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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2007-12-15, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 DECEMBRE 2 0 0 7 PLAISIRS Un grand livre pour Noël Page F 2 PHOTOGRAPHIE L’art du portrait Page F 12 L VRES% * Ms ****•««M twmw'tmm * si I ! | imssassxssarÆk ,Kri I m Le Musée des beaux-arts s’étend et continue à rayonner, la tradition philanthropique se poursuit.Un beau livre retrace, sous la 'plume de Georges-Hébert Germain, un siècle et demi d'existence du Musée des beaux-arts de Montréal CHRISTIAN DESMEULES Au premier coup d’œil, c’est tout un pan de notre histoire que fait revivre ce beau livre qu’est Un musée dans la ville.Une histoire du Musée des beaux-arts de Montréal.On y raconte de manière fascinante la patiente et parfois tumultueuse élaboration d’une collection, étrange alchimie du temps qui est tout autant tributaire du savoir-faire, du flair et de l’audace que des hasards.Romancier (Christophe Colomb.Souvenir de Monica), biographe de stars (Guy Lafleur, Céline Dion), journaliste, Georges-Hébert Germain répond à la commande et tient pour l’occasion la plume de cette visite guidée à travers l’histoire du musée.D évoque de façon vivante la naissance et le destin de l’institution de la rue Sherbrooke aujourd’hui dirigée par Nathalie Bondil.Dans un livre qui fait la part belle, comme il faut s’y attendre, aux illustrations de toutes sortes: photographies, gravures, toiles, reproductions de pièces importantes de la collection permanente ou de quelques visiteurs de marque.Origines Issue de la tradition philanthropique anglo-protestante, l’Art Association of Montreal est fondée en 1860 dans le but d'«encourager le goût des beaux-arts dansb population de la vüleo.üs’agisseàausàdese donner une vitrine exceptionnelle pour les riches marchands, industriels et financiers anglœécossais qui souhaitaient faire de Montréal une plaque tournante du commerce international, quelques mois avant la visite très attendue du jeune prince de Galles et l’inauguration du pont Victoria A cette époque où les anglophones représentaient 55 % de la population de la ville, les Montréalais de langue française, faut-il s’en étonner, étaient pratiquement absents des milieux d’affaires.Ainsi, parmi les 222 membres que pouvait compter l’Art Association of Montreal en février 1860, on ne retrouve qu’une dizaine de francophones, dont l’avocat et journaliste Henri Fabre ainsi que le peintre Napoléon Bourassa.Et cela, tandis que l’Institut canadien de Montréal — fondé pour sa part en 1844 — périclitait sous les coups de boutoirs répétés du clergé ultramontain.Sans lieu d’exposition permanent pour ses collections avant l’important legs, en tableaux et en argent, de Benaiah Gibb à sa mort en 1877, l’Art Association s’installe d’abord, en 1879, au square Philips, près de la rue Sainte-Catherine, où elle fait construire un édifice devant abriter ses tableaux et ses activités.Un nouvel édifice nettement plus imposant sera par la suite inauguré en 1912, rue Sherbrooke, au cœur du fameux «Golden Square Mile».Là où bat encore le cœur du Musée des beaux-arts de Montréal.Batailles esthétiques Témoin privilégié du bouillonnement culturel et intellectuel, le Musée des beaux-arts s’est nécessairement retrouvé aux premières loges de nombreuses batailles esthétiques, politiques ou polémiques.En 1949, deux ans après la nomination d’un premier directeur, l’Art Association adopte le nom de Montreal Museum of Fme Arts — la dénomination Musée des beaux-arts de Montréal, bien qu’utilisée à cette époque, ne deviendra officielle que dans les années soixante.Cette seconde naissance ouvre ainsi toute une décennie de turbulences sur fond de querelles entre les anciens et les modernes et de transformations constantes de la société québécoise.Des conflits opposant, d’un côté, les partisans d’un art académique et figuratif et, de l’autre, les défenseurs de l’abstraction pure.Ces conflits culmineront dans la guerre ouverte que livrera aux artistes non figuratifs le second directeur du musée, John Steeg-man — dont le jeune peintre Guido Molinari, frondeur, demandera publiquement la démission dans une lettre au Devoir \e 29 août 1958.«Or, raconte l’auteur, parmi les artistes montréalais qui à l’époque s’étaient engagés dans l’abstraction la plus profonde, beaucoup avaient été formés au Musée, à l’école d’art et de design.Ils avaient éliminé de leurs toiles tout ce qui n’était pas essentiel.Plus d’anecdote, plus de visage, plus de paysage.Que de la peinture pure, autoréférentielle, de l’art pour l’art.Steegman détestait.Ceux et celles qui s’aventuraient de ce côté, les Molinari, Tousignant, Sullivan, Perron, Mousseau, Gauvreau, n’étaient plus vraiment bienvenus au Musée.» Enrichi de nombreux portraits d’influents dirigeants du Musée des beaux-arts (Pierre Théber-ge), d’artistes, de mécènes (Bernard Lamarre, Paul Desmarais, Michal Hornstein) et de béné- voles dont l’apport apparaît aujourd’hui inestimable, le livre nous met sous les yeux une évidence: l’existence de cette institution entièrement vouée à l’art et à la connaissance a joué un indiscutable rôle de ferment de la modernité pour la société montréalaise.