Le devoir, 7 mars 2008, Cahier B
r T > » i \ T, ^ ’ LE DEVOIR, LE VENDREDI 7 MARS 2 0 0 8 ENTREVUE DJ Rekha: ceci n’est pas de la musique du monde Page B 4 C’EST LA VIE! * , Une fille allumée.et les mots pour le dire Page B 8 En marge (^travail musical, le Consort contemporain de Québec développe son propre langage scénique.MATHIEU LAVOIE Frank Zappa revisité Le Consort contemporain de Québec consacre un spectacle au grand compositeur américain Avec ses collaborations inusitées, ses mises en scène théâtrales et son goût marqué pour les propositions hétérogènes, la formation dirigée par Nicolas Jobin s’emploie depuis 2002 à réconcilier le public avec la musique contemporaine.uébec — «Trop souvent, on perçoit la musique con-temporaine comme étant élitiste», commente Nicolas Jobin, directeur artistique et fondateur du Consort contemporain de Québec (CCQ), «et je peux très bien comprendre pourquoi! Je viens d'un milieu plutôt modeste où la culture n’était pas particulièrement prisée.Je n’ai donc pas eu la chance de côtoyer des œuvres marquantes durant ma jeunesse.«¦En fait, je me suis in-.téressé relativement tard à la musique classique et contemporaine.Mais lorsque j’ai perçu l’étendue des possibilités, la richesse de cet univers, j’ai été complètement séduit.«De découverte en découverte, j’ai fait mon apprentissage.Notre ambition avec le Consort est de permettre aux spectateurs de faire un peu le même voyage et de se forger l’oreille à la musique du XX' et du XXI' siècles.» Aux racines du projet, en 2002, le CCQ est un orchestre de chambre à géométrie variable, «On remplissait surtout des commandes lors d'événements.Mais au lieu de présenter uniquement les grands classiques, on s’amusait à inviter des œuvres ou des compositeurs moins connus dans notre répertoire.» «Zappa a toujours démontré une intelligence musicale phénoménale et une grande théâtralité sur scène.» Dès 2004, Nicolas Jobin décide de programmer une véritable saison où figure notamment, un travail autour de l’œuvre d’Erik Satie.Mais le point tournant pour le CCQ survient lorsque ses membres ont l’idée d’inviter le chanteur Pierre Lapointe pour une collaboration.«Dans le cadre de notre saison, on voulait trouver un moyen de rejoindre un public encore plus large.On a été attirés par le travail de Pierre, par ce personnage qui finit par être plus grand que son œuvre.On lui a donc proposé de faire une version orchestrale de ses pièces.» Le spectacle présenté au Festival d’été de Québec a connu un succès considérable, tant auprès du public que de la critique.Pour le Consort, cette collaboration inusitée venait d’ouvrir une toute nouvelle avenue artistique.Dès ce moment, les collaborations se sont multipliées: Les Loco Locass, Fred Fortin et Marie-Jo Thério ont tour à tour vu leurs œuvres passer entre les mains des compositeurs en résidence au CCQ.Parallèlement à ces spectacles, le Consort poursuit ses concerts dédiés à la musique des XX" et XXI' siècles en abordant notamment les répertoires de Philip Glass, John Cage et Steve Reich.En marge du travail musical, le CCQ développe son langage scénique.«Je suis arrivé à la musique par la danse et le théâtre, explique Jobin.Pour moi, il y a de nom- breux rapprochements à faire entre ces trois formes d’art.Je me suis aperçu qu’en soutenant la musique plus abstraite par une proposition visuelle, on parvenait à la rendre plus accessible.À chaque spectacle, on dépasse le simple cadre musical pour proposer un univers scénique complet.» Cette approche globale de la scène ne signifie pas pour autant que le Consort cède à la tentation du récit «Ça demeure des propositions très ouvertes.Il y a un Jü narratif qui relie le tout, mais c’est un fil transparent.Notre tâche est de proposer une organisation esthétique cohérente, mais l’intelligence du spectateur est toujours mise à profit.Comme en danse contemporaine, on lui laisse le soin de lier les morceaux pour tisser sa propre trame du spectacle.» You can’t do that! Pour clore une saison remarquable — qui a débuté en force lors du Festival Antenne-A avec un rave consacré au compositeur Steve Reich —, le CCQ s'attaque ce soir à l’œuvre de Frank Zappa.Avec le compositeur en résidence Pierre-Olivier Roy et la directrice musicale Katia Makdis-si-Warren, Jobin propose une lecture bien particulière de l’œuvre du prolifique compositeur américain.