Le devoir, 17 juin 2008, Cahier A
¦ TÉLÉVISION Dominique Poirier quitte le navire radio-canadien Page B 8 POLITIQUE > Julie Couillard refuse d’aller témoigner devant le comité parlementaire > Page A 3 ?w w w .lcd e v o i r.e o m ?LE DEVOIR Vol.X C I X N ° 1 3 5 ?L E M AUDI 17 .1 U I N 2 O O S 8 9 O + T A X K s = 1 $ Prison de Kandahar: l’opposition accuse Le gouvernement Harper avait été averti de la faiblesse de l’établissement *4 ^ CW*i v / .• ;>/ .y •• ’«S .- • xt * «f» ¦- ' -ïj?: ***t&yJ ”vi •-< y» ¦£($*!»* «jr ¥.^’*7,7 REUTERS Un policier afghan montait la garde hier devant la prison de Sarpoza, à Kandahar, d’où plus de 900 détenus, dont 400 talibans, se sont évadés vendredi à la suite d’une attaque.Le Service correctionnel du Canada avait prévenu le gouvernement Harper qu’il était prioritaire de sécuriser le périmètre de la prison.ALEC CASTONGUAY Ottawa — I-es partis d'opposition ont accusé hier le gouvernement Harper de ne pas avoir déployé tous les efforts nécessaires pour sécuriser la prison de Sarpoza, à Kandahar, qui a été vidée de ses détenus talibans vendredi dernier dans une attaque spectaculaire.Un document interne du Service correctionnel du Canada, rédigé en février 2007 à p;irtir de Kandahar, prévenait Ottawa que renforcer le périmètre de La prison était la priorité numéro un.Ije gouvernement canadien a-t-il répondu favorablement à ce rapport en sécurisant la prison de Sarpoza?Cette question, demeurée sans véritable réponse hier, a résonné d’autant plus fort que les talibans ont poursuivi sur leur lancée amorcée en (in de semaine.Hier, plusieurs petits villages dans le district d'Arghandab, situé au nord-ouest de la ville de Kandahar, sont tombés aux mains des talibans.Le choc de l’évasion passé, le Parti libéral a mené la charge hier en se basant sur un document déposé en cour l’automne dernier, lors du litige sur le transfert des prisonniers afghans.En effet, le 18 février 2007, les deux employés du Service correctionnel du Canada en poste à Kandahar ont envoyé à Ottawa leur première évaluation de la prison de Sarpoza, princip;d pénitencier de cette province instable.A la page 3 du document, on peut lire: ¦»// est recommandé que notre première priorité consiste à sécuriser le périmètre de l’institution.» Les deux fonctionnaires insistent sur la nécessité de rénover et de moderniser les intrastructures de fa prison.Par contre, les postes de garde et l’entrée principale du pénitencier avaient été améliorés par les soldats américains avant l'arrivée des Canadiens en 2006, peut-on lire dans un autre document du gouvernement du Canada.Vendredi soir, vers 21 h, une trentaine de talibans — peut-être même jusqu’à 80, selon la police locale — ont foncé vers la prison armés de roquettes, de mitrailleuses et d'AK47.Certains étaient à moto.À l'aide de deux voitures bourrées d’explosifs, ils ont forcé VOIR PAGE A 8: PRISON Plusieurs petits villages sont tombés hier aux mains des talibans îlot Voyageur: la Caisse de dépôt est liée au projet KATHLEEN LÉVESQUE La Caisse de dépôt et placement du Québec participe depuis 2006 à l’administration du contrat de construction de l’îlot Voyageur, un projet immobilier qui a entraîné l’Université du Québec à Montréal (UQAM) dans un gouffre financier de plusieurs centaines de millions de dollars.Comme l’a appris Le Devoir, la société MCAP, pro- priété à 75 % de la Caisse par sa division immobilière CADIM, a un mandat, toujours en vigueur, d’agent d’administration des débours.A ce titre, MCAP a la responsabilité d’autoriser les avances de fonds, ce qui permet d’effectuer les paiements pour le chantier de l’îlot Voyageur.La participation de la Caisse de dépôt et placement dans ce projet immobilier controversé constitue un autre inctice possible indiquant que le gouvernement avait pleine connaissance du développement de Pilot Voyageur avant que n’éclate la crise de 1TJQAM sur la place publique à l’automne 2006.Les services de MCAP ont été retenus environ six mois auparavant, c’est-à-dire au printemps 2006.C’est d’ailleurs à cette époque que le ministère des Finances a racheté les 269 millions d’obligations émises VOIR PAGE A 8: CAISSE Bernard Landry rabroue à son tour Gérard Bouchard ANTOINE ROBITAILLE Québec — L’ancien premier ministre péquiste Bernard landry juge «lamentable dans l'ensemble» le Rapport Bouchard-Taylor.Mais le pire, à ses yeux, fut lorsque l’un de ses signataires, Gérard Bouchard, a déclaré que ceux qui le critiquaient se plaçaient en rupture avec l’héritage de René Lévesque.