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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2008-11-29, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 NOVEMBRE 2 0 0 8 pj ENTREVUE I \ Sabine Wespieser, éditrice littéraire Page F 5 LITTÉRATURE > Le train de la mort de Danielle Trussart Page F 3 QV # «S $ SN% V* A ?\ s?' Wk- it’ \ ' A tt wLfjèi a A \ \ A \ \ \ autochtones \ \ A \ m ^xjgan CAROLINE MONTPETIT CA est un tabou y qu’on essaie péniblement de lever depuis quelques années, enfoui qu’il est sous la lourde chape du temps et du secret.Pour racheter les abus sexuels commis auprès de la clientèle des pensionnats autochtones au cours du iSiècle dernier, le gouvernement fédéral a créé un fonds d’indemnisa-'don dont les victimes peuvent désormais se prévaloir individuellement.Le journaliste Daniel Tremblay vient pourra part d’y consacrer un livre, L'Éveil des survivants, publié aux Editions Michel Brûlé, qui porte précisément sur les sévices sexuels subis par les pensionnaires de ces établissements.- Le sujet était périlleux, la recherche longue.Daniel Tremblay a travaillé sur ce projet de livre durant quatre longues années, après en avoir passé quatre autres à médi- ter sur la question.Il a sillonné le Québec pour récolter des témoignages fragiles, des fragments d’histoires brisées, puisés dans une mémoire ancienne et douloureuse, puisque les derniers pensionnats autochtones du Québec ont été fermés à la fin des années 1970.Il a Si l’anonymat s’est imposé, c’est entre autres parce que plusieurs de ces personnes n’avaient jamais raconté à leur propre famille les sévices dont elles avaient été victimes, explique Tremblay.Les noms des agresseurs allégués ont pour la plupart également été modifiés.Il s’agit Dans les faits, personne n’est capable d’établir combien de personnes ont été agressées dans les pensionnats autochtones rencontré tant des victimes de ces sévices que des gens qui ont œuvré auprès d’elles, des religieux qui ont côtoyé des agresseurs et certains autres qui ont eux-mèmes été l'objet d’allégations.la plupart de ces témoignages sont anonymes.Daniel Tremblay leur a accordé de la crédibilité parce que les personnes qui les ont livrés lui avaient été référées par des personnes-ressources fiables.ici d’agresseurs allégués qui n’ont, en général, pas fait l'objet de poursuites criminelles.En entrevue, Daniel Tremblay explique que les victimes d’abus sexuels ont souvent connu plusieurs agresseurs, ils ont des souvenirs épars, fugaces.L’identification de leurs agresseurs devient vite complexe.Aussi, reconnaît le journaliste, sur le plan juridique, la plupart de ces témoignages ne seraient pas retenus lors d’un procès, qui exige qu’on établisse une preuve hors de tout doute avant d’inculper quelqu’un.Il faut dire aussi que les poursuites criminelles sont extrêmement éprouvantes pour les victimes d'agressions sexuelles.L’auteur en donne un exemple dans son livre.Avant et pendant le procès pour abus sexuels de l’abbé Raynald Couture, par exemple, qui n’a pas œuvré dans les pensionnats mais qui a été prêtre-ouvrier dans la réserve attikamek de AVemontaci, quatre suicides, que les gens de la réserve lient aux agressions du curé Couture, sont survenus chez les habitants de la réserve.Sujet difficile Ce livre a donc le mérite de se pencher sur un sujet difficile, qui n'avait encore jamais été exploité, du moins dans le monde de l’édition francophone.On a d'ailleurs longtemps allégué que les pensionnats autochtones du Québec avaient été à l’abri des sévices sexuels, du fait que ces pensionnats y ont été ouverts à partir de 1930, pour la plupart en 1950, soit VOIR PAGE F 2: MÉMOIRES t I IK I) E V 0 I K .LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 NOVEMBRE 2 0 0 8 F 2 LIVRES EN BREF Le prix Metropolis bleu à Antonia Susan Byatt C’est la romancière et critique littéraire britannique A S.Byatt qui recevra cette année le Grand Prix littéraire Metropolis bleu.Mme Byatt succède ainsi à Daniel Pennac, qui l’avait remporté l’an dernier, et à Margaret Atwood, Michel Tremblay, Carlos Fuentes, Paul Auster, Maryse Condé, Mavis Galant Norman Mailer et Marie-Claire Blais.Le lauréat doit être un écrivain de stature internationale et avoir contribué de façon exceptionnelle à la littérature contemporaine.D doit aussi avoir des lecteurs francophones et anglophones en nombre significatif à Montréal.A S.Byatt est notamment l’auteur du roman Possession, qui a été adapté à l’écran en 2006.Le prix lui sera remis lors du festival Metropolis bleu, à Montréal - Le Devoir Deuxième concours national de lecture Un deuxième concours national de lecture se tiendra du 1er au 12 décembre prochain au niveau de la première et de la deuxième année dans 35 à 40 écoles de milieu défavorisé du Québec.Ce concours utilise le jeu Récréation, créé par Pierre Renaud, policier de la Sûreté du Québec qui s’intéresse à l’éducation et qui s’est inquiété des faibles aptitudes en lecture chez ces jeunes élèves de milieu défavorisé.Les enfants sont invités à avancer sur des cases lorsqu’ils arrivent à épeler ou à lire correctement un mot écrit sur une étiquette.La case de départ du jeu est une école et la case d’arrivée, un terrain de jeu.Les jeux sont fournis gratuitement aux écoles par Pierre Renaud.C’est le linguiste Pierre Bertrand qui sera cette année le porte-parole de cet événement, qui compte des participants jusqu’à Salluit, dans le Grand Nord du Québec.- Le Devoir Expozine est de retour La T foire annuelle des petits éditeurs, des bandes dessinées et des fanzines de Montréal se tient ces samedi et dimanche, au 5035 de la rue Saint-Dominique.On y prévoit la rencontre de 250 représentants de ce milieu de création de productions émergentes, qui viennent autant de New York que d’Halifax ou de Québec.On assure que -tout ce qui est représenté est quasi exclusif.- Le Devoir Le chercheur Richard Tremblay honoré en France Le professeur Richard Tremblay, de ï’Université de Montréal, a reçu le prix René-Joseph Laufer, de l’Académie des sciences morales et politiques de France, pour son livre Prévenir la violence dès la petite enfance, publié aux Editions Odile Jacob.Le prix René-Joseph Laufer récompense tous les deux ans un livre qui contribue à la prévention des problèmes sociaux, -te Devoir ROMAN QUÉBÉCOIS L’homme invisible de Jean Barbe CHRISTIAN DESMEULES \ A quoi se mesure vraiment l’empreinte d'une vie d’homme ou de femme?Quel pouvoir réel avons-nous de transmettre quelque chose, de toucher quelqu’un, d’exister sans disparaître?Ce questionnement en forme d’angoisse existentielle traverse tout Le Travail de l’huître, le quatrième roman de Jean Barbe.Autre exploration des zones grises de la condition humaine après Comment devenir un monstre et Comment devenir un ange (Leméac, 2004 et 2005), l’auteur, directeur de l’éditorial chez Leméac, signe cette fois une fable philosophique plantée dans une Russie de carton pâte, terre d’élection du nihilisme «destructeur».Un pays en mutation où l’on suit, grosso modo, du début de la décennie 1860 jusqu’aux années de guerre civile qui ont suivi la Révolution bolchevique de 1917, la quête de sens d’un protagoniste abandonné à lui-même.Andreï, fils d’un bûcheron ivrogne de Sibérie, quitte son village à l’âge de seize ans pour tenter sa chance dans la capitale, Saint-Pétersbourg.Quelques semaines plus tard, après avoir lu un pamphlet anarchiste, l’idée folle d’assassiner le tsar ne le quitte plus.Mais il devient invisible en se frappant la tête sous une table au cours d’une réunion de conspirateurs.C’est le début d’une errance qui, on le devine bientôt, ne connaîtra jamais de fin.Tout va très vite dans ce «roman métaphysique».Les premiers attentats contre Alexandre II, les débauches puis la mort de Raspoutine, la technique nouvelle et les inventions, l’industrialisation de l’Occident, les premières guerres du XX" siècle.L’observation patiente et curieuse des hommes, tous les livres lus n’y feront rien.La clé de ce mystère échappe et échappera jusqu’à son dernier souffle à l’homme invisible.Avec te Travail de l’huître, Jean Barbe imagine une expérience radicale de la solitude.Voir sans être vu, connaître sans être connu, aimer sans être aimé, donner sans jamais rien recevoir.Son héros est prisonnier d’une forme démultipliée de «locked-in syndrome».«Il avait à portée de main toutes les richesses qu’il voulait.Il avait fait le tour du monde, tes dédales du palais lui étaient devenus familiers.Il avait appris les rudiments de tant de langues qu’il lui arrivait de rêver en charabia.Inculte, il avait lu plus • / * : 11L; Jean Barbe JACQUES GRENIER LE DEVOIR de livres que bien des savants.Mais tout ce qu’il avait appris, tout ce qu’il avait vu, tout ce qu’il avait pensé disparaîtrait avec lui.» Au moyen de cette histoire simple et prévisible, l’écrivain semble nous faire la démonstration par l’absurde du cul-de-sac que représente la pensée nihiliste.Tracer la trajectoire silencieuse d’un homme laissé à lui-même, qui doit sécréter jour après jour sa propre vérité.Fixer le drame et le lot commun de toute aventure humaine.Collaborateur du Devoir LE TRAVAIL DE L’HUÎTRE Jean Barbe Leméac Montréal, 2008,148 pages ROMAN QUÉBÉCOIS Linda Amyot : la disparition de l’amour en cinq temps CHRISTIAN DESMEULES Court roman en cinq temps qui vient boucler une trilogie amorcée avec Ha Long en 2004 et poursuivie, deux ans plus tard, avec La Chambre blanche.Au matin complète l’exploration sensible d’une intimité féminine où l’amour, le désir, le couple, la maternité et la maladie forment autant de jalons d’une existence où «la mort marche sur nos talons».Attentive aux bouleversements infimes ou cataclysmiques qui font osciller le tracé régulier d’une vie humaine, Linda Amyot nous offre cette fois un diminuendo amoureux en cinq époques de la vie d’une femme.Sur une période de vingt ans, on y retrouve des personnages croisés à une époque ou une autre de leur vie dans les romans précédents de l’écrivaine.Rédactrice publicitaire, Marie forme depuis des années avec Paul une sorte de couple parfait à qui il manque pourtant la «certitude absolue» pour passer à l’inévitable moment de la vie à deux.Mais Simon, un nouveau collègue de Marie, vient ébranler ce hangar branlant.Elle n’est pas amoureuse de lui.Pas vraiment; «Sinon que je souris quand il sourit.Que son rire me donne envie de rire.Que je pense à lui même quand fessaie de ne pas y penser.» Elle finit par dire oui à cette nouvelle passion, qui est pour elle une bouée qui la sauve de la noyade.Mais quelques années plus tard, l’oxygène se fait à nouveau plus rare.Que s’est-il passé?Leurs oibites, parallèles pendant ces années com- munes, ont fini par diverger et révè-lent à présent leur vraie nature.Alors que lin est ambitieux, elle est plutôt inquiète et insomniaque.La naissance d’un premier enfant, en les forçant à ralentir la cadence de leur vie, achève de les rendre étrangers l’un à l’autre.C’était écrit il finira par la quitter, emportant avec lui les raisons profondes de cette rupture, tout comme ses vieux vêtements, au fond d’un sac.