Le devoir, 6 octobre 2008, Cahier A
RUSSES ENTAMENT LEUR RETRAIT GEORGIE Paul Martin règle ses comptes avec Jean Chrétien Dans son autobiographie, l’ex-premier ministre reproche à Jean Chrétien d’être responsable des difficultés actuelles du PLC JACQUES NADEAU ARCHIVES LE DEVOIR HÉLÈNE BUZZETTI Ottawa — Décidément, les deux hommes se seront détestés jusqu’à la fin.Dans son autobiogra-.phie à paraître dans quelques semaines et dont Le Devoir a obtenu copie, l’ex-premier ministre libéral Paul Martin règle ses comptes avec ceux qui, à son avis, l’ont empêché d’avoir le règne dont il avait si longtemps rêvé.A la barre des accusés, on retrouve certes son prédécesseur et rival de toujours, Jean Chrétien, mais aussi l’ex-commissaire à la Gendarmerie royale du Canada (GRC), Giuliano Zaccardelli.Contre vents et marées.C’est ainsi que s’intitule la version française de la copieuse biographie — 555 pages — signée Paul Martin et publiée chez Fides.Le livre n’est censé arriver dans les librairies que dans trois semaines, mais Le Devoir a pu en consulter la version non corrigée.Si Paul Martin raconte son enfance, sa jeunesse, son passage à la barre de Canada Steamship Lines et son entrée en politique, il consacre plusieurs chapitres à sa course au leadership de 1990, celle, larvée, en vue de remplacer Jean Chrétien ainsi que les deux années passées dans le siège de premier ministre.En filigrane du livre, on comprend que l’ex-premier ministre en veut à Jean Chrétien d’avoir fait primer sa rivalité sur le bien de son parti politique.Citant les changements apportés aux règles de fi- AFGHANISTAN Martin s’explique HÉLÈNE BUZZETTI Ottawa — Dans son autobiographie Contre vents et marées, l’ex-premier ministre Paul Martin prend le temps de répondre aux reproches formulés à son endroit par Jean Chrétien et, pourquoi pas, nancement politique ou encore la gestion du scandale des commandites comme autant de preuves, Paul Martin laisse entendre que Jean Chrétien a causé un tort irréparable à la marque de commerce libérale en voulant lui compliquer la vie à lui.La victime collatérale de cette guerre intestine, écrit-il, c’est Stéphane de décocher quelques flèches de son cru.Dans cette autobiographie à paraître chez Fides dans quelques semaines, et dont Le Devoir a obtenu une copie non corrigée, Paul Martin s’en prend à son prédécesseur pour avoir laissé entendre que c’est à cause de son indécision chronique que le Canada Dion, nouveau capitaine du PLC.Alors que l’élection fédérale bat son plein et que le Parti libéral n’est plus que l’ombre de lui-même au Québec, ces commentaires risquent de toucher une corde sensible.VOIR PAGE A 10: MARTIN s’est retrouvé dans la région si dangereuse de Kandahar, en Afghanistan.M.Martin rappelle que les troupes canadiennes revenaient de Kaboul.«Il aurait été impossible de déployer VOIR PAGE A 10: KANDAHAR ¦ Référendum: le ministre des Finances Paul Martin appréhendait un scénario catastrophe, page A 3 à propos de la mission à Kandahar JACQUES GRENIER LE DEVOIR MONTRÉAL Plusieurs milliers de manifestants anü-Harper MÉDECINS SANS FRONTIÈRES Le D' Vincent Échavé photographié en compagnie d’un groupe de Casques bleus, en République démocratique du Congo.'¦f - - I L’ENTREVUE Soigner en zone de guerre Le Dr Vincent Échavé se refuse à tolérer l’inhumain Si L’information électorale et la chronique de Manon Cornellier, pages A 4 et A 5 L’éditorial de Bernard Descôteaux, page A 8 • Lire aussi les chroniques de Paul Cauchon et de Jean-Jacques Stréliski, pages B 7 et A 9 INDEX Chirurgien bardé de diplômes, le O’ Vincent Échavé pourrait se contenter de profiter de la vie.Mais le confort et l’indifférence, très peu pour lui.Engagé au sein de l’organisation Médecins sans frontières, il a pratiqué la médecine dans plusieurs des pires zones de guerre que le monde ait connues depuis 20 ans.Et il en a assez vu pour conclure que les grandes puissances détournent le plus souvent le regard devant la souffrance que subissent les populations confrontées à ces conflits.Annonces.B 4 Avis publics.B 6 Convergence.B 7 Culture.B 8 Décès.B 4 Économie .B 3 Éditorial.A 8 Idées.A 9 Météo.B 4 Monde.B 1 Mots croisés.B 5 Religions.B 6 Sudoku.B 6 Télévision.B 7 ALEXANDRE SHIELDS Pour résumer ce qui le pousse à exercer cet art médical qu’est la chirurgie dans des conditions extrêmes, et parfois mêipe au péril de sa propre vie, le Dr Échavé cite Les Frères Karamazov de Dostoïevski: «Nous sommes tous responsables de tout et de tous de- vant tous, et moi plus que tous les autres.» Cette responsabilité est d’autant plus incontournable, selon lui, que «nous sommes privilégiés» de pouvoir vivre loin de cette misère endémique qui frappe des millions d’êtres humains.«Mon engagement avec Médecins sans frontières me permet de réaliser mon rêve VOIR PAGE A 10: ÉCHAVÉ « Nous n’allons pas gagner», dit le commandant britannique en Afghanistan MARCO BÉLA1R CIR1NO Le plus haut gradé britannique en Afghanistan, le général Mark Carleton-Smith, a prévenu hier que l’opinion publique ne devrait pas espérer «une victoire militaire décisive» dans ce pays, mais seulement une réduction de l'insurrection à un niveau acceptable.Mark Carleton-Smith juge notamment impossible pour les forces occidentales de gagner la guerre contre les talibans.Dans une interview publiée dans les pages de l’hebdomadaire britannique Sunday Times, Mark Carleton-Smith estime que ses soldats ont «atténué la menace des talibans pour2008», mais qu’ils pourraient bien quitter l’Afghanistan sans y avoir maté complètement la rébellion islamiste.«Nous n 'allons pas gagner cette guerre.U s’agit de réduire le conflit à un niveau gérable d’insurrection, qui ne soit pas VOIR PAGE A 10: AFGHANISTAN Jack Layton s’est dit «encouragé» par les mots du général Carieton-Smith 77831302380041 LE DEVOIK, LE LUND] 6 OCTOBRE 2008 A 2 LES ACTUALITES EN BREF Jeune homme blessé par balle à Montréal-Nord Cancer du sein : course populaire Plus de 170 000 personnes, selon les organisateurs, ont participé hier à la 12" «Course à la vie CEC», ce qui a permis d’amasser 28,5 millions de dollars.Grâce aux fonds recueillis dans le cadre de la course, la Fondation canadienne du cancer du sein pourra continuer d’appuyer une pléiade d’initiatives relatives au cancer du sein.Les fonds recueillis lors de cet événement sont directement alloués à la recherche.A Montréal, environ 15 000 personnes ont participé à la course.- La Presse canadienne Obèses et cancer de la prostate Toronto — Des chercheurs de l’Université McGill, à Montréal, et de l’Université Harvard, au Massachusetts, affirment que les hommes aux prises avec un cancer de la prostate qui ont quelques kilos en trop ou sont obèses ont deux fois plus de risques de succomber à la maladie que ceux dont le poids est normal Les spécialistes croient que les niveaux accrus d’insuline des hommes ayant un problème de poids pourraient en être la principale raison.-La Presse canadienne Tremblay défend le travail de la police MARCO B É LA1 R -CI R IN O Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, n’entend pas présenter ses excuses à la famille de Nashwan Abdullah, blessé par balle, samedi, par un policier duSPVM.«Est-ce que l’usage de l’arme à feu était justifié dans les circonstances?Une enquête indépendante de la Sûreté du Québec a débuté et elle nous permettra de le savoir dans les meilleurs délais», a indiqué hier Gérald Tremblay.Le maire de Montréal se dit satisfait du travail des policiers lors de l'arrestation de Nashwan Abdullah, 18 ans.«Quand on a une personne qui est interpellée parce qu’elle est accusée de tentative de meurtre, qu’elle résiste à son arrestation et qu 'elle utilise une arme blanche.A partir de ce moment-là, les policiers doivent utiliser les moyens nécessaires, a-t-il dit.Dans les circonstances, ils ont fait un excellent travail.» Même son de cloche à la mairie d’arrondissement Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension.«C’est un événement isolé.C’est vraiment une arrestation qui a mal tourné, a af- firmé la mairesse d’arrondissement, Ani Samson.Ce jeune-là était une menace à la sécurité des citoyens.Il était poursuivi pour tentative de meurtre.» Alors que plusieurs résidants du secteur Saint-Michel craignaient toujours que des émeutes riéclatent dmis les rues — habituellement paisibles — de leur quartier, Gérald Tremblay a réitéré, hier, son appel au calme.«R n’y a pas eu de débordements.On ne peut faire aucun rapprochement entre les incidents de Montréal-Nord et de Saint-Michel.» Le maire de Montréal souhaite que ne soit pas occulté le travail de rapprochement avec la communauté auquel s’affairent quotidiennement les policiers de la Ville de Montréal, et tout particulièrement ceux qui travaillent dans Saint-Michel.Gérald Tremblay a rappelé que les policiers travaillent dans un contexte très difficile.Nashwan Abdullah a été atteint d’une balle à l’abdomen à l’intersection de la rue Everett et de la 23e avenue, samedi après-midi, après une poursuite à pied.Il aurait brandi un couteau devant les policiers.Le Devoir PEDRO RUIZ LE DEVOLR Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, s’est dit satisfait, hier, du travail des policiers lors de l’arrestation de Nashwan Abdullah, 18 ans, blessé par balle samedi par un policier du SPVM.Le maire, photographié ici lors d’une conférence de presse antérieure, a réitéré par la même occasion un appel au calme aux résidants des quartiers Montréal-Nord et Saint-Michel.PATRICE ROY ET SON ÉQUIPE.VOILÀ L’ESPRIT DE MONTRÉAL.4 hM : : ÊMm LE TJ/MONTRÉAL TELEVISION LE TÉLÉJOURNAL 4 SOIRS 4 CHEFS CE SOIR BERNARD REÇ0I1 STÉPHANE DION L HEF DU PARTI LIBERAI DU C ANADA PREMIERE DIFFUSION DE L'ENTREVUE À 21 H SUR RDI r * » % L E I> E V 0 I R , LE LUNDI 6 OCTOBRE 2 O O K A 3 ACTUALITES - bc* probwits tK’ a: 'J^nrnHi» béneHu ¦ «.»