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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2004-10-02, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI ET DIMANCHE 3 OCTOBRE 2001 ROMAN Francine D’Amour sur Le Retour d'Afrique Page F 2 POLITIQUE Vadeboncœur et la dictature internationale Page F 6 a/ © ?¦ in Le projet a commencé par une idée, celle qui veut que la poésie compte plus d’amateurs qu’on ne le croit.La suggestion venait de Gaston Bellemare, qui avait fondé seize ans plus tôt les éditions de poésie Les Ecrits des Forges, avec Catien Lapointe.Vingt ans plus tard, le Festival international de poésie de Trois-Rivières est devenu un rendez-vous de poètes du monde entier.Et, si l’on en croit son fondateur, il a même servi d’exemple à plusieurs fêtes qui réunissent les poètes un peu partout sur la planète, de Dakar à Moscou.CAROLINE MONTPETIT Au début, on a fait une étude sur l’invisibilité de la poésie, dit celui qui s’apprête à célébrer la 20' édition de son festival, du 30 septembre au 9 octobre prochain.Dans le temps, il n’y avait pas de poètes à la radio, encore moins à la télé, et on n’en parlait que très peu dans les quotidiens, en dehors du Devoir.» Comment les gens pourraient-ils acheter quelque chose dont ils n’ont jamais entendu parler?s’est alors demandé l’éditeur.Sous sa gouverne, trois étudiants de Trois-Rivières se sont donc engagés dans la recherche d’un projet qui rendrait la poésie plus visible.Si les médias ne sont pas obligés de s'intéresser à la poésie comme telle, avaient conclu les étudiants, Qs ont comme mandat de s’intéresser aux événements.D Mail donc créer un événement La première édition du festival a donc ainsi vu le jour.A l’époque, on y comptait une centaine de poètes, tous Québécois, qui participaient à une trentaine d’activités, réparties sur trois jours.•Quand on a annoncé qu'on voulait faire un festival de poésie, ç’a fait rire bien du monde.Les gens disaient que ça ne marcherait pas.Finalement, on attendait moins d'un millier de personnes; il en est venu 5000», se souvient-il avec satisfaction.À l’époque, le festival ne recevait qu’une subvention de 14 000 $ du ministère des Affaires culturelles.Entre la poire et le fromage Après quatre ans, explique Gaston Bellemare, les organisateurs se sont mis à craindre de lasser leur public en présentant constamment les mêmes poètes; le festival a alors ouvert ses portes au monde.Aujourd’hui, c’est quelque 30 000 personnes, dont 60 % ne proviennent pas de la région immédiate, qui se rendent à Trois-Rivières annuellement pour ce rendez-vous poétique.«Cela a été le coup gagnant, concède Bellemare.Depuis que le festival de poésie de Trois-Rivières est international, on se rend compte que les poètes québécois sont invités de plus en plus dans d’autres festivals à l’étranger.» H est vrai que certains reprochent à Gaston Bellemare de privilégier les poètes publiés aux Ecrits des Forges dans le rayonnement de son festival.Mais il faut rendre à César ce qui revient à César.Le succès de l’organisation d’un festival de poésie à Trois-Rivières est un coup de maître, et des échanges poétiques se poursuivent entre la petite ville de la Mau-ricie et Moscou, Buenos Aires, Paris, Namur et Dakar, pour ne nommer que ces villes-là «Si la montagne ne vient pas jusqu’à toi, va à la montagne», dit le proverbe.L’une des clés du succès des festivités de Trois-Rivières est de faire en sorte que les poètes vont là où le public aime aller, dans les cafés, les bars et les restaurants de Trois-Rivières, qui agissent en partenariat avec le festival.Aussi, les poètes qui s’y produisent doivent se soumettre à une règle assez sévère: ils ne doivent pas lire durant plus de trois minutes (cinq minutes au maximum dans certains cas).Le public a ensuite le droit de parler durant sut minutes avant que ne reprenne la lecture suivante.