Le devoir, 14 août 2004, Cahier F
LE DEVOIR.LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 AOÛT 2 0 0 4 LE DEVOIR Éducation Rentrée scolaire L’autonomie des institutions mettrait en péril l’avenir du réseau Page 5 h il 1 à .i 1 1 m NIMflHi mv FORMATION Le mot « professionnalisation » fait surface Page?mm y ^ MÊÈÊË GARDERIES APPRENTISSAGE COLLÉGIAL PRIMAIRE Compressions budgétaires Page 2 Élèves en difficulté Décentralisation Réforme Rentrée montréalaise Page 3 Page 4 Page 6 Page 8 Petit, on psse lentement du jeu aux divers apprentissages.Par étapes successives, de la garderie au primaire, avec séjour imposé en maternelle.L’univers semble bien organisé ef il est facile d’en atteindre son «ciel».Du moins, tel était jusqu’à tout récemment l’état des choses, où It's parents puisaient dans leurs souvenirs pour décrire à leur progéniture les années à venin «En première année, tu apprends à lin», «en sixième, tu refais un survol des matières», et ainsi de suite.Depuis le début du présent siècle, toutefois, au Québec à tout le moins, cela ne tient plus.11 y a eu «réforme» du système scolaire.Le primaire est maintenant «cyclique» et, dans un an, le secondaire le sera aussi.Quant à la suite, ce qui précède l’arrivée sur le marché du travail ou le temps des études supérieures, ce que le mot cégep recouvrait, là on ne sait plus: n’a-t-on point connu en juin dernier un forum national où rien de moins que la mort des collèges d’enseignement général et professionnel semblait être au programme?On connaît maintenant la conclusion de ce débat public qui avait entraîné une mobilisation à la fois des étudiants et des professeurs, malgré le fait qu’un tel mois en soit un de relâche en enseignement à ce niveau: s’il y a là réforme, elle est toujours à venir et tout ce dont on parle maintenant consiste en l’abandon d’un système québécois unifonnisé, chaque collège pouvant se définir des objectifs et des programmes propres.Une telle mesure, moindre que la fenneture prévue par certains, n’est cependant pas sans conséquences, d’où une autre période «chaude» pour cette année scolaire 2004-2005.Conflits et débats Et ce n’est pas tout Approchés afin de connaître les projets popr l’année à venir, les représentants du ministère de l’Education ont décliné l’offre, informant que leur ministre prévoyait procéder cet automne à une tournée des médias: pour y faire de nouvelles annonces?Rassurer les clientèles ou la population?Initier un nouveau train de mesures?Cela reste à voir.Mais, à coup sûr, beaucoup de dossiers sont toujours ouverts.Marie-Andrée Chouinard rappelait ainsi cette semaine dans Le, Devoir (11 août) que «la rentrée scolaire s'annonce houleuse entre les parties patronale et syndicales».Et de poursuivre: «La tension liée à des dossiers tels la réforme, la durée du temps de travail, l'arrivée possible d’un ordre professionnel et la gestion des élèves en difficulté perturbera la négociation en cours entre les enseignants et le gouvernement» , Motife de conflits que tout cela?À coup sûr.Et il y a plus.On connaît ainsi les difficultés que rencontrent les gouvernements occidentaux à boucler leurs budgets, ce qui fait que le mot «coupure» fait toujours partie du langage courant (parlez-en d’ailleurs ces joursd aux porte-parole des garderies) et qu’on ne sait donc phis à qui refiler (a factiire des frais qui grèvent le budget général des Etats.On sait aussi que le rôle, ou la fonction, des universités est remis en question: sont-elles au service du savoir ou à celui de l’industrie et de l’économie?Devraient-elles faire un plus juste partage dans l’attribution des fonds entre les sciences pures et les sciences humaines?Et ainsi de suite, jusqu’à entendre des gens s’interroger sur l’enseignement de la littérature dans les écoles à l’heure où Internet et les médias électroniques sont devenus les nouveaux terrains de jeu des jeunes et des adolescents.Enjeux et problèmes Et si cela n’était pas assez, qu’il suffise de jeter un regard outre-frontières, vers le sud, où, au débat sur les cours de rattrapage pour les élèves en difficulté comme à celui sur l’impossible accès aux études supérieures pour de grands pans de la population, on en préfère d’autres qui portent sur la prière à l’école ou le salut quotidien au drapeau.Ailleurs, et cela se retrouve également au Québec, il sera aussi question des diverses tenues vestimentaires et de la tolérance face à l’affichage public d’objets à signification ethnique ou religieuse.D semble donc bien loin ce temps où, pour les parents, les problèmes occasionnés par la rentrée se limitaient à l’habillement de l’enfant ou à l’achat de matériel scolaire.Heureusement, en bas âge, le mois d’août (maintenant que la rentrée ne se fait phis en septembre) signifie pourtant toujours un temps pour une nouvelle aventure: celle de rinitiation à l’univers des «grands», dans ce monde dont Os apprendrait plus tard qu’il semble contenir phis de questions que de réponses.En fait, en éducation, s’il y a problème, c’est dans l’établissement des règles du jeu Normand Thèriault Le rôle des universités est remis en question: sont-elles au service du savoir ou à celui de rindustrie et de l’économie?CUT L’ÉDUCATIO PUBLIQLJE IHCO Central* d« syndicats du Québec www.csq.qc.net ' r I LE DEVOIR, LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 AOÛT 2004 F 2 * RENTRÉE SCOLAIRE * Garderies Les compressions budgétaires mettent à mal le monde de la petite enfance «Ça va brasser cet automne» Annoncées en plein juillet, les nouvelles compressions dans l’ensemble du réseau des services de garde risquent de faire des vagues cet automne.