Le devoir, 3 avril 2004, Cahier G
LE DEVOIR.LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE i AVRIL 2004 LE DEVOIR 'université [CHERCHE JEAN SÉRODES La faculté des sciences et de génie de TUniversité Laval promeut la formation multidisciplinaire Page3 1 CAROLE LÉVESQUE «En matière de questions autochtones, le Québec est à l’avant-garde» Page 10 JACQUES GRENIER LE DEVOIR • - cote cour Leur cri d’alarme n’a pas été entendu.Les recteurs et principaux d’université auront ainsi à reprendre la route pour tenter de convaincre ministres et public du bien-fondé de la mission universitaire.D’un, la recherche ne semble plus être au Québec un secteur prioritaire.Ainsi, il a été décidé l’année dernière d’opérer une ponction de dix millions à même les 160 millions initiale ment attribués aux trois fonds de recherche universitaires gérés par le ministère du Développement économique et régional et de la Recherche.Quand les effets réels d’une telle mesure ont finalement été ressentis, Louis Dumont, professeur à l’Université du Québec à Montréal, n’a pu que constater les dangers d’une telle stratégie: «Nous voulons stopper l’hémorragie et faire comprendre au gouvernement que les coupes horizontales qu’il effectue parce que les finances sont serrées ont des effets concrets et pourraient mettre en péril des pans de recherche au Québec.» (le Devoir, 4 mars 2004.) De deux, si les universités entendent bien le message gouvernemental, elles devront admettre qu’elles sont d’abord des lieux d’enseignement plutôt que des institutions vouées à la connaissance.Pourtant, à la veille du dépôt du budget provincial, au moment où le gouvernement attribuait 61 millions pour agrandir les facultés de médecine de Montréal et McGill, après une aide similaire versée précédemment à Sherbrooke et Laval, les porte-parole des universités rappelaient que le réseau est toujours en attente d’une somme supplémentaire de 375 millions pour garantir le bon fonctionnement du système actuel.Ces mêmes personnes doutaient cependant de voir leurs attentes réalisées: «Nous espérons qu’il y aura quelques signes de réinvestissement dans le budget de la semaine prochaine, mais je crois que c’est sur le budget de l’an prochain qu’il faut miser pour obtenir les vraies réponses», déclarait donc en ce 26 mars Heather Monroe-Blum, la principale de McGill.Une semaine plus tard, il est possible d’affirmer que les universitaires sont de bons analystes politiques.Clientélisme Dans le monde de l’enseignement supérieur, au Québec, le mot clé est «clientélisme».Que des budgets soient nécessaires pour accueillir les nouveaux étudiants universitaires, tous en conviennent en éducation, à cet égard, on se bouscule au portillon.Quitte donc à diminuer l’aide apportée aux étudiants (ou à la transformer, car les prêts sont des investissements et non une aide directe, comme le sont les bourses), les universités recevront donc, avec le présent budget Séguin, plus d’argent pour leur permettre de répondre aux demandes de leur clientèle première.D sera donc sans doute fait appel à plus de chargés de cours, car nulle part il n’est dit que les corps professoraux seront en augmentation.Pourtant, jamais le monde universitaire n’a été aussi unanime pour reconnaître l’importance des chercheurs dans le développement même de toute société, les résultats obtenus dans les laboratoires ayant une incidence directe tant sur la qualité de vie que sur la capacité d’un Etat à demeurer dans le peloton de tête, surtout dans le contexte actuel où la mondialisation ne permet nul retard, et encore moins tout recul.Désengagement Le souci du déficit zéro, comme celui de la réduction des impôts (il faut bien quelque part se rappeler certaines pro- messes électorales), a donc été reconnu comme étant prioritaire, au détriment d’une réflexion plus vaste sur l'avenir collectif.