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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2008-01-05, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 JANVIER 2 0 0 8 L’utopie toute relative d’Albert Camus .Page E 3 THÉÂTRE Hantée par les mondes parallèles de John Mighton Page E 5 Centenaire de la naissance de Simone de Beauvoir ne IHSRlMi CAROLINE MONTPETIT E De a eu ses succès, ses critiques.EDe a bousculé des dogmes, fait plein usage de sa Dberté, profondément modifié la perception que les femmes avaient d’elles-mêmes et de leurs possibiEtés.Avec son compagnon de toujours, Jean-Paul Sartre, eDe a fait de l’engagement poDtique une priorité.Il y a bientôt cent ans, soit le 9 janvier 1908, naissait à quatre heures du matin, boulevard de Montparnasse, à Paris, une petite fille nommée Simone de Beauvoir, qui sera ensuite affectueusement surnommée le Castor.Aujourd’hui encore, son œuvre, et particulièrement son essai controversé, Le Deuxième Sexe, publié en 1949, proposant une lecture radicalement nouvelle de la condition de la femme, est une référence dans le monde des idées.«On ne naît pas femme, on le devient.» C’est l’une des citations les plus connues de Beauvoir, qui disait d’affleurs que sa mère lui répétait volontiers, lorsqu’eUe était enfant «Une jeune fille a deux amies, sa mère et son aiguille.» Cette citation Ulustre bien le propos du Deuxième Sexe, qui analyse en profondeur les fondements historiques et sociaux de la condition féminine.Pour mener son analyse, la femme de lettres n’a reculé devant aucun tabou.Apres avoir dressé un triste tableau du destin féminin, que la femme aborde «blessée, inquiète, coupable», Beauvoir aborde sans détour le thème de la sexualité, dans laque! le la femme se soumet souvent en premier lieu, aux diktats masculins, définissant d’abord et avant tout l’érotisme à travers le regard mâle.«Et c’est souvent au moment où elles cessent d’être désirables que les femmes, enfin entraînées par un long apprentissage, se décident à assumer leurs désirs», écrit Françoise d’Eaubonne, amie de Beauvoir, qui analyse son œuvre dans, l’ouvrage Une femme nommée Castor, mop amie, aux Editions Encre.A une époque où le mouvement féministe est encore pratiquement inexistant Simone de Beauvoir s’attaque à l’institution du mariage, survivance des sociétés patriarcales, défend l’homosexualité, qui n’est dit-elle, pas plus «une perversion délibérée qu’une malédiction filiale», et défendra aussi plus tard intensément le droit à l’avortement Faut-il s’étonner que, dès sa parution, Le Deuxième Sexe ait été mis à l’index par le clergé québécois et qu’il le soit demeuré jusqu’en 1960?Un impact énorme On trouve d’aiUeurs aujourd’hui sur YouTube une entrevue de 40 minutes menée le 13 novembre 1959 Simone de Beauvoir n’était pas seulement une théoricienne dans sa tour d’ivoire par Wilfrid Lemoine avec la sulfureuse Simone de Beauvoir.Au cours de cette entrevue, Simone de Beauvoir expDque la pensée existentialiste qu’eUe partage avec Jean-Paul Sartre.EDe dénonce le mariage obligatoire, qui, lorsque les conjoints ne partagent plus rien «dans leur cœur ou dans leur chair», lui semble «dégoûtant» et proche de «la prostitution».EDe y affirpie aussi n’avoir aucune raison de croire en Dieu.A l’époque, l’entrevue a été censurée par la direction de Radio-Canada, sous les pressions de l’ar-chevèché, et n’a pas été diffusée au moment de son enregistrement En fait la diffusion de l’entrevue n’a été programmée qu’au moment de la mort de Beauvoir, en avril 1986.Mais eDe a finalement été bousculée par les éümi-natoires de hockey, et le public québécois n’a pu en voir alors qu’un extrait On le sait, le mouvement féministe a pourtant, malgré tout, trouvé au Québec, sans doute plus qu’en France, un terreau propice à son épanouissement Et il y a ici, à Montréal, un Institut Simone de Beauvoir, fondé à l’université Concordia en 1978 avec la bénédiction de l’intéressée, consacré à l’étude et à l’enseignement de la condition féminine et du rapport entre les sexes, ainsi qu’à l'éducation populaire, au soutien de groupes de femmes et de groupes communautaires.«Son impact est absolument énorme, dit Viviane Na-maste, directrice par intérim de l’institut Dans les universités, les gens lisaient son travail [.] mais aussi suivaient ses actions politiques.Simone de Beauvoir n’était pas seulement une théoricienne dans sa tour d’ivoire.Cest quelqu’un qui voulait changer le monde en même temps.» Dans l’entrevue accordée à Wilfrid Lemoine en 1959, Beauvoir explique très clairement la position existentiaDste.«Nous sommes souvent près du communisme, souvent assez loin», dit-elle, précisant que ce sont là par aDleurs deux approches matériaDstes de la vie, qui refusent la métaphysique.Les existentiaDstes s’intéressent à la nécessité pour l’homme d’assouvir ses besoins.«Mon devoir d’intellectuelle est de protester contre tout ce qui opprime l’homme», dit-elle, citant au premier chef la guerre d’Algérie, qui fait rage à cette époque et à laqueDe eDe s’oppose farouchement Selon Viviane Namaste, Simone de Beauvoir avait ainsi une profonde conscience de l’autre, et cette approche serait utile aujourd’hui, en ces temps de débats sur les accommodements raisonnables et le port du voile, notamment en France.Selon Louise Dupré, VOIR PAGE E 2: BEAUVOIR Qui-vive en son château?Gracq laisse une œuvre provocatrice et inextinguible FRANCK PERRY AFP Julien Gracq GUYLAINE MASSOUTRE Si la disparition de JuDen Gracq, dont la pensée incisive et la Dberté inouïe ont marqué la seconde moitié du XX' siècle, laisse les lettres en deuil, son œuvre est complète.Critique intransigeant d’une fidéDté absolue à ses amis — les pages qu’il consacre à André Breton, en 1948, n’ont rien perdu de leur éclat —, cet élève de l’éveDleur phDosophe Alain fut un esprit aussi courtois que briDant hostile aux prix littéraires comme à la gloire médiatique.D défendit sereinement sa volonté d’une paix recueDDe et discrète.Avec queDe simpDcité D refusait de commenter et de reDre Le Rivage des Syrtes, génial roman paru en 1951, qui lui valut un Concourt qu’il refusa! Aucun roman à ce jour n’a réussi à transfuser, par contagion, l’attente dont U s’est fait l’orfèvre.Ce Dvre de guerre latente, de guets et d’ombres, d’amours déliquescentes et magiques, d’eaux faussement tranquilles, d’interdits bravés et de décadence annoncée, est 1’écrin d’une langue admirable, toutes sensations et toute géographie suspendues.Après Un balcon en forêt, en 1958, inspiré par la guerre, D donnait une pierre