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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2008-05-10, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 MAI 2 0 0 S y in m Pour qui souffle lèvent?Le dévoilement cette semaine du plus important appel d’offres dans le secteur éolien jamais réalisé en Amérique du Nord n’a pas fait que des heureux.Les adversaires de quelques projets honnis ont obtenu une forte couverture’ médiatique.Mais la déception des communautés évincées et la baffe collective infligée au Québec traduit l’improvisation d’une politique conçue d’abord comme une sorte de «BS» pour une ingénierie énergétique en pleine redéfinition.LOUIS-GILLES FRANCŒUR Personne n'a relevé cette semaine à quel point le Québec s’est collé dans le front une étiquette de colonisé en matière d’énergie.En effet, .c’est une sodété d’État française, la filiale EDF Energies renouvelables de la grande société d’Etat Electricité de France (EDF), qui va venir produire le plus gros volume d’électricité éolienne ici, au Québec, et vendre cette énergie à notre propre société d'Etat, Hydro-Québec, laquelle serait incapable et pas encore prête à en faire autant Personne ne s’est rendu compte à quel point il est invraisemblable qu’Hydro-Québec, qui est aussi puissante sur le plan économique qu’EDF, n’ait pas pu s’entendre avec un turbinier international pour produire elle-même cette énergie et empocher les milliards en bénéfices de cette production plutôt que de se contenter de distribuer cette énergie à petits profits.EDF confie ici le projet qu’elle finance principalement à une de nos plus petites sociétés québécoises du domaine de l’énergie, Hydrogéna, laquelle, malgré ses qualités, n’a certainement pas une expérience de gestion de La politique de Québec favorise les grandes forces économiques et exclut les Cette position idéologique, qui est devenue un dogme au sein du ministère des Richesses naturelles et de la Faune, explique que Québec ait misé jusqu’ici sur deux grands appels d’offres pour développer l’éoKen, un premier de 1000 MW en Gaspésie en 2003 et un deuxième de 2000 MW dont les projets pouvaient être situés partout au Québec à condition d’offrir un contenu québécois de 60 % et un contenu gaspésien de 30 %, question d’assurer la survie des entreprises créées autour du premier appel d’offres.Cette-stratégie, élaborée en l’absence de tout débat public sur les enjeux et les priorités sociales et politiques, privilégie automatiquement les grandes enfre-prises, celles qui ont les reins solides et qui sont capables de mobiliser un grand turbinier international, lequel ne s'intéressera qu’aux gros projets.Et c’est ce qui ressort de cet appel d’offres, qui demeure décevant même s’il place le Québec parmi les gros producteurs d’éolien en Amérique.Des dizaines de petites communautés, de municipalités et de coopératives ont investi des dizaines de milliers de dollars pour préparer des projets avec «leurs» vents.Mais elles n’étaient pas de taille et plusieurs, ainsi que des centaines de personnes qui y ont investi une partie de leurs économies UU AV-* S 1 1V.A4V.V.VIV.VJ V« » J VSJLV A1ATV.WW V*»* v, V- av.ids projets équivalente à celle de la so- communautés pour développer leur région, vont perdre beaucoup d’argent Un beau ressac contre l’éolien de la part Aucune raison économique, technique ou politique n’empêchait Hydro-Québec Production de se mettre sur les rangs avec ses propres projets dans le cadre d’un tel appel d’offres.Elle aurait pu le faire, comme EDF, par l’entremise d’une filiale spécialisée, ce qui lui aurait perrras de ramasser les fonds fédéraux octroyés à l'éolien et d’obtenir des prix aussi bqs que ceux des entrepreneurs privés.Ce qu’une sodété d’Etat d’outre-AÜantique peut faire id avec des consultants québécois, HydroQuébec pouvait le faire.Pourquoi ?La seule raison qui puisse ultimement expliquer le refus de Québec de lancer sa première société d’Etat dans un développement planifié de l’éolien, c’est d’abord et avant tout une position idéologique, soit ce pari en faveur du privé, le même qui lui fait préférer des PPP à l’expertise de ses propres services, dont l’expertise dépasse pourtant souvent celle du privé, comme en santé et en transports.d’un gouvernement qui veut le développer! Québec a réservé une petite tranche de 500 MW pour les petits projets pilotés par ces communautés, qui fera l’objet d’un appel prochain de propositions.Mais c’est un prix de consolation destiné à faire oublier aux forces locales que le gros du gâteau a été bouffé par les grands intérêts économiques et, à la collectivité, qu’elle perd les milliards en profits générés par cette production.La solution de rechange En mettant en place un système d’appel d’offres, Québec favorisait forcément les grandes forces économiques et excluait en douce, mais inéluctablement, les communautés qui vont devoir vivre avec ces projets, une injustice sociale qu’il aurait pu éviter en adoptant plutôt le système européen.VOIR PAGE C 3: ÉOLIEN i' 'î \ EïmCWImJI /.V S./’ A •f ' ri K A/ y J T ¦Mf* >« ?:-V ( 2 L E DEVOIR.I.E S S A MED! 10 ET D I M A \ CHE 11 MAI 2 0 0 K PERSPECTIVES ____________ Gil Courtemanche Le nouveau Kennedy Le monde entier attend avec impatience que l’année se termine, certain qu’il est presque que les Américains vont, non seulement se donner un nouveau président, mais que celui-ci sera démocrate et peut-être jeune et noir.L'espoir que suscite le sénateur de l’Illinois, Barack Obama, ressemble un peu à l’attente du Messie.Quand les fjens s’installent dans le fauteuil de l’espoir et du rêve, ils ont aussi tendance à invoquer des person-nages plus légendaires que réels, comme John Kennedy dont le charme et la jeunesse ont créé un mythe.Kennedy fut pourtant un président plutôt ordinaire, à qui on doit le renforcement de la guerre froide, la baie des Cochons et le début de l’embourbement américain au Vietnam, les grandes réussites dont on le crédite — les droits civils et la guerre contre la pauvreté — furent le fait de son successeur, Lyndon Johnson.Mais quels ravages historiques ne font pas le charme, la jeunesse, l’élégance, la beauté de sa femme et celle de sa maîtresse présumée.Kennedy est devenu une star de l’imaginaire collectif occidental.Peu importe les faits, Kennedy signifie rupture avec le passé.Mais quel passé, celui du style ou de la politique?la comparaison apparut rapidement Obama est le nouveau Kennedy.Jeune, charmant bien éduqué, charismatique, il possède le sens de la formule et du slogan.Comme Kennedy, il parle d’espoir et de rêve.Dans les discours de Kennedy, on entendait beaucoup les mots «rêve» et «espoir», «changement» et «engagement».Dans les discours d’Obama reviennent les mêmes invocations, qui ressemblent parfois à des trucs de preachers dans une église baptiste.Pourtant, les deux hommes sont foncièrement différents, et dans leurs origines et dans leurs parcours.Kennedy est un fils à papa, lequel finance son ascension politique.Il fait partie d’un clan quasi aristocratique.Quand il commence en politique, il n’a jamais travaillé vraiment et n’a jamais rencontré un pauvre de sa vie.Obama vient d’une famille modeste, est admis à Harvard parce qu’il est brillant.11 enseigne le droit constitutionnel, travaille pour les défavorisés de Chicago.Tout comme en 19fi0 les progressistes occidentaux souhaitaient la victoire du jeune Kennedy, une sorte de beaujolais nouveau, sur le représentant de l’establishment, le vice-président Nixon, la gauche partout dans le monde souhaite l’avènement d’Obama et sa victoire sur la monotone et très affairiste Hillary Clinton.On dirait la même opposition: le charme et la jeunesse contre la carriériste membre de l'establishment ?Imaginons qu’Obama soit presque Kennedy et que Clinton ne soit pas totalement Nixon.Imaginons qu’Obama ne serve pas de thérapie collective aux Américains pour affirmer que leur société n’est plus raciste et que Hillary soit la femme de personne, seulement une femme en politique.Sur quoi se fonderait-on pour préférer l’un à l’autre?Sur leur style, bien sûr, mais finalement sur leur programme.L’imaginaire collectif place solidement Obama dans le camp du progrès et du renouvellement alors qu’il considère Clinton comme faisant partie du pouvoir établi, de la continuité.Il incarne, comme Sarkozy, la rupture; elle symbolise une sorte de pérennité de la politique de Washington.Ce n’est pas si simple.On cite invariablement le vote courageux et pratiquement solitaire du sénateur de l'Illinois contre la guerre en Irak en l'opposant à l’acceptation sans réserve de l’invasion illégale par la femmç de Bill.Mais que proposent les deux pour l'avenir?A peu près les mêmes modalités de retrait, une offensive diplomatique régionale et un effort de réconciliation.Pour être honnête, disons que le calendrier de retrait proposé par Obama est plus précis et plus contraignant.fi faut donc chercher ailleurs des raisons progressistes d’appuyer l’un plutôt que l'autre.Obama est opposé à la peine de mort et Clinton y est favorable.Mais depuis qu’il est en campagne, Obama évite le sujet.l e contr ôle des armes?Après la fusillade à Northern Illinois, les deux candidats ont réagi de la même manière.Il faut mieux appliquer les contrôles qui existent déjà.Pas question de s’opposer à la libre circulation des armes à feu.A propos de la crise économique.Clinton parle d’équilibre budgétaire (il faut respecter le mari), mais tous les deux proposent en gros les mêmes remèdes.Les deux sont d’accord pour annuler les