Le devoir, 30 octobre 2004, Cahier H
LE DEVOIR.LES SAMEDI 30 ET DIMANCHE 31 OCTOBRE 2 0 0 4 LE DEVOIR DÉFI Urbanistes et biologistes travaillent de concert Page 2 Ville et nature RECHERCHE Promouvoir la qualité de vie et défendre le territoire Page 3 [> "-«0 4»; PATRICK SANFAÇON vertes MM r.*> i » % A ^ T «üc ^ * ,*• '«f 4Îff.^ 1- mWWfK xIM .' » De véritables gratte-ciel avec des plantations d’arbres qui verdissent au vingtième et même au trentième étage.Un stade de football (un projet pour le nouveau site des Jets de New York) où les grandes surfaces asphaltées des stationnements se dissimulent sous la verdure.Un ensemble à bureaux (déjà érigé, à Londres cette fois-ci) avec, derrière les grands écrans de verre, de véritables forêts.L’ensemble de ces réalisations, auxquelles s’ajoutaient une vingtaine d’autres initiatives, faisait l’objet l’an dernier d’une exposition.Son titre: Big Green, e( elle était présentée à l’Ecole d’architecture de l’université Yale à New Haven, au Connecticut Utopie?Des projets pour d’autres?Seulement pour ceux qui peuvent s’offrir le luxe de vivre dans un environnement de qualité?Ou, au contraire, l’indice d’une nouvelle tendance où la ville cesse d’être perçue comme le résultat d’une victoire du bâti sur la nature?Pari vert Car, plus près de nous dans le temps et dans l’espace, une telle philosophie se met en place.Cette fois-ci, ce sont des biologistes, s’associant à des urbanistes à l’occasion de la tenue de leur congrès annuel, qui tiennent le pari vert Normal, pourrions-nous croire au premier abord: les biologistes, c’est aussi les arbres.Surprenant toutefois si l’on se souvient que les thèmes des rencontres récentes étaient la biologie marine ou les biotechnologies.Y aurait-il donc quelque part une science moins connue qui s’intitulerait biologie urbaine?Sans doute pas, d’autant plus que, comme le signale le président de leur association, «les biologistes, indique Gaétan Roy, sont avant tout des scientifiques, au même titre que les physiciens et les chimistes».En fait, ce n’est pas la formation, mais la fonction qui attend le biologiste à la sortie de ses études qui explique que la biologie se fait urbaine.Une belle illustration de cette assertion se trouve dans ce qui se passe à la Ville de Mont-Tremblant, où un biologiste est devenu au fil des ans directeur de tout le Service de l’environnement.Comme le raconte Serge 1 Zonard, il «est le professionnel le mieux placé et le mieux formé pour veiller à limiter les impacts environnementaux reliés au développement.C'est lui qui conseille les autorités en place quant à la conservation des milieux jugés sensibles — habitats fauniques, paysage visuel, qualité de l’air et de l’eau.».Actions directes Et un tel exemple n’est pas isolé: de grandes villes, de Montréal à Québec en passant par Longueuil, ont dans leurs équipes ces spécialistes qui veillent autant à la protection du territoire qu’à la mise en place de nouvelles façons de faire.Ainsi, à Longueuil, dans ce territoire aux vertes pelouses, la lutte menée vise l’abolition des pesticides et insecticides de toutes sortes: un gazon peut être beau sans que tout le système écologique soit perturbé.Du moins, c’est de cela qu’on tente de convaincre le citoyen dont l’univers végétal se mesure à la couleur et à la hauteur de l’herbe coupée! Naturellement, lorsqu’un biologiste devient maire, le programme environnemental est plus lourd de conséquences.À Pointe-Fortune, Normand Chevrier se fait le promoteur, et le défenseur, d’une immense réserve naturelle où s’ajoutent aux chats, chiens et autres animaux urbains plus de 150 espèces animales vivant, elles, en toute liberté.Que Gaétan Roy affirme que «nous [les biologistes) ne sommes pas de ceux qui descendent dans les rues pour faire des pressions, si légitimes soient-elles», cela est sans doute vrai.Il serait cependant faux de croire que ces experts de 1a nature abandonnent leurs responsabilités.Ce qui est en jeu, c’est un nouveau concept urbain.Les villes sont plus que l’addition de maisons, de routes pour les desservir, de réseaux divers, qu’ils soient électroniques, électriques ou liés aux services: ce sont des lieux pour vivre, et faire place au vivant sous toutes ses formes.La «machine à habiter» dont