«Aucun homme ne s’insinuera aussi bin sous ma peau et jusque dans mes veines», se promet-elle, reconnaissant qu’elle est peut-être trop sensible pour prendre part sans gravité à l’épuisant jeu de l’amour et du hasard.Linda Amyot a l’œil sismographe.Avec Au matin, elle arrive à rendre compte avec beaucoup de finesse des infimes soubresauts qui précèdent les ruptures.Elle y met en mots la courbe de la lente et imperceptible disparition de l’amour, ou plutôt celle de l’épuisement de la capacité d’aimer.Délicate et allusive, elle injecte dans son petit roman tout ce qu’il faut de questions impossibles pour qu’il continue à nous, hanter: «Comment vivre sans enfants?Comment vivre avec le regret d’avoir dû choisir entre un homme et un enfant?Et comment vivre en choisissant l’homme et l'enfant?» Comment vivre?Collaborateur du Devoir AU MATIN linda Amyot Leméac Montréal, 2008,92 pages MEMOIRES Il n’y a pas que du noir dans l’histoire des pensionnats autochtones du Québec SUITE DE LA PAGE F 1 durant une période beaucoup moins longue qu’au Canada anglais.Ce n’est manifestement pas le cas, et il est important que la lumière soit Édte sur cet état de fait L’auteur lève donc un coin de voile sur des abus sexuels qui auraient été perpétrés dans les pensionnats de Sept-îles, Pointe-Bleue, de Fort-George, de Saint-Marc, de La Tuque, ainsi que dans les foyers fédéraux hébergeant des Inuits à Po-vungnituk, à Poste-de-la-Baleine, à Kimmirut, à Iqaluit, à Cape Dorset, à Port Harrison, à Salluit, à George River et à Kangiqsualujjuaq.Le tableau qu’il en brosse n’est pas reluisant.Certains établissements auraient vu défiler jusqu’à cinq abu-seurs allégués au cours de leur vingtaine d’années d’existence.Or «ce qu’on sait, d’après certaines études faites par le centre de services correctionnels, c’est qu’un agresseur seul pit en moyenne 60 victimes», à différents degrés, dit Tremblay.Faites le compte.Dans les faits, cependant, personne n’est capable d’établir combien de personnes ont été agressées dans les pensionnats autochtones, ni quel est le pourcentage de la population globale de ces établissements qui a été touchée par le phénomène.Même les audiences pour indemnisation se déroulent à huis clos, et leurs don- Série de la Place des Arts LerStudù) littéraire^ Un effuice'pour Us mcrts Lundi 8 décembre • 19H30 À la Cinquième Salle de la Place des Arts James Hyndman lit Pierre Foglia et Paul Foumel Le sportif James Hyndman arrache quelques pages aux Athlètes dans leur tête de Paul Foumel et aux chroniques de Pierre Foglia écrites durant le Tour de France.Une coproduction Les Capteurs de mots % Place de* Art* c&ebtc* Entrée ; 15 S* Étudiants : 10 S* *18X81 inclusei.Frais de service en sue.514 842.2112 *1866 842.2112 laplacedssarts.com nées ne sont pas accessibles aux journalistes.Quand on lui demande si les pensionnats autochtones étaient, pour parler crûment, des nids de pédophiles, Daniel Tremblay répond qu’ils étaient plutôt des nids d’en-fants vulnérables, dépendants, sans ressources, coupés à la fois de leur culture et de leurs liens familiaux.Les agressions n’y ont d’ailleurs pas seulement été perpétrés par les religieux et les religieuses, mais aussi par les pairs.Certaines victimes avaient aussi déjà été agressées dans leurs familles avant d’arriver au pensionnat Il reste toutefois que les religieux bénéficiaient d’une aura très particulière auprès des autochtones et que la dénonciation d’abus commis par des membres des communautés religieuses était d’autant plus difficile pour les victimes.Des excuses claires tardent d’ailleurs à venir de la bouche des représentants de l’Église, dit Tremblay en entrevue, et l’essentiel des indemnisations est déboursé par le gouvernement fédéral.L’une des victimes interrogées par Daniel Tremblay, Marcel Petit-quay, de la réserve de Wemontaci, qui a été pensionnaire à Pointe-Bleue durant dix ans, résumç assez bien sa position envers l’Église: «Y’en a des mauvais pis des bons.Ce que je reproche aux bons, c’est d’avoir protégé les mauvais.C’est [cej que je leur reproche.[Aussi], ils ne s’excusent pas vraiment.Ils disent qu’ils sont désolés, mais ça paraît pas.Ils auraient dû nous protéger.» Pas que du noir Les indemnisations accordées U *• JP ¦ - .wm.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Dans les faits, estime Daniel Tremblay, personne n’est capable d’établir combien de personnes ont été agressées dans les pensionnats autochtones, ni quel est le pourcentage de la population globale de ces établissements qui a été touchée par le phénomène.aux victimes de ces sévices sont pécuniaires.Elle totalisent parfois des sommes rondelettes pour un seul individu.Selon Daniel Tremblay, le maximum prévu est de 275 000 $ avec des possibilités de dédommagement pour pertes de revenus.Mais ces indemnisations n’ont pas toujours l’effet escompté, dans des communautés qui ne sont pas préparées à les recevoir.Daniel Tremblay rapporte par exemple avoir entendu qu’une ancienne victime qui avait reçu un chèque de 60 000 $ l’a entièrement dépensé au jeu à Montréal, avant de demander à sa communauté de lui payer l’autobus pour rentrer chez elle! Il faut aussi dire que, dans le passé, certaines victimes se sont fait offrir des cadeaux ou de l’argent en échange de faveurs sexuelles.Pour elles, cet argent se présente donc comme une répétition de l’histoire.«Tu sais, l’argent du fédéral et des congrégations religieuses, ça nous donne l’impression d’être des prostitués», ajoute à ce sujet Marcel Petitquay.Parallèlement, les communautés procèdent à différentes activités de guérison, souvent liées à leur culture traditionnelle, qui donnent, semble-t-il, des résultats intéressants.Daniel Tremblay le précise en entrevue, il n’y a pas que du noir dans l’histoire des pensionnats autochtones du Québec.Certams y ont bénéficié d’une bonne éducation et sont restés à l’abri des sévices.Mais l’auteur a d’abord pour ambition de faire en sorte que de telles conditions sordides, la réunion de centaines d’enfants arrachés à leurs parents et planqués dans des endroits sous-financés, ne soient plus réunies pour favoriser la prolifération des abus.Ce qui n’est pas nécessairement complètement gagné.Si les pensionnats autochtones ont bel et bien disparu, l’impact qu’ils ont eu sur les enfants devenus parents, jumelé à des conditions de vie difficiles en matière de logement par exemple, donne encore lieu à diverses maltraitances.Le Devoir L’ÉVEIL DES SURVIVANTS Daniel Tremblay Michel Brûlé éditeur Montréal, 2008,360 pages 1 rft*- |p*m ci lise Vaillancourt Pascale Montpetit Claude Poissani Le Centre des auteurs dramatiques et Bibliothèque et Archives nationales du Québec vous invitent à assister à la soirée-spectacle La dramaturge Lise Vaillancourt dépeint son travail de création avec des comédiens livrant des extraits de ses pièces Comédiens : Pascale Montpetit et Claude Poissant Metteur en scène : Philippe Lambert de la Grande Bibliothèque le mercredi 3 décembre à 19 h 30 ENTRÉE LIBRE 475, boul.De Maisonneuve Est, Montréal Berri-UQAM 514 873-1100 ou 1 800 363-9028 www.cead.qc.ca www.banq.qc.ca Bibliothèque et Archives nationales Québec rï o » i LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 NOVEMBRE 2008 LITTERATDRE Le train de la mort À Danielle Laurin Imaginez.C’est votre premier roman.Il est publié.Hourra! Encore faut-il qu’il soit lu.qu’il atteigne son pubüc.Comment faire pour qu’il se démarque, pour qu’on le remarque?Un prix littéraire, peut-être?Ils sont tous passés par là: Madeleine Mo-nette, Robert Lalonde, Chrystine Brouillet Michel Désautels.Et, plus récemment, Roxanne Bouchard, pour Whisky et paraboles.Cette année, c’est au tour de Danielle TrussarL Elle est la lauréate du prix Ro-bert-Cliche.Un prix fondé en 1979 par la maison VLB pour encourager la relève littéraire au Québec.Un prix d’éditeur, oui.C’est-à-dire: l’éditeur fait un tri parmi les manuscrits de premiers romans qu’il a reçus durant l’année.Bien sûr, il a avantage à maintenir un standard de qualité.Mais il a aussi avantage à faire du bruit autour du nouvel auteur qu’il lance sur le marché.Ce qui fait qu’on est en droit, comme lecteurs, de se méfier un peu, de se montrer légèrement suspicieux.Ce qui ne veut pas dire non plus qu’on ne tombera pas sur une perle rare.Ce qui est le cas pour la cuvée 2008.On comprend tout à fait pourquoi le jury, composé des écrivains Hélène Rioux, Roger Des Roches et Diane Lacombe, est tombé sous le charme.Un train pour Samarcande révèle une vraie voix littéraire.Bon, le livre n’est pas parfait.Pour tout dire, il est un peu longuet.Un peu chargé aussi, comme c’est le cas, souvent, des premiers romans.Beaucoup de personnages qui vont et viennent, beaucoup à dire.Mais le climat, l’atmosphère.Cette façon qu’a l’auteure d’explorer la frontière entre réel et imaginaire, présent et passé, vie et mort.Cette langueur qui revient en boucles, ce lyrisme qui avance sur le bout des pieds.Cette justesse de ton.C’est une vieille dame qui parle.Blanche.Blanche parle à son mari, mort depuis longtemps.Elle lui dit tout.Ce qu’elle voit à la télé, observe par la fenêtre.Ce qu’elle pense, ressent.Ce qui l’angoisse, l’obsède.Tout ce qui lui vient à l’esprit, elle le dit à son défunt mari.Parfois se glissent ici et là dans son monologue des bouts de chansons, de poèmes, de romans.D’où viennent-ils?Tout s’emmêle dans sa tête.Ça l’affole, terriblement.De se voir dépérir.Elle va mourir, c’est pour bientôt, elle le sent, elle le sait Mais avant de partir, elle veut tout mettre en ordre.Ses livres, ses objets, ses vêtements.Et ses souvenirs.Elle fait le tri.Donne aux autres ce qui leur fait plaisir.Elle qui a toujours eu un grand cœur.Elle se départ peu à peu de tout Ce qu’elle veut maintenant, Blanche, c'est quitter le monde en paix.Ce monde qui lui échappe, de plus en plus.Où elle se sent étrangère.Depuis sa naissance qu’elle vit dans cette maison de Baie-Saint-Paul.Elle connaît tout le monde autour.Connaît son quartier sur le bout des doigts.Et pourtant.Elle ne reconnaît plus rien, ne se reconnaît plus.Qui voit-elle dans le miroir devant elle?