«Les collections du Musée ne cessent de s’enrichir, écrit Georges-Hébert Germain.Dons et promesses de dons, prêts à long terme, sa collection encyclopédique compte maintenant plus de 36 000 œuvres.Son accroissement est spectaculaire tant en nombre qu’en valeur La générosité des Canadiens, favorisée par une législation incitative, montre que la communauté a adopté le Musée.Aujourd’hui, collectionner et donner ne sont plus le fait de richissimes amateurs, ceux qui avaient soutenu l’Art Association of Montreal.» Le Musée des beaux-arts s’étend et continue à rayonner, la tradition philanthropique se poursuit.Après les pavillons Desmarais, Hornstein et Stewart, un nouveau pavillon qui sera consacré à l’art canadien, intégrant l’église Erskine and American, voisine du musée, devrait être inauguré en 2010 et portera le nom d’une autre famille d’importants donateurs, les Bourgie.Collaborateur du Devoir UN MUSÉE DANS LA VILLE Georges-Hébert Germain Musée des beaux-arts de Montréal MonfréaL 2007,270 pages Louise Tremblay-D'Essiambre COLLECTION PQCUS WL, ROMANS EN GRANDS CARACTÈRES 4 nouveautés Demandez-les à votre libraire HOMANS Ut (*ANOS CAKACTfjSS Fabienne Cliff tant* Le royaume de mon père est enceinte Tomn 7 M*« M vy Arm Mnd-frit ¦ o ¦ • ’ »( m ••sHHH fcGMANS EN Gft ANC* 'tMtCWA Antortne Maiflet Pour Noël, offrez des lectures confortables! Madame Perfecta LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 DÉCEMBRE 2007 LIVRES CADEAUX BEAUX LIVRES C’est Noël car il neige dans mon livre SYLVAIN CORMIER Noël, vaste champ d’étude.Noël au Québec, champ à peine moins vaste.Et enneigé.Nos Noëls nous ressemblent au moins autant qu’ils ressemblent aux Noëls des autres, comprend-on en égrenant cette brique de 500 pages, aussi belle que le papier brique qui cachait la base en métal du sapin artificiel dans moult foyers de chez nous et d’ailleurs en Amérique du Nord dans les années 60 et 70.Emprunts, adaptations, rites locaux: notre Noël vient de loin, d’un peu partout, et n’a pas cessé de se transformer depuis 400 ans, suivant l’évolution, pour ne pas dire les circonvolutions, d’un peuple.Deux historiens, Sylvie Blais et Pierre Lahoud, se sont penchés sur nos Noëls d’antan avec émerveillement et rigueur.Leur livre est une somme et une merveille, ornée de centaines et de centaines d’artefacts — pages de catalogues, cartes de souhaits, photos de famille, etc.—, composant un véritable musée portatif.Parlons du livre définitif sur le Noël de chez nous.Parlons d’un livre qui nous reflète dans toute la complexité de notre culture, et jusque dans notre quête identitaire, telle que la chantait Robert Charlebois dans son Québec Love: «Y’en a plus de Christ y'a cmmumouk h* or.SOURCE ÉDITIONS DE I.’HOMME Couverture du catalogue Eaton de Noël 1904 plus de Christmas/ Qu’ils se l’arrachent leur Santa Claus / De chez Simpson pis d’chez Eaton / Moé j’me contente de Dupuis Frères / Moé j’me contente d’Omer DeSerres / Comprends-tu ça comprends-tu ça?» Pour comprendre ça, faut prendre le temps d’expliquer les choses.Le Noël religieux.Le Noël païen.Le Noël magique.Le Noël commercial.Le Noël charitable.Le Noël familial.Comment donc un Santa Claus du magasin à rayons Eaton est-il devenu pour tant de Canadiens français «le vrai père Noël»?Il faut lire là-dessus le témoignage de Michel St-Jean, page 297.Moi qui fus père Noël de libre-service Esso dans une autre vie, j’en témoigne: l’histoire de la fête de Noël au Québec n’est vraiment pas simple.Cinq cents pages ne sont pas de trop pour faire le tour de la question.Émotion et nostalgie Ne serait-ce que pour faire le tour de l’arbre, Blais et Lahoud en mobilisent une bonne cinquantaine.Eh! C’est qu’il faut remonter à loin.Au Moyen Age, en Alsace! C’est qu’il faut parler aussi longuement des ornements (toute une histoire en soi) que du sapin lui-même (sa dimension, son emplacement, sa facture même, du naturel à l’artificiel).Des collectionneurs sont mis à contribution, leurs plus belles pièces dûment photographiées.Plus important encore, les auteurs décrivent en long et en large les rituels de la décoration.Je cite au hasard: «L’ornement de cime est souvent installé à la toute fin, pour couronner le tout.C’est un moment solennel, et toute la famille retient son souffle.» Information brute et pure émotion nostalgique se rencontrent constamment au détour des pages, et le lecteur est tour à tour ému, amusé, fasciné, suivant le fil de ses propres souvenirs, auxquels des témoignages en encadré font habilement écho.Tous les aspects sont ainsi abordés, y compris un bien curieux métier Carte postale de style Belle Époque SOURCE EDITIONS DE L'HOMME saisonnier québécois: vendeur de sapins à New York! Pareil soin est apporté au père Noël et à ses diverses incarnations, aux cadeaux (de l’orange dans le bas de Noël au train électrique commandé par catalogue), à la petite histoire de l’emballage et des cartes de vœux, etc.On évoque le Noël du soldat, le Noël au chantier, le Noël des démunis.Dans la dernière section, des recettes de dinde de Noël, de tourtière, et même du «plum pudding de Granny McGain» sont scrupuleusement relayées.Difficile d’imaginer travail plus exhaustif, sujet mieux cerné, ouvrage plus joliment illustré.A vrai dire, il est difficile d’imaginer Noël, désormais, sans ce livre.Collaborateur du Devoir IA FÊTE DE NOËL AU QUÉBEC Sylvie Blais et Pierre Lahoud Editions de l’Homme Montréal, 2007,504 pages Vieilles maisons d’aujourd’hui PAUL CAUCHON Ce fut d’abord une série télévisée qui faisait rêver; c’est maintenant un livre.Victor-Lévy Beaulieu vient en effet de publier Passion maisons, qui raconte l’histoire d’une vingtaine de demeures déjà présentées dans le cadre de la série du même nom à Historia.En regardant les photos de ces maisons ancestrales et en lisant leur histoire, on est frappé par la détermination et la passion qui animent leurs propriétaires.Pour plusieurs d’entre eux il s’agit du projet d’une vie, puisque les rénovations permettant de redonner à la maison son cachet d’origine peuvent durer 20 ou 30 ans! Ainsi, le couple Fernande Mo-rissette et Jacques Portelance ont passé 32 ans à travailler sur une maison de la seigneurie de Belle-chasse datant de 1730, qu’ils ont acquise à Berthier-sur-Mer en 1972.Au cours des travaux, ils ont découvert une véritable armoire murale à caissons qui avait été emmurée.On trouve plusieurs