«Me faire dire que, parce qu’on critique l’interculturalisme, on tourne le dos à la pensée de.René Uvesque, ça m’a heurté profondément.René Uvesque était pour la “convergence culturelle” et non l’interculturalisme!», a soutenu Bernard Landry.C’est le second ancien premier ministre péquiste, après Jacques Parizeau, à s’en prendre avec virulence au Rapport Bouchard-Taylor, Avant même que M.Parizeau n'intervienne dans U Journal de Montréal, Gérard Bouchard avait publié une charge contre les membres de sa «famille politique», les souverainistes, lesquels avaient à ses yeux commenté le rapport en le déformant profondément M.I an dry proteste: «J’ai été l’un des plus actifs, dès les débuts, avec Gerald Godin et Louise Harel», dans les efforts d’inclusion des nouveaux arrivants, en conformité avec «l’idéal de Uvesque».«Et moi, je le faisais en français, en anglais et en espagnol», précise M.Landry, qui soutient du reste avoir toujours été favorable au «Nous inclusif.Il se demande .pourquoi, dans le rapport on VOIR PAGE A 8: LANDRY MICHEL DAVID Le bulletin ministeriel À lire en page A 3 INDEX Annonces.B 4 Avis publics.B 3 Culture.B 7 Décès.B 4 Économie.B 1 Idées.A 7 Météo.B 6 Monde.B 5 Mots croisés.B 6 Sudoku.B 4 Éditorial.A 6 Télévision.B 7 Maternité à la musulmane L’écrivain Tahar Ben Jelloun donne une conférence ce soir à Montréal CAROLINE MONTPETIT Il écrit sur le choc des cultures, vit une sorte d’inter-culturalité chronique dans laquelle il est à l’aise comme un poisson dans l’eau.Ce soir, l’écrivain marocain Tahar Ben Jelloun sera à Montréal pour prononcer une conférence à la Grande Bibliothèque, mais aussi pour recevoir un doctorat honoris causa de l’Université de Montréal.En entrevue, il parle de sa mère, à qui il a consacré son dernier livre, et aussi du Maroc, où il vit toujours, et où il commente régulièrement l’actualité politique.Sur ma mère, son dernier ouvrage.est un roman sur les derniers moments de sa mère, lalla Fatma, Marocaine de milieu modeste, originaire de Fès, qui, au cours des mois où elle subissait les symptômes de la maladie d’Alzheimer, a raconté à son fils des épisodes méconnus de sa vie, dont ses trois mariages et ses veuvages avec des hommes différents et inconnus d’elle avant les noces.Entant vite devenue mère d’un autre enfant, elle a épousé le premier alors qu’elle n’avait que quinze ans, et allait parfois jouer à la poupée pendant que sa mère à elle prenait soin de son nourrisson.Ce roman a été douloureux à écrire, reconnaît l’auteur, même VOIR PAGE A 8: BEN JELLOUN MARTIN BUREAU ARCHIVES AU’ Tahar Ben Jelloun ACTIVITÉS DANS LES CAFÉS OMITES coquins Sylvain Rivard, Mélissa Mollen Dupuis! et Émilie Monnet 17 juin, 19 h Volver Café Culturel 18 Juin, 19 h L'Escalier LE DEVOIR 5 Canada Montréal rC- QuébecRK «ohm mam Mike O’Cleary Auteur, compositeur, interprète métis de Mashteuiatsh 19 Juin, 19 h - Volver Café Culturel 5604, ave.du Parc 20 et 21 juin, 21 h - Café l'Escalier rue Ste-Catherlne E.DU Cinéma 17 Juin, 19 h - Café l'Escalier Le Wapikonl mobile, courts métraqes 18 Juin, 18 h 30 - Volver Café Culturel Film du Venezuela, Jepirra paralso de los Wayuu 20 Juin, 16 h 30 - Volver Café Culturel Film et concert du Chili, Considérant que.21 Juin, 16 h 30 - Volver Café Culty ( Film et concert du Mexique, l| T««-Ou*i« alé Cultu^ JT” 18* fttfltion j* TERRES! N Vllts * < I•••» « LAND loSU,MIS \ 'PRESENCE ~ ^ AUTOCHTONE du 12 au 22 juin à Montréal Horaire complet sur m nativelynx.qc.ca Info festival: 514.9V2.1M9 4 I 77831302223025 — — -;- ORDRE NATIONAL DU QIJÉBEC HONNEUR.AU PEUPLE DU QUÉBEC Institué en 1984, l’Ordre national du Québec constitue la plus prestigieuse distinction décernée par l’État québécois.Il souligne l’apport de femmes et d’hommes d’exception à la vie sociale, culturelle, économique et politique du Québec.