Le devoir, 5 juillet 2004, Cahier A
HISTOIRE TENNIS De Cap Saint-Ignace à Paris.Page A 4 ¦.¦ ?www.ledevoir.com ?Roger Federer conserve son titre à Wimbledon Page B 5 LE DEVOIR Washington aurait échangé des terroristes contre des Occidentaux détenus par Riyad Ottawa — libéré après 31 mois de captivité dans une prison saoudienne, le Canadien Bill Sampson est convaincu d’avoir recouvré sa liberté dans le cadre d’un échange impliquant des présumés terroristes saoudiens détenus à la base des forces armées américaines de Guantanamo Bay, sur Hie de Cuba.Dans un article paru hier, le quotidien New York Times fait état d’informations de sources anonymes américaines et britanniques selon lesquelles M.Sampson et plusieurs autres Occidentaux avaient été libérés à la suite d’une entente réalisée par l’ambassadeur américain en Arabie Saoudite.En contrepartie, cinq présumés terroristes détenus à Guantanamo Bay auraient été renvoyés en Arabie Saoudite.Le transfert des Saoudiens était d’autant plus étonnant, poursuit le quotidien new-yorkais, qu’ils étaient considérés comme faisant partie des plus dangereux détenus de Guantanamo, d’où les réticences des autorités fédérales américaines.Cette affaire, soulignent plusieurs sources du New York Times, démontre que des facteurs totalement étrangers aux impératifs de sécurité ou de renseignement peuvent influencer la libération de détenus.Le ministère des Affaires étrangères du Canada a refusé de commenter l’information.Dans une interview au Times, hier, M.Sampson a .déclaré que ces informations lui semblaient vraisemblables.«Ça vient confirmer des informations que j’ai moi-même recueillies de sources différentes depuis neuf Le Canadien Bill Sampson, libéré en août 2003 mois», a-t-il dit M.Sampson, un ressortissant belge et six ressortissants britanniques ont été libérés en août 2003 par les autorités saoudiennes, qui les avaient accusés notamment de contrebande d’alcool et d’attentats à la bombe.M.Sampson avait d’abord été condamné à mort Le ressortissant canadien a toujours réfuté ces accusations et déclaré que ses deux confessions avaient été faites aux autorités saoudiennes sous la torture et étaient fausses.VOIR PAGE A 8: TERRORISTES ¦ L’ombre du terrorisme plane sur Indépendance Day, page A 5 Lida Moser: «George Bush est un idiot» Le miracle grec A» a sAïd'l h l i if «r r ij wil JERRY I.AMPEN REUTERS Ce triomphe, les inattendus champions le doivent à Angelos Charisteas (notre photo), auteur à la 57* minute du but déterminant sur le retour de la tète d’un corner parfait d’Angelos Basinas.La Grèce bat le Portugal 1-0 et devient contre toute attente championne d’Europe des nations de soccer Il faudra retoucher un peu le célèbre propos de sir Bobby Charlton, le grand joueur anglais qui constatait la domination outrancière de la RFA dans les années 1970: finalement, le football, c’est un jeu qui se joue à onze contre onze, avec un ballon, sur du gazon, et un Allemand qui gagne à la fin.Ou plus précisément: un Allemand, 23 joueurs grecs dont aucun n’est une vedette, et une douzaine de millions de supporteurs hellènes partout dans le monde, aujourd’hui certainement aussi incrédules qu’extatiques.Tous ceux-là ont gagné en point final du plus improbable des scénarios, qui voit la Grèce, parent pauvre annoncé de l’Euro 2004, promue championne d’Europe des nations de soccer.Appelons cela comme on veut, un coup de tonnerre, une conflagration, un séisme, toujours est-il que la Grèce a remporté hier, au stade de la Luz de Lisbonne, une victoire de 1-0, gâchant du même coup la fête de leurs adversaires et hôtes portugais et amorçant un été qui verra Athènes accueillir les Jeux olympiques.Façon spectaculaire de remettre les pendules à l’heure du sport alors que, comme s'en plaignait un joueur grec au début du tournoi, «tout ce dont on entend parler, ce sont des retards dans la préparation des installations olympiques».Ce triomphe, les inattendus champions le doivent à Angelos Charisteas, auteur à la 57* minute du but déterminant sur reprise de la tête d’un corner parfait d’Angelos Basinas (sauf erreur, le seul tir cadré de la Grèce de tout le match!) à Antonios Nikopolidis, intraitable devant les nombreuses charges portugaises (et qui n’est même pas le gardien numéro un avec son club de Panathinaikos!), mais surtout à un jeu d’ensemble impeccable, cohésif, hermétique en défense et sachant tirer profit de ses rares contre attaques.Un jeu que, si on s’aventurait dans les parallèles audacieux, on pourrait qualifier de «trappe divertissante», un verrou à quadruple tour qui n’est cependant pas désagréable à regarder.Et qui a fait une fois de plus b.preuve de sa terrible efficacité, la Grèce n’ayant concé- dé aucun but (1-0 en quart de finale contre la France, 1-0 en demi-finale face à la République tchèque après le premier tour de l’Euro).Personne, personne ne s’attendait raisonnablement à un pareil dénouement Dans toute son histoire, la sélection grecque n’avait atteint l’étape finale d’un tournoi majeur que deux fois (Euro 1980 et Coupe du monde 1994) et n’y avait jamais remporté la moindre victoire.En 1994 aux États-Unis, elle s’était même pris trois sévères corrections, ne marquant aucun but et en concédant 10.Jean Personne, sauf peut-être Otto Rehhagel, Dion l’Allemand en question, entraîneur-chef de cette équipe dont il avait pris charge ü y a VOIR PAGE A 8: GRÈCE I La fête dans les rues de Montréal, page A 3 L’ENTREVUE L’amie américaine La réputée photographe Lida Moser, une amoureuse du Québec THIERRY HAROUN A l’école, les professeurs nous laissaient claire-''liment savoir de ne pas aller apprendre le français au Québec parce que vous parliez un drôle de français, se souvient la grande photographe Lida Moser, jointe récemment à sa résidence près de Washington.Je suis juive, alors j’ai tout de suite compris que c’était une forme de propagande.Et j’ai ainsi ressenti une profonde sympathie pour ce peuple dont on ne connaissait rien, sinon la police montée, la baie d'Hudson et Wilfrid Pelletier, pour certains.» VOIR PAGE A 8: AMIE ¦ST INDEX Annonces.B5 Avis publics.B 4 Convergence.B7 Culture.B 8 Décès ______B5 Économie____B 1 Éditorial .A6 Idées.™.A 7 Météo.B4 Monde.AS Mots croisés.B 4 Religions___B 6 Sports.B4 Télévision.B 6 Festival international de jazz de Montréal La Frida Khalo de la chanson Lila Downs chante le Mexique des Indiens et de la frontera CAROLINE MONTPETIT CA est le Mexique indien, celui qui dan-/ se tard le soir dans les campagnes en buvant des alcools forts.C’est celui qui traverse par dizaines de milliers la «frontera» pour travailler aux Etats-Unis, là où les terres sont riches et fertiles, avant de revenir chez lui dépenser sa paie.C’est le Mexique autochtone qui parle des langues que le monde ignore, que même ses dirigeants méprisent souvent.Ce Mexique-là, la chanteuse Lila Downs l’a cherché au fond de son cœur pour connaître son essence, pour comprendre ses origines.Et ce soir encore, elle le livrera au Club Soda de sa voix tantôt grave, tantôt claire, toujours puissante, dans le cadre du Festival international de jazz de Montréal.Avec ses vêtements brodés et ses sourcils foncés, la «morena», comme on désigne en espagnol les femmes aux cheveux de couleur sombre, ressemble à la peintre Frida Khalo.Elle est d’ailleurs l’une des signataires de la musique du film qui célébrait tout récemment llcone de la culture mexicaine.Pourtant, cette «latina- a voyagé toute sa vie entre le Mexique et les États-Unis, et sa musique, qui n’hésite pas à mêler le folklore mexicain et les accents jazz ou pop, traverse elle aussi allègrement les frontières.Née d’une mère chanteuse «mixtèque» et d’un père documentariste américain qui s’était d’abord rendu au Mexique sur les traces du canard aux ailes bleues, Lila Downs est le fruit d’un perpétuel aller-retour entre les deux cultures.Pour elle, il est d’ailleurs très clair que les deux pays ne font pas vraiment partie du même espace culturel.«Ma mère chantait de la “ranchera", une musique mexicaine traditionnelle de la campagne, dans un petit village à deux heures dOaxaca.C'est un genre poétique où il est beaucoup question de cœurs brisés», disait-elle en entrevue, jointe la semaine dernière à Barcelone.Très tôt, la jeune Lila est initiée à la musique des «mariachis», celle qui lance des «Aïe! Aïe! Aie!» et qui entraîne à sa suite un cortège de trompettes, de violons et de vihuela, cet instrument descendant du laoud cubain et de l’oud arabe.«Pour moi, les États-Unis font partie de l’Amérique du Nord, tandis que le Mexique fait partie de l’Amérique centrale.» Après avoir tâté de l’opéra classique à Los Angeles puis au Minnesota, Lila Downs bifurque vers VOIR PAGE A 8: DOWNS Lila Downs: plaidoyer contre l’acculturation.f .1 A 2 LE DEVOIR.LE LUNDI 5 JUILLET 20 0 4 LES ACTUALITES Hôpital Shriners : Couillard confiant GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Le ministre québécois de la Santé, Philippe Couillard, se dit très satisfait de ses rencontres avec les dirigeants des Shriners à Denver, où il s’est rendu cette semaine avec une délégation du Québec pour tenter de convaincre l’organisme de construire son nouvel hôpital à Montréal plutôt qu’en Ontario.«On peut dire que l’objectif est atteint», a confié hier M.Couillard, joint à Toronto.«Au départ, la résolution prévue parlait de la fermeture immédiate de l'hôpital de Montréal et de l’ouverture de négociations avec l’hôpital de London.On a réussi à arrêter ce processus.» Demain, les Shriners diront officiellement s’ils acceptent de considérer la candidature de Montréal pour la construction de leur nouvel hôpital pour enfants, qui remplacera l’actuel hôpital, situé avenue Cedar, à Montréal.Ce dernier ne répond plus aux besoins d’aujourd’hui, selon l’organisme.Le choix définitif de la ville devrait être connu lors de la prochaine assemblée des Shriners, qui aura lieu à Baltimore en 2005.Don de 5 millions La délégation du Québec a offert un don de cinq millions de dollars pour convaincre les Shriners de construire leur nouvel hôpital dans l’ouest de l’île de Montréal.Le projet du nouvel hôpital pourrait coûter jusqu’à 100 millions de dollars.«D’ici à ce qu'ils prennent leur décision, je leur ai dit que nous allions de l'avant avec les projets de Glen Yard et du CHUM, ajoute Philippe Couillard.«Tant mieux si les Shriners font partie de ces projets, mais ce n’est pas ça qui va freiner leur développement.[.] Mais j’ai de la difficulté à comprendre pourquoi les Shriners ne choisiraient pas de conserver leur hôpital à l'intérieur d'un tel projet.» Le ministre croit que les Shriners ont fini par se décourager de la lenteur du gouvernement québécois à annoncer officiellement qu'il allait de l’avant avec ces projets.«C’est apparu très clair pendant notre visite qu’il s’était développé un sentiment de frustration progressive récemment [.].Ils avaient l’impression que l’incertitude allait durer des années.Il a donc fallu remonter une côte assez abrupte, les convaincre qu’effecti-vement les projets avaient été annoncés.C’est pourquoi je crois qu’on a pu arrêter la marche vers la fermeture.» En avril, le conseil d'administration des Shriners avait recommandé que le nouvel hôpital soit construit à London, en Ontario.Les Shriners financent 22 établissements pédiatriques spécialisés dans les soins orthopédiques, les traitements pour les grands brûlés et les blessures de la cojonne vertébrale au Canada, aux Etats-Unis et au Mexique.Le Devoir, avec la Presse canadienne Suroît: se prononce Québec — Le gouvernement Charest prendra position aujourd’hui sur le projet d'Hydro-Québec de construire une centrale au gaz, à Beauharnois, en Montérégie.Les ministres des Ressources naturelles, Pierre Corbeil, et de l’Environnement, Thomas Mulcair, rendront public l’avis préparé par la Régie de l’énergie sur le sujet et se prononceront sur l’avenir du projet du Suroît La Régie avait reçu en février le mandat d’examiner les prétentions d’Hydro-Québec qui soutenait que, pour éviter un déficit énergétique en 2007, il était urgent et incontournable de construire une centrale thermique de 800 mégawatts à Beauharnois.Durant les audiences tenues par Québec aujourd’hui la Régie au cours des derniers mois, de nombreux experts, des politiciens, des centrales syndicales et plusieurs associations sont venus dire qu’Hydro-Québec n’avait jamais fait la preuve d’un déficit énergétique.De plus, elle n’avait pas su démontrer que l’éneigie thermique représentait l’unique solution à ce prétendu problème.L’hiver dernier, le gouvernement Charest avait d’abord donné le feu vert à la société d’Etat, sans consultation, déclenchant aussitôt dans la population et chez les groupes écologistes un tollé de protestations.Le gouvernement s’est alors senti obligé de faire marche arrière et de demander à la Régie de se prononcer.Presse canadienne K - ¦ Théorie et pratique de l'assurance collective au Québec Nouvelle édition 2004 Ce manuel s'adresse aux conseillers en assurance collective et aux gestionnaires en milieu de travail.Cette nouvelle édition 2004 demeure le manuel de référence couramment utilisé par le Regroupement de* consultants en avantages sociaux du Québec (RCASQ) dans le cadre de son programme de formation.Ce manuel contient la Mis» é niveau détaillé» 2004 sur les régimes publics d’assurance collective au Québec.On y retrouve la description de tous les régimes pertinents en 2004, les plus récentes statistiques d’utilisation et les nouveautés de l'heure.Cette nouvelle édition 2004 est le fruit d’une révision de l'ensemble de la matière traitée par la Collection Le Guide évolutif è ce jour et dont la direction linguistique a été confiée à M.Yvon Delisie, coréviseur du Multidictionnaire de la langue française.Prix régulier : 49 $ Prix Le Devoir : 45 $ Publié en juin 2004 450 pages ISBN 2-9806920-4-2 TPS.fnis postaux et de manutention an sus.Commende téléphonique : 1 888-683-2036 E N BREF Un héros et ses chats Hamilton — Un résidant de Hamilton est retourné dans sa maison en flammes hier pour resca-per ses quatre chats.Selon la police, l’homme a fracassé la vitre d’une fenêtre et s’est précipité à l’intérieur à la recherche de ses félins adorés.Tous ont été sauvés et l’homme s’en est tiré avec une entaille à la main.La SPCA a toutefois dû intervenir sur place pour donner de l’oxygène à un des félins.Le chef pompier Paul Marson a indiqué que le feu s’était déclaré dans un divan dans le salon de la maison.Les dommages à la maison ont été évalués à 80 000 $.