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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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  • Journaux
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Références

Le devoir, 2004-08-25, Collections de BAnQ.

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INTERNATIONAL Haïti, Irak, Venezuela, Soudan CANADA Construction d'un gazoduc dans le grand Nord CULTURE FFM — Entrevue avec François Margolin i LE JOURNAL V0L11 • NO.l / SEPTEMBRE 2004 UN JOURNAL POUR UN MONDE DIFFÉRENT WWW.ALTERNATIVES.CA Une fleur dans le sable de Jabalya À tous les jours de l'hiver ou de l'été, le camp de réfugiés de Jabalya s'éveille sur ses dunes sablonneuses.Dans les ruelles défraîchies et à travers des terrains vagues remplis d'eau, des milliers d'enfants s'agitent sous le soleil de plomb.Un peu plus loin, le bruit des hélicoptères de combat se fait entendre.Vue de bin, Gaza est un enfer insupportable Mais on vit, on rêve, on chante, on se marie, on joue avec ses enfants, on plante des fleurs.PHOtO:® JOSÉE LAMBEHT Chaque semaine, les morts s’accumulent.Souvent des enfants, comme ces deux gamins tués à Rafah dans le sud de Gaza la semaine dernière.En juin seulement, 25 000 personnes ont été jetées à la rue par l’armée.Sur d'interminables check points, les Palestiniens de tous les âges se font intimider et insulter par les soldats et les colons.Et maintenant, les gens ont faim.24 000 travailleurs palestiniens, le cheap labour habituel de l'industrie de la construction israélienne, sont confinés dans l'immense prison à ciel ouvert qu'est devenue la bande de Gaza.Conséquence, selon l'Agence des Nations unies présente dans les camps palestiniens (UNWRA) : 50 % de la population n'a plus assez d'argent pour subvenir à ses besoins essentiels.« Il faut le voir pour le croire, raconte Christine Messier, qui gère des centres de formation pour les femmes à Gaza pour Alternatives.Une misère qui n’est pas nouvelle pour les Palestiniens de Gaza.• Une prison à ciel ouvert Déjà en 1972, Ariel Sharon, alors commandant militaire, avait entrepris de « nettoyer » les camps palestiniens.Depuis, avec des hauts et des bas, la confrontation est quotidienne.«Aujourd'hui, ce qui fait mal, explique Christine Messier, c'est la fragmentation et l'encerclement du territoire.Non seulement on ne circule pas entre Gaza et le reste de la Palestine ou du territoire israélien, mais c’est difficile à l'intérieur même de G a/a.» La collègue palestinienne de la jeune Québécoise, Niveen Abu Salim, habite à quelques kilomètres de Jabalya.Un jour sur deux, elle ne peut se rendre à son travail car son village, Deir El Balah, longe Netzarim, une colonie de peuplement.L'armée israélienne empêche régulièrement les gens de circuler.Selon Mustafa Barghouti, un médecin qui anime une organisation non gouvernementale (ONG) palestinienne active dans le domaine de la santé, la stratégie israélienne consiste « à fragmenter le territoire palestinien en minizones semi-autonomes, ce qui facilite le contrôle militaire et vise à "retribaliser" la société palestinienne ».Un peu partout, des « hommes forts » s'imposent et gèrent la vie des gens.Ce sont des Palestiniens, pistonnés par les autorités d’occupation et libres de circuler.À Gaza, j’un de ces hommes est Mohamed Dahlan.La population ne craint pas de le pointer du doigt.Il provient du sérail de Yasser Arafat, mais s’est séparé de son chef depuis quelques années.Dans les médias israéliens, il est présenté comme celui qui remettra de « l'ordre », dans le cadre du retrait annoncé par Ariel Sharon.Dernièrement, de violents conflits ont éclaté entre diverses factions palestiniennes « pro-Arafat » et « anti-Arafat ».Ces querelles n'ont rien de politiques, elles relèvent plutôt de l'affaiblissement de l'appareil d'État palestinien.Depuis 2002, le président Arafat est confiné dans un bunker à moitié démoli à Ramallah, et l'administration de Gaza est totalement incapable de maintenir l'ordre.Conséquence : des symptômes morbides affectent la société palestinienne.Par exemple, des tabous profondément inscrits dans la société palestinienne, comme l'interdiction de harcèlement à l’encontre des femmes, sont brisés.De jeunes désespérés, kalachnikov en mains, se croient tout permis.L'occupation et la haine La vaste majorité des Palestiniens est très critique à l'endroit de la gestion de Yasser Arafat, et notamment de la corruption qui sévit au sein de son administration.