À l’Association des garderies pri-'vées du Québec (AGPQ), on n’écarte aucune mesure pour faire reculer le gouvernement.Le ton, bien que plus posé du côté de l’Association québécoise des centres de la petite enfance (AQCPE), trahit néanmoins un fort sentiment d’inquiétude.Car toutes les deux en conviennent: la reconduction de la rationalisation annonce un désengagement de l’État.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Dans son plan d’amélioration continue, la ministre Théberge mise uniquement sur la bonné volonté des responsables des garderies pour hausser la qualité des services offerts aux enfants.u ' ^ r ilIfB 4 MYLÈNE TREMBLAY Ce qui devait être une mesure temporaire, soit la compression de 2,6 % imposée en 2003 aux services de garde, revient encore cette année, au grand dam des deux associations qui les représentent.«Ça fait deux ans qu’en plein milieu de l’été les libéraux nous annoncent des coupures, alors que notre budget est fait depuis le 1" avril», s’insurge Sylvain Lévesque de l’AGPQ.Celui que l’on a vu récemment sur toutes les tribunes, dénonçant haut et fort les «coupures à l’aveuglette» du gouvernement, en a contre cet «effort de rationalisation» qui, à son avis, fait économiser au ministère de l’Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille quelque 20 millions de dollars annuellement sur le dos cjes garderies privées.«Leffort de rationalisation, on le fait déjà dans notre réseau.Une garderie privée de 60 enfants touche 100 000 dollars de moins en subvention qu’un CPE ayant le même nombre d’enfants.Et on nous coupe cette année 14 000 $ de plus», estime Sylvain Lévesque.Dans le réseau des CPE, où les nouvelles coupes représentent un manque à gagner de 15 538 $ pour un établissement de 60 places, cette annonce tombe bien mal.«On commençait à peine à avoir un financement qui permettait aux CPE d’atteindre une vitesse de croisière», commente prudemment la présidente de l’AQCPE, Hélène Potvin.Alors que son association envisage de faire, au retour des vacances, «une analyse approfondie du financement pour s’assurer qu’il y a une équité, une justesse et une suffisance permettant aux CPE de faire face à leurs obligations», l’AGPQ brandit carrément la menace de la mobilisation.L’AGPQ monte aux barricades Réduction des heures de service, retrait des garderies privées de la politique familiale, création d’une coalition de parents, boycott des comités de qualité.Voilà autant de mesures qui seront soumises à l’assemblée générale des garderies privées le 19 août prochain.Leur objectif: inciter le gouvernement à faire marche arrière sur les coupures imposées dans les services de garde.«Va-t-on devoir couper dans les activités ou alors réduire dans la formation du personnel?, s’interroge Sylvain Lévesque.Si on ne veut pas toucher à la qualité du personnel ni à ses conditions de travail, on ne voit pas d’autres solutions que de réduire à 10 heures par jour les services offerts.On ne peut pas économiser sur l’équipement éduca- tif.Et ça fait des années qu’on se bat pour que les échelles salariales soient reconsidérées à la hausse.» Le président de l’AGPQ assure que plusieurs garderies songent même à renoncer aux places à sept dollars par jour pour facturer le plein tarif aux parents.«R y en a qui veulent carrément se retirer du financement de la politique familiale», dit-iL Rappelons qu’en 1997, une entente a été signée entre le gouvernement péquiste et les garderies privées afin de permettre aux familles du réseau privé d’avoir accès aux places à 5 $.Le propriétaire ayant signé une convention tacitement reconduite chaque année a ainsi droit au financement au même titre que les CPE, à moins qu’il se désiste du programme.Mobilisation Autre moyen de pression envisagé: la mise sur pied d’une coalition de parents pour assister l’AGPQ dans ses revendications et soutenir «des actions sur le terrain à la grandeur du Québec».Environ 28 000 lettres ont été acheminées.«On veut mobiliser les parents en leur expliquant ce qui se passe.On ne veut pas porter l'odieux des coupures, se défend Sylvain Lévesque.Souvent, les parents ne font même pas la différence entre une garderie privée et publique.Ils se moquent du statut juridique de la garderie; ce qu’ils veulent, c’est une relation de confiance, un service de qualité.» Les éducatrices aussi ont reçu une lettre de mobilisation.«Les coupures gouvernementales vont avoir des effets sur leurs conditions de travail.Il n’y aura pas d’augmentation salariale cette année, prédit le président de l’AGPQ et propriétaire de la garderie Petit à petit Je vois difficilement comment on pourrait le faire.» D faut s’attendre également à ce que le milieu des garderies privées cesse d’appuyer la norme de qualité des «deux sur trois»: alors que deux employés sur trois doivent détenir une formation reconnue en services de garde dans les CPE, le ratio passe présentement Places disponibles 2004-2005 f C O L LT È aTTf IrachelI Établissement privé mixte offrant le tours secondaire complet Pour un futur .plus que pdrfâit Nos Programmes • Un projet éducatif en « Arts et Communications » • Une formation intellectuelle et méthodes de travail de qualité dès la 1M secondaire • Les options Sciences Humaines et Sciences Pures è compter de la 4* secondaire Notre encadrement exceptionnel • Groupes classes