— PC itiiua-i i M,.]] SOURCE INTEGRAL JEAN BEAUDOIN Le projet de Jean Beaudoin pour le monument commémoratif permanent à la gloire des athlètes olympiques, à Olympic, en Grèce, avait ceci de particulier qu’il proposait un paysage plutôt qu’un bâtiment Médaillé d’argent Une firme d’architectes québécoise se classe deuxième au concours visant à commémorer les Olympiques en Grèce FRÉDÉRIQUE DOYON Le buzz olympique d’Athènes n’a pas tout à fait commencé qu’on annonce déjà un médaillé d’argent la firme d’architectes Intégral Jean Beaudoin.Si la gagnante n’a rien d’une athlète, sa performance visait à immortaliser tous les Olympiens de l’histoire en concevant un monument commémoratif permanent à leur gloire, à Olympe, en Grèce.Une gymnastique que le concepteur Jean Beaudoin est passé à un cheveu de réaliser en se classant deuxième au concours The Monument of the Immortals, derrière une équipe allemande, sur un total de quelque 200 candidatures.«Je suis un peu déçu d’être passé si près du but, mais avec le recul, je suis bien heureux, confie-t-il au Devoir depuis Beijing, où il donne un atelier en design interdisciplinaire avec Song Seu Weh, designer responsable de l’identité graphique des prochain JO dans la capitale chinoise en 2008.La décision du jury pour le pojet d’Olympie est tombée jeudi, «le soir où les Grecs ont gagné contre les Tchèques» (à l’Euro), rapporte celui qui, de l’autre bout de notre «petite planète» ne compte plus le temps en jours et en heures, puisqu’il travaille la nuit — il est 4h du matin au moment de l’entrevue.«Mon corps ne s’ajuste pas» au décalage horaire, note-t-il.En plus de saluer les vainqueurs des JO de l’histoire — 300 000 médaillés à ce jour et quelque 500 000 autres à venir —, le concours grec visait également à replacer le berceau des jeux sur la carte mondiale.Olympic aurait bien aimé qu’une partie des jeux d’Athènes se déroule chez elle.Comme tout s’est finalement concentré dans la capitale, la ville (et de nombreux Grecs qui vivaient hors du pays) a lancé le pojet d’un monument commémoratif permanent Le projet de Jean Beaudoin avait ced de particulier qu’il proposait un paysage plutôt qu’un bâtiment «Us [les membres du jury] appréciaient beaucoup mon approche, indique-t-ü.J’aime bien me questionner en me disant que l’architecture n’est pas toujours la seule solution.Alors ma proposition se rapproche plus d’un aménagement urbain, d’un paysage.» Sur 125 000 mètres carrés, une promenade bordait un parvis où chaque ville-hôte des JO aurait eu son mini-monument une vaste forêt de pôles translucides — un pour chaque médaillé — ainsi qu’un auditorium et une bibliothèque d’archives.Trop ambitieux Un plan trop ambitieux, peut-être?«Je pense que le programme et le sujet le commandaient.Les organisateurs en convenaient, il fallait que ce soit un lieu qui ait un reconnaissance universelle.» D’ailleurs, avec les 500 000 noms de futurs médaillés à inscrire, le concepteur d’espace a calculé que le projet évoluerait sur 1000 ans.«H n’y a pas de bâtiment dans le monde qui ait un tel programme, souligne-t-il.Alors fai argumenté que ça s’apparentait à une cathédrale.Même le Louvre, qui a commencé comme m château, a fini comme un musée en moins de temps.» Jean Beaudoin croit plutôt que c’est son budget prévu de 30 millions qui a fait peur au jury, lequel comptait sur un financement oscillant entre 15 et 30 millions.L'équipe gagnante, Braun Bergerhoff Alvarez de Stuttgart en Allemagne, avait aussi privilégié un concept de paysage urbain, à l’instar de l’équipe québécoise.Mais elle mettait en valeur les noms des médaillés à la manière des stèles commémoratives habituelles.«Une erreur», de l’avis du concepteur montréalais, parce que «trop près du mémorial du Vietnam.» *&¦¦¦¦ SOURCE INTÉGRAL JEAN BEAUDOIN L’architecte Jean Beaudoin.Fidèle à sa vision ouverte de l’architecture, à cheval sur le design, Jean Beaudoin reste fier de sa symbolique médaille d’argent.«C’est ma meilleure performance depuis le début de ma carrière», lance ironiquement dans le jargon de l'athlète celui qui a raflé quatre prix en moins de deux ans en autant de concours internationaux.«Et ça ouvre des portes pour l’avenir» Beijing, ville-hôte des JO de 2008, l’accueille actuellement dans la foulée de sa dite performance au concours grec.Il y guide des étudiants qui participent à un autre concours d’architecture lié aux JO, celui qu’a lancé Pâtis, ville candidate de 2012.Et, dans un horizon plus proche, il y a Vancouver en 2010.Décidément, à défaut d'être athlète, on peut dire que Jean Beaudoin court les JO.Le Devoir Titan : de belles images, mais les scientifiques restent perplexes Pasadena, Californie — Les scientifiques responsables du programme Cassini-Huygens ont rendu publiques samedi des images qu'ils ont présentées comme les plus belles à ce jour de la surface glacée de Titan, la lune géante de Saturne, mais ils se sont dits en même temps surpris et un peu déçus de ne pas avoir encore obtenu d’indices de la présence de liquides.Les photos ont été prises lors du premier passage de Cassini autour de Titan, vendredi, à environ 200 000 kilomètres de l’astre.Dans les quatre ans à venir de sa mission, Cassini passera encore 45 fois à proximité de Titan, parfois à moins de 1000 kilomètres de sa surface; en outre, le 24 décembre, Cassini larguera la sonde Huygens, conçue par l’Agence spatiale européenne (ESA), qui devrait entrer le 14 janvier dans l’atmosphère de Titan puis se poser sur le satellite.«Cest différent de tout ce que nous avions vu avant», a déclaré Elizabeth Turtel, une des responsables du programme imagerie.«Nous en sommes encore à chercher à comprendre la surface de Titan.» Seules images vraiment nettes, quatre clichés montraient des REUTERS / NASA Une des premières images de Titan, la lune géante de Saturne, envoyée vendredi par la sonde Cassini.I < > 1 < > h m < Tirage du WÛBMJi.2004-07-02 Q3 QZ12 2Q 32 3Z4Z ; Complémentaire: (2Z) Ventes totales 11 235 252 $ • Prochain gros lot 5 000 000 $ Tirage du 2004-07-03 011114 20 31 40 Complémentaire: (26) Ventes totales: 24 410 186 $ Prochain gros lot (appr ) 4 000 000 $ Résultats 2 500 000,00$ 195 357,70$ 2 670,90$ 136,40$ 10,00$ 10,00$ Participation gratuite 6/6 2 8 626 510,00 $ 5/6+ 9 54 319,10 $ 5/6 209 1 932.30 $ 4/6 12 240 62,50 $ 3/6 218 731 10,00 $ 2/6+ 156 671 5,00 $ 649 DES GROS LOTS PLUS GROS, PLUS SOUVENT Tirage du 2004-07-03 05 06 16 32 35 M Complémentaire: (15) Efltra Tirage du 2004-07-02 NUMÉRO LOT 517678 100 000$ GAGNANTS LOTS 6/6 0 1 000 000,00 $ 5/6+ 0 50 000,00$ 5/6 17 500,00$ 4/6 1 008 50,00$ 3/6 18 600 5,00$ Ventes totales: SS6 539.00 S Egtra Tirage du 2004-07-03 NUMÉRO LOT 549083 100 000$ Les modalités d’encaissement des Niels En cas de disparité entre cette liste et la lis' gagnants paraissent au verso des billets le officieNe de L-Q.cette dernière a priorité nuages proches du pôle sud de Titan, qui seraient composés de méthane.En outre, une forme circulaire indistincte pourrait être celle d’un vaste cratère, et une forme linéaire repérée pourrait indiquer soit une ligne de faille, soit une rivière d’hydrocarbure.Les scientifiques pensent que Titan pourrait contenir des éléments chimiques très comparables à ceux qui ont existé sur la Terre avant l’apparition de la vie.Toutefois, les scientifiques se sont montrés un peu déçus de ne pas avoir trouvé de réflexion de la lumière solaire sur des surfaces douces, qui auraient pu indiquer la présence de liquides.«Nous pensions avoir quelques “flashes" et n’en avons vu aucun.Nous sommes un peu perplexes», a reconnu un autre membre de l’équipe.Kevin Baines.Les scientifiques pensent que Titan, dont l’atmosphère a une densité équivalant à une fois et demie celle de la Terre, pourrait contenir des lacs ou des rivières de composés carbonés.Associated Press Étude de Santé Canada Les ados sont., corrects DENNIS BUECKERT Ottawa — La plupart des adolescents sont corrects, s’il faut en croire une étude effectuée par Santé Canada l’année dernière.Ainsi, la plupart aiment l’école, s’entendent bien avec leurs parents, aiment rencontrer les gens et sont rarement déprimés.En outre, près de 60 % d’entre eux travaillent à mi-temps après leurs cours.L’étude démontre cependant qu’ils aiment prendre des risques.Environ un tiers ont reconnu avoir fumé de la marijuana plus d'une fois, et un sur dre a fait l'expérience des champignons magiques.L'usage des drogues dures est plus rare.Quatre pour cent ont déclaré avoir consommé de l’«ecsta-sy», 3 % disent avoir fumé du «crack» ou respiré de la colle, 2 % ont consommé de la méthadone et 1 % de l’héroïne.L’aspect le plus intéressant de l’étude, c'est qu’eDe contredit l’image populaire qu’on se fait des jeunes, soit qu’ils seraient en guerre peipétuefle avec leurs parents et la société.Une bonne relation «Dans l’ensemble, les adolescents canadiens estiment avoir une bonne relation avec leurs parents et la plupart ne veulent pas les décevoir», peut-on lire dans l’étude effectuée par GPC Research d’Ottawa En matière scolaire, 82 % d’entre eux estiment être partie prenante de l’école qu’ils fréquentent et participent aux activités parascolaires.Malgré tout, les filles se sentent mieux à l'école que les garçons, par une marge de 77 % à 66 %.En outre, la plupart des jeunes affirment que leurs parents montrent beaucoup d’intérêt pour leurs études.Presse canadienne Tueur en série Deux autres corps retrouvés dans le dossier Fourniret VERENA VON DERSCHAU Paris — Après la découverte samedi soir des corps de deux jeunes filles dans le parc de l’ancienne propriété de Michel Foumi-ret dans les Ardennes françaises, les enquêteurs continueront dans les prochains jours à reconstituer le parcours criminel de cet homme de 62 ans qui a avoué neuf crimes commis entre 1987 et 2001.Les cadavres déterrés samedi au château de Sautou seront transportés aujourd’hui à l’Institut médico-légal de Bordeaux pour des examens approfondis et une identification certaine, a déclaré hier Yves Charpenel, le procureur général de Reims.Les premiers éléments d’identification retrouvés sur place, notamment des vêtements, permettent cependant aux enquêteurs de dire avçc quasi-certitude qu’il s’agit d’Elisabeth Brichet, 12 ans, et de Jeanne-Marie Desramault, 22 ans, disparues en 1989 des deux côtés de la frontière franco-belge.Ces deux premiers succès font espérer à Yves Charpenel que Michel Fourniret aidera la justice à retrouver les corps de quatre autres de ses victimes présumées.«H a donné quelques indications et nous a laissé entendre qu 'il pourrait en donner d’autres», a souligné le haut magistrat joint par l'Assodated Press.Les enquêteurs recherchent toujours les coips d’un automobiliste, non identifié, que Michel Fourniret dit avoir tué à la fin des années 1980 sur une aire d’autoroute de lYonne, ainsi que celui de Farida Hell-gouarche.la femme d’un codétenu de Fourniret, qu’il a avoué avoir tuée en sortant de prison en 1987.Les corps d'Isabelle LaviDe, enlevée le 11 décembre 1987 à Auxerre (Yonne) et d’une jeune fille au pair, employée en 1993 chez les Foumi-ret, n’ont jamais été retrouvés non plus.Si le suspect a admis le premier crime, mais fl nie le second.«Le maître mot des semaines à venir, c’est la recherche de cohérence», a insisté Yves Charpenel, rappelant que Michel Fourniret a possédé plusieurs propriétés de part et d’autre de la frontière.Associated Press LE DEVOIR.LE LUNDI 5 JUILLET 20 0 4 ACTUALITES Victoire de la Grèce La fête du foot dans les rues de Montréal La ville avait hier les airs d’un joyeux carnaval sportif et culturel, célébré tout autant par les gagnants que par les perdants GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Avec des coins de rue bondés sur le Plateau et dans Parc-Extension, des attroupements bleu et blanc ou rouge et vert, souvent les deux en même temps, autour des fenêtres des endroits qui retransmettaient en direct la finale de l’Euro 2004 entre la Grèce et le Portugal, puis avec le grand tintamarre de klaxons et la parade impromptue qui ont suivi le coup de sifflet final officialisant la victoire hellénique, Montréal avait hier les airs d’un joyeux carnaval sportif et culturel, célébré tout autant par les gagnants que par les perdants.Car, avant d’être une manifestation sportive, la partie d’hier a surtout été l’occasion de faire la fête tous ensemble.Et ils l’ont fait, la fête.Par milliers, les amateurs de foot montréalais d’origine grecque ou portugaise (et aussi simplement québécoise) sont sortis écouter la partie dans les restaurants et les bars de la ville.On s’en doute, c’était ar-chi-bondé partout.«On ne voit rien, disait un partisan portugais devant le Grand Bayou, rue Rachel, mais U faut être là.On suit comme on peut, et quand les autres crient, on crie.» À l’intérieur, la place était surchauffée.Des bières sur les tables, les clients enroulés dans des drapeaux du Portugal regar- daient fixement l’écran en hurlant à la moindre percée de leur équipe.Et quand ça échouait, ils se prenaient la tête à deux mains et se rassoyaient, avant de recommencer l’instant d’après.•Ça été une belle partie, excitante», disait à la fin Cesar Ferreira, un Portugais de Montréal dont le maquillage rouge et vert avait fini par couler sur les joues à force de chaleur ou de larmes, allez savoir.