«J’avais consulté un professeur de l'université de Sacramento, en Californie, qui avait modélisé l’ensemble des grands discours des orateurs à travers le temps», se souvient Bellemare.L’homme avait ain- si chronométré et analysé, par thème et par sujet, les envolées de Cicéron ou de Churchill, pour finalement suggérer à Gaston Bellemare de ne pas imposer à des gens ordinaires une durée de plus de trois minutes par lecture de poème.C’est donc cette formule qui a perduré et qui permettra aux amateurs, encore une fois cette année, de croquer quelques mots de Claude Beausoleil ou de Bernard Pozier avec une bière triflu-vienne ou entre la poire et le fromage.Parmi les poètes étrangers présents cette année, Gaston Bellemare recommande particulièrement Francis Combes, de France, Amina Saïd, de Tunisie, et Tanella Boni, de Côte d’ivoire.«Nous nous tenons là, debout et immobiles, sans même s'apercevoir que la terre nous emporte», écrit le premier dans Cévennes.«[.] et dans le secret du monde / toujours s’ordonne le même sacrifice / rite renouvelé fête barbare / en l’honneur d'étemelles victimes», écrit la seconde dans Territoires de l’ombre.*[.j je vais honorer les dieux qui veillent encore la porte du non-retour», écrit la troisième dans Corée île baobab.Ainsi les poètes conversent, sans égard au temps ou à l’espace.Le Festival international de poésie de Trois-Rivières a pour mission de célébrer les poètes vivants, qui viennent lire eux-mêmes leurs textes.Pourtant, cette année, à l’occasion du 20' anniversaire, le programme fait quelques accros à cette règle.Ainsi, on aura droit à des hpmmages aux défunts poètes Roland Giguè-re, Gérald Godin et Emile Nelligan, ainsi qu’à un hommage à la revue Les Écrits, la plus ancienne revue littéraire du Québec, soutient Bellemare.Comme à l’accoutumée, on y remettra une dizaine de prix littéraires.On sait que le Grand Prix du festival ira à Claude Beausoleil, pour Lecture des éblouissements, et que le prix Gatien-Lapointe, Jaime Sabines va aussi à Claude Beausoleil pour Grand hôtel des étrangers.Amina Said est pour sa part lauréat du prix Antonio Vicar ro.Mentionnons enfin que le public pourra y visiter deux expositions: l’une, à Montréal, des peintures de nus de Saint-Denys Gar-neau; l’autre, à Trois-Rivières, des manuscrits de Gaston Miron, à partir desquels il lui arrivait de déclamer lui-même ses poèmes au coin des rues.Le Devoir FESTIVAL INTERNATIONAL DE POÉSIE DE TROIS-RIVIÈRES Du 30 septembre au 9 octobre ¦t 1 POÉSIE F2 LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 3 OCTOBRE 2004 -«'Livres'»- LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE Francine D’Amour : la force de l’eau sous la glace CAROLINE MONTPETIT Son histoire semble débuter par une descente aux enfers, qui aurait pu fipir au fond de la rivière des Mille-Iles.Mais l’univers de Francine D’Amour est plus complexe que cela.En fait, la narratrice de Retour d’Afrique, le dernier roman de l’écrivaine, est comme l’eau courante qui s’agite sous la mince couche de glace de l’hiver.Elle refait surface après les grands froids.Le Retour d’Afrique, c’est un titre emprunté à un film d’Alain Tanner, paru en 1973, qui met en scène un couple enfermé dans le mensonge d’un voyage en Afrique.Sauf que, dans le roman de Francine D’Amour, ce n’est pas un couple mais une femme seule qui reste au Québec alors que,tout le monde croit qu’elle est en Egypte avec son conjoint Dans cette solitude qui la confine à une petite maison de banlieue au bord de la rivière, la femme lutte avec l’alcoolisme, avec la dépendance mais aussi, successivement avec l’espoir et le désarroi.En entrevue, l’écrivaine, qui est déjà lauréate de nombreux prix littéraires, confie qu’elle a commencé à écrire ce livre en 1997, tout de suite après Presque rien, son avant-dernier roman, lauréat du prix Québec-Paris.