fixes • titulariat • tutorat • mentorat • Séances quotidiennes de récupération et de consolidation des acquis • Aide aux devoirs et étude supen/isée encadrées par des enseignanttels • Activités éducatives et sportives formant l'épanouissement Notre tradition d'ouverture • Accessible aux élèves talentueux et à ceux qui sont fragiles maft prêts à fournir les efforts nécessaires à leur réussite scolaire • Bourses d'excellence et d’aide financière Notre dimension humaine * Une structure organisationnelle accueillant 300 élèves • Un ratio moyen de classe de 28 élèves Pour en savoir plus : 514-287-1944 Collège Rachel 5030, rua Jeanne-Mance, Montréal, (Québec), H2V 4J8 Téléphone : (514) 287-1944 • Télécopieur : (514) 287-7523 • eollegerKhel@qc.aira.com • www.collegerachel.qc.ca Plus qu’une école, un milieu de vie ! Le Collège Mont-Saint-Louis Collège privé mixte d'enseignement secondaire 1700, boulevard Henri-Bourassa Est, Montréal (Québec) H2C 1J3 1 Ub 117° année Visitez notre site Internet : www.msl.qc.ca DVIUKUE.MGÈ.EMGEMIT ET CEGTflË SUR IÎÈYE Portes ouvertes te samedi 2 octobre de 9 h à 15 h Examens d’admission D .^ .POUR SEPTEMBRE 2005 Première secondaire : Le samedi 16 octobre de 9 h à 12 h ou de 13 h 30 à 16 h 30 Le samedi 23 octobre de 9 h à 12 h De la première à la cinquième secondaire : Le vendredi 28 janvier 2005 de 9 h à 12 h Vous pouvez inscrire votre enfant en téléphonant au (514) 382-1560 poste 261 Des mesures d'accompagnement pédagogiques diversifiées De nombreuses activités parascolaires et pédagogiques Des programmes enrichis dans toutes les matières L'acquisition de méthodes de travail efficaces Un environnement humain centré sur lelève à un sur trois dans les garderies privées.«Malgré le fait qu’on l’ait recommandé pendant des années, on n’endossera pas la norme des deux sur trois tant que le gouvernement n’annoncera pas qu’il va cesser les coupures dans notre réseau», poursuit M.Lévesque.Bref, «ça va brasser cet automne!», tonne le représentant de l’AGPQ.ü est encore trop tôt pour parler d’une mobilisation, laisse pour sa part entendre Hélène Pot-vin de l’AQCPE.«On veut d’abord dresser un état de la situation et regarder là où ily a des écarts qui se creusent Mais déjà on sait que 20 % des CPE sont en difficulté.Avec cette nouvelle rationalisation, d’autres vont se rajouter, probablement les services de petite taille.Le gouvernement devra réagir et agir avec nous Mais une chose est claire: on voit apparaître un désengagement qui nous inquiète énormément» La qualité a un prix Un désengagement que contredisent en tous points l’étude «Grandir en qualité» de l’Institut de la statistique du Québec et, du même coup, le «plan d’amélioration conti- * nue de la qualité en service de garde» de la ministre Théberge, esti- ; ment les deux associations ¦ -1 Dans le premier document — une vaste enquête menée auprès de 900 services de garde à travers le Québec —, le réseau s’est vu accorder la note «passable» en matière de qualité.Les chercheurs ont conclu que le gouvernement avait la responsabilité d’adopter les ¦ moyens nécessaires pour amélio-r rer la qualité du réseau.‘ ' Dans son plan d’amélioratiottr continue, la ministre Théberge2 mise uniquement sur la bonne vo*r-lonté des responsables des garde-2 ries pour hausser la qualité des ;• services offerts aux enfants.• > «Devant l’étude et l’engagement du gouvernement, on est porté à se poser des questions, affirme Hélène Potvin.On voit apparaître un désengagement de l’Etat: d’un côté, le gouvernement dit qu’il croit à la __ qualité et la veut, mais en même temps, il ne nous offrira peut-être plus les outils pour y parvenir.» Améliorations en vue La présidente de l’AQCPE estime que le réseau de la petite enfance s’en est très bien tiré dans l’étude «Grandir en qualité», particulièrement sur le plan des relations humaines.«Là où il y a des difficultés, c’est au niveau des locaux, des cours extérieures, des bâtisses.De grandes modifications sont requises, alors que le financement des immobilisations a été gelé!», déplore-t-elle.La note «passable» ne semble pas non plus décourager le président de l’AGPQ.«Par rapport aux autres provinces, on est excellent, dit-il avec optimisme.La grille est très sévère.Tout a été regardé à la loupe, de l’accueil des enfants à leur départ en passant par les activités, les collations et la désinfection des locaux.Les garderies peuvent s'auto-évatuer avec la grille rendue publique.» Pourtant, précise-t-il avec fougue, les politiciens tiennent un double discours: la consolidar tion de la qualité passe par une réinjection de fonds.qui n’est visiblement pas dans les intentions de la ministre.«Les garderies ne pourront pas se permettre d’améliorer leurs services sans financement adéquat; un va essayer de les maintenir tout simplement.R faut que le gouvernement reconnaisse que l’investissement dans la petite enfance est important et qu’il arrête de couper.Les enfants sont la base d’une société!» EDU- CATION RENTRÉE SCOLAIRE CE CAHIER SPÉCIAL EST PUBLIÉ PAR LE DEVOIR Responsable NORMAND THÉRIAULT nlhm»nlt*Mrvoir.e» 2050, rne dr Blfïry.fl'flajçt.Montréal (Québec) HSA SM».Tél.: (514) 985 3333 rcdactlonaledevoir.coD FAIS CE QUE DOIS LE DEVOIR.LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 AOÛT 20 0 1 F 3 RENTREE SCOLAIRE Élèves en difficulté d’apprentissage Les services donnent-ils les résultats escomptés ?Des étudiants qui «préfèrent avoir l’air de quelqu’un qui ne veut pas plutôt que de quelqu’un