fin janvier pour s’inscrire alors que les lobbyistes d’entreprise ou d’organisation devaient s’enregistrer avant la fin février.Le lobbying est défini dans la loi comme «toutes les communications orales ou écrites avec un titulaire d’une charge publique en vue d’influencer» la prise de décision notamment quant à une loi, un règlement, une nomination, à l’attribution d’un contrat, d’un permis, d’une licence.La loi prévoit non seulement l’encadrement du lobbyisme exercé auprès du gouvernement du Québec, mais aussi auprès des municipalités de plus de 10 000 habitants.Pour l’heure, 117 lobbyistes-conseils sont enregistrés, alors que 223 lobbyistes employés par des entreprises ou des organisations l'ont fait.La source consultée par Le Devoir, qui a participé à l’implantation du registre, constate que les inscriptions sont rentrées assez rapidement de la part des lobbyistes-conseils, mais que l’enregistrement est plus difficile du côté des salariés d’organisations ou d’entreprises.«La plupart des gens qui sont enregistrés, ce sont ceux qui ont le mot lobbyiste écrit sur leur carte d’affaires.Les lobbyistes circonstanciels s'embarquent moins là-dedans.» .Attendre avant de tirer des conclusions La conservatrice du registre ne s’inquiète pas du volume d’inscriptions enregistré jusqu’à maintenant.«On n’a pas une année complète de faite.Pour le temps que le registre a été en opération, ce n’est quand même pas si mal.C’est quand même une nouvelle loi.Comme n’importe quelle loi, elle doit être assimilée par ceux qui sont visés», souligne Suzanne Potvin-Plamondon.Elle estime qu'il faudra attendre après un ou deux ans de fonctionnement avant de porter un diagnostic sur le niveau d’enregistrement.D ne semble pas y avoir de vérifications, de la part des ministères et organismes qui font l’objet de lobbying, pour s’assurer que les personnes qui les sollicitent sont bel et bien enregistrées.«R n'y a aucune obligation dans la loi relativement à cela.On n’octroie pas un permis pour exercer du lobbyisme.C’est un re- S'tre qui est basé sur la bonne foi des personnes», sou-ne Mme Potvin-Plamondon.Elle souligne que des activités de sensibilisation pour favoriser l’inscription des personnes concernées ont été menées: «On a fait une étude clientèle qui recensait tous ceux qui pouvaient être considérés comme des lobbyistes, même s’ils ne l’étaient pas; ils ont été contactés pour les aviser de la mise en vigueur de la loi, de leurs obligations.On a envoyé des dépliants, nous avons aussi tenu des séances de formation», souligne la conservatrice.On souligne que la sensibilisation devra se poursuivre au cours des prochains mois.Les lobbyistes visés par la loi qui négligent de s’inscrire au fichier s’exposent à des amendes qui peuvent aller de 500 à 25 000 $.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9" étage, Montréal (Québec), H3A3M9 £3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courriel redaction ©ledevoir .corn L’agenda culturel Au téléphone (514) 985-3346 Par télécopieur (514)985-3390 La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Par courriel avisdev@ledevoir.com Les avis de décès (Le memoriel) Au téléphone (514) 525-1149 Par courriel info@lememoriel.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514)985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Service à la clientèle et abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514)985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) Isi Dtvoir peut, à l'occasion, mettre la liste d'adresses de ses abonnés à la disposition d'organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service A la clientèle.'Lt Devoir est publie du lundi au samedi par Le Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2060.rue IV Bleury.^ étage.Montréal.(Québec).H.1A 3M9.11 est imprimé par Imprimerie Qucbecor St-Jean.800.boulevard Industriel.Saint Jean-sur Richelleu.division de Imprimeries Québécor Inc.612.rue Saint-•Jacques Ouest.Montréal.L'agence Tresse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans U Devoir.U Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint-Martin Ouest.Laval.Envoi de publication — Enregistrement n* 0858.DépOt légal: Bibliothèque nationale du Québec.«C’est quand même une nouvelle loi.Comme n’importe quelle loi, elle doit être assimilée par ceux qui sont visés» SUITE DE LA PAGE 1 M.Bush s’était référé à des informations d’origine britannique, dont l’administration américaine estime pourtant qu’elles n’étaient pas suffisamment étayées pour figurer dans le discours présidentiel L’administration Bush a fait porter sur la CIA le blâme pour la mention du Niger dans le discours présidentiel, tout en maintenant sa confiance dans son directeur George Tenet Le président américain, confronté à des interrogations et critiques croissantes dans la presse et au Congrès, a en effet défendu hier la qualité des services de renseignements américains.