Le devoir, 31 mai 2008, Cahier E
LE DEVOIR LES S A M E D M A I E D I M A N l H E .1 I 2 O O S ¦ ; «a ÿmsm •ÀV il I V m» \ L m IlW •¦; " î ¦ 1 Tête de Pâris, IL siècle AD.Marbre.JT ISkyphos, Attique, c.540 AC.Argile Cette exposition illustre toute la richesse d’une tradition qui privilégie les relais et les dépassements Benakis a voulu rassembler ce qui est grec, en nourrir la mémoirt', en montrer l'unité.I Kylix, Helladique récent, c.1500 AC.Feuille d’or.L’héritage grec jj La collection Benakis au Musée canadien des civilisations GEORGES LEROUX e Musée Benakis d'Athènes n'est pas un musée comme les autres.Formé à partir de collections amassées par son fondateur, Antonis Benakis (1873-1954), et logé pour ses départements grecs dans ce qui fut autrefois la demeure patrimoniale de la famille, il ouvrit ses portes en 1931.Même en se limitant au site principal, le visiteur ne peut manquer d’être frappé par le principe qui a guidé le fondateur: ces collections ouvertes sur l’ensemble de l’histoire et de la culture grecques illustrent d’abord un amour profond du patrimoine national.De la sculpture classique monumentale aux humbles tissus brodés provenant d'ateliers byzantins et ottomans, les pièces réunies par la famille Benakis offrent le témoignage d’une mémoire soucieuse de la continuité et de la richesse de l’identité grecque: plongeant ses racines jusque dans l’âge du bronze et remontant jusqu’aux années turbulentes de l’indépendance, en s’étendant sur tout le territoire de la Grèce, cette mémoire exalte la force d’une culture que tout aurait pu anéantir et qui a résisté.Ce musée n’a pas été conçu dans la seule perspective esthétique d'une histoire de l’art, chaque œuvre se trouvant au contraire insérée dans l'histoire spirituelle et politique de la Grèce et profondément reliée à ce que nous appelons aujourd’hui l’hellénisme.L’exposition, à tous égards exceptionnelle, qui est présentée au Musée canadien des civilisations illustre toute la richesse d’une tradition qui privilégie les relais et les dépassements.Les quelque 200 objets prêtés par le Musée Benakis sont divisés en quatre grandes époques: «Antiquité et période romaine», «Byzance», «Période ottomane» et «Période de l’indépendance».La tendance à séparer ces époques en les opposant peut se fonder sur des critères en apparence déterminants: par exemple, l’opposition du christianisme orthodoxe, et de son art de l’icône, au paganisme gréco-romain.Mais ce sont précisément ces divisions que la collection Benakis contribue à dépasser, en montrant d’abord la continuité de l’expérience grecque: toujours épris de sa liberté, ce petit peuple planté sur un territoire qui recouvrait autrefois toute l'Asie mineure, l’Hellesponl et la Grande Grèce a subi bien des dominations jusqu’à son indépendance.Durant toute cette histoire, la Grèce a maintenu intacte une langue et depuis La formation de l'orthodoxie, une adhésion sans faille au christianisme de Byzance.On ne peut donc-pas regarder les objets les plus anciens, comme cette magnifique cou-IX' d’or (Kylix de Dendra, au motif de lévrier embossé) ou cette tête de Paris en marbre pentélique comme s’il s'agissait d’un art détaché de la tradition qui se poursuit aujourd’hui.On doit en dire autant des superbes icônes de Crète, des évangéliaires byzantins, des objets d’art mineur venus de toutes les parties de la Grèce sous le règne des Ottomans, des tableaux héroïques des guerres pour l'indépendance.Chacun témoigne à sa manière de l’identité grecque, et c’est ce qui a guidé Antonis Benakis: rassembler ce qui est grec, en nourrir la mémoire, en montrer runité.VOIR PAGE E 2: BENAKIS Festival TransAmériques Le serpent et le grelot iiSMM à c .'¦S ‘ JACQUES NADEAU I.E DEVOIR Marie Chouinard La création dans la douleur, très peu pour Marie Chouinard.C’est pourtant au mythe d’Orphée et Eurydice que la chorégraphe s’attaque avec son nouvel opus, dans lequel, pour la première fois, de véritables mots sortent de la bouche de ses danseurs.LILI MARIN Coïncidence ou synchronici-té, cette œuvre nous arrive quelques semaines après le lancement de son premier livre, Chantier des extases (Editions du Passage), auquel elle a travaillé pendant quatre ans.Alors que les sons dans ses chorégraphies précédentes relevaient de l’explorèen (façon Chouinard), des phrases se sont carrément imposées cette fois-ci, dans un souci d’intelligibilité.De celle dont le souffle semble venir des entrailles, il ne faut cependant pas s’attendre à des répliques articulées normalement.Sans être narrative à strictement parler, la chorégraphie ne cesse de faire référence à Orphée, à Eurydice, à la descente aux enfers.«Ça faisait des années que je voulais raconter une histoire», confie Marie Chouinard.Celle de ce mythe grec était vraisemblablement destinée à cette chorégra- phie, car pleins d’éléments trouvés lors des premières semaines de création y faisaient écho.Des gens qui ont vu l’avant-pre-mière d’Orphée et Eurydice ont trouvé que c’était la pièce la plus violente de Marie Chouinard.«Moi, je pense que c'est peut-être une des plus comiques.J’ai l’impression que je n’ai pas les mêmes références que le monde.Par chance, j’arrive quand même à communiquer avec le public», dit-elle avant d’éclater de rire.La blonde du gars.Son interprétation du mythe est d’ailleurs originale, donnant beaucoup d’importance à Eurydice, faisant d’elle l’instigatrice.«Dans le mythe, c'est la blonde du gars, la femme sans paroles, comme toutes les femmes dans le monde occidental.» Or il faut bien que la nymphe des arbres ait quelque chose de plus que les autres créatures pour qu’Orphée en soit tombé amoureux.Selon Marie Chouinard, c’est parce qu’elle sait tout d’avance, ayant accès aux mondes souterrains grâce à ses racines et au monde «sus-terrain» grâce à ses branches.Par le mouvement naturel et facile de la sève, elle va chercher, flans la profondeur et la noirceur, les minerais dont elle a besoin pour créer son fruit.Pour Orphée, au contraire, le passage aux VOIR PAGE E 2: CHOUINARD e R I I I.K I) K V 0 I R .L K S S A M E l> I :1 I M AI ET I) I M A V (HE 1 J L' I X i 0 0 S K i CULTURE Aux limites de l’humain Un remarquable documentaire d’Arte sur une des plus célèbres tragédies aériennes PAUL CAUtMON Ce fut une des plus célèbres tragédies aériennes de l’histoire.Et près de 40 ans plus tard, ses survivants en racontent l’histoire en détail à la caméra.Le vol entre l'Uruguay et le Chili qui s’était écrasé dans la Cordillère des Andes en octobre 1972 a donné lieu à des récits écrits des survivants, et même à un film dramatique, Alive!.Mais l’année dernière un groupe de producteurs de France, d’Espagne et d’Argentine, autour de la chaîne européenne Arte, ont réalisé un remarquable documentaire de deux heures sur cette catastrophe, en rencontrant les survivants, qui s’expriment comme jamais ils ne l’avaient encore fait.Le 13 octobre 1972 (eh oui, c'était un vendredi 13.), 45 personnes sont à bord d'un avion Fairchild parti de Montevideo en Uruguay pour Santiago au Chili, avec arrêt à Buenos Aires.Dans l’avion, on retrouve en majorité des jeunes d’à peine 20 ans, des jeunes de bonne famille, qui ont fréquenté de bonnes écoles catholiques et qui font partie d’une équipe de rugby en congé quelques jours au Chili.Alors que l’avion survole les Andes, il se retrouve pris dans de sévères turbulences et s’écrase à près de 4000 mètres d’altitude, sur un platpau entre les montagnes impénétrables.Une autre dimension Les 29 survivants ne comprennent pas pourquoi certains corps sont déchiquetés alors qu’eux-mêmes n’ont que des blessures superficielles.Commence ;dors une aventure inouïe.lYis dans le froid extrême et la neige, complètement isolés, sans rien pour se nourrir autour, abandonnés par les secours (par miracle, une radio transistor qui fonctionne encore leur permet de capter les radios uruguayennes.et d’apprendre que les secours abandonnent les recherches devant l'impossibilité de les retrouver), ils se retrouvent devant une alternative impensable: mourir sur place ou tenter de survivre en mangeant les corps de leurs amis.Cette histoire incroyable, qui a fait le tour du monde, est racontée ici par les survivants eux-mêmes; elle est fdmée avec respect, sans démagogie.