qui ne peut pas» Un écolier qui apprend plus lentement que ses pairs.Un autre qui est hyperactif.Un autre encore qui ne comprend pas ce qu’on attend de lui.Leur point commun?Tous présentent, à divers degrés, des difficultés d’apprentissage.Est-ce qu’on les aide adéquatement?Coup d’œil sur une problématique complexe.CLAIRE HARVEY Les élèves handicapés, en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA) représentent 11,9 % de la clientèle scolaire.Ces élèves ne parviennent pas à rencontrer les objectifs académiques du programme de formation de l’école québécoise.Evidemment, bon nombre d’entre eux n’obtiendront pas leur diplôme d’études secondaires ou d’études professionnelles.Bien souvent aussi, ils rejoindront les rangs des décrocheurs.Les causes des difficultés d’apprentissage varient considérablement d’un enfant à un autre.Chez certains, elles sont attribuables à des troubles neurologiques sévères, comme la paralysie cérébrale, ou encore à un handicap visuel ou auditif Chez d’autres, il faut plutôt chercher l’origine des problèmes dans le milieu familial de l’enfant pauvreté, faible niveau de scolarité des parents, etc.Chercheur au Centre de recherche et d’intervention sur la réussite scolaire (CRERES) et professeur au département de psycho pjédagogie et d’andragogie de l’Université de Montréal, Roch Choui-nard explique que ces élèves présentent des caractéristiques bien précises sur le pdan de la motivation scolaire.«Ils vont sous-évaluer ou surestimer ce qu’ils sont capables de Jaire.Par exemple, un élève qui redouble aura l’impression de connaître la matière scolaire et de la comprendre, alors que ce n’est pas le cas Déplus, ils éprouvent de la difficulté à se fixer des buts stimulants.À cela s’ajoute une piètre estime de soi» Les difficultés d’apprentissage, pwursuit M.Chouinard, sont également liées à des mauvaises stratégies cognitives.«Cas élèves adoptent des méthodes d’apprentissage inopérantes, mais qui ont l'avantage d’être sécurisantes Ainsi, ils font peu d’ef forts, car l'échec subi malgré des efforts intensif est terriblement dévalorisant.De même, ils ne demanderont pas d’aide, ou encore ils refuseront de se faire aider.Us ont également tendance à dénigrer les activités et les matières scolaires En fait, ils préfèrent avoir l’air de quelqu’un qui ne veut pas plutôt que de quelqu’un qui ne peut pas» Comment pjeut-on intervenir adéquatement auprès de ces élèves?«Il faut leur accorder du soutien, faire du renforcement positif et les aider à se fixer des buts personnels», explique M.Chouinard.Selon lui, ü faut aussi faire en sorte que les tâches ne soient pas compétitives, mais cooperatives.«Avec ce type d’élèves, il ne faut surtout pas mettre l’accent sur le rendement II faut plutôt permettre à chaque élève d’utiliser ses farces et donner aux élèves en difficulté des tâches à leur portée.» Plan d’action ministériel Dans la foulée de la réforme sco laire, le ministère de l’Éducation (MEQ) a apporté des changements à sa politique de l’adaptation scolaire et élaboré un plan d’action pxmr en faciliter la mise en œuvre.En bref, la nouvelle orientation consiste à mettre l’accent sur la réussite du phis grand nombre et à accepter que cette réussite puisse se traduire différemment selon les besoins et les capacités des élèves.Au primaire, les élèves en difficulté d’apprentissage sont autant que possible intégrés dans des classes ordinaires.Au secondaire, bon nombre d’entre eux se retrouvent dans des groupes de cheminement particulier sur une base temporaire ou continue.Dans tous les cas, ces élèves ont accès à divers services: orthopédagogie, orthophonie, psychologie, p>sychoé-ducation, etc.En outre, les écoles ont mis en place certaines mesures pour venir en aide à ces élèves: ateliers, cours de rattrapage, tutoraf etc.Par ailleurs, en fonction de la Loi sur l’instruction publique, ces élèves doivent bénéficier d’un plan d’intervention.Élaboré pjar la direction de l’école, ce plan d’intervention doit comporter au moins trois éléments: une évaluation des capacités et des besoins de l’élève, les objectifs à poursuivre et les moyens pwur les atteindre.Il doit également inciter les parents, les intervenants et l’élève à se concerter afin de mieux répondre aux besoins de ce dernier et de faciliter sa réussite scolaire.Un milliard à la rescousse Quant aux ressources financières, le ministère de l’Éducation dépense un milliard de dollars par année pour les services éducatifs aux élèves en difficulté, ce qui représente 20 % du budget total de fonctionnement des commissions scolaires pxmr l’éducation préscolaire et l’enseignement primaire et secondaire, qui est de cinq milliards de dollars.ARCHIVES LE DEVOIR Les causes des difficultés d’apprentissage varient considérablement d’un enfant à un autre.Ces mesures suffisent-elles à aider les élèves en difficulté d’ap> prentissage?En réponse à cette question, Réjean Parent, président de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), met en perspective le problème.«Quand je regarde les problèmes auxquels sont confrontés les enseignants qui travaillent dans des classes où il y a de plus en plus d’&èves en difficulté, je serais porté à dire qu’il manque de ressources.Mais il ne faut pas tomber dans un alarmisme de mauvais aloi.Notre système d’éducation figure parmi les plus performants au monde», affirme-t-il en faisant notamment référence à l’enquête du PISA (Programme international pour le suivi des acquis des élèves) menée dans les pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).De l’avis du syndicaliste, il y au- rait toutefois lieu de revoir la façon d’offrir les services aux élèves en difficulté.