•La Grèce a une excellente équipe, ils ont bien joué.C’est la loi du sport et c’est correct.On a vécu de beaux moments.» Un sentiment que disaient partager d’autres clients interrogés à chaud.Dehors, des centaines de Portugais agitaient d’ailleurs leurs drapeaux et chantaient, à croire qu’ils avaient gagné.Une petite échauffourée a éclaté quand une supporteure grecque est allée parader avec son grand drapeau bleu au nez des fans, dont certains, aidés par la chaleur et peut-être un peu de bière, ont fini par voir rouge.Mais rien de majeur, quelques insultes, deux ou trois mots des policiers et les chants sont revenus.«On est là pour s'amuser», résumait Cesar Ferreira, qui voulait d’abord digérer la défaite avant de décider s'il allait continuer la fête quand même.«Hellas! Hellas!» Un peu plus haut, dans Parc-Extension, le carnaval des cham- pions était parti pour durer longtemps sur la rue Jean-Talon.La police avait fermé le secteur, et les Grecs sont descendus en masse dans la rue, certains déjà vêtus du chandail de la victoire, fraîchement imprimé.Dans les rues des environs, les gens paradaient dans leurs voitures à grands coups de klaxons et de cris de joie, certains passagers à moitié sortis par les fenêtres pour agiter les drapeaux.En scandant «Hellas! Hellas!», les fêtards souriaient et se serraient la main d’une voiture à l’autre, indifférents au bouchon monstre qu’ils étaient en train de créer.«C’est une surprise énorme pour nous, commentait Gorassimos Choutoumadis, arborant un large sourire.On ne pensait même pas tenir un match et voilà qu’on gagne le tournoi! Mais le plus beau, c’est de voir tout le monde ici, dans la rue.Il y a des jeunes, des vieux, on est tous réunis autour du sport.C’est magique de voir ça.» Et Choutoumadis exultait encore un peu plus en pensant que c’était loin d’être fini: les Olympiques s’en viennent, rappelait-U.«C’est une très grosse année pour un petit pays comme le nôtre, faut en profiter.» La police de Montréal n’avait signalé en début de soirée aucun incident déplorable.Le Devoir - / s PASCAL RATTHÉ LE DEVOIR En scandant «Hellas! Hellas!», les partisans des champions de l’Euro 2004 souriaient et se serraient la main d’une voiture à l’autre, hier, indifférents au bouchon monstre qu’ils étaient en train de créer dans les rues de Montréal.Projet de Gaz Métro Les assemblées sur le terminal méthanier Lévis-Beaumont débutent bientôt ALLAN SWIFT Une série d’assemblées à l’intention des résidants de la région de Beaumont et de Lévis, sur la rive sud de Québec, où doit être implanté un terminal méthanier de 700 millions de dollars, débute au mois de juillet Annoncé discrètement en avril dernier après deux ans d’études de faisabilité, l’ambitieux projet d’importation de gaz naturel liqué fié, piloté par Gaz Métropolitain, vise à diversifier les sources de gaz naturel et à assurer que le Québec ne dépende plus de la seule province de l’Alberta pour son approvisionnement Le projet vient d’entrer dans un processus réglementaire de deux ans qui doit permettre son examen par les instances gouvernementales chargées de l’environnement, de la sécurité et de la concurrence dans le secteur de l’énergie.Par la suite, on prévoit qu’il faudra encore trois ans pour construire la jetée, deux réservoirs et l’équipement pour retransformer le gaz liquéfié en gaz, ainsi qu’une conduite de 50 Idlo-mètres pour relier le terminal au réseau existant Des habitants de la région où le terminal doit être implanté ont initialement soulevé des ob- jections à ce projet, invoquant les risques pour la sécurité des résidants, et notamment la crainte d’une explosion semblable à celle survenue en Algérie, en janvier.Mais les promoteurs se disent confiants que leur projet se concrétisera et sera en fonction d’ici 2009.Moins loin que l’Alberta Le projet, baptisé Rabaska, a pris forme après que Gaz Métro et ses partenaires eurent échoué à obtenir l’autorisation de construire un pipeline de gaz naturel pour acheminer le gaz de l’Ile de Sable, en Nouvelle-Ecosse, vers le Qué- bec, a expliqué un porte-parole de Gaz Métro, Jean Simard.Avec la hausse croissante de la demande de gaz, Gaz Métro ne veut pas être forcé de dé-endre uniquement du gaz al-ertain transporté par pipeline.Les études de faisabilité ont permis de constater que le gaz peut être acheté à moindre coût en Norvège, et que ce pays est plus près du Québec que l’Alberta Toujours selon M.Simard, l’Algérie pourrait constituer une autre source d’approvisionnement Gaz Métro dessert 150 000 clients résidentiels et industriels.Presse canadienne Mégane Ladouceur et sa mère sont retrouvées saines et sauves Montréal — Disparue pendant plus de 24 heures et Élisant l’objet de recherches intensives partout au pays à la suite du déclenchement d’une alerte Amber, la petite Mégane Ladouceur, 4 ans, de même que sa mère et sa grand-mère, ont été retrouvées saines et sauves à Drummondville hier matin.C’est un policier autoroutier de la Sûreté du Québec, qui n’était pas en service, qui a aperçu le trio marchant dans la rue vers 7h30 en matinée.Les policiers étaient activement à leur recherche depiüs samedi matin.La mère, Sophie Cayer, 30 ans, s’était enfuie en automobile tôt dans la nuit samedi avec son enfant et la grand-mère de celle-ci, Huguet-te Lareau, 58 ans.«Tout le monde se porte bien», a commenté le porte-parole de la police de Longueuil Jean-Pierre Gi-gnac, en précisant toutefois que la mère s’est infligé des blessures mineures au bras.Sophie Cayer, apparemment dépressive, avait laissé une note dans laquelle elle faisait part de son désespoir.Elle a été transportée à l’hôpital pour soigner ses blessures au bras, tandis que la grand-mère a été arrêtée par les policiers.«Il est encore trop tôt pour dire si des accusations seront déposées ou en quoi ces accusations pourraient consister», a dit M.Gignac.Craignant que la vie de la fillette ne soit en danger, les policiers avaient déclenché une alerte Amber — alerte médiatique but enfant recherché — mobilisant toutes les forces de police du pays.Les parents de la fillette sont actuellement en instance de divorce et se disputent la garde de leur enfant Histoire de famille Les policiers soutiennent qu’ils ont reçu de multiples informations après avoir émis l’avis de recherche.«Le dénouement de cette histoire est très heureux grâce à la collaboration du public.C’est ce qui nous a permis de localiser les personnes», souligne M.Gignac.Ce n’est pas la première fois, par ailleurs, que cette famille défraie les manchettes.En mai, Éric Ladouceur, le père de la fillette, a perdu une jambe après l’explosion d'une bombe qui avait été placée sous sa voiture.Les policiers avaient indiqué que l’homme de 40 ans, qui occupe un emploi en informatique, avait affirmé avoir reçu des menaces.Aucune arrestation n’a eu lieu à la suite de cet incident Les autorités policières précisent qu’ils ne font pour l’instant aucun liep entre le kidnapping et l’explosion de la voiture.Éric Ladouceur est toujours dans un hôpital de Longueuil où il récupère de ses blessures.D est actuellement sous protection policière 24 heures par jour.Presse canadienne Déforestation Les gorilles des montagnes d’Afrique centrale sont menacés EN BREF Moisson-Montréal est en difficulté Montréal — La banque alimentaire pour les démunis, Moisson-Montréal, est en difficulté.L’organisme manque d’argent, d’employés, de bénévoles et de denrées.La directrice générale de Moisson-Montréal, Johanne Théroux, qualifie la situation de préoccupante.En déficit de 150 000 $ cette année, l’organisme impute sa mauvaise situation financière au gel des fonds qu’il reçoit de Centraide et des gouvernements.Moisson-Montréal célébré cette année son 20' anniversaire.— PC Révision du contrôle des loyers : locataires inquiets Montréal—Le Regroupement des comités logement et associations du Québec s’inquiète que la révision du contrôle des loyers par Québec ne serve qu’à avantager les propriétaires.L’organisme rencontre aujourd’hui le ministre responsable de l’habitation, Jean-Marc Fournier, et la présidente de la Régie du logement, France Desjardins, pour exposer ses solutions sur les façons d’enrayer les hausses de loyer qu’il juge abusives.D’après le Regroupement, de phis en phis de propriétaires exercent des près-sions pour encourager les locataires à quitter leur logement parce qulls ne paient pas assez cher.Le gouvernement Charest procède actuellement à des consultations sur la révision des critères de fixation des loyers.Le Regroupement affirme que Québec part avec les mauvaises prémices.-FC Gland, Suisse — La destruction de 1500 hectares de forêts dans le Parc national des Vi-runga, situé aux confins de la République démocratique du Congo (RDC), du Rwanda et de l’Ouganda, menace la vie de plusieurs centaines de gorilles des montagnes, a averti hier le WWF International.Depuis avril, des convois d’hommes en provenance du Rwanda et de RDC détruisent de large parties de cette forêt située en territoire congolais, pour y développer des terres agricoles et pastorales.Or, ce parc abrite plus de la moitié des quelque 700 gorilles des montagnes survivants dans le monde, ï’une des espèces les plus menacées à ce jour, selon l’organisation de conservation de la nature.Les gorilles des monts Virunga étaient pourtant en augmentation de 17 % par rapport à 1989, date du précédent recensement La Grèce en folie Athènes — La Grèce était en folie au coup de sifflet final marquant la victoire de son équipe sur le Portugal en finale de l’Euro 2004 de football, la première de son histoire à un tel niveau de compétition.À Athènes, une explosion de joie a retenti dans toute la ville.Sur la place de la mairie où un écran géant avait été érigé, quelque 2000 personnes ont sauté en l’air en criant leur bonheur.Une nouvelle ovation a salué le moment où le capitaine de l’équipe grecque, Theo-doris Zagorakis, a soulevé la coupe Henri Delaunay.«Lève-la, lèvera [la coupe],ne peux Pas attendre», chantaient des dizaines de jeunes sur l’air d’un tube grec lancé après la demi-finale contre les Tchèques et devenu l’hymne des supporteurs grecs.Dès les premières minutes suivant la fin du match, des dizaines de voitures circulaient dans le centre de la capitale, avertisseurs bloqués, le drapeau grec au vent, se rendant vers la place Omonia, au centre-ville, lieu traditionnel des festivités sportives.Un feu d’artifice était tiré du haut de la colline du Lycabette qui domine Athènes tandis que les cloches des églises sonnaient à toute volée.Le but vainqueur d’Angelos Charisteas avait déjà été accueilli par des cris et un concert de klaxons et de sirènes.À Héraklion en Crète (sud), les spectateurs ont suivi le match sur un écran géant et sont descendus sur la piste saluer la victoire par un cri impressionnant Agence France-Presse Michàle BENOÎT Roger GRATTON au ned-du-Courant 28 pages-2,80$ Les Erliliotis GUÉRIN (514) 847-3481 Découvrir Montréal collodion ngnon sur rua En vente nans toutes les iioraines DeMmation& l f.ssenct a nos i rais ItstMl Cet été, on vous offre le plein tTessence pour venir faire un plein d’énergie! Nouveaux forjails à partir de ppp n ncv I» 15 S T RUE y O T R ta -DAME aussi — EXCURSIONS A FORFAIT A PRIX POPULAIRES ARCHIVES LE DEVOIR L'Exposition internationale de 1937, que Léo-Pol Morin visitera, attire les visiteurs du Canada, comme en témoigne cette annonce parue dans les journaux de l’époque. LE DEVOIR, LE LUNDI JUILLET 2 0 0 4 D LE MONDE L’ombre du terrorisme plane sur Indépendance Day New York pose la première pierre de la Tour de la liberté GILES HEWITT New York — Un bloc de granit de 20 tonnes a été posé hier pour symboliser la future «Tour de la liberté», l’immense gratte-ciel qui s’élèvera dans le ciel de New York pour remplacer les tours du World Trade Center anéanties par les attentats du 11 septembre 2001.Symboliquement, cette cérémonie de la «première pierre» s’est déroqlée le jour de la célébration de l’Indépendance des Etats-Unis, que le président américain a quant à lui soulignée par un discours prononcé à Charleston, en Virginie occidentale.George W.Bush, en campagne pour sa réélection, y a exalté les valeurs de l’Amérique.«Cette histoire que nous célébrons aujourd’hui [hier] est une preuve du pouvoir qu’a la liberté de changer le monde.Et nous pensons toujours, au 22» anniversaire de l’Amérique, que la liberté a le pouvoir de changer le monde», a déclaré M.Bush.La Maison-Blanche n’a fias choisi la Virginie occidentale par hasard pour y faire participer le président américain aux cérémonies du 4 juillet Cet État figure parmi les 18 qui sont considérés comme déterminants pour l’élection présidentielle du 2 novembre, qui verra M.Bush affronter le démocrate John Kerry.Le président républicain l’avait emporté avec 6,3 % d’avance sur son adversaire démocrate, Al Gore, à la dernière présidentielle de 2000.Cela ne représente que 40 000 voix environ, qui pourraient bascujer en raison des pertes d’emplois ayant touché les États-Unis depuis trois ans.La Virginie occidentale a ainsi perdu 45 000 emplois depuis 2001.«Notre économie est en bonne santé et en croissance», a toutefois affirmé M.Bush hier, La Virginie occidentale est aussi un État d’où viennent de nombreux militaires, alors que près de 140 000 soldats américains sont déployés en Irak de puis la guerre lancée en mars 2003 pour renverser le dictateur Saddam Hussein.«Le jour où nous célébrons notre liberté, nous voulons les remercier de défendre celle de l’Amérique», a-t-il dit, ajoutant qu’rils nous rendent fiers chaque jour».Depuis la chute de Saddam Hussein, l’administration éprouve les plus grandes difficultés à stabiliser le pays, dont elle a transmis la souveraineté, le 28 juin, à un gouvernement intérimaire.«Grâce à notre initiative, l’Irak est aujourd’hui une nation libre et souveraine», a affirmé M.Bush.Le président avait bénéficié, après les attentats terroristes du 11 septembre 2001 qui ont fait quelque 3000 morts aux États-Unis, d’une forte popularité en tant que «président de guerre», comme il aime à se qualifier lui-même.