«Toute cette peau inutile.» Est-ce bien d’elle qu’il s’agit?«Est-ce bien elle, cette vieille femme?» Que lui arrive-t-il?Le temps ne lui appartient plus.Le froin pour Scmnorcande Le temps a filé.A emporté son corps.Et sa mémoire.Elle confond tout, n’a plus de repères.N’a même plus de mots, par moments.C’est le trou noir, l’hébétude.Et la terreur.Elle autrefois si fière s’habille maintenant n’importe comment.Elle oublie de se coiffer.Se marginalise de plus en plus.S’entoure de plus en plus de marginaux.Bien sûr, cela crée de l’inquiétude autour d’elle.Doit-on la laisser seule?N'est-ce pas dangereux?Les services sociaux voudront s’en mêler.Il y a son amie de toujours, aussi.Son amie d’enfance, qui la surprotège depuis la nuit des temps.Jusqu’à l’étouffement.Elle voudrait tellement, cette chère amie, la tirer du côté des vivants.Les choses prennent parfois une tournure inattendue.Si c'était elle, Blanche, qui pour une fois prenait les devants?Si elle était prête pour l’embarquement?Son train est là, qui l’attend.Il ne lui reste qu’à sauter dedans.Et nous, pendant ce temps, nous, lecteurs, on voit défiler le bilan d'une vie.On voit Blanche, enfant.Qui s’inventait une jumelle.On voit le fils qu’elle a perdu, qui est mort trop jeune.Et qu’elle a continué de faire vivre dans sa tête.On voit le mari qu’elle a tant aimé, à qui elle continue de parler.On voit le désarroi d’une femme qui a vieilli et qui tourne le dos à sa vie.On voit la mort en face dans Le Train pour Samarcande.On se LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE La traversée des mémoires SUZANNE GIGUERE Dans La Longue Marche des Arméniens (Robert Laffont, 2007), Laurence Ritter rappelle que les Arméniens, peuple vieux de 25 siècles, vivent en majorité en dehors de leur territoire, en une diaspora formée par les rescapés du génocide de 1915 et leurs descendants.La lutte pour la reconnaissance du génocide par la Turquie est une marque de la fidélité des Arméniens à leurs ancêtres, écrit-elle, ajoutant que l’on sent poindre parmi les nouvelles générations une volonté de dépasser leur statut de victimes.Si ce peuple s’est relevé pour construire, sur son territoire ou dans d’autres pays, un nouveau monde et qu’il commence à pacifier son rapport à lui-même, à son passé comme à son avenir, ü reste encore de la terrçur dans la mémoire des descendants des survivants.Embâcle traite de la transmission intergénérationnelle de ce traumatisme.Au fil des dix-sept nouvelles qui composent ce recueil, certains personnages tentent de s’en libérer, d’autres ont réussi à surmonter l’embâcle qui paralysait leur vie, mais ils doivent apprendre à reconstruire un lieu, un lien, un récit qui soit le leur, pour ne pas être envahis, possédés à nouveau par l’esprit de ce passé remuant Perte et conquête «Je ne me plains pas du présent mais du passé qui revient dans la chambre» (Ma maison).La plupart des nouvelles sont organiquement liées par des voix, des images qui s’incrustent et reviennent, infatigables, dans la mémoire des personnages: «Je ne veux pas me réveiller, mon mal se réveille toujours avec moi», répète une mère à sa fillette (infant utile).Dans La Main brisée, une grand-mère dont la seule évocation du passé fait résonner la mémoire cadenasse ses souvenirs, empêchant du coup sa petite-fille d’écrire le roman familial.Dans Hasmig, une journaliste d’origine arménienne est rattrapée par l’actualité.En reportage au Nagorny-Karabakh (Azerbaïdjan) après la guerre entre Azéris et Arméniens, elle recueille le témoignage d’une jeune fille qui a été violée par un soldat ennemi.La seule pensée qu'elle aurait pu être cette fille chamboule sa vie.Saccage et Forceps/liesse brossent le portrait de deux femmes qui décident de dire adieu aux fantômes du passé, de rompre l’embâcle et de se libérer de la douleur familiale.Dans la nouvelle Embâcle, une femme en voyage à Erevan avec son compagnon écoute une chanson «belle comme la lumière qui s'immisce dans les vieux monastères arméniens» et rêve aux sons de sa langue arménienne perdue: «Leroutian, lerou-tian, gyankine garke dour» (Silence, silence, laisse venir la vie).Ces quelques mots, lesquels donnent des inflexions orientales au récit, l’aident à reconquérir ses origines pendant que son rire «se déverse comme Tavrit».C’est l'écriture qui a conduit Martine Batanian à ses origines arméniennes et à la conscience de sa double culture.Dans sa famille, la langue et l’historié arméniennes se sont fatiguées au rythme des exils et de l’oppression.Son patronyme a été amputé du «ian» final, un suffixe généralement arménien.Être Arménien a déjà été un danger.Pour survivre, certains ont brouillé leur identité.En 2002, l’au-teure a visité l’Arménie pour la première fois.Le cqurs de sa vie en a été bouleversé.A son retour, elle a officiellement repris le nom Batanian.Elle est retournée en tant que journaliste à Erevan en 2004 pour faire un reportage sur la situation des femmes arméniennes.Professeure de littérature au niveau collégial, elle nous offre un premier recueil de nouvelles à la prose vivante avec son tourbillon d’images, de souvenirs, de dialogues et de monologues intérieurs.Les phrases syncopées, brèves, écrites dans une langue serrée, précise, presque sèche par moments, qui va droit à l’essentiel, renforcent l’efficacité du trait, étonnamment juste.Œuvre attachante, Embâcle concentre en quelques portraits d’une étonnante clarté le drame qu'elle veut dépeindre, n’oubliant jamais de tracer le portrait psychologique de chaque personnage et de nous emmener au cœur même de leurs sentiments.Œuvre de perte et de conquête, Embâcle hé- coUççtkm 0 Sous k direction de Guy Lachapelle ¦* Préface de Clément Duhaime O , H—* fri Soiis Im diicunon do Gin l j.lu|’olli' , CTï nu'Oi I DIVERSITÉ C UldURhl.LB identités ET MONDIALISATION ^ ».y 4 :l,, wufteau^alumiwcn-vMVft de hi cnnu'Mion sui In UiH'ï'ilc rullnii'lli ISBN : 978-2-7637-8660-5 • 288 pages • 40 » LES PRESSES DE L’UNIVERSITÉ LAVAL y www.pulaval.CQm Pu' Vous voulez être au courant de l’actualité littéraire ?K- Abonnez-vous à Lettres québécoises et recevez en prime (valeur ib$i Le facteur émotif (roman) de Denis Thériault l*’ Eu U •tu otiKMlt* Entrevues, portraits d'auteurs, critiques et comptes rendus de romans, de recueils de I : un nouvelles et de poésie, d'essais et plus encore ! I 1 an / 4 numéros INDIVIDU INSTITUTION Canada 2S$ Canada 35$ Étranger 35 $ Étranger 40 $ 2 ans / 8 numéros INDIVIDU INSTITUTION Canada 45 $ Canada 65 $ Étranger 65 $ Étranger 75 $ 3 ans /12 numéros INSTITUTION Canada 95 $ Étranger 110$ les prix sont toutes taxes comprises No 132 • ENTREVUE: ROBERT LALONDE O Mastercard Retourner à : Lettres québécoises 1781, rut Salnl-Hubert, Montréal (Québec) H2L 3Z1 Téléphone: 514.525.95,18 Télécopieur:514.525.75.37 • Courriel: lnfoOtettrisquebecofMi.qc.ai • www.let1resquebecolses.qcca JACQUES GRENIER LE DEVOIR Danielle Trussart, la lauréate du prix Robert-Cliche voit à la place de Blanche.Impossible de faire autrement Alors oui, on est convaincu.Danielle Trussart, lauréate du prix Robert-Cliche 2Q08, est une auteure à suivre.A quand le deuxième roman?Collaboratrice du Devoir LE TRAIN POUR SAMARCANDE Danielle Trussart VLB éditeur Montréal, 2008,235 pages berge les victimes de la tragédie arménienne dans la mémoire du temps tout en lançant un vibrant appel à la vie.Collaboratrice du Devoir EMBACLE Martine Batanian Editions Marchand de feuilles Montréal, 2008,128 pages ARCHAMBAULTSI Une compagnie de Québécor Media PALMARÈS LIVRES Résultats des ventes: du 18 au 24 novembre 2008 ROMAN OUVRAGE GÉNÉRAL U nUMHSÊEDf U VUS UN MONDE SANS FIN Ken Fdllett (Robert Laffont) I WANIWUtF T.1 : IS PREMIER DES RAjA Bryan Perro (Intouchables) MILLÉNIUM T, 1, T.2 It T.3 Stleg larsson (Actes Sud) Me de vtwrt t.a : i'emphuoe.Terry Goodkind (Bragelonne) BterreurAtracadie Kathy Relchs (Robert Laffont) il DOOtME CADEAU Jane Johnson (Libre Expression) LES PORTES DE QUÉBEC T.3 : U PRIX., Jean-Pierre Charland (Hurtublse HMH) I LIS nUU TOMBÉES Micheline Lachance (Québec Amérique) ULYSSE FROM BAQDAD Eric-Emmanuel Schmitt (Albin Michel) JEUNESSE FASCMAnON Stephanie Meyer (Hachette Jeunesse) VISIONS T.1 : NE MEURS PAS LIBELLULE Linda Joy Singleton (ADA) U JOURNAL D’AMÉLH UFIAMME t B India Desjardins (Intouchables) HARRY POTTER ET LES RELIQUES DE.J.K.Bowling (Gallimard-Jeunesse) LE0MST.il Mario Francis (Intouchables) SÉT1 T.1 : LE LIVRE DES DIEUX D.Mallvat / C.Pelletier (Pierre Tlsseyre) LE CLUB DES DISEUSES.11 Dottl Enderle (ADA) «MO, LE DERNIER SHAMAN Use Baucher (Michel Qulntln) ASCLÉ T.1: LA PROMESSE Brigitte Marteau (Boomerang) LE DH» DES FILLES 200S Collectif (Fleums) L’ART DE LA MÉDITATION Matthieu Ricard (Nil) LA GLORIEUSE HISTOIRE DES CANADIEN! R Brunaau / L.Normand (de THomme) LE GUIDE DU VIN ZOOS Michel Phaneuf (de l’Homme) P| LES ILLUSTRES CANADIENS Collectif (H.B.Fenn) FARCE QIPON A TOUS DE U VMITE Ricardo Larrivée (U Presse) NANETTE WORKMAN : ROCK’N’ROMANCE N, Workman / M.Bolduc (Libre Expression) SIMPLE ET CHIC L.