histoires similaires dans ce livre.Pour sa part, un couple de Laprairie a dé- niché en 1973 une maison laissée à l’abandon et vouée à la démolition, transformée en logements à prix modique, coincée entre une taverne, des stationnements et un bar de danseuses! A force de travail acharné, dégageant des fenêtres qui avaient été emmurées, retrouvant des matériaux d’origine, ils ont redonné à la maison son lustre d’antan.Alain Choquette, qui anime l’émission Passion maisons à Historia, est lui-même propriétaire d’une maison ancestrale et passionné de meubles et d’objets anciens.Dans le livre, il s’indigne de l’état de santé précaire du patrimoine bâti québécois, un patrimoine dont de larges pans sont maintenant disparus mais qui est parvenu à survivre grâce à la détermination de propriétaires particulièrement passionnés.Le Devoir PASSION MAISONS Textes d’André Morin Photographies de Christian Lamontagne Editions Trois-Hstoles 2007,240 pages CHRISTIAN LAMONTAGNE Une maison à Saint-François-de-Pîle-d’Orléans * LES Fi DISPARUS Daniel MeodeUohn nuuuwww au Laiike Anuft& Sm .vN Boumann Les femmes qui lisent sont dangereuses L erreur est humaine « i « «» LE DEVOIR, LES SAMEDI 15 ET D 1 M A X (HE 1 Li D E (' E M R R E 2 O O 7 F LIVRES CADEAUX Conte de fées à la VLB Danielle Laurin Il était une fois Blanche-Neige et les sept nains.Mais transposé au Québec.Réinventé, en fait.Il était une fois Neigenoire et les sept chiens.Signé VI JL Son style unique, sa parlure spécifique.D’emblée, dès la première phrase, on reconnaît la touche de l’écrivain: «Une fois, j’étais si petite que je ne prenais pas beaucoup de place là où je me trouvais.» Attendez, ça ne fait que commencer.Quelques lignes plus bas, on apprend que le père de la petite conduit un camion.Un camion sur lequel on peut voir le mot «Purolator» (écrit en rouge dans le texte, avec la typographie appropriée).Attendez de lire l’explication de la narratrice.La voici: «C’était un message secret pour tous ceux que ça pressait d'envoyer quelque chose à un parent, à un ami, à une compagnie avec ou sans numéro, de ce bord-ci du monde ou au-delà du miroir où c’est que l’eau est salée et polluée par du pétrole en combustion lente.» Du Victor-Lévy Beaulieu tout craché, oui.Un délice langagier qui tourne au délire pur.Mais un vrai conte de fées, aussi.Avec une fin heureuse et tout.Petits et grands trouveront chaussure à leur pied dans Neigenoire et les sept chiens.Où les illustrations de Mylène Henry ajoutent à l’étrangeté du récit Et font parfois frissonner.Car frissons il y a, dans cette histoire abracadabrante qui se passe en région éloignée, dans un endroit «aussi loin que le bout du monde».A Squatec, au Québec.Là vit une vieille fille sèche aux allures de sorcière.Où notre jeune héroïne va aboutir contre son gré.Parlant de l’héroïne, Neigenoire, vous savez quoi?Elle vient du Costa Rica, a la peau noire et les cheveux crépus.«Quand les miroirs ne sont pas trop nombreux autour de soi, on finit par s’habituer à n’importe quoi, on ne se rend plus tellement compte qu'on n’est pas amanché de la même façon que ses voisins», dit-elle.De toute façon, son père, un Québécois pure laine, l’adore.Et ne cesse de louanger sa beauté.Mais dès qu’il aura le dos tourné, attention.Pas de prince charmant Comme dans le célèbre conte des frères Grimm, la belle sera empoisonnée.Mais par des framboises.Avant, la vieille fille sèche aux allures de sorcière lui aura volé son image, grâce à son miroir magique.Qui recueillera Neigenoire, vous pensez?Ils sont sept, oui.Sept.chiens.Chacun a sa personnalité, son utilité.D y a même un poète parmi eux.Du genre à faire bande à part, «à cause du sentiment tragique qu’il y avait en lui par rapport à la vie».Son nom: Numéro-Deux.Sa spécialité: les poèmes sonores.Autrement dit, quand il se sent inspiré, il produit.des pets monstrueux.Quoi, où est le problème?«Ce que le poème de Numéro-Deux exprime, c’est qu’il ne faut jamais se fier aux apparences.Sous l’air triste qu’il entretient à dessein, Numéro-Deux est le plus joyeux des pinces-sans-rire.Pourquoi ça l’empêcherait d'être un grand poète?» JACQUES GRENIER LE DEVOIR Neigenoire et les sept chiens est du Victor-Lévy Beaulieu tout crache.Vous avez compris la leçon?Une parmi d’autres, au fait J’en passe et des meilleures.Continuons.Avec eux, les sept chiens, Neigenoire apprendra à manger de la viande crue.Et recouvrera la santé.En prime, elle qui très jeune a perdu sa maman aura le sentiment d’avoir trouvé une vraie famille.Et le père, dans tout ça?Vous verrez bien.Quant à la vieille malcommode, ne vous en Élites pas.Elle finira bien par payer pour son crime, comme toutes les marâtres de tout bon conte de fées.Neigenoire, de son côté, vous croyez qu’elle ne va pas retrouver sa beauté?Bon, j’en ai déjà trop dit.Sachez cependant qu’il n’y a pas de prince charmant.Pour l’histoire d’amour fleur bleue, vous repasserez.Après tou), ça reste du VLB.Du VLB en accéléré, certes.