« Cependant, explique Christine Messier, les gens sont aussi conscients que la volonté israélienne de marginaliser Arafat n'a pas pour but d'améliorer la vie des Palestiniens, bien au contraire.Personne n'est dupe non plus du soit disant plan d'évacuation de Gaza qui sera, selon toutes probabilités, un simple redéploiement de l'occupation militaire.» En attendant, l'occupation est dévastatrice.Selon Je docteur Eyad Sarraj, un psychiatre bien connu de Gaza, « environ 25 % des adultes ont été à un moment ou l'autre emprisonnés par l'armée israélienne et 70 % de ces individus ont été torturés.On nous dépeint parfois comme des êtres violents, qui enseignent à leurs enfants la haine.Mais franchement, à Gaza, personne n'a besoin de se faire dire quoi que ce soit.Les conditions de vie, la misère au quotidien mènent sans explication ni encouragement à détester l’autre.» Le psychiatre palestinien espère cependant que les gestes courageux que posent chaque jour des militants pacifistes israéliens puissent faire une différence.Parmi tant d'autres, la résistance d'un Adam .Keller, arrêté et malmené par des soldats israéliens alors qu'il manifestait contre la répression à la frontière entre Gaza et Israël en juin.Étonnante floraison Vue de loin, Gaza est un enfer insupportable.Mais on vit, on rêve, on chante, on se marie, on joue avec ses enfants, on plante des fleurs.Comme le résume la chargée de mission, Christine Messier, « la société palestinienne absorbe le choc, apprend à composer, se suffit à elle-même, par l’entraide, la coopération, la force des liens familiaux.» Tout le monde s'occupe des enfants, qui représentent 50% de la population, et qui sont partout.Les familles dont les maisons sont détruites sont immédiatement accueillies par des parents ou des voisins.Chaque événement social est vécu par la communauté comme une célébration à la vie.Dans les centres de formation où travaille Christine, de nouvelles générations de jeunes femmes apprennent • à prendre la parole, à définir leurs besoins ».Grâce à des structures de participation originales qui rejoignent plus de 3 000 femmes, on assiste à « une étonnante floraison d’activités et de projets, souvent hors des sentiers battus ».Le success story de l’année a d’ailleurs été la formation de 18 jeunes sauveteures, du jamais vu à Gaza ! « Maintenant, huit de ces jeunes filles sont employées par la municipalité pour surveiller les femmes et les enfants qui ont accès à la plage, mais qui avaient auparavant peur de s’y aventurer sans surveillance.» Les organisatrices du projet ont dû s'expliquer, rencontrer l'iman d'une mosquée voisine qui s'inquiétait de ces pratiques « non-orthodoxes ».« Au bout de la ligne, explique la jeune femme, non seulement tout le monde a été convaincu par l'expérience pilote, on a vu que oui, c'était possible de s'organiser, à une petite échelle, pour profiter un peu de la vie.» S'entêter, durer, résister En dépit de tout, les Palestiniens rêvent encore.« Au moment des premiers accords de paix, raconte Eyad El-Sarraj, il fallait voir les jeunes accueillir les soldats israéliens avec des fleurs et des gâteaux.Ce sont ces mêmes chebab (jeunes) qui les affrontaient avec des pierres quelques jours auparavant.» Aujourd'hui, il y a une énorme déception, un sentiment d’avoir été trompé.Les colonies qui ne cessent de grandir, le mur de la honte érigé pour emmurer la population palestinienne, la répression qui ne relâche pas.Mais rien n'est terminé.Le docteur Sarraj croit que la seule solution du côté des Palestiniens est la résistance non- violente.Avec d'autres leaders communautaires et des intellectuels, il a signé récemment une pétition adjoignant les organisations palestiniennes de mettre fin aux attentats-suicides perpétrés contre des civils israéliens : « La paix n'est pas seulement un traité, c'est une relation, une réconciliation, une thérapie.Les Israéliens, ce sont nos ennemis et ce sont nos frères, il faudra un jour s'entendre.» FRANCF.-IsABKI.Lt LaNOUFIS Repères bande de Gaza La Cisjordanie et la bande de Gaza forment la Palestine aussi appelée territoires occupés.La Cisjordanie est bordée à l'est par la rive occidentale du Jourdain, à l'ouest par la « ligne verte », frontière israélo-jordanienne avant l’invasion israélienne.Très vallonnée et assez aride, elle n'offre quasiment aucune ressource naturelle.La bande de Gaza, composée de dunes de sables, d'une superficie de 363 kilomètres de long et large d'une dizaine de kilomètres, est un territoire où s'entassent environ 1,2 million de Palestiniens, dont 75% sont des réfugiés ou des enfants de réfugiés de 1948, expulsés de ce qui constitue aujourd’hui Israël.Environ 400 000 personnes vivent dans les camps des Nations unies, 50 % de la population est âgée de moins de 15 ans.Quelques dates 1948: Fondation de l’État d'Israël.Première guerre israélo-arabe.Avant 1948 la bande de Gaza était sous le mandat britannique de la Palestine, puis, jusqu'à 1967, sous contrôle égyptien.Depuis juin 1967, le territoire est occupé par Israël.1987 : Début du soulèvement populaire palestinien, Intifada, dans les territoires occupés, Cisjordanie et Gaza.1993 : Signature d'un accord entre Israël et l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), dit Accords d'Oslo, entérinant leur reconnaissance mutuelle et prévoyant l'autonomie des territoires occupés.Juillet 2000 : Le sommet de Camp David II réunissant Ehoud Barak et