Le devoir, 10 novembre 2007, Cahier F
LE D E V O I R .L E S SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 NOVEMBRE 2 0 0 7 rnttUt LITTÉRATURE Sergio Pitol Page F 4 Günter Grass Page F 6 Simon Girard et son DawsmKid Page F 9 Gilles Jobidon Page F 10 Daniel Pennac Page F 10 ESSAIS Gaston Miron Page F 12 Laurent Laplante Page F 20 René Lévesque Page F 21 OlivarAsselin Page F 25 J.-P.Charbonneau Page F 27 JEUNESSE Plaisirs d’automne Pages F16 et F 17 BEAUX LIVRES Croix de chemin Page F 24 Michel Tremblay: ramour-haine de la famille ir V a.PEDRO RUIZ «Quarm -¦ - irécanrél KBOOgai THÉCARRÉ «SUUIIIELOKMIIMA Ê P' U'Ml-RITURS I Amhrosiks WlÜsWiMâi TmSmê ; vSffi; ): : St Y» (A MO I .Y I 1 Pour connaître l'horaire des séances de signature, veuillez vous référé WWW.GROUPELIBREX.COM | STAND 116 UIU Séances de (ca.A«_/j au 8alon du livre de Montréal Venez rencontrer ces auteurs A SUCCÈS AU STAND DE Guérin (n >563) Mctrie-Pau JJtb icKAdC B !‘ le ÎvaL Dictionnaire biographique des femmes célèbres et remarquables de notre histoire Mercredi 14, jeudi 15 et vendredi 16 novembre 2007, de 19hi21 h Samedi 17 novembre, de 14 h à 16 h et de 19 h i 21 h Dimanche 18 novembre, de 14hi IBhetde 18hè 19h Lundi 19 novembre, de Wh30i 12 h ’sam Les héritiers (dernier tome de la tétralogie) Vendredi 16 novembre 2007, de19hi21h Samedi 17 novembre, de Khi IBhetde 19hà21 h Dimanche 18 novembre, de 10h30à 12 h Louis mon Nipish une narration en autochtonie Jeudi 15 novembre 2007, de 19 hi 21 h Vendredi 16 novembre, de 17 hi 19 h Samedi 17 novembre, de lOhJOi 12h eide 17h30i19h Dimanche 18 novembre, de WhXi 12hetde IShiISh A1h Dictionnaire encyclopédique et historique de la police , politique du Bas-Canada 1838-1840 Dimanche 18 novembre 2007, de 13hÀ16h Guérin -4SOI, rue Drolet Mniitre.il (Québec) H2 1' 2(i2 ('.tn.ul.t Téléphone: 514-842-3481 Télécopie: SI4 842- *923 ('nurrtel: fr.itueK-'nuerin editcur.iji.i.* Internet : http://wcvw.guerin-ctliteur.qc.ca F 6 LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 NOVEMBRE 2 0 0 7 SALON DU LIVRE Les anguilles par la tête Louis Hamelin ordigue: «enceinte en clayonnages qui, au bord de la mer, sert à prendre ou garder le poisson.» Le mot m’est revenu ce matin, je venais de refermer le livre de mémoires de Günter Grass.J’ai complètement oublié la métaphore aggravée d’un pléonasme à laquelle servait la «bordigue de clayonnages» de mon premier livre, mais le mot lui-même surnage dans l’aléatoire du souvenir, et des anguilles me ramènent à lui comme à la mer, celle du Basdu-fleuve où les pêches aux anguilles d’antan raient parfois encore le courant Les Allemands, paraît-il, achetaient le gros des captures du Saint-Laurent jusqu’au jour où ils ont découvert que les anguilles québécoises, comme les bélugas de fierre Perrault étaient devenues des cocktails chimiques vivants.Leur technique de pêche à l’anguille, à eux, était bien différente.Sur les bords de la Baltique, aucune bordigue en vue.On se servait d’une tête de bœuf qu’on balançait au fond de l’eau au bout d’une corde.Quand on la ramenait à terre le lendemain la tète était vivante et les anguilles lui sortait par les yeux et les oreilles, les naseaux et la gueule.Au cinéma, dans la magnifique adaptation du Tambour qu’a fait Volker Schldndorff, la tête de bœuf était devenue une tête de cheval sans rien perdre de son efficacité à la fois comme engin de pêche et image.Je n’ai pas retrouvé la moindre anguille dans le dernier Günter Grass.L’oignon, en revanche, est omniprésent son bulbe aux multiples peaux faussement transparentes est le symbole situé tout au centre de ce strip-tease de la mémoire, dont les pelures sont devenues aussi glissantes que celles de la banane lors de la parution du livre en Alle- magne.Question; le jury du prix Nobel de littérature, qui s’est fait une spécialité ces dernières années de récompenser tant les positions antiapartheid et les opinions pacifistes que le talent d’écriture de ses lauréats, aurait-il décidé de saluer le tournant du millénaire (1999) en distinguant un ancien engagé volontaire des sinistres troupes d’élite des SS si la chose avait été sue à l’époque?Vu de Stockholm, l’engagement subséquent auprès du Parti social-démocrate aurait-il eu valeur de rédemption?Pas sûr.Je n’ai pas suivi ce débat, mais l’oignon de Grass rappelle immanquablement ce chapitre marquant du Tambour intitulé «La cave aux oignons», dans lequel les clients d’une boîte de jazz de Düsseldorf se voyaient offrir une planche à légumes, un couteau et un oignon pour les aider à surmonter la fameuse «incapacité à faire son deuil» de la société allemande d’après-guerre.Telle une tête de bœuf lancée dans la mare de la sensibilité européenne, l’oignon littéraire du romancier épargne peut-être nos glandes lacrymales, mais la phrase de Grass, entre 4a sueur et le sang» et la substantifique moelle, a beaucoup à offrir.Rien ne nous renseigne.Réglons tout de suite le cas du SS.«Rien ne nous renseigne, écrit Grass, sur ce qui se passe chez un garçon de quinze ans qui, de son propre chef, veut absolument aller là où l’on se bat et où — il peut le deviner, il le sait même par les livres — la mort remplit ses listes.» D y a le pouvoir d’exaltation de la guerre elle-même.A Dantzig, ville portuaire et yoyo des grandes pitis-sances, le jeune Grass et ses petits camarades s’intéressent au tonnage angioaméricain coulé chaque semaine par les U-Boot, comme d’autres gamins, à des époques différentes, suivent les résultats sportifs.