Le devoir, 27 septembre 2004, Cahier A
IRAK ÉDUCATION Pierre Reid dénoncera les intrusions fédérales avec ses homologues Page A 4 ?w w w .1 e d e v o i r.c o m ?- Colin Powell reconnaît que la situation se dégrade Page B 5 LE DEVOIR il Bouclier : Ottawa n’a pas eu le choix La défense antimissile n’était pas une priorité, dit le ministre Graham au Devoir MANON CORNELLIER Ottawa — La défense antimissile n’était pas une priorité canadienne, mais les Etats-Unis n’ont pas laissé le choix à Ottawa.En décidant d’aller de l’avant avec leur projet dès cette année, ils ont forcé le Canada à donner priorité à ce dossier, reconnaît le ministre de la Défense, Bill Graham, qui admet aussi qu’en cherchant à obtenir l’appui du Canada, Washington cherche «peut-être», entre autres choses, une caution morale.Les priorités du Canada sont beaucoup plus immédiates et terre à terre, y compris pour assurer la défense du Canada et de l’Amérique du Nord, a-t-il ex- pliqué au Devoir en entrevue.Ces priorités se résument à une politique de défense à jour et à suffisamment de troupes et d’équipement pour faire le travail correctement.Ainsi, en plus de tenniner dès que possible la revue de la politique étrangère et de défense, M.Graham veut obtenir «le genre d’équipement nécessaire pour que les forces soient en mesure de' défendre le Canada et l’Amérique du Nord et de participer à des activités internationales».11 veut aussi s’assurer que le VOIR PAGE A 8: BOUCLIER ® L’éditorial de Guy Taillefer, page A 6 TTFryrrv ¦¦m*?-.m Mm „ - ¦ HB— gÜSi * ’’’VTH'ift.ES®- DANIEL AGUILAR REUTERS PEDRO RUIZ LE DEVOIR HAÏTI La tension monte aux GonaiVes Une semaine après le passage meurtrier de l’ouragan Jeanne en Haïti, la situation reste extrêmement tendue et chaotique aux GonaiVes, où un convoi d’aide humanitaire a été attaqué hier après-midi en plein centre-ville par plusieurs dizaines de jeunes Haïtiens armés de barres de fer.Les efforts menés pour distribuer des vivres, de l’eau potable et d’autres produits de première nécessité sont toujours perturbés par des problèmes de sécurité, et l’aide internationale entre au compte-gouttes dans la ville ravagée.De leur côté, les Québécois ont continué toute la fin de semaine à répondre massivement à l’appel à l’aide lancé par les autorités, à un point tel que la Ville de Montréal a dû demander hier soir à la population de cesser de faire des dons matériels, les entrepôts étant pleins.Les pieds dans l’eau, des dizaines de résidants des GonaiVes, en Haïti, faisaient la queue à l’entrée d’un marché, hier, dans l’attente de recevoir un peu d’eau potable.Pendant ce temps, à l’hôtel de ville de Montréal, des bénévoles comme Giodani César (à droite) recevaient les dons des Québécois désireux de venir en aide aux Haïtiens après le passage de l’ouragan Jeanne qui a fait, dans le pays, plus de 1600 morts et 800 disparus, selon un dernier bilan.L’aide internationale a commencé à arriver, mais la distribution des vivres se déroule souvent dans le chaos.VOIR PAGE A 8: HAÏTI ¦ Jeanne fait beaucoup de dégâts en Floride, page A 3 A D Q L’ENTREVUE Dumont fait le pari de convaincre les souverainistes déçus KATHLEEN LÉVESQUE Avec son nouveau programme autonomiste en poche, le chef de l’Action démocratique du Québec se présente comme le grand défenseur des Québécois profondément nationalistes mais qui rejettent la rupture avec le Canada Du coup, Mario Dumont fait le pari que les souverainistes déçus du bilan des gouvernements péquistes le suivront Dans son discours de clôture, hier, au congrès de l’ADQ, qui s’est déroulé toute la fin de semaine à Drummondville, Mario Dumont a sonné la charge contre le Parti québécois.Se qualifiant de 4rès, très nationaliste», Mario Dumont a dit mener «le combat du Québec» par «une démarche affirmative».«Ils ont eu deux mandats d'à peu près neuf ans.Il n’y en a pas de constitution du Québec, il n’y en a pas de pouvoirs nouveaux pour le Québec, il n’y en a pas de résultats.Au lendemain de deux référendums perdus, le Québec a subi des reculs.Avant de nous faire la leçon, VOIR PAGE A 8: DUMONT ¦ lire aussi la chronique de Chantal Hébert, page A 3 INDEX Annonces.B 4 Avis publics.B 5 Convergence.B 7 Culture.B 8 Décès.B4 Économie.B 1 Éditorial .A6 Idées.A 7 Météo.B4 Monde.B 5 Mots croisés.B 4 Religions.B 6 Sports.B 4 Télévision.B 6 La recette di Stasio Pour l’animatrice Josée di Stasio, la cuisine est un art de vivre indissociable du plaisir esthétique PAUL CAUCHON 1 y a des entrevues qui suscitent plus de réactions que d'autres.«Tu vas rencontrer Josée di Stasio?Elle, j’aimerais tellement la connaître!» Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai entendu cette phrase dans mon entourage.Lorsque je raconte ce commentaire à la principale intéressée, elle ne manifeste aucune surprise: «Les gens m'abordent constamment dans la rue et, spontanément, me demandent comment faire cuire les artichauts! Ils sentent probablement qu’il n’y a pas de barrières entre eux et moi.Je ne suis pas un chef, je n’ai Pas étudié en cuisine.Donc, si je peux filtre les recettes, les téléspectateurs se disent qu’eux aussi le peuvent.» Effet d’identification, donc, parce que Josée di Stasio ressemble à la copine d’à côté, mais ce phénomène d’identification demeure une explication superficielle de son succès.Il y a autre chose en jeu.