Le devoir, 28 mai 2004, Cahier A
TERRORISME L’imam qui prônait le djihad est arrêté Page A 6 COMMANDITES Gagliano poursuit le gouvernement Martin pour 4,5 millions Page A 3 LE DEVOIR V o L .X C V N “ 1 1 8 ?LE VENDREDI 28 MAI 2004 8 7c + TAXES = 1 $ i~ Ai Ma non Cornellier Des taxes à Tancienne ?Une campagne électorale où un des grands partis promet d’augmenter les taxes, il y avait belle lurette qu’on n’avait pas vu ça.C’est quand même le pari qu’a fait le NPD de Jack Layton, quitte à passer pour un hérétique en cette époque où, pour bien des politiciens, la guerre aux taxes tient pratiquement lieu de religion.Ses adversaires se sont empressés de l’accuser de vouloir revenir 30 ans en arrière.Un économiste a même affirmé au Globe and Mail que ça ramènerait le Canada au rang de pays du Tiers-Monde.La proposition de Jack Layton a pourtant, malgré ses lacunes, un certain mérite.Sans le dire, elle ramène à l’avant-scène un débat esquivé depuis longtemps, celui sur l’équité du système fiscal actuel.Le NPD propose dans son programme, rendu public mercredi, d’exempter d’impôt les personnes qui gagnent 15 000 $ ou moins, d’instaurer un cinquième niveau d’imposition pour que les revenus supérieurs à 250 000 $ soient soumis à un taux d’imposition de 32,5 %, de rétablir la pleine imposition des gains en capital, de ne plus imposer de TPS sur les biens essentiels des familles, d’effacer les dernières réductions d’impôt accordées aux entreprises en janvier pour ramener leur taux d’imposition à ce qu’il était il y a deux ans.Actuellement, les entreprises jouissent de faux d’imposition inférieurs à ceux en vigueur aux Etats-Unis.Jack Layton veut aussi instaurer un impôt sur les héritages de un million ou plus qui serait calqué sur le modèle américain, sauf en cas de legs d’une petite entreprise ou de la ferme familiale.Si ses propositions sur les héritages et les gains en capital risquent de faire jaser, car leur populisme assorti d’un manque de précisions importantes rend difficile de juger de leur impact sur les petits épargnants et des héritages qui passent le cap du million simplement parce que la valeur de la maison familiale a monté en flèche au fil du temps.Et y aurait-il des biens exemptés, comme la maison, justement?Mais ce qui vaut la peine d’être mentionné, c’est le courage des néo-démocrates de dire qu’on ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre.Comme ils veulent réinvestir dans une foule de domaines, et souvent de façon importante comme en santé, cela demande de l’argent Ottawa en a beaucoup, mais pas assez.Alors, il faut collecter les revenus nécessaires et le NPD dit comment il entend s’y prendre et qui il compte mettre à contribution.Maintenir un Etat-providence, une expression passée de mode mais qui Les néodémocrates ont le courage de dire qu’on ne peut avoir le beurre et l’argent du beurre VOIR PAGE A 10: TAXES JACQUES NADEAU LE DEVOIR «Il est temps de bâtir une société vigoureuse et prospère qui n’abandonne personne à son sort», a déclaré Jack Layton.SîSlfm Martin a provoqué la mort de sans-abri, dit Layton KATHLEEN LÉVESQUE LE DEVOIR Loin de retirer ses paroles, le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, a réitéré hier soir lors de son passage à Montréal que Paul Martin est responsable de la mort de sans-abri parce qu’il s’est désengagé du domaine du logement social.Selon lui, le premier ministre Martin ne peut pas nier que sa décision de procéder à des compressions alors qu'il était ministre des Finances a eu de «terribles» conséquences «Contrairement à l'affirmation de M.Martin, je ne me suis pas condamné par de telles remarques.Parses choix, M.Martin a lui-même condamné des gens qui vivaient et qui sont morts dans la rue», a-t-il affirmé lors d’une assemblée partisane au centre-ville de Montréal.Plus tôt en journée, le chef libéral, qui faisait campagne à Victoria, en Colombie-Britannique, n’a pas laissé passer l’occasion de répliquer à son adversaire dans une région où le NPD place les libéraux sur la corde raide.«J’ai questionné les idées de mes adversaires et je vais continuer de questionner les idées de mes adversaires, a affirmé Paul Martin.Cela étant dit, soyons clairs, on ne devrait pas attaquer le personnage.» M.Martin estime que ce type de commentaire «en dit plus sur M.Layton que sur autre chose» et que cela nuit à tous les politiciens.«C’est une des raisons, je pense, pourquoi les jeunes sont déçus de la politique», a mentionné Paul Martin.Mais Jack Layton a plutôt martelé qu’il est «temps «Par ses choix, M.Martin a lui-même condamné des gens qui vivaient et qui sont morts dans la rue» VOIR PAGE A 10: LAYTON ¦ Autres informations sur la campagne électorale en page A 2 La congélation du sperme est offerte aux ados cancéreux ISABELLE PARÉ LE DEVOIR Grâce à la congélation du sperme, la conception après la mort n’est plus une option lointaine, digne des romans d’Aldous Huxley.À preuve, il est désormais d’usage, même au Québec, de proposer aux parents de congeler le sperme de leurs enfants cancéreux âgés de 12 ou 13 ans, ont affirmé hier à Montréal des spécialistes de la reproduction humaine.Et ce, même si nos lois ne comportent toujours aucune règle claire sur les modalités entourant la conception posthume.Pour le Dr Gulam Bahadur, conseiller clinique et scientifique au University College Hospital de Londres, les problèmes éthiques et moraux posés par la conception posthume sont déjà légion.La congélation du sperme de milliers d’hommes soumis à des traitements anticancéreux est déjà très fréquente en Occident Et ü est désormais courant même dans nos hôpitaux, de la proposer aux adolescents susceptibles de voir leur capacité reproductrice détruite par des traitements de chimiothérapie.«Chaque fois qu’il y a un traitement susceptible de détruire la capacité de concevoir chez un enfant, cela fiait partie des options offertes.Mais les coûts de conservation sont très élevés, ce qui fiait que peu de gens s’en prévalent», a ajouté hier le O’ Serge Bélisle, spécialiste de VOIR PAGE A 10: SPERME INDEX Annonces_____B 6 Monde.A 6 Avis publics.B 4 Mots croisés.B 6 Cinéma.B 3 Nature.B 7 Décès.B6 Resta.„.B5 Éditorial-A8 Sports-B7 Idées.A9 Télévision.B 2 Météo.B 4 Week-end.B 1 < Qu’arrive-t-il quand ils meurent?Qui a le droit de disposer du sperme?fl y a 90 ans sombrait Y Empress Of Ireland «On n’oublie pas des affaires de même!», ditArménoda Couturier, 97 ans FABIEN DEGLISE LE DEVOIR Rimouski — «On n’oublie pas des affaires de même!» Les yeux posés sur la ligne d’horizon, Armé-noda Couturier joue avec le bracelet de sa montre qui flotte autour de son poignet fripé, les neurones en action pour ramener dans le temps présent des bribes de sa lointaine enfance.«Il y avait des chaloupes, beaucoup de chaloupes, et des gens enroulés dans des couvertures, qu’on ramenait au port», dit cette femme de 97 ans tout en jetant un coup d’œil sur le fleuve agité depuis la fenêtre du centre d’hébergement où elle vit depuis plusieurs années sur le boulevard Saint-Germain, à Rimouski.«fêtais sur le chemin de l’école.Mais ce jour-là, je n’ai pas beaucoup étudié.» Trop obnubilée qu’elle était par la tragédie qui, en ce matin du 29 mai 1914, s’est jouée sous le regard naïf de cette petite fille de sept ans: six heures avant le début des classes, au large de Pointe-au-Père, là où le fleuve Saint-Laurent prend des allures de mer, YEmpress Of Ireland venait en effet de sombrer dans le brouillard d’une nuit comme les autres.Bilan: 1012 victimes, dont 840 passagers, et à peine 465 survivants, ramenés en chaloupe au cours VOIR PAGE A 10: NAUFRAGE FABIEN DEGLISE LE DEVOIR «J’étais sur le chemin de l’école.Mais ce jour-là, je n’ai pas beaucoup étudié», raconte Arménoda Couturier, trop obnubilée qu’elle était par la tragédie qui, en ce matin du 29 mai 1914, fit 1012 victimes, dont 840 passagers.ÉCONOMIE Bombardier éliminera 500 emplois à Montréal d’ici l’automne ¦ À lire en page A 7 S LE DEVOIR.LE VENDREDI 28 MAI 2004 A 2 —-—-* LE DEVOIR «- ELECTIONS 2004 Quand le NPD se met à rêver à la balance du pouvoir D’ici le jour du scrutin fédéral, des collaborateurs invités commenteront pour les lecteurs du Devoir le déroulement de la campagne électorale dans leur région.Aujourd’hui, l’ex-ambassadeur et chroniqueur Norman Spector rend compte de la situation en Colombie-Britannique.Dimanche, lorsque le premier ministre Paul Martin a finalement trouvé le courage de déclencher des élections estivales qui auraient pourtant dû avoir lieu au printemps, tous les regards se sont braqués sur lui comme sur les chefs des trois autres principales formations politiques.Bon, j’exagère un peu; je surestime certainement le nombre de Canadiens rivés à leur écran de télévision afin de voir le premier ministre traverser la promenade Sussex, à Rideau Hall, pour gagner la résidence de la gouverneure générale.Bien qu’une foule de journalistes se soit rassemblée pour immortaliser cette courte promenade — qui m’a semblé durer une éternité —, il est probable que la plupart des Canadiens étaient alors à l’extérieur, trop occupés à jouir de la brève période de beau temps de leur pays mondialement reconnu pour la rigueur de ses hivers.Il faut avouer que les quatre chefs ont bien réussi le lancement de leur campagne électorale, au grand dam des journalistes qui, sans doute, auraient préféré que l’un ou l’autre trébuche dès le départ.M.Martin, par exemple, a lu sa déclaration écrite avec plus d’enthousiasme et de confiance u’il n’en avait montré au cours es dernières semaines.Il faut dire que son équipe a été assez alerte pour le tirer rapidement des griffes des journalistes après qu’il eut répondu à seulement quatre questions.À l’extérieur du Québec, c’est le chef néo-démocrate Jack Layton — qui a fait son discours sur la colline parlementaire encadré par la tour de Paix et plusieurs visages familiers — qui a offert les meilleures images diffusées à la télévision.Son message a lui aussi visé dans le mille, tant chez les purs et durs et les go-gauchistes que chez ceux qui jonglent avec l’idée de voter vert ou les acolytes de Pierre Trudeau qui lorgnent encore du côté de la société juste.Stephen Harper, pour sa part, s’est précipité afin de terminer la lecture de sa déclaration d’ouverture, comme s’il avait préféré être ailleurs.Il a évité de croiser le regard de son auditoire comme celui des journalistes assis devant lui, mais il a su gagner des points en répondant à toutes leurs questions.De ce que j’en ai vu, je dirais qu’il serait sage pour lui de ponctuer ses discours de messages plus positifs et de garder l’œil ouvert sur M.Layton, le véhicule préféré des Canadiens à l’extérieur du Québec, pour punir les libéraux de leur corruption.M.Martin prétend que ces élections portent d’abord sur le type de Canada que les Canadiens veulent À cela, M.Harper répond que ce n’est pas une trahison de la part des contribuables que de vouloir retenir plus d’argent dans leurs poches au lieu de l’envoyer à Ottawa, où il est gaspillé.M.Mar- tin rétorque qu’il a besoin de cet argent pour remettre ,1e système de santé sur ses rails.A cet égard, MM.Duceppe, Layton et Harper sont sceptiques, comme le sont beaucoup de Canadiens, les libéraux ayant promis à plusieurs reprises de revoir le système sans jamais le faire.Les néo-démocrates, qui appartiennent à un parti très centralisateur, demandent également à Ottawa de soumettre les provinces à certaines conditions avant de consentir à un éventuel transfert de fonds.Entre-temps, sous la lorgnette des médias nationaux, des choses intéressantes se sont passées cette semaine en Colombie-Britannique.Par exemple, mardi soir, quelques heures seulement après la grande annonce en santé de M.Martin, un collègue et moi-même avons interviewé un candidat libéral choisi par l’équipe Martin, David Mulroney.M.Mulroney n’est pas très connu dans sa circonscription en banlieue de Victoria, mais il s’est quand même imposé comme un candidat crédible et intelligent.Ce qui ne l’a pas empêché de prendre position — et nous ne pouvions pas le croire! — en faveur d’un système de santé à deux vitesses, une position qu’il a répétée à plusieurs reprises.Pour en être certains, nous lui avons demandé de préciser son argumentation, ce qu'il a fait en disant qu’il est injuste de refuser à une personne un remplacement de la hanche si elle a les moyens de le payer elle-même.Ni l’un ni l’autre de nous deux n’a cependant compris que c’était là la position de Paul Martin.On peut cependant déjà prévoir qu’à la suite de cette sortie, beaucoup de gens risquent de voter NPD en Colombie-Britannique.Plus tôt en semaine, un journaliste du Vancouver Sun avait signalé que les candidats vétérans néodémocrates — par exemple, l’ancien député fédéral et ministre provincial Ian Waddell — salivaient déjà à la perspective de détenir, à l’issue de ces élections, la balance du pouvoir au Parlement pour la première fpis depuis plus d’une décennie.A Montréal, le lieutenant politique de M.Martin au Québec, Jean Lapierre, prédisait le même résultat, avec bien moins d’enthousiasme.Début février, M.Layton avait indiqué à James McNulty, journaliste au Vancouver Province, qu’il était ouvert à l'idée de discuter d’une éventuelle coalition avec les libéraux.Bien qu’il ait fait marche arrière depuis, cela n’a pas empêché l’ancien chef néo-démocrate Ed Broadbent — qui est en politique depuis longtemps — de confier dimanche aux journalistes qu'il peut déjà «sentir» dans l'air l’élection d’un gouvernement minoritaire.Norman Spector est chroniqueur politique au Globe and Mail.www.members, sha w.ca/nspector4 No r m an Spector ?Ce numéro est une obligation: — Les nouvelles Obligations d’épargne du Québec sont arrivées ! Émission en vente jusqu’au l'juin Téléphonez-nous du lundi au vendredi, de 8 h à 20 h, et les samedis de mai, de 10 h à 16 h.Visitez le www.epq.oouv-oc.ca Québec an Un gouvernement conservateur reverrait la loi sur le bilinguisme Stephen Harper est embarrassé par la déclaration de son porte-parole sur les langues officielles CLAIRANDRÉE CAUCHY LE DEVOIR Le chef conservateur Stephen Harper, qui se posait lundi en défenseur du bilinguisme officiel, a été plongé dans l’embarras hier à la suite des déclarations du responsable de son parti en matière de politique linguistique, qui remet en question la Loi sur les langues officielles.En entrevue au Moncton Times and Transcript, le député conservateur Scott Reid, qui brigue de nouveau les suffrages dans l’Est ontarien, a déclaré qu’il fallait revoir la Loi sur les langues officielles et mettre fin à l'obligation d’offrir des services en français d’un bout à l’autre du pays.Dans l’article publié hier, Scott Reid suggère de remplacer l’obligation faite aux hauts fonctionnaires de maîtriser les deux langues officielles par un système d’«unités de travail» dans chacune des deux langues.Informé des propos de son candidat lors de son passage à Halifax en avant-midi hier, Stephen Harper s’est borné à dire qui avait «l’intention de reconduire la politique des langues officielles», précisant toutefois qu’il faudrait s’assurer que ces politiques soient «efficaces et justes».En visite dans un quartier francophone de Winnipeg plus tard en journée, Stephen Harper a pris ses distances des propos de son candidat «M.Reid a exprimé son avis sur la façon dont on peut rendre cette politique plus efficace.Cest son opinion mais, comme je l’ai déjà dit, elle ne reflète pas celle du parti.» Dans un discours prononcé lundi à Montréal, il avait donné «sa parole» qu’un gouvernement conservateur considérerait «toujours le français au Québec et ailleurs au Canada comme une priorité nationale».Ce discours tranchait d’ailleurs avec les propos qu’il tenait en 2001, au moment où il présidait la National Citizens Coalition.Q avait alors assimilé le bilinguisme officiel à un «dogme» religieux que personne n’ose remettre en question.«Le bilinguisme est le dieu qui a échoué.Cela n’a apporté ni équité ni unité, et cela a coûté des millions de dollars ata contribuables canadiens», avait-il alors écrit dans une lettre ouverte publiée par le Calgary Sun.Les autres partis en lice se sont empressés de décrier la position conservatrice, tirant profit de l'embarras de Stephen Harper.«Trois jours après s’être pavané à Montréal en tant que nouveau champion de la langue française, Stephen Harper se montre à nouveau sans masque: celui qui refuse de reconnaître le fait français à travers le Canada», a déclaré le ministre des Affaires intergouvemementales et responsable des langues officielles, Pierre Pettigrew.Soulignant qu’il avait toujours appuyé le bilinguisme officiel, le chef libéral Paul Martin a quant à lui invité Stephen Harper à faire connaître clairement sa position.Pour le bloquiste Gilles Duceppe, qui visitait des comtés en Beauce, la disponibilité des services en français à travers le pays est une question de «respect pour les Acadiens et les francophones du Canada».De passage en Nouvelle-Ecosse, Jack Layton a quant a lui indiqué que le NPD s’opposerait à tout changement «négatif» à la Loi sur les langues officielles, «qui est très importante pour le Canada».Avec la collaboration d’Alec Castonguay et de la Presse canadienne Dans la mire , : .JIM YOUNG REUTERS LUI-MEME constamment mitraillé par les photographes de presse, le chef libéral Paul Martin a retourné l’objectif de sa caméra vers eux, hier, alors qu’il poursuivait sa campagne électorale en Colombie-Britannique.Son épouse, Sheila, lui donne quelques conseils pour réussir un bon cliché.Chrétien appelle les jeunes à voter, sans plus L’ex-premier ministre était à Kingston, où il a reçu un diplôme honorifique MANON CORNELLIER LE DEVOIR Kingston, Ont — Il faut faire fi des campagnes négatives et aller voter, car un gouvernement peut changer les choses et un vote peut faire la différence.C’est cet appel qu’a lancé hier Jean Chrétien aux étudiants de l’université Queens réunis pour la rentise des diplômes.Comme il l’avait promis, il n’a pas joué les gérants d’estrade en commentant la campagne en cours, préférant convaincre son jeune auditoire des vertus de la vie publique et du rôle du gouvernement.«Il y a un message que j’aimerais que vous reteniez.Impliquez-vous dans la vie publique.Trop de jeunes pensent que la politique ne compte pas, qu’elle ne sert à rien, qu’il ne vaut pas la peine de voter.H n’y a rien de plus faux.Voter est très important parce que U gouvernement compte», a-t-il lancé, après avoir lui-même reçu un doctorat honorifique.Pour convaincre les étudiants du poids de chaque vote, il a rappelé les résultats du référendum de 1995.D n’a pas mentionné la campagne en cours, même si les sondages font état d’une course seirée aux résultats imprévisibles.À sa sortie, il a refusé de commenter les élections, mais il a dit que ses conseils aux étudiants pouvaient servir à tous.