«Je connaissais par coeur jusqu’aux détails des navires de guerre japonais [.], fai encore en mémoire les chiffres et les mots — l’armement et la vitesse en nœuds des aviseurs lourds Huruta ka et Kako.Le souvenir aime à veiller sur les scories.» Ce qui me rappelle que d’échanger des cartes de hockey avec les copains ne m’empêchait nullement, à dix ans, de cons» y SUSANA VERA REUTERS Günter Grass s’avance dans le champ miné de la mémoire sans le secours de l’arsenal interprétatif courant et d’une construction a posteriori de la vérité par-dessus les nids-de-poule du souvenir.crer du temps à mes modèles réduits du Tirpitz et du Bismarck, orgueils jumeaux de la marine de guerre allemande à l’époque de Günter Grass.Qui peut dire l’homme que je serais devenu au sein d’une nation collectivement galvanisée par la guerre totale?Comme les vendeurs de vroum-vroum en tous genres, c’est aux pulsions adolescentes et aux hormones «dans le tapis», mais aussi à l'imagination nourrie de jeu, que s’adressent les propagandistes militaires de toujours.Ce «rien ne nous renseigne» de Grass est important II explique la ICITATIONiuxfeMéatsaoo?Remise du prix au Salon du livre de Montréal le jeudi 15 novembre à 14 heures Salle n°8, niveau 500 sud, hall d'exposition \ 17 DINlKKPttÉTAIION D IMAtll )>•.) Pi'ovctH’hcT Lt Jean-Mftiie M Dubois V f*rr**«ré ilr MJnivWVTà Ou O-'Mtr*' f MOBLlMES '/SOCIAUX Théœieset méthû fondateur du célèbre cirque n’offre qu’un témoignage d’intérêt très secondaire au sujet du fondateur du Parti québécois.Lévesque, explique très rondement laliberté, était intervenu pour permettre au Cirque du Soleil de toucher les subventions nécessaires pour assurer sa deuxième année d’existence, au milieu des années 1980.Mais encore?Une analyse de l’homme, de sa place dans l’histoire, de son héritage?Rien, hélas.Le Devoir RENÉ LÉVESQUE, UN HOMME ET SON RÊVE Pierre Godin Boréal Montréal, 2007,714 pages ATTENDEZ QUE JE ME RAPPELLE.René Lévesque Québec Amérique (1986) 2007, Montréal, 590 pages Des livres pour l'avenir! sous le chapiteau PROLOGUE, st stand 278 Passion : nature Vivre les changements climatiques Louis-Gilles Francoeur Claude Villeneuve Science,on blogue! a t'avili lapotnù! m Nadia Drouin Science ion | 1 lv-s-/| blogue! Le nouveau monde d'Internet Patience dans l'obscur '‘-«S/I François Richard Pascal Lapointe Josée Nadia Drouin L'hippopotame du Saint-Laurent Jean-Pierre Rogel i* ,Æ Jean-Pierre Rogel Hubert Reeves Lévaluation technologique Jacques Very Prévenir (Infarctus ou y survivre investir nouvelles technologies René Crescent Dieu et ses fils uniques ¦ ¦ I D EU I et ses fils uniques JH| KHBSHII nwatiMK II ItWUT»# Laurent Laplante D François w>*vw üf Prévenir finfarctus ou y survivre MUOIMONDCS Territoires Regards multiples sur l'enseignement des sciences Dr François Reeves TURRIT Of RUS r *v Ci i A U L'ENSEIGNEMENT "'SCIENCES La.P* / / niEMwm Mlilfî MONDES www.multim.com I f F 22 LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 E T DIMANCHE 11 X 0 V E M B R E 2 0 ü 7 SALON DU LIVRE ESSAI Passe-Partout : les dessous de l’enchantement PAUL CAUCHON Cf est l’émission qui a donné son nom à une génération.Ce qui n’est pas rien.Pour compléter cette vague Passe-Partout que le Québec vit depuis un an avec le lancement des DVD, le journaliste Steve Proulx publie donc L’Opération Passe-Partout, qui raconte les dessous de la production de la célèbre émission.Il est assez rare qu’on publie ici des livres sur des émissions de télévision, que ce soit pour en raconter l’histoire ou en faire l’analyse.C’est une pratique qui devrait être encouragée, compte tenu de l’impact de la télévision sur nos vies.On salue donc l’initiative, mais on ne félicite pas l’éditeur, qui aurait pu proposer un texte mieux illustré, compte tenu du sujet.La mise en pages est plutôt bizarre, avec beaucoup de blancs dans les pages et des paragraphes indiqués par de petites flèches inutiles.Steve Proulx, lui, a choisi de raconter les dessous de la production de la série, ce qui nous permet d’en apprendre beaucoup plus sur la genèse du projet.Une genèse particulièrement tortueuse.Passe-Partout, c’est d’abord une commande passée en 1971 par le ministère de l’Education, Laurent Lachance, un fonctionnaire du Service général des moyens d’enseignement du ministère (SOME), en hérite.Ce sera le père de Passe-Partout.Comme le rappelle Steve Proulx, les années 60 avaient été marquées par une réflexion sur la pla- ce des enfants pauvres dans le système scolaire.Le gouvernement américain avait lancé en 1965 un énorme programme, Head Start, au coût d’un milliard, qui voulait aider les enfants des milieux défavorisés à rattraper leur retard à l’école.Parmi des centaines de projets retenus, un avait fait sensation: Head Start a été le premier commanditaire en 1969 d’une nouvelle série télévisée, Sesame Street, destinée aux enfants d’âge préscolaire issus des milieux défavorisés.Au Québec, le gouvernement a mis sur pied en 1970 L’Opération renouveau, qui voulait permettre aux enfants défavorisés d’avoir accès à des maternelles à mi-temps.Parmi les hypothèses soulevées par cette opération, la moins coûteuse consistait à produire une série télévisée (par rapport à l’instauration de maternelles sur tout le territoire).C’est ce qui sera retenu.Entre la commande placée en 1971 et la diffusion du premier épisode en novembre 1977, six ans auront passé! Une véritable saga.Le premier concept préparé par Laurent Lachance est démoli par un comité d’experts indépendants mandaté par le ministère.Inchance retravaille avec ses collaboratrices, Louise Poliquin et Carmen Bourassa, et au fil des ans le projet évolue sans cesse.Les tensions sont constantes entre le SGME et Radio-Québec, et finalement le SGME demeurera le maître d’œuvre de la série, produite par une filiale de Télé-Métropole.Peu avant sa diffu- Olivieri librairie «bistro Olivieri Au cœur de la littérature Lundi 12 novembre à 19 h 30 Entrée libre ,5219 Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges Réservations : 514 739-3639 Bistro : 514 739-3303 Dans le cadre des Rencontres du CRILCQ Causerie avec France Théorêt Une belle éducation Essayiste, poète et romancière, France Théorêt marque le milieu littéraire dès la fin des années 1960 en participant aux activités de La Barre du jour.Elle collabore à la rédaction de La Nef des sorcières (1976), cofonde le journal féministe Les Têtes de pioche et le magazine Spirale.Son dernier roman Une belle éducation (Boréal) fera l’objet de cette causerie.Animatrice Élisabeth Nardout-Lafargue Avec le soutien du Conseil des Arts du Canada L’Opération Passe-Partout Steve Proulx sion, la série, qui s’est appelée Saperlipopette pendant toutes ces années, doit changer de nom à la demande du ministère, qui n’aimait pas le juron! la série soulève même un débat à l’Assemblée nationale.L’opposition libérale, s’inquiétait que le ministère de l’Education consacre à la production d’une émission près de 20 % de son budget de l’année pour l’éducation en milieu défavorisé.L’enregistrement du pilote en 1977 démontre que rien ne fonctionnait avec les deux premières comédiennes engagées pour le rôle, alors que Jacques L’Heureux, lui, était parfait.On