semi-précieuse, La Pres-qu "de, en 1967, récit métissé de fiction, d’une facture si précise qu’on en suit chaque méandre dans la géographie bretonne, une fois sur place.Le roman qull prévoyait en 1953 avait avorté, mais entre fuite et rendez-vous, D faisait entendre la rumeur de la quête, dont la dernière phrase d’un personnage sertissait un süence définitif: «Comment la rejoindre?pensait-il, désorienté.» Des essais critiques, dont Préférences (1961), En lisant en écrivant (1980), Carnets du grand chemin (1992), tous fantaisistes, personnels, stimulants et imprévisibles, aDaient abonder.Avec sa clarté tranchante, il exécutait les comètes à éclipse, pour envoyer dans sa coulée fluide les Rimbaud et autres rénovateurs de Graal en un juste coup d’archet Désinvolte liberté Son œuvre a connu une diffusion de plus en plus sûre, dans La Pléiade, chez GaDimard, et chez Corti, son éditeur.Refusant l’édition de poche, U ne craignait pas de court-circuiter la machine à doper les ventes, affirmant après Stendhal, qull honora toujours, la nature élective des affinités qui unissent les gens de lettres aux «grands intercesseurs».Plaire, il n’en avait cure.Défendre un idéal, il s’y adonna jusqu’au bout de ses 97 ans.«Je professe que les écrivains ne sont que leurs livres, et peuvent assez rare- ment apporter beaucoup plus», m’écrivait-D après l’article du 27 juillet 2002, jour de son anniversaire, que Le Devoir pubDa de ma visite à Saint-Florent, Les Eaux étroites en main.«Les lieux ont su vous parler pour moi, et je vous devrai certainement un contact plus concret avec un public canadien, lointain, mais qui me tient à cœur* Une grande émotion s'attache au nom de cet écrivain majeur, découvert quant à moi étudiante, il y a trente ans.Il ne m’a pas quittée, m’a formée.Dire combien sa route a tracé de lignes nettes à la lectrice de ses pages, c’est ajouter aux célébrations convergentes l’admiration éperdue qui fuse ces jours-ci de toutes parts.Sa pensée vive de sources bruissantes, sa langue d'une richesse éblouissante, son exigence à vous couper le souffle créaient en vous un appel au miracle de la vie.De loin il préférait la Dttérature à l’existence plate, bien qu’il ne fut ni misanthrope ni hautain.Sa vie privée semblait transparente, rythmée depuis des lustres par les marées de la Loire, au pied de sa haute maison ancestrale.Au château d’Argol (1938) et Un beau ténébreux (1945), marqués par le romantisme allemand et le nervalisme, se muèrent en un surréaDsme onirique, VOIR PAGE E 2: GRACQ \ 31 E 2 LE DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE JANVIER 2008 LIVRES BEAUVOIR SUITE DE LA PAGE E 1 écrivaine, professeure de littérature à l’Université du Québec à Montréal et membre de l’Institut de recherches et d’études féministes, l’œuvre de fiction de Simone de Beauvoir, moins connue que ses essais, est également appelée à rester.«Ce que j’aime beaucoup chez elle et qui m'a influencée, c’est que, si elle est aussi une théoricienne, dans GEORGES BENDHIREM AFP Simone de Beauvoir aux obsèques de Jean-Paul Sartre, le 19 avril 1980 son œuvre de fiction elle n’a jamais voulu défendre ses idées.Elle n’a pas mis en scène des militantes héroïques.Elle disait que, si la littérature doit être engagée, elle ne doit pas être militante», dit-elle.Le premier roman de Simone de Beauvoir, L’Invitée, est paru en 1943.Beauvoir a par ailleurs remporté le prix Concourt en 1954 pour son roman Les Mandarins.Son œuvre autobiographique, qui regroupe plusieurs ouvrages, à partir des Mémoires d’une jeune fille rangée, est imposante.A l’occasion du centenaire de la naissance de Simone de Beauvoir, les Editions Taillandier ont fait paraître cet automne un recueil d’essais intitulé Beauvoir dans tous ses états, d’Ingrid Galster.On y interroge notamment sa relation avec Sartre, ses activités controversées sous l’Occupation et sa réception posthume.Plus tard cette année, les Editions Gallimard feront paraître L’Existentialisme et la sagesse des nations, de Simone de Beauvoir, ainsi que ses Cahiers de jeunesse.Danielle Sallenave signera par ailleurs un livre sur l’intellectuelle intitulé Castor de guerre.Le Devoir GRACQ SUITE DE LA PAGE E 1 inspiré par le tempo de la marche, la connaissance en expansion et le grand air revigorant.C'est peu dire qu’il privilégiait les ambiances âpres et envoûtantes, le faste d’une puissance sentie dans les lieux, le passé, le paysage et les traits d’un visage, d’une silhouette, d’un sujet.Il pratiquait les effets de levier.Ses réflexions sur les livres résonnent sur différents claviers en chaque page.Jamais éclectique mais musical, incorporant la mémoire, les pressentiments, les embranchements de la pensée aux lectures effectives, il a su instiller l'intensité de son intelligence dans celles qui découvrent et comprennent la richesse du monde avant que de la formuler.Il a partagé ses lectures en mouvement de la littérature, sans rompre l’harmonie indivise des sens multiples ni ôter leur richesse jouissive aux grands romans.Quand certains ignorants se gaussent de la fin des lettres françaises, il suffit d’ouvrir n’importe quel livre de Gracq, ce maître contemporain aux humeurs impitoyables, pour se laver de telles bassesses arrogantes.Nul mieux que lui n'a fustigé les frigidités, les gaspillages, la sottise: «Un monde bien pire qu’un monde d’objets inertes: un monde de batteries déchargées.» L’inassouvissement qui ébranle n’a cessé pour lui d’être l’art suprême: «Quel écrivain n’a rêvé de rompre son attache avec la contingence du monde — d’effacer son commencement?» Le roman était pour lui «un insatiable consommateur d’énergie», «un magnétisme directeur».Somme de blocages rythmés et de libertés apparentées au rêve, langage tiré du néant, «muette apparition» sous un porte-plume, le roman fut sous le sien si bien défendu que Breton fit pour lui amende honorable après avoir honni le genre.Gracq est un poseur d’énigmes, qui a trouvé sa place dans le fondu enchaîné de la littérature.Son acte d’écrire et de lire, vases communicants, laisse une œuvre en soi immense, espace dramatique ouvert, repos pour l’intelligence, film intérieur et phare.Sa prose subtile, peu ou prou solitaire, possède une substance qui se renouvelle à chaque lecture, une fin sans cesse désenclavée, un rôle catalyseur.La perspective de sa disparition comme homme est réversible comme art: son effervescence radicale, singulière, revêt une grâce susceptible, dans l’univers inépuisable de la littérature, de vous «ramener au bercail».Collaboratrice du Devoir C.avV ,\yôV> La