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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier G
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2003-09-13, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 14 SEPTEMBRE 2003 LE DEVOIR Altermondialisation Démocratie et développement Gérald Larose Président du Groupe d'économie îo//-daire du Québec, il professe l'autre discours, celui de la participation: «La mondialisation en soi n'est pas un problème.Cest le type de mondialisation nêolibérale qui est une catastrophe qu'il nous faut combattre.Car la mondialisation en tant que telle, c'est une occasion de solidarité.» Page 3 Porto Alegre La première expérience d'une politique de budget participatif au Brésil a ete réalisée dans cette ville en 1989.Depuis, la formule mise de l'avant par le Parti des travailleurs a été exportée à plus d'une centaine de villes brésiliennes.Page S WÊÊm w - ?WÊÊÊ8ÊI.ÜSS SERGIO MORAES REUTERS — - - r, *w iHiÉR mm mm - Mm solidarité Ils sont en petit nombre à Montréal.Ils sont Togolais.Chaque semaine, ils contribuent, par des retenues sur de maigres salaires, à un effort de reconstruction de leur pays d’origine.Ils sont inscrits à la DIASTODE, cet organisme qui vise autant à améliorer des conditions socio-cultureües de ce pays qu’à soutenir l’opposition montante au régime politique en place.Au bout d’une année d’efforts, les sommes en jeu se calculent à coup sûr par une simple opération comptable.Toutefois, combinés à d’autres initiatives de même nature (on dénombrerait ainsi en France seulement plus de 500 actions similaires), ces gestes contribuent à établir une solidarité nouvelle, par l’implication des simples citoyens dans un effort pour contrer le déséquilibre qui existe entres les pays développés et les autres, ceux à la traîne des grands ordres mondiaux, qu’ils soient économiques ou politiques.Mais, pour qui vit là-bas, il est certain que ces maigres dollars représentent beaucoup.S’il en fallait une preuve, elle était donnée cette semaine dans une nouvelle d’un bulletin de la radio canadienne qui nous disait que pour une année de travail, soit la production d’une tonne de maïs, un paysan mexicain allait recevoir pour tout profit un simple 15 $! Il faut savoir que les lois qui régissent le commerce mondial, en ces temps de mondialisation, sont cruelles pour les petits producteurs, pour ceux qui ne peuvent avoir accès à de grandes surfaces de plantation nourries par divers engrais et autres OGM: on sait ainsi que sur le marché haïtien, le riz local se vend à un prix supérieur à celui de l’importation, cette importation qui per- met d’écouler les surplus de la production texane.Alternatives Ces Togolais n’œuvrent toutefois pas en vase clos.Ainsi, dans une dizaine de jours, à Gatineau, le 25 septembre prochain, un atelier fera écho à leur effort, comme il témoignera d’initiatives similaires, qu’elles soient malienne, québécoise ou péruvienne.Car dans le cadre d’une conférence internationale, ouverte la veille, des acteurs de terrain, comme des universitaires ou des professionnels en développement international, seront rassemblés pour débattre d’un développement durable possible malgré les ravages causés par les tenants de la nouvelle économie néolibérale.Sous un thème rassembleur, «Le Sud.et le Nord dans la mondialisation.Quelles alternatives?», ils seront venus d’Europe, d’Afrique, d’Amérique latine, à l’invitation de la Chaire de recherches du Canada en développement des collectivités de l’Université du Québec en Ou-taouais, poursuivre avec des intervenants d’ici une réflexion initiée à la Rencontre internationale de Québec 2001 et qui devrait conclure sa réflexion à Dakar, en 2005.Ces débats ne sont pas isolés: les plus célèbres d’entre eux ont maintenant un écho mondial.Avec les années, le Forum mondial de Porto Alegre a ainsi supplanté, dans le monde de l’information, le Sommet de Davos.Les tenants de l’économie politique ont ainsi réussi à renverser la vapeur, en démontrant que les rêves d’une société meilleure promue par les économistes des banques mondiales et autres organisations de commerce tenaient plus du mirage et d’une recherche de profits que d’une volonté d’assurer le bien commun (il faut ainsi comprendre les difficultés rencontrées présentement à Cancün dans l’établissement de règles qui garantiraient un commerce, en apparence à tout le moins, équitable).Prise de