«Nous avons dû nous humilier jusqu'aux limites de ce que l’être humain peut supporter.Mais en même temps, nous partagions les mêmes valeurs», dit l’un d’eux.Le documentaire raconte la joyeuse atmosphère dans l’avion avant l’accident, puis le choc des premières heures.Mais rapidement, ces jeunes passent «dans une autre dimension», disent-ils, qui n’a plus rien à voir avec leur vie.Pendant les premiers jours, ils s’organisent en une minisociété pour pouvoir survivre, partageant les quelques places qui restent dans l’avion la nuit pour pouvoir dormir, se réchauffant avec des cigarettes, buvant de l’eau de Cologne.Témoignages saisissants Puis ils expliquent comment l’idée de se nourrir des autres leur est venue, et ce sont des témoignages saisissants.Certains veulent en faire une cérémonie parce que souhaitant «demander la permission aux morts de profaner leur corps».D’autres y voient une signification religieuse, comme le Christ qui a dit: «Prenez mon corps.» D’autres s’accrochent au souvenir de leurs parents et de leurs proches, faisant valoir que leurs parents seront anéantis s’ils meurent et qu'ils doivent survivre pour leur famille.Le seizième jour, une ava-lanche en emporte près d’une dizaine d’autres.Ce sont finalement l(i occupants de cet avion qui survivront pendant plus de 60 jours, en décidant de marcher dans les montagnes pour trouver un chemin, dans des conditions qui dépassent l’imagination.Cette histoire de survie est d'autant plus forte que le réalisateur a ramené quelques-uns des survivants sur les lieux mêmes de l’accident.Où des débris de l’avion sont maintenant surmontés d’une croix.Naufragés des Andes sera présenté dans le cadre de Destination Arte le samedi 31 mai, sur Artv, à 21h.Le Devoir Une histoire de survie d’autant plus forte que le réalisateur a ramené des survivants sur les lieux mêmes de l’accident PRÉSENTE UlUUSfEK DU 5 AU 13 JUIN 2008 AU THÉÂTRE PROSPERO RÉSERVATIONS 514.526.6582 1371, RUE ONTARIO EST MSTTKllK EN SCKNP PETER BATAKLIEV CHtWION COLLICTIVF A PARTIR D'UN TEXTE 0H1ÜINAL M?DAVE JENNlSS prSTHIHUTfON FT CüllECTIF VF.CREATION MARIE-EVELYNE BARIBEAU YVES SIOUI DURAND MARCO COLLIN DAV6 JENNlSS CATHERINE JONCAS CHARLES BEN0ER IJ’S CONCSPTBimS JONAS VÉROFF BOUCHARD CLAIRE GEOFFRION THOMAS GODEFROID NICOLAS GROU EMANUELLE LANGELIER PHILIPPE LAROCQUE ON JOUC AU .PROSPERO] I 's dfei v* iVs.i.’ïrjs:»'’ ' *c*t*mi tlfumNKUT v** Québec 5 ïi , .^ t'MdioiH'V «K MICHAEL S LO BO DI AN Une scène tirée d’Orphée et Eurydice CH0UINARD SUITE DE LA PAGE E 1 enfers est très difficile.«Il le fait une fois et, quand il en revient, il se fait décapiter par les bacchantes et déchirer en morceaux.» A l’image de son Eurydice, Marie Chouinard refuse d’adhérer au modèle de l’artiste torturé.«Je crois beaucoup que notre santé physique et mentale est une responsabilité et un devoir face à soi et face aux autres, parce que ce n’est qu’en étant soi-même sain qu’on peut rendre les gens autour de nous heureux.Ça permet l’acte de don.» Pour l’illustrer sur scène, elle a recours à des accessoires hautement symboliques, dont le ser- pent, qui sort de la bouche telle une prolongation de toute la colonne vertébrale, et le grelot.«Il y a plein de rapports avec la mythologie chrétienne.» Et, plus que jamais, Marie Chouinard a travaillé sur la dramaturgie.«En Allemagne, la semaine passée, j’ai encore interverti des choses.» Il faut dire qu’elle n’use jamais de la même méthode de travail.«Chaque fois que je commence une création, je suis toujours perdue, parce que je me fous toujours dans une situation que je ne connais pas, où je ne sais rien.Il faut croire que j’aime ça, parce que c’est toujours ainsi que je m’organise.Il faut que j’invente des solutions.» Et ce n’est pas l’inspiration qui manque, à cette femme toujours étonnée par la vie, le vert des feuilles ou l’effet du soleil dans le grand rideau blanc à la fenêtre de ses nouveaux locaux face au mont Royal.C’est plutôt le temps qui ne suffit pas pour tout réaliser.Outre trois autres projets chorégraphiques, Marie Chouinard élabore une nouvelle installation interactive avec Luc Courchesne, complètement différente du Cantique 3 quelle a présenté au Musée des beaux-arts de Montréal à l’automne 2007.Elle fera également, en septembre, une lecture complète de son livre au FIL (Festival International de littérature).avec Rober Racine au piano.Collaboratrice du Devoir ORPHÉE ET EURYDICE Chorégraphie et mise en scène: Marie Chouinard.Interprètes: Kimberley de Jong, Mark Eden-Towle, Masaharu Imazu, Caria Maruca, Lucie Mongrain, Carol Prieur, Manuel Roque, Dorotea Saykaly, James Viveiros et Won Myeong Won.Musique originale: Louis Dufort Au théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, du 2 au 5 juin, dans le cadre du Festival Tnm s,Amériques.BENAKIS SUITE DE LA PAGE E 1 L’hellénisme spirituel et esthétique Si donc, comme l’empereur Hadrien qui les aima et les protégea autant qu’il put, nous savons reconnaître les Grecs sous tout ce qui les accabla dans l’histoire, nous pouvons comprendre comment le concept de l’hellénisme, déjà formé à la période alexandrine, se trouva confinné dans le romantisme européen et put inspirer le mécénat de la famille Benakis.D’abord dans la pensée de Hegel, et aussi chez Hôl-derlin dans son merveilleux Hypé-rion, mais encore chez tous ceux qui au début du XK' siècle, alors que rien n’était gagné encore pour la Grèce, se firent les champions de cette culture comme civilisation historique continue, comme projet de liberté.On verra dans l’exposition ce portrait anonyme célèbre de Lord Byron en habits grecs: l'hellénisme spirituel s’accomplit avec lui.Mais il faut aussi compter avec un autre hellénisme, celui de la mythologie et de l'esthétique classique, dont les idéaux furent repris à Rome et ensuite dans l'art de la Renaissance italienne.Qui ne voit les liens étroits qui unissent l’art de l’icône et les primitifs italiens?On pourra en admirer ici plusieurs exemples bouleversants, où cet al liage si particulier de théologie savante et de piété populaire a produit des représentations uniques de l'émotion humaine.Cet hellénisme esthétique se nourrit de l’hellénisme spirituel, et il ne s’en détache jamais.Wmckelmann, Burckhardt et tant d'autres après eux ont montré comment la culture grecque a conservé l’héritage d’Athènes comme un legs dont elle avait la respon- sabilité pour l’Occident C’est donc tout cela qu’on peut voir dans l’exposition qui nous arrive du musée athénien de l’avenue Vasilissis Sofias.La collection Benakis permet en effet d’admirer des œuvres qui proviennent de la tradition la plus pure de l'art grec classique et hellénistique, mais elle ne les isole jamais de la vaste trame historique et spirituelle qu elles ont SOURCE MUSEE BENAKIS Icône de la Y’ierge de la tendresse (détail) # SU Venez entendre les nouvelles voix et les nouvelles écritures do notre dramaturgie.LES MOTS DU THÉÂTRE LES AUTEURS DRAMATIQUES AU F TA 0 Le 2 juin à 16 h BRITANNICUS NOW de Marilyn Perreault Mise en lecture de Jean-Frédéric Messier Le 3 juin à 16 h WWW.DÉSIR de René Gingras Mise en lecture de Philippe Lambert [hee] _^5tVal STUDIO-THEATRE DE LA PLACE DES ARTS Entrée : 12$.Billets en vente à la Place des Arts, à la MMtter» centrale du FTA et au Réseau Admission Une réalisation du Centre des auteurs dramatiques tà.: 514 288-3384 - cead@cead.qc.ca www.cead.qc.ca contribué à soutenir et soutiennent encore aujourd’hui.On y voit se côtoyer des objets de culte de l’époque byzantine, des icônes de plusieurs traditions, des pièces de joaillerie d’un raffinement incomparable et, au départ de cette chaîne, des objets aussi austères que ce casque en bronze provenant d’Olympie et témoignant de ces guerres fratriddes que blâmait déjà Platon dans sa République au nom même de l'identité grecque: «Qu’un Grec ne tue jamais un autre Grec!» Dieu sait que le sang a coulé sur la terre grecque, et encore au vingtième siècle dans ces déchirements qui conduisirent aux massacres et aux déportations de Smyrne en 1922! H ne faut pas être allé souvent en Grèce pour savoir que la mémoire de ce territoire, l’amour de cette langue chantée d’Homère à Elytis, la dévotion de l’orthodoxie tout comme son folklore populaire, se nourrissent encore de la nostalgie de Constantinople: l'hellénisme de la collection Benakis nous donne accès à cet amour dans sa forme la plus sereine, celle qui confie à l’art le soin de l'identité.Peuple admirable et résilient, les Grecs sont présents dans chacun des objets de cette exposition: des héros homériques représentés sur les vases aux héros populaires de l'indépendance, en passant par saint Georges pourfendant sans relâche son dragon, c'est un même appel qui n’a cessé de retentir.L’hellénisme, Hôlderlin