«Ça s’applique à tout le monde.Les valeurs canadiennes, c’est très important.J’ai parlé du progrès que nous avons fait dans notre société.En campagne électorale, les gens ont tendance à être négatifs, mais il faut être capable d’avoir une perspective plus large et de voiries progrès qu’on a faits dans tous les domaines.Alors, ça s’applique à tout le monde et à tous les partis politiques», a-t-il déclaré.Il a toutefois rappelé qu’il avait toujours été un libéral et qu’il voterait toujours pour son parti.La faible participation des jeunes au processus électoral s’accentue d’élections en élections et c’est 1 devenu un sujet de préoccupation pour tous les partis.Le directeur général des élections s’en inquiète aussi, au point d’avoir lancé une série d’initiatives pour amener les jeunes à voter cette année.Le message de M.Chrétien allait dans la même veine.D a cherché à persuader les étudiants en décrivant la différence qu’un gouvernement peut faire.D a souligné qu’à son entrée en politique, il y a 40 ans, il n’y avait pas de système d’assurance maladie, de Régime de pensions du Canada, de politique sur les langues officielles, de Charte des droits, de protocole de Kyoto ou encore de Loi sur la clarté.«C’est un gouvernement élu qui a pris la décision de ne pas participer à la guerre en Irak», a-t-il dit, provoquant des applaudissements nourris.«Ces initiatives et bien d’autres ont été le fruit de décisions prises par des gouvernements dus de différents partis politiques d’un bout à l’autre du pays.Des gouvernements qui se sont engagés de manière concrète dans le processus politique et qui ont pris leurs responsabilités», a-t-il poursuivi Son but était clair redorer limage ternie des gouvernements et de la vie politique.Parsemant son discours d’anecdotes personnelles et de quelques blagues, il a souligné combien plusieurs gouvernements successifs avaient contribué à l’amélioration de la situation des minorités linguistiques et des femmes, à la promotion de la diversité.«L’assurance maladie est l’objet de beaucoup de débats et il doit en être ainsi», a-t-il ajouté.Mais il a fait remarquer que si ces débats portaient sur l’amélioration du système, c’est parce qu’on en avait au moins un et que ce sont des gouvernements qui l’ont créé.Il a invité les étudiants à jeter un regard plus large sur la vie publique, à ne jamais oublier leur appartenance à une communauté plus large.«Soyez )généreux, contribuez à cette communauté, essayez de a rendre meilleure, la plus progressiste possible», a-t-il insisté.«Voter est très important parce que le gouvernement compte » Le Bloc veut mieux encadrer les pétrolières ALEC CASTONGUAY LE DEVOIR Lévis — Le Bloc québécois a relancé sa proposition de créer l’Office de surveillance du secteur pétrolier pour trouver des solutions aux prix élevés de l’essence.Lors de deux points de presse différents hier, le Bloc a expliqué son idée, qui consiste à mieux encadrer les pétrolières, une proposition à laquelle adhéraient les libéraux du comité de l’Industrie à la Chambre des communes mais qui a été rejetée par Paul Martin.Depuis que le litre d’essence ordinaire oscille autour du dollar, de nombreux questionnements ont surgi dans la population pour comprendre les raisons de cette hausse, plaide le chef du Bloc, Gilles Duceppe.«Ça permettrait de surveiller où se fait la marge de profit, at-il expliqué.Cette marge de profit-là, est-ce qu’elle est déraisonnable ou raisonnable?La marge de profit doit être à 0,06 $ le litre normalement, mais elle est rendue à 0J21 $ le litre.Il faut vérifier pourquoi» L’organisme aurait aussi la responsabilité d’enquêter sur ces soudaines hausses simultanées.«Est-ce qu’il y a collusion ou pas?Il faut le prouver», a dit M.Duceppe, se gardant bien de porter des accusations.Depuis le témoignage du président du Bureau de la concurrence devant le comité de l’Industrie, juste avant le déclenchement des élections, M.Duceppe juge que cet organisme n’a pas assez de dents pour agir.«Quand il nous dit que ce n’est pas nécessaire mais que le Bureau de la concurrence vient témoigner devant le comité de l’Industrie et af firme qu’il n’a pas assez de moyens pour intervenir parce qu’il n’a pas le pouvoir de convoquer des témoins, entre autres, eh bien, ça ne tient pas debout.C’est pour ça qu’on a proposé un office de surveillance.On doit le faire, et il peut le faire», a dit M.Duceppe.Le Bloc voudrait que l’Office de surveillance du secteur pétrolier pousse plus loin la réflexion sur le mode d’approvisionnement au Canada, notamment en comparant la situation avec celle d’autres pays.«Ça nous permettrait aussi de regarder ce qui se passe dans certains Etats américains sur l’intégration verticale, a-t-il souligné.Quelles conséquences y a-t-il quand on empêche que le rqffineur soit aussi le distributeur?Voilà des tâches que l'Office pourrait avoir.Et même les pétrolières se sont dites d’accord avec ça.» Puisque les libéraux qui siègent au comité de l’Industrie ont appuyé l’idée du Bloc, Gilles Duceppe trouve regrettable que Paul Martin parle d’accroître les pouvoirs des députés alors qu’il ne les écoute pas dans un dossier aussi important que le prix de l’essence.Par contre, il ne garantit pas que cet organisme réussirait à faire baisser le prix à la pompe.«H faudrait voir ce que certaines mesures pourraient donner, a-t-ü dit Chose certaine, rester les bras croisés ne donne strictement rien.» I » fi LE DEVOIR.VENDREDI 28 MAI 2004 L E A 3 LE DEVOIR ACTDALITES Gagliano poursuit Martin et le gouvernement ROLLANDE PARENT PRESSE CANADIENNE L> ex-ministre et ex-ambassadeur Alfonso Gagliano i a déposé hier, en Cour supérieure de Montréal, une requête réclamant plus de 4,5 millions de dollars au gouvernement de Paul Martin, qu’il accuse de l’avoir utilisé comme *bouc émissaire» dans le but d’en tirer un «bénéfice personnel».Dans les entrevues que M.Gagliano avait accordées à son retour forcé du Danemark après avoir été destitué par M.Martin, l’ex-ambassadeur avait à maintes reprises annoncé son intention de poursuivre le gouvernement pour le sort qui lui était fait dans le cadre du scandale des commandites fédérales.Dans sa poursuite, M.Gagliano estime que les dommages faits à sa réputation par les façons de faire du premier ministre à son endroit dans le contexte du scandale des commandites devraient lui valoir deux millions de dollars.Du même souffle, M.Gagliano réclame des dommages exemplaires de deux millions de dollars.En outre, M.Gagliano évalue que son congédiement lui a fait perdre des revenus de 529 000 $, qu’il ARCHIVES LE DEVOIR Alfonso Gagliano réclame maintenant au gouvernement fédéral.«Martin a joué un rôle dominant dans le congédiement de M.Gagliano, cherchant à lui faire porter la responsabilité politique de ce qu’il décrit comme un scandale, le tout sans attendre que la moindre lumière soit faite sur toute cette affaire», peut-on lire dans la poursuite.«Ce faisant, il a largement dépassé les limites de ses fondions à titre de chef du gouvernement et a tenté de recevoir le bénéfice personnel qu'il croyait obtenir en faisant porter par un bouc émissaire, M.Gagliano, le fardeau d’une affaire qui [.] n’est pas attribuable au demandeur, qui a fait tout en son pouvoir pour l’éviter», indique la poursuite, qui tient sur quatre pages.M.Martin, interrogé à sa descente d’avion à Vancouver, a répliqué en disant «Cest son droit.» D semble que M.Gagliano ait repoussé le moment de poursuivre le gouvernement fédéral parce que le comité permanent des Comptes publics du Parlement fédéral, qui l’avait entendu une première fois à titre de témoin, avait annoncé son intention de le convoquer de nouveau.Dans l’intervalle, la Chambre des communes a suspendu ses activités et le comité des Comptes publics a mis fin à ses travaux après avoir entendu 50 témoins en trois mois.Le personnel de recherche du comité a rédigé un document, appuyé par les membres de la majorité libérale siégeant au comité, où on affirme que toutes les irrégularités constatées par la vérificatrice géné- rale Sheila Fraser avaient été commises sous la surveillance de l'ancien directeur du programme de commandites, Charles Guité, qui relevait de l'ex-sousministre des Travaux publics.Ran QuaU.et de l’ex-ministre Alfonso Gagliano.et qu’il y avait des contacts réguliers entre eux La vérificatrice générale a révélé que 100 millions de dollars du programme fédéral de conunandites ont été mal dépensés ou n’ont pu recevoir justification entre 1997 et 2002.Par ailleurs, le premier ministre Paul Martin a déjà déclaré que des fonctionnaires du ministère des Travaux publics, responsable du programme de commandites, recevaient des ordres de politiciens en vue.Quoi qu'il en soit, le 30 juin, le procureur mandaté par le gouvernement fédéral se présentera en cour.On peut alors s’attendre à ce que l’avocat de M.Gagliano, Pierre Fournier, et l'avocat du fédéral amorcent des discussions sur un échéancier à suivre dans ce dossier.Une fois que le dossier sera prêt, la Cour supérieure fixera une date d’audition de la cause, au moins huit mois plus tard.Autochtones: Charest garde le cap TOMMY CHOUINARD DE NOTRE,BUREAU DE QUEBEC Le gouvernement Charest estime que le lien de confiance avec les communautés autochtones n’est pas rompu, même si l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador réclame la démission du ministre de la Sécurité publique, Jacques Chagnon, et met en doute la volonté de Québec d’entretenir des relations harmonieuses avec eDe.Après avoir évité de défendre son ministre, qui a été attaqué par l’opposition officielle lors de la période des questions, le premier ministre Jean Charest a finalement réitéré sa confiance en lui un peu plus tard, lors d’un point de presse.«M.Cha-• gnon s’est expliqué.Laffaire est close.Il va conserver son dossier», a-t-il dit Jacques Chagnon, visiblement secoué par l’électrochoc causé par ses déclarations sur la violence dans les communautés autochtones, a fui les médias toute la journée.D n’a pas voulu réagir aux déclarations du chef régional de l’APNQL, Ghislain Picard, qui souhaite son départ en raison des propos «inacceptables» qui a tenus sur les autochtones.Aux yeux de Jean Charest les déclarations de son ministre ne remettent pas en cause les relations de son gouvernement avec les communautés autochtones.«Depuis l’élec-• tion du gouvernement, on a fait beaucoup de choses avec les communautés autochtones.On va continuer dans le «êrae at-il dit rappelant la ra- tification de l’entente de principe avec les Innus et la création du conseil conjoint des élus, où siègent des ministres du gouvernement Charest et des élus autochtones.«Nous ferons du Québec une société encore plus exemplaire dans ses relations avec les autochtones dans l’avenir», a lancé pour sa part le ministre délégué aux Affaires autochtones, Benoît Pelletier.Or Ghislain Picard estime que les propos de M.Chagnon mettent en doute la volonté exprimée par Jean Charest le 17 juin 2008, lorsqu! a signé avec FAPNQL l’Engagement politique mutuel, qui prévoit de «développer et maintenir des relations harmonieuses et respectueuses».«Les voies de communication sont encore tout à fait ouvertes avec les représentants autochtones.Ils ont eu l’appui de notre gouvernement, ils auront également dans l’avenir l’appui du gouvernement auquel f appartiens», a répondu M.Pelletier en Chambre, alors que le Parti québécois remettait en question la crédibilité du ministre et du gouvernement dans la gestion de la crise à Kanesatake.Les seuls commentaires de Jacques Chagnon hier se sont résumés à une intervention lors de la période de questions au cours de laquelle il a assuré que les policiers de la Sûreté du Québec patrouillent l’ensemble du territoire de Kanesatake.Cependant, les patrouilles conjointes formées de la GRC, de la SQ et des policiers mohawks, promises par le ministre au début du mois, n’ont toujours pas été mises sur pied.Seule la Sûreté du Québec assure la sécurité sur le territoire.Le président de l'Association canadienne de la police professionnelle, Tony Canavino, a toutefois laissé entendre que les citoyens de Kanesatake ne sont pas suffisamment protégés à l’heure actuelle.«J’imagine qu’éventueOement une décision va être prise, que ce soit à Ottawa ou à Québec.Une chose est certaine, des citoyens attendent d’être protégés et nos policiers attendent de pouvoir avoir l'ordre de faire leur travail adéquatement», atî affirmé hier.JACQUES NADEAU LE DEVOIR John Harding, Pearl Bonspille et Steven Bonspille, les trois chefs du conseil de bande de Kanesatake opposés à James Gabriel.Steven Bonspille et James Gabriel sont entrés en communication hier et pourraient se rencontrer aujourd’hui pour tenter de trouver une solution  James Gabriel propose une rencontre aux dissidents GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ LE DEVOIR Revirement de situation à Kanesatake: après des mois de silence et d’attaques interposées, James Gabriel et ses opposants pourraient reprendre contact ce matin et discuter de la tenue d’élections.Le grand chef, en exil à Laval depuis l’incendie de sa maison, en janvier dernier, a appelé Steven Bonspille hier en fin de journée pour lui proposer une rencontre au conseil de bande, seul à seul.«L’occasion d'un premier dialogue civilisé pour dénouer la crise actuelle», s’est réjoui Steven Bonspille, qui a officiellement annoncé son intention de se présenter à l’éventuelle succession de James Gabriel Mais la rencontre paraissait toujours incertaine en début de soirée.Bonspille et Gabriel ne s’étant parié que par boîte vocale, et le premier ne voulant pas que le second se présente sur le territoire.«R va causer une commotion.» Bonspille proposait plutôt un rendez-vous en zone neutre.«Peu importe où ce sera, je suis content.On est capables de se parler et de faire avancer les choses.Notre conflit est d’abord politique», disait Bonspille en attendant une confirmation.La journée avait pourtant commencé sur un tout autre ton.Les chefs Steven Bonspille, Pearl Bonspille et John Harding ont ainsi passé l’avant-midi d’hier à expliquer à quelques journalistes les fondements de leur opposition au grand chef Fatigués d’être dépeints comme des «criminels» et des «dissidents» «alors que dans tout gouvernement, on parle d'opposition», ils ont vertement critiqué les méthodes de gestion de Gabriel le soupçonnant à mots cachés d’utiliser à sa guise le budget du territoire dédié au développement (entre 400 000 et 600 000 $).Accusation que James Gabriel rejette totalement «Cest faux, réplique-t-il Le gouvernement fédéral vérifie la moindre dépense et tout est correct depuis que f administre la zone.» Autre point de litige, les opposants ne reconnaissent pas l’autorité de Gabriel sur la communauté.«R a eu un vote de non-confiance [en 2001] et il ne l’a pas respecté, dit Steven Bonspille.C’est le grand chef du gouvernement fédéral, pas de la population.» John Harding le décrit de son côté comme un «leader autocratique», qui privilégie «une attitude de confrontation».La demande du grand chef pour établir une police tripartite à Kanesatake — des patrouilles qui ne sont d’ailleurs toujours pas en fonction — a aussi reçu un flot de critiques des Bonspille et de Harding, critiques qui ont surtout révélé la profondeur du fossé entre les camps.Élections Le mandat en cours du conseil de bande arrive à échéance à la mi-juillet Normalement pour convoquer des élections, au moins quatre membres du conseil doivent voter.Mais déjà, hier, les trois chefs remettaient une lettre qui avait tout l’air d’une convocation officielle pour le 10 juillet «On ne peut pas décider tout seuls, mais je pense que Gabriel ne peut pas refuser ça, dit Steven Bonspille.Il demande des élections depuis longtemps.Le mandat achève, il faut aller voter.» Et comment Gabriel pourra-t-il faire campagne s! ne peut pas aller sur le territoire?«C’est son problème, il n’a que lui à blâmer pour la situation dans laquelle il se trouve.» Le grand chef reste campé sur ses positions.«Ce n’est pas surprenant qu'ils veuillent tenir les élections pendant que leurs bandits régnent et que les gens ont peur de parier.Mais je le répète: on va attendre que la sécurité soit rétablie avant d’agir» Chasse aux terroristes Abi Khalil comparaît à New York GUY TAILLEFER LE DEVOIR Naji Antoine Abi Khalil, complice de l’organisation terroriste Hezbollah?«Impossible!», clamait hier sa femme Lina.«Mon mari est chrétien maronite.Les chrétiens ne travaillent pas avec le Hezbollah.Celui qui connaît le Hezbollah va comprendre que c'est impossible.Il suffit de connaître un peu l’histoire du Liban.» Et Arnthony Karkar, l’avocat montréalais du LibanoCanadien actuellement détenu à New York, de renchérir «II est inconcevable qu’un chrétien devienne membre du Hezbollah puisque c’est une organisation formée d’extrémistes musulmans.Ça ne tient pas debout.» Les accusations qui pèsent sur M.Abi Khalfl, qui comparaît aujourd’hui devant une cour de district de New York dans l'espoir d’être libéré sous caution, n’en sont pas moins très lourdes.Du reste, elles ne concernent pas que ses sympathies présumées avec le Hezbollah, une organisation antisioniste que le Canada a bannie en 2002, rendant illégal le fait de collaborer avec elle et de la soutenir financièrement Agé de 39 ans, M.Abi Khalil a été inculpé lundi à New York de soutien matériel à une organisation terroriste pour avoir apparemment accepté, à la demande d’un agent double de la police américaine, de fournir au Hezbollah libanais des lunettes de vision nocturne.Ce LibanoCanadien possède une résidence à Dollard-des-Ormeaux, dans l’ouest de Montréal mais sa famille et lui passent une grande partie de leur temps au Uban.Président-directeur général d’une société de transports en import-export basée à Montréal, New Line Services, il était surveillé par le FBI depuis quelques années dans le cadre d’une enquête différente concernant des activités présumées de blanchiment d’argent Une affaire pour laquelle le réclame d’ailleurs la justice de l’Arkansas et dans laquelle il aurait quatre complices, dont un autre LibanoCanadien, John Sha-hin (ou Jean Chahine), ancien résidant de Montréal qui habiterait maintenant à Beyrouth, indiquait hier The Gazette.Les enquêteurs américains, qui affirment avoir eu la collaboration de la GRC, soutiennent que l’argent aurait été blanchi par l'entremise de la banque Al-Madina, à Beyrouth — une banque qui a fermé ses portes en 2001, note de son côté l’avocat Karkar.La justice affirme que M.Abi Khalil a été épinglé lors d’un rendez-vous dans un hôtel de New York mercredi dernier, quand un agent double lui a demandé s’il pourrait livrer des lunettes de vision nocturne au Hezbollah, à Athènes.«Khalil a répondu que ce n’était pas un problème et qu’il avait des “amis’’», a indiqué le procureur de Manhattan dans un communiqué.Il a été arrêté le même jour, alors qui acceptait un premier versement de 2500 $ de l’agent double, qui était venu lui montrer une part de la marchandise dans un entrepôt new-yorkais.S’il est reconnu coupable de soutien à une organisation terroriste, il encourt 15 ans de prison et 250 000 $ d’amende.Reconnu coupable de blanchiment d’argent, il risquerait d’écoper d’une peine de prison pouvant aller jusqu’à 20 ans ou d’une amende maximale de un million, ou des deux.M.Abi Khalil avait fait il y a douze ans les manchettes montréalaises d’une tout autre manière, alors que son épouse lina mettait au monde des quintuplés à l’Hôpital juif de Montréal.Sans le sou à l'époque, ils avaient fait l’objet d’un mouvement de sympathie; le gouvernement québécois leur avait offert une aide de (lus de 30 000 $.Les entants sont actuellement au Liban, a indiqué hier Lina, jointe par Le Devoir au bureau de M.Karkar en aprèsmidi.«Les enfants devaient venir passer l’été ici, mais je crois que c’est mieux qu’ils restent là-bas.Au moins, ils sont bien entourés» Elle est arrivée à Montréal de Beyrouth au milieu de la semaine dernière «pour lui faire une surprise à l’occasion de son anniversaire».EDe attendait un appel téléphonique de son mari, qu’eue n’a pas reçu, dit-elle.