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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2004-07-31, Collections de BAnQ.

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JUILLET ET DIMANCHE 1 A 0 1' T 2 0 0 t LE D DICTIONNAIRES Le dépanneur de phrases Page E 2 EVOIR.LES SAMEDI 31 I R CHANSON Refaire le torn' de l’île Page E 6 etlumire Le choc des genres Shawinigan ouvre portes et fenêtres sur le théâtre de rue Jusqu’à dimanche soir, le 8e Festival de théâtre de rue de Shawinigan (FTRS) se tient au cœur de la Mauricie sous le thème «États d’habiter».Si l’on oublie la météo et la canicule promise et si l’on s’en tient à la programmation de cet événement pour le moins décoiffant, il faudra attacher sa tuque avec de la broche car ça risque de brasser fort dans les rues et les ruelles, sur les balcons et les places de la petite ville paisible qui abrite, notamment, la Cité de l’énergie.SOLANGE LÉVESQUE Du théâtre participatif ou ambulatoire, des performances interactives, des scènes impromptues, des musiques, du chant, des arts sonores, des environnements transfigurés et détournés, des arts visuels et performatifs, des actions, des installations, des marionnettes, et quoi encore! On trouvera de tout dans ce festival de théâtre de rue, tout ce qui est susceptible d’encourager «le renversement du sens», de «brouiller l’ensemble des notions du dedans et du dehors», de «mélanger des gens et des genres», soutiennent les organisateurs.Bref un théâtre qui se déroule en dehors des lieux consacrés, qui se définit comme «un art contextuel urbain et qui se veut polydisciplinaire et abordable par tout un chacun».Cette année, l’événement attend d’éminents représentants du théâtre de rue, des purs et durs et d’autres impurs promoteurs de l’interdisciplinarité d’ici et d’ailleurs, fi se veut axé davantage sur les micro-interventions que sur les mégadéploiements.Par ailleurs, l’édition actuelle prend de l’expansion en accueillant des artistes qui viennent de plusieurs provinces du Canada, ainsi que d’Europe, des États-Unis et de l’Afrique.Il n'y a qu’à prendre connaissance des noms des compagnies invitées ainsi que des titres de leurs prestations pour en déduire que l’originalité et l’imagination débridée guident les praticiens du théâtre de rue.Histoire de s’ouvrir l’appétit en lisant le menu, mentionnons quelques compagnies et quelques titres qui figurent au programme du FTRS et les spectacles qu’elles offrent du Québec, le Théâtre des deux Maries présente La Traversée de l'Atlantique «en plein cœur de la mer agitée de l’inconscient»-, le Duo Le GaDou/Flaisance, Intimité IJ-, le Collectif Maâf Pied à terre avec vue sur rue-, Anne-Marie Ouellet, Abri sur roues; le Théâtre de la Pire Espèce, Un citoyen sous observation; Martin Renaud, Attroupements; Sara Hanley, Les Sœurs Transistor, Les Marionnettes du bout du monde, Tacot-Taxi; Trio VOIR PAGE E 2 : THÉÂTRE PHOTOS: JACQUES GRENIER Le charme Desbois «Entomologie, c’est la métaphore des bibîttes dans la tête; j’essaie de les nommer, j’apprends à les connaître.Je me documente.Et par glissement, je me documente également sur les bibittes qui se promènent dans l’herbe.Je suis un entomologiste en herbe.» SOLANGE LÉVESQUE as encore 40 ans, deux enfants, trois CD: Ma maison travaille plus que moi, États d'âne (sic) et Entomologie.Un recueil de poèmes qui vient de paraître à L’Oie de Gravant Chansons sourdes.Urbain Desbois, musicien devenu auteur et interprète, défriche, fait son chemin et construit patiemment son œuvre.Sincérité, naturel et dépouillement sont ses richesses.D raconte sa recherche de l’essentiel.Qu’est-ce que la poésie pour vous?Ça ne vaut rien.C’est sans valeur financière ou comptable, inutile et sans valeur quantifiable; c’est pour ça que je l’aime.On ne peut pas la mettre dans un pot pour la conserver.Même dans un livre, elle devient moins vivante.La poésie est un ordre que je pratique sans en connaître les rudiments; elle ressemble à un papillon; quand on touche ses ailefe, les couleurs perdent leur brillance.Elle est l’albatros de Baudelaire: ses ailes de géant l’empêchent de marcher.Les Fleurs du mal, adolescent, ça m’a marqué.Entre 15 et 32 ans, j’ai fait surtout beaucoup de musique.J’accompagnais des poètes la nuit à la Boîte de Janou Saint-Denis.Je fréquentais régulièrement les poètes, des doux et des fâchés: Lucien Francœur, Denis Vanier.En parallèle, j’ai commencé à travailler, je veux dire en écriture.À écrire des chansons sans les montrer à personne parce ue je n’en étais pas fier.Je remplissais es calepins.Ce sont des gens qui m’ont dit chante-les, montre-les, qui m’ont encouragé; un succès d’estime a suivi.Avant, je m’appelais Luc Bonin et je jouais pour les autres.J’ai joué, entre autres, avec les Rythm Activists, une formation anglophone engagée politiquement qui faisait une sorte de cabaret rock’n’roll en utilisant la musique pour défendre des causes.Je travaille maintenant un peu dans le prolongement de ce groupe, en moins politisé, en plus poétisé, c’est-à-dire en restant très libre.Comme Léo Ferré, un poète anarchiste dont le vers reste toujours libre, qui dit des choses importantes, prend parti, mais demeure sauvage.Urbain Desbois dans la forêt de Sherbrooke comme Robin des Bois dans la forêt de Sherwood, qui était un bum mais qui défendait une cause noble; un voleur qui volait par souci de justice.D’ailleurs, je préfère les gens de mauvaise vie qui ont bon cœur aux citoyens modèles.J’aime les hors-la-loi généreux.Je suis un urbain des bois, comme mes parents qui venaient de la campagne profonde et catholique, déménagés à Boucherville parce qu'ils y avaient trouvé du travail mais vivant comme leurs grands-parents, totalement en marge des voisins banlieusards.Votre dernier disque parie beaucoup d’amour.Comment voyez-vous l’amour?Comme une liqueur, du pastis.On le boit fort ou dilué mais, quelle que soit la manière, ça excite les papilles et ça enivre un peu.J’ai deux filles, l’aînée a 14 ans, la petite, trois ans.Elles ont joué un rôle très important dans mon inspiration.Entomologie est d’ailleurs teinté de l’arrivée de la petite.J’ai profité de la naissance de chacune pour rester à la maison et pour m’imbiber du bébé, en quelque sorte.Avec un nouveau-né, la maison est tranquille, personne ne fait de bruit, on parle bas.Les journées comme les nuits sont coupées en tranches, c’est très calme, un bon climat pour la poésie.J’ai écrit beaucoup sur tout ce que je vivais.Si je veux faire plusieurs CD, il faudra donc que j’aie une grande famille! Où je demeure.les collines sont arrondies, il y a de doux vallons.Au fond des bois, c’est le paradis des insectes, du gros papillon à la petite bibitte.Des insectes qui ne piquent pas comme ailleurs dans la province.Entomologie, c’est la métaphore des bibittes dans la tête; j’essaie de les nommer, j’apprends à les connaître.Je me documente.Et par glissement je me documente également sur les bibittes qui se promènent dans l’herbe.Je suis un entomologiste en herbe.Frank Martel, un grand ami, un surréaliste, mon mentor, m’avait offert un livre portant sur l’étymologie.Il y a une grande parenté entre l’étymologie et l’entomologie.Et l’inspiration?Deux choses: la première s’appelle le travail.Chaque jour, je prends 15-20 minutes pour écrire.Depuis 25 ans.J’écris ce qui me vient sans souci de mise en forme.J’essaie de me tenir prêt à accueillir l’inspiration, car l’inspiration vient comme la pluie ou comme un coup de vent.Parfois je prends un petit verre qui me fait les yeux luisants et qui me mouille les papilles.Mouillée, la plume glisse mieux.Les idées se posent et se transposent J’ai toujours des chansons en chantier, un refrain, un couplet une bonne idée, je note pêlemêle.C’est rare que j’écris tout d’une traite.Avant j’écrivais, c’était fini Maintenant je suis devenu plus soigneux; je réécris beaucoup, je surveille les accents toniques parce que je pense à la chanson que ça peut devenir.La deuxième chose, c’est de très bonnes conditions environnementales.Souvent, après une incursion en ville (où je n'ai jamais le temps de faire ce que je veux faire), je reviens dans les bois et retrouve des conditions propices.VOIR PAGE E 8 : DESBOIS «Je préfère les gens de mauvaise vie qui ont bon cœur aux citoyens modèles» N t E 2 LE DEVOIR.LES SAMEDI 31 JUILLET ET DIMANCHE l‘*AOÜT 2004 -«-Livres »- DICTIONNAIRES Le dépanneur de phrases JEAN DION Vous êtes là, vaguement fébrile, à rédiger le texte qui vous conduira un jour au Nobel de littérature lorsque soudain, au détour d’une virgule, surgit le trou.Vous cherchez le mot Non, pas celui-là, l’autre, qui signifie à peu près la même chose mais pas tout à fait le mot qui donnera du rythme, de l’allant et une sonorité sans pareille à votre pièce d’anthologie.Or ne craignez plus, bonnes gens coincés, car un dépanneur veille sur vous.Il s’appelle Henri Bertaud du Chazaud, Û est lexicographe, il est «arrivé à 86 ans en bon état», et il vient de passer les trente-cinq dernières années de sa vie à mettre en fonne le plus imposant recueil de synonymes jamais constitué.Encore aujourd’hui, il traque les mots comme d’autres le gibier pour s’en faire un festin, notant tous ceux qu’il découvre dans un calepin, sur un ticket de métro, sur un carton d’allumettes.Le résultat de ce travail de moine, confiait-il sans fausse modestie lors de son récent passage à Montréal, est un dictionnaire qui a été qualifié de «révolutionnaire» et qui, on le constate effectivement à l’usage, permet de sauver un temps fou lorsque l’inspiration vient à manquer.Tout commence à la fin des années 1960 lorsque, prof à Nanterre, Bertaud du Chazaud accepte, pour de banals motifs «alimentaires», de s’attaquer à la confection d'un dictionnaire (il a joué à pile ou face avec un collègue, et il a tiré les synonymes).L’ouvrage original, réédité à quelques reprises, donnera toutefois à son auteur le goût d’aller plus loin.De dépasser les normes traditionnelles du dictionnaire ana- PEDRO RUIZ LE DEVOIR Lexicographe, Henri Bertaud du Chazaud a passé les trente-cinq dernières années de sa vie à mettre en forme le plus imposant recueil de synonymes jamais constitué.logique pour créer un outil où l’utilisateur «doit pouvoir trouver tout de suite ce qu’il cherche».Ainsi naîtra l’imposante entreprise.«J’allais aux enterrements, mais je laissais ma femme aller seule aux baptêmes et aux mariages, rigole Bertaud du Chazaud.Les gens ne demandaient pas où j’étais.Ils disaient: “Ah! il est occupé à son dictionnaire”.» Le produit de ce long labeur, le Dictionnaire de synonymes et mots de sens voisin, ce sont 60 000 entrées et plus d’un million de mots répertoriés.Particularités: dans tous les cas, les synonymes évoqués sont de même nature grammaticale que le mot en entrée (noms avec nom, verbes avec verbe, etc., ce qui permet de les substituer directement dans la phrase), et les vocables rete- Le baromètre du livre au Quebec Palmares des ventes 21 au 27 juillet 2004 Cette semaine Renaild-Bray a vendu 19 969 titres différents.Polar DA VINCI CODE r 0.BROWN JC Lattès 19 2 Sport LE TOUR DE FOGLIA ET CHRONIQUES FRANÇAISES V P.FOGLIA La Presse 9 3 Dictionnaire PETIT LAROUSSE ILLUSTRÉ 2005 -100* anniversaire COLLECTIF Larousse 4 4 Biographie MA VIE B.CLINTON Odile Jacob T 5 Roman ENSEMBLE, CEST TOUT V A.GAVALDA Dilettante 6 6 Polar LOS ANGELES RIVER M.CONNELLY Seuil 7 ] Roman Oc L'HISTOIRE DE PI T - Booker Pme 2002 Y MARTEL XYZ éd.50 1 Roman LA PROCHAINE FOIS M LÉVY Robert Laffont II 3 Polar LA NUIT EST MON ROYAUME (Î4"$) M HIGGINS CLARK Albin Michel 11 10 Psychologie GUÉRIR nr SERVANSCHREIBER Robert Laffont 67 U Polar THE DA VINCI CODE AP D.BROWN Doubleday 69 ]2 Essais Qc BIEN COMMUN RECHERCHÉ F.DAVID Écosociété 13 Jeunesse HARRY POTTER ET L'ORDRE DU PHÉNIX AP (34*t) J.K.ROWLING Gallimard 35 14 Psycho.Qc DEMANDEZ ET VOUS RECEVREZ P.MORENCY Transcontinental 90 15 Jeunesse LBD UNE AFFAIRE DE FILLES G.DENT Gallimard 5 16 Philosophie AC0M1E-SP0NVI1E Seuil 8 i; Polar PRIÈRES POUR LA PLUIE ?D.LEHANE Rivages 9 18 Roman L'OMBRE DU VENT ?C.RUIZ ZAF0N Grasset 10 19 Psychologie QUI A PIQUÉ MON FROMAGE ?V J.SPENCER Michel Lafon 190 20 Roman LE BIZARRE INCIDENT DU CHIEN PENDANT IA NUIT T M.HADD0N Robert Laffont 19 2Î Cuisine Qc BON POIDS.BON CŒUR AU QUOTIDIEN CLOUTIER/DUMESfi.Flammarion Qc 21 22 Roman LE SECRET D’EMMA HARTE B T.BRADFORD Presses de la Cité 7 23 Polar LA LIONNE BLANCHE ?H MANKELL Seuil 17 24 Jeunesse QUATRE FILLES ET UN JEAN, 1.1 ?A.BRASHARES Gallimard 109 25 Essais Qc CONTES ET COMPTES DU PROF LAUZ0N, t.2 L.