Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (8)

Références

Le devoir, 2008-02-23, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
WÊÊKiÊÊÊÊSÊÊà « THEATRE Jean-Marie Papapietro: éloge de la résistance Page E 3 CINÉMA Le joyeux bric-à-brac de Michel Gondry! Page E 8 ÈémBmm won(;e bergmann L’ange et le démon Les grands esprits se rencontrent dans L’Ange de la mort du chorégraphe Jan Fabre FRÉDÉRIQUE DOYON Il était temps.Jan Fabre, le dramaturge, chorégraphe et plasticien le plus polémique d’Europe, s’amène enfin à Montréal pour la première fois.L’Usine C accueille l’une de ses œuvres les moins controversées — et, selon certains critiques, l’une des moins sulfureuses.LAn-ge de la mort met en scène un dialogue entre ange et démon, humain et artiste, vie et mort, corps et esprit Entre la perfor- -mance live d’Ivana Jozic et celle, transmise par quatre écrans géants, du réputé chorégraphe William Forsythe, à qui est dédiée la pièce.Un troisième personnage hante LAnge de la mort, l’artiste Andy Warhol, qui a inspiré le texte de l’œuvre scénique, truffé de citations de l’album Drella de Lou Reed et John Cale.William Forsythe voulait jouer du Jan Fabre, qui a vu des ressemblances entre les deux hommes, «deux Américaim.leur peau claire, leur structure osseuse», dit-il de sa voix rauque, en entrevue au Devoir.Mais ces têtes d’affiche mondiales ,de l’art visuel et de la danse servent aussi à aborder le côté public de l’artiste.La danseuse Ivana Jozic, l’une des nombreuses femmes-icônes de l’artiste belge, se fait l'alter ego de Forsythe-Warhol, dé- mons répondant à l’ange revenu de la mort mais qui «forment un seul et même être», note le forgeron de théâtre.L’esthétique du film rejoint celle des peintres flamands Van Eyck, Bosch, Bruegel, maîtres incontestés du plasticien-dramaturge.«Ce sont des maîtres de composition, de l'anatomie, de l’espace pictural et imaginaire, ils incarnent encore l’avant-garde», juge-t-il.Provocateur qui s’ignore Jan Fabre a étudié à l’Institut des arts décoratifs et des métiers et à l’Académie royale des beaux-arts d’Anvers avant de se tourner vers la scène dans les années 80.Sa compagnie Trou-bleyn, fondée en 1986, est aujourd’hui établie dans un nouveau lieu, le Laboratorium, à Anvers, sa ville natale.Provocateur qui s’ignore, l’artiste flamand manie les tabous comme les samouraïs leur épée.Sans détour et avec conviction, ses œuvres — picturales, sculpturales, vidéo, scéniques et dramatiques — abordent la mort, la guerre, le corps et toutes ses déliquescences.Il se dit d’un autre temps, se passionne pour les insectes à l’instar de son grand-père, l’ento- jours, comme un musicien instrument» mologiste Jean-Henri Fabre.En 2001,/e suis sang célébrait ce liquide comme source de vie dans une fresque médiévale d’épouses ensanglantées et de chevaliers en armures.En 2005, sa typologie des larmes et de la sueur The Crying Body divisait le Festival d’Avignon, alors sous sa direction.Dans la première performance de sa carrière, il brûlait des dollars «prêtés» par les spectateurs.Son es^ thétique très léchée et forte en symboles lui a valu d’être comparé à Roméo Castellucci ou à Robert Wilson.Son dernier cru pour la scène, 1 Am a Mistake, est une forme de manifeste pour le tabac dont le personnage se meurt d’un cancer du poumon.Le texte, qui remonte à 1988, prend un tour pervers et politiquement incorrect à l’heure du bannissement de la cigarette tous azimuts.«C’est devenu un manifeste pour le libre choix individuel, dit-il avec le recul.Le fumeur est presque le nouveau nègre de la société.La manière de gérer son propre corps et son propre esprit est soumise au diktat du jour, qui contrôle notre attitude.» Jan Fabre procède souvent par étapes pour créer ces œuvres vivantes ou plas- tiques, le texte ou le dessin précédant tout le reste, parfois de plusieurs années, pour qu’ils «passent l’épreuve du temps».