réductions d'impôt scandaleuses accordées par Bush aux riches: Clinton parle un peu plus de la classe moyenne et Obama, un peu plus des pauvres.Il faut quand même penser à sa clientèle naturelle.Obama incarne peut-être le changement dans le domaine de la santé.Oui, un peu.Mais Clinton aussi.Tous deux proposent des mesures pour que les cinquante millions d'Américains qui ne possèdent aucune assurance maladie puissent dorénavant être protèges.Le programme de Clinton recourt plus à l’Etat que celui d’Obama mais, au bout du compte, ni l’un ni l'autre n’évoquent un régime universel public d'assurance maladie.Leurs formules complexes d'accès à l’assurance assurent la pérennité subventionnée par l'Etat des assureurs privés.Sur l'environnement, ils partagent les mêmes vues, de même que sur l’immigration illégale.Finalement, Obama est peut-être le progressiste parce qu'il est noir, qu'il est jeune et qu'il n’est pas riche.Et Clinton est peut-être la conservatrice parce que son mari fut président des Etats-Unis.C’est un peu comme si le monde souhaitait plus un changement de style et d’allure que de substance et de réalité.Tout cela repose sur presque rien.Un sourire chaleureux ou un tailleur mal coupé.Car l’un et l’autre sont pareils.Collaborateur du Det'oir STI-VF rnPAOtX KKITFRS YANNIS BEHRAKIS REUTERS Ce jeune Israélien a célébré à sa façon le 60e anniversaire de la création d’Israël ISRAEL 60 ans plus tard.Derrière les célébrations officielles, le moral n’y est pas FRANÇOIS SERGENT Jérusalem — Les drapeaux blanc et bleu frappés de l’étoile de David flottent au vent en Israël.Sur tous les bâtiments publics, sur les automitrailleuses rouillées gardées en souvenir de la guerre de 1948, sur les voitures et les bus.Dans Tes parcs et sur les plages, tous les Israéliens ont célébré jeudi le 60 anniversaire de leur jeune Etat et de leur ancien pays avec de traditionnels barbecues.Après l’anniversaire de la Shoah il y a une semaine, après l’hommage aux morts de toutes les guerres d’Israël rendu aujourd’hui, la fête de l’Indépendance vient comme une,délivrance.Le gouvernement d’Ehoud Olmert, en mal de légitimité, a prévu d’imposantes célébrations, de grandes fêtes et des concerts gratuits, couronnés par les visites de George W.Bush puis de Nicolas Sarkozy à la fin de juin.Malgré tous ces efforts, le moral n’y est quand même pas.«Le gouvernement veut dicter nos fêtes, mais il y a un doute, une interrogation sur l’existence même de l'État, analyse Daniel Bensimon, chroniqueur politique au quotidien de gauche Haaretz, l’impression que.60 ans plus tard, les menaces s'aggravent; on se demande jusqu’à quand cela va durer de ne pas être acceptés.» Preuve de ses doutes qui vont au cœur de l’identité juive marquée par les persécutions et la Shoah, nombre d’Israéliens demandent des passeports étrangers, de préférence américains.Mais également, bizarre ironie de l’histoire, allemands et polonais.«C’est comme si la valiser était toujours là, comme si la création d’un État n'avait pas mis fin à notre sentiment d’être toujours des survivants», poursuit Bensimon.Rien n’y fait.Ni l’économie follement prospère même si elle est très inégalitaire ni l’armée la plus puissante de la région.«Les Israéliens quittent les zones frontalières, notamment le Sud, pour venir vivre dans le centre.Le développement de la Galilée, au nord, est stoppé.Depuis les attentats de la deuxième intifada, des dizaines de milliers de juifs ont quitté Jérusalem», explique une Israélienne qui réside dans la capitale.«C’est un échec des deux idéologies dominantes, analyse Bensimon.La politique de la force de la droite et du Grand Israël n’a pas marché, pas plus que celle du dialogue et du partage des terres de la gauche.» Les deux intifadas, les attentats dans les villes israéliennes et l’échec de la dernière guerre au Liban expliquent ce malaise.L’Iran et son programme nucléaire n'a fait qu’accentuer ces peurs existentielles, que le premier ministre Olmert, affaibli par des accusations répétées de corruption, utilise et attise.De l’autre côté, dans un cruel jeu de miroir, la dépression et la désolation habitent la popu- lation palestinienne.«Ça n'a jamais été aussi sombre, sans espoir, sans visibilité, sans avenir», raconte Mohamed Shaheen, un Palestinien modéré, doyen à l’Université d’Al Qods, qui subit à Ramallah l’occupation israélienne.«Nous vivons la Naqba (NDLR: la catastrophe) sans fin, nous n’avons aucune maîtrise de nos vies.» L’Autorité palestinienne n’existe plus, même en Cisjordanie où la société est totalement disloquée et où le Hamas prend de plus en plus d'influence.«Pratiquement toutes mes étudiantes sont voilées, les chrétiens s’en vont, ainsi que les Palestiniens les plus ouverts sur le monde.Cette diversité de la population était une caractéristique essentielle de la culture palestinienne, et nous sommes en train de la perdre», dit le professeur.La situation économique à Ramallah et dans toutes les villes palestiniennes victimes des blocus israéliens empire.Les colonies envahissantes ont morcelé Ja Cisjordanie, qui ne paraît plus comme un Etat viable.Gaza est dans une situation encore pire: une prison pour un million et demi de Palestiniens.Et personne n’a le moindre espoir, ni d’un côté ni de l’autre, dans le «processus de paix», totalement bloqué.«Le conflit nous enferme tous, nous les Palestiniens comme les Israéliens, poursuit Mohamed Shaheen.Nous sommes dans la rivalité des victimes, nous vivons chacun dans notre traumatisme.» Libération « On se demande jusqu’à quand cela va durer de ne pas être acceptés » L’inaccessible paix Les populations israéliennes et palestiniennes en ont marre de la guerre étemelle et veulent une entente KHALED AL-HARIRI REUTERS Les dirigeants du Hamas ont souligné hier la création d’Israël.ir___ CLAUDE LÉVESQUE George W.Bush atterrira au Proche-Orient dans quelques jours.Ce sera son deuxiè me voyage cette année dans une région où il n’avait pas mis les pieds pendant les sept premières années de sa présidence.Inrs de son précédent séjour en «Terre sainte», en janvier, Û avait évoqué l’objectif — ou formulé le souhait — de voir un traité de paix se conclure entre Israéliens et Palestiniens avant la fin de 2008.On aura compris que l’important, pour le président américain, n'est pas tant de voir le point final à soixante ans de conflits coihçider avec le 60 anniversaire de la création de l’État juif que de laisser en héritage, en matière de politique étrangè re, autre chose qu’un Irak en lambeaux.Depuis janvier, le président américain a cependant réduit ses attentes, parlant plutôt de «définir les contours» d’un futur État palestinien d’ici la fin de Tannée.Est-on plus proche d'ime solution globale au conflit israélo-arabe aujourd’hui qu'il y a 60 ans?«.Assurément», répond .Aaron David Miller, chercheur au Woodrow Wilson Center de Washington, qui en veut pour preuve les accords qui ont déjà été conclus avec l’Egypte et la Jordanie.«Nous sommes actuellement dans la phase la plus cruciale du processus, celle qui implique les Palestiniens et la Syrie», précise-t-il.Auteur d’un ouvrage intitulé The Much Too Promised Land: America's Elusive Search for Arab-lsraeli Peace, M.Miller a agi à titre dç conseiller auprès de plusieurs secrétaires d’Etat américains.A défaut d’un traité de paix, il croit «possible» qu'un «accord-cadre ou une déclaration de principe sur les principaux points en litige» puisse intervenir avant la fin de 2008.«Ce serait une avancée historique», affirme-t-il.Même si les «accords» et les «déclarations» se sont succédé depuis une quinzaine d'années, aucun ne contenait de solution concrète aux principaux points en litige: statut de Jérusalem et frontières, réfugiés et sécurité.Le professeur de science politique Henry Habib, de l’université Concordia, un spécialiste du monde arabe, est phis circonspect «Malheureusement.on n'est pas beaucoup plus prés d'un règlement qu'il y a 60 ans.Si on veut être optimistes.il y a quand même une chance parce que.avec l'expérience de 60 ans de malheurs, les deux parties ressentent une certaine fatigue.Les citoyens ordinaires en ont marre et les mentalités ont change.» Dans le dossier du Proche-Orient Washington a renoué, depuis un peu moins d’un an, avec l’activisme qui l'avait caractérisé sous d’autres présidences.Un activisme très visible, comme Ta montré en novembre dernier la tenue d'une conférence à Annapolis, dans le Maryland, et comme continuent d'en témoigner les fréquents sauts que la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice fait dans la region.Les attentes modestes de Washington reflètent sans doute le fait que les EtatsdJnis n’exercent plus dans la région la même influence qu’il y a une ou deux décennies.«Ce n 'est pas une histoire américaine.Nous sommes hors jeu», constate Aaron David Miller.«La partie se joue entre Abbas et Olmert d’une part et entre Abbas et le Hamas sous les auspices de TÉgypte d’autre part», précise-t-il.Et même si on remonte à l’époque dqs accords d'Oslo, dans les années 1990, les Etats-Unis n'étaient intervenus que tardivement dans le processus.