-P.LAUZ0N Lanctdt 8 Enfin ! Renaud-Bray Pointe-Claire Centre Fairview Livras - Musique - Films - Jeux - Papeterie- Cadeaux d’art 26 Psychologie LES TREMBLEMENTS INTÉRIEURS D.DUFOUR L'Homme 77 27 Santé MÉNOPAUSE.NUTRITION ET SANTÉ r LLAMBERUAGACÉ L'Homme 14 28 FanteshquaÛc LES CHEVALIERS D'ÉMERAUDE, t 1, t.2, t.3 et t.4 A.R0BILLARD de Mortagne 23 29 Roman LA NUIT DE L'ORACLE » P AUSTER Leméac/ActesSud 17 30 Biographie MÉMOIRES 9é F.PAHLAVI XOéd.24 31 Biographie MY LIFE B.CLINTON Alfred A, Knopf 6 32 Essai TOUS AUX ABRIS 1 r M.MOORE Boréal 22 33 Spiritualité LE POUVOIR DU MOMENT PRÉSENT 4P E, TOLLE Anane 193 34 Roman MALAVITA T BENACQUISTA Gallimard 10 35 Pelar LA SALLE DES MEURTRES P.D.JAMES Fayard 7 36 Roman Qc LA CHATELAINE DE MALLAIG 4P D.LAC0MBE vlb éditeur 104 37 Jeunesse QUATRE FILLES ET UN JEAN, t.2 - Le deuxième été A BRASHARES Gallimard 59 38 Guide Qc GITES ET AUBERGES DU PASSANT AU QUÉBEC 2004 COLLECTIF Ulysse (s 39 Loisirs Qc LES MORDUS, n’7 M.HANNEQUART Rudel Médias 7 « Roman LES COLORIÉS A.JARDIN Gallimard 17 41 Guide Qc VOIES CYCLABLES AU QUÉBEC 2004 COLLECTIF Tricycle 9 42 B.D LARGO WINCH, 1.13 - Le prix de l'argent J.VAN HAMME Dupuis 6 43 Polar CRACKING THE DA VINCI'S CODE S.C0X Sterling 11 44 Polar OBJECTIF PARIS LUDLUM / LYN0S Grasset 15 45 Roman C.BUSHNELL Albin Michel 9 » CoundeCoeurRB ¦¦¦¦¦ : Nouvelle entrée NU.* «w.no™.J Plus de lOOO Coups de Cœur, pour mieux choisir.nus sont beaucoup phis nombreux — le mot sexe, par exemple, compte près de 400 équivalents.Une catégorisation des termes a également été effectuée, qui les classe selon qu’ils font partie du vocabulaire archaïque, technique, familier, argotique, et ainsi de suite.Henri Bertaud du Chazaud se dit lui-même «brocanteur des mots».D lui arrive d’en sauver qui étaient condamnés à l’oubli.Les critères qui président à ses choix?Non, messieurs dames, surtout pas la reconnaissance officielle d’un mot par l’Académie française, qui a pourtant déjà salué son travail Plutôt, la fréquence d’utilisation d’un mot, mais aussi son esthétique, son euphonie, son caractère pittoresque, sa puissance d’évocation.(Tiens, à l’entrée journaliste, on retrouve notamment, rayon péjoratif, articlier, bobardier, égoutier,feuillis-te, figarotier, folliculaire, fouille-merde, joumaleux, libelliste, lignard, paparazzi, pisse-copie, pasticheur, rubri-card et tartineur.) Un bouquin dans lequel on se perd et on trouve avec autant de bonheur.Le Devoir DICTIONNAIRE DE SYNONYMES ET MOTS DE SENS VOISIN Henri Bertaud du Chazaud Gallimard, coll.«Quarto» Paris, 2003,1872 pages t A THEATRE SUITE DE LA PAGE E 1 vert (pour emporter), Dieu seul me voit, Les Fermières obsédées, Par delà bien et mal-, Olivier Choinière, ARGGU = Activité répétitive grandement grandement libératrice.De France: la Cie du thé à la rue présente L’Homme idéal-, Les Hétons, Les Urbanologues associés-, Princesses Peluches, Maison de Rose / Journées de rose.De Bénin-France: Dominique Zjnkpè présente Taxis-Zinkpè.Des Etats-Unis: Thus présente TRAD; Nicole Bindler, PS.41; Bob Wagner, Sonic Badminton; Nautical Almanac, Le Voile de l'Inquisition.L’édition 2004 du FTRS s’attend à recevoir plus de 100 000 spectateurs, soit 15 000 de plus que l’an dernier.Le festival se doublera d’une activité offerte avec le concours du Conseil des arts du Canada: une table de discussion intitulée «Journées-rencontres» (samedi et dimanche) destinée aux professionnels des différents arts comme aux personnes du grand public curieuses de dialoguer avec les créateurs participant aux divers spectacles.Ces «journées-rencontres» seront présidées et animées par le sociologue, commissaire d’exposition, auteur et penseur Guy Sioui Durand.Festival de théâtre de rue de Shawinigan, sous le thème «États d’habiter», à Shawinigan, les samedi 31 juillet et dimanche 2" août.Renseignements: (819) 53&5197 ou .ÉCHOS Les lettres de Yourcenar Comme d’autres écrivains, Marguerite Yourcenar souhaitait une publication posthume de sa correspondance.Sur les 2000 lettres environ qui avaient été classées et recopiées par sa compagne et elle, 300 avaient déjà fait l'objet d’un «choix».Des spécialistes ont naturellement, entrepris de publier le tout L’ensemble de cette correspondance, du moins celle qui court entre 1951 et 1956, vient de paraître chez Gallimard.Des lettres souvent techniques, qui traitent de ses rapports à l’édition ou au quotidien, mais quelques-unes aussi qui traitent de l’œuvre ou qui font voir le caractère procédurier et l’énergie de son auteur.-Le Devoir Une curiosité En 1925, quelques amis, plus portés sur l’exotisme que sur le régionalisme, fidèles néanmoins à un certain idéal bourgeois, se rencontrent dans un club privé qu’ils fondent à Montréal, le Ca-soar-Club.Leurs noms occupent désormais une place importante dans notre littérature.Ce sont, entre autres, Victor Barbeau, Léopold Houlé, Adjutor Rivard, Léo-Pol Morin, Louis Carrier et le journaliste Louis Francœur.À travers la réédition d’un «mémorial» à tirage confidentiel publié pour les membres du Casoar en 1928, le chercheur Richard Foi-sy nous replonge, avec Les Ca-soars (Editions Varia), dans une partie de notre histoire littéraire.- Le Devoir ROMAN QUÉBÉCOIS Trente et un récits signés France Ducasse «U n petit garçon s’étonne de voir quelqu’un photographier le ciel.Il dit: “Le ciel est partout." Il dit: “Les mamans qui sont mortes, leurs enfants ils ne les reverront plus jamais?” Les mères mortes quand elles sont mortes tout à fait mortes elles sont partout», lui répond la narratrice de La mort ne tue personne.Conte à la fois poétique et philosophique, le septième ouvrage de fiction de France Ducasse parle de la mort liée à notre humaine condition et des petites morts que sont les ruptures, les séparations et les détachements.Dans une prose où se mêlent le réalisme et le merveilleux, l’auteure suit les méandres des deuils jusqu’à la remontée vers la lumière.Evoquant les arbres qui meurent debout, l’écrivaine remplace le «m» du mot mort par un «f» et relève ses personnages.Ne cherchez pas dans ce livre une vision fataliste de la mort.Dans les trente et un récits brefs de ce recueil, la nouvelliste nous convie plutôt à une célébration de la vie.Dans l’appartement de Dao, réfugié vietnamien, des marguerites aux tiges coupées flottent dans un grand vase à la surface de l’eau, comme des nénuphars.Après la mort de sa petite sœur «tombée du balcon, sans cri» et une déception amoureuse, Dao entre à l'abbaye et devient moine contemplatil Un verglas s’abat sur la région.Ce qui s’annonce comme un désastre écologique libère les moines du silence obligatoire, étouffant Grâce à l’accueil d’étrangers sous leur toit, chacun renoue avec le monde extérieur.L’un s’approche d’un petit garçon qui pose des questions inlassablement: «S'il a créé le monde, qui l’a créé, lui, Dieu?» Le moine chef de chœur endort les petits avec La Mer de Trenet Un autre laisse échapper le chant rauque des humiliations enfouies depuis son enfance.Nous quittons le lieu cistercien pour faire la connaissance d’un couple.«À part s’aimer et se le dire jusqu’à ce que ça n’ait plus de sens», Eloi et Bérangère ne font rien d’autre.Un jour, Eloi, drôle d’oiseau et aventurier, quitte Bérangère pour d’autres horizons.La jeune femme continue de l’aimer «dans la ferveur ascétique de l’écriture».Une vieille légende Tous les matins, Judith et sa ribambelle d’enfants partent en promenade sur une plage de Tfle d’Orléans.Il y a l’eau, le ciel et des rires.Dans les grandes mains, les petites mains s’abandonnent.Lorsque Judith y dépose des baisers, les enfants, pour les garder précieusement, «refusent de desserrer les poings».La mère les initie à la botanique.L’un d’entre eux lui demande «si quelqu’un, tout de même, ne se serait pas trompé en donnant des noms trop longs, trop lourds à certaines fleurs délicates».Le del n’est plus bleu mais le jour l’a été.Voilà qu’un noyé dérive au gré des marées.Le tableau pourrait être morbide si la narratrice ne s’empressait d’inventer une existence à l’inconnu, de revisiter un pan d’histoire familiale et de tirer une vieille légende de l’oubli.Le noyé devient le marin d’Isabeau, l’amante éplorée de la chanson de folklore Isabeau s’y promène.De retour à la maison, les anciennes gardiennes d’enfants tombent du ciel.Comme autre- fois, Laetitia, celle qui oubliait de coucher les enfants, raconte une légende mexicaine, «la leyenda del Brahma».«R fut un temps, dit-on, où les hommes étaient des dieux Ambitieux et cruels, ils abusaient de leur puissance divine.Brahma en prit ombrage.Pour les punir, il fit en sorte que la divinité leur soit ravie et cachée en lieu sûr.Cest pourquoi, dit-on, l’homme explore en vain les éléments et Suzanne les continents à la re-Giguère cherche de ce qui se trouve, en fait, caché au plus profond de lui-même.» Chaque mot est une pierre La mort ne tue personne s'ouvre sur un poème de Rilke.L’écrivain autrichien, veilleur de tous les horizons, n’a cessé à travers toute son œuvre de rechercher la signification concrète de l’art et de la mort D cultivait un culte pour les objets, lesquels représentaient une sorte de talisman, une manière de correspondre avec quelque chose d’invisible, l’âme cachée de la matière.Au printemps 1994, l’artiste René Derouin larguait dans le fleuve Saint-Laurent 19 000 figurines en souvenir de son père et d’un frère, tous les deux morts, noyés.Les textes et les images de cette aventure inouïe sont regroupés dans Ressac.De Migrations au Largage (Hexagone).Quelques années plus tard, une exposition, La Pêche miraculeuse, suivit celle de Migrations.Cette fois les figurines créées par des enfants sortaient du fleuve au lieu de s’y engloutir.L’enfance est au cœur du dernier livre de France Ducasse comme de toute son œuvre.Les en-fonts symbolisent la suite du monde, la vie.L’auteure médite le geste du sculpteur de Val-David et lui dédie la dernière histoire, celle d’un vieil excentrique sculpteur de statuettes.Quand son unique ami meurt noyé, il dépose ses personnages de glaise sur la plage.Ceux-ci sont emportés par la marée.«Disons que c’est un sacrifice comme au temps des Anciens pour honorer l’homme qui vit dans l’eau.» La mort, sujet délicat et universel, source d’une angoisse inexplicable, il conviendrait de l’apprivoiser.C’est ce que suggère le vieux sculpteur au jeune Lucas, le fils du marin poyé.«Lucas pleurait en silence.A la rescousse, il appelait son papou-papa-père tel que son souvenir l’avait préservé, homme grand aux larges mains réconfortantes, et cette image enfin retrouvée du vivant le consola.» S’il est vrai que la poésie invente son propre langage et exige une totale liberté d’esprit, La mort ne tue personne, riche en allégories et en subtilités allusives, est une invitation à nous défaire de nos habitudes de lecture.«Chaque mot est une pierre et sur cette pierre, il y a toutes les pierres, chaque phrase est un inukshuk sur le chemin qui nous mène, qui nous mène, qui sait où.» En langue inuktitut, inukshuk signifie figure de pierre.L’une de ses fonctions est de montrer aux voyageurs leur chemin.Si vous consentez à déchiffrer lentement ce recueil, alors peut-être serez-vous soulevé à demi sur votre chaise comme si un souffle léger vous emportait LA MORT NE TUE PERSONNE France Ducasse L’Instant même Québec, 2004,162 pages m www.renaud-bray.com E M P 0 R I 0 JUSQU’À 1455 RUE REEL (LES COURS MONT-ROYAL) 282-0022 C’EST EN LIBRAIRIE ' i e r 1 librairie »bistro QU ON TROUVE CE QUE L’ON CHERCHE QU ON COMMANDE CE QUI NOUS PLAÎT J ai pas le temps je m'en vais lire.qu’on découvre DES MILLIERS DE LIVRES C’EST EN LIBRAIRIE QU’ON RENCONTRE DES LIBRAIRES Librairie indépendante 5219.Cot^aes*Neig€ Metro Çdte-des-Neige tel 739-3639 AOÛT 2 0 0 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI 31 JUILLET ET DIMANCHE 1 E 3 Livres ICI ET AILLEURS Aux quatre coins, l’Amérique LARRY DOWNING REUTERS Vue de New York en novembre 2002 .ttimm ; JOHANNE JARRY .