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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2003-08-02, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SA M EDI 2 ET l> I M A N C II E 3 A O V T 2 O O 3 FRANCOFOLIES Zebda: la fête avec du sens Page E 4 CHRONIQUE Gaudi ou les champignons de pierre Page E 6 ?LE DEVOIR ?(lullin' Illodernes.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Est-ce si étonnant que Les Temps modernes, chef-d’œuvre de Charlie Chaplin réalisé en 1936, qui reprend l’affiche sur les écrans du monde, restauré, nettoyé, soit à peu près banni en Amérique du Nord?Brùlol il fût, brûlot il demeure.Seul le Québec salue au grand écran depuis hier, de ce côté de la mare Atlantique, pareil bijou d’humour et d’émotion.Courez le voir à Montréal au Quartier latin et à Ex-Centris, ou à Québec au Clap.Ailleurs, il brille par son absence.Trois cinémas en tout, pour tout ça paraît bien peu pour un continent.Les Temps modernes, comme Le Dictateur du même Chaplin avant lui.connaît un second début dans une foule de pays sans bénéficier d’une sortie commerciale au Canada anglais et aux Etats-Unis.Jugé trop séditieux sans doute pour être offert en pâture à des publics assoupis.De qupi faire réfléchir.A Montréal, il n’y avait cette semaine qu’à écouter monter de la rue la clameur des militants antimondialisation pour comprendre que les propos de Chaplin sont d’actualité plus que jamais.Les Temps modernes met en scène des manifestations, des émeutes, aborde le travail aliénant par lequel l’homme devient plus boulon que le boulon qu’il .visse.Le film parle aussi de drogue, de prison, de liberté, d’une autorité à combattre.Plus ça change.Rappelons que Marin Kannitz, à la tête du groupe français MK2, rachetait en 1991 les droits des films de Chaplin et entreprenait la restauration par la cinémathèque de Bologne de ses grandes œuvres avec sorties en salle et diffusion sur DVD.Le Dictateur avait connu une seconde vie au cinéma il y a un an.Place aux Temps modernes (premier de ces films à bénéficier d’une restauration numérique haute définition).La Ruée vers l'or et Les Feux de la rampe suivront ensuite.Comique et tragique enroulés, la cane faussement guillerette, le chapeau trop petit vissé sur une tête trop distraite, la dignité sans cesse éclaboussée* tentant de se rajuster.Godasses immenses, veston étriqué, pantalons tire-bouchonnés: pitoyable et glorieux Chariot! Plus malin qu’il n’y paraît, héros à ses heures, victime la plupart du temps, malmené par la flicaille, roué, lâche et parfois courageux, amoureux platonique, Pierrot chevaleresque, sans cesse bafoué, sans cesse vengé.Ijs Temps modernes, véritable plaidoyer contre l’aliénation de l’homme, féroce pamphlet anticapitaliste, constitue sans doute le pivot de l’œuvre de Chaplin.De simple vagabond, Chariot devient la figure emblématique du prolétaire ballotté par une société sans âme puis libéré par l’amour et la fantaisie.En 1932, après un voyage de dix-huit mois autour du monde, où il rencontra notamment Gandhi et Einstein.Chaplin avait été frappé par les conséquences de la crise sur l’Amérique, le chômage et le marasme économique.D eut l’idée des Temps modernes, tourné deux ans phis tard, inspiré- aussi par sa nouvelle muse et compagne Paulette (ioddard.Le travail à la chaîne, né des théories de l’Américain F W.Taylor et appliqué d’abord dans les usines Ford, entendait accélérer la production et rentabiliser l’entreprise.Le tout à une cadence folle.Mécanisation de la sueur donc, mais aussi violences poliçières, grèves, familles affamées; les Etats-Unis n’étaient pas un pays de Cocagne et Chaplin réali sa pour en témoigner cette satire désopilante et grinçante, intitulée Les Temps modernes.On y verra une jeune fille (Paulette Goddard, la chérie de Chaplin), couteau entre les dents, voler des bananes pour nourrir les siens.Quant à l’ouvrier d’usine (Chariot), il deviendra fou au mi- lieu des engrenages en délire.Humour, poésie, dénonciation sociale, il y a tout ça dans Les Temps modernes avec force scènes d’anthologie et un statut d’immense c lassique au comique inusable, collé au film depuis sa mise* au monde.Comment résister à Chariot enroulé dims les engrenages de la grosse machine* et narguant le système?A son numéro de liatins à roulettes au bord du gouffre?À sa chanson en charabia?Il demeure drôle et touchant, décennie après décennie, ce petit bonhomme en qui tous se mirent, à travers son rêve de bonheur domestique surgissant au milieu des coups du sort.Dernier film de la série des Chariot (si l’on excepte son avatar dans Le Dictateur, Les Temps modernes est un film sonore plutôt que parlant.Le héros vagabond demeure le mime aphone qui a fait sa gloire.Mais le cinéma muet est détrôné partout et même la pantomime doit s'adapter.Les voue humaines qu'on entend dans le film sont celles du directeur d’usine à travers le filtre d’un écran, du vendeur à travers celui du phonographe.Sans oublier la délicieuse chanson en charabia italianisant que Chariot, garçon de café, entonne devant une clientèle hilare.Le reste est muet, mais la musique s’impose tout au long.Chaplin en a composé la trame tout en torturant au passage ses collaborateurs et chefs d’orchestre.Quand même.Elle demeure à ce jour son instrumentation la plus achevée.Communiste, notre Chariot des Temps modernes?C'est à voir.•Chariot, écrivait Roland Barthes, a toujours vu le prolétaire sous Us traits du pauvre: d'où la force humaine de ses représentations.mais aussi leur ambiguité politique Ceci est bien visible dans ce film admirable, Les Temps modernes.Chariot y frôle sans cesse le thème prolétarien, mais ne l'assume jamais politiquement: ce qu'il nous donne à voir, c'est le prolétaire encore aveugle et mystifié, défint par la nature im-médiate de ses besoins et son aliénation totale aux mains de ses maîtres.» VOIR RAGE E 2: TEMF’S Le héros vagabond demeure le mime aphone qui a fait sa gloire NOUVELLE D’ÉTÉ Les Braconniers d’histoires JACQUES GRENIER LE DEVOIR Nancy Huston Romancière et essayiste, Nancy Huston a publié en 2003 un nouveau roman, Une adoration.NANCY HUSTON Les écrivains sont des pies voleuses, des chapardeurs, perpétuellement aux aguets, à la recherche d’histoires, de bribes étincelantes de récits qu’ils pourront accaparer et sertir, telles des pierres précieuses, dans l’un de leurs projets littéraires — nouvelle, roman, pièce de théâtre.Quand deux écrivains se rencontrent, leurs yeux s’illuminent aussitôt curiosité aiguë; méfiance tout aussi aiguë; qu'a-t-elle vécu récemment?que pourrait-il avoir à me raconter?u'ont-ils vu ou entendu ou appris 'une façon ou d'une autre au cours de ces aemiers mois?quelle anecdote pourrait leur glisser d'entre les levres et devenir un fil coloré pour la tapisserie que je suis en train de tisser?InversemenL chaque écrivain sait qui! doit faire attention de ne pas être trop disert trop flatté par les étincelles d'intérêt qu’il voit * naître dans les yeux de ses auditeurs, de peur de laisser échapper les histoires mêmes dont Q veut régaler ses futurs lecteurs.E est plus reposant pour les écrivains de fréquenter des artistes qui ne sont pas eux-mêmes des écrivains — ou, encore mieux, des gens ordinaires, qui raconteront leure histoires de façon franche et innocente, sans même remarquer qu’on est en train de les engranger pour pouvoir les sortir plus tard, les étudier et en trouver une exploitation littéraire.Eh bien, voici l’histoire.Elle a commencé comme un fragment de réalité mais je ne puis mettre la réalité sur la page, seulement des mots, alors void les mots les plus simples pour décrire, d'abord, ce qui arriva à un certain monsieur et qui fut déjà intéressant en soi, et ensuite, plus intéressant encore, ce qui arriva à l'histoire de ce même monsieur.Dans ce café de la ville du Caire, a moins que ce ne fût Rabat, Alger, Tunis, Beyrouth ou Alep — une de ces villes d'Afriaue du Nord ou du Moyen-Orient dans lesquelles les cafés sont fréquentés presque exclusivement par des hommes désœuvrés, et où, étant donné la longueur d’une journée et le peu de manières de la faire s’écouler, les clients passent des heures sans nombre à jouer aux dés (le mot dés cé, ou non, comme vous le vou par le mot cartes).Dans ce café particulier.la coutume voulait que le perdant offre une tournée a la fin de chaque partie.