Yasser Arafat à l'initiative du président américain Bill Clinton se solde par un échec, après 14 jours de négociations intenses.28 septembre 2000 : La visite du général Ariel Sharon, chef du Likoud, sur l'esplanade des mosquées à Jérusalem, déclenche des affrontements dans les territoires palestiniens qui font 35 morts et prés de 1 000 blessés en trois jours.Ces émeutes marquent le début de la seconde Intifada.Avant celle-ci, l'économie de Gaza était estimée à environ 1 milliard de dollars US.Selon les Nations unies, l'économie palestinienne depuis l’an 2000 a chuté de 50 %, à la suite des restrictions de circulation imposées par les autorités israéliennes.2004 : Le «Mur de sécurité » construit par Israël annexe une zone de 975 kilomètres carrés.Il est construit à proximité de la ligne de cessez-le-feu de 1949, dite « Ligne verte », mais, en plusieurs endroits, il s'en éloigne de plus de 22 kilomètres pour intégrer des colonies juives en encerclant des agglomérations palestiniennes, où sont enclavés 160 000 Palestiniens.Gaza est entièrement encerclée par le Mur érigé par Israël.Les frontières terrestres de Gaza, avec l'Égypte et Israël, ainsi que le littoral sont sous contrôle israélien.En vertu des Accords d'Oslo, Israël maintient son contrôle militaire sur 42 % de la bande de Gaza dont la majeure partie est réservée aux 6 000 colons israéliens (5 % de la population).Les Israéliens maintiennent également des bases militaires, des routes de contournement, une zone tampon le long de la frontière, ainsi que des « zones jaunes » — zones de population palestinienne sous contrôle militaire israélien.En vertu de la quatrième Convention de Genève, les colonies sont illégales, car < une force occupante ne peut transférer une partie de sa propre population dans les territoires qu'elle occupe ».¦ Egypte t 2 I n t e r n a t i c n a Haïti, entre enclume et marteau fWFO .© FRANÇOIS CARHIÈRf / ACOt Les 15 pays membres de la Communauté des Caraïbes (la CARICOM) ne s'entendent pas sur la question de la réintégration d'Haiti au sein de la communauté régionale.Une impasse de plus pour Haïti, au moment où des mécanismes fragiles de redressement de la paix, de la démocratie et de la sécurité sont mis en place par diverses organisations multilatérales.La sortie de la crise haïtienne s'en voit davantage compromise.Afin d'orienter leurs efforts de reconstruction d’Haiti, les organisations multilatérales sous l'égide du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale et de la Commission européenne ont réuni, pour consultation, des experts haïtiens et étrangers pour sortir Haïti de la crise, et déterminer les priorités de développement à court, moyen et long terme.Les discussions ont débuté en mars, et le 6 mai des recommandations ont été traduites en plan d'action.11 s'agit du Cadre de coopération intérimaire (CCI) qui propose pour une période de deux ans une série de mesure dites transitoires, dont l'application a déjà débuté.Cependant») une vingtaine d’organisations de la société civile haïtienne n’ont pas tardé à réagir et à critiquer la nature de cette consultation.Un communiqué datant du 11 juin dénonce le fait que ce soit des acteurs externes qui déterminent les priorités du pays.Selon ces derniers, il s'agit d'une approche qui « exclut toute participation réelle des secteurs majoritaires et vulnérables d'Haïti traditionnellement ignorés dans les processus de décision qui engagent l'avenir du pays ».Or, si dans le document du CCI, il est effectivement affirmé que « le gouvernement de transition souhaite réconcilier la nation avec elle-même en impliquant toutes les composantes de la société et en favorisant un dialogue politique », les documents synthèse des rencontres ne sont pas disponibles en créole, la langue de la majorité.En fait, ce que craignent les organisations ayant signé ce communiqué, c'est que le cadre de coopération mis en place « colore les orientations politiques » du gouvernement au-delà du mandat intérimaire.L'un des représentants des organisations non gouvernementales (ONG) canadiennes qui a participé à la rencontre des donateurs de Washington, les 19 et 20 juillet derniers, affirme que le CCI a été « parachuté en Haïti * et que cette « liste d’épicerie de mesures de redressement représente davantage un engagement envers la communauté internationale qu'envers le peuple haïtien ».La rencontre de Washington a en CL» — > Û O £ ‘'kg- C J-fü — Cl ULJ < ; VI SLU < d'ailleurs été boycottée par la majorité des organisations de la société civile haïtienne invitées à y participer.Ce plan de 18 mois s'élève à 1,37 milliards de dollars US.Les nombreuses conditionnalités financières imposées par les bailleurs de fonds jettent une ombre sur les retombées véritables du CCI pour les citoyens haïtiens.Ces mesures, qualifiées d'ultra libérales par les organisations, « augmentent le pouvoir des puissances étrangères sur la gestion interne du pays », et menacent la souveraineté nationale.