v'e, de so' Les livres qui ne circulent pas meurent L1 É CHANGE 707 cr 713 MONl-RO/Al fSÏ ©MONI-ROyAL, 514-523-6389 /ASSOlxU] IZi-M-lVlXsW IV Invitation aux artistes, commissaires et institutions qui désirent présenter un projet d’exposition L’ACEAT constitue un réseau de diffusion professionnel qui regroupe cinq centres d’exposition distincts de l’Abitibi-Témiscamingue Il est possible de présenter un dossier individuel à chacun des centres de votre choix ou encore un seul dossier destiné à l’ensemble des centres.L’ACEAT s'assurera de fahe le suivi.L'ACEAT existe depuis 1980 et regroupe les institutions suivantes : Centre d'exposition d’Amos Centre d’art Rotary Centre d’exposition de Rouyn-Noranda Centre d'exposition de Vol-d’Or Sade Augustin-Chénier Date limite : le 31 janvier 2008 Votre dossier doit comprendre les documents suivants : Curriculum vitae Un dossier visuel avec description Démarche artistique Projet d’exposition Enveloppe de retour affranchie Faire parvenir votre dossier à Marie-Christine Coulombe, Présidente 600, 7" Rue Val-cTOr (QC) J9P 3P3 Téléphone (819) 825-0942 Courriel : expovd@ville.valdor.qc.ca La reine des bécosses Louis Hamelin «P renez deux Irlandais et laissez-les seuls dans une pièce: bagarre assurée.Maintenant, prenez un Ecossais et laissezde seul dans une pièce: bagarre assurée.» Je tiens cette vieille blague d’un de mes profe du collège Macdonald, la faculté d’agriculture de l’université McGill, fondée par un philanthrope, magnat du tabac.Curieux tout de même que je m’en souvienne après tout ce temps.Remarquez que rien ne ressemble davantage à un écrivain que quelqu’un qui se bat tout seul dans une pièce.Il m’arrive de me penser victime d’une erreur de casting génétique: j’aurais aimé, je crois, être écossais.Qu’on puisse trouver dans mes veines un huitième ou un seizième de ce sang comparable à de l’antigel ne me surprendrait pas.Sinon, comment expliquer la manie qui, autrefois, me poussait à prendre l’autocar de Montréal à Sherbrooke, où je confiais mon sort à l'inoubliable compagnie de broche à foin qui assurait la liaison Sherbrooke-Mégantic et à Michel, le chauffeur de ces petites «ma-dames», un vrai monsieur qui savait vous remplir un autocar de joueuses de bingo pour rentabiliser ses brinquebalantes opérations entre la frontière du Maine et la reine des Cantons.Je descendais à Milan, anciennement Mile-End, un village niché dans le piétqont appalachien et fondé par des Ecossais, et pendant la demi-heure de marche qui me séparait de la minuscule fermette tapie au bord des grands bois où vivaient quelques couguars qui n'avaient qu’à tendre la patte pour attraper un chevreuil, j’avais tout le temps de penser à la raison qui, jadis, incitait la Compagnie de la Baie d’Hudson à privilégier l’embauche d’Écossais pour faire rouler ses postes de traite de la Terre de Rupert et du pays des Couteaux-Jaunes: aucune race d’hommes ne semblait mieux faite pour supporter les rigueurs du Nord, cette combinaison de llsolement et de l'éloignement A Milan, ils avaient cultivé l’amour de la solitude et du froid jusqu’à finir par oublier de se reproduire.Une forme d’enracinement comme une autre, sous les pissenlits du cimetière.Je revois le pêcheur de homards de Dominic Cooper (Le Cœur de l’hiver) et sa solitaire soupe de pommes de terre devant l’âtre.Je lui ai maintenant trouvé une compagne.Elle s’appeDe Arabella Je lui connais au moins une semblable québécoise, et qui habite la vraie vie, pas la littérature.Moitié sorcière, moitié métisse, longs cheveux emmêlés, un feu ancien au fond des yeux.Son amour fait japper les chiens, hurler les inspecteurs de la SPA Arabella possède quatre clebs qu’elle promène dans un landau et appelle ses enfants.Autant dire tout de suite que la nouvelle qui porte son nom m’a tout simplement jeté à terre (ce qui, quand on rencontre Arabella, fait figure de moindre mal).Un cœur d’or, cette femme.Du genre à se contenter de thé noir et de porridge froid pendant que ses «enfants» se repaissent de foie et de côtelettes.Une telle générosité ne saurait exclure tout à fait les hommes.Arabella connaît un onguent qui.oui, qui quoi déjà?En tout cas, c’est dégueulasse, et ça fait tellement de bien.Et ce n’est rien encore, vous devriez rencontrer la mère d’Arabella.Qui fume la pipe et crache des choses horribles qui lui retombent dessus, et quand on lui dit «Maman?Je crois bien que papa est mort», elle répond: «Fort possible.» L’autre mère d’Arabella est l’écrivaine écossaise Agnes Owens.Au moment de faire ses débuts en littérature, elle travaillait comme secrétaire dans une usine d’horloges électriques, avait traversé deux mariages, envoyé trois enfants à l’école et en avait élevé deux autres.Et j’allais oublier: représentante syndicale.Elle va quand même trouver le temps de s’égarer dans un atelier d’écriture d’une petite ville ouvrière et d’écrire un conte de sept pages qui est un incontestable chef-d’œuvre d’humour noir et grotesque à la Samuel Beckett.J’en suis ressorti dans un drôle d’état, partagé entre le dégoût, le rire jaune et une certitude: pour ce que j’en savais, je venais de lire la meilleure histoire de sorcière jamais écrite.Un exemple de son ironie morbide: «Cet homme était sans doute mort, mais même mort, c’était un problème.» Et la chute est un véritable cauchemar, à se pincer le nez.Un bijou ciselé dans la boue, bref.Qu’une enseignante de Glasgow montra, il y a une trentaine d’années, à deux collègues écrivains: James Kelman et Alasdair Gray.Owens, non publiée encore, venait de se découvrir des pairs et même des camarades d’une jace apparemment commune en Écosse, rare partout ailleurs: l’écrivain authentiquement prolétaire, celui qui n’a nul besoin de poser.Ni révolté d’opérette, ni réaliste socialiste.Comique et en colère.Alasdair, à qui un éditeur londonien réclamait un jour des textes, eut l’idée d’un recueil commun à l’enseigne de la langue de John Bull et de la vache enragée.C’est cette troïka en beau jouai vert qui, dans sa traduction française, nous arrive aux Éditions Passage du Nord-Ouest.Kelman, c’est le plus dur des trois, le moins drôle aussi.Un petit-cousin du Cassé de Jacques Renaud, à la langue pendue bas et court, une langue de rue, de chien, parlée comme elle sort, drue ou rare.Le lecteur habitué aux belles histoires, ou même simplement aux constructions efficaces, risque de s’en trouver légèrement déconcerté.Kelman n’a de toute évidence jamais lu un de ces traités de création littéraire qui vous serinent que tout est dans la chute.Non, parce que la