«Un peu trop vite après», dit-elle en entrevue.Après sept ou huit mois d’écriture, en effet l’écrivaine s’était arrêtée à la page 60 du livre, butant sur une foule de questions sans réponses telles «est-ce que Julien est vraiment parti?», «qui est fskandar?», etc.Il a fallu quelque six ans à l’écrivaine, qui est aussi professeur de littérature au cégep Montmorency, pour reprendre le canevas de son œuvre et résoudre cette histoire d’amour et d’abandon, de désespoir et de guérison.A un moment donné, ajoute-t-elle, «tous les morceaux du puzzle se placent», à travers toutes sortes de hasards.«Un hasard vaut mieux que mille rendez-vous», dit-elle d’ailleurs.L’histoire d’une dérive Ainsi donc s’est tramée cette histoire de dérive qui ressemble presque à un récit poétique, tant elle est à la fois lyrique et onirique.A la suite d’une dispute avec son amoureux, une femme alcoolique se voit privée de Iq possibilité de partir ayec lui en Egypte, tel que prévu.Egalement dépossédée de son appartement, qui est prêté à un professeur égyptien, Iskandar, elle est installée par son amant dans un ancien chalet de banlieue, où elle se cache pour éviter de faire face au monde et reconnaître la débandade de son projet Ainsi se déroule cette dérive toute en doutes et en nuances, telle une longue nuit trop arrosée d’alcool où, dans la pénombre de la solitude, on ne distingue plus tout à fait la réalité de l’imaginaire.Il est des hivers où la chaleur d’une bouteille de rouge est peut-être le meilleur compagnon.Une dérive Liber « Figures libres » * « g- * i * r-* » Line Mc Murray Récits de quand fêtais petite, près du lac, dans la nature 184 pages, 18 dollars Mc Murray Nous, k ttfhnis.tir uelrbTrta.ca llte Roland Giguèra Lecture LU Zénob WoU-Svlerae) sameiii 8 octolrs 17 h Martine AUDET Paul BÉLAN6ER Jacques BRAULT André BROCHU Marc André BROUILLETTE François DUMONT Luis Carlos FERNANDEZ Pierre FILION Simon HAREL Karins HUBERT Gilles LAPOINTE Laurent MAILHOT Gilles MARCOTTE Christian MONNIN Jean MORRISSET Andrea MOORHEAD Pierre NEPVEU Pierre POPOV1C Steve SAVAGE Louis-Jean THIBAULT René VI AU Andrée YANACOPOULO JACQUES NADEAU LE DEVOIR Francine D’Amour terrible mais belle aussi parce qu’elle permet à la narratrice de toucher ses propres forces au fond d’elle-même, de renaître à ses désirs fous de caresses, de voyages, de parfums, et de mets raffinés.Ce roman en est aussi un qui porte sur la dépendance, convient l’écrivaine en entrevue, dépendance à l’alcool, mais dépendance à l’amour aussi.Pourtant, dans cet écheveau complexe qui lie entre eux les êtres, on ne sait pas toujours qui laisse et qui est laissé, qui est vivant et qui se meurt, qui porte l’espoir et qui, le désespoir.Francine D’Amour se reconnaît perfectionniste.C'est sans doute ce qui a fait que ce dernier roman, bien écrit, a tant tardé.On le lira avec la délicatesse que l’on prend pour écouter les confidences d’une amie intime, avec à la fois de la compassion, mais aussi une admiration pour la vie qui, si souvent, refait surface malgré tout.LE RETOUR D’AFRIQUE Francine D’Amour Le Boréal Montréal, 2004,235 pages / Rachel LECLERC Visions volées «Un livre magnifique [.], construit avec un savoir-faire d’orfèvre du langage, où la poésie éclate au détour de chaque phrase, subtile ou éclatante, limpide, généreuse et retenue.» Christian Desmeules Le Devoir VISIONS VOLÉES Roman |(ç 288 pages * 22,95 $ fcj w ww.ed i t i onsborea I.qc.ca Dans les maisons fragiles du je DAVID CANTIN Bien qu’ils diffèrent dans le ton ainsi que