À l’occasion du 400e anniversaire de Québec, deux cérémonies seront tenues au cours desquelles sept premiers ministres qui ont gouverné le Québec depuis la création de l’Ordre seront alors faits grands officiers.Le 18 juin, cinquante et un de nos concitoyens seront décorés par le premier ministre, dont MM.René Lévesque et Robert Bourassa, à titre posthume.Le 19 juin, MM.Pierre Marc Johnson, Daniel Johnson (fils), Jacques Parizeau, Lucien Bouchard et Bernard Landry recevront l’insigne de grand officier de l’Ordre.Les deux cérémonies se dérouleront à la salle du Conseil législatif de l’hôtel du Parlement.Vingt-troisième cérémonie DE REMISE DES INSIGNES, LE 18 JUIN 2008 GRANDS OFFICIERS CHEVALIERS Robert Bourassa Silvia Araya Alban D’Amours Antoine Ayoub Jean Davignon (2006) Georgette Beaudry René Lévesque Françoise Bertrand Gilles Bissonnette OFFICIERS Émile Bouchard Raymond Brousseau CÉRÉMONIE SPÉCIALE André Bachand Louis Caron Gérald-A.Beaudoin Jacques Castonguay TENUE LE 19 JUIN 2008 Michel G.Bergeron François Chartier Pierre Bruneau René Derouin GRANDS OFFICIERS André Caillé Marisa Ferretti Barth Robert Charlebois Sheila Fischman Pierre Marc Johnson Francine Décary Pierre Fréchette Daniel Johnson (fils) Clément Duhaime Edgar Fruitier Jacques Parizeau Louis Fortier Sheila Goldbloom Lucien Bouchard Pierre Lassonde Gisèle Gravel Bernard Landry Pierre Legendre (2007) Henri Grondin Gilles Marcotte Gloria Jeliu Rémi Marcoux Aida Kamar Michael Meaney (2007) Nicolas Mateesco Matte Guy A.Rouleau (2007) Paul-Arthur Mckenzie Mohamad Sawan Michel Pouliot Michèle Stanton-Jean Normand Séguin Ashok K.Vijh Peter Simons E.Noël Spinelli Richard Tremblay Elena Venditelli Faita Yanick Villedieu ^ I ^ I "i-'* * i Québec Le bulletin ministériel Elle y a mis le temps, mais la viœ-premiere ministre, Nathalie Normandeau (Affaires municipales, Régions), a réussi un exploit peu commun en négociant une entente qui a été saluée avec enthousiasme aussi bien par le maire Tremblay que par les municipalités de banlieue.A On peste depuis a longtemps contre l’état des routes qu’en dépit des embouteillages, D est difficile de reprocher à Julie Boulet (Transports) de multiplier les chantiers.Surtout que les objectifs d’achalandage du transport en commun ont également été révisés à la hausse.En matière de sécurité routière, le Québec a connu son meilleur bilan depuis 60 ans.B Après une volte-face gênante, mais honorable, quand il s’est avéré qu’une entreprise contrôlée par l’ex-conjoint de Julie Coufilard, Robert Pépin, qui avait des antécédents criminels, avait obtenu un contrat de surveillance des détenus, Jacques Dupuis (Justice, Sécurité publique) a bien terminé la session avec son projet de loi sur les poursuites abusives.On lui sait gré de rejeter les propositions populistes de l’ADQ, comme l’instauration d’un registre public des délinquants sexuels.B Phis habitué au pot qu’aux fleurs, le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad, n’a reçu que des compliments pour son «Pacte pour l’emploi».Même la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, l’a accueilli «avec plaisir, enthousiasme et aucune réserve».B , Personne ne peut accuser Michelle Courchesne (Education, Loisir et Sport) d’inaction, qu’il s’agisse d’améliorer l’apprentissage du français à l’école, d’encadrer les commissions scolaires, d’éliminer les bagarres au hockey junior ou encore la violence dans les cours d’écoles.Son plan d’action pour améliorer la réussite des élèves en difficulté a toutefois été mal reçu.D était pénible de la voir défendre l’indéfendable gestion de son prédécesseur dans le dossier