À moins qu’il y ait un calcul différent, avec pour conséquence qu’on décide de laisser à d’autres la responsabilité de donner aux institutions du savoir les moyens d’assurer leur mission.Les priorités en recherche seraient alors établies par les divers programmes mis en place pour ce secteur par le palier gouvernemental fédéral, comme aussi par les besoins exprimés par le secteur privé, celui-ci pouvant initier les diverses chaires qu’il juge utiles pour l’atteinte de ses divers objectifs, économiques ou autres.Dans un monde néolibéral, telle est en effet la façon de procéder.Et le premier ministre du Québec ne s’est-il point fait clairement entendre pour signifier que le modèle québécois, celui mis en place par les ténors de la «Révolution tranquille», ce modèle, décrit comme interventionniste, était maintenant chose du passé?Cette année donc, dans le monde universitaire québécois, le dégel, quand il eut lieu, survint à l’extérieur des institutions, sur les pelouses, et non dans les classes ou les laboratoires.S’il était donc possible cette semaine, en ces derniers jours de mars, pour des étudiantes de McGill de profiter d’un répit climatique, aux cadres, professeurs et chercheurs, il ne restait en contrepartie qu’à mettre au frais tout projet de valorisation ou de développement de leur enseignement Comme quoi le retour des saisons n'a pas pour tous le même effet Pour les recteurs et principaux, le dégel, ce n’est donc pas pour maintenant Un jour sans doute, mais pas avant une autre année.La prochaine?Peut-être.Normand Thériault CONCORDIA SHERBROOKE McOILL HEC UQAM OTTAWA École de gestion Observatoire de renvironnement Centre «Tools for Chaire de management Gestion de Le Canada John-Molson et du développement durable nanoscience» éthique la technologie du XXe siècle Page 2 Page 4 Page 5 Page 6 Page?Page 8 \ ETS Aérodynamique des éoliennes Page 9 w A LE DEVOIR, LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 AVRIL 2004 G 2 • RECHERXEE UNIVERSITAIRE • École de gestion John-Molson L’autre grande école de Montréal «Nous offrons la possibilité d’étudier dans un environnement véritablement international » Si vous désirez devenir comptable, sauriez-vous nommer les trois écoles de gestion montréalaises?Bien sûr, il y a HEC Montréal et l’École des sciences de la gestion de l’UQAM.Mais la troisième?U s’agit de l’école de gestion John-Molson de l’université Concordia.CLAUDE LAFLEUR Une institution montréalaise en gestion moins connue chez les francophones remporte son lot de distinctions.Ainsi, l’école de gestion John-Molson de l’imiversi-té Concordia figure dans The Watt Street Journal's Guide to the Top Business Schools 2004, une recension des 100 meilleures écoles de gestion au monde.Elle s’est ré- cemment classée 18' parmi les écoles de gestion internationales recensées par le magazine Forbes et elle offre l’un des 100 meilleurs programmes MBA dans le monde selon Which MBA?, une publication de The Economist Intelligence Unit De surcroît, année après année, ses étudiants se classent avantageusement aux différents examens et concours canadiens en administration.*Nous sommes l'une des plus grandes écoles de gestion en Amérique du Nord, affirme Jerry Tom-berlin, doyen de l’école de gestion John-Molson.Nous pourrions dire que nous sommes l’équivalent anglophone de HEC Montréal, bien que cette dernière soit plus grande que nous.» M.Tomberlin souligne par contre que son institution se compare très bien aux HEC Montréal sur maints aspects: «Nous offrons une gamme de programmes similaire, dont des programmes de recherche de deuxième et troisième cycles, et nous sommes implantés dans la communauté montréalaise depuis les années 1930.La grande différence?HEC Montréal est très connue dans tout le Qué- bec, ce qui n’est pas notre cas!», lance-t-il en souriant Des programmes de formation uniques en leur genre Comme ses deux consœurs, l’école de gestion John-Molson offre la formation complète en gestion des finances, non seulement pour les futurs comptables, mais également en administration des affaires, en commerce, en gestion de portefeuille, etc.Elle offre en outre l’une des rares formations spécialisées en gestion de l’aviation ainsi qu’en administration des organismes sans but lucratif et en gestion des loisirs et des sports.