& ffi.aupro/l, *• k,)cllo VUteMjilc Vendredi, 31 octobre I8h00 514-382-3913 Contre vents et marées Référendum de 1995 : le ministre des Finances Paul Martin appréhendait un scénario catastrophe Devenu premier ministre, Martin dit avoir eu l’assurance de Michaëlle Jean Qu’elle n’était pas souverainiste HÉLÈNE BUZZETTI Ottawa — Octobre 1995.Le pays retient son souffle.Le Québec votera-f-il, oui ou non, pour devenir un Etat indépendant?^ Ottawa, un certain Paul Martin Sent les cordons de la bourse fédé-fele.Le Canada n’a pas encore retrouvé la santé financière qui fait aujourd’hui sa fierté, et l’heure est ^l’inquiétude.S C’est ce que raconte Paul Mar-fln dans son autobiographie Contre vents et marées à paraître aux édifions Fides dans quelques semaines, et dont Le Devoir a obtenu une copie non corrigée.«Nous nous préparions au pire au ministère des Finances», écrit celui qui était à l’époque le très respecté ministre des Finances.M.Martin raconte que le sous-ministre d’alors, David Dodge, «était particulièrement inquiet au sujet d’une ruée possible sur les banques canadiennes, plusieurs étant très exposées au Québec».Le gouvernement fédéral, écrit-il, «pourrait aussi devoir organiser un consortium bancaire afin de soutenir les établissements en difficulté».Le ministre des Finances d’alors s’inquiétait du fait que la grande part de la dette canadienne se trouvait dans des titres à court terme, «ce qui signifie que nous étions expo- sés à une hausse très rapide des taux d’intérêt».Or, ajoute-t-il, «unegrande partie de ces prêts, par pure coïncidence, venait à échéance dans les semaines suivant le référendum et devait être renouvelée.Cela signifiait que nous pourrions être contraints de refinancer un pourcentage important de notre dette au pire moment».M.Martin révèle même que les fonctionnaires craignaient que ne survienne une «crise de liquidité»; en conséquence, «le gouvernement pourrait manquer de devises autour de la mi-décembre, il se trouverait alors dans l’impossibilité de payer les fonctionnaires et de remettre leurs chèques aux aînés.C’était un scénario de catastrophe, mais il n’était pas difficile d’imaginer que les choses puissent en arriver là».Besoin de clarté La catastrophe ne s’est pas produite.Le Québec a finalement dit «non».Paul Martin revient toutefois sur le débat qui suivit ce scrutin, à savoir le besoin d’imposer plus de clarté en vue d’un autre référendum.Paul Martin le dit sans détour: il était d’accord avec Jean Chrétien pour soumettre cette question à la Cour suprême du Canada.«J’estimais qu’il était inconcevable que le gouvernement péquis-te puisse réaliser la séparation en iüli ~ JIM YOUNG REUTERS Michaëlle Jean et son mari, Jean-Daniel Lafond, dans les rues d’Ottawa après la cérémonie d’investiture de Mme Jean comme gouverneure générale du Canada, en septembre 2005.vertu d’un mandat ultramince, à partir d’une question dont la signification précise échappait même aux avocats de droit constitutionnel.En tant que Québécois, j’étais fermement convaincu que le gouvernement du Québec n’avait aucunement le droit de détacher ma province de mon pays sur la foi d’une question imprécise et d’un mandat incertain.» Paul Martin croyait toutefois que le Parlement aurait dû se contenter de la décision des magistrats, «beaucoup plus contraignante qu’une quelconque loi fédérale».Selon liii, la Loi sur la clarté pilotée par Stéphane Dion n’était pas nécessaire.Mais, conclut-il, «une fois que le cabinet eut pris la décision de présenter le projet de loi, je l’appuyai sans réserve».Michaëlle Jean Dans ce même ordre d’idées, Paul Martin se porte à la défense de celle qu’il a nommée au poste de gouverneure générale, l’ex-ani-matrice de télévision Michaëlle Jean.D écrit que cette nomination a été «une des plus réussies» de son mandat et s’en dit très fier.Toutefois, à l’époque, Mme Jean a été happée par une tempête médiatique lorsque certains groupes l’ont accusée de sympathies souverainistes.On la voyait dans un documentaire levant le verre à l’indépendance des peuples.Paul Martin entend dissiper les doutes.«Notre conversation dura près de cinq heures», écrit-il à propos de sa rencontre exploratoire avec sa future candidate.«À la fin de la journée, j’étais entièrement satisfait de son engagement envers le Canada, qui était sans équivoque: elle était persuadée que l’avenir du Québec était au sein du Canada.» Même à propos de son mari, le documenta-riste Jean-Daniel Lafond, Paul Martin écrit «Il n’avait pas de penchants séparatistes.» A son avis, les critiques ont été soulevées €- y S i LE DEVOIR, LE LUNDI B OCTOBRE 2008 A 8 EDITORIAL PARTI CONSERVATEUR Des engagements minimalistes Le premier ministre Stephen Harper a changé de discours depuis le début de la campagne électorale.Lui qui qualifiait d’improbable l’élection d’un gouvernement conservateur majoritaire reconnaît maintenant la chose possible et il souhaite ouvertement obtenir une majorité.Devant cela, il faut se demander ce que ferait son gouvernement pendant quatre ans.L 1, ï’vl Bernard Descôteaux a façon dont Stephen Harper mène cette campagne contraste fortement avec celle employée à l’élection de 2006.Il martelait alors le slogan «Changeons pour vrai» décliné en six thèmes: la responsabilisation, les possibilités, la sécurité, la famille, les communautés et le Canada.Son programme publié rapidement dans la première partie de la campagne se voulait la feuille de route de son éventuel gouvernement laquelle, on l’aura vu par la suite, fut suivie presque à la lettre et plutôt prestement Cette année, le chef conservateur agit à l’inverse.Son slogan, «Harper leadership 08», en fait le centre de la campagne, comme si sa personne tenait lieu de programme.Car de programme véritable, il n’y en a pas pour l’instant sinon une vingtaine de communiqués de presse résumant autant des promesses faites au fil des jours.Que trouve-t-on dans ces promesses?De tout pour tous! D’abord «un vrai plan pour l’économie», lequel se résume à une approche non interventionniste de l’État Puis un petit ceci et un petit cela pour les personnes âgées (augmentation de 1000 $ de la déduction d’impôt en raison de l’âge), pour les familles (un crédit d’impôt pour les activités artistiques et des prestations de maternité pour les travailleuses indépendantes), pour la «nation québécoise» (la garantie de trois commissaires québécois au CRTC) et ainsi de suite.Suite dans laquelle se trouve entre autres choses le renforcement de la Loi sur les jeunes contrevenants.Tous ces engagements visent à gagner l’appui de segments de l’électorat minutieusement ciblés.Leurs votes, ajoutés à la base traditionnelle de droite du Parti conservateur, rendront possible une majorité.Observons aussi que ces mesures sont toutes peu coûteuses et faciles à mettre en œuvre.La très grande majorité pourraient être inscrites au budget de l’hiver prochain.Quant aux mesures législatives, elles pourraient être adoptées sans coup férir en quelques mois par des conservateurs majoritaires.En un an tout au plus, tous leurs engagements auraient été remplis.Cela étant, il faut se demander à quoi un gouvernement conservateur majoritaire se consacrerait durant les trois autres années de son mandat Voudra-t-il s’engager dans de grands bouleversements inspirés du Reform Party?H y a des sujets que le premier ministre assure ne pas vouloir toucher, comme l’avortement.Mais il y a bien des choses qu’il pourra être tenté de faire.Aurait-il la légitimité d’entreprendre des réformes majeures, comme ouvrir le secteur névralgique des communications à la propriété étrangère ou encore privatiser une partie de Radio-Canada s’il n’a pas au préalable déclaré ses intentions?Beaucoup de Canadiens se lèveraient pour lui dire «je n’ai pas voté pour ça!».Notre système parlementaire donne toute liberté à un gouvernement légitimement élu d’adopter les lois qui lui semblent bonnes.Stephen Harper donnerait-il libre cours à l’aile ultra du Parti conservateur ou voudrait-il donner plutôt une orientation modérément conservatrice à son gouvernement?Dans l’état actuel du débat électoral, on ne sait pas.Pressé par les partis d’opposition, il nous promet la publication demain d’un programme et d’engagements plus précis en économie.Si le tout doit être une synthèse des engagements minimalistes pris ces quatre dernières semaines, cela ne nous en dira pas plus sur la véritable feuille de route d’un gouvernement conservateur majoritaire.Il ne reste plus que quelques jours à M.Harper pour ouvrir son jeu.D se doit d’être transparent DISCRIMINATION Coup de fourchette Marie-Andrée Chouinard a Commission des droits de la personne a tranché: le cas du jeune Philippin mis à l’écart à l’école pour des manières de table inconvenantes n’a rien d’une manifestation raciste, mais relève entièrement d’un problème de comportement En avançant qu’elle ne dispose pas de preuves suffisantes pour évoquer la discrimination sur la base de l’origine ethnique, la Commission retient donc que cette «affaire», qui avait enflammé la région montréalaise au printemps 2006, en pleine tempête des accommodements