finit par trouver Claire Pimparé et Marie Eykel à la dernière minute, carrément à quelques jours du tournage du premier épisode.Pendant dix ans, la carrière de Passe-Partout a été assez agitée.Grève des comédiens, départ de Claire Pimparé, tensions dans l’équipe: Steve Proulx ne cache rien.Mais il décrit aussi le succès incroyable de la série.Après la diffusion des 125 premiers épisodes, le projet était officiellement terminé à la fin de 1979.Mais les rediffusions incessantes ont fait augmenter l’audi- Utoire, surtout que les garderies diffusaient l’émission.Invités un peu par hasard dans une école de Hull, les comédiens créent presque une émeute.Ils se rendent alors compte qu'ils sont devenus des idoles, que l’affaire prend une ampleur folle.Ils présentent des spectacles en tournée, et la «marque Passe-Partout» décolle, avec de nombreux produits dérivés.Le premier disque de chansons, lancé en décembre 1980, se vendra à 175 000 exemplaires, remportant le trophée Félix du disque le plus vendu, toutes catégories confondues.Lorsque le public se rend compte qu’il n’y aura pas d’autres épisodes que les 125 premiers, les protestations fusent et une pétition de 85 000 noms est déposée à l’Assemblée nationale pour exiger une suite! Le ministère de l’Éducation accordera des «rallonges» budgétaires tout au long des années 80, et cette étonnante «Opération Passe-Partout» se terminera finalement au bout de 289 épisodes.Terminée?Pas vraiment, puisque aujourd’hui la nostalgie joue à plein.Le Devoir L’OPÉRATION PASSE-PARTOUT Steve Proulx Trécarré 144 pages À l'achat de 3 livres, obtenez.15% 20% 25°/» de rabais sur le premier livre ’ de rabais sur le deuxième livre * de rabais sur le troisième livre * Pensez cadeaux/ Sur présentation de cette annonce seulement.Offre en vigueur jusqu'au 2 décembre 2007.La grande librairie du Quartier Latin le Parchemin 19 6 6 DEPUIS 4 ft ; V“ 1 ^ *'i J * M' V* * X %; •' ' m ' 1 u .V V * -ré i $ ' A V » t v.\ - La revue MŒBIUS au stand 532 Remise du prix de la bande à Mœbius et présentation du n” 115 Le vendredi 16 novembre à 18 b 30 an Salon du livre de Montréal — carrefour Desjardins Composé de Louise Dubue, Stanlev Péan et Claire Varin, le jury a retenu les finalistes suivants : François Charron, Que la jvree se dresse, n 112 Michaël La Chance, Le venturier au sommet et De l'érudition en poésie, n" 111 Marie Hélène Poitras.La trentaine, n" 113 l e lauréat ou la lauréate lira son texte lors de la remise du prix.LA NOUVELLE D’AUJOURD’HUI.LES DIX ANS DE LA REVUE VIRAGES Dois nouvellistes discutent de la nouvelle aujourd'hui Avec Samia Khalifé, Suzanne Myre et Marguerite Andersen, directrice de la revue Virages JEUDI 15 NOVEMBRE À 17 H | CARREFOUR DESJARDINS U PREMIÈRE GUERRE MONDIALE DANS LA FICTION ET DANS LA RÉALITÉ À partir de lettres de soldats, un romancier et un historien discutent de la via dans les tranchées Avec Claude de Moissac et Jean-Louis Grosmaire Animation : Pierre Vennat ' * VENDREDI 16 NOVEMBRE A 15 H | CARREFOUR DESJARDINS DES ROMANS QUI NOUS CONFRONTENT AU SUD Trois romanciers évoquent les relations Nord-Sud Avec Didier Leclair, Pierre Karch et Hélène Koscielniak Animation : Stanley Péan DIMANCHE 18 NOVEMBRE A 16 H | CARREFOUR DESJARDINS IgRÉCF stand 138 I www.recf.ca LE DE\01R.LES SAMEDI 10 E T 1) 1 M A X C H E 11 X 0 V E M B R E 2 0 0 7 SALON DU LIVRE Retour sur le Front de libération des femmes FRANCIS DUPUIS-DÉRI Lors du procès de Paul Rose, membre du FLQ, Lise Baker est accusée d’outrage au tribunal pour avoir refusé d’y témoigner.En 1971, les femmes n’ont pas le droit d’être membres de jury: Lise Baker considère donc que les femmes ne devraient pas collaborer à ce système judiciaire sexiste.Lors de sa comparution, des militantes féministes sautent dans le box du jury en criant «Discrimination!» et «La justice, c’est d’là marde!».Le juge les condamne toutes à plusieurs mois de prison.Quelques mois après, la Loi des jurés est amendée et les femmes auront le droit d’être membres de jury.Cette action directe est le point de départ du premier ouvrage consacré à l’histoire du Front de libération des femmes (FLF), signé par Marjolaine Péloquin, une des membres de sa cellule Action-choc.Répondant à un «devoir de mémoire», Péloquin a replongé dans ses souvenirs, réuni d’anciennes membres du FLF pour des discussions collectives et relu le journal Québécoises deboutte!, ainsi que des quotidiens de l’époque.Forte de ces diverses sources d’inspiration et d’information, elle présente une histoire détaillée du FLF, une organisation née à la suite de l’arrestation de 200 femmes qui manifestaient à Montréal, en novembre 1969, contre le nouveau règlement municipal interdisant les manifestations.Le FLF s’est dissous quelques années plus tard, après la mort d’une militante dans une manifestation syndicale violemment réprimée par les policiers.Des militantes ont continué leur lutte sur divers fronts, dont celui du droit à l'avortement Entre cette naissance et cette mort le FLF a été un lieu d'apprentissage politique de nombreuses femmes, qui y ont développé col- lectivement des outils d'analyse, d’organisation et d’action.En prison pour la cause des femmes présente à la fois des analyses générales du mouvement féministe, plusieurs actions directes (contre le Salon de la femme, pour l’occupation des tavernes, etc.) et l’œuvre des diverses cellules du FLF (cellule Garderie, cellule Avortement, cellule Journal, etc.), des portraits de militantes qui expliquent les voies de leur engagement, le tout appuyé par des photos et des documents en annexe.L’entreprise de Péloquin, clairement sympathique aux féministes avec qui elle a milité, n’évite pas le retour critique, détaillant les débats et les clivages qui ont traversé le FLF.Elle entend également contester certaines rumeurs qui circulent aujourd’hui au sujet de cette organisation légendaire.Non, le FLF n’était pas d’abord marxiste-léniniste; il considérait la lutte antipatriarcale comme prioritaire et fonctionnait sur un mode décentralisé et non hiérarchique.Non, le FLF ne prônait pas un nationalisme étroit; il se revendiquait du tiers-mondisme et du droit de tous les peuples à l’autodétermination.Un livre essentiel pour celles et ceux qui s’intéressent à l’histoire du Québec et du féminisme, ainsi qu’aux dynamiques des mouvements sociaux, à leurs stratégies et leurs tactiques, surtout en cette époque caractérisée par une montée de la droite et un fort ressac antiféministe.Collaboration spéciale EN PRISON POUR LA CAUSE DES FEMMES: LA CONQUÊTE DU BANC DES JURÉS Marjolaine Péloquin Remue-Ménage Montréal, 2007,307 pages Jean-Pierre Charbonneau, du journalisme à la politique Impétueux personnage de la scène politique québécoise pendant 25 ans, Jean-Pierre Charbonneau a d'abord fait sa marque comme journaliste.