le propos, les derniers recueils de Geneviève Letarte et Andrea Moorhead se concentrent autour d’une possible réconciliation avec l^tat actuel du monde.Par le biais d’une parole limpide, Tout bas très fort de même que Présence de la terre s'occupent à définir un territoire intérieur où une certaine recherche de vérité demeure encore palpable.Malgré l’incertitude tout comme les échecs, le réel passe cette histoire sublime du quotidien qui n’en finit plus d’éblouir.Surtout connue en tant que romancière, Geneviève Letarte propose dans Tout bas très fort une traversée de la vie ordinaire.Dès la première page, l’être aimé part pour le travail, laissant derrière lui une femme seule et fragile.Au fil des cinq sections du recueil, cette présence féminine tente de répondre du mieux qu’elle peut à la détresse féconde qui lui échappe sans cesse: un dialogue naît ainsi avec sa part de doute, de ré-vélations et de souvenirs.Par aiDeurs, on reste bien ancré dans un univers poétique qui pointe vers le rationnel de même que vers les obstacles inévitables du présent.L’imaginaire de Letarte prend appui sur une langue simple qui n’a absolument rien d’énigmatique.A un certain moment, elle arrive même à cette question fondamentale: «Nos mots avaient-ils un sens dans notre tête /Avant d’être articulés dans notre bouche / Ou bien est-ce uniquement dans notre bouche / Que nos mots prennent sens?» Plus que jamais, l’écriture de Geneviève Letarte gagne dans cette économie de la parole qui va droit au but D y a parfois des maladresses, mais le ton des plus naturels empêche la lecture de devenir encombrante.Avec un regard inquiet, ces mots lèvent le voile sur les souvenirs du temps qui fùit et ne reviendra jamais.Derrière cette conscience tragique, une voix gagne à remettre en question les contrastes émotionnels d’une vie qui ne cesse de déguerpir à vue d’œil: «Soleil mûr/Au-dessus des maisons/Il n’y a plus de regrets /Dans ton cœur/Chansons/ Accrochées dans les arbres / Tu ne sens plus / Le vent froid de la mort / Scintillement des forêts / Condensation des désirs / Tu marches sur un fil.» Elliptique et fortement évocatrice, la poésie narrative de Tout bas très fort met en scène le paradoxe d’exister à une époque où le désastre refuse de s’éteindre.Encore une fois, l’au-teure de Soleil rauque se révèle minutieuse face à l’intime confusion de l’existence humaine.Dans une tout autre perspecti- ve, la poète américain^ Andrea Moorhead revient aux Ecrits des Forges avec un livre qui suit le reflet de la nature et ses nombreuses transformations.Du début jusqu’à la fin de Présence de la terre (son sixième recueil en français), le paysage cache plusieurs métamorphoses.Suivant les traces de l’ermite, une voix s’accorde avec le corps fusionnel.Un territoire nouveau apparaît, mais aussi un éblouissement qui pointe vers le lieu inatteignable des origines.Grâce à une parole subtile et discrète, Moorhead reprend la «lampe incertaine du voyageur maladroit et fatigué» afin de mener à terme une quête initiatique très libre.Au pied d’une montagne ou quelque part en forêt, l’ivresse de la mémoire se fait sentir.On entend au loin: «le cœur se fait totalement disparaître / dès le coup de vent qui nous cherche / derrière les feuilles tombées / cœur éblouissant tel une feuille rouge / un crépuscule océanique une larme préservée / sans aucune référence historique / trottoir balayé par Tarage / chemin de terre battue avant la nuit / substance granitique ouverte aux passages / l'œil fermé/juge la courbe de l’horizon».On découvre une vision alchimique du temps et des choses dans cette poésie qui s’ouvre au mystère du jour.Ainsi, une forme de savoir émerge de cet acte visant à rétablir «un autre chemin».Sans jamais se compromettre