raisonnables, ne tient en fait qu’à la plus courante des histoires d’école: un enfant turbulent qui dérange et que l’on sanctionne gentiment Luc, 7 ans, utilisait simultanément cuiller et fourchette pour se nourrir, s’empiffrant au grand dam de son éducatrice, qui le réprimanda L’affaire en devint une lorsque le comportement de «clown» du jeune Philippin passa subrepticement d’une sanction pour manquement aux règles de bienséance à la condamnation d’une pratique ethnoculturelle, les Philippins se nourrissant ainsi, avec les deux ustensiles.Quiconque s’est approché de la faune scolaire un tant soit peu sait à quel point l’heure du dîner revêt des allures de tohu-bohu si une infinité de règles — et parfois trop! — n’encadre pas la gestion des repas.On a vu des services de garde imposer le silence pendant le repas, dicter le moment de boire par rapport à celui de manger.Doit-on s’étonner que l’on interdise les plaisanteries grossières à table afin d’éviter la débandade généralisée?Hélas! Un de ces débordements qui meublent le quotidien d’un service scolaire a soudainement pris les allures d’un dénigrement raciste lorsqu’au lieu de condamner le comportement inacceptable d’un enfant pour ce qu’il était, on a glissé dangereusement dans les allusions discriminatoires.La Commission a rejeté l’essentiel de la plainte, mais elle note au passage, et ce n’est pas anodin, qu’une demande déplacée de l’éducatrice — «dans ton pays, se lave-t-on les mains avant de manger?» — renvoie à un motif de discrimination prohibé par la Charte, en l’occurrence l’origine ethnique et nationale.Cette impasse vécue à la Commission scolaire Marguerite-Bour-goys ne reposait en rien sur un réel accommodement raisonnable.Mais elle nous renvoie à quelques malaises et à une crise des perceptions pas si lointaine.Bien que l’école ait été présentée comme un des terrains où l’accommodement se pratique le plus aisément et sans fanfare juridique, elle n’échappe pas au risque de déraper sur des perceptions que l’on prend injustement pour la réalité.Cette commission scolaire sort-elle grandie de ce nouvel épisode?L’information, la pédagogie, les outils de communication, tout cela est indispensable pour éviter qu’un insipide trouble de comportement ne devienne une affaire nationale.Le Drvom FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE lO JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directrice de Tinformation JOSÉE BOILEAU Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires MANON BÉLAND REPRISE JTewsc' Mort «f*>’ ÇRAVAiT me iîst MoTAgPS: / m' \ Mo N «îp> A fAÎÎ ŸiRl! m>NDA mpf AvfC US./ V ÜSfRAuX/ y CARirôT 'XOOfM-tl y- /Mô*'**f r j ffit* Des idées pour le gouvernement Charest Il semblerait qu’il manque des idées au gouvernement libéral de Jean Charest et au Conseil du patronat pour la francisation des entreprises pour la réunion du 10 octobre prochain; eh bien, en voilà: ¦ Toute raison sociale au Québec doit être en français ou francisée.Si Bureau en gros, La Source, etc., peuvent le faire, tout le monde peut le foire.Si le droit international s’oppose à cela, eh bien, on passera à côté du droit international ¦ Tout affichage intérieur et extérieur doit être en français seulement ¦ Tout reçu ou compte, focture (exemple: compte de taxes, focture d’Hydro, relevé de carte de crédit etc.) au Québec doit être en français seulement Ou, si le client le demande, il pourra être bilingue avec prédominance du français.Rien en anglais seulement ¦ Tout formulaire à remplir (par exemple une demande d’emploi, tout formulaire gouvernemental, etc.) doit être en fiançais seulement Si le client le demande, le formulaire pourra être bilingue, mais avec prédominance du fiançais.Rien en anglais seulement ¦ Tout client doit être abordé en fiançais seulement par un employé.Les «Bonjour-Hi» ou les «Hi» tout court doivent cesser.On aborde tout le monde avec un «bonjour» et on lui parle en fiançais en premier.Si le client insiste pour parler anglais, c’est «OK».Mais il est important que si le client parle fiançais avec un fort accent, de ne pas lui parler en anglais.Si le client accepte de parler fiançais, on doit continuer en fiançais.¦ Tout message téléphonique doit être en fiançais seulement Après que le message en fiançais est complètement fini, le client aura l’option de le réécouter en anglais.Mais le client n’aura jamais l’option de passer à l’anglais avant que le message en fiançais ne soit complètement fini.¦ La musique d’ambiance à la radio doit être sur un poste en fiançais.Aucun poste de radio ou enregistrement en anglais comme ambiance sur le lieu de travail.¦ Les postes de radio anglophones qui sont littéralement antifrancophones, comme CJAD, doivent être fermés.Toute communication au Québec doit promouvoir la langue française.Même L Le Bloc, atypique PIERRE VADEBONCŒUR Essayiste Après un demi-siècle de révolution tran-quille, suivi de l’étrange recul qui s’est produit avec la montée du Parti conservateur et les succès provisoires de l’ADQ, nous voici encore aux prises avec la réaction tous azimuts.Les bavardages entendus récemment à propos de la prétendue non-pertinence du Bloc sont aussi spécieux qu'irréalistes.Le Bloc, de toute façon, fait éminemment partie du système de défense du Québec.Avec le PQ, il est à la pointe de ce système.Mais il y a plus.Libéraux et conservateurs ne cherchent qu’à enlever cet obstacle de leur chemin, pour cette raison mais également pour une autre, encore phis large.C’est que le Bloc, à cause de sa position particulière, pratique une critique politique libre.Celled ne se limite pas à la question constitutionnelle.Ce parti est redoutable à d’autres points de vue, et il Ta prouvé.L’histoire des commandites ne fut qu’un exemple de son action indépendante.Les vieux partis voudraient avoir les coudées franches et ne plus devoir compter avec le Bloc, qui est un parti de masse et bien implanté.Formation essentielle Le nationalisme souverainiste est une force critique toujours à l'affût des menées des partis réactionnaires, et ce n’est pas uniquement à propos de l’indépendance.Le Bloc est dans la place.S’en débarrasser est le vœu de ses deux gros adversaires.Quant à nous, il n'est pas question de lais- LETTRES un poste de radio anglophone doit promouvoir la langue française.Jacques Lafond 1" octobre 2008 Réfection des infrastructures: mise au point Ces jours-ci, l’Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ) véhicule deux messages quant à la gestion des ponts et viaducs au Québec.Elle constate d’abord que des améliorations importantes ont été apportées au budget alloué à la réfection de ces ouvrages.Le gouvernement a enfin répondu aux demandes répétées de ses ingénieurs d’accorder les sommes nécessaires pour ces travaux.Dommage qu’il ait fallu des morts pour corriger le tir.Dans un deuxième temps, l’Association dénonce le manque de techniciens et d’ingénieurs au ministère des Transports (MTQ).Ce manque de ressources fait en sorte que les ingénieurs ne sont plus en mesure d’assurer un niveau de sécurité acceptable.Les chiffres parlent d’eux-mêmes.L’enveloppe budgétaire consacrée à la réfection du parc des structures est passée de 170 millions à 840 millions de dollars en quatre ans.Le nombre de structures sous la responsabilité de ces ingénieurs a doublé, passant de 5000 à 9500 structures (transfert des ponts municipaux).Une structure sur deux est en mauvais état Et pour faire face à ce nouveau défi, l’effectif «ingénieurs» du MTQ est demeuré, à peu de choses près, le même depuis ces changements.Certains ont laissé entendre qu’il s’agissait d’un message syndical, corporatiste, qui ne servait que l’intérêt des membres de l’Association.Mais qui d’aulre que l’organisation qui représente ceux qui, quotidiennement sont confrontés aux problèmes d’un parc de structures vieillissant dont 5000 doivent être réparées, peut en informer la population?M.Pierre Marc Johnson est d’avis qu’il revient à l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) de déterminer sll y a suffisamment d’ingénieurs sur ser tomber cette formation essentielle, atypique, fonctionnelle, irremplaçable, seule capable d’entraver, sur le terrain électoral et dans l’enceinte parlementaire, le chemin des grands partis, hostiles au souverainisme et à d’autres intérêts populaires.La position curieuse et inédite du Bloc sur l’échiquier, une vraie énigme pour la Réaction, dérange.Il fausse la donne des vieux conformismes partisans, il les détraque.Le fait d’avoir le Bloc aux avant-postes de la politique fédérale est une chance considérable.Il est à l’intérieur de la machine.11 en actionne, pour sa part comme il l’entend les mécanismes.Cet avantage n’avait jamais existé.Les deux grands partis avaient jusque-là, à Ottawa même, au Parie-ment et donc aux élections fédérales, le moyen de déjouer le Québec à tour de rôle, sans adversaire directement présent et capable de compliquer leur jeu.Redouter la majorité Le souverainisme introduisit une dynamique qui allait enfin troubler ce jeu de dupes, au cœur même de la partie.Déjà, il déstabilisait le pouvoir fédéral.Il fit un grand pas de plus en l’investissant sur son terrain.Il ne faut pas perdre ce moyen et abandonner cette position.Et cela ne concerne pas seulement nos intérêts d’ordre constitutionnel.Voici un exemple assez étonnant à remarquer.L’un des effets singuliers et nouveaux de la situation créée par llnsoüte présence du Bloc au Parlement fut de mettre en lumière