À peine une petite centaine de pages, les images compris.Rien à voir avec le monumental essai de plus de mille pages sur James Joyce, l’Irlande, le Québec et les mots qu’il a signé l’an dernier.,Et pour lequel il vient de recevoir le prix Spirale Eva-Le-Grand 2(X)7.Après Joyce, les frères Grimm, pourquoi pas?C’est tout lui, ça.11 a bien créé Bouscotte et L’Héritage, écrit Don Quichotte de la Démanche (Prix du Gouverneur général en 1974) et Monsieur Melville (prix Québec-Paris en 1979), rendu hommage à Kerouac et à Perron, aussi.Tout ça entre deux levées de boucliers dans les médias.S’il n’existait pas, il faudrait l’inventer.11 était une fois Victor-Iévy Beaulieu.Collaboratrice du Devoir NEIGENOIRE ET LES SEPT CHIENS Victor-Lévy Beaulieu Illustrations: Mylène Henry Editions Trois-Pistoles Trois-Pistoles, 2007,114 pages LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE ANTHOLOGIE La grâce de l’échec Contes de sagesse et du quotidien MICHEL LAP I ERRE CT'out est grâce.» Cette parole " X qui clôt le Journal d’un curé de campagne, de Bernanos, se retrouve sous la plume d’un écrivain québécois raté, conscient décrire son «testament littéraire» pour «quatre ou cinq lecteurs possibles», pas un de plus.Il insiste: «Tout est grâce, même l'échec, même le pire tourment.» Gilbert Choquette, l’auteur de ce roman testamentaire, écrit sous la forme d’un journal intime et intitulé Entre deux âmes, ressemble beaucoup au narrateur.Son livre est l’édition refondue et enrichie du Cavalier polonais qu’il a publié en 2000.Le narrateur ne craint pas de foire allusion «au voyeur qui saura lire, de préférence entre les lignes».Indirectement, Choquette, ce Montréalais de naissance qui a presque quatre-vingts ans, semble nous inviter à réfléchir sur son propre destin d’écrivain et même de «Kébékois», pour employer la graphie qu’il attribue par ironie à ce mot en évoquant les «ancêtres illettrés» du peuple «encore à demi sauvage» auquel il appartient malgré, tout Ecrit dans un style aussi sentencieux que désincarné, le roman n’est guère compréhensible si l’on ignore que le romancier, issu d’un milieu exceptionnel, descend de deux écrivains mineurs: son grand-père paternel, Ernest Choquette (1862-1941), médecin, membre du Conseil législatif et auteur de romans du terroir, et son grand-père maternel, Amédée Geoffrion (1867-1935), député, juge et auteur du récit d’un séjour en Europe: Voyage rimé.Le narrateur ne se prive pas de faire allusion au «grand-père Amédée», comme pour puiser jusque dans l’hérédité le point de vue qu’il exprime sur un ton confus.Devant une France indifférente et un public québécois jugé trop inculte pour connaître les glorioles nationales, il déplore la faillite de notre littérature et de notre rare bourgeoisie intellectuelle.Auteur d’une douzaine d’autres romans, oeuvres déjà oubliées, Choquette réussit à nous troubler par sa cruelle franchise.En s’identifiant au personnage représenté dans Le Cavalier polonais, tableau que l’on attribue faussement à Rembrandt, dit-on, le narrateur, plus que jamais l’ombre du romancier, suggère le caractère trompeur de toute prétention artistique.«Chevauchant» entre deux femmes, ces «deux âmes» qu’il aime d’un amour quasi spirituel, le mythique cavalier littéraire, combien plus québécois que polonais, découvre, sans l’avouer expressément, que le fruit de son culte désintéressé de l’art est l’acceptation sereine de la déchéance de l’artiste dans un triste «Kébek» jailli d’un imaginaire désenchanté.Collaborateur du Devoir ENTRE DEUX ÂMES Gilbert Choquette Humanitas Brossard, 2007,396 pages CHANSON Thomas Fersen pour les grands.et les petits On ne se lasse pas de se laisser bien conter et reconter la vie quotidienne, dût-elle se dérouler aux confins de la Chine.C’est le voyage auquel nous convient les Contes chinois, illustrés par Renata Fucikova et publiés chez Grund.Des histoires d’hommes et de femmes simples ou sages, intelligents ou mauvais, fidèles ou frivoles, de créatures de légende, d’animaux enchantés.Ces contes.manifestement anciens, proviennent des traditions Han, Blang, Zhuang ou Li.Ils nous disent la Chine, mais ils nous disent surtout les défis de la rie, ce qu’il faut de sagesse pour les affronter.«J’ai flâné pendant toute une moitié d’année dans un pays beau comme un conte de fées, écrit Renata Fucikova, faisant la genèse de cet ouvrage, j’ai erré dans les forêts d’un vert émeraude, grimpé VOUS PENSEZ À UNE CRÈCHE POUR NOËL?Choisissez-en une à votre goût parmi notre grande variété, toutes aussi originales les unes que les autres.DESMARAIS & ROBITAILLE Fondé en 1909 60, rue Notre-Dame Ouest, Vieux-Montréal 514 845-3194 Marie-Thérèse LEFEBVRE fSÉLÉMIÏËS csiMemm MoortphioM André Mathieu Planiste et coinposiiiigr •1968) SES.u»11 sème» méconnu?LIDEC inc.514-843-5991 En uente dans toutes les iiorairies Le prix est indiqué sous réserve de modifications.ANNE MICHAUD Puisque plusieurs chansons de Thomas Fersen sont conçues comme de petites histoires, il n’y avait qu’un pas à franchir pour les transformer en albums illustrés.Ce pas, c’est une maison d’édition québécoise, Les 400 coups, qui l’a franchi avec l’accord de l’auteur-compo-siteur-interprète français.Après Dugenou, illustré par Elizabeth Eudes-Pascal et paru le printemps dernier, voici que paraît maintenant Croque, illustré par Manon Gauthier; un troisième album.Les Malheurs du lion, illustré par Bruce Roberts, paraîtra au printemps 2008.Je ne sais pas si les enfants seront séduits par l’univers, toujours un peu décalé, de Fersen, mais ses admirateurs voudront sûrement ajouter ces petits albums à leur collection! Collaboratrice du Devoir DUGENOU Texte de Thomas Fersen; illustrations d’Elizabeth Eudes-Pascal CROQUE Texte de Thomas Fersen; illustrations de Manon Gauthier Les 400 coups Montréal, 2007,32 pages Steve Proulx TRÉCARRÉ 9 QUEBECOR MEDIA Passe Partout sur des montagnes escarpées, plongé dans des rivières profondes, volé au-dessus de plaines infinies.