chute, ça, Kelman, il connaît.La plupart du temps, elle s’est déjà produite au moment où commence son récit.Vraiment rien à cirer de la fin.Ce n’est pas un écrivain poli.Il quitte ses propres histoires comme il s’absente d’un boulot après l’autre, et on le retrouve le lendemain en train de cueillir des mégots au bord du trottoir.Tout de même, pour avoir une idée de ce à quoi pourrait ressembler l’ultime nouvelle prolétaire, il tout absolument lire Une tasse en plus.La palette la plus variée appartient à Gray.Cet homme qui, comme dans sa réponse au londonien éditeur cité plus haut s’avoue volontiers à court «d’idées de récits en prose», paraît de fait puiser son inspiration là où il la trouve, pour ne pas dire qu’il la grappille à gauche et à droite, avec des résultats inégaux.Si la manière dont il complète, plutôt laborieusement à mon avis, une nouvelle inachevée de Stevenson ne m’a pas trop convaincu, que dire par contre de l’échantillon de prose suivant, intitulé Humanité?«Et par une tiède journée du milieu de l’été, très haut dans les crêtes rocheuses tapissées de bruyère du Ben Venue, nous avons trouvé un petit creux empli d’une neige vierge et parfaitement lisse, et en criant “Oh la belle neige toute blanche!”, avons sauté à pieds joints au beau milieu avec nos grandes grosses bottes.» Ou l’histoire du monde en cinq lignes.Encore plus fascinant: le Rapport aux administrateurs de la bourse Bellahouston.Une bourse réellement obtenue, un voyage de misère, les crises d’asthme, l’argent disparu, la tuberculose, la mort en face, pas de rapport, mais bon Dieu, un écrivain: «En travaillant à ce roman, je jouissais du bonheur le plus profond qui soit, celui qui s’oublie lui-même jusqu’au moment où, en s’arrêtant, on se sent fatigué et on s’aperçoit qu’me heure vient de passer comme une minute, et on comprend alors qu’on a fait de son mieux et qu’un jour peut-être quelqu’un en sera heureux.» Collaborateur du Devoir HISTOIRES MAIGRES Alasdair Gray, James Kelman, Agnes Owens, Traduit de l’anglais (Écosse) par Catherine Richard Passage du Nord-Ouest Albi, 2007,292 pages ROMAN AMÉRICAIN Mailer entre l’échec et le feu MICHEL LAPIERRE Un roman raté peut-il dégager de la lumière et de la chaleur?Oui, si la source en est inouiè.Avant de disparaître, l'auteur disait qu’il croyait en «un dieu existentiel.pas tout-puissant ni nécessairement bon», un dieu «qui faisait face à un adversaire, déterminé, bien plus grand que lui».L’adversaire dont il parlait, c’était le diable.Norman Mailer, mort le 10 novembre dernier, concluait «Les racines de mon livre sont là» Malgré un style monotone, une intrigue dérisoire, des digressions inexcusables, un manque criant de force symbolique.Un château en forêt mérite d’être lu par quiconque pense que la littérature vaut plus qu’un simple plaisir, lire le roman de Mailer est une épreuve salutaire.Il s’agit du récit de la première étape de la vie d’Adolf Hitler, de sa naissance en 1889 jusqu'à ses masturbations dans les bois au seuil du XXe siècle.Celui que l’omniscient Dieter, le narrateur contemporain des faits, appelle à la fois «l’homme le plus mystérieux de ce siècle» et «la bête sauvage» de la même période ne laisse pas indifférent Dieter se présente comme un démon au service de Satan.Son chef est le «Maestro» qui enveloppe de son inaudible musique le monde et en particulier, l’Autriche, terre natale de Hitler.Surnommé DT, Dieter déclare habiter aujourd’hui un «étrange pays, l’Amérique».Dans l’épilogue du roman, il signale qu’en 1945, après la chute du Troisième Reich et le suicide de Hitler, le Maestro a établi ses troupes infernales aux États-Unis.Ces détails troublants risquent de passer inaperçus.Mais ils rallument le feu terrible qui couve sous la cendre de l’échec romanesque: le feu de l’art robuste et lapidaire du Mailer de Pourquoi sommes-nous au Vietnam?(1967) et des Armées de la nuit (1968).Le narrateur insiste: l’anus «minuscule et scintillant» de bébé Hitler «est aussi immaculé qu’une opale».\ \ \ / / 5 y y s ds pDssîs Vient de paraître Dans ce numéro, vous trouverez la poésie de ; Franck Villain Stéphane D’Amour Serge Lamothe Présentée par Denise Brassard, notre section «Dialogue» jette un regard sur la poésie québécoise actuelle avec des essais de: Marc André Brouillette Vincent Charles Lambert Gabriel Landry Denise Brassard Bertrand Laverdure Catherine Mavrikakis Steve Savage Pierre Oueilet David Wormâker En vente dans les bonnes librairies et à La Maison de la Presse Internationale Distribué par Voilà un autre détail évocateur.L’œil magique, caché entre les fesses roses du petit homme, couvrira le monde des excréments du mystère.A la lin de sa vie, à 84 ans, Mailer réfutait la thèse de Hannah Arendt sur la banalité du mal hitlérien.A Staline, l’assassjn politique inspiré par la raison d’Etat, il opposait Hitler, l’exterminateur mystique animé par une puissance surhumaine.Le raisonnement audacieux du vieil écrivain américain se défendait.«Hitler est une métaphore, expliquait-il.Il tuait comme un poète.Pour lui, tuer les Juifs était plus important que de gagner la guerre.» Mais le grand-père paternel du dictateur n’aurait-il pas été le patron juif d’une servante catholique, la grand-mère, qu’il aurait engrossée hors des liens du mariage?Dieter ne s’attarde guère à cette rumeur.Quant à Mailer, il la répudiait dans les commentaires qu’il faisait sur le roman.Troublante à première vue, la rumeur devient futile si on l’examine de près.On ne peut présumer le caractère masochiste du racisme démentiel de Hitler en invoquant la race hypothétique de certains de ses ascendants sans jouer son horrible jeu.Le roman met l’accent sur l’odeur nauséabonde et maléfique de l’inceste qui plane sur la naissance du petit Adolf.Interrogé là-dessus, Mailer répondait «Le père de Hitler, Alois, a épousé une femme dont on sait qu’elle était sa nièce et dont on peut redouter qu’elle n’ait été sa fille.» Par sa sobriété, cette seule phrase suggère plus l’énigme de l’origine de Hitler que ne le fait Un château en forêt.Que le Führer soit «le fils du Diable», c’est au fond la seule conviction de Mailer, mais le roman ne l’exprime pas avec assez d’art et de profondeur pour éviter le ridicule.L’écrivain transforme Hitler en pantin d'un Satan folklorique.Avant de mourir.Mailer affirmait sa foi en «un dieu existentiel» soumis à la finitude humaine.Pourquoi n’a-t-il pas imaginé le diable hitlérien comme un être surnaturel de la même petitesse et de la même obscurité?Ce choix aurait été judicieux.Ala lecture du roman, le feu qui restait chez Mailer aurait alors pu faire oublier la vieillesse, cet échec sournois auquel, à moins d’une mort prématurée, nul d’entre nous ne saurait échapper.Collaborateur du Devoir UN CHÂTEAU EN FORÊT Norman Mailer Plon Paris, 2007,468 pages t LE DEVOIR.SAMEDI D I M A X C H E LIVRES ESSAIS QUÉBÉCOIS L’utopie relative de Camus Louis Cornellier Sartre ou Camus?Dans Le Siècle de Sartre (Grasset 2000), Bernard-Henri Lévy hésite.