«La base pour moi est le dessin et l'écriture, parce que quand j’écris, je suis aussi en train de dessiner et vice-versa, et que je peux faire ça partout, n’importe quand.C’est la base de mes sculptures et de mes mises en scène, f écris tous les jours, comme un musicien s’exerce sur son instrument.C’est comme respirer, c’est essentiel.» Une œuvre multiple et critiquée Le texte de LAnge de la mort remonte à 1996.Il a d’abord connu une vie éditoriale, traduit dans plusieurs pays sous le titre L’Ange de la mort.Monologue pour un homme, une femme ou un être hermaphrodite.Son auteur l’a dédié à William Forsythe, qui interprète une version adaptée en paroles et en mouvements, filmée en 1999-2000 au milieu de crânes et de bocaux remplis d’embryons, dans le plus vieux musée d'anatomie du monde, à Montpellier.L’œuvre tournera comme installation dans plusieurs musées avant que l’auteur n’écrive un autre texte pour Ivana Jozic, qui trône maintenant au milieu d’un public assis autour d’elle.«f aime que les gens soient assis tout près de la performeuse parce qu’ils comprennent alors mieux ce dont Ivana et Bill [William Forsythe] parlent, comme s’ils étaient assis dans le crâne même de l’artiste, qui est à la fois ange et démon», dit-il.À l’image de cette pièce multidisciplinaire, l’œuvre de Jan Fabre se décline sous diverses formes.Récemment, il réalisait la sculpture de plafond Heaven of Delight au Palais royal de Bruxelles (2002).Les musées ont accueilli ses dessins, installations et films.Il planche d’ailleurs sur une imposante exposition pour le I.ouvre, «la plus importante jamais consacrée à un artiste vivant contemporain», assure l’artiste.Cette production prolifique compte de nombreux détracteurs, qui n’y voient qu’imposture intellectuelle et artistique, provocation gratuite et esbroufe.Plusieurs artistes contemporains ont toutefois puisé une inspiration déterminante auprès de lui, dont Wim Vandekeybus et Emio Greco.Jan Fabre est un drôle d’alchimiste contemporain, tantôt charlatan insupportable, tantôt génie irrésistible, qui fait du corps sa pierre philosophale.Au public montréalais, maintenant, de se faire sa propre opinion.Le Devoir L’Ange de la mort, de Jan Fabre à l’Usine C du 26 février au 1" mars RENDEZ-VOUS DU CINÉMA QUÉBÉCOIS Portrait de René Bail en visionnaire oublié Le documentaire de Pascale Fer-land, Adagio pour un gars de bicycle, abordant la carrière du défunt cinéaste, clôture les Rendez-vous et prend l’affiche d’Ex-Centris dès le 29 février.ODILE TREMBLAY I ascale Ferland évoque sa relation avec le défunt cinéaste René Bail comme la plus grande leçon d’huma- nité qu’elle ait reçue dans sa vie.Bail est ce pionnier du cinéma québécois qui réalisait à la tin des années 50 un film demeuré à la fois souterrain et culte, Les Désœuvrés, œuvre sensible et imparfaite annonçant la Nouvelle Vague du direct, avec son incursion dans lumvers de jeunes villageois, à la croisée des chemins entre traditions et aspiration à la modernité.Jamais son auteur ne fut satisfait du film, et Les Désœuvrés fut vu par une seule poignée de talents montants, mais non les moindres: Gilles Carie, Jean-Claude La-brecque, Claude Jutra, Jean Pierre Le- febvre, etc.Rare fécondation d’un film qui inspira des grands créateurs tout en demeurant inconnu du public.Un accident de moto menaça la vie de René Bail à l’âge de 40 ans, le laissant handicapé et défiguré à jamais par ses terribles brûlures.Terminé en 2007 après que la Cinémathèque eut redécouvert miraculeusement les bandes-sons originales, et grâce à l’appui précieux du cinéaste Richard Brouillette, Les Désœuvrés fut enfin présenté, mais sans remporter pour autant un franc succès au moment de sa renaissance tardive.Et le pionnier René Bail mourut quelques mois plus tard, en octobre 2007, presque aussi méconnu qu'auparavant.L’ami sous le masque La documentariste Pascale Ferland (L’Immortalité en fin de compte, L’Arbre aux branches coupées) produisait ses films avec Richard Brouillette.De fil en aiguille, ce dernier lui proposa de réaliser un portrait de René Bail, atteint d’un cancer, conséquence lointaine de l’accident fatidique.