les avantages d'avoir là-bas en face de soi un gouvernement mi- les chantiers du MTQ.Suivant son raisonnement, il reviendrait à TOIQ de s’assurer que les Bombardier, Alcan, Bell Helicopter et autres embauchent suffisamment d’ingénieurs.Comme ancien ministre de la Justice, M.Johnson sait très bien qu’il n’en est rien.Pour assurer la sécurité du public, l’Ordre, notamment poursuit ceux qui se prétendent faussement ingénieurs ou encore poursuit des ingénieurs comme il Ta fait à la suite de l’effondrement du viaduc du Souvenir.Par ses interventions, TAssodation ne vise pas à condamner les autorités administratives du MTQ, mais plutôt à inciter le gouvernement Charest à lui donner les moyens de remplir adéquatement sa mission.Au fait la ministre des Transports n’affirmait-elle pas le 18 avril dernier qu’elle avait besoin de 200 ingénieurs de plus en structures?Présentement on en compte environ 100 dans ce domaine au MTQ.Michel Gagnon, ing.Président, Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec (APIGQ) 2 octobre 2008 Franquelin et non Franklin Le journal Le Devoir écrit dans sa livraison du 1er octobre, la «rivière Franklin au nord de Baie-Comeau».Or ce cours d’eau porte officiellement le nom de rivière Franquelin.Cette dernière prit le même nom que le canton de Franquelin, proclamé en 1911, ainsi que la municipalité de ce nom, érigée en ce lieu, en 1972.Ces toponymes rappellent le souvenir dç Jean-Baptiste-Louis Franquelin (v.1651- après 1712).Arrivé en Nouvelle-France en 1671, il commença ses travaux de cartographie dès 1674, à la demande du gouverneur Frontenac.Le dictionnaire Noms et Lieux du Québec, publié par la Commission de toponymie du Québec en 2006, écrit notamment, à la rubrique Franquelin, page 227: «les habitants de langue anglaise transposaient tout naturellement Franquelin en Franklin, incités en ce sens par l’établissement, vers 1920, de la Franklin Lumber Company à cet endroit».Jean Poirier, toponymiste 1" octobre 2008 noritaire.L’opposition est alors en mesure de lui tenir la bride et d’infléchir sa politique.Cette notion s’est répandue dans la population.Une bonne partie du public, au provincial d’ailleurs comme au fédéral, redoute maintenant le pouvoir des gouvernements majoritaires, car ils sont sans contrôle.Un gouvernement minoritaire peut moins qu’un autre abuser des situations et pratiquer l’arbitraire.Surtout s’il s’agit de Stephen Harper, il est important de savoir cela.La clef Aux élections fédérales toutes prochaines, l'enjeu, très clair, sera donc la marge qui sépare encore les conservateurs d’un pouvoir majoritaire.Le Bloc, depuis sa remontée récente, est seul capable de compromettre la majorité conservatrice.Cinq ou six comtés, paraît-il, sont en jeu à ce propos.D’où l’importance capitale de ce parti indépendant, que certains prétendent marginal, mais qui est en réalité majeur.Le Bloc, par sa situation, permet un mode de fonctionnement nouveau (le la démocratie.Ce dernier est d’une pertinence indiscutable dans la conjoncture actuelle.Une opposition majoritaire, par la conjugaison ponctuelle des différents partis faisant face au gouvernement conservateur, peut exercer une pression constante sur un pouvoir réactionnaire que, dans le cas, Ton considère à juste titre comme dangereux.Cela, la population commence en effet à le comprendre.La clef, sous ce rapport, c’est le Bloc.La partie se joue ici, au Québec.Sans le Bloc, rien de tel n’est possible.Le Bloc ne serait pas «pertinent»?Vraiment?IBRE OPINION mais indispensable è LE DEVOIR.LE LUNDI 6 OCTOBRE 2008 i\9 iffis JIM YOUNG REUTERS Où en est le fédéralisme d’ouverture?gis®#* RÉJEAN PELLETIER Professeur au département de science politique de l’Université Laval ors de la précédente campagne électorale, le chef consevateur, Stephen Harper, avait promis un «fédéralisme d’ouverture» et de plus grande collaboration avec les provinces, plus particulièrement avec le Québec, à l’occasion d’un discours prononcé à Québec même en décembre 2005.Il s’était alors engagé à régler le déséquilibre fiscal entre le fédéral et les provinces, à respecter les compétences provinciales et à mieux encadrer le pouvoir fédéral de dépenser dans des champs de compétences exclusives des provinces, à accorder une place au Québec à l’UNESCO.Ce discours a été bien accueilh au Québec à un point tel qu’il fut considéré comme un événement marquant de cette campagne électorale qui a permis au Parti conservateur de faire des gains sur le scène québécoise et surtout, dans la grande région de Québec.Unité nationale L’idée d’une «ouverture» du gouvernement central à l’endroit des provinces ne pouvait apparaître que comme un vent nouveau et vivifiant sur les relations fédérales-provinciales par opposition au contexte de confrontation et de rapports hiérarchiques qui avait prévalu durant la décennie précédente.Pour le Québec, en particulier, cette ouverture indiquait une voie nouvelle totalement différente de celle adoptée par le gouvernement libéral de Jean Chrétien qui avait effectué une série de gestes témoignant d'une volonté de «reprendre en main» les relations avec le Québec sur le ton de la confrontation plutôt que de la collaboration.Le renvoi devant la Cour suprême, la loi sur la clarté référendaire, les menaces de partition du Québec, la stratégie de visibilité avec le programme des commandites, l’accord sur l’union sociale, la création de fonds «dédiés» à des programmes particuliers, les programmes de subventions directes à des individus ou des organismes, tout témoigne, en effet, d’une volonté de reprendre en main le dossier des relations fédérales-provinciales et de l’unité nationale par le gouvernement central qui intervient sur plusieurs fronts à la fois.Régler le déséquilibre fiscal Au cours de la présente campagne électorale, Stephen Harper a souligné les réalisations de son gouvernement en matière de (fédéralisme d’ouverture» en indiquant qu’il avait rempli ses promesses, plus particuliè- rement à l’égard du Québec.Qu’en est-il exactement?En ce qui a trait au déséquilibre fiscal, il est vrai que le gouvernement conservateur, comme avaient commencé à le faire les deux gouvernements libéraux précédents, a augmenté ses transferts dans le domaine social, surtout en santé, mais en laissant pratiquement de côté l’éducation postsecondaire.C’est pourquoi plusieurs groupes réclament le retour au niveau de 1994-95 (avant les compressions budgétaires) des transferts en éducation postsecondaire.Le rattrapage est donc énorme, c’est le moins que l'on puisse dire.Le gouvernement conservateur a également révisé la formule de péréquation qui est désormais basée sur la norme des dix provinces (au lieu de cinq comme c’était le cas auparavant) et de la moitié des revenus tirés des ressources non renouvelables.Le Québec et d’autres provinces étaient plutôt favorables à une mesure qui tiendrait compte de l’entièreté de ces revenus.Pouvoir de dépenser Au total, les transferts fédéraux ont augmenté considérablement — par rapport aux compressions de 1995-96—, mais pas suffisamment pour répondre aux besoins réels des provinces.Telle est d’ailleurs la position des trois partis politiques représentés à l’Assemblée nationale du Québec qui estiment que le déséquilibre fiscal n’est pas réglé, le problème vient du fait que les coûts dans le domaine social, en particulier en santé, augmentent en proportion plus rapidement que les transferts fédéraux dans ce secteur.Ce qui se traduit par une ponction supplémentaire sur les finances provinciales Les conservateurs ont également promis de mieux encadrer le pouvoir fédéral de dépenser.Jusqu’à ce jour, les propositions du gouvernement conservateur ont été rejetées par le Québec puisqu’elles ne concernaient que les nouveaux programmes fédéraux à frais partagés dans les champs de compétence provinciale et qu’elles ne touchaient pas aux programmes «dédiés», c’est-à-dire consacrés à des sujets spécifiques pour une durée limitée par des interventions directes auprès des individus, des groupes ou même des gouvernements.Tout ceci permet au fédéral d’établir des priorités pour les provinces, ce qui restreint d’autant leur autonomie.Les Accords du lac Meech et de Charlottetown contenaient des propositions visant à encadrer le pouvoir de dépenser.A l’époque, l’ex-premier ministre Trudeau les avaient vivement critiquées parce qu’elles Mitaient trop la capacité d’action du gouvernement fédéral (dans des secteurs qui, rappelons-le, ne relèvent que de la compétence provinciale).Un siège à l’UNESCO Le gouvernement conservateur, conformément à ses engagements, a accordé au Québec une place à l’UNESCO.Mais il s’agit tout au plus, d’un strapontin pour le Québec au sein de la délégation canadienne puisque celle-ci ne peut parler que d’une seule voix définie par les autorités canadiennes.Rien ne garantit que cette voix sera celle du Québec.Si les positions québécoise et canadienne coincident tant mieux.Si elles ne coïncident pas, tant pis: la position canadienne va prévaloir.En somme, le délégué du Québec exerce plutôt un rôle de lobbyiste au sein même de la délégation canadienne et auprès des autres délégations représentées dans cette organisation internationale.Finalement, la Chambre des communes a adopté une motion indiquant que «les Québécoises et les Québécois forment une nation au sein d’un Canada uni».D s’agit d’une reconnaissance purement symbolique qui n’entraîne aucun effet juridique contraignant, comme toute motion