«Camus, bien sûr», répond-il d’abord.Pour la générosité et la noblesse, qui valent mieux que «cette violence, cette volonté de faire mal» avec lesquelles Sartre a accueilli l’auteur de L’Homme révolté.Camus, encore, ajoute-t-il, pour sa lucidité devant la barbarie totalitaire.Sur le plan strictement philosophique, toutefois, BHL finit par choisir Sartre.Puisque, selon lui, «il n’y a pas d’antitotalitarisme possible sans un antinaturalisme puisé aux sources juives et chrétiennes et préservant, entre l’homme et le monde, me étrangeté définitive», il opte pour 4es illuminations noires» de Sartre plutôt que pour «les orgies cosmiques» du Camus de L'Été.Fm du débat?Non, puisque, toujours selon BHL il existerait un second Camus, sceptique celui-là, qui affirme «que même si, d’aventure, les hommes en finissaient avec l'aliénation sociale, il resterait l’autre aliénation, métaphysique, radicale, qui fait corps avec l’espèce», et ce se cond Camus, donc, reste «l’un des meilleurs antidotes au “mauvais" Sartre, au Sartre compagnon de route».C’est, me semblet-il, surtout ce second Camus que l’on retrouve dans Camus.Nouveaux regards sur sa vie et son œuvre, un ouvrage collectif dirigé par les polite logues Jean-François Payette et Lawrence Olivier, le Camus qui écrivait «Nous n'avons pas besoin d'espoir, nous avons besoin de vérité.» A l’heure où la gauche, un peu partout en Occident, se cherche, ce retour sur la pensée de l’auteur de L’Homme révolté arrive à point «Homme de lucidité», selon la formule de Jean-François Payette, Camus «propose un humanisme athée» qui s’inspire néanmoins des «principes moraux hérités du ju-déochristianisme».Une grande question l’anime: «Si les dieux n ’existent pas, comment fonder un sens et une morale qui ne s’abîment pas à tout moment dans le suicide et le meurtre?» Pour lui, le seul sens possible émerge de la relation entre les humains.A l’appel de l’homme répond «le silence déraisonnable du monde», écrit Camus dans Le Mythe de Sisyphe.Raison pour laquelle la solidarité s’impose: il importe de ne pas ajouter l’injustice sociale à la misère métaphysique.La lucidité camusienne, explique Jean-François Fayette, s’applique d'abord à cet «aveuglement extérieur et collectif» que fut le communisme.Est-il à la hauteur de la solidarité exigée par la condition absurde de l’homme, ce mouvement qui «vise à libérer tous les hommes en les asservissant tous, provisoirement»?Sur le plan intérieur, le romantisme révolutionnaire, qui excite le désir et mène à justifier les moyens au nom de la fin, ne vaut pas mieux puisque l’éthique de la révolte solidaire concerne tous les humains, sans exception.Aussi, en sacrifier certains au nom d’un idéal absolu revient à trahir l’essence même de la révolte.Comme l’explique Ro- ger Payette, père de Jean-François, «l’objectif poursuivi est déjà tout entier contenu dans le moyen utilisé par [l’action] pour y parvenir».A ceux qui affirmaient, au milieu du XX' siècle, qu’mon ne fait pas d’omelette sans casser des œufs» pour justifier les funestes moyens communistes, Vladimir Boukovski «répliquait qu ’il avait vu les œufs cassés, mais n’avait jamais goûté l’omelette» (voir Courtois, dans Le Livre noir du communisme.Pocket, 1999).L’omelette néolibérale, quant à elle, existe peut-être, mais ceux et celles qui en ramassent les coquilles n’y goûtent pas souvent non plus.Camus, explique Roger Payette, n’a pas développé de «véritable pensée politique» au sens systématique du terme, mais sa philosophie contient néanmoins de riches leçons pour aujourd'hui.Ce que nous dit l’absurde ca-musien, c’est que «s’il n’y a pas de sens supérieur à la vie, alors l’homme est totalement maître de sa destinée, totalement maître de se donner les orientations politiques de son choix».Or, dans cette mission qui consiste à «faire coexister le droit à la justice avec le droit à la liberté», la recherche d'un absolu est à proscrire puisqu’elle nie la condition humaine et ne peut que déboucher, si on insiste, sur un «absolu oppressant et meurtrier».L'homme a droit à la vie, à la liberté et à la justice.Son action doit veiller à protéger ces droits fondamentaux, mais il ne doit pas s'illusionner sur l'avènement d’une parousie politique qui le réconcilierait pleinement avec le monde.L’option camusienne est «une pensée de la mesure et de la limite», écrit Jean-François Payette.Il s’agit précise Roger Payette, d’un «socialisme réformateur» qui vise «lluirmonisation et la coexistence de la justice et delà liberté».Camus, de belle façon, pariera d’une «utopie rela- tive» pour désigner ce «réformisme basé sur la critique marxiste de la société bourgeoise mais reconnaissant en même temps la distance qui sépare l’homme des abstractions absolues», explique Payette.Oui à l'utopie, donc, issue de la révolte devant la «non-signification du monde» et les misères qui s’y ajoutent du fait de l’action humaine, mais relative, pour respecter la condition absurde de l’homme dans le monde.Roger Payette a raison de souligner que ce discours est affecté d’une certaine «faiblesse» en ce qui ne s’accompagne pas vraiment de propositions institutionnelles concrètes.D faut surtout insister sur sa force morale et philosophique.Camus, déjà en 1950, a compris que seule une politique de gauche est à la hauteur de la révolte solidaire qui naît en l'homme devant le silence du monde, mais uniquement dans la mesure où elle ne cherche pas à remplir, à coups d’absolus immanents, la béance qui gît au cœur de l’homme et le rend libre.Le réformisme camusien, dont l’esprit reste pleinement actuel, est le plus bel humanisme qui soit parce qu’il dit non à l’injustice de droite et à l'inhumaine injustice d’une gauche devenue folle.lemisco@sympatico.ca CAMUS Nouveaux regards sur sa vie et son œuvre Sous la direction de Jean-François Payette et Lawrence Olivier Presses de l’Université du Québec Québec, 2007,152 pages LA PETITE CHRONIQUE Le dit et le non-dit Gilles Archambault Les hasards de l’édition m’ont fait lire d’affilée deux romans on ne peut plus dissemblables.L’un, Voyage babylonien, d’Alfred Dôblin, est un livre abondant, truculent