le disait déjà, n’est que le langage pour l’entendre: c’est l’appel de la liberté.Collaborateur du Devoir LES GRECS Exposition présentée au Musée canadien des civilisations (Gatineau) du 30 mai au 28 septembre 2008.Le catalogue de l'exposition a été préparé par Electra Geor-goula et publié en langue anglaise {The Greeks.Art Treasures from the Benaki Museum) par le Musée Benakis, en collaboration avec la Fondation Calouste Gulbenldan, lors de la présentation de l’exposition à Lisbonne (27 septembre 2007 - 6 janvier 2008).L’exposition de Gatineau présente cependant plusieurs objets choisis spécialement pour l'étape canadienne de la tournée internationale de la collection.DERNIÈRE SEMAINE! ntANSAMâHOU)^ aanse|jté3*re 22 MAI AU 5 JUIN 2008 www.fta.qc.ca 514.844.3822 1.866.984.3822 J T90 124S " 1-000 361 4515 ADMISSION COM COMPLET POCSIE, SMASH UP Dana Glngraa 31 mai >1>2>3 juin Monument-National CABANS Paul-André Fortier 1>2>4>5 juin Multilieux SANDWICHS ET AUTRES SOIRS OUI PENCHENT Loul Mauffette 1>2 juin PDA/5e Salle IWANOW IMPORT/EXPORT L'INVISIBLE Anton Tchékhov Annabel Soutar Marie Brassard Dlmiter Ootacheff 2>3>4 Juin 2>3>4>5 juin 1 >2 juin Espace GO Usine C Monument-National ORPHÉE ET EURYDICE Marie Chouinard 2>3>4>5 juin PDA / Théâtre Maisonneuve GRANDE THÉORIE UNIFIÉE Martin Bélanger 3>4>5 juin Agora de la danse 4 f t LE DEVOIR LES SAM E 1>1 31 MAI E T D I M A \ ( Il E .1 l I X O O S K CULTURE FESTIVAL TRANSAMÉRÏQUE O F F .T .A .Tête chercheuse Marie Brassard se lance dans un nouveau mode d’exploration pour rendre un peu plus concret l’invisible.WÊÊÊÊÊÊÊË MARIK HEI KNE TREMBLAY LE DEVOIR «Je sais que c’est une chance de pouvoir prendre un vrai risque devant et avec un public qui le souhaite autant que moi», souligne Marie Brassard en parlant de son nouveau spectacle présenté au FTA, L’Invisible.MICHEL BELAIR f Etonnante Marie Brassard.Pantalon noir, chemisier noir, l’artiste toute menue est enveloppée presque tout entière, devant moi, par les bras goulus d’un grand fauteuil blanc.A la veille de la cinquantaine, le cheveu plus long qu’à l'habitude, l’air narquois, elle n'a jamais paru aussi radieuse.Alors que la photographe ne pourra la croquer que le lendemain, dans la cage de béton du café de l’Usine C, l'entrevue se passe dans la salle d’exposition du lieu de diffusion, dans un recoin, en biais avec la billetterie tenue par un auteur de polars, sous un ahurissant tableau de Justin Lalancette.Par terre, à ses pieds, il y a même une minuscule tasse de café expresso.A quelques heures près, nous sommes à une semaine pile de la première de L’Invisible, la plus récente création de l’artiste performeuse, qui sera présentée à quatre reprises à l'Usine du 2 au 5 juin, dans le cadre du festival TransAmériques.C’est notre première «vraie» rencontre.Jouer Etonnante Marie Brassard, donc.Fragile et gigantesque à la fois quand elle se met à se déplier la conscience, mot par mot, devant vous; quand elle parle, quoi.Ambivalente.Multiple.Constamment surprenante (elle se «surprend» efle-même, j’en suis sûr).Une femme totale, à sa singulière façon; entière, toujours dense.Une semaine avant la première — serez-vous si surpris?—, elle ne sait toujours pas ce que sera vraiment L’Invisible.Elle cherche encore.Même là, en ce moment.C’est que Marie Brassard cherche en jouant.Le jeu lui colle à la peau.Là, elle joue aussi à ce que dit l’interviewée, elle l’avoue en souriant, puis cela l'amène ailleurs, toujours aussi vraie, aussi «cherchante», aussi «tête chercheuse» partout où elle passe, assumant tous les rôles.Dans ses spectacles, elle aime raconter à quel point jouer avec les autres est devenu de plus en plus essentiel pour elle.Et aussi, bien sûr, que c’est comme cela que s’est imposé toujours plus irrésistiblement le besoin de jouer devant les autres.Elle me racontera d’abord comment L’Invisible va lui permettre de satisfaire d’une toute nouvelle façon ce fantasme de la mise à nu dans et par le jeu.«]e pense que c’est une pièce charnière pour moi: comme s'il y aura désormais après et avant L'Invisible.C’est un show qui marque une sorte de rupture; une rupture nécessaire parce qu’il est temps pour moi de passer à autre chose.Après Jimmy [créature de rêve], La Noirceur et Peepshow, c’est comme si j’avais senti le besoin de sauter, de me jeter à l’eau et d’explorer des territoires que je connais moins: en ce sens-là, L’Invisible marque me sorte de cassure.Je veux aller dans de nouveaux mondes.Sonores.Lumineux.Plus poétiques.C’est pour ça qu’avec mes deux complices musiciens, Alexander MacSween etMikko Hynninen, on a d’abord construit une sorte d’installation sonore et lumineuse, en explorant l’univers de la voix et des sons en général.On a beaucoup joué ensemble depuis deux mois», conclut-elle.Elle a toujours un peu travaillé comme ça, Marie Brassard.Ce qu’elle sait le mieux faire, comme elle dit, c’est «réunir des artistes pour jouer ensemble, pour explorer».Ici, elle a travaillé avec deux musiciens impliqués dans l’élaboration de la structure même du spectacle, et il n’est pas si étonnant de la voir insister davantage sur l’univers sonore qui, cette fois, devrait porter les personnages et raconter l’essentiel de l’histoire.Mais la prochaine fois, qui sait, elle pourrait fort bien travailler avec un plasticien, ou, pourquoi pas, une danseuse.De sorte que, même s’il n’y a «pas encore beaucoup de choses “placées” dans le show au moment où on se parle», il ne faut pas trop craindre pour le soir de la première.En fait il faut surtout retenir à quel point cela porte le fantasme à un autre niveau que de le voir ne se réaliser vraiment qu’en plongeant avec tout le monde, pour la première fois, le soir de la première — vous devriez voir son visage au moment où elle me dit cela, au piilieu d’un discret éclat de rire.Etonnante Marie Brassard.Du roman à la poésie Fini l’expresso.Pause.Un peu plus loin, les bruits du café de l’Usine se sont tus.Un ange passe, évitant de justesse, sous le plafond bas, le grand lustre en bouteilles de verre cassé.Marie Brassard est toujours là, derrière un sourire un peu moins déroutant à mesure que la conversation se déploie.Elle qui a pourtant le don des mots laisse flotter entre nous une petite phrase géniale, le temps de la faire dorer au soleil qui s’étire soudain sous les poutres de béton: «Au fond, c’est comme si je venais de passer du roman à la poésie.» Elle poursuit.«Même si je sais fort bien que je risque de continuer à explorer les mêmes thèmes, je veux oublier le mode d’emploi que je connais trop bien et aller vers une forme théâtrale plus épurée, prendre une voie et une voix plus abstraites.Je sens que je m’en vais plus vers la création d’ambiances sonores et de récits poétiques, parce que je suis maintenant plus capable de me laisser aller et que j’ai le goût de risquer encore plus.J'aime bien l’idée d’explorer à l’aveugle, je trouve cela d'une grande beauté.Il y a là quelque chose de très effrayant et de très beau à partager avec le public.D’ailleurs, je pense que le public qui m’attend au FTA et qui connaît mon travail est rendu là aussi, qu’il s’attend à ce genre de risque dans l’immédiat.Qu ’il veut voir le moment présent remis en question.» Cela peut sembler abstrait, et pourtant Marie Brassard n’a rien de la sécheresse de l’intello quand elle mâche la chair des mots qu’elle emploie.Elle parle abondamment de l’émotion.Sur tous les tons.L'émotion qui prend aussi la forme du risque engendré par l’expérience du spectacle: une émotion forte, profonde.C’est ce qui arrive quand on est amené à «faire sortir de soi un objet que l’on ne connaît pas».L’artiste est un véhicule, explique-t-elle encore de sa petite voix légèrement nasillarde, et pour que le courant passe entre lui et le public, il lui faut «se dénuder complètement en renonçant à l’orgueil.C’est une ex- périence très intense et encore mystérieuse pour moi puisque je navigue vraiment dans l'invisible quand je suis sur scène.Et je sais que l’invisible peut parfois être très palpable, dans certaines circonstances.Je me sens très privilégiée.Je sais que c’est une chance de pouvoir prendre un vrai risque devant et avec un public qui le souhaite autant que moi.» Bon.Nous plongerons donc ensemble, puisque le spectacle ne prendra forme qu’à la première, lundi soir, on le sait maintenant.Jusqu'ici, pas de costume, pas même vraiinent d’histoire même si le programme parle de deux «pôles», qui sont la ville de Berlin, avec la présence aussi constante qu’invisible du mur, et la supercherie littéraire entourant l’écrivain J T Leroy.C’est tout ce que l’on sait Comment tout cela s’amalgamera-t-il?Quelle sera la véritable place de la «structure lumineuse sonore» dans ce spectacle?Marie Brassard sera-t-elle différente de Marie Brassard?Mystère et boule de gomme.Et après?