ü » arrivant à un pont, ils vt-rent un cours d'eau très large avec des eaux jaunes et lourdes; Us comprirent tous les deux et sans avoir besoin de se dire un mot que c’était le Mississippi, le Père des Eaux, le fleuve qui séparait l’Amérique en deux et qui reliait le Nord et le Sud, le grand fleuve de Louis JoUiet et du père Marquette, le fleuve sacré des Indiens, le fleuve des esclaves noirs et du coton, le fleuve de Mark Twain et de Faulkner, du jazz et des bayous, le fleuve mythique et légendaire dont on disait qu’il se confondait avec Tâme de l’Amérique.» —Jacques Poulin, Volkswagen Blues C’est une histoire de roman.Ou peut-être pas.Un homme et une jeune femme partent de Gas-pé, traversent l’Amérique jusqu’à San Francisco.Entre eux, ce n’est pas l’amour et pas juste l’amitié; c’est un lien spécifique à cet homme-là (un écrivain) et à une toute jeune femme, deux êtres sensibles qui préfèrent vivre seuls mais qui vont partager, le temps d’un été, le même vieux Volkswagen chargé d’odeurs et de voyages.Us vont lire des livres et visiter des musées, prendre soin d’un petit chat noir et chercher Théo, le frère de l’écrivain.Ils vont rouler dans des silences pas lourds et parler de tout et de rien sans que ça soit banal.On s’embarque avec eux dès la première page et on roule jusqu’à ce que la Grande Sauterelle dépose Jack Waterman à l’aéroport de San Francisco.Cet- te histoire de rêve, parfaite compagne pour toutes les routes du monde mais qui illuminera particulièrement une aventure américaine, on la trouve dans Volkswagen Blues (repris chez Babel), le roman de Jacques Poulin.Dans le Nebraska Une fois arrivé en Californie, on séjourne brièvement à Santa Monica pour se déplacer jusque dans le Nebraska avec Dalva (10/18), l’héroïne du roman du même nom de Jim Harrison.Id aussi, impossible d’échapper au rédt que Dalva fait de sa vie, femme marquée par l’enfant qu’elle a donné en adoption alors qu’elle était adolescente.Ce roman de Harrison est une plongée dans la vie intérieure de Dalva et dans celle de Michael, professeur d’université qui s’intéresse au journal du grand-père de Dalva, John Wesley Northbridge, un homme qui partage des affinités avec la culture amérindienne.On retrouve les grands espaces mythiques de l'Amérique, immensité que les hommes tentent de dominer.«Mais chaque fois que nous demandons aux lieux d’être autre chose qu’eux-mêmes, nous manifestons le mépris que nous avons pour eux.Nous les enterrons sous des couches successives de sentiments, puis, d’une manière ou d’une autre, nous les étouffons jusqu’à ce que mort s’ensuive.» Comment aimons-nous?Comment vivons-nous avec l’autre?Quels rapports entretenons-nous avec le passé?Autant de questions avec lesquelles jonglent les person- nages de ce roman qu’on ne lâche pas facilement, et à qui l’auteur a donné une suite avec La Route du retour (10/18).Au sud On file ensuite à l’autre bout du pays, en Caroline du Sud, pour écouter L’Histoire de Bone (10/18), personnage de Dorothy Allison.Dans le comté de Greenville, les enfants passent les jours d’été brûlant sur la véranda.S’ils habitent la campagne, on leur demande de courir les poulets, de ramasser des haricots ou des cacahuètes.Bone aime ces maisons grouillantes de vie; elle peut vivre n’importe où pourvu que ça ne soit pas chez elle, avec le mari de sa mère.«Mes rêves étaient emplis de longs doigts, de mains qui contournaient les portes et rampaient sur le bord du matelas, et la peur me submergeait comme une rivière, comme le bleu foncé, glacial de ses yeux.» Dorothée AÛison donne une voix juste à ce roman de l’enfance violée, inscrite dans la pauvreté d’un Sud intolérant, dominé par la religion.À lire aussi, de la même auteure: Retour à Cayro (10/18).Le bayou On s’imprègne de l'atmosphère de La Nouvelle-Orléans avec James Lee Burke et son ex-lieutenant de la criminelle Dave Ro-bicheaux.Ex-alcoolique, cet homme intuitif et tourmenté perçoit de façon aiguë le coin de pays qu'il habite.«Je sentais les senteurs de sable humide et de mousse, des fleurs de bougainvillées et de champignons à ombrelle, les odeurs de poisson mort et de boues âcres que soufflait le vent du marais.Un gros saule pleureur au bord de l’eau se prit à ressembler à une chevelure de femme sous le vent.» Ne manque que le bruit sec des pacanes quand elles tombent au sol pour y être tout à fait.Précisons que Lee Burke, en plus d’avoir du style, écrit d’excellents polars.On recommande particulièrement Prisonniers du ciel, Black Cherry Blues et Une saison pour la peur, tous dans la collection poche de Rivages/Noir.New York Id, parmi les œuvres qu’on associe a New York, figure en bonne place celle de Paul Auster.L’effet labyrinthique qu’il crée est particulièrement surprenant dans Cité de verre, premier volet de la «Trilogie new-yorkaise» (Babel), où Quinn marche et se perd dans la ville mythique en suivant le mystérieux Stillman.La question du hasard, centrale dans l'univers d’Auster, contribue ici à la création d'un univers étrange et déstabilisant dans une ville reconnue pour son caractère imprévisible.On ne trouvera pas ces mêmes qualités dans La Nuit de l’oracle (Actes Sud), le plus récent roman de Paul Auster, qui se déroule aussi à New York.Conunent éviter que le pire ne se produise dans la vie?s'est demandé Auster.Sa réponse: en récrivant dans la fiction.On sent bien, à la lecture, qu’il a repris l’écriture de cette histoire après le 11 septembre.Il a composé un roman où l’imaginaire est happé (ou sapé?) par la réalité, mobilisé par la peur.Ainsi va-t-on, fatalement, de catastrophe en catastrophe, que ce soit dans la vie ou dans ce que l’on écrit Doit-on, au nom du hasard, se soumettre aveuglément à la réalité?Certaines fictions permettent au lecteur, justement, de mettre en question cette réalité fabriquée.Les personnages d’écrivains de Paul Auster semblent avoir oublié ce rôle essentiel de la littérature.ESSAIS ÉCHOS Ivan Midi, le survivant Pour la France Un médecin libre en Europe MICHEL LAPIERRE Vedette internationale de la contestation dans la première moitié des années soixante-dix, pourfendeur de l’école et de La mè decine, héraut de la convivialité, Ivan Illich a cessé mystérieusement de faire parler de lui en 1976, si bien que certains ont cru qu’il était mort Que faisait-il donc?En toute lucidité, il écrivait en latin s’il vous plaît, des lettres à ses amis du Moyen Âge, en particulier au théologien et philosophe Hughes de Saint-Victor qui avait rendu l’âme en 1141.C'est ce que nous apprennent Jean Robert et Valentine Borre-mans dans la préface du premier volume des Œuvres complètes d’Illich, en précisant que ce penseur très original, mort en 2002, a, durant la dernière période de sa vie, écrit également des livres importants comme Le Genre vernaculaire (1983) et Du lisible au visible (1991).Si le tome I des Œuvres complètes rassemble les ouvrages les plus connus d’Illich (Libérer l’avenir, Une société sans école, Énergie et équité, La Convivialité et Némésis médicale), son livre inédit sur le déclin de la sensibilité humaine, publié en même temps, nous dévoile les réflexions ultimes de l’anarchiste évangélique.Un anarchiste évangélique, voilà en effet comment nous apparaît, dans La Perte des sens, celui qui, ordonné prêtre en 1951, se veut paradoxalement un catholique traditionnel.Convaincu que Jésus, contempteur de l’argent et du pouvoir, est «un sauveur anarchiste», Illich voit «une subversion de l’Évangile» dans Y «idéologie» du christianisme, ce système aride, vieilli, hostile à toute mystique.Mais il ne se soucie pas seulement de nos liens avec l’invisible, il tient aussi à discipliner nos sens que la superficialité du monde actuel a rendus, selon lui, paresseux et engourdis.D déclare dans une de ces belles phrases à l'emporte-pièce dont il a le secret «Je plaide pour une renaissance des pratiques ascétiques, pour maintenir vivants nos sens, dans les terres dévastées par le show, au milieu des informations écrasantes, des conseils à perpétuité, du diagnostic intensif, de la gestion thérapeutique, de l’invasion des conseillers, des soins terminaux, de la vitesse qui coupe le souffle.» Dans les années soixante, au moment où Illich œuvrait en Amérique latine et y stigmatisait l’impérialisme américain, sa vision d’une Église plus prophétique qu’institutionnelle inquiétait Rome.Déçu par l'incompréhension du Saint-Siège, il s’est lui-même imposé une sanction: il n’exercera plus le ministère sacerdotal, mais ne renoncera pas officiellement à l’état ecclésiastique.Pousser le paradoxe à l'extrême sans tomber dans la contradiction, tel était l’idéal de l’anarchiste qui, dès 1956, avait eu droit au titre de monseigneur en plus de devenir vice-recteur de l’université catholique de Porto Rico.Dire quUlich verra dans l’enseignement et dans l’ensemble du processus civilisa- ARCHÏVES LE DEVOIR Vedette des mouvements de contestation dans les années 1960-70, Ivan Illich est décédé en 2002.teur la désincarnation de l’être humain! Mais, encore là, nulle contradiction.Pour Illich, l’anarchisme n’est pas une doctrine de pure destruction, mais un tâtonnement, un questionnement.Se rendre compte que le progrès social devient contre-productif le jour où il s’éloigne du but humain qui était le sien, c’est, comme le rappelle le premier volume des Œuvres complètes, préparer le triomphe de la sensibilité et du bon sens en ramenant l’évolution à l’échelle humaine.Quand il traite de la désincarnation de l’homme par la société, Illich sait physiquement de quoi il parle.H est né à Vienne, en 1926, d’un père issu de la haute société autrichienne et d’une mère d’ascendance juive.Bien qu’il fût catholique, il était à demi juif aux yeux des racistes hitlériens.«L’exil du corps hors de la trame de l’histoi- re, je l’ai vécu à l’âge de douze ans», écrit-il dans La Perte des sens en se souvenant de l’annexion de l’Autriche au Reich en 1938.Cette expérience lui inspire une affirmation renversante: «Le génocide et le génome humain, la mort des forêts et Ihydroponie, la greffe cardiaque et le médicide remboursé par la sécurité sociale sont aussi insipides, inodores, impalpables et désincarnés les uns que les autres.» En tant que survivant en 1992, de la première génération dans l’histoire de l’humanité à avoir vu le progrès comme un besoin et non plus comme un cheminement Mich, même s’il a échappé à l’horreur des camps de concentration, se souvient d’avoir senti qu’on avait créé Auschwitz au nom du progrès et de la science.Pour lui, il n’y a pas de frontière entre l’insensibilité d’un monde fanatisé qui minimise l’extermination de LIBRAIRIE BONHEUR D'OCCASION LIVRES D’OCCASION DE QUALITÉ ?Livres d’art ?Littérature et de collections ?Philosophie ?Canadiana ?Sciences humaines ?Livres anciens et rares ?Service de presse Faites-nous part de vos desiderata 4487, rue De La Roche (angle Mont-Royal), Montréal 514-522-8848 1-888-522-8848 7 jours 7 soirs de lOhOO à 21h00 bonheurdoccasion@bellnet.ca NOUS NOUS DÉPLAÇONS PARTOUT AU QUÉBEC, POUR L’ACHAT DE BIBLIOTHÈQUES IMPORTANTES.millions de personnes et celle d’un monde inconscient qui occulte l’agonie de la nature.En faisant de sa vie même son enseignement ultime, Ivan Mich efface ce qu’il y avait de naïf et de fumeux dans la notion de convivialité pour opposer à la standardisation le seul défaut technologique du monde: ce qui lui reste de beauté.ŒUVRES COMPLÈTES, VOL 1 Ivan Mich Fayard Paris, 2004,792 pages LA PERTE DES SENS Ivan Mich Fayard Paris, 2004,360 pages Suisse d’origine, professeur de littérature marquant à l’Université Laval durant les années 1940, collaborateur de L’Action catholique à Québec et de La Nouvelle Relève, grand voyageur, Auguste Viatte lut, dans son pays d’adop tion, un des défenseurs de la France libre tenue à bout de bras par Charles de Gaulle.La publication aux Presses de l’Université Laval de son journal, édité par C’aude Hauser sous le titre D’un monde à l’autre, permet d’éclairer un peu mieux une partie du jeu sociopolitique de l’époque.— Le Devoir Combien de livres, dans notre histoire, furent rédigés par ce qu’on appelait, à une époque encore pas si lointaine, des «retours d’Europe»?Pendant plusieurs décennies, Paris fut considéré par toute une tranche favorisée de la population canadien-ne-française comme le centre vital du savoir et de la culture.Médecin, passionné par la question nationale du Québec, Jean-Charles Claveau vient de faire publier, dans cet esprit propre à toute une génération d’ici, ses Chroniques d’Europe de 1952 a 1954 (Editions Fleurs de Lys).À travers ses lettres de l’époque, voici le regard que pose un homme d’avant la Révolution tran-quMe sur la France d’abord, comme il se doit, mais aussi sur la Belgique, les Pays-Bas, l’Allemagne et l’Angleterre.