«Nous nous sommes principalement inspirés du coffret You Can’t Do That On Stage Anymore pour construire le spectacle.Zappa a toujours démontré une intelligence musicale phénoménale et une grande théâtralité sur scène.Nous allons tenter de recréer l’esprit de ALEX LECLERC ses tournées.Pour y arriver, le spectacle va être parsemé de pièces connues, de nouvelles créations, de séances d'improvisation et de moments carrément théâtraux où des textes de Zappa seront dits tout en étant accompagnés d’une musique d’ameublement au sens où Sati l’entendait.» ZAPPA: YOU CAN'T DO THAT ON STAGE ANYMORE.ET POURQUOI PAS?! Par le Consort contemporain Ce soir au palais Montcalm Québec wmaconsortcontemporain.info Collaborateur du Devoir a, Dimanche sucré Ce dimanche, la Maison Saint-Gabriel (2146, place Dublin, Pointe-Saint-Charles) permet aux Montréalais de vivre l’expérience de la cabane à sucre sans avoir à quitter la métropole.De 12h à 17h, une vraie cabane à sucre ouvrira ses portes aux visiteurs sur ce site patrimonial en leur offrant la traditionnelle tire sur la neige.Sur place, des conteurs et musiciens recréeront l’ambiance des parties de sucre d’antan.Achetée en 1668 par Marguerite Bourgeoys, cette demeure, avec ses terres environnantes, a été une des fermes principales de la Congrégation de Notre-Dame pendant trois siècles.» 514 935-8136, wwui maisonsaint-gabriel.qc.ca.400 ans de marchés Le marché du Vieux-Port de Québec (160, quai Saint-André) vient tout juste d’inaugurer une nouvelle exposition permanente intitulée Echanges au marché.Soulignant le 400" anniversaire de Québec ainsi que le 70 anniversaire de la Coopérative des horticulteurs de Québec, cette exposition présente des scènes de vie dans les marchés de la province au moyen de plus de 45 photographies historiques et contemporaines ainsi que des dessins, des textes et des extraits d’articles de journaux.Le 8 mars gratos A l’occasion de la Journée internationale de la femme, demain, le Musée de la Pointe-à-Cal-lière offre l’entrée gratuite à toutes les femmes qui s’y présenteront pour voir l’exposition 1837-38 -Rébellions, Patriotes vs Loyaux, qui rappelle à l’aide de différents objets les événements historiques qui se sont déroulés dans le Haut et le Bas-Canada il y a 170 ans.L’exposition est présentée jusqu'au 27 avril.C'est aussi l’occasion pour les femmes de visiter gratuitement les expositions permanentes du musée, www.pacmusee.qc.ca.Marionnettes au théâtre Les marionnettes sont à l’honneur ce week-end au théâtre Outremont d Trois Joura adultes ap[ Casteliers di de courtes fc?le cadre des teliers.Les es Brèves de i, une soirée interprétées par des maîtres de la marionnette et des créateurs de la relève.Puis, dimanche à 16h, toute la famille pourra découvrir l’univers de Charlie et du vieil homme avec Une forêt dans la tête, une production du Théâtre de l'Avant-Pays.www.theatreoutremont.ca.Écologez Pour la troisième année, Equiter-re, l’Ecole de technologie supérieure (ETS) et DuProprio.com organisent le concours Ecologez qui permet aux étudiants en architecture, génie, design, environnement et urbanisme de mettre en pratique leurs connaissances en concevant un bâtiment écologique.Le public pourra assister à la présentation des projets dimanche à rETS (www ecologez etsmtl.ca).De plus, c'est l’occasion ce week-end de s'inscrire auprès d’une ferme du réseau d’Agri-culture soutenue par la communauté pour recevoir un panier hebdomadaire de fruits et de légumes bios pendant l’été.Cela permettra ainsi à près de 33 000 résidants des villes de profiter de produits frais tout en soutenant un fermier d’une des 114 fermes biologiques maraîchères ou d’élevage du réseau, www.equiter-re.org, «1877 272-6656.Laurence Clavel i LE DEVOIR, LE VENDREDI 7 M A R S 2 O O 8 WEEK-END CULTURE Seuls, la pièce de théâtre de Wajdi Mouawad, sera présentée à Avignon MICHEL DOLBEC Paris — Créée cette semaine à Chambéry, en Savoie, la nouvelle pièce de théâtre du Libano-Québécois Wajdi Mouawad, Seuls, sera présentée l’été prochain au Festival d’Avignon.Très attendue, cette pièce a enthousiasmé le journal Le Monde, qui a vu dans l’écriture de Mouawad le «goût indéniable de l’absolu».De Littoral à Forêts, l’auteur et metteur en scène nous a habitués à des récits multiples où les personnages et les destins s’entrecroisent Cette fois-ci, il est seul en scène mais continue de s’interroger sur les questions qui hantent son œuvre: la guerre, l’identité, l’exil.«Il est des moments, dans la vie, où s’impose un retour sur soi», écrit Le Monde dans son édition d’aujourd’hui.«A 40 ans, Wajdi Mouawad en traverse un, qu’il met en scène de manière très émouvante dans Seuls.» Dans ce spectacle solo, Mouawad incarne un libanais exilé au Québec et qui prépare une thèse sur Robert Lepage.Il neige.Her-wan n’arrive pas à travailler et 4oume en rond dans son nouvel appartement, nu ou presque».Il voudrait aller voir Robert Lepage, à Saint-Pétersbourg.