«Je pense que les renseignements que je reçois sont excellents.Et ceux-ci étayent les discours que je donne», a dit le président américain en recevant le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan à la Maison-Blanche.Une fois de plus, il a maintenu hier que la guerre contre l’Irak était bien justifiée.Mais plusieurs ténors de l’opposition démocrate ont accru leurs critiques contre l’administration, en notant que les armes de destruction massive restaient introuvables.Dans tout cet embrouillamini, la crédibilité du premier ministre britannique Tony Blair a été particulièrement touchée.À Londres, le secrétaire du Foreign Office, Jack Straw, a affirmé que les informations britanniques sur les démarches de l’Irak auprès du Niger étaient recoupées par une tierce partie.«Cette information sur laquelle nous nous sommes appuyés, qui est complètement distincte des documents falsifiés désormais connus, venait de sources Proches de services de renseignement étrangers, a-t-il dit à la BBC.Nous croyons à la véracité de ces renseignements.» «Nous ignorons l’origine du rapport britannique», a pour sa part dit à Washington M.Fleischer, interro- gé sur des articles de presse britannique citant les services français ou italiens.Après Rome, Paris a opposé hier un démenti: «Contrairement aux insinuations parues dans la presse britannique, la France n’est pas à l’origine des renseignements publiés dans le dossier britannique en date du 24 septembre 2002 et relatifs au programme nucléaire de l’Irak», a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.La confiance envers Blair baisse Selon un sondage de l’institut ICM Research publié hier par le Daily Mirror, 66 % des personnes interrogées pensent que Blair les a induites en erreur, volontairement ou non, au moment d’envoyer des soldats dans le Golfe.Vingt-sept pour cent des Britanniques pensent que Blair leur a fourni des informations erronées en connaissance de cause, tandis que 39 % estiment qu’il Ta fait de manière involontaire.Enfin, un Britannique sur trois dit avoir, a la suite du conflit perdu confiance en Blair, qui a encore déclaré hier s’en tenir aux informations que son gouvernement a publiées sur les armes de destruction massive supposées de l’Irak afin de justifier l’intervention américano-britannique.Parmi les principaux reproches faits à Blair figure justement l’allégation douteuse que l’Irak ait cherché à se procurer de Turanium auprès du Niger.Au siège de l’Agence internationale de l’énergie atomique à Vienne, on fait part de source diplomatique du plus grand scepticisme sur les preuves mentionnées par la Grande-Bretagne.On croit savoir, de même source, que les preuves invoquées par Londres se réfèrent à la même transaction que celle qui s’est révélée fictive.Un autre diplomate à Vienne croit savoir que la «source étrangère» citée par la Grande-Bretagne est un service de renseignement français.Les responsables de l’AIEA n’ont pas vu les preuves que Londres est censé détenir mais en ont été informés et en ont conclu qu’elles portaient sur la même transaction, dont l’agence pense désormais qu’elle n’est jamais intervenue.L’AIEA a d’abord déterminé que l’Irak n’avait pu importer de l’uranium du Niger, où les exportations sont étroitement contrôlées, avant de regarder de plus près les documents présentés comme des preuves et acquérir la certitude que tous étaient faux.Un ex-inspecteur du désarmement de l'Irak a affirmé hier que l'ensemble des affirmations américaines selon lesquelles l’Irak disposait d’armes de destruction massive à la veille du déclenchement de la guerre en mars dernier constituaient «un mensonge».«Ces mensonges vont-ils devenir aussi évidents que celui sur l’achat d’uranium, je ne sais pas, mais l’ensemble des accusations portées par l’administration sont des mensonges», a affirmé Scott Ritter lors d’une conférence de presse à l’ONU.Ancien officier des Marines, ex-inspecteur de la Commission spéciale des Nations unies qui a précédé l’équipe de Hans Blix, M.Ritter a également accusé la presse d’avoir publié, sans poser de question et sans chercher à les vérifier, les affirmations notamment du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld selon lesquelles le régime de Saddam Hussein disposait d’ADM.«Sur quoi Rumsfeld s’appuyait-il?», a-t-il demandé, soulignant que le secrétaire à la Défense «disait qu’ü y avait des ADM en Irak mais personne ne lui a demandé de le prouver».«La presse se contentait de publier» ces informations, a remarqué l’ancien inspecteur.