«Six ans de dénonciations, d'émotions très fortes et de succès retentissants» au Devoir l’auront propulsé en politique sous la bannière du Parti québécois.KATHLEEN LÉVESQUE Jean-Pierre Charbonneau n’a que 21 ans lorsqu’il frappe à la porte du directeur du Devoir, Claude Ryan.Embauché comme réviseur d’épreuves, où il n’excelle pas, Charbonneau se démarquera rapidement comme reporter.Il frappe son «premier coup de circuit» dans un dossier de népotisme et de favoritisme à Saint-Léonard.La piqûre pour le journalisme d'action et d’engagement, comme il le décrit lui-même, frappe immédiatement le jeune Charbonneau.Cette fougue sera un peu sa marque de commerce comme journaliste, puis comme politicien.On la retrouve intactç dans l’autobiographie intitulée A découvert que M.Charbonneau lancera la semaine prochaine lors du Salon du livre.«Je me voyais comme un “journaliste de combat", un incorruptible menant une croisade contre les barons de la pègre et ne pactisant jamais avec l’ennemi», écrit-il.Le récit de quelques reportages qui ont égratigné la mafia révèle le journaliste rebelle qui s’excite pour débusquer les complots.Le journaliste a les coudées franches pour enquêter.On ne lui dit pas quoi taire.Il s’agit là d’ailleurs d'une culture qui perdure au Devoir.Il reconnaît qu’il était un journaliste «bouillant», à l’épiderme sensible lorsque ses patrons voulaient modifier ses textes pour éviter les poursuites.Imperturbable, Claude Ryan l’obligeait à reformuler certains passages mais le soutenait.«Le cheval fringant devait être dompté!», reconnaît-il en entrevue.Le journalisme a été en quelque sorte un tremplin pour Jean-Herre Charbonneau.Par accident préci-se-t-il.Sa couverture du monde interlope lui a permis de mettre au jour de nombreux scandales.«C’était involontaire.Je n’ai jamais fait le métier avec des arrière-pensées.Mais le journalisme prépare sûrement à la politique parce que c’est un univers où l'on apprivoise les rouages de la politique.Il ya eu René Lévesque, mon patron.Claude Ryan, et aujourd’hui Bernard Drain ville et Christine St-Pierre», croit-il.La vie politique Mais, en 1976, après avoir publié un livre sur la mafia, La Filière canadienne, collaboré avec la Commission d’enquête sur le crime organisé (CECO) et été victime d’un attentat dans la salle de rédaction du Devoir, Charbonneau ne voit guère de défi à l’horizon; l’actualité criminelle est au ralenti et son passage à La Presse ne le stimule pas comme il le souhaitait Puis le premier ministre Robert Bourassa déclenche les élections, et tout se précipite pour lui.«Je veux offrir mes services de justicier et mettre la main à la pâte», écrit Charbonneau, qui devra toutefois forcer le destin.Le PQ ne l’a ARCHIVES LE DEVOIR Assis devant son bureau du Devoir, bouteille de Pepsi-Cola à portée de la main, le journaliste Jean-Pierre Charbonneau se remet en 1974 d’un attentat.MARIE-HELENE TREMBLAY LE DEVOIR pas sollicité.Le député Robert Burns facilite son atterrissage dans la circonscription de Ver-chères, sur la rive sud.Ce livre n’en est pas un de révélations croustillantes ou de libération de la parole.C’est la chronique du cheminement d’un homme passionné qui a connu des succès mais également des déceptions.Elu député pour la première fois en novembre 1976, Jean-Pierre Charbonneau devra ramer fort pour faire sa place au sein du parti.«Je ne m'attendais pas à 27 ans à être nommé ministre.Mais je pensais que j’aurais joué un rôle plus important.Je pensais que l’on m’aurait fait confiance davantage.J'ai trouvé ça difficile.C'est comme si je n 'existais pas», laisse-t-il tomber.Mais cela n’a pas stoppé l’élan de Charbonneau.Sous la gouverne de Lucien Bouchard, il est nommé à la présidence de l’Assemblée nationale.Sur le coup, il encaisse une autre déception politique, mais rapidement il se plaît dans cette fonction qui lui «évite d’être contraint par la discipline de parti».Et quiconque a suivi un tant soit peu les hauts et les bas du Parti québécois sait à quel point Jean-Pierre Charbonneau était perçu coimne un électron libre, parfois imprévisible, souvent dérangeant 11 commentait allègrement les chicanes internes du PQ avec son franc-parler, pour le plus grand plaisir des journalistes, ce qui provoquait des vagues dans les rangs péquistes.Il ne s’en cache pas.Au Devoir, il a mis en colère les bandits, et au PQ, il a provoqué — bien involontairement, assure-t-il — la colère de ses collègues et souvent du chef.«Mon tempérament a fait le journaliste et le politicien combatif que j’ai été.Mais ça m'a parfois desservi.J’ai dû gérer plus d’une fois des lendemains de déclarations qui créaient du remous dans le caucus et auprès du chef.Je n'ai pas toujours mesuré l’impact.Pour un guerrier, je n'étais pas très stratège», dit-il.Vingt-cinq ans de vie politique laissent des écorchures, ajoute Jean-Pierre Charbonneau, qui reconnaît avoir été blessé plus d’une fois dans cet univers de pouvoir où s’entrechoquent complicité et rivalité.Il a pris sa retraite il y a maintenant un an, presque jour pour jour, mais il demeure ancré dans l’actualité.Il participe à une émission sur les ondes de RDI coimne analyste de la politique, prononce des conférences et se plonge dans sa passion des arts martiaux.Après avoir tant rué dans les brancards, Jean-Pierre Charbonneau essaie d’apprendre à être patient L’écriture de son autobiographie s’inscrit un peu dans cette veine.«J’ai écrit ça pour donner un sens et laisser des traces de toutes les batailles que j’ai menées, entre autres sur l’indépendance et la démocratie», soutient Jean-Pierre Charbonneau.Le Devoir VENEZ RENCONTRER NOS AUTEURS AU STAND CT 2 AU SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL, DU MERCREDI 14 AU LUNDI 19 NOVEMBRE 2007 ^ ^ REFLET d’une SOCIÉTÉ, d’un PEUPLE ET DE SON ÉVOLUTION .