«Les deux côtés ont lancé le processus sans l'aide de personne avec des rencontres secrètes.sans intermédiaire, à Oslo», rappelle le professeur Henry Habib.Après la conférence d’Annapolis, qui avait été boycottée par le Hamas Qe parti intégriste qui contrôle la bande de Gaza) mais à laquelle le monde arabe était très largement représenté.un dialogue s’est établi entre l’Autorité palestinienne dirigée par le parti Fatah du président Mahmoud Abbas et des responsables israéliens.Jusqu’ici, presque rien n’a filtré de ces pour- parlers qui se poursuivent toujours, mais les résultats concrets se résument pour le moment au démantèlement de quelques barrages routiers en Cisjordanie occupée.Le «mystère» entourant ces rencontres est d’autant plus difficile à percer que, dans ses déclarations à leur sujet le premier ministre israélien Ehoud Olmert fait habituellement état de progrès tandis que son vis-à-vis palestinien insiste plutôt sur le fossé qui sépare encore les deux parties.Ces dernières cherchent à s’entendre sur des gestes de bonne volonté ou des concessions susceptibles de créer la «confiance» réciproque et d’isoler les éléments les plus intransigeants des deux camps.Pourtant, signe évident de leur faiblesse, les deux leaders font à l’occasion des déclarations qui reflètent précisément les positions de ceux-ci: par exemple, Abbas reprenant la revendication du droit de retour des réfugiés et Olmert promettant de ne jamais céder certaines colonies de peuplement juif construites à Test de la ligne verte.Le conflit du Proche-Orient n’est pas celui qui a fait le plus de victimes, loin de là, mais il demeure l'un des plus discutés et des plus «couverts».Il se déroule dans une région stratégique, notamment par sa proximité des principaux gisements de pétrole du monde, où se sont développées — et affrontées — les trois religions monothéistes, qui sont toutes représentées en Occident Le Devoir Barack Obama LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 MAI 2 0 0 8 C 3 PERSPECTIVES Les amitiés de la France La visite en France de Michaëlle Jean illustre le changement de la politique française Michel David PHILIPPE WOJAZER REUTERS Michaëlle Jean a reçu un accueil princier cette semaine en France.— I ROBERT DUTRISAC Québec — C’est à une véritable réorientation de la politique de la France à l’endroit du Québec qu’on a assisté cette semaine.Une première manifestation: la République française reç.oit avec tous les égards réservés à un chef d’Etat de première importance la vice-reine du Canada, Michaëlle Jean.Puis, le président Nicolas Sarkozy déclare qu’il refuse désormais d'opposer ««os deux amitiés et nos deux fidélités» que sont le Canada et le Québec.On peut toujours prétendre que la France maintiendra des relations privilégiées avec le Québec, mais elles ne devront pas nuire à celles qui l’unissent au Canada.Selon le politologue Marc Chevrier, de l’UQAM, la nouvelle droite française qu’incarne Nicolas Sarkozy n’a plus d'«attaches fortes» avec le gaullisme, alors que c’est le gaullisme qui a façonné les relations entre le Québec et la France depuis la Révolution tranquille.«Dans l’entourage de Sarkozy, on fait affaire avec une nouvelle droite qui veut se démarquer de l’héritage gaullien, dont celui de Jacques Chirac.Ç’a d’énormes conséquences pour le Québec parce que la famille politique gaullienne, c’est celle qui connaissait le mieux le Québec.» Cette nouvelle classe politique française — tant à gauche qu’à droite, d’ailleurs — connaît donc mal le Québec.Mais il y a plus important: la France n’est plus celle des années 60 — celle du général de Gaulle — qui croyait encore être une puissance à l’échelle mondiale, qui croyait à son universalisme.Aujourd’hui, la France est dans un «entre-deux»: elle veut toujours projeter l’image d’une puissance indépendante, mais en même temps, elle est engagée, au sein de l’Union européenne, «dans un processus de fédéralisme gouvernemental qui réduit considérablement sa souveraineté», fait observer Marc Chevrier.«Beaucoup d’intellectuels français ne croient plus eux-mêmes, au fond, à la souveraineté française», estime l’universitaire.«La quête d’indépendance ou d’autonomie du Québec est évidemment lue sous un jour nouveau.» La légèreté de l'Elysée Christian Dufour, politologue à l’École nationale d’administration publique (ENAP), n’en revient tout simplement pas de la «légèreté» dont a fait preuve le gouvernement français en accueillant comme il l’a fait la gouver-neure générale du Canada, Michaëlle Jean, pour donner le coup d’envoi en France des festivités marquant le 400' anniversaire de la fondation de Québec.Il dénonce la «superficialité» de Nicolas Sarkozy.«Non seulement il déconstruit le “Vive le Québec libre!” du général de Gaulle, mais c’est la caution par la France — et ça, c’est gros — de la Conquête dans ses éléments négatifs.Autrement dit, la France nous laisse tomber une deuxième fois.» Selon lui, le gouvernement Cha-rest s’en est fait «passer une petite vite».Si, au contraire, il l’a voulu, c’est «une abdication irresponsable», juge Christian Dufour.La gouver-neure générale, c’est «la représentante de la reine d’Angleterre, c’est quand même l’incarnation de la Conquête.C’est ce qui reste comme symbole de la colonisation britannique», estime-t-il.«Dans une optique fédéraliste québécoise — celle de Benoît Pelletier, par exemple —, il y a quelque chose qui ne marche pas là-dedans parce que c’est une régression historique.» Marc Chevrier note que personne ne s’offusque en France que «la représentante de la reine du Canada soit conviée sur le sol de la République française à célébrer la fondation d’une colonie contre laquelle ladite couronne anglaise a guerroyé pendant très longtemps».Mais les Français, à l’instar de leur président — on l’a vu quand Nicolas Sarkozy a été reçu à Londres avec son épouse Caria Bruni —, semblent apprécier le faste monarchique.Le régime des relations France-Québec est bel et bien en train de changer.Dans le triangle France-Québec-Canada, «il y avait une asymétrie, il y avait une plus grande intensité dans les relations France-Québec», souligne Marc Chevrier.Un nouveau régime «A l’époque du gaullisme, la relation France-Québec avait une fonction émancipatrice.Le Québec s’est bien servi de cette relation pour s’émanciper de la tutelle fédérale canadienne, pour obtenir des gains à l'intérieur du pays ou des gains sur la scène internationale», rappelle-t-il.«Maintenant, on assiste à un nouveau régime: la relation France-Québec a une fonction de légitimation du statu quo.Cette relation, tout comme le rôle du Québec dans la Francophonie, devient un symbole selon lequel l’autonomie est faisable et que, donc, il n’y a plus d’émancipation à aller chercher; elle est réalisée.» Toute cela colle au discours qui s’impose de plus en plus en France, qui veut que «l’ère des souverainetés indépendantes et classiques est finie», fait remarquer M.Chevrier.En ce sens, le Canada s’impose comme modèle.«Ça renvoie aux Français une image idéalisée de ce que la France pourrait être à l’intérieur de l’Europe», fait-il valoir.«Cette idée qu’on pourrait être très autonome dans un cadre fédératif qui maintient l’unité économique et la politique étrangère, c’est une idée qui plaît à beaucoup de Français.» C’est un faux modèle, car le fédéralisme canadien est mal connu des Français, juge l’universitaire.«Mais tant et aussi longtemps qu’il y a un flou artistique qui règne sur ce modèle, il paraît séduisant.» Contre toute attente, «les conservateurs de Stephen Harper ont découvert que la France — qui, naturellement, n’était pas un objet de fascination pour les conservateurs de l’Ouest — pourrait devenir un allié utile sur le plan intérieur», c’est-à-dire dans leurs relations avec le Québec.D’autant plus que «l’autodétermination des peuples, professée par de Gaulle, ce n’est plus du tout sur l’écran radar du gouvernement français», estime Marc Chevrier.Le Devoir Les Français, à l’instar de leur président, semblent apprécier le faste monarchique EOLIEN La dette éteinte Par un malheureux concours de circonstances, la France a choisi le 400 anniversaire de son installation en terre d'Amérique pour larguer le Québec, mais les sentiments et la politique sont des choses différentes.Un autre que le président Sarkozy, qui n’a aucune affinité personnelle avec le Québec, sinon avec la famille Desmarais, y serait peut-être allé de façon moins brutale, mais la réalité demeure que la France n’a plus intérêt à soutenir un combat auquel les Québécois eux-mêmes semblent avoir renoncé.Bien avant M.Sarkozy, ce sont eux qui ont choisi le Canada, et ce, deux fois plutôt qu’une.Le PQ a maintenant renoncé à une troisième tentative et le premier ministre le plus fédéraliste de l’histoire du Québec moderne pourrait être investi d'un troisième mandat consécutif, ce qui constituerait une première depuis plus de 50 ims.A bord du DC-8 qui ramenait le général de Gaulle à Paris après sa visite de 11)67, le «directeur d'Amérique» au Quai d’Orsay, Jean-Daniel Jurgensen, lui avait dit: «Mon général, vous avec payé la dette de Lmis XV.» A chacun de ses arrêts sur le chemin du Roy, De Gaulle avait répété: «Ixi France a le devoir de vous aider II y a longtemps quelle vous doit quelque chose.Eh bien, la Franee veut vous rendre ce qu'elle vous doit.» Quarante ans plus tard, son successeur estime que la dette est éteinte.Ces choses-là ne se disent évidemment pas, mais une bonne partie de la classe politique française a été très déçue du manque d’audace des Québécois.Pour les soutenir, la France avait mis entre parenthèses son amitié pour un pays dont les soldats avaient contribué à sa libération, làiisque les Québécois préfèrent habiter une province canadienne, que peut-elle faire de plus?Dans les nombreux défis auxquels elle fait face, le Canada peut lui être beaucoup plus utile.Jean Charest Il est clair que le premier ministre Jean Charest n’a pas le beau rôle dans cette histoire, mais quel est ce rôle, exactement?Celui de l'amant négligé ou du cocu content?L’hypothèse selon laquelle il aurait été pris de court est à exclure totalement.Il y a des mois que les signaux d’un revirement de la politique française se multiplient.