«C’est comme ça que j’ai compris que quelque chose n'allait pas» Compte-t-elle se rendre à New York?Elle l’ignore.Désemparée face aux événements, elle ajoute: «On ne sait pas quoi faire.Cest un mauvais rêve.Nous, on ne sait rien et la presse dit qu'il est terroriste.Come oa' Si le Hezbollah voit ça, il va rire.» M'Karkar trouve très faibles les preuves avancées par la justice américaine pour accuser son client de soutien à une organisation terroriste.«Je suis curieux de voir devant les tribunaux par quelles interprétations et quels chemins elle en est arrivée à cette conclusion.» Cette affaire vient se juxtaposer à la traque lancée mercredi par le FBI contre sept suspects liés à al-Qaida soupçonnés de vouloir commettre un attentat de grande envergure aux Etats-Unis cet été.Au nombre de ces suspects se trouvent deux Canadiens: Abder-raouf Jdey, un Montréalais d’origine tunisienne dont le FBI affirme qu’il détient un permis de pilotage, et le Koweïtien de naissance Amer el-Maati, le frère d’une connaissance de Maher Arar, cet homme d’Ottawa dont l’expulsion vers la Syrie par les autorités américaines et sa détention dans les prisons syriennes feront l’objet d’une enquête publique à compter du 21 juin.Selon Ottawa, MM.Jdey et el-Maati ne se trouvent probablement plus au Canada.-Mr 128 pages- 165.501 (514) 848-9042 Linda FITZPATRICK Sylvie MONETTE Debbie MYLES Chantal ST-PIERRE Ma maternelle.Mon portfolio l aulde (raccompagne Soudan é l'onsoionani ¦t enseignants En uente dans louies les HDraines 4 1 RÉFÉRENDUM MUNICIPAL DU 20 JUIN 2004 Révision des listes référendaires les 3, 4 et 5 juin Kmc UMi lyoa l ( mpmcIm tiÿ • llMla OMfc CMm ClMtiw 4a Mmt NM* «WM M« t* O*»— «Hyfcaa Cl» m C«M 1.La liste référendaire fera l'objet d’une révision en vue du référendum du 20 juin 2004.2.Est une personne habile à voter et a le droit d’être inscrite sur la liste référendaire du secteur concerné, toute personne qui, le 1" mars 2004, est de citoyenneté canadienne, n’est pas en curatelle et n’est pas déclarée coupable d’une infraction constituant une manœuvre électorale frauduleuse (au cours des cinq dernières années); et qui, au l* mars 2004, remplit une des deux conditions suivantes : être une personne physique domiciliée dans le secteur concerné et, depuis au moins 6 mois, au Québec; être depuis au moins 12 mois : • propriétaire d’un immeuble sur le territoire du secteur concerné; • occupant d’un établissement d’entreprise, au sens de la Loi sur la fiscalité municipale, sur le territoire du secteur concerné.La personne physique devra également être majeure au 20 juin 2004.O.Doit demander une modification à la liste référendaire, une personne habile à voter qui change de domicile dans le secteur concerné ou qui a vu changer, depuis le 1“ mars 2004, le titre en vertu duquel elle possède la qualité de personne habile à voter.^r.Doit demander la radiation de son nom sur la liste référendaire, une personne habile à voter qui, au moment de voter, ne remplira plus les conditions qui lui donnent la qualité de personne habile à voter.5.Pour vous inscrire sur la liste référendaire, vous devez présenter deux pièces d’identité.L’une doit mentionner votre nom et votre date de naissance et l’autre, votre nom et votre adresse.> Pour consulter la liste référendaire, faire une demande d’inscription, de correction ou de radiation, présentez-vous à un bureau de révision aux endroits, dates et heures indiqués ci-dessous.Jeudi .3 juin de 10 h à 22 h Vendredi.4 juin de 10 h à 22 h Samedi .5 juin de 10 h à 17 h 30 Secteurs À Beauhamois Maple Grove Melocheville —À Lacolle Notre-Damedu-Mont-Carmel À Longueuil Boucherville Brossard Greenfield Park SaintBruno-de-Montarville Saint-Lambert À Montréal Anjou Baie-d’Urfé Beacons/ieid Côte-Saint-Luc Dollard-des-Ormeaux Dorval Hampstead Kirkland LaSalle L'îleBizard L'île-Dorval Montréal-Est Montréal-Ouest Mont-Royal Pierrefonds Pointe-Claire Roxboro SamteAnnede-Bellevue Sainte-Geneviève SamtLaurent Senneville Westmount À Mont-Tremblant Lac-Tremblant-Nord Mont-Tremblant À Saint-Hyacinthe Sainte-Rosalie (Paroisse) —À Saint-Jean-sur-Richelieu Saint-Athanase À Salaberry-de-Valleyfield Grande-Île Saint-Timothée À Rouyn-Noranda Mont-Brun aux endroits suivants : Les bureaux de révision sont situés Beauhamois Secteur Maple Grove Ancien hôtel de ville de Maple Grove 149, rue Saint-Laurent Maple Grove Secteur Melocheville Bureau du responsable du scrutin 473, boulevard Edgar-Hébert Melocheville Lacolle Secteur Notre-Dame-du-Mont-Carmel Salle du conseil 1, rue de l'Église Sud Lacolle Longueuil Secteur Boucherville Bureau du responsable du scrutin 1205, rue Ampère (Local 100) Boucherville Édifice du CLSC 160, boulevard de Montarville (Bureau 202) Boucherville Montréal (suite) Secteur Côte-Saint-Luc Centre d'achats Côte Saint-Luc Shopping Centre 7001, chemin de la Côte-Saint-Luc (Local 007) Côte-Saint-Luc Bureau du responsable du scrutin 6900, boulevard Décarie (Local 3150) Côte-Saint-Luc Secteur Dollard-des-Ormeaux Sainte-Geneviève United Church 4697, boulevard Saint-Jean Dollard-des-Ormeaux Sportplexe 4-Glaces Pierrefonds 14 700, boulevard Pierrefonds (Salle polyvalente) Dollarckles-Ormeaux Centre civique de Dollard-des-Ormeaux 12 001, boulevard de Salaberry Dollard-des-Ormeaux Secteur Dorval Bureau du responsable du scrutin 185, avenue Dorval (Bureau 501) Dorval Secteur Brossard Bureau du responsable du scrutin 2, rue de la Place-du-Commerce (Suite 100) Brossard Édifice Commercial 7005, boulevard Taschereau (Suite 265) Brossard Communauté de la Résurrection 7685, boulevard de Milan Brossard Communauté l'Espérance 3300, avenue Bernard Brossard Secteur Greenfield Park Centre des 16-18 ans 274, rue Hubert Greenfield Park Secteur Saint-Bruno-de-Montarville Bureau du responsable du scrutin 662, montée Montarville SaintSruno-de-Montarville Secteur Saint-Lambert Bureau du responsable du scrutin 6, boulevard Desaulniers (Local 108) Saint-Lambert Cégep régional Champlain 900, rue Riverside Saint-Lambert Montréal Secteur Anjou Bureau du responsable du scrutin 8368, boulevard Métropolitain Anjou Résidence La Seigneurie d'Anjou 7001, boulevard des Galeries-d'Anjou Anjou Secteur Baie-d'Urfé Beaurepaire United Church 25, avenue Fieldfare Beaconsfield Secteur Hampstead Bureau du responsable du scrutin 6900, boulevard Décarie (Local 3340) Côte-Saint-Luc Secteur Kirkland Centre communautaire de Kirkland 16 950, boulevard Hymus Kirkland Secteur LaSalle Local commercial 1 1003, 90e Avenue LaSalle Local commercial 2 1484, boulevard Shevchenko LaSalle Local commercial 3 7781, boulevard Newman LaSalle Cégep André-Laurendeau 1111, rue Lapierre LaSalle Bureau du responsable du scrutin Place LaSalle 27 - 7852, boulevard Champlain LaSalle Maison des bénévoles de Nortel Network 13, rue Strathyre LaSalle Secteur L'ïie-Bizard Le Grenier - âge d’or de l’îleSizard 571, rue Cherrier L'îleBizard Secteur L'île-Dorval Bureau du responsable du scrutin 185, avenue Dorval (Bureau 501) Dorval Secteur Montréal-Est Bureau du responsable du scrutin 4, avenue Laurendeau Montréal-Est Secteur Beaconsfield Secteur Montréal-Ouest Centre commercial Beaconsfield ^c'en Mtel de ville 50, boulevard Saint-Charles (Local 21) 124, rue Westminster Nord Beaconsfield Montréal-Ouest Secteur Mont-Royal Bureau arrondissement Mont-Royal 90, avenue Roosevett Mont-Royal I r LE DEVOIR.LE VENDREDI 28 MAI 2 0 0 1 ?LES ACTUALITÉS- Gare aux médicaments vendus sans ordonnance Des médecins mettent les citoyens en garde contre l'automédication LOUISE MAUDE RIOUX SOUCY LE DEVOIR Le projet de minicentrale pourrait renaître avec le même promoteur Québec s’est engagé à donner priorité aux actionnaires de Grade Trois-Pistoles s’il décide de développer le potentiel hydrique Comment se fait-il que le projet de minicentrale privée sur la rivière Trois-Pistoles soit encore sur la table après avoir été racheté par Québec au coût de 3,3 millions afin de protéger la célèbre chute?Parce que Québec s’est réservé la possibilité de développer de nouveau le site en accordant la priorité à L* automédication est très popu-r laire au Québec.Beaucoup trop, craignent certains médecins généralistes qui ont entrepris hier une campagne de sensibilisation à l’utilisation inadéquate des médicaments, à l’origine de 10 à 20 % des hospitalisations au pays.Leur principal objectif?Battre en brèche la croyance populaire voulant qu’un médicament disponible sans ordonnance est forcément inoffensil «Malgré tous nos efforts d’éducation, les admissions en milieu hospitalier en Amérique du Nord dues aux réactions médicamenteuses continuent à être décevantes tant en nombre qu’en coûts économiques», déplore le Dr Claude Laroche, généraliste à la clinique médicale Cadillac, à Montréal Un problème qui chaque année, coûte 20 milliards de dollars aux Américains et plus de deux milliards aux Canadiens.Victimes de leur succès, la population vivant plus longtemps grâce aux avancées pharmacologiques, les médecins sont aux prises avec une pratique qui se fait chaque jour plus complexe.«Mon quotidien a changé depuis une quinzaine d’années.Aujourd’hui, c’est maintenant la règle qu’un patient prenne de huit à neuf médicaments.Comme cliniciens, cela nous terrifie.Il faut savoir qui se marie avec quoi», explique celui qui pratique la médecine depuis maintenant 26 ans.Le danger ne vient pas seulement des médicaments sur ordonnance — que trop de patients oublient encore de mentionner lorsqu’ils consultent — mais aussi des produits en vente libre, des remèdes à base de plantes médicinales et même des compléments alimentaires.Mélangées ensemble, toutes ces molécules peuvent parfois composer un cocktail explosif.Il y a dans ce cas trois types possibles d’interaction: une molécule peut augmenter l’effet d’une autre molécule, elle peut diminuer ou même paralyser cet effet ou encore en produire d’autres, tout à fait imprévisibles.Or la tendan- ce à l'automédication des Québécois s’avère le détonateur le plus sûr qui soit pour déclencher une réaction indésirable.«On a un problème important du côté de la santé communautaire parce que les gens consomment des produits sans savoir que c’est potentiellement dangereux», déplore le EK Laroche, qui aimerait bien que les règles soient encore plus sévères en matière d’étiquetage, particulièrement pour les plantes médicinales et les autres produits naturels.«Ilya souvent de fortes interactions entre certains produits-vedettes qu’on prescrit pour les troubles de l’humeur, que ce soit Prozac, Paxil ou Effexor, avec les plantes médicinales.C’est un désastre pour nous parce que certaines combinaisons sont très puissantes et peuvent causer une intoxication du fine», explique-t-il.Même l'aspirine, qu’un grand nombre de Québécois prennent quotidiennement pour prévenir les accidents cardiovasculaires, peut avoir des effets pervers.«Même si elle est enrobée, elle peut faire saigner, et certains développent alors des hémorragies digestives qui peuvent être fatales», prévient le Dr Laroche, qui recommande de faire preuve de prudence dans l’utilisation de cette molécule.«Même l’acétaminophène, la molécule la plus passe-partout qui soit, peut avoir des effets désagréables.» Idem pour les anti-inflammatoires, autrefois vendus sur ordonnance stricte et aujourd’hui disponibles en vente libre à des doses plus faibles.«Ce sont des produits qui, dans 10 à 15 % des cas, causent des risques de saignements digestifs et augmentent la pression», déplore le médecin, qui voit là les effets pervers des puissants lobbys de l’industrie pharmaceutique.Pour lui, certains médicaments ne devraient d’ailleurs pas être en vente libre.«Moi, les anti-inflammatoires, je les mettrais tous sur surveillance obligatoire», tranche celui qui craint que les Québécois n’aillent bientôt à la pharmacie comme ils vont chez McDo.Une tendance déjà bien installée au pays de l’oncle Sam, où on songe même à mettre en vente libre des médicaments pour les problèmes digestifs et le cholestérol.l’ancien promoteur.LOUIS-GILLES FRANCŒUR LE DEVOIR Québec n'a pas juridiquement fermé la porte à ce que le promoteur Grade Trois-Pistoles puisse présenter de nouveau son projet de minicentrale sur la rivière Trois-Pistoles lorsque ce projet a été racheté au coût de 3,35 millions dans le cadre d’une entente hors cour confidentielle conclue en février 2003, un mois avant les dernières élections au Québec.C’est ce que révèle la lecture des trois quittances et contrats conclus le 28 février 2003 entre le promoteur, le Procureur général du Québec et la municipalité de Notre-Dame-des-Neiges, trois documents dont Le Devoir a obtenu copie de source privée.Ces trois contrats indiquent au contraire DE NOTRE,BUREAU DE QUEBEC Le ministre des Finances, Yves Séguin, et le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, participent aujourd'hui et demain, avec leurs homologues provinciaux, à une séance de travail à Toronto sur la réforme des systèmes de soins de santé et leur financement.Coprésidée par le premier ministre de la Colombie-Britannique, Gordon Campbell et le premier ministre de l’Ontario, Dalton McGuin-ty, cette réunion, chapeautée par la Conseil de la fédération, mettra la table en vue de la conférence des que Québec a plutôt cédé au promoteur Grade Trois-Pistoles une priorité absolue si jamais il décidait de céder les forces hydrauliques du lieu à des fins d'exploitation hydroélectrique, contrairement à la politique d'appel d’offres en vigueur à l’époque et jamais annulée officiellement depuis.En somme, le seul verrou qui existe désormais pour le développement des chutes de la rivière Trois-Pistoles, c’est la volonté politique de Québec de conserver ou non ce site conune pièce du patrimoine public après l'avoir racheté de J'ancien promoteur.À l’époque, les forces hydrauliques appartenaient à la municipalité de Notre-Damedes-Neiges, qui les avait cédées au promoteur par bail.Cette municipalité a cédé ses droits en février 2003 au ministère des Ressources naturelles premiers ministres provinciaux sur le thème de la santé à Niagara-on-the-Lake les 28,29 et 30 juillet prochains.Cette rencontre doit être suivie par une autre conférence à laquelle le premier ministre du Canada doit participer.À l’Assemblée nationale hier, le premier ministre Jean Charest a souligné que cette rencontre des ministres des Finances et de la Santé des provinces était une première.«Ça fait partie des nouvelles façons de faire que propose le nouveau gouvernement», a-t-il dit.Comme Yves Séguin l’avait fait la veille, M.Charest a indiqué que la question du financement de la santé par le gouvernement fédéral englobe l’ensemble des transferts pour 250 000 $, avec l’obligation de consacrer un maximum de 200 000 $ à un projet de parc linéaire sur les rives.La numicipali-té a aussi obtenu de Grade Trois-Pistoles 50 000 $ pour bris des contrats antérieurs.Quant à Grade Trois-Pistoles, le document stipule qu'elle «renonce à son projet de minicentrale hydroélectrique» en échange d’une somme de 3,35 millions.Mais l'article 5 concède que «dans l’hypothèse où le gouvernement du Québec changerait d'orientation et déciderait de céder les droits hydriques sur la portion de la rivière des Trois-Pistoles identifiée au bail emphytéotique mentionné au paragraphe 2, ce dernier s 'engage à céder par préférence les droits hydriques à Grade Trois-Pistoles inc.ou à une autre personne morale de droit privé à être formée dans l’avenir par un ou plusieurs actionnaires actuels».Or un des actionnaires de Grade Trois-Pistoles, la société Gestion-Conseil SCP, s’est effectivement alliée à la MRC des Basques pour représenter le même projet, qui lui aurait été cédé pour 1 $ par l’ancien promoteur.Le 13 juin, la MRC tiendra un référendum sur fédéraux.«Ça veut dire les transferts pour la santé, ça veut dire les transferts en termes de points d'impôt, ça veut dire la péréquation également», a-t-il dit.«C’est vrai pour le Québec, c’est vrai pour les autres provinces», a ajouté M.Charest plus tard dans un point de presse.De son côté, le chef de l’opposition officielle, Bernard I-andry, a tiré à boulets rouges sur le Conseil de la fédération, dont le président, le premier ministre de l’Ile-du-Prince-Edouard, Pat Bimis, se serait montré «enthousiaste» à l’endroit du plan de Paul Martin en santé, selon un communiqué du Parti libéral du Canada.Pour M.Landry, le Conseil de la fédération est «une institution bidon», «un piège», où le Québec est le projet, une consultation décriée par les adversaires du projet et, depuis peu, par la mairie de Trois-Pistoles, qui accepte mal d’être tenue dans l’ignorance des ententes entre les nouveaux promoteurs.S’il présente de nouveau l’ancien projet, le promoteur devra rembourser 1970 000 $ à Québec.Mais il pourra déduire de ce montant les sommes nécessaires à la relance du projet.