«Nous devons maintenant exiger ces preuves, nous aurions dû les exiger auparavant», a ajouté l’ancien inspecteur lors de cette conférence de presse organisée à l’occasion de la sortie de son livre Justice expéditive et armement de destruction massive.QUÉBEC SUITE DE LA PAGE 1 107 entreprises se sont installées dans la Cité du multimédia à Montréal.Quelque 2640 emplojs y ont été déplacés et 2202 emplois ont été créés.L’Etat y investit cette année 55 millions de dollars, ce qui équivaut à 24 977 dollars par emploi créé.Autre exemple: quatre entreprises ont déménagé dans la Cité du commerce électronique, ce qui a provoqué le déplacement de 4700 emplois et entraîné la création de quatre (ois moins d’emplois, c’est-à-dire 1011.Or, comme l’État débourse cette année 76 millions de dollars pour financer ce site, il en coûte 75 173 dollars par emploi créé, d’après le ministère des Finances.«Il y a une limite à ce que l’État remplace l’entreprise et mette plus d’argent que les entrepreneurs eux-mêmes», a affirmé Yves Séguin, à la sortie de la commission parlementaire qui étudie les crédits budgétaires de son ministère.Pour les Centres de développement des technologies de l’ipformation, le coût est plus important puisque l’État doit verser cette année 121 739 $ par emploi créé — 42 millions au total — aux 52 entreprises sises dans ces sites.Les Carrefours de la nouvelle économie coûtent cette année 53 459 $ par emploi créé, c’est-à-dire 51 millions; le Centre national des nouvelles technologies de Québec, 32 634 $, pour un montant total de 28 millions.«Ce sont des exemples qui font réfléchir et qui justifient la décision qu’on a prise.C’est malheureux de donner autant pour recevoir si peu», a indiqué Yves Séguin.Au total, l’État doit débourser 252 millions de dollars cette année aux 435 entreprises qui se trouvent dans ces sites désignés.Quelque 12 181 emplois ont été déplacés dans ces lieux alors que 5070 emplois ont été créés dans les faits.Bref, il en coûte 46 927 $ par emploi créé.«On a donné des avantages fiscaux énormes pour simplement déplacer des emplois qui existaient déjà», a noté Yves Séguin.Ce que les chiffres du ministère des Finances ne disent pas toutefois, c’est le nombre d’emplois qui ont été maintenus grâce à ces sites.«On isole seulement une petite partie.On oublie que, dans ces entreprises, il y a eu aussi maintien d’emplois», a souligné le critique péquiste en matière de finances, François Legault.Yves Séguin a reconnu que, parmi les emplois déplacés, certains auraient disparu si des programmes de crédits d’impôt comme les sites désignés n’avaient pas été mis en œuvre.«Ça dû aider à maintenir des emplois, bien sûr», a-t-il dit.Le ministre estime cependant que les sites désignés ne sont pas rentables pour l’État Selon lui, les cinq milliards de dollars qui étaient investis chaque année sous le gouvernement Landry dans des mesures fiscales de toutes sortes n’ont pas permis de récolter ensuite un montant équivalent «On n’est certainement pas à cette hauteur4à.Pour l’instant, on ne croit pas que c’est rentable», a indiqué Yves Séguin.Selon le ministre, l’abolition des sites désignés entraînera une économie de 144 millions de dollars cette année, d’un milliard d’ici à 2013.Yves Séguin a par ailleurs manifesté sa satisfaction de voir la création du secrétariat sur le déséquilibre fiscal, un organisme que les premiers ministres provinciaux et territoriaux ont convenu de mettre en place lors de leur conférence annuelle qui s’est tenue la semaine dernière.Le ministre des Finances a précisé que les provinces présenteraient en septembre une proposition commune de réforme de la péréquation, qui sera basée sur les travaux déjà réalisés par Québec en la matière.«Notre projet de réforme sera une pièce maîtresse», a-t-il dit Les provinces entendent agir vite, a-t-il ajouté, car elles craignent que le gouvernement fédéral ne présente dès l’automne sa réforme de la péréquation, qui doit entrer en vigueur le 1er avril 2004.Québec réclamera au gouvernement fédéral un milliard de dollars de plus pour la péréquation et un autre milliard supplémentaire dans le Transfert canadien en matière de santé et de programmes sociaux, qui fera aussi l’objet de négociations entre Ottawa et les provinces.Yves Séguin a également précisé que son gouvernement entendait tenir son engagement de réduire les impôts d’un milliard de dollars par année pendant cinq ans malgré les signes de ralentissement économique.