\ja subtilité n’est certainement pas la qualité maîtresse de M.Sarkozy.Fin sa qualité de premier ministre, M.Charest est en principe responsable des destinées de la nation québécoise, mais il ne faut pas oublier les circonstances dans lesquelles il s’est amené à Québec en 1998.Il voyait son avenir à Ottawa, et c’est au nom de ses devoirs envers le Canada qu’on l'a convaincu de venir bloquer la route aux séparatistes.Cela semble difficile à croire aujourd’hui, mais bien des gens croyaient sincèrement que Lucien Bouchard serait en mesure de tenir un référendum gagnant.Quand il engage le Québec dans la voie de l’énergie éolienne ou tente d’aménager un «nouvel espace de prospérité», M.Charest fait sans aucun doute ce qu’il croit être dans l’intérêt des Québécois, mais il est toujours le vice-président du NON qu’il était en 1995.Du point de vue de l’unité canadienne, le rapprochement entre Paris et Ottawa est une excellente ijouvelle.A la lumière de ses conversations avec M.Sarkozy, M.Charest a pu en arriver à la conclusion que ce rapprochement était inévitable, peu importe ce que lui-même en pensait.S’y opposer publiquement aurait eu pour effet d’accentuer le recul subi par le Québec, tandis que la conclusion d’accords de nature économique l’automne prochain permettra de sauver les apparences.S’il s’était rendu en France pour assister au lancement du 400', cela n’aurait rien enlevé à l’éclat avec lequel Michaëlle Jean a été reçue.Au contraire, le rabaissement du Québec, donl le premier ministre serait passé quasi inaperçu, aurait été encore plus humiliant.SUITE DE LA PAGE C 1 En Europe, plusieurs pays producteurs, comme l’Allemagne, la France ou l’Espagne, fixent par loi le prix pour l’électricité éolienne et obligent les distributeurs à acheter tout ce qui leur est proposé à ce prix.Avec une telle règle, Hydro-Québec Distribution devrait écarter d’autres sources d’approvisionnement au profit de cette énergie encore plus verte que l’hydroélectricité, ce que Québec et l’industrie ne veulent pas.Il peut arriver que l'énergie éolienne soit, dans ce système, un peu plus chère, mais c’est un prix qui correspond à la valeur accordée à la protection de l'environnement, un prix que les producteurs d’énergie devraient acquitter tout autant que les pollueurs.L’Ontario a choisi cette méthode du prix fixe et le Nouveau-Brunswick pourrait en faire autant à la suite de la consultation publique qu’il vient de lancer sur la filière éolienne.La force économique d’Hydro-Québec aurait d’ailleurs très bien pu être mise au service des régions intéressées à développer leur potentiel éolien.Il aurait suffi qu’elles créent des sociétés mixtes dans lesquelles Hydro-Québec aurait détenu des actions pour les aider à lancer des projets capables de générer des économies d'échelle.Cette règle pourrait s’appliquer sur tout le territoire municipalisé du Québec, ce qui susciterait des projets plus ajustés aux besoins et aux sensibilités de chaque milieu.Tout le contraire, en somme, de la politique actuelle où de gros projets concoctés sans concertation avec le milieu n’empruntent aux Pays-Bas que les gros sabots plutôt que leurs beaux moulins à vent Quant aux territoires non organisés, le développement de l’éolien devrait être réservé en exclusivité à Hydro-Québec, avec sous-traitance au privé, et planifié avec les mêmes perspectives de long terme que l’hydroélectricité.Qui s’y opposerait sinon ceux qui empochent actuellement les bénéfices?Aucune justification n’a été donnée, ni par Québec ni pas Hydro, pour expliquer qu’on laisse filer davantage les milliards de la rente éolienne dans les poches du secteur privé.Qu’il y ait eu 66 propositions totalisant plus de 7700 MW pour un appel d’offres de 2000 MW indique bien que la rentabilité est au rendez-vous.Des commentateurs et journalistes ont mis en doute cette semaine cette rentabilité de façon fort peu rigoureuse.On a comparé, par exemple, le coût marginal de l’éolien, à 10,5 ê du kWh, avec les 2,79 C des barrages construits il y a des décennies, et qu’on a fini de payer.On ne pouvait pas aller plus loin dans la désinformation.Or ce prix de 10,5 C du kWh, tout compris, est inférieur à celui de 10,92 C du kWh obtenu par Hydro-Québec dans son premier appel d’offres de 2005! Et déjà, à cette époque, le coût de revient des seuls kilowattheures (6,5 C) était inférieur à celui du Suroît alors évalué à 7,5 C, et comparable aux projets hydroélectriques sur les planches à dessin.Et c’est nettement en bas du contrat d’Hydro-Québec avec la centrale thermique de Bécancour, dont l’annulation temporaire va coûter des dizaines de millions sans qu'Hydro en retire un seul kilowatt On a aussi écrit que cette énergie sera vendue moins cher qu’elle ne coûte à Hydro-Québec.Mais c’est oublier qu'Hydro-Québec doit aussi faire face, d’ici 2015, à une augmentation de la demande interne, et cela a un coût marginal et non pas historique.C’est plutôt de bonne guerre de la part dHydro-Québec de miser sur le devancement des projets pour faire payer une partie de la facture par nos voisins, ce que le Québec fait depuis la Baie-James.Si, à la limite, cette nouvelle production coûtait un peu plus cher qu'un projet comme la Romaine — ce qui reste à démontrer —, l’éolien demeure néanmoins la meilleure solution dès qu’on procède à une intégration des coûts indirects ou sociaux, que tout calcul économique le moindrement rigoureux doit inclure.L’acceptabilité de la filière éolienne serait encore plus forte si Québec la développait davantage et autrement afin de pouvoir conserver pour les générations futures quelques-unes, à tout le moins, de nos dernières grandes rivières vierges, comme la Rupert, la Romaine ou la Nafashquan, dont personne ne chiffre jamais la perte.Tout comme un développement éolien pour et par les régions, avec l’appui financier d’Hydro-Québec, permettrait de consolider leur développement économique et technologique.Certes, il y aura toujours des gens mécontents de voir les grandes tours blanches dans leur champ de vision.Mais toute la question est de savoir s’il s'agit d’une portion marginale de la population ou d’un refus massif.Rien n’est moins clair pour l’instant Une chose est certaine, toutefois, si le développement de l’éolien avait jusqu’ici été axé sur d’autres objectifs que la rentabilité de grandes entreprises privées et avait été axé prioritoirement sur le développement du Québec et de ses communautés locales, le niveau d’acceptabilité serait encore plus élevé que maintenant Et ce débat sur l'acceptabilité, il faudra non seulement le faire, mais aussi expliquer d’un point de vue sociologique pourquoi des groupes qui s’opposent à l’implantation d’éoliennes ne s’opposent pas avec la même virulence à la construction de condos massifs dans les plus beaux milieux naturels ou de grandes entreprises à proximité des habitations, ou encore à la pollution toxique qui gangrène les milieux agricoles.Il y a là un examen de conscience qu’il faudra faire avec rigueur si on prétend vouloir vraiment défendre l’intégrité de nos paysages contre les agresseurs visuels, sonores ou invisibles, comme les toxiques.Toute la question est de savoir si don Quichotte préfère s’en prendre aux moulins à vent plutôt qu'à des causes plus importantes de l’érosion de nos milieux de vie.Le Devoir L’appui de la France était déterminant dans la stratégie que Jacques Parizeau avait élaborée pour obtenir la reconnaissance de la communauté internationale au lendemain d’une victoire du OUI en 1995.L’assurance qu'on pourrait compter sur elle constituait déjà un élément rassurant pour les indécis.Plusieurs se réjouiront sans doute d’un rapprochement qui pourrait rendre problématique une réédition du «grand jeu» si jamais il y avait un autre référendum.A moins de souhaiter au Québec un sjatut analogue à celui du Manitoba ou de la NouveUe-Ecos-se, même un fédéraliste authentique devrait pourtant s’inquiéter.Le long et difficile combat pour permettre au Québec de se faire une petite place sur la scène internationale, avec la complicité de la France, n’a pas été mené par le PQ mais par des gouvernements qui croyaient sincèrement que le Québec pouvait s’épanouir au sein du Canada.Il vaut la peine de relire le livre de Claude Morin, L’Art de l’impossible, qui relate les débuts de la diplomatie québécoise dans les années 1960, alors que le moindre mémo déclenchait une véritable tempête a Ottawa.Dans l’esprit de Jean Lesage et de Daniel Johnson, notre relation politique privilégiée avec la France ne visait pas à faire l’indépendance mais à assurer au Québec un minimum d’accès au reste du monde.Pour démontrer sa propre détermination à affirmer la personnalité internationale, M.Charest donne souvent l’exemple de la mission économique qu’il a dirigée au Mexique en 2004, conjointement avec son vis-à-vis français de l’époque, Jean-Pierre Raffarin, et qui avait soulevé un tollé au Canada anglais.Des initiatives comme celle-là risquent d’être compromises par la nouvelle neutralité française.Pour peu que le gouvernement canadien y voie un problème, Paris s’abstiendra de l’indisposer.le maire de Québec, Régis Labeaume, nous trouve «colons» avec «ces petites histoires politiques» alors que la beauté de la mer devrait suffire à nous combler.Cet ancien souverainiste aura tout le loisir d’y réfléchir quand il redescendra sur terre.mdavidfa ledevoir.com C J L E I) F.VOIR .LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 MAI 2 0 0 8 DITORIAL Candide Bernier Simple potinage que ces révélations au sujet de la liaison du ministre des Affaires étrangères, Maxime Bernier, avec une femme ayant eu des liens avec des membres des Hells Angels et d’un groupe criminel lié à cette organisation?On ne peut pas réduire cette affaire à du voyeurisme politique.Au-delà du droit au respect de la vie privée d’un ministre se posent ici des questions ayant trait à la sécurité.P ¥ 3 / ' v 3 our bien comprendre cette affaire, il faut d’abord se rappeler la surprise causée par Maxime Bernier lorsqu’il s’est présenté à Rideau Hall le 14 août dernier pour son assermentation à titre de ministre des Affaires étrangères avec, à son bras, une femme à la tenue vestimentaire jugée osée, du moins par le bureau du premier ministre, qui en a fait le reproche au ministre.Les journalistes qui ont voulu connaître le nom de la dame en question ont pour leur part buté sur des fins de non-recevoir.Plus tard, M.Bernier a présenté Julie Couillard comme sa conjointe afin qu’elle puisse voyager avec lui.Elle l’a accompagné dans quelques missions, notamment à l’Assemblée des Nations unies.