«R y a beaucoup de professionnels dans le système d’éducation, mais comme ils se trimballent d’un établissement à un autre, ils ne peuvent peut-être pas intervenir aussi en profondeur qu’ils le souhaiteraient.Sans compter qu'ils souffrent souvent d’isolement», souligne-t-iL Sans revenir à l’époque des écoles spécialisées, M.Parent croit qu’il faudrait examiner la possibilité de regrouper sous un même toit les services offerts aux élèves en difficulté de deux ou trois écoles.Un dossier chaud Outre la CSQ, plusieurs organisations s’intéressent au dossier des élèves en difficulté.L’hiver dentier, le bureau de la vérificatrice généra le du Québec (VGQ), Doris Paradis, a enquêté sur les usages que font les commissions scolaires de * leur enveloppe budgétaire de un • • milliard de dollars.Le résultat est.troublant Dans son rapport déposé le 8 juin à l'Assemblée nationale, Mme l’aradis (aujourd'hui vérifica-.trice générale adjointe) observe que, «malgré les milliards dépensés pour cette clientèle depuis 25 ans, le ministère de l'Éducation, les commissions scolaires et les écoles ne savent toujours pas dans quelle mesure leurs actions sont efficaces.En effet, ils ‘ n’évaluent pas si les services offerts ré-* pondent de façon satisfaisante aux be-1 soins de ces élèves et s'ils leur donnent i la possibilité de mieux réussir».>.En réaction à ce rapport, la Fé- i, dération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) a fait valoir, par voie de communiqué, que «l’échantillon restreint sur lequel s’appuie le rapport [sept commissions scolaires sur les 72 que compte le réseau, et 30 écoles sur les quelque 2000 établissements d’enseignement primaires et se-.condaires) invite à la prudence».La, FCSQ a également t enu à rappeler > que «l’aide à ces élèves est un dossier j i complexe qui fait appel à une multi-.tude d’intervenants».Pour la Fédération des comités de parents du Québec (FCPQ), le rapport vient confirmer des appréhensions.«Malgré le milliard investi chaque année, personne n’est capable de dire si les contribuables en ont pour leur argent et si ça donne quelque chose», dit Diane Miron, la.présidente.Selon elle, le rapport \ n’est pas rassurant et il indique que * les services offerts aux enfants en \ difficulté d’apprentissage ne sont i pas très performants.Quoi qu'il en soit, ce dossier n’a • pas fini de faire couler de l’encre * puisque le MEQ a donné à un comité le mandat de dresser un portrait de la situation.Une histoire à suivre, donc.Nous avons aussi la faculté d'aider! j¦¦ )?faf ci-f 'on r>ur 'es enjeux de société i'UQAM of-re pi ce 250 programmes d'études au 1 cyc -aux c/e es supérieurs.uqam.ca Avec ses 17 facultés et ses 400 programmes d’études, l’IIniversité Laval est une grande université de calibre mondial.De plus, nos étudiantes et nos étudiants ont reçu en 2002-2003 une aide financière totalisant 41 millions de dollars sous forme de bourses ou de salaires.il est encore temps de faire une demande d’admission pour la session d’automne Pourquoi ne pas en profiter?2004.Pour plus de détails, visitez le www.ulaval.ca/admisslon UQÀM Prenez position — * Q Q UNIVERSITÉ LAVAL i * i » r ; F 4 LE DEVOIR.LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 AOÛT 2 004 • RENTRÉE SCOLAIRE • Cégeps La Fédération des cégeps préconise la politique de la main tendue à ses partenaires « On pourrait donner — et ce, à l’exemple des collèges ontariens et des universités québécoises — aux collèges québécois la pleine autorité sur leurs programmes » ! Au sortir du Forum sur l’avenir de l’enseignement collégial, tenu en juin dernier, une refonte en profondeur du réseau collégial québécois, voire l’abolition des cégeps, n’a pas été retenue par le ministre de l’Éducation, Pierre Reid.Tel n’était pas le souhait de la Fédération des commissions scolaires du Québec, qui, elle, s’appuyait sur le rapport Bédard remis en septembre 2003.Pour Gaëtan Boucher, président-directeur général de la Fédération, une réforme du réseau des collèges serait toutefois toujours nécessaire.THIERRY HAROUN Réussite scolaire, décentralisation de la gestion des programmes d’études, décentralisation de la gestion des ressources humaines, formation générale revue et corrigée, financement adéquat et autonomie: autant d’orientations qui sont au cœur des préoccupations de l’instance patronale du réseau des cégeps.La Fédération des cégeps regroupe en son sein 48 cégeps, dont cinq sont anglophones.À l’automne 2003,148 000 étudiants (57 % d’entre eux étant des filles) prenaient place sur les bancs d’école de ce vaste chantier collégial, dont 72 000 au secteur technique, 70 000 au secteur préuniversitaire et environ 6000 en session Accueil et intégration.Ce réseau collégial compte 33 000 salariés, soit 21000 enseignants, 2000 membres du personnel professionnel, 9000 employés de soutien et 1000 membres du personnel de direction, pour un budget annuel de fonctionnement de 1,4 milliard de dollars.Selon les chiffres obtenus auprès de la Fédération des cégeps, le taux de réussite aux cours est passé de 82 % en 1995-1996 à 86 % en 2002-2003.De plus, la durée moyenne des études est de 2,4 années au secteur préuniversitaire et de 3,8 années au secteur technique.Un lieu de maturation « vocationnelle » Selon Gaëtan Boucher, l’institution cégépienne est, sinon un passage obligé, du moins un espace d’intégration à la société pour les collégiens.