(La boisson en question était sans doute du café turc ou du thé à la menthe brûlant) Or, un jour, un monsieur âgé se trouvait là; Q n'arrêtait pas de jouer et de perdre, de jouer et de pondre; le patron du café n’arrêtait pas de servir à boire aux autres clients et à mettre leurs consommations sur l’ardoise du vieillard, et quand vint v l’heure de la fermeture U présenta au perdant une note impression-nante.Mais l'homme prit un air penaud et, retournant ses poches pour montrer qu'elles étaient vides, il dit •Désolé, je suis fauché, fat rien, nen du tout » De fait à le regarder de plus près, le cafetier ne pouvait que constater son dénuement ses sandales étaient déchirées et ses habits en loques; il n’avait ni montre ni bague ni ceinture ouvragée — rien qui pût représenter une quelconque valeur de rechange.Et pourtant il fallait bien régler les consommations.Que faire?Comme le vieillard restait là à lui sourire d’un air niais, le patron remarqua qu’il avait des dentiers assez neufs et en bon état •Voter ce qu on va faire, dit-il.Tu me donnes tes dentiers en gage, et tu me rembourseras petit à petit, selon tes moyens; dès que tu as acquitté entièrement ta dette, je te rends tes dents.» Le vieillard ne pouvait qu'acquiescer, et étant donné 1 J £ il n'avait vraiment aucun moyen trouver des revenus, il s’arrêtait au café chaque soir à l’heure du repas et demandait à emprunter ses dentiers pour manger le sandwich Voilà l’histoire telfe qij’elle fut contée, à peine de deuxième ou de troisième main, à Ecrivain A.Enchanté d’être tombé sur pareil bijou narratif, il l’incorpora aussitôt au roman qu’il avait en chantier — s’en servant pour ajouter une touche d’ironie à un chapitre ex-ceptionneDement sombre dans le-uel le personnage prindpal, assis ns ce même café (maintenant situé au Caire plutôt qu'à Rabat, ou bien l’inverse) envisageait sérieusement de mettre fin à ses jours.Mais, par malheur, Ecrivain A était tellement ravi par cette anecdote qu'il n'arrivait pas à la garder pour lui.Au cours des mois VOIR PAGE E 2: HUSTON « I K U K V 0 I H .I.K S S A M E I) I 2 E T I) I M A S ( 11 E A A 0 f T 2 O 0 3 K 2 Des lB f— ç .Lli.ifclLjfllE nant dans le café et demanda à emprunter ses lunettes.Il en avait besoin pour regarder son émission préférée à la télévision: un feuilleton brésilien dégoulinant de salsa sentimental, où se trémoussaient des jeunes femmes en bikini.Le patron du café ne pouvait guère lui refuser ce plaisir, dont S soupçonnait que c’était l’uniquè instant de répit dans une vie bien douloureuse.Du reste, au bout de quelques mois, le patron prit le vieillard en pitié et, se penchant vers lui par-dessus le comptçir, il lui dit d’une voix bourrue: -Ecoute.laisse tomber.Tu vas jamais pouvoir me rembourser, on oublie tout ça, t as qu’à les garder, tes lunettes.» Mais, à sa stupéfaction, l’homme refusa.Il en était venu à préférer les choses ainsi: voir un monde imaginaire mirobolant une demi-heure par jour, et, le reste du temps, ne pas avoir à se coltiner à la réalité: tout compte fait, cela lui paraissait un excellent arrangement.Arrivé à la fin de l’histoire, Ecrivain A demeura inunobile sur le canapé de son salon, les tripes bouillonnant de jalousie, de rage et de honte.Car, même si Ecrivaiû B avait bel et bien braconné cettê anecdote sur son territoire à lui, e} même si sa version prenait pluç de libertés que la sienne avec l’histoire vraie, sa supériorité en tant qu’œuvre d’art était iqdéj-niable.-C’est injuste!» gémit Écrivain A, se balançant de droite 9 gauche sur le canapé, la tète dans les mains.Ensuite Écrivain C débarqua^ vola les deux versions du récit et les tricota en une histoire afin dç les soumettre à vous, Cher Lecteur, pour votre édification et vofre plaisir.Écrivain D jeta un coup d’oeiî sur le résultat et ajouta: la version d’Ecrivain C était tellement émouvante quelle devint un best-seller international et fut adaptée pour le cinéma par un important réalisateur d’Hollywood.Un jour, lè feuilleton brésilien du vieillard fut interrompu par une bande annonce du film.-Hé! s’écria le débiteur.tout en mâchouillant son sandwich du soir avec ses dentiers empruntés.C’est mon histoire, fa! On devrait me verser des droits d’auteur!» Et, avec ses droits d’auteur, i) réussit enfin à rembourser sa dette.I BIENTÔT SUR LES ÉCRANS DE PLUS DE 25 PAYS États-Unis, France, Italie, Angleterre, Espagne et Australie.«PISSANT!» W#ne Aubin.IMWO-CANADA taiMMEMI MtaUOEMiSlMULUiai ùufiüus «¦«atEHKW ç f*Il ¦ %p>i I 1 I anÊ FQLMNOXr À L’AFFICHE! ?f'AMOUS «njAVFns—, ,-MfOA «H.EX* 3U22P —I PARISIEN ?[ [PQWT.VIÂU IP ?l ______-___|- INF rs-c.fPC»,sr __ ?SOU MITAI iFUZARlklinOIIY^I [pÀütAN>own-~71 niïrSfoïCiïïl p* •RfQAj’ce» - outfo —1 r-i** cwitmas auao —1 iLACOwoiunt i« 71 lot» »ouii«$ 10 ’T”* I cowmoti its swots —C2£Ï£sJl J «owurn» mi cuttomw % i L K l> E V 0 I R .IKS S A M K l> I 2 K T l> I M A N (' H K A A 0 V T 2 0 0 A efxlce n t r i s HORAIRES $14 847 2206 WWW.EX-CiNTRIS.COM François Ozon, un surdoué jongleur ?Culture* Avec corps mais sans âme Emmanuelle Seigner et Clément Brilland dans Corps à corps: bouche bée devant ce fn-tik show psychotronique, CORPS À CORPS Réalisation et scénario: François Hanss et Arthur-Emmanuel Pierre.Avec Emmanuelle Seigner, Philippe Torreton, Clément Brilland, Vittoria Scognamiglio.Image: Giovanni Ftore Colteüacci.Montage: Ermanno Corrado.Musique: Sarry Long.France, 2002, 101 minutes.ANDRÉ LAVOIE Comme le savant Frankenstein créant un monstre en jouant à la fois au démiurge, au brocanteur et à l’artisan, les cinéastes français François Hanss et Arthur-Emmanuel Pierre ratissent large et rapiècent à peu près n’importe quoi pour insuffler un semblant de vie, et surtout de pertinence, à leur premier long métrage, Corps à corps.Certains ont même osé établir quelques parallèles avec l’univers de David Cronenberg — une obsession pour les cicatrices, une critique de la science faisant fi de la morale — pour retracer une quelconque parenté à ce film bâtard.Ne craignant ni l’invraisemblable ni le grand-guignolesque, les deux comparses ont tricoté une intrigue particulièrement touffue, catapul tant leurs personnages dans un magma cauchemardesque après une introduction au ton fleur bleue, long récitatif sur la rencontre improbable des deux protagonistes.Une fois de plus, dans ces thrillers à la française où l’on ne peut s'empêcher de bavarder même sous la torture ou avec un couteau sur la gorge, l'histoire d'antour bascule dans la trappe aux lourds secrets, mécanique diabolique inventée par des scénaristes surexcités.Après des années comme ef-feuilleuse dans une boîte minable, Laura (Emmanuelle Seigner) n'arrive pas à croire que Marco (Flülip pe Torreton), un paysagiste timide s'avouant encore puceau, veuille la sortir de là pour l’épouser.L’ardeur amoureuse de Marco ne fléchit pas à la suite d’un accident de voiture qui laisse Laura entre la vie et la mort pendant plusieurs mois, maintenant sourde et arborant de curieuses cicatrices.Alors qu'ils habitent Lyon et vivent un bonheur tranquille auprès de leur fils Jean-not (Clénjent Brilland), im incident à l’école éveille les soupçons de Laura sur la carapace de perfection de Marco.Est-il bien celui qu’il prétend être ou n’était-il pas, dans un passé lointain, im médecin respectable dont la vie a basculé à la suite d’im incident tragique?I nura mène son enquête pour découvrir peu à peu l'étendue du mensonge.11 faut une bonne dose d’abandon pour suivre, dans ses criantes énormités comme ses détails les plus sordides, l'accumulation de révélations qui assombrissent le paysage de cette femme dont le conte de fées tourne au film d'horreur de série B.Même au temps des dernières outrances de Ken Russell qui n'intéressaient plus personne, le cinéaste anglais n’aurait jamais osé aller aussi loin dans l'absurde sanguinolent et les