À certaines occasions, elle a cherché à participer aux séances de breffage du ministre, ce qui lui a été refusé.Ce n’est que récemment que Maxime Bernier aurait été informé des liens passés de Mme Couillard avec des milieux criminels.Il a mis fin à cette relation il y a quelques semaines.Les collègues du ministre raillent la curiosité de l’opposition libérale et bloquiste en citant la célèbre déclaration de Pierre Trudeau selon laquelle «l’État n’a pas sa place dans la chambre à coucher».Il est bien vrai que l’État, pas plus que les médias, n’a à connaître ce qui se passe dans la chambre à coucher de quiconque.Mais à l’extérieur de cet endroit, certaines choses sont d’intérêt public lorsqu’un ministre est en cause.Les ministres et leurs conjoints sont soumis à certaines règles, dont l’une, non écrite, consiste en l’obligation d’agir avec discernement et prudence.Dans le cas présent, il faut rappeler que le poste de ministre des Affaires étrangères est soumis, en raison de son statut, à des règles strictes de sécurité.Maxime Bernier est détenteur de secrets d’Etat qui peuvent avoir trait tant à la sécurité du Canada qu’à celle de ses alliés.Sa compagne n’a pas été soumise au processus de vérification de ses antécédents, ce qui n'est pas formellement requis, mais elle aurait dû prévenir son nouveau compagnon de ses relations antérieures.Certes, n’ayant aucun dossier criminel, elle n’était pas obligée de le faire, mais à titre de «femme de César», elle était soumise à l’obligation morale d’être au-dessus de tout soupçon.Résultat le ministre des Affaires étrangères se trouve aujourd’hui dans l’embarras.En relusant par ailleurs de répondre aux questions de l’opposition, qui veut savoir si Mme Couillard a eu accès à des secrets d’Etat il alimente la confusion qui règne autour de cette liaison amoureuse.Comment expliquer ce comportement de la part du titulaire d’un des postes ministériels les plus importants du pays, si ce n’est par une naïveté incommensurable?Sa distribution de gâteaux Jos Louis aux soldats canadiens en Afghanistan nous avait déjà permis d'en prendre la mesure, tout comme son appel à la révocation du gouverneur de Kandahar.Sa candeur et son inexpérience en font un des ministres des Affaires étrangères les plus faibles que le Canada ait jamais eus.La confiance que lui vouent les diplomates canadiens est quasi nulle.On peut imaginer que les Bernard Kouchner, Condo-leezza Rice et autres homologues étrangers ne lui portent pas davantage de respect.Décidément, ce ministre est trop candide pour jouer dans la cour des grands.Le premier ministre Harper doit l’en retirer.Bernard Descôteaux bdescotea uxfalede voi r.com La paranoïa du général es milliers de Birmans sont morts.Des dizaines de milliers sont blessés.Des millions d'autres pourraient être victimes d’épidémies de choléra, de dysenterie, de paludisme et d’autres fléaux qu'on oublie.Tout un chacun l’aura compris: l'urgence d’agir se calcule en nanosecondes.Et que fait le gouvernement?Il s’acharne à ralentir l’atterrissage d’avions chargés de vivres et de médicaments essentiels à la survie, à court terme, des citoyens.Symbole des symboles de la paranoïa aiguë qui habite chaque membre de la junte au pouvoir, des fonctionnaires de l’ONU sont bloqués à l'aéroport de Rangoon.Signe particulier?Ces derniers sont en fait des experts en évaluation des donunages, des sinistres provoqués par dame Nature.En clair, les gradés birmans s’emploient méticuleusement à ce qu’il n'y ait aucun contact entre des étrangers et la population.Des actions strictement humanitaires que ces derniers, ces étrangers, souhaitent mener dans les régions inondées par le cyclone, on a retenu celle préparée par la Thaïlande voisine.Au cours d’un entretien télévisé, un responsable de ce pays a expliqué que.fort de l’expérience acquise dans la foulée du desastre conséquent au déferlement Serge d'un tsunami sur les côtes, il savait exactement ce Truffaut qu'il fallait fournir tout de suite et comment aux millions de Birmans massés aux portes de l’enfer.Et alors?Faute de permis, des tonnes d’aliments, des caisses de bouteilles d'eau, des cartons de médicaments restent dans les entrepôts.Ils y croupissent.Qualifier d’odieux le comportement des généraux birmans relève évidemment de la tautologie.Il faudrait en dire autant des dirigeants chinois.Voilà, il y a quarante-huit heures le gouvernement français a fait savoir qu'il entendait saisir le Conseil de sécurité de l’ONU afin de forcer la main des Birmans.Le geste suit la parole.Ensuite?La Chine mène la fronde.La Chine s'oppose et l’emporte grâce au soutien de certaines nations actuellement membres et surtout réfractaires à l’observation minimale des droits de l’homme.On pense notamment à la libye et au Vietnam.Au milieu de tout ce fatras, le journal Le Monde a mis la main sur un rapport confidentiel rédigé par le plus haut responsable de l’ONU en Birmanie, Charles Petrie, que les militaires avaient expulsé en décembre dernier.Dans son exposé, ce dernier assure que le pays était «en proie à une urgence humanitaire silencieuse» pouvant «dégénérer en une crise majeure» à cause des «décisions désastreuses» d’un gouvernement «sans pitié» parce que cultivant des «relations féodales à tous les niveaux».Cela étant, après de multiples tractations, la junte a convenu d’entrouvrir la porte.Elle s’est engagée à délivrer des visas à un nombre évidemment restreint d’humanitaires et à permettre la venue d’avions.Mais bon.Cette volte-face ne doit pas faire illusion.Selon l’inventaire des besoins réalisé à ce jour, il faudrait que des dizaines d’avions, des centaines de camions et une armada de navires acheminent biens et services dans les plus brefs délais.En un mot, les membres de la junte ont commis un crime contre l’humanité.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directrice de l’information JOSÉE BOILEAU Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires MANON BÉLAND 4om Av«aC lC MA'* «w Awv»£ ON AiMf -SfaKol'j / Art.NW.NoN, MN, NON ! \ CtÇÎ PüÇXMfNÎ PoùTtQUÉ, NVA CAlRf j V CAPLA- / V /ijuf J'?nT£nDS; ‘Vm Tuvfux ÇAitf «TRîP ‘A *)l Tro'iS'’ (rARtvsrrf \ îwioT.i LETTRES -?- L’histoire détournée Rarement un détournement de l’histoire aura été aussi grossier.Professeur d’histoire au collégial, j’ai pour mission d’apprendre aux étudiants à demeurer fidèles aux faits du passé et à les replacer dans leur contexte pour en comprendre la véritable signification.Comme si c’était acceptable, j’ai fini par m’habituer à entendre nos politiciens — souverainistes comme fédéralistes — défaire ce travail à mesure.Mais récemment, le gouverneur général a atteint des sommets en affirmant que la fondation de Québec en 1608 a aussi été la fondation du Canada.Retournons aux faiLs.Champlain ne venait pas fonder un pays ni un État mais bien une colonie à rentabiliser, vue comme un prolongement de la France.Détourner l’essence de cette entreprise pour servir une vision politique est un geste de pure propagande.Le Canada a été créé en 1867 pour des raisons fort différentes: il a été le résultat d’un calcul géopolitique et économique visant à assurer un meilleur avenir à quatre colonies devenues britanniques.On n’a pas fondé le Canada en 1608 et ce qu’on devrait célébrer, cette année, c’est le 400° anniversaire de la présence française en Amérique du Nord, point Que le gouverneur général torde ainsi les faits est carrément insultant pour les Québécois, mais ne lavons-nous pas cherché?Én réduisant constamment l’enseignement de l’histoire du Québec dans les écoles (au collégial, notanunent), on fait comme si elle nous importait peu.Faut-il s'étonner si des politiciens se sentent autorisés à dif fuser leur lecture subjec- tive des faits au gré de la conjoncture politique?On connaît mal notre histoire et on ne tient pas à mieux la connaître.Faitesen ce qu’il vous plaira! Vincent Duhaime, professeur d’histoire, collège lionel-Groubc Montréal, le 9 mai 2008 L’affaire «Munsinger» Je m’étonne de ne pas avoir lu ou entendu un seul rappel de l’affaire «Munsinger», qui devait briser la réputation de l’ancien ministre associé à la Défense, Herre Sévigny, en 1966.Une liaison avec une certaine Greda Munsinger, laquelle aurait fait partie des services de renseignement soviétiques alors qu’il faisait partie du cabinet progressiste-conservateur, avait créé un énorme scandale qui l’avait broyé.Il serait intéressant de comparer la rigueur appliquée à cet ancien combattant détenteur de multiples décorations militaires à la légèreté des boutades du premier ministre actuel Bernard Charier Montréal, le 9 mai 2008 La fonction de Mme Jean Que l’on soit indépendantiste ou fédéraliste, il y a quelque chose de profondément choquant pour tout véritable démocrate à voir la présente gouverneure générale du Canada se substituer aux élus lors de fonctions officielles qui revêtent une grande importance politique.