- Le Devoir Le général de Gaulle JEAI COCTEAU Corrtspnhact Colligt H alu M lictiri STÉPHANE SAIRT-JEJUI Am CHRISTIANE PASQUIER CLAUDE POISSANT KARINE SAINT-ARNAUD DES ARTS DE LAVAL 450.667 de la Concorde ouest, Laval SSION 514.790.1245 * TARIFS Prix régulier : 20$ Prix étudiants et aînés: 18$ (taxes incluses) : 25% de réduction spectacles d LUNDI l LUNDI AUI IAIIE CARDINAL Ln mtt pnr Un Maria MIm h lictiri SOPHIE FAUCHER Ckiii Au tutu: SOPHIE FAUCHER J- à«_I- msM « mm iwnin Ane MARIE HRASSARD SOPHIE CLÉMENT SOPHIE FAUCHER Ckeiteiii: SYLVA BALLASANIAN Milicien: MICHEL DUBEAU CHRISTIAN PARÉ IAZIM KIKIET Matcaa, 3/ala 1963 Mlle il lictiri ALICE RONFARD Cilli|i CHRISTIAN VÉZIHA Ain FRANCIS U HAYE JACINTHE LASUt JACQUES LAVALLÉE CHRISTIAN VÉ2INA LUNDI IATIALIE SAIIAITE u iaat lu ttat» ia Un Cillin U ¦In u lutin OEMS LAVALOi! Am CHRISTIAN BÉtIH ISEFAUCHER MARIÉ-JOSÉE CAUTHIER DENIS LAVALOU MARIE-LOUISE LEBLANC OAUVOEAI: FRAGMENTS LIBRES Ciliift it Rln n lictiri 00NINI0UE LEDUC Am MARC lÉLAND ÉRIC DERNIER MAAKITA BOIES MAI IME SAUDETTE MARIE-FRANCE MARCOTTE Québec SS ÔQfrutd bofifioiXA, M Mllfta DBS MMJX AITO F *>,0 .MMOPCTÏIm.I Le devoir LE DEVOIR.LES SAMEDI 31 JUILLET ET DIMANCHE 1 AOÛT 2004 E 4 ¦ R «'Livres ^ ¦••Al QUÉBÉCOIS ÉCHOS L’autre Maria Chapdelaine SOURCE UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL / DIVISION DES ARCHIVES La photo la plus célèbre de Louis Hémon, auteur entre autres de Maria Chapdelaine.Suand on aime un roman, est-il nécessaire — est-ce même une ie?— de faire la lumière sur la réalité qui l’a inspiré?J’aime, par exemple, Maria Chapdelaine 1, que je tiens pour un des chefs-d’œuvre de notre littérature.Je sais que c’est un court séjour à Péribon-ka qui a incité Louis Hémon à l’écrire.Le ton de ce roman est si juste, l’esprit qui s’en dégage est si authentique qu’on ne peut que conclure à la puissante capacité d’observation et à la grande qualité d’écrivain de Louis Hémon.Le journaliste français, il l’avait écrit, était fasciné par le peuple canadien-français: «Sa force de résistance à tout changement — aussi bien à ceux Qui américanisent qu’à ceux qui anglicisent — est telle qu’elle se maintient intacte et pure de génératiqn en génération.» Cette image d’Epinal, il la reproduira en puissance dans son grand roman, mais en y ajoutant la touche d’humanité qui transforme une thèse romancée en véritable œuvre littéraire.Je sais ça, je connais l’histoire du Québec, je relis Maria et c’est bien assez.La magie de l’expérience littéraire fait le reste.Mais si, me titille-t-on, on poussait l’investigation paratextuelle plus loin?Y eut-il, par exemple, une vraie Maria, et de vrais Eutro-pe et Lorenzo, dont se serait inspiré le romancier?Le savoir n’ajouterait-il pas une touche de réalisme à l’œuvre, en plus de satisfaire cette fascination contemporaine pour les faits vécus?Le romancier Jean-Charles Harvey, qui s’est un peu mêlé de cette affaire en 1929, faisait dire à un quidam: «Quand nous lisons le roman de Maria, nous nous formons de cette jeune fille une image que nous croyons vraie et qui s'incruste en nous avec tout son charme.Nous n’aimons pas voir cette image sacrée confrontée avec la réalité, car nous éprou- vons, dans cette vision trop matérielle, un désenchantement qui nous fait mal.» C’est naïf, mais clair et plutôt juste, et cela pourrait suffire à fermer le dossier.Dans le cas particulier de Maria Chapdelaine, toutefois, les choses ne se sont pas déroulées ainsi et Marcelle Racine, que cette saga a fascinée, a choisi de refaire le parcours de celle que ce roman et sa réception ont transformée en une Maria Chapdelaine de la rie.Éva Bouchard: la légende de Maria Chapdelaine se présente comme un roman, mais il s’agit, en fait, d’une biographie romancée ou d’un récit biographique visant à rendre justice à une femme dont la rie a été bouleversée par la publication du roman de Louis Hémon.Éva Bouchard, jeune institutrice de Péribonka au début du siècle, n’avait rien demandé et l’écrivain français ne pouvait imaginer la suite des événements.La première, pourtant, est devenue, vers 1917, pour des milliers de Québécois, la «vraie» Maria.C’est sa rie que raconte le gros «roman» de Marcelle Racine.Maria au couvent En 1912, Hémon le voyageur débarque à Péribonka et s’installe dans la ferme de SamueJ Bédard, beau-frère et voisin d’Éva, pour quelques mois.Il contribue aux travaux quotidiens et, dans ses temps libres, il écrit.Sa correspondance, croit-on.Peu de temps après avoir quitté la région, Hémon meurt à Chapleau, en Ontario, frappé par un train.Én 1914, le quotidien français Le Temps publie son Maria Chapdelaine en feuilleton.À Péribonka, on ne lit pas cette feuille.A Ottawa, toutefois, si, et l’écrivain Lourigny de Montigny découvre l’existence de l’œuvre.Il entreprend alors des démarches pour la faire publier au Québec, ce qui sera fait en 1916.Éva Bouchard, pendant ce temps, est entrée au couvent.En 1917, Péribonka est sous le choc: le voyageur français, vient-on d’y apprendre, écrivait, lors de son passage, un livre.sur eux! Certains, évidemment, en sont flattés, mais d’autres s’offusquent: l’étranger les espionnait afin de les ridiculiser dans une œuvre.Et voilà que les journalistes — que voulez-vous, c’est leur lot — débarquent, en quête des modèles rivants dont se serait inspiré le romancier.Au couvent, Éva aurait pu éviter la tempête, mais elle n’y est plus.Maître d’œuvre de tout ce branle-bas médiatique, le journaliste et écrivain Damase Potvin lance des hypothèses: Eutrope Gagnon, c’est Eutrope Gaudreault; Lorenzo Surprenant, c’est Édouard Bédard; François Paradis est une variation d’Auguste Lemieux; le père et la mère Chapdelaine ont été inspirés par Samuel Bédard et sa femme, les frètes d’Hémon, et Maria, c’est.Éva Bouchard! N’a-t-elle pas, en effet, été courtisée par les deux premiers de la liste et ne récite-t-elle pas, ainsi qu'Hé-mon en a été informé, mille Ave chaque veille de Noël?Pendant plusieurs années, Éva Bouchard, qui en viendra à détester les journalistes qui la poursuivent, refusera catégoriquement le rôle d’emprunt qu’on lui impose.Le succès du roman, ici comme en France, accentuera toutefois la pression sur elle et elle finira par céder, en 1926, en fondant la maison Louis-Hémon à Pépbonka.Elle sera, dorénavant, Éva Bou-chard-Maria Chapdelaine.Tout est bien qui finit bien?Pas vraiment.Elle résistait, on insistait.Elle cède, et voilà que Damase Potvin l’accuse de supercherie.Elle ne serait pas, finalement, la vraie Maria.Il mettra même la romancière française Marie Le Franc dans le coup.Jean-Charles Harvey, quant à lui, irq jusqu’à parler de profanation.Éva Bouchard, pourtant, sans être dupe de la situation, n’en démordra plus et se prêtera au jeu des conférences et de la représentation, même s’il lui en coûtera souvent Tout ça, d’une certaine manière, est passionnant Même si l’on refuse d’entrer dans l’inutile jeu de la confrontation littérature-réalité, le roman de Marcelle Racine conserve son intérêt puisque, au fond, il raconte, autre chose, c’est-à-dire la rie d’Éva Bouchard, qui fut à la fois victime et bénéficiaire de ce jeu., Sur le plan littéraire, toutefois, Éva Bouchard: la légende de Maria Chapdelaine présente des faiblesses.L’ensemble, d’abord, manque nettement d’intensité.Les événements rapportés intéressent mais ne saisissent jamais, ce qu’aurait pourtant dû permettre le choix de la forme romanesque.Des personnages attachants, par exemple, y meurent dans de tristes conditions (tuberculose), mais ces drames ne parviennent que rarement à émouvoir.Trop de dialogues donnent dans la redondance et ne font qu’étirer une sauce déjà longue.Aussi, les clichés sur le travail de l’écrivain, les bons habitants, les femmes, les jouma-listçs et les politiciens abondent Éva Bouchard, Marcelle Racine parvient à nous en convaincre, méritait qu’on lui dresse ce sympathique monument littéraire.Deux cents pages bien ramassées, dans le genre de la collection «Les grandes figures» chez XYZ, auraient toutefois suffi à cette tâche.louiscornellierdiparroinfo.net 1.Signalons que plusieurs éditeurs québécois proposent, souvent à prix très doux, des éditions de ce grand classique qu'est le Maria Chapdelaine de Louis Hémon.ÉVA BOUCHARD: LA LÉGENDE DE MARIA CHAPDELAINE Marcelle Racine VLB éditeur Montréal, 2004,576 pages Louis Cornellier Histoire des Acadiens Historien à ses heures mais d’abord député de Bonaventure, Bona Arsenault fut un des hommes politiques les plus colorés de notre histoire.Grand-père naturel du gardien de but Patrick Roy, il était capable tout à la fois de défendre les pires thèses réactionnaires, notamment au côté d’un homme tel Robert Rumilly, tout en affirmant qu’il défendrait Fidel Castro s’il était à Cuba A partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale, il se passionna pour l’histoire des Acadiens.Son Histoire des Acadiens, régulièrement rééditée depuis 1965, rient d'être reprise chez Fides à l’occasion du 400 anniversaire de fondation de l’Acadie.Cette nouvelle édition, revue et augmentée par Pascal Alain, ne s’explique cependant pas sur l’à-propos, plus de dix ans après la mort de l’auteur, d’ajouter tout un chapitre au texte original.- Le Devoir Le Portugal à Montréal En 1953, une première vague d’immigrants portugais s’installe au Québec, raconte Belmira Perpétua dans Les Portugais, 50 ans à Montréal (Les Intouchables).Dans l’après-guerre, des centaines de milliers de Portugais ont quitté leur pays à destination de tous les horizons du monde, y compris le Canada.Salazar, ce n’était pas pour eux.Mais, affirme l’auteur, la vague d'immigration portugaise «qui a déferlé sur le Canada à partir de la deuxième moitié du XX' siècle ne faisait que redécouvrir une contrée que la mémoire portugaise avait longtemps reléguée aux oubliettes malgré la sempiternelle morue».En effet, les côtes de l’Amérique turent, depuis le XV' siècle au moins, un attrait constant pour les Portugais.Portrait concis de la rie d’expa-triés devenus Québécois à part entière, ce petit livre offre un panorama d’une des communautés culturelles montréalaises les mieux établies.- Le Devoir Sylvia Daoust (1902-2004) La foi des tailleurs de pierre et des sculpteurs du Moyen Age PIERRE L’ALLIER Chargé de projet au Musée national des beaux-arts du Québec Texte lu lors des funérailles de l’artiste à Montréal, le vendredi 30 juillet, en l’église Saint-Albert-le-Grand.Pour avoir fréquenté personnellement cette femme attachante de 1985 à 1997, alors que j’étais conservateur de l’art moderne au Musée du Québec, je puis témoigner à quel point Sylvia Daoust était une femme déterminée et consciencieuse dans son travail.Elle avait en quelque sorte la foi des tailleurs de pierre et des sculpteurs du Moyen Age qui réa- In memoriam X J ÜÈ ¦¦ v JSI® ¦ Sylvia Daoust, Montréal 1902 - Montréal 2004, Mm fün .1931 Plltrr peint 66 x 30 a 24 cm Achat, fonds Arthur Lismer Collection du Musée des beaux-am de Montréal Sylvia Daoust 1902-2004 MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL lisaient leurs œuvres, discrètement, sans trop faire de bruit.Qui était cette grande dame qui a laissé un héritage que nous nous devons maintenant de préserver pour les générations à venir?11 faut rappeler d’abord que Sylvia Daoust est née à Montréal le 24 mai 1902.En 1915 et 1916, elle suit des cours de dessin et de modelage au Conseil des arts et Manufactures, là où avait été formé tout d’abord le sculpteur Alfred Laliberté, un de ses devanciers les plus prestigieux.À compter dç 1923, Sylvia Daoust étudie à l’École des beaux-arts de Montréal, fondée Tannée précédente.C’est donc dire qu’elle fait partie de Iq toute première promotion de l’École des beaux-arts en 1928, qux côtés notamment de Paul-Émile Borduas.En 1929, elle bénéficie, avec le peintre Francesco lacurto, d’une bourse du gouvernement du Québec pour se rendre en Europe.Les deux artistes feront ce voyage en compagnie du directeur de l’Ecole, Charles Maillard.De retour au pays, Sylvia Daoust enseigne de 1930 à 1943 le dessin, l’anatomie, le, modelage et la sculpture à l’École des beaux-arts de Québec.Parmi ses collègues on retrouve, entre autres, son amie, la graveure Simone Hudon.Toutes les deux réaliseront en 1939 de grands tableaux pour décorer l’église de Saint-Ulric, près de Matane.