«Je crois qu’il y a aussi le fait que la bouffe, c’est quelque chose de très intime, qui rejoint les gens profondément dans leur quotidien», dit-elle.Discrètement, surgie de nulle part à l’époque de l’émission de Daniel Pinard, Josée di Stasio est graduellement devenue le porte-étendard de nos préoccupations en matière de cuisine, poursuivant ainsi, dans un style différent, le travail amorcé par Daniel Pinard.Un premier livre Elle vient tout juste d’entamer la troisième saison d'À la di Stasio sur les ondes de Télé-Québec et, dans deux semaines, elle lancera son premier livre de recettes chez Flammarion-Québec, un grand format à la mise en pages soignée dont les magnifiques Sos font à elles seules saliver.Car, pour Josée di o, la cuisine est un art de vivre indissociable du plaisir esthétique.PEDRO RUIZ LE DEVOIR Josée di Stasio Le livre propose des recettes qu’elle diffusait sur Internet, des recettes qu’elle fera cette année.et des recettes qu’elle ne fera pas à la télévision.Son succès est réel.La première de sa troisième saison a attiré près de 190 000 téléspectateurs, il y a une semaine, le vendredi soir.La rediffusion de son émission, le dimanche à 17h, attire autant sinon plus d'auditeurs que l’édition originale du vendredi à 21h.Et ce sont des publics différents.VOIR PAGE A 8: DI STASIO « La cuisine québécoise actuelle est très vivante, plutôt multicultureDe, ouverte sur le monde » Borduas à Versailles Après de délicates négociations, rQrangerie de madame Elisabeth exposera des œuvres sur papier Le Musée d’art contemporain de Montréal prête des œuvres sur papier de Paul-Émile Borduas à un centre d’exposition près de Paris.Seulement, le musée montréalais s’est fait tirer l’oreille pour s’engager dans cette collaboration qui aboutit en plus avec un projet édulcoré.Portrait d’une occasion ratée?STÉPHANE BAILLARGEON Après de délicates et difficiles négociations avec le Musée d’art contemporain de Montréal (MACM), un centre d'art français près de Paris s’apprête à,consacrer une exposition à Paul-Emile Borduas.La Magie des signes, rassemblant une cinquantaine d’œuvres sur papier tirées de la collection du musée montréalais, sera inaugurée le 15 çctobre à l’Orangerie de madame Élisabeth, à Versailles, en banlieue de Paris.L’expo y restera jusqu’en janvier prochain.L’honneur est rare pour Paul-Emile Borduas (1905-1960).L’artiste pamphlétaire, adulé ici, compte pour peu aiDeurs dans le rponde.Sauf erreur, aucune ville d’Europe ou des États-Unis n’a accueilli une grande exposition consacrée à l’auteur de Refus global depuis des décennies.Dans ce contexte, il apparaît d’autant plus intrigant que l’Orangerie et le Conseil régional des Yvelines aient eu à négocier assez péniblement la présentation de La Magie des signes, sans d’ailleurs obtenir le VOIR PAGE A 8: BORDUAS Paul-Émile Borduas (1905-1960) I I LE DEVOIR, LE LC ND 27 SEPTEMBRE 2004 LES ACTUALITES Alerte à la bombe sur un vol d’Olympic Airlines Londres — Une alerte à la bombe a contraint hier un avion de la compagnie grecque Olympic Airlines à effectuer un atterrissage d’urgence sur l’aéroport de Stans-ted, à 80 km au Nord de Londres, a déclaré un représentant des autorités aéroportuaires.Les 301 passagers de l’Airbus A340 ont été débarqués sains et saufs, a-t-il poursuivi.Avant de se poser, l’appareil, qui avait décollé d’Athènes à destination de New York, a été escorté par des avions de chasse «Ornado» de la RAF.Il a été dérouté dans des conditions A'«urgence», a ajouté le porte-parole.Selon une porte-parole d’Olympic Airlines, le pilote de l’Airbus A-340 avait été prévenu, alors qu’il survolait la France, qu’un correspondant anonyme avait appelé le journal grec Ethnos pour signaler la présence d’une bombe à bord.«A bord du vol 411 d’Olympic Airlines pour l’Amérique se trouve une bombe pour l’Irak.Vous m’entendez?Vd 411 pour l’Amérique, bombe.L’Amérique va voir.Six heures, un message pour vous», avait déclaré le correspondant anonyme.«Nous ne savons toujours pas à l’heure où je vous parle s’il s’est agi d’une fausse alerte ou non», a ajouté le porte-parole.Un responsable de l’aviation civile grecque a déclaré à Reuters que les forces de sécurité britanniques avaient passé au peigne fin 80 % de l'appareil sans découvrir quoi que ce soit de suspect.Une fois tout danger écarté, le feu vert pour le décollage de l’appareil à destination de New York devait être donné hier soir, a déclaré à la presse Konstanti-nos Vardakis, un des responsables de la compagnie aérienne grecque.Héros de la patrie Rio de Janeiro — Le leader écologiste brésilien Francisco Alves Mendes Fdho, «Chico Mondes», assassiné en 1988, va être déclaré à titre posthume Héros de la patrie, sur proposition du Parti des trar vailleurs au pouvoir.Chico Mendes, «mourut à cause de sa lutte en faveur des plus déshérités», a souligné dans la presse David Flesher, enseignant de sciences politiques à l’Université de Brasilia - AFP Document de travail du MEQ Québec compte protéger son champ de compétence en éducation Pierre Reid dénoncera les intrusions du fédéral, y compris la création de l'Institut canadien sur Vapprentissage MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Le ministère de l’Éducation (MEQ) combattra cette année les projets d’intrusion fédérale dans son champ de compétence, en résistant notamment à la création de l’Institut canadien sur l’apprentissage.Alors que s’amorce aujourd'hui en Estrie une rencontre des premiers ministres de l’Éducation du Canada, sous la présidence du titulaire québécois de ce poste, Pierre Reid, Québec entend mener «son action dans le sens de la préservation de la compétence des provinces et territoires en éducation».Comme l’indique un document de travail ciblant les actions prioritaires du MEQ, ce ministère se penchera tout particulièrement sur «des gestes posés par le gouvernement fédéral [indiquant] son intention de jouer un rôle orientant à l’égard de l’enseignement postsecon- daire», notamment par la création prévue de l’Institut canadien sur l’apprentissage (ICA).Dans l’exercice de la présidence du Conseil des ministres de l’Education du Canada (CMEC), Pierre Reid doit notamment mener son action de défense des compétences provinciales.Si le Québec s’est clairement opposé à la création de cet institut, d’autres provinces membres du CMEC ont aussi des interrogations sur l’oiga-nisme, dont la création n’est pas encore chose faite.L’ICA, que certains voient encore comme un embryon, possible de ministère fédéral de l’Éducation, a été évoqué pour une toute première fois en novembre 2002, lors du Sommet national sur l’innovation et l’apprentissage.L’Institut avait alors été présenté comme un véhicule d’analyse des succès et des échecs des systèmes scolaires canadiens, une manière de permettre aux «Canadiens de détermi- ner si leurs investissements ont été faits au bon endroit, au bon niveau, ou s’ils sont vraiment utiles».Plus tard, dans le cadre de la lecture du budget fédéral 2003, le ministre des Finances d’alors, John Manley, avait annoncé l’octroi futur de 100 millions de dollars pour la création de cet institut, qui devait travailler en