-F.Marcotte (Flammarion Québec) U SÉLECTION CHARTIER 2009 François Chartier (La Presse) M KILO GARD» Huot / Lavlgueur / Bourgeois (de l'Homme) LE GUIDE DE L’AUTO 2009 Denis Duquel / Gabriel Géllnas (Décarré) ANGLOPHONE TWILIGHT T.4: BREAMNG DAWN Stephanie Meyer (Little Brown & Company) HONOURED CANADIENS Andrew Podnleks (H.B.Fenn) WORLD WITHOUT END Ken Foiled (Signet) Rj REMEMBER MET Sophie Klnseila (Bantam Books) DOUBLE CROSS James Patterson (Vision) RI RRISIMR INHERITANCE T.3 Christopher Paollnl (Knopf) PILLARS OF TME EARTH Ken Foltett (Signet) THE APPEAL John Grisham (Dell) M THE SNOWBALL : WARREN BUFFETT.Alice Schroeder (Bantam Books) BONES TO ASHES Kathy Relchs (Pocket Booksl carte c adeau \ Du plaisir à la carte M« I lAMIVAUrUé LE DEVOIR.LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 NOVEMBRE 2008 F 4 LITTERATURE Une histoire de dupes L’histoire d’un gars qui lisait Rimbaud et qui, au lieu de devenir marchand d’armes dans le désert, se fera poseur de bombes à Montréal Louis Hamelin Les liens qui, dans le Québec des années 60, ont fait s’entrecroiser littérature et politique révolutionnaire constituent un riche terreau pour la réflexion.D’un côté, les littéraires «travaillés» par l’action: Aquin, Miron.De l’autre, un Pierre Val-lières qui envisage, à un moment donné, un grand roman proustien.Un Bourgault qui, lui aussi, confessera un jour son envie de la forme romanesque.Il devra se contenter de caler une patte de table avec un roman de Réjean Du-charme dans un film de Lauzon.Appelons-les les trois Pierre et adjoignons à ces chefs de file (l'idéologue prolétaire et le tribun patriotard) un simple larron: Pierre Schneider, ancien reporter qui orbite aujourd’hui autour du journal Le Québécois.C'est l’histoire d’un gars qui lisait Rimbaud et qui, au lieu de devenir marchand d’armes dans le désert, se fera poseur de bombes à Montréal.C’est aussi la véritable histoire du Bozo-les-culottes, pour qui Schneider aurait servi de modèle à Raymond Lévesque.Un autre terroriste, François Schirm, de l’Armée révolutionnaire du Québec, avait déjà intitulé ses mémoires Personne ne voudra savoir ton nom.Mais c’est faux.Les anciens felquistes qui sont tombés dans l’oubli sont ceux qui l’ont bien voulu.D’autres se font un nom avec l’histoire et c’est bien correct.Nous voulons les noms, et le reste.Poètes, vos papiers! Le livre de Schneider, au titre sonore de Boum baby boom, d’abord paru en 2002 chez Québec Amérique, est aujourd’hui repris sous un titre différent et (fans un format plus compact aux Editions du Québécois, qui ont réalisé là, il faut bien le dire, un vrai travail de cochon.Aucun «classique ou appelé à le devenir», pour reprendre les termes de la présentation, ne mérite pareil traitement Devant l’accumulation des coquilles, fautes d’or- thographe et autres erreurs sautant aux yeux, on est en droit de se demander si l’équipe de réviseurs du Québécois n’a pas été infiltrée par une taupe des services de renseignement canadiens.C’est du sabotage pur et simple.Le livre s’ouvre sur l’escapade de Schneider et de deux complices à Saint-Pierre-et-Miquelon au cours de l’été 1963, alors qu’ils viennent d’être libérés sous caution après l’arrestation des membres du premier FLQ.Etrange expédition, que le récit d’à peine trois pages fait par l'auteur éclaire bien mal en vérité.Il voyage avec en poche, pour tout passeport, Nerval, Baudelaire et Rimbaud.La France officielle ne s’en montrera guère émue, préférant orienter ceg encombrants réfugiés vers les Etats-Unis.Les terroristes en fuite sautent dans un Cessna, et ici on quitte définitivement Aîu laval.com INRSd STR / AFP Tierno Monénembo, Prix Renaudot 2008 d’humanisme mystique: «Son éducation, son tempérament, tout le préparait à vibrer aux passions de son siècle: les idées, les sciences, les grands voyages.Il avait été pétri avec un mental de pionnier, dans un siècle de pionniers! Sa vie, il l’avait envisagée très tôt comme un escalier raide tendu vers les exploits.Les héros avaient leur légende, sa quête obstinée de la grandeur et de la plénitude aurait son livre.Et ce livre s’appellerait L’Absolu, la somme de ses pensées, le point fusionné de tous les parallèles: l'idée et la vie, le réel et le vide, l’être et le bon Dieu.» Olivier de Sanderval retournera cinq fois en Afrique.Au cours de ses périples, il côtoiera plusieurs fois la mort et sera sauvé in extremis, lors d’un affrontement, par un déguisement d’opéra qui lui permettra de faire croire qu’il est le neveu du roi de France.À un autre moment, son interprète le tirera d’un mauvais pas en traduisant exactement le contraire de ce qu’il venait de dire.Il ne renoncera pas à son désir de «doublement civiliser ces terres» en offrant «le chemin de fer pour l’économie et l’art lyrique pour les mœurs», mais il deviendra l’ami des Peuls et se fera donner le royaume de Kahel, un plateau du Fouta Djalon, ce qui lui permettra de faire émettre des pièces de monnaie à son effigie.Il apprendra surtout à respecter ces êtres mystérieux et imprévisibles et, afin de «prendre pied dans ce pays paradoxal», à «se dépouiller de son froc de touriste et d’explorateur pour plonger corps et âme dans le monde trouble des Peuls, [afin de] saisir les nuances et les subtilités de ce peuple insondable, sublime et inquiétant».Il restera malgré tout un Européen marqué par sa propre éducation et incapable de penser l’altérité autrement que par référence au connu.En témoignent ses Carnets, dont voici un extrait éloquent: «Ces grands bois seraient agréables à parcourir par des routes bien tracées, à l'ombre sous les orangers et en intelligente compagnie.» Reconnu par certains Peuls comme l’un des leurs, Olivier de Sanderval sera, vers la fin de sa vie, abandonné par les membres de la société coloniale française établie au Fouta Djalon.Le Roi de Kahel renvoie à la dimension burlesque aussi bien que tragique de l’histoire coloniale, une histoire dont la violence était le plus souvent déguisée en épopée civilisatrice.On ne peut que louer le jury du prix Renaudot d'avoir su reconnaître la maîtrise avec laquelle Tierno Monénembo, sans complaisance mais avec un humour malicieux, a brossé cette fresque d’une époque que l’on souhaite révolue.Collaboratrice du Devoir LE ROI DE KAHEL Tierno Monénembo Le Seuil Paris, 2008,262 pages Les éditions du Septentrion tiennent à féliciter chaleureusement Madame Raymonde Litalien, Messieurs Jean-François Palomino et Denis Vaugeois pour ces deux grandes distinctions qu’ils viennent de remporter pour leur magnifique ouvrage.SkI'TKNTR lON.Qt'.CA Moitibrr tie I’Awotlotlon nntloniilp «lot êilitptirx dp llvm P z; ^ t'* ô * s $ Jçisms Scnmjtmu.i Wviivw \h '¦ té.t V E MURE 2 O O H LIVRES POLARS Une planète qui sent bien mauvais Un livre dur, actuel, du Suédois Ake Edwardson et un nouveau Kathy Reichs MICHEL B E LAI R L* automne, les polars tombent comme la pluie; ' ces jours-ci, ils arrivent même à la caisse, pour éviter peut-être qu’on les ramasse à la pelle.C’est que le genre commande parfois des tirages mirobolants et la plupart des éditeurs, évidemment, se lancent dans la course en espérant gagner le gros lot.D où la surenchère.Les bandeaux «best-seller» rouge vif.Et les quatrièmes de couverture dithyrambiques devant le moindre soupçon d’intrigue plus ou moins sulfureuse.Bref, devant la quantité hallucinante de textes publiés et l’intérêt finalement très moyen de la plupart d’entre eux, on se dit parfois qu’il est bien triste de voir autant d’arbres mourir pour si peu.Certains livres parviennent toutefois à remonter à la surface malgré la lourdeur de l’ensemble, certains plus facilement que d’autres.Comme le dernier Kathy Reichs, par exemple, Terreur à Tracadie, qui est loin d’être un livre transcendant mais qui se tient et qui se laisse lire jusqu’à la fin sans que l’on éprouve vraiment l’envie de le lancer par la fenêtre, ce qui est nouveau.On y retrouve pourtant cette espèce de nonchalance caricaturale qui tombe sur les nerfs aussitôt que l’on aborde quelqu’un d’autre que le personnage de Tempe-Kathy; il y a bien ces inconsistances, ces tics, ces longueurs et ces temps morts dans l’intrigue, mais au bout du compte on apprend là des choses intéressantes et on trace des liens aussi pertinents qu’étonnants entre les plages de la Caroline, le lac des Deux Montagnes et les misères de l’Acadie.C’est déjà beaucoup plus que dans la précédente histoire qui se déroulait autour du tombeau de vous savez qui à Jérusalem.Mais il y a beaucoup mieux.Les derniers arrivages sont beaucoup plus relevés puisqu’on y trouve un James Lee Burke, un Ian Rankin et un Deon Meyer (que l’on se réserve pour une prochaine fois) de même que le plus récent Ake Edwardson, qui nous propose dans Ce doux pays la plus récente enquête du commissaire Erik Winter.Malgré le titre, i] est pourtant dur, le monde dans lequel se réinsère Winter après six mois de vacances sur la Costa del Sol avec sa petite famille.C’est le Gôte-borg cerclé de banheues habitées par des réfugiés en attente de statut, la Suède des cités-ghettos où Winter et son équipe enquêtent sur trois meurtres horribles commis quelques jours avant la Saint-Jean.Deux autres crimes s’ajoutent bientôt aux premiers, moins terribles mais liés néanmoins, et c’est péniblement, en traçant des liens avec la racaille habituelle des souteneurs et des passeurs, qu’ils découvriront bientôt le pot aux roses.Qui sent bien mauvais, évidemment.Un livre dur, actuel, qui aide à comprendre ce qui se passe un peu partout sur une planète déséquilibrée par la vague de ces grandes migrations clandestines que personne n’arrive à endiguer, ni non plus à prévenir.Glacial.Le Devoir CE DOUX PAYS Ake Edwardson Traduit du suédois par Marie-Hélène Archambeau JC Lattès Paris, 2008,378 pages TERREUR À TRACADIE Kathy Reichs Traduit de l’américain par Viviane Mikhalkov Robert Laffont Paris, 2008,380 pages ÂKE EDWARDSON CE DOUX PAYS l -i JC Lattès BEDE La solitude, ça n’existe pas FABIEN DEGLISE Ermite malgré lui, dans un phare au beau milieu de nulle part l’homme n’a jamais vu le reste du monde.Mais il s’amuse à l’imaginer avec son seul compagnon, un poisson rouge dans un bocal, et un unique lien avec l’extérieur: ce bateau de pêcheurs qui une fois par semaine vient lui apporter des vivres et qui un jour lui apportera également un rêve.Autour de cet univers carcéral, les mouettes tournent en permanence — signe que la terre n’est pas loin — et les mots à visualiser déboulent: «podologie», «farce», «bataille», «monocotylédone» et le plus à propos, «solitude», thème central de ce nouveau récit signé Christophe Chabouté.Avec Tout seul (Vents d’Ouest), le bédéiste alsacien poursuit ici sa recherche poétique en plaçant paradoxalement l’humain dans l’inconfort de sa propre condition.Une quête amorcée avec son sublime Construire un feu, sorti l’an dernier, qui trouve encore une fois tout son sens ici dans la profondeur d’un découpage dont l’intelligence permet facilement d’appréhender, case après case, autant l’angoisse que la beauté de l’isolement Cette angoisse, Sacha, une jeune libraire perdue dans la jungle urbaine, va facilement la combattre, elle, dans Im Rue des autres (La Pastèque) en rencontrant ce vieil homme en fauteuil roulant qui dit s’appeler James Bond et prétend même avoir passé sa jeunesse dans une.sarcfine.Us La sardine en question, c’est un sous-marin.C’est aussi le point de départ d’une grande complicité entre les deux urbains solitaires, qui vont combattre leur spleen respectif en s’appropriant la vie et surtout le passé parfois délirant des gens du quartier.Pour briser l’ennui.Avec le simplisme délicieux d’une Amélie Poulain (le film de Jeunet), le romantisme des aventures de Paul (Rabagliati), ce roman graphique est surtout l’occasion pour la jeune auteure Violaine Leroy de mettre en scène un style sensible en posant un regard tendre sur l’indifférence de la rue et la solitude des villes.D’elle-même, l’artiste dit quelle «s’obstine à chercher là où il n’y a rien à trouver».Une chose qu’elle ne confirme certainement pas, ici, en 68 pages.Le Devoir c-clitcur félicite Daniel Castillo Durante, auteur de U/n café dans le Sud.!