visions médico-futuristes qui se succèdent dans Corps à corps.Car, au-delà des en-tourioupettes dignes de Docteur Je-kyil et Mister Hyde, triste tâche qui incombe à Philippe Torreton, rien ne semble vouloir contenir la frénésie hystérique des deux réalisateurs, nous laissant bouche bée devant cv freak show psychotronique.On aurait sans doute moins de mal à les suivre sur ce terrain vaseux de clins d’œil aux allures de références «songées» si elles ne se retrouvaient pas dans un fatras d’épisodes parfois percutants mais jamais clairement détailles, comme si l’effet tenait lieu d’explication, de justification.François Hanss, dont le parcours professionnel a croisé celui de la chanteuse Mylène Farmer, a signé pour elle des vidéoclips souffrant de la même enflure pédante, taus-sement •auteuriste-, il arrive mal à s’en défaire dans Corps à corps.Comme un malheur n’arrive jamais seul, surtout au cinéma, la relation fusionnelle et destructrice entre Laura et Marco se transforme en vulgaire combat de coqs, accentué par le jeu criard d’Emmanuelle Seigner et Philippe Torreton, duo dépareillé s’il en est un.D'un côté, madame Roman Polanski n'en est pas à sa première galère (on se souvient avec effroi de Imhcs de fiel et tout particulièrement de La Neuvième Porte.) et Torreton n'a trouvé jusqu’ici qu’un Bertrand Tavernier, avec Capitaine Conan et Ça commence aujourd'hui, pour canaliser sa fougue.Elle s'avère bien inutile ici pour assurer le sauvetage de Corps à corps, un enfer pavé de pompeuses prétentions et d’intentions racoleuses.ODILE 1 REM DI AA LE DEVOIR T’avais rencontre François J Ozon au dernier Festival de Cannes, à l’heure où son Swimming PimI était présenté en competition.11 ne livre pus avec ce film son oeuvre la plus forte, mais ses glissements séduisent.11 trône de toute façon, bon cru, mauvais cru, sur le cinéma français comme une sorte de surdoué jongleur.Ozon livre des oeuvres souvent ambiguës (Gouttes d'eau sur pierres brûlantes), des constructions à plusieurs voix ludiques (.s’ femmes), des incursions inti mistes sombres et puissantes (Sous le sable).J'aurais dû écrire cette entrevue quand Swimming Pool est sot ti dans nos salles en juillet, mais les vacances sont les vacances.1 e texte a attendu mon retour.Ozon a le physique d’un beau jeune premier et le vent dans les voiles comme cinéaste.On l’ima gine en train de s'envoler pour la Californie en criant by! by! à sa mère patrie.Pourquoi d’ailleurs avoir tourné Swimming Pool en anglais?On le lui demande, «/c n ai jamais rêvé de travailler en anglais, répond-il.Cela dit, Charlotte Rampling [elle était aussi la vedette de Sous le sable] est anglaise et la langue de tournage s'est imposée.Bien sûr, je pourrais réaliser une grosse production en anglais, même sans l aide d'Hollywood.L'important est d'être fidèle à son thème.» François Ozon émergeait du tournage de 8 femmes qu'il avait trouvé fort éprouvant.1 linger huit vedettes féminines avec leur ego, leurs humeurs, n’esl |>as nécessai rement une sinécure.Alors, il a voulu réduire la distribution |xhu son film suivant, réunir deux comédiennes qu’il aimait beaucoup: Charlotte Rampling et Ludivine Sagnier."Charlotte est une actrice qui apporte du mystère au quoti- dien.l udivine va au charbon, accepte de jouer le jeu jusqu au bout en taisant con/iance au réalisateur.Mon film Part un peu du cliché de la petite Française délurée face à l'Anglaise collet monte heis le cliche sort de sa piste et nous entraîne ailleurs." •J’aime filmer dts actrices, explique le cinéaste, les mettre à nu Le,tait de tourner dehots au bord d'une piscine permet de réduire leurs costumes au minimum (ou à rien du tout), de capter leurs corps.* Rappelons que l’histoire de Swimming hud est celle d’une romancière anglaise (Rampling) venue en Provence trouver l’inspiration créatrice dans la maison de campagne d’un ami dont la tille (ludivine) débarque abruptement et brouille les cartes.Swimming Pool est aussi un film gigogne.•J'aime mêler les niveau.* de réalité, déclare le réalisateur.Dans un processus créatif, tout se mélange.On utilisera le mouvement d'un tel, le regard d'un autre pour créer une figure de fiction.Je voulais mettre le spectateur dans la même position que le créateur face au vrai et au faux.Alors, mon film porte sur le fantasme qu’on projette sur les autres.L'hè-roine romancière se sert des gens quelle rencontre pour réinventer leur vie.F.n ce sens, Swimming Pool constitue un autoportrait.Ce besoin de se couper du monde pour créer qu'éprouve la romancière, je le ressens egalement.» A son avis, dans un film, il est important que l'intrigue ne passe pas par le dialogue, que les mots ne viennent pas expliquer les choses."C'est l'action qui doit ouvrir une porte sur l'imagination Im romancière a-t-elle inventé cette présence de la jeune fille à la maison de Provence dans Swimming Pool?A» spectateur de dérider.Des clés, il en existe plusieurs ou pas du tout.C'est cette ambiguité qui me plaît.» I.K l> K V (I I H .I, K S S A M K l> I t E T I) I M V X ( Il E :i \ I) I T i It 0 ;i K I ?Un montage brouillon Une intrigue mal cousue CHRONIQUE URBAINE Réalisation et scénario: Yannick Létourneau.Documentaire.A Kx-Contris.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Chronique urbaine, de Yannick Létourneau, est un documentaire qui vaut par son sujet sans parvenir a trouver sa structure.Il ouvre une porte sur un monde de la marge, celui du groupe québécois de rap Sans Pression.A sa tète: Kamenga MBikay, alias SP.En 1999, le groupe a vendu M) (XX) copies d’un premier disque, sans st: voir diffusé à la radio commerciale, lant le hip-hop francophone peine à s'imposer.Problèmes financiers, vie familiale en mutations, ambitions frustrées, grou-e divisé: Chronique urbaine raque une caméra intime sur le quotidien de musiciens alternatifs d’origines ethniques diverses, qui tentent de survivre dans une société québécoise peu réceptive.Mais quel montage brouillon! la1 film manque d'une construction narrative digne de ce nom.On aurait souhaité un rythme plus percutant.Après tout, le rap constitue une pulsion.Ici, Chronique urbaine s'enlise entre la grossesse de la blonde de SP, les difficultés du patron des disques Mont Real qui se bat dans le désert, les moments de désœuvrement des musiciens.Il est intéressant de voir à quel point le rap est le langage de SP et de ses amis.Ouand ils s’expriment dans la SOUKCF CINKMA I.IBKI Une caméra intime sur le quotidien de musiciens alternatifs d’origines ethniques diverses.vie courante, leur français (qui n’est pas la langue maternelle de tous) est d’une pauvreté navrante, mais dans les paroles des chansons, le vocabulaire surgit soudain, venu on ne sait d'où.C'est leur musique qui plaît par-dessus tout.On déplore avec l’équipe l’indifférence radiophonique qui la confine à l'ombre.Un film moins artisanal que Chronique urbaine aurait toutefois mieux su condenser et encadrer les personnages mis en scène.Servis tels quels, leurs destins nous indiffèrent plus qu’autre chose.Dommage! >NORLS FESTIVAL ORFORD HW) MUSICIENS.30 PAYS.PLUS DE 200 CHEFS-D’ŒUVRE Direction artistique : Agnès Cîrossmann PROGRAMMATION ÉTÉ 2003 2 AOÛT Les Vents d’Orford B32SŒ7 8 AOÛT Les Cuivres Jazzés " B*cwx®e 9 & 10 AOÛT Ensemble Clément ianequin tê KS%.