«C’est là que Seuls réserve une surprise, raconte Le Monde.On s’at- PEDRO RUIZ ARCHIVES LE DEVOIR Wajdi Mouawad tend, comme toujours avec Wajdi Mouawad, à partir loin, à rencontrer des gens, à croiser des histoires.Et l’on se retrouve face à un homme seul, qui se dépouille peu à peu des peaux d’oignon de la parole, pour entrer dans le monde de la performance, en peignant sur son corps autant que sur les murs ce qui l’habite et lui pèse: la vacuité des jours qui se suivent en boucle, le désir d’être soi et autre, l’appel, nourri des souvenirs d’enfance, à une vie qui échapperait à la pesanteur.» Avec ce spectacle, poursuit le quotidien, Wajdi Mouawad montre qu’il sait 060 KSSftiiffrS canal SAVOIR EN REDIFFUSION LUNDI LE 10 MARS À 19 H EN COLLABORATION AVEC : Chaire Raoul-Dandurand wn «tudM «tratègtqoM et d>piornatHiu«s Raoul Dandurand Chair ol Strategic and Diplomatic Stadia* PARTENAIRE MEDIA LE DEVOIR Cf ! JJ UQÀM HORAIRE COMPLET ; www.canal.qc.ca i LE DEVOIR, LE VENDREDI 7 MARS 2008 B 4 W E E fv - E N I ) MUSIQUE Musique classique Claude Vivier, toujours présent ROY HUBLER Walter Boudreau éprouve beaucoup de nostalgie en pensant à son ami Claude Vivier, décédé il y a 25 ans.ROCK ARCHAMBAULT'! PALMARÈS CD Résultats des sentes: __ du 26 févriet au 3 mars 2008 FRANCOPHONE g ISABELLE BOULAY Nos lendemains U COMPAGNIE CRÉOLE 25 ans de succès GUY BÉLANGER Guy Bélanger Wg H IMA Smile B CINÉMA CINÉMA Artistes variés MICHEL FUGA1N Bravo et merci! Kl ALAIN LEFÈVRE HA Schubert / Rachmaninov PATRICK BRUEL Des souvenirs.Ensemble (Live) LES GRANDS CLASSIQUES D’EDGAR: ENCORE PLUS MICHEL FUGAJN Les grands succès ANC if àLOPHONE JACK JOHNSON Sleep Through the Static YAEL NAIM Yael Naim SIMPLE PLAN Simple Plan H1! AMY WINEHOUSE Ham Back to Black B PLANTS AND ANIMALS Parc Avenue B PASCALE PICARD Me, Myself & Us EVgoldfrapp HA Seventh Tree MICHAEL JACKSON Thriller (25* Anniversary) JANET JACKSON Discipline STEP UP 2 THE STREETS Bande sonore du film TÉLÉCHARGEMENT ZIK.ca DON’T STOP THE MUSK Rlhanna NO ONE Alicia Keys LOW Flo Rida VA WHEN I'M GONE HA Simple Plan PIECE OF ME Britney Spears L’AGENDA - — 1 ¦ \ L’HORAIRE TÉLÉ, LE GUIDE DEVOS SOIRÉES Gratuit dans Le Devoir du samedi LE DEVOIR cêu.QB&uX WMA LES JALOUSES DU BLUES Interprètes diverses EDC Musique - Dep Pas une mauvaise idée en soi: on a les chanteuses qu’il faut pour pousser du Offenbach.On n’a pas Janis, Piaf ou Amy Winehouse, mais on aurait pu avoir Luce Du-fault, Ginette Reno, Lulu Hughes, Nanette Workman, Ariane Moffatt, Isabelle Boulay.C’eût été ce que la compilation annonce: «Les grands succès d’Offenbach revisités par les plus belles voix féminines du Québec.» En lieu et place, on obtient Johanne Blouin avec sa fille Elizabeth Blouin-Brathwaite qui calent Deux autres bières, on nous refile Marie-Pier Perreault, Nancy Martinez, Patsy Gallant, Angel Forrest, Martine St-Clair, misère noire de misère noire, qui nous servent telles des serveuses fatiguées Le blues me guette, Rock de v lours et les autres, lire, on nous déterre la version pathétique que dame Alys Robi donna un jour de Mes blues passent pu dans porte.Freak show.Surnagent dans le marécage Melissa Auf Der Maur, Kim Richardson et Marie-Chantal Toupin, seule à s’arracher vraiment le cœur, dans Je chante comme un coyote.Et pendant ce temps-là, la première gang d’Offenbach, Hard, Willie et compagnie, est dans la dèche.Injustice! Sylvain Cormier MONDE SALSA FROM CUBA Yousy Barbara Indépendant Elle est «notre» chanteuse de salsa et une des chouchous de Belle et Bum.Parce que Yousy Barbara Ruiz a toute une voix: en boulet de canon, à la manière de la regrettée Celia Cruz, à qui on la compare souvent depuis qu’elle a 16 ans mais qu’elle n'a connue qu’après son départ de Cuba, après avoir chanté dans les grands cabarets de I>a Havane et livré en bas âge plusieurs concerts avec de grands orchestres.Du feu, cette femme, sur disque comme sur scène! Et de cet album paru une première fois dans l’île de Compay Segundo en 2001, elle a remixé trois ou quatre pièces et en a ajouté quelques autres.Il fallait le lancer à Montréal.Même en indépendant, même distribué gratuitement Avant de passer à la prochaine étape, qui sera aussi faite de merengue, de cumbia et de reg-gaeton.Non pas que Salsa From Cuba révolutionne un genre maintes fois entendu, non: c’est simplement pour faire reconnaître davantage la grandeur du talent et donner le goût de découvrir cette énergie ravageuse.Tout d’un bloc, Barbara se promène entre salsa classique et romantique, entre guaguanco et son, entre boléro mélodramatique jazzé et timba contemporaine plus proche du rap.Toujours avec autorité.Yves Bernard CHRISTOPHE HUSS La première phrase de Walter Boudreau présentant, sur le site Internet de la Société de musique contemporaine du Québec, la saison-hommage à Claude Vivier est magnifiquement concise et sentie: «Vivier.Claude Vivier.Comme on dit Mozart.Wolfgang Amadeus Mozart.N’est-il pas normal de reconnaître nos propres héros?» Ce soir, Walter Boudreau dirigera Vivier lors du concert de clôture de la semaine MusiMars.Trois œuvres sont au programme: Zi-pangu (1980), pour sept violons, trois altos, deux violoncelles et contrebasse, Learning (1976), pour quatre violons et percussion, ainsi que Shiraz (1977), pour piano seul.La saison-hommage à Claude Vivier coïncide à la fois avec le soixantième anniversaire de sa naissance et le vingt-cinquième anniversaire de sa mort, le 12 