„ .LA MESURE CONTINENT lOSTOllïE IVt/N RÊVE BRISÉ?Une histoire , ' - nu Tamara 1LD1.RA1.1SM DU CANADA D’ouvmnu 4g CONTEMPORAIN Di IW! NOS tilt i( Marjolaine Saint-Pierre J OSEPH-ELZÉAR BERNIER Samedi 17:11 h à 13h Dimanche 18:13h à 15h et 17h à 19h Jacques Castonguay Roger Chartrand Yves Roby LA SAGA LE VIEUX-MONTRÉAL HISTOIRE D’UN DE LA NAVIGATION Vendredi 16:18hà20h RÊVE BRISÉ?Vendredi 16:18h à 19h Samedi 17:15h à 17h Samedi 17:15h à 16h et20hà21h UNE HISTOIRE DU CANADA Vendredi 16:17h à 18h CONTEMPORAIN Samedi 17:16hà 17h Dimanche 18: 16hàl7h LE FÉDÉRALISME LE FORT DE D’OUVERTURE CHAMBLY Samedi 17:14h à 15h Jeudi 15:17hà 18h LA MESURE D’UN CONTINENT Denis Vaugeois Jean-François Palomino Jeudi 15:19h à 21 h Jeudi 15:17h à 19h Vendredi 16:15h à 16h Samedi 17:20h à 21 h Samedi 17:17hà 18h Dimanche 18:16h à 17h Dimanche 18:18h à 19h Antoine COUREUR DES BOIS V#* V ' -i" • ^4 * ‘ .'AT.-A-?AU: « i .Doigts de lumière Jacques de Blois LE RÊVE DU PETIT-CHAMPLAIN Samedi 17:13h à 14h Dimanche 18:14h à 15h et 17h à 18h Adrienne Leduc ANTOINE COUREUR DES BOIS Samedi 17: 13h à 14h et 18h à 19h Dimanche 18: 13h à 14h ANDRÉA RICHARD W'ANO I A MÉMOJKI ÉN MÊ1J VUam! le o*mp» so lait retnillixt Jean Proulx DOIGTS DE LUMIÈRE Jeudi: 15h à 16h et 19h à 21 h L'Essence de la vie Patrick Caux EX MACHINA Samedi 17:18h à 19h Dimanche 18: 15h à 16h Jeudi 15: 18hà 19h Fernande Goulet Yelle Andréa Richard QUAND LE TEMPS L’ESSENCE SE FAIT RETAILLES DE LA VIE Vendredi 16:18h à 19h Samedi 17:11 h è 12h Vendredi 16: 20hà21h Samedi 17:12hà 13h Jacques Lacoursière et 17h à 18h Dimanche 18: 18h à 19h Samedi 17: llhà 12h Cumpretiil, tu ça Ltnitcttf ?Louis Laliberté IMAGO Vendredi 16:15h à 16h et 19hà20h Samedi 17:19hà20h Les Chioniqwps (ùme mèrt< itntipn,.I ucie le chien Cécile Hélie-Hamel COMPRENDS-TU ÇA LAURETTE ?Jeudi 15:17h à 18h Vendredi 16:17hà 18h ! "xi I ülwirtf Un terni Iq rwjH Monique Boucher-Matte QUAND LA MÉMOIRE S’EN MÊLE Samedi 17:16hà 17h Dimanche 18:12h à 13h Dimanche 18: 12h à 13h Caroline Allard LES CHRONIQUES D’UNE MÈRE INDIGNE Mercredi 14:15h à 17h Sophie Bienvenu Pierre-Léon Lalonde LUCIE LE CHIEN UN TAXI LA NUIT Samedi 17:19h à 20h Jeudi 15:19h à 21 h Dimanche 18:15h à 16h Samedi 17:19h à 20h Septentrion, qc.ca F 28 LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET D 1 M A .V C H E 11 NOVEMBRE 2 0 0 7 SALON DD LIVRE Voyageur de papier CHRISTIAN DESMEULES Gilles Lapouge se réclame résolument de l’école de Karl Kraus: *0« ne voyage pas pour voyager, mais pour avoir voyagé.» C’est ainsi que, pour cet écrivain et journaliste français né en 1923, un voyage n’existe qu’à l’instant où on le convertit en encre.«Je voyage pour raconter mes voyages», écrit-il sans en éprouver la moindre honte.Lapouge voyage pour en faire des noms, des verbes, des virgules et des participes passés.Les voyages les plus fameux n’onUils pas pris naissance d’abord entre les pages d’un livre?Atlas, relation lointaine, récit mythique d’un Eden inaccessible.Et les plus grands explorateurs n’ont souvent pris la mer que pour chercher à confirmer leurs lectures.Christophe Colomb lui-même, avant de lever l’ancre à Palos en 1492, s’était gavé de la Bible, de la Géographie de Ptolémée, de Ylmago mundi de Herre d’Ailly et du Devisement du monde de Marco Polo.«Et s'il n’a jamais deviné qu'il avait découvert l'Amérique, c’est qu'il n ’avait rien lu sur cette terre-là.» Dans cette quinzaine de textes disparates parus pour la plupart dans des magazines, Gilles Lapouge se fait tantôt agent de change ou évocateur, bourlingueur au long cours et interprète.Il s’y passionne pour les îles de la Polynésie, même les plus petites, «pourvu quelles soient très lointaines, mal visibles, et à fleur d’océan», pour l’Inde et Bombay, de même que pour ce Brésil que l’auteur de La Mission des fron- JF.AN-PIERRE MULLER AFP Pour Gilles Lapouge, un voyage n’existe qu’à l’instant où on le convertit en encre.Hères (Albin Michel, 2002) connaît si bien.Morceaux parmi d’autres qu’il consacre aussi à la mythique collection «Terre Humaine», créée chez Plon par Jean Malaurie en 1955, et à la géographie chez Julien Gracq.Un bémol, peut-être: emporté par ses enthousiasmes d’encre et de papier, Lapouge s’y fait trop avare de rencontres, humaines celles-là, qui demeureront longtemps encore, il faut le souhaiter, le véritable sel du voyage.Collaborateur du Devoir L’ENCRE DU VOYAGEUR Gilles Lapouge Albin Michel Paris, 2007,272 pages Tocqueville et les religions GEORGES LEROUX Célébré en 2005, le bicentenaire de la naissance d’Alexis de Tocqueville fut salué par de nombreuses publications.Parmi celles-ci, une biographie importante nous permettait de prendre toute la mesure du personnage: après André Jardin, son premier biographe, Jean-Louis Benoît, éditeur de la correspondance familiale, a pris le relais dans un portrait soucieux de mettre en relief les paradoxes d’un intellectuel qui fut à la fois un grand théoricien et un militant plongé dans les combats politiques de son temps (Tocqueville.Un destin paradoxal, Bayard).Déchiré entre ses origines aristocratiques et une conviction démocratique profonde, Tocqueville apparaît surtout comme un homme intègre, rigoureux et suprêmement intelligent.L’intérêt de rassembler ses écrits sur les religions est d’autant plus grand que Tocqueville semble avoir eu à l’égard de la religion la même attitude que celle de Max Weber: lui-même, chrétien «spiritualiste», avait pris ses distances à l’égard du catholicisme doctrinal, mais il avait développé, dans les deux volets de La Démocratie en Amérique, une doctrine de la religion comme ferment social qui l’avait conduit ensuite à considérer les autres religions dans la même perspective.Jean-Louis Benoît connaît de l’intérieur cet ensemble de textes dispersés dans l’œuvre et il les présente aujourd’hui dans un ensemble très utile.Religion et démocratie Tocqueville pratiquait déjà une sorte de sociologie de la religion et, autant sur l’islam que sur ITiin- Tocqueville pratiquait déjà une sorte de sociologie de la religion douisme, il se montre à la fois sévère et très tolérant Cette anthologie en donne la preuve.Protecteur des musulmans d’Algérie, il apporta son soutien à leurs écoles et aux mosquées.Sa lecture du Coran, minutieuse et détaillée, l’amène pourtant à formuler un jugement très critique.Même s’il pensait que toutes les religions sont vraies et utiles, parce qu’elles entretiennent au sein de la société