parlait Le Corbusier peut donc céder la place aux laboratoires du quotidien.Et souhaitons-les bleus et verts! Normand Thériault Les villes doivent faire place au vivant sous toutes ses formes LE DEVOIR.LES SAMEDI 30 ET DIMANCHE 31 OCTOBRE 2004 * BIOLOGIE * Ville de Québec Faire le pari d’un environnement de qualité «Les milieux de vie ont été passablement saccagés par l’urbanisation » En adoptant récemment son plan stratégique 2004-2008, «Une vision pour Québec: l’avenir maintenant», la Ville de Québec s’inscrit manifestement à l’enseigne du développement durable.Ce plan se conjugue en trois temps: eau, air et sol.Les propos de René Gélinas, biologiste et directeur de la division de la qualité du milieu au Service de l’environnement de la Ville de Québec.THIERRY HAROUN Le triptyque «eau, air et sol» donne le ton à la longue liste d’épicerie dressée dans le plan stratégique environnemental de la Ville de Québec, elle qui veut devenir, au chapitre de l’écologie, une cité exemplaire.Et ce, dans le but avoué d’enrichir le capital humain, social et économique.«Les milieux de vie ont été passablement saccagés par l’urbanisation», constate René Gélinas, du Service de l’environnement.Préoccupée par cette question, la Ville s’est vue dans l’obligation de «se doter d’une politique environnementale qui permettrait de contrer les effets néfastes de l'urbanisation sur les milieux naturels et, du même coup, de s’assurer que ses citoyens profitent d’une certaine qualité de vie».Selon René Gélinas, une politique de développement durable répond aux besoins du présent sans pour autant compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs.Les problématiques observées par le Service de l’environnement sont les suivantes: le maintien d’une forte dépendance à l’automobile et la difficulté de réduire les gaz à effet de serre; la présence de terrains vagues, en friche ou servant de stationnements; le recul des ter-.ritoires agricoles et forestiers en raison de l’expan-• sion urbaine; une augmentation des matières résiduelles et une diminution de leur recyclage; et enfin, ¦ l’accessibilité des cours d’eau à des fins récréatives.Eau Ce programme aux visées écologistes ne va pas sans une mise en valeur des multiples plans d’eau et autres boisés qui ornent le territoire de la Vieille Capitale.«Toute la notion de cours d’eau est importante.Sur notre territoire, il y a d’importantes rivières.Je pense à la rivière Cap-Rouge, à la rivière Beauport, à la rivière Montmorency, et surtout à la rivière Saint-Charles qui, elle, traverse la ville du nord au sud.À toutes ces rivières se greffent d’autres petites rivières, ruisseaux et Jvssés.» «Mais il y a de l'empiètement, il y a de l’érosion, il y a des problèmes», laisse-t-il savoir sans équivoque.Pour contrer ces différents fléaux qui grèvent l’harmonie des milieux naturels, la municipalité préconise une gestion intégrée par bassin versant en soutenant financièrement et en participant aux travaux des conseils de bassin des rivières Saint-Charles, Montmorency, Beauport, de Cap-Rouge et du lac Saint-Augustin.Le but de cette politique est de «protéger et favoriser une utilisation rationnelle et optimale des plans d’eau à des fins d’utilisation d'eau potable et récréatives, d’où l’importance de l'accessibilité aux milieux naturels».Pour atteindre ces objectifs, la municipalité compte recourir à différents moyens.«Par exemple, les conseils de bassin et la Ville peuvent signer des ententes avec les propriétaires, ou encore la Ville peut faire l'acquisition de certains terrains», suggère M.Gélinas.Projets La Ville est aussi un acteur dynamique.«Présentement, des aménagements ont cours le long de la rivière Saint-Charles afin de renaturaliser cette rivière unique et esthétiquement agréable en y aménageant des sentiers dans le but de faire profiter la population de ce milieu naturel exceptionnel.» Ces travaux d’aménagement et de mise en valeur, sur une trentaine de kilomètres conduisant le visiteur de l’embouchure à la source de la rivière Saint-Charles, feront du parc linéaire des rivières Saint-Charles et du Berger un véritable havre naturel au cœur de la ville.Le coût de ce vaste chantier d’aménagement du territoire est évalué à 10 millions de dollars.Parmi les interventions menées en marge de l’aménagement des sentiers, mentionnons la mise en place de panneaux d’interprétation, l’aménagement paysager des principaux accès, la construction de passerelles et l’installation de mobilier urbain.Une utilisation plus rationnelle et intelligente de l'eau potable figure également parmi les priorités de la Ville, qui compte dresser un état de la situation dans le but de fixer des objectifs, d’ici février 2005, de réduction de la consommation d’eau potable.