conscience Toutefois, rien n’est acquis.Les groupes de pression du Nord sont actifs et les subsides gouvernementaux envers les producteurs sont nombreux pour garantir des prix «compétitifs»: un fermier dç ITowa reçoit ainsi plus de 100 000 $ annuellement de l’État américain pour soutenir sa production.En fait, les subsides gouvernementaux attribués par les nations riches à leurs fermiers dépassent annuellement les 400 milliards de dollars, soit plus que le produit national brut de tous les pays des régions subsahariennes.L’avenir des pays du Sud passe donc par une prise de conscience des citoyens du Nord: il est impossible d’améliorer le sort commun tout en conservant les énormes avantages garantis aux plus riches de la place, à des individus ou à des corporations, par le présent déséquilibre mondial.D est par contre possible de mettre de l’avant la richesse de quelques-uns, quitte à mener, à l’occasion, des actions militaires contraires aux discours humanitaires qui sont à la base de toute démocratie.Dans un monde solidaire, la parole aura toutefois toujours la priorité quand il est question de mettre en place une véritable mondialisation, celle qui prend en compte l’intérêt de tous.et de l’autre, du Nord, comme du Sud.Normand Thériault L’avenir des pays du Sud passe donc par une prise de conscience des citoyens du Nord Nord et Sud Gouvernance mondiale Gouvernements locaux Page 2 Rencontre de Gatineau Page 3 Nouvelle économie Mali Togo Page 4 En t r a i d e Pérou Page 5 4 i I LE DEVOIR.LES SAMEDI !3 ET PIMA.VCHE 1 4 SEPTEMBRE 200 S • ALTERMONDIALISATION • Gouvernements locaux Penser mondialement et agir localement Des villes québécoises exportent leur expertise au Sud Le mandat du pouvoir local a évolué.Il ne s’agit plus seulement d’assurer le maintien de la qualité de vie des citoyens, de la pérennité des ressources disponibles et d’une gestion locale démocratique.On veut aussi prévenir les conséquences souvent malheureuses de la politique des pouvoirs centraux et des leaders de la mondialisation.JACQUES JOBIN Subir ou agir, telles sont les deux options qui se présentent au gouvernement local face à la mondialisation en cours.Mais le monde municipal a fait son choix.D entend occuper sa place au sein de la gouvernance mondiale.Les paliers de décision qui tendent à l’influencer se multiplient: Organisation des États américains, G8, Organisation mondiale du commerce, Banque mondiale, Fonds monétaire international et autres.En outre, le contexte, qui s’incarne dans les problèmes environnementaux, le terrorisme, la progression du SIDA et d’innombrables crises, rend le scénario encore plus complexe.Une action efficace de la part des municipalités s’impose, car elles touchent près de 80 % des besoins des citoyens dans leur vie quotidienne.Elles ont donc résolument décidé de pénétrer de plain-pied dans les officines de la gouvernance mondiale.Les gouvernements locaux disposent d’une expertise qui leur est propre en matière de gestion participative et démocratique.Leur expérience en matière de prestation de services est unique.Ces compétences sont désormais recherchées partout dans le monde, parce qu’on a constaté que leur impact comporte un lien direct avec la stabilité politique, seule garante d’une paix durable.C’est dans ce cadre que les organisations qui représentent le monde municipal — telle l’Union internationale des villes et pouvoirs locaux — ont fait une analyse stratégique qui leur a permis de constater que l’expertise des pouvoirs lo- caux en gestion participative et en distribution des services est un atout majeur et qu’elles doivent elles-mêmes consacrer des ressources de plus en importantes à la mise sur pied et au bon fonctionnement des associations nationales qui en sont membres afin d’assurer une formation pertinente aux responsables locaux, qu’ils soient élus ou employés par les municipalités.Au service des gouvernements locaux Les associations nationales jouent trois rôles qui sont essentiels à l’amélioration de la gouvernance locale et à l’intégration des pouvoirs locaux au sein de la mondialisation: la représentation des intérêts des municipalités membres auprès des autres institutions publiques ou privées, le lobbying non partisan auprès des autres sphères de gouvernement et, enfin, la formation des membres tant à la gestion démocratique qu’à l’élaboration et au maintien des structures administratives des municipalités, cette dernière se faisant généralement au moyen d’échanges d’expertise.