«Après, le spectacle va continuer à se transformer; ça bouge toujours, ça vit le spectacle vivant.Mais autour d’un axe solide.Jimmy.reste Jimmy.et La Noirceur — que j'ai bien le goût de reprendre avec tout ce qui se passe encore autour de ce building du centre-ville —, La Noirceur.Donc oui, j’ai comme projet de reprendre certaines choses, mais je sais surtout que je vis un moment important dans ma démarche artistique et que je m’aligne peut-être sur une autre direction.On verra.Là, je sais concrètement qu’il me reste quelques jours pour mettre en forme un objet que je ne saisis pas moi-même!» Là-dessus, elle sort, emportée tout autant par l’ampleur de ce qui lui reste à faire que par une idée qui passait, un éclat de lumière tombé devant elle, le motif dessiné par les nuages sur le mur de brique devant, ou par une odeur qui.Tête chercheuse.Toujours.Le Devoir L’INVISIBLE De et avec Marie Brassard, Alexander MacSween» et Mikko Hynninen.A l’Usine C, du 2 au 5 juin, dans le cadre du FTA Une très, très mauvaise idée PERSÉE Texte, mise en scène, interpretation et manipulations diverses: Olivier Ducas, Mathieu Gosselin et Francis Monty.Une production de la l’ire Flspèco destinée à tous les publics, à compter de 14 ans.présentée au Théâtre d’Aujourd’hui jusqu'au 14 juin.d;uis le cadre du OFFTA MICHEL K É LAI K Surprise de taille, l'autre après-midi, d;ms la petite salle Jean-Claude-Germain du Théâtre d’Aujourd’hui.D'abord la «version achevée» du Fersée de la l’ire Espèce: une réussite plus ramassée, moins ép;u'-pillee que la première mouture, qui remonte à 2005 déjà.Mais surtout le fait que quelqu'un a eu la très mauvaise idée de présenter la première de cette nouvelle cuvée, un spectacle qui visiblement s'adresse à tout le moins à des adolescents, devant des bébés accompagnés de leur maman! Bouh! Sus à l’affreux! L’initiative est, pour le moins, de In's mauvais goût.Et même si j’aime beaucoup le travail des gens de la Pire Espèce, il faut leur taper sur les doigts pour avoir ainsi voulu «faire gentil» et suivre un peu la mode en invitant des spectateurs qui n’avaient strictement rien à fctire fa.Du théâtre ixmr bébés, c’est du théâtre pour bébés avec St's contraintes, ses limites et ses spécificités: ce n’est pas n’importe quoi avec une maman à l’autre bout! Avant que les gens qui étaient fa — pauvres parents exaspérés et mal à l’aise! — ne retrouvent le goût de retourner au théâtre avec leurs marmots, la banquise aura trouvé le temps de dériver jusqu’entre les deux solitudes.Tout cela pour dim que cette monumentale erreur d’aiguillage a presque failli bousiller l’arrivée de la nouvelle mouture de Fersée.Ai Ixmt de cinq minutes, une fois passée fa première vague de cris provoqués [Kir le noir du début, le bal est reparti de plus belle avec des accalmies survenant ici et fa au giv des (trop!) rares suiprises de fa trame sonore.Quel fouillis! Quelle mauvaise idée! On en vc-nail presque à croire |>ar moments qu’on était dans une étrange garderie mal éclairée plutôt qu’au théâtre.Ifar contre, quand le silence se faisait et que l’on pouvait suivre à nouveau ce qui se passait devant — bien sûr, j’en mets im peu.— il fallait presque chaque fois se faire un ix-tit résumé pour saisir où on en était dans l’évolution de l’histoire.Heureusement, c’est la même.Cette folie sur le mythe de Persée est tout aussi drôle, tout aussi inventive et encore plus efficace que dans sa première venue; surtout lorsque le texte plonge dans la vie plus intime des personnages.Brèlle, comme dirait Ubu, Fersée est une exigeante plongée qui se lit à plusieurs niveaux.Et la production mérite certes qu’on lui accorde toute l'attention qu’elle commande, sinon on risque de perdre patience et de jeter le bain avec l’eau du bébé.Ou quelque chose comme.Ia’ Devoir YANNICK MACDONALD Mathieu Gosselin, Francis Monty et Olivier Ducas dans Persée 13 AU 21 JUIN 2008 32 concerts -180 musiciens WWW.LOFFFESTIVALDEJAZZ.COM KEJfBHs KjBn| VjflHH 20 h Lion d'Or Sala Rossa Sala Rossa Lion d'Or Lion d'Or Lion d’Or Lion d’Or Lion d'Or Lion d'Or 21 h 30 et la Fa Pourpour Barnyard Drama ^ Lauzier SUN RA Myhr ARKESTRA Martel Tétreault G.Allen All up in there Normand Guilbeault Projet Rlel Série de concerts à 17 h au Pub St-Ciboire (gratuit) / Série à 22 h au Dièse Onze (8 $) Canada MONTREAL 2008 éT fVJQ pcriVpO Montréal® £ U; DK VOIR Québec i.rnirnm 0 LOFF * J^Z 1*1 QE £D\T\0N \ï-30.^ r>tj MONTflfAt, Montreal >; jæ SUN RA ARKESTRA "SCARNELLA ROSWELL RUDD/MARK DRESSER 305COE MITCHELL ONEIDA NILS CLINE SINGERS EXCEPTER ALAN & RICH BISHOP PLAY SUN CITY GIRLS FRANCISCO LOPEZ EVAN PARKER/BARRY GUY/PAUl LYTTON ’"POWERHOUSE SOUND (vandirmark, mcbride & 2 membres de tortoise) "NEPTUNE CARLA BOZOUCHS EVANGELISTA THEE SILVER MT.ZION ’’TREN BROTHERS (2/3 de Dim THREE) SANDRO PERRI VIC CHESNUTT TIMHECKER MICHAEL HURLEY GRANT HART LOREN CONNORS rAARON DILLOWAY THE LUYAS matana ROBERTS MISSISSIPPI MOONCHILE rPAUL FLAHERTY AlDAN BAKER RETRIBUTION GOSPEL CHOIR (membres de low.AV & EE with the golden road PAAL NILSSEN-LOVE/MAGNUS BROO POP LEVI tP BLONK QUATUOR BOZZINI NMPERIGN sam smalabi s LAND OF KUSH HALL/WILLIAM HOOKER/DOMINIC DUVAL HARD CELL (berne taborn/rainey) ILLIPOP PEOPLE FREE FALL (K.vandermark/h.wiik/i.maker flatenj LAKE OF STEW XCPHERSON SPIRES THAT IN THE SUNSET RISE THE MURRAY STREET BAND JADLER rainer Wiens IN C ENSEMBLE MT.EERIE KT BEAUCOUP PLUS! é F * I.h.H K V 0 I H .I.F.S S A M E I» I I M A I E T I) I M A \ < H E I .1 C I N 2 JAZZ MUSIQUE C L A S S I Q U E Mingus au Upstair’s et Louis Riel à l’Off SERGE TRUFFAUT Stanley Gayetzky, dit Stan Getz, avait coutume d’affirmer que la contrebasse était l’instrument le plus important.Dans le jazz s’entend, évidemment.Bien conscient qu’on est un peu couillon aux entournures.on ne se permettra pas, ne serait-ce qu’une seconde, de contester cette assertion.D’autant moins que l’aristocratie du jazz partageait un peu, beaucoup, énormément l’affection de Getz pour l’instrument le plus apte à ponctuer les moments graves et à ramener les improvisateurs au ras des pâquerettes au moment voulu, ou plutôt au bon moment.Au contrebassiste revient le devoir de touiller les notes des autres, d’en faire une sauce homogène.Bref, de lier le tout.On se rappellera que Duke Ellington vécut comme une tragédie la mort de Jimmy Blanton.On se souviendra également que Count Basie a salué jusqu’à la fin la mobilité que Walter Page avait apportée à sa phalange du swing.On sait ce que John Coltrane doit à Paul Chambers et on sait aussi que, sans la finesse de Percy Heath, le Modem Jazz Quartet aurait été une pâle copie de ce qu’il fut.Et puis, tout un chacun sait que le plus grand des grands du jazz était et demeure.Charles Mingus! Entier Ce qui noqs amène à Normand Guilbeault.A ce musicien essen- SOURCE ÉRIK SAINT-PIERRE Normand Guilbeault Avant toute chose, il faut rappeler que c’est demain que débute le festival Suoni per il popolo.Le trio free-jazz de Glen Hall, William Hooker et Dominique Duval donnera le coup d’envoi à cette fête, au sens jouissif du terme, à la Casa del popolo, alors qu’Excepter, Shalabi Effect, Intercom et le Ail Dressed Trio se relayeront sur la scène de la Sala Rossa.Des spectacles à l’affiche au cours des prochains jours, un est en particulier à retenir.H s’agit du duo formé par le contrebassiste Mark Dresser et le vétéran tromboniste Roswell Rudd.Prix d’entrée: 23 $ à l’avance, 25 $ à la porte.Les billets sont disponibles à la Sala Rossa ainsi que chez les disquaires Cheap Thrills, L’Oblique, Atom Heart et Phonopolis.Pour plus d’information, on peut appeler au 514 2844442.?La réédition par excellence des derniers mois?Le Complete Capi- tiel qui ce soir occupera la scène du Upstair’s.En fait, il va pour-suivre l’enregistrement d’un live consacré à l’œuvre immense de.Mingus.Avant de proposer, dans le cadre de l’Off Festival de jazz, les compositions qu’il a écrites pour souligner les hauts et les bas politiques de Louis Riel.Spectacle qui, soit dit en passant sera présenté au Grand Théâtre de Québec le 2 juillet prochain.Bref, l’actualité musicale se conjuguant en grande partie avec Guilbeault c’est l’occasion de revenir