< 15 & 17 AOÛT La Cenerentola QL) 16 AOÛT Juilliard Quartet FORFAIT SOUPER/CONCERT 40 $ par personne.Réservez tôt, places limitées.CENTRE P ARTS ORFORD 3165, chemin du Parc.Orford • 1 888 310 3665 • (819) 843-9871 Programmation complète, tarifs et abonnement www.arts-orford.org H s ¦ ) » a Mo» CCI Uomt.ir -HtMBIS GIGLI Réalisation et scénario: Martin Brest.Avec Ben Affleck, Jennifer Lopez, Justin Bartha, Al Pacino.Image: Robert Elswit.Musique: John Powell.ODILE TREMBLAY LE DEVOIR Tranchons là: Gigli, de Martin Brest, est une de ces productions complètement ratée qu’Hol-lywood sécrète trop souvent au grand malheur de tous.Que les producteurs aient voulu réunir à l’écran le petit couple Ben Afleck-Jennifer Lopez est une chose, mais pourquoi leur offrir pareil scénario effiloché?Gigli s’écar-quille entre un thriller, une comédie romantique, un drame social, avec des sursauts de vulgarité, de violence, mêlés aux violons sentimentaux.Mais a quel public peut-il bien s’adresser?Ije film change sans cesse de direction, de cou-leurs, perd son gouvernail à tout bout de champ.Un voyou (Ben Affleck) charge de kidnapper un jeune attardé mental trouvera sa rédemption dans l’amour d’une belle lesbienne (Jennifer Lopez) à la solde de bandits.Inutile de vous résumer les péripéties absurdes de cette intrigue mal cousue.Mais précisons que certaine scène sanguinolente avec Al Pacino (que Martin Brest avait déjà dirigé dans Scent of a Woman) semble sortie d’un autre film que celui qu'on projette à l’écran.Tout est tiré à hue et a dia.Seule constante: Ben Affleck a l'air de,bout en bout d’un parfait j crétin.A fuir! SOI) RCL COLUMBIA PtCTURKS Ben Affleck et Jennifer Lopez dans Gigli: un petit couple.Tété au Domaine ryo/yet1?- (7/M l.r Festival International 2003 SMNr-lRfMff.®H\RlfVOIX Le I \ INTERNATiONAl du Domaine Forget 21 juin au 24 août 2003 Tout («t concerts sont i 20h30 à moins d'une mention spéciale.Les concerts identifies 0 seront enregistres et retransmis sut U chaîne culturelle de Radio Canada dans le cadre de remission Concerts «Tété DAVID LEFEVRE lai M Alatn leffvr* piano David Lefivrt violon Rrtroiivaillos musicales et familiales 1 MS MAR1IN Baums SASHA ROZMOtStVfNSKY Martin Bruns baryton Stéphane lemelin piano Un récital unique Je mélodies allemande» Sasha Rozhdestvensky et Catherine Manson violons Steven Oann alto Douglas McNabney dto Anssi Karttunen .iolonceUe Rencontre au sommet 1 26$ 26$ TOUS US DIMANCHES DE llh À 14h Fortin-léveillé guitares Musique brésilienne J / René Orea Santhea Musique vénézuélienne 12.75$ 6 i 12 ans Moins de 6 ans 1 FS BRUNCFIFS MUSIQUÏ (418) 452-3535 ou 1-888-OFOItGET (336-7438) mn«.domalneforg«t.coin L'ABONNEMENT AU FESTIVAL ADMISSION ?Adultes 26$ ou 32$ 10 billets de concert au choix Ainés (60 ans et plus) : 24$ dam la pregrammanon éguhé'e du Festival pmm Étudiants : 16 $ wulement 2Î5 $ Oases mdusesV et (nen plus enccve.Enfants jusqu'à 12 ans gratuit Vous n'y trouverez que des avantages, renseignez.vous.tes tares sont frsetuses dam tes pris.hariesAU • Dtlletech ts Québt-c ¦ r- r Tous les jeudis, vendredis et samedis du 31 juillet au 30 août 2003 Coût du billet : $35.00 (Prix spéciaux pour groupes) L V\ MRHITHÉÂTl FORÊT St /Vl.it liU'u-clu P«irc tf.itiN uttv misr tvi sr Y'nt' cio Jacquos Crète* production do La Cornpagnio de Théâtre L'Eskabal POUR UNE pour réseivation (819) 376-2-*?8 cot//rftN leskabetQcÿocable ca_____srfe internet >\ttp ¦' acniebe< conv tesMfspf SOURC E FRANCOKOUKS' 7- '3 NTidL SOURCE ERANCOFOUKS' Zcbda continue de parler d’exclusion, de racisme, de tolérance.Z E H 1> A AUX FRANCOFOLI ES La fête avec du sens i BERNARD LAMARCHE LE DEVOIR Il y a quatre ans que Zebda n’a pas foulé le sul de Montréal.A l’époque, les Toulousains avaient mis le feu dans la saüe du Metropolis.Zebda arrive des FrancoFolies de Spa, où ils ont joue avec I Muvri-ni, un truc de voix corses qui, de prime abord, n’a rien à voir avec l'univers de Zebda.Et le commentaire de Mustapha sur cette drôle d’affiche témoigne de la toujours très aiguisée conscience de son entourage.•On a tou/ours eu de bonnes relations avec / Muvrini.qu 'on connaît bien, raconte Mustapha Cétait dans une salle, et le partage du public n était certes pas si evident Cesi toujours des alchimurs délirâtes.- Ce mélange, il est peut-être plus facile à faire qu'avant puisque Zebda.sur son récent album, le touchant Utopie d'occase, a laisse de côté k-s compositions tonitruantes du genre Tomber la chemise, k-ur immense succès passé.Du moins dans la forme, Zebda a adouci la facture quelque peu: -Je crois que fa correspond en grande partie à notre évolution, en terme de temps passé à faire de la musique.On a appris à faire différemment les choses.On est arrim à un stade où cm voulait être beaucoup plus précis, jusqu du-boutistes dans les arrangements, dans les styles aussi.On voulait revenir à une logique abordée dans les disques précédents.» Mustapha donne l'exemple de Sheitan, sur l'album, qui aborde les sentiments de désarroi et d'auto-destruction que l’on peut retrouver chez certains jeunes.-Dans cette chanson, le sentiment va jusqu'au bout.Il n'y a pas de happy end Le sty- le est très rock aussi - Dans Ça.La famille, Zebda aborde avec nostalgie l'idée de la famille du quartier, de la familk* nombreuse, -avec une chanson très, très posée, chose qu ’on n'avait jamais tait avant.Va plein de petites choses sur cet album.- Dans k*s textes, Zebda continue de parler d’exclusion, de racisme, de tolérance et de son contraire Comment rester percutant en changeant la forme?-Notre objectif à nous c'est, toujours par rapport à chaque chanson, d'être en phase avec notre histoire.Et comme ma le sentiment aujourd'hui de ne pas avoir complètement posé notre sac, c'est cette légitimitedà qui nous porte.Far rapport à cet objectif d'être piste, percutant et réaliste, m porte vraiment fa en nous en dehors de la musique , et la musique est le prolongement de cette expressüm- Et sur la scène, Zebda, qui est toujours aussi engagé socialement et politiquenxmt — il a pris position contre la guerre en Irak et pour la cause récente des intermittents du spectacle —, continue d'assurer.Izorsqu'on pose la question à Mustapha.il rit doucement tant la chose est évidente: -La scène est pour nous un moment d'harmonie, parce qu 'm est dans cette urgence qu est la scène Im spontanéité est l'élément essentiel de l’échange.Cette harmonie, on veut l'avoir avec le public.Elle passe par l'idée qu 'm se jhit de la fête, avec bien sûr le divertissement, le chant, la danse, le partage entre les gens présents et le sens aussi, le sens qu 'on porte dans nos chansons et dans notre histoire.- Ainsi, la prise de parole est entière chez Zebda.en défenseur des plus démunis.Ce soir, au Metropolis, à 21 h.VITRINE ON THIS DAY Joe Lovano (BKie Note) \ Ace que l’on sache, c'est la deuxième fois que le saxophoniste tenor Joe Lovano nous prop se un enregistrement realise au Village Vanguard de New York.Il y a quatre ou cinq ans de cela, il avait public iui double compact qui mérite toujours le qualificatif de fameux.AnjourdhuL ce n'est pas le cas.Cest pas mauvais mais c’est., poussif! C'est quelque peu ennuyeux.Boa Voila de quoi Q s'agit.Joe Izova-no a rassemblé autour de lui neuf instnunentistes aguerris à la chose jazz.Ils ont potassé des classiques du genre signés par Tadd Dameroa John Coltrane et Billy Strayhorn qu'ils ont accompagnes de deux originaux écrits par lovano Ils ont évidemment rodé le tout Rs?Ils n'ont pas assez travaille, pas assez potassé.Même que c’est paresseux aux entournures Car si tel n'avait pas été le cas la patroa le grand chrf.n’aurait Kartiaüé des sokw aussi poussifs L pour amateurs de Lovano seulement Aux autres on suggère n'importe lequel des enœgitfrements de Booker Ervin.Ils gagneront énormément au change Serge Truffaut LES FRANCOFOLIES DE MONTRÉAL 15 ANS Artistes divers EM1 Canada Ce double disque est ce qu’on appelle un produit dérivé.À savoir une bebefle qu’on achète en souvenir d’un événement, l'événement étant ici le 15e anniversaire des FrancoFolies de Montréal.Décrivons le produit.Trente titres quinze par disque, le premier consacre aux artistes québécois «s'étant le phts illustres- aux FrancoFolies de Montréal, comme ou dit à FADISQ.le second dédié aux phis notables artistes «hors Québec- des quinze ans du festival comme on dit aussi à FADISQ.