À cette mission viennent maintenant s’ajouter les services d’appui technique aux municipalités membres qui souhaitent développer des programmes internationaux.La culture politique, dans certains pays, est parfois en contradiction avec les objectifs d’une association nationale de municipalités, comme elle l'est, d’ailleurs, face à la décentralisation des pouvoirs vers les municipalités.Les gouvernements autrefois centralisateurs ont l’impression de se créer eux-mêmes une nouvelle opposition, alors que les maires, ancrés dans leurs habitudes de soumission au pouvoir central, hésitent à se prévaloir des pouvoirs qui leur sont pourtant indispensables.Les associations nationales ont donc souvent besoin d’être accompagnées dans leurs efforts pour jouer pleinement leur rôle de représentation, de défenses des intérêts et de formation des membres.Elles doivent aussi apprendre à composer avec les bailleurs de fonds sans compromettre leur mandat face à leurs membres.Le Sud et le Nord À nos yeux de Nord-Américains, les municipalités comme entités et la compétence qu’elles manifestent dans tous leurs champs d’activité semblent aller de soi.Nos élus sont formés par l’histoire, par la pratique et par les échanges qu’ils favorisent Ils peuvent en outre compter sur les associations de municipalités qui existent sur les plans provincial et fédéral.Ce bagage rend nos municipalités fortement compétitives sur la scène internationale quand vient le temps d’offrir des programmes de formation ou des activités d’accompagnement On peut dire la même chose des associations municipales.Par exemple, l’Union des municipalités du Québec a déjà commencé à jouer un rôle important de pionnier dans sa relation avec l’Association chilienne des municipalités, relation qui dure depuis déjà près de dix ans.Soutenues par le programme international de la Fédération canadienne des municipalités, plusieurs villes québécoises ont aussi fait, avec beaucoup de succès, l’expérience de programmes internationaux.Ici, il faut rappeler tant l’impact considérable qu’ont eu les pompiers de l’andenne ville de Gatineau sur la qualité des interventions et sur la formation des pompiers du Nicaragua que le rayonnement significatif des activités de partenariats de la ville de Chariesbourg dans sa relation avec le Chili ou la relation fructueuse de la ville de Montréal avec la ville de Shanghai comme l’engagement concret de la ville de Québec auprès de la ville de Ouagadougou au Burkina Faso.Bref, un véritable espace mondial s’est développé dans lequel les municipalités canadiennes, et québécoises en particulier, occupent une place de choix et, tout en y trouvant leur compte, peuvent influencer la donne mondiale.Les grandes agences de développement souhaitent et encouragent la présence des municipalités et des villes en coopération internationale, car la pertinence de leur expertise ne fait plus de doute.Mais plus que cela, on demande aussi aux élus locaux d’animer leurs concitoyens et leurs électeurs dans un monde en mutation dont les caractéristiques propres restent encore largement à définir.Il s’agit là d’une mission extrêmement difficile, mais elle est incontournable.Le monde municipal doit apprendre à penser mondialement tout en continuant à agir localement si nous voulons réussir à atteindre un développement durable.Un comité consultatif des pouvoirs locaux auprès des Nations unies a été créé en 1999 pour jouer le rôle de courroie de transmission et de moteur du dialogue entre les institutions mondiales et les pouvoirs locaux.11 est composé de quinze maires représentant tous les continents.L’actuel maire de Gatineau, Yves Ducharme, en est membre.Grâce aux associations nationales qui agissent auprès des instances internationales, les pouvoirs locaux ont désormais un pied dans la mondialisation.Jacques Jobin fut secrétaire général de l’Union internationale des villes et pouvoirs locaux (IULA) et agit comme conseiller auprès de l’Association néerlandaise des municipalités.L'Université ça change tout le MOnde ! Katenne tkidiahte en saentes sociales MAÎTRISE EN DÉVELOPPEMENT RÉGIONAL Cliquei sur < futurs etudiants RENSEIGNEME (819) 773-1850 question@uqo.ca .