«Le fait que Richard Brouillette retravaille avec lui sur ses films lui fit tellement plaisir qu’il eut durant quelques an- nées une rémission de cancer, explique la cinéaste.Mais mon documentaire piétinait.Il refusait que je le filme de face à cause de son apparence, exigeait que je mette ma caméra ici plutôt que là et me liait les mains.J’ai failli abandonner.» Un an passa, avec apprivoisement réciproque, avant que Bail abaisse sa garde et accepte de donner carte blanche à Pascale Ferland.«Je l’ai suivi de 2003 à 2007.lœs entretiens intimes, abordant sa maladie, sa vision de la vie, de la mort, du suicide (une VOIR PAGE E 2: BAIL I t L K I) E V 0 I H .L K S S A M E D I > \\ m E ‘l K T D I M A X (HE 21 FÉVRIER 2 (I 0 8 CULTURE Dehors, les journalistes ! Odile Tremblay Il y a toujours eu une guerre, parfois larvée, entre la critique et les créateurs.De temps en temps, une crise éclate, et les gens se réveillent «Tiens donc!» Puis ils regardent ailleurs.Mais cette guerre-là dessert le droit du public à l’information.Il ferait mieux de s’y pencher de plus près.Mardi dernier, les journalistes se sont fait refouler par Denys Arcane! lors de sa «leçon de scénario» donnée aux Rendez-vous du Cinéma québécois.Ouste! Dehors, les microbes! Un peu plus et le cinéaste du Déclin brandissait son balai.Pour la première fois, une demande d’exclusion médiatique avait été faite à la direction des Rendez-vous, qui a plié devant l’icône et n’aurait pas dû.Ce type de classe de maître est public, ouvert généreux.Et les propos d’Arcand auraient gagné à trouver des échos médiatiques.Seul Le Journal de Montréal a pu s’y glisser un moment avant d’être repéré, comme malfaiteur.Cette semaine, des chroniques incendiaires ont commenté le boycottage, et le contenu de la leçon de scénario s’est évanoui devant le tumulte.Au bout du fil, Ségolène Roederer, la directrice des Rendez-vous, patine un peu.Elle a accédé à cette demande du cinéaste, me dit-elle, parce que les relations d’Arcand avec les médias étaient tendues et qu’il émergeait d’une année difficile.«Pas question de renier notre décision, déclare la directrice, mais il est vrai que les Ren- dezvous sont ouverts à tous et qu’on s’éloignait du mandat.Ce n’était peut-être pas une bonne idée, mais on n’avait pas vu venir la tempête.La prochaine fois, on y réfléchira déplus près.» Y aura-t-il une prochaine fois?Pas sûr.Et c’est le bon côté de la chose.Les remous médiatiques de la semaine ont créé un précédent, presque fait jurisprudence.Si un autre cinéaste réclamait des excommunications, les Rendez-vous pourraient invoquer «l’affaire Arcand» pour le débouter.C’est notre oscarisé national, le gros problème.Personnellement, de guerre lasse, j’ai renoncé à me pointer aux conférences de Denys Arcand, où on est si mal reçus.Pas la peine non plus, en aval, de demander une entrevue avant sa leçon de scénario.On connaissait la réponse: non et non.Plusieurs fois, au début de l’hiver, Arcand a rencontré le public lors de la sortie de UA-ge des ténèbres, toujours à l’écart des journalistes.Au dernier Festival de Cannes, Le Devoir n’était pas le bienvenu à son party.Ce fut la croix et la bannière pour être accepté au 5 à 7 des médias québécois.Et ce, avant même la rédaction de la critique.Tant de pressions furent exercées pour que je franchisse le seuil de cette assemblée cannoise.Désormais, promis, j’abdique.Blessé, Arcand, par l’accueil mitigé qu’a reçu L'Age des ténèbres?Oui, mais il est blessé depuis si longtemps.Film après film, ça grince.Une vraie diva en quête d’unanimité, cette substance pourtant bien suspecte.Même des critiques polies et mitigées constituent à ses yeux de purs outrages.Les journalistes ont davantage de raisons d’être lassés de lui que l’inverse.Oui, les artistes sont des êtres sensibles.Es en prennent parfois plein la gueule et souffrent des mauvais papiers qui écorchent leurs œuvres.On les comprend.On compatit