de la Chambre.Un enchâssement de cette notion dans la constitution canadienne aurait, par contre, un effet nettement plus important Cette reconnaissance de la nation québécoise n’était nulle ment prévue dans le programme du Parti conservateur adopté à Montréal en 2005, et pour cause, puisqu’une teUe proposition n’aurait pas pu obtenir l'aval d’une majorité de délégués.Ce n’était pas non plus un engagement de Stephen Harper lors de son discours de Québec en décembre 2005.Cette motion n’a été adoptée qu’à la suite d’un amendement soumis par les conservateurs avec l’appui des libéraux à une motion du Bloc québécois demandant la reconnaissance de la nation québécoise.Sans la motion du Bloc québécois, il est peu probable qu’une telle reconnaissance ait été inscrite à l’agenda politique du gouvernement conservateur.Des limites atteintes Le fédéralisme d’ouverture semble donc avoir déjà atteint ses limites: le déséquilibre fiscal est réglé selon les conservateurs, mais non pas pour le gouvernement et les partis politiques québécois; l’encadrement du pouvoir fédéral de dépenser se fait toujours attendre; le Québec n’a obtenu qu’un strapontin pour lobbyiste à l’UNESCO et une reconnaissance purement symbolique — sans effets concrets — de la nation québécoise.Fédéralisme d’ouverture ou fédéralisme bloqué?A l’heure actuelle, la voie constitutionnelle est certainement bloquée puisque personne ne veut toucher à la constitution sous le prétexte que «le fruit n’est pas mûr».S’il y a eu un certain déblocage sur le plan politique, il importe de préciser que les résultats demeurent encore assez limités.La porte de la maison québécoise n’est encore qu’entrebâillée.Il ne faut pas la fermer immédiatement et mettre la clé sous la porte.Monsieur Trudeau, vous dites des sottises! SOURCE JEAN FRANÇOIS BÉLANGER Justin Trudeau, le candidat libéral dans la circonscription de Papineau s’adresse à ses militants.GÉRALD LAROSE Président du Conseil de la souveraineté du Québec ELSIE LEFÈVRE Députée de Laurier-Dorion (PQ) de 2004 à 2007 [f====ï| près avoir traité les unilingues de pares- Aseux lors de son séjour en Alberta, on aurait pu croire que, dès son retour au Québec, Justin Trudeau se serait informé et amendé.Que non! Le candidat libéral -dans Papineau persiste et signe en répondant «qu’une société qui ne promout [sic] pas le bilinguisme fait preuve d'un petit peu de paresse».Alors que Justin Trudeau fait campagne au Québec, ce dernier a le devoir de clarifier sa pensée.De quelle société parle-t-il?Du Québec ou du Canada?Dites-nous, M.Trudeau, que vous manque-t-il pour que le Québec échappe à vos accusations méprisantes d’être une société «aux habitudes de facilité et de paresse»?Le Québec est le territoire en Amérique du Nord qui compte la plus grande proportion de locuteurs bilingues (quatre fois plus que le Canada) et de locuteurs trilingues (sept fois plus que le Canada).C’est le seul territoire en Amérique du Nord qui compte des réseaux archicomplets d’institutions scolaires et d’éducation supérieure (de la prématernelle au post-doctoral universitaire) en français et en anglais.Ces mêmes réseaux disposent depuis des lustres de programmes d'apprentissage d’une deuxième et d’une troisième langue.S’ajoute à cela l’original programme d’initiation aux langues d’origine (PILO) de la Commission scolaire de Montréal (CSDM) destiné aux fils et aux filles de l’immigration qui veulent renouer avec leur héritage.En réalité, votre difficulté ne serait-elle pas ailleurs?Au chapitre du bilinguisme et du trilinguis-me des individus, le Québec est le champion toutes catégories.Ce qui vous chagrine ne serait-il pas que le Québec a fait le choix il y a plus de 30 ans, comme la France, l’Italie, l’Allemagne et bien d’autres pays, de rejeter le bilinguisme officiel pour afficher clairement son caractère francophone, lui qui ne constitue que 2 % de la population nord-américaine?Cette décision s’est d’ailleurs avérée efficace en regard de la protection et de la promotion de la langue française puisque c’est seulement au Québec que la spirale de l’assimilation a été cassée.Partout ailleurs au Canada, elle s’est accélérée.Mais, ce qui vous monte au nez ne serait-il pas de constater que le Québec a réussi à le faire seul contre tous et à le maintenir en dépit des coups fourrés de votre père (notamment la Constitution de 1982 que le Québec n’a jamais signée) et sa politique du multiculturalisme qui brouille radicalement les difficiles chemins de l’intégration des nouveaux arrivants?Le combat pour le français doit donc se poursuivre.Et là-dessus, nous aimerions vous entendre.Êtes-vous d’accord, comme le Bloc québécois le propose, pour qu’au Québec la Charte de la langue française s’applique à tous les lieux de travail, y compris à ceux qui sont sous de compétence fédérale?Oui ou non?Êtes-vous d’accord pour que la loi sur le multiculturalisme du Canada, compte tenu de ses effets corrosifs, ne s’applique pas au Québec?Oui ou non?Êtes-vous d’accord pour que les interventions en culture et en éducation relèvent strictement du Québec comme le premier ministre du Québec le demande et comme la constitution de votre pays le prévoit?Oui ou non?Et outre vos bons sentiments, que proposez-vous pour la protection linguistique et culturelle des Canadiens français répartis sur votre territoire?Soyez honnête en reconnaissant que le Québec réussit mieux que tous en matière de bilinguisme et de bilinguisme des individus.Soyez sérieux en matière de propositions linguistiques et culturelles si vous voulez être crédible dans la protection du français au Canada.Mais avant cessez de dire des sottises.QUESTIONS D’IMAGE Une semaine et un jour Jean-Jacques Stréliski est le temps qu’il nous reste pour nous choisir un chef.Et pour élire un Parlement conservateur — minoritaire ou majoritaire.Winston Churchill affirmait qu’il n’y a pas de pire système que la démocratie avant d’ajouter aussitôt qu’il n’en existait pas non plus de meilleur.Je crois bien que l’intense période électorale que nous vivons actuellement aura su nous convaincre de l’exactitude de son propos.Tant avant même qu’ils ne soient élus, nos futurs représentants et représentantes à la Chambre des communes nous auront fait effectuer d’allers-retours entre le pire et le meilleur.Ça promet! Que d’images sordides, que de coups bas, que de médiocrité, que de cynisme! Bien peu d’espoir et de sourires.Presque pas d’avenir.Quel Canada demain pour les Canadiens?Voilà la question que se posent encore à huit jours du scrutin un très grand nombre d’électeurs.Des millions de gens qui ne se décide ront sans doute qu’au tout dernier instant, seuls avec leur conscience, le crayon à la main, pour accomplir dans l’isoloir un devoir, un droit chèrement acquis durant des siècles de luttes ancestrales: le droit de vote.Vont-ils au dernier moment laisser parler leur cœur ou leur raison?Voteront-ils contre quelqu’un ou pour un homme ou une femme aux idées porteuses et éclairées?Il faut nous rendre à l’évidence.Nous aurons beau nous projeter et nous reprojeter, telles des photos de vacances, les innombrables images dont nous avons été bombardés, il nous sera bien difficile de choisir laquelle, d’entre toutes celles-ci, aura été assez puissante pour finalement nous influencer.Le Canada est un pays beaucoup trop grand et beaucoup trop complexe pour qu’aucun des candidats en lice ne puisse jamais à lui seul incarner les énormes différences linguistiques, culturelles, politiques ou spirituelles de sa population.Pourtant, tous ces candidats y croient ou voudraient nous y faire croire.D est vrai que, lors des débats de la semaine dernière, on aurait pu même penser que la chose fut possible.Le format nouveau de cette table ronde conviviale ne portait pas aux confrontations musclées.Tant mieux.Certains, et en particulier les plus vieux intellectuels ou politiciens, ont vivement critiqué cette fonnu-le, trouvant que l’absence de combat prive les spectateurs d’un éventuel coup d’éclat ou d’un KO.possible.Curieusement, en homme d’images, cela ne m’a pas choqué, cela ne m’a pas manqué.Au contraire.J’y ai vu de la sincérité, de la vraisemblance, mieux encore: de l’accessibilité.Certes, la formule est à améliorer (d’autant que le nombre des participants est plus important), mais la tenue générale des échanges fut d’un excellent niveau.Comme beaucoup, je suis écœuré de cette partisanerie insupportable qui éloigne tant d’électeurs de la chose publique — comme si ces engueulades et ces dénigrements permanents, ces publicités négatives né devaient constituer que l’unique langage de la politique.C’est précisément cela qui empêche des millions de gens de comprendre les véritables enjeux du pays et les valeurs de chacun de ces chefs.