«Les menaces pesant sur notre pays sont réelles.Nous savons que les terroristes veulent encore le frapper», a-t-il répété à Charleston.La Tour de la liberté À New York, les organisateurs de la cérémonie de la première pierre n’ont pas manqué de partager ce sentiment.«Nous déposons aujourd'hui la première pierre d’un nouveau symbole de cette ville, de ce pays, et de notre détermination à triompher face au terrorisme», a déclaré le gouverneur de l’État de New York, George Pataki.«Que cette Tour de la liberté montre au monde que ce que nos ennemis ont cherché à détruire — notre démocratie, notre liberté, notre mode de vie — est plus élevé qu’il ne l’a jamais été», a-t-il ajouté.Mr j H K H II TT G* 1T; » 'i*.V,: § I «M » p?t.fp w,, i1 vV- V 'tV; S * MIKE SEC.AK REUTERS construction de ’immense gratte-ciel qui s’élèvera dans le ciel de New York afin de remplacer les tours du World Trade Center anéanties par les attentats du 11 septembre 2001.New York a profité des célébrations de l’indépendance américaine pour lancer la construe la Tour de la liberté.Un bloc de granit de 20 tonnes a été posé hier pour symboliser Uir IRAK Parmi les 500 personnes réunies autour de M.Pataki à Ground Zero, au sud de Manhattan, se trouvaient des rescapés et des proches des 2749 personnes ayant péri dans les attentats revendiqués par al-Qaïda.Le fils d’un poheier tué le 11 septembre 2001 a [u des extraits de la Déclaration d'indépendance des États-Unis.La Tour de la liberté, qui devrait être achevée en 2008 ou 2009, constitue la pièce maîtresse du projet de reconstruction de Ground Zero.Surmontée à son extrémité d’une antenne de télécommunication, elle mesurera plus de 541 mètres, en fait 1776 pieds, pour rappeler l’année de déclaration de l’indépendance américaine.Ses concepteurs assurent que cette tour deviendra le gratte-ciel le phis haut et le plus sûr jamais conçu, le record de hauteur étant actuellement détenu par les tours Petronas, à Kuala Lumpur, avec 452 mètres.«Nous allons avoir un nouvel icône sur la ligne d’horizon de cette grande ville de New York», a promis hier le propriétaire du bail du Worid Trade Center, Larry SOverstein.L’emplacement des tours jumelles effondrées est considéré comme un domaine sacré par de nombreuses familles des victimes qui ne souhaitaient pas voir les traditionnels casques et pelles en or symbolisant le lancement des travaux.Certains proches se sont plaints de la hâte manifestée par les promoteurs à entreprendre le chantier.«Nous avons vu des camions rouler sur les empreintes qui demeurent», a regretté Anthony Gardner, qui a perdu son frère, Harvey, dans l’attaque.Par ailleurs, sur le bloc de granij provenant des montagnes Adirondack, dans l’État de New York, est gravée une inscription rendant hommage aux victimes et à «la persistance de l’esprit de liberté».La construction d’un mémorial permanent dédié aux victimes est prévue dans l'ambitieux projet de reconstruction de Ground Zero qui, outre la Tour de la liberté, comprendra quatre immeubles de bureaux.L’ensemble devrait être terminé pour 2013 pour un coût estimé à 12 milliards $US.Le sommet de la Tour de la liberté sera orné d’une immense flèche transparente et asymétrique, légèrement orientée vers l’ouest, sorte de «rappel moderne et symbolique» de la torche de la Statue de la liberté, selon l’architecte David Childs qui a imaginé le tout avec son homologue Daniel Ubeskind, concepteur de la reconstruction d’ensemble.Agence France-Presse Plan d’action de Khartoum pour le retour des déplacés du Darfour Khartoum — Le ministre soudanais de l’Intérieur, Abdel Rahim Mohammed Hussein, a annoncé hier que Khartoum avait établi un plan d’action pour le retour des déplacés du Darfour dans leurs foyers.Lors d’une conférence de presse, il a par ailleurs indiqué que les autorités ne pouvaient pas accepter une demande des États-Unis de faire juger cinq chefs tribaux de cette région qui semblent être accusés de violations de droits de l’homme.Le ministre a précisé que le gouvernement avait «établi un plan pour le retour volontaire» de plus de un million de personnes déplacées du Darfour, théâtre selon l’ONU de la crise humanitaire la plus grave dans le monde.D a précisé que «les villages les plus petits et les plus dispersés seraient rassemblés dans des localités plus grandes, en collaboration avec les chefs autochtones».D a ajouté que le gouvernement assurerait aux déplacés qui accepte- raient de rentrer chez eux «les services, des matériaux de construction et de la nourriture pour trois mois».Le général Hussein, nommé la semaine dernière représentant personnel du président Omar al-Béchir au Darfour, a souligné que «seulement 30 % des villages désertés ont été déhvits ou brûlés» et que 70 % d’entre eux étaient intacts.D a ajouté que les chefs tribaux seraient associés aux arrangements de sécurité et que les villageois participeraient à la défense de leurs localités, aux côtés des forces de police.Le ministre a précisé que 2000 policiers avaient déjà été dépêchés dans le Darfour, auxquels s’ajouteraient bientôt 4000 autres.E a assuré que toutes les mesures prises par les autorités avaient été décidées «sans aucune pression de quiconque».Désarmer les milices Khartoum s’est engagé samedi à désarmer les milices qui lui sont aEiées dans le Darfour, faciliter l’action humanitaire et oeuvrer à un règlement politique de la crise dans cette région de l’ouest du Soudan, trois exigences présentées par les États-Unis et l’ONU.Par ailleurs, le ministre a indiqué, en répçnse à une question, qu’une demande du secrétaire d’État américain Colin Powell, qui s’est rendu dans le Darfour la semaine dernière, de faire juger cinq chefs tribaux ne pouvait pas être satisfaite par les autorités.«Oui, il a fait cette demande, mais il est difficile déjuger des chefs tribaux, parce qu’ils peuvent ne pas être responsables des erreurs de leurs tribus», a dit le ministre sans préciser l'identité de ces chefs tribaux Le gouvernement soudanais s’était déclaré samedi déterminé à «déférer en justice sans délai tous les individus et groupes accusés de violations des droits de l’homme» dans le Darfour.Le conflit entre une rébellion locale et les milices progouvemementales au Darfour a fait environ 10 000 morts et un million de déplacés.Agence France-Presse Le sort du Marine Hassoun reste incertain Bagdad — Le groupe islamiste Ansar al-Sunna, lié à al-Qaïda, a démenti hier avoir décapité un Marine disparu en Irak, comme l’avaient annoncé samedi deux sites Internet islamistes dans un message dont le contenu a immédiatement été mis en doute par l’armée américaine.Sur le terrain, une tentative ratée d’attentat suicide a fait trois morts, dont le kamikaze, hier à Baaqouba, au nord de Bagdad.Un oléoduc secondaire a été saboté dans la région de Kerbala et des suspects ont été arrêtés, a annoncé la police de la vUle.Une voiture piégée a par ailleurs été interceptée près de Kout, a annoncé hier la police de cette vüle chiite, sans faire état d’arrestations.Le groupe Ansar al-Sunna a démenti Itier avoir annoncé la décapitation d’un Marine américain d'origine libanaise, Wassef Ali Hassoun.porté disparu depuis le 21 juin dans la région sunnite de Falloujah, à l’ouest de Bagdad.Ce communiqué «est infondé, même si nous considérons que le meurtre de ces impies est un sacrifice offert à Dieu.Tous nos communiqués sont publiés sur notre site, les autres ne nous engagent pas», a affirmé un message diffusé hier sur le site Internet d'Ansar al-Sunna.L’armée américaine avait réagi prudemment au premier conununiqué, soulignant que cette annonce n’était étayée par aucune preuve tangible.Par ailleurs, l’ancien administrateur américain en Irak, Paul Bremer, interrogé hier sur Fox News, a estimé que le procès de Saddam Hussein n'allait rien changer aux intentions «des terroristes» de poursuivre leurs attaques en Irak.«Les terroristes, comme [le Jordanien Abou Moussab] al-Zarkaoui, les terroristes d'al-Qatda, n'ont pas besoin d'un prétexte» comme le procès de Saddam Hussein, a dit M.Bremer qui vient de quitter ses fonctions.Départ de Ricardo Sanchez L’ancien chef des forces américaines en Irak, le général Ricardo Sanchez, a reconnu dans un entretien avec la presse française que les Américains n’avaient «jamais pensé» que les combats contre leurs forces se poursuivraient jusqu’à maintenant.«]e ne crois pas que nous ayons jamais pensé que nos soldats devraient encore combattre un an après» la prise de Bagdad, en avril 2003, a déclaré le général dans un entretien à paraître dans le Figaro aujourd’hui.L’ex-chef des forces américaines en Irak a assisté hier à une cérémonie d'adieu discrète avant de quitter le pays après une difficile année passée à combattre la guérilla pendant laquelle il a été éclaboussé par le scandale de la prison d’Abou Gliraib.Le général Ricardo Sanchez, remplacé par le général George Casey après l’annonce du scandale des sévices sur les prisonniers irakiens, se tenait à côté de son successeur lors d’une cérémonie en l’honneur des troupes dont il avait le commandement.Les responsables américains affirment que son remplacement fait partie de la rotation normale des commandants et ne constitue pas une sanction après le scandale d’Abou Ghraib.Cependant, le général Sanchez est actuellement sur le gril pour savoir si la chaîne de commandement avait autorisé ces abus et quand il avait été informé pour la première fois de ces pratiques.Après avoir témoigné devant le Sénat en mai, il pourrait être interrogé par les avocats de deux soldats accusés de brutalité et d’humiliation de détenus.La fin de sa mission a été annoncée après les combats sanglants d’avril et de mai dans la cité sunnite de FaUouja et dans la vüle sainte chiite de Najaf.Son départ suit celui de l’administrateur américain en Irak Paul Bremer, qui a quitté le pays lundi dernier quelques heures après avoir transféré le pouvoir au gouvernement intérimaire.L’Iran contre Saddam Téhéran a par ailleurs annoncé avoir préparé une plainte contre Saddam Hussein concernant la guerre Su’il a lancée contre l’Iran en 1980 et l’utilisation ’armes chimiques, et comptait la présenter devant le tribunal irakien chargé de juger l’ex-dictateur.L'ancien dictateur irakien Saddam Hussein, qui répond depuis jeudi de sept accusations de crime contre l’humanité, a été qualifié A’«homme brisé» et «gravement démoralisé» par Mouaffak al-Roubaï, le conseüler irakien à la sécurité nationale.Agence France-Presse EN BREF Sharon veut son «mur» Jérusalem — Le premier ministre israélien Ariel Sharon s’est déclaré hier décidé à accélérer la construction de la ligne de séparation là où son tracé ne fait pas l’objet de contestations devant la justice israélienne.Lors de la réunion du cabinet M.Sharon a réclamé la construction «au plus vite» des segments de la ligne qui ne font pas l'objet de ces contestations, sans tenir compte d’un éventuel avis défavorable de la Cour internationale de Justice (CU) de La Haye, selon une source gouvernementale.E a estimé que l’arrêt de la Cour suprême d’Israël, réclamant un changement du tracé de la ligne sans mettre en question le droit de la construire, renforçait çn fin de compte la position de l’État juif.La cour avait ordonné mercredi de modifier sur une trentaine de km le tracé de la barrière au nord de Jérusalem pour préserver les droits de 35 000 Palestiniens vivant dans ce secteur.-AFP Les Indonésiens aux urnes L’ex-ministre de la Sécurité est donné largement favori dans la course à la présidence de la quatrième démocratie du monde ALAIN BOMMENEL Jakarta — Plus de cent millions d’indonésiens vont élire aujourd'hui leur président, pour la première fois au suffrage direct et leur vote pourrait consacrer l’ascension d’un populaire général à la retraite, six ans après fa chute du dictateur Suharto.L'ex-ministre de fa Sécurité, Su-silo Bambang Yudhoyono, qui a notamment organisé la lutte contre le terrorisme islamiste, est donné largement favori par les sondages dans fa course à fa présidence du premier pays musulman au monde par sa population.L’actuel chef de l’État, Mme Megawati Sukarnoputri, au crédit en chute libre après trois ans au pouvoir, semble distancée pour le premier tour, qui voit s’affronter cinq candidats, tous des membres de longue date de l’élite politique etmilifaire.Quelque 153 millions d’électeurs sont appelés à désigner pour cinq ans un président et son vice-président, lors de ce scrutin test pour l’immense archipel de 212 millions d’habitants, considéré comme 1a quatrième démocratie de fa planète.Les électeurs pourraient confirmer dans les urnes la percée de M.Yudhoyono, 54 ans, au physique rassurant et à l’image de candidat «propre» dans ce pays classé parmi les plus corrompus au monde.Ce scrutin se déroulera pour la première fois au suffrage direct, et cette nouveauté, couplée à la large utilisation de la télévision, a bouleversé les données du jeu.Le président était auparavant élu par les parlementaires, membres d’une élhe passée maître dans l’art des intrigues.En 1999, Mme Megawati, dont le parti avait gagné les législatives, avait été privée de fa présidence par une coalition de partis musulmans qui ne voulait notamment pas d’une femme à fa tête du pays.EUe avait pris sa revanche en étant élue en 2001 après la destitution du président Abdurrahman Wahid.Le «petit peuple» se détourne Mais en trois ans, son prestige, en grande partie lié à 1a notoriété de son père, Sukarno, premier président et charismatique leader tiers-mondiste, a fondu.