À l’Assemblée nationale hier, le ministre québécois de l'Environnement, Thomas Mulcair, a répondu ceci à un député de l’opposition qui sondait ses intentions: «Il est en train de nous dire qu’ils nous ont non seulement pris 3,3 millions de dollars de l'argent des payeurs de taxes pour les donner à quelqu 'un pour ne pas faire du développement économique régional mais qu’en plus les contrats seraient si mal faits que quelqu 'un va pouvoir le contourner et développer pareil.Brillant.» Le ministre a ensuite ajouté: «On ne déterminera pas, à partir du Plateau Mont-Royal.que quiconque, dans telle ou telle région, ne pourrait jamais exploiter les ressources.Nous, on va être à l'écoute des régions.» sur un pied d’«égalité avec le Nunavut et les Territoires du Nt/rd-Ouest».Selon diverses dépêches de presse, M.Binns aurait plutôt émis certaines réserves en ce qui a trait au programme électoral en santé, comme M.Charest l’a fait remarquer en brandissant une copie d’un article du Guardian de Charlottetown.Le plan de Paul Martin en santé a été reçu assez froidement par les premiers ministres provinciaux, qui y ont vu des promesses électorales qu’on préfère juger à ses fruits, comme M.McGuinty.Pour sa part, le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Bernard Lord, a dit craindre qu’Ottawa tente d’imposer des conditions pour délier les cordons de sa bourse.Les provinces discutent du financement de la santé ROBERT DUTRISAC Montréal (suite) Secteur Pierrefonds Bureau du responsable du scrutin 5007, boulevard des Sources Pierrefonds Chalet À ma baie 9625, boulevard Gouin Ouest Pierrefonds Secteur Pointe-Claire Bureau de la responsable du scrutin 187, EG boulevard Hymus Pointe-Claire Presbytère Sainte-Jeanne-de-Chantal 1, rue de l'Église Pointe-Claire Secteur Roxboro Sportplexe 4 glaces Salle Action (2‘ étage) 14 700, boulevard Pierrefonds Pierrefonds Secteur Sainte-Anne-de-Bellevue Centre Harpell 60, rue Saint-Pierre Sainte-Anne-de-Bellevue Secteur Sainte-Geneviève Bureau du responsable du scrutin Collège Gérald-Godin (Local 240) 15 615, boulevard Gouin Ouest Sainte-Geneviève Montréal (suite) Secteur Saint-Laurent Centre des loisirs de Saint-Laurent 1375, rue Grenet (Local 227) Saint-Laurent Bureau du responsable du scrutin 3333, boulevard de la Côte-Vertu (Bureau 710) Saint-Laurent Secteur Senneville Bureau du responsable du scrutin 11, avenue Tunstall Senneville Secteur Westmount Bureau du responsable du scrutin 4156 B, rue Sainte-Catherine Ouest Westmount Mont-Tremblant Secteur Lac-Tremblant-Nord Hôtel Club Tremblant 121, rue Cuttle (Salle Expo 1 A) Mont-Tremblant Secteur Mont-Tremblant Hôtel Club Tremblant 121, rue Cuttle (Salle Expo IA) Mont-Tremblant Saint-Hyacinthe Secteur Sainte-Rosalie (Paroisse) Bureau du responsable du scrutin 1070, rue Laframboise Saint-Hyacinthe Saint-Jean-sur-Richelieu Secteur Saint-Athanase MRC du Haut-Richelieu 380, 4" Avenue (Sous-sol) Iberville Salaberry-de-Valleyfield Secteur Grande-Île Bureau du responsable du scrutin 758, avenue de Grande-Ile Grande-Île Secteur Saint-Timothée Les Résidences Gabriel 5370, boulevard Hébert Saint-Timothée Rouyn-Noranda Secteur Mont-Brun Salle de l'âge d'or 960, rue Principale Mont-Brun Pour plus d'information : Communiquez avec notre Centre de renseignements au 1 888 ÉLECTION (1 888 353-2846).Visitez-nous au www.electionsaijebec.qc.ca t Écrivez-nous à info@eiectionsquebec.qc.ca gg Les personnes sourdes ou malentendantes E5B3 peuvent composer sans frais le 1 800 537-0644.Ans publié en vertu de l'article 125 de la La sur les Sections et les référendums dans les municipalités % LE DIRECTEUR GÉNÉRAL DES ÉLECTIONS DU QUÉBEC LE DEVOIR.LE VENDREDI 28 MAI 2004 LE DEVOIR LE MONDE Guerre contre le terrorisme L’aide aux pays pauvres serait détournée LE DEVOIR L* aide internationale est détournée au profit de la «guerre contre le terrorisme», accuse une importante étude, le Bilan de l’aide 2004, à laquelle est étroitement associé le Conseil canadien de la coopération internationale (CCCD- Animé par des spécialistes du Nord et du Sud appartenant à des ONG internationales, le Bilan de l’aide analyse annuellement l’état de l’aide au développement dans le monde et les mesures de réduction de la pauvreté.Selon le rapport rendu public hier à Ottawa, les pauvres de la planète subissent les conséquences des priorités des pays riches, *et surtout de la guerre contre le terrorisme».Il indique que *les tentatives actuelles de détournement des fonds alloués à la réduction de la pauvreté en fonction des intérêts de sécurité des donateurs constituent l’expression la plus préoccupante du problème endémique de l’affectation des ressources réservées à l'aide internationale en fonction des priorités des pays riches».Selon Tony Tujan, économiste et analyste politique philippin qui préside le Réseau du Bilan de l’aide, ril existe un risque que l’aide internationale soit détournée de la nécessité absolue d’éliminer la pauvreté du grand nombre au profit de l’objectif étroit, et très probablement illusoire, d’assurer la sécurité de quelques-uns».L’aide internationale, déplore-t-on, est de plus en plus considérée comme un instrument servant à promouvoir la sécurité et à combattre le terrorisme.Ainsi, l’Australie fait passer la réduction de la pauvreté après la sécurité dans la raison d’être de son aide internationale.L’aide accordée par le Danemark dépend de la participation active des pays à la «guerre contre le terrorisme».Quant au Japon, il a révisé sa Charte de l’aide au développement en ajoutant la «Prévention du terrorisme».Le virage est «manifeste», dit le rapport, et le Canada n’échappe pas à la tendance: selon sa nouvelle politique de sécurité nationale, intitulée Protéger une société ouverte, le Canada accentuera ses efforts de développement des ca- K'tés en matière de luttp contre ;rrorisme dans les Etats en développement Pour Gerry Barr, président-directeur général du CCCI, «nous ne savons pas encore si ces efforts de sécurité seront financés à même le budget de l’aide internationale.Mais nous savons ce que nous voulons: le budget de l’aide internationale doit servir à la lutte contre la pauvreté et non contre le terrorisme».Près de la moitié de la population mondiale vit avec moins de 2 $US par jour, et le tiers des décès (50 000 personnes par jour) ont une cause liée à la pauvreté.Eli IlEj.Résultats Tirage du 2004-05-26 H 25 3Z 44 Complémentaire: (J3) 6/6 0 2 000 000,00 $ 5/6+ 3 162 684,00$ 5/6 140 2 788,80$ 4/6 7 989 93,60$ 3/6 152 302 10,00$ Ventes totales 10 614 891$ Prochain gros lot (approx ): 5 000 000 $ DES IF 30 MAI 2004 Tirage du 2004-05-26 H 25 2Q 22 4Q 45 Complémentaire: (J£) Gagnants Lots 6/6 0 1 000 000,00$ 5/6+ 1 50 000,00$ 5/6 5 500,00$ 4/6 815 50,00$ 3/6 15 140 5,00$ Ventes rotates 526 604.50 $ Efltra Tirage du 2004-05-26 NUMÉROS LOT 108269 100 000$ tnodAMé* d encaèeeement dee MMt gagnent» paraitwn M VOTO dm bMX» En CM de Cftepemé ertre can* i«M •Ma Rete ofncttt» de l-O.cette dernttra a pnont* Uimam qui prônait le djihad est arrêté Abou Hamza al-Masri, qui est recherché aux États-Unis pour une prise d'otages commise au Yémen en 1998, a été présenté à un tribunal londonien PAUL MAJENDIE REUTERS Londres — La police britannique a ipterpellé hier à la demande des Etats-Unis l’imam radical Abou Hamza al-Masri, jadis réputé pour ses prêches enflammés à la mosquée de Finsbury Park, à Londres, et qui faisait l’objet d’une demande d’extradition de la justice américaine.Ab,ou Hamza est recherché aux Etats-Unis pour une prise d’otages au Yémen, en 1998, dans laquelle quatre otages avaient trouvé la mort.Aux termes de la loi américaine, il risque la peine de mort Il a été présenté hier à un tribunal londonien qui lui a demandé s’il était prêt à aller aux Etats-Unis.Il a souri, secoué la tête et répondu: «Non.» Il a été maintenu en détention et doit à nouveau comparaître au tribunal le 23 juillet Le ministre de l’Intérieur, David Blunkett, n’a le droit d’autoriser une extradition vers un pays pratiquapt la peine de mort, comme les Etats-Unis, que s’il obtient des garanties sur le fait qu’elle ne sera pas appliquée au suspect L’arrestation de cet homme de 47 ans qui admire ouvertement Oussama ben Laden et prônait le djihad fia guerre sainte) contre l’Occident est survenue alors que le parquet britannique était en passe d’ordonner son interpellation.Videur de boîtes de nuit, moudjahidine, imam: une feuille de route bien remplie L’ancien imam de la mosquée de Finsbury Park, d’origine égyptienne, était également recherché depuis trois ans par les autorités yéménites.«Nous détenons des preuves selon lesquelles il a été mêlé à des attaques terroristes survenues au Yémen dans les années 80», a déclaré à la BBC le ministre de l’Intérieur de ce pays, Aboubakr al-Qir-bi.Toutefois, aucun traité d’extradition ne lie le Yémen et la Grande-Bretagne.Abou Hamza avait été déchu de sa nationalité britannique en 2003 pour son soutien présumé au «terrorisme».Hamza nie tout lien officiel avec la nébuleuse islamiste al-Qaï-da, responsable des attentats antiaméricains du 11 septembre 2001.Au lendemain de cette action, l’imam de Finsbury Park s’était ouvertement réjoui de ces attentats suicide.D est le premier ressortissant britannique déchu de sa nationalité en vertu du durcissement de la législation contre les immigrés dont les paroles ou les actes sont jugés susceptibles de nuire gravement aux intérêts du royaume.Mosquée fermée La mosquée de Finsbury Park, dans le nord de Londres, avait été fermée à la suite de perquisitions menées par la police antiterroriste en 2003.Abou Hamza, surnommé «Capitaine Crochet» par les tabloïds Abou Hamza, alias le «Capitaine Crochet».britanniques en raison de sa main droite amputée — officiellement en Afghanistan lors de la guerre contre l’occupant soviétique — et de son œil de verre, avait conti- nué à prêcher à l’extérieur de l’édifice.Cet homme, dont le fils a été emprisonné au Yémen pour terrorisme, est au centre de plusieurs polémiques depuis des années.Après son installation en Grande-Bretagne, où il a travaillé comme videur dans plusieurs boîtes de nuit de Londres, il se rend en Afghanistan dans les années 80 pour participer à la guerre des moudjahidines contre l’Armée rouge.Réactions mitigées Dans les années 90, il retourne en Grande-Bretagne pour délivrer des prêches au vitriol dans les mosquées de Londres.Son arrestation a provoqué des réactions mitigées dans la communauté musulmane de Grande-Bretagne, forte de deux millions de fidèles.«C’est un personnage très controversé au sein de notre communauté, qui est généralement peu apprécié en raison de ses propos majoritairement odieux», a commenté Inayat Bunglawala, porte-parole du Conseil des musulmans de la Grande-Bretagne, qui regroupe la grande majorité des musulmans du royaume.Mais ce responsable a ajouté: •Il y a eu trop d’arrestations de musulmans depuis le 11 septembre 2001 pour des motifs spécieux.Bon nombre d’entre eux ont tout simplement été relâchés une semaine plus tard.» En revanche, Massoud Shadja-reh, président de la Commission islamique des droits de l’homme, a fait part de son inquiétude.«Nous sommes très préoccupés d’une possible extradition [d’Abou Hamza] aux États-Unis au moment même où les procédures normales étaient mises à mal ici», a-t-il dit États-Unis: les démocrates jouent à leur tour la carte antiterroriste PATRICK ANIDJAR AGENCE FRANCE-PRESSE Washington — Le candidat démocrate John Kerry a affiché hier sa détermination à lutter contre le terrorisme s’il est élu à la Maison-Blanche en novembre, promettant notamment aux Américains de détruire al-Qaïda et de s’en prendre aux imams saoudiens qui encouragent le terrorisme.Cette intervention du sénateur du Massachusetts survient au lendemain de l’annonce par l’administration Bush d’une ipenace «grave» d’attentat contre les Etats-Unis.Elle fait également suite à un discours particulièrement virulent de l’ancien candidat démocrate à l’élection 2000, Al Gore, contre la politique sécuritaire de celui qui l’avait battu ü y a quatre ans, l’actuel président George W.Bush, pourtant toujours considéré par la majorité des Américains comme le mieux apte à les protéger.Gore a notamment exigé la démission du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, de la conseillère à la Sécurité nationale Condoleezza Rice et du directeur de la CIA George Tenet Du coup, M.Kerry, soumis à des pressions de membres de son camp qui souhaitent le voir adopter un ton plus agressif face à son rival républicain, n’a pas mâché ses mots sur ses intentions d'éradiquer le terrorisme, une fois élu président «J’ai un message aujourd’hui pour al-Qaïda ou pour tout terroriste qui se retranche derrière ses illu- sions: bien que nous ayons des élections ici, en Amérique, qu’il n’y ait pas de doute: ce pays est uni dans sa détermination de vous détruire, a déclaré le candidat à Seattle.Que cela soit bien clair: une fois commandant en chef, je lancerais toutes les forces de la nation pour localiser et écraser vos réseaux», a poursuivi le sénateur du Massachusetts.Le rôle de l’Arabie Il a promis également de révéler, dans les prochaines semaines, des plans «spécifiques» pour édifier une nouvelle force militaire capable de défaire «anciens et nouveaux ennemis», «bloquer la dissémination d’armes nucléaires, biologiques et chimiques».Mais, a-t-il souligné, «tous les problèmes ne doivent pas être vus dans une optique militaire».Aujourd’hui, a-t-il (fit le monde souhaite «une Amérique qui est respectée, pas seulement crainte».Kerry a également estimé qu’il était temps d’être «sérieux sur la question du rôle de l’Arabie Saoudite dans le financement et le soutien idéologique à al-Qaïda et d’autres groupes terroristes».L’annonce par l’administration Bush d’une menace «grave» mais qon spécifique d’attentat contre les Etats-Unis suscite quelques interrogations.Des responsables du département de la Sécurité intérieure, cités par le New York Times, ont émis quelques doutes sur le bien-fondé de l’annonce, affirmant que la veille de celle-ci, ils n’avaient reçu aucune information nouvelle relative à un éventuel attentat Le camp démocrate du sénateur John Kerry fait cependant preuve de modération dans ses critiques.Le président George W.Bush continue en effet, en dépit de sa chute de popularité à la suite du scandale d’Abou Ghraïb, d’être celui que les Américains considèrent comme le plus à même d’assurer leur sécurité en cas d’attentat Kerry, sans évoquer ouvertement l’éventualité d’arrière-pen-sées politiques dans l’annonce de l’administration, s'est contenté de critiquer l’isolement des Etats-Unis sur la scène internationale, résultat selon lui, de la politique de son rival républicain.Des alliés politiques de M.Kerry font cependant preuve de moins de retenue que leur candidat «Je trouve [cette annonce] incroyablement suspecte [.] au vu de la chute troublante dans les sondages» du président Bush, a estimé Harold Schait-berger, qui dirige l’Association internationale des pompiers.Le sénateur démocrate de lHlinois, Richard Durbin, a pour sa part indiqué au New York Times que la commission du renseignement, dont il est membre, n’a reçu aucune information du type de celles données au grand public par M.Ashcroft.«Je ne pense pas que mon travail soit de m’inquiéter de ce que les sceptiques disent.Mon travail est de faire tout ce que je peux pour protéger le peuple américain et l’aider à se protéger par lui-même», a répliqué l’attorney général.Trêve à Najaf Les Britanniques enverront des renforts en Irak AGENCE FRANCE-PRESSE Bagdad — La Grande-Bretagne a annoncé hier l’envoi de 370 soldats en renfort en Irak, où les miliciens du chef radical chiite Moqtada Sadr ont accepté un accord de trêve après des semaines de combats acharnés contre les forces américaines à Najaf.Par ailleurs, le débat diplomatique s’est poursuivi sur le projet de résolution américano-britannique sur l’Irak, qui doit être «sérieusement amélioré», a averti le président français Jacques Chirac.Dans la ville sainte de Najaf, située à 170 kilomètres au sud de Bagdad, les combats ont cessé entre les forces américaines et les partisans de Moqtada Sadr pour la première fois depuis sept semaines.Des forces de sécurité irakiennes renforcées prendront la responsabilité de la sécurité dans la ville, a déclaré le porte-parole de la coalition.Dan Senor.En attendant, «les forces de la coalition suspendront leurs opérations offensives mais continueront à assurer la sécurité en patrouillant» à Najaf, a-t-il dit «Les forces de la coalition ne riposteront qu’en cas de légitime défense.» Cette trêve survient alors que les miliciens chiites ont récemment essuyé de lourdes pertes et subi de nombreux revers.Avec cette trêve, Moqtada Sadr limite ses pertes sans se rendre à la coalition et celle-ci sort d’une guerre qui risquait d’enflammer les musulmans puisqu’elle se déroulait dans un lieu sacré.Avec les renforts annoncés hier, le nombre total de militaires britanniques déployés en Irak avoismera les 8900, a indiqué le ministre de la Défense, Geoff Hoon.D s’agit du deuxième contingent derrière quelque 138 000Américains.Le ministre n’a pas précisé quand partiraient ces renforts, décidés malgré l’hostilité de l’opinion.Un membre du Conseil de gouvernement transitoire irakien, Mme Salama al-Khafaji, a échappé à un attentat hier soir en revenant de Najaf, où elle avait participé à un sit-in en solidarité avec les habitants de la ville sainte, selon le porte-parole d’un autre membre du Conseil, Ab mad Chalabi.L’attaque contre son convoi a eu lieu près de la localité de Youssoufiyeh, à 20 kilomètres au sud de Bagdad.«Elle va bien, mais il y a des victimes parmi son escorte», a précisé le porteiiarole.Sur le front diplomatique, Jacques Chirac a déclaré que le projet de résolution devait être «sérieusement amélioré» pour permettre au futur gouvernement irakien d’avoir «une capacité de décision» sur les opérations majeures de la force internationale.En visite au Guatemala, il a ajouté que le mandat de la force internationale devait «être limité dans le temps».Mais Washington a jugé irréaliste qu’une date limite soit fixée.De son côté, la Chine a jugé «nécessaire» l’envoi d’une force multinationale en Irak dont le mandat et la durée devront selon elle être clairement définis.Ce numéro est une obligation Les nouvelles Obligations d’épargne du Québec sont arrivées ! Émission en vente jusqu’au 1* juin TMtphonwc-nou* du lundi «u vandradi, d* 8 h * 20 h, •t Im Murwdi* d* mai, d* 10 h à 16 h.Visitez la www.apq.gouv.qc.ca Québec La météo entrave les secours aux sinistrés de l’île d’Hispaniola AGENCE FRANCE-PRESSE Port-au-Prince — Les forces américaines éprouvaient des difficultés hier, en raison du mauvais temps, pour continuer à acheminer en Haïti une première aide aux victimes des pluies diluviennes, qui ont fait dimanche plus de 915 morts au total dans ce pays et en République dominicaine.Certaines rotations d’hélicoptères n’ont pu être menées hier à cause des mauvaises conditions météorologiques qui régnent dans le centre de l’île Hispaniola, selon des sources proches des secours.Dans l'attente du retour de missions d’évaluation, le bilan était hier en fin de matinée de 339 morts en République dominicaine, presque tous à Jimani (sud-ouest), et d’au moins 579 morts en Haïti, selon les services de protection civile.Mercredi, six rotations d’hélicoptères ont pu être organisées entre Port-au-Prince et la ville haïtienne de Fonds Vérettes, au nord-est de Port-au-Prince.Cette localité de 45 000 habitants avec ses environs a été pratiquement rasée par un torrent de boue, de pierres et de roches.La ville est inaccessible par la route.Une liaison en hélicoptère à partir de la capitale haïtienne prend environ 20 minutes.Selon un photographe de l’AFP qui a pu accompagner une mission héliportée américaine, Fonds Vérettes est une ville ayant cessé d’exister, transformée en un immense terrain vague.La localité était bâtie sur le lit d’une rivière asséchée la plupart de l’année et qui ne se remplit brièvement d’eau qu’ai cas d’intempéries majeures.Les pluies diluviennes ont pris par surprise ses habitants dans leur sommeil, dans la nuit de dimanche à lundi.Hier, la cité était recouverte de roches, de pierres et de boue.Quelques pans de murs restaient debout id et là.Dans les décombres, des survivants tentaient de retrouver des objets de première nécessité, comme des ustensiles de cuisine.Fonds Vérettes, où plus de 300 morts ont été dénombrés, avait déjà enregistré des dizaines de morts lors du passage du cyclone George en 1998 et de la tempête tropicale Gordon en 1994.Mercredi, le premier ministre haïtien Gérard Latortue a souligné, après un survol de la zone sinistrée, cpY«il faudra reconstruire la ville ailleurs pour éviter la répétition de nouvelles tragédies».11 a mis en cause le déboisement sauvage par une population fortement touchée par la pauvreté et interdit la coupe des arbres dans la forêt des Pins qui se trouve à proximité de la ville.Dès que les conditions météorologiques le permettront, les secoure devraient s’accélérer dans le sud de l’île. LE DEVOIR, LE VENDREDI 28 MAI 2 0 0 4 LE DEVOIR ECONOMIE Bombardier éliminera 500 emplois à Montréal d’ici l’automne Le constructeur dévoile une perte de 174 millions au premier trimestre CLAUDE TURCOTTE LE DEVOIR Bombardier a enregistré au premier trimestre terminé le 30 avril 2004 une perte de 174 millions $US, ou de 10 VUS par action, en comparaison d’un gain de 54 millions, ou de 3 CUS par action, au trimestre 2003 correspondant Il va donc sans dire que «le grand ménage du printemps» se poursuit avec une vigueur renouvelée qui touche de nouveau la division aéronautique avec un ralentissement de la production du Regional Jet qui entraînera d’ici l’automne l’élimination de 500 emplois aux usines de Dorval et de Saint-Laurent C’est la cadence de production du CRC200, l’appareil régional de 50 places, qui est ralentie afin d’aligner la fabrication avec le calendrier actuel des livraisons, ce qui n’empêchera pas le nombre total des livraisons d’avions d’affaires et régionaux de demeurer pour l’exercice en cours égal à celui de l’année dernière.Les revenus de Bombardier aéronautique ont quand même prpgressé de 9 % au cours du trimestre pour s’approcher de 1,8 milliard.Pierre Beaudoin, président de ÉÉs CHR1STINNE MUSCHI REUTERS Paul Tellier, président et chef de la direction de Bombardier, a avoué que le mandat de restructuration qu’il a accepté est plus difficile à remplir que prévu.cette division, a mentionné en conférence téléphonique qu’on planifie présentement le départ des 500 employés concernés.On commencera par ralentir la fabrication des composantes qui se fait à Saint-Laurent et à partir du mois d’août on ralentira l’assemblage qui se fait à Dorval.Ce rajustement entraîne- ra des débours de un million.Michel Lauzon, président du syndicat des machinistes, a déclaré à la Presse canadienne qu’il comprenait cette décision, sans pour autant l’accepter, mais il a souligné que la situation aurait pu être pire puisque 1000 personnes auraient perdu leur emploi si la production de certains modèles n’avait pas été rapatriée du Texas.M.Lauzon a aussi déclaré qu’il est «plus que temps que le gouvernement fédéral se donne une véritable politique de soutien au secteur de l'aéronautique, une politique qui en particulier favoriserait l'achat d'appareils fabriqués chez nous».D a l’intention d’interpeller les partis politiques et le gouvernement à ce propos pendant la campagne électorale.En disant cela, il pensait évidemment au contrat d'Air Canada.