[.] J’ai accepté avec Joie l’invitation des gens simples et j’ai séjourné dans leur cabane et leur maisonnette.J’ai compris que leur vie, réglée par le travail et les privations quotidiennes, est remplie d’amour et de dévouement pour leur famille et pour l’héritage de leurs ancêtres.» El voilà que cet héritage, par ces histoires, est relayé jusqu’à nous, adultes comme enfants, avec le poids de l’expérience de ceux qui l’ont inventé.Le Devoir CONTES CHINOIS Illustrés par Renata Fucikova Gründ Paris, 2007,545 pages Préface dt Pierre.J< incas Postface de Marie-Andrée Bertrand Marc Bnere Marc Brière \ lémoins PU ISBN : 978-2-7637-8614-8 • 270 pages • 25 $ Les Presses de l’Universitï; Laval www.pwlaval.com EN VENTE EN LIBRAIRIE DIFFUSION PROLOGUE 1-iQ H W K*" D O U 'W Q C H-J Marie-France Hirîgoyen |^[IC SOLITUDES I La CHéOuverte Un vaste panorama des nouvelles solitudes de notre temps, à partir d'expériences vécues, par l'auteur du Harcèlement moral.8211 LE DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 DÉCEMBRE 2 0 0 7 K I LIVRES CADEAUX BEAUX LIVRES POÉSIE Will * -Is SA •c § ; s i ¦g § * I s •- » ï! 2 Q -S S 5 ml f#i 5 ï v -ri La Petit Monde de Salnt-Anielme (Chronique de> armies 30) Michel David ISBN 970-2-7601 -6454-J (496 pages) : 4.95 $ L'enracinement (Chronique des années 50) Michel David ISBN 970-2-7601-6739-11576 pages) 25,95 S Le temps des épreuves (Chronique des années 80) Michel David ISSN 97B-2-760I-6858-9 (608 pages) 25,95 S Les héritiers (Chronique de l'an 2000) Michel David ISBN 978-2-7601 -6890-9 (608 pages) 25,95 $ Guérin www.guerin-Mlitcur.qc.ca 514-842-3481 Tribus anciennes de l’Inde CAROLINE MONTPETIT C> est un livre sur les populations tribales qu’on rencontre sur tout le territoire de l’Inde, du nord au sud, d’est en ouest.La-bas, en Inde, on les nomme les adivasi, nom dont les racines sanskrites signifieraient «origine» et «résider».C’est un livre de photos et de courts textes, les premières étant signées Ruth Van Der Molen et les seconds, Gérard Clôt, qui fixent sur le papier les parures et les costumes de ces peuples anciens dont les coutumes s’effritent parfois au même rythme que leur territoire, souvent rongé par la déforestation.LInde avant l'In-d,e est un beau livre publié aux Editions du Passage, qui nous habituent à la facture soignée et à l’intérêt de leurs publications.Plus les adivasi vivent dans les hauteurs, comme ce peuple Bon-do, déambulant presque nu sous ses colliers de perles, plus ils conservent leur culture et leurs traditions.Plus ils descendent vers la plaine, plus ils sont gagnés par l’hipdouisme.Evidemment, ce beau livre ne fait pas le tour des populations tribales et autochtones de l’Inde.«La constitution indienne reconnaît 427 tribus répertoriées, nous dit l’ouvrage, ce qui représenterait entre 80 et 90 millions de tribaux en Inde, en 2004.» C’est près de quatre fois la population du Canada.Sans prétention scientifique ni ambition d’être exhaustif, L’Inde avant l’Inde nous présente cependant différentes tribus indiennes et nous fait connaitre quelques-uns de leurs signes distinctifs, quelques-uns de leurs rites et quelques-unes de leurs croyances.Photographier l’Inde n’est pas une entreprise simple, comme en témoigne Jean-Claude Carrière dans son texte d’introduction.«Aucun pays n’est plus difficile à photographier que l’Inde, écrit-il.Pour une raison très simple: il faut montrer autre chose que ce qui se voit L’oeil indien, qui ne regarde pas exactement comme le nôtre, ajoute toujours un deuxième regard au premier, et souvent même un troisième, et ainsi de suite.Enfin, il ajoute: «Pour tout Indien, quels que soient sa condition et son niveau de connaissance, ce monde en cache au moins un autre.» Parcelles d’informations glanées en feuilletant les pages colorées de L’Inde avant l’Inde, on découvrira que, si on retrouve les mêmes divinités chez les Bondo, les Saora et les Gadara, par exemple, chaque tribu désigne son arbre sacré et sa rivière, qu’elle considère comme une émanation divine.Le Devoir L’INDE AVANT LTNDE Photographies de Ruth Van Der Molen Tçxtes de Gérard Clôt Editions du passage Montréal, 2007,167 pages S L’état CncvclGoedie histonoue g?^éaDoiitiniiR encyclopédie historique et géopolitique La Découverte Tous les pays de la planète Le monde depuis 1945 Les grands enjeux internationaux Nombreuses cartes, richement illustré CAROLE déploiement, porté par unt' veritable êorinite.» Daniku.e Lwrin Le Devoir « Une ivuvte courageuse où ta mémoire Traverse un sovtfBe propre à l’une de?voix les plus iustes de ce temps.» ÈnrNNK Lai.onde Voir Montréal » t est fort beau, intelligent, remarquablement accessible et propre à satisfaire tant les lecteurs a\ nies de romanesque que ceux qui demandent davantage à fl littérature.» André Brochu Lettrcii québécants l CIS ei pardons !_TS.29,^ www.edvlb.ccwn ?lb éditeur 9'suis pour rien.« Grand prix du roman de l’Académie française 2007 » Goncourt des lycéens 2007 » Richard Fournier UNE ATMOSPHÈRE AMÉRICAINE Un chat de race qui cause en japonais, un ascenseur dessiné par un ancien officier parachutiste, un statisticien ivre mort entreposé sous un bureau, le frigo bavard d’une hôtelière, la patience d'un dentiste, un couple au-dessus de tout soupçon, l’aéroport sous la tempête, etc.Dans cet univers apparemment tordu, tout s'explique en 15 nouvelles.En librairie • 24,95$ • Diffusion Fides CARTE BLANCHE Simone Une vie Sux-k Stock Une vie de Simone Veil Autobiographie d’une grande dame qui fut au coeur des événements marquants du XXe siècle.34,95$ Madeleine d'Amanda Stbers Un roman touchant de l’auteure de Chicken Street, finaliste du Prix des libraires du Québec 2006.26,95$ F 12 LE DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 DÉCEMBRE 2 0 0 7 LIVRES CADEAUX PHOTOGRAPHIE L’art du portrait JEAN-FRANÇOIS NADEAU La photographie est un art de plus en plus populaire.Les ventes d’appareils de qualité explosent et le nombre d’images réalisées ne cesse d’augmenter.Paradoxalement l’appareil n’est pas toujours ce qui compte le plus dans la réalisation d’une photo.Ainsi pour prendre une image des rues de Sào Paolo ou de New York, il vaut mieux acheter un billet d’avion que de se procurer un appareil de grand prix.Une bonne part de la culture de la photographie repose désormais sur une perspective consumériste où les appareils régnent Les essais et les analyses du matériel se multiplient tandis que les réflexions sur le médium lui-même se font de plus en