«Mega» n’a pas amélioré les conditions de vie des plus pauvres et sa manière de gouverner a été jugée distante et hésitante.Le «petit peuple» qui la soutenait et 1a vénérait s’est détourné, infligeant à son parti un revers cuisant lors des législatives d’avril.Ce discrédit et la volonté de changement de l’électorat ont ouvert 1a voie à la montée en puissance de M.Yudhoyono, qui a rompu avec fa présidente.E a donné l’image d’un homme ferme, inspirant confiance,,pour avoir tenu les rênes de l’État sur les questions de sécurité.Susilo Bambang Yudhoyono, surnommé «SBY», est crédité de 43,5 % d'intentions de vote, selon un dernier sondage.Il devance un autre général à la retraite, Wiranto, ex-patron de l’armée, inculpé de crime contre l’humanité pour les violences de 1999 au Timor oriental, avec 14,2 % des intentions de vote, Mme Megawati, 11,7 %, le président du Parlement.Amien Rais, 10,9 %, et le vice-président, Ham-zah Haz, 2,4 %.Si aucun candidat n’atteint la majorité absolue, un second tour sera organisé le 20 septembre.Durant la campagne, qui s’est déroulée sans aucune violence, les candidats ont défendu des programmes quasi identiques, promettant d’améliorer les conditions de vie des plus pauvres.Les électeurs semblent plus se fonder sur la personnalité et l'image des candidats et, à ce jeu, c'est Yudhoyono, qui «passe bien» à 1a télévision, qui est ap- paru le plus populaire, transcendant les clivages régionaux et politiques.«Il a du charisme, et il est calme», raconte Muhammad Ali, un chômeur de 36 ans, devenu cireur de souliers.L’élection de ce général à fa retraite ne marquerait pas pour autant le signe d’un retour des militaires au pouvoir, après 32 ans de règne de Suharto, estiment la plupart des analystes.D’immenses défis attendent en tout cas le président.la croissance de plus de 4 % ne suffit pas à résorber le chômage oui touche plus de 9 % de la population.Plus de la moitié de la population vit avec moins de 2 $US par jour.Des conflits séparatistes subsistent, à Aceh et en Papouasie, des tensions opposent chrétiens et musulmans dans certaines régions, et fa menace du terrorisme islamiste est toujours latente.Agence France-Presse LE DEVOIR.LE LUNDI 5 JUILLET 2004 A 6 EDITORIAL Réformer sans précipitation Chaque lendemain d’élections apporte son lot de critiques sur le mode de scrutin.Cette fois, le NPD espère obtenir la tenue d’un référendum sur l’instauration d’un mode de représentation proportionnelle en raison du contexte particulier où se retrouve le gouvernement Martin.Si la nécessité d’apporter des changements ne fait aucun doute, la méthode suggérée n’apparait pas la meilleure.L \ Bernard Descôteaux e mode de scrutin uninominal à un tour est à la fois simple et efficace.Celui qui obtient le plus de votes à l’élection remporte la mise, ce qui au total produit généralement des gouvernements majoritaires.Le système fonctionne bien dans un contexte bipartisan, mais dès que des tiers partis entrent en scène, les règles du jeu ne tiennent plus.Les boîtes de scrutin peuvent alors se transformer en boîtes à surprises, ce qui est tout de même arrivé à plusieurs reprises ces 50 dernières années.Plus souvent qu’à son tour, le Parti libéral aura profité de ces «surprises» électorales.Ainsi, le mode de scrutin actuel a permis à Jean Chrétien d’exercer ce que certains ont comparé à une dictature douce grâce à la domination de son parti aux Communes, et ce, en dépit du fait que la part des suffrages qu’il recueillait aux élections était toujours inférieure au pourcentage des voix obtenues par l’opposition.La dispersion des forces d’opposition lui donnait un avantage quasi insurmontable.Les élections du 28 juin allaient, pensait-on, changer les choses puisqu’avec la fusion des deux partis de droite se constituait une solution de rechange au Parti libéral.Ce ne fut pas le cas.Les électeurs ont préféré malgré tout partager leurs voix entre les 12 partis officiellement reconnus.Selon le choix qu’ils ont fait, leurs votes n’ont pas tous eu le même poids.Un calcul simple permet de le démontrer: 31 000 voix auront suffi pour faire élire un député bloquiste; 36 700 voix pour un libéral; 40 350 voix pour un conservateur; et 111 400 voix pour un néo-démocrate.Quant au Parti vert, les 580 816 voix obtenues ne lui auront donné aucun siège.On ne peut avoir de démonstration plus éloquente des iniquités de l’actuel mode de scrutin uninominal.La représentativité selon le principe «une personne, un vote» ne peut être un critère absolu dans un système politique que l’on veut fonctionnel, diront les partisans de ce mode de scrutin.Vrai, mais on ne peut en revanche laisser s’élargir les écarts sans chercher à les corriger, surtout si ceux-ci ont pour effet d’exclure des parties de plus en plus importantes de l’électorat Le cas des Verts est patent Ils seront absents du prochain Parlement malgré qu’ils aient obtenu 4,3 % des suffrages exprimés.Voter à vide ne peut qu’exacerber le sentiment d’impuissance qu’éprouvent beaucoup de citoyens envers le système politique.Et de telles frustrations peuvent parfois se transformer en tensions.Il en est ainsi pour les trois provinces de l’Ouest où le Parti conservateur exerce un quasi-monopole et qui, de ce fait, n’aura qu’une présence marginale au sein du prochain gouvernement Depuis 1993, ce sera la quatrième fois que la chose se répète, confortant le sentiment d’exclusion de cette région.Les distorsions engendrées par notre mode de scrutin ne sont en rien un phénomène passager.D faut se rendre à l’évidence que celui-ci ne correspond plus à la réalité sociopolitique du pays, qui est caractérisée par la diversité.Le temps est venu de faire les changements qui s'imposent mais sans les précipiter.Changer le mode de scrutin ne sera pas une mince affaire, car le scrutin uninominal à un tour fait partie de notre culture politique depuis qu’il y a des élections au Canada D y aura des résistances à surmonter.Avant de tenir un référendum, comme le demande Jack Layton, il faut d'abord définir la nature des changements souhaitables.D’emblée, l’idée d’une représentation proportionnelle pure suscite de fortes réserves puisque celle-ci garantit l’instabilité du gouvernement, comme c’est le cas en Israël et en Italie.Dans un premier temps, il faut plutôt mener une réflexion active en procédant comme l’ont fait le Québec et la Colombie-Britannique, qui ont mis sur pied des groupes de travail dont le but est de dégager des consensus.Dans ces deux provinces, on se dirige non pas vers des changements radicaux, mais vers des correctifs.L’introduction d’un élément de proportionnalité pourrait permettre de compenser les distorsions du système uninominal.Plutôt que de se lancer tète baissée dans un référendum, il serait sage de commencer par créer un groupe de travail qui cherchera à établir un consensus entre les partis politiques sur les changements à apporter.Si un tel consensus n’existe pas, il serait illusoire de penser obtenir l’appui des électeurs.Ceux-ci comprendraient mal qu’on en fasse un débat partisan.bdescoteaux@.ledevoir.ca LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-préaide’nte finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE te « MARTiM - m ûrAWTt La métamorphose du mouvement souverainiste En octobre dernier, dans un petit livre provocateur publié aux Editions Varia, j’annonçais que le PQ et le Bloc étaient des partis en sursis, menacés de se faire marginaliser s’ils ne parvenaient pas à renouveler leur pensée et leur discours.Lors de la récente campagne électorale fédérale, à l’issue de laquelle le Bloc a obtenu 54 comtés sur 75, Gilles Duceppe a brillamment réussi cette métamorphose.Modeste (enfin un leader souverainiste dépourvu de vanité), simple, accessible, sérieux, connaissant bien ses dossiers, ses adversaires et son électorat, il a tenu un discours inclusif et respectueux envers le Canada et les fédéralistes de bonne foi — il y en a! —, ouvert envers les minorités nationales et ethnoculturelles, sans démagogie.Les temps ne sont plus aux trémolos grandiloquents sur les lendemains qui chanteront et la mission civilisatrice des Québécois dans le monde.Fini, le messianisme, la terre promise, le Saint-Jean-Baptiste annonciateur, l’imminente naissance d’un nouveau sauveur.Le temps est venu du travail sérieux et bien fait, en y mettant le temps qu’il faut, pour améliorer au Québec la justice sociale, la démocratie, la reconnaissance des identités multiples, le développement culturel et économique ainsi que la recherche du bien commun pour progresser ensemble dans la voix de l’autonomie et des solidarités nationales.Avec constance, lucidité et fermeté.Gilles Duceppe a donné l’exemple, espérons que les Québécois sauront marcher sur ses pas.Marc Brière Montréal, le 29 juin 2004 La santé en fumée Il est tard, vous regardez la télé d’un œil mi-ouvert, vous écoutez distraitement l’annonceur qui vous promet dix années de vie additionnelle LETTRES ——?- si vous achetez son produit Vous vous demandez quelle confiance accorder aux promesses faites aux petites heures du matin.Vous avez raison car il n’y a pas de potion qui soit capable de prolonger la vie d’une décennie.Honnis le fait d’arrêter de fumer à 30 ans, âge où l’on fonde une famille, il n’y a pas d’autre moyen connu de gagner dix ans de vie! Sir Richard Doll, maintenant âgé de 91 ans, vient de publier avec de plus jeunes collègues dans le British Medical Journal la suite et fin d’une étude qu’il avait commencée en 1951.Les auteurs ont étudié l’impact de l’usage de la cigarette sur la mortalité de plus de 30 000 médecins britanniques.Déjà en 1954, soit une décennie avant le premier et très influent rapport du Chirurgien général des Etats-Unis, une première étude avait montré clairement l’énorme impact de la cigarette sur la santé.Son dernier rapport confirme les premières observations: le tabac tue et il tue les gens en très grand nombre.Année après année, plus de 45 000 Canadiens, dont 13 000 au Québec, meurent prématurément parce qu’ils ont continué à fumer.Arrêter à n’importe quel âge est bon pour la santé et la longévité, même pour celui qui arrête à 60 ans et qui gagne, en moyenne, trois ans de vie — ce qui n’est pas négligeable, même si ce n’est pas aussi spectaculaire que le résultat obtenu par celui qui cesse de fîuner à 30 ans et qui efface tout déficit face au non-fumeur à vie.Il n’y a pas de miracle télévisé aux petites heures du matin, mais le fait d’éviter la cigarette, ou de mettre fin à sa consommation, produit des résultats spectaculaires — une vie dont on peut profiter à pleins poumons et bien longtemps.Sir Richard Doll et ses collègues viennent de nous le rappeler d'une manière on ne peut plus définitive.Fernand Turcotte Faculté de médecine de l’Université Laval André Gervais Médecin-conseil Direction de la santé publique de Montréal Stan Shatenstein Rédacteur adjoint, Tobacco Control 23 juin 2004 Multiculturalisme au Bloc québécois Aux élections du 28 juin 2004, les Québécois francophones ont fait la preuve qu’ils étaient ouverts aux «candidats multiethniques».L’élection du candidat d’origine camerounaise Maka Kotto dans Saint-Lambert et le fait que sa majorité soit forte dans la partie francophone de Longueuil démontre que Pierre Pettigrew avait tort d’associer les francophones au rejet des immigrants.L’élection de Meili Faille dans Vaudreuil-Soulanges, une jeune femme dont la mère est d’origine chinoise, démontre là aussi l’ouverture des francophones.Dans Ahuntsic, Maria Mourani, d'origine libanaise, a offert une belle lutte à la députée libérale sortante, Mme Bakopanos.En fait, si les libéraux étaient si certains de la réaction de Télectorat francophone à l’endroit des candidats francophones tels que les Stéphane Dion et Lucienne Robillard, ils laisseraient ces deux comtés ouverts aux minorités qui les habitent et ils se présenteraient dans des comtés où rien n’est acquis! Le Québec démontre une belle maturité politique et le résultat, c’est une plus grande cohésion entre les anciens et les nouveaux Québécois, il faut s’en réjouir.Ce qu’il faut maintenant exiger des libéraux, c’est qu’ils cessent de créer des divisions pour essayer de capter le vote multiethnique et nous comptons sur les candidats défaits dans les régions à forte concentration francophone pour convaincre les Pettigrew et consort que cela ne sert pas l’intérêt général du PLC.Je compte bien que les nouveaux arrivants du Bloc sauront être les premiers à dire aux libéraux: «Taisez-vous, le Québec nous respecte comme nous respectons le Québec!» Bon succès aux nouveaux élus de tous les partis.André Mainguy Ex-coopérant au Cameroun Longueuil 29 juin 2004 LIBRE OPINION -?