À Montréal, elle enseigne de 1943 à 1968 la sculpture sur bois à l’Ecole des beaux-arts.Artiste responsable, elle a su aussi planifier et assurer la posté- rité de son œuvre.C’est ainsi qu’elle fait don en 1974 au Musée national des beaux-arts d’une série de 22 sculptures provenant de son atelier.Parmi ces œuvres, on retrouve les portraits de Charles Maillard, de l’ancien caricaturiste du Devoir Robert LaPalme, de Simone Hudon, le buste de sa mère, la statuette Le Portageux, pour laquelle son frère Denis avait posé, ainsi que des têtes d’enfants, comme celles de ses nièces Lucie et Jacqueline.La même année, le Musée du Québec lui consacre une exposition.L’abbaye de Saint-Benoît-du-Lac Au nombre des sculptures les plus marquantes que Sylvia Daoust a réalisées tout au long de sa carrière prolifique, j’aimerais attirer votre attention sur le corpus qu’elle exécute pour Tab» baye de Saint-Benoît-du-Lac en 1941, à l’invitation de l’architecte Dom Bellot qui l’incite à travailler à la taille directe, alors qu’elle avait pratiqué jusque-là la sculpture de modelage.11 faut aussi signaler la très belle série des sculptures qu’elle réalise dans les années 1940 pour la chapelle du collège Saint-Laurent, mentionnons la sainte Jeanne-d’Arc de 1943, Tune des œuvres les plus accomplies de l’artiste.Bien sûr, il y a aussi les très célèbres sculptures de Marie-Victo-rin au Jardin botanique de Montréal (1954) et son Édouard Mon-petit à l’Université de Montréal (1967).Pionnière dans son domaine, Sylvia Daoust a marqué son époque.Précisons à cet égard que ArttHir labonte.1935.plâtre palme, 56 k?9i?Musee national des beaux-arts du Quebec Don de l'artiste I loin mage du Mu See national des beaux-arts du Quel >cc à SYLVIA DAOUST 1902 - 2004 Musée du Québec MBA / CHRISTINE GUEST Ma tête, 1930, plâtre peint de Sylvia Daoust.Musée des beaux-arts de Montréal.Ton peu considérer l’artiste comme la première femme sculpteur professionnelle au Québec ayant fait une carrière importante au XX' siècle.Une carrière qui a été partagée, d’une part, entre son enseignement pédagogique et, d’autre part, sa production personnelle diversifiée et substantielle en nombre d’œuVres.De façon discrète, mais je le rappelle avec détermination, elle a été en mesure de faire sa place dans un monde qui était, au cours des années 1930 à 1950, encore largement dominé par les hommes.Cette vie bien remplie doit aujourd’hui nous servir d’exemple.Cette femme mérite tout notre respect et, pour cette raison, elle restera encore longtemps présente dans notre mémoire.MBA / CHRISTINE GUEST Jeune Huronne, Bedawbenikua (1936), de Sylvia Daoust.Musée des beaux-arts de Montréal. LE DEVOIR.LES SAMEDI 31 JUILLET ET DIMANCHE 1 AOÛT 2004 E 5 De Visu Une histoire du goût à travers des sculptures du Louvre La salle du Manège du grand musée parisien vient d’être rouverte pour accueillir des collections rassemblées aux XVIIe et XVIIIe siècles EMMANUEL DE ROUX La salle du Manège est l’une des plus belles créations d’Hector Le-fuel au Louvre.Elle vient d’être rouverte pour accueillir les collections de statues antiques rassemblées par des amateurs français et italiens des XVII' et XVIII' siècles, du cardinal de Richelieu au prince Borghèse.Elle a bénéficié pour l’occasion du mécénat de la société Fimalac (un million d’euros).L’architecte de Napoléon III avait voué cet espace de brique et de pierre (800 m2, 10 mètres de haut ponctué de trois rangées de colonnes) à l’équitation.D’où son nom et sa décoration (des chapiteaux à têtes d’animaux).Plus tard, elle a servi d’atelier de moulage puis de billetterie pour le musée.Aujourd’hui, à travers les marbres qui y sont exposés, c’est toute une histoire du goût qui s’y trouve déployée.Qu’y voit-on?Par exemple, l’effigie d’un barbare captif en porphyre rouge et marbre blanc, une œuvre romaine du II' siècle.Mais la tête n’appartient pas à la statue, les bras sont modernes et la tunique a été retravaillée en 1610 par le sculpteur Lorenzo Nizza.Son pendant a été lui aussi retouché au XVII' siècle par Pietro Bernini, le père du Ber-nin.Les deux pièces appartenaient au prince Borghèse, beau-frère de Napoléon I", qui lui acheta à prix d’or sa célèbre collection.C’est encore à un Borghèse que le sculpteur Guillaume Grandjacquet livre, en 1781, deux statues égyptisantes néoclassiques (Isis et Osiris), exécutées d’après des œuvres trouvées dans la Villa Hadrienne, près de Rome, elles-mêmes répliques d’originaux égyptiens.Est-ce Nicolas Cordier qui, au début du XVII' siècle, utilise les fragments d’une Artémis romaine (d’après un original grec) pour composer sa Zingarella, une petite bohémienne?Le Sénèque mourant du Louvre est la réplique romaine d’un Vieux Pécheur, œuvre hellénistique maintes fois reproduite.Au XVII' siècle, ce vieillard décati, les pieds désormais plongés dans une vasque de porphyre, est devenu l’effigie tragique du philosophe agonisant Modifiées à plusieurs reprises Qu’ils aient appartenu au prince Borghèse, au cardinal Albani, au cardinal de Richelieu ou au cardinal de Mazarin, ces antiques ont tous la particularité d’avoir été complétés et mis au goût du jour, à la demande de leurs propriétaires, par les meilleurs artistes.Certaines pièces ont été modifiées à plusieurs reprises, comme cet Bros à qui chaque intervention (étalées sur un siècle) a valu un membre supplémentaire.Parfois, la confusion est à son comble: on ne sait plus très bien si l’essentiel de cette Minerve, dite aussi Alexandre le Grand, ayant appartenue à Mazarin, est une œuvre romaine du II' siècle retouchée ou une pièce originale du XVII' siècle.Aujourd’hui, la plupart des conservateurs et des historiens d’art privilégient l’authenticité à tout crin.La Cène de Léonard de Vinci, qui est à Milan, a ainsi perdu tous ses repeints, dont certains dataient de la fin du XVI' siècle.Au Louvre, de sévères campagnes de dérestauration ont été menées.«Entre 1870 et 1930, explique Jean-Luc Martinez, conservateur en chef au département des antiquités grecques et romaines, le Pollux Borghèse perd d’abord la tête, puis les bras et enfin les jambes.» Le dogme de l’originalité, né - "':v* - 'itM-îtes ;i“i -f&t fmaf Le Musée du Louvre.avec le XIX' siècle, culmine aujourd’hui.Avec ses batailles d’experts chargés de déterminer l’authenticité d’une œuvre, le marché de l’art n’étant pas le seul responsable de cet acharnement.Depuis deux siècles, l’art est devenu une manière de religion dont les artistes sont les grands prêtres et les musées les temples.Il était normal que PHOTO AFP l’œuvre soit sacralisée à son tour.La salle du Manège nous apprend seulement que cette religion est relativement récente.Le Monde Salle du Manège, aile Denon, rez-de-chaussée.Du mercredi au lundi de 9h à 17h30, les lundis et mercredis, nocturne jusqu’à 21h30.À lire Les Antiques du Louvre, une histoire du goût d’Henri IV à Napo- léon 1", sous la direc tion de Jean-Luc Martinez, Éd.Fayard/ le Louvre, 250 pages.Art public à la Grande Bibliothèque La Bibliothèque nationale du Québec vient de mettre en ligne, sur son site Internet, une exposition virtuelle des quatre œuvres primées dans le cadre du concours d’intégration des arts à l’architecture lancé à l’occasion de la construction de son nouvel édifice de diffusion, la Grande Bibliothèque.Les quatre lauréats du concours sont Dominique Blain, avec une œuvre de verre intitulée Vous êtes ici, Jean-Pierre Morin pour son Sans titre, Roger Gaudreau pour son Jardin punk et enfin l’immense Sans titre de 27,5 mètres que signe Louise Viger.En plus des œuvres primées, on peut aussi découvrir, en navi- guant sur ce site, les 12 finalistes du concours, leur parcours, leur démarche artistique.Les œuvres qui s’intégreront à la Grande Bibliothèque seront complétées d’ici la fin de l’année 2004.Grâce à des photographies régulièrement mises à jour, il sera possible d’en suivre l’évolution sur le site de la BNQ.On peut visiter l’exposition virtuelle de ces œuvres à l’adresse suivante: http://www.bnquebec.ca/fr/edifice/edif_arts.htm Le Devoir Dominique Blain JACQUES GRENIER LE DEVOIR je Lesi .beaux detours CIRCUITS CULTURELS 15-16-17 octobre CHARLEVOIX Lire GABRIELLE ROY et les couleurs de l’automne.Prix spécial jusqu ’au 3 août! 5-6 août ORFORD et STANSTEAD Musique, nature et patrimoine concert, circuit patrimonial croisière, tous les repas et, EN PRIMEUR, la visite de Bleu lavande ! 21 août BÉCANCOUR et ULVERTON 31 août - SHAWINIGAN L’Arche de Noé (514) 352-3621 SYMPOSIUM international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul I Commissaire : Mona Hakim du 30 juillet au 6 septembre 2004 Darwl Lmgtvin, S.G.P.C.*302 (Vienne), 2002, émail w boa, 12211U cm.activités Avenir : Vendredi, 6 août à 14h Causerie avec Dominique Gaucher (Qué), Mitchell Wiebe (N-É), Marina Saleme (Brésil) Vendredi, 13 août à 14h Causerie avec Daniel Langevin (Qué), Katharine Harvey (On), jean-Marie Martin (É-U) Dimanche, 15 août à 16h Spectacle : Le trio d'escabeaux avec jasmin Cloutier, Simon Drouin et Jérôme Hébert ATELIERS JEUNESSE (tous l« jours) par une équipe d’animatrices spécialisées • Rencontre avec les artistes • Jeux questionnaire • Théâtre de rue Les artistes seront présents sur le site du 30 juillet au 29 août 2004 NOS PARTENAIRES: ¦ + ¦ Patrimoine canadien i a™ Lk Devoir le soleil * QuObecBE COAPOMTION ChARLEVOWEN ¦ NATIONAL* Puai Joua LE CENTRE D'ART DE BAIE-SAINT-PAUL 11, RUE FORGET (SITE), BAIE-SAINTPAUL T : (4H) 435-3601 F : (410) 43S-62M www.irmpotium-bsp.nd Ouvert du mardi au dimanche de 12h à 18h et le hindi de la Fête du Travail VENTE D'INVENTAIRE wr DE RABAIS BONALDO la beauté na tuflM pas 2, le rayer (angle saint-laurent), Vieux-Montréal, qc t.514 287 9222 1.888.BONALDO www.bonaldo.ca v, I LE DEVOIR.LES SAMEDI 31 JUILLET ET DIMANCHE 1 AOÛT 2 0 0 4 E 6 Culture Musique alternative aux FrancoFolies Dérision, parodie, subversion Les Québécois aiment rire.La popularité des shows d’humour en témoigne.Mais voilà que la raillerie déborde du côté de la musique, surtout dans ses rangs alternatifs.Carrément irrévérencieuse avec Les Trois Accords ou plus subtilement subversive chez Karlof Orchestra, l’ironie s’insinue dans la pop-rock pour mettre un peu de piquant dans la vie.FABIEN DEGLISE FRÉDÉRIQUE DOYON Il y a des succès qui surprennent plus que d’autres.Celui des Trois Accords, formation locale rock-folk-punk-absurde, en fait certainement partie.Et les premiers à s’en étonner sont, étrangement, ceux par qui la commotion arrive aujourd’hui sur la scène musicale francophone.«On n’a jamais cru un instant que les gens, tout comme les radios commerciales, allaient autant embarquer, lance Simon Proulx, guitariste-chanteur de son état.Ça nous dépasse un peu.Mais même si on arrive difficilement à prendre du recul pour le moment, on est très contents de ce qui nous arrive.» Il y a de quoi, d’ailleurs.En autant de temps qu’il faut pour prononcer le mot saugrenu, ce quatuor originaire de Drummondville a été dans les derniers mois placés par les fans en tête du palmarès francophone de la station CKOI avec sa pièce Hawaïenne, composition aux tonalités «punk FM» qui fait dans la dérision.Un coup de cœur qui frappe aussi l’album Gros Mammouth Album turbo dont ce simple est tiré, qui, lui, poursuit dans sa lancée en attirant de plus en plus d’acheteurs chez les disquaires de la province.Pas de doute, la recette est efficace.Surtout auprès d’une génération versée dans le culte du non-sens, de l’incongru et du loufoque qui se répandent dans la sphère culturelle québécoise, avec des émissions de type Groulx Luxe (Musique Plus), des humoristes comme les Denis Drolet et désormais les paroles «à prendre dans toute leur superficialité», souligne Proulx, de ces Trois Accords-là.Extraits: «Hawaïenne / f aurais aimé que tu sois Hawaïenne / Pour que tu grimpes en haut des coco- tiers / Nous n’aurions plus besoin de laitier»; «Lucille quand tu t’approches de moi/ La chaleur de ton cœur/Me fait sécher les dents.» Le public s’en amuse.Simon Proulx, lui, s’en confesse: «Ça ne veut pas forcément dire quelque chose, lance-t-il.Le propos du groupe, c’est de prendre la vie avec un grain de sel et surtout ne pas trop se prendre au sérieux, comme nous le faisons.L’esprit de nos chansons est le même qui se dégage de nos réunions d’amis d’ailleurs.Nous sommes aussi caves que ça.» Se disant inspiré par l’époque, Les Trois Accords semble l’être aussi par le passé.Celui précisément du trio Paul et Paul qui un jour de 1997 a incité, sans le savoir, ce gang de gars à sortir une guitare pour composer trois accords sur des paroles ridicules.La suite, elle, était imprévisible: des concerts dans des sous-sols de maisons.Des amis toujours plus nombreux pour assister aux facéties de Proulx, Olivier Benoit, Alexandre Parr, Charles Dubreuil et Pierre-Luc Boivert.Et des lignes rock-pop alternatif de base qui peu à peu, malgré des talents de chanteurs plutôt cachés, ont poussé la formation à multiplier les représentations dans des bars de la région.