À l'intérieur du bottier de plastique, un livret de 32 pages en couleurs (les titres m rouge ou bleu, les textes des chansons sur fond vert leg reproductions des af- l> U DISQUE fiches du festival en quadrichromie) et en noir et blanc (les photos des artistes), phis un texte de l’animatrice Monique (îiroux à la der-nkrepage Voila.C’est ce qu’on obtient pour le prix d’ami.Du travail pas mal fait un choix d’artistes plutôt conséquent.malgré la proportion quelque peu disproportionnée d’artistes Virgin/EMl chez les Européens.L’ensemble brosse un portrait certes grand public mais non sans pertinence de la chanson des 15 dernières années, de Leloup à Kachkl Taha.N’enipèche qu’on au rail pu faire mieux.Tellement mieux.On aurait pu donner la plupart des mêmes titres, mais tels qu'enregistrés lors des spectacles.Ces enregistrements existent, avec les images correspondantes, conservés dans le grand coffre d'Amérimage-Spectra (où j’en ai écouté et visionné une tripotée, dans le cadre d'un projet préalable d’album, laissé en plan pour faire place a celui-là).C'eût été phis complique et plus onéreux, rapport aux droits et aux musiciens à payer, mais pas mal phis représentatif des FrancoFolies que cette compilation de versions originales studio bêtement rassemblées pour l'occasion.Ce double disque n'est pas sans intérêt, je le répète: ça s’écoute bien.Mais ü faut le placer à côté du double disque qu'on aurait pu avoir, celui qui aurait rappelé aux gens les instants de grâce vécus au festival: un Dédé Fortin reprenant Heureux d'un printemps de Rché, L'amour existe encore de Flamondon-Gold-man par un Eric Lapointe boulever sant.la Dufresne et la Gréco partageant La Javanaise.Higelin offrant la phis exaltante version imaginable de LAccordéon désaccordé, l’historique réunion d'Octobre en 1996.etc.Difficile de ne pas penser qu'on nous a fourgué ta version a rabais de l’expérience francofolle.Ou alors qu’il s'agit d'un plan à long terme.Peut-être les extraits du spectacle constitueront-ils le double disque, sinon le coffret, voire le DVD, que Ton aura dans cinq ans.au 2(7.Cest ce quU y a de bien avec les anniversaires: il y a toujours un prochain chiffre rond à l’horizon Sylvain Cormier' U 7 L K l> E V 0 I B .I.K S S A M K l> 2 E 1 l> (MAX ( Il K A 0 I I 2 0 ti ;i .1 Alain Denis, Tenverbeur SOl'Kl'l NICOLAS KOSS Alain Denis a quelque chose de l'inimitable Réjean Ducharmc.- SUSANNE GIGUÈKE Avec Bidou Jean, bidon illeur, Alain Denis signe un premier roman débordant de vitalité, au ton moqueur, image et drôle, tendre et tragique.Pendant qui] raconte une histoire, d'autres arrivent, se greffent à la première, mènent à d'autres, scindant l'attention du lecteur, le laissant surpris, •joyeusement interloqué».L'auteur revendique le droit à un certain ludisme et celui de malaxer les réalités et les temporalités.Le roman commence le 8 septembre 1970.C’est la rentrée scolaire dans un village situé près de Montréal, le long du fleuve Saint-Laurent.L’institutrice interroge les élèves de la quatrième année A.Lorsque Bidou Jean, dix ans, tente d’expliquer que son père cultivateur est écrivain, il essuie les railleries de ses camarades: •Hein! Mon père aussi sait écrire!» Abasourdi, Bidou Jean ajoute d'une voix -enrouée de doute» que son père-plume écrit des histoires après le déjeuner, comme d'autres partent aux champs, à la manufacture ou au bureau.En classe, il soulève souvent le couvercle de son pupitre pour y ouvrir son livre préféré: le dictionnaire illustré.Un jour, à la demande de l’institutrice, l'enfant à l’imagination ludique décline le verbe mourir -Nous mouroissons.vous mourissez.le passé simple pas assez simple.fesse donc l'air.» Voilà les âneries, calembourricots et contrepets plus que parfaits que je me plais à répondre, les jours d’olympiades.L'institutrice à •gros yeux de hibou-caillou-pou» est consternée.Elle lui confisque son dictioimaire.Du coup, son intérêt pour l’école s'évanouit.Mais il en a suffisamment parcouru les pages pour «savoir voler, rêvasser, prendre de la mtesse et sauter d une corniche, d'un balcon ou d une balançoire à chaînes qui s'approche du ciel et donne la peur, avec la nuque en frissons».Un premier chapitre sur les chapeaux de roues! Retour de l’homme de lettres Bidon, le père de Bidou, part souvent en voyage pour la promotion de ses romans.Ses retours jettent Bidou dans une folle excitation: «Je plane dans l'escalier, canard tète première des dessins animés, quasiment le feu au cul, en course vers le rez-de-chaussée.• Bidon s’absente aussi pour cause de mal à l’àme.Les jours de vertige, des infirmiers l’emmènent dans un grand véhicule blanc-vers l'Institut psychiatrique.•Quelle est pour lui l’étape la plus difficile?Partir fuir un monde?Ou rentrer en fuir un autre?Revenir.Redevenir.Avoir mal partout.» Quand son père au rire communicatif refait surface.Bidou se demande chaque fois pour combien de temps: «Me réjouir inquiet.» Bidon a recours à deux sortes de paroles: l’une délirante et paranoïaque, l’autre, celle du conteur, enjouée et captivante.Le conte de l'Hôtel Vilandré, par exemple, allume Bidou à un point tel que le lendemain l'école lui paraît nulle, la vie ordinaire.Il découvre le pouvoir des mots et de la littérature: •Suffisait qu’il nomme une chose pour qu’elle commence à exister, suffisait qu'il la dénomme pour qu aussitôt elle disparaisse.» Impuissant devant la folie de son père-plume, Bidou tente de se rapprocher de lui par l'écriture.•J'ai tracé pour toi une route, construit un pont dans le ciel montant toujours plus haut.Une larme de soleil dans tes yeux j'ai mis, un chant doux dans ton oreille aussi, le bonheur debout sur tes genoux, et t’ai donné un corps léger, taillé un rêve dans ton oreiller, mis un voyage dans ta valise — j’ai essayé.Te toucher, te faire plaisir, voir un temps ta joie, espérer tant.» En s'appropriant la langue du conte, Bidou découvre l’héritage peu commun de cette langue française qui a voyagé avec le peuple québécois depuis des siècles et d’où a jailli un florilège de québécismes.Il imagine une rencontre avec' ses ancêtres depuis le XVII' siècle, les introduit dans la fiction qu'il est en train d’écrire et les fait dialoguer entre eux dans un vieux français.Son «arborescente famille», comme il dit, partage la même langue maternelle, mais elle est «diachronique en diable!».La langue comme vecteur de résistance culturelle est l’un des thèmes développés dans ce roman.Théâtre fou Bidou Jean qualifie le rang de son enfance de théâtre fou, «un rang où rien n'est jamais normal, habité par des sous-quelque chose ou des sur-quelque chose».On peut y lire une métaphore de la question identitaire québécoise non résolue.Au sein de la communauté qui regroupe les Graissou-Crassou, Gousse d'Ail, Cucul Durquette, Chaouin, Guédouche et Brise-Fer, il en est un qui le fascine.C’est Gavion Barthes, surnommé «Ten-verbeur», qui parle tout le temps et dont le débit débridé étourdit les gens autour de lui.Dans ce rang, rien n’arrive vraiment, seul le quotidien «se déplace de quelques mètres à peine» lorsque la famille déménage dans la petite cuisine d’été.Ije récit réaliste et loufoque bascule parfois dans le fantastique lorsque Bidou rend compte de la belle échappée de Bidon vers la Floride dans la Buick O’Reilly, du dialogue échevelé entre le psychiatre Sourcils et Dieu ou de Bidon qui, après sa mort, festoie sous terre avec ses congénères.Scène hilarante.Il y a quelque chose du goût de la dérision, du chant de désespoir et de la langue inimitable de Réjean Ducharme dims Bidou Jean, bidouilleur.De la même manière, Alain Denis, sans doute un passionné de la langue, fait de joyeuses embardées dans la langue française, la déforme, la tord, la fait virevolter.Si le roman paraît imparfait, les défauts mineurs — le trop plein d’images et de mots, d’onomatopées, de calembours, de facéties et de digressions — s’effacent devant la prose spontanée et le style trépidant de l’auteur.BIDOU JEAN, BIDOUILLEUR Alain Denis liuictôt éditeur Montréal, 2tX)3,178 pages Contes et légendes du Bas-du-Fleuve CHRISTIAN DESMEULES On connaît deouis longtemps les qualités de fouilleur infatigable de Victor-Lévy Beaulieu.Déjà en 1974 avec son Manuel de la petite littérature du Québec que lui avait inspiré Jacques Perron, il nous exposait sa connaissance affinée et lumineuse du «vieux pays».Paraphrasant d'ailleurs Perron, VLB y écrivait: «Je m’occupe de littérature parce que la sottise des littérateurs m'écœure».La sottise des faiseux de thèses, ajoutait-il, celle des compteurs de virgules, des déterreurs de pénis et des «citeux de bouttes de textes».Cette