«C’est un lieu de maturation “vocationnelle’’ parce que les jeunes nous arrivent du niveau secondaire à maints égards relativement mal préparés, et en déficit d’orientation scolaire et professionnelle.En plus, j ce sont des jeunes qui quittent la maison pour la première fois, ils vivent des peines d'amour, enfin toutes ; sortes de bouleversements; ce qui fait en sorte qu avant : de tomber sur leurs pieds, ça leur prend du temps.Et ce lieu de transition s'appelle, le cégep.» ; Vivement préoccupé par la réussite scolaire des ; élèves, M.Boucher est fermement convaincu que : cette réussite s’articulerait plus aisément dans un ré-* • seau collégial aux structures plus souples.«La réussite des élèves est en tout temps au cœur de nos préoccupations.Vous savez, on entend souvent dire que l'enseignement collégial est un système rigide et nous, ce qu'on entend faire, c’est d'y introduire de la souplesse, d’autant que nous sommes conscients que la dynamique d’un grand collège de Montréal n’est pas la même que celle dun Petit collège de région.Cela nous oblige donc à nous placer dans une dynamique de collè- Pour Gaëtan Boucher, président-directeur général de la ! } i Fédération des cégeps, «la dynamique d’un grand collège de F Montréal i n’est pas la même que celle d’un petit collège de région» ge à géométrie variable, pour reprendre le mot du ministre [de l’Éducation, Pierre Reid].» «En regard de la réforme collégiale de 1993 [réforme RobiUard], poursuit-il, le gouvernement d’alors nous avait résolument fait passer à l’enseignement supérieur en confiant aux collèges des responsabilités académiques importantes — mais pas toutes, soit dit en passant.Donc, la question qui se pose aujourd’hui est de savoir si, onze ans plus tard, on peut se doter d’un modèle d’enseignement collégial qui pourrait se rapprocher du modèle universitaire québécois, ou encore de celui du réseau collégial communautaire [ontarien], par exemple.» Ce qui, en définitive, dit-il, permettrait au réseau québécois «d’avoir la pleine maîtrise de ses programmes d’études et, donc, d’être en mesure notamment de décerner ses propres diplômes et d’établir un modèle de relation de travail mieux adapté à l'enseignement supérieur».D’où, pour lui, cette nécessaire «autonomie» qui, au final, donnerait les coudées franches au réseau collégial afin qu’il se «mette en situation de pleine mouvante».M.Boucher enchaîne en soutenant que, si l’État «nous transférait des responsabilités académiques, il nous faudrait, comme institutions, établir entre nous un mécanisme d’encadrement général commun pour assurer tant la mobilité étudiante que la comparabilité des diplômes».Décentralisation Cette «autonomie» tant espérée par M.Boucher ne va pas, selon lui, sans une gestion décentralisée des programmes.«Actuellement,, nous sommes dans une dynamique de programme d’Etat — peut-être pas complètement, mais l’État a une responsabilité très importante; ce sont des diplômes d’Etat et des relations de travail d’Etat.Ce que nous disons, c’est: est H2J 2IM6 T(514) 849-4929 www.enbc.org Metro Laurier Répétition publique du Jeun» Ballet du Québec i, 13h - IGh Théâtre Maisonneuve (Place-des-Arts) Dans le cadre des Journées de la culture JACQUES GRENIER LE DEVOIR Des changements majeurs ont été opérés dans la formation initiale des maîtres.MiKSf* -À- ,x • % ~ *.ïîï'it* futur enseignant aura bénéficié de 700 heures de stage.«L’une des principales améliorations liées à la révision de nos programmes de formation des maîtres, estime Michel D.Laurier, est le rapprochement des milieux universitaire et scolaire.La relation entre la formation théorique et la formation pratique, soit les stages, est désormais mieux articulée.Nous sommes plus proches des réalités du terrain.» Or, c’est dans ce registre précisément que le bât blessait avant la réforme des programmes.Une formation universitaire trop refemiée sur elle-même modelait des enseignants trop souvent ignorants des réalités concrètes des salles de classe, là où régnait et s’implantait fermement un nouveau vocabulaire tel que milieu minoritaire, multiculturalisme, élèves en difficulté, nouvelles technologies, etc.La société, quant à elle, observait des exercices d’équilibre périlleux entre des cellules familiales modifiées, un marché de l’emploi changeant et des mises en perspective de la mondialisation.Le rapport de discussion «Savoirs professionnels et formation à l’enseignement» dirigé par Maurice Tardif, directeur du Centre interuniversitaire de recherche sur la formation et la profession enseignante, indique: «La pratique professionnelle n’est plus considérée alors comme un simple domaine d’application de théories conçues en dehors d’elle, par exemple dans les universités.Elle devient un espace original et autonome d’apprentissage et de formation pour les enseignants et les futurs enseignants» Les nouveaux enseignants sont aujourd’hui mieux outillés grâce à la formation initiale.Ils sortent de l’université dotés d’un meilleur bagage que par le passé, «ne serait-ce, estime Michel D.Laurier, que parce qu’ils ont une expérience de la salle de classe non seulement plus longue, mais également systématiquement guidée.U ne faut pas négliger également le fait que cette expérience est enrichie d’une réflexion sur la pratique».La formation des maîtres ne devait plus être l’apanage des seules universités.Des partenariats sotides L’un des pqstulats émis par le ministère de l’Éducation est qu’une «formation professionnalisante» doit s’ancrer profondément dans les lieux d’exercice.L’organisation des stages est l’un des pas parcourus dans cette direction.Mais tel que le soutient le ministère dans son document d’orientation, «une véritable relation de partenariat doit prendre appui sur l’appropriation d'une vision commune de la formation du maître professionnel, et la définition et le par- Pour entrer dans la cour des GRANDS ! un ouvrage qui s'adresse à des parents soucieux de préparer leur enfant à l'examen d'entrée en première secondaire au secteur privé ou dans les écoles internationales Réussir l'examen d'entrée au secondaire l'exomn d'tntac Réunir r examen d'entrée au eecondalre.