«Notre territoire recèle plusieurs sources d’eau potable, soit notamment le lac Saint-Charles, le lac des Roches et le fleuve Saint-lMurent.Puiser cette eau-là et la traiter engendre des coûts importants.Dans cette optique, il est primordial pour nous [au Service de l'environnement | de bien connaître les besoins et la consommation des utilisateurs résidentiels, commerciaux et industriels, de manière à pouvoir SOURCE VILLE DE QUÉBEC il-d René Gélinas, biologiste et directeur de la division de la qualité du milieu au Service de l’environnement de la Ville de Québec.sensibiliser la population à l’importance de réduire la consommation de cette ressource.» Air Dans l’objectif précis d’améliorer la qualité de l’air, le plan stratégique de la municipalité propose des pistes d’action destinées à réduire les émissions de gaz à effet de serre, et ce, dans le cadre de la lutte aux changements climatiques et du protocole de Kyoto.Pour ce faire, le Service de l’environnement a dû, en premier lieu, déterminer quels étaient les équipements municipaux qui émettaient le plus de gaz à effet de serre, en l’occurrence le gaz carbonique et le méthane, principalement.Les fautifs: l’incinérateur et le site d’enfouissement sanitaire.«Dans le cas du lieu d’enfouissement, nous avons conclu une entente avec un partenaire privé et Environnement Canada afin de capter les gaz qui en émanent, principalement du méthane qui, soit dit en passant, est 25 fois plus nocif qu'une simple molécule de gaz carbonique.Le méthane est brûlé par des tor- chères spéciales, ce qui nous a permis de réduire de 40 OOO tonnes les gaz à effet de serre, sur un total de 110 OOO tonnes», souligne M.Gélinas.Dans une plus large mesure, la Ville a adopté un plan d’action en août dernier qui vise à réduire de 22,3 % — ou 60 629 tonnes — l’émission de gaz à effet de serre en provenance de ses activités en 2010 par rapport à 2002.«Maintenant, en ce qui concerne l’incinérateur de déchets situé dans l’arrondissement Limoilou, poursuit-il, nous comptons profiter de la technologie d’un bioréacteur qui permettrait de capter les gaz carboniques qui en émanent.» Sols La Ville de Québec procède actuellement à l’inventaire et à la caractérisation des terrains contaminés sur lesquels on peut retrouver différents métaux tels que le cuivre, le zinc, le cobalt, le cadmium et divers produits pétroliers, pour ne nommer que ceux-là.«Comme dans tous les milieux urbains, il y a beaucoup de terrains qui ont été contaminés du fait des usages industriels.À cet égard, notre politique passe par le programme Revi-Sols.Ce programme gouvernemental soutient financièrement les promoteurs afin qu’ils puissent décontaminer et réhabiliter les terrains contaminés pour ensuite leur donner une seconde vie.» Grâce au programme Revi-Sols, quelque 67 865 nf de terrains contaminés ont été, à ce jour, réhabilités sur le territoire de la Ville de Québec, et environ 5700 mètres linéaires de berges ont été caractérisés le long de la rivière Saint-Charles.Harmonie Des défis surgissent quand on veut faire cohabiter l’homme et la nature dans la cité.«La nature, c’est à la fois simple et compliqué.Simplement dit, la nature c’est la faune, la flore, la forêt, les minéraux et l’eau.Et si l’on met tous ces éléments en relation, on obtient m écosystème, illustre le biologiste René Gélinas.Or, si un de ces éléments se heurte à un impact quelconque, l’incidence se manifestera sur tous les autres aspects de la nature.Par exemple, s’il y a trop de phosphore qui se déverse dans un lac en raison de la mauvaise installation d’une fosse septique, ça va favoriser une prolifération de micro-organismes qui, eux, affecteront la qualité de l’eau, réduiront l’oxygénation et, par le fait même, le potentiel