«Nous offrons un programme spécial de gestion en aéronautique, précise le doyen, en partenariat avec l’IATA et avec tous les joueurs du secteur (aéroports, autorités civiles, sociétés aériennes, etc.).On apprend donc chez nous la gestion du secteur de l’aviation, un réseau dans lequel tous les acteurs doivent se comprendre pour que le système fonctionne bien.» Soulignant que l’école John-Molson est Time des cinq ou suc institutions au monde à offrir une telle formation — «puisque, ne l’oublions pas, Montréal est une importante capitale dans le domaine de l’aviation» —Jerry Tomberlin indique que, par conséquent, des étudiants d’un SOURCE CONCORDIA Jerry Tomberlin, doyen de l’école de gestion John-Molson.peu partout à travers le monde viennent suivre ce programme.Le doyen parle aussi d’un programme particulier: la maîtrise en investissement et en gestion, «un programme de deuxième cycle lié avec la qualification CFA [Chartered Financial Analyst]».Ce programme étant unique au Canada, il est donné conjointement avec une autre école de gestion de Toronto.«Nous utilisons la vidéo-conférence entre les deux endroits pour former une seule classe d’étudiants répartis dans les deux villes», dit-il.Mais, surtout, il souligne que plus de 90 % de ses étudiants participant à ce programme ont réussi l’examen international.alors que le taux de réussite pour les étudiants des autres pays n’atteignait pas les 50 %! Se rapprocher de la communauté québécoise Pourquoi un francophone viendrait-il faire ses études à l’école de gestion John-Molson?Le doyen Tomberlin cite avant tout le fait que, comme la formation se donne en anglais, c’est là «une belle ouverture vers le reste du monde.Mais il y a beaucoup plus que cela, s’empresse-t-il d’ajouter.Car, en plus d’être anglophone, nous avons une population très diversifiée, probablement la plus diversifiée au plan technique de toutes les écoles de gestion de Montréal».Soulignant qu’une quarantaine de langues sont parlées tant par le personnel de son école que par les étudiants, Jerry Tomberlin lance en riant que «la plupart de nos professeurs sont au minimum bilingues, mais pas nécessairement a ngla is/fra nçais! Nous offrons donc la possibilité d’étudier dans un environnement véritablement international, et ce, sans même sortir de Montréal».Il précise qu’environ 15 % de ses étudiants sont d’origine francophone, en provenance du Québec, de la France, d’ailleurs au Canada et à travers la francophonie.«On entend beaucoup parler français dans nos corridors, constate-t-il.Ces étudiants ont la possibilité de remettre leurs travaux et de passer leurs examens en français.Toutefois, peu le font parce ceux qui ont choisi d’étudier à John-Molson l’ont généralement fait justement parce qu’il s’agit d’une institution anglophone.Nous avons tout de même essayé d’offrir des cours en français, ajoute M.Tomberlin, mais il n’y a jamais beaucoup de marché pour cela.» L’école offre néanmoins des services d’accueil en français pour faciliter l’intégration des nouveaux étudiants francophones.Fondée pendant les années 1930, l’institution a longtemps été un phare pour l’importante communauté des affaires anglo-montréalaise.C’est en 2000 que la faculté du commerce et de l’administration de l’université Concordia a pris le nom de John Molson, un homme d’affaires connu surtout pour sa bière.Toutefois, ce qu’on ignore souvent, c’est que ce Britannique est venu s’installer à Montréal en 1782 pour y jouer un rôle majeur au sein de la communauté des affaires qui naissait alors.Outre la célèbre brasserie qu’il a fondée, Molson a participé de façon déterminante à l’essor de l’industrie du transport et à celle du système bancaire canadien.L’école de gestion John-Molson s’est ouverte au fait français particulièrement à partir de 1996, avec la création du programme «Le Grand Saut» qui visait à accroître le nombre d’étudiants francophones.Jerry Tomberlin précise que son institution désire toujours mieux se faire connaître de la communauté francophone «parce que l’un de nos principaux buts consiste à servir de pont entre la communauté francophone et le monde anglophone d’Amérique du Nord.un pont utilisé dans les deux sens», précise-t-il.25 ANS Premiers au Canada Nos professeurs se sont placés au premier rang au Canada, lors de l'édition 2004 du