Surtout quand il s’agit d’attaques personnelles, toujours inacceptables.N’empêche que la réception du dernier film d’Arcand fut infiniment plus polie ici qu’en Fiance.La plupart de nos médias ont manié l’encensoir.allait s’envoler ensuite pour une tournée planétaire de plusieurs mois, multipliant alors jusqu’à plus soif les entrevues avec les journalistes étrangers.Son ras-le-bol promotionnel né de cette tournée frit le point de départ du scénario de L’Age des ténèbres.Sauf que, dans sa propre cour, le cinéaste s’était d’abord montré beaucoup plus avare de lui-même.Ce sont surtout les Français qui l’étripent mais ses têtes de Turc demeurent les médias québécois.E est extrêmement irritant de constater que plus un créateur, un producteur, un distributeur est important et fréquente les sphères du pouvoir, plus U se permet de monter des listes noires et d’envoyer paître les médias qui lui ont jadis servi de marche-pied.Ça révolte, et personne ne gagne à ce jeu de dupes.Si Arcand ne désire que des journalistes à-plat-ventristes, sous peine de brandir le cadenas, comment peut-il s’attendre à susciter leur sympathie?Si loin sont les beaux jours où il réalisait On est au coton, drapé dans le drapeau de la liberté de parole.La réussite a de ces effets pervers.JEAN-PAUL PELISSIER REUTERS Le cinéaste Denys Arcand Quelques voix discordantes l’ont malgré tout offensé.Mais LÂge des ténèbres possède d’évidents défauts.Fallait-il vraiment les faire?Depuis tant d’années le cinéaste manipule et écarte les journalistes québécois, à l’heure de la promotion de ses films.Tels des valets corvéables et jetables à volonté.C’est vraiment abusif Pareil dédain.Lors de la sortie des Invasions barbares, film—faut-il le rappeler?— porté à bout de bras par les médias, Arcand avait accordé à Montréal à peine deux ou trois entrevues individuelles, se contentant d’une conférence de presse pour rassembler la meute.Ce même Arcand qui ?Étrange cuvée, que ces 26' Rendez-vous du cinéma québécois.Déjà qu’avant l’ouverture le cinéaste et producteur Malcolm Guy avait démissionné avec fracas du jury accolé à la Fondation Alex et Ruth Dworkin, qui couronne les œuvres de tolérance au cinéma.Il condamnait les liens de cette fondation avec le Congrès juif à l’heure où la population de Gaza est si malmenée.Èt puis cette tempête suivant la leçon de scénario.Ségolène Roederer voit dans l’affaire Arcand et la dé mission de Malcolm Guy un signe des temps.Comme une invitation à réfléchir davantage aux dimensions politiques et éthiques des décisions des festivals.C’est qu’ils vous tombent si violemment dessus, quand vous les oubliez.otrem blay@Iede voi r.com “%1 \ ' -wf! BAIL «C’était mon ami», dit-elle d’un air farouche SUITE DE LA PAGE E 1 PEDRO RUIZ LE DEVOIR La jeune réalisatrice Pascale Ferland éventualité qui le révoltait), me forent accordés quelques mois avant sa mort.J’ai voulu mettre ces passages assez tôt dans le film, pour qu'on puisse passer vite à autre chose, s’intéresser à son être, à son art.» Ça indigne la jeune cinéaste que certains lui reprochent d’avoir capté parfois le visage défiguré de Bail en pleine lumière.«Ces gros plans ne sont utilisés que pour les épisodes des confidences.Et puis n’importe qui pourrait avoir un accident! Vous, moi!» Lors de sa première rencontre avec Bail, elle avait vu un monstre, puis au fil des rencontres, l’homme s’est imposé sous le masque.«C’était mon ami», dit-eUe d’un air farouche.La veille de sa mort, elle le serrait dans ses bras.Dans Adagio pour un gars de bicycle, Pascale Ferland montre plusieurs scènes des films de Bail, en les situant dans le contexte social et historique de la Grande Noirceur.«J’ai voulu exposer son amour de la nature, sa relation intime avec les couchers de soleil.