Ét c’est aussi cela qui éloigne les plus jeunes d’un environnement qu’ils jugent désuet, parce que non conforme à l’idéal de société qu’ils se forgent Cette civilité inhabituelle nous a soudainement amenés à saisir l’évidence.De gauche ou de droite, utopistes ou réalistes, fédéralistes ou souverainistes, ils ont défendu chacun l’idée qu’ils se font du Canada, une idée qui leur est chère ou qui leur est étrangère — comme c’est le cas de Gilles Duceppe.A cette table ronde, on a alors pu contempler le Canada dans toute sa réalité, dans toute son ambiguité et ses divisions, mais également dans toute son unicité.Bien entendu que ce ne fut pas le même débat en français qu’en anglais, et que les forts d’un jour furent les faibles du lendemain et réciproquement Mais cela nous a pennis de comprendre combien le problème linguistique était à ce point aigu dans ce pays.Tellement aigu qu’il nous priva des véritables débats auxquels on était en droit de s’attendre.Stéphane Dion, qui donna sa meilleure performance lors de la rencontre de mercredi, ne fut que l’ombre de lui-même jeudi, emberlificoté dans un anglais scolaire qui le ramenait encore entre les seuls murs qui lui sont véritablement naturels: ceux des salles de classe.Il est évident que le prochain premier ministre du Canada devrait être parfaitement bilingue et ironiquement, le plus bilingue de tous, c’est Gilles Duceppe! Qui a gagné, qui a perdu?Journalistes et analystes, sondeurs, clans politiques — et c’est aussi cela la démocratie —, chacun y va de son commentaire.Et aussi de son influence.Alors, bonjour l’objectivité! Car avant même que chacun ou chacune d’entre nous n’ait eu le temps de se frire sa propre opinion, on a été bombardés de l’opinion des autres.EL comme vous le savez, il y a des influenceurs beaucoup plus lourds que d’aufres.En fait je pense bien que nous ne sommes guère avancés.11 est même plus difficile de se faire un point de vue maintenant qu’avant les débats.Alors, pourquoi changer?Pour cette raison, Stephen Harper risque fort de se retrouver minoritaire à quelques sièges de la majorité ou majoritaire, mais de très peu.Pour deux ou quatre ans.Puisque, après tout, une opinion de plus ou de moins ne fera pas de différence, voici la mienne: c’est cela l’enjeu de l’élection, car les conséquences ne seront, évidemment, pas les mêmes.C’est à nous de choisir, il nous reste encore une semaine et un jour.Jean-Jacques Stréliski est spécialiste en stratégie d’images.L’ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au directeur de l'information), Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Stéphane Baillargeon (général), Clairandrée Cauchy (éducation), Jeanne Corriveau (affaires municipales), Fabien Deglise (consommation).Jean Dion (sports), Louis-Gilles FYancœur (envirxmnement), Pauline Gravel (sciences).Brian Myles (justice et faits de société).Ixniise-Maude Rioux Soucy (santé).Alexandre Shields (général), l’hilippe Papineau (pupitre) ; infnrmatkin poHtkpie : Michel David (chroniqueur).Hélène Buzzetti et Alee Castonguay (correspondants parlementaires à Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrlsac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen Ijévesque (reporter) : information culturelle : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Paul Cauchon (médias), Frédérique Doyon (reporter), Caroline Montpeüt (livres), Isabelle Paré (reporter), Odile Tremblay (cinéma), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) ; information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information), François Desjardins (reporter), Éric Desrosiers (reporter).Claude Turcotte (reporter), Dominique Reny (pupitre) ; information internationale Guy Taillefer (adjoint au directeur de l'information).Serge Truffaut (éditorialiste), Claude Lévesque (reporter), Jean-Pierre I-egault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Michèle Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) ; Benoît Munger (responsable du site Internet), Fmilie Folie-Boivin et Vincent Cauchy (commis Internet) ; Amélie Gaudreau (secrétaire d Ut rédaction), David Dumouchel et Etienne Plamondon-Emond (commis d la rédaction) DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Olivier Spéciel (Québec), Monique Bhérer (Ottawa).PUBLICITÉ Julie Chrétien (directrice adjointe), Amélie Bessette, Jean de Billy, Jean-François Bossé, Manon Boilard, Marlène CAté, Amélie Maltais.Claire Paauet Geneviève Pierrat, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebaï, Mélisande Simard (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire).PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Johanne Brunet Danielle Can tara, Richard Des Cormiers, Donald FiÜon, Yannick Morin.Nathalie Ze mal tie.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Caroline Simard (responsable service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie F'ilion, Marie-Lune Houde-Brisebols ; Jean-Robert Divers (responsable promotion).ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrdleur), Nicole Carmel (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Céline Furoy, Ghislaine Lafleur, Claudine Chevrier.Monique Protean.Danielle Ross.é r » A 10 LE DEVOIR, LE LUNDI 6 OCTOBRE 2 0 08 ACTUALITES AFGHANISTAN SUITE DE LA PAGE 1 une menace stratégique et qui puisse être maîtrisée par l’armée ajghane, a-t-il déclaré à l’hebdomadaire.Nous pourrions très bien quitter le pays en y laissant un faible, mais durable niveau d’insurrection en zone rurale.» L'opinion du général Carleton-Smith rejoint celle de nombre de diplomates et d’officiers de l'OTAN, qui prennent acte depuis quelque temps du fait que les talibans ne seront pas défaits par la force des armes et qurd faut négocier avec eux.«Si les talibans étaient prêts à s'asseoir à une table pour parler d’une solution politique, alors cela serait précisément le type de progrès susceptible de.mettre fin à ce type d’insurrection», a indiqué M.Carleton-Smith.«Les talibans ne négocieront jamais avec les envahisseurs», lui a rapidement rétorqué un porteparole du mouvement islamiste renversé en 2001 par les forces occidentales.«Nous avons dit par le passé, et nous le redisons une fins de plus, que les forces étrangères doivent se retirer sans aucune condition», a déclaré Qari Mohammad Yousuf à l’Agence de presse afghane (A1P), basée au Pakistan.Interrogé sur les propos du chef du contingent britannique, le ministre afghan de la Défense, Abdul Rahim Wardak, les a présentés comme «l’opinion personnelle» d’un officier et s’en est dit «déçu».«R faut que nous réussissions», a affirmé Wardak, en ajoutant que le succès dépendait de la stratégie des militaires britanniques déployés dans la province méridionale de Helmand.Quelque 8000 soldats britanniques sont déployés dans cette région pachtoune et se heurtent un peu plus chaque jour à la résistance année des talibans.Le président Hamid Karzaï a révélé, la semaine dernière, qu’il avait demandé à l’Arabie Saoudite de jouer les médiateurs entre son régime et le chef des talibans, le mollah Omar.Le gouvernement britannique avait nié samedi les allégations selon lesquelles il estime que la mission en Afghanistan est vouée à l’échec et que ce pays se porterait miaix s’il était gouverné par un dictateur acceptable.Mercredi, l’hebdomadaire satirique français Le Canard enchaîné a publié des extraits d’une correspondance par câblogramme entre l’ambassadeur britannique à Kaboul, Sherard Cowper-Coles, et un représentant français.Selon le journal, M.Cowper-Coles a affirmé qu’il serait mieux pour l’Afghanistan d’être gouverné par un dictateur acceptable et que l’opinion publique devrait être préparée à accepter une telle éventualité.L’ambassadeur aurait ajoute que la présence de troupes étrangères ajoutait aux problèmes de ce pays en aidant à consolider un gouvernement défaillant à Kaboul.Le Canard enchaîné cite également l’ambassadeur britannique disant que la stratégie américaine en Afghanistan était vouée à l’échec et que la présence des troupes étrangères faisait partie du problème, et non pas de la solution.Vendredi, sur son site Internet, le secrétaire britannique aux Affaires étrangères, David Miliband, a qualifié l’article du Canard enchaîné iï«embrouillé» et a assuré que son pays n’appuyait pas ridée d’une dictature à Kaboul Pour sa part, le poçte-parole du ministère fiançais des Affaires étrangères, Eric Chevallier, n’a pas voulu confirmer l’existence de ce câblogramme.D a cependant ajouté que les propos rapportés par Le Canard enchaîné ne correspondaient pas aux discussions que la France entretenait avec le Royaume-Uni à propos de l’Afghanistan.Layton se réjouit Pour le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), qui faisait campagne hier matin à Saint-Jean, à Terre-Neu-veet-Labrador, les propos de M.Carleton-Smith concordent avec la vision du NPD et des Canadiens qui souhaitent que les troupes canadiennes quittent l’Afghanistan.Selon le chef néodémocrate, Jack Layton, les forces de la coalition et de l’OTAN en Afghanistan ne peuvent gagner cette guerre, telle qu’elle est menée présentement Le temps presse d’envisager des pourparlers de paix pour mettre un tenne aux actions des insurgés talibans.Il s’est dit «encouragé» par les mots du commandant britannique.Le ministre de la Défense, Peter MacKay, a réitéré la position du gouvernement conservateur selon laquelle toute négociation avec les talibans devrait être dirigée par le gouvernement afghan.Le ministre, qui se trouvait Mer, également à Saint-Jean pour soutenir les conservateurs, a ajouté que M.Layton avait tort d’interpréter les remarques du haut gradé britannique comme un appui à la position néodémocrate.