- Dynamique et bien branchée, l’Université du Québec en Outaouais (UQO) assure une présence active dans son milieu où elle contribue au développement social, économique et culturel de sa région.Sa recherche dans le domaine social a pour objectif de s’intégrer de plain-pied dans l’élaboration de solutions aux nouveaux problèmes sociaux et de devenir un acteur important dans la création de capital social.De plus, l’UQO s’efforce d’offrir à ses étudiants des éléments de vision internationale à l’intérieur de leur programme de formation ainsi que la possibilité d’acquérir une expérience à l’étranger.PROGRAMMES D’ÉTUDES OFFERTS DANS DES DOMAINES À CARACTÈRE SOCIAL • BACCALAURÉAT AVEC MAJEURE EN SOCIOLOGIE ET MINEURE EN DÉVELOPPEMENT INTERNATIONAL • BACCALAURÉAT AVEC MAJEURE EN SOCIOLOGIE ET MINEURE EN DÉVELOPPEMENT LOCAL ET RÉGIONAL La nouvelle société civile ?Etablir la gouvernance mondiale Un nombre croissant d’acteurs qui n’ont en rien le profil d’institutions, de chefs d’État ou de diplomates internationaux affichent une puissante volonté de participer au développement international.Ils réclament également le droit et les moyens de participer à la gouvernance de notre monde, lequel ne se résume plus à une «communauté internationale», mais comporte aussi une forte part de flux transnationaux qui échappent assez largement au contrôle des États et des organisations intergouvemementales.NANCY THEDE et DANIEL TREMBLAY Une mouvance, appelée «société civile internationale», est en voie de constitution et elle évolue rapidement Initiée par de grandes organisations non gouvernementales (ONG) basées dans les pays du Nord et axée sur le débat autour des politiques des institutions internationales, elle se diversifie et se complexifie au gré des enjeux de la mondialisation.On assiste depuis peu, en effet à l’émergence de nouvelles formes d’articulation de cette société civile internationale, portée maintenant par des mouvements sociaux et non plus seulement par des ONG.Ces nouveaux acteurs de la scène internationale travaillent à la fois sur le plan des politiques internationales et sur celui des pratiques locales (par le biais d’échanges, de réseautages, de stratégies communes).Se définissant comme membres de réseaux Nord-Sud, ils ajoutent une dimension radicalement nouvelle à la société civile internationale.Dépassant un objectif longtemps fixé par des ONG de développement international, ils arrivent à concrétiser l’échange solidaire et égalitaire.Le commerce équitable illustre bien ces nouvelles pratiques qui comportent un aspect de développement international, mais ce n’est pas leur seule raison d’être.Plusieurs initiatives québécoises et canadiennes s’inscrivent dans cette dynamique.C’est le cas, pour citer un exemple issu de l’économie sociale et solidaire, du GESQ (Groupe d’économie solidaire du Québec), qui a participé à la création du Réseau international de promotion de l’économie sociale et solidaire (RIPESS), lequel est d’ailleurs soutenu par deux ONG du Québec, le CECI (Centre canar dien d’étude et de coopération internationale) et l’organisation Développement et Paix.C’est le cas aussi d’autres organisations comme le Carrefour mondial de l’Internet citoyen à Montréal etTelecom-munities Canada, en Colombie-Britannique, qui ont contribué à fonder Global CN — Plateforme des réseaux citoyens (www.glo-balcn.org) — un partenariat de groupes de partout dans le monde travaillant à conjuguer besoins sociaux et nouvelles technologies de l’information et de la communication.Citons aussi les nombreuses organisations regroupées au sein du Réseau québécois sur l’intégra- tion continentale (RQIC) et de Common Frontiers, tous deux participant à l’Alliance sociale continentale, coalition d’organisations qui veulent s’assurer que le libre-échange fera progresser le niveau de vie et la protection des droits des peuples des Amériques.Les syndicats d’enseignants et d’étudiants ont créé, pour leur part, l’Internationale de l’éducation pour défendre le droit à une école publique de qualité.Partenaires Les exemples foisonnent Dans cette démarche, ces mouvements ont pu mobiliser un appui de la part de certaines institutions de coopération dont Développement international Desjardins, le Fonds de solidarité de la FTQ, la Caisse d’économie des travailleurs et travailleuses de Québec, l’Union des producteurs agricoles et de plusieurs ONG regroupées au sein de l’Association québécoise des organisations de coopération internationale (AQOCI).Des appuis proviennent aussi d’organismes para-gouvernementaux, tels le Centre de