la perspective d’un bien transcendant à rechercher au-delà des satisfactions matérielles, il ne doutait pas que certaines fussent inférieures à d’autres.A l’égard de l’islam, il exprimera surtout une réelle déception devant les appels répétés à la violence dans le Coran et le peu de place laissé à la liberté: son correspondant, Arthur de Gobineau, le trouve cependant injuste sur ces deux points et on trouve dans leur échange l’écho de l’ambivalence qui pénétrait alors l’orientalisme français, écho qui se perpétuera par exemple chez Louis Massignon.Admiratif devant l’habileté politique de Mahomet, Tocqueville reconnaît que le Coran constitue un progrès immense sur le polythéisme antérieur, mais il s’inquiète au spectacle de la passion qui lui semble constitutive de la religion musulmane.L’étude de ses notes sur le texte montre un intérêt pour la théologie de la grandeur divine et pour le souci compassionnel de la justice, mais une réelle réticence devant les propos conquérants.Plusieurs analyses conservent aujourd’hui une certaine pertinence, notamment quand Tocqueville attribue la faiblesse des nations musulmanes à leur théologie politique.D ne peut cependant qu’observer la profondeur du sentiment religieux et les liens authentiques avec une doctrine Jan J.Dominique a publié les romans La Célestine et Mémoire d'une amnésique aux éditions du Remue-ménage et le recueil de nouvelles Évasion aux éditions CIDIHCA.L'ÉCRIVAINE ET JOURNALISTE D'ORIGINE HAÏTIENNE JAN J.DOMINIQUE EN RÉSIDENCE A QUÉBEC DU 5 NOVEMBRE 2007 AU 31 JANVIER 2008 ACTIVITÉS À QUÉBEC Rencontres d'auteure Jeudi 15 novembre à 8 h 301 Local 3116 du pavillon de Koninck de l'Université Laval Dimanche 25 novembre à 14 h | Bibliothèque Vieux-Québec, 37, rue Sainte-Angèle Lundi 28 janvier à 19 h | Bibliothèque Chrystlne-Brouillet, 264, rue Racine Mardi 29 janvier à 19 h | Bibliothèque Jean-Baptiste-Duberger, 2475, bout Central Mercredi BOjanvierà 19 h | Bibliothèque Gabrlelle-Roy, salle Gérard-Martin, 350, rue Saint-Joseph Est Précédée àl7h30dela projection du documentaire L'agronome de Jonathan Demme sur la vie de l’activiste haïtien Jean L.Dominique, père de Jan.Une autre projection est prévue le jeudi 31 Janvier à 14 h.Consultation Individuelle Conseils aux jeunes écrivains et Journalistes qui soumettent un court texte ou un extrait par courriel à residence@icqbdq.qc.ca Des rencontres Individuelles sont possibles sur rendez-vous.Jan J.Dominique est accueillie en résidence d'écriture dans le cadre du réseau d'accueil d’écrivains en exil au Canada mis en place par PEN Canada et le Centre québécois du P.E.N.International.www.maisondelalitterature.qc.ca * s , i j vm/zt pojjca H'S V,, .- COLOMIA umusmm : ætuism'.a a/e ÜQflflçigæ, Jbü lisu,'.IsririréaLiSs H.- .COLOMIA DE JEAN-PIERRE TRÉPANIER LES ÉDITIONS Sémaphore www.editionssemaphore.qc.ca MMBMHHHMMMMM HMH MM! SOCIÉTÉ PEN CANADA CENTRE QUÉBÉCOIS DU RE.N.INTERNATIONAL M L'Institut Canadien .te Québec B1BL1QU CANADIENNE Un livre essentiel pour découvrir le sens de la vie LA BIBLE EXPLIQUÉE Version « Français courant » MARCHAND DE FEUILLES rcj^ctm/ref qui uufeun AU SALON DU LIVRE DE MONTREAL STAND 356 MARCHAND DE FEUILLES LA IMBLE EXPLIQUÉE • 7 ans de travaux • 80 rédacteurs (canadiens et européens) • 4 000 notices explicatives • une collaboration interconfessionnelle • le texte intégral de la Bible en français courant Édition catholique 29,95 $ (avec les livres deutérocanoniques) ISBN: 0-88834-218-7 Édition protestante 28,95 $ (sans les livres deutérocanoniques) ISBN : 0-88834-216-0 Imprimatur: Bureau de direction de la Conférence des évêques catholiques du Canada, mai 1998 (textes bibliques) et juin 2004 (notes explicatives) Ses explications originales respectent l’esprit des auteurs de la Bible • Elles replacent les textes dans leur perspective historique et religieuse • Elles invitent à une réflexion sur l’actualité de ces écrits • Elles en soulignent la profondeur spirituelle.www.biblescanada.com MYCHELF.DANIAU AFP Tocqueville avait pris ses distances à l’égard du catholicisme doctrinal, mais il avait développé, dans les deux volets de La Démocratie en Amérique, une doctrine de la religion comme ferment social qui l’avait conduit ensuite à considérer les autres religions dans la même perspective.de la justice communautaire.Un des morceaux les plus passionnants de ce livre est la partie consacrée à Abd el-Kader, qui s’était vu reconnaître la souveraineté sur une partie importante de l’Algérie par le Traité de la Tafiia en 1837.Tocqueville raconte cet épisode et compare l’émir à Cromwell; il montre aussi tout ce que son pouvoir doit à la religion.Ces textes se trouvent au cœur du débat très vif en France sur la position de Tocqueville concernant la colonisation: très critique, comme Jean-Louis Benoît le fait observer, il ne la justifia jamais par l’argument colonial de la mission civilisatrice, ni par la supériorité du christianisme.Tocqueville demandait pour l’Algérie justice et rigueur, mais il savait que la colonisation se faisait toujours aux dépens des colonisés.Comme Massignon plus tard, il réclamait le respect de la culture, mais il trouva bien peu d’écoute.Quand il intervient en 1847 contre la spoliation des biens des fondations musulmanes, il plaide pour une aide matérielle à l'Algérie.D ne cesse de répéter que la colonisation «déconsidère» la France et que la destruction des monuments et des temples justifie le mépris des colonisés pour les colons.Cette anthologie offre également des sections sur l’hindouisme et le christianisme, catholique et protes- tent pour la religion de l’Inde, Toc-queville blâme fortement le soutien au système des castes, alors que, pour le christianisme, son jugement annonce les théoriciens de la sécularisation.11 croit en effet que la modernité constitue une reprise des valeurs chrétiennes d’universalité et d’humanité et que le christianisme se trouve dès lors au fondement de la morale moderne.La correspondance avec Gobineau propose plusieurs comparaisons avec l’islam et se conclut sur une interprétation du christianisme comme religion quasi naturele des temps démocratiques.Des note?très riches spr la séparation de l’Eglise et de l’État complètent ce dossier, de même qu’un appareil bibliographique renvoyant à plusieurs rites Internet où le lecteur trouvera les textes de Tocqueville