étroite collaboration avec Statistique Canada et «respecter les champs de compétence».C’est le même John Manley qui, dans ses efforts pour briguer la direction du Parti libéral du Canada, avait évoqué la création d’un ministère fédéral de l’Éducation, responsable de l’apprentissage, de l’innovation et la recherche.Avancées du fédéral Lors de ces deux occasions, le Québec a vivement réagi, dénonçant les avancées du fédéral dans son terrain de jeu et refusant d’y adhérer.Le ministre de l’Éducation, Pierre Reid, s’oppose fermement à l’idée d’un ministère fédéral, une manière selon lui d'«augmenter la bureaucratie aux dépens des services de proximité et des services bien adaptés à chacune des régions du Canada», tel qu’il l’a exprimé à la Presse canadienne en décembre dernier.Suivre les diktats de la centralisation dans un domaine tel que l’éducation n’est «pas la voie à suivre», ajoutait-il alors, plaidant plutôt pour une plus vaste utilisation du CMEC comme «élément de cohésion» entre les provinces.Notons que le Québec est la seule province qui s’oppose fermement et clairement à la création de l’ICA, prétextant qu’il relève d’un domaine de responsabilité exclusive des provinces.Cette position n’a pas changé depuis le passage du pouvoir des pé-quistes aux libéraux.Le Devoir Temps Dur On fait tous partie d’un plan, du destin, de la vie de quelqu’un d’autre.Libre ou non.Vivant ou non.CE SOIR 21H WWW.RADIO-CANADA.CA/TEMPSDUR INNE AU 1 l FftANCE PARADIS • SCENARIO (E AN MARC DAlPE • REALISATION LOUIS CHOQUETTE 44* Ik RADIO-CANADA VOUS ALLEZ VOIR.» LE DEVOIR.LE LUNDI 27 SEPTEMBRE 20 0 4 ACTUALITES Tirer dans le pied du Québec La dernière fois que le chef de l’ADQ, Mario Dumont, avait fait un grand discours à Bay Street, il avait réussi à se nuire au Québec en s’aidant aüleurs au Canada.Cette fois-ci, en voulant s’aider ici, il est en voie de nuire inutilement au Québec dans le reste du .Canada.A l’automne 2002, sa première grande sortie officielle à l’extérieur du Québec avait enclenché le début de la descente aux enfers qui allait mener au score décevant de l’ADQ aux.élections suivantes.A l’époque de son désormais célèbre discours de Toronto, bon nombre de sympathisants en puissance de sa jeune formation avaient commencé à se raviser en voyant Mario Dumont salué par tout ce que le Canada compte d’éléments conservateurs comme un Ralph Klein québécois.D’autres avaient été encore plus interloqués d’entendre le chef adéquis-te balayer sommairement sous le tapis l’ensemble du litige qué-béco-canadien, du jamais vu pour un leader québécois de passage dans une capitale de l’extérieur du Québec.Dans son discours, M.Dumont se vantait alors d’avoir non seulement ses priorités à la bonne place, mais d’avoir les mêmes que ses compatriotes du reste du Canada.Selon lui, le Québec était revenu de ce qui, dans sa bouche, devenait de vagues chimères constitutionnelles.?Et pourtant, sous le couvert d’un virage apparent, la position qu’il avance aujourd’hui est fidèle pour l’essentiel à la logique (simpliste) de son discours de l’époque.Avant les dernières élections, M.Dumont promettait une réforme du système de santé qui était contraire, à sa face même, à l’esprit et à la lettre de la loi fédérale sur la Santé.Aujourd’hui, il se targue de réorganiser à sa guise le partage des pouvoirs prescrit par l’Acte de l’Amérique britannique du Nord pour transformer le Québec en Etat autonome au sein du Canada, tout cela sans perdre une minute de son temps à la table constitutionnelle.Dans le fond, il suffisait d’y penser.Pourquoi s’embarrasser de chinoiseries constitutionnelles ou encore de complications référendaires, comme l’ont fait successivement les premiers ministres fédéralistes et souverainistes du Québec depuis la Révolution tranquille, quand on peut tout simplement n’en faire qu'à sa tête et forcer les autres à s’ep accommoder?A défaut de pouvoir asseoir sa démarche sur des principes découlant de l’état de droit, le chef adéquiste se réclame du bon droit.Selon lui, devant la volonté d’autonomie d’un gouvernement adéquiste, Ottawa n’osera jamais défendre ni ses droits, ni ses lois.Si le raisonnement semble court, c’est parce qu’il repose sur de fa-tals raccourcis.La première condition garante d’un minimum de rapports de force entre le Québec et le reste du Canada a toujours été la capacité de ses premiers ministres de pouvoir s’appuyer sur un vaste consensus québécois.On l’a encore vu à la récente rencontre des premiers ministres sur la santé.Mais qui, à l’extérieur de la famille adéquiste, pourrait dé- Chantal Hébert Mais qui, à l’extérieur de la famille adéquiste, pourrait défendre l’approche de Mario Dumont ?fendre l'approche Dumont?Au nom d’un certain nationalisme, un gouvernement adéquiste pourrait-il vraiment mobiliser l’opinion québécoise derrière lui pour réaliser unilatéralement le projet de démanteler le système public de santé ou encore celui de devenir seul juge et partie en matière d’environnement?Après avoir prêché pendant 40 ans le strict respect des compétences constitutionnelles des uns et des autres, peut-on imaginer des ténors fédéralistes ou souverainistes prendre à leur compte la démarche unilatéra-liste prônée par l’ADQ?Après avoir été solidaire d’une telle démarche, qui pourrait par la suite exiger que les partenaires du Québec respectent ses propres compétences?Le programme réinventé de Mario Dumont est évidemment d’abord et avant tout pour consommation à domicile où rien n’indique d’ailleurs qu’il tiendra vraiment la route.Sauf que le Québec n’existe en vase clos que dans la tête des dirigeants de l’ADQ.Les plus récentes propositions adé-quistes ont d’autant plus rapidement franchi la frontière ou-taouaise qu’elles viennent alimenter un début de controverse sur le style de relations fédé-rales-provinciales qu'entend privilégier Paul Martin.Au moment où les élections fédérales ont placé le Québec dans un nouveau rapport de force, elles arrivent à point nommé pour alimenter une certaine caricature d’un Québec souverainement méprisant des règles élémentaires qui régissent les relations intergouvemementales modernes.Dans une chronique samedi, mon collègue du Globe and Mail, Jeffrey Simpson, se demandait d’emblée s’il