sur son parcours.Bon.C’est tout simple: depuis trente ans qu’il arpente les salles, les géographiquement proches et les physiquement éloignées, depuis trente ans qu’il fréquente les studios, Guilbeault n’a jamais, jamais, jamais pennis à la frime, au racolage ou encore à la médiocrité d’accoster son territoire.Il était et reste trop passionné et trop respectueux du travail accompli par Mingus, Roland Kirk, Monk et autres artistes faisant de la «voodo music» pour baisser la garde.En un mot il est entier.C’est bête à dire mais Guilbeault n’est pas un grand musicien montréalais, québécois ou canadien.Lorsqu’on ausculte le travail qu’il fait dans le jazz ou en accompagnant les Richard Desjardins de ce monde, lorsque surtout on l’écoute, on se rend compte que l’indifférence à son endroit est impossible.Il ne laisse personne indifférent En fait, il n’est pas exagéré de dire et de souligner que Guilbeault est un grand de la catégorie des grands vivants.Il est le frère d’armes de Jean Derome, de David Murray, de John Zorn, d’Ar-chie Shepp, de Hamiet Bluiett, de ces musiciens que le ronron tranquille imposé par les Torquemada du jazz insupportent.En membre honorable de cette catégorie, Guilbeault a ceci de très rare de nos jours: la fibre contestataire.Rien .d’étonnant d’ailleurs à ce qu’il ait consacré des heures, des semaines, des mois de travail acharné à décrypter les compositions et les écrits de Mingus, de Jack Kerouac et de Louis Riel pour mieux en traduire, musicalement il va sans dire, les vérités.A cela s’ajoute qu’il est membre à part plus qu’entière du TGR, comme dans Très Grand Groupe.En coulisse toi Recordings 1954-1955 du saxophoniste et clarinettiste Jimmy Chiffre.Le tout a paru sur cette extraordinaire étiquette espagnole qu’est Fresh Sound.Supposons un instant que vous voulez tout savoir sur le jazz West Coast ou cool jazz mais que vous n’avez jamais osé le demander.Et alors?C’est cet album qu’il vous faut D’autant que Giuffre est accompagné de la fine fleur du jazz californien de l’époque.On pense notamment au batteur Shelly Manne et au trompettiste, compositeur, arrangeur Shorty Rogers.Petite note: on s’est procuré ce disque chez Cheap Thrills.?Le contrebassiste Dennis Irwin est décédé le jour même d’un concert-bénéfice organisé pour l’aider à payer ses factures médicales.H avait 56 ans.Ceux qui fréquentaient Le Soleil levant de Doudou Boicel dans les années 70 se souviendront certainement de Soit celui qu’il tonne avec le saxophoniste Jean Deroiqe et le batteur Pierre Tanguay.A leur actif?Deux albums parus sur étiquette Ambiances magnétiques dont on conseille vivement l’achat si cela n’a pas été fait.Parce que.Parce que ce que Guilbeault et ses complices font à trois, d’autres ne peuvent pas le faire à moins d’être une douzaine.C’est pas des blagues! Que font-ils?Ils revisitent le répertoire de Duke Ellington aussi bien que celui d’Eric Dolphy, de Lennie Tristano, de Roland Kirk ou de Misha Mengelberg.Et le plus souvent croyez-nous, ils rajoutent Ils bonifient ou plus exactement ils dépoussièrent des morceaux engoncés dans la patine du temps.Bref, pour employer la langue économique, ils produisent de la valeur ajoutée.C’est dommage, grand dommage, que ce groupe ne soit pas plus souvent invité à occuper les scènes du monde.C’est même incompréhensible.En fait, non.Si Guilbeault et ses compères ne sont pas régulièrement à l’affiche, c’est parce que leur musique n’a pas ces accents qui font écho au conservatisme ambiant comme dominant.Etant vivante, énergique et parfois décoiffante — heureusement! —, elle est propre à déranger l’ordre établi.Tout cela dit, Guilbeault va donc enregistrer, ce soir au Upstair’s, son troisième opus consacré à Mingus en compagnie de Jean Derome aux saxos, de Mathieu Bélanger aux clarinettes, d’Ivanhoe Jolicœur à la trompette, de Normand Deveault au piano, de Claude Lavergne à la batterie et de Karen Young invitée à chanter sur deux ou trois pièces.Ensuite, le 20 juin, il présentera dans le cadre de l’Off Festival son Projet Riel au lion d’Or.Depuis la première, il a peaufiné certains angles.Elagué ici, ajouté là.A ses côtés, il y aura une dizaine de musiciens ainsi que les narrateurs Fortner Anderson et Paul Chaput Bref, ce sera sans aucun doute l’événement de la 9' édition de l’Off avec le show du Sun Ra Ar-kestra à la Sala Rossa Quoi d’autre?Rien, si ce n’est qu’il faut aller à la rencontre d’un musicien hors normes, donc incontournable.C’est dit! Le Devoir l’avoir entendu aux côtés d’Art Bla-key.Oui, Irwin fut un Jazz Messenger après et avant d’avoir accompagné Annie Ross, Johnny Grffin, Tony Bennett, Chet Baker, Stan Getz et Mose Allison.«If you live / your time will come».?La nouvelle configuration du San Francisco Jazz Collective est la suivante: Joe Lovano et Miguel Zenon aux saxos, Dave Douglas à la trompette, Robin Eubanks au trombone, Renee Rosnes au piano, Matt Penman à la contrebasse, Stefon Harris au vibraphone et Eric Harland à la batterie.?Dans la dernière livraison de Down Beat, on peut lire une entrevue instructive avec le trompettiste Freddie Hubbard, aujourd’hui âgé de 70 ans.On propose également un portrait du batteur Brian Blade.Serge Truffaut r\ Hydro Québec présente ABONNEZ-VOUS et profitez des rabais! festival Orford 2008 FORFAIT REPAS-CONCERT À L’AUBERGE DU CENTRE D’ARTS ORFORD Forfait « Repas et concert professionnel » : 52$ p.p Forfait « Repas et concert de la relève » : 20$ p.p.CONCERT PROFESSIONNELS pour 3, 6, 12 ou tous les concerts obtenez de 10 à 25% de rabais BEAUX CONCERTS DE LA RELÈVE Passeport 8 concerts : 25$ Passeport 20 concerts : 50$ DU 20 JUIN AU 16 AOÛT 2008 www.a rts-or ford.org 3165, chemin du Parc, Orford (Québec) billetterie@arts-orford.org | T 819 843-3981 1 800 567-6155 (sans frais au Canada) unuMMLirt rte M oolnxic# Qurtx* centre d'arts orford Nareh, tout simplement CHRISTOPHE H U SS Lt ovation qui a jailli du theatre Maisonneuve à l’an-' nonce de la victoire de Nareh Arghamanyan à ; l’issue du Concours musical international de Montréal faisait plaisir à entendre.In jeune Arménienne a | fait l’iinanimité ici.Mais dira-t-on un jour, d;uis le mi | lieu musical, «Nareh» comme on dit «Martha»?Cela I demande beaucoup de talent, les bons concours de circonstances et beaucoup de chance.De la chance, Nareh Arghamanyan en a eu en pas-; sant systématiquement en tin de chaque épreuve, le jury allait délibérer avec, en tète, cette dernière impression, si forte.L’épreuve, un peu en retrait, tut sa finale, de très haut niveau pourtant.La pianiste arménienne de 19 ans a conquis les cœurs des spectateurs par la sincérité de sa musicalité.I Dis-moi comment tu joues et je te dirai qui tu es.Au-j cune surprise donc, lors de l’entretien accorde au Devoir, de se trouver face à mi être htunain simple, limpide et franc: «Mon premier mouvement de concerto de Tchaikovski n 'était pas bon; je n 'étais tout simplement pas là.Je n 'ai jamais été aussi nerveuse.» Comme une pro.la pianiste a pris les choses en main dims le 2 mouve-ment, elle qui s’étonne «de tout le tnmiil que l'on peut taire en une heure de répétition».C’est elle qui a demandé à l’orchestre de jouer phis rite ce volet central.Jean-Marie Zeitouni a tout de suite été d’accord et tout le monde dais l'orchestre s'y est plié de bonne grâce.Grandir Quand on lui demande de parler de cette victoire lois de sa première participation à un concours de la federation des grands concours internationaux, Nareh Arghamanyan évoque en premier lieu la réponse du public: «Je sentais que ça passait, je ressentais le public répondre.Vraiment, j’ai joué dans quelques pays, mais je n'ai jamais vu un public comme ça.» Et en plus, c’est sincere.Son temps de préparation a été limité au strict minimum: «15 jours au retour de Séoul», où elle avait passé, en avril, un premier concours.Contrairement à bien des candidats professionnels, que j’ai vilipendés dans ces colonnes depuis dix jours et qui présentaient en 2008 à Montréal ce avec quoi ils essayaient déjà de se faire valoir ailleurs en 2003 et en 2004 (Elizabeth Schumann, pour ne pas la nommer), Nareh Arghamanyan a changé complètement son programme entre Séoul et Montréal.