- Pour la mise en œuvre du Protocole de Kyoto au Québec RICHARD GENDRON Anthropologue Les projets de centrales thermiques du Suroît et de Bécancour témoignent du virage inquiétant que prennent les orientations d’Hy-dro-Québec.Il en va de même du projet d’extraction de gaz et de pétrole dans le golfe du Saint-Laurent.Ce «virage au gaz» d'HydroQué-bec est incompatible avec la lutte au réchauffement planétaire, un objectif qui fait consensus parmi les 122 pays (incluant le Canada) qui ont ratifié le Protocole de Kyoto.Plusieurs sondages démontrent une opposition claire de la population québécoise (80 % contre le Suroît) et selon un sondage Léger Marketing de février 2004,53 % des Québécois souhaitent le développement de l’énergie éolienne comme alternative.Par ailleurs, le Québec dispose d’un important potentiel d’efficacité énergétique qui est systématiquement négligé par Hydro-Québec depuis plus d’une décennie.Nous gaspillons également l’énergie dans le domaine des transports, secteur responsable de 40 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) au Québec.Déclaration Considérant que: ¦ le gouvernement du Québec n’a pas respecté la plupart des engagements inscrits dans le Plan d’action québécois sur les changements climatiques 2000-2002 et qu’aucune mise à jour de ce Plan d’action n’existe actuellement; ¦ le Canada, appuyé par l’Assemblée nationale du Québec et plusieurs grandes villes du Québec, a ratifié le Protocole de Kyoto qui prévoit une réduction d'au moins 6 % des émissions de GES de 1990 did 2010; ¦ depuis 1992, le gouvernement du Québec se retire du financement de l’exploitation du transport en commun et que l’accessibilité et la qualité des services de transport en commun ont grandement diminué dans la majorité des centres urbains du Québec; ¦ la centrale thermique nucléaire GentÉy D a vieilli et qu’HydnœQué-bec doit dédder en 2005 de la fermer ou de dépenser, pour en refaire le cœur, environ un milliard de dollars — somme qui serait beaucoup mieux investie dans le développement de l’énergie éolienne qui ne génère pas de déchets radioactifs; nous, signataires de cette déclaration, sommes d’avis que le Québec doit s’engager dès maintenant dans des stratégies viables dans les secteurs de l’énergie et des transports.Nous refusons la voie polluante et destructrice de l’environnement dans laquelle nous entraîneraient des projets comme ceux du Suroît et de Bécancour.Nous disons non aux projets d’énergie thermique non renouvelable (Projets du Suroît et de Bécancour, réfection de Gentilly II).Nous proposons plutôt que le gouvernement investisse dans une vaste campagne d'éducation et de sensibilisation du public sur les bouleversements liés aux changements climatiques ainsi que sur la nécessité d’économiser l’énergie sous toutes ses formes.Nous disons oui à un financement adéquat du transport en commun.Pour y parvenir, nous proposons que le gouvernement mette en place rapidement un nouveau cadre financier favorable au transport en commun pour toutes les régions urbaines du Québec, qu’il augmente la contribution des automobilistes au financement du transport en commun et qu’il mette en place des mesures de soutien au covoiturage et au partage de véhicules.Nous disons non au gaspillage de l'énergie et des ressources, et oui aux économies d’énergie.Nous proposons au gouvernement de confirmer la pertinence de la mission de l'Agence de l'efficacité énergétique en haussant son budget de façon significative.L’Agence pourrait alors adopter un vigoureux programme d'efficacité énergétique avec des normes plus strictes dans le domaine du bâtiment, tout en offrant un soutien financier à la rénovation.Nous disons oui à un développement rapide de l'énergie éolienne au Québec.Nous proposons au gouvernement d'adopter un ambitieux programme de développement de l’éolien avec pour objectif une puissance d’au moins 4000 MW supplémentaires d’id 2010.Nous disons oui à un contrôle plus strict de la pollution des véhicules automobiles.Nous proposons au gouvernement de mettre en place un programme obligatoire d’inspection et d’entretien pour tous les véhicules, d’imposer des frais d’immatriculation proportionnels à la cote de consommation des véhicules, et finalement d’instaurer un programme d’éducation et de sensibilisation des nouveaux automobilistes aux impacts environnementaux de la conduite automobile et à la conduite «écoresponsable».Nous disons non à l'exploration gazière et pétrolière dans le fleuve Saint-Laurent Nous proposons plutôt au gouvernement de recentrer la mission d’Hydro-Québec sur le développement des énergies renouvelables (éolienne, géothermique, hydroélectrique, solaire) lorsque les projets sont socialement acceptables; il faudrait par ailleurs mettre en plare des mesures concrètes pour assurer la survie des mammifères marins qui se trouvent dans l'estuaire et le golfe du Saint-Laurent Ont donné leur appui à ce texte: Frédéric Back, cinéaste; Marie-Martine Bédard, Comité des citoyens de Deux-Montagnes; André Bélisle, président Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique; Gilles Bibeau, anthropologue; Patrick Bonin, journaliste en environnement; Daniel Breton, Coalition Québec Vert Kyoto; Sœur Esther Champagne.Regroupement pour la responsabilité sociale des entreprises; Les Cowboys fringants, auteurs-compositeursinterprètes; Françoise David, militante politique et féministe; Richard Desjardins, auteur-compositeur-interprète; Stéphane Gagné, journaliste et rédacteur; Michel Gauthier, cinéaste; Steven Guilbeault Greenpeace; Tomas Jensen, chanteur, I> Amir Khadir.président, SUCO; Jacques I-anguirand, animateur, Jean-Pierre Landry, biologiste.Amie-s de la Terre de l’Iis-trie; L> Francine Léger.Collège québécois des médecins de famille; Annie Letendre, géographe; Harvey Mead, président.Union québécoise pour la conservation de la nature; Wajdi Mouawad.auteur et metteur en scène: Carole Paindiaud.Madelinots pour le respect du Golfe; Paul PL-ché, auteur-compositeur-interprète; Hubert Reeves, astrophysicien; Alain Saladzhis.ingénieur, Pierre Séguin, vice-président.Centrale des syndicats du Québec; O' Réjean Thomas, président clinique médicale TActuel et Médecins du monde Canada; Jean-Guy VaiUancourt, sociologue: Thomas Wek, ingénieur.> LE DEVOIR, LE LUNDI 5 JUILLET 2 0 01 A 7 DEES QUE RESTE-T-IL DU BIEN COMMUN?Depuis l’an dernier, l’actualité politique — forte de deux campagnes électorales au Québec puis au fédéral, auxquelles s'est ajouté le débat sur les défusions municipales — a amplement donné matière à réfléchir à notre vie en société.Le sujet a inspiré la revue Éthique publique (Éd.Liber) qui, pour son numéro du printemps 2004, a demandé à différentes personnalités de décrire leur vision du bien commun.Pour le plus grand profit de ses lecteurs, Le Devoir a décidé de reprendre des extraits de ces réflexions tous les lundis de cet été.L’ancien directeur du Devoir Claude Ryan ouvre le bal à titre posthume.D’autres parties de son article, dernier écrit complété avant son décès, ont déjà été publiées dans notre page «Idées» le 10 février dernier.Une affaire de contexte et de leadership CLAUDE RYAN Ancien directeur du journal Le Devoir, chef du Parti libéral du Québec et ministre, M.Ryan est décédé en février.ar bien commun, j’entends, selon la formule chère aux scolastiques, la bonne vie humaine — on dirait aujourd’hui la qualité de vie — de la population.Cette définition embrasse l’ensemble des conditions aptes à favoriser la qualité de vie des personnes, des groupes et des institutions dans l’ordre, la liberté, la justice, la concorde et la paix.* La société politique n’est pas seule responsable du bien commun.Chaque citoyen, chaque famille, chaque groupe, chaque communauté particulière, porte en effet sa part de responsabilité envers le bien général.Par l’intermédiaire de l’Etat, qui en est l'incarnation, la société politique jouit néanmoins de l’autorité la plus élevée, elle est le point de référence ultime en ce qui touche les décisions relatives au bien temporel de ses membres.Le bien commun dont est responsable la société politique embrasse plus spécifiquement le bien commun temporel, c’est-à-dire les biens reliés à la vie humaine dans le temps.Les réalités qui sont au-delà du temps et des lieux — en particulier les croyances religieuses, les valeurs esthétiques, la libre recherche de la vérité, les pensées et la vie privée des citoyens — ne sont pas de son ressort, sauf dans la mesure où elles ont un lien avec la poursuite du bien commun temporel et l’observance des lois justes que la société politique édicte au nom de tous.Au centre de toute vie sociale se trouve en effet la personne humaine.Par des aspects fondamentaux de sa nature, celle-ci tend vers des horizons qui débordent le temps et l’espace.Du moins sous ces aspects, la personne humaine ne saurait être assujettie à l’autorité du pouvoir politique; d’autre part, celui-ci a pour mission de créer les conditions les plus propices au développement plénier des personnes.Le bien commun embrasse tout le monde, bon gré mal gré.D rejoint la vie quotidienne de chaque personne sous mille et une formes.Cependant, ü n’existe nulle part à l’état pur.Il est très difficile d’en donner une définition précise.La réalité qu’il recouvre est en effet extrêmement diversifiée et en continuelle évolution.De plus, la même réalité se prête à des perceptions et à des interprétations très différentes d’une personne à l’autre.D est par conséquent difficile de se réclamer d’une idée du bien commun dont tous conviendraient Au sein de la société politique, une telle idée existe au mieux dans des circonstances exceptionnelles, par exemple en temps de crise, de catastrophe ou de guerre.Dans une société démocratique, il n’existe donc pas un bien commun idéal qui serait au-dessus de toute discussion.Citoyens et gouvernements doivent plutôt composer avec plusieurs conceptions différentes, voire opposées, du bien commun.Ces conceptions varient suivant l’expérience, la culture, les intérêts, les opinions, les goûts et inclinations des individus et des groupes.Elles sont d’autant plus prononcées que les membres de la société sont davantage libres de s’exprimer.Par-delà les grandes diversités d’intérêts et d’opinions que l’on y observe, la société politique est habitée par un fort besoin d’unité et de solidarité.Ses membres ressentent la nécessité d’une action commune autour de certains objectifs, et aussi d’une autorité habilitée à agir en leur nom dans les affaires communes.Ce besoin d’unité s'exprime par diverses formes d’entraide et de collaboration entre les personnes, mais principalement par la désignation de personnes mandatées pour agir au nom de la collectivité.La tendance naturelle des citoyens à nourrir sur tous les sujets des opinions variées est contrebalancée par une autre tendance qui les incline à se regrouper, sous diverses modalités, autour de deux familles d’esprit.L’une met l’accent sur les valeurs de responsabilité individuelle, d’entreprise libre, de débrouillardise personnelle, de tradition, de continuité, d’ordre, de discipline, de stabilité et de solidarité au sein de la famille immédiate.L’autre privilégie les valeurs de remise en question, de création, de changement, d’innovation, de risque, de partage, de socialisation.En généraL les partis politiques se distinguent les uns des autres selon que leurs orientations les situent à gauche ou à droite d’un centre mythique qui existe théoriquement à distance de ces deux courants.Dans les sociétés parvenues à un degré avancé de liberté et de stabilité, les partis qui aspirent au pouvoir tendent à ne pas trop s’éloigner du centre.Une toi non écrite y favorise en outre l'alternance au pouvoir de partis représentant chacune des deux tendances mentionnées.Le contexte L’action gouvernementale est fortement conditionnée, dans toute société, par le contexte concret dans lequel elle est appelée à se déployer.Certaines périodes se prêtent à une expansion marquée de l’action gouvernementale.En 1960, par exemple, les .V conditions dans lesquelles Jean Lesage et le Parti libéral furent portés au pouvoir se prêtaient exceptionnellement à la revalorisation de la politique et à l’expansion des dépenses publiques.D fallait assainir les moeurs politiques, corrompues par de longues années de favoritisme et de laxisme éthique.Il fallait aussi rattraper de nombreux retards dans la santé, l’éducation, les services sociaux et les infrastructures publiques.En outre, Maurice Duplessis, par-delà tous les défauts qui lui furent imputés, eut au moins un mérite important après 15 ans de pouvoir ininterrompu, il avait laissé les finances publiques en excellent état, ce qui donna une importante marge de manœuvre aux pionniers de la Révolution tranquille.Dans d’autres circonstances, l’opinion réclame plutôt une diminution des dépenses publiques et un allègement des charges fiscales.Ainsi, Daniel Johnson père était fort critique à l’endroit de la facilité avec laquelle Jean Lesage augmentait les dépenses et l’endettement publics, fl fut porté au pouvoir en 1966 à la tête d’un parti qui avait promis de mettre qn frein à l’expansion inconsidérée de l’État québécois.Pendant le séjour de l’Union nationale au pouvoir, les dépenses gouvernementales continuèrent toutefois de croître à un rythme fort supérieur à celui de l’économie québécoise.Lucien Bouchard, lui, dirigeait par contre un parti qui se définissait comme favorable à un rôle actif de l’État il appliqua cependant des politiques budgétaires fortement restrictives en matière de santé et d’éducation.Quoi qu’il en soit des vues théoriques que l’on peut entretenir sur le rôle de l’État les sociétés industrialisées sont entrées les unes après les autres depuis au moins trois décennies dans une ère de contraction des budgets publics.Enlisé dans les modes de pensée progressistes de la Révolution tranquille, le Québec mit plus de temps à emboîter le pas.Depuis le début des années 1980, les restrictions budgétaires et les compressions dans les programmes gouvernementaux ont néanmoins été au cœur des préoccupations de tous les gouvernements qui se sont succédé à Québec.Comment servir le bien commun dans un tel contexte?Comment exercer le pouvoir en tenant compte des contraintes inéluctables que crée ce contexte, mais sans perdre de vue les idéaux qu'on a mis en avant et en conservant la confiance de la population?Voilà le genre de défi auquel doit se mesurer de nos jours tout gouvernement [.] Par-delà le pain et le beurre La population est en droit d’attendre du gouvernement davantage que des services quantifiables.II n’appartient certes pas au gouvernement de s’immiscer dans les convictions religieuses, les opinions personnelles ou la conduite privée des citoyens.Il lui incombe par contre de fournir un leadership qui contribue à rehausser le niveau du discours politique et à améliorer la qualité de la vie en commun.Il peut le faire de plusieurs manières.La société politique est habitée par un fort besoin d’unité et de solidarité ?