de 1TJQAM.B -On prévoyait des moments difficiles pour la ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles, Yolande James, à la sortie du rapport Bouchard-Taylor.C’est plutôt Gérard Bouchard qui a été cloué au pilori.Les cassettes de Mme James sont peut-être lassantes, mais elle ne trébuche jamais.D faut dire qu’elle est surprotégée par ses collègues.B - ?line Beauchamp (Environnement) pourrait tirer un meilleur profit d’un dossier dont Jean Charest a fait une sorte d’étendard.Elle n’a pas été très convaincante dans l’affaire des déversements de produits toxiques dans les eaux du port de Montréal.Son projet de loi sur l’eau a aussi suscité des réserves.A lui seul, le projet Rabaska contredit tout le discours du gouvernement sur l’environnement C Le parcours du ministre de la Santé, Philippe Couillard, ressemble aux montagnes russes.Après un automne relativement calme, la réalité l’a encore rattrapé: malgré les promesses libérales, la situation ne s’est pas améliorée dans les urgences depuis 2003, et le CHUM prend des allures d’éléphant blanc.Après s’être tait enguirlander par Julie Snyder, M.Couillard a dû retirer son projet de loi sur la procréation assistée.Son drame est qu’il demeure le phis compétent pour le poste.C Le budget de Monique Jérôme-Forget a connu un bon atterrissage en mars dernier, mais le vérificateur général a dénoncé le tripotage des états financiers.La ministre des Finances n’a rien perdu de son aplomb à l’Assemblée nationale, mais elle a fait chou blanc avec les rapports qu’elle avait commandés sur le financement des services de santé et la tarification.Elle est toujours embourbée dans la fange des hippodromes.C Le ministre du Développement économique, Raymond Bachand, prétendait s’appuyer sur des avis juridiques «blindés» pour accorder sans appel d’offres à Bombardier le contrat pour la construction des nouveaux wagons du métro de Montréal La Cour supérieure a transformé ce blindage en beau gâchis.C -Benoît Pelletier (Relations intergouvemementales canadiennes), qui avait fait de la limitation du pouvoir de dépenser la pierre d’assise du fédéralisme convivial, a été en quelque sorte dessaisi du dossier par la Cour suprême.En ce qui concerne les autochtones, dont il est également responsable, «l’Approche commune» semble en panne.C -Dès la parution du rapport de la commission consultative sur la condition des aînés, Marguerite Blais a été apostrophée par celui quelle avait nommé coprésident, le Dr Réjean Hébert, qui a jugé son plan d’action très insuffisant en matière de soutien à domicile.C - ?A partir du moment où il en rejetât la principâe recommandation, c’est-à-dire mettre fin au monopole de 1TJPA Laurent Lessard (Agriculture) expédiât de fiicto le rapport Pronovost aux oubliettes.Une belle occasion manquée.C - Momque Gagnon-Tremblay n’est pas la parlementaire la plus habile, mâs elle a été particulièrement mâ-adroite dans l’affaire Bruno Fortier.Personne n’a cru à ses explications du renvoi de l’ex-délégué général à New York.Elle ne voit rien d Incongru à ce que la Charte de la langue françâse ne s’applique pas au Sommet de la fram cophonie.D Christine St-Pierre a fait une démonstration éloquente du risque de confier le dossier linguistique à une néophyte.Après avoir lâssé la présidente de l’Office québécois de fa langue françâse discréditer son organisme, elle a semblé apprendre par les journaux que son propre gouvernement violait allègrement les dispositions de fa loi 101.D Jean-Marc Fournier vient de connaître fa pire session de sa carrière.Le rapport du Vérificateur général sur le fiasco immobilier de ÏÏJQAM est accablant pour l’anden mirastre de l’Education.Comme tous ses prédécesseurs au Revenu, il est condamné à Impuissance dans le dossier du commerce fllégâ de cigarettes dans les réserves autochtones.E Dans le feu des débats parlementaires, il arrive que les esprits s'échauffent mâs le mirastre du Travail, David WhisseD, a fait preuve d’une rare muflerie en lançant