«C’est curieux, dit-elle, ces dernières semaines, je me suis sentie grandir.» Mais elle n’a pas été sur une sorte de nuage tout le temps.A la surprise des spectateurs, sans doute, elle nous révèle qu’elle était «vraiment malade» le soir de sa demi-finale: «J’ai pris des cachets dans l’après-midi, mais je n’étais pas à l’aise du tout.J’ai fait moins bien que ce que je pouvais et le piano répondait d’ailleurs moins.J’avais l'impression d’être à 30 ou 40 % de mes possibilités.» Trente à quarante?Quand elle est à 100 %, ça doit être quelque chose! le 1" Concerto de Tchaikovski en finale n’était pas un choix de cœur.«Je l’aime bien, je le jmais pour la seconde fois et je le présenterai aux Boston Pops le 21 juin, puis à Tanglewood cet été, dit-elle.Mais je l’ai surtout choisi parce que les concertos russes, ça marche; ce stmt des concertos gagnants», une réflexion qui recoupe exactement celle exposée par le jury lors d'une rencontre avec la presse mercredi.Par opposition, les juges classent le 1" Concerto de Chopin, le Concerto de Schumann et les concertos de Mozart panni les «concertos perdants».Justement le 1" Concerto de Chopin est le concerto préféré de Nareh Arghamanyan, qui le cite juste après le 2 Concerto de Saint-Saëns et le l'Concerto de liszt.La phrase la plus percutante lors de la rencontre avec le jury a été celle du Hongrois frnre Rohmann: «Les pianistes qui m’intéressent sont ceux pour lesquels j’aurais envie d’acheter un billet s’ils donnaient un récital.» Voilà le critère de ce juge (chacun semblait en avoir un différent d’où, sans doute, l’étrangeté de certains choix), qui n'a trouvé au concours que deux pianistes de ce calibre: Nareh Arghamanyan et Alexander Moutouskine.PHOTO Cl N'I'UI K UAMIM K Nareh Arghamanyan a fait l’unanimité au Concours musical international de Montréal.Quant à la lauréate, son concurrent dont elle aimerait voir un concert est Sergeï Saratovski, le Russo-Canadien, qui l’a impressionnée dans la Sonate de Bartok et La Sonate en re majeur Hob.XV1.37de 1 laydn.Ut miraculée Cette pianiste qui sera diplômée en 2009 de l'Uni versité de Vienne ne sait pas si elle va poursuivre des études ou tenter de se lancer d’emblée dans une ciu rière.Peut-être un concours du calibre des plus grands l’aidera pour cela.Apparemment, le Concours Busoni a sa faveur.La jeune femme, dont le modèle pianistique est Claudio Arrau mais qui admire aussi Martha Argeri-eh, Wilhelm Kempff et Milsuko Uchida, a un destin assez étonnant, ht prolifique communauté arménienne présente lors des finales avait échafaudé dans les coulisses toute une légende autour de la «miraculée du tremblement de terre en Arménie», ht rumeur grossis sait comme la taille des sardines dans le ix>rt de Mai seille.Etant née six semaines après la tragédie de dé cembre 1988, on sentait qu’il y avait comme une eertai ne exagération à tout cela.Mais tout de même un fond de vérité, recadré par Nareh Arghamanyan: «En fait, c’est vrai, j’ai jailli mourir à la maternité.Il y a eu des répliques après le gros tremblement de terre et on m’a raconté que quelqu’un, lors d’une de ees répliques, m’avait laissée au bord d’une fenêtre alors que je n 'étais âgée que de quelques jours, alors qu 'il faisait moins 20 degrés dehors.Je suis restée trois heures ainsi.On m 'a dit que fai eu beaucoup de chance de ne pas mourir de froid.» Une fois la vie sauve, Nareh met les bouchées doubles.«Je me suis mise au piano à cinq ans.J’ai corn mencé par composer.Puis à six ans, j’ai arrêté la composition et me suis entièrement consacrée au piano.» Elle donne son premier récital à la fin de sa sixième année, gagne son premier concours à sept ans.Trois fois par semaine ses parents font deux heures de route pour l’amener prendre des cours à Erevan, la capitale de l’Arménie.Conséquence: à 11 ans, elle gagne le second prix au Concours Gina Bachauer.«Iw montant du prix a permis à mes parents,de s'aeheter un logement à Erevan», se souvient-elle.A 14 ans elle a bouclé son cursus scolaire (!), mais au lieu de rentrer à l’université, elle part pour Vienne étudier le piano.Elle y rit avec sa mère, sa sœur et son frère.Mercredi, parmi mes courriels, j’avais un message de Mario 1 abbé, président d’Analekta, me demandant de «dire à la pianiste arménienne, "fai bien hâte de faire un disque avec elle.”» Tout le monde a hâte, comme j’avais hâte, pour la première fois en cinq ims, de faire le portait d’un lauréat de concours.Beaucoup ont hâte de la réentendre ici, hâte de la voir jouer le 1" Concerto de Chopin, hâte de savoir si, un jour, dans dix ou quinze ans, le monde musical l’appellera «Nareh».On se souviendra alors que ce prénom a éclos à Montréal.Collaborateur du Devoir PALAIS Courez la chance de gagner un crédit-voyage de 2 000$ offert par Voyages CAA-Québec en vous abonnant avant le 23 juin 2008.Détails sur le www.palaismontcalm.ca M 11 NTCALM à partir de 105$* Saison 2008-2009 I Muvrini Tcheka Dobet Gnahoré Mariza Autres séries d’abonnements: Classique - À la carie - Après-midi - OSQ • taxes at trais cia service inclus Billetterie : 418 641 -6040 • 1 877 641 -6040 Grand partenaire BANQUE NATIONALE Voyages leSoleil www.palaismontcalm.ca Québec SS Ville de ! Québec i y b 1 K (; E l> E V 0 I K .L E S S A M E I) I M AI ET DI M A V € H E I ' N 2 0 0 8 Hors d’usage et efficaces LAMBINATRONIQUE Peter Hemming Oboro 4001, rue Bern, local 301, jusqu’au 21 juin.JÉRÔME DELGADO Manuel (ou Manual) est certainement la machine la plus active des cinq exposées.Son balai balaie ou, si votre visite du centre Oboro coïncide avec le mouvement contraire, c’est la poussière qui s’accumule en petits monticules.Oui, la machine est active, ses actions, visibles, laissent des traces — le sol prend même une teinte à force d’être déblayé.Cependant, les gestes, répétitifs, toujours rotatoires, demeurent lents.Très lents.Comme si ce robot, las de faire une chose et son contraire, mourait tranquillement.Les quatre autres œuvres cinétiques de cette exposition, faisant de l’électronique et de la robotique quelque chose d’insensé, semblent encore plus branchées au respirateur artificiel.Si la chance vous sourit, un bruit soudain vous permettra de croire que vous assisterez à un éventuel, mais peu probable, réveil.L’expo s’intitule Iximbinatrimique.Les installations, œuvres de Peter Flemming, un artiste canadien aujourd’hui établi à Montréal, sont en effet lambines, ijiollasses et peu aptes à travailler.A l’entendre parler, ses machines sont presque humaines, ont leur propre personnalité, et «leur comportement peut être perturbé».Flemming reconnaît d’emblée revenir «chaque jour» pour ajuster, vérifier, améliorer certains filages.«C’est comme un piano qu’il faut accorder constamment», dit-il.L’œuvre Chœur de moteurs peut se faire aussi entendre à l’occasion.Des piuineaux de verre disposés en cercle y émettent des sons selon une lente rotation; l’œuvre est hautement poétique, dans la lignée du Motet à quarante voix de Janet Cardiff ou du Echotriste de Jean-Pierre Gauthier.Ode à la paresse A contre-courant du rendement maximal qui caractérise notre société pro-machines, Peter Flemming propose des objets dont la performance découle de nom- En fait, tout le plaisir consiste à voir ces installations cinétiques au repos, à ne pas les voir agir, finalement breux aléas.A commencer par le taux d’ensoleillement: ces pièces carburent à l’énergie solaire.Il y a longtemps que les puits de lumière d’Oboro n’avaient pas ainsi été mis à profit, depuis peut-être l'expo Fipilotti Rist (2000).Ça change des salles sombres.L’allure archaïque et artisanale des machines et le résultat peu perceptible ne font pas moins de l’artiste un habile technicien.D’ailleurs, si Manuel, la seule œuvre ancienne (de 2001), fonctionne mieux que les autres, c’est que l’artiste a légèrement trafiqué son alimentation.Les autres, tel que ce monstre composé d’un baril et de plusieurs bidons d’eau (Ecoulement délibéré en vue d'abaisser un lest lambin en pleine lévitation, œuvre de 2008), vibrent au rythme de petites doses d’ëpergie.A l’instar de son bon ami Jean-Pierre Gauthier, Flemming est un féru d'électronique.11 en est même un fou fini, si l’on se fie aux quelques manuels illustrés exposés, une petite part de ce qu’il collectionne et qui l’obsède depuis son enfance.En fait, et là est tout le plaisir à voir ces installations cinétiques au repos, à ne pas les voir agir, finalement, Peter Flemming lance une ode à la paresse, un appel au calme, une invitation à prendre le temps.Qu’il se tourne vers l’énergie solaire (et un jour l’éolienne, projette-t-il) ne découle par d’un engagement politique.Il se montre même critique: ces nouvelles grandes industries imposeront aussi leurs routines de consommation, leurs obsessions de rendement et de fonctionnalité.Métaphores humaines, aux gestes «inutiles», les installations électromécaniques de Flemming ont aussi leur portée poétique.Réflexion sur l'apesanteur (une brique suspendue), sur les éléments naturels (soleil, eau), l’œuvre Ecoulement délibéré.et son Prototype (pièce expérimentale antérieure) sont une évocation d'un système, d’un réseau complexe de canaux et de conduits.