mars.Un voyage marquant Claude Vivier, né en 1948, est un élève en composition de Gilles Tremblay.Il étudie ensuite (1971-74) en Europe, auprès de Karl- heinz Stockhausen et Paul Méfa-no.En 1977, année importante, il entreprend un voyage en Asie, notamment à Bali, qui le marque profondément.La découverte des musiques balinaises lui inspire des œuvres telles que Pulau Dewata ou Shiraz.De Pulau Dewata, que MusiMars à présentée mardi dernier (voir Le Devoir du 5 mars), Walter Boudreau, directeur de la Société de musique contemporaine du Québec, collègue et ami de Vivier, dit, en entrevue au Devoir, qu’il s’agit d’une «catharsis permettant à Vivier de se débarrasser de tous ses tics contemporains».Par «tics contemporains», Boudreau parle du sérialisme, de manies inhérentes aux compositions des années 60 ainsi que du jansénisme musical d’Anton Webern: «Plus prude que Webern, on rentre au couvent!», analyse Walter Boudreau, qui voit la musique de Webern comme une distillation intellectuelle fascinante.«Mais ce n’est pas ma tasse de thé de gratter jusqu’à l’os; j’aime la chair.» Claude Vivier aussi.Il en est mort dans des circonstances tra- VITRINE DU DISQUE CHANSON TABLEAU DE CHASSE Claire Diterzi Naive - Fusion III Il y a des albums étonnants, détonants, stupéfiants, et il y a des albums qui narguent l’épithète: comment diable qualifier ce deuxième effort en solo de l’ex-Forguette Mi Note?Chaque chanson est une planète jusqu’alors inexplorée.Même la chanteuse s’y perd: dans une entrevue, elle situe À quatre pattes, drôle de chanson à gogo décalée, entre «les B-52’s et le Mystère des voix bulgares».Voyez?Moi non plus.Je sais seulement que c’est extraordinairement rafraîchissant, radicalement neuf, que chaque pièce a été inspirée par une œuvre d’art — lYvette Guilbert de Toulouse-Lautrec, Le Verrou de Fragonard, etc.— et que chaque pièce est une nouvelle œuvre d’art.Je sais aussi que la Diterzi, débrouillarde pas à moitié, a presque tout fait avec son ordi, ses mille millions de voix, ses guitares.Tout sauf le cor anglais.Je sais enfin que c’est hallucinant d’invention, que ça renvoie les vocalises d’une Camille au rang de babil.Certes, ça teste la tolérance, ça rebute à gauche autant que ça séduit à droite, mais d'écoute en écoute, un mot s’impose: génie.Cette femme a du génie.S.C.CLASSIQUE MOZART ¦ '» - Harmoniemusik.Arrangements d’ouvertures et airs d’opéras pour octuor à vent.Solistes de la Deutsche Kammerphilharmonie de Brême.Coviello SACD COV 50712 (Gillmore).L’étiquette allemande Coviello Classics n’est pas la plus connue sur le marché.Elle est distribuée au Canada par Gillmore Music et sans doute que le nombre d’exemplaires importé n’a pas crevé les plafonds.La quête de ce CD risque d’être un peu périlleuse, mais insistez et soyez patients.car quel absolu bonheur, quel délice suprême vous attend au bout de votre quête! Les ouvertures et airs des opéras de Mozart ont tous été transcrits à leur époque pour des ensembles de vents qui propageaient les belles mélodies dans les châteaux et les palais d'Europe centrale.Les enregistrements sont nombreux, mais les vraies réussites, qui combinent qualité du jeu, beauté de l’enregistrement et préservation du sens des œuvres, restent extrêmement rares.Les solistes de la Kam-merphilharmonie de Brême (le fameux orchestre des Beethoven de Paavo Jàrvi) sont exceptionnels et truculents.Les plus belles pages de Cosi fan tutte, Don Giovanni, Ij>s Noces de Figaro, La Clémence de Titus et La Flûte enchantée en ressortent littéralement illuminées.Christophe Huss ÉLECTRO AaHN ARTIFICIAL ANIMALS RIDING ON NEVERLAND AaRON Indica POP YAEL NAIM ET DAVID DONATIEN Yael Naim et David Donatien Tôt ou tard - Warner Le mariage allait de soi.Avec U-Turn (Lili), AaRON a réussi en 2006 à donner des ailes à ses lignes électro-pop très cinématographiques dans fe vais bien, ne t’en fais pas, du jeune réalisateur Philippe Lioret.Mélancolique à souhait, cette création accompagnait à merveille la descente aux enfers d’une jeune fille qui souffre du départ de son jumeau, l’histoire au cœur de ce long métrage.Elle dessinait aussi, finalement, les contours d’un univers décalé et torturé que le duo français semble particulièrement apprécier, comme en témoigne ce tout premier album.Avec un titre qui n’est pas sans évoquer l’esprit de Peter Pan, Simon Buret et Olivier Coursier y proposent en effet une balade onirique dans un monde sonore débordant d’images, de doutes et d’introspections avec voix cassée, piano nostalgique et habillage élec-tro de circonstance.Souvent atmosphérique, parfois éthérée, cette quête de naturel et d’authenticité avance avec charme, sans surprendre toutefois, sur un chemin où les David Lynch pour le décor, Baz Luhrmann pour l’atmosphère et Antony and the Johnsons pour la forme ne sont pas très loin.En spectacle le 19 mars au Cabaret Juste pour rire.Fabien Deglise Yael Nairn?Mais oui, c’est une