dans une sorte d’ésotérisme douteux, la poésie d’Andrea Moorhead fait davantage appel aux sens.TOUT BAS TRÈS FORT Geneviève Letarte Écrits des Forges Trois-Rivières, 2004,172 pages PRÉSENCE DE LA TERRE Andrea Moorhead Ecrits des Forges Trois-Rivières, 2004,108 pages :;:v: GENEVIÈVE LETARTE TOUT BAS TRÈS FORT Marc Fisher Nelly Arcan auteur de Mort subite auteure de Folle ÉCRIRE un atelier intensif de Marc Fisher avec la participation spéciale de Nelly Anan et Michel Brulé, éditeur • stnxtuiez efficacement votre histoire • créez un suspense irrésistible • IS moyens pour améliorer vos diakxjues • les 20 types d'intrigues • les techniques utilisées dans le best seller Da Vinci Code Invitée spéciale.Nelly Arcan parlera de sa méthode d'écriture Déplus, Michel Brûlé, édite.)i des Intouchables, vous expliquera ce que recherchent les éditeurs DATE : Le 31 octobre, de 9 h à 17 h LIEU: Hôtel Holiday Inn, 420 Sherbrooke, ouest COÛT : Tarif régulier: 115 $ (taxes incluses) TARIF ÉTUDIANT: 95$ (taxes incluses) INFORMATIONS ET INSCRIPTION : iélérhoi,e (514) 326 8485 courriel : foHcr_globe#liotmail.cam t t » * LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 3 OCTOBRE 2 0 01 F *¦ LITTERATURE - ROMAN QUÉBÉCOIS L’impossible retour La vie en montagnes russes i I i i ! » » I * * Né à Florence, le poète et essayiste Fulvio Caccia a vécu 30 ans au Québec.Il réside en France depuis 1989.Lauréat en 1994 du prix du Gouverneur général du Canada pour son recueil de poésie Aknos (Guernica), il a écrit Les Connexions dangereuses (1995), un essai sur la cybersexua-lité, et La République métis (1997), une réflexion sur les rapports entre culture, politique et mondialisation.A Paris, il a fondé l’Observatoire multilatéral sur la diversité culturelle.Animateur de la revue littéraire multilingue en ligne Combats après avoir été un des fondateurs et principaux collaborateurs de la revue Vice-Versa à Montréal, l’écrivain s’intéresse depuis longtemps aux nouvelles configurations identitaires dans le contexte de l’immigration.Il sera de passage au Québec en novembre, où il participera au Salon du livre de Montréal ainsi qu’à une série d’activités, dont une table ronde portant sur le thème de l’exil et du retour.S’il est vrai que tout immigrant fait des rêves de retour, comme l’affirme Milan Kundera dans son dernier roman, L'Ignorance, une question se pose: peut-on retourner impunément dans son pays d’origine?La Ligne gothique traite de cette question douloureuse, de cette souffrance invisible causée par l’exil.Univers de miroirs et de doubles Tout lecteur doit mériter son auteur, disait Umberto Eco.La Ligne gothique est construit à partir d’un faisceau de coïncidences et d’énigmes, de chemins de traverse, de chausse-trapes.Les noms sont changés, les lieux réels travestis.Que comprendre de cette histoire éclatée où tout se passe comme si diverses époques et générations étaient compressées en un seul et même instant, où les personnages s’évanouissent dès lors qu’on veut les saisir?Comment se retrouver dans cet univers de miroirs et de doubles à la Borges où le réalisme de la fiction s’effondre, dans ce labyrinthe du temps et de la mémoire où le romancier rompt le fil dès le début de son récit en dédales?«Mais ce voyage, je le savais, ne serait pas comme les précédents.» Sortant d’une relation amoureuse avec Ariane, «douze ans d’amour-passion, de tempêtes et d'éclaircies qui nous ont laissés exténués», Jonathan Hunt prend prétexte d’une invitation à un colloque dans sa ville natale pour retrouver Dimitri, son meilleur ami, disparu il y a dix ans pendant un carnaval.Arrivé sur les lieux, il ne reconnut plus la ville.