À ce sujet, M.Beaudoin a précisé que les discussions se poursuivent avec ce client sur le nombre d'appareils à fabriquer par Bombardier pour Air Canada.La signature formelle d’un contrat a été retardée par suite des difficultés majeures de la société aérienne, dont on a beaucoup parlé dans les médias ces dernières semaines.Le transport Par ailleurs, la division transport poursuit son énorme travail de restructuration; jusqu'à maintenant, plus de 1000 personnes (près des deux tiers étant des cols blancs) ont été remerciées.Les résultats du trimestre comprennent des rajustements de 200 millions apportés à des contrats de la division Transport et une charge spéciale de 86 millions dé^ coulant de la fermeture de sept installations manufacturières dans cinq pays en Europe.L'usine d’Amarora au Portugal est fermée depuis une semaine, une autre au Royaume-Uni fermera le 9 juin et les autres fermetures auront lieu progressivement.Il reste 5600 employés à licencier.André Navarri, nouveau président de la division, prévoit que celle-ci pourra déclarer un profit au prochain trimestre.Paul Tellier, président et chef de la direction de Bombardier, a demandé aux actionnaires de faire preuve de patience.«R y a la lumière au bout du tunnel», a-t-il dit, tout en reconnaissant que le mandat de restructuration qu’il a accepté est plus difficile à remplir que prévu.Quoi qu'il en soit, le marché boursier a plutôt mal réagi à l’annonce de ces résultats trimestriels.Au cours de la journée, le titre de Bombardier a perdu 78 C ou 13,52 % pour clôturer à 4,99 $.Les revenus consolidés du groupe ont augmenté de 6 % pour totaliser 3,5 milliards.Son carnet de commandes est maintenant de 33,5 milliards, en comparaison de 34,6 milliards au 31 janvier dernier.Assemblée générale des actionnaires Ted Rogers sonne la charge contre Bell PRESSE CANADIENNE Toronto — Ne faites pas attention aux appels des compagnies de téléphone pour l’instauration d’un nouveau régime réglementaire fédéral, a lancé hier Ted Rogers, le grand patron du plus important câblodistributeur canadien et deuxième fournisseur de services téléphoniques sans fil.Avec le développement imminent de la téléphonie par Internet, Bell Canada et d’autres compagnies de téléphone bien établies veillent à «affaiblir financièrement les nouveaux concurrents», a dit M.Rogers, p.-d.g.de Rogers Communications et président du conseil de Rogers Communications sans fil, devant les actionnaires au cours de l’assemblée annuelle.«Malgré les appels à l’aide et la propagande des compagnies de téléphone titulaires, de leurs lobbyistes payés et des groupes d’intérêt financés par Bell selon lesquels la réglementation actuelle ne devrait plus s’appliquer, comme ils ont près de 99 % du marché de la téléphonie résidentielle locale, il s’agit d’un monopole bien établi qui doit continuer d’être réglementé jusqu’à ce qu’une véritable concurrence puisse s’établir fermement.» Le dirigeant de Bell Canada, Michael Sabia, mène une campagne pour qu’Ottawa révise ses politiques qui régissent le secteur des communications.D veut que de nouvelles règles reconnaissent la concurrence à laqueüe des compagnies comme Bell font face en matière de services Internet et sans fil Parmi les concurrents figure Rogers Communications, qui s’apprête, a affirmé M.Rogers, à déployer une technologie de pointe de protocole Internet (IP) au cours de la prochaine année de façon à offrir un service de téléphonie résidentielle qui comprendrait des options comme les vidéoconférences et des connexions coordonnées traditionnelles et sans fil.«Le gouvernement et le CRTC vont encourager la concurrence en s’assurant que les monopoles ne puissent pas écraser les nouveaux concurrents émergents en offrant des tarifs très bas ou au moyen d’autres activités anticoncurrentielles avec lesquelles nous sommes familiers», a dit M.Rogers en ajoutant qu’il souhaitait que cette direction ne soit pas abandonnée.«BCE a bénÿicié de nombreux allègements réglementaires et avantages dans le secteur du câble, ce qui a permis aux compagnies de télévision par satellite de chiper des millions de clients aux câblodistributeurs.Les règles doivent certainement être réciproques Cest certainement le tour du câble de bénéficier d'encouragements semblables pour concurrencer dans le secteur de la téléphonie.» ExpressVu M.Rogers a aussi attaqué ExpressVu, la division télévision par satellite de Bell qui, financée par Bell Canada, «a investi des milliards de dollars sans rendement et qui a vendu des milliers de bottes de contrôle sans programmation.Plusieurs des boîtes de Bell sont maintenant utilisées pour le piratage, ce qui affecte non seulement l’industrie du câble mais tout le système de radiodiffusion canadien».L’homme d’affaires a qualifié de «vraie gagnante» la filiale Rogers sans fil, qui a généré une croissance de revenus de 12 % l’an dernier, de même qu’une augmentation de 27 % de son bénéfice d’exploitation.La semaine dernière, AT&T a rejeté l’offre de Rogers Communications de 1,5 milliard pour l’acquisition de la participation d’AT&T dans Rogers sans fil.Rogers Communications, qui possède 56 % de Rogers sans fü, voulait acquérir la participation d’AT&T de 34 % dans l’entreprise.La participation restante est négociée sur les marchés.Ted Rogers entrevoit «amplement de croissance» pour le secteur du téléphone sans fil au Canada.Les banques continuent d’engranger les profits La Royale, la TD, la Nationale et la Laurentienne ont dévoilé hier des bénéfices en hausse GÉRARD BÉRUBÉ LE DEVOIR Les banques ont continué à engranger des profits ronflants au deuxième trimestre.Capitalisant sur des provisions pour mauvaises créances moindres et sur de solides performances en gestion du patrimoine, quatre des cinq plus grosses banques ont déjà cumulé plus de 2,4 milliards en bénéfice net au cours de ce trimestre, de près de cinq milliards après six mois.Plus grosse banque au pays selon la taille, avec un actif de 446 milliards au 30 avril dernier, la Banque Royale a inscrit un bénéfice net de 774 millions au terme de son deuxième trimestre, en hausse de 12 % sur celui de 689 millions du trimestre correspondant de 2003.Par action, il est passé de 99 C à 1,16 $, conduisant à un rendement sur fonds propres de 17,3 %, contre 15,4 %.«Ces résultats reflètent une meilleure performance dans nos investissements et nos activités bancaires et d’assurances», a résumé le président et chef de la direction du Groupe financier RBC, Gordon Nixon.Autre institution à dévoiler ses résultats hier, la Banque TD a comptabilisé un bénéfice net trimestriel de 511 millions, ou de 74 C par action.Au trimestre correspondant de 2003.l’institution, qui coiffait un actif de 312 milliards au 30 avril dernier, avait enregistré une perte de 273 millions, ou de 46 C l’action, après l’inscription d’une charge de restructuration de 617 millions.Il en a résulté un rendement sur l’avoir des ac- Plus grosse banque au pays, la Royale a inscrit un bénéfice net de 774 millions au terme de son deuxième trimestre tionnaires de 16,5 %, contre une performance négative de 10,5 % au deuxième trimestre 2003.Après six mois, le bénéfice net de la TD s’établit maintenant à 1,11 milliard, contre 74 millions un an plus tôt, ou à 1,63 $ par action contre 4 C.Le rendement sur l’avoir des actionnaires s’est chiffré à 18,2 % contre 0,5 %.«Ces résultats reflètent la croissance soutenue des revenus des services bancaires personnels et commerciaux et l’excellente performance de la gestion de patrimoine et des services bancaires en gros», a indiqué le président et chef de la direction de la TD, Edmund Clark.Parmi les faits marquants, la TD a souligné avoir ajouté un montant de 195 millions, après impôts, à sa provision liée à d’éventuelles poursuites, relatives notamment à son exposition dans l’effondrement d’Enron.«Je désire préciser une chose, s’est empressé d’ajouter M.Clark.Nous continuons à croire que les gestes que nous avons faits dans le dossier Enron étaient tout à fait légaux et conformes aux pratiques du marché en vigueur à l’époque.» Il n’a toutefois pas écarté la possibilité de conclure ce dossier à l’amiable, ne serait-ce que pour «placer cette histoire derrière nous».La BN hausse son dividende À la Banque Nationale, on a fait ressortir hier un bénéfice net de 180 millions, ou de 1,01 $ par action, au deuxième trimestre de 2004, en hausse de 30 % sur celui de 138 millions (73 C l’action) du trimestre correspondant de 2003.Le rendement des capitaux propres est passé de 14,8 % à 19 % entre ces deux trimestres.Cette performance a permis au conseil d’administration de la plus grosse banque québécoise, avec un actif de 83,7 milliards au 30 avril dernier, d’approuver une hausse de 15 % du dividende trimestriel, qui passe à 38 C l’action.Au total, après six mois, le bénéfice net de la Nationale atteint les 366 millions, en hausse de 20 % sur celui de 304 millions du semestre correspondant de 2003.Par action, il est passé de 1,61 $ à 2,04 $, permettant un rendement sur fonds propres de 19 % contre 16,3 %.Dernière institution à dévoiler ses résultats hier, la Banque Laurentienne, qui affichait un actif de 16,8 milliards au 30 avril 2004, a dégagé un bénéfice net en hausse de 21 %, à 13,3 millions (42 ç par action), contre 11 millions (32 C par action) au deuxième trimestre de 2003.Après six mois, il atteint 27 millions, ou 85 C par action, contre 30,9 millions (1,02 $ l’action) un an plus tôt, pour un rendement sur l’avoir des actionnaires de 6 % contre 7,7 %.Mercredi, la Banque de Montréal avait déclaré un bénéfice net de 602 millions au deuxième trimestre, en hausse de 47 % sur celui du trimestre correspondant de 2003, et de 1,13 milliard après six mois, pour un rendement sur fonds propres de 19,4 %.La CIBC, pour sa part, avait inscrit un bénéfice net de 531 millions pour le deuxième trimestre, de 1,14 milliard après les suc premiers mois, soit un rendement sur capitaux propres de 19,7 %.Reste donc la Scotia, qui doit dévoiler ses résultats trimestriels au début de juin.Accord de libre-échange : TUE et le Mercosur espèrent s’entendre d’ici octobre PHILIPPE RIES AGENCE FRANCE-PRESSE Guadalajara — L’Union européenne et le Mercosur ont confirmé hier à Guadalajara, à l’issue d’une réunion ministérielle de quatre heures, la «date cible» d’octobre 2004 pour conclure un accord «ambitieux» qui donnerait naissance à la plus vaste zone de libre-échange au monde.Tout en insistant sur l’ampleur du travail restant à accomplir, les principaux négociateurs des deux blocs ont affirmé, après avoir exa- I miné les offres respectives d’ouverture de leurs marchés déposées le 21 mai, que «sur tous les sujets, nous parviendrons à trouver un terrain commun», selon la formule du ministre brésilien des Affaires étrangères, Celso Amorim.«À la question, est-ce que nous maintenons la pression de la date cible d’octobre?La réponse a été oui», a indiqué le commissaire européen au Commerce, Pascal Lamy, sans toutefois reprendre le terme de «date limite» qu’il avait utilisé la veille.Le ministre brésilien a d’ailleurs insisté sur l’importance stratégique que donne son gouvernement à la signature de cet accord de libre-échange (ALE), qui ne se limite pas à la dimension commerciale traditionnelle mais comportera aussi un volet politique et une plateforme de coopération pour le développement «Si les gens veulent un monde multipolaire, il doit être fondé sur une économie également multipolaire», a affirmé Celso Amorim Brasilia ne fait en effet pas mystère qui voit dans le renforcement des liens avec l’Union européenne le moyen de contrebalancer la pression exercée sur la région par les Etats-Unis L’Union européenne est le premier partenaire commercial des quatre pays du cône Sud du continent, américain, nettement devant les Etats-Unis.Les deux zones mettent en avant une très forte complémentarité.Offre généreuse La Commission européenne estime avoir déposé une offre généreuse, puisqu’elle couvre 100 % des échanges industriels, 99 % du commerce agricole, et ouvrirait les marchés de l’Union aux fournisseurs de services du Merco-I sur.En agriculture, secteur où la compétitivité des producteurs brésiliens ou argentins est particulièrement forte, il s’agit «de l’offre la plus large jamais déposée [par l’UE] dans une négociation commerciale», estimait-on hier, de source européenne.Dans ce qu’ils attendent du Mercosur, les Européens mettent notamment l’accent sur les services, l’investissement et l’accès aux marchés publics, ainsi que sur le nécessaire renforcement de l’intégration régionale des pays du cône sud de l’Amérique latine.\ EN BREF Le brut termine sous les 40 $US (AFP) — les cours du pétrole brut ont terminé en forte baisse hier à New York, retombant sous la barre des 40 $US grâce au ton conciliant des dernières déclarations de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), laissant espérer une importante auginentation de l’offre du cartel le 3 juin.Sur le New Yotk Mercantfle Exchange (Ny-mex), le prix du baril de brut pour livraison en juillet a chuté de 1,26 $US, à 39,44 $US, après avoir déjà perdu 44 CUS mercredi et 58 CUS mardi, soit un plongeon de dus de 2 $US en trois séances.Selon Mike Fitzpatrick, analyste de Fi-mat, Pumomo Yusgiarjtoro, le ministre indonésien de l’Energie et actuel président de l'OPER a évoqué à Djalrarta trois possibilités de hausse de la production du cartel, qui seront étudiées tors de sa prochaine réunion le 3 juin à Beyrouth.Le transport aérien redécolle (Reuters) — Le trafic passagers mondial a augmenté de 15,4 % de janvier à avril dans le transport aérien, par rapport à la période comparable de 2004, a annoncé hier l’International Air Transport Association (IATA).Durant la même période, le trafic de fret a augmenté de 11,3%.Pour le seul mois d’avril, le trafic passagers a augmenté de 363 * en glissement annuel.TIM SHAFFER REUTERS Conrad Black Un peu de jeu pour Black (PC) — Les actionnaires minoritaires de Hoüinger ont accepté hier une résolution qui libère un montant de 211 millions, lequel sera ainsi à la disposition de la compagnie de Conrad Black.Adoptée à une forte majorité, cette résolution règle — du moins pour l’immédiat — le problème de liquidités de Bollinger, a indiqué M.Black en sortant de la rencontre des actionnaires.Aux reporters, l’homme d’affaires britannique a confié qu’il prenait la chose avec philosophie, précisant que la sienne était «le capitalisme darwinien, comme toujours».Selon Fred Ketchen, chef des marchés à la division du courtage de la Banque Scotia, l’origine de ces fonds n’est pas cidre.«Quand vous regardez la situation financière d’un assemblage comme Hoüinger qui réunit des filiales, des entités aüiées et d’autres associées ainsi que Conrad Black, Dieu seul peut savoir d’où ça [l'argent] vient, et je ne sais pas non plus où ü s’en va», a résumé M.Ketchen.La croissance est revue à la hausse (AFP) — La croissance a été légèrement revue à la hausse au premier trimestre aux Etats-Unis à 4,4 % du PIB en rythme annuel, contre une première estimation de 43 % annoncée fin avril, a indiqué hier le département du Commerce.Au quatrième trimestre 2003, la croissance américaine avait atteint 4,1 %.La croissance du premier trimestre a été surtout portée par les dépenses de consommation des ménages, l’acquisition d’équipements et de matériel informatique par les entreprises ainsi que les dépenses publiques et les exportations, a noté le département du Commerce.La rémunération augmente (PC) — La rémunération hebdomadaire moyenne pour les salariés inscrits sur les listes de paies a augmenté de 0,4 %, de février à mars dernier, et a été supérieure de 2,4 % au niveau de mars 2003.