au député adéquiste de Vanier, Sylvain Légaré, d’aller s’occuper de sa grosse femme à TQS.Mme Légaré est enceinte et elle risque de perdre son emploi M.Whis-seD semble observer en spectateur le conflit au Journal de Québec.E PS.Ce n'est pas le moment d’accabler le mirastre des Ressources natureDes, Claude Bée hard, mâs de lui offrir tous mes voeux dans l’épreuve qu’il traverse.Un autre hôpital sera réalisé en mode PPP POIJTIQUFI Comité de la Sécurité publique et nationale Julie Couillard refuse le rendez-vous des députés L’ex-petite amie de Maxime Bernier refuse de témoigner si l’ancien ministre n’est pas lui-même traduit devant ses pairs HÉLÈNE BUZZETTI Ottawa — Le témoin tant attendu dans l'affaire Bernier-Couillard fait faux bond.Du moins pour l’instant.Julie Couillard, l’ex-conjointe du ministre déchu Maxime Bemier, a officiellement décliné l’offre que lui avât fâte un comité parlementaire de venir à Ottawa livrer sa version des fâts.Les députés se chamâllent maintenant sur les moyens de lui forcer la main.Julie Couillard, dont les relations passées avec le crime organisé défrayent les manchettes depuis plus d’un mois, a fât savoir par fa bouche de son avocat quelle ne comparaîtrât pas devant les parlementaires.Question de temps et d’équité.Dans une lettre de quatre pages, le réputé criminaliste Jean-Claude Hébert s’inquiète d’abord du fait que le comité de la Sécurité publique et nationale n’aura pas assez des 75 minutes imparties pour interroger sa cliente.«L’objet du témoignage appréhendé de madame Couillard est large à souhait», note-t-il.M° Hébert déplore surtout l’inégalité de traitement.Maxime Bernier — tout comme le premier ministre Stephen Harper d’âlleurs — a refusé de comparâtre.Mme Couillard devrât donc livrer en pâture sa version des fâts entourant l’oubli à son domicile de documents secrets tandis que son examant pourrait conserver pour plus tard, c’est-à-dire lors d’un éventuel procès, ses munitions.Or, rappel-le-t-il, il est tout aussi illégâ d’égarer des documents secrets que de les avoir en sa possession: dans un cas comme dans l’autre, une peine maximale de 14 ans de prison est prévue.«Le refus du député Bemier de témoigner lui vaut un avantage stratégique important», conclut donc l’avocat parce qu’il «porte atteinte au principe d’égalité des armes».«Si le Comité devait forcer ma cliente à dévoiler publiquement toutes les circonstances entourant “l’oubli" d’un document secret chez elle par un ministre distrait, son droit fondamental d’opposer une défense pleine et entière pourrait sérieusement être atteint lors d’un éventuel procès.» M' Hébert écrit même que sa cliente a des «motifs raisonnables de croire que la GRC procède actuellement à une enquête».Il conclut donc que «les élus devraient avoir l’élégance de laisser la justice suivre sereinement et efficacement son cours».Mr Hébert a refusé de commenter sa lettre hier.Surpris par ce refus, eux qui croyâent acquise la comparution de Julie Couillard, les députés de l’opposition n’ont pas trop su quelle parade offrir.Une heure de discussion à huis clos ne leur a pas permis d’arrêter une stratégie hier soir.Ils en discuteront à nouveau demain, ce qui rend à peu près impossible le témoignage de Mme Couillard avant les vacances estivâes.Le libéral Ujjâ Dosanjh a en effet brouillé les cartes en demandant, par souci d’équité dit-il, à ce que les anciens amants soient convoqués par l’entremise d’une seule et même motion, leur garantissant le même sort Le processus est en contrepartie plus long: une telle motion doit être débattue à fa Chambre des communes et celle-ci ajournera ses travaux cette semaine pour l’été.Tout indique donc que le témoignage de Mme Couillard surviendra à l’automne, ce qui aurait au moins l’avantage de relancer une controverse qui ne manquera pas de s’étioler avec les vacances.M.Dosanjh se défend bien d’être mu par de telles considérations.