«Il y a beaucoup de petits éléments qui prennent le temps de se connecter, dit-il, C’est comme un arbre qui pompe son eau lentement des racines jusqu’au sommet.» Collaborateur du Devoir \) © WWW.KLOUG.ORG/EMMANUELLE LEONARD Capture de sons V.L.F.sur la Baltique, 2002, de Jean-Pierre Aube Un trio de phénomènes PHENOMENA Galerie de l’UQAM 1400, rue Berri, salle J-R120, jusqu’au 21 juin.JÉRÔME DELGADO En marge de la grosse Triennale québécoise du Musée d’art contemporain, voici la version de la Galerie de l’UQAM, format réduit et thématique.Un trio d’artistes (Jean-Pierre Aubé, Patrick Coutu, Isabelle Hayeur) aussi phénoménaux que ce que le musée d'Etat prétend présenter — Coutu et Hayeur font d’ailleurs partie de la Triennale.L'expo universitaire porte certes le titre de Phenomena pour d'autres raisons, elle n’en est pas moins censée réunir trois phéno- M : mx "'"G CIRCUITS CULTURELS Cet été, trois dates pour LE LOUVRE À QUÉBEC 28 juin - 23 juillet - 23 août Deux concerts au FESTIVAL DE LANAUDIÈRE 5 juillet - 2 août Aussi, le FESTIVAL DE TANGLEWOOD, de MARLBORO.25-26-27 juillet www.lesbeauxdetours.com (514) 352-3621 En collaboration avec Club Voyages Rosemont Armoire aux mémoires, 2006 Objets divers et lumière 40 x 153 x 24 cm A Et si i'étHs tout ce que ïai rêvé d’étre, 2004 Médiums mixtes 16 x 32 cm mènes.Louise Déry, la directrice de la galerie (ici comme commissaire) , ne cache pas, elle, ses inten-tions.Elle reconnaît volontiers avoir voulu profiter du séjour à Montréal d’un grand nombre de commissaires internationaux (les congressistes de ITKT de passage il y a quelques jours) pour montrer nos «jeunes» talents.Qui sait ce que ces experts de l’étranger auront vu et retenu de tout l’éventaire qu’on leur aura soumis; Phenomena en demeure sans doute un des meilleurs «résumés».L’exposition ne se démarque pas seulement pour la qualité du travail exposé, mais aussi pour sa diversité (photographie, sculpture, vidéo, art sonore) et la cohérence, la justesse, de son thème.Ancrée indirectement dans les préoccupations environnementales actuelles (telle la vulnérabilité de la planète), l’expo propose une exploration du genre paysage et un survol de la manière dont des artistes le transcendent aujourd'hui.D’une forme de représentation à l’autre Le trio Aubé-Coutu-Hayeur (chacun ses moyens et ses techniques) sonde des phénomènes naturels (ou pas) et peu perceptibles à l’œil humain — et à l’oreille.Vestiges enfouis, territoires modifiés, champs magnétiques.Voilà la révélation, plus poétique qu'accusatrice, des dessous de notre civilisation et des effets de notre présence sur la terre.En galerie, la cohabitation de ces univers est fort habile et va de soi.Parfois, elle est de l’ordre de © PATRICK COUTU/RICHARD-MAX TREMBLAY/GALERIE SIMON BLAIS Chute, 2007, de Patrick Coutu l’ambiance générale, atmosphérique pourrions-nous dire, un esprit zen régnant et invitant à la contemplation, à la méditation.Les ondes hertziennes de très basse fréquence que Jean-Pierre Aubé diffuse à la grandeur de la salle en sont certainement responsables, mais pas seulement La lenteur de ses vidéos, l’impression de désolation, d’abandon que laissent entrevoir les sculptures de Patrick Coutu et les paysages en métamorphose photographiés par Isabelle Hayeur contribuent largement au recueillement Certaines œuvres se répondent, se complètent assez bien, comme dans ce face-à-face entre l'image Retournement, d’Hayeur, et la structure Vent soudain, de Coutu.L’une dévoile des trésors souterrains, la seconde, les forces aériennes, les deux le fai- MUSÉE D’ART DE JOLI ETTE 08 Jean-Paul Lemieux l,i Période classique, 1950-1975 Françoise Sullivan Les Saisons Sullivan É t é Il nui - Jl août 2008 25 mu - .M août 2008 Tacita Dean Oswaldo Macià Luis Jacob Femsehturm Citiunny • Surrounded in Tears • Something Going on Above my Head A Dance lor Tliosc ot L’s Whose Hearts 1 law Turned to Ice • Album 111 11 nui - 24 août 2008 25 imi - 24 août 2008 25 nui - 31 août 2(^08 MuttC D'ART DI JOLlCTTC 20071 145, rue Wilfrid-Corbeil Joliette (Québec) CANADA (450) 756-0311 www musee.joliette org Mardi au dimanche, 12 h è 17 h Québec î & lânautffêre Sylvie Gosselin et Luc Prairie MÉMORIAL - suites lumineuses Marie-Ève G.Rabbath .et si j'étais tout ce que j'ai révê d'être.Jusqu'au 22 juin 2008 Commissaire : Jessica Dupont «flKD-PilKM MAISON D€S ARTS DE LAVAL 1395, boulevard de la Concorde Ouest Renseignements : 450 662-4440 www.vite.lavaLqc.ca &Mrt du nuns au dvnandw 4» U M 17 A le wMied du 9 U12 h M du 13 h 120 A lutreu tue.GALERIE SIMON BLAIS www.galeriesimonblais.com 514 849-1165 CHRISTOPHER MANGIARACINA BEAUX-ARTS DES AMÉRIQUES COLLINS LEFEBVRE STONEBERGER 4928 rue Sherbrooke Ouest www.collinslefebvresfoneberger.conn Exposition L’ÂGE DE RAISON François Gouoeon du 31 mal au 6 juillet Vernissage, samedi te 31 mai, 14h Atelier Poul-Pouf et compagnie 1675, me Amherst, Montréal 514.509.6636 Participez au TIRAGE d’une toile d'une valeur de 200$ Inscrivez-vous en personne lors de votre visite de ( exposition OU visitez WWW.FRANCOISGOUGEON.COM sant dans des tonalités sombres et mystérieuses.Phenomena nous fait passer d’une forme de représentation à une autre, de l’avatar 2D à l’objet et à sa matière très présente, puis à cet élément fugace, presque intan-gible, qu’est le son.Le paysage, les paysages dévoilés sont à la fois réels et inventés, fonctionnant autant grâce au touché de l’artiste que par leur nature même.Il en va ainsi des pièces de Patrick Coutu.Un travail déjà notable parce qu’il est élaboré selon un renversement du processus habituel de la sculpture.Ses figures, arbres, rochers et autres terrains en creux ne naissent pas par suppression de la matière, mais par son accumulation.Une accumulation plus ou moins contrôlée, l’artiste laissant le temps et le hasard faire son œuvre.Chute est Line majestueuse arborescence, dont on peut encore remarquer l’écoulement de la matière.D’Isabelle Hayeur, fort visible ce printemps (chez son galeriste, Pierre-François Ouellette; dans Oi-kos, l’expo inaugurale de la galerie SBC, à la Triennale.), Louise Déry a surtout retenu du travail ancien, à une photo près (sur six).Malgré cette impression de déjà-vu (bon, il faut croire que les Européens la découvrent), les images demeurent persuasives.Jean-Pierre Aubé parcourt depuis plusieurs années des régions éloignées et capte des bruits secrets grâce à des récepteurs d’ondes qu’il patente et dont il colore d’une traduction visuelle (des lignes sur vidéo, des boutons lumineux et un tout un dispositif électronique).Sa suite vidéo V.LE Natural Radio, tournée en 2002 et 3003 au Québec, en Finlande et en Ecosse, magnifie des sites naturels (ciel, montagnes et eaux) par des travellings lents ou des plans fixes.En apparence, il ne se passe rien.En réalité, la vie ne s’arrête jamais, ces magnifiques vues n’étant pas si inanimées.La multitude de sons (les V.LF.) à entendre le révèle.Collaborateur du Devoir 4 4 LE DEVOIR.LES SA M EDI Al MAI ET DI M A N (HE I ' k .1 TIN 2 O O 8 K 4 *k ' « Des dialogues pétillants d'inteüigence.» Un baiser s'il vous oiaïl Un fUra de Emmanuel MOURET PRÉSENTEMENT À L'AFFICHE ÎSSIÆ2S iriûino 111U111U) 3 ^ex Cent ris T LES PLUS BEAUX YEUX DU MONDE / CHARLOTTE LAURIER EX-CENTRIS.COM / 514.847.2206 I IShIS 19hOS À force de presser le citron.7, Les quatre héroïnes de Sex and the City dans sa version cinématographique SOURCE ALLIANCE SEXANDTHE CITY Ecrit et réalisé par Michael Patrick King.Avec Sarah Jessica Parker, Kim Cattrall, Cynthia Nixon, Kristin Davis,.Chris Noth, Jennifer Hudson.Etats-Unis, 2008,135 min.FRANÇOIS LÉVESQUE La suite cinématographique des aventures télévisuelles du plus célèbre quatuor new-yorkais est arrivée.Un prolongement espéré, abandonné, repris, laissé puis remanié.A force, on avait un peu renoncé.Mais c’eût été bien mal connaître Hollywood que de le croire Capable de lâcher prise sur un projet potentiellement porteur de centaines de millions de dollars, d’autant que les comédiennes demeuraient partantes, pour peu que le chèque allonge le bon nombre de zéros.Comme dirait Samantha: «Good for them.» Pour le