concours de la Fondation canadienne pour l'innovation, en obtenant plus de 150 millions de dollars pour des équipements de recherche.En présentant des projets stratégiques pour notre avenir collectif, nos chercheurs confirment leur place parmi les meilleurs.Nous tenons à remercier la Fondation canadienne pour l'innovation, le gouvernement du Québec et nos partenaires de leur soutien à la recherche.Voici nos projets : Plateforme biotechnologique pour l'étude de maladies humaines Intégration de la qualité de l'environnement et de la production animale Institut de recherche en immunovirologie et cancérologie Laboratoire de neuropsychologie et cognition Chime combinatoire et synthèse axée sur la diversité Infrastructure sur les matériaux de pointe, les nanosciences et les nanotechnologies Centre de recherche sur le diabète de Montréal : de la biologie aux nouvelles thérapies Laboratoire national de suivi des réponses immunitaires aux vaccins préventifs et thérapeutiques Centre de recherche, développement et validation des technologies.et procédés de traitement des eaux Infrastructure de recherche avancée en nanorobotique Laboratoire de fabrication intelligente des composites Laboratoire de calcul en finance et assurance Ü! CHUM CENTRE HOSPITALIER DE L'UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL HEC MONTREAL ÉCOLE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL & Université de Montréal ( LE DEVOIR, LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE AVRIL 200l RECHERCHE UNIVERSITAIRE g Faculté des sciences et de génie de riJniversité Laval Génie à la québécoise «La formation multidisciplinaire fera de meilleurs professionnels » D’entrée de jeu, le doyen de la faculté des sciences et de génie (FSG) de l’Université Laval, Jean Sérodes, tient à préciser que la faculté qu’il dirige depuis 18 mois est, à elle seule, «plus grosse que l’Université du Québec à Rimouski, plus grosse que l’Université du Québec à Chicoutimi, plus grosse que l’Université du Québec en Outaouais et plus grosse que l’université Bishop».THIERRY HAROUN Décrite statistiquement, la faculté des sciences et de génie de l’Université Laval, qui jouit d’une solide réputation sur la scène internationale, consiste en deux pavillons, 64 programmes de formation (dont 20 de baccalauréat, 15 de maîtrise et 14 de doctorat), 10 ententes avec les cégeps, 12 centres de recherche, plus d’une vingtaine de chaires de recherche, 4200 étudiants et 260 professeurs, pour un budget annuel de fonctionnement de 150 millions $, dont 62 millions $ sont voués à la recherche.Le nouveau doyen, Jean Sérodes, s’est fixé des objectifs clairs: contrer le décrochage scolaire, consolider les acquis, améliorer la qualité de l’enseignement et les services connexes, développer des programmes qui visent la pluridisciplinarité et assurer un financement adéquat •Une fois en poste, je me suis donné comme premier objectif de maintenir la position enviable de cette faculté.Elle est assise sur une base solide, il faut donc consolider les acquis qui fonctionnent bien tout en ajoutant des choses qui permettront d’améliorer sa position ou, au pire, de la maintenir.» Jean Sérodes se méfie cependant de la baisse démographique comme de la peste.•Le système de financement par “tête de pipe” au Québec fait en sorte que tout le monde est en concurrence avec tout le monde, ce qui entraîne une course à l’effectif étudiant.Et si on ajoute à cela la baisse démographique, conjuguée à un certain désintérêt chez les jeunes pour les sciences, on va faire face à une décroissance de la clientèle.» Recherche et décrochage Le vice-doyen à la recherche et au développement de la FSG, Paul Fortiër, souligne de son côté le manque d’intérêt pour la recherche chez les jeunes.