même sottise qui a souvent fait tomber dans l'oubli quantité de textes d'une importance considérable à la fois folklorique et sociale.Et c’est toujours guidé par ces principes, on l'imagine, que l'éditeur et écrivain de Trois-Pistoles nous livre le premier tome d’une anthologie de contes, de légendes et de récits du Bas-du-Fleuve — qui en comptera deux.Les Temps sauvages s’appuie sur l'appropriation de l'histoire amérindienne — celle des Malécites et des Micmacs — par des écrivains majeurs de notre XK' siècle comme Henri-Raymond Casgrain (La Jongleuse), Philippe Aubert de Gaspé (Le Loup-jaune) ou Joseph-Charles Taché (avec plusieurs récits tirés de son incontournable Forestiers et voyageurs).A la source de cette anthologie •basdufleuvienne» chez Victor-Lévy Beaulieu, la volonté certes de «faire oeuvre de salut public», mais aussi et surtout une curiosité insatiable pour la mémoire de ses origines comme pour la chronique vivante de son coin de pays.CONfES, LÉGENDES ET RÉCITS DU BAS-DU-FLEUVE 1.Les Temps sauvages, choix et présentation de Victor-Lévy Beaulieu, Éditions Trois-Pistoles.2003,211 pages.Victor-Lévy Beaulieu: un fouilleur infatigable.HOMMAGE À L'ÉCRIVAINE LOUISE CARTIER Après un dernier adieu, tu nous as quittés ce 24 juillet 2003, trouvant la force et le courage de sourire malgré ce départ imminent et sans retour.Tu nous as donné deux romans bouleversants.Tu écrivais comme une artiste travaille sa toile, nous emmenant au-delà des apparences, dans le creux de Thumain comme dans le creux d'un arbre.Nous avons ainsi traversé le pont jusqu'à l'amitié.A Michel, ton amour, à Valérie, Eisa et Stéphanie, tes filles tant aimées, nous offrons nos condoléances et partageons cette peine immense.Au revoir, Louise Tes éditrices, Rachel et Ginette, des Éditions du remue-ménage K O M A N É T H A N tï E R Arthur Conan Doyle, un historien accompli LOUISE-MAU DE KIOl \ S O UCY LE DEVOIR Médecin et officier derrière le formidable limier Sherlock Holmes, l’écrivain britannique sir Arthur Conan Doyle était non seu lenient nn adepte du spiritisme mais aussi un historien accompli.Cultivant une science approfondie de l'esprit français, il s'est attaché à peindre dans certains de ses romans dits sérieux k-s relations fnuv co-anglaises.Grandement inspire par les romans historiques de Wal ter Scott, il publie des œuvres majeures comme Micah Clarke, Im Compagnie blanche ou Le Rctugns.Une nouvelle traduction d’Is mène Toussaint permet de redécouvrir ce dernier roman qui nous mène du fastueux palais de Versailles aux solides murailles de la ville de Quebec.Amory de Catinat est officier des gardes du roi Louis XIV, Huguenot avoue, il est amoureux de la fille d'un riche marchand de draps qui partage ses convictions.Il devra cependant précipitain ment quitter le jxtys — sa promise sous le bras — a la suite de la révocation de l'édit de Nantes, terrible coup d’éclat de madame de Mainte non, rivale de la non moins im|>e tueuse madame de Montespan, fa vorite du roi S'ensuit une tuite enlevée, orchestrée magistralement avec la complicité d’un ami américain, ivre des grands espaces et envoyé à Paris [xu son père pour élan gir ses horizons.Les Réfugiés est une fresque historique épique ponctuée d'intrigues politiques et amoureuses complexes, de batailles enlevées et de poursuites acharnées.Le ton est juste, la langue belle et les sentiments impudiques, bien que la pureté de certains cœurs finisse par agacer un peu.Entre la France et la Nouvelle France qu’il a visitées à maintes reprises pour écrire ce roman, sir Arthur Connu Doyle livre une œuvre sérieuse certes, mais neanmoins prenante, donnant çà et là le mot aux grands de ce monde, réels ou imaginaires.Traquant d’infimes détails comme autant de soubresauts de l’histoire, il réus sit ainsi à tisser bellement la toile fine et serrée d’une époque.LES RÉFUGIÉS Sir Arthur Conan Doyle Traduit de l’anglais (xu Ismene Toussaint Stank»1 Montréal, 2tX)3,382 pages K N Claude Léveillé, sur le cheval noir de récriture (le Devoir) — le chanteur Claude K K il pages Kissinger, toujours le même Moshe Lewin offre pour sa part une analyse intelligente de l’ex-UKSS ULYSSE BERGERON Prix Nobel de la paix en 1973 pour avoir négocié une issue à la guerre du Vietnam, l’ancien secrétaire d’Etat américain Henry Kissinger n’en reste pas moins une figure controversée de la politique des Etats-Unis.Sa carrière fut marquée par des événements et des dossiers qui, encore aujourd'hui, sont contestés et débattus: le plan Condor instauré en Amérique latine, l’extension de la guerre du Vietnam au Cambodge et au Laos, les campagnes d’assassinats menées dans divers pays.Loin de ressasser ses anciennes activités, l’auteur présente dans son plus récent livre un «portrait» actuel de l'état du monde.Sa synthèse couvre, en quelques chapitres seulement, les principales régions du globe.Le ton.paternaliste de l’ex-secrétaire d’État à l'endroit des nouveaux dirigeants de la puissance américaine attire l'attention: «Dans un univers économique mondialisé, la génération post-guerre froide n'a d’yeux que pour Wall Street ou pour Silicon Valley (.1 Elle attache en effet une plus grande importance à l'économie qu'à la politique.» Dans un tel univers, la nouvelle génération de responsables américains n’exclut pas, selon Kissinger, que la politique étrangère se réduise à la politique économique.Comportement qui n’est pas sans risque.Comme le souligne Fauteur, les finances peuvent jouer un rôle majeur, mais «la globalisation économique ne saurait tenir lieu d'ordre international.Le succès même de l'économie mondialisée engendrera bien des bouleversements et des tensions, aussi bien à l'intérieur des sociétés qu'entre elles».Les organisations internationales Quel rôle devrait jouer les organisations internationales à l'intérieur de ce nouvel ordre mondial?En fait, Kissinger ne fait que noter l’évidence: l’OTAN a perdu sa raison d’être depuis la chute du bloc soviétique et elle est grandement déstabilisée par la création de l’Union européenne.Les Nations unies, pour leur part, ont pu «jouer un rôle dans le maintien de la paix, notamment lorsque toutes les parties étaient disposées à s'entendre et qu'il ne s 'agissait plus que d’exécuter techniquement un accord.Mais elles ne sont jamais parvenues à imposer la paix à des Parties réticentes, ni à un camp disposant du soutien d'un membre Permanent du Conseil de sécurité» La nouvelle puissance américaine ne soulève, en fait, rien de nouveau.Il s'agit plutôt d'une réactualisation de la pensée qu'Henry Kissinger a élaborée au cours des dernières décennies.Rien de plus.Les solutions qu'il propose sont les mêmes qu'il a toujours suggérées: celles-ci doivent défendre avant tout les intérêts na- I » \ k Défendre avant tout les intérêts des États-Unis tionaux des États-Unis.Ainsi, la simple connaissance du personnage permet d'anticiper la réponse qu’il proposera à la question qu’il soulève en début d’ouvrage: •La politique étrangère américaine doit-elle se laisser guider par des valeurs ou par l'intérêt, par l’idéalisme ou parle réalisme?» La menace rouge •Deux erreurs fréquentes ont gêné et gênent toujours la réflexion sur l’URSS», souligne Moshe Lewin, professeur d’histoire à l’université de Pennsylvanie période longue, pour se concentrer exclusivement sur la structure du et auteur de quelques l’URSS.ouvrages suri’ •La première consiste à confondre l'anticommunisme avec une étude de l’Union soviétique.La seconde |„.) est de ‘stali-niser" l'ensemble du phénomène, comme s'il n’avait été qu’un goulag du début jusqu'à la fin.» Le Siècle soviétique n’est ni une histoire ni une critique de l'URSS.Il s'agit plutôt d’une analyse documentée faisant la présentation des caractéristiques principales du système soviétique.Son but: exposer, en toute objectivité, les aspects généraux de ce régime et de cette société.Car trop souvent, soutient Lewin, de refus d'étudier la société sur une « ciété, uniquement un régime"» L'étude s'ouvre sur la guerre civile de 1918-1921.Lénine est malade et Staline aspire à sa succession.Changements politiques et bureaucratiques En 1922, après la mort du fondateur du bolchevisme, le Géorgien atteindra son objectif.