de ses chansons qui accompagne la pub du nouvel ordinateur de Mac.Vous savez, le p’tit piano au début, le portable dans l’enveloppe.Et comme il n’y a pas de hasard, le second album de la Franco-Israélienne est en magasin en ce moment, sur étiquette Tôt ou Tard (Fersen, Delerm).Accompagnée du mulü-instrumentiste David Donatien, la jeune chanteuse de 30 ans offre un disque à la fois surprenant et réconfortant.D’abord parce qu’il est chanté en trois langues, soit principalement en hébreu, partiellement en anglais et un tout petit peu en français.Au début, ça étonne, mais la sonorité de tous ces mots qu’on ne comprend pas — mon hébreu est un peu rouillé — est fort agréable à écouter.Il n’y a qu’à savourer le premier titre, Paris, pour se sentir happé dans la pop et le folk feutrés et délicats de Nairn.Par-ci, par-là, quelques cordes, des cuivres et des percussions bercent la guitare et le piano.Si le dosage est généralement bon, Yael Nairn se perd un peu à mi-parcours, entre autre sur la pleurnicharde Lonely.Mentionnons en terminant sa surprenante reprise de Toxic de Britney Spears.On vous l’assure: Yael Nairn, ce n’est pas que du vent Philippe Papineau giques.Malgré ce que son ami Walter appelle «son histoire de D’ Jekyll et Mister Hyde», la spiritualité est un des ressorts de l’art de Vivier.«Son catholicisme était très vécu.Oui, il sombrait dans le péché, mais il allait faire pénitence, et pendant ses moments de pénitence, il rêvait de pureté.» La voix comme refuge Walter Boudreau pense même que «cette espèce de spiritualité a été encouragée auprès d’un Stockhausen qui lui-même découvrait la spiritualité, par rapport à un Boulez athée, progressiste, nouvelle cuisine, sensationnaliste, trouvant que tout le monde devait composer pareil.» Il est très heureux qu’après le séjour à Ball et la catharsis de Pulau Dewata, Claude Vivier ait trouvé sa voie: «Le problème avec la musique sérielle est que c’est une musique utopique, et Claude a laissé tomber cela.» Boudreau définit aussi Vivier comme un «mélodiste qui aimait chanter».C’est pour cela que «la voix est le fil conducteur de l’inspiration de Vivier, le support essentiel de son discours».Walter Boudreau éprouve beaucoup de nostalgie en pensant à son ami.D’abord en tant que chef: «J’aimerais qu’il soit là à mes côtés quand je dois diriger sa musique pour que je lui torde le cou.Il y a beaucoup de choses chez Vivier qui ne sont pas claires.Et quand il y a des ambiguïtés dans me musique et que le compositeur est mort, on est obligé de prendre des décisions qui sont forcément contestables.» Mais il regrette avant tout l’ami: «Quand il était à Montréal, on se téléphonait tous les jours, fe m’ennuie de ça.Son absence a fait un trou dans ma vie.C’était un gros bébé que j’aimais beaucoup.» Collaborateur du Devoir CLAUDE VIVIER ¦ Concert de clôture MusiMars.Série-hommage à Claude Vivier.Ensemble de la Société de musique contemporaine du Québec.Walter Boudreau (direction).Jacinthe Riverin (piano).Salle Pollack ce soir à 20h.¦Prochains concerts de la série-hommage les 5, 13 et 14 avril.www.smcq.qc.ca.Entrevue avec DJ Rekha Ceci n’est pas de la musique du monde ÉTIENNE CÔTÉ-PALUCK DJ Rekha se défend bien de taire de la musique du monde.Cette New-Yorkaise de descendance indienne refuse les limitations implicites de cette catégorisation, même si elle fait surtout jouer des disques aux influences punjabis.«C’est un terme très dérangeant à l’implication presque anthropologique», raconte Rekha Malhotra, jointe plus tôt cette semaine en Inde où elle terminait une tournée.«Les personnes qui parlent de musique du monde sont en fait les mêmes personnes qui pensent que la musique bhangra n’est pas assez traditionnelle.» Depuis la division de la région du Punjab entre le Pakistan et l’Inde, en 1947, les Punjabis se sont regroupés autour de cette musique à l’histoire plusieurs fois centenaire et dont l’origine remonte à une danse coutumière.Grâce à l’émigration, le genre a connu un regain de popularité à Londres dans les années 80 et s’est ensuite souvent mélangé à des influences hip-hop, électroniques et jamaïcaines.«Lorsqu’on parle de musique du monde, il y a un élément implicite qui sous-entend que la tradition, ou la musique dite ethnique, est associée à l’absence d’influences externes.Ce n’est toutefois pas de cette façon que les choses fonctionnent en réalité.Par exemple, autour de moi en ce moment, je vois partout des pancartes publicitaires de Coca Cola ou de Vodafone.Il n’y a pas de culture qui soit stagnante: les choses sont constamment en mouvement.La musique du monde est une catégorie qui a été créée avec de bonnes intentions mais qui a fini par être restreinte à un cadre très limité.» «Tout dépend de l’endroit où la tradition commence et finit, poursuit-elle.La musique bhangra qui n’est pas influencée par le hip-hop utilise la même technique de production que celle qui utilise le hip-hop