¦ f, T ~ ~ v Il J^tessiL JACQUES NADEAU LE DEVOIR Dans une société démocratique, la population et les groupes qui la composent sont aussi en droit de souhaiter que le gouvernement les associe dans une mesure raisonnable à la conception, à l’application et l’évaluation des programmes gouvernementaux.Le gouvernement qui veut imprimer une teneur plus élevée à la vie de la collectivité doit d’abord donner l’exemple des vertus de compétence, d’intégrité et d’engagement désintéressé au service du bien commun que l’on est en droit d’exiger des détenteurs de charges publiques.Des élus incompétents, frivoles, imbus d’un esprit partisan et enclins au favoritisme peuvent réussir à s’agripper au pouvoir pendant un certain temps.Mais ils sèment chez leurs concitoyens le doute et le mépris à l’endroit non seulement de leur personne, mais aussi des institutions et des processus qui régissent la vie politique.Dans une société démocratique, la population et les groupes qui la composent sont aussi en droit de souhaiter que le gouvernement les associe dans une mesure raisonnable à la conception, à l’application et l’évaluation des programmes gouvernementaux.Le pouvoir de décision, surtout lorsqu’il doit porter sur l’utilisation des fonds publics, doit en principe demeurer entre les mains des élus.Cela ne signifie cependant pas qu’il faille exclure les citoyens de toute participation à la préparation, à la mise en œuvre et à l’évaluation des politiques et des programmes.Un gouvernement pénétré de l’esprit démocratique doit veiller à faciliter au maximum la participation des citoyens et des groupes aux débats devant entourer ses choix.Là où cette volonté fait défaut chez les gouvernants, il incombe aux citoyens et aux groupes de se mobiliser afin de faire entendre leur voix.La société est, en outre, en droit d’attendre de son gouvernement des choix traduisant des jugements de valeur inspirés de considérations proprement morales plutôt que de considérations purement fonctionnelles ou électoralistes.D incombe aux autorités publiques de veiller par des lois appropriées à ce que la conduite des affaires, la conduite des acteurs politiques, les mœurs politiques et le comportement des personnes dans les lieux publics soient astreints à des normes raisonnables de moralité.[.] Les gouvernants sont trop souvent portés à s’appuyer surtout sur des sondages d’opinion pour faire de tels choix alors que leur principal guide devrait plutôt être leur conscience dûment alimentée par des sources plus solides que les seuls sondages.La conciliation de droits opposés dans des dossiers difficiles est l’une des responsabilités les plus délicates du gouvernement dans une société où les opinions en matière de valeurs fondamentales sont très partagées.Faute de consensus, un gouvernement peut être justifié de différer pendant un temps une décision difficile.Mais les délais qui se prolongent indéfiniment finissent souvent par consacrer à l'état de faits des situations moralement douteuses.En l’absence d’un consensus suffisant, un gouvernement sérieux a l'obligation de se doter lui-même d’une position claire et d’user de son pouvoir de persuasion pour édifier autour de cette position un consensus plus fort au sein de la population.Michel Venne La destinée de Gilles Duceppe Gilles Duceppe est sorti vainqueur au Québec le 28 juin.11 n’aura pas pour autant la partie facile, piégé entre son rôle de chef de file souverainiste nouvellement adulé et celui de chef d’un parti voué à la défense des intérêts du Québec au Parlement fédéral.Pour les partisans de la souveraineté, la prochaine étape cruciale est celle des élections provinciales, probablement en 2(X)7.Mais en tant que chef d’un parti fédéral, Duceppe doit garder l’œil sur le prochain scrutin canadien, qui devrait avoir lieu auparavant, au plus tard en 2006, les gouvernements minoritaires étant généralement peu enclins à prolonger l’inconfort.Au cours des deux prochaines années, le Bloc est condamné à être un allié objectif de Jean Charest dans la défense des intérêts du Québec à Ottawa.Or, Jean Charest sera l’homme à vaincre pour les souverainistes tors des prochaines élections provinciales.Chaque fois que le Québec fera un gain, en matière de financement de la santé ou dans quelque autre domaine, Gilles Duceppe devra applaudir et laisser son adversaire fédéraliste cueillir les dividendes politiques.?fl est virtuellement impossible pour Gilles Duceppe de faire mieux au prochain scrutin fédéral.Avec 54 députés et 49 % des suffrages, il vient de rééditer l’exploit de 1993.Il a récolté le 28 juin près de 300 000 votes de plus qu’en 2000.Dans 18 mois, lorsque Paul Martin voudra transfonner son gouvernement minoritaire en gouvernement majoritaire, Gilles Duceppe ne pourra qu’enregistrer un recul.Les libéraux ont perdu 370 000 votes au Québec en 2004 par rapport aux élections fédérales antérieures.L’analyse publiée samedi dans cette page par le professeur Louis Massicotte indique qu’une part importante de ces électeurs n’ont pas reporté leur vote sur le Bloc.Ils se sont abstenus d’aller voter.Soit pour punir le P1X) à cause des divers scandales, soit pour punir Paul Martin d’avoir malmené les amis de Jean Chrétien.La prochaine fois, Paul Martin aura mis le scandale des commandites derrière lui, il aura réconcilié les factions au sein du PLC et il aura rendu quelques décisions favorables au Québec, fl devrait donc rétablir l’appui à son parti dans cette province.Le nouveau Parti conservateur n’a pas fait mieux cette fois-d qu’avaient fait en 2(XX), ensemble, l’Alliance canadienne et l’ancien Parti progressiste-conservateur de Joe Clark.Dans l'ensemble du Canada, il a fait pire.Stephen Harper a perdu les Red Tories, fl ne les rattrapera pas de sitôt Par contre, et en dépit de la colère des électeurs contre les libéraux, le Bloc n’est pas parvenu à incarner, aux yeux des Québécois, la seule solution de rechange.Avec 159 000 votes au Québec, le NPD y a recruté 95 000 électeurs de plus qu’en 2000.Le Parti vert, pourtant peu connu, a reçu l’appui de près de 109 000 citoyens, 80 000 de plus qu'aux dernières élections.I>ors du prochain rendez-vous électoral fédéral, Gifles Duceppe ne peut qu’enregistrer un recul.Pourquoi devrait-il en porter l’odieux?Le vote du 28 juin indique par ailleurs que la base électorale souverainiste est encore solide.La répartition du vote montre que l'appui au Bloc provient très majoritairement de la mouvance indépendantiste.Duceppe ne doit pas grand-chose aux fédéralistes sinon d’être fidèle à son engagement de défendre les intérêts du Québec.II est clair que Duceppe fut élu en tant que chef souverainiste.Au sein des appareils partisans, les militants savent que, grâce à cette victoire du Bloc, ils peuvent tourner la page sur la défaite péquiste d’avril 2003.Duceppe est en grande partie responsable du maintien de l’appui à la souveraineté au niveau que l’on connaît aujourd’hui (autour de 45 %).11 parle de souveraineté avec constance et sérénité, comme disait Jacques Parizeau.Il a su jouer habilement dans cette dernière campagne la carte de la différence québécoise, fl n’a jamais exercé le pouvoir et n’a jamais participé à des décisions impopulaires de gouvernements antérieurs.Il a su garder des liens avec la gauche social-démocrate québécoise et canadienne, avec les mouvements pacifistes, écologistes et al-termondialistes, et ouvrir des canaux de communication avec les populations issues de l’immigration.Le poste de chef du Parti québécois n’est pas libre.Et la décision de le libérer appartient à Bernard Landry.Jusqu’à présent, ce dernier jouissait de l’appui de péquistes qui ne voyaient pas en quoi Pauline Ma-rois ou François Legault feraient mieux que lui aux prochaines élections.Ces gens-là se sont peut-être trouvé un candidat.II faudrait bien sûr que celui-ci soit intéressé par le poste.Mais Gilles Duceppe est à Ottawa depuis 14 ans.Il est placé devant la perspective de jouer en vedette américaine de Jean Charest dans la défense des intérêts du Québec.Il est confronté à un inévitable recul au prochain scrutin fédéral.En contre-partie, la possibilité pourrait lui être offerte, si Bernard landry toi laisse le chemin libre, de prendre la relève des Lévesque, Johnson, Bouchard, Parizeau et Landry à la tête d’un mouvement qui a encore une fois démontré sa puissance.Michel Venne est directeur général de l'Institut du Nouveau Monde.Il s’exprime ici à titre personnel, michel.venneffl inm.qc.ca L'ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalists à l’information générale e< métropolitaine ; Crérald D allai rr {adjoint an directeur de l’information), Jeanne Corrlveau (affaire* municipale*).la bien Degtise.Marie-Andrée Chouinard (éducation) ; Josée Boileau f éditorialiste, responsable de la page Idées), Brian Myles (justice et bits de société).Jeun Dion.louis-Gilles F ran coeur (environnement).Benoît Munger (responsable dm site Internet), Jean-Pierre Legauh (pupitre édita, idées, perspectives et sports).Isabelle Paré (santé), Pauline Gravel (sciences) : Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques), Martin Duclos, Michéle Malenfant et Christine Du maze! (relecteurs), Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) : à l'information culturelle Mkhel Bélair (responsable).Julie Carpentier.Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels), Stéphane Baillargeon (théâtre), Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetit (livres), Odile Tremblay (cinéma).Bernard Lamarche (arts visuels), à l'information économique Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information).Dominique Rrny.Éric Desrosiers.Aiec Castongusy, Claude Turcotte; A l’information internationale Claude I>ve*que, Guy Taiilefer, Serge Truffaut (éditorialiste); à l'information politique : Hélène Buzetti et Manon Cornellier (correspondantes parlementaires à Ottawa), Tommy Chouinard et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen lévesqur ; Marie Hélène AJarie (secrétaire à la rédaction) ; (nuise-Maude Rkiux Soucy.Geneviève OtkxDionne (commis).La documentation Gilles Paré (directeur), Manon Demme, Serge 1 aplanie (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa) LA PUBLICITÉ HT L£ MARKETING Jacqueline Avril, Jean de Billy.Marlène CMé.Slavka Bogdanov, Véronique Gémud.Christiane legault, Amélie Maltais.Jacques A Nadeau.Claire Paquet Micheline Ruelland.Nadia Sebaï (publicitaires), laurence Hiériault (directrice adfotnte), Manon Blanchette.SyMe laporie.Martine Bérubé (secrétaire) LA PRODUCTION Daniel Bazinet (responsable de la production), Nathalie Zemaitis, Michel Bernatchez, Philippe Borne.Johanne Brunet.Danielle Cantara.Richard Des Cormiers.Donald H lion.Olivier Zuida INFORMATIQUE, Yanick Martel (responsable).PROMOTION.DISTRIBUTION ITT TIRAGE Unda Thériault (responsable service à la clientèle, distribution et tirage), Gisèle l-enard, (coordonnatrice à la promo bon et d la sollicitation).Moniquel.’Heureux.Use Lachapelle, Rachetle Leclerc.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy.Germain Haeck (contrôleur), Ghislaine lafleur, Claudette Béliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier, Chantal Rochon, Danielle Ross LA FONDATION DU DEVOIR Roge Boisvert (vice-président exécutif et directeur général) J LE DEVOIR.LE LUNDI 5 JUILLET 2004 A 8 ACTUALITES TERRORISTES SUITE DE LA PAGE 1 Selon le New York Times, le Pentagone, la CIA et le département américain de la Justice auraient initialement rejeté le transfert des cinq Saoudiens détenus à Guantanamo, la basje navale américaine située sur llle de Cuba où les Etats-Unis maintiennent en captivité quelque 600 ressortissants étrangers considérés comme des «ennemis combattants».Les cinq Saoudiens ont finalement été acheminés à Riyad en mai 2003, et les sept Occidentaux accusés en Arabie Saoudite, libérés le 8 août À l’époque, le conseiller diplomatique du prince héritier Abdallah, Adel Djoubeïr, avait affirmé que les sept Occidentaux étaient bien coupables d’avoir participé à une série d’attentats à la bombe en 2000 et début 2001.Mais, avait-il ajouté, le roi Fahd leur avait accordé sa grâce avec «le sentiment que c'était dans l’intérêt de la nation et dans le meilleur intérêt de nos relations avec la Grande-Bretagne».Aucune relation de cause à effet n’avait alors été établie avec le retour des cinq Saoudiens, et un porte-parole du Conseil national de sécurité, rattaché à la Maison-Blanche, a réfuté vendredi tout lien entre ces deux affaires.«Nous n’avons aucun souvenir de lien quelconque entre ces deux décisions», a dit Sean McCormick, qualifiant le transfert des Saoudiens de «politique normale de transfèrement des détenus de Guantanamo».Mais un responsable américain ayant participé aux négociations affirme dans les colonnes du New York Times que ces deux opérations étaient bien liées.«Ces deux affaires ont convergé sous l’effet d'une force d'attraction mutuelle», explique-t-il.Depuis, des informations contradictoires auraient été fournies par les autorités saoudiennes sur le sort des cinq ex-détenus de Guantanamo.La libération d’un ou deux d’entre eux a été annoncée, puis démentie, note ainsi le quotidien new-yorkais.Presse canadienne et Reuters 53,5 hot-dogs en 12 minutes New York — Personne n’arrête le «Tsunami»: pour la quatrième année consécutive, Takeru Kobayashi a remporté le grand concours de mangeurs de hot-dogs de Nathan’s Famous à Coney Island, la station balnéaire new-yorkaise.Le Japonais a même battu son propre record de trois petits pains en avalant 53,5 «chiens chauds» en 12 minutes.Venu de Nagano, Kobayashi, 1,70m pour 59kg, a appliqué sa méthode personnelle, devenue sa signature, couper les hot-dogs en deux avant de les avaler, au rythme d'un toutes les 13 secondes, pour écraser ses 19 concurrents.Son plus proche rival, le Japonais Nobuyuki Shiro-ta, 25 ans, un nouveau venu dans la compétition, a fait forte impression, bien qu’il n’ait pu engloutir que 38 hot-dogs dans le temps imparti.Une fois de plus, le Japon remporte donc la très convoitée «Mustard Yellow Belt», la ceinture moutarde.Depuis 1996, les concurrents nippons dominent la compétition et seul un Américain, Steve Keiner, a pu arracher la première place lors du fameux concpurs de goinfrerie du 4 juillet, la fête nationale aux Etats-Unis.Associated Press LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9r étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ds sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir: www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courriel redaction@ledevoir.com L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (514) 985-3346 (514) 985-3390 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Par courriel avisdev@ledevoir.com Les avis de décès (Le Mémoriel) Au téléphone (514) 525-1149 Par courriel info@lememoriel.