«Chez les étudiants inscrits au bac, il ne semble pas y avoir un intérêt prononcé de poursuivre leurs études au niveau de la maîtrise ou du doctorat.Et c’est une tendance qui existe dans toute l’Amérique du Nord.» Ainsi, Paul Fortier s’est donné comme priorité de sensibiliser les étudiants à l’importance de la recherche parce que «plus on est spécialisé, meilleurs sont les types d’emploi qui s’offrent».Bien que le taux de «diploma-tion» des étudiants de premier cycle de la FSG soit de 80 %, l’un des plus élevés au Québec, Jean Sérodes se dit tout de même conscient du décrochage scolaire qui prévaut dans son institution: «Le décrochage scolaire dans les universités, ça existe, mais on en parle peu» dans le secteur de l’éducation et dans les médias, soutient-il.Pour pallier ce problème, la faculté a mis à la disposition des élèves en difficulté des services destinés à la réussite scolaire ainsi que des programmes d’intégration à la vie étudiante pour les élèves provenant de l’étranger et des régions éloignées.«£f à l’automne, on compte mettre en place un programme de détection précoce afin de réorienter certains élèves.» Le doyen fait également remarquer que seulement 72 % des stages offerts par la FSG trouvent preneurs.«Dans notre cas, l’offre dépasse la demande.Les gens pensent que les stages, il n’y en a qu’à Sherbrooke.Je m’excuse, mais il y en a pratiquement dans toutes les universités!» Place aux femmes Parmi la panoplie de chaires de recherche rattachées à la FSG (étude des écosystèmes aquatiques, prédiction de la durée de vie des infrastructures en béton, théorie spectrale, cosmologique théorique et numérique, pour ne nommer que celles-là), la Chaire CRSNG/Alcan se démarque du lot Cette chaire, établie en 1997, a notamment pour mission d’encourager la participation des femmes aux sciences et au génie en menant des actions de sensibilisation auprès des étudiantes du niveau secon- SOURCE UNIVERSITÉ LAVAL Le doyen de la faculté des sciences et de génie (FSG) de l’Université Lavai, Jean Sérodes.daire.Il n’existe au Québec qu’une seule autre chaire du même type, soit la Chaire Ma-rianne-Mareschal de l'École polytechnique de Montréal.•Vous savez, les programmes en génie sont probablement les derniers bastions réservés aux hommes en termes de clientèle étudiante.Ce sont les endroits qui résistent le plus à l’arrivée des femmes.Par contre, poursuit le doyen, en sciences, elles sont majoritaires.» A la FSG, les femmes ne représentent que 20 % des élèves inscrits aux programmes de génie.Une faculté singulière Comme son nom l’indique, la FSG se distingue d’autres facultés universitaires en ce qu’elle télescope en son sein les sciences et le génie.Un net avantage, selon la direction: •On se démarque nettement car, au Québec, les sciences sont souvent seules ou rattachées aux arts, et quant aux programmes de génie, ils sont généralement seuls», explique M.Sérodes.Du même avis, Paul Fortier se fait plus précis: •C’est notre carte de visite quand on rencontre des industriels.L’esprit de notre faculté nous permet d’obtenir par exemple une collaboration étroite entre chimistes et ingénieurs chimistes, entre physiciens et ingénieurs électriciens, ou encore d’allier la géologie et le génie géologique.» Chose certaine, cette façon de voir les choses s’inscrit parfaite- ur im monde en ÉVOLUTION Lo science en ACTION JL>o Plus que des recherches ment dans l’esprit des nouveaux programmes multidisciplinaires de la FSG.La direction s'est engagée à privilégier, en tenues de développement, des créneaux reliés aux problèmes anticipés du siècle présent (gestion de l’eau, aspects technologiques des changements climatiques) de même qu’à ceux alliant les sciences et le secteur biomédical (biophotonique, biomatériaux et gènomique-protéomique, etc.) •A terme, la formation multidisciplinaire fera de meilleurs professionnels», croit Jean Sérodes.Pôles d’excellence Douze centres de recherche sont associés à la faculté des sciences et de génie, parmi lesquels le Centre d’études nordique, le Centre de recherche en sciences et ingénierie des macromolécules, le Centre interuniversitaire de recherche sur le saumon de l’Atlantique, le Groupe de recherche en écologie buccale, l’Observatoire du mont Mégantic et le Centre d’optique, photonique, laser (COPL).Paul^ Fortier considère le COPL comme l’un des fleurons de l'institution.Ce centre regroupe 25 professeurs de diverses disciplines, 15 chea'heurs et stagiaires postdoctoraux et plus de 125 étudiants.Le COPL aura d’ailleurs son propre pavillon en 2(X)6.Le coût du projet est estimé à 45 millions de dollars.Ce tout nouveau pavillon, qui sera à la fine pointe de la technologie, devrait accueillir une équipe de 300 personnes.En outre, la FSG participe activement aux travaux du Groupe interinstitutionnel de recherche Québec-Océans et collabore aussi aux recherches de l’Étude internationale du plateau arctique canadien (CASES).Jean Sérodes insiste pour dire que le volet international de la ÉSG est un maillon important dans la formation des étudiants.