et la musique électronique.En fait, toutes les musiques ne sont que.des dérivés d’autres musiques qui existaient déjà.» Après un succès international cinq ans plus tôt, la chanson Mun-dian To Bach Ke de Punjabi MC, dont la plupart des gens connaissent la mélodie sans en connaître l’auteur, a propulsé le bhangra dans les plus hautes sphères de l’industrie musicale d’ici, surtout hip-hop.Saupoudré d’échantillons, le genre se base pourtant encore majoritairement sur les énormes tambours dhol et les mélodies pincées des cordes du tumbi ou de l’iktar.Après dix ans de soirées bhangra, DJ Rekha est aujourd’hui la plus grande référence dans le genre à New York, où la musicienne est également active au sein de plusieurs organismes communau: taires.Elle vient de lancer au pays sa compilation mixée Basement Bhangra, du nom de ses soirées new-yorkaises.Elle est également l’invitée ce soir de la soirée Baile Montréal au club Lambi (446.5, boulevard Saint-Laurent).Collaborateur du Devoir : j MUM ARTISTS Après dix ans de soirées bhangra, DJ Rekha est aujourd’hui la plus grande référence dans le genre à New York, où la musicienne est également active au sein de plusieurs organismes communautaires.i LE DEVOIR.LE VENDREDI 7 MARS 2008 B 5 De nouvelles menaces planent sur les poissons WEEK-END NATURE -V ¦5* ¦ ?ïWSîl SâS&S- mmÊM BRIAN SNYDER REUTERS À quelques semaines du début de la saison de la pêche, le Programme des Nations unies pour ms cfe-A ir5aBi .À quelques semaines du début de la saison de la pêche, le Programme des Nations unies pour l’environnement avertit dans un rapport qu’«au moins les trois quarts des principales zones de pêche du monde pourraient souffrir de la modification de la circulation due au ralentissement et à l’arrêt des systèmes naturels de pompage dans les océans».-v- ¦** Si ceci ressemble à un test de maths, visite/ mafhseourantes.ca ou appelez le t 800 30.VJOO4.WM»» 1*1,1 "ilptaWiMun l..Taxes incluses.www.meunier.qc.ca (450)347-0757 Journée porte ouverte des érablières le 2 mars 2008.Infos sur le site : www.laroutedessucres.com 1389, av.Vallée, Plessisville G6L 2W1 Téléphone: 819-621-1515 Télécopieur : 819-621-1234 en collaboration avec SOL^BEC TOURS INC.Jjjffss- iti Et de NAPlçb EXCLUSIVITÉ SOL^BEC ¦ Grand Hôtel Santa-Maria Golfe de Salerne Le voyage inclut : le vol aller-retour Mtl/Rome, 3 jours au grand Hôtel Santa-Maria di Castellabate à Salerne, 3 jours au Mar Hôtel Alimuri à Sorrento (plan chambre et petit déjeuner) et une location de voiture 6 jours (Catégorie C).Valeur de 4100$.WWW.SOLBECTOURS.COM Voir forfait longs séjours "Italie» Maggiore National Cat Rental.Pour participer, regardez rémission Toute une histoire du lundi au vendredi à 19 h sur les ondes de WS et notez l’indice du jour.LE DEVOIR Nom Retournez à : Concours GOLFES DE SALEM El OE NAPLES.2050, rue de Bleury, 9s étage, Montréal (Québec) H3A 3S1 Ib «rase aura lieu le 14 mars 2008 à 15tr Faites-nous parvenir les coupons Ue participation avant le 11 mars 2008 è 17 h 30.Le concours s'adresse au* personnes de 18 ans et plus.Un seul coupon par envetoppe.Les reproductions électroniques ne seront pas acceptées Les conditions et règlements du concours sont d^ponlbles è la réception du Devoir.Adresse :.Code postal :.Téléphone (rés.).App.Ville: .Courriel : .(bur.)., Indice du jour :.Date de l'émission.Abonnéle) : Oui J Non J Cocta si vous ne désirez pas recevok de sollicitai B 8 LE DEVOIR, LE VENDREDI 7 MARS 2 0 0 8 «Le bonheur, ça ne m’intéresse pas tellement.Pourquoi être heureuse?Je préfère la fébrilité et l’intensité.Je préfère avoir peur et aimer.» - Le Silence des hommes, D.Kmm est la le! «Une femme qui se croit intelligente réclame les mêmes droits que l’homme; une femme intelligente y renonce.» -Colette A -i % ¦ 1 Une fille électrique, D.Kimm sait faire passer le courant et ne craint pas de prendre le , ¦ j, , .JACQUES NADEAU LE DEVOIR micro a btre de directrice du festival Voix d Amérique ou d’artiste interdisciplinaire et indisciplinée.Une fille allumée Et les mots pour le dire Josée Blanchette mwr e lui ai déjà dit non deux fois.Mais si j’étais son mec, je lui dirais «peut-être» tous les jours et oui toutes les nuits.D.Kimm n’est pas femme à renoncer ou à baisser les bras.L’organisatrice et productrice du festival Voix d’Amérique fait partie de mes icônes du féminisme assumé au même titre que Diane Dufresne, Françoise David et Camille Paglia.Elle m’a demandé deux fois de participer à son Combat contre la langue de bois et, par trouille pure et simple, j’ai refusé.Marie-France Bazzo a probablement raison: les filles n’aiment pas débattre, ont peur de s’avancer et de prendre le crachoir qu’on leur tend.D.Kimm, elle, est d’une autre race.Elle dirige Les Filles électriques, un organisme dédié aux manifestations artistiques interdisciplinaires comme la littérature orale, écrite ou électronique.La prise de parole est au centre de l’œuvre de cette artiste marginale qui a dirigé une centaine de spectacles, qui a produit un CD poésie-musique {Le Silence des hommes) et qui monte régulièrement sur scène pour faire une folle d’elle-même sans la moindre inhibition.