«Absolument pas», a-t-il dit «Je ne vois pas pourquoi une citoyenne ordinaire de- PAUL CHIASSON LA PRESSE CANADIENNE Julie Couillard vrait témoigner si un ministre ne témoigne pas.» La néredémocrate Penny Priddy craint cette forme de conditionnel.«Si nous décidons de baisser les bras lorsque quelqu’un refuse de comparaître, alors on ne devrait pas se donner la peine de foire tout ce travail.» Le bloquiste Serge Ménard fât contre mauvâse fortune bon cœur.«Cela revient peut-être au même.Nous étions tous d'accord que Mme Cmillard devrait témoigner en dernier.» Les représentants du Conseil privé comparaîtront aujourd’hui et devront expliquer ce qu’ils savaient du passé trouble de Mme Couillard, qui aura 39 ans samedi.Dans la jeune vingtaine, Julie Couillard a fréquenté Tony Volpato, un proche de la mafia italienne montréalaise.Puis, elle est devenue amoureuse de Gilles Giguère, un proche de Maurice «mom» Boucher.Giguère travâllât avec le prêteur usuraire Bob Savard, recouvrant les sommes dues.La Presse révélât ce week-end que Julie Couillard était parfois présente aux opérations de recouvrement.En outre, la police a en sa possession une photo montrant Giguère, Boucher, Savard et Couillard ensemble.Giguère et Savard ont depuis été assassinés et Boucher, emprisonné.Julie Couillard a aussi fréquenté Robert Pépin, un homme qui devât d’importantes sommes aux Hells Angels.C’est à ce moment qu’elle a développé un intérêt pour fa sécurité aéroportuaire.Mentionnons enfin que son frère, Patrick Couillard, dirige Proforme, une entreprise de «massothérapie et de conseils alimentaires» dont il est le seul employé.Il prodigue ses soins au Pro-gym, un centre d’entraînement du quartier Hochelaga-Maisonneuve réputé pour être fréquenté par les motards.Avant de se retrouver au bras de Maxime Bernier, âors mirastre de l’Industrie, Mme Couillard a fréquenté Bernard Côté, un adjoint du ministre des Travaux Publics, Michael Fortier.Elle a discuté avec lui d’un contrat de 30 millions de dollars que son employeur, Investissements immobiliers Kevlar, tentait d’obtenir du gouvernement fédéral.M.Côté a dû démissionner.Le Devoir ROBERT D 11 TR 1 SAC Québec — Un troisième partenariat public-privé (PPP) d’envergure doit voir le jour dans le domaine hospitalier, celui de l'agrandissement et de la rénovation de l'Hôtel-Dieu de Québec, un projet de 500 millions qui, jusqu’à maintenant, devât se réaliser j de façon traditionnelle.Après le Centre hospitalier de l’Université de Mont-réâ et le Centre uraversitaire de santé McGill, le ministre de la Santé et des Services sociaux (MSSS), Philippe Couillard, reconunandera au Conseil des ministres d'autoriser la réalisation en PPP du projet d'agrandissement de l’Hôtel-Dieu de Québec, a-t-on confirmé, liier, à son cabinet.Lors d’une réunion le 22 mai dernier, le conseil d'administration du Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ) a adopté une résolution qui permet la nouvelle construction sous forme de PPP Le conseil du CHUQ avait entre les mâns un rapport d évaluation de l'Agence des partenariats publics-privés qui recommandât au gouvernement de choisir la méthode des PPP «On n ’a pas choisi le PPP.On a dit au gouvernement qu'on est prêts à vivre avec le PPP», a indiqué le directeur des communications du CHUQ, Richard Fournier.«Notre première préoccupation, c’est que le projet se réalise rapidement.C’est un besoin criant, c'est un besoin qu 'on a depuis longtemps.» Jusqu’à l'évaluation favorable de l’Agence des PPP produite il y a quelques semaines, on croyât que la meilleure façon de réaliser le projet de l’Hôtel-Dieu, celât de procéder de façon traditionnelle sous fa gouverne de la Corporation d'hébergement du Québec, le bras immobilier du MSSS, qui se serait chargée de la supervision des différentes phases du projet et des différents appels d’offres.Certaines parties de l’Hôtel-Dieu, qui se situe dans le Vieux-Québec, à l’intérieur du périmètre consacré patrimoine mondial par 1ÎJNESCO, ont été construites il y a plusieurs décennies; la plus vieille1 partie a été érigée en 