en accès libre et plusieurs ressources pour les étudier.Collaborateur du Devoir NOTES SUR LE CORAN ET AUTRES TEXTES SUR LES RELIGIONS Alexis de Tocqueville Présentation et notes de Jçan-Louis Benoît Éditions Bayard Paris, 2007,175 pages ^Triptyq ue www.tTipryque.qc.ca tripiyque@fditiorHriptyqut-.com 171.: (514) 597-1606 ©EL DES ROSIERS CAÏQUES Joël Des Rosiers CAÏQUES poésie, 128 p., 22 S Salon du livre de Montréal - Stand 532 l; ( K 29 LE DEVOIR.LES SAMEDI O ET DIM A X C H E I X O V E M H R E 2 O O 7 SALON DU LIVRE ÉCOLOGIE ESSAI Pour en finir avec l’automobile Ovni soit qui mal y pense • • • FABIEN DEGLISE T a voiture, telle que nous la connaissons aujourd’hui, est condamnée à devenir un accident de l’histoire.» La thèse est bien sûr discutable.Et c’est sans doute pour cela qu’el-le est longuement discutée par Martin Blanchard, du Centre de recherche en éthique de l’Université de Montréal, et le philosophe Christian Nadeau, dans Cul-de-sac, l’impasse de la voiture en milieu urbain, que la jeune maison d’édition Héliotrope vient de faire paraître.Petit mais costaud, ce bouquin se veut finalement une réflexion à voix haute et en 126 pages sur notre époque, à travers l’un de ses symboles les plus encombrants: la bagnole.Omniprésente, adulée, dictatoriale parfois, l’automobile, dans les villes à tout le moins, serait en effet loin d’être seulement ce moyen de transport pratique qui pennet aux superficiels d’afficher des signes extérieurs de richesse et aux banlieusards d’écouter la radio bloqués sur un pont Que nenni! L’auto est aussi cruelle.De 1965 à 2005, au Québec, elle a fait 2,25 millions de blessés.Elle tue aussi, bon an mal an, près de 700 personnes.Pis, avec ses émissions de gaz polluants, l'idée du Belge Etienne Lenoir — l’inventeur en 1859 du moteur à gaz et air dilaté — vient régulièrement alimenter le smog sur les villes et accroître l’incidence des maladies respiratoires qui, au Canada, induisent chaque année près de 5000 décès prématurés.Et, comme si ce n’était pas assez, cet objet maléfique stresse ceux qui le font bouger et ceux qui doivent composer avec lui dans des milieux urbains enlaidis par ce «tout à l’auto».De ce point de vue, «dans un monde parfait, il n’y aurait [donc] plus de voitures», écrivent les auteurs qui, après avoir passé en revue les nombreux «dommages moraux» personnels et collectifs causés par la chose, en viennent pourtant à croire que cette disparition totale n’est finalement qu’une utopie.Mais le combat n’est pas perdu pour autant.Et la réduction de «moitié des kilomètres actuels parcourus en voiture privée», un objectif exigeant mais réaliste, pour- rait être un bon debut selon eux.Cette quête d’équilibre devrait également s’accompagner de véritables programmes pour encourager le développement de modes de transport alternatifs, indiquent les auteurs.Le transport en commun en fait partie et mérite d'être pris désormais plus au sérieux.«Attendre un métro ou un autobus plus de 10 minutes, voire 20 minutes, encourage l’utilisation de la voiture», peut-on lire.Ce qui n’est pas faux.Au final, ce procès de l’auto en ville devrait être facile à comprendre par les philosophes en herbe qui se questionnent déjà sur le sujet Quant aux autres, la probabilité qu’ils changent d’avis sur l’importance de leur volant reste toutefois très mince.Le Devoir CUL-DE-SAC, L’IMPASSE DE LA VOITURE EN MILIEU URBAIN Martin Blanchard et Christian Nadeau Héliotrope, Montréal, 2007,126 pages SOURCE MERCEDES Verra-t-on au cours des prochaines années se multiplier les mini-voitures peu énergivores telles que la Smart?ÉP« if» a wm 'V.^ Po ur en fin ir avec la théorie du co mplot DAVID AK1 RIT I I RS Des passants s’esclaffent devant des extraterrestres en styromousse exposés par un commerçant de Roswell, au Nouveau-Mexique, à l'occasion du congrès international d'ufologues qui s’y est tenu en juillet 1997.STÉPHANE BAILLA R GEON Où sont passées tes soucoupes volantes?Les observations diminuent, non?En tout cas, Tâge d’or de l’ufologie semble remisé dans le placard de l'histoire avec la guerre froide, les Nordiques, la coupe Lon-gueuil et d’autres repères essentiels de notre modernité avancée.En fait, les soucoupes sont toujours là, pour qui veut bien les voir.Dans Internet par exemple, la grande toile alimentant encore et toujours le pire et le meilleur._ Mais est-ce la bonne question?L’univers porte en lui une indéniable espérance de vie.En douze ans, plus de 200 planètes ont été découvertes en dehors de notre système solaire.Il en reste des milliards à observer.Le bon sens statistique donne de sérieux espoirs aux exobiologistes de tomber un jour sur une espèce plus évoluée dont la vie n’oscillerait pas de l’insignifiance à l’ennui, entre une émission du Banquier et une virée de shopping à Burlington.Bref, la question la plus intéressante consiste plutôt à se demander où sont ces autres êtres vivants.Le physicien Enrico Fermi résumait ainsi le paradoxe: si des extraterrestres existent, où sont-ils donc?Beaucoup d’ufologues ont tranché cette bizarrerie en évoquant une large et pernicieuse théorie du complot.En gros, leur idée noire veut que les extraterrestres existent, qu’ils se manifestent à nous à travers les ovnis, mais surtout, surtout, que les autorités scientifiques, militaires et gouvernementales nous cachent cette vérité.Le sociologue Pierre Lagrange, professeur à l’École des mines et spécialiste des marges parascientifiques (ufologie, parapsychologie, cryptozoologie), utilise cette riche et délirante matière à la X-Files pour tracer le portrait des jeux complexes opposant les méchants experts au bon peuple, la culture savante à la culture populaire, la raison à l'irrationnel, les experts aux ignorants.En utilisant la riche matière soucoupiste, son livre sérieux et critique (malgré sa couverture et son titre racoleurs) présente en somme un portait atypique de notre temps avec petits hommes verts.Les trois premiers chapitres décrivent le développement des théories du complot, depuis les premières observations dans le désert américain après la Deuxième Guer- re mondiale jusqu’aux rapports dur génieurs ou de militaires longtemps gardés secrets.Des questions ont effectivement été cachées, explique Lagrange.Seulement, «ce que les militaires US ont surtout caché, écrit-il, c’est leur incapacité à traiter un tel problème et leur ignorance».La dernière partie plonge au cœur des catégories en jeu.Pierre 1-agrange rappelle que les théories du complot sont légion et que chacun peut y succomber en écoutant le téléjournal.Tout en restant sceptique par rapport aux positions ufolo giques, il demande donc de ne plus s’appuyer sur des termes de «Grand Partage» (moderne/prünitif, civilisé/sauvage, scientifique/magique) pour opposer les aberrations ufo-logiques à une rhétorique scientifique.Cette position lui semble d’autant plus absurde que les savants eux-mêmes reprennent la même démarche manichéenne en jugeant le public trop immature pour être associé au débat et connaître la vérité sur les phénomènes observés.