fallait rire ou pleurer de la dernière trouvaille adéquiste.Le ridicule n’étant pas mortel, c’est là le moindre mal.Plus sérieusement, la proposition adéquiste d’un Etat/province autonome québécois fournit une illustration faite sur mesure de la désintégration appréhendée de la fédération canadienne à laquelle certains prétendent que va mener l’approche asymétrique adoptée par le gouvernement Martin lors de la récente négociation sur la santé.Cette approche fait des vagues au sein du conseil des ministres et de la machine fédérale.Au sein du Parti libéral du Canada, des voix se revendiquent de Pierre Trudeau pour dénoncer la manière Martin.Mais jusqu’à présent, l’opinion canadienne est restée largement indifférente aux complexités du fédéralisme plus souple que dit vouloir prôner le premier ministre fédéral.L’idée que cette forme de fédéralisme mène en ligne droite au programme adéquiste a certainement de quoi raidir bon nombre de Canadiens.D’aucuns diront que cela montre surtout que tous les prétextes sont bons pour tenter de tuer dans l’œuf la moindre tentative de souplesse fédérale-provinciale.Que voulez-vous, comme dirait l’autre, au Canada, Mario Dumont n’a le monopole ni de l’opportunisme ni de la démagogie! cheberKajJhestar.com Chantal Hébert est columnist politique au Toronto Star.Passage de Jeanne La Floride présente un spectacle de désolation PATRICK MOSER Fort Pierce — Des maisons éventrées, des toitures arrachées et des pylônes électriques à terre témoignent de la violence du cyclone Jeanne qui a touché dans la nuit d’hiqr la Floride, dans le sud-est des Etats-Unis.La côte est de la Floride, État qui fait face à son quatrième cyclone de la saison, a été la première à subir les assauts de Jeanne qui était accompagné de vents soufflant à plus de 193 km/heure.Mais, hier à la mi-journée, les services d’urgence n’avaient recensé aucune victime même si les dégâts matériels sont considérés comme importants.Plus d’un million de personnes étaient en outre privées d’électricité.Jeanne, très meurtrier la semaine dernière en Haïti où il a fait 1300 morts et plus de 1000 disparus, a traversé dans la nuit la péninsule de Floride et se trouvait en début d’après-midi sur la côte ouest, à Test/sud-est de la ville de Tampa.Arrivé au-dessus du continent américain avec une force 3 sur l’échelle des ouragans qui en compte 5, le cyclone a depuis légèrement faibü et ses vents pourraient décroître jusqu’à une centaine de kilomètres/heure, a indiqué le centre national des ouragans (NHC).Amas de décombres Le cyclone a touché les côtes de Floride au niveau de Hutchinson, ville située à 64 km au nord de Palm Beach et à un kilomètre et demi du point d’impact de Frances début septembre.La petite localité de Fort Pierce a été parmi les plus touchées, a constaté un journaliste de TAFP Un ours en peluche jonche le sol parmi un amas de gravas de bois et de ferraille.Un fauteuil rose a atterri dans la rue.La désolation est partout autour des très nombreuses maisons mobiles, des habitations particulièrement vulnérables au passage des vents violents.Des murs et des toits ont été arrachés et certains maisons mobiles se sont transformées en amas de décombres.Il est difficile de distinguer entre les ravages dus à Frances et ceux causés par Jeanne.«Les dégâts sont épouvantables».CHARLES W.LUZIER REUTERS Une marina près de Breward City, en Floride, a été littéralement mise sens dessus dessous par le passage hier de l’ouragan Jeanne.se lamente Karl Robinson, 68 ans et retraité.«Ce que le précédent cyclone avait laissé debout a été détruit par le dernier», dit-il en regardant le champ de ruines qui s’étend autour de lui.Karl Robinson a été parmi les personnes ayant évacué leur maison pour se protéger dans un club house non loin de là.Pilleurs Comme dans beaucoup de zones affectées par Jeanne, Fort Pierce était quasi déserte hier matin.Seules des patrouilles de policiers et d’équipes de secours sillonnaient les rues à la recherche d’éventuelles victimes.Le couvre-feu a été imposé pour dissuader les éventuels pilleurs et une pancarte a été apposée devant un commerce avec inscrit en lettres rouges: «On tirera sur les pilleurs.» Dans leur malheur, certains s’estiment malgré tout chanceux que leur maison n’ait pas totalement disparu.C’est le cas de Frank Saul, 71 ans, qui s’attendait à ne plus la retrouver: «Je ne pensais pas que j'aurais encore un logement», dit-il en pénétrant dans sa maison en préfabriqué.Certaines pièces ont été éventrées et sa télévision réduite en morceaux, mais la grande partie a été quand même épargnée.Frank Saul reste philosophe.«J’ai survécu à Frances et aussi à celui-là», déclare-t-il fièrement.Jesse Brewer, 28 ans, se déclare également chanceux, sa maison n’ayant subi que des dégâts mineurs.Et il esquisse même un demi-sourire car, comme poseur de parquet, le travail ne manquera pas.Agence France-Presse Air Canada quittera sous peu la protection contre ses créanciers Toronto — Les actions du transporteur Air Canada, fraîchement restructuré, pourraient s’envoler alors que la compagnie aérienne quitte cette semaine la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies avec un bilan amélioré, des coûts d’exploitation réduits et un œil sur le marché international, après 18 mois de supervision judiciaire.La confiance qu’inspirent les actions de Gestion ACE Aviation, la société de portefeuille qui sera propriétaire d’Air Canada, et dont le prix d’émission est de 20 $, les a fait grimper dans une proportion atteignant 30 % sur le marché américain de gré à gré.«Air Canada demeure le principal transporteur sur le marché intérieur et le principal transporteur canadien aux Etats-Unis, en Europe et en Asie», écrivait l’ana- lyste Nick Morton, de RBC Capital Markets.Des progrès substantiels sont à prévoir en 2005, ajoutait-il, étant donné que la restructuration a réduit les coûts de propriété et de location d’appareils d’environ 550 millions de dollars par rapport à 2002, et que les coûts annuels pour la main-d’œuvre devraient chuter de près de 920 millions par rapport à 2002.Les compagnies aériennes sont sensibles aux risques divers — à l’économie, aux fluctuations des prix du pétrole, au terrorisme — mais une croissance de l’économie, combinée à une chute des prix du pétrole, pourrait donner lieu à une excellente performance de l’action de la compagnie au cours de la prochaine année.Air Canada, qui sort jeudi de la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies, auquel elle avait eu recours le 1" avril 2003, devait tenir une conférence téléphonique aujourd’hui pour discuter de sa stratégie d’affaires.Les nouvelles actions pourront se négocier à compter du lundi 4 octobre à la Bourse de Toronto.Optimisme La force d’Air Canada sur le marché des vols internationaux est ce qui justifie l’optimisme de l’analyste Rick Erickson, de Calgary.