École* prt»ée« - écoles internationale» Pierrette Tranquille, Françoise Tctou ISBN 2-89144-3744 Marcel Didier Inc., distribution Hurtubée HMH I60pags, format Btt'x U* 19,95$ les 10 questions le plus fréquemment posées par les parents et les réponses de responsables d'examens d'entrée des exercices de préparation, qui ont été expérimentés en situation d'examen, répartis dans les quatre secteurs faisant l'objet d'une évaluation avant admission : - en français (dont la rédaction d’une production écrite en étapes) - en mathématique - en culture générale - en habiletés logiques un corrigé détaillé www.hurtubfcehmh rom • un examen type à compléter en temps réel et à envoyer pour correction è la maison d'édition \ toge des rôles respectif, et ce, dans un contexte de bénéfices mutuels».À cette fin, des liens étroits ont été tissés avec le milieu scolaire.Ijcs superviseurs de stages, des enseignants expérimentés, proviennent directement du terrain, tout comme certains chargés de cours.Des enseignants sont également prêtés aux universités pour une ou deux années à titre de professeurs invités.D reste à vriller à ce que ces liens ne se distendent pas quand, par exemple, les milieux scolaires auront achevé le renouvellement de leur personnel enseignant qui est en cours.Un travail certain reste également à accomplir en matière de formation continue.Un continuum doit s’instaurer selon un mode régulier afin de maintenir et de renouveler les liens entre les formateurs et les enseignants au profit d’une actualisation réciproque.Des microprogrammes sont déjà disponibles, mais il convient de les développer.Le point d’orgue du programme de formation des maîtres est défi-’ ’ nitivement lié à la formation pra-'1 tique offerte aux futurs ensek' ! gnants, considère Michel D.Lau-i • rien «Pouvoir faire des stages dans ' des milieux choisis, être confivnté à-des expériences diversifiées, être en-, cadré lots de l'entrée dans la profession, être imnté à faire le lien entre la formation théorique et le stage constituent des atouts majeurs.» Des atouts qui seront nécessaires à ces' professionnels, qui devront faire preuve d'ouverture, de disponibilité, de flexibilité, de facultés d’adap-.talion et de réflexion croissantes.* La complexité de leur tâche ne’ peut se contenter de la mise eiï • œuvre de «recettes».Au contraire, elle exige des professionnels» au regard critique, aptes à corn-1 muniquer, à imaginer et organiser des situations d’enseignement-apprentissage tout en travaillant de concert avec les autres acteurs gravitant dans la sphère de l’éducation.L."(D i/> C Q_ CD CD > CT) LE DOC A RÉPONSE À TOUT! Maryse Gagnon Francis Farley-Chevrier 112 pages‘9,95$ Guide de la recherche documentaire Viv* ¦ .Disponible en librairie à partir du 23 août Les Presses de l’Université Université de Montréal de Montréal I I I F 8 LE DEVOIR.LES SAMEDI 14 ET DIMANCHE 15 AOÛT 2004 RENTREE SCOLAIRE Rentrée à la Commission scolaire de Montréal La plus grande commission scolaire du Québec a «survécu» à la réforme imposée «On voit que la notion de cycle est beaucoup mieux comprise et appliquée» Si tout va bien, le retour à l’école qui s’amorce à la Commission scolaire de Montréal marquera la fin de l’implantation de la grande «réforme scolaire» au niveau de l’enseignement primaire.La CSM dessert le cœur de l’ile de Montréal et comprend 225 écoles en tout genre dans lesquelles étudient quelque 75 000 élèves.Dotée d’un budget annuel de 605 millions de dollars, elle constitue la plus importante commission scolaire du Québec.CLAUDE LAFLEUR Tel que le relate Francine Lé-tourneau, la grande réforme du primaire, amorcée il y a quatre ans, ne s’est pas faite sans heurts puisqu’elle préconise des changements fondamentaux dans la façon de transmettre les connaissances.La réforme a par conséquent donné lieu à de la résistance de la part des enseignants, au point même où il a fallu marquer une pause dans son implantation afin de permettre à tous de l’assimiler.Mme Létourneau, qui est coordonnatrice par intérim au Service des ressources éducatives pour les secteurs préscolaire, primaire et secondaire de la CSM, rappelle les étapes de la mise en œuvre de la réforme: «En 2000-2001, nous avons amorcé l’implantation de la réforme au premier cycle du primaire, dit-elle.Puis, en 2001-2002, on Va implantée au deuxième cycle, mais là, on s’est rendu compte que ça allait un peu trop vite et que ça bousculait beaucoup de monde.On a donc fait un moratoire d’une année, ce qui fait que c’est en 2003-2004 qu’on l’a finalement implantée au troisième cycle.» La mise en œuvre complète de la réforme devant être achevée cette année, la CSM commencera à l’implanter au secondaire en septembre 2005.