À cela, s'ajoute la force internationale chapeautée par le Brésil, sur laquelle s'appuie le CCI.Soit près de 7 600 effectifs sous les ordres du général Heleno Ribeiro Pareira qui assument le suivi de la Force multilatérale intérimaire.La principale tâche de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) est de désarmer les populations et les groupes rebelles qui menacent la sécurité, stratégie certes indispensable à la mise en place d'un climat de confiance propice à la pratique d’une véritable démocratie.Ce que le groupe demande, c'est la mise en place d’un dialogue national pour susciter de véritables débats sur l'avenir du pays.Exigence qui, selon ces organisations, réduirait le risque de voir toute tentative internationale de médiation et de paix réduite à néant.Autrement dit, ces organisations mettent en garde contre une intervention unilatérale de la communauté internationale.En substance, elles semblent indiquer que celle-ci ne suffirait pas à assurer un climat de confiance, si les autres parties de la société civile ne sont pas incluses dans le plan.Un régionalisme fragile Les 15 pays membres de la Communauté des Caraïbes (la CARICOM) sont quant à eux partagés sur la réintégration d'Haïti au sein de la communauté.Il y a quelques mois, seule la Jamaïque, qui avait reçu Jean-Bertrand Aristide à son retour d'Afrique, se disait favorable à la réintégration d'Haïti dans la communauté.Une rencontre récente de la CARICOM, tenue à Georgetown en Guyana, n'a pas réussi à résoudre l'impasse.Cette fois, les gouvernements de Sainte-Lucie, de Saint-Vincent et de la Guyana s'opposent à la réintégration d'Haïti dans la communauté.Les mésententes tournent autour des conditions dans lesquelles s'est produit le départ d'Aristide le Carnet de voyage.29 février 2004.C'est que les pays membres de la CARICOM lançaient le mois précédent le départ d'Aristide une initiative régionale visant à réduire le chaos politique interne et rétablir l’ordre démocratique.Ce plan régional s'harmonisait autour des résolutions de l'Organisation des États américains (OEA) sur les droits de la personne, le désarmement du pays ainsi que sur la nomination d'un gouvernement transitoire.Ils lançaient un appel à l'aide, quelques jours à peine avant le départ d'Aristide.Mais toutes ces démarches sont restées marginales et sans réponse de la part de la communauté internationale qui disait chercher un consensus international.En fait, la destitution de l'ancien président ne figurait pas à l'ordre du jour du plan de la CARICOM.Depuis, ses membres déplorent les incidents de février, refusent de reconnaître le nouveau premier ministre intérimaire et se retirent de la force multilatérale de paix.Les gouvernements qui s'opposent à la réintégration d'Haïti au sein de la CARICOM créent ainsi un précédent.C'est donc la pleine reconnaissance du gouvernement de transition qui est sérieusement remise en question.Ce qui devrait avoir des conséquences sur le niveau de contribution des pays voisins à la reconstruction d'Haïti et risque de ralentir l'entrée de l'aide humanitaire.Cette situation expose à l'insécurité la paix dans la région et le compromis des pays voisins vis-à-vis de l'unité régionale.Elle questionne aussi et surtout le type de relation que souhaite entretenir la communauté internationale avec les acteurs immédiats de la crise.Lors de la rencontre des chefs d'État du 16 août, la CARICOM devait statuer sur la réintroduction d'Haïti en son sein.La décision devrait se faire connaître bientôt.Tania Vachon L’auteure est chargée de projets pour les Caraïbes pour Alternatives.de Ouagadougou 0, UAt J V v WN 1 ¦¦ À 17, 18 et 19 septembre 2004 UQAM M Salle Marie-Gérin-tajoie Pavillon Judith Jasmin 40S, rue Sainte Catherine (Est Montreal I *Aj»" 1 * A'*’* Universités africaines en péril ! Il y a un an exactement, je décrivais dans ces pages la dégradation des conditions d'enseignement au Niger, à la suite de la mise en place des politiques de restructuration du secteur de l'enseignement contenues dans les Documents stratégiques de lutte contre la pauvreté (DSRP).On retiendra, entre autres conséquences désastreuses : la mise à la retraite anticipée de 90 % du corps professoral ; leur remplacement par des « volontaires de l'éducation », gagnant moins du tiers du salaire des professeurs précédant et dont le droit à la syndicalisation leur est interdit ; fermeture de départements de l'Université de Niamey, dont celui de l'éducation ; et enfin, privatisation de plusieurs services universitaires - résidences, cafétéria, transport - ayant un impact direct sur la qualité et la quantité de ces services.De passage à Ouagadougou en juillet, quel ne fut pas mon désarroi d'apprendre que, bien que les étudiants et la fonction publique du Burkina Faso aient refusé la mise en place des politiques d'éducation élaborées par les DSRP dans leur pays, le gouvernement est tout de même allé de l'avant dans (application de ces politiques néolibérales.Les quatre étudiants rencontrés (Blandine, Harouna, Euphrasie, Ouiry), tous membres de (Association nationale des étudiants burkinabés (ANEB) et de la section universitaire du Mouvement burkinabé pour les droits de (homme et des peuples (MBDHP), me décrivaient une situation en tout point semblable à celle que mes amis du Niger déploraient il y a un an.