•Nous avons signé des ententes avec une centaine d'établissements au cours des dernières années», lance-t-il fièrement.Par exemple, l’an dernier la faculté a notamment signé deux ententes institutionnelles, la première avec l’université de Florence et la deuxième avec le Laboratoire central des ponts et chaussées de Paris.Ces accords-cadres impliquent les départements de génie civil et ceux des mines, de la métallurgie et des matériaux.Notons également que, depuis deux ans, la FSG bénéficie d’une entente de coopération avec l’Institut polytechnique privé de Casablanca.Cette collaboration permet aux étudiants marocains de terminer leur formation à l’Université Laval et ainsi d’obtenir un diplôme de cette institd-tion bien québécoise.Expo-sciences Du 15 au 18 avril, le pavillon Alphonse-Desjardins de l’Université Laval sera l’hôte de la Super Expo-sciences Bell, finale québécoise 2004.Cette manifestation scientifique d’envergure, qui se déroulera sous l’angle de l’expérimentation, de la conception et de la vulgarisation, présentera 95 projets scientifiques de plus de 150 jeimes provenant de toutes les régions du Québec.Deux généticiens de renommée mondiale présentent les enjeux scientifiques de l’heure.Conférences dans le cadre du congrès de l’Acfas Science, progrès et société Axel Kahn Directeur Institut Cochin de génétique moléculaire Les biothechnologies joueront un rôle important dans la vie quotidienne des gens, notamment dans la productivité agricole et dans le traitement du SIDA.Les rapports entre la communauté scientifique et la société devront faire l’objet de réflexions partagées.Optimiste éclairé, Axel Kahn croit que le « généticien citoyen » doit veiller à ce que jamais la science ne puisse porter atteinte à la dignité de la personne humaine.Les maladies infectieuses dans le monde : science et mauvaise conscience de rOccident Philippe Kourllsky Directeur général de l’Institut Pasteur Professeur au Collège de France À la tête d’un des grands réseaux mondiaux de recherche, Philippe Kourilsky déplore le fait que la mortalité causée par les maladies infectieuses se concentre à 95 % dans les pays du Tiers-Monde.La difficulté d’accès aux médicaments et vaccins interpelle aussi bien la science que la conscience des pays développés.Des solutions L’Institut national de la recherche scientifique (INRS), un réseau de centres de recherche de premier plan, contribue à l’avancement des connaissances et à la formation de chercheurs dans des domaines de haute priorité scientifique et technologique.Fort d’une expertise qui combine le génie, les sciences naturelles, les sciences biomédicales et les sciences sociales, l’INRS agit là où le sollicitent les enjeux collectifs: :: Changements climatiques : impacts et adapation :: Gestion des ressources et des risques environnementaux :: Applications photoniques et biomédicales de technologies laser :: Microfabrication, nanofabrication et communications sans fil Le lundi 10 mai 2004 à 17 h 30 Salle Marie-Gérin-Lajoie Pavillon Judith-Jasmin Université du Québec à Montréal 405, rue Sainte-Catherine Est Métro Berri-UQAM Entrée libre, renseignements : Secrétariat du congrès* (514) 987-0047, robert.diane@uqam.ca Le jeudi 13 mai à 17 h 30 Studio-théâtre Alfred-Laliberté (J-M400) Pavillon Judith-Jasmin Université du Québec à Montréal 405, rue Sainte-Catherine Est Métro Berri-UQAM :: Étude des problèmes de contamination et de leurs effets sur la santé :: Élaboration de vaccins et de médicaments :: Analyse de tendances économiques et démographiques :: Étude de phénomènes sociaux, culturels, urbains et régionaux Avec un taux de placement très élevé de ses