«C'est dire, de poursuivre Francine Létourneau, que les élèves qui entreront alors au secondaire auront fait tout leur primaire selon le nouveau régime de la réforme.» La responsable observe en outre que, si les résistances par rapport à la réforme ont été vives de la part des enseignantes du primaire, voilà qu’elles ont pratiquement disparu.«De plus en plus, on les voit tomber, dit-elle, et je vous dirais que, dans beaucoup d’écoles, on voit que la notion de cycle est beaucoup mieux comprise et appliquée.Mais on a encore beaucoup de travail à faire!» Son équipe continue donc d’accompagner les enseignantes pour qu’elles intègrent bien le processus de formation et qu’elles l’implantent correctement La responsable du programme estime d’ailleurs qu’en matière d’implantation de la réforme, sa commission scolaire se situe «dans la bonne moyenne.A certains égards, dit-elle, on est un peu en avance alors qu'à d’autres, on est en retard.» Elle précise aussi qu’en se comparant aux autres commissions scolaires, elle constate que les problèmes rencontrés sont partout les mêmes.Intégrer les connaissances Les difficultés à implanter la réforme scolaire tiennent au fait que celle-ci apporte plusieurs changements fondamentaux en matière d’enseignement Le changement le plus visible est le fait que, dorénavant, les élèves du primaire n’évoluent plus de la première à la sixième année, mais selon trois cycles de deux ans.Ainsi, explique Mme Létourneau, «l’élève a désormais deux années pour atteindre les objectifs de JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les élèves du primaire n’évoluent plus de la première à la sixième année, mais selon trois cycles de deux ans.fin de cycle, et non plus une seule et même année, comme c’était le cas auparavant avec des examens à la fin de chaque année».Ce n’est pas là, insiste-t-elle, une notion administrative, mais bien une orientation pédagogique importante: «Au terme d’un cycle, dit-elle, l’élève doit répondre à des attentes qui ont été déterminées dans un programme de formation étalé sur deux années.» Les élèves du primaire passent donc du premier au deuxième cycle, puis au troisième cycle.Mais, surtout, la réforme amène un changement fondamental dans la façon de transmettre les connaissances.Si, auparavant on demandait aux élèves d’apprendre par cœur des tas de notions, voilà qu’on cherche à présent à leur faire utiliser rapidement ce qu’ils apprennent.Par exemple, au lieu d’apprendre tout bonnement à faire des additions et des calculs de pourcentage, l’élève ira dans un magasin pour effectuer des achats et il devra additionner le prix des objets qu’il convoite, soustraire ce prix de la somme dont il dispose ainsi que calculer les taxes qui s’appliquent En ce qui concerne la lecture, il apprend à «décoder» différents types de texte, et non plus tout bonnement à lire.C’est dire que la réforme vise à rendre concrètes les connaissances apprises en classe en montrant à quoi elles servent.«On s’est rendu compte, explique Mme Létourneau, que les enfants apprennent non pas par une accumulation de connaissances, mais par une signifiance des connaissances.» Autrement dit, comme on le constate nous-mêmes dans la vie quotidienne, lorsqu’une connaissance «a du sens» — donc qu’elle nous sert concrètement parce qu’on peut l’appliquer —, il devient alors facile de l’assimiler.Résistances Mme Létourneau explique qu’une partie des réticences émanant des enseignantes tenait au fait que l’«ancienne méthode» — par laquelle nous sommes tous passés — a donné de bons résultats.«Celles qui résistent à l’intégration de la réforme se justifient en disant: ‘Mais nous, on a bien apprisr», de lancer Mme Létourneau.Mais, s’empresse-t-elle d’ajouter, «elles étaient de bonnes apprenantes, ce qui n’est pas le cas de tout le monde.Nous avons donc rajusté le tir, car les recherches en psychologie cognitive nous montrent de quelle manière les enfants apprennent».Ainsi, poursuit-elle, «s’il est vrai que les “bons élèves" acquièrent bien les connaissances, ce n’est pas le cas pour ceux qui éprouvent certaines difficultés».«Or, nous observons qu’il y a de plus en plus d’élèves qui ont des dif ficultés à retenir ce qu’on leur enseigne, poursuit-elle, et qui ont de la difficulté à utiliser ces connaissances de façon pertinente dans d’autres situations.» Mme Létourneau précise que ce problème grandissant s’observe aisémetft en raison des taux d’échec et d’abandon scolaires de plus eh plus élevés.«Compte tenu de tout cela, dit-elle, de vastes études orct été menées, ici comme ailleurs, de telle sorte qu’on se doit d’ajuster la vision de l’enseignement et les programmes de formation.» La réforme donne-t-elle les résultats escomptés?Hélas, comme aucun élève n’a encore complété les trois cycles du primaire, il est trop tôt pour déterminer non seulement s’ils assimilent mieux les connaissances, mais — surtout'— s’ils poursuivent leurs études, «fi puis cependant déjà vous dire qui cette approche fait une différence en ce qui concerne l’intérêt et les motivations des élèves», de conclure la responsable de la réforme à la Commission scolaire de Montréal Chose promise, chose due ï Pavillon des sciences Richard-J.-Renaud Inauguré en septembre 2003 SMI R4VILLON INTÉQRÉ OÉNII, INFORMATIQUE ET ARTS VISUELS KN CONSTRUCTION OUVKRTURK EN 1000 PAVILLON DE LÉCOLE DE GESTION JOHN-MOLSON OUVKNTURK KN 1007 JT!?ï ÿmm ' -î’-.pJÉll - I i
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