À cet égard, le lancement en Érance des fêtes commémorant le 400' anniversaire de la fondation de Québec constituait un tel événement auquel la représen- tation des citoyens du Québec et du Canada aurait dû être une prérogative du premier ministre du Canada et de celui du Québec.Le gouverneur général est choisi de façon totalement discrétionnaire par une seule personne et même s’il s’agit en l’occurrence du premier ministre du Canada, ce choix demeure tout sauf démocratique.Le gouverneur général n'a donc aucune autorité légitime lui permettant de représenter les Canadiens ou de parler en leur nom, n’étant pas élu par les citoyens du pays: le gouverneur général représente la reine, pas les Canadiens.Aussi son rôle doit-D demeurer restreint strictement légal et protocolaire, subordonné dans les faits au pouvoir des élus: cela est clairement démontré par le fait que c’est le premier ministre du pays qui nomme le gouverneur général.Depuis de nombreuses années, les gouverneurs généraux successife avaient bien saisi leur rôle, se contentant d’exercer les fonctions leur étant dévolues par notre Constitution sans se mêler de politique.Or la gouverneure générale actuelle a plus d’une fois utilisé la tribune que lui offre son poste pour se poser en représentante des Canadiens et pour émettre des opinions de nature politique.Ce n’est pas son rôle et ce n’est pas acceptable dans notre démocratie.Tout cela souligne encore une fois l'inutilité, et même la nuisance, de cette fonction archaïque qui n’a plus sa raison d'être dans une démocratie moderne et qui draine des deniers publics, lesquels pourraient être beaucoup mieux utilisés ailleurs.Jean Piuze Québec, 7 mai 2008 REVUE DE PRESSE -?- Les oubliés Manon Cor nellier Il y a une semaine.Statistique Canada rendait publiques des données sur l’évolution des revenus des Canadiens.Leur interprétation a provoqué un débat entre journaux torontois.Le National Post critique l'accent mis sur les revenus individuels, qui ont peu changé, alors que ceux des familles ont augmenté.Le Post souligne aussi que les données portaient sur les revenus d’emploi et ne tenaient pas compte des revenus de retraite ou d’investissements, ou encore des transferts gouvernementaux aux particuliers, ces derniers représentant 52 % des revenus des phis démunis.Le quotidien soupçonne qu’un communiqué faisant état d’une hausse des revenus des phis pauvres n'aurait pas retenu l'attention des médias de la même façon.Le Toronto Star lui a répondu que les ménages pauvres et riches ont vu leurs revenus augmenter, les deuxièmes plus vite que les premiers.De plus, dans le cas des plus pauvres, c’est souvent attribuable au fait que davantage de familles peuvent compter sur deux revenus.En somme, «les gens travaillent plus fort mais, dans beaucoup de cas, seulement pour faire du surplace», résume le Star.Le quotidien espère que le message de Statistique Canada calmera les cris néoconservateurs en faveur d’une réduction des impôts et des programmes gouvernementaux.Selon lui, une taxation progressive et un solide filet social restent le seul rempart contre un élargissement encore plus important du fossé.Chroniqueure au Star, Carol Goar s’inquiète d’une certaine complaisance devant l’inégalité.Avec le temps, on s’habitue au nombre croissant d’itinérants.D’abord mesures temporaires et d'urgence, les banques alimentaires en sont venues à faire partie des meubles.Les dirigeants des 100 plus grandes entreprises gagnent 248 fois le salaire moyen comparativement à 40 fois il y a une génération.Lorsque les chiffres de Statistique Canada sortent personne n'est surpris et après quelques jours d'émotion, tout le monde passe à autre chose.Pas le Canadian Centre for Policy Alternatives, note Goar.D a demandé à sept experts de courts textes sur les raisons de se préoccuper des inégalités (www.policyalternatives.ca).Comme le dit la journaliste, difficile de leur rendre justice dans une courte chronique, mais elle relève la question posée par Lars Osberg, économiste à l'université Dalhousie: pourquoi un citoyen se sou-cierait-il des droits de son prochain si la société dans son ensemble ne se préoccupe plus de ses plus démunis?«Nos parents et nos grands-parents ont travaillé dur pour bâtir une société où, pour subsister, personne n ‘aurait à foire la queue à la soupe populaire ou à quémander quelques pièces de monnaie.Nous sommes en train de la laisser filer entre nos doigts», s’attriste Goar.Justice à géométrie variable Si vous êtes pris dans les griffes d’un système judiciaire étranger et espérez l'aide du gouvernement canadien, il vaut mieux pour vous d'être né au pays, d’avoir la peau blanche et un nom à consonance européenne, et de ne pas fréquenter une mosquée, écrit avec indignation Kris Kotarski, du Calgary Herald.Alors que le gouvernement fédéral a dépêché un avion pour sortir Brenda Martin du Mexique, Abousfian Abdelrazik continue d’être coincé au Soudan depuis cinq ans.fi y a été emprisonné pendant un temps à la demande des services de renseignement canadiens, qui disent le soupçonner de terrorisme.Il a été libéré et depuis, aucune accusation n’a été portée contre lui au Soudan ou au Canada.Malgré cela, il n’arrive pas à obtenir les documents de voyage nécessaires pour revenir au pays car il figure sur une liste internationale d'interdiction de vol.L’homme peut être dangereux, mais il peut aussi s’agir d’pne répétition de l’affaire Arar, note Kotarski.A son avis, le gouvernement doit traiter tout le monde de la même façon et aider Abdelrazik avec autant de diligence que Brenda Martin.Le Globe and Mail s’insurge à son tour.«Le gouvernement de Stephen Harper a une étrange façon de choisir qui il défendra à l’étranger.Ronald Allen Smith fait face à la peine de mort au Montana, le Canada reste silencieux.OmarKha-dr, un Canadien arrêté à l’âge de 15 ans, est le seul Occidental encore détenu à la prison américaine de Guantanamo et le Canada reste silencieux.Abousfian Abdelrazik, un Canadien soupçonné d’association terroriste, est dans les limbes au Soudan, incapable de revenir au pays à cause d’une bureaucratie tatillonne, dit le gouvernement canadien.Mais quand Mme Martin attend son transfert après avoir été condamnée à cinq ans de prison au Mexique pour participation à une fraude en ligne, le gouvernement canadien balance par la fenêtre prudence et argent.» Le Globe rappelle que 1815 Canadiens sont détenus à l'étranger.Pourquoi alors faire payer 82 767 $ aux Canadiens pour rapatrier Martin à bord d’un jet loué?Le quotidien note que les déboires de cette Canadienne ont dominé les nouvelles durant une période creuse, mettant le gouvernement dans l’embarras.Le Globe soupçonne ce même gouvernement d’avoir voulu mettre tout simplement un, terme à la couverture négative qu’il subissait A nos frais.La croix et la prière D y a eu le débat sur le crucifix à l’Assemblée nationale.Il y a maintenant celui sur la récitation du Notre-Père (Lord’s Prayer) à la législature de l’Ontario.Le premier ministre Dalton Mc-Guinty a demandé plus tôt cette année à ce qu’un comité pariementaire étudie la possibilité de modifier cette pratique pour mieux refléter la diversité religieuse de la province.La consultation a commencé en avril et c’est le tollé.Le site Internet est tombé en panne sous le poids des visites.Les pétitions ont commencé à atterrir sur les bureaux des députés.Le premier ministre refuse de reculer, rapporte l’Ottawa Citizen, même si la grande majorité des commentaires s'oppqsent à l’abandon de cette prière particulière.A suivre.mcornelliera ledevoir.com La presse du Canada LE H E V 0 1 H .LES SAMEDI 10 E T D I M A N ( HE II NI A I 2 0 0 S (' .) Ex-enfant soldat prisonnier à Guantanamo Rapatriez Omar Khadr au Canada! COLLECTIF D’AUTEURS ous, les organisations soussignées œuvrant pour la protection des droits de l’enfant, enjoignons au gouvernement canadien d’intervenir immédiatement dans le dossier d’Omar Khadr et demandons son rapatria ment au Canada dans les plus brefs délais.Nous le prions de bien vouloir prendre en compte deux facteurs importants qui n’ont pas jusqu’à maintenant retenu l’attention méritée: ¦ l’importance du respect des normes internationales afin de mettre fin à l’utilisation d’enfants soldats; ¦ l’obligation clef stipulée par ces normes de réhabiliter et de réinsérer les enfants touchés par les conflits armés.Un précédent Le Canada a donné l’exemple lors de l’adoption du Protocole facultatif relatif à l’implication des enfants dans les conflits armés et des résolutions du Conseil de sécurité sur les enfants et les conflits armés.D est dans l’intérêt de tous, notamment les militaires canadiens, que ces lois soient maintenues.Elles sont destinées à mettre fin à l’utilisation d’enfants soldats.La manière avec laquelle le Canada traite le cas d’Omar Khadr créera un précédent