À la suite de l’augmentation substantielle observée en février, le nombre moyen d’heures rémunérées pour les salariés rémunérés à l’heure est demeuré inchangé en mars.La rémunération horaire s’est établie en moyenne à 17,53 $.Cette estimation est aussi demeurée inchangée par rapport au mois précédent mais est de 2,9 % plus élevée que celle de mars 2003.Cotes boursières En raison de problèmes techniques, il nous est impossible de publier les cotes boursières aujourd’hui.Nos excuses. A 8 LE DEVOIR.LE VENDREDI 28 MAI 2004 EDITORIAL Que d’argent ! La campagne électorale n’a pas une semaine que les promesses volent comme s’il n’y avait pas de limites à la capacité de payer du gouvernement canadien.Qu’est-ce que ce sera lorsque viendra le temps de faire le compte, à la veille du scrutin, de tous les engagements qui auront été pris?D epuis sept ou huit ans, le gouvernement fédéral accumule sans fin les surplus.Sa marge de manœuvre est telle qu’en ce début de campagne électorale, les partis politiques se sentent libres de promettre tant et plus pour la santé, pour le logement social, pour le développement régional, et ainsi de suite.D’ici le 28 juin, ce sont quelques dizaines de milliards qu’ils auront engagés pour les quatre prochaines années.Quel contraste avec la dernière campagne électorale au Québec, où c’était à qui en promettait le moins! Et quand on promettait, on accompagnait l’engagement d’une formule de financement détaillée.Ces jours-ci, pas besoin de se demander à quel niveau de gouvernement le déséquilibre fiscal profite.Promettre tient du réflexe chez les politiciens qui pensent que l’électeur leur pardonnera leur enthousiasme électoral.Devant la surenchère, le doute s’installe.On croit de moins en moins les promesses, même les plus solennelles, comme cet engagement pris par le premier ministre Paul Martin de verser neuf milliards de dollars de plus aux provinces pour la santé.Un sondage express TVA-Léger Marketing réalisé cette semaine révélait par exemple que 69 % des gens interrogés doutent qu’il res-pectera sa parole.La réponse aurait sûrement été la même si la question avait porté sur la promesse des conservateurs de réduire les impôts des Canadiens à un niveau inférieur à celui des Américains.Ce scepticisme est chose méritée pour les politiciens.Trop souvent, ils disent une chose un jour et son contraire quelques semaines plus tard.Deux exemples: d’abord, celui de l’autoroute 30, dont le dernier tronçon a fait l’objet de promesses électorales de la part des libéraux au moins deux fois.L’autoroute 60, dit ironiquement le Bloc québécois.Deuxième exemple: celui de «l’argent souillé» des commandites, dont Jean Lapierre, le lieutenant québécois de Paul Martin, avait assuré qu’il ne servirait pas au Parti libéral à faire campagne.On ne sait plus si, quand et comment cet argent sera retourné au trésor public.Le politicien qui promet sait bien qu’il ne sera pas toujours possible de remplir ses engagements.D se dit que le lendemain des élections, il sera toujours temps de nuancer.Jean Chrétien a déjà dit à propos de l’autoroute 30 que c’était non pas une promesse de réaliser le projet mais «un engagement des députés à travailler [.] pour régler ce problème».On peut se demander si, une fois réélu, Paul Martin ne dira pas la même chose à propos des congés parentaux.Certes, une entente a été conclue à ce sujet avec le Québec juste avant le déclenchement des élections.tout comme le gouvernement Chrétien, à la veille des élections de 1997, avait signé un accord qui est resté lettre morte par la suite.Pour être crédibles, les politiciens ne peuvent plus dire n’importe quoi, n’importe comment II leur faut préciser comment ils arriveront à tenir parole.C’est ce qu’avait compris Jean Charest l’an dernier en accompagnant d’un cadre financier le programme libéral qu’il soumettait aux électeurs québécois.D’emblée, celui-ci avait été contesté, mais on avait au moins pu juger un tant soit peu de la capacité du Parti libéral du Québec à gouverner.L’exemple est à suivre, ne serait-ce que parce qu’un tel exercice oblige les politiciens à un peu de retenue et les empêche de promettre à tort et à travers.bdescoteaux@ledevoir.ca Bernard Descôteaux ?Une leçon Josée Boileau ?« - our trancher le sort des cégeps, on en voit qui s’enferment avec leur calculette pour tracer de beaux schémas comptables qui n’ont de sens que sur le papier.C’est ce qu’a fait la Fédération des commissions scolaires du Québec l’automne dernier pour conclure à -y.une transformation des cégeps qui signerait en fait eur disparition., D’autres ne considèrent les choses que de haut: que font les Etats-Unis?Les États-Unis n’ont pas de cégeps, donc abolissons-les!, lance cette semaine la Conférence des recteurs et des prind-paux des universités du Québec (CREPUQ).L’heure n’est-elle pas à la mondialisation?Fi donc des spédfidtés — des «singularités», comme l’écrit la CREPUQ dans son mémoire destiné au Forum sur l’avenir de l’enseignement collégial de juin —, il faut s’harmoniser avec les voisins afin d’assurer cohérence et mobilité.L’Europe elle-même, note le document, ne commence-t-elle pas à «adapter ses systèmes d’enseignement universitaire au modèle nord-américain»?.On notera aussi qu’elle se laisse diablement séduire par l’anglais.Que faire alors de la loi 101, cette «singularité» québécoise qui dépare le paysage si cohérent de l’Amérique du Nord?De quoi faire frémir tous les recteurs sou-deux d’harmonisation continentale.On en voit d’autres encore qui sont prêts à toutes les adaptations pour sauver leur peau.Nous pouvons être autonomes, offrir des formations disparates, adapter nos exigences, voire les baisser, clamait le mois dernier la Fédération des cégeps.Trois chants de sirènes auxquels il faut résister car le véritable enjeu, ce n’est pas la qualité de l’éducation au Québec, c’est la clientèle que chacun s’arrache pour obtenir du financement! Ainsi, dans un cursus universitaire de quatre ans qui découlerait de la disparition des cégeps, la première aimée, axée sur la culture générale, ne coûterait pas grand-chose aux universités.Mais les droits de scolarité, eux, seraient fort alléchants! Le ministre de l’Éducation, Pierre Reid, semble avoir déjà un parti pris.Dans son document d’orientation en vue du forum, les cégeps font en effet piètre figure face aux systèmes ontarien et américain, glorifiés.On se serait plutôt attendu à ce qu’il s'inspire d’une prédécesseure — la très libérale Lucienne Robillard.Chargée de la réforme de l’enseignement collégial au début des années 90, Mme Robillard avait commandé une étude à son ministère, jamais rendue publique et dont Le Devoir a révélé le contenu cette semaine.On en retient une grande leçon: quand on veut revoir des structures, tout doit être passé au crible.Pas seulement les coûts financiers mais aussi les aspects pédagogiques, administratifs, techniques, humains, sociaux, fiscaux, voire constitutionnels (des transferts fédéraux seraient perdus si on remplaçait une année de cégep par une sixième année de secondaire).Au final, dans la vraie vie, celle de Matane, de Chicoutimi, de Montréal., l'abolition des cégeps ne tenait pas la route.Mme Robillard avait ainsi réussi à s’élever au-dessus de la mêlée.Le gouvernement actuel a encore cette obligation.Le fouillis des défusions suffit Si M.Reid décide de lancer le Québec dans un autre branle-bas, il doit s’appuyer sur autre chose que les études tronquées des acteurs du milieu.En est-il capable?jboileau@ledevoir.ca I LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE L£ WAT PB CHtFS : IH Ju't*, lo ÇA ToN&C ViCnÎ J‘A\ U»TX.PRÊvu C£T x A?RE$*M«Pi“LA/ A O m / Witfn La première manche des bébés d’Hull Bravo, les défusionnistes! Vous avez gagné la première manche.En vue du référendum, il reste à convaincre une majorité de citoyens qu’il faut rester petiL qu’il faut mettre un frein à l’évolution, à un meilleur développement qui aurait pour résultat de meilleures chances d’emploi pour notre jeunesse et la fin des chicanes de clocher.Fini, les projets qui nous sont propres.Enfin, des décisions prises par d’autres, ailleurs que chez nous, mais quand même à nos finis.On n’aura plus à se préoccuper de qui fait quoi avec nos taxes.Il faut respecter la tradition, n’est-ce pas?Petit im jour, petit toujours, au risque de disparaître.Si Hull défusionne, nous serons dominés par Gatineau et par son ancien et futur maire, pourtant défiisionniste.[.] Depuis la fusion, je me pose des questions sur ce qui a pu changer dans ma vie quotidienne.Mes voisins me parlent toujours.Ds n’ont pas changé de visage.L’Outaouais coule toujours d’ouest en est et la Gatineau, du nord au sud.Mène les Rocheuses n’ont pas déboulé.Notre population étouffe et s’engouffre toujours vers les quelques ponts qui mènent ailleurs, faute de concertation et faute de développement durable chez nous.Nous, on veut rester des bébés d’Hull et des gars d’Hull.Ça bûche, mais c’est comme ça! Je résume: on veut rester petiL on veut que les décisions qui nous concernent se prennent ailleurs, coûte que coûte.Ce n’est pas pour rien qu’on a acquis le titre de viDe-dortoir.Une ville-dortoir est une ville morte, un coin où il ne se passe rien.[.] En attendant fa mégaville d’Ottawa est morte de rire, elle qui se développe à toute vitesse et qui s’étend bien au delà des limites de la nôtre.Parions que le projet de pont proposé pour décongestionner fa 50 sera dorénavant de l’histoire ancienne.Et l’autre qui dit qui faut que ça brille.Lais-sezmoi vous dire que ce n’est pas brillant et que risque de s’embourber davantage.Et toujours nos frais.Sylvia Gravel Gatineau, le 21 mai 2004 LETTRES -4- Des normes industrielles de santé Dimanche dernier, j’ai écouté avec intérêt un reportage de Second regard, une émission maltraitée par les plages horaires en quête de cotes d’écoute de fa télé publique de Radio-Canada.Dans ce reportage, il est question de personnes qui croient d’abord aux objectifs humains des services de santé, avant ceux d’un système qui doit répondre davantage aux objectifs d’économie, de productivité et de rendement en somme à des objectifs qui n’ont rien à voir avec l’empathie et l’humanisme qui devraient guider l’organisation des soins dans une société qui dit faire de fa santé sa priorité.Du moins selon les sondages et les déclarations des politiciens, tant à Québec qu’à Ottawa.Dans ce reportage, on peut entendre des retraités bénévoles témoigner de l’à-propos de leur intervention visant à écouter les personnes qui doivent faire face à leur mort prochaine.Mais surtouL on peut voir évoluer un médecin, Anna Towers, de l’hôpital Royal Victoria, qui lève le nez sur toutes les politiques administratives pour d’abord et surtout écouter ces personnes dont les jours sont comptés.La franche poignée de main, sur fond de larmes, qu’elle donne à une de ses patientes tandis que celled sent revivre sa jeunesse témoigne à fa fois de fa pertinence du geste mais surtout de la défaillance fondamentale de notre système de santé.Nous assimilons ce système à n’importe quel autre système de production industrialisée, où toute forme de tendresse devrait être comptabilisée comme on le fait pour fa production de jus de tomate en conserve.[.] En ouverture du reportage, un court extrait d’un poème de Georges Duhamel dans lequel il est question de cet homme dans la rue qui vous demande du feu.Parlez avec lui, ajoute Duhamel, il vous demandera Dieu.Alors que nous en sommes aux premiers balbutiements d’une campagne électorale fédérale, je souhaite que le futur premier ministre rencontre cette personne qui lui demandera du feu.Paul Martin comprendra alors peut-être comment il est inhumain de participer à ces tactiques inéquitables d’évasions fiscales.Des tactiques qui font en sorte que notam-menL dans les provinces, les soins de santé sont gérés selon des normes industrielles parce que des privilégiés ont les moyens juridiquement prescrits par l’anden ministre des Finances de se soustraire à leurs obligations citoyennes, et ce, au détriment d’une santé publique plus humaine.Bono devrait en être informé.Jean-Pierre Guay Québec, le 23 mai 2004 Appeler un chat un chat Le film Farhenheit 9/11 de Michael Moore n’est pas «un pied de nez à l'Amérique» [.], comme certains titres nous inviteraient à le croire.Alors là, nous serions vraiment dans la démesure! 11 y a hommage à rendre à fa qualité du travail du dnéastejoumaliste Michael Moore, comme l’a reconnu le jury international de Cannes, avant toute considération politique.SU est vrai que le cinéma doit transcender les frontières, il y a certes du bon à ce que le Festival de Cannes donne une jambette à fa censure américaine, flagrante en ce qui concerne Farhenheit 9/11.Mais il est tout aussi important de voir quel cméma le jury de Cannes a voulu reconnaître.À tous ceux qui voudraient faire croire qull n’y a rien d’autre dans le cinéma et les livres de Michael Moore qu’un travail de pamphlétaire, une autre jambette.C’est tout le contraire.Le jury de Cannes a rendu hommage à fa qualité persistante du travail de documenta-riste et de cinéaste de Michael Moore, à son respect des fûts, à son génie de communicateur, à sa considération pour l’intelligence du public, à son habileté à appeler un chat un chat [.] Michael Moore n’est certes pas aimé par les gens qui sont dans sa ligne de mire, mais personne, semblet-il, ne semble pouvoir le prendre en défaut et le poursuivre en justice pour abus et distorsion de faits (dans un pays par ailleurs si prompt à le faire).Les faits, rien que les faits, superbement accrochés.Son langage est certes fort imagé et plein d’humour, mais ü n’est à cet égard, encore une fois, que le regard du chaL cet autre regard (fort connu et fort décapant) sur toutes nos prétentions d’êtres «piensants» et supérieurs.[.] Une Palme d’or au renversement des valeurs.Tout à fait renversant en effet [.] Guy Demers Montréal, le 23 mai 2004 LIBRE OPINION L’humiliation des Arabes PAUL WARREN Professeur de cinéma, l’auteur a vécu 12 ans dans le monde arabe.Les Arabes, les Irakiens en première ligne, n’oublieront pas.L’Irak est fier.En langue arabe (et les mots, pour les Arabes, ont une force incroyable), ‘iraq signifie fa veine, le filet d’or dans le minerai de fer, l’eau de la vie Caraq), l'enracinement la noblesse de race.Les images obscènes que les soldats américains viennent de fabriquer de leurs prisonniers irakiens sont les dernières en date d’un long processus d’humiliation de fa nation arabe.Fatalement dans une folie ininterrompue de dégradation, on est descendu, en moins d’un an, de la tête de Saddam Hussein au corps des Irakiens.Revoyez le gros plan de fa tête de Saddam, affolée, sale, couverte de longs poils noirs, que des mains gantées de blanc fouillent à la recherche de fa fourberie cachée.Une tête guillotinée, coup>ée du corps complexe de l’Irak.Une tête que la caméra américaine est allée dénicher au fond d’un trou, le trou du serpent venimeux.Revoyez Oussama ben Laden dans sa caverne de fauve, avec son rire de hyène, plein de barbe et drapé dans sa robe de bédouin.De la tête du chef au corps des Irakiens.Des corps que les soldats américains im- berbes ont dévoilés nus comme vers dans un entremêlement immonde.Quelles images n’ont-ils pas fabriquées des femmes voilées jusqu’au front?Revoyez les Arabes qu’a filmés Spielberg, dans ses Indiana Jones, qui se font cravacher par le héros américain sur son cheval et qui se sauvent comme des rats en s’enfargeant dans leur djellaba.Rappielez-vous cette séquence méprisante où Indiana fait face à son ennemi arabe qui l’attend pwur se battre, le sabre de ses ancêtres au poing.Revoyez notre héros bien-aimé qui détourne la tête d’un air ennuyé, qui sort son revolver et qui flingue l’Arabe, à distance, nonchalamment sans daigner le regarder, comme on chasse une mouche du revers de fa main.Au grand plaisir déboutonné des spectateurs.Repensez au film de Friedkin, L’Exorciste (1973), où un archéologue américain découvre, dans une grotte au nord de l’Irak, une tête en granite de satan, une arme de destruction massive, le mal incarné qui va atteindre les États-Unis et terroriser une famille de Washington.Ce ne sont fa que des exemples de l’Arabe méprisé ou démonisé.fi faudrait qu'un étudiant fasse son mémoire de maîtrise ou sa thèse de doctorat sur limage de l’Arabe dans le cinéma populaire américain pour se rendre compte que le mépris est le thème dominanL Aussi dominant qu’il l’a été pour le Noir.Je pense au livre sacré des Arabes et de un milliard de musulmans, moqué par l’Occident chrétien depuis 15 siècles.L’expression «s’en moquer comme de l’an 40» est une déformation linguistique de «s’en moquer comme de l’al-Qorân» fle Coran).Jusqu’à Molière qui se moque en déposant le Coran sur le postérieur de son bourgeois gentilhomme, dans 1a rigolade de fa scène et de fa salle.Il faut attendre le milieu du XIX' siècle pour trouver une traduction du Coran qui ne soit pas teintée de préjugés.Ce n’est pas le petit film Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran qui va renverser fa vapeur.Le réalisateur François Dupeyron a beau avoir les meilleures intentions du monde fil importe d’apaiser les musulmans de France) et nous montrer l’humanisme du Coran à travers M.Ibrahim (Omar Sharif), ü n’arrive pas à se défaire du préjugé millénaire qui fait de l’Arabe Ibrahim un marchand malhonnête qui trompe sur fa marchandise et qui initie son jeune ami à fa duplicité.On peut oublier fa haine.Pas le mépris.Celui qui me hait me donne de l’importance.Je compte pour lui.D est préoccupé par moi jusqu’à ne pas dormir la nuit Celui qui me méprise me tient pour moins que rien.J’ai les ailes coupées.Je rampe.Je me cache.Je retrousse les babines et je montre les dents. LE DEVOIR.LE VENDREDI 28 MAI 2004 A 9 IDEES du Vieux Montreal i- c Cegep •§Ma* U ||"f, trTsf m JACQUES GRENIER LE DEVOIR Le gouvernement peut-il comprendre qu’un système éducatif exige une patiente élaboration guidée par une vision claire de l’avenir?Le forum sur l’avenir des cégeps Diviser pour mieux régner Une réforme à peine terminée, le ministère de l’Education veut encore toucher à la grille de cours du collégial FRANÇOIS THÉORÊT ISABELLE PONTBRIAND ROXANNE LAJOIE LYNE BAINS Professeurs de français au Collège Lionel-Groulx ans les semaines à venir, le gouvernement du Québec invitera divers intervenants à réfléchir sur l’avenir du réseau collégial et de sa formation générale.Cet exercice de remise en question, baptisé «Forum sur l’avenir des cégeps», survient près de dix ans après la dernière réforme en règle, instituée par la ministre RobiUard, dont nous n’avons pu, à ce jour, mesurer la véritable portée.Rappelons que cette refonte du cursus collégial s’inscrivait dans une vaste métamorphose du système d’éducation, où le collégial était transformé en premier lieu, avant même que l’on ne modifie les programmes du secondaire et du primaire.Cette «réforme à l’envers» est aujourd’hui à peine terminée, malgré ses maladresses et ses incohérences, que le ministère de l’Education (MEQ) veut encore toucher à la grille de cours du collégial.De cette façon — et ce n’est pas la première fois —, il s’avérera difficile de déterminer si la réforme a été efficace ou non, constat qui exigerait au moins une dizaine d’années supplémentaires.Au Québec, les changements surviennent si rapidement qu’il devient impossible de déceler une vision à long terme.Un élève qui entre aujourd’hui à la maternelle peut facilement s’attendre à vivre au moins une réforme majeure avant de faire son entrée à l’université, sans parler des modifications de programmes et du climat de suspicion qu’on laisse sans cesse peser sur l’éducation.Nous posons la question: le gouvernement peut-il comprendre qu’un système éducatif exige une patiente élaboration guidée par une vision claire de l’avenir?Ainsi, le forum de juin devrait-il servir à réfléchir sur les cégeps de l’avenir au lieu de se pencher (est-ce vraiment le cas?) sur l’avenir d’une institution qui a déjà fait ses preuves.Le titre même du forum est symptomatique, selon nous, de la politique d’improvisation et de l’absence d’un véritable projet de société.Ne soyons pas injustes.Notre gouvernement défend, il est vrai, un certain nombre de valeurs, parmi lesquelles se démarquent la rentabilité et l’efficacité.C’est d’ailleurs au nom des principes économiques qu’il veut «repenser» le réseau collégial en faisant valoir qu’il coûte trop cher et rapporte trop peu.L’éducation, faut-il encore le rappeler, ne génère pas des dividendes comparables à ceux des placements boursiers.Et cette différence est réconfortante: la culture, c’est ce qui reste quand l’économie s'écroule.Elle englobe notre réalité en lui conférant un sens qui survit aux conjonctures économiques et aux paramètres changeants d’une planète marchande.Ne serait-ce que pour ces raisons, la culture et l’éducation doivent pouvoir exister en dehors des seuls intérêts économiques.Un Etat qui n’a plus les moyens d’investir dans l'éducation est un Etat qui tourne le dos à son identité, qui abandonne sa force de création vitale.Le gouvernement actuel doit comprendre qu’un système d'éducation n’est pas une entreprise mais un véritable projet de société.Vers l’Ontario Une lecture, même rapide, du document du MEQ de préparation au forum permet de comprendre que le gouvernement actuel n’offre rien d’originaL Le seul avenir qui nous propose a pour nom «Ontario».En effet, le système d’éducation ontarien