« Seulement 20 % des étudiants ont accès aux repas de la cafétéria, s’insurgeait Ouiry.Depuis que ce service universitaire a été sous-traité, le contractant refuse de préparer une quantité suffisante de repas.» Et Blandine de renchérir : «Si on veut s'assurer d'avoir un repas du midi, on doit faine la queue dés 10 heures le matin ! » Harouna et Ouiry m'ont ensuite décrit la situation déplorable des résidences.On y dort à quatre par chambre, pourtant conçuent pour une personne.L'endroit y est tellement exigu qu’on doit diviser les heures de sommeil.Pendant que deux chambreurs étudient de 20 heures à minuit, les deux autres donnent.A minuit, ceux-ci doivent laisser les lits aux premiers, qui bénéficieront de quatre courtes heures de sommeil à leur tour.Les étudiants engagés dasn la lutte contre les politiques de privatisation des services universitaires doivent, depuis 2000, également faire face au harcèlement de (administration de (Université de Ouagadougou.En raison de la forte mobilisation du Collectif contre (impunité au Burkina Faso - mis sur pied à la suite de (assassinat, en 1998, du journaliste Norbert Zongo - dans les milieux universitaires, les grèves d'étudiants ont causé une « année blanche», (année scolaire ayant dû être entièrement reprise.Depuis, (administration de (université force les étudiants, lors de (inscription, à signer une décharge qui dicte que tout étudiant pourra être renvoyé s’il prend part à des activités « tendant à perturber les activités universitaires ».Toute réunion, politique ou pas, doit également recevoir (aval de (administration afin de pouvoir prendre place sur le campus.Ces mesures, contraires aux libertés d'expression et d'association, n'ont toutefois pas réussi à décourager le militantisme des étudiants.Lors des récentes élections des délégués universitaires, 29 d’entre eux, sur un total de 30, proviennent de (ANEB, la plus progressiste et militante des associations étudiantes burkinabées.Les étudiants comptent également profiter du 10* Sommet de la francophonie, qui aura lieu à Ouagadougou à la fin novembre, pour faire valoir que le développement des pays africains ne pourra pas avoir lieu si les institutions financières internationales et les pays donateurs, qui financent et dictent les politiques des DSRP, persévèrent à sabrer (enseignement universitaire de leurs pays.François L'Écuyer L auteur est chargé de pro)sb pour rAMque « Alternatives «t revient d'une mteion en Afrique de rOueet.t > Li International J ü L'Irak de tous les dangers Mercredi 18 août, 1 300 délégués irakiens réunis au sein de la Conférence nationale irakienne, ont réussi à « s'entendre », non sans mal, pour former le Conseil national intérimaire — composé de 100 membres.Une sorte de Parlement provisoire, aux pouvoirs limités, encadré par l'occupation américaine, jusqu'aux élections prévues pour janvier 2005.Mais il est à craindre qu'à l'été meurtrier, ne succède l'année de tous les dangers.En juin, les autorités d'occupation américaines avaient déjà passé la main à un gouvernement irakien intérimaire, en douce, une journée plus tôt que prévue, par crainte des attentats.Le Conseil de sécurité des Nations unies avait alors donné son aval à ce nouveau gouvernement dirigé par lyad Allaoui.Le 18 août, le système retenu par la Conférence nationale irakienne, pour élire les 81 membres devant siéger au Parlement aux côtés des 19 membres de l'ancien Conseil intérimaire de gouvernement installé par les Américains au lendemain de la chute de Saddam Hussein, est celui des listes bloquées.À terme, deux listes ont été constituées.Soit l'une par les grands partis et l’autre par les indépendants.Mais la liste de ces derniers, ne rencontrant pas tous les critères exigés de quota quant à la représentativité religieuse, ethnique, régionale, etc.du pays, n'a pu être retenue.La présence des femmes, devant constituer au moins 25 % des membres, semble avoir été l'obstacle majeur pour les indépendants.De facto, c'est la liste présentée par les grands partis, et où ne figure que très peu la société civile, qui l'a emporté.Le gouvernement intérimaire, maintenant doté d'un Parlement intérimaire, entériné par la Conférence nationale irakienne, sans vote et avec quelques grincements de dents, pourra-t-il enfin assurer la sécurité des Irakiens ?Plusieurs en doutent, et les affrontements qui se multiplient aux quatre coins du pays indiquent tout le contraire.Tandis que la majorité des Irakiens reste hostile à la présence militaire des États-Unis, elle n'en demeure pas moins d'une extrême méfiance à l’égard du