recherche en développement international (CRDI) et Droits et Démocratie, et même parfois de l’ACDI.Ces appuis sont appréciables, mais il demeure que l’initiative de la définition des priorités et des rapports à établir est entre les mains de ces nouveaux réseaux internationaux D est impossible de dresser aujourd’hui le bilan de ce mouvement, ou même de décrire avec précision tous les acteurs qu’il mobilise, leurs intérêts, leurs ressources, leurs réalisations, leurs potentialités et leurs limites.Par contre, il est clair qu’il sera de plus en plus difficile pour les États et pour les grandes organisations intergouvemementales d’ignorer les «représentants» de cette «altermondialisation».S’ils n’ont pas, comme les manifestants «antimondialistes», l’art de s’attirer l’attention des médias et s’ils sont loin de disposer des mêmes moyens que les pouvoirs publics, ces «altermondialistes» possèdent en revanche un riche capital de réseaux, de compétences et d’idéaux dont l’émergence présage un nouveau souffle pour l’avenir de la planète.Nancy Thede, anthropologue, et Daniel Tremblay, politologue, sont rattachés à la Chaire de recherche du Canada en développement des collectivités de l’UQO.— iSISIIÏ Chaire de recherche du Canada en mondialisation, citoyenneté et démocratie La chaire s'intéresse à l'émergence de nouvelles formes de citoyenneté et de démocratie dans le contexte de la mondialisation.AXES DE RECHERCHE : • État et nouvelles formes de régulation politique • Éthique et politique dans les sociétés pluralistes • Démocratie et marché dans les Amériques • Rnanciarisation et mutations du capitalisme POUR INFORMATION (514) 987-3000, poste 3366 www.chaire-mcd.ca ii UQÀM Prenez position «É Le savoir au service de la solidarité FORMATION EN COOPÉRATION INTERNATIONALE INTRODUCTION GÉNÉRALE À LA COOPÉRATION INTERNATIONALE Du 15 octobre au 12 novembre 2003 Cinq soirées d'étude sur l'histoire de la coopération, ses institutions, ses enjeux et ses pratiques dans le contexte actuel.Soirée sur la coopération volontaire : le 19 novembre 2003 Pour plus d'information : www.ceci.ca » A 4 » V LE DEVOIR.LES SAMEDI 13 ET DIMANCHE 1 t SEPTEMBRE 2003 ALTERMONDIALISATION Ci 3, Mouvement citoyen international De Fantimondialisation à raltermondialisation «La mondialisation néolibérale est une catastrophe qu’il faut combattre» Depuis plus d’une décennie, des mouvements contestent ouvertement et vertement le néolibéralisme.Toutefois, de nouveaux types d’opposition prennent forme.Gérald Larose témoigne.ULYSSE BERGERON T a mondialisation en soi n'est pas un problème.'' JL/ C’est le type de mondialisation néolibérale qui est une catastrophe qu’il nous faut combattre.Car la mondialisation en tant que telle, c’est une occasion de solidarité.» C’est en ces termes convaincus que Gérald Larose, professeur au département de travail social de 1TJQAM, interprète la situation.Toutefois, comme le souligne M.Larose, deux attitudes se développent face au néolibéralisme: «Il y a une résistance à développer par rapport aux politiques dominantes de certaines organisations.Cest à combattre.Et en même temps, il faut proposer des alternatives à la mondialisation actuelle.Les deux vont de pair et sonf nécessaires.» Egalement président du Groupe d’économie solidaire du Québec (GESQ), une association à but non lucrative œuvrant pour ime économie sociale et solidaire, l’ex-syndicaUste qui a tenu la barre de la CSN pendant 16 ans participe activement à l’élaboration de cette «autre mondialisation».«Il y a des alternatives à ce que nous connaissons actuellement.Elles sont minori- sées.Les grandes organisations internationales comme l’OMC ou le FMI ne veulent pas les reconnoitre.Mais sur le terrain, il se dessine de puissants courants», ex-plique-t-il en citant en exemple le commerce équitable.Du Nord au Sud.et du Sud au Sud Gérald Larose participera à la Conférence internationale «Le Sud.et le Nord dans la mondialisation: Quelles alternatives?» qui se déroulera à l’Université du Québec en Outaouais les 24 et 25 septembre prochains.Ce sera l’occasion pour lui, ainsi que pour plusieurs autres spécialistes, de faire le point sur la situation des mouvements altermondialistes.