«La position de M.Ijiytm est que nous devrions capituler complètement et nous asseoir avec les talibans pour leur parler, ce qui est impossible pour le gouvernement canadien», a soutenu M.MacKay.D n’a pas dit s’il croyait qu’une victoire était impossible en Afghanistan.Mais il a ajouté avoir lu les conunentaires du commandant Carleton-Smith avec «grand intérêt» parce que le militaire britannique appuie la position conservatrice voulant que c’est le gouvernement afghan qui doit mener toute discussion avec les talibans.Cependant, l’article du Sunday Times ne dte pas le brigadier tenant de tels propos.La volonté de Jack Irayton de mener des négociations de paix avec les talibans pour mettre un tenne à la guerre en Afghanistan a été tournée en ridicule par les conservateurs, il y a deux ans.Le gouvernement Harper l’avait même surnommé «Taliban Jack».Plus de 70 000 soldats étrangers sont aujourd’hui déployés en Afghanistan, où la violence atteint désormais un niveau inégalé depuis la chute du régime taliban.Le Devoir Avec La Presse canadienne, Reuters et P AFP Rectificatifs Dans le caMer Livres du samedi 27 septembre, nous avons écrit que Roger Chartrand avait reçu le prix Robert-Prévost à titre posthume.11 aurait évidemment fallu lire que c’est l’historien Robert Prévost qui était passé de vie à trépas, Roger Chartrand étant lui-même bien vivant Nos excuses.?Une erreur s’est glissée dans l’éditorial du vendredi 3 octobre «Le ventre de Faina».La dernière phrase était incomplète.Pille aurait dû se lire ainsi; «L’idée de traité fait très laborieusement son chemin depuis 2006; l’affaire du Faina n’est que la spectaculaire partie visible de licebeig.» ?Le titre de l’article «La Cour suprême rabroue le SPVM et la Couronne», publié dans notre édition du jeudi 2 octobre, contenait une erreur.Comme le précisait bien le texte, U s’agissait d’un jugement de la Cour supérieure, et non de la Cour suprême.MARTIN SUITE DE LA PAGE 1 Ainsi, Paul Martin estime qu’une «des décisions les plus inexplicables» de Jean Chrétien aura été de changer le mode de financement des partis politiques, en limitant à 5000 $ les sommes qu’un militant ou une entreprise peut verser à une formation.Pour le PLC qui était abonné aux généreux dons des banques (à coup de 100 000 $), cela a fait mal.Une décision, écrit Paul Martin, «dont le but semble avoir été d’entraver la marche du Parti libéral».M.Martin rappelle qu’aucune période de transition n’avait été prévue.Cela conférait donc au parti de Stephen Harper un avantage certain, lui qui avait pris le pari du financement populaire dix ans plus tôt Aujourd’hui, le Parti conservateur recueille près de quatre fois plus de dons que le PLC, ce qui lui a permis d’inonder le pays de publicités négatives à propos de Stéphane Dion avant le déclenchement des élections.«Les effets débilitants de la loi sur le parti [libéral] furent graduels; ils ne furent pleinement ressentis qu'après que je me fus retiré et que j'eus été remplacé par Stéphane Dion.C’est lui, et je le dis avec regret, qui a le plus souffert d’une loi dont l’objectif premier était vraisemblablement de me nuire.» Commandites Un chapitre entier porte sur le fameux scandale des commandites ayant empoisonné son passage à la tête du pays.Pour Paul Martin, un constat s’impose: Jean Chrétien a voulu lui nuire en n’affrontant pas lui-même la tempête.«J’étais en colère contre Jean Chrétien, qui m’avait laissé cette bombe à retardement», écrit-il.Il faut se rappeler que M.Chrétien avait prorogé la Chambre des communes en novembre 2003, même si son successeur ne devait entrer en fonctions qu’un mois plus tard.La vérificatrice générale n’avait donc pas pu déposer au Parlement son rapport si dévastateur.«En acceptant de recevoir le rapport à cette date, il aurait fait preuve de responsabilité et aurait protégé l’avenir de son parti», écrit avec amertume M.Martin à l’endroit de Jean Chrétien.«Soit parce qu’il craignait que son héritage ne fût entaché parle scandale des commandites, soit en raison de son aigreur à mon égard — il est seul à pouvoir trancher cette question —, il fit en sorte de retarder la publication du rapport de la vérificatrice générale jusqu’à ce que j’aie pris sa place au 24, Sussex.L’ironie de la situation dans cette triste affaire est que, plus tard, Jean Chrétien et les gens de son entourage critiquèrent sévèrement la manière dont je m’étais occupé du rapport de la vérificatrice générale, alors que lui et ses collaborateurs avaient délibérément choisi de rejeter sur moi la responsabilité de réparer ce gâchis.» Paul Martin ne regrette pas pour autant d’avoir entamé en «beau jouai vert» sa tournée du Canada, pendant laquelle il disait aux gens partager leur colère, ni d’avoir demandé une commission d’enquête.A ce chapitre, il note que son cabinet était divisé sur la question: «Seuls quelques ministres québécois préconisaient une enquête judiciaire, alors que ceux du reste du Canada étaient pour la plupart favorables à une telle enquête», écrit-il.A l’époque, M.Martin comptait huit ministres du Québec: Herre Pettigrew, Lucienne Robillard, Irwin Coller, Jacques Saada, Hélène Scher-rer, Liza Frulla, Denis Coderre et Denis Paradis.Aux libéraux et autres analystes qui l’accusent d’avoir coulé sa formation politique, il répond ceci.«Comprenons-nous bien: ce sont les méfaits révélés d'abord par la vérificatrice générale, puis par la commission Gomery qui ont nui au parti.La condamnation que j’en ai faite était juste au niveau du principe, et il se trouve qu’elle l’était également sur le plan politique.[.] Nous avons tout de même fini par perdre la bataille de la communication sur la question des commandites.Franchement, je ne sais pas si nous aurions pu la gagner.» SUITE DE LA PAGE 1 d’apporter mon aide là où les populations en ont le plus besoin et ainsi de mettre la personne humaine au-dessus de toute autre considération, explique le professeur à la faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke./of embrassé la dimension internationale de notre profession pour vivre la médecine comme un désir d’humanité.Mon plus grand souhait est que Ton puisse conserver cette volonté de ne pas tolérer l’inhumain, de refuser la banalisation de l’injustice dans un monde placé sous le signe de la violence.» Un désir d’aider doublé duq parcours on ne peut plus riche.Né à Cuba, Vincent Echavé quitte File avec ses parents alors qu’elle est en'pleine ébullition révolutionnaire.Il consacre alors plusieurs années à voyager pour parfaire sa formation en médecine, d’abord à Madrid, puis en Suisse, où il se spécialise en chirurgie générale et thoracique.Ensuite, direction le Québec, où il fait son internat rotatoire à Sherbrooke et sa résidence en chirurgie générale à l’Upiversité McGill, puis à l’Université de Miami.Le Dr Echavé effectuera aussi des spécialisations en chirurgie vasculaire et oesophagienne.Les missions «chirurgicales» Ayant obtenu sa citoyenneté canadienne, le médecin s’établit à Sherbrooke à partir de 1979.Entre ses premiers pas qn clinique et ses multiples spécialisations, Vincent Echavé ne tarde pas à s’intéresser à l’aide humanitaire: «Je me suis impliqué avec Médecins sans frontières en 1990.» A partir de ce moment, il multiplie les «missions chirurgicales» un peu partout sur le globe, «dans des endroits où les situations tragiques, malheureusement, ne manquent pas».Des pays que plusieurs ne connaissent que par les bulletins d’information faisant état des conflits, des sinistrés et de la misère humaine: Rwanda, Burundi, Ethiopie, Haïti, Bangladesh, Kosovo, Sierra Leone, Sri Lanka, Colombie, République démocratique du Congo, Côte d’ivoire, Tchad et Darfour.«La situation y est désastreuse parce que ces pays ne connaissent pas la paix, donc les services de santé sont dans un état déplorable.I«es plateaux techniques n’exis- CHRIS WATTIE ARCHIVES REUTERS Paul Martin estime que Jean Chrétien a mal interprété ses intentions.À.La GRC responsable Malgré tout ce scandale, Paul Martin n’est pas convaincu que ce sont les commandites qui aient entraîné sa chute aux élections de janvier 2006.Le responsable se trouve davantage du côté du commissaire Giuliano Zaccardelli, «encore respecté à l'époque», écrit-il.Trois jours après Noël, en 2005, la GRC confirme qu’elle a ouvert une enquête à propos d’une possible fuite émanant du ministère des Finances de Ralph Goodale concernant la politique à venir sur les fiducies de revenus.«Le moment décisif de la campagne», selon M.Martin.Les politiciens seront plus tard blan-cMs.Seul un fonctionnaire avait tenté d’utiliser l’information pour son bénéfice personnel.M.Martin rappelle que la GRC ne confirme jamais qu’elle mène ou non une enquête.En outre, le grand patron de la GRC avait modifié lui-même le communiqué de presse diffusé.«Dans mon esprit, il n’y a aucun doute que Zaccardelli a eu un comportement tout à fait déplacé.La seule question qui reste est de savoir si sa conduite s’explique par l’ineptie ou s’il s’agissait d'un acte malicieux prémédité.A mon avis, personne ne peut être inepte à ce point.» M.Martin ne s’explique le comportement de Zaccardelli que de deux façons.«Se vengeait-il de ma décision de déclencher l’enquête Arar?Cherchait-il à se faire bien voir des conservateurs?» A propos de Maher Arar, justement, ce Canadien KANDAHAR tent pas, et on travaille avec des moyens de fortune.C’est triste, mais c’est une réalité.» Et toute cette détresse est le plus souvent provoquée par une poignée de dirigeants et de seigneurs de guerre.«Ces crises humanitaires suivent en général des crises politiques qui ont des conséquences comme l’effondrement total des soins de santé.Et là où il y a des conflits armés, il y a aussi un détournement des ressources financières vers la guerre.On Perd le peu qui était destiné aux soins de santé.En Ethiopie, par exemple, on se retrouvait avec un hôpital où il n’y avait même pas un thermomètre qui fonctionnait.» Le Dr Echavé se souvient d’avoir vu, en Sierra Leone, des hélicoptères décollant d’un aéroport privé et transportant des négociants étrangers venus brasser des affaires d’or grâce aux diamants dont regorge le sol de ce petit pays.Pendant ce temps, tout près, des Sierra-Léonais se faisaient couper des bras à coups de machette.