et volontiers burlesque.L’autre, de Patrick Modiano, nous transporte une fois de phis dans un Paris de la mémoire.Le roman de Doblin est une vaste allégorie.Un riche seigneur déchu, nommé Conrad, se voit obligé de quitter son royaume pour parcourir le vaste monde en compagnie de deux compagnons de déveine.Leur aventure, fertile en rebondissements, se passe dans des villes aussi diverses que Bagdad, Constantinople, Babylone et Paris.Entre autres.La vraisemblance n’a aucune importance dans cette odyssée qui se déroule dans la plus grande des fantaisies.Conrad se débrouille comme il peut dans des situations aussi abracadabrantes les unes que les autres, plus malhonnête qu’il n’est permis, volontiers filou, calculateur comme D n’est pas permis.Pour mieux décrire le périple de son seigneur en pleine période de décadence, Dôblin multiplie les tours de passe-passe, bouscule la chronologie, joue avec les périodes historiques.On s’en aperçoit rapidement, tout est bon à l’auteur pour décrire un monde sans morale dans lequel le cynisme est roi.Le lecteur accepterait-il d’être mené en bateau dans une histoire sans queue ni tête si l’auteur qui la lui propose n’était pas magnifiquement doué pour la dérision et si, surtout, il n’était pas, cet auteur, un romancier parfaitement dédaigneux des contraintes et qui sait faire illusion?Ce qui ne signifie pas que, pour venir à bout de ce roman touffu, il ne faille pas oublier un tant soit peu le réalisme.En résumé, voilà un roman gigantesque, drôle, parfaitement outrancier, d’une veine comique irrésistible.Il n’a toutefois pas l’importance de Berlin Alexander-platz dans l’œuvre de Dôblin, l’un des romanciers qui comptent dans la littérature allemande d’avant la Deuxième Guerre mondiale.Que retiendra la postérité de ces livres que Patrick Modiano publie à intervalles réguliers depuis près de quarante ans?Biçn malin qui pourrait le prédire.A l’évidence toutefois, et dans un registre tout autre que celui de Dôblin, Modiano réussit à séduire totalement avec des histoires dont la minceur est la caractéristique.Dans le café de la jeunesse perdue nous ramène le Paris mythique cher à notre auteur.Si Dôblin joue avec les époques et les civilisations, Modiano, 1m, mêle souvenirs, rêves, évocations diverses pour recréer une fois de plus un Paris tout intérieur.Quand on ouvre un roman de Modiano, on sait ce qu’on y trouvera.On croit savoir, en tout cas.On serait dans la position de converser avec un ami dont la voix et les travers nous sont connus.Il ne nous surprend plus, nous pouvons presque deviner le déroulement de l’histoire qu’il nous racontera, mais nous attendons ses rendez-vous.De cette jeunesse «perdue», habituée d’un petit café de la rive gauche, Le Condé, nous ne saurons en réalité que peu de choses qui paraissent inédites.Louki est-elle à ce point attachante?Probablement pas.C’est le décor qui compte, les rues de Paris qu’on arpente et qui se prolongent dans la mémoire.Des déambulations de cet ordre, répétitives et pourtant dotées d’une force incantatoire, on en redemande.Elles sont partie prenante de l’éternel retour qui meuble la mémoire.Le mystère de toute vie se trouve résumé et profondément évoqué dans un mince roman qui est de ceux dont on est sûr qu’on le relira dans un an ou deux.Collaborateur du Devoir VOYAGE BABYLONIEN Alfred Dôblin Gallimard, coll.«L’imaginaire» Paris, 2007,636 pages DANS LE CAFÉ DE LA JEUNESSE PERDUE Patrick Modiano Gallimard Paris, 2007,150 pages Prions en l’Église HUGUES CORRIVEAU Quelle œuvre unique, sinon anachronique, que celle de Jean-Marc Fréchette! Il n’y a bien que Fernand Ouellette avec lui pour tenir ce pari de Dieu, pour en réclamer la présence avec une telle conviction.Le lyrisme religieux du poète tient un peu de la prière ancienne de nos églises d’enfance.La foi qui s’y déploie est d’une telle naïveté que le propos en devient presque lumineux, ouvrant la mémoire à nos plus profondes racines quand, déjà enfants, nous apprenions par cœur nos dévotions du soir, nos envolées du matin.Le recueil s’ouvre comme une évocation du si beau film Le Grand Silence de Philip Grôning, tourné au monastère de la Grande Chartreuse près de Grenoble, prenant à témoin les hommes de prières: «Les manches des moines / Sont remplies de globes et d’oiseaux./ Ils voyagent dans la Judée bleue de Marie./ Les branches sont pleines de voix / Qui se perdent en d’autres pays.» Le ton est déjà porteur de cette mélopée qui force le passage vers la croyance aveugle.On croirait saint François d’Assi-se tout proche, prêt à faire chanter les volatiles.Le but de Fréchette n’est pas de remettre en question quelque historiette que ce soit L’Immacu-lée-Conception est donnée pour réelle dans le poème Anneau: «Gabriel / A une tunique rose bordée de pampres d’or // [.] Il touche terre, prince hanté de Promesses, / Et entre dans la maison de Marie, bouleversant / Le pays entier, f f Ô Trinité / Dans l’attente la plus aiguë!» Avouons que ce n’est pas peu! Et ce ton perdure tout du long, avec cette même grâce dans les images, fidèle à ce lyrisme qui accentue plus encore l’adoration sous-jacente.Exaltation mystique On traverse ainsi le monde du Christ, depuis l’annçmce de sa naissance jusqu’à l’Epiphanie: «Les Mages ont traversé mon pays./ Le chant errait sur les plateaux de Jessé II Marie reçoit les Mages en sa maison./ Le Seigneur est un enfant couché / Sur la paille sèche./ Joseph voit les anges miroiter / Autour de Bethléem.» Et voici la résurrection, à l’aube de Pâques, au moment où «Les tremblantes femmes / [qui] vont au sépulcre / Chargées d’aromates II Découvrent le roc / Grand ouvert / Et l’ange éblouissant».