pour les autres pays et aura donc un impact majeur sur la réputation et l’influence du Canada dans les domaines de la paix, de la sécurité et des droits de la personne.Ce traitement pourra soit diminuer, soit accroître l’importance de faire respecter les normes internationales pour mettre fin au recours aux enfants soldats.Droit international Nous demandons au gouvernement canadien de donner préséance au droit international sur la décision récente du juge militaire qui preside la commission militaire créee par les Etats-Unis dans la baie de Guantanamo d’entendre le cas d’Omar Khadr.Les conunissions militaires échouent généralement à appliquer les normes en matière de jugement equitable et ne prévoient aucune disposition portant sur les jeunes contrevenants ou les enfants touchés par les conflits armés.Plus particulièrement il est à noter que les Etats-Unis ont aussi ratifié le Protocole facultatif relatif à l’implication des enfants dans les conflits armés, même s'ils n’ont pas ratifié la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant et que les avocats dp département de la Défense des Etats-Unis tiennent également à ce que le Canada respecte cette loi.Le Canada a la possibilité de faire preuve de leadership dans ce domaine en rapatriant immédiatement Omar Khadr, comme les autres pays l’ont fait avec leurs ressortissants détenus à Guantanamo.Si le Canada ne respecte pas ce protocole, il sera beaucoup plus difficile de s’attendre à ce que les autres pays ne fassent pas de même.Enfants soldats Dans les situations de conflit, malheureusement les enfants sont souvent recrutés et utilisés en tant qu’enfants soldats.Deux principes au cœur de ce protocole sont la condamnation de l’utilisation d’enfants en tant que combattants par n’importe quel groupe ou force armée ainsi que l’obligation des Etats de fournir aux enfants démobilisés «toute l'assistance appropriée en vue de leur réadaptation physique et psychologique et de leur réinsertion sociale» (article 6, paragraphe 3).Tel que stipulé dans la Convention relative aux droits de l’enfant les systèmes de justice juvénile constituent le moyen approprié pour traiter les cas d’enfants en conflit avec la loi.Le Canada a été l’instigateur du développement et de l’adoption des lignes directrices en matière de justice dans les affaires impliquant des enfants victimes et témoins d’actes criminels, qui garantissent aux enfants le droit d’être protégés contre les épreuves survenues pendant le processus judiciaire.Aucun tribunal international PHOTOS KEPTERS Maha Elsamnah (au centre, sur la photo de gauche), la mère d’Omar Khadr (photo de droite), devant l’édifice de la Cour suprême, à Ottawa, en mars dernier.existant n’a jamais poursuivi un enfant pour des crimes de guerre, ce qui témoigne de la reconnaissance au sens large du fait que le recrutement et l’utilisation d’enfants dans les conflits armés est un sérieux abus des droits de la personne en soi.Exploitation de l’âge Le principe donnant la priorité à la réhabilitation et à la réinsertion des jeunes dans n’importe quel système judiciaire est une composante essentielle de ce protocole et un principe fondamental de l’approche à long terme du Canada en ce qui a trait à la justice juvénile.Le Canada a signé les principes de Paris et les principes directeurs relatifs aux enfants associés aux forces armées ou aux groupes armés, qui soulignent que «les enfants accusés d’avoir commis des crimes de droit international alors qu’ils étaient associés à des forces armées ou à des groupes armés doivent être considérés principalement comme les victimes d’atteintes au droit international et non pas seulement comme les auteurs présumés d'infractions.Ils doivent être traités d’une façon conforme au droit international, dans un cadre de justice réparatrice et de réinsertion sociale, conformément au droit international, qui offre une protection particulière à l'enfant à travers de nombreux accords et principes».La commission militaire n’offre pas un tel cadre.Plutôt que de susciter une protection en vertu de sa condition de mineur, l’âge d’Omar Khadr a été exploité depuis le début.Les inquiétudes à propos des interrogations lors dime détention sans contact avec l’extérieur sont aggravées lorsque le détenu est un enfant comme dans le cas d’Omar Khadr.L’aide du Canada Nous exhortons le Canada à faire ce que le Conseil de sécurité des Nations unies et le Canada demandent aux autres pays de faire: développer les stratégies de réhabilitation et de réinsertion pour les enfants qui ont été impliqués dans un conflit armé.Le Canada a aidé d’autres pays à développer des plans efficaces pour réhabiliter d’anciens enfants soldats qui étaient auparavant impliqués dans des activités militaires similaires ou même plus graves que celles évoquées dans les allégations retenues contre Omar Khadr (ce qui, faut-il le rappeler, n’a pas été vérifié devant une cour de justice légitime).Au lieu de faire subir des procédures judiciaires accusatoires à d’anciens enfants soldats, de telles stratégies favorisent plutôt la participation de ces derniers aux plans de réinsertion destinés à faire coïncider l’intérêt supérieur des enfants avec ceux de la communauté dans laquelle ils évolueront.Changer de cap Le Canada devrait faire ce que les autres pays se doivent également de faire.S’il choisit de ne pas respecter la loi ni dhonorer ses engagements, il sera beaucoup plus difficile de demander aux autres pays de le faire, à la fois en tant que membre de l’Organisation des nations unies et champion de la résolution 1612 du Conseil de sécurité, développée afin de protéger les enfants dans le contexte d’un conflit armé.Pour toutes ces raisons, nous vous demandons de revoir votre position au sujet du citoyen cana-*dien Omar Khadr.[.| Ont signé ce texte: Brendan Cavanaugh, secrétaire général de Terre des Hommes Canada; le Comité d’aide aux réfugiés (Québec); Roméo Dallaire, sénateur; Nigel Fisher, président et directeur général d’UNI- CEF Canada; l'Association intema-tionale des avocats de la défense; Daind lord, directeur exécutif de Faix durable; Rosemary McCamey, présidente et directrice générale de Flan Canada; David Motley, président et directeur général de Save the Children Canada; Alex Neve, secrétaire général d'Amnesty International Canada; Lmdon Pearson, London Pearson Resource Centre for the Study of Childhood and Children's Rights, université Carleton; I bminique Feschard, président de la Ugue des droits et libertés du Québec; Nadja Foüaert, directrice générale du Bureau international des droits des enfants; Kathy Vandergrift, présidente du conseil d’administration de la Coalition canadienne pmtr les droits de l'enfant; War Child Canada; Maria Beatrix Hcnnessy, consultante; Myriqm Derwv, pnrfes-seure associée à l’Ecole de service so cial de l'université McGill; Graeme MacQueen, ancien directeur et fondateur du Centre pour les études de paix; Bonny Ibhawoh, actuel directeur du Centre pmr les études de paix de l'université McMaster; Jessica Schafer, professeure associée à l’Ecole supérieure d’affaires publiques et internationales de l’Université d’Ottawa.Que le premier ministre du Québec se tienne enfin debout! Quand politique et ridicule font bon ménage.PAULINE MARDIS Chef du Parti québécois .ette semaine, dans le cadre du lancement Cdes festivités entourant le 400 anniversaire de notre capitale nationale, Québec, la gou-verneure générale du Canada, Michaëlle Jean, a entrepris un voyage en France avec —.comme mission de relativiser le fait français que symbolise le Québec en Amérique du Nord.Cette visite d’une représentante non élue du Canada, qui n’est en fait que la voix du gouvernement Harper, devrait inquiéter au plus haut point le gouvernement du Québec.D’abord, elle se déroule quelques semaines seulement après que l’ancien premier ministre de la République française, Jean-Pierre Raffarin, eut indiqué publiquement la volonté du président de la République de reformuler la politique française envers le Québec et le Canada.Certes, la France a tout le loisir de vouloir maintenir de bonnes relations avec le Canada, les provinces anglophones et ses communautés francophones et acadienne, mais pourquoi remettre aujourd’hui en question sa relation avec le Québec?Cela m’inquiète.Appui de la France Le soutien actif de la France a permis au Québec de mener une diplomatie directe, innovatrice, ouverte sur le monde et au service des Québécois.Louise Beaudoin, qui a été ministre des Relations internationales, peut témoigner vigoureusement de l’appui stratégique et essentiel de la France lorsque vint le temps de faire la promotion de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles à lUNESCO.Cette action a été possible avec l’appui de la France, et on peut convenir aisément que le Canada n’aurait pas laissé naturellement le Québec jouer son rôle à lUNESCO.La constance de l’appui de la France à de nombreuses occasions a permis au Québec d’éviter des reculs sur le plan international, notamment lors du Sommet de la Francophonie à Moncton en 1999, lorsque le gouvernement du Canada a tenté d’empècher le Québec de siéger à des comités de la Francophonie dont les recommandations devaient ensuite être relayées à d’autres organisations internationales.N’eût été la volonté indéfectible des autorités françaises, de droite comme de gauche, de rester nos aînées, au risque de froisser le Canada à l’occasion, le Québec n’aurait pas pu jouer un rôle majeur au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie.Recul