récréatif d’un site naturel.» «Si l’on ajoute à cela les dimensions urbaine et humaine, qui occasionnent à leur tour une forte pression sur les éléments naturels restants de la ville, on voit bien que le défi de faire cohabiter la nature et les hommes n’est pas simple.» Le 29‘ congrès de l’Association des biologistes du Québec Réimplanter la nature en ville «Il faut apprendre à vivre et à laisser vivre.» «Le défi de la nature en ville»: sous ce thème, l’Association des biologistes du Québec, de concert avec l’Ordre des urba- nistes du Québec, tiendra son les 4 et 5 novembre prochains démarche disciplinaire.CLAUDE LAFLEUR TV e plus en plus, les gens vi-''1-J vent en milieu urbain mais, d’autre part, ils veulent aussi de plus en plus se rapprocher de la nature», constate le biologiste Yves Bédard, co-organisateur du congrès.Or, tant les biologistes que les urbanistes observent qu'en ville, les milieux naturels ont soit été sévèrement abîmés, soit complètement disparu.Le défi de l’avenir, pour eux, consiste donc à restaurer les milieux détruits et, surtout, à faire en sor- 29' congrès annuel à Québec .Aller plus loin que la simple te que, dans les nouveaux développements urbains, on intègre les aires naturelles existantes.«Tel est précisément ce dont on discutera lors de notre congrès», résume M.Bédard.Restaurer ou préserver n’est cependant pas facile à réaliser, la preuve en étant que les experts parlent d’un contlit faune-société! savez, explique le biologiste, les gens aiment bien les oiseaux, mais ils ne veulent pas se faire réveiller tôt le matin par les corneilles et les geais bleus qui crient.Et lorsque quelqu'un voit Concilier nature et urbain, pour une meilleure qualité de vie ! • Caractérisation des écosystèmes et inventaire faunique Écoingénierie (érosion, barrages, entretien) • Mesures de f iilteï, compensation 1 Suivi environnemental Ipp Ig; 2095.Jean-Talon Sud, bureau 217.Sainte-Fo*.Qc, GIN MIS tel : M81688-3898 téléc : IMI81681-6919 asirtsrnei uiuiui omtaunecnr 5305 frais : 1-800-561-3898 cane: infoeoralatnecon! passer un rat musqué sur son terrain, il peut avoir l’impression qu’il s’agit d’un rat d’égout.Or, il n’en est rien puisqu'il s’agit plutôt d’un animal proche du castor.» Une chance à la faune et à la flore Pour restaurer la nature en ville, il ne s'agit pas tout bonnement de créer des parcs avec quelques arbres et pelouses tondues tout autour, lance Yves Bédard.Il faut plutôt préserver et recréer de véritables écosystèmes qui permettent à une belle diversité biologique de s’épanouir au sein même des activités urbaines telles que la circulation, les habitations, le drainage, etc.«Mais ça, c’est un gros défi!», commente-t-il.M.Bédard sait de quoi il parle puisque, en tant que biologiste à Transport Québec, il est responsable de la «gestion écologique» du bord des autoroutes.«Mon travail consiste, entre autres, à gérer la végétation le long des autoroutes de la façon la plus naturelle possible, précise-t-il, afin de laisser la nature en profiter.» Or, le simple fait de permettre ainsi à la nature d’occuper ces parcelles de terrain donne des résultats étonnants: «On ne tond presque plus le bord des autoroutes, on favorise plutôt la diversité des plantes, des animaux et du paysage, dit-il.Observez que, maintenant, il y a davantage de prés fleuris le long de ces routes.» Le responsable relate qu’en laissant ainsi faire la nature, ses collèges et lui ont été surpris de découvrir tout ce qui pousse naturellement.«Certains endroits sont devenus spectaculaires.tant de plantes ont eu l’occasion de fleurir!», dit-il.Il rapporte même qu’un nombre étonnant d’automobilistes ont adressé leurs félicitations au ministère «pour avoir ainsi laissé la nature s’exprimer, fleurir et évoluer».Pépinières d’insectes ou milieux de vie agréables ?Il est par contre beaucoup plus difficile de restaurer les milieux urbains où l’on a détruit les aires naturelles.«Quand on fait un développement urbain, indique Yves Bédard, l’un des impacts les plus importants survient au chapitre du drainage, puisque près de 70 % de toutes les surfaces sont alors im- BIOLOGIE VILLE ET NATURE f E CAHIER SPÉCIAL EST PC BUE PAR LE DEVOIR Responsable: NORMAND THÉRIAULT little rmillelt-devnir.ra 2050.rue de