À travers ces paroles votives qui montent jusqu'au Seigneur tant aimé, l’auteur avoue: «D’instant en instant les membres de mon Dieu / Se recréent.Je suis neuf en Lui / Comme la coupe de la rose trémière.» L’exaltation mystique trouve ainsi quelque sommet pour s’épanouir.Nous sommes devant cela un peu pantois, sinon d’admiration, du moins d’étonnement.S’il est vrai que «la terre [est] un globe de larmes», il faut savoir aussi que «le silence est un globe pur», ce qui présuppose une lente méditation monacale pour qu’advienne la grâce de croire.On ne saurait que reconnaître la perfection méticuleuse de cette écriture proche de l’oraison, car il y a dans les livres de Jean-Marc Fréchette une telle fidélité au rythme et à la manière religieuse que s’impose vraiment un ton à nul autre pareil.Collaborateur du Devoir EN AMONT DU SEIGNEUR Jean-Marc Fréchette Editions du Noroît Montréal, 2007,80 pages ARCHAMBAULT 3| Une compagnie de Québécor Media LIBRAIRIE BONHEUR D’OCCASION Livres d’occasion de qualité Livres d'art et de collections Canadians Livres anciens et rares Bibliothèque de la Pléiade Littérature Philosophie Sciences humaines Service de presse Achetons à domicile 514-522-8848 1-888-522-8848 4487, rue De La Roche (angle Mont-Royal) bonheurdoccasion@bellnet.ca NOUS NOUS DEPLAÇONS PARTOUT AU QUÉBEC, POUR L’ACHAT DE BIBLIOTHÈQUES IMPORTANTES.tOtrtSJ fUjvte/, cm f/lte rivlïn UteM W tmurlurt iM «MSI» > Bibliothèque et Archives nationales du Québec vous donne rendez-vous aux idis littéraire Rencontre avec l’écrivaine Denise Desautels animée par Aline Apostolska Denise Desautels, poète, auteure d’une vingtaine de recueils de poésie et de récits.Elle a de plus collaboré à une quinzaine de livres d’artistes.Les Midis littéraires de la Grande Bibliothèque, une série de conversations avec des écrivains d’ici et d’ailleurs.à l’Auditorium de la Grande Bibliothèque e jeudi 10 janvier 2008 le 12 h 30 à 14 h 475, bout De Maisonneuve Est, Montréal Métro Berri-UQAM Renseignements : 514 873-1100 ou 1 800 363-9028 Bibliothèque Entrée libre dans la limite des 300 places disponibles nat/ona/eV www.banq.qc.ca PALMARÈS LIVRES Résultats des ventes: du 11 au 17 décembre 2007 ROMAN SANS «EN W PERSONNE Marte Laberge (Boréal) HÉLÈNE DE CHAMPIAIN T.3 Nicole Fyfe Martel (Hurtubise HMH) U RÊVEUSE POSIENUE Eric-Emmanuel Schmitt (Aftrin Michel) CHMRWD'ÉCOU Daniel Pennac (GaltlmanJ) UES ACCOUCHEUSES 11 : U FÉRIÉ Arme-Marte Sicotte (VLB) LA SŒUR DE JUDITH Use Tremblay (Boréal) LA TRAVERSÉE DU CONTINENT Michel Tremblay (Leméac) MUE S0U9LS SPLENDIDES Khaled Hosseini (Bettond) NOUS, LES «EUXT.3 : LE MYS1ÉRE.Bernard Werber (Albin Michel) LES CHEVAUBtS D’ÉMERAUDE! 11 Anne RobWard (De Mortagne) JEUNESSE HARRY POTTER ET LES RaJQUES.J.K.Rowling (Gallimard) JOURNAL VAUNÉIJE UHAMW14 India Desjardins (Intouchables) A U CROISÉE DES MONDES Philip Pullman (Gallimard) OUVRAGE GÉNÉRAL PASTA n CETERA A LA M STAS» igjg Josée CH Staslo (Flammarion Québec) 2 MKSWH ANTARCTIQUE Jean Lsmlre (La Presse) 3 PATRICK ROY, LE GUERRER Michel Roy (Libre Expression) 4 LE MADE OU VM 2006 Michel Phaneuf (De l'Homme) LE SECRET Rhonda Byrne (Un Monde Différent) JE M’APPELLE MARK Christian Tétreault (De l’Homme) METS-LE AU3 Louis-José Houde (Groupe Phaneuf) LE OUDE K L’AUIO 2000 Denis Duquel (Trécarré) a ENTRE CUISWE ET QUNCAUERK Stéfano Faita (Trécarré) ?I ?m 100 MEUJBNIS VMS A MOMS M 2S» Jean Aubry (Transcontinental) Unda Joy Singleton (ADA) LE MCO DES TUES 2008 Dominique AAee Rouyer (Heunrs) ND PADOU 111: LA MOME QU MWam (Dupuis) ANGLOPHONE EAT, PRM) LOVE Elizabeth Gilbert (Penguin Books) NEXT Michael Crtctiton (Harper CoMne) SLASH Anthony Bozza (Harper Colllna) IMS B VOUR MUM ON M0MC Daniel J.Levitin (Plume) THE BANCROFT STRAIECT Robert Ludlum (St.Martki'e Proes) eaiESS: CHAPTER AND VERSE T.Banks / P Collins (McArthur & Company) Dominique Demers (Québec Amérique) 100114 Julien Neel (Glénat) AU-OHA DE L'MNVERS T.s Alexandra LarocheHe (Trécarré) DÉUROftS AVEC LÉON T.S Annie Groovie (Courte Échelle) Ken Follett (Dutton Books) THE SECRET Rhotxla Byrne (Beyond Words) ( John Grisham (De*) I THE FILMS OP THE EARTH Kan Follett (Dutton) carte-cadeau Québec nn A Du plaisir à la carte ARCH AM UAU I T LE DEV OIK.LES SAMEDI 5 ET DIMANCHE 6 JANVIER 2008 E 4 CULTURE MUSIQUE L’enfant qui n’a pas su grandir Une biographie romancée d’André Mathieu CHRISTOPHE HUSS Avec Le Portrait d’André Mathieu, la journaliste et romancière Hélène de Billy marche sur des œufs: comment donner de la consistance à un récit qui ne peut se revendiquer biographique, faute d’éléments tangibles suffisants?Un roman de plus.Un roman dans l’air du temps pour André Mathieu, cette figure québécoise à laquelle personne ne s’est intéressé entre 1976 et la parution de l’enregistrement du Concerto de Québec par Alain Lefèvre en 2003.Il va bientôt y avoir un film, réalisé par Luc Dionne.Alors, ce «thriller romantique» nous arrive-t-il avant une pièce de théâtre, des avis favorables de la Commission de toponymie pour porter de six à soixante le nombre des rues et avenues qui le rappellent à notre souvenir, voire — qui sait?— un hommage des Têtes à claques, bricolant une saynète sur un pianiste poivrot?A la page des remerciements, un nom brille par son absence: celui d’Alain Lefèvre.Le pianiste a consacré plus de deux décennies à rassembler tous les documents possibles sur André Mathieu.11 les a mis à la disposition de Luc Dionne pour le scénario de son film et de George Nicholson, qui est en train de rédiger la «biographie officielle» de Mathjeu.On peut subodorer que les Editions La Presse, qui ont dû se passer de ces archives et ont choisi avec Hélène de Billy la voie d’une «œuvre de fiction», ne seront pas les éditeurs de la fameuse «biographie officielle» qui verra le jour en même temps que le film, dans dix-huit mois.André Mathieu en jeune prodige virtuose > r 1 ARCHIVES LE DEVOIR Un autre «visage» d’André Mathieu Il y a déjà eu une saga biographique sur Mathieu.Publiée en 1976 (lors de la précédente vague d'intérêt pour le compositeur) par les Editions Héritage, elle était l’œuvre de Joseph Rudel-Tessier et reposait largement sur les archives de la mère du compositeur.Voici un ouvrage plus au goût du jour.Dans le genre, il faut avouer qu’Hélène de Billy se débrouille bien, notamment dans les à-côtés, des descriptions du milieu artistique de l’après-guerre.Le récit est raconté, en 1979, par un personnage fictif, Aimé La-liberté, nom prédestiné pour un présumé fils illégitime d’un compositeur enchaîné (à ses parents, à un milieu, à un pays).Cet Aimé cherche à savoir qui est son père et l’interpelle en l’appelant «vieux».C’est parfois pénible.Aimé recherche aussi un tableau, le portrait d’André Mathieu de Léo Ayotte.Il le retrouve catalogué sous le titre de Portrait d’un homme au musée de Chicoutimi.