À l’époque, le cinéma québécois n’existait qu’avec un accent international.Pour Les Désœuvrés, il a mis en scène des gens de Pine Hill, où ses parents avaient un chalet, tous acteurs non professionnels, ajoutant par la suite la parole en postsynchronisation, un travail de Titan.Le film était en jouai, vraie nouveauté pour l’époque.Dans ce contexte particulier, il s’agit d’une œuvre remarquable, qui mérite pleinement d’être redécouverte.» Mais René Bail, après Les Désœuvrés, cessa de tourner durant douze ans, puis l’accident dans lequel sa moto emboutit un véhicule bouleversa sa vie.«Il écrivait des scénarios qu’il n’a jamais montrés, dont un de 1600 pages qui aurait fait un film de quinze heures.» À travers témoignages et images d’archives, elle évoque la marginalité de cet homme, à la vie intérieure si forte.Son identité profonde survécut à l’épouvantable accident, qui en aurait poussé d’autres au suicide.«Dans le film, j’ai montré à quel point René Bail a été élevé par une mère cas-tratrice et comment il fut un grand solitaire, amoureux des livres, de la musique, mais toujours de bonne humeur.Il m’a aidé à apprécier mon sort.S’il pouvait supporter sa condition, de quoi pouvais-je me plaindre?» Pascale Ferland souhaite ({vi Adagio pour un gars de bicycle ne soit pas abordé comme une fin en soi mais donne au public l’envie de pousser plus loin en découvrant Les Désœuvrés, pour plonger à son tour dans l’œuvre de ce visionnaire oubEé.Le Devoir DE BRIGITTE POUPART au théâtre ESPACE GO 19 février 3,11 8 mars 2 0 0 8 réservation 514.845.4890 MONIQUE MERCURE BETTY BONIFASSI ENRICA BOUCHER BRIGITTE POUPART r/tvr /a«wmcfwncwjkan-huoubs ajnoladb UNfVJMPi PWtXUTRMI LYNB CHANLEBOn ROOHR.FRAFTtBR LUC VANUA1.www.bordertlne-lefilm.ca rpSuminiuTtN'rtrocrfêcirmEii.'[câb?4N8Riop««'fâSô«'cBnwu [icoüe»aèmB'f _ Mt(u.fupr autro —ir— auzzc —n r— uio* *x»v auzzv —i .'***•-'*e«***i' - -ciNgM* , - rw»ct«s««u 16 IdWHKIIITMIIP U [pOHT-VlAU 1» COLOSSU» UWU.I 8T-EOSTACHE lBOUCHtnvH.Lt I BROSSARP I ST-BRUWO | BELOEIL ITERRtBONWI U i CARPETOOR DOWOW [ PiAZA OtLSOW - cmAM* ——i| — rc*«PLEi.wtk-wmw* - .— .v .-mdiw —> r*T"'•ex*''» -OAPrroc fQÂTIMXAU liTMICntHUU.I «HEBBROOHE [ SHERBROOKE i 8T-HTKCIHTHE [ ST-JE AN r~cawwvxw cv wihp -I r-eewn :¦ «mewsm 11 ÇMtMA- r- CMtMA twomwi» —i r— cmAm ûhpoxx —i r— u ùwwixwi — [ rr-JÜRÔME I TB OK RIV1IWIS 1 8T-BA3ILE | LACHERAI E [ORUMMOMOVIILE , JOLIETTE rr ¦51 rtOBEl-TBÂcY fsHAWIwloAW ffeYSEt ÜÜÂiisY ETl-ADtlE L'AFFICHE! CX>«U.Tt2 LES OWOCT-KWWfS ?C5 CMCWAS [arostasi entre son désir évident de poser un regard éclairant sur la politique étrangère américaine et celui d’offrir un tour de manège aux spectateurs les moins exigeants.Manifes-tement, ce dernier désir l’emporte sur le premier, comme en témoigne le scénario sans nuance, qui expose mécaniquement un à un, les points de vue des «narrateurs» qui ont assisté au drame: un garde du corps ébranlé (Dennis Quaid), un policier espagnol visiblement pas net (Eduardo Noriega), ime réalisatrice de télévision à la ligne éditoriale discutable (Sigourney Weaver, en forme), un touriste américain en instance de divorce (Forest Whitaker) et le président lui-même.Le film, qui dure 90 minutes, devait compter trois autres segments, mais des projections-tests désastreuses ont forcé les producteurs à charcuter le récit Ça se voit ça s’entend.Et même que c’est dit sans ironie: «E Jaut couper tous les fils qui dépassent», déclare un terroriste dans la dernière partie du film, constituée pour l’essentiel d’une poursuite automobile à travers la ville, au cours de laquelle les pièces manquantes du puzzle sont exposées.Or le vrai puzzle tient moins aux caprices du récit qu'aux embûches qu’a connues le projet Et celui-là de-meme incomplet Collaborateur du Devoir Jiuer Ponette une proposition documentaire de Jeanne Crépeau autour du film de Jacques Doillon "C’est absolument fascinant! Une très très belle expérience." Catherine Perrin, C'est bien meilleur te matin.Radio-Canada "Le cinéma, vu du côté de l'artiste, vu de l'intérieur, sans fard.Un anti-tapis rouge et mieux encore: un remède aux déclarations vides et vaines et aux films prédigérés.Jouer Ponette est un essai plein de grâce comme de profondeur.