plus rares.Au Québec, la revue Mujto sélection, qui a célébré ses 25 ans, vient de se transformer selon cette inclination du jour.Rebaptisée Photo solutùm, elle offre plus d’essais et de conseils techniques que jamais.Sous l’effet d’un rapport étroit à la consommation, la photographie s'affiche volontiers comme une affaire de photographes qui s’intéressent d’abord aux appareils photo et qui tiennent tout discours sur la photographie pour une affaire subsidiaire qui ne relève d’ailleurs que de leur seul ressort Pourtant de même qu’il ne saurait suffire de posséder un stylo doré pour être écrivain, il ne suffit certainement pas de posséder un bon appareil pour être photographe.Les livres de Monic Richard et de Jean-François Béru-bé, deux portraitistes talentueux, illustrent à mon sens ce biais éclatant de la photo actuelle.Sans gravité En introduction à son travail, intitulé la Face cachée du portrait, Monic Richard explique que la photographie a toujours été pour elle une sorte de jeu, «sans affectation, sans gravité».Le triomphe récent du numérique sur la pellicule aigentique, confie-t-elle, lui 3 fait goûter davantage aux plaisirs de la photographie.A l’entendre, on croirait presque qu'elle pratique la photo en dilettante alors qu’eDe est bel et bien une professionnelle de fort calibre.Les portraits que présente Monic Richard se déclinent dans ce livre selon une perspective qui assimile son travail, souvent remarquable, à autant d'occasions d’offrir des conseils à des photographes ou à des gens qui souhaiteraient le devenir.Sous le couvert de courtes relations de ses rencontres avec ses sujets — Josée di Sta-sio, laïc Plamondon, Bernard Lemaire, Céline Bonnier, Leonard Cohen et bien d’autres —, Monic Richard nous dit utiliser tel ou tel appareü, avoir coupé ceci ou suggéré cela pour réussir au mieux son image.Bref, on est ici beaucoup dans l’univers de la technique, du matériel.Iæ livre se conclut d'ailleurs par une suite de conseils en vrac sur les appareils photo numériques, les attitudes typées de certains photographes, l’usage du flash, la composition générale, le noir et blanc, la couleur, les filtres, le contrejour, etc.1 Üfi cm L't Kim Yaroshevskaya, comédienne, par Jean-François Bérubé JEAN-KKANÇOIS BÉRUBÉ / GÉO PLEIN AIR «Quand fai commencé en photo, écrit Monic Richard, j’aurais voulu qu’un des portraitistes dont je suivais la carrière — Richard Avedon, Irving Penn ou Helmut Newton —prenne cinq minutes de son temps pour me parier de ses photos.» C’est ce que Monic Richard a voulu faire ici, sous un mode informel.En fait, elle ne parle pas beaucoup du cœur de ses photos.Elle traite plutôt de leur univers de réalisation technique.Au final, cela n’offre pas des perspectives bien différentes de ceDes que l’on trouve dans un nombre incalculable de revues et de livres pratiques consacrés à la photographie.On aurait préféré que Monic Richard se présente pour ce qu’eÛe semble être d’abord et avant tout aux yeux de plusieurs: une artiste qui s’exprime à travers la lumière de ses sujets.Mais peut-être après tout qu'elle ne se voit pas spontanément ainsi.Vision du monde Le livre que propose pour sa part Jean-François Bérubé relate aussi les rencontres d’un photographe avec ses sujets, dont certains sont fort connus: Charles Dutoit Diane Dufresne, Jean Leloup, Françoise Sagan et Serge Gainsbourg, pour ne nommer que ceux-là.Mais il y a continue ainsi, de page en page.Un bonheur.Par hasard, j’ai croisé Jean-François Bérubé au dernier Salon du livre de Montréal Je lui ai dit en passant bien vite: «Personne ne nous a envoyé ton livre au journal.Dommage, fen parierais sans doute.» Suisje bête! J aurais dû l’acheter tout de suite, sans plus attendre.Le Devoir RENCONTRES Jean-François Bérubé Avec la collaboration de Simon Kretz Géo Plein Air Montréal, 2007, sans pagination LA FACE CACHÉE DU PORTRAIT Astuces et secrets Monic Richard Texte de Sophie Massé Flammarion Québec Montréal 2007,162 pages aussi des visages qui pourraient être sans nom.Ici, seule la photographie compte.En introduction à Rencontres, Suzie Larrivée précise que c’est par l’entremise de ses sujets que «Bérubé nous laisse entrevoir sa vision du monde».Du monde?Peut-être un peu fort Mais de la photographie, certainement Ce livre, habilement soutenu par la plume de Simon Kretz, s’ouvre avec éclat sur les pieds de la patineuse de vitesse Nathalie Lambert Ces pieds sont meurtris.Les milliers d’heures d’entraînement passées dans des patins, nous les imaginons volontiers.Juste des pieds, et pourtant tout de l’athlète semble là, devant nous.Bérubé sait voir et faire voir.Cette évidence se confirme dès la page suivante, devant les chaussures d’atelier de Marcel le Ferron, maculées de résidus de peintures.Diable! Cet homme peut-il ainsi rendre l’âme de ses sujets à l’infini juste par leurs chaussures?A travers les séances de photos qui défilent devant nous, on voit le photographe s’investir de la lumière de ses sujets.Avec Richard Séguin, on constate que Jean-François Bérubé s’est bel et bien plongé dans l’œuvre d’Henry David Thoreau que lui a offert le chanteur.Un photographe, ce Jean-François Bérubé.Vraiment Et ça M ONIC RICHARD / FI.AMMARION QUEBEC Michel Tremblay par Monic Richard Nu/7 blanche fête ses 25 ans NUIT BLANCHE 80 pages de lecture N° 109, en kiosque le 14 décembre Tout le champ littéraire, québécois et international, dans un seul magazine.it JANt UROUHART PffiRRfc LASftOUUNB V «MA FIUROVIC ANOin •AAK**** ¦^r vAMftl liOMHP «M* U Hvr* iomoi» lu P0' tcrivoin miwonnu : AI»**»©** Des entrevues avec Jane Urquhart par Linda Amyot Pierre Assouline par Marcel Olscamp Zlata Filipovic par Michèle Bernard Des articles sur Andreï Makine par Roland Bourneuf Léopold Sédar Senghor par Judy Quinn Œuvres de Vassili Grossman par Laurent Laplante « Le livre jamais lu » par Jean-Pierre April « Écrivains méconnus du XXe siècle » : Alexandre Arnoux par Patrick Guay Abonnez-vous ou offrez Nuit blanche en cadeau et obtenez l'accès gratuit au contenu intégral du site www.nuitblanche.com Par la poste en remplissant le coupon ci-dessous, par téléphone : 418 692-1354 ou par Internet |transactions sécurisées] : www.nuitblanche.com Je m'abonne pour une période de : ?1 an : 34,''?