«La demande est devenue rapidement plus forte que l’offre», souligne le chanteur, titulaire d’un bac en économie.Les lois du marché sont bien sûr impénétrables.Et elle conduiront ce dimanche soir Les Trois Accords, avec leurs textes ineptes, sur les planches de la scène de la Place des Festivals des Francofolies (coin Maisonneuve et Bleury), pour une heure de divagation sonore.Levée du rideau?22 h.«On ne sait pas comment ça va se passer, dit l’artiste.Mais on espère juste qu’il ne va pas pleuvoir!» Les Trois Accords (photo) _______ scène La Zone Bleue le 1" août, à 20h et à 22h.THIERRY SÉNÉGAL et Karlof Orchestra seront sur la > \.LES FRANCOFOLIES 'ÎfmÜÜtd™ SONT COMMENCÉES ! DE MONTREAL m l'^uJll.lllUJ.l|,M I BILLETS EN VENTE DÈS MAINTENANT au (514) 908-9090 ou au www.tic De la dérision avec amour Si Les Trois Accords vont jusqu’à se moquer de leur propre talent, Karlof Orchestra fait dans l’ironie plus que dans la dérision.Bien qu’il s’en défende, le groupe prend son art un peu plus au sérieux dans son joyeux délire.«C’est de la dérision, avec amour», sans mépris, précise le chanteur et leader Karlof Galovs-ky, qui se présente comme un poète maudit de la chanson.C’est à sa formation qu’on doit le fameux Rif commercial, tiré de son premier album Fuck’n Shit Baby Love, qui se moque de l’industrie musicale.Depuis, on les identifie, à tort selon eux, comme «pourfendeurs de l’industrie».Après tout, il y a bien plus de 20 chansons sur leurs deux albums qui traitent d’autre chose.Ils refusent donc cette étiquette, mais elle semble leur coller à la peau.«Ça méfait rire de voir les chanteurs populaires toujours souffrir», confie Karlof en évoquant au passage, sans le nommer, «celui qui écrit des chansons d’amour pour tout le monde».«Je souffre, mais ce n’est pas ça que j’ai le goût de partager.Moi, j’essaie défaire sourire et réfléchir les spectateurs, que ce soit un bon moment divertissant.Et je ne veux pas raconter que je me suis levé et que je me suis fait des toasts.» À moins de les tartiner avec un peu de cynisme et de provocation.Le thème universel de l’amour, il l’aborde lui aussi dans Coït interrompu par exemple, mais il se l’approprie autrement, pour en faire une chanson sur «l’élan sexuel».Et ses influences musicales, multiples et centrales dans son travail de composition, puisent tant dans le reggae, la pop assumée, le rock ou le punk habile.Avec son pastiche de rif commercial, de chanson kétaine, de to une cachée et de remix, Fuck’n Shit Baby Love devait résumer à lui seul l’histoire musicale de son temps, rien de moins.«L’idée, c’était de faire un album culte pour dans dix ans», explique, pince-sans-rire, le pirate de la pop.Mais voilà, le second ablum Fuzzy Trash Pop est sorti ü y a quelques mois, brouillant un peu les ambitions du militant de llmagir naire.«Je suis un fan de trilogie, lan-ce-t-il maintenant dans un bel esprit de contradiction.Comme Harmonium ou Star Wars.Dans dix ans, on pouvait faire une suite.» Le nouvel album marche un peu dans les traces du premier, avec moins de pastiches systématiques et une humeur un peu plus sixties.«Ça me fatigue, les tounes de cinq minutes et demie avec huit fois le refrain, un solo, une intro, dit-il d’un ton exaspéré.J’aime la formule des années soixante: deux minutes et demie, et une fois que t’as touché le but, c’est fini, pas besoin d’étirer la sauce.» Une pop-rock qui s’amuse toujours aussi follement, inventant des intrigues impossibles ou ironisant sur les logiques tordues de la politique.Du rock que Karlof pourra peut-être troquer, quand il sera un artiste-culte, pour un tandem «guitare voix ou un chœur de 25 chanteurs, comme Jean-Pierre Ferland».La conversation, glissante et insaisissable, se termine en laissant la même humeur que sa musique: légère et espiègle.Le Devoir CHANSON Refaire le tour de File Un nouveau festival dédié à Félix Leclerc réunit Marie Tifo, Pierre Curzi, Jean-Claude Labrecque, Fred Pellerin, Stefie Shock, Marie-Claire Séguin, Huguette Oligny, Françoise Faucher, Gérard Poirier, François Dompierre et Paul Hébert ISABELLE PORTER Nathalie Leclerc convie le public à se plonger dans l’univers de son chanteur de père du 3 au 8 août, à l’Espace qui porte son nom, sur Me d’Orléans.Concoctée avec beaucoup de goût la programmation de ces «Chants de la félixité» prend la forme d’un chaleureux rendez-vous entre amis.•Mon père est né le 2 août et ü est mort le 8.C’est sa semaine à lui», rappelle la fille du poète, qui a fait de la protection et de la diffusion de l’œuvre de son père une véritable vocation.Depuis l’ouverture de l’Espace Félix-Leclerc dans une grange de Saint-Herre, il y a trois ans, Nathalie avait en tête un événement «félbden» étalé sur plusieurs jours.D’où cette première tentative en compagnie d’artistes qu’il a connus, aimés ou qu’il aurait aimés.Claude Léveillée, un grand ami de la famille, devait ouvrir la semaine, le 2 août, mais la soirée a dû être annulée en raison de ses problèmes de santé.Au lieu de le remplacer, on a préféré reporter le spectacle à une date indéterminée.Ça commence donc le 3 août avec le réalisateur Jean-Claude Labrecque, qui racontera le tournage de La Vie, documentaire intimiste de 1967 dressant le portrait du chanteur.«Le film montre mon père se promenant sur IVe, réfléchissant.B est dans une espèce d'entre-deux.C’est du jamais vu», résume Nathalie Leclerc.Le même soir, les comédiens Marie Tifo et Pierre Curzi liront une sélection de textes de chansons d’amour (La Fille de File, Présence, Passage de l'outarde.).«J’aipensé à Tifo et Curzi parce que mon père les aimait beaucoup.Je voulais aussi avoir un couple de longue date pour lire ses textes d’amour.» Jointe dans la ré-gion de Montréal à quelques jours de l’événement Marie Tifo ne tarissait pas d’éloges sur le poète décédé en août 1988.«C’est un homme qui m’a beaucoup inspirée par son authenticité, sa façon de dire les choses.Pour moi, c'est l’image même de l’homme intègre.» Le lendemain soir, ce sera au tour du jeune conteur Fred Pellerin de saisir la scène avec son spectacle U faut prendre le taureau par les contes.«Je l’ai choisi parce que c’est un poète, un conteur, et je pense que mon père l’aurait adoré», précise Nathalie.Tout comme Pellerin, le chanteur Stefie Shock, qui doit jouer le lendemain, n’a pas connu Félix leclerc.Mais il est lié au regretté chanteur par ce prix Félix-Leclerc reçu en 2002.Ce prix est décerné chaque année par la Fondation Félix-Leclerc.D’après sa fille, Félix avait deux chanteuses préférées: Diane Dufresne et Marie-Claire Séguin.C’est à cette dernière qu’on a confié la soirée du vendredi 6 août Samedi, ses amies d’enfance, les comédiennes Huguette Oligny et Françoise Faucher, viendront lire des extraits de Pieds nus dans l’aube en compagnie de Gérard Poirier.Enfin, le dimanche 8, on a organisé une réunion entre le comédien Paul Hébert — aussi un résidant de Me d’Orléans — et le compositeur François Dompierre, à qui l’on doit les superbes arrangements du Tour de Tile.Le premier lira des textes, le second sera au piano.Au final, le sceptique verra peut-être dans cet événement un débordement de nostalgie.À ce propos, Marie Tifo fait toutefois remarquer à quel point Félix Leclerc, de par son œuvre et ce qu’il était, demeure un bon guide.«C’est beau, la nostalgie, mais ce qui est important, c’est de parier des vraies choses.Félix a fait ça toute sa vie.Cétait le géant qui représentait toute une nation mais aussi un modèle dans la vie.B a tracé une voie à suivre.» LES CHANTS DE LA FÉLIXITÉ Du 3 au 8 août à l’Espace Félix-Leclerc 682, du chemin Royal, Saint-Pierre, sur Me d'Orléans Renseignements: Les Evénements ford escape DEMAIN J APRES SON SUCCÈS DE 2002.LE PERE DE LA BOSSA-NOVA EST DE RETOUR pont Robkhoud.pteno et 15 Mût Clémont____ Ptfrrt CÛté.contrebasse Jtiz lêtin Nej Ouétuor - Inspiration jêlt poor guitare, violon, violoncelle et percussions (A18) 452-3535 ou 1-888-OFORQET (336-74(38) PRIX: É adultes 27.50» enfants de 6 * IZans 12.75S enfants de moins de é ans QRA1 Let Mues et le service sont inclui LE DEVOIR.LES SAMEDI 31 JUILLET ET DIMANCHE 1 A OUT 2 O O 4 FESTIVALS Frieder Bernius, le magicien CHRISTOPHE HUSS Son nom vous est sans doute inconnu.D'ailleurs, y a-t-il un seul nom de chef de choeur qu’un mélomane, même assidu, soit capable de citer spontanément?Pourtant, c’est à Frieder Bernius qu’échoit l’honneur de mettre un point final au Festival de Lanau-dière, mardi prochain.Le lendemain, c’est au Domaine Forget que le chœur de chambre de Stuttgart et son chef se produiront C’est la reconnaissance bien méritée d’un immense talent C’est que le monde des chefs de chœur a ses icônes, ses héros, et qu’un concert a cappella de haut niveau est toujours une expérience musicale fascinante.Frieder Bernius est l’un ce ces modèles aujourd’hui.Sans remonter au fameux chœur de Bruno Kittel dans l’Allemagne des années brunes, les noms de Wilhelm Pitz, légendaire chef de chœur au Festival de Bayreuth, du Viennois Norbert Ba-latsch ou de l’Américain Robert Shaw ont marqué la seconde moitié du XX" siècle.Leur aura était néanmoins associée à des chœurs symphoniques.C’est un Suédois, Eric Ericson, qui a été le pionnier, le modèle d’un nouveau chant choral.Frieder Bernius le reconnut: «Les enregistrements d’Ericson du début des années 70 pour EMl-Electrola, au moment où j’étais encore étudiant et que je venais de jbnder mon chœur, sont tombés sur nous tous comme la foudre.C’était le modèle technique d'un chant établissant de nouveaux standards en matière de technique, de justesse et d’ensemble.» Cette révolution, aujourd’hui encore mètre-étalon du chant choral a cappella, vient d’être rééditée sous licence dans sop intégralité par Collegium aux Etats-Unis.Frieder Bernius souligne également un autre tournant, 15 ans plus tard, «celui de la musique ancienne, qui a travaillé sur une intonation plus définie, une conduite de la ligne et des couleurs plus transparentes.» 11 dte en modèle pour cela John Eliot Gardiner et, de manière générale, l’école hollandaise.D est frappant, lorsqu’on entend les enregistrements des grands anciens (sans remonter à Furtwan-gler ou Klemperer, on peut évoquer ceux de Karajan, de Jochum ou de Bôhm), de constater à quel point le chant choral est l’élément qui y a le plus vieilli.Frieder Bernius a été en Europe, avec d’autres, tous à la suite d’Ericson, l’artisan de cet autre chant choral, moins massif, plus souple et plus homogène.Des rêves Originaire de la région du Palati-nat en Allemagne, il a construit son ensemble à Stuttgart, qu’il décrit comme «la ville la plus riche d'Allemagne».Siège de Mercedes et de Porsche, Stuttgart n’a pas seulement soutenu financièrement ses institutions (opéra, orchestre, etc.) mais également des satellites culturels comme le Stuttgarter Kam-merchor de Frieder Bernius ou la Gàschinger Kantorei de Helmuth Rilling.A quoi peut donc rêver un chef de chœur lorsqu’il a atteint les sommets avec son propre ensemble?Bernius n’a pas plafonné dans sa carrière, au contraire.