«Je suis dans la Cité de l’Oubli.» Des odeurs de bruyère et de romarin le ramènent à son enfance, «au porche de plâtre lézardé, au rectangle étroit de la cour lavée par le soleil et, au fond, au petit appartement familial encore hanté par la voix in-flexjble de mon père».À mi-chemin entre le rêve et la réalité, l’histoire vraie se dérobe Suzanne Giguère La Ligne gothique est construit à partir d’un faisceau de coïncidences et d’énigmes, de chemins de traverse, de chausse-trapes Le poète et essayiste Fulvio Caccia sera de passage au Québec en novembre, où il participera au Salon du livre de Montréal ARCHIVES LE DEVOIR Liber Yves Bertrand Le jardin intérieur Construire son bonheur quotidien 156 pages, 23 dollar* ^ .et bascule dans des visions fantasmagoriques, puis dans un érotisme lyrique.Jonathan rencontre des inconnues qui le grisent Les scènes d’amour sur les premiers accords de Summertime de Gershwin ou les «discrètes bacchanales» pendant le carnaval font corps avec le texte.Le romancier brise l’enchantement et introduit dans son récit un épisode de la résistance italienne durant la Seconde Guerre mondiale aux abords de la Ligne gothique.Ce fait historique réel rappelle métaphoriquement d'autres conflits dans lesquels «il est étrange de mourir ainsi sous ces balcons fleuris, en plein soleil».Les noms aux consonances slaves très marquées, une mère qui court et réclame son enfant, tout ici évoque la tragédie de l'ex-Yougoslavie.Le cadre historique et politique utilisé par le romancier agit comme révélateur d’une époque remplie de doutes et d’incertitudes, marquée par le repli sur soi et la peur de l’autre.La narration devient réflexion, le style discursif, le ton critique, ironique, en un mot, subversif.Le barbare qui «s’immisce dans le bel ordonnancement du monde et le transforme» n’est peut-être pas celui que l’on croit.La tyrannie du réel Dimitri est-il mort ou vivant?Jonathan est-il vraiment parti à sa recherche?L’histoire fragmentée de La Ligne gothique finit par occulter les vraies raisons de son départ.«En vérité, c’est à la recherche de lui-même qu'il s’est lancé.» En changeant son nom en Jonathan Hunt Dimitri l’immigrant a cherché à s’arracher de lui-même.«Il voulait recommencer à neuf comme si son passé n’existait pas.» Quand il rentre dans son pays, il se sent doublement étranger.Devant l’impossibilité de renouer avec son pays d’origine, il mesure le prix à payer pour avoir franchi la Ligne gothique, symbole de l’exil.Le labyrinthe sera sans fin.Roman du déracinement de la mémoire et de l’oubli, La Ligne gothique explore avec lucidité la question de l’impossible retour qui exacerbe la tension de l’exil.Plusieurs lecteurs risquent de ne pas se retrouver dans l’architecture narrative complexe et l’univers riche de symboles et de correspondances du roman.Il faut voir dans la démarche narrative et stylistique de l’auteur la volonté de croiser des imaginaires et de les délivrer de la tyrannie du réel.Le grand enseignement de L’Art du roman de Milan Kundera.Avec La Ligne gothique, Fulvio Caccia signe un premier roman fort, d’une construction sans faille.L’œuvre, exigeante il est vrai, représente un défi de lecture.LA LIGNE GOTHIQUE Fulvio Caccia Triptyque Montréal, 2004,153 pages ODILE TREMBLAY De chroniqueur à auteur, entre écriture, documentaire et télévision, Jean Barbe semble avoir eu plusieurs vies sur des trajectoires en montagnes russes.Entre son premier roman, Souper de fête, et Comment devenir un monstre, treize ans se sont écoulés et de toute évidence, bien des révolutions intérieures.Il y a deux ans, son essai biographique Autour de Dédé Fortin avait surtout provoqué l’irritation dans son sillage, par cet entrelacement entre le destin d’un mort et celui de l'auteur qui ouvrait la porte à bien des confusions.Beaucoup plus réussi, Comment devenir un monstre témoigne d’une démarche ambitieuse, pro fonde et honnête.Celle d'ouvrir une à une les poupées russes qui recouvrent des vérités enfouies loin des clichés de convenance.Jean Barbe survolera parfois son voyage au bout de la nuit, en partie à cause de l’ampleur du projet, mais frôlera aussi des précipices et des sommets, avec des éclairs brillants, des images souvent élégantes, parfois lumineuses.Son roman, bien écrit, poli comme un gemme, aurait pu dégager plus de vigueur, mais 0 est à ranger parmi les œuvres de qualité.Ouvrage à la fois introspectif et ouvert sur les massacres contemporains, Comment devenir un monstre aborde une recherche de soi à travers les plaies et les vices du monde, dont la guerre constitue id l’allégorie suprême.Le titre seul, fort beau, résume la quête du livre.Car le monstre, c’est chacun d’entre nous, ce mot recouvrant toutes les ignominies jetées sur un bouc émissaire pour s’éviter ÉCHOS Steak haché À l’initiative du libraire Richard Gingras paraît, quand bon lui semble, la revue de poésie oblongue Steak haché.Il y a de tout la-dedans.Du meilleur comme du pire.Tout le monde y est le bienvenu.Dans cette sympathique coopérative de publication poétique, les poèmes comme les dessins envoyés à l’éditeur sont publiés tels quels.Vient de paraître, à 200 exemplaires seulement, le numéro 73 de la revue.- Le Devoir Thériault par deux Les Editions du Dernier Havre, fondées par Marie José Thériault dans le but de regrouper les œuvres littéraires et musicales familiales, rééditent le roman La Quête de l’ourse d’Yves Thériault, qualifié à sa sortie en 1980 de «somme littéraire» par Ginette Michaud, alors chroniqueuse littéraire au Devoir.La conteuse qui est aussi son propre éditeur réédite Portraits d’Eisa et autres histoires, trois récits discrètement et librement érotiques, sensuels et intimistes.- Le Devoir XYZ Romanichels JiKiloe* üamrau Lettres de Russie Le poète russe en exil aura voulu entrer dans la terre du Québec, goutte à goutte, comme on entre dans la vie.Jacques Garneau Lettres de Russie roman 120 p.• 17 $ XYZ éditeur.1781, rue Saint-Hubert, Monlréal (Québec) Hîl jZi Téléphone ; (^14) s2s.21.70 • Télécopieur : (514) S2S-7S-37 Courriel: info@xv7edit.qc ta • ww .xyxedit.qc.ca JEAN BARBE Comment dét enir un monstre le partage du remords collectif.«Je soupçonnais que des monstres, il y en avait dans civique tillage et que les faits reprochés à mon client, à une exception près, ne méritaient pas l’acharnement dont il était l'objet», écrit-il.Barbe va et vient entre les destins individuels et collectifs.Le héros, un avocat de Montréal, excédé par la banalité de son quotidien en famille, sera appelé à faire une longue traversée de l'enfer par monstre interposé pour retrouver la saveur de l’amour domestique.Cet enfer se joue sur les traces d’un tueur sinistre quelque part dans les Balkans en ruine après la guerre.Notre héros, qui doit défendre cette brute silencieuse pour le compte d’Avocats sans frontières, remontera les traces de la vie du monstre pour trouver son humanité au bout de la piste.Le dragon de service fut aussi un cuisinier, un amoureux, un ami capable de risquer sa vie pour celui qu'il protégeait de son aile, un être humain en tuile et desespere.Œuvre sans rédemption, sinon celle du doute, Comment devenir un monstre épousé avec angoisse et sensibilité le parcours hébété d'un homme catapulté en pleine guerre' qui perd tout ce qu’il aime et détruit à son tour, tout en conservant un tenace sentiment d'invalité, étranger à son destin, comme le personnage de Camus.*1.) fai eu plusieurs.Uns l’impression diffuse d’être un personnage dans le rêve d'un autre, je t'oyais le rêve à tmi
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