$ ?2 ans : 56,$ ?3 ans : 82 $ (taxes incluses) Et/ou j'offre un abonnement de : ?lan:34,'9$ ?2 ans: 56,"$ ?3 ans : 82 $ (taxes incluses] À : Nom: .Prénom: .Adresse : .Ville/province : .Code postal : .?Nuit blaneh» enverra une lettre le ././.pour annoncer à cette personne que je lui offre un abonnement cadeau.Vf* ¦ACtO CANADA , , TÉLÉVISION Paiement total de : .Nom : .Prénom : .Adresse: .Ville: .Province : .Code postal : .Tél, : .?Chèque ou mandat à l'ordre de Nuit blanche ?Visa ?Master Card N° de la carie : .Date d'expiration : .Envoyez ce coupon à Nuit blanche, 1026, rue Saint-Jean, bureau 403, Québec (Québec) GIR 1R7 vv,;.lllliS: IJbre|Bqjresion » ‘ euUtSEOOX MEDIA iTf m T£ 4 * vit 4* PAS DE PANIQUE, C’EST NOËL! ^ POUR PASSER A TRAVERS VOTRE LISTE DE CADEAUX EN MOINS DE TEMPS QU’IL N’EN FAUT POUR CUIRE UNE DINDE, ENTREZ CHEZ RENAUD-BRAY.ICI, IL Y A TOUT CE QUE VOUS CHERCHEZ.DES LIVRES, DES CD, DES DVD, DES JEUX ET DES JOUETS.DES SURPRISES ET DU BONHEUR.DES COUPS DE CŒUR POUR DES CADEAUX ALLUMÉS ET DES LIBRAIRES POUR DES CONSEILS LUMINEUX.24 LIBRAIRIES AU QUÉBEC ET 1 BOUTIQUE VIRTUELLE A RENAUD-BRAY.COM * **1 'Ttenâuà*® r^y CARTE-CADt-M /I {fl PAS d'kfe ?»! VOTRE LIBRAIRE » Renaud-Bray LE CONSEILLER DU PÈRE NOËL LE DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 6 DECK M B R E 2007 IVRES CADEAUX À pleines volées ! MICHEL BÉLA IR Quand on a toujours vécu à Montréal, on ne les voit plus.En fait on ne se souvient vraiment de leur existence que lorsqu’il faut les escalader l'hiver en pleine tempête de neige ou encore quand il faut descendre un frigo d’un troisième un jour de déménagement.Les escaliers extérieurs de Montréal sont pourtant uniques.On en trouve bien quelques-uns à Québec, à Trois Rivières et à Sherbrooke, mais c’est à Montréal et nulle part ailleurs que le genre a vraiment trouvé à s’épanouir.Ils sont d’ailleurs tellement uniques qu’on ne les trouve que dans certains quartiers de la voile.Rus précisément ceux construits entre 1860 et 1940, alors que la ville a connu deux explosions démographiques majeures (de 1850 à 1900, par exemple, Montréal est passé de 50 000 à 300 000 habitants).Avant, les maisons donnaient directement sur la rue et n’accueillaient en général qu’une seule famille, aussi nombreuse soit-elle.A l’époque, il faut le souligner, les limites de fa vile ne dépassaient pas la rue Sherbrooke au nord et d’ouest en est Montréal s’étendait de la rue de fa Montagne jusqu’à fa rue Amherst Puis, après 1860, avec l’afflux de travailleurs venant des campagnes comme de l’extérieur du pays pour alimenter la révolution industrielle qui avait cours dans la métropole du Canada, D a fallu rapidement loger le plus de monde dans le moins d’espace possible.et les promoteurs de l’époque ont choisi d’empiler les logements les uns par-dessus les autres dans les nouveaux quartiers qui prenaient forme.Et c’est pour gagner encore plus d’espace qu’ils ont inventé les escaliers extérieurs.Jean O’Neil raconte tout cela, et encore plus, de façon fort vivante.Entre autres que l’âge d’or des escaliers extérieurs a pris fin avec un règlement municipal en 1940, mais qu’on a longtemps continué d’inventer sur le même thème.On sortira de ce magnifique petit livre en ayant l’impression de désormais tout savoir sur cette particularité architecturale qui donne à Les étonnantes histoires de Jules Feiffer Montréal ce cachet bien particulier qui fait rêver les visiteurs étrangers.Mais ce sont surtout les photos de Pierre Philippe Brunet qui rendent tout cela irrésistible.Grands et petits, courbés ou rectilignes, colorés toujours, sous la verdure et les pots de fleurs comme sous 1a neige ou les feuilles mortes, les escaliers extérieurs de Montréal sont des trésors d’invention et de fraîcheur.et il fallait ce petit livre pour que Ton en prenne conscience.Le Devoir LES ESCALIERS DE MONTREAL Photos de Pierre Philippe Brunet, texte de Jean O’Neil Hurtubise HMH Montréal, 2007,146 pages HISTOIRE De la première à la dernière guerre SERGE TRUFFAUT \ A bien des égards, l'histoire avec un grand H se confond avec celle des batailles.On assure même que l’histoire comme science, comme matière, est née à fa faveur, si Ton ose dire, d’une guerre.Celle du Péloponnèse telle qu’observée et racontée par Thucydide, homme immense parce que.premier historien dans l’histoire.Depuis peu, les Editions Erpi proposent le version française des plus grands combats de l’Antiquité à nos jours, choisis ou rassemblés par un collectif d’experts dirigé par R G.Grant.Soyons terre à terre: les auteurs de cet ouvrage au pesant format accordent, en règle générale, deux pages à chaque conflit CQFD: il y a eu une pléthore de guerres.Ce livre s’ouvre sur une description des première^ armées connues, que les cités-Etats de Mésopotamie, au HT millénaire avant J.