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 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/Veotr U /Vrotr est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900.boulevard Saint Martin Ouest.Uval Envol de publication — Enregistrement n‘ 0858 Dépôt légal.Bibliothèque nationale du Québec JERRY LAM PEN REUTERS La coupe, le drapeau et le capitaine de l’équipe grecque Theodores Zagorakis.Ai * GRÈCE SUITE DE LA PAGE 1 trois ans après être devenu persona non grata dans la Bundesliga et qu’il a su délester de son caractère traditionnellement brouillon pour lui insuffler discipline et esprit de corps.Rehhagel, citoyen grec à titre honorifique en devenir, que plusieurs voudront maintenant voir succéder à Rudi Voiler au poste de sélectionneur de l’Allemagne bien qu’il affirme être désormais plus grec qu’allemand, qui déclarait avant l’Euro: «On ne se rend pas au Portugal en touristes, avec la satisfaction du devoir accompli [la qualification].Non, on y va avec la volonté de réussir quelque chose.Et je suis convaincu que nous en avons les moyens.» Rehhagel qui s’est aussi souvent fait accuser de prôner des patrons de jeu «archaïques», caractérisés entre autres par un marquage individuel serré et que la plupart des équipes nationales ont délaissés à partir des années 1960.Ce à quoi il a rétorqué que «le jeu moderne, c'est celui qui gagne».Alors.C’est d’ailleurs la première fois qu’une équipe gagne l’Euro avec un entraîneur étranger à sa tête.Rehhagel a ainsi devancé de justesse son vis-à-vis Luiz Felipe Scolari, le Brésilien qui convoitait le même honneur aux commandes du Portugal.S’il avait gagné, Scolari aurait même été le tout premier sélectionneur à remporter successivement la Coupe du monde — ce qu’U avait fait avec le Brésil en 2002 — et l’Euro.Pour le Portugal, qui n’a jamais gagné un tournoi international majeur et qui espérait une revanche après avoir perdu le match inaugural de l’Euro contre cette même Grèce (1-2), il s’agit évidemment d’une désillusion d’autant plus amère qu’elle est survenue à la maison, devant ses partisans.C’est aussi la très probable fin des immenses espoirs qu’avait fait naître la «génération dorée» menée notamment par Luis Figo, mais l'avenir ne s’annonce pas trop sombre, avec des jeunes comme Cristiano Ronaldo, 19 ans, l’attaquant de Manchester United qui a montré de belles qualités.Scolari a par ailleurs annoncé qu’il demeurera sélectionneur du Portugal au moins jusqu’à la Coupe du monde de 2006, qui aura lieu en Allemagne.Le match d’hier s’est déroulé à un rythme et selon un pattern de jeu qui ressemblait à s'y méprendre aux deux rencontres précédentes de la Grèce: huis clos défensif et attente du contre.Et encore une fois, ç’a fonctionné.La première demie s’est soldée par un score virgi-nalement nul, la poule aux oeufs d’or comme dirait Rodger Brulotte.On a assisté à une belle pression portugaise dans les premières minutes, mais les rares tirs sont venus de loin.La Grèce est ensuite parvenue à décoincer le milieu de terrain pour donner plus d’allant au jeu, mais ses efforts n’ont donné lieu qu’à un tir, de la tête, très non cadré.Délaissant sans nécessairement le vouloir sa stratégie de début de match, le Portugal s’en est retrouvé plutôt sur les talons.Illustration de l’efficacité de la défense grecque, la meilleure chance du Portugal s’est offerte sur le pied de Miguel.un défenseur.Dont la balle a été déviée de la main par un Nikopolidis plongeant.Cas typique: Cristiano Ronaldo qui dribble avec grâce, monte en compagnie de Déco et, se présentant à Torée de la surface de réparation, se heurte à un défenseur qui déga- ge.La pénétration balle au pied paraissait plus que jamais comme une formule à écarter.Résultat quatre tirs portugais contre un grec, 56 % de temps de possession au pays hôte, mais rien de véritablement probant d’un côté comme de l’autre.La Grèce pouvait toutefois se retirer au vestiaire avec la conscience de ce que son plan de match tenait la barre.La deuxième demie s’est amorcée sur le même mode, jusqu’au but de Charisteas.L’avance prise par les Grecs a dès lors sonné Thallali côté portugais: attaque, attaque, et encore un peu d’attaque.Mais il n’y avait rien à faire.Les quelques fois où les Portugais réussissaient à s’immiscer dans la défense grecque et à créer un danger, Nikopolidis fermait la porte, notamment face à Cristiano Ronaldo à la eo minute et de- vant Figo à la 64' et à la 81'.Résultat, après 95 minutes, l’impensable devenait réalité.Et on pouvait, si ça nous tentait se remémorer Ernest Renan, qui avait nommé en son temps «le miracle grec», «une chose qui n’a existé qu’une fois, qui ne s’était jamais vue, qui ne se verra plus, mais dont l’effet durera éternellement, un type de beauté éternelle, sans nulle tache locale ou nationale».Quant à Virgile, un sacré amateur de football antique, il écrivit: «Timeo Danaos et dona ferentes».Je crains les Grecs, surtout lorsqu’ils font de somptueux cadeaux.On sait maintenant qu’ils sont encore plus à craindre lorsqu’ils n’en font pas.Le Devoir DOWNS SUITE DE LA PAGE 1 l’anthropologie et s’intéresse à ses racines indiennes, cherchant à comprendre les raisons du sentiment d’infériorité qui la hante du simple fait qu’elle a les cheveux noirs et la peau foncée.«J'entendais des histoires de colonisation qui expliquaient comment des terres avaient été volées à certains par d’autres, et je commençais à trouver des réponses à mes questions», dit-elle.C’est à ce moment-là qu’elle décide de retourner à Oaxaca, superbe petite ville mexicaine juchée au-dèssus de la côte du Pacifique, pour étudier le tissage et les motifs symboliques que les femmes dessinent sans relâche sur leurs canevas et qui racontent des histoires, leurs histoires.«Quand je suis retournée à la chanson, j’ai voulu faire des choses aussi belles que ce que ces femmes traçaient sur leurs tissus.» Forte de sa culture métissée et transaméricaine, Lila Downs décide alors d’écrire des textes qui diront l’histoire de son peuple dans quelques-unes des 64 langues autochtones que parlent encore 400 000 indigènes du Mexique.«Je me sentais proche de ces Indiens qui ne s’identifient pas au nationalisme mexicain car ce nationalisme emprunte les couleurs de la tradition indienne mexicaine sans vraiment la reconnaître.» Le nationalisme mexicain, constate-t-elle, puise beaucoup aux légendes autochtones, au respect que les Indiens avaient de la beauté, par exemple.«Mais on ne donne pas aux autochtones le crédit de cet héritage, et c’est pourquoi nous sommes devenus ignorants de nos racines.Je constatais que j'étais acculturée en tant qu’indienne autant qu’en tant que Nord-Américaine.» Sa musique est pourtant toute empreinte de ses influences multiples.Dans les arrangements qu’elle signe avec Paul Cohen, on est surpris d’entendre surgir des enchaînements jazzés ou arabisants après avoir marqué du pied le tempo de chansons traditionnelles mexicaines comme La Bamba ou La Cucaracha.Les textes de son avant-dernier disque, Border, traitaient de la condition.de ces Indiens migrants qui transitent entre les Etats-Unis et le Mexique pour trouver du travail.Son dernier né, intitulé One Blood-Una Sangre, explore une sorte de conscience commune, le fait que les êtres humains proviennent tous du même océan, du même sang maternel.«Je dédie cet album à toutes les femmes, en espérant qu’elles arrivent ensemble à faire tourner le vent qui pousse les hommes à faire la guerre», dit-elle, simplement Vaste programme.Le Devoir AMIE SUITE DE LA PAGE 1 Un enseignement, poursuit-elle, qui donnait à penser aux jeunes Américains que les «French Canadians, comme on vous appelait à l’époque, vivaient tout comme les Amish [groupe religieux qui applique à la lettre les us et coutumes du XVIII' siècle], que vous viviez dans des villages reculés et que vous étiez vêtus de frocs médiévaux», illustre-t-elle non sans un brin d’exagération.À moins que.Lida Moser est née de parents russes en 1920 au cœur de Manhattan, à l’hôpital J.P.Morgan.Sa carrière professionnelle prendra son envol à la fin des années 1940, après avoir potassé et documenté l’œuvre du photographe français Eugène Atget (1856-1927) — connu pour avoir adopté une démarche particulièrement méthodique en captant sur pellicule les scènes de Paris — au studio new-yorkais de la photo-documentariste Berenice Abbott (1898-1991), laquelle a étudié auprès du photographe surréaliste américain Man Ray à Paris dans les années 1920.«Je suis de ce sillage.La démarche d Atget a grandement influencé mon regard photographique tout au long de ma carrière», fait observer la photo-journaliste.La feuille de route de Moser — dont les photos ont paru dans le New York Times, le Herald Tribune, Harper's Bazaar, London Illustrated, etc.— a été ponctuée par une œuvre dénuée de tout artifice et qui échappe aux étiquettes commerciales.D transpire de ses clichés tantôt la négritude des enfants de Harlem, du Bronx et de Brooklyn, tantôt la quiétude des rues de Québec, les visages émaciés de ceux qui ont emblavé les terres le long du fleuve Saint-Laurent ou encore le regard égaré d’une môme de Matapédia.Sont passés sous le clic du déclencheur de célèbres personnages, parmi lesquels Stanley Cosgrove, Alfred Pellan, Françoise Rosay, Médard Bour-geault.Louis Archambault, Robertson Davies, Graham Green, Wilfrid Pelletier.Alain Granbois, Marcel Ouimet et Roger Lemelin.«fiai connu Lemeltn alors qu 'il travaillait comme simple pigiste pour le magazine Life», lance-t-elle au milieu de la conversation.Manifestement, le Québec a profondément marqué le parcours de celle qui aura passé plus d’un demi-siècle derrière l’objectif.Forte d’un succès remporté en Ecosse, Lida Moser se voit, dès son retour d’Europe, confié le mandat d’effectuer un reportage sur le Canada pour le compte du magazine américain Vogue.«Quand j’ai débarqué à la gare Windsor à Montréal en juin 1950, j'ai été surprise par l'élégance des gens et par le chic vestimentaire.» C’est grâce à la complicité du portier de l’hôtel Queen’s, un hôtel qui n’existe plus, qu’elle se liera d’amitié avec les comédiens de la troupe de théâtre Les Compagnons de Saint-Laurent, puis, de fil en aiguille, Moser aura la «bonne fortune» de faire connaissance avec Paul Gouin, alors haut fonctionnaire à la culture sous le régime de Maurice Duplessis.C’est l’ex-député Gouin qui la convaincra de troquer son reportage «coast to coast» pour une tournée en Gaspésie en compagnie du folkloriste Luc Lacoursière et de Tabbé Félix-Antoine Savard.«Paul Gouin était à couteaux tirés avec Duplessis.Ce dernier, j’aurais pu le rencontrer mais je le savais infréquentable.» «Nous voilà partis, nous, les quatre mousquetaires, pour la Gaspésie, dont je garde un précieux souvenir.Ce peuple de la mer, je le savais en proie à la pauvreté, mais ces gens-là étaient si fiers que jamais je n'ai senti cette colère ou cette haine si propre aux pauvres.» Quand on lui annonce que les photographes américains Paul Strand et Joseph Stieglitz avaient, bien avant elle, saisi sur pellicule la ruralité gaspésienne.Lida Moser rétorque: «C’est moi qui ai pris les plus belles photos parce que j'étais accompagnée de trois personnes qui connaissaient les Gaspésiens; je n’étais donc pas une ‘outsider".» Rappelons que Paul-Emile Bor-duas avait à son tour éternisé en noir et blanc la mémoire de cette péninsule en 1938, pour le compte de l’École du meuble de Montréal.De sa virée de deux mois au Québec, Lida Moser ramènera avec elle des clichés mémorables, dont plusieurs ont fait l’objet d’un livre intitulé Québec à l’été 1950, également signé par Roch Carrier, paru chez Libre Èxpression (1982).René Lévesque dira de ce livre, dans une lettre adressée aux deux au- teurs, qu’il est un «ouvrage remarquable qui restitue avec force toute une époque qui.sans être lointaine, risque déjà de glisser dans l’oubli».En 1995, Mme Moser vendra près de 4000 de ces photos aux Archives nationales du Québec.À propos du président Bush Il est difficile de s'adresser à un citoyen américain sans que celui-ci aborde les conséquences des événements tragiques que Ton connaît La photographe Moser se fait particulièrement critique des politiques de la Maison-Blanche.«George Bush est un idiot; il est tellement ridicule, cet homme, fespère qu’on va s’en débarrasser aux prochaines élections parce que la National Portrait Gallery à Washington voulait m 'acheter un portfolio d’artistes que j’ai réalisé à New York et, qui plus est, la Bibliothèque du Congrès voulait également m’acheter 16 de mes photos dernièrement.Mais les transactions ont avorté parce que le président Bush a coupé les vivres pour les nouvelles acquisitions, lui qui préfère financer les guerres.’», s’enflamme d'un seul souffle la dame de 83 ans.Chose certaine, les attentats du 11 septembre 2001 ont été payants pour Moser car elle a vendu ses clichés des travaux de construction du World Trade Center.«J’ai fait beaucoup d’argent avec ces photos, mais je le regrette aujourdîiui parce que, si cette tragédie n 'avait pas eu lieu, personne n ’aurait voulu d’elles.New York, ma ville natale, n’est tellement plus pareille depuis les attentats.» C’est en 1989 que la célèbre photographe quitte de façon définitive le tourbillon de sa ville natale, estimant qu’il est trop difficile d’y vivre.Elle s’installera dans le Massachusetts «pour être plus près de Montréal, une ville que j'adore», pour enfin atterrir quelques années plus tard dans la banlieue de Washington, où elle s’adonne au dessin à ses heures.Mais pas question de prendre sa retraite: «J’ai décroché un contrat de photo, il y a peu.En somme, j’ai eu une bonne vie et si fai pu réaliser tout ce que je voulais faire durant ma carrière, c’est parce que j’ai été une mauvaise fille!» Le Devoir
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