est présenté comme un modèle gagnant de gestion pédagogique.Le cégep estime invention québécoise, une invention qui nous ressemble et qui nous rassemble Le document vante les mérites d’une chaîne de montage où l’on produit plus de diplômés, en moins de temps et à moindre coût S’agit-il là du projet social encensé par le gouvernement Charest?Avec lui, le Québec est-il prêt à abandonner sa créativité, sa capacité d’autodéfinition?Où s’en va une société qui laisse à ses voisins le soin de chorégraphier son avenir?La question est d’autant phis grave, nous semble-t-il, que le Québec est la seule culture majoritairement francophone en Amérique du Nord.L’heure est à la vigilance: notre société distincte le devient de moins en moins à mesure que s’avance le bulldozer néolibéraL Le cégep est une invention québécoise, une invention qui nous ressemble et qui nous rassemble.Toujours en évolution, il contribue à définir la société québécoise et les individus qui la composent Grâce à sa formation générale, il permet de réunir les générations autour d’une culture commune.Dans cet esprit il est important de rappeler que, conformément aux grandes orientations du rapport Parent il favorise la réduction des clivages sociaux en offrant à tous les élèves — qu’ils évoluent dans les programmes préuniversitaires aussi bien que dans les programmes techniques — une même initiation à la culture, une même compréhension de l’héritage humaniste et de la vision du monde qu’il inspire.Penser que cette culture puisse être désuète et constituer un luxe apparaît comme une hérésie.Une telle pensée ne peut que s’appuyer sur un malentendu, c’est-ÈKlire sur une profonde incompréhension du rôle de la culture.La culture, doit-on le rappeler, n’est pas un manteau de fourrure! Elle n’est pas l’apanage exclusif de l'intelligentsia et de la bourgeoisie.La culture, c’est l’esprit et la dynamique d’une nation en mouvement, c’est une vision qui emprunte au passé pour donner un sens au présent et à l’avenir.Elle rapproche les individus, peu importe leur choix de carrière et la finalité de leurs études.Priver les élèves des programmes techniques d’une portion importante de leurs cours de français, de philosophie et d'éducation physique — autrement dit, renoncer pour eux au projet toujours pertinent de l’esprit sain dans un corps sain — marquerait le retour à une société de privilèges.Les élèves des programmes préuniversitaires seraient alors seuls à porter une culture qui risquerait de devenir signifiante pour leur seule minorité, abandonnant les autres à une connaissance spécialisée et fragmentaire qui n’est qu’une forme méconnue de l’ignorance.L’avenir Les artisans de la Révolution tranquille ont fait des cégeps le lieu privilégié d’un dialogue entre les classes sociales.Grâce à leurs efforts visionnaires, il est possible d’affirmer, commp l’a fait récemment le sociologue Guy Rocher, «[que] le collégial a évolué avec le Québec mais [que] le Québec a évolué grâce au collégial».Nous soutenons cette affirmation à laquelle il est permis d’ajouter que maintenir la mission sociale des cégeps, c’est maintenir l’avenir du Québec.L’avenir, nous en faisons d’ores et déjà partie.Dans un monde où les nouvelles technologies évoluent à un rythme effarant et où la mondialisation des marchés exige de plus en plus de mobilité, la formation générale homogène devient plus que jamais une nécessité criante.Les cours de la formation générale sont un gage de cette souplesse et de cette capacité d’adaptation dont le besoin se fait de mieux en mieux sentir.Ils offrent l’occasion aux élèves de mettre à l’épreuve leur esprit d’analyse dans un cadre pédagogique qui échappe aux besoins immédiats et aux demandes précises de l’industrie.Nous voulons être bien compris: tenir compte du marché du travail n’est pas forcément, selon nous, un péché, une fausse piste ou un marché aux illusions.Cependant, l’éducation doit répondre à des principes plus larges, plus nobles, en contribuant à la formation de citoyens capables d’esprit critique.Il est de L notre avis que la société québécoise gagne chaque fois que l’école inspire l’initiative, la souplesse et la débrouillardise — fondements du véritable esprit d’entreprise — et qu’elle perd chaque fois qu’elle contraint l’école à former des exécutants, des gens qui ne savent plus répondre qu’à des standards en répétant des formules préfabriquées.Le marché du travail favorise justement l’embauche de techniciens munis d’un DEC pour les raisons évoquées ci-dessus: l’industrie a besoin d’une main-d’œuvre qualifiée, instruite des dernières connaissances techniques, certes, mais cette main-d’œuvre doit aussi savoir lire, écrire et raisonner d’une façon claire et convenable.Les faits sont concluants, les disciplines de la formation générale — notamment le français et la philosophie — jouent un rôle qui est loin d’être secondaire ou superflu.Elles deviennent, au contraire, incontournables, à partir du moment où l’on conçoit l’école autrement que comme l’antichambre du travail.En quoi un cours de littérature va-t-il faire d’un jeune étudiant un meilleur citoyen?C’est une question que les gens posent souvent, convaincus à l’avance de la parfaite inutilité d’une telle matière.Pointant, il est faux de prétendre que les cours obligatoires de français sont des cours de littérature.Depuis la réforme RobiUard, le véritable objectif est d’enseigner, à travers une séquence de quatre cours, l’analyse des textes, la dissertation explicative, la dissertation critique et la communication orale et écrite.Le cursus ne vise pas à former des artistes, des écrivains, mais avant tout des lecteurs vigilants, capables de comprendre les nuances et les effets d’un texte.Des citoyens à former Rédiger une dissertation permet à l’élève d’organiser sa pensée, d’accroître son esprit critique tout en maintenant une certaine rigueur dans sa façon d’interpréter la pensée d’autrui.Cette disci-pfine inteUectueüe lui permet en outre de développer un certain degré d’autonomie, en plus de favoriser une liberté critique qui contribue à le rendre moins sensible aux discours manipulateurs.L’élève doit parallèlement s’assurer que sa dissertation est écrite dans un excellent français qui rend justice à sa réflexion et aux subtilités de sa pensée.Il s’agit, dans tous les cas, d’efforts de compréhension et de communication qui font de lui un citoyen plus compétent Le Québec a besoin d’un tel citoyen, et le cégep, notamment grâce à sa formation générale, a toujours su répondre à cette demande.Nous voudrions seulement que le gouvernement nous laisse la possibilité de poursuivre et de parfaire cette mission, et c’est dans cet esprit que nous dénonçons vivement l’imposture du Forum sur l’avenir des cégeps en tant que faux exercice de consultation et véritable entreprise de «réingénierie» néolibérale.Nous voudrions être entendus, avoir le senti ment que nos points de vue seront clairement représentés.Pour le moment, nous avons l’impression que seuls les administrateurs sont invités à parler pédagogie alors que les vrais pédagogues, eux, sont invités à se taire.Il est clair que les grandes décisions sont déjà prises.Les nouveaux diplômés de Jean Charest seront peut-être — si nous le laissons faire — produits à moindre coût, mais ils généreront des pertes incommensurables sur le plan de la créativité et de la réflexion car ils comprendront moins clairement le rôle qu’ils sont appelés à jouer dans une démocratie.Quel intérêt le Québec peut-il trouver dans une telle équation?Ce texte est appuyé par Monique Lapointe, Renée-Claude Lorimier, France Hébert, Raymond Poulin, Use Morin, Julie Savardjean Éloquin, Pascal Gemme, Diane Pichette, Violaine Cousineau, Chantal Legault, Ray monde Beaudette, Éric Montpetit, O’Neil Coulombe, Simon Roy, Sylvie Pelletier, Sylvie Hante, Vincent Grenier, Fannie Godbout, Pierre Fontaine, Jacqueline Chevalier, Simone Robaire, Agnès Grimaud et Marc Léveillé, tous professeurs de français au Collège Lionel-Groulx.L’individu avant le peuple Les Patriotes et le libéralisme LÉON COURVILLE Économiste undi dernier, beaucoup de Québécois se sont réveillés étonnés de vivre la Journée nationale des Patriotes.On avait évincé Dollard des Ormeaux, qui alternait dans notre mémoire avec la reine.Dollard avait une toute petite place dans notre histoire et son geste courageux rien fit pas moins un perdant Les Patriotes, en dépit de la noblesse de leurs intentions, frirent aussi des victimes et des perdants.Ds prirent les armes, non préparés et avec peu de minutions; une toute petite victoire à Saint-Denis se transforma en une cuisante défaite.Cette période nous a profondément marqués.Si je mentionne qu’ils ont été perdants, c’est pour souligner qu’on a peu ou pas de gagnants à honorer ou à vénérer et qu’on peut sans doute trouver là notre penchant à nous identifier aux victimes et aux démunis.Puisque ce sont leurs intentions et non leur succès qui ont inspiré leur nouvelle reconnaissance, allons voir un peu ce qu’elles étaient.La pierre d’assise de tout ce mouvement frit le vote des 92 Résolutions.Pour certains historiens, ces résolutions dirigées contre l’empire britannique pour diminuer son emprise avaient comme indéniable avantage de retourner au législateur britannique les principes de la démocratie constitutionnelle qui lui étaient très chers.Louis-Joseph Papineau y voyait là un moyen de prendre les Britanniques au mot Or ces résolutions, et les idées dont elles procédaient, visaient certes l'émancipation d’un peuple mais d’abord et avant tout la liberté des individus.Fortement inspirées par la Constitution américaine et le mouvement de libération qui l’avait précédé, ces idées venaient des philosophes des Lumières.11 s’agissait pour l’individu de s’affranchir du joug du roi.Les individus s’organisant entre eux n’ont plus besoin de guide; la main de Dieu qui soutenait le bras du roi était en fait un sérieux obstacle à leur émancipation.Ce mouvement fut appelé libéralisme pour des raisons bien évidentes.Dans une lithographie qu’il aurait lui-même commandée, on voit Louis-Joseph Papineau à Londres, en 1823, avec, à ses pieds, quatre livres: un de Montesquieu (Le Doux Commercé), un de Cicéron, un autre de Benjamin Franklin, l’infatigable émissaire qui fut chargé de nourrir spirituellement la Constitution américaine, et un de Charles James Fox, un libertaire romantique.Ainsi, au moment où, dans le monde ocddentaL le capitalisme et la démocratie s’implantaient, l’un allant essentiellement avec l’autre, ce puissant courant d’idées avait ses antennes id, au Bas-Canada.The Sons of Liberty Les 92 Résolutions étaient aussi très proaméricaines; on reconnaissait que la France n’avait pas réussi son virage libéral.D’ailleurs, Papineau écrivait «De tous ces gouvernements, celui dont le régime a sans comparaison produit les plus heureux fruits a été le républicanisme pur ou légèrement modifié des États confédérés de la Nouvelle-Angleterre.» Qui plus est les Patriotes se sont eux-mêmes nommés les Fils de la liberté, une traduction littérale de Sons of Liberty, qui fut le ralliement de ceux qui évincèrent les Britanniques chez nos voisins du Sud.Du libéralisme presque pur et de la complaisance, voire une admiration sans borne pour les Américains: voilà donc ce qui se cache derrière ce mouvement à fa vie trop brève et dont l’échec nous fit manquer un passage crudal dans l’évolution de notre société.D va sans dire que l’opposition était aussi forte en dedans qu’au dehors.Ceux qui détenaient le pouvoir d’opinion d’alors, le clergé, ne pouvaient qu’être frappés de front par cet américanisme complaisant N’oublions pas que fa Constitution américaine prône la séparation de l’Eglise et de l’Etat Le libéralisme qui donne le pouvoir à l’individu pour l’ôter aux guides du peuple ne convenait pas davantage.Void une dtation puisée dans le livre dYvan Lamonde et attribuée au curé St-Germain: «Je ne puis m'empêcher de vous parler d’un autre genre de maladie qui travaille le corps social, fait des progrès rapides, et dont les suites sont d’autant plus fâcheuses que c’est le moral qu’il attaque.Cette peste, dont je veux parler, c’est le Libéralisme dont on peut dire avec l’Apôtre: Serguit ut Cancer.» Le clergé invoqua l’origine divine du pouvoir (M.Fernand Dumont, parlant de ces années, écrira: «L’avortement des premières idéologies tient essentiellement à la structure sociale de l’époque.Seule la transformation économique radicale de la société traditionnelle aurait permis d’accéder à une existence nationale à la ressemblance de l’image que représentait l'élite bourgeoise; la politique ne pouvait âre, comme pour la bourgeoisie elle-même d’ailleurs, qu’une impasse.» Sauf que.si le putsch avait réussi et que l’union du BasCanada avec le Haut-Canada n’avait pas été faite, on se serait probablement replié sur l’idéologie des Patriotes.Le monde n’a pas beaucoup changé au BasCanada d’aujourd’hui.Nos élites d’opinion qui ont troqué fa chaire pour le microphone sont très rince-Bush dans leur regard vers les Etats-Unis et dans leur bouche, le libéralisme n’est qu'un quolibet dérogatoire, mjastfood de fa pensée pour nourrir les préjugés de l’orthodoxie.Par ailleurs, je ne suis pas certain que ceux qui ont fêté les Patriotes aient pris toute fa mesure des idées que ceux-d exprimaient je doute aussi qu’ils soient prêts à épouser fa cause dans sa version moderne.À l’inverse, si les Patriotes revenaient aujourd'hui, Q n’est pas farfelu de penser que leurs dbles politiques seraient ceux qui tes appuient si fortement Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Étant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8000 caractères (y compris les espaces), ou 1100 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redaction@ledevoir.com) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n’oubliez pas d’indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.L’ÉQUIPE DU DEVOIR I a Ar-nnw i~.-_.ii.t_o x rinfar-mjtrinn ei métropolitaine : Gérald Daliaire {adjoint au directeur de l'information), Jeanne Corriveau (affaires municipales), Fabien DegUae, Marie-Andrée Chouinard (éducation) ; José* Boileau (éditorialiste, responsable de la page Idées).Brian Mylea (justice et HUIN journalistes a I inio K* _____,, »*______—v.r~«—O I a—VA—t.K_1Io Pa-A r«nm*S> Paulin» r^t-av»! ¦ MW-h»! fiarncau (rariraturi&tr ) : Diane Préronrt (reshnmtsihle dot fut très thém/itiaums'i- (bits de s Martin L__________________^ t f _ 5^ H MénonConKÏüer (correspondantes pa'rltmtnlaim d Ottawa), tommy Chouinard « Robert Dulriaac UormpoHdaaU partemntaira i Quibn), Kathleen Ltveaque ; Marfe-Htlène Alarle Cucrttain d ta rédaction) ; Louiae-Maude Rkmx La documentation Gillea Part Wnctcar).Manon Derome, Serge Laplante iQuéhtc).Rachel Rochefort (Oltanw).LA PUBUCTTÉ ET LE MARKETING.Jacqueline Avril Jean de Billy, Marlène Côté, Slavica Bogdanov.Véronique Géraud, Christiane legault.Amélie ooucy.ioener>eve im»c»0Bn« icm .Micheline Ruelland Nadia Sebal touUicitaira).LaurenceThériault (directrice odiointt), Manon Blanchette.Sylvie Laporte.Martine Bérubé Oecrétain) LA PRODUCTION Daniel Barinet (raponsahU de la production), Nathalie ZemaiUs.Michel Bernatchei, Philippe Rrwru.Intwi'rMT Ruinât DanleUeCantara Richard De* Cormiers Donald Fliion, Olivier Zuida.INFORMATIQUE, Yanick Martel (responsable).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE.Linda Thériault irapontaPU servie, i la ciitntiU, distribution et tirage), Gisèle lenard.(.coordonnatrice d la promo-bm ri'd temdîritatew) M^nîqueUHeuréux.Use Lachapeüe.RachéUe Leclerc.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables).Céline Furoy, Germain Haeck (contrdlenr).Ghislaine Lafleur, Claudette Béliveau (adhinU administrative).Claudine Chevrier, Chantal Rochon.Danielle Ross.LA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vicvprtsident sséentif et dirretnr générât) » I A 10 LE DEVOIR.LE VENDREDI 28 MAI 2004 « LE DEVOIR ?_ ACTUALITES SPERME «Il y a eu des cas où du sperme a été prélevé après un accident mortel ou alors que la personne était dans le coma.Comment peut-on parler de consentement?Quel est l'intérêt de l'enfant à naître dans tout cela ?» LAYTON SUITE DE LA PAGE 1 de bâtir une société vigoureuse et prospère qui n'abandonne personne à son sort».Devant ses militants, Jack Layton s’est dit désolé que Paul Martin ait mis dix ans à se montrer sensible, à comprendre que les malades subissent des délais d’attente pour obtenir une chirurgie, que des familles soutiennent un parent malade à la maison, que les •grosses sociétés à but lucratif ont pénétré tout le système de santé».*M.Martin, vos promesses, c’est trop peu trop tard.Dix ans trop tard», a lancé le chef néo-démocrate.Selon M.Layton, qui tente de séduire la population du Québec après que le NPD l’eut ignorée depuis plusieurs années, •l’expression la plus flagrante du mépris de M.Martin à l’endroit des Québécois, c’est le scandale des commandites.[.] On ne peut pas bâtir un pays avec de la corruption, des logos ou des messages publicitaires», a-t-il fait valoir.M.Layton a invité les Québécois à choisir le NPD afin de bâtir des services de santé, une solidarité sociale et une prospérité dignes de ce nom.Cette fois-ci, le Parti libéral ne mérite pas un chèque en blanc, a affirmé le chef néo-démocrate.«Je veux tendre la main aux Québécois car les institutions et les acquis sociaux du Québec sont mis en danger par les gouvernements libéraux de droite, tant au Québec qu’au niveau fédéral», a-t-il soutenu.M.Layton a poursuivi en vantant les programmes sociaux disponibles au Québec, qui «est la locomotive sociale au Canada».Selon lui, le Québec, pour d’autres provinces, est un exemple à suivre qu’il faut reconnaître, «le tout dans le cadre d’un fédéralisme flexible, ouvert et coopératif».Et dans la vision du NPD, le Bloc québécois n’est pas une option valable, de là l’importance de «bâtir une alternative sociale-démocrate».«Mes amis, on a fait le tour du Bloc.R est temps de regrouper les progressistes du Canada et les progressistes du Québec, peu importe l’horizon politique d’où ils proviennent», a fait valoir Jack Layton.•Cedk temps de jeter un coup d’œil au NPD»,aC&axxid.Avec la Presse canadienne Un Américain sur 140 est en prison Washington (AFP) — Un Américain sur 140 était en prison en juin 2003 aux États-Unis, où la population carcérale a encore progressé pour atteindre 2,1 millions de détenus, a annoncé hier le département de la Justice.Les établissements pénitentiaires américains accueillaient 2 078 570 détenus au 30 juin 2003, soit 2,9 % de plus qu’un an auparavant Cette hausse est la plus forte en quatre ans.Au total, «une personne résidant aux États-Unis sur 140 était incarcérée» à cette date, a précisé le bureau des statistiques du ministère.Ce chiffre est bien plus élevé pour les hommes (un sur 75) puisque seules 100 102 femmes étaient détenues dans les établissements fédéraux et d'État Les prisons ont continpé à se remplir alors que les délits reculaient aux États-Unis.Mais l’étude met cette augmentation sur le compte du durcissement des politiques pénales durant les années 80 et 90, notamment vis-à-vis des récidivistes.