étudiants de 2' et de 3' cycle, l’Institut contribue également à doter le Québec d’une main-d’œuvre de haut niveau.72e CONGRÈS DE L’ACFAS LA SOCIÉTÉ DES SAVOIRS Rv 10 M 14 mX no* « rvOM Consulat général de France A Québec ¦¦ AltûCIMlon francophone U pourleuvolr ç T Université du Québec Institut national de la recherche scientifique Téléphone: (418) 654-2500 www.inrs.uquebec.ca t i LE DEVOIR, LES SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 AVRIL 2 0 0 4 RECHERCHE UNIVERSITAIRE Université de Sherbrooke Observer l’état du monde «L’économie est la porte d’entrée du développement durable» La protection de l’environnement est aujourd’hui une notion connue de tous, enfants comme grands-parents.Le développement durable, par contre, est un concept parfois plus difficile à saisir parce que plus englobant que la simple protection de l’environnement.PIERRE VALLÉE T * économie est la porte d’en-" JU trée du développement durable», avance Olivier Thomas, directeur de l’Observatoire de l’environnement et du développement durable de l’Université de Sherbrooke.Pour illustrer son propos, il se sert d’un exemple a contrario.«Faire travailler des enfants à la récolte du café pour un salaire de famine est l’exemple parfait de ce que n’est pas le développement durable.» Selon Olivier Thomas, l’environnement, et à plus forte raison le développement durable, ne peuvent se limiter qu’à la seule protection de la nature.«L’environnement comprend le milieu naturel, mais il comprend aussi le milieu urbain, là où la grande majorité des êtres humains travaillent et vivent.Et il ne faut pas oublier qu’au centre de l’environnement il y a l’homme, qui peut être à la fois l'agresseur et la victime.» L’Observatoire de l’environnement Devant la complexité des problèmes reliés à l’environnement et au développement durable, Olivier Thomas croit que l’approche la plus prometteuse réside dans la transdisciplinarité.C’est exactement cette approche qu’adopte l’Observatoire de l’environnement et du développement durable de l’Université de Sherbrooke.L’observatoire regroupe près de 200 personnes, dont 80 professeurs provenant de disciplines aussi diverses que le génie, la chimie, la physique, la géographie, l’écologie, la biologie, le droit, l’économie, l’éducation, la médecine, la sociologie et l’administration.Un point commun les réunit tous: les travaux de recherche portent sur l’environnement et le développement durable.L’observatoire ne fonctionne pas non plus en vase clos puisqu’il compte plusieurs partenaires privés et institutionnels, dont notamment l’université Bishop.«Nous souhaitons établir le regroupement le plus large possible, explique M.Thomas, parce que nous croyons qu’ensemble, nous serons plus forts.Une des missions de l’observatoire est de devenir une référence dans le domaine de l'environnement et du développement durable.Déjà, nous sommes à tisser des liens avec les autres universités québécoises.» Parmi les autres missions de l’observatoire, il y a bien sûr celle d’effectuer des travaux de recherche universitaires dans le domaine de l’environnement et du développement durable.«Les travaux de recherche couvrent un large spectre allant des sciences Pures aux sciences humaines et sociales.» L’observatoire regroupe près de 200 personnes, dont 80 professeurs provenant de disciplines diverses Mais l’observatoire s’est doté aussi d’un côté pragmatique.Ainsi il a pour mandat de monter une banque de spécimens environnementaux, constituée de sols, de végétaux et de sédiments, qu’elle mettra à la disposition des chercheurs.«Il ne faut pas oublier non plus la fonction d’observatoire, qui est justement d’observer.Une de nos fonctions consiste à collecter et à diffuser ce que nous appelons les success stories du domaine de l’environnement.» Olivier Thomas souhaite aussi que l’observatoire agisse en tant que guichet unique dans le domaine de l’environnement et du développement durable.