‘Y* # Mention d'excellence de la Société des Écrivains francophones d’Amérique LITTERATURE JEUNESSE Le super antihéros venu de la Toile Même les fans de jeux vidéo les plus récalcitrants à la lecture vont craquer., CAROLE TREMBLAY Un roman sous forme de journal, écrit par un concepteur de jeux vidéo, décidément, c’est le profil à la mode ces jours-ci.Mais oubliez les indices multimédias et les cartes à collectionner, Le Journal d’un dégonflé de Jeff Kinney n’utilise que les ingrédients de base dans sa recette: un personnage auquel les garçons peuvent s’identifier, des illustrations très cartoon et une tonne d’humour.Dans son carnet hybride, à mi-chemin entre le roman et la bédé, le narrateur, bourré de mauvaise foi, nous livre quelques tranches savoureuses de sa vie de famille, de ses amitiés brinquebalantes et de ses déboires scolaires.La formule déjà gagnante est particulièrement réussie.Il faut dire que l’auteur avait préalablement aiguisé ses armes lors d’une première publication sur le Net.N’empêche, on en redemande.Ça tombe bien vu que, grâce à la première vie de son antihéros sur la Toile, l’auteur a de l’avance.Les tomes 2 et 3 sont déjà écrits.Les tomes 4 et 5 sont en préparation.Même les fans de jeux vidéo les plus ré- '^IK: calcitrants à la lecture vont craquer.Collaboratrice du Devoir JOURNAL D’UN DÉGONFLÉ Carnet de bord de Greg Heffley Un roman en bédé Texte et illustration de Jeff Kinney Seuil «Jeunesse» Paris, 2008,225 pages Mila Younes IA 'y'ounes Nomade 1 ^UTOIBOGBAPMIQIJ».352 p.-22,95 $ www.editionsdavid.com info@editionsdiivicl.com (M3)030 3336 'grapnique Nomade SUITE DE Ma mère, ma fille, ma sœur Après une adolescence déchirée entre les valeurs traditionnelles berbères et celles de la France, pays d’accueil de ses parents, Mila Younes apprend à devenir une femme libre sur sa nouvelle terre d'adoption, le Québec.Oser.Apprendre à vivre autrement que selon les diktats de sa culture d'origine et, tout en allant à la rencontre des peuples autochtones, partir en quête de son identité véritable.fk Los éditions h David ROMAN JEUNESSE Plongée dans le réalisme fantastique MICHEL BELAIR histoire n’a au départ rien de < particulièrement séduisant: à la veille des vacances, un jeune ado apprend de sa mère qu’ils vont tous deux passer l’été (et probablement s’installer.) en Abitibi.Pour un jeune Montréalais de 13 ans, ce n’est pas ce que l’on appelle une bonne nouvelle.Félix est pour le moins désarçonné.Dès son arrivée là-bas, le malaise s’accentue et il constate que sa vie a basculé: plus d’amis, phis de jeux vidéo, plus de télé, plus de lecteur DVD.Rien de tout cela ne fonctionne plus.Au contraire, il se retrouve en pleine nature au bord d’un lac immense, sans aucun voisin à des kilomètres à la ronde, seul avec un canot et une canne à pêche, sa mère ayant déniché un emploi à la pour-voirie voisine.C’est dans ce contexte-là que tout basculera pour de bon et que le premier roman jeunesse du collègue François Lévesque versera dans le réalisme fantastique.Car le lac est hanté par l'esprit de Matshi, une sorte de démiurge algonquin qui veille à ce que l’endroit soit déserté par suite des disparitions étranges et des noyades inexpliquées qui se sont déroulées là depuis des temps immémoriaux.Félix rencontrera là des choses bizarres et, dans ce qui deviendra bientôt une quête, il entrera bien sûr en contact avec les valeurs autochtones comme le respect de l’environnement et les traditions qui s’y rattachent Mais, outre l’esprit d’aventure et la certitude de vivre là un événement qui va marquer toute sa vie, il découvrira quelque chose de beaucoup plus important., que l’on ne vous révélera évidemment pas ici.Un petit livre passionnant, bien écrit que votre ado dévorera probablement d’un seul trait Le Devoir MATSHI L’ESPRIT DU LAC François Lévesque Jeunesse-pop fantastique Editions Médiaspaul Montréal, 2008,148 pages François Levesque ts nptyque www.(ripiyque.qc.ca friptyqiuÆVdiriontrîptyque.com Ttîf: (514) 597-1666 Johanne Auge Côté MÉGOT MÉGOT PETITE MITAINE nouvelles.LFI p.1K $ « Chaque nouvelle de ce recueil m’a plongée dans un monde parfois glauque, parfois poétique, souvent nyperréalisre et tourmenté, toujours brillamment décrit.L'écriture de Johanne Alice Côté est précise, travaillée, elle coule et m’enchante.Dix nouvelles, dix univers, dix bonheurs de lecture.» Françoise Careil, Le libraire «*vtA l.t coOdbonuvMi dé Mireille Harrién Colette Boky Le chant d’une femme î & , M CousTrt Boky et Mmtiui HakriI ki.COLETTE BOKY U- chant d’une femme biographie.344 j>„ 28 S Une cantatrice exceptionnelle, «Une extraordinaire carrière» George Nicholson Un ouvrage remarquable enrichi de 60 photos. SAMEDI MANCHE N 0 V E M B R E LIVRES DOCUMENT Voltairine, l’anarchiste et l’Américaine MICHEL LAPIERRE Pionnière de l’anarchisme américain, Voltairine de Cleyre (1$66-1912) s’oppose au pouvoir de l’Etat, de la religion, de l’homme sur la femme.Deux ans avant de mourir, elle s’attaque encore au matérialisme historique.Ce qui la rend origi-nale et peu doctrinaire.«L’idée de la domination absolue de la matière est une erreur, écrit-elle, aussi dangereuse que le concept de l'esprit comme existant en dehors de toutes relations avec l’extérieur.» Cette intellectuelle inclassable, née à Leslie (Michigan) d'un père d’origine française, admirateur de Voltaire comme on le devine, et d’une mère américaine, les Québécois Normand Baillargeon et Chantal Santerre ont le mérite de la faire découvrir au lectorat francophone.Jusqu’à ce jour, on trouvait seulement dans des publications de langue anglaise les œuvres de Voltairine de Cleyre, sa biographie et les nombreuses études sur le sujet Intitulé D’espoir et de raison, le recueil à’«écrits d’une insoumise», réunis et présentés par les deux chercheurs, comprend 16 essais importants et 14 poèmes.Substantielle, l'introduction historique et critique regorge de précieux renseignements.Normand Baillargeon et Chantal Santerre y comparent Voltairine de Cleyre à une militante native de Russie, Emma Goldman (1869-1940), figure plus connue de l’anarchisme et du féminisme américains.En dépit de leurs divergences, les deux femmes se vouaient une admiration mutuelle.voltairine de «leyre d'espoir et de raison écrits d'une insoumise » réveil et préMotés pcv Voltairine de Cleyre en 1891 En 1893, Voltairine de Cleyre déclarait «Mademoiselle Goldman est une communiste; je suis une individualiste.Elle veut détruire le droit de propriété; je souhaite l’affirmer.Je mène mon combat contre le privilège et l’autorité, par quoi le droit à la propriété, qui est le véritable droit de l’individu, est supprimé.» Plus tard, elle nuancera sa position en se félicitant des «énormes progrès» de la pensée communiste aux Etats-Unis.Il n’en demeure pas moins qu’en 1903 Voltairine de Cleyre précise: «Je ne suis pas disciple de cette école dont la doctrine est d’enseigner que la volonté humaine est inexistante et que le monde matériel détermine tout.Je crois en l’individu.» Elle pense que l’anarchisme s’inscrit dans une tradition américaine axée sur l’attachement à la liberté individuelle et qu’il «est la conclusion logique de trois siècles de révolte».En retraçant les étapes de cette longue marche vers l’affirmation de la volonté personnelle, Voltairine de Cleyre n’hésite pas à évoquer le souvenir des quakers, de Jefferson, de «transcendentalistes» aussi différents qu’Emerson etThoreau, sans SOURCE LUX oublier les «cris barbares» whitma-niens qu’elle affectionne.Ce qui la préoccupe n’est pas tant l’unité des démarches que la présence diffuse d’un esprit d’affranchissement sans , cesse approfondi.Ses référençes à l’histoire intellectuelle des Etats-Unis donnent une résonance toute particulière à un humour féroce, propre à son pays.En 1902, à un sénateur qui offre 1000 $ pour obtenir la permission de tirer sur un anarchiste, elle écrit «Il vous suffira de payer votre déplacement jusque chez moi (mon adresse est indiquée plus bas) pour me tirer dessus.» Pour Voltairine de Cleyre, si l’Amérique individualiste qui s’enivre du principe de la liberté reste incapable de concevoir, une seconde, l’idée sœur de la destruction de tout pouvoir coercitif, c’est qu’elle a cessé d'être l’Amérique.Collaborateur du Devoir D’ESPOffi ET DE RAISON Voltairine de Cleyre Lux Montréal, 2008,328 pages En 2Q08 : Fixation du droit d'auteur numérique à 30 % ou 45 % ?En 2018 : Disparition du livre traditionnel au profit du livr En 2018 : Disparition des librairies indépendantes et des ' > , -.___________ L'ATELIER, Les défis et les enjeux du numérique dans le domaine du livre, avec Clément Laberge, directeur des développements numériques chez De Marque inc, et M” François M.Grenier, spécialiste en propriété intellectuelle, tentera de répondre à ces questions, et à bien d'autres.ITHQ, salle Léonard-Gagnon, 6e étage, 3535, rue Saint-Denis Sherbrooke Le samedi 6 décembre, de 13 h 30 à 15 h - ENTRÉE LIBRE Prière de confirmer votre présence au 514 849-8540, d'ici le 4 décembre UNEQ UNION DES ÉCRIVAINES ET DES ÉCRIVAINS QUÉBÉCOIS Copibe© Oootrovvr*» SWpuMçWfl» F/tdttHMKnXè»?ReLatioNS rné-té politique ivUyion La torture: de l’interdit à la banalisation vieNt De panaitRe Dossier Médias sous observation Numéro 729 • décembre 2008 Si nous devenons tortionnaires.Guy Aurenche Torture made in USA Peter Leuprecht Le Canada justifie l'injustifiable Denis Barrette Le combat crucial des femmes Miriam Tahr Un dossier accablant pour l’Église Gregory Baum Quand l’atrocité prend visage Jean-Claude Ravet Artiste invitée : Valérie Guimond Pour consulter le sommaire détaillé : www.revuerelations.qc.ca RelütlONS ¦ ¦ °ui> Ie désire un abonnement de_an(s), au montant de.Si nous devenons tortionnaires.Torture made in USA Le Canada justifie Le combat crucial des femmes Un dossier accablant pour l’Église Quand l'atrocité prend visage 8 NUMÉROS PAR ANNÉE, 44 PAGES Un an : 3; $ Deux ans : 65 S A l’étranger (un an) : 43 $ Étudiant : 23 S (sur justificatif) Abonnement de soutien : 100 S |un an) Par téléphone : (514) 387-2541 Par courriel : relations@cjf.qc.ca Par la poste : Relations 25, rue Jarry Ouest Montréal (Québec) H2P1S6 EN VENTE DANS LES KIOSQUES ET LIBRAIRIES 4,95 S e TAXES Oui, je désire un abonnement de _ NOM _______________________ Montant total : Je paie par chèque (à l’ordre de Relations) L ] NUMÉRO DE U «RTE __________________________________ EXPIRATION ________________________ SIGNATURE ou par Visa D BEAUX LIVRES L’espace couché sur