1918.le projet comporte une bonne part de rénovation, ce qui rebute le secteur privé qui se charge du PPP en raison des coûts difficiles à évaluer.La modernisation de l'hôpitâ Sainte-Justine, un projet de 400 millions, n’a pas fât l'objet d’un PPP pour cette raison.En outre, il n’est pas question de réduire la capacité d’accueil de l'I lôtel-I )ieu pendant la construction, ce qui explique que It's travaux, divisés en pluâeurs phases, s’étaleront sur huit ans.Dans le cas de l’Hôtel-Dieu de Québec, la part de construction neuve a été jugée suffisamment impor-tante — c’est la majeure partie des coûts de construction — pour que le secteur privé puisse se sentir à son âse.Mentionnons que l’Agence des PPP refuse de rendre public son rapport qu’elle a remis au mirastre et au conseil d’administration du CHUQ.Hier, à la faveur d’une conférence de presse organisée par le Syndicat canadien de la fonction publique (FTQ), qui représente des employés de l’Hôtel-Dieu, des chercheurs ont dénoncé les projets de PPR en particulier dans le domaine de fa santé.Ix* chercheur Her-re Hamel, de l'Institut nationâ de fa recherche scientifique, qâ a produit une étude sur les pratiques en PPP dans divers pays, estime qu’il est plus cher de construire un hôpital en PPP II note que les contrats de PPP d’envergure vont souvent à des consortiums multinationaux qui sont les seuls à pouvoir prendre des engagements à long terme, soit de 30 à 35 ans.De plus, dans les PPP le gouvernement, qui n’est pas propriétaire de infrastructures, perd de la «flexibilité» et tout changement dans 10 ou 15 ans peut s’avérer onéreux.D est «trà imprudent» de procéder en PPP «parce qu'on ne sait pas de quoi est fait l'avenir.Ça va être quoi la médecine dans 10,15 ou 20 ans?», a-t-il fât vâoir.De son côté, un des dirigeants du groupe de pression Ontario Health Coalition, Doug Allan, a dressé un sombre portrait des PPP qui ont été utilisés pour fa construction d'hôpitaux dans fa province voisine.Le Devoir Véhicules électriques Un projet-pilote ne suffit pas, selon le PQ ANTOINE ROBITAILLE Québec — Le Parti québécois se réjomt que Jean Charest voie d’un bon œil les propositions péquistes sur les véhicules électriques.Mâs il l’incite à faire «bien davantage» que de lancer un projet-pilote pour les véhicules à basse vitesse, comme 1a mi-mstre Julie Boulet s’apprête à le faire aujour-dhui à Montréâ.Samedi, la chef péquiste Pauline Marois et son critique en matière d’Environnement, Camil Bouchard, ont présenté des éléments d’un plan de 250 à 300 millions de dollars annuellement sur 10 ans pour que le Québec développe une véritable filière du véhicule électrique.La proposition péqmste propose par exemple la création d'un Fonds québécois de développement de fa filière des véhicules électriques, et pfaide pour l'électrification des flottes publiques et commerciâes de véhicules.Or, le même jour, Jean Charest a déclaré à La Presse canadienne -.«H n’y a pas de désaccord entre le PQ et nous là-dessus, ce n’est pas un sujet sur lequel on est en confrontation.» Son cabinet a précisé ses propos hier.D ne s’agit pas d’un appâ à fa proposition péquiste telle qu’elle est formulée, mâs plutôt de l’expression d'un accord sur l'objectif.«Tout le monde poursuit l’objectif qu’a exprimé le Parti québécois, c'est-à-dire de développer des alternatives à la voiture à essence», a précisé son attaché de presse Hugo D’Amours.Le gouvernement lancera aujourdTiâ un projet-pilote d'une durée de trois à cinq ans par lequel il autorisera des véhicules comme fa ZENN (zero emission no noise) et le petit camion Nemo à circuler dans plusieurs municipalités du Québec, dont Blainville et Saint-Jérôme.Selon Camil Bouchard, ce sont là de «bien petits pas».«On est d’accord sur le principe», a-t-il indiqué hier en conférence de presse.«Echapper au pétrole qui nous coûte de plus en plus cher et s’en aller vers des alternatives, c’est facile à dire, mais est
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