«Ces pays présentent, pour les chirurgiens, des défis énormes.» Parce que l’on manque de tout «Les besoins sont immenses, les ressources limitées et les infrastructures désuètes.Je me souviens d'un enfant amené à l’hôpital, au Rwanda.J’ai réussi à faire une radiographie parce qu’il y avait encore, heureusement, un appareil qui fonctionnait.Et j’ai vu une épingle rouillée qui était coincée dans son nez depuis des semaines.J’ai pu la lui enlever, mais je n'en revenais pas de voir cela.» Le sentiment d’impuissance Le sentiment d’impuissance est aussi très présent «Souvent, on parvient à sauver les patients, mais, parfois, on les perd.On fait le bon diagnostic, on les opère, puis, en période postopératoire, ils auraient besoin de soins intensifs, de respirateurs, etc.Mais là, il n’y a rien, donc on perd des gens que Ton sauverait ici.» Le même triste constat vaut pour des maladies jugées bénignes au Québec.«On sait par exemple que, dans le monde, environ 10 millions d’enfants meurent en bas âge chaque année.Ils souffrent de déshydratation, de gastros, d’infections respiratoires, de rougeole.Tout cela sur fond de malnutrition.Les enfants sont donc dans un état lamentable, avec un système immunitaire effondré.Ils meurent devant vous, et c'est une catastrophe.» expulsé vers les geôles syriennes par les États-Unis, Paul Martin explique avoir déclenché une commission d’enquête parce qu’il n’arrivait pas à obtenir des informations satisfaisantes des agences canadiennes de renseignements.«Tout était extrêmement embrouillé.» Guerre intestine De longs chapitres de cette autobiograpMe s’attardent à l’inimitié qui existait entre l’auteur et Jean Chrétien.Paul Martin dresse le portrait d’un homme — lui-même — dont les intentions ont souvent été mal interprétées par son rival.Les tentatives de renversement qu’on lui imputait ^’étaient souvent, à son avis, que des maladresses.A un point tel que Paul Martin fimt par laisser de lui une image d’un politicien naif, dépourvu d’instinct et dépassé par la joute que lui faisait jouer son entourage.Ainsi, il raconte que Dennis Dawson, un de ses col laborateurs aujourd’hui sénateur, avait publiquement dénoncé le renvoi à la Cour suprême au sujet de la clarté référendaire.Pourtant, M.Martin était d’accord avec la démarche (voir autre texte en page A 3).«Les proches de Chrétien y virent un acte de défi qui n’était pas sans rapport avec notre rivalité concernant la direction du parti.Ils se trompaient, mais on n’y pouvait rien», écrit-il.Paul Martin confirme dans son livre qu’il a appris son expulsion du cabinet, le 2 juin 2002, à la radio.Jean Chrétien avait demandé à ses successeurs éventuels de cesser leur course larvée au leadersMp, à défaut de quoi ils perdraient leur siège au cabinet «Vers la fin de l’après-midi, Sheila et moi reprîmes la route d’Ottawa.En conduisant, je mis la radio sur CBCpour écouter l’émission Cross Country Checkup.Cest alors que nous avons appris que John Manley était assermenté comme ministre des Finances.Cest ainsi que fai “été démissionné’’.» Notons enfin que l’incapacité légendaire de Paul Martin à trancher des questions rapidement et son obsession pour les consultations l’auront suivi jusque dans la rédaction de ses mémoires.D raconte en prologue qu’il ne s’est pas contenté de prendre la plume.Il a consulté une quarantaine de personnes comme un historien l’aurait fait «A ma suggestion, écrit-il, Sean [Conway, le directeur du projet littéraire] a organisé une série de tables rondes avec plusieurs des personnalités politiques et des fonctionnaires qui ont joué un rôle important dans ma carrière.[.] Le plus souvent, je commençais les discussions en table ronde avec Sean et Paul [Adams, le rédacteur] en faisant le résumé des événements tels que je me les remémorais, puis j’invitais les gens présents autour de la table à me corriger, ce qu’ils s’empressaient de faire.» Le Dr Èchavé garde d’ailleurs un souvenir plus qu’amer de ces cas.«Nous sommes confrontés à des défis, à des frustrations et à des douleurs énormes en pensant qu’ici on pourrait faire un bon travail.Et on se dit: comment est-ce possible qu’une telle situation existe?» Médecins sans frontières s’est d’ailleurs donné le mandat de témoigner de ces situations, mais aussi de les dénoncer.Bref, sortir de leur torpeur quotidienne les populations qui vivent loin des crises humanitaires aiguës.«La parole peut être dangereuse, mais le silence tue, dit-il.Donc, on parie et on dénonce, malgré les risques pour nos envoyés.On a déjà eu des décès parmi nos membres, notamment dans le nord de TAfgfianistan.» Les limites de l’humanitaire Malgré toute la volonté des ONG, Vincent Échavé constate les limites de l’aide humanitaire, surtout si la communauté internationale continue de garder le silence.«Les intérêts des grandes nations passent avant la vie humaine, lâche-t-il.On en est encore à ce point de barbarie.On a peu évolué.» Il cite en exemple la timidité de plusieurs à s’ingérer dans les affaires d’un Etat «Je pense que la souveraineté des Etats ne doit pas être au-dessus de la vie humaine, de la justice et de la dignité.R y a des situations où la non-ingérence doit s’arrêter au moment où naît le risque de non-assistance.» En 2005, l’ONU a effectivement admis l’existence d’une responsabilité de protéger les nations contre les génocides, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité.«Pourtant, dans le cas du Darfour, il n’y a rien qui bouge.On est victime du Conseil de sécurité et du droit de veto de ses membres.Chacun défend ses intérêts.Cette fois-ci, c’est la Chine qui bloque tout parce qu’elle lorgne les réserves pétrolières du Soudan.» Selon lui, il faudrait donc élargir le Conseil de sécurité, mais en y incluant «des pays neutres, qui n’ont pas d’intérêts comme ceux qu’on voit et qui ne sont pas d’anciennes puissances coloniales.On doit changer la structure des Nations unies, une entité complètement paralysée».Sans quoi, c’est le monde qui se condamne à X«inaction totale».Le Devoir Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 nos troupes plus tôt, car nos soldats épuisés avaient besoin d’une “pause opérationnelle” pour récupérer et se recycler.De plus, il y avait des avantages logistiques à Kandahar en raison de sa proximité par rapport à Kaboul, ce qui nous permettait de tirer profit de la chaîne d’approvisionnement que nous avions déjà installée sur les lieux», écrit-D.Bref, si retard il y a eu, ce n’est pas sa faute.«R est possible, comme certains l’ont soutenu par la suite, que le projet d’intervention à Kandahar ait été retardé par des disputes entre les ministères de la Défense et des Affaires étrangères.Mais, lorsque le dossier arriva sur mon bureau, à la fin de l’hiver2005, la décision fut sans détour et prise au bout de quelques semaines seulement.» M.Martin estime d’ailleurs à ce chapitre que si la mission est devenue si dangereuse, et mortelle pour les troupes canadiennes, c’est parce que le nouveau gouvernement conservateur a voulu aller trop vite.Il a voulu «défricher» par les armes trop de territoire avant d’en avoir vraiment conquis «les cœurs et les esprits».Paul Martin écrit dans ses mémoires que la mission en Afghanistan est également devenue plus dangereuse pour tout le monde à cause de la décision américaine d’envahir l’Irak.«Si le passage d'un 'régime taliban à un gouvernement élu par les Afghans fut décevant, ce doit être, en partie, parce que l’administration Bush s’est engagée dans une aventure plus large et plus douteuse en Irak, dont le lien avec les attentats du 11-Septembre a été évoqué à de nombreuses reprises sans jamais recevoir d’explications appropriées.» Paul Martin reproche aussi à l’équipe de Jean Chrétien de s’être trop engagée au sujet de la lutte contre les changements climatiques sans proposer de moyens pour y parvenir.«Jean Chrétien tenta de ratifier l’entente de Kyoto sans avoir aucun plan de mise en œuvre.[.] À la Chambre, je fus contraint de choisir entre le traité, que j’appuyais, et les promesses vides du gouvernement, qui me semblaient un tour de passe-passe.Je finis par décider que le principe était trop important pour que je lui refuse mon appui, même si je devais attendre d’avoir les rênes du pouvoir pour élaborer un plan à cet égard.» Le Devoir s / bvjnAVb « Les intérêts des grandes nations passent avant la vie humaine » LE DEVOIR www.ledevoir.com MD ; bureaux du Devoir sont situés 2050, rue De Bleury, 9r étage, ntréal (Québec), H3A3M9 E3Place-des-Arts sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.iseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courrier La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (sans frais) 514-985-3333 514-985-3360 redaction@ledevoir.com 514-985-3399 514-9853390 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-9853344 Par télécopieur 514-9853340 Par courrier avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-9853322 Par télécopieur 514-9853340 Les abonnements Au téléphone 514-9853355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur 514-9855967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 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