-C„ avaient créées, et se conclut avec l’invasion de l'Irak en 2003.Chacune des batailles qui ont rythmé l’histoire entre ces deux pôles est plus qu’évoquée.Et ce, sur tous les continents sauf l’Afrique.Autrement dit, les épisodes sanglants que l’on devine, soit les guerres de religion, les romaines, les napoléoniennes, les autrichiennes et autres, s’accompagnent d’une description des offensives armées menées en Chine, au Japon, en Amérique du Sud etc.Cela étant, la valeur du livre vaut avant tout pour sa richesse iconographique.Les cartes sont toujours augmentées d’illustrations proposées pour que le lecteur ait une bonne idée des instruments (fusils, sabres, tanks.) dont disposaient les pauvres soldats.On insiste: les images comptent pour beaucoup dans fa valeur, du reste réelle, de cet ouvrage.Bien évidemment, R G.Grant a pris un soin particulier à souligner les faits en apparence anecdotiques qui ont eu une importance considérable sur Tissue de telle ou telle bataille.Un exemple?Sa victoire à Blenheim, en 1704, qui changea l’équilibre des forces en Europe, le duc de Malborough 1a devait essentiellement à sa décision de faire progresser ses troupes.de nuit! Ces Batailles contées sur plus de 300 pages constituent, si on s’intéresse à l’évolution des armées depuis des millénaires, le compa- gnon idéal aux classiques du genre écrits par Thucydide, Anthony Beevor, Karl von Clauzewitz et d’autres.Le Devoir BATAILLES Collectif dirigé par R G.Grant Editions ERPI Paris, 2007,360 pages PAUL CAUCHON Jules Feiffer est une légende aux Etats-Unis, mais il demeure assez méconnu du public francophone.À moins que vous n’ayez été un fervent lecteur du Village Voice, où ses comics strips ont été publiés de 1956 à 1997.Scénariste, écrivain, dessinateur et dramaturge, Feiffer est né à New York il y a près de 80 ans.Et c’est dans les années 50 qu'il a commencé à dessiner ses œuvres.S le Village Voice fut son port d’attache pendant 40 ans, Playboy et le New York Times l’ont également beaucoup publié, et il remportait en 1986 le prix Pulitzer du dessin de presse.Dramaturge, sa pièce Little Murders a été adaptée au cinéma par Alan Arkin, et ses propres scénarios de film ont fait sensation: Carnal Knowledge de Mike Nichols, Po-peye de Robert Altman et / Want to Go Home d’Alain Resnais.Jules Feiffer est un satiriste.Et probablement un moraliste.Chez lui, pas de superhéros, ni de suspense, ni d’aventures à tout casser.Ses bandes dessinées mettent en scène des gens ordinaires, sinon de pauvres types, souvent névrosés et isolés, dessinés sur fond blanc, qui tentent d’affirmer leur individualité.Je ne suis pas n’importe qui! propose six histoires distinctes, des «nouvelles graphiques», très bien traduites par Cavanna, qui avaient été écrites dans les années 50.Le plus remarquable, c’est de constater à quel point elles demeurent actuelles.Passionella, par exemple, raconte l’histoire d’une femme ordinaire que personne ne remarque.Ramo-neuse de cheminées, elle rêve tous les soirs devant sa télé de devenir une vedette de cinéma.Une «bonne fée de la télé» lui apparaît un jour pour lui permettre de réaliser son vœu, mais seulement quelques heures par jour.Ce qui donne lieu à une critique assez savoureuse du showbiz et de l’obsession du vedettariat Harold Swerg est une histoire encore plus étrange.Ce petit monsieur ordinaire peut courir plus vite, botter un ballon ou frapper une balle de baseball plus loin que n’importe qui au monde.Mais il refrise de se servir de ce don, n’en voyant pas l’utilité.Le gouvernement se mêle de son cas, l’accusant même de saper les fondations du pays.Car enfin, c’est quoi cette histoire de refuser d’être le meilleur! On aura compris que Harold Swerg est une surprenante réflexion critique sur la compétition et la performance, ces sacro-saintes valeurs américaines.SOURCE FUT11R0POLIS Dessin de Jules Feiffer pour La Relation, une histoire extraite de l'album Je ne suis pas n'importe qui! Feiffer, qui était très apprécié par les dessinateurs underground du tournant des aimées 70, frit aussi un critique sévère de la guerre du Vietnam ainsi que des politiques de Nixon et de Reagan.Antimilitariste, son service militaire a donné naissance à ce qui est peut-ètre la nouvelle La plus forte du recueil, Munro.Munro est un petit garçon de quatre ans réquisitionné pour le service militaire.Découragé, il tente de sensibiliser Taumô-nier, le général, le psychologue de l’armée à son cas, mais rien n’y fiüt: il doit jouer le jeu pour devenir un héros.Une seule conclusion: souhaitons vivement d’autres traductions de Feiffer.Le Devoir JE NE SUIS PAS N’IMPORTE QUI! Jules Feiffer Futuropolis 2007 entre deux mondes Pour Noël, replongez au cœur de l'année 1967 et revivez ses grands moments en photos et en textes photographies de jean rey textes de Jacques godbout, marcol jean, robert saletti, michel rivard 160 pages ¦ 29,95$ ISBN 978-2-89540-318-0 Les 4oo coups WWW.EDITIONS400C OU P S .C À Jean-Denis Gendron Q^^nque ____________________ t-XRANÇAISE RANÇAI VÆt Ri QUE mm D’où vient l'accent des Québécois.Et celui des Parisiens ?Au ItaKârt ISBN : 978-2-7637-8615-5 Les Presses de l’UnivkrsitE Laval 312 pages • 35 $ www.pulaval.com DIFFUSION PROLOGUF EN VENTE EN LIBRAIRIE LES 1001 LIVRES QU’IL FAUT AVOIR LUS DANS SA VIE ^«^«ieandormesson PETER AOCROYD souiiAWictioMW PETER BOXAI LES 1001 LIVRES Qü’IL FAUT AVOIR LUS DANS SA VIE TRÉCARRÉ «QUEBECOR MEDIA — Des petits livres tout carton à manipuler et à se faire raconter.pour découvrir avec leur grande amie une mélodie de mots.Textes: Sylvie Dumontier • Illustrations: Nadja Cozic • 9,95 $ chacun L'histoire comme vous ne l'avez jamais vue! LE livre-cadeau de l'année ! On ne naît pas chef, on le devient ! les cent Anthologie préparée par Pierre Craveune Les cent plus beaux poèmes québécois 240 PAGES • 49,95$ I «©cottes — nr épater .'r*"‘ po 1,0 bo»"« Philippe Mollé Recettes pour épater La bonne cuisine pour petits et grands 128 PAGES • 24,95$ Hélène-Andrée Bizier ÉCOISES L PHSIOS DES QUE! iTOIPE USE HI] B-r %' Une histoire des Québécoises en photos 536 PAGES • 39,95$ Le parcours trépidant d'un homme libre Les histoires fabuleuses de ce grand conteur musicien Un livre-disque qui fait immanquablement le bonheur des enfants jEAN-PlIRRE CHARRONNIAU À découvert 392 PAGES
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