Ébauche de portrait L’astuce narrative permet à la fois de remplir des pages et de brasser divers éléments, pas for- Le Théâtre il va sans dire présente LE FOU DE DIEU TEXTE Stéphane Brulottc MISEenSCENE Marc Bcland COMEDIENS Benoit McGinnis Jacques Baril Julie Castonguay Lise Roy cément dans l’ordre.On sent que l’ensemble est nourri par des recherches et qu’Hélène de Billy a quelques idées sur le personnage et son entourage.Le livre est en fait la mise en scène de ces idées.Sur son père, Rodolphe Mathieu: «On ne bat pas son père impunément.Comme un poison dont l’effet se fait sentir lentement, ton exploit finira par te peser, par te consumer.» Sur sa mère: «Minou exerce son emprise sur ton esprit.Ayant décidé avant même ta naissance que tu serais un être d’exception, elle t’invente un peu plus chaque jour.Si tu l’écoutais, tu ne grandirais jamais.D’ailleurs, elle n’a jamais cessé de mentir sur ton âge.» Sur le Québec: «Tu n’avais pas réussi à réparer notre impuissance.Nous n’allions pas te le pardonner.» Tout cela forme une ébauche, une suite d’esquisses.Pistes et mystères Dans les hypothèses et jeux de pistes instillés subrepticement (dont celle de Mathieu qui serait lui-même un fils illégitime), il y a quelques idées intéressantes, plus ou moins discutables.Par exemple, que l’engouement de Paris pour l’enfant prodige aurait aussi été le fait des organes de presse de droite, qui avaient pris Mathieu comme modèle du «petit chrétien», par opposition aux «petits Juifs, favorisés par la précocité de leur race».Plus discutable, cette appréciation d’Aimé sur l’année 1946: «musicalement tu as atteint une maturité qui ne peut que te servir».Est-ce vraiment sûr?Mathieu n’est-il pas le prototype de l’en- ARCHIVES LE DEVOIR fant auquel on a volé son enfance et qui n’a pas réussi son passage à la vie d’adulte?On est là dans le cœur du mystère et au centre de ce qu’Hélène de Billy élude totalement il est relativement facile d’en tartiner long sur le jeune prodige et sur le «has been» soûlon des pianothons, mais qu’y a-t-il entre les deux?Comment est-on passé de l’un à l’autre?Qui a empêché l’éclosion de Mathieu — sa mère, son père, les critiques, des collègues, les agents, les édiles?— et pourquoi?Pourquoi Mathieu a-t-il si peu grandi musicalement, restant un créateur de mélodies plus qu’un compositeur capable de développer une idée, de l’orchestrer?André Mathieu est un emmental: appréciable fromage avec des trous.Ici, les trous sont très gros.Les quelques insinuations sur un engagement politique favorable à la droite dure ne dispensent pas d’une véritable étude sur la position de Mathieu par rapport à son pays et à son art et, en retour, de l’attitude de ceux qui régentaient ces sujets vis-à-vis du compositeur.C’est à George Nicholson que revient la mission de faire la lumière.Le livre d’Hélène de Billy est un divertissement habilement ficelé.en attendant Collaborateur du Devoir LE PORTRAIT D’ANDRÉ MATHIEU , Hélène de Billy Editions La Presse Montréal, 2007,254 pages MÉDIAS La fiction, entre la télé et Internet PAUL CAUCHON Depuis quelques jours, Radio-Canada nous inonde de publicités sur la nouvelle série Les La-vigueur.L’enjeu est considérable: dans le contexte de l’émiettement de l’auditoire, il faut quasiment aller chercher les téléspectateurs l’un après l’autre, en les tenant par la main.TQS a déjà deux nouvelles comédies en banque, prêtes à être diffusées cet hiver, en phis de Bob Oration, mais on ne sait même pas si le signal de la chaîne sera toujours actif ce printemps! Pour sa part TVA diffusera dans quelques semaines deux séries fortes, Le Négociateur et Nos étés, mais celles-ci prendront fin ce printemps.La chaîne se plaint depuis deux ans, sur toutes les tribunes, de la difficulté de financer des séries dramatiques importantes.D reste Radio-Canada pour tenir le fort Soutenue par les fonds publics, elle continue d’investir dans la fiction avec, cet hiver, Tout sur moi, Casino, la suite de René, Les Etoiles filantes, et d'autres projets sont en chantier pour l’année prochaine.Non seulement les séries dramatiques coûtent cher, mais leur auditoire a tendance à se tasser.Lorsqu’on regarde, semaine après semaine, la liste des dix émissions les plus écoutées au Québec depuis septembre, on constate que ce ne sont pas les fictions qui dominaient Les Boys de Radio-Canada se retrouvait régulièrement dans la liste, plutôt entre la cinquième et la dixième position d’ailleurs, tout comme Annie et ses hommes à TVA Mais les émissions les plus populaires étaient Le Banquier, Occupation double, Tout le monde en parle.Dieu merci!, de gros shows comme le Gala de l’ADISQ ou, plus récemment, les adieux de Céline Dion à Las Vegas.La créativité et le renouvellement de l’auditoire viendront-ils d’Interpet?Aux Etats-Unis, le projet Quarterli-^ a fait sensation ces dernières semaines.Il s’agit d’une série totalement novatrice, lancée par deux producteurs et scénaristes connus à Hollywood, qui raconte le quotidien d’une jeune femme dans la vingtaine.Quarterlife comporte 36 épisodes de huit minutes chacun, filmés de façon très professionnelle et mis en ligne sur le site QuarterliJé deux fois par semaine.La série est également diffusée sur MySpace, YouTube et Facebook.On y joue sur plusieurs niveaux de réalité.Ainsi, l’héroïne tient un blogue dans la série et Quarterlife est appuyée par un ensemble d’outils permettant aux internautes de «bloguer» entre eux, de se rencontrer, de communiquer avec les personnages, et ainsi de suite.Quarterlife a fait sensation d’abord parce que c’est la première vraie série créée sur Internet qui offre une «qualité télévisuelle», mais aussi parce que NBC l’a achetée pour la remonter en épisodes d’une heure à partir de février.De là à dire qulntemet pourrait sauver les fictions à la télévision, il y a un pas que certains ont franchi un peu vite.Mais il est certain que l’industrie télévisuelle est entrée dans une phase exploratoire, où Internet jouera un rôle grandissant Au Québec, un groupe de créateurs a fait parler de lui cet automne en créant exclusivement sur Internet Le Cas Roberge, sorte de minitélé-réalité ironique mettant en vedette le comédien Benoît Robert et ses amis.Aucun réseau de télévision ne s’y est intéressé, mais la productrice Nicole Robert en fera un long métrage cet été.Pour sa part, Québécor a lancé en décembre Canoe.tv, un nouveau portail vidéo qui regroupe les rares émissions du groupe libérées de droits (par exemple les entrevues de Denis Lévesque sur LCN) et donne accès à des émissions anglophones, dont, curieusement, plusieurs séries de CBC.Toutefois, le grand patron de Québécor, Pierre Karl Péladeau, a promis d’investir dans la production d’une cinquantaine de nouvelles émissions exclusives au Web, lesquelles seront diffusées sur ce portail.On ignore encore quelles seront ces émissions et quelle sera la part des émissions dramatiques par rapport, par exemple, aux magazines ou aux documentaires.Le Devoir B $*&&& ' WïfS» : ¦¦ ESfi ' itrfVeX 5 ©fc, f f y'-ss» < ’j-mm I CÆSTStOnAJ S &SUK quarterlife g I A j#»» «J»V*8 0«>*W «f oomin« Ot J Mmjt*t&KSewaroKtt*a«atve,Bp
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