du Québec S’il fallait qu’une reformulation de la position française signifie une neutralité nouvelle de la France sur cette question, il ne fait aucun doute que la diplomatie canadienne, ayant désormais le champ libre, voudra faire reculer durablement le Québec.Les formules utilisées par les autorités françaises au cours des dernières décennies pour illustrer la politique de la France à l’égard du Québec, notamment la «non-ingérence, non-indifférence» ou Y «accompagnement» du Québec dans ses choix, ont bien servi Québec et Paris.Cette formule a pennis le développement d’une intense coopération bilatérale francoquébécoise, la plus importante après la coopération franco-allemande, dont les avantages sont mutuellement bénéfiques pour les Québécois et les Français.Signaux ambigus Toutefois, les signaux émis par la récente déclaration de l’ancien premier ministre Raffarin, par la suite confirmés par le délégué général du Québec à Paris, laissant entendre que la France pourrait revoir sa politique envers le Québec et le Canada, sont ambigus.A l’instar d’un grand nombre de Québécois, cette situation ne peut que m’inquiéter pour l’avenir des relations internationales du Québec.L’orientation que veut donner la gouvemeure générale du Canada à sa visite en France s’inscrit encore une fois dans la stratégie de banalisation du Québec par le gouvernement fédéral canadien, stratégie que l’à-plat-ventrisme du gouvernement Charest conforte.J’appelle donc le gouvernement du Québec à assumer ses responsabilités et à se mobiliser afin de faire en sorte que la France maintienne son ouverture et sa volonté d’accompagner le Québec dans ses choix politiques d’au-jourdhui et de demain.Sortir de Timmobilisme Il y a pertinence et urgence de faire une mise au point et de réaffirmer toute l’importance qu’accorde le Québec au maintien de sa relation directe et privilégiée avec la France.Militer pour une autre politique consisterait à toutes fins utiles, à faire en sorte que la France neutralise ainsi son appui au développement de l’État du Québec sur la scène internationale.Le gouvernement libéral de Jean Charest doit sortir de son immobilisme et ne doit pas accepter une redéfinition des relations entre la France et le Canada qui provoquerait indéniablement un recul de la position du Québec dans le monde.RICHARD LE H I R Avocat et- conseiller en gestion, ministre délégué à la Restructuration dans le cabinet Parizeau (1994-95) - a controverse en cours Lsur le «détournement de patrimoine» auquel se livrerait le gouvernement fédéral avec sa fe:.',v ¦ participation aux fêtes du 400e anniversaire de Québec illustre on ne peut mieux le danger d’invoquer l’histoire quand on la connaît mal.Même si le Canada n’existe en tant que pays seulement depuis 1867 et que, de 1840 à 1867, il a existé en tant que province du Canada, il n’en reste pas moins que le nom «Canada» était déjà utilisé depuis au moins 1547 sur les cartes géographiques.C’était en effet le nom donné par Jacques Cartier à tout le territoire gouverné par le chef huron Donnacona, au nord du fleuve Saint-Laurent Il est donc délicat d’aborder la question de l’évolution des rapports Canada-France-Québec (dans l’ordre qu’on voudra) sous l’angle de l’histoire dans la mesure où c’est la France elle-même, par l’entremise de son représentant Jacques Cartier, qui fut la première à utiliser ce nom pour parler du territoire dont l’explorateur venait de prendre possession en son nom.À qui la paternité?S’il est vrai que l’utilisation de ce nom a par la suite connu une «extension» (on parlerait en droit d’une «captation d’héritage») sous le régime anglais après 1763, la paternité de la France sur le nom «Canada» ne peut pas être mise en doute, même si la France n’a rien eu à voir avec la réalité politique qui s’est tramée après la Conquête et qui nous vaut les chicanes dans lesquelles nous sommes enlisés depuis.L’avant-scène du débat étant largement occupée par la classe politique canadienne et québécoise, je me prévaudrai donc du privilège de ma iiation;dité française (en double avec ma nationalité canadienne) pour faire quelques observations sur le pavé lancé par le président Nicolas Sarkozy dans la mare des relations France-Québec-Canada avec la grâce éléphantesque qui est devenue sa marque de commerce et dont les Français ont commencé à mesurer les dégâts, s’il faut en croire les sondages extrêmement négatifs à son endroit après seulement un an de pouvoir.Improvisation Comme pour le reste de ses interventions en politique extérieure, nous sommes en pleine improvisation.Tout à l’euphorie du pouvoir, le président Sarkozy n’a pas encore compris que la plus grande sagesse dont puisse faire preuve un homme politique qui en hérite est d’en user avec la plus grande modération, d’où la multiplication des faux pas et l’aliénation pour la France d’un important capital de sympathie un peu partout dans le monde depuis qu’il est aux affaires.Mais le comble du ridicule est atteint lorsqu’on voit la France réserver un accueil royal à notre gouver-neure générale, qui a dû répudier la nationalité française qu’elle avait acquise du fait de son mariage avec un citoyen français pour accepter ses fonctions officielles au Canada.Il faut croire que le Québec n’a pas le monopole des «cocus contents» et que le président Sarkozy fait avaler à son pays de bien drôles de couleuvres.[.] Conséquences Pour être dans l’ordre des choses, les rapports entre la Fran- ce et le Québec ne sont pas pour autant inscrits dans le béton, comme en témoigne une éclipse qui a duré de 1763 à 1960.Le réalignement brutal de la politique française dans ses rapports avec le Canada et le Québec, exprimé dans le contexte hautement symbolique des fêtes du 400 anniversaire de Québec, aura des conséquences qui se prolongeront longtemps après le départ de Sarkozy, et il reste à voir si les intérêts de la France s’en porteront mieux S’il est un domaine où il ne faut pas mélanger la qualité des rapports personnels entre dirigeants avec les intérêts institutionnels supérieurs, c’est bien celui des relations internationales.Tant le président Sarkozy que le premier ministre Stephen Harper auront d’ailleurs l’occasion de s’en rendre compte très bientôt lorsque leur bon ami, le président George W.Bush, laissera la place à une nouvelle administration américaine qui aura un tout autre programme et que les mamours du premier et du second au troisième laisseront de glace.La chronique de Denise Bombardier n’est pas publiée aujourd’hui.Elle reviendra la semaine prochaine.,e% >0$ 'ris® £ L'ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine : Gerald Dallaire (adjoint au directeur de { information), Jeanne Corriveau (affaires municipales}.Fabien Deglise; Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Brian Myles 'justice et faits de société).Clairandrée Cauchy (Général) Jean Dion.Louis-Gilles Francœur (environnement/ Benoit Munger (responsable du site Internet).Emilie Folie-Boivin.Vincent Cauchy (commis internet) Laurence Clavel(^«^i7r^), Philippe Papineau (pupitre), Louise-Maude Riaux Soucy (Santé): Pauline Gravel (sciences .Michel Gameau 'caricaturiste ).Diane Precourt (responsable des pages thématiques) ; Martin Dudos.Michele Malenfant et Christine Dumazet (rorrefteun): Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; à rmfr>rmation rufturefle Michel Belair (théâtre et cahier Culture), Julie Carpentier (pupitre), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end).Stéphane Baillargeon (reporter), Paul Cauchon 'médias).Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay Écinéma;Isabelle Pare (culture): è l’information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information), Dominique Reny (pupitre), Eric Desrosiers.Claude Turcotte.François Desjardins, à l’information internationale Jean-Pierre Ijegault (pupitre international et page editorial?>.Claude Ijevesque.Guy Taillefer (adjoint au directeur de iinf(/rmat\r/n).Serge Truffaut (éditorialiste) à l’information politique : Hélène Buzzetti et Alec Castonguay (correspondants parlementaires à Ottawa).Antoine Robitaille et Robert Du tri sac (correspondants parlementaires a Québec: Kathleen Levesque ; Amélie Gaudreau (secrétaire a la rédaction), Emilie Parent Bouchard.Étienne Plamondon-Émond (commis a la rédaction) La documentation : Gilles Paré (directeur): Manon Derome.Olivier Speciel (Çiiéfrer).Monique Bherer (Ottawa) LA PUBLICITÉ .Amélie Bessette.Jean de Billy.Jean-François Bosse.Dave Cameron (directeur adjoint>.Julie Chretien.Marlene Côte.Christiane I^egault.Amélie Maltais, Claire Paquet.Geneviève Pierrat, Chantal Rainville, Martine Riopelle.Isabelle Sanchez.Nadia Sebai.Melisande Simard (publicitaires).Sylvie Laporte.Martine Berube (secrétaire) LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production: Michel Bernatchez.Johanne Brunet, Danielle Cantara.Richard Des Cormiers, Donald Filion, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis.Olivier Zuida.INFORM.ATIQl’E Yanick Martel (responsable) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Caroline Simard (responsable service à la clientele).Nancy Beaulieu.Manon Blanchette.Nathalie Filion.Rachelle I/rlerc.Jean Robert Divers (responsable promotion) L’ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur).Nicole Carmel (responsable des services comptables).Céline Furoy, Ghislaine Lafleur.Claudette Béliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier.Monique Proteau, Danielle Ross.
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