gou- vernement intérimaire, qu’elle considère fantoche, sachant très bien que ce sont les Américains qui continuent de tirer les ficelles pour cause de pétrole.Et de fait, en fonction des dispositions imposées par les autorités d’occupation au gouvernement intérimaire, celui-ci est étroitement contrôlé dans tous les aspects de sa gouvernance, y compris sur le plan économique.Mascarade Issam al-Khafaji, opposant et dissident du régime de Saddam Hussein, professeur de science politique à l’Université d'Amsterdam, et ancien consultant des Nations unies pour l'Irak, qualifie la situation de dangereuse et craint que tout cela ne mène à une nouvelle dictature.Le professeur qualifie de « mascarade » la présence américaine en Irak : « Tbut cela, n’a rien à voir avec l'intégrisme islamiste ou le terrorisme, il ne s'agit que de pétrole.» Il espère le retrait graduel mais rapide des troupes américaines — dont les effectifs s'élèvent à quelque 160 mille soldats, sans ' compter les « forces privées » —, accompagné par la formation d« une véritable armée et d'une véritable police irakiennes ».« La sécurité est la première des priorités, clame encore le dissident du régime de Saddam Hussein.Ensuite, on pourra former une Assemblée nationale.Ce qui, selon lui, sera impossible en janvier 200S, avec la situation qui se détériore de jour en jour.» C'est au gouvernement intérimaire que revient le devoir de rédiger la constitution.Or, plusieurs des joueurs politiques irakiens importants restent à l’extérieur de ce jeu, dont notamment l’ayatollah Sistani, principal leader chiite, qui sait qu'un trop grand rapprochement avec les États-Unis don- nerait des munitions à son adversaire, Moqtada El Sadr, dont la popularité est grandissante.Une popularité qui, selon l'intellectuel français, Pierre-Jean Luisard ’, spécialiste de l'Irak, dépasse le clivage confessionnel.Contrairement auxmembres du gouvernement intérimaire, toujours présentés comme les « représentants » de chacune des communautés : chiite, sunnite, kurde, chrétienne, etc.Alors, y a-t-il encore espoir ?Comment sortir de cette spirale infernale, et comment éviter la formation d'une nouvelle dictature ?Douteuse légitimité Issam al-Khafaji, depuis Amsterdam au téléphone, affirme calmement mais fermement que bien sûr que si qu'il y a moyen de renverser la vapeur.« Ça dépend de nous, les libéraux, les séculiers.Si nous demeurons silencieux, alors là oui, la même histoire se reproduira.» Bref, ce que souhaite le professeur, c'est une opposition civile organisée, libérale, ouverte, inclusive, démocratique, pour les droits des femmes, etc.Mais, d'abord ce qu'il faut, nous confie-t-il, c'est un premier ministre qui soit accepté tant par les Chiites que les Sunnites, les Kurdes, les chrétiens et tous les autres.Le professeur irakien s'explique : • je ne suis pas en train de dire qu’il existe en Irak un Nelson Mandela, mais je dis qu’il y a plus consensuel qu'Iyad Allaoui.» La légitimité du premier ministre est de fait très questionnée, car son passé n'est un secret pour personne, lyad Allaoui a été à l'emploi de la CIA pendant plusieurs années, tout en étant étroitement associé au régime de Saddam Hussein.Déjà entaché par son passé, Allaoui ne s’est pas rendu davantage populaire en déclarant dès son ar- PHOTO ©JÛStf lAMBERT -rÜsK» •- >2*^ » • ^ V.rivée au pouvoir sa volonté de rétablir la loi martiale et la peine de mort.Dans tout cela, le rôle de la communauté internationale demeure très flou.Pour le moment, il n’est pas question pour les Nations unies de rouvrir un bureau à Bagdad.Pourtant, pour Issam al-Khafaji qui pense bien parler au nom de la grande majorité des Irakiens, la présence des Nations unies est plus qu’impérative.Il ajoute : « Nous avons besoin des Canadiens, des japonais.» Sans doute pour diluer l’hégémonie américaine.Ainsi, le gouvernement intérimaire, tion, souffre d’un manque évident de crédibilité.Et pendant ce temps, une opposition civile, telle que souhaitée par Issam al-Khafaji, pouvant représenter une troisième force, peine à s'organiser, ne seralt-ce qu'à travers de petites initiatives citoyennes.Les conditions sont très dures, et la confrontation entre les forces d'occupation et la résistance armée ne leur laisse pas beaucoup de place.F.