«Le marché international — l’Asie, tout particulièrement — est très prometteur en termes de croissance», souligne-t-il.Si les transporteurs américains ont connu de graves difficultés ces derniers mois, Air Canada aura plus de succès, prévoit M.Erickson, en partie parce que les transporteurs aériens ont bénéficié d’une aide généreuse du gou- vernement américain au lendemain des attentats terroristes du 11 septembre 2001.Le gouvernement canadien, lui, n'a pas offert une aide aussi importante.Le gouvernement américain a soutenu artificiellement les transporteurs américains ces dernières années, ce qui leur a permis de continuer à fonctionner sans avoir se livrer à une restructuration, alors qu’Air Canada n’a pas eu le choix de le faire, note M.Eçjckson.Par ailleurs, Air Canada pourrait aller chercher plus d’un milliard — qu'elle pourrait alors investir dans sa flotte d’appareils — en se délestant de plusieurs divisions, dont ses services d’entretien d’avions et de manutention des bagages, ainsi qu’Aéroplan, son populaire programme de fidélisation.Presse canadienne Changez d’airs.Parce que la diversité musicale a besoin d'espace, la radio publique crée une nouvelle chaîne.Espace musique.Classique Jazz Chanson Musique du monde ESPACE MUSIQUE LE DEVOIR.LE LUNDI 27 SEPTEMBRE 2004 LES ACTUALITES Convention sur la diversité culturelle Louise Beaudoin placerait la barre trop haut La Coalition pour la diversité culturelle estime que l’avant-projet de convention de ri/NESCO est une base valable de discussions ROBERT DUTRISAC /''N uébec — La récente sortie de xv Louise Beaudoin sur la diversité culturelle a provoqué une cassure dans la position québéco-cana-dienne sur cette question.Désormais, il y a, d’un côté, ceux qui croient que l’avant-projet de convention de l’UNESCO sur la diversité culturelle est une base valable de discussions et, de l’autre, il y a ceux qui, comme l’ancienne ministre pé-quiste et l’opposition officielle à Québec, soutiennent que cette convention doit être contraignante et prévaloir sur les accords chapeautés par l’Organisation mondiale du commerce (OMC).Joint à Paris, où s’est terminée une première séance de travail d’une semaine portant sur cet avant-projet de convention et réunissant les experts de 148 pays, Robert Pilon, vice-président exécutif de la Coalition pour la diversité culturelle, ne cachait pas sa déception.«On n’est pas d’accord: on pense que la convention est un bon point de départ et on pense qu’on a eu raison d’aller à l’UNESCO.On y est; on y reste», a-t-il dit.Dans une entrevue accordée au Devoir la semaine dernière, Louise Beaudoin a dit qu’elle craignait que cette convention, si elle était adoptée telle quelle, n’ait aucun effet tout comme, malheureusement, d’autres conventions de l’UNESCO.Elle se demandait s’il n’aurait pas été mieux, tout compte fait, d’adopter une démarche indépendante plutôt que de s’en remettre à l’UNESCO.L’ancienne ministre des Relations internationales estime que le Québec doit livrer bataille pour que la convention soit contraignante pour les pays qui la signent et qu’elle prévale sur les traités de l’OMC.C’est l’apparente mollesse du coprésident de la Coalition canadienne pour la diversité culturelle, Pierre Curzi, qui a justifié l’intervention publique de Mme Beaudoin, a-t-elle confié.«Tout le monde avait l’air de dire [de la convention]: c’est le plafond, pas le plancher.Ils étaient défaitistes en quelque part.» Le porte-parole de l’opposition officielle pour les relations internationales, Daniel Turp, a également pris parti pour que la convention sur la diversité cultu- relle soit placée au-dessus des traités de l’OMC.D a réclamé de plus que le mécanisme de règlement des différends contenu dans le projet, qui se solde par une conciliation sans effet contraignant, soit remplacé par un tribunal doté du pouvoir de trancher, à l’instar de l’OMC.«On va maintenir la barre très haute», a-t-il dit au Devoir.Une «lubie» Or, pour le père du concept de diversité culturelle, le juriste Ivan Bernier, qui conseille les gouvernements canadien et québécois sur cette question, «c’est une lubie» de penser qu’une convention sur la diversité culturelle, ou tout traité semblable, puisse être placée au-dessus de tous les autres accords internationaux, notamment ceux de l’OMC.«Daniel Turp, ça ne rime à rien son affaire», juge M.Bernier.L’important, à son avis, c’est que la convention de l’UNESCO ne soit pas subordonnée aux autres traités.Il estime que c’est «une généralisation absolue» de penser, comme Mme Beaudoin l’a exprimé, que chaque fois qu’un conflit surgira entre la culture et les traités commerciaux, c’est l’OMC qui tranchera.«Il faut faire le débat», estime quant à elle Louise Beaudoin.Elle avoue avoir été influencée dernièrement par des penseurs altermon-dialistes de ITJOAM comme Christian De Block et Dorval Brunelle.