«Un endroit où l’on peut se présenter avec une question et obtenir la réponse.» La recherche scientifique On aura compris que, la recherche scientifique effectuée à l’observatoire étant de nature transdisciplinaire, elle couvre donc de nombreux de champs École de Gestion John-Molson Portrait d'une réussite ï L’École de gestion John-Molson au sommet des palmarès internationaux! • L’École de gestion John-Molson figure parmi les 100 meilleures écoles de gestion du monde -The Wall Street Journal • Le MBA pour gens d’affaires (Executive MBA) est 40e au classement mondial - The Financial Times of London — parmi les trois meilleurs du Canada • Le MBA John-Molson est 96e au classement mondial - The Economist - parmi les cinq meilleurs du Canada • Le MBA John-Molson est 18' au classement mondial des écoles non américaines - Forbes Magazine — seule, cinq école de gestion canadienne figurent à ce palmarès.www.johnmoIson.concordia.ca École de gestion John-Molson \ t Université Concordia de recherche et implique plusieurs disciplines.«La recherche est regroupée autour de trois pôles: les sciences de l’environnement, les industries et les technologies, et la société.» On a aussi établi six axes de recherche précis qui sont: la compréhension, le suivi et l’intégrité des écosystèmes terrestres; la gestion intégrée de l’eau; les changements dans l’environnement; les'inno-vations et les technologies, risques et impacts; la gestion intégrée des résidus; et, finalement, la gestion de l’énergie et le développement durable.Les sujets des projets de recherche effectués à l’observatoire sont très variés.Mentionnons, entre autres, un projet qui se penche sur les problèmes liés à la gouvernance de l’eau.«Ce projet cherche à comprendre en quoi la transdisciplinarité peut être un outil de gestion de l’eau.Est-il possible de mettre en place un système capable de prévoir les éventuels conflits entre les différents usagers de l’eau et ainsi d'éviter les chicanes?» Un autre projet se penche sur les biopesticides.Ici, il s’agit de valoriser les éléments naturels afin d’éviter l’utilisation de produits de synthèse.«On a aussi plusieurs projets qui se situent dans le cadre de ce qu’on appelle maintenant la chimie verte ou la chimie douce.Par exemple, comment peut-on améliorer les procédés de fabrication afin d’économiser l’énergie et de diminuer l’utilisation de solvants?» Observatoire et Francophonie Le prochain Sommet de la Francophonie se tiendra au mois de novembre prochain à Ouagadougou, au Burkina Faso, sous le thème de «La Francophonie et le développement durable».Nulle surprise, donc, d’apprendre qu’Olivier Thomas et ses collègues de l’observatoire y participeront «Un des enjeux du Sommet de la Francophonie est de comprendre comment pas-fortainc ser la politique à la w pratique dans le domai- industriels ne développement durable.De plus, cette commencent réunion nous permettra de faire un état des à prendre lieux depuis le Sommet de Rio.» le Virage vert Deux des ateliers intéressent plus particulièrement Olivier Thomas: celui portant sur l’éducation, la formation et l’enseignement supérieur, et celui concernant les stratégies du développement durable.«Le développement durable est une question de culture, donc par conséquent d’éducation.Il faut être en mesure de former de futurs citoyens qui adhéreront pleinement à l’idée du développement durable.» Quant aux stratégies de développement durable, Olivier Thomas croit qu’une des stratégies gagnantes consiste «à mettre côte à côte de petits exemples de réussite qui, une fois réunis, donnent l’exemple de l’efficacité du développement durable».Même s’il croit que le développement durable ne préoccupe pas encore assez les gens, il demeure optimiste puisqu’il constate que «de plus en plus de personnes commencent à en prendre conscience au quotidien».Il donne en exemple certains industriels qui commencent à prendre le virage vert: «Ils ont été pointés du doigt parce qu’ils étaient des pollueurs et aujourd’hui, ils cherchent à améliorer leur image en adoptant des pratiques plus propres.Au fond, c’est une question d’argent.De plus, en faisant autrement, ils réalisent qu’ils font même des gains.» Une autre preuve que l’économie est vraiment au cœur du développement durable.J\ ous brillons par nos recherches Des expédihons dans I’ \r
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