«Après 10 ans, nous avons atteint un très bon niveau a cappella Je ne pouvais évidemment pas faire que cela pendant toute ma vie.J’ai donc créé un orchestre baroque en 1985 et je me suis également intéressé à la recherche et à la redécouverte d’opéras du XVIII' siècle, tels que ceux de Masse, dejom-melli ou de l’École de Mannheim, fai également dirigé des symphonies de Haydn.Ce qui m’intéresse n’est Pas d’être un chef invité, mais de m’investir dans le devenir artistique d'un ensemble.Quand Gérard Mortier m'a demandé de créer un chœur symphonique dans la région de la Ruhr, fai accepté à condition de pou- Bernius est en tournée au Canada avec un ensemble de 32 chanteurs voir diriger moi-même cinq des six programmes prévus, fai ma vision sonore que je désire pouvoir façonner.Nous avons travaillé particulièrement le répertoire a cappella et celui du XX' siècle, Messiaen ou Feldman par exemple.» Discographie En tournée au Canada (deux dates en Ontario avant Lanaudière et Forget, puis Edmonton et Vancouver), Bernius présentera avec un ensemble de 32 chanteurs un certain nombre de transcriptions de Clytus Gottwald: «Gottwald fut dans les années 60 le directeur de la Schola Can-torum de Stuttgart, un ensemble très engagé dans la création contemporaine, qui créa par exemple le Lux Aetema de Ugeti.Ses arrangements sont extraordinaires.Il faut bien penser qu’à l’exception, peut-être, des Fest-und Gedenksprüche de Brahms, seule l’écriture atonale du XX' siècle surpasse en difficulté celle des Motets de Bach.By a un trou béant au XIX' siècle en ce qui concerne la difficulté vocale, car l’immense majorité du répertoire a été écrite pour des chœurs amateurs à quatre voix.Le travail stimulant de Gottwald élargit avec bonheur le répertoire.» Si on lui demande quels disques il préfère dans sa discographie, Frieder Bernius hésite un peu: «Avez-vous des enfants?Sauriez-vous dire que vous en préférez un par rapport à l’autre?», puis consent à citer la Mis-sa Dei Patris de Zelenka (Carus), «où je suis parvenu réellement à l’équilibre que je désirais entre chœur et orchestre», le 5' volume de son anthologie chorale sacrée de Mendelssohn, «Denn er hat seinen Engel be-fohlen» (Carus), les Cantates pro-fimes de Bach chez Sony et son Requiem de Brahms chez Carus.11 désire partager sa passion id et se montre très curieux de l’accueil que le public canadien lui réservera: «Osf comme un concert de musique de chambre, mais en plus difficile pour les interprètes et en plus rare: combien de concerts de chœurs a cappella avez-vous dans la mémoire?Vous savez, je pourrais faire beaucoup plus simple, mais je veux surtout proposer quelque chose d’intéressant!» FRIEDER BERNIUS Au Festival de Lanaudière.Mendelssohn: Zum Abensegen, Trauergesang, Horn est.Rachmaninov: six extraits des Vêpres.Arrangements de Clytus Gottwald d’œuvres de Ravel, Debussy, Berlioz, Wolf, Mahler.Eglise L’Assomption, 153, rue du Portage.Mardi 3 août, 20h.Info: 1800 5614343.Au Domaine Forget Scarlatti: Stabat Mater.Mendelssohn: Motets.Rachmaninov: six extraits des Vêpres.Arrangements de Clytus Gottwald d’œuvres de Ravel, Debussy et Berlioz.Mercredi 4 août 20h30.Info: (418) 452-3535.Au disque: ne manquez pas le Requiem de Brahms chez Carus (distribution: Pelléas), qui domine la discographie de cette œuvre de la tête et des épaules.Chez le même éditeur, tant les deux disques cités par le chef (Zelenka et Mendelssohn) que le Requiem de Mozart sont très recommandables.Chez Sony, s’ils sont encore disponibles, les deux enregistrements Bach (les Motets et deux Cantates pour Auguste III) et la Messe Ultimarum sexta de Zelenka.Chez Orfeo, enfin, la Didon abandonnée de Jommelli.Jalon indispensable pour tout amateur de chant choral, les enregistrements Electrola d’Eric Eric-son ont été réédités en 2003 par Collegium USA sous étiquette Clarion en deux coffrets de trois CD (www.collegiumusa.com).¦m /la.û-oéci’e.c^-tcfa-cCf.Du 29 juillet au 15 août «.k, Les jeudis, samedis et dimanches 5893 rue des Musiciens, Val Morin e violon d'acier dp Dominique Tremblay l - voix de terre d Helene Tremblay uiü , < ni 819.322.2900 poste 235 info'd’ruedesmusiciens.com > www.rucdesmusiciens.com Bloosotes VITRINE DU DISQUE La chanson française telle qu’on la chante dans les hauteurs ET SI C’ÉTAIT MOI La Grande Sophie AZ (Universal) La Grande Sophie est encore plus grande quand elle saute.C’est la phrase qui est écrite dans mon bloonotes.D y a une tache de mayonnaise sur Sophie.Non, pas sur La Grande Sophie elle-même, telle que je le la voyais sur la scène du Parc des Sept Heures la semaine dernière, mais sur le mot Sophie, rapport à la frite un peu trop enduite qui dégoulinait sur mon outil de travail.C’est qu’elle était fichtrement bonne.La frite mayo.La Grande Sophie aussi.Elle se démenait en titi, la Marseillaise, pour ne pas dire en diable, avec sa guitare acoustique en bandoulière, grattant frénétiquement la sèche en même temps qu’elle bondissait Coûte que coûte, cette foule de fin d’après-midi un brin distraite allait l’écouter.Elle qui a galéré le plus souvent dans les cafés devant de très modestes auditoires, et même dans les rues devant deux pelés et trois tondus, ne sait pas abdiquer.Maintenant qu’elle est programmée dans les festivals, maintenant qu’il y a du monde aux spectacles, maintenant qu’elle a trois disques en magasin, elle redouble d’efforts et gratte au centuple, faites les maths.Bon show, donc, constatais-je aux FrancoFolies de Spa, constaterez-vous alors qu’elle se produira aux FrancoFolies de Montréal le mercredi 4 août prochain en toute gratuité sur la scène du Parc des Festivals (à 20h) et le lendemain pour vraiment pas cher avec Martin Léon au Spectrum (à ZJh).Bon show, belles qualités.Energie franche, attitude pas gênée typique des grandes gueules de la cité phocéenne, et chanson pop d’assez haut niveau.Normal, le haut niveau, quand on s’appelle La Grande Sophie.Ha! ha! C’est le décalage horaire, je me fais rire tout seul.Enfin.Ce que je veux dire par là, c’est que les chansons de La Grande Sophie valent certainement celles tant vantées de Zazie, même si La Grande Sophie n’est pas la nouvelle Zazie, contrairement à ce qu’affirme sa pub.Moins grosse tête les textes, plus fluides les musiques.La Grande Sophie, c’est La Grande Sophie plutôt comme notre Catherine Durand (et un peu comme notre Ariane Moffatt aussi, dans ses chansons les moins funky, voire comme notre maître ès pop Daniel Bélanger): des mélodies brit-pop dans cette admirable lignée qui va des Beatles à Radiohead.Savez, ces mélodies qui portent les mots comme on se laisse aller dans le courant d’une rivière?C’est ça.On clapote entre les deux oreilles.Ce troisième album, paru il y a déjà une sacrée mèche en France, est celui que vous courrez acheter après l’un ou l’autre des spectacles.Vous n’y retrouverez pas les versions de chansons d’autrui dont elle aime bien émailler ses concerts (à Spa, elle a chanté du Pretenders en hommage à Chris-sie Hynde, et aussi du Prince.), mais tout un tas de chansons à elle qu’elle aura aussi chantées et qui auront senti «bon la vanille», comme elle dit dans On savait (devenir grand).Du courage, Rien que nous au monde, Ringo Starr (oui, c’est un titre.).Le roi des tourbillons, ce sont autant d’airs qui aèrent de refrains qui ont de l’entrain et d’arrangements pleins d’idées qui semblent à la fois familières et fraîches (même les effets de syn-thés sont de bon goût).Garanti sur facture: une fois les présentations faites, il vous faudra La Grande Sophie à demeure.Quitte à agrandir la porte.Sylvain Cormier SOURCE FRANCOFOLIES .1 A / / THE SONGS OF T-BONE WALKER Duke RobiDard Stony Plain Depuis qu’il est lié à l’excellente étiquette Stony Plain d’Edmonton en Alberta, le guitariste Duke Ro-billard a adopté une vitesse de croisière qui lui permet de publier deux albums par année.Son topo est toujours le même: un disque de ses compositions suit ou précède, qu’importe l’ordre, une production consacrée au répertoire du swing mâtiné de blues et délayé dans le jazz.Après avoir proposé le très convaincant Exalted Lover il y a quelques mois, voilà qu’il vient de porter sur les fonts baptismaux un compact dont T-Bone Walker est le sujet exclusif.Flanqué de ses complices habituels auxquels il a ajouté le trompettiste Al Basile et le saxophoniste alto Billy No-vick, Robillard a combiné des pièces originales du célèbre Texan ainsi que les standards qu’il s’était appropriés.Comme il est de coutume avec Robillard, le tout est mené rondement.Les solos des saxos et trompette sont brefs, plus précisément incisifs et denses.La rythmique soutient le tout sans broncher d’un poil, sans jamais se perdre dans d'obscurs méandres.A la guitare.Robillard ponctue le tout avec ce zest de subtilité qui le distingue tant.Bref, ce compact est plus que séduisant.Serge Truffaut t l \ s s i q t VORISEK Sonate pour viok>n et piano.Rondo pour violon et piano.Variations pour violoncelle et piano.Rondo pour quatuor à cordes.Quatuor Kodan, Ivan Klànsky (piano).lYaga Digitals PRD DSD 250 204 (distribution SRI) Jan Vàdav Hugo Vorisek (1791-1825).Voilà qui ne vous dit sans doute rien du tout.Les observateurs les plus fins du monde du disque auront noté, il y a quelques années, chez Supraphon puis chez Unicom, l’engagement du pianiste tchèque Radoslav Kvapil en faveur ce contemporain de Schubert, hélas lui aussi mort très jeune, que l'on crédite de l’invention du terme musical «impromptu».11 a laissé six de ces Impromptus dans un cycle portant le numéro d’opus 7.Vorisek a également écrit une Symphonie en ré que Mackerras et Hengelbrock ont enregistré ces dernières années.Vorisek, ami de Schubert et de Beethoven, prodige du piano, n’écrit pas de la musique mineure ou superficielle.L’intégrale de sa musique de chambre, rassemblée sur ce disque, le prouve.À mi-chemin; entre un Beethoven jeune et un Schubert insouciant, dans une veine qui peut rappeler le Weber le plus beau parleur (celui des pièces pour piano), sa Sonate et son Rondo pour iholon et piano op.5 sont de purs bijoux de musique viennoise (où Vorisek s’installa en 1814), qui méritent d'entrer illico au grand répertoire.Tout, dans ce disque, qui nous révèle en première mondiale un Rondo pour quatuor, est admirable d’inspiration, de classe et de lyrisme.C’est de la très belle musique que nous font découvrir lYaga et ses fidèles musiciens tchèques dans un CD/SACD que l’on aura intérêt à écouter en stéréo, car le son multicanal est trop artifideL Christophe Huss DE SAINT-SAUVEUR DU 30 JUILLET AU 8 AOUT 2004 BALLET INTERNATIONALE CHICAGO CHILDREN’S CHOIR MARGIE GILLIS ASPEN SANTA FE BALLET GINO QUILICO LE JEUNE BALLET DU QUEBEC CONCOURS INTERNATIONAL DE CHOREGRAPHIE GIOCONDA BARBUTO MANOIR Saint-Sauveur HÔTEL DE V1LLÉOIATURE 4 SAISONS FORFAIT HÉBERGEMENT : Manoir Saint-Sauveur 1-800-361-0505 www.manoir-Mjnt-Muvpur com Spectacles gratuits sur la scène extérieure ^^Décor Antique www qecoeqntique qc.cq au 30 Juillet au j août 2009 BM I ETS / RESERVATIONS : 450.227.9935 wwvv.artssaintsauveur.com I » sm* If ' a" CBC 'iff' Radie Il IH \n t ».) à LE DEVOIR, LES SAMEDI 31 JUILLET ET DIMANCHE 1 AOÛT 2004 E 8 I fc OlITREMONT 1248.rue Bernard Ouest |514| 495 9944 www.thealreou1remont.ca &§5ÏT* D06VUE MLutVoiTrtw DanerafWNorvêae/Suolaltaliftfrance 2003.179 mn.V.O.anglaise avK si Irancais.(13 ans et ») ustiMiLiMZ____________________________ nm o horaires 514 847 2206 www.ex-centris.com Politique, conspiration et autres catastrophes SOURCE PARAMOUNT PICTURES Denzel Washington dans The Mandchurian Candidate, de Jonathan Demme.THE MANCHURIAN CANDIDATE (V.F.: LE CANDIDAT MANDCHOU) Réal.: Jonathan Demme.Scén.: Daniel Pyne, Dean Georgaris.Avec Denzel Washington, Meryl Streep, Liev Schreiber, Jon Voight Image: Tak Fujimoto.Montage: Carol Littleton, Craig Mckay.Musique: Rachel Port-man, Wyclef Jean.Etats-Unis, 2004,130 minutes.ANDRÉ LAVOIE \ A la fois peu et beaucoup de choses ont changé entre 1962, année de la sortie du film de John Frankenheimer, The Manchurian Candidate, et 2004, celle du remake de Jonathan Demme, année d’élection présidentielle.Présenté à peine quelques jours avant la crise des missiles de Cuba et un an avant l’assassinat du président Kennedy qui, ironie du sort, avait donné un coup de pouce à son ami Frank Sinatra pour accélérer le démarrage de la production, le film de Frankenheimer avait connu un cuisant échec avant de devenir une œuvre-culte, voire prémonitoire.Si notre époque a évacué la peur du communisme, elle affiche aujourd’hui une paranoïa similaire face au terrorisme et à la domination des grandes corporations.Ce sont ces vieilles peurs arborant de nouveaux visages que présente Jo- nathan Demme dans cette mouture moins fantaisiste que l’original (pas de parties de cartes, encore moins de séances d’hypnotisme, ce que l’on regrette parfois) mais tout aussi pertinente dans sa dénonciation de la corruption du pouvoir politique.D’un film à l’autre, la Maison-Blanche n’a rien d’une forteresse et tout d’une pa& soire où les patrons moulent les sénateurs selon leurs ambitions.Démoniaques, bien sûr.Le major Bennett Marco (Denzel Washington, reprenant le rôle de Sinatra) est revenu sain et sauf de la guerre du Golfe en 1991, surtout grâce à l’intervention du sergent Raymond Shaw (Liev Schreiber) à la suite d’une sauvage embuscade.Certains n’ont pas survécu et d’autres, comme Marco, sont depuis ce temps en proie à d'étranges cauchemars.La mort suspecte de l’un de ses camarades et la nomination de Shaw comme candidat à la vice-présidence, qu’orchestre très habilement sa mère, la sénatrice Eleanor Prentiss Shaw (Meryl Streep), poussent Marco à renouer avec son ancien compagnon d’armes.Loin d’être convaincu de l’héroïsme de Shaw, il croit plutôt avoir été l’une des victimes d’un effroyable lavage de cerveau, opération qui pourrait être liée aux recherches d’une compagnie, la Manchurian Global, qui finance la campagne de Shaw, avec la bénédiction de sa mère.Après le ratage de sa relecture de Charade de Stanley Donen (The Truth About Charlie), Jonathan Demme revisite le cinéma des années 60 avec plus d’inspiration, tout en l’ancrant davantage aux préoccupations de notre époque, sans pour autant céder au maniérisme visuel.Même si les scénaristes Daniel Pyne et Dean Georgaris ont frit de Marco le personnage central de cette quête de vérité, plutôt que de s’attarder sur les délires de Shaw ainsi que sa relation incestueuse avec sa mère, le film conserve ce même aura de mystère, que certains assimileront peutétre à une grande confusion.Il est vrai qu’il faut une bonne dose de concentration pour adhérer à cette proposition aux fils entortillés, parfois futuriste (pénétrer dans les consciences pour contrée 1er le monde), mais parfois aussi quelque peu ringarde, aux relents, justement, des années 60.