«Faut assumer: dès qu’on sort de la masse, du troupeau, on va être jugée, convient-elle.Ce n’est même pas une question de confiance en soi.Trouve la switch en toi pour foncer.Elle est là, quelque part.Moi, je préfère me casser la gueule que regretter.Plus jeune, je ne voulais pas avoir l’air d’avoir l’air.C’est l’avantage de vieillir, on se fout du jugement des autres.Sinon, c’est une aliénation supplémentaire: tu laisses les autres décider de ce que tu vas penser de toi!» Pour D.Kimm, monter au front est une forme viscérale d’affirmation et la peur ne devrait paralyser personne.Voilà pourquoi son Combat contre la langue de bois, auquel ont participé notamment Monique Giroux, Loco Locass, Jim Corcoran, Francine Pelletier, Richard Desjardins, Micheline Lanctôt, Mado Lamothe et René-Daniel Dubois, est devenu une des pièces montées de son festival bilingue, qui vient de célébrer son septième anniversaire: «Y a rien qui se dit au Québec, et même les grandes gueules ont une cassette sur “un’’ seul sujet.Si on ose contredire le discours ambiant, on s’excuse pendant deux semaines après.C’est atroce.On ne dit plus rien, on blaste ceux qui osent, et après on trouve tout platte, tout raboté, “mainstream”.Ça prend une unanimité; c’est le côté famille du Québec.On a perdu ce côté fier et audacieux des coureurs des bois.Ùn a traversé mer et maringouins pour venir s’installer ici.On devrait être plus forts que ça.» Quant à elle, D.Kmm s’est donné comme mission de désacraliser la poésie avec le festival Voix d’Amérique: «J’hais ce qui est prétentieux et coincé.La poésie, c’est physique, complètement dans la vie.Pourtant, l’image est “clean”, abstraite, la poésie dans un mausolée.On ne va pas mettre les poètes sur un piédestal, de toute façon ils sont tous à moitié alcooliques!» Féminisme appliqué Dans le paysage artistique québécois, elle est un modèle pour la jeunesse et pour les amis de sa fille de 20 ans.Je ne partage pas ses goûts musicaux pour le noise qu’elle fabrique avec des samplers, des pédales à effets, des loop stations et un kaos pad.Pensez à du Laurie Anderson en plus thrash, ça dit tout et ça né- cessite des amortisseurs pour tympans.Je suis parfois médusée par ses coups de cœur poétiques {spoken word, slam, culture queer anglo) mais j’apprécie au plus haut point sa «libération», l’air qu’elle déplace avec intelligence et la place qu’elle revendique sans renier un seul centimètre de sa féminité.Elle est la définition même d’une «démarche artistique», brasse les cartes et remet tout en question, permet à la rie de s’infiltrer dans les interstices du béton.«Je ne me définis pas comme féministe mais je le suis.Je te dirais qu’être féministe, ce n’est pas assez.Comme l’amour n’est pas assez.Moi, je veux être l’héroïne de mon film.Les filles s’empêchent de faire tant de choses, ont encore besoin de l’approbation des gars.Je ne milite pas pour les droits des femmes, je milite pour qu’on soit solidaires.Les filles sont tellement jugées dès qu’elles montent sur me scène.On se dit: elle à un gros cul, elle est maigre, elle est trop sexy, pas assez En trois minutes, 100 personnes pensent tout ça.Yann Perreau, lui, il peut jouer avec son cul et on trouve ft’ bien.» J ai récemment observé D.Kmm sur scène et j’ai pensé: «Wow! Quelle simplicité, quel naturel, quelle beauté, quelle somptueuse maladresse, quelle luminosité! J’aimerais être elle une journée dans ma rie.» «Je me sens électrique, me dit-elle en souriant calmement Je pogne en feu.Je veux explorer, apprendre, c’est ça qui me “drive”.Je me comprends dans l’action, fai besoin de risque et je me brûle.Quand tu te casses la gueule, y a juste toi qui s’en souvient.Tout ce qui est vrai est exigeant.» Le silence des femmes Selon D.Kmm, si le féminisme en arrache aujourd’hui, c’est en partie à cause du «complexe de la maîtresse d’école»\ «C’est comme pour le marxisme-léninisme: ce qui manque d’humour devient empoisonné.Ça donne quoi de militer pour l’équité salariale si tu piques une crise parce que ton chum regarde une autre fem- me?Tes pas tellement avancée.», dit cette fille qui refuse de se prendre au sérieux et s’entoure également d’hommes pour travailler et varier les dynamiques.«Je ne suis pas dans l’affrontement avec les hommes, je n’ai pas le temps.On est différents.C’est irréconciliable.Je ne veux pas être “amie” avec les hommes, je veux dealer avec eux.C’est pas pareil.Même chose avec mon chum: je ne cherche pas à communiquer à tout prix et je ne veux surtout pas être “amis”.La rencontre avec un homme se fait dans l’intimité, physique, affective.On veut se déshabiller et se révéler.Mais on a tous peur de ça.Communiquer, ce n’est pas assez, on veut que l’autre soit curieux.» Souvent, l’autre est plus peureux que curieux à l’égard de cette femme qui a du chien: «Je fais peur aux hommes, c’est sûr.Pour qu’un gars m'approche, il faut qu’il passe par-dessus l’image, il faut qu’il soit courageux.Juste pour ça, ça en fait un être exceptionnel.» Ça va, j’ai une petite idée du processus d’élimination.En attendant le guerrier d’exception, D.Kmm en mène large même si c’est parfois lourd à porter.