papier Terre Vue du cosmos, l’activité humaine est bien dérisoire PAUL CAUCHON C* est d’abord le format qui impressionne: avec ses 44 centimètres par 36 centimètres, ce livre-album est un défi posé à n’importe quelle bibliothèque.On ne sait vraiment pas où le ranger.Mais la stupéfiante qualité des images impressionne tout autant.On a utilisé les photographies numériques prises de la Terre par la NASA ainsi que les images haute résolution les plus récentes captées par les satellites pour proposer un livre de géographie inédit.Non seulement les images satellitaires de la Terre sont-elles maintenant d’une précision extrême, mais les progrès de l’imagerie spatiale permettent de nouvelles images encore plus riches, grâce à l’infrarouge, aux images radar, etc.On peut maintenant créer des «globes virtuels» en superposant différentes images satellitaires.Ce qui permet, par exemple, de «photographier» le vaste courant El Nino dans le Pacifique, et son impact sur l’ensemble de la terre, grâce à différents codes de couleur.En feuilletant la profusion d’images publiées dans ce livre, une impression se dégage: vue du cosmos, l’activité humaine est bien dérisoire.En fait, ce qu'on voit surtout, ce sont les incroyables formes de la nature, la puissance des océans, mais surtout l’activité tectonique qui a modelé le relief de la planète et qui continuera à le faire pendant des millénaires.Le livre propose aussi une douzaine d’immenses cartes qui montrent l’évolution du climat mondial sur les douze mois de l’année, et on peut s’amuser à y suivre la progression, ainsi que le retrait, de la neige dans la vallée du Saint-Laurent et sur les La planète vue de l’espace Grands Lacs.Une autre série de cartes explique en détails comment travaillent les plaques tectoniques partout sur la planète, série qui se termine par d’audacieuses projections montrant à quoi la terre pourrait ressembler dans 50 millions d’années.Le Devoir TERRE/LA PLANÈTE VUE DE L’ESPACE Douglas Palmer Hachette Pratique, 224 pages EN BREF Québec déjà vu On s’étonne encore chaque année de voir surgir ici et là des ouvrages divers célébrant le côté pittoresque et sympathique de la ville de Québec.Ses maisons de pierre, ses rues charmantes, son fleuve immense, sa vie animée l’été.On s’étonne à cause de cette impression voulant que tout a déjà été dit et redit photographié et rephotographié.Ce n’est pas cette nouvelle parution qui convaincra du contraire.Que non: Québec, la capitale romantique (Publications du Québec), s’adresse visiblement à un public qui n’a jamais mis les pieds dans la Vieille Capitale.On refait le parcours du touriste en manque d’exotisme européen, d’un cliché à l’autre.Qui plus est, on le refait mal: problème d’impression ou de photographe, plusieurs images manquent d’éclat, quand elles ne sont pas carrément hors foyer.Québec a déjà reçu beaucoup mieux comme témoignage de ses atours.- Le Devoir La ferveur Tintin La vente aux enchères de dessins d’Hergé (1907-1983), créateur de Tintin, a connu cette semaine, à Paris, des résultats «exceptionnels», a annoncé la maison Artcurial.Ainsi, un dessin du Lotus bleu, illustration de couverture du Petit Vingtième (1935), est parti à 167 300 euros (267 000 $CAN), soit plus de quatre fois son estimation haute, lœ jeunç reporter fascine plus que jamais.À son sujet, on peut relire avec plaisir Tintin au pays de la ferveur, un essai introspectif fort bien mené signé Alain Bernard Marchand.Les Herbes rouges viennent de rééditer en format de poche ce livre qui avait reçu une critique très favorable lors de sa parution originale.- Le Devoir Préfaces Vous ne lisez jamais les préfaces?Vous devriez au moins lire celles rassemblées par Pierre Bergé dans L’Art de la préface (Gallimard), une curieuse anthologie des meilleurs textes du genre.D faut dire que les préfaciers choisis par Bergé ne sont pas les moindres.Jean Giono et Paul Claudel présentent Homère, Tristan Tzara s’intéresse à Villon, Camus se penche sur les maximes de Chamfort, Julien Gracq consacre sa plume aux Mémoires d’outre-tombe de Chateaubriand.Sans compter des textes de Prousfi de Valéry, de Malraux et de quelques autres encore.Avouons que ce n’est pas rien.Cette anthologie des préfaces est coiffée d’un «avant-propos», que l’on peut bien sûr s’abstenir de lire comme s’il s’agissait d’une préface.- Le Devoir Nativités 1 Soirée en musique et poésie avec Jean Chapdelaine Gagnon fj Gilles Vljjmauk Des écrits inédits de Gilles Vigneault /( m’offrit de consulter son Journal.Il m’ouvrit aussi son portfolio de dessins où je repêchai quelques esquisses originales.J’en fus très émue tant cela tenait du trésor.C’est ainsi que je devins, le temps d’un été, pêcheuse de perles de sagesse.Mia Dumont D Peter Mactcod La vie dans les livres depuis50ans Du nouveau sur les plaines d’Abraham Même perdue, la bataille des plaines d’Abraham aura été bénéfique à notre peuple.Elle ia sauvé de l’extinction.Pierre Caron, préfacier in, '* »'¦ V ^ !/,.gr'1 La vérité sur la bataille ILES EDITIONS DE L’HOMME 0 »*v{ Une compagnie de Québécor Media LE DEVOIR.LES SAMEDI D I M A N C H E 3 O N O V E M B R E 1 O O R ESSAIS HISTOIRE Champlain, père de l’Amérique tolérante MICHEL LAP] ERRE I *.¦pv e tous les textes publiés à l’occa-sion du quatrième centenaire de Québec, c’est sans doute l’article de David Hackett Fischer, paru dans le New York Times du 3 juillet dernier, qui étonne le plus.L’historien américain y associe les deux «grandes idées» qui, d’après lui, sont à rorigine de l’Amérique du Nord d’aujourd’hui: celle des Etats-Unis, née en 1776, et celle d’un autre pays, matérialisée par Champlain dès 1608.L’historien amateur Maurice K Séguin, professeur de géologie à l’Université Laval, et son ami l’archéologue René Lévesque, qui, morts tous les deux en 2007, vouaient à Champlain un véritable culte, n’auront pu lire cet article conforme à leurs espérances.Cela les aurait consolés de n’avoir pas vénéré le tombeau introuvable du fondateur de la Nouvelle-France.; Fischer, auteur du livre récent Champlain’s Dream, a le mérite de replacer l’œuvre du colonisateur dans le contexte d’un conflit civil, les guerres de religion qui, de 1562 à 1598, en opposant catholiques et protestants, ont ensanglanté autant qu’affamé la France, si bien que, sur une population de 19 milhons d’habitants, près de deux millions auraient péri.Habitué à côtoyer dans sa Saintonge natale et à Paris des fidèles des deux religions rivales, le catholique Champlain incarne, aux yeux de l’historien américain, la tolérance chère à son roi Henri IV, protestant passé au catholicisme mais promoteur, en France, de la concorde religieuse.Il avait la sensibilité nécessaire pour devenir le pionnier d’une géopolitique nord-américaine originale.Séguin a perçu la chose, un peu comme Fischer le fait maintenant.Dans son ouvrage posthume Samuel de Champlain, l’entrepreneur et le rêveur, l’historien québécois insiste sur la connaissance familière que le fondateur de Québec avait du milieu français issu de la Réforme.L'explorateur n’a-t-il pas épousé une protestante (convertie par la suite au catholicisme)?Champlain, créateur d’une Amérique française et catholique, voisine d’une Amérique anglaise et protestante, avait vécu l’expérience de la diversité des cultures religieuses.On peut penser que cela lui a permis de s’allier plus facilement, dès 1603 à Tadoussac, avec des représentants de l’Amérique autochtone.Séguin rapporte la fameuse phrase que Champlain adressa Maurice K.Séguin SAMUEL n' CHAMPLAIN L'entrepreneur et le rêveur 'il 1 k 'rrOîK* "r"' .plus tard aux Amérindiens: «Nos garçons se marieront à vos filles, et nous ne serons plus qu’un peuple.» Propos simplement diplomatique?Expression d’un idéalisme échevelé?Le chercheur ne se pose pas de questions.Il se contente de citer des textes, de décrire des événements, qui, à première vue, mettent en valeur son héros.Malgré la tendance hagiographique, la richesse de la documentation nous force à réfléchir.Plusieurs contestent l’authenticité de l’expédition (1599-1601) de Champlain dans les colonies latines de l’Amérique méridionale et du récit qu’il a fait de l’aventu- re.Toutefois, selon Séguin, si le Saintongeais n’avait pas voyagé avec des «explorateurs espagnols expérimentés», il est «quasi certain» qu’il «n’aurait jamais fondé la Nouvelle-France».Quoi qu’il en soit, le récit de l’ex-pédition, ce texte français de l’époque, attribué à Champlain, contient deux réflexions annonçant que la France, au moins à cause du petit nombre de colons qu’elle enverra, n'occupera pas l’Amérique de la même façon que le fait l’Espagne et que le fera l'Angleterre.Les voici: «J’ai de la pitié pour ces Indiens opprimés»', «La religion imposée par la crainte et la force n’est pas une religion».L’histoire ne prouve nullement, de façon mathématique, la véracité des intentions de ses acteurs.Mais qui oserait reprocher à Séguin et à Fischer, issus de cultures si différentes, d’être convaincus que Champlain s’est initié à l’Amérique avec une ouverture d’esprit qui défie les siècles et les frontières?Collaborateur du Devoir SAMUEL DE CHAMPLAIN Maurice K Séguin Septentrion Québec, 2008,384 pages SOURCE SEPTENTRION Samuel de Champlain avait une connaissance familière du milieu français issu de la Réforme.RELIGION Morale sociale d’un frère du Sacré-Cœur LOUIS CORNELLIER Directeur général de Radio Ville-Marie, une radio d’inspiration chrétienne et œcuménique qui aborde «les grandes questions humaines, sociales, culturelles et spirituelles», Jean-Guy Roy est un homme engagé.Membre de la communauté des Frères du Sacré-Cœur, il signe, sur le site de la station, un blogue qui fait dans la morale sociale.Magnifiquement illustré par Stéphane Bourrelle, Le Blogue du DG regroupe 26 de ces interventions parues en 2007.Roy y traite, entre autres, de l’intervention militaire canadienne en Afghanistan, autant pour saluer le courage des soldats que pour remettre en cause la pertinence de la mission, de la nécessité de mener une lutte systématique contre la pauvreté — «être pauvre, écrit-il, n’est-ce pas être étranger dans son propre pays?» — et de l’importance de préserver la dignité des aînés, qui «ne sont pas uniquement un marché économique à conquérir»., Inspiré par la doctrine sociale de l’Eglise, Roy critique les injustices et se porte à la défense des plus faibles avec une ardeur toute chrétienne, mais il n’évite pas toujours une certaine naiVeté de sacristie.Son éloge de la princesse Diana, par exemple, fait plutôt gnangnan.Rédigés au moment où la commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables battait son plein, plusieurs textes de ce blogue abordent la question de la place de la religion, surtout chrétienne, dans l’espace public.En octobre 2007, Roy écrit que «la religion de la laïcité est en train de nous faire vivre tout un chemin de croix».Selon lui, le cœur du problème, «c’est que les Québécois de souche ne savent pas ce qu’ils veulent».Sans s’opposer à une certaine laïcité de principe — encore qu’il ne soit pas très clair là-dessus —, le DG s’oppose clairement au repli de la religion dans la seule sphère privée.