À l’heure des opérations chirurgicales au laser, le matériel utilisé dans le film ressemble quasiment à des objets préhistoriques.Mais la complexité des enjeux n’est jamais soumise aux lois du blockbuster, donnant au spectateur le moindrement au fait des turpitudes de la politique américaine bien des parallèles avec les «acteurs» d’un autre film marquant de l’été 2004, Fahrenheit 9/11.Ce jeu de miroirs ajoute à la curiosité du film, plusieurs se demandant si Meryl Streep s’est inspirée de Barbara Bush (avec son collier de perles et un amour im- modéré pour un fils sans envergure appelé à devenir peut-être président.) ou d’Hilary Clinton (pour la froideur et les sourires forcés).Peu importe, elle domine une distribution par ailleurs remarquable, où Liev Schreiber s’impose comme une révélation.Quant à Denzel Washington qui, dans une autre vie, devait être curé ou gardien de sécurité, il affiche cet air imperturbable devenu sa marque de commerce.Mais ce n’est pas pour lui qu’il faut voir The Manchurian Candidate.Seul mon fiscaliste le sait.L’auberge espagnole CONFIDENCES TROP INTIMES Réal.: Patrice Leconte.Scén.: Jérôme Tonnerre, Patrice Leconte.Avec Sandrine Bonnaire, Fabrice Luchini, Michel Duchaussoy, Anne Brochet Image: Eduardo Serra.Montage: Joëlle Hache.Musique: Pascal Estève.France, 2004,104 min.ANDRÉ LAVOIE Patrice Leconte apparaît comme un cinéaste inclassable, naviguant, pas toujours avec adresse, entre les rives de la comédie légère (Les Bronzés, Une chance sur deux) et celles du drame historique (Ridicule, La Veuve de Saint-Pierre).On ne saurait pourtant nier qu’il excelle dans l’art du duel dans des lieux clos, orchestrant la rencontre improbable de deux personnages que tout sépare et qui, non sans mal, se transforment au contact de l’autre.Du Mari de la coiffeuse à L’Homme du train, cette manière de voir le monde, èt le cinéma, fut sans aucun doute l’une de ses meilleures cartes.Avec Confidences trop intimes, Leconte fait bien plus que renouer avec Sandrine Bonnaire, déjà d’une présence exquise dans Monsieur Hire, charme demeuré intact depuis cette époque et qui illumine aujourd’hui ce face-à-face avec la tête à claques du cinéma français, Fabrice Luchini.Il orchestre, entre les quatre murs d’un bureau austère où le temps s’est arrêté (la révolution informatique a oublié de passer par là), un curieux déballage de tourments intérieurs et de confessions érotiques.Rien d’étonnant à ce qu’une femme en détresse se confie sans se censurer mais une telle chose est acceptable devant un psychanalyste, pas un conseiller fiscal droit comme une colonne comptable et dont les émotions sont aussi nouées que ses cravates.SOURCE TVA FILMS Fabrice Lucchini dans Confidences trop intimes.C’est pourtant à un type semblable qu’Anna (Sandrine Bonnaire) va se livrer sans pudeur, s’en allant d’un bon pas chez le Dr Monnier (Michel Duchaussoy) mais, s’étant trompée de porte, débarquant chez William Faber (Fabrice Luchini), surpris par cette femme qu’il croit être une nouvelle cliente étranglée par le fisc.Intrigué par ses problèmes conjugaux, fasciné devant son élégance, il ne cherche pas à dissiper le malentendu et lui donne un nouveau rendez-vous.Après quelques rencontres, Anna découvre la méprise mais poursuit ces échanges où elle confesse ses insatisfactions, racontant comment son mari (Gilbert Melki) est devenu handicapé, après avoir frôlé la mort, à cause de son étourderie.Mais est-ce vraiment le cas?Evidemment, l’entourage ne prise guère ces fréquentations et chacun y va de sa théorie, de son jugement lapidaire ou encore d’un silence réprobateur comme celui de la secrétaire de Faber, Mme Mulon (Hélène Surgère).Lorsque va surgir l’époux qui se croit plus cocu qu’il ne l’est en réalité, les choses vont se précipiter pour ce psychanalyste du di- DESBOIS SUITE DE LA PAGE E 1 me Latraverse et les Beatles, Richard Brautigan et Daniel Pennac.Ma maison, qui est d’ailleurs construite avec des pièces de bois qui viennent d'une chapelle, ressemble à un lieu de prière.Parfois, je me sens comme un moine bouddhiste.Je ne sais pas si je ferais un bon moine.Quelqu’un m'a dit que j’avais la gorge tibétaine, c’est-à-dire ce qu’il faut dans la gorge pour produire les sons que font les moines tibé-uùns.Ah, bon! Qui reconnaissez-vous comme vos parents spirituels?Réjean Ducharme, Romain Gary, Denis Vanier, Biaise Cendrars, Albert Camus, I conard Cohen, Tom Waits, Neil Young, Léo Ferré, dont le timbre m'a longtemps tapé sur les nerfs, Jacques Brel, Georges Brassens, Boris Vian, comme auteur surtout, Flu- Fifi Brindarier, ainsi que Sol et Gobelet, les deux clowns fauchés, adeptes obligés de la simplicité volontaire.Michel Rivard et Jean Le-loup, le jazz des années 1940 à 1960, Jean Derome, Michel F.Côté, André Duchesne, Normand Guilbauh et leur famille musicale.En général, les vedettes m'énervent, sauf Richard Desjardins, qui a réussi à faire de grandes choses sans aller donner un bec à Véro à la télé, sans passer dans Châtelaine et sans goûter à la grande tarte de l'ADlSQ.C’est le travail et son résultat qui comptent pas la personnalité en dehors du travail.Urbain Desbois, en spectacle le 6 août à 23h au Spectrum dans le cadre des FrancoFolies, le 3 août au Cégep de Joliette ainsi que le 25 août au Cégep Marie-Victorin.manche et cette héroïne sortie d’un film noir.Leconte préfère qualifier Confidences trop intimes de «thriller sentimental» et il atteint souvent sa cible.L’univers de Faber est scruté à la loupe, son passé amoureux (incarné avec émotion par Anne Brochet) tout comme ses manies de vieux garçon, mais Anna, qui se répand en confidences entre deux bouffées de cigarette — une habile manière d’éviter le statisme des conversations —, demeure un mystère.Sa maison, sa banlieue paisible «comme la Suisse», son lieu de travail, tout cela est relégué au hors-champ, donnant l’impression qu’elle ne dit pas toute la vérité.Même Monnier, devenu le confident de Faber et non seulement son voisin de palier, le met en garde contre celle qu’il perçoit comme une mythomane.Voilà pourquoi Confidences trop intimes envoûte et captive, dépassant largement les simples joutes verbales pour recréer un climat tour à tour de tension érotique, de suspense psychologique, voire même de pure fabulation, leur rencontre semblant se dérouler parfois en marge de la réalité.Rappelant les meilleurs films d’Hitchcock, entre autres Vertigo et Rear Window dont Leconte s’inspire librement, il déconstruit une femme d’apparence fragile, habitée «par la peur de devenir folle», qui pousse un homme d’une banalité confondante à jouer au voyeur, au détective privé, bref au héros malgré lui.Le cinéaste ne sera pas froissé des comparaisons avec une de ses plus grandes réussites.Monsieur Hire, et pas seulement à cause de la grâce de Bonnaire.La musique de Pascal Estève rappelle les rythmes lancinants de Michael Nyman et tout comme il l’avait fait avec Michel Blanc, Leconte donne à Fabrice Luchini la chance d’être miraculeusement transformé, à l'écoute, posé, émouvant.Comme on dit il faut le voir pour le croire.MES CHERS VOISINS Réal.: Alex de la Iglesia Scén.: Jorge Guerrica Echeverria, Alex de la Iglesia Avec Carmen Maura, Eduardo Ar tuna Maria As-querino.Image: Kiko de la Rica.Montage: Alejandro Lazaro.Musique: Roque Banos.Espagne, 2000,105 min.V.O.avec s.-t français.Note importante: sortie le 6 août seulement au Cinéma Beaubien.ANDRÉ LAVOIE Si Alfred Hitchcock était né sous le soleil d’Espagne plutôt que dans les brumes londoniennes, qu’il avait tronqué les complets sévères pour les costumes extravagants, semblables à ceux de Pedro Almodovar, il aurait peut-être jeté son dévolu sur une actrice telle que Carmen Maura pour la suspendre du haut d’un édifice de Madrid.Dans Mes chers voisins, les sources d’inspiration du jeune cinéaste espagnol Alex de la Iglesia sont si nombreuses que de s’amuser à en faire l’inventaire apparaît inhérent à sa démarche cinématographique.Quant aux locataires de l’immeuble où se situe l’essentiel du récit ceux-ci auraient très bien pu sortir de l’imagination de Jeunet et Caro (Delicatessen) ou de celle du Roman Polanski des années 70; on se demande même si le bébé de Rosemary n’aurait pas grandi parmi eux.En fait, on pourrait les confondre avec la nuée de cafards qui s’échappe du plafond de l’appartement que Julia Garcia (Carmen Maura) cherche désespérément à vendre, agente en immobilier qui ne vogue pas de succès en succès.Mais cette brèche sur l’inconnu va d’abord plonger cette femme insatisfaite, en amour comme en affaires, dans l’euphorie pour rapidement la précipiter en plein cauchemar.Celui-d apparaît déjà bien installé dans le logement délabré et encombré d’ordures d’un vieillard décédé, sans doute oublié de tous, et dont le ?CINÉMA ?SEMAINE DU 11 JUILLET AU 6 AOÛT 2004 Les NOUVEAUTES et te CINÉMA en résumé, pages ?La liste complète des FILMS, des SALLES et des HORAIRES pages **?**?*?dans L’AGENDA cultunel cadavre est en état de décomposition avancée.Julia réussit à dénicher le gros magot que le locataire a caché pendant des années, objet de convoitise de tous les habitants de l’immeuble.On ne fait d’abord que la soupçonner mais comme la femme n’a rien d’une cambrioleuse professionnelle, la résistance s’organise.De la vieille mémé acariâtre au jeune esprit dérangé qui se prend pour Darth Vader de Star Wars (et se masturbe en songeant à la Force.) en passant par le macho cubain, cette petite communauté se serre les coudes et ne recule devant aucune vacherie pour forcer Julia à rendre l’argent Aussi déterminée que Cary Grant dans North by Northwest, l’aventurière d’occasion n’a pas l’intention de se laisser prendre dans leurs filets.Mes chers voisins possède toutes les caractéristiques d’une grouillante auberge espagnole, galerie de personnages excentriques et de situations rocambolesques (comme chez Hitchcock, on met bien du temps à tuer ses adversaires) délimitée par l’immensité de cet édifice où se superposent appartements cossus, coins sordides, ascenseurs déglingués et un toit destiné à une poursuite finale aussi absurde qu’enlevante.On ne saurait d’ailleurs dire si cet espace à la fois vaste et étouffant ressemble à un hôpital psychiatrique, une prison à haute sécurité ou un repaire de vampires.Mais c’est surtout à un feu d’artifices d’effets de style et de clins d’œil que nous convie Alex de la Iglesia.On y décèle parfois, camouflé entre deux pastiches, une critique sociale du pouvoir de l’argent sur les rapports humains, un re- gard sur la cupidité des gagne-petit à qui on fait miroiter l’illusion de la richesse, entre autres grâce à la loterie.Pourtant, plus la machine d’Iglesia s’emballe, moins cette vision de choses semble le préoccuper, intéressé surtout à mélanger le grotesque et le macabre, à maculer les murs de sang pour mieux nous effrayer et nous amuser à la fois.Après des années cantonnées dans des rôles plus sérieux, chez Roger Planchon (Louis, enfant roi) ou Marion Hansel (Sur la terre comme au ciel), Carmen Maura retrouve chez Iglesia une folie semblable à celle de Pedro Almodovar.Après s’être brouillée avec le réalisateur qui a fait d’elle une star, elle semble, avec Mes chers voisins, se réconcilier avec sa part de folie qui lui donne cet éclat dans le regard.Et l’amène à voler sur les toits de Madrid avec l’énergie d’une héroïne hitchcoddenne.SOURCE K-FILMS Une scène du film Chers Voisins.ALAIN SARDE FABRICE LUCHINI SANDRINE BONNAIRE «LE MEILLEUR DE PATRICE LECONTE.» «DÉLICAT ET SENSUEL.»
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