spectateur, toutefois, ces retrouvailles s'avèrent beaucoup moins fabuleuses que la garde-robe des protagonistes, toutes très chics.A cet égard, les habitués remarqueront que les revenus de Carrie Bradshaw semblent avoir plus que triplé durant cet intervalle de cinq ans.Ceci étant dit la production a scrupuleusement respecté le look et le ton de la populaire série, ainsi que la dynamique entre les quatre femmes.Tout a été mis en œuvre afin que ce retour se fasse en douceur et, surtout dans la bonne humeur (grâce à Samantha, encore une fois).Malheureusement — voilà, c’est dit —malheureusement la sauce ne prend pas.Après être demeuré trop longtemps au four — pardonnez les analogies culinaires —, ce soufflé-là ne lève plus.Prévisible et convenue à l’extrême, Sex and the City, le film ressemble à une demi-saison.Comme la sixième et dernière, qui avait été séparée en deux, sauf que le résultat, ici, est d’une triste banalité.Exit la fraîcheur, l’éclat.On se demande par ailleurs pourquoi les producteurs n’ont pas simplement opté pour un retour télé, le traitement visuel étant le même.C’est d’ailleurs dommage, car tant qu’à taire un film de cinéma, autant le réaliser avec ce format en tête.Mais non, Michael Patrick King se cantonne bien sagement aux techniques qull connaît le mieux, ce qui confère à l’ensemble des airs de téléfilm compétent mais très épisodique.Pas étonnant venant du studio HBO, qui en produit des masses pour la télé et le marché du DVD.Que voilà une belle occasion ratée.Les quatre actrices tirent bien leur épingle du jeu: normal, elles connaissent fort bien leurs personnages.Cynthia Nixon (Miranda) reste la plus touchante et Km Cattrall (Samantha), la plus drôle.Kristin Davis (Charlotte), malgré un gag mémorable au Mexique, est un peü éclipsée.Sarah Jessica Parker (Car- rie), co-productrice, cimente le tout avec assurance et modestie, laissant volontiers à ses consœurs certaines des meilleures reparties.Or quelques répliques savoureuses ne suftisent pas à meubler 135 longues minutes qui correspondent, tappt^ lons-le, à environ six épisodes.Et après avofr en vain attendu l’euphorie de l’ivresse, on finit par se résigner.Car, à force de presser le citron, les producteurs ont tout bêtement oublié de préparer le cocktail qui va avec.Collaborateur au Devoir Francis Ford Coppola : vision et démesure FRANÇOIS LÉVESQUE Durant tout le mois de juin, la Cinémathèque québécoise présente une rétrospective de l’œuvre de Francis Ford Coppola, cinéaste important que la jeune génération connaît peut-être surtout comme le père (et producteur des films) de Sofia Certes, le patriarche s’est fait plutôt discret ces dernières années.Récemment son très anticipé Youth Whitout Youth, première réalisation après dix ans d’absence, n’a guère suscité d’intérêt Mais il serait bien hasardeux de déclarer terminée la carrière de celui qui a donné au monde The Godfather Part I (11 juin, 18h30; 20 juin, 16h) et Part II (13 juin, 16h et 21h; 21 juin, 17h), The Conversation (19 juin, 18h30) et Apocalypse Now (7 juin, 17h; 22 juin, 19h), quatre authentiques chefs-d’œuvre.Qu'ils datent des années 1970 importe peu: il les a tous produits, réalisés et coscénarisés.C’est énorme.Quant à Apocalypse Now, un coup d’œil au formidable documentaire Hearts of Darkness: A Filmmaker’s Apocalypse (22 juin, 17h) suffit pour prendre la pleine mesure de l’implication totale de Coppola dans son art Chantre de la démesure, il préféra jadis la faillite à la compromission de sa vision artistique.Qui dit mieux?On le sait, la décennie des années 1970 fut particulièrement faste pour le cinéma américain, et ce, en grande partie grâce à Robert Evans, alors tête dirigeante de la Paramount.C’est lui qui donna le feu vert au premier Godfather et qui commanda à Coppola, deux ans plus tard, le scénario de The Great Gatsby.L’année 1974 vit donc le scénariste, producteur et cinéaste mener de front trois projets d’envergure: l’adaptation du roman de F.Scott Fitzgerald pour le réalisateur anglais Jack Clayton, la suite attendue de The Godfather et une production personnelle, The Conversation.On connaît la suite.Une carrière fort active Ce qu’on sait moins, c’est que Coppola roulait déjà sa bosse à Hollywood depuis près de quinze axis.Dès 1960, il travailla sur d’obscurs films X, avant que Roger Corman ne lui donne sa chance, comme à tant d’autres, avec un projet «présentable».Le film, Dementia 13 (12 juin, 20h30), ne passa pas à l’histoire, mais ravit le public des drive-in et prouva que le jeune metteur en scène pouvait se débrouiller avec pas grand-chose.C’est trois ans plus tard, en 1966, que commença vraiment sa carrière.You’re a Big Boy Now (13 juin, 20h30), film daté mais intéressant pour cette même raison, était son mémoire de maîtrise à UCLA et valut à Geraldine Page une nomination aux Oscars.Finian’s Rainbow séduisit quelques critiques mais frit un bide, la comédie musicale, même avec Fred Astaire, étant passée de mode à la fin de 1968.The Rain People (14 juin, 19h), touchant road movie où James Caan et Shirley Knight forment un bouleversant couple de fortune, reste méconnu mais demeure l’un des plus beau film de Coppola.En 1970, il partagea l’Oscar du meilleur scénario adapté pour Patton.Les années 1980 s’avérèrent artistiquement riches, mais difficiles du point de vue pécuniaire.La débâcle de l’éléphantesque One From the Heart (18 juin, 18h30; 19 juin, 20h30) jumelée à celle de Hammett la même année mirent la maison de production du réalisateur, Zootrope, sur la paille.En adaptant deux romans pour jeunes adultes de S.E.Hinton, The Outsiders et Rumble Fish (6 juin, 16h) en 1983, Coppola ne cachait pas vouloir renflouer ses coffres.Il gagna en partie son pari mais s’en trouva exténué.Le très médiatisé Cotton Club ne fut pas exactement de tout repos.La popularité de Kathleen Turner assura le succès de Peggy Sue Got Married (4 juin, 20h30) mais Gardens of Stones (5 juin, 20h30), avec son vieux complice w ww.ci ne m ad u parc .co 48$ pour IO films: tout un programr CANNES 39 PALMES D'OR LE FESTIVAL DE CANNES SE POURSUIT au CINÉMA DU PARC, il faut voir (ou revoir): LE GUÉPARD MISSING PARIS.TEXAS LE TAMROUR PADRE PADRONE THE SCARECROW ON HOMME ET ONE FEMME SECRETS AND LIES LE SALAIRE DE LA PEUR ROSETTA HORAIRE COMPLET DANS VOTRE JOURNAL.SUR NOTRE SITE WEB Salle 2 en primeur X X Y en espagnol avec s.-t.fr.à 19hl5 un grand film argentin stationnement GRATUIT 3 heures CINÉMA DU PARC 3575 Du Parc 514-281-1900 James Caan, fut pour le réalisateur un cuisant échec commercial.Dans le récit de la vie de RT.Tucker, Coppola trouva de nombreux échos à sa propre vie.Tucker: The Man and His Dream (18 juin, 20h30) fut salué par la critique mais accueilli tièdement par le public.De guerre lasse, il céda aux pressions de Paramount et entreprit la production de Godfather Part III (15 juin, 19h; 25 juin, 18h30).Loin d’atteindre la grandeur des illustres précédents, le film s’avère cependant bien meilleur qu’on voulut bien l'écrire alors.Son brillant Bram Stoker’s Dracula (8 juin 19h; 21 juin 21h), symphonie baroque aussi macabre que romantique, constitue avant toute chose un vibrant hommage au septième art Présentement plongé (nul doute que c’est le mot qui convient) dans le tournage de Tetro, la saga d’une famille d’immigrants italiens, Coppola semble avoir retrouvé le goût de la pellicule après l’inégale mais ambitieuse aventure que fut Youth Whitout Youth (1er juin 19h; 6 juin 20h30).C’est là une excellente nouvelle, d’autant plus que certains recoupements avec The Godfather Part II sont déjà manifestes.Gageons cependant que le roublard cinéaste prendra soin de dérouter son monde.Oui, tant ?«Un vrai régal! Une petite merveille qui met durablement en état de grâce.» Anatmlls Nicoud.Ls Prmt* bimê HVOUTIA nvun pfmnot oanwi umoH un n.m PRESENCE- AUTOCHTONE du 12 au 22 juin à Montréal 2008 EXPOSITIONS avec un Sauvage: perspectives contemporaines ^ Huit artistes des Premières Nations illustrent leur questionnement sur l’identité, l’appartenance et le métissage.Du 10 juin au 5 octobre à la Grande Bibliothèque - 475, boul.De Maisonneuve Est Section Arts et littérature, niveau 1 - www.banq.qc.ca - Entrée libre Une réalisation de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et de Terres en vues Relief - Gravures et sculptures Du 30 mai au 28 juin à la Guilde canadienne des métiers d’art -1460, rue Sherbrooke Ouest Canada Montreal M>on»iri* Peoetes LE DEVOIR
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