«Le taux de criminalité a baissé depuis 1991 mais, au cours de cette période, celui d’incarcération a augmenté de 49 %», a commenté le Sentencing Project, un institut qui prône une réfonçne de la politique pénitentiaire.D précise que les Etats-Unis occupent, dans ce domaine, le premier rang mondial, devant la Russie.SUITE DE LA PAGE 1 la fertilité au CHUM et président du 18' Congrès mondial sur la fertilité et la stérilité, qui se poursuit depuis lundi à Montréal Or on estime que 20 % de ces enfants atteints d’un cancer décéderont avant l’âge de 20 ans, affirme le Dr Bahadur, laissant derrière eux des gamètes susceptibles d’être utilisés à des fins de reproduction.•Les techniques de congélation ont rendu la possibilité de conception posthume très réelle, même chez les adolescents.Qu’arrive-t-il quand ces derniers meurent?Parfois, des parents en deuil nous appellent pour nous demander de conserver le sperme; même des grands-parents réclament la semence.Qui a le droit de disposer du sperme?Cela soulève de graves questions éthiques et morales qui ne sont pas encore résolues», a soulevé hier le Dr Bahadur, inquiet du vide juridique qui règne en la matière dans plusieurs pays.C’est d’ailleurs le cas au Canada, où la conception posthume est juridiquement permise depuis l’adop tion, l’an dernier, de la Loi sur la procréation assistée (C-6), mais sans que les modalités qui entourent ce type de conception soient clairement définies.Pendant combien de temps le sperme peut-il être utilisé?Par qui, et comment?Tout cela est laissé au bon vouloir des parties en cause.«La loi C-6 n’interdit pas l’usage posthume de gamètes mais prévoit qu’une agence de réglementation canadienne devra être créée pour statuer sur cette question.Il y a donc pour le moment un certain vacuum juridique sur la façon dont on doit disposer du sperme d’une personne défunte», affirme le Dr Bélisle.À l’heure actuelle, ce sont donc les contrats privés signés entre les patients et les cliniques qui déterminent le sort qui sera réservé aux gamètes congelés en cas de décès du donneur, de séparation du couple ou de toute autre éventualité.En Grande-Bretagne, où une loi régit de façon très stricte la conception posthume, l’utilisation du sperme d’un adulte après sa mort n’est permise que par son partenaire légal, et ce, seulement si le défunt y a consenti avant de mourir.Cela exclut donc toute possibilité de conception sans consentement ou à partir du sperme de donneurs sans partenaire identifiable.Un terrain vierge C’est toutefois loin d’être Je cas dans plusieurs autres pays, notamment aux Etats-Unis, où on a recensé plus de 80 cas de conception posthume en 1995, affirme le Dr Bahadur.«En Israël, le consentement du donneur décédé n’est pas requis par la loi.R y a eu des cas où du sperme a été prélevé après un accident mortel ou alors que la personne était dans le coma.Comment peut-on parler de consentement?Quel est l’intérêt de l’enfant à naître dans tout cela?», demande le D1 Bahadur, qui ne se dit cependant pas opposé à tout type de conception posthume.«Si les volontés du défunt sont très claires et que les lois le sont, cela peut se faire de façon éthique», affirme-t-il.Selon ce médecin, la conservation du sperme de façon temporaire après la mort d’un entant ou d’un conjoint peut même devenir une façon de faciliter le deuil chez les proches.•La plupart du temps, les gens ne veulent pas se départir du sperme après le décès car c’est une façon de prolonger la vie du défunt.Mais ils le feront volontiers quand ils auront traversé la période de deuil», soutient-il.En plus de soulever de sérieux enjeux d’ordre moral sur les liens familiaux, l’absence de balises claires sur la conception posthume est un terreau fertile pour l’émergence d’épineux problèmes juridiques entourant notamment les liens de filiation et les droits des héritiers.Dans certains pays, des femmes ont revendiqué en cour le droit de l’entant né de la conception posthume à la moitié des avoirs du défunt.En Australie, un juge a même statué qu’un embryon congelé pouvait hériter de façon légitime d’une somme de 1,8 million laissée par ses parents décédés dans un accident La chose ne s’est toutefois jamais concrétisée, les tuteurs du fœtus ayant décidé de le léguer à la science.Alors que cette semaine, on annonçait au Royaume-Uni la naissance d’un poupon en pleine santé conçu avec du sperme congelé depuis 21 ans, l’enjeu posé par la congélation à long terme du matériel reproducteur est brûlant d’actualité.Un futur inquiétant Et selon le Dr Bahadur, cette donne troublante n’est qu’un avant-goût de ce qui nous attend lorsque les avancées techniques permettront de congeler des ovules.Pour l’instant, la congélation d’ovules prélevés chez des femmes s’est avérée peu prometteuse, mais tout un pan de la recherche s’intéresse désormais aux ovules tirés de tissus ovariens embryonnaires, dont le potentiel est jugé beaucoup plus intéressant.On sait en effet que c’est durant la vie intra-utérine, au stade embryonnaire, que la femme a le plus d’ovules.À la naissance, les bébés filles ont déjà perdu 80 % de leurs ovules.La capacité technique de congeler du tissu ovarien provenant d’embryons féminins afin d’en tirer des ovules à des fins de reproduction ouvrirait donc la porte non plus à la conception posthume.mais à la conception avant même la naissance.«Cette fois, on parlerait d’enfants nés d’embryons qui n’ont même jamais vu le jour.Cela engendrerait des enfants issus de mères biologiques qui ne sont elles-mêmes jamais nées!, affirme le Dr Bahadur.Cette possibilité est troublante, et il est urgent que la société se penche sur ces questions.Ce n’est plus une possibilité éloignée.Cette pratique est interdite en Angleterre, mais dans la majorité des pays, il n’y a aucune règle à cet égard.» TAXES SUITE DE LA PAGE 1 décrit encore la réalité canadienne avec ses programmes sociaux, n’est pas gratuit Depuis 20 ans, on ne tait qu’entendre des appels à la réduction du fardeau fiscal et trop souvent cela se fait sans avouer les coûts des baisses proposées pour l’ensemble de la société.En particulier les coûts sociaux, car il y en a.Les apôtres des baisses des taxes ont aussi beaucoup fait par leurs pressions pour l’érosion du caractère progressif du régime d’impôt sur les revenus des particuliers.La droite s’est faite la championne de cette approche, proposant à son extrême, l’adoption d’un taux d’imposition qui favoriserait largement les mieux nantis et ferait porter, sans de multiples déductions et crédits, un fardeau disproportionné sur les épaules de la classe moyenne et des démunis.Le système d’impôt fédéral comporte actuellement quatre taux d’imposition de base mais, jusqu’à la réforme Wilson, en 1987, il y en avait 10.Pendant longtemps, les dirigeants politiques ont cru à l’idée de partager la facture des programmes publics entre tous les citoyens et en fonction de leur capacité de payer.C’est ce que fait un pourcentage du taux d’imposition qui croît avec le revenu.Cette façon de faire a toutefois cédé le pas depuis quelques années à la réduction du nombre de taux et à l’apparition de tarifs en tout genre qui font porter le poids financier de certains services sur les épaules des seuls usagers.Par conséquent, seuls ceux qui peuvent se les offrir peuvent alors en profiter.S les demandes d’allégement d’impôt ont pu être justifiées à une certaine époque — et il y en a eu de très importantes en 2000 —, le temps est peut-être venu de se demander si on peut faire davantage au niveau fédéral sans hypothéquer les acquis.Sans juger de la justesse de l’ensemble du plan fiscal de Jack Layton, on peut au moms dire qu’il permet enfin de débattre de mesures concrètes et, sur un point, il nous oblige à nous interroger sur la progressivité actuelle du système.Est-il judicieux ou non d’ajouter ce taux de 32,5 % sur les revenus de plus de 250 000 $ et d’exempter les revenus des plus pauvres?La question se pose.Le taux le plus élevé est actuellement de 29 % et s’applique sur les revenus dépassant 104 000 $.Avant 1987, le taux le plus élevé dépassait 30 %.M.Layton est le premier à préciser ses intentions en matière de fiscalité.Ses adversaires peuvent le critiquer, mais on attend encore de voir ce qu’ils ont à proposer.Le chef conservateur Stephen Haiper dit vouloir offrir graduellement aux Canadiens dentaux d’imposition équivalents à ceux en vigueur aux États-Unis.Il insiste sur le fait qu’il serait impossible d’y arriver en un seul mandat, mais il ne dit pas sur quelle période il rêve de le faire.Le chef libéral Paul Martin a dit, dans une entrevue récente au National Post, que «selon toute probabilité», il diminuerait les impôts au cours du prochain mandat «Mais pas avant que j’aie l’assurance qu’on a subvenu correctement aux besoins du système de santé et de l’éducation.Après cela, oui, j’aimerais certainement voir des réductions de taxes.» Depuis le début de la campagne, il n’a rien dit sur le sujet.Il attaque les plans de M.Harper car des taux d’imposition à l’américaine, dit-il, rendraient impossible le maintien du système public de santé.Pour cette raison, il estime que cette élection est un choix entre deux visions.M.Layton a maintenant montré qu’U y en avait au moins trois.mcomeUier@ledevoir.com LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, O' étage, Montréal (Québec), H3A3M9 H Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Pàr télécopieur (514) 985-3360 Parcourriel redaction@ledevoir.com L’agenda culturel Au téléphone (514) 985-3346 Par télécopieur (514) 985-3390 La publicité Au téléphone (514)985-3399 Par télécopieur (514)985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514)985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Parcourriel avisdev@ledevoir.com Les avis de décès (Le Mémoriel) Au téléphone (514)525-1149 Parcourriel info@lememoriel.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514)985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Service à la clientèle et abonnements Au téléphone (514)985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514)985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir .com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) L* Devoir peut, à l’occasion, mettre la liste d'adresses de ses abonnés à la disposition d'organisations reconnues dont ta cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaites pas recevoir de correspondance de ces organisations.veuiOes en avertir notre service à k cfientèle.U Devoir publié du hindi au samedi par Le Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2060, rue De Bleury, 9* étage.Montréal.(Québec).H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Québécor St-Jean, 800, boulevard Industriel Saint-Jean-sur-Rie he lieu, division de Imprimeries Québécor Inc., 612, rue Saint-Jacques Ouest.Montréal.L'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans le Devoir.Le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc.900, boulevard Saint-Martin Ouest.Laval.Envoi de publication — Enregistrement n* 0658.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.NAUFRAGE SUITE DE LA PAGE 1 de la nuit sur le bord du fleuve.C’était, jour pour jour, il y a 90 ans.L’anniversaire est triste et le fil des événements est toujours aussi clair à l’esprit des historiens versés dans les désastres maritimes.Parti de Québec la veille à 16h30, le navire, fierté des chantiers de la Fairfield Shipbuilding and Engineering de Govan, près de Glasgow, en Ecosse, vogue tranquillement sur le fleuve à destination de Liverpool, en Angleterre.Le temps est clair.Les 1057 passagers et les 420 membres d’équipage se préparent pour la grande traversée sur ce majestueux et luxueux paquebot de 172 mètres, affrété par la compagnie de chemins de fer Canadien Pacifique.Au poste de pilotage, le commandant Henry George Kendall, aidé du pilote Adélard Bernier, se concentre sur la route à suivre pour atteindre la haute mer.C’est que le Saint-Laurent est traître avec ses hauts-fonds, son chenal étroit, ses courants imprévisibles et surtout ses brouillards soudains qui menacent les bateaux de la taille de Y Empress.Mais Kendall ne s’en fait guère.Deux ans après le naufrage du Titanic, la marine commerciale a appris du passé, et cet hôtel de luxe flottant — du moins pour les premières dasses —, eu mer depuis huit ans, a été revu et amétioré pour respecter les normes de sécurité de l’époque.Conséquence: même si neuf de ses onze compartiments étanches sont inondés, la bête, en théorie, doit demeurer à flot Canots et gilets de sauvetage ont été ajoutés et aucune chambre ne porte le numéro 13.Mieux, Y Empress dispose également d'un système de télégraphie sans fil et d’un sonar sous-marin pour détecter les icebergs.L’installation est préventive.Mais die est inutile au large de Pointe-au-Père, où les icebergs sont rares à cette époque de l’année.Toutefois, les autres navires voguant sur le chenal, eux, le sont un peu moins.À lh40, la vigie de Y Empress signale en effet la présence, environ 13 kilomètres en aval, du Storstad, un charbonnier norvégien qui remonte le fleuve en direction de Montréal.A son bord, le commandant en second Toftenes a lui aussi repéré le paquebot canadien, dont les feux semblent selon lui annoncer un croisement par bâbord.Semblent, voilà le hic: Kendall, de son côté, a plutôt antidpé une manœuvre réglementaire d’évitement en présentant le flanc droit (tribord) de son navire pour croiser la trajectoire du Storstad.L’erreur de jugement sera fatale.Et le brouillard qui se lève tout à coup sur le fleuve vient alors poser la pièce manquante de ce naufrage.Sans contact visuel Kendall et Toftenes ordonnent l’arrêt des machines par mesure de sécurité.Mais le courant entraîne le Storstad à bâbord, là où le second croit trouver Y Empress.Au loin, des coup de sifflet sont lancés par Kendall pour signaler sa présence.Ds ne seront pas entendus.Le charbonnier relance ses moteurs avec ordre de virer à tribord pour, croit-il, éviter la collision.L’inverse se produit À lh55, le Storstad frappe Y Empress de plein fouet sur son flanc droit au centre.La suite est connue.À 2h5, le vaisseau chavire totalement sur tribord, fracassant au passage avec ses cheminées une chaloupe mise à l’çau quelques minutes plus tôt avec des rescapés.À 2h9, soit 14 minutes après l’impact Y Empress Of Ireland disparaît au fond du fleuve, emportant avec lui la majorité de ses passagers.La nuit est froide.L’eau est glacée.Pendant plusieurs heures, Y Eurêka et le Lady Evelyn, répondant à l’appel de détresse lancé par Kendall au moment de l’impact sillonnent les lieux du drame à la recherche de survivants.Ds sont aidés par l’équipage du Storstad qui, plus tôt a fait mettre ses chaloupes à la mer.Les survivants sont pour la plupart amenés à Ri-mouski, où toute la vüle est sur le qui-vive.•Il y avait beaucoup d’ébullition.Rimouski, ce n’était pas comme aujourd’hui, c'était une petite ville», dit Arménoda Couturier, une des rares personnes encore vivantes qui soient capables de se souvenir de la tragédie.«Je me souviens d’une madame, toute mouillée, enroulée dans une couverture de laine grise.On Ta amenée chez H.G.Lepage, le magasin général qui se trouvait au coin de la rue de la Cathédrale et de la rue Saint-Germain [juste au bord du fleuve], Cétait le seul endroit où on pouvait trouver des vêtements.Chez H.G.Lepage, on pouvait s'habiller de la tête aux pieds.» Limage, même si 90 ans l’ont quelque peu érodée, est toujours imprimée dans la mémoire de cette fille de tanneur.Le souvenir du chemin de l’école sur le bord du fleuve pour se rendre au couvent des Sœurs grises, qu’on appelait à l’époque la Maison grise, est toujours là.Tout comme les rescapés débarquant les uns après les autres des chaloupes qui accostaient ou encore la petite porte sur le côté du magasin général où les gens entraient, une couverture sur le dos.«On a passé la matinée à guetter ce qui se passait, poursuit-elle.Les professeurs n’ont même pas essayé de nous tenir Cétait impossible.» Le baflet de rescapés a duré jusque vers midi, se souvient cette arrière-grand-maman, et puis toute la ville n’a pas cessé d’en parler «pendant une secousse», dit-elle.avant que le naufrage de YEmpress ne sombre dans l’oubli, supplanté deux mois plus tard par une autre tragédie, le déclenchement de la Première Guerre mondiale, le 28 juiDet 1914.«Vous savez, Rimouski, ce n 'était pas comme aujourd’hui», répètet-elle avec un sourire ridé.«Moi, fêtais au courant de tout ce qui se passait parce que ma mère travaillait comme cuisinière pour le général Fiset [Eugène de son prénom, major-général de son état et médecin célèbre dans la région au début du siècle dernier].Je vivais aussi dans le centre de la ville, qui était tout petit à l’époque.» Puis, cette mémoire vivante, qui a pourtant oublié ce qu’eDe a mangé pour dîner la veille ou si eDe a déjà pris le bateau dans sa vie, dit au revoir, conduite en fauteuil roulant dans le corridor par une infirmière qui l’amène, en ce mardi après-midi, à sa séance d’exerckes.Malgré un déficit de 114 millions, la CSST va bien, dit son président NORMAN DELISLE PRESSE CANADIENNE euébec — Malgré un déficit de 114 millions l’an dernier, la CSST dit avoir plein contrôle sur les ts du régime d’indemnisation des accidentés du travail.Les résultats financiers de la Commission de la santé et de la sécurité du travail pour l’année 2003, déposés hier à l’Assemblée natiomde par le ministre du Travail, Michel Després, indiquent que le fonds de la CSST a un déficit d’exploitation de 114 millions.«Mais les résultats montrent encore une fois que la CSST contrôle les coûts du régime.Les coûts liés à l’indemnisation et à la réadaptation des travailleurs, ceux liés à la prévention et les frais d’administration sont stables», affirme le président du conseil d’administration et chef de direction de la CSST, Jacques Lamonde.Le déficit important est attribuable «aux rendements boursiers très négatifs», note M.Lamonde.Ces rendements n’équivalent que le cinquième des rendœoents obtenus au cours de chacune des dnq demkres années.Par ailleurs, le passif actuariel de la CSST s’élève à neuf milliards.Selon l’actuaire-conseil de l’organisme, Richard Larouche, cette somme constitue une provision «appropriée» pour permettre de faire face aux obligations présentes et futures de la Commission.La CSST assure un régime de protection contre les accidents et les maladies professionnelles pour trois millions de travailleurs québécois qui œuvrent au sein de 180 000 entreprises.Le régime est financé uniquement par les employeurs, qui cotisent 1,93 $ pour chaque tranche de 100 $ versée en salaires.Quelque 190 000 travailleurs ont fait ouvrir un dossier l’an dernier pour une lésion, un accident de travail ou une maladie professionnelle.De plus, la CSST gère le programme de retrait préventif pour la femme enceinte qui travaille.Quelque 26 000 dossiers à cet égard ont été traités l’an dernier.La direction de l’organisme estime que ses services sont appréciés des travailleurs.Le taux de satisfaction à l’égard des services reçus s’élevait à 86 % en avril 2003, selon un sondage interne.Toutefois, dans le cas des travailleurs non indemnisés, le taux de satisfaction baissait à seulement 54 %.Enfin, un jugement de la Cour suprême de mai 1988 a statué que le régime québécois de sécurité au travail ne s’appliquait pas aux entreprises de compétence fédérale œuvrant au Québec.A la suite de ce jugement, plusieurs entreprises de transport extraprovincial exigent devant les tribunaux le remboursement intégral des prestations qu’elles ont versées entre 1981 et 1988 à la CSST.# t
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