«Moi aussi j’ai cru Dernier On est souvent les otages des experts», a-t-elle dit «Pourquoi y a-t-il une hiérarchie et que ce sont toujours les droits commerciaux qui sont en amont et auxquels on doit s’ajuster?» s’interroge-t-elle aujourd’hui.Du côté du gouvernement Charest, on n’a pas revu la position du Québec sur la diversité culturelle.La ministre de la Culture et des Communications, Line Beauchamp, est d’ailleurs restée muette à ce sujet la semaine dernière.Les élus libéraux n’ont pas non plus dit s’ils acceptaient de tenir une commission parlementaire sur l’avant-projet de convention, comme le demande le député Daniel Turp.S’il est vrai que le texte de cet avant-projet de convention est une bonne base de discussions, Robert Pilon estime cependant que des JACQUES GRENIER LE DEVOIR Louise Beaudoin.points cruciaux restent encore à préciser.C’est le cas de la relation entre la convention avec les autres accords internationaux telle que IL bellée dans deux variantes de l’article 19 du texte.D’ailleurs le Comité international de liaison des Coalitions pour la diversité culturelle a proposé une série d’ajouts et de changements à l’avant-projet pour faire en sorte que la convention soit renforcée.Ce comité réunit 20 pays, le double d’il y a six mois.Ds seront 25 d’ici à la fin de l’année, a avancé M.Pilon.Mme Beaudoin, qui venait de prendre connaissance de ces commentaires du comité international, a estimé que c’était déjà «plus ferme» que ce M.Curzi affinnaiL Ivan Bernier craint qu’en fixant la barre trop haut, «qu’en soulevant des épouvantails, on discrédite la nature de l’effort qui est fourni.C’est dangereux».Si le projet de convention est rejeté «sous prétexte qu’il n’est pas contraignant de façon absolue, on retombe à zéro, c’est-à-dire que tout ça va se faire à l’OMC», a-t-il prévenu.Placer la barre trop haut d’entrée de jeu pourrait nuire au ralliement des pays derrière la convention, estime Robert Pilon.«On aura une convention forte si on a beaucoup d’amis.On aura une convention plus faible si on a moins d’amis.» Le Devoir NOUVEAU-BRUNSWICK Les travailleurs d’hôpitaux comptent débrayer aujourd’hui à Moncton Fredericton — Désireux de Élire valoir leurs revendications auprès de Bernard Lord, des travailleurs d’hôpitaux du Nouveau-Brunswick ont décidé de déclencher une grève en commençant par la circonscription du premier ministre.Le président de la section locale du Syndicat canadien de la fonction publique, représentant quelque 6500 employés de l’entre- tien, de soutien et de bureau, David Rouse, a annoncé que les syndiqués entameraient leur grève aux deux hôpitaux de Moncton, aujourd’hui.Aucun autre établissement de la province ne sera touché par l’arrêt de travail, pour le moment, a déclaré M.Rouse.Les travailleurs ont le droit de déclencher une grève depuis minuit, vendredi.Des négociations intensives au cours du week-end et l’intervention personnelle de M.Lord ont retardé le débrayage, mais n’ont pas permis de résoudre le litige, qui porte principalement sur les salaires.Les employés, qui incluent le per-sonnel de la buanderie et de l’entretien, ainsi que des infirmières auxiliaires et des technologues en inha-lothérapie et en cardiologie, réclament une hausse minimale de 12 %, plus divers ajustements.Les deux parties ont convenu que 60 % des travailleurs demeureront à leur poste pour assurer les services essentiels pendant la grève.Les autorités régionales de la santé, qui dirigent les hôpitaux du Nouveau-Brunswick, se préparent en vue d’une possible grève à la grandeur de la province.Presse canadienne Le téléphone cellulaire met la GRC sur les dents J JOLICOEUR Bureau de Recherche 8t ASSOCIÉS Marketing Sociale Rethetfhe éfàmte appUifii^e Stratégie et phinifîciHiun Marketing de services La référence en recherche sociale au Québec Recherche quantitative et qualitative / CNS Évaluation de programmes “ Recherche socio-économique et développement régional Expertise statistique Évaluation de services à la clientèle Profils socio-culturels / Statmédia www.etudesondage.com (514) 284-3106 ou 1-800-636-3106 ^éns DENE MOORE Saint-Jean — La facilité d’accès et les progrès réalisés par des technologies telles que les téléphones cellulaires et les systèmes de messagerie textuelle mettent la police sur les dents, selon un rapport interne de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) obtenu en vertu de la Loi d’accès à l’information.«En tant que dispositif de transmission tant de la voix que de messages électroniques textuels, l’omniprésence du téléphone cellulaire au sein du grand public devient un phénomène avec lequel il faut compter», est-il écrit dans le document, préparé en mars.En Grande-Bretagne, la police a confisqué des téléphones cellulaires à des personnes prenant part à des manifestations contre l’intervention militaire dirigée par les Etats-Unis en Irak, de concert avec les forces britanniques, selon le rapport «La police [britannique] serre la vis aux militants qui viennent [aux manifestations] équipés de cellulaires — et elle est apparemment autorisée à le faire» en vertu des dispositions des législations antiterrorisme adoptées à la suite des attentats perpétrés le 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, affirme la GRC dans son rapport.Les avancées technologiques représentent toujours de nouveaux défis pour les forces policières Deux côtés Les avancées technologiques représentent toujours de nouveaux défis pour les forces policières, a indiqué Ted Vincent, responsable de la section des technologies de l’information au sein de la Police provinciale de l’Ontario.«Chaque changement technologique a ses côtés bénéfiques et ses côtés pas si bénéfiques que ça», a déclaré M.Vincent en entrevue.«Certaines personnes veulent [.] que la collectivité en tire réellement profit, d’autres trouvent le moyen de s’en servir à des fins criminelles», a-t-il ajouté.Toutefois, il n’y a pas grand-chose que la police puisse y faire, a reconnu M.Vincent La GRC se penche sans cesse sur toutes les nouvelles technologies faisant leur apparition sur le marché, a indiqué la caporale Monique Beauchamp, porte-parole de la GRC à l’échelle nationale.Mme Beauchamp n’a pas voulu se prononcer de façon précise au sujet du rapport «H s’agit d’une nouvelle technologie, cela évolue, mais il ne s’agit certainement pas de quelque chose qui soit actuellement impossible à gérer», a-t-elle affirmé.Presse canadienne Ce matin à 10h La face cachée de MICHEL TREMBLAY BAZZO dèi9h Réalisation : Jacquelin Castonguay Première Chaîne Radio-Canada www.radio-canada.ca/indicatifpresent LE DEVOIR.LE LUNDI 27 SEPTEMBRE 2 0 04 LES ACTUALITES Briser le silence .v.