«U y a quelque chose de fondamental dans cette conférence, elle met en présence des acteurs sociaux et des chercheurs», souligne le professeur.Il s’agit ainsi de faire le pont entre les connaissances théoriques et ce qui se déroule réellement sur le terrain.Quels sont les défis et les obstacles à surmonter?Quels moyens peuvent être développés afin de réaliser efficacement les alternatives proposées?Des représentants des pays du Sud et du Nord participeront à cette conférence.«Des équipes basées sur dif- férents continents seront présentes.La préoccupation est celle des relations Nord-Sud On veut briser le schema traditionnel d’une imposition du Nord l'ers le Sud», avance Gérald Larose.Des conférenciers d’Atrique, d’Amérique latine et d'Europe exposeront leurs n'alités et proposeront des alternatives.Les thèmes abordés au cours de cette conférence sont nombreux.11 sera entre autres question des initiatives innovatrices développées en Afrique de l’Ouest, en Europe et en Amérique du Nord, de la formation de la main-d’œuvre, des mutations du travail, de la contribution des mouvements sociaux et des nouvelles formes de coopération internationale.11 ne s’agit aucunement de contrer ou de diaboliser la mondialisation, maintient Gérald Larose.Ce n’est pas l’objectif.Il s'agit plutôt de mettre en perspective les moyens qu’il faudrait favoriser afin de réaliser mie économie solidaire.Car l’altermondialisation, telle que définie par M.Larose, «a pour projet de solidariser les peuples, les petits travailleurs, les consommateurs sur la base d'un projet commun qui est définitivement plus acceptable pour les humains et pour la nature».Les alternatives sur lesquelles porteront les ré- flexions de la conference ont toutes un point en commun, elles se situent dans une économie sociale et solidaire: une économie qui est constituée par ceux qui apportent le facteur travail plutôt que par ceux qui soutiennent le facteur capital; une économie qui tient' compte des réalités urbaines et rurales; mie économie qui s’appuie avant tout sur la société civile.Réseaux la conférence se penchera également sur les divers réseaux et activités qui se déroulent dans le secteur.Et force est d’admettre qu’il en existe de plus en plus: le Forum social mondial de Porto Alegre, le Réseau mondial des acteurs du développement local durable, le Réseau «femmes et économie solidaire» et les Rencontres d’économie sociale et solidaire du réseau lima/Québec/Dakar Tous se soucient du maintien de la démocratie, de l’importance des mouvements citoyens, des économies sociale, solidaire et populaire.Tous ont comme but principal de participer à la construction de nouvelles façons de développer la mondialisation et de repenser les paramètres qui encadrent sa concrétisation.«On part du fait qu'il existe dans le Sud des dynamismes et des leviers de développement économique qui ont leurs caractéristiques.Et que si on veut structurer une collaboration, elle devra se faire sur la base du partenariat, c’est-à-dire en valorisant ce qui existe sur place au lieu d'imposer nos propres schèmes», souligne M.Larose.JACQUES GRENIER EE DEVOIR Gérald Larose T* -# X TÉMOIGNAGE Un nouveau Nord pour le nouveau Sud Une autre mondialisation est-elle possible?Du Forum social mondial de Porto Alegre au Brésil et bientôt en Inde en passant par les premières Rencontres internationales d’économie sociale et solidaire de Lima (1997), de Québec (2001) et prochainement de Dakar (2005), les Rencontres de l’AlUance pour un monde pluriel, responsable et solidaire, les Rencontres du réseau mondial des acteurs du développement local durable, le groupe international «femmes et économie solidaire»., des réseaux internationaux nouveaux tissent leur toile.Ils s’appuient sur des milliers d’initiatives économiques, au Nord et au Sud, qui refont le monde, localement du moins, en s’inscrivant dans un mouvement plus vaste de la société civile qui se mobilise sur le plan international, En outre, des sociétés (et leurs Etats) sont en quête d’un développement autre par une économie plurielle et des formes nouvelles de démocratie politique.C’est le cas du Brésil de Lula ou de l’Afrique du Sud de Mandela.«Last but not least», des solidarités internationales innovatrices se font jour.Alternatives Un mouvement citoyen international a donc commencé à se faire entendre, mais surtout à s’organiser sur ses propres bases pour animer et construire des alternatives à la mondialisation néolibérale.Au Sud comme au Nord, des alternatives se dessinent En ces temps d’incertitudes (de gouvernance mondiale en crise, de
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