•Les portraits de Staline, les slogans à sa gloire couvraient tous les murs, dans les villes comme sur les places des villages.Au début représenté aux côtés de Uni-ne, il fut très vite, et de plus en plus souvent, figuré seul.• Cette période est fortement stigmatisée par les dékoulakisa lions, le Goulag, les procès et la politique du secret.Un bilan extrêmement sombre: 15 millions de Soviétiques condam nés aux travaux forcés, six millions de personnes déportées et près de 800 000 condamnations à mort.Les changements politiques et bureaucratiques ne viendront qu'après la mort du dictateur.Plus spécifiquement en 1956, lorsqu'au XX' congrès Nikita Khrouchtchev s'attaque au mythe de son prédécesseur.Alors, «la société et surtout les intellectuels comprennent que le temps des procès à grand spec- tacle, des arrestations et des exécutions arbitraires est vraiment fini».Une nouvelle période s’ouvre.Avec efficacité, Moshe lx-win présente en 525 pages une image réaliste d'un système qui a profondément marqué le XX' siècle et qui a façonné, à sa façon, l'ensemble des relations internationales.Son analyse rappelle également qu’à la base de tout système politique se trouvent des êtres humains et que, par le fait même, «les jeux de pouvoir et les ambitions personnelles font partie de l'histoire» IA NOUVELLE PUISvSANCE AMÉRICAINE Henry Kissinger Fraduit de l’anglais par Odile Démangé Fayard Paris, 2003,386 pages LE SIÈCLE SOVIÉTIQUE Moshe lewin T raduit de l'anglais par Denis Paillard et Florence Prudhomme Fayard / Le Monde diplomatique Paris, 2003,526 pages ARCHIVES LE DEVOIR Henry Kissinger, ex-secrétaire d'État américain, une figure controversée de la politique des ÉtaLs-l Inis.pouvoir, trouve sa justification dans la formule: ‘H n 'y avait pas de so- Cesten librairie qu’on trouve ce QUE L’ON CHERCHE qu’on commande CE QUI NOUS PLAÎT qu’on découvre DES MILLIERS DE LIVRES C’EST EN LIBRAIRIE QU’ON RENCONTRE DES LIBRAIRES.Un dernier salut à Adrien Thério (1925-2003) L'équipe de XYZ éditeur et de Istlrei québécoises rend un dernier hommage à Adrien Thério, un pilier de la littérature québécoise.Cet homme, qui a publié trente-cinq livres au cours de sa brillante carrière, a non seulement été un auteur talentueux, mais il a fondé deux revues marquantes de l’institution littéraire : Livres et auteurs québéaus et iMtres québécoises.Pour l’immense travail accompli, nous lui disons merci.1 LE DEVOIR.LES SA M EDI 2 ET DI M A N C H E 3 AOÛT 2 0 0 3 E 8 A Baie-Saint-Paul, un journal dans l’arène de l’art JEAN-CLAUDE ROCHEFORT En procédant à l’inauguration de sa 21' édition, le Symposium international d'art contemporain de Baie-Saint-Paul est parvenu à l'âge de la maturité, l’âge où, le cumul des expériences passées aidant, on fait montre habituellement d’une plus grande sûreté de jugement dans ses choix et orientations artistiques.À l’instar des autres manifestations d’art contemporain qui revendiquent une envergure et une reconnaissance internationales, le Symposium de Baie Saint Paul suscite toujours, bon an mal an, de nombreuses et démesurées attentes de la part d'un public de plus en Elus exigeant.En supposant que i graine semée par feu Françoise lübbé en 1982 ait finalement produit avec le temps un beau fruit bien mûr, la récolte de 2003 saura-t-elle satisfaire les espoirs des uns et répondre aux désirs des autres?Ix> temps, celui qu'il faut pour élaborer une œuvre, la mettre au point, la roder, en fonctionnant sur le mode de l’essai et de l’erreur par exemple, voilà justement des aspects du temps à l'œuvre dans la pratique que le nouveau directeur artistique de l'événement, (¦aston Saint-Pierre, entend souligner.Pendant l’entrevue qu’il nous accordait au Café des artistes (café situé en plein cœur d'une pléthore de galeries de chromos d’un clinquant tel qu'elles finissent par oblitérer totalement la présence de l’art contemporain dans la vallée du Gouffre), il précise ses intentions en parlant avec circonspection, conune s’il man hait sur des œufs.Quand il s’agit d'aborder l'épineuse question du théine de la manifestation — thème qui avait disparu l’an dernier mais qui a été remis à l'honneur cette année —, il tient à préciser qu'il faut plutôt considérer le thème choisi, soit •l'idée d'un journal personnel ou public», comme un simple «cadre de travail» proposé aux artistes.La nuance revêt une importance cruciale à ses yeux car elle indique un changement d'attitude.Ainsi, même s’il semble prendre très au sérieux son nouveau rôle d'aiguilleur du ciel de l’art contemporain en août dans Charlevoix, c’est avec souplesse qu'il interviendra auprès des artistes, leur laissant l'entière liberté de suivre ou de s’écarter de son «cadre de travail».D’ailleurs, concède-t-il, il se perçoit davantage comme quel-cju’un qui peut apporter aux artistes un commentaire externe sur leur travail, non pas comme celui à qui il reviendra d'arbitrer les inévitables différends de la vie en communauté, mais comme quelqu'un avec qui le dialogue est facile à engager et peut donner lieu, idéalement, à de fécondes remises en question et à d’imprévi-sibles productions artistiques.Mais qu’en est-il exactement des paramètres de ce cadre de travail préétabli qui se veut non astreignant?À lire le texte publié à l’intérieur du dépliant promotionnel, on pourrait penser que Gaston Saint-Pierre cherche tout sinr plement à provoquer une prise de conscience sur l’importance du temps dans le processus de réalisation d’une œuvre plastique: »Se déroulant sur une période d'un mois, l'événement du symposium amène presque naturellement les artistes à marquer ponctuellement et chroniquement l'actualité du temps qui passe, très souvent sous la forme d une construction d'une mosaïque qui s accroit progressive^ ment chaque jour.Considéré par-jbis comme un art secondaire, le journal devient curieusement avec le temps un témoignage historique sur la façon dont un artiste aménage son temps, continuellement partagé entre les préoccupations du quotidien et les grands questionnements sur l'art.» Enonce en ces termes, et si l’on se fie à l’horloge en arrière-plan de l’affiche annonçant l'événement, c’est le temps «calendaire» qui semble avoir été privilégié parmi toutes les modalités que comporte cette grande catégorie existentielle.Le temps calendaire, comme l'appelle le philosophe français Paul Ricœur, c'est celié f>": sr;v' tn mnetue, rythme e* .I- lii umts ou a s moments qui se succèdent suivant une irréversibilité qui donne prise à bien des spéculations mé- * SYMPOSIUM DE BAIE SAINT PAUL MW W** MÉdÜêÜÎ fwtwwfw PETER MCCALLUM So Most Beautiful Guys in Universe, 1997, de Sadko Hadzhasanovic.Acrylique sur toile, ISOxlOOcm PAPIER ORIS Les Nomades, 1998, de Josée Pellerin.Huile sur photographie noir et blanc, recouverte d’un tissu, 245x 368 cm.taphysiques.Le temps mis au programme par Gaston Saint-Pierre est donc un.temps partagé entre les activités quotidiennes et celles de l’esprit.C’est un temps qui de vient un agent actif et structurant puisqu'il est toujours, en quelque sorte, à pied d'œuvre avec les artistes.Il est leur plus fidèle allié.Le temps comme un étau Mais proposer pareil «cadre de travail», c'est également, à un niveau moins abstrait et plus pragmatique, offrir aux artistes l’occasion de concilier un mode de production artistique assez spécifique — le journal—à la formule contraignaiv te du symposium.Car si le directeur artistique du symposium parie du temps qui passe, qui s'accroît, et inscrit la pratique dans la durée et la longévité, l'artiste sait bien.lui.qu’une fois plongé dans l'arène de l’art que devient î’aréna sportif Luc et Marie-Claude pendant le symposium, quand il se prend à penser à la marchandise qu'il aura à livrer, tout à coup, le temps se resserre sur lui conune un étau.Or, le temps et l'énergie passés à convaincre le public, par toutes sortes d’arguments, que l’art contemporain, «ce n'est pas n'importe quoi», contrairement à ce qu’en pensent ses contempteurs, qui sont légion dans les parages, ce temps-là, c’est un temps ravi au temps précieux qu’il doit passer à produire de l’art.Le «cadre de travail» proposé s’avère Le Symposium de Baie-Saint-Paul suscite toujours, bon an mal an, de nombreuses et démesurées attentes de la part d’un public de plus en plus exigeant par conséquent fort bien réfléchi, voire un peu rusé.La réalisation d’tm journal, qu’il s'agisse d’un journal de bord personnel ou public, exige assiduité et régularité, oblige à de perpétuels retours et à un entretien quotidien.La forme du journal de bord convient comme un gant à la formule du symposium puisqu'elle mise essentiellement sur la presence assidue et soutenue des artistes.Après tout, c’est grâce à leurs prestations en direct que l’événement conserve toute son originalité et son dynamisme.