- PEDRO RUIZ LE DEVOIR QUELQUE 15 000 PERSONNES ont participé hier matin à la IZ «Marche pour la vie» de la Fondation Farha, organisée dans les rues de Montréal afin de recueillir des fonds pour les 20 000 Québécois atteints du sida ou du VIH.Les 360 000 $ amassés durant la journée seront ainsi redistribués à plusieurs organismes de soutien aux victimes.Des militants du Comité Lipo Action ont d’ailleurs profité de l’événement pour faire un peu de sensibilisation sur le problème de la lipodystrophie (accumulation ou perte sévère de gras qui cause des déformations physiques), un syndrome complexe qui affecte les personnes vivant avec le VIH et recevant un traitement antirétroviral.Culture du pot: les gens de Pierreville s’inquiètent Même certains étudiants s'absentent de leurs cours ou abandonnent des emplois légaux pour travailler à la récolte des plants Pierreville — Des résidants de la petite municipalité agricole de Pierreville craignent de perdre la guerre contre les trafiquants de drogue, qui se sont infiltrés dans les champs de maïs des fermiers du coin pour y faire pousser de la marijuana et y recruter des étudiants locaux pour en faire la récolte.Ainsi, l'agriculteur Jean-François Côté a récemment découvert 220 plants de pot dans son champ de mais.En peu de temps, cette région fertile, à mi-chemin entre Montréal et Québec sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, a acquis la réputation d’être un leader de la culture du pot au Canada.Des statistiques montrent qu’en 2003, la police a saisi plus de plants de marijuana au Québec qu’en Colombie-Britannique, une province pourtant connue pour la culture du cannabis.Les élèves de la partie Pierreville est maintenant au cœur de la culture de la marijuana au Québec.Les agents de la Sûreté du Québec y ont trouvé de nombreux plants de pot cachés dans les champs de mais.Les policiers y travaillent cinq jours sur sept à arracher les plants de pot et à les charger sur leurs véhicules tout-terrain.La récolte policière a débuté il y a un mois et se poursuivra jusqu’à la fin d’octobre.Le principal de l'école secondaire de la ville voisine de Nicolet affirme que certains de ses étudiants s’absentent de leurs cours ou abandonnent des emplois légaux pour travailler à la récolte du pot — et arrivent ensuite à l’école avec des vêtements chic, des voitures sport et beaucoup de gros billets.«Plusieurs ne sont pas subtils du tout», commente Claude Bernier.M.Bemier s’inquiète de ce que les jeunes retiennent de cet argent facilement gagné — même les jeunes qui ne vont pas dans les champs de pot.«Ils apprennent qu 'il y a des moyens faciles de gagner de l'argent, sans contraintes, sans responsabilités.» Comme des centaines d’agriculteurs du centre du Québec, M.Côté a été interrogé par la police et a fait l’objet des ragots des voisins, même s'il a lui-même signalé le pot à la police.Ce père de trois enfants affirme n’avoir jamais touché à du pot.Les fermiers qui déclarent le pot illégal à la police, comme M.Côté, font souvent l’objet de manœuvres d’intimidation et se voient offrir de l’argent pour garder le silence.De mystérieux incendies ont ainsi éclaté dans des granges de la région, où JIM YOUNG REUTERS Pierreville est maintenant au cœur de la culture de la marijuana au Québec.des coups de feu ont aussi été tirés contre des bâtiments et de l’équipement agricole.Des cultivateurs ont même trouvé des pièges, des explosifs et des pièges à animaux Les enseignants, agriculteurs, leaders politiques, médecins et policiers de l’endroit ont formé un comité pour essayer de trouver des solutions.Sans succès jusqu’à présent.Presse canadienne Pénuries de main-d’œuvre spécialisée Le vieillissement de la population n’explique pas tout COLIN PERKEL Toronto — Le vieillissement de la population canadienne ne constitue que l’un des nombreux facteurs qui pourraient entraîner de sérieuses pénuries de main-d’œuvre qualifiée au pays, ces prochaines années, selon les conclusions d’une nouvelle étude.Menée par deux professeurs de sociologie de l’Université de Western Ontario, à London, cette étude laisse entendre que d’autres facteurs tels que les conditions de travail ou encore la durée de l’apprentissage et de la formation universitaire pourraient s’avérer tout aussi importants, sinon davantage.En conséquence, tant les employeurs que les législateurs doivent regarder au-delà des simples données démographiques au moment de préparer des politiques devant leur permettre de parer à la rareté des travailleurs qualifiés, estiment les spécialistes.«Le vieillissement de la main-d'œuvre n’est ni le seul ni nécessai- rement le facteur déterminant le plus significatif des pénuries de travailleurs spécialisés», a affirmé Julie Ann McMullin, coauteure du rapport récemment publié par les Réseaux canadiens de recherche en politiques publiques, groupe de réflexion dont le siège est situé à Ottawa.«D’autres facteurs vont beaucoup contribuer aux possibles pénuries de main-d'œuvre», a-t-elle précisé.Bien que certains secteurs pourraient connaître des difficultés à trouver des travailleurs qualifiés, les auteurs de l’étude concluent qu’il n’est pas approprié de dire qu’une crise générale de la main-d'œuvre qualifiée se dessine en raison du vieillissement de la population.«Il paraît vraisemblable qu’il y aura des “zones sensibles” de pénuries de travailleurs spécialisés, localisées en termes de géographie et d’industrie ou d’occupation», est-il écrit dans le document Presse canadienne CENTRE ST-PIERRE U conférence de la rentrée LA FIN DE L’EMPIRE AMÉRICAIN Ledébut d’une démocratie Avec Jean Bédard i o i < > < jui m < Tirage du 2004-09-24 Qâ 22 24 2â 2Q 34 42 Complémentaire : (14) Ventes totales : 13 085 200 $ Prochain gros lot 5 000 000 $ Résultats Essayiste et romancier de réputation internationale, Jean Bédard est un philosophe et un travailleur social de carrière.Il est reconnu au Québec pour sa vision globale de la détresse sociale.Pour |ean Bédard, l'auteur de la trilogie des trois maîtres de la pensée Maître Eckhart, Nicolas de Cues et Comenius, l'empire américain, malgré sa toute puissance donnent des signes d'écroulement.Il faut bâtir une nouvelle société sur les cendres de cet empire.Mais quelle société?Quel monde?Animé de quel esprit?La conférence de la rentrée pour celles et ceux qui croient en un monde meilleur.CONFÉRENCE MERCREDI 29 SEPTEMBRE 2004 19 H 30 — SALLE MARCEL-PEPIN 15$ | ÉTUDIANTS 10 $ ) POUR RÉSERVER VOTRE PLACE 514 524-3561 1212, rue Panel, Montréal (Québec) H2L 2Y?www.centrestpierre.org