«Ça va nous amener à faire des choix différents, mais on tient nos promesses», a-t-il dit COMPAY SUITE DE LA PAGE 1 selon des informations rapportées par sa maison de disques en Espagne et l’agence officielle Prensa Latina Il s’était bien rendu à un concert organisé en son honneur vendredi dernier à l’Hôtel National de la capitale, mais sa santé s’était nettement détériorée au cours des derniers temps, le forçant à annuler une tournée prévue cet été en Europe.Né Mædmo Francisco Repilado Munoz en 1907 à Seboney, près de Santiago de Cuba dans l’est de Tile, sa carrière a commencé avec l'éclosion du son dans les années 20 à Santiago.Il n’en démordra jamais.Jeune adolescent il travaille le jour dans les champs de tabac, puis va jouer et chanter le soir dans les bars avec les meilleurs musiciens de l’époque.Initié très tôt à la guitare, au violon et à la clarinette, il compose sa première chanson à l'âge de 16 ans.Il en composera, dit-on, plusieurs centaines d’autres.11 commence à tisser sa légende en 1934 à La Havane, où il rencontre Bény Moré, le père de la salsa moderne.D part ensuite au Mexique où il grave ses premiers 78 tours.En 1942, il trouve le surnom qui le rendra célèbre en créant le duo Los Compadres (qui signifie ami en espagnol et se dit «compay» en argot cubain) et au sein duquel il chante en harmonie la deuxième voix, dite «segunda».Sa légende se tisse un peu plus dans les années 1950, alors qu’il se met à jouer l’«ar-monicô», un croisement de sa propre invention entre la guitare espagnole et le très cubain.Le triomphe de la révolution cubaine en 1959 n’est pas le sien: il continue de jouer en solo, mais plus sporadiquement Les circonstances l’obligent alors à pratiquer des métiers moins créatifs.«J’ai fait des cigares, j’ai été coiffeur, peintre d'intérieur et je connais absolument tous les travaux des champs», a-t-U déjà déclaré en entrevue.Dans les années 1980, affirme le magazine cubain Salsa Cubana, certains experts ne savaient même pas qu’il était encore vivant Compay a plus de 70 ans lorsqu’un touriste espagnol l’enterid à l’hôtel Havana et l’invite à jouer en Espagne en 1994.Suit en 1996 la sortie de son album Lo Mejor de la Vida, puis le succès de Buena Vista, qui décroche un prix Grammy.Buena Vista obtient un succès international qui, de Montréal à Berlin, permet à d’autres artistes de sortir à leur tour d'un certain oubli — comme Rubén Gonzàles, Ibrahim Ferrer et Omara Portuondo, avec laquelle Compay interprète en segunda le fabuleux boléro Veinte Ahos.Mais qui donna également lieu, c’était peut-être inévitable, à une petite avalanche de productions musicales cubaines d’intérêt inégal.Le Panama vissé sur la tête, un havane entre les doigts, Compay devint alors un ambassadeur itinérant de la musique traditionnelle cubaine, refermant la parenthèse ouverte avec la révolution.Ainsi s’est-il RAFAEL PEREZ REUTERS Compay Segundo et Fidel Castro lors d’un dîner à La Havane en mars 2001.ïÉÉy produit, à 85 ans passés, sur les plus grandes scènes du monde, de Carnegie Hall, à New York, à l’Olympia de Paris.Arrière-grand-père, il n’aimait rien tant que de parler de l’avenir et des pays qui l’attendaient.Des femmes aussi «qui me trouvent [grâce au succès] plus beau qu’avant».Sa notoriété internationale lui a amené sur le tard la reconnaissance des autorités cubaines et le confort d’une villa dans le quartier résidentiel de Miramar.Telle fut son influence à faire revivre une musique largement balayée sous le tapis à Cuba que sa vont de baryton dans Chan Chan, son plus gros succès, détrône désormais dans les bars de La Havane l'indéracinable Guantanamera, écrit Marie Sanz, correspondante de TAFR Si bien que Cuba avait la larme à l’œil hier, alors que la mauvaise nouvelle réveillait le pays.Dès les premières heures de la matinée, les radios et la télévision cubaines ont enchaîné les commentaires et passé ses chansons en boucle tandis que les musiciens cubains rendaient hommage à son génie musical.«Malgré l'avalanche de genres comme le hip hop, le rock el le rap, Compay avait choisi de se retrancher dans le son, la guaracha et d'autres musiques traditionnelles cubaines et ainsi il a protégé et défendu l'identité culturelle de Cuba», a déclaré l’octogénaire Cesar Portillo de la Luz, un des plus célèbres compositeurs et chanteurs de boléros.Sa dépouille a été exposée dans un établissement de pompes funèbres de la capitale cubaine avant d’être transférée dans la soirée à Santiago de Cuba où le chanteur souhaitait être enterré.Un chapeau blanc était posé sur son cercueil enveloppé dans le drapeau cubain.Parmi les nombreuses gerbes de fleurs entourant le cercueil encadré par quatre proches, debout dans la chaleur étouffante, figurait celle de roses et de glaïeuls jaunes du «commandant en chef Fidel Castro».«Jusqu’à la fin il a été entouré de beaucoup d'amour et de tendresse», a affirmé un de ses quatre enfants, Ramon Repilado, 61 ans.D avait effectué sa dernière tournée en février dernier à Mexico.Sa dernière présence à Montréal remontait à l’automne dernier.Entouré des membres de son groupe Compay Segundo y Sus Muchachos, il était arrivé avec son sourire très charmeur, mais il avait peu chanté, son entourage prétextant la fatigue du voyage.Il avait quitté la scène en pleurant discrètement après avoir rendu son armonicô à readons.Avec l’agence fronce-presse

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