«Performer» en public plusieurs jours par semaine, c’est bien entendu un défi que les artistes qui soumettent leurs candidatures sont prêts à relever.Leur nal comme cadre de travail, même si celui-ci se veut non rigide, non seulement aide à faire passer les heures, mais c'est un peu aussi, dans ce contexte si particulier qu'est le Symposium de Raie-Saint Paul «faire de nécessité vertu».Le statut des artistes lin autre changement subtil à signaler concerne le statut des artistes participants.Il n'y aura phis, s'il n'en tient qu’à Saint-Pierre, de distinction nette entre artistes invités et artistes sélectionnés.Dans les faits, les trois quarts des i artistes ont bel et bien été sélectionnés sur présentation d’un dossier et la balance ont été invités en bonne et due forme; sélections faites et invitations adressées en fonction du thème qui n’en est pas vraiment un, bien entendu.Mais on veut éviter les étiquettes et, surtout, on tente de réduire les tensions que pouvaient entraîner les privilèges accordés aux plus chevronnés, les artistes seniors.Tous les artistes seront donc traités sur un même pied d’égalité.Et si l’on en juge par le sobre accrochage d’œuvres récentes réalisées par les artistes de la cuvée 2003 au Centre d'exposition, tout porte à croire que ce souci d’équité sera également appliqué ailleurs; ce qui devrait émousser le climat tristement académique que le rapport maître à élève ne manquait pas de dégager parfois.Le directeur artistique caresse également le désir de constituer une exposition cohérente en sélectionnant les meilleures œuvres réalisées à l'issue de la compétition, qui n'en est pas vraiment une, il va sans dire.Cette exposition serait présentée ailleurs au Québec, dans un endroit qui reste à déterminer.À ce stade-ci, bien malin serait celui qui pourrait anticiper la qualité des résultats qu’il obtiendra effectivement.Néanmoins, si l’on se fonde sur les quelques pièces regroupées dans la salle principale du Centre d'exposition, tous les espoirs sont permis.Josée Pellerin a réalisé un triptyque représentant de vastes vues aériennes en noir et blanc au-dessus desquelles plane une tortue géante qu'elle a esquissée à larges traits.La texture écaillée de la carapace est étroitement et habilement imbriquée au relief de la terre, produisant ainsi une inteipéné-tration d’espaces géographiques qui a pour effet de suspendre momentanément le voyage de son «nomade» reptile.À cette participation.ma foi plutôt convaincante, font face deux tableaux de Christine Major, jeune artiste expérimentée qui poursuit une profonde réflexion poétique sur la peinture.Un des deux tableaux exposés (Perturbation atmosphérique, 2003), quoique sa composition repose sur la convention un peu éprouvée qui consiste à percer des fenêtres lumineuses dans l'étendue plus sombre de l'écran du tableau, témoigne d’une exploration sensible des effets de clair obscur et d'une recherche de qualités chromatiques tout à fait exceptionnelles.Son interprétation des humeurs et soubresauts du temps qu'il fait au dehors est un pur ravissement pour l'œil.Le poète, cinéaste et artiste acadien Herménegilde Chiasson s'est également commis dans la discipline de prédilection du sympo- sium, la peinture, que la nouvelle équipe de direction du symposium est loin de renier.Les deux vibrants, pour ne pas dire troublants tableaux qu’il expose ne font pas dans la dentelle.De larges lignes blanches grossièrement peintes tracent un profil homme qui se découpe violemment sur des fonds tachetés de couleurs.Par le biais d’un système de flèche qui n’a, à première vue du moins, rien de scientifique, l’artiste cherche à localiser le(s) siège(s) de la douleur dans le corps humain.Tranchant! Autre participation à souligner, participation qui colle de plus près cette fois au «cadre de travail» proposé, celle du Néo-Ecossais Chris Lloyd.Le dépliant du symposium reprend un entrefilet du New Brunswick Reader signé par John Mazerolle qui se lit comme suit: •Dans le cadre d'un projet artistique.depuis le 29 février 1999.Chris Uoyd envoie chaque jour une lettre au bureau du premier ministre du Canada.D’habitude, Uoyd [.J raconte au premier ministre les menus détails de sa journée (l'heure à laquelle je me suis réveillé, les petits boulots qui m'attendent.), puis termine par une question: comment s'est passée la journée de Jean?, rève-t-il à son travail?quel est d'après lui le destin de l'univers?L'artiste originaire de Saint-Jean a envoyé à ce jour plus de 200 lettres et n 'a aucune intention de cesser.» Passons outre l’intérêt proprement esthétique des huiles sur contreplaqué qui accompagnent ces lettres puisqu’il est intentionnellement nul.Comment résister à un humour pareil?Enfin, dernier coup de cœur, d'un Les j .peaux à déto u rs CIRCUITS C U IT U « ( l S UN PEU DE NATURE ET D'ART POUR EMBELLIR L ÉTÉi Quelques places disponibles ! 9-10 août - île d'Orléans Félix Leclerc poésie et musique I Incontournable ! 23 août - Bois-Francs Alfred Laliberté au Musée d'Arthabaska Un événement ! 26 août • Trois-Rivières La Biennale de l'estampe plusieurs expositions de la pâte au papier, et du papier à l'oeuvre d'art ! (514) 352-3621 f n coBabcrofaot' ttvéc Ctub Vdwops Row»«oot humour tout aussi fin, de cette exposition sans prétention mais qui donne tout de même un avant-goût utile de ce qui se prépare au symposium, le travail de l'artiste d’origine bosniaque Sadko Hadzhasanovic.Ce dernier présente, entre autres choses, une huile et transfert photographique sur toile intitulée Familiy Tree - After Mondrian, 2003.L’artiste s’est fabriqué un arbre, vieux de cinq cents ans, en agglutinant au-dessus d’un tronc des cactus aux aiguilles bien effilées.L’arbre très personnel ainsi obtenu a produit au fil des siècles de juteux fruits: Jimmy (Hendrix).Zapata, Maximilien Robespierre, Tito, James, Che.et Sadko.Comme par les années passées, le symposium présente un programme de causeries avec les artistes, un forum et quelques spectacles.Pour renseignements: .LE SYMPOSIUM INTERNATIONAL D’ART CONTEMPORAIN DE BAIESAINTPAUL 11, rue Forget Du l" août au T septembre Artistes: Yasuko Asada, Anne Brégeauk, Sytvaine Chassay, Hermenégilde Chiasson.Julie DaHaire et Edith Normandeau.Sadko Hadzihasa-novkr, Chris Uoyd, Christine Major, Josée PèDerin, Vida Simon GALERIE BERNARD Artistes de la galerie Nouvelles œuvres Été 2003 3926 rue Saint-Denis, Montréal (Québec) (514) 877-0770 21* SYMPOSIUM international d'art contemporain de Baie-Saint-Paul 1* août au l" septembre 2003 SvMin.hmtnomor, 3001.ptatoQrioE* 42 5 1 88 ctti RtiotolvtnSmet ACTIVITÉS À VENIR Vtndradi 8 août à 15 h Causerie avec Christine Ma/or.Josée Pellehn et Vida Simon Samedi 9 août à 16 h Charles Guilben et Guylame Coderre Chansons de bric et de brx Guitare, accordéon, piano Vtndradi 15 août é 15 h Causene avec Anne Brègeault Sytvaine Chassey, Yasuko Asada et Julie Dallaire/Èdith Normandeau VISITES GUIDÉES.ATELIERS JEUNESSE.PROJECTIONS VIDÉOS Lt Symposium «si subventionné par : ^ CfciébetSS Québec SS «t commandité pif LOTO-QUÉKC • MTV • BANQUE NATIONAU • LE DEVOIR • POWER CORPORATION • U SOLEIL Lé Céntrs d’art ds Bsis-SsM-Paul irmstovimi f.nwo-ii Hturoqum INNMNWIlVMMMi tHWTld Ciftb«p#chiiWir*f
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