-I.L * Issam al-Khafall sera prisent lors des lournés d'étude d'Allernatlves.Voir publicité cl-bas.Pierre-Jean Lulzard, La question irakienne, Paris, Fayard, 2002.Un conflit inconnu Que se passe-t-il au Darfour ?S’agit-t-il d’un conflit ethnique entre tribus arabes et africaines ou d'un conflit sur fond de revendications politiques?Le Darfour est une province de l’ouest soudanais aussi grande que la France.Cet ancien royaume, rattaché au Soudan depuis 1916, compte 6 millions d’habitants issus de plusieurs tribus, toutes d’origine africaine et de confession musulmane.Ces tribus ont été arabisées au 14e siècle, mas l’arabe n’est la langue maternelle que d’une minorité d’entre elles, qui se considèrent « arabes ».Alors que les tribus s’estimant « africaines » parient encore aujourd'hui divers dialectes africains.Cependant, c'est le mode de vie qui différencie le plus ces tribus, les « arabes » étant essentiellement nomades alors que les « africaines » sont majoritairement paysannes.Cette différence a fat de l’histoire du Darfour celle d'une cohabitation difficile entre les deux groupes, avec des périodes alternées de détentes et de conflits sanglants, selon l'abondance ou non de l'eau et des pâturages.Bombe à retardement Toutefois, ces conflits ont souvent été exploités par le gouvernement soudanais qui a toujours appuyé les nomades.Ce choix peut s'expliquer par trois raisons principales.Premièrement, la majorité des gouvernements qui se sont succédés à Khartoum étaient issus de tribus « arabes ».Deuxièmement, le fait de perpétuer les conflits entre les tribus du Darfour devait les empêcher d’unir leurs voix, et de réclamer du gouvernement le développement de leur province déshéritée et négligée.La troisième raison est économique, car en se servant de tribus comme d’une force partisane, le gouvernement assoie son autorité dans la province sans avoir besoin d'envoyer des troupes régulières pour le maintien de l'ordre.Cette politique du « diviser pour mieux régner », ajoutée à l’explosion démographique et à la crise économique endémique, a fini par faire du Darfour une bombe à retardement.Et la situation a effectivement explosé au milieu des années 1980, avec la grande sécheresse et la famine, faisant 75 000 morts et entraînant un conflit meurtrier entre les paysans et les nomades.Durant les années 1990, les razzias menées par ces derniers sont devenues systématiques avec l'objectif affiché de s'emparer des terres des agriculteurs.L’apparition en 2003 de deux mouvements rebelles, le Mouvement de libération du Soudan (MLS) et le Mouvement pour la justice et légalité (MJE), a cependant marqué la transformation d'un conflit ancestral entre éleveurs et paysans en un conflit politique.Ces deux mouvements, issus de milices d’autodéfense villageoises formées par les paysans « africains », revendiquent en effet le partage du pouvoir et des richesses avec le gouvernement central.Ce qui n'est pas sans rappeler les revendications de la rébellion sudiste de John Garang, qui a combattu le gouvernement soudanais de 1983 à 2003.La réponse du gouvernement soudanais a été d'armer massivement les tribus « arabes » et de les lancer à l'assaut des villages « africains », avec le soutien de son aviation militaire.La communauté internationale, alertée par le nombre de morts (entre 10 000 et 30 000) et de déplacés (un million environ), ainsi que par les rapports alarmants des organisations humanitaires (le HCR, Amnistie internationale, Human Rights Watch), a fini par réagir.Les pressions exercées sur le gouvernement soudanais pour l’amener à arrêter les exactions au Darfour ont culminé le 30 juillet 2004, avec l’adoption du conseil de sécurité des Nations unies d’une résolution menaçant Khartoum de sanctions économiques et diplomatiques, si les milices « arabes » n'étaient pas désarmées avant le 31 août 2004.D’une crise à l'autre Pour le gouvernement soudanais, cette crise surgit alors que prend fin la guerre contre la rébellion sudiste, et qu’est signé un accord de paix stipulant une large autonomie pour le Sud chrétien et animiste, ainsi qu’un partage des richesses.Le gouvernement s’attend d'ailleurs à l’arrivée massive d'investisseurs intéressés par l'exploration et l'exploitation des champs pétrolifères du pays.Ce nouveau conflit apparaît également au moment où le gouvernement soudanais est enfin parvenu à briser son isolement, avec le retour au pays de plusieurs chefs de partis d'opposition poussés à l'exil après le coup d'État de 1989, et le rétablissement des liens avec ses voisins (Égypte, Ouganda, Erythrée, etc.).Cela, sans oublier le réchauffement des relations avec l'Union européenne et le rapprochement amorcé dernièrement avec l'administration américaine après plusieurs années de rupture.Autant de raisons pour dire que le gouvernement soudanais aurait préféré se passer de cette crise ainsi que du spectre des sanctions internationales.Préoccupés Le conflit est suivi attentivement par plusieurs pays.Le premier d'entre eux est le Tchad, pays frontalier du Soudan qui accueille près de 150000 réfugiés.En effet, le Tchad se trouve dans une situation délicate car l'ethnie Zaghawa, en pointe dans la rébellion du Darfour, est présente également sur son territoire.Elle presse le président tchadien Idriss Dêby, lui-même Zaghawa, de prendre parti, alors que ce dernier veut demeurer qputre.Plusieurs officiers de l’armée tchadienne affichent ouvertement, quant à eux, leur soutien à la rébellion.La situation au Darfour préoccupe aussi la France.En effet, ce pays, qui possède une base militaire et des troupes au Tchad, où ses compagnies pétrolières sont actives, est très sensible