Tirage du 2004-09-25 15 1Z2Q 21 44 4Z Complémentaire : (26) tITTffl Wft$T Tirage du 2004-09-25 14 2Q 23 31 42 46 Complémentaire : (2Z) DOUBLE JEU 49- Tirage du fàfà + '|gr 2004-09-25 02 03 II 46 12 23 26 29 16 20 25 34 GAGNANTS LOTS 7/7 0 2 500 000,00 $ 6/7+ 0 241 943,10$ 6/7 76 2 785,50$ 5/7 4 872 155,20$ 4/7 106 354 10,00$ 3/7+ 99 269 10,00$ 3/7 897 579 Partlclpatton gratuite GAGNANTS LOTS 6/6 1 17 775 713,00 $ 5/6+ 3 182 332,80 $ 5/6 212 2 131,40$ 4/6 11 681 73,30 $ 3/6 219 748 10,00 $ 2/6+ 165 232 5,00 $ Ventes totales : 26 673 738 $ Prochain gros lot (appr ) 4 000 000 $ GAGNANTS LOTS 6/6 0 1 000 000,00$ 5/6+ 0 50 000,00$ 5/6 18 500,00$ 4/6 1 133 50,00$ 3/6 22 568 5,00$ Ventes totales 689 365,00 $ GAGNANTS 86 109 76 LOTS 581,40$ 229,30$ 328,90 $ •Seulee les sélections participant aj Lotto 6/as et au Québec 49 sur le même billet sont admissibles fl la promotion Tirage du 2004-09-24 LOT 100 000$ Tirage du 2004-09-25 LOT 100 000$ Les modalités d'encaissement des billets gagnants paraissent au verso des billets En cas de disparité entre cette liste et la liste officielle de 1.Q, cette dernière a priorité Aujourd'hui à 13h Entrevue exclusive avec BRIGITTE BARDOT MAISONNEUVE "‘11 h 30 Réalisation : Lucie Benoit «•» Première Chaîne Radio-Canada www.radio-canada.ca/maisonneuve k LE DEVOIR.LE LUNDI 27 SEPTEMBRE 2001 A 6 EDITORIAL Un bouclier, de force Le ministre fédéral de la Défense, Bill Graham, s’est affiché clairement jeudi dernier en faveur de la participation du Canada au déploiement américain du bouclier antimissile.«Je pense que le Canada le regrettera s’il n’y participe pas», a-t-il affirmé.S’il cessait un instant de jouer sur les mots, le premier ministre Paul Martin ne le dirait pas autrement DI nous en coûte d’avoir à le reconnaître, mais la déclaration de M.Graham coule de source, pour ainsi dire.«Pour le meilleur et — surtout — pour le pire, Ottawa doit y participer», écrivait samedi dans nos pages un spécialiste québécois de la question, Stéphane Roussel.Notez l’açcent de résignation.A quelles conditions?Objectivement cela n’a pas grande importance.Le nœud de la question tient au fait que les États-Unis iront de l’avant, avec ou sans le Canada — et, selon toute vraisemblance, avec ou sans George Bush à la présidence.Aussi, les contorsions nombreuses qu’Ottawa met en scène pour acquiescer sans en avoir l’air traduisent l’impasse inconfortable dans laquelle il se trouve.Si Ottawa dit oui, c’est qu’il est aspiré.Or le Canada est contraint de jouer le jeu du bouclier antimissile dans la mesure où il est prisonnier d’une géographie qui le fait voisin d’un empire.Ce qui confine le débat au surréalisme, au vu du fait que, sur le fond, l’efficacité militaire du projet est extrêmement contestée.Un refus équivaudrait pour Ottawa à renoncer au peu de pouvoir dont il dispose au chapitre d’une défense continentale que les Américains réforment unilatéralement dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001 — et à laquelle la Grande-Bretagne, l’Australie, le Japon, la Corée du Sud et Israël ont déjà accepté d’apporter leur collaboration par l’entremise de leurs stations d’observation satellitaires.En l’occurrence, M.Graham a raison de dire qu’un refus de participer marginaliserait le Canada et porterait atteinte à «notre souveraineté» en abandonnant aux États-Unis le contrôle de l’espace aérien canadien.Ici tient la quintessence du caractère relatif de la souveraineté canadienne.Ainsi, ceux qui croient que le Canada aurait raison d’opposer au développement du bouclier la même résistance qu’à la guerre d’Irak pèchent par confusion.Il fut politiquement possible pour le Canada de Jean Chrétien de refuser d’entrer en guerre au nom du multilatéralisme onusien.L’enjeu bilatéral que constitue le bouclier antimissile ne donne malheureusement pas cette marge de manœuvre à Paul Martin.Un non affecterait négativement le «tissu institutionnel» qui lie les deux pays, pour reprendre les mots de M.Roussel, et placerait le Canada dans une situation délicate.Son assentiment, Ottawa devrait l’avoir officiellement donné d’ici au 30 septembre, alors que les États-Unis mettront en service la première phase de leur bouclier antimissile.Le tout premier in-tercepteur de missiles intercontinentaux est installé en Alaska depuis le 22 juillet dernier.Dans les faits, la bénédiction canadienne est déjà officieusement accordée: au début de l’été, le gouvernement acceptait que des modifications soient apportées à l’accord du NORAD afin que l’organisation sous direction binationale puisse contribuer au fonctionnement du bouclier.Aussi y a-t-il abus de langage de la part du gouvernement Martin à continuer de prétendre «négocier» sa participation avec les Américains.Qu’il marche sur des œufs et qu’il tergiverse à des fins de popularité électorale n’est pas incompréhensible.Donner l’impression qu’il y a pourparlers d’égal à égal, c’est insulter l’intelligence populaire.Comme il y a manipulation à nier, comme le font MM.Martin et Graham, que le projet de bouclier, qui n’est encore pour le moment qu’une initiative terrestre et maritime, ouvre la porte à moyen terme à la militarisation de l’espace.Washington ne fait pourtant pas secret de son désir de mettre en place un volet spatial du bouclier en 2012.Si bien que, quoi qu’il en dise, M.Martin engage de force les Canadiens sur une pente glissante dont on ne sait trop où elle les conduira.Ce qui rend la pilule de ce bouclier, qui produira un immense gaspillage de ressources et d’argent dont va se gaver l’industrie militaire, d’autant plus difficile à avaler.On peut compter sur le Bloc et le NPD, au moment de la rentrée parlementaire dans une semaine et demie, pour signaler au gouvernement — minoritaire — de Paul Martin qu’il vaudrait infiniment mieux consacrer les milliards que coûtera le bouclier à la santé, à l’éducation et à la prévention des conflits.Mais c’est un argument que la realpolitik préfère toujours refuser d’entendre.gtamefer@ledevoir.com Guy Taillefer WÊÊÊÊ LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU.LOUIS LAP1ERRE.JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE LoBLAwS.On M'T'V n AVoiK Dit pPoDuiTt
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