«Ce qu’il yaà cacher est bien plus lourd de conséquences puisqu’il s’agit du mythe fondateur du monde moderne, écrit-il, l’existence d'une différence fondamentale entre la pensée scientifique occidentale et les autres formes de pensée, les autres cultures.Or la force de ce mythe est d’être défendu par ceux qui en sont les principales victimes.» Cette très postmoderne logique débouche sur l’idée que les soucoupes constituent le problème scientifique et philosophique «le plus important du XX' siècle».Le lecteur n'est vraiment pas obligé de suivre le savant Lagrange sur ce terrain.De toute manière, son livre se défend très bien sans cette position et présente d’autant plus d’intérêt qu’il reproduit prés de 150 jxiges de divers documents officiels, européens et américains, sur les ovnis.Le Devoir OVNIS: CE QU’ILS NE VEULENT PAS QUE VOUS SACHIEZ Pierre Lagrange Presses du Châtelet, 369 pages Pierre Lagrange OVNIS : cb qu ILS ne veulent pas que vous sachiez ARMtE, SflIVtCES SECRETS."DEBUMKERV V AUTRES MAITRES DE l'UtTOX- ILS SERONT AU STAND GALLIMARD DU SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL auteure dlgte veux pas aller à lecole illustrateur de La vie en •Hiiyu/y il y Jifâ î/ÿ YipyrwïMu le jeudi 15 novembre de 11 hà 12h le vendredi 16 novembre de#13hà 14h le samedi 17 novembre de t l h à 12 h le dimanche 18 novembre de 11 h à 12 h sw!«s» le lundi 19 novembre de 11 h à 12 h 19 novembre à 11 h de 11 ha I l'école des loisirs LLIMARD E ¦ mm s: u 11 es PASTEL.Ccmmve Jean Casanave Éclats de vie Réflexions éclairantes d’un curé de la campagne.154 p.18,95$ é de Castér La foi est un enfantement te Bernard de Castéra La foi est un enfantement Un pèlerinage intérieur à la rencontre de Dieu.244 p.24,95$ 978-2-89129-537-6 978-2-89129.533-8 Anne Sigier NOUVEAUTÉS lAVOUt: Jean Lavoué Le Christ aux silences '•! .( hl'ist L^îÆ'V] Une méditation favorisant LAJhS l’accueil silences du Mystère.MfMOIRI ACCOMMODtMtMS KAISOSNABIIS 216p.22,95$ 978-2-89129-536-9 978-2-89129-540-6 Jean Tremblay Mémoire sur les accommodements raisonnables Une contribution solide et articulée au débat actuel.120 p.9,95$ Chez votre libraire. F 30 LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET D I M A X C H E II XQ V E M B R E 2 0 0 7 SALON DU LIVRE ESSAI L’action est dans la chanson SYLVAIN CORMIER Rebuté, d’emblée.Renvoyé à mon inculture, d’entrée de jeu.On dirait qu’ils le font exprès, chez Triptyque: à chaque nouvel essai sur la chanson, je me retrouve dans le coin, avec le bonnet d’âne.Moi, rien comprendre.Et c’est ma faute, forcément.Trop de romans policiers, trop de bédés, pas assez d’études de niveau universitaire sur ma table de chevet.Cet essai de Jacques Julien me tombe des mains.J’ai bien dû relire douze fois le premier paragraphe du chapitre 1 («Le reproductible selon Walter Benjamin») et je déclare forfait Je soupçonne qu’on y cause des rapports entre le produit et la création, je peux me tromper.Peut-être s’agit-U plutôt des rapports entre la création et le produit Essayons tout de même.De ce que j’en déchiffre, le propos de Jacques Julien, lequel sait assurément de quoi il parle, se tiendrait à peu près dans ces parages: la création n’est pas pure quand on la sait destinée à un CD ou un DVD, le contenu n’est jamais détaché de son contenant, et même l’écriture des chansons d’un Richard Desjardins est affaire de stratégie.Ainsi, le spectacle Ka-nasuta, accolé en DVD au documentaire L’Erreur boréale, de Desjardins et Monderie, n’est plus un spectacle en soi, mais la partie d'une proposition qui contient aussi L’Erreur boréale.Destin «inséparable», écrit Julien.L’un ne va plus sans l’autre.La chanson fait partie du combat.La chanson est combat.L’action est dans la chanson.Ou quelque chose d’approchant «Depuis le film L’Erreur boréale (1999), en effet, on ne peut pas séparer les productions artistiques du chanteur de son intervention citoyenne ni opposer l'artiste à l’acti- viste.» Désormais, crois-je comprendre, rien n’est gratuit Si Desjardins réenregistre Les Yankees avec le groupe de guitaristes Fo-restare, c’est d’abord question de sensibilité forestière.«Forestare est en quelque sorte la réalisation pratique de cette consigne écologiste inventée par Desjardins: “L’arbre le plus payant est celui dans lequel tu fais des violons.”» Suivent des analyses approfondies de chansons, tout un topo sur «l'aura de Villon» dans l’oeuvre de Desjardins, etc.C’est du plus vif intérêt je le sens bien.Seulement voilà, ce n’est pas à moi qu’on s’adresse ici (même si j’y suis cité).On se parle entre chercheurs: Julien cite à satiété une autre étude sur Desjardins, par Carole Couture, également publiée chez Triptyque (Richard Desjardins: la parole est mine d’or, 1998).Nul doute que ces deux-là trouvent chez Desjardins la matière de discussions de haut vol.Est-ce moi qui ne fais pas l’effort soutenu que suppose un véritable travail de lecture?C’est possible.Il est aussi possible que, chez Triptyque, on ne se soucie pas beaucoup du destinataire.Comprenne qui peut, tant pis pour les autres.Quelques passerelles, me semble-t-il, pourraient être tendues entre chercheurs passionnés de chansons et grand public-amateur de chansons.L’essai aussi est un produit de consommation.Qu’il soit comestible n’entacherait en rien son goût relevé.Collaborateur du Devoir RICHARD DESJARDINS L’activiste enchanteur Jacques Julien Triptyque Montréal, 2007,168 pages JACQUES GRENIER LE DEVOIR Dans l’essai de Jacques Julien sur Richard Desjardins, on se parle entre chercheurs.Comprenne qui peut, tant pis pour les autres.itsTÏ- Irri&v.v Jl 1 *****
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