*** i/2 « Annabelle Nicood.La Presse "Jouer Ponette est une formidable leçon de Cinéma.Claude Oeschènes, Le Téléjournal, Radio-Canada Finaliste du prix Pierre et Yolande Perrault jusqu'au 28 février tous les jours 14h EX-CENTRIS 35)6.bout Saint Laurent.Mtl Billetterie (514)847-2:106 C INEMA PARAIL 3 L E bandes annonces disponibles au www.boxfilm.ca Sur le fleuve de l’Apocalypse UP THE YANGTSE (Sur le Yangtsi) Réalisation et scénario: Yung Chang.Image: Wang Shi Qing.Musique: Olivier Alary.Montage: Hannele Halni.93 min.En mandarin avec sous-titres anglais au AMC Forum et avec sous-titres français dès le 7 mars au Quartier latin.ODILE TREMBLAY Coproduit par l’ONF, Up the Yangtse est un documentaire exceptionnel, tant par ses impressionnantes qualités techniques que par sa plongée en profondeur dans une réalité saisissante.Réalisé par Yang Chang, un Montréalais d’origine chinoise, il aborde les conséquences humaines dramatiques de l’érection du barrage des Trois-Gorges en Chine, plus vaste projet hydroélectrique du monde, qui haussa le niveau du mythique fleuve chinois, inonda montagnes et villages et déracina près de deux millions de personnes désemparées.Still Life de Jia Zhang-Ke (lion d’or au Festival de Venise en 2006) abordait en fiction le même thème.Les deux films se répondent Up the Yangtsi a fracassé des records de recettes au guichet lors de sa sortie torontoise.Et pour cause: des personnages puissamment campés, une fascinante allégorie de la Chine contemporaine en mutation, à travers ce bateau de croisière rempli de touristes ridicules et pleins aux as, des contrastes saisissants entre Chine d’hier et Chine d’aujourd’hui: Up the Yangtse allie brillamment la poésie au pamphlet le réalisme à la satire.Au point de départ: un couple de paysans iHetfrés, dont la maison sera bientôt submergée, qui en- voient leur fille de seize ans travailler sur un de ces immenses bateaux de croisière, les Farewell Cruises, où s’entassent de riches touristes occidentaux, parfois déguisés en empereurs et impératrices des temps jadis, venus observer le panorama fluvial avant son engloutissement Ce bateau grotesque devient le théâtre de destins croisés et entrechoqués.On rencontre la timide Yu Shui, qui passe de la cambuse familiale à ce palace flottant temple de tous les délires et de tous les quiproquos, où les riches s’amusent sur le pont tandis que le personnel se déchire en bas.Embauché aussi, Chen Bo Yu, beau jeune Chinois, enfant unique égocentrique, issu de la classe moyenne, entend profiter à plein des avantages de la Chine nouvelle.Ces touristes inconscients, ce personnel servile, ce monde artificiel flottant sur le fleuve de l'Apocalypse semblent symboliser, non seulement une Chine entre deux ères, mais un Occident voguant en chantant vers la destruction des beautés du monde.Il est évident que le documenta-riste n’aurait jamais pu capter avec pareil naturel les personnages filmés sans une connaissance profonde du pays et sans une longue familiarité avec ses modèles, qui vivent littéralement à l’écran, oubliant l’objectif.Cette façon merveilleuse de filmer le fleuve, avec les pêcheurs qui tendent leurs filets, le barrage de démesure, les humains palpitant de détresse sur ses berges dont il saisit l’àme, le tout baigné d’une excellente musique, crée un climat qui dépasse le genre documentaire pour toucher le mythe.et s’y engloutir avec la vieille Chine d’antan.Le Devoir PHOTO JONATHAN CHANG Up the Yangtsi aborde les conséquences humaines dramatiques de l’érection du barrage des Trois-Gorges en Chine.WÊWim WSmlgg^m -v • ^4, ¦ .KÙ-;- *WS isr-ias « Une bouleversante et édifiante leçon de vie.» ^ Francine Grimaldi SRC ¦MfsafS*’ sismiimw 3536, bout.Saint-Laurent Mtl Billetterie (5i4)S47-**t>é Ç INEMA EX-CENTRIS PARALL3 L E ir Art/disribution & Les Productions Lany présentent fES LANGLOIS « Je volerai < TMftiM H a» - Précédé de CALLIGRAFFITY de Bob McKenna Dès le 29 février
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.