«R y a tellement de poids sur les épaules des filles.Ry a tellement de choses qu’on veut faire que nous sommes continuellement en état d’échec.On mène la vie de nos mères et de nos pères en même temps.Le phénomène de la pige nous a rendues performantes et nous a crinquées: les normes sont devenues surhumaines.Et je vois beaucoup de femmes amères, tristes, qui n’ont pas la vie quelles veulent et qui trouvent ça trop gros de changer.Certaines ont lâché.Pourtant, on ne vit pas dans une dictature! C’est une question de courage, choisir sa vie et l’assumer.Faut juste apprendre à dire “fuck off’!» Traduisez comme vous voudrez, au féminin si vous préférez.De retour ici b semaine prochaine pour causer tourisme d’aventure avec un des grands du dépassement de soi.cherejohlrialedevoir.com Lu: un article sur le féminisme 2.0 dans la dernière livraison du magazine Utne (mars-avril 2008).Les premières expériences avec le féminisme se font souvent dans la blogosphère.Il n’y a d’ailleurs pas de féminisme monolithique dans les carnets.«Des milliers de personnes entretiennent leur propre mini-féminisme», relate l’auteur.Pour se diriger vers les sites: unvw.utne.com/feministblogs.Reçu: le livre Siam entre les mots de Stéphane Martinez, une anthologie de slameurs, ces «héritiers de diverses traditions orales — troubadours, griots, repentistas, chansonniers, muezzins.».Pour s’initier à cet art collectif et revendicateur qui, de marginal il y a cinq ans, est devenu mainstream.Noté: que le festival international d’art féministe Edgy Women se poursuit jusqu’à demain au Studio 303 à Montréal, www.edgy women.ca.Demain, de 14h à 17h, vous pouvez aller prendre le thé avec des femmes qui ont fait des choix de carrière étonnants.«Pour vous mettre en appétit, sa- chez qu’une “carrière edgy” implique une certaine dose de courage, de prise de risques, de choix non conventionnels et parfois même de parcours tortueux.Vous découvrirez que ce ne sont pas tous les métiers qui s’apprennent à l’école!» Activité gratuite.Feuilleté; L’ABCd’art de la rue des femmes (Editions du Remue-Ménage), préfacé par D.Kmm, un ouvrage dont les profits de vente seront versés à l’organisme d’aide aux femmes en difficulté la Rue des femmes.440 mots et définitions regroupés qui font voyager au cœur de la réalité des femmes de la rue et des intervenantes.'À «beauté»: «Eclat qui habite les êtres qui se souviennent de leur grandeur et de leur unicité avec la vie.» Ça m’a tait penser à D.Kmm.Pris: l’avion pour aller célébrer le 8 mars à Pokhara.Suivez le trek des femmes pour le développement et la paix: www.ceci.ca.•Te Les hommes peuvent attendre?Voilà un petit bouquin à la jaquette rose, paru en anglais sous le titre Live Alone And lÂe It, qu’on m’avait demandé de préfacer, probablement parce que mon célibat assumé, choisi/subi/choi-si/subi, est de notoriété publique.Je ne l’ai pas fait, pas du tout, non par manque d’intérêt pour le sujet mais par manque de temps, tout simplement.Le titre en français peut prêter à confusion: Les hommes peuvent attendre - L’art de vivre seule (Flammarion), mais bon, j’imagine que c’est plus vendeur comme ça.Dire aux hommes qu’ils peuvent attendre, c’est déjà attirer leur attention.Les temps ont bien changé, direz-vous.Le petit bouquin jadis audacieux de Marjorie Hillis fut écrit en 1936.Le téléphone portable n'existait pas: «Souvenez-vous que rien n’est plus dangereux pour votre estime personnelle que de rester près d’un téléphone qui ne sonne paSi» J’avoue que, portable ou pas, thaïs the attitude, baby! (Pour VIJ3: c’est l’attitude, bébé.) Mis à part quelques incongruités technologiques et autres références comme celles-là, tout est resté intact dans la psyché féminine! Cette femme journaliste qui a travaillé au Vogue durant 20 ans a trouvé chaussure à son pied trois ans après la parution de son délicieux petit ouvrage, à l’âge de 49 ans.Il faut dire qu’elle n’avait pas le célibat triste et n’attendait rien ni personne pour jouir de la rie.Pas de complexe de la dame négligée avec cette femme qui estimait que l’audace est une qualité fort utile lorsqu’on vit seqle.A qui le dites-vous, ma bonne dame! Bien plus que l’aviron, c’est l’audace qui nous mène.Au féminin «C’est quoi, le féminin d’une garçonnière?», me demande mon copain Francis.«Euh.bonbonnière?» wwiv.chatelaine, com/joblo Panier iT ww’w.atipapjerjiiponais.i 24 Fairmount Ouesi Montréal, QC H27 2M l (514) 276-6865
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