aux risques de déstabilisation de son ancienne colonie.Pour sa part, l’Égypte s’inquiète de ce qui se passe prés de sa frontière sud, et déploie beaucoup d'efforts afin de circonscrire le brasier.Son ministre des Affaires étrangères s'est déplacé à Khartoum pour inciter le gouvernement soudanais à coopérer avec les Nations unies, et son armée a mis en place un pont aérien reliant le Darfour pour y acheminer vivres et médicaments.Ainsi, à l'approche de la date butoir du 31 août 2004, Khartoum semble n'avoir d’autre choix que de désamorcer la bombe qu'elle a fabriquée elle-même.Pour y arriver, le gouvernement soudanais peut s'inspirer de l’accord de paix conclu avec la rébellion sudiste sur le partage du pouvoir et des richesses.Cela d'autant plus que ce conflit ne revêt aucune dimension religieuse, et que les rebelles du Darfour ne nourrissent pas des velléités séparatistes mais réclament surtout des perspectives de développement économique de leur province.SolhneAmin Lmdeur est doctorant a IVnrierM Laval Les Journées d'étude d'Alternatives CULTURE DES RiSiSTflNCES 27, 28, 29 août 2004 Camp Notre-Dame à Saint-Liguori Invités internationaux d'Argentine, du Brésil, du Chili, de Cuba, des États-Unis, de France, d'Haïti, de la Hongrie, d'Indonésie, d'Irak, d'Israël, du Mexique, des Philippines.L'empire à l’assaut des cultures La culture comme résistance La résistance en action De l'appel des Zapatistes à aujourd'hui : des mouvements sociaux en lutte contre le néolibéralisme.Entre l'action politique et la politique, comment élargir le pouvoir citoyen ?Les défis du mouvement aKermondialiste, où voulons-nous aller et comment 7 Environnement culture, santé, éducation, mouvement syndical et communautaire, partis politiques, relève, accords de libre-échange, démocratie participative, médias, citoyenneté, identités culturelles, arts.Information : (514) 982-6606 www.alternatives.ca IOans jSlternative fi pour un monde différent Chant d'un Oud Une présentation musicale du groupe Al-Shorouq Samedi 11 septembre Centre Pierre-Péladeau 300, bout.Maisonneuve est Les portes ouvrent à 20 h Billets : 15 $ et 25$ alshorouq.sphr.org ? ^Points de vue^ Fenêtre sur rue Quoiqu'on en dise, il fait bon vivre à Montréal.Toutes proportions gardées, notre métropole est l'une des villes les plus sécuritaires d'Amérique du Nord.Aussi vaut-il la peine de le répéter, comme l'ont fait le chef du Service de police Michel Sarrazin et le maire Gérard Tremblay en conférence de presse à la mi-août, à l’heure de cette guerre des gangs de rues qui défraie les manchettes depuis quelques semaines.Sans déconner, à en croire certains reportages des médias écrits ou électroniques, on a l'impression que Montréal se change en ville de frontière du Far West ou en réplique nordique du Chicago de la prohibition.Pourtant, la loi de la jungle n’a pas encore conquis les rues de la métropole, qui n'a pas de Jeff Pillion ni d'André Arthur pour lui polluer l’atmosphère.Alors un peu moins de bruit, s’il vous plait, qu'on s'entende penser.D'abord, les quelque 70 événements à caractère violents reliés à la guerre des gangs de rues, dont six assassinats, nous placent encore loin derrière le bilan de l’an dernier : 678 incidents de même acabit, dont 13 meurtres ! Que les familles éplorées des victimes me pardonnent cet exposé comptable de la situation, mais j'aimerais bien qu’on puisse mettre le tout en perspective.Après tout, il est encore possible de circuler sans histoire dans la plupart des quartiers montréalais à n'importe quelle heure ou presque, ce qui n'est pas le cas de Bagdad ou de Nadjaf.Ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas s'inquiéter de ces gangs de rues, issus des communautés haïtienne, jamaïquaine et latino-américaine, et de ce « crime désorganisé » dont ils sont devenus les champions.Auteurs de La Gang : une chimère à apprivoiser (Boréal, 2003), les anthropologues Marc Perreault et Gilles Bibeau nous invitent à porter plus d’attention au phénomène.Dans leur essai, ils remettent en question notre philosophie sociale du moment, centrée sur le maintien de l'ordre social et l'exclusion de la marginalité.J’aimerais en guise de conclusion les citer : « Si notre hypothèse s'avère fondée, à savoir que l'appartenance aux gangs forme, par-delà les risques de conduites antisociales, une solution de remplacement aux comportements autodestructeurs des jeunes, la conclusion à en tirer est claire : les forces de l’ordre, les professionnels et la population en général doivent démontrer une tolérance accrue à l’égard des comportements des jeunes marginaux, favoriser les regroupements des jeunes et les activités des groupes plutôt que de lutter contre elles, et accepter que les jeunes remuent à la maison, dans les salles de cours, sans les anesthésier au moyen de Ritalin.» Matière à méditer, non ?Stanley Péan Z, )_£o 0 OC O O O t>APFw* ftifôriNe / Cri PïpAir
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