«Le christianisme, écrit-il, n’est pas une religion de salon.Le chrétien [et les autres croyants, peut-on présumer] doit pouvoir exprimer son identité dans l’espace public.L’Etat peut être laïque, mais une société laïque, cela n’existe pas.» «On ne peut confiner la religion dans des temples; c’est contre nature!», lance-t-il.Roy, toutefois, entretient une certaine confusion à cet égard en mettant sur le même pied la croix du mont Royal, que seuls les intégristes de la laïcité contestent et les crucifix qui ornent les murs des lieux de délibérations politiques, nettement plus contestables.S’il dénonce avec raison les «gueulards médiatiques», «ignares de la question religieuse», qui attaquent injustement «notre Église institutionnelle [qui] est aux soins palliatifs», Roy fait preuve de moins de lucidité en affirmant que le Québec continuerait de produire des vocations «s'ily avait des enfants».Il faut pourtant reconnaître que nous n’en sommes plus là et que la survie du catholicisme en terre québécoise passera par d’autres voies, plus modernes.Par des blogues qui entretiennent le feu chrétien, peut-être, comme celui, inégal mais stimu-lant, du DG de Radio VilleMarie.Collaborateur du Devoir LE BLOGUE DU DG Jean-Guy Roy Fides Montréal, 2008,112 pages Théâtre politique Petit tombeau de Georges-Émile Lapalme LOUIS CORNELLIER Les conservateurs de Stephen Harper n’ont pas inventé la méfiance des politiciens envers les artistes.Ministre des Affaires culturelles dans le gouvernement libéral de Jean Lesage de 1961 à 1964, Georges-Emile Lapalme déplorait déjà ce mépris envers les créateurs qu’il retrouvait dans les rangs de son propre parti.Dans Passion et désenchantement du ministre Lapalme, une sorte de pièce de théâtre à thèse d’abord mise en lecture en 1992, Claude Corbo évoque justement la désillusion politique de l’ancien chef du Parti libéral du Québec dans sa mission d’aide aux artistes.Mettant en scène Lapalme lui-même, son sous-ministre Guy Frégault, le comptable et haut fonctionnaire au Conseil du trésor J.André Dolbec et le premier ministre Lesage, cette œuvre dramatique, qui explore les limites de l’action politique et les dérives du pouvoir, doit être reçye comme un petit tombeau de G.-E.Lapalme en perdant magnifique.L’action se déroule essentiellement le 3 septembre 1964.Lapalme et Frégault en ont assez de voir leurs projets culturels contestés par la machine gouvernementale.Dolbec les qualifie de «joueurs de SOURCE TÉLÉ-QUÉBEC Georges-Emile Lapalme flûte», leur balance qu’«il ne faut quand même pas habituer les artistes à tout attendre du gouvernement» et refuse de «dépenser des fonds publics pour des affaires parfois bien difficiles à expliquer».Lapalme et Frégault enragent Le ministre parle de Lesage comme d’un bel exemple de vanité et de jalousie, comme d’un ambitieux, faiseur de monologues et obsédé par le pouvoir, qui supporte la Révolution tranquille plus qu’il ne la mène.«Perdre, dit-il au premier ministre qui l’a traité de «loser», c’est moins dégradant que se trahir soi-même.» L’historien et sous-ministre, quant à lui, découvre à la dure les contraintes de l’action politique concrète.«Mais, si jamais je me remets à l’histoire, confesse-t-il à lapalme, mon expérience actuelle m’aura été utile.H me semble que je mesure mieux maintenant combien la réalité résiste à nos volontés de changer les choses.[.]fai l’impression que nous marchons dans une espèce de clair-obscur qui dissimule les accidents de terrain.Quand nous prenons une décision dans un bu t précis, il en ressort très souvent des effets imprévus.Et souvent indésirables.» Opposé à l’idée de s’en remettre à Ottawa pour compenser l’incurie du gouvernement du Québec en matière de culture, Lapalme insiste sur le tait que c’est seulement par sa vitalité culturelle que le Québec, encerclé par l’anglophonie, peut rayonner.C’est la raison pour laquelle il «ne doit pas confier aux autres ce qui lui est le plus précieux, ce qui fait son âme et le cœur de.son destin».Souveraineté culturelle, vous avez dit?Mais comment l’obtenir sans la souveraineté tout court?Hommage mérité Homme politique brillant, raffi- né, intègre et partisan d’un réformisme porteur de progrès sur tous les plans, Impalme, le 3 septembre 1964, démissionnait de son poste.«Le pouvoir, écrivait-il dans ses Mémoires, m’a été le désenchantement vivant et peut-être ma plus grave erreur.Ceci n’est pas me embuscade que je tends au lecteur.Sous les amoncellements des travaux et des jours, le pouvoir ne m’a jamais rendu heureux.C’est clair, c’est net, c’est cela.» La pièce de Claude Corbo, qui nous fait vivre de l’intérieur cette désillusion, est une belle réflexion sur les grandeurs et les misères de la politique active.Elle rend un hommage mérité à Lapalme, que les curieux pourront redécojjvrir plus à fond en lisant Georges-Émile Lapalme.Précurseur de la Révolution tranquille (VLB, 2000), un des rares essais récents consacrés au grand homme, de l’historien et politologue Jean-Charles Panneton.Collaborateur du Devoir PASSION ET DÉSENCHANTEMENT DU MINISTRE LAPALME Claude Corbo Septentrion Sillery, 2008,144 pages éditions Liber Philosophie • Sciences humaines • Littérature Omar Aktouf Halte au gâchis En finir avec Véconomie-management à ^américaine OMAR AKTOUF HALTE AU GÂCHIS EN HNIRiAVEC L’ÉCONOMIE MANAGEMENT À L AMÉRICAINE 156 pages, 18 dollars Taras Grescoe LE PIQUE-NIQUE DU DIABLE te OU ABLE " Un tour du monde à la RECHERCHE DES FRUITS DÉFENDUS, UNE HISTOIRE DES PROHIBITIONS QUI SE SONT TOUTES RÉVÉLÉES INEFFICACES.Taras Grescoe entraîne ses lecteurs dans un tour du monde des substances interdites, certaines plutôt inoffensives, comme le chewing-gum à Singapour, et d'autres létales, comme le penthiobarbital de sodium qu’absorbent les candidats au suicide assisté à Zurich.Il propose ainsi un passionnant voyage en Europe, en Asie et dans les Amériques, où l'on en apprend beaucoup sur les sociétés qui instaurent de tels tabous.vlb éditeur Une compagnie de Québécor Media Depuis 1985, XYZ.La revue de la nouvelle est un lieu d'expression privilégié pour les nouvelliers reconnus et une rampe de lancement pour les jeunes auteur-e-s.Grâce à de fréquents numéros thématiques, son contenu se renouvelle sans cesse.Abonnez-vous à XYZ.La revue de la nouvelle et recevez en prime (valeur Z4$| Pour ne pas rater ma dernière seconde [nouvelles traduites du coréen) de Young-Noon Jung 1 AN/4 NUMÉROS I W Ht- ; rnu-Tf soo»i,i il INSTITUTION Canada 35$ Étranger 40 $ N" 96 • NOËL INTERTEXTE: teswveiï/aof de Gaëtan Brulotte 2 ans / 8 numéros INSTITUTION Canada 65 $ Étranger 75 $ 3 ans /12 numéros INDIVIDU INSTITUTION Canada 65$ Canada 95$ Étranger95$ ÉtrangertlO$ Les prl* sont toutes taxes comprises Visitez notre site Internet: www.xyzedit.qc.ca Courriel Cl-joint 0 Chèque O Visa O Mastercard Nu Expire le Signature Date d RETOURNER À : XYZ.La revue de la nouvelle 1701, rue Saint-Hubert, Montréal [Québec) H2L 321 Téléphone: S14.S25,21.70 ¦ Télécopieur: S14.S25.75.37 Courriel : infoiaxy?edit.qc.ca * www.xyzedit.qc.en F 10 LE DEVOIR, LES SAMEDI 29 ET DIMANCHE 30 NOVEMBRE 2008 ESSAIS ESSAIS QUÉBÉCOIS Quand Darwin suscitait la controverse au Québec n 1859, la parution de L’Origine des espèces, du naturaliste anglais Charles Darwin, a ébranlé les colonnes du temple chrétien.Le monde et l’homme, découvrait-on alors, n’auraient pas été créés aipsi que le prétendait la Bible.L’Eglise catholique, bousculée dans ce qu'elle croyait être ses fondements, n'a pas mis de temps à réagir et à condamner ce «modernisme» et cette science qui avait l’audace de refuser d’être sous sa férule.Dans le Québec très chrétien de l’époque, les thèses de Darwin ne reçoivent pas un accueil très enthousiaste.Comme le racontent Luc Chartrand, Raymond Duchesne et Yves Gingras dans leur Histoire des sciences au Québec de la Nouvelle-France à nos jours (Boréal, 2008 pour la nouvelle édition), quelques savants québécois les contesteront avec énergie.Au passage, les auteurs de cette claire et fascinante histoire mentionnent le cas plus original du médecin Albert Laurendeau, partisan de l’évolutionnisme, qui eut maille à partir avec l’évêque de Joliette, prompt à brandir la menace de l’excommunication.C’est cet affrontement rocam-bolesque entre le docteur et l’évêque que Marcel Sylvestre, ex-enseignant de philosophie au collégial, raconte avec entrain dans La Peur du mal.Le conflit entre science et religion au Québec: l’affaire Laurendeau.Relevant à la fois de l’histoire des sciences et de l’essai philoso-.phique, cet ouvrage, dont la perspective d’ensemble est clairement scientiste, entend démontrer que le conflit en question est irréductible.Médecin de campagne — il pratique à Saint-Gabriel-de-Bran-don, mon village natal —, Albert Laurendeau est un phénomène.Ardent défenseur du Québec-français, cet oncle d’André Laurendeau est en faveur de l’avortement «lorsque la femme est en danger de mort» et considère les criminels, non pas comme des immoraux, mais comme des malades.L’homme, c’est le moins qu’on puisse dire, est en avance sur son temps.Très actif sur le plan professionnel, il prône une Louis CORNELLIER Albert Laurendeau, partisan de l’évolutionnisme, eut maille à partir avec ]% r a eveque de Joliette modernisation de l’enseignement de la médecine et de l’enseignement général en suggérant d’en finir avec le grec, le latin et la philosophie scolastique au profit de «connaissances plus utiles, plus pratiques», plus actuelles et plus scientifiques.En 1907, lors d’une conférence donnée devant les membres de l’Association médico-chirurgicale du district de Joliette, il défend l’évolutionnisme et lance ainsi trois pavés dans la mare.«Un premier, explique Sylvestre, en contestant que la Bible nous informe correctement de la création de l'Univers par Dieu; un second, en soutenant que l’apparition delà vie et des espèces animales est due à l'évolution de la matière et non à des actes de création distincts; un dernier et non le moindre, en récusant le récit d’Adam et Eve comme explication de l’origine de l’humanité.» Mr Joseph-Alfred Archambault, premier évêque de Joliette, n’apprécie pas.Il entreprend une correspondance avec le culotté médecin pour le forcer à se rétracter.Cet échange de lettres, reproduit dans cet ouvrage, illustre la bonne volonté de Laurendeau et l’intransigeance de l’évêque.S’il refuse d’abdiquer — il réitérera ses convictions évolutionnistes dans d’autres conférences et dans La Vie.Considérations biologiques, un ouvrage paru en 1911 —, le médecin espère vraiment convaincre le religieux de la justesse de sa position.Laurendeau, explique Sylvestre, veut «demeurer catholique tout en acceptant les nouvelles connaissances scientifiques», ce qui l’amène à proposer «que l’on distingue ce qui est du ressort de la science de ce qui appartient au domaine de la foi».MBr Archambault, de plus en plus irrité au fil des années par les brillants distinguos de son correspondant, ne veut rien savoir.L’excommunication n’est pas loin.«Si l’Eglise ne peut contenir dans sôn sein des hommes qui font leur possible pour être honnêtes, non seulement par les apparences, mais dans leur conscience, je serai obligé d’en sortir», réplique Laurendeau dans une lettre de 1912.Il finira, néanmoins, par se sou- * AGENCE FRANCE-PRESSE Charles Darwin mettre, pour éviter le scandale et protéger sa famille.«Un Galilée québécois» Marcel Sylvestre s’offusque avec raison du sort réservé au médecin et critique sévèrement l’attitude bornée de l’Eglise dans ce dossier.Il présente Laurendeau comme «un Galilée québécois».Selon lui, le docteur a été naïf de croire qu’une conciliation était possible entre science et religion.Même s’il tente de se montrer ouvert à «l’esprit religieux» à quelques reprises, Sylvestre cache mal son aversion radicale pour cet ordre de connaissance.«Le discours religieux, écrit-il, peu importe son allégeance, suppose la stagnation de l’intelligence.» Trois types de rapport entre science et religion sont possibles.Le premier, conflictuel, suppose une lutte sans merci.Le deuxième, le «non-empiétement des magistères» cher à Stephen Jay Gould, prône le «chacun chez soi».Le troisième, le «convergentisme», cherche l’union entre les deux.Sylvestre croit que le drame de Laurendeau tient à son adhésion au deuxième modèle et choisit le premier.Il conteste la position d’Hubert Reeves selon laquelle seul le «chacun chez soi» permet d’éviter les conflits.Quand Reeves affirme que les valeurs et la morale ne relèvent pas de la science, Sylvestre se cabre.Selon lui, il y aurait une morale issue de la science.Sa démonstration à cet égard n’est toutefois pas convaincante.Si, comme il l’écrit, «d’un strict point de vue scientifique, l’espèce humaine n’est en rien supérieure aux autres espèces», au nom de quoi dénoncer «l’horreur des conditions de vie parfois larvaires des centres hospitaliers des soins de longue durée»! Animé par le souci d’assumer l’héritage darwinien sans rejeter sa foi chrétienne, le dominicain Jacques Arnould, docteur en histoire des sciences et en théologie, propose une voie plus porteuse.«Dépouillée de toute destinée», écrit-il, l’humanité, après Darwin, peut-elle s’en remettre à la seule science pour se diriger?Ce serait tout simplement, explique Arnould, «une manière de réinscrire notre destin dans la nature, les gènes (pour ne citer qu’eux) risquant de prendre la place des étoiles ou du marc de café».L’humanité a besoin de science, mais elle a aussi besoin des autres ordres de connaissance (philosophie, théologie, culture) pour choisir, selon la formule de Jacques Monod, «entre le Royaume et les ténèbres».En croyant avoir réponse à tout, la science ne deviendrait qu’une autre mauvaise religion.louisco@sympatico.ca LA PEUR DU MAL Le conflit entre science ET RELIGION AU QUÉBEC : l’affaire Laurendeau Marcel Sylvestre Presses de l’Université Laval Québec, 2008,264 pages Si une voix se faisait entendre dans votre tête, accepteriez-vous d’être dans le secret des dieux ?JOURNALISME La concentration, une menace à la libre circulation des idées ?Édition simultanée destinée aux jeunes adultes comportant une lettre de l'auteur.7 y PIERRE BILLON ; F lammnmMi Billon signe ici son septième roman dans la foulée de L’Enfant du cinquiènw Nord et de L’Ultime Alliance.rminmant .Mammonon L* hiver dernier, Marc-Fran-r çois Bernier, professeur à l’Université d’Ottawa, avait présenté lors d’un colloque une recherche inédite sur les journalistes québécois.La recherche révélait que la grande majorité des journalistes québécois s’inquiétaient des impacts de la concentration de la presse et de la convergence des médias.Et les journalistes du groupe Québécor étaient les plus inquiets: ils vivaient, selon les données recueillies par M.Bernier, un «important malaise professionnel» et même une «détresse».Cette recherche fait maintenant l’objet d’un livre, publié chez PUL (Presses de TUniversi-té Laval).On peut donc y lire l’intégralité de la recherche ainsi qu’une préface inédite de Bernard Landry.L’enquête a été réalisée auprès de journalistes syndiqués, ce qui laisse les pigistes non représentés.Mais elle permet de se rendre compte qu’une proportion importante de journalistes de Québécor voyaient la concentration de la propriété des médias comme une menace à la libre circulation des idées.Chez Québécor également, on esti- mait, plus que chez Gesca ou qu’à Radio-Canada, que les opinions et les intérêts des propriétaires de leur média sont reflétés régulièrement dans la couverture des nouvelles.Le Devoir JOURNALISTES AU PAYS DE LA CONVERGENCE Marc-François Bernier Presses de lUniversité Laval 194 pages Marc-François BERNIER JOURNALISTES AU PAYS DE LA CONVERGENCE Sérénité, malaise et détresse dans ta profession P-éfè» «Je 8e; wü tansnr Publications du CRDP Les publications du Centre de recherche en droit public (CRDP) reflètent son approche multidisciplinaire.Elles offrent un regard neuf sur des sujets actuels comme, par exemple, l’émergence de nouvelles normativités en contexte de mondialisation ou la protection des données médicales.Les Mélanges Andrée Lajoie soulignent l’exceptionnelle carrière de cette juriste, Médaillée d’or du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, en 2006.ANDRÉE iAJOIt Karim Benyekhlef Une possible histoire de la norme.Les normativités émergentes de la mondialisation.Éditions Thémis, 937 p., 90$ Bartha Maria Knoppers Pierre Trudel et autres La protection des données médicales - Les défis du XXIe siècle Anthémis, L.G.D.J., 220 p., 67€ Pierre Noreau et Louise Rolland (dir.) Mélanges Andrée Lajoie Éditions Thémis, 998 p., 75$ CENTRE DE RECHERCHE EN DROIT PUBLIC c DP www.crdp.umontreal.ca Université fHl de Montréal REVUE possibles SU yxom » 4 mu VOLUME 32.NUMÉRO 3-4 ¦MSH Vision alternative de la mondialisation néoiibârale.mouvement pour ta justice globale, nouvelle culture politique portée par tes forums sociaux, socle idéologique d’une v* Internationale ou encore socialisme du xxi* siècle.t’aitermondiatisme donne aujourd'hui lieu à toutes sortes d’interprétations, qui se réduisent le plus souvent à un slogan : un autre monde est possible, et è un événement : le Forum social mondial.Ce numéro de ta revue possibles constitue une invitation au voyage au sein de ta nébuleuse de l’altermondialisme pour en comprendre toute la richesse, la diversité, ie potentiel de création et de transformation sociale.It entend mettre l'accent sur ses réalisations, s'étalant du global au local, sur les nouveaux modes de penser qu'il suscite, les débats quïl soulève, les pratiques quïl entend renouveler, les visions du monde quïl promeut, les modes d’action quïl engendre.Ce numéro comprend quatre sections.Nous traiterons, tout d’abord, des enjeux et crises qui confrontent nos sociétés (institutions internationales, crise alimentaire, écologie.migrations).Ensuite, nous aborderons les différentes facettes du redéploiement actuel de l'action collecttve au Québec que ce soit sur le plan de la mutation des acteurs existants (groupes progressistes, syndicats) ou des expériences innovantes (Forum social québécois.Campement de ta jeunesse.Université Populaire à Montréal).Dans une troisième section, nous nous pencherons sur le rite du politique dans l’altermondialisme è partir d'une réflexion sur les partis politiques (entrevue avec Françoise David), et sur tes projets politiques qui fleurissent en Amérique du Sud.Finalement, dans uns quatrième section nous tracerons des pistes de solution pour concrétiser l’utopie altermondlatlste (décroissance, coopérathrisme.nouveaux paradigmes politiques).Abonnement Nom Adresse Ville Province Code postal Téléphone Occupation CHoM dièqii» w nnK-pwli di 2S > par im ibommuiil ifumn à com(*r du mwéro.CE NUMÉRO : 141 CE NUMÉRO PAR LA POSTE : 14 S Aboniwmint individu»! : 25 S Abonmmunl du loutlun : AO t Abonnumunt Initltutionnul 140 $ Revue Possibles 5070, rua de Lanaudlftra Montréal.Québoc H2J 3R1 ÉDITORIAL Un autre monde est en marche ! RAPHAËL CANET ESSAIS ET ANALYSES Crises et enjeux actuels Altermondialisme et grandes institutions internationales CLAUDE VAILLANCOURT De la sécurité alimentaire à la souveraineté alimentaire GUY PAIEMENT Écologie politique et altermondialisme MICHEL LAMBERT Les travailleurs migrants, nouveaux non-citoyens du monde VICTOR PICHÉ Redéploiement de l’action collective Laborieuses mutations des acteurs collectifs ANDRÉ THIBAULT Mouvement syndical et altermondialisme JACQUES LÉTOURNEAU ET NATHALIE GUAY Potentiels et innovations de l’altermondialisme au Québec Forum social québécois et Campement autogéré GABRIELLE GÉRIN L’UPAM : une invitation à l’action et à la réflexion MARIANNE DI CROZÉ Rôle du politique Pas à pas, ensemble et difTérents, nous changerons le monde! FRANÇOISE DAVID (ENTREVUE) En attendant le Grand Soir FRANCIS DUPUIS-DÉRI Une Patria Grande pour l’Amérique du Sud PIERRE BEAUDET Pistes de solution Pourquoi la décroissance au Québec LÉO BROCHIER ET SAMUEL JACQUES Reconstruire l’économie sur le coopérativisme JACQUES B.GÉLINAS L’altermondialisme, contrepoint à la mondialisation Nouveaux contours de l’analyse politique DOMINIQUE CAQUETTE POÉSIE ET FICTION Le soir suivi de cinq autres titres YVES PATRICK AUGUSTIN Les parenthèses suivi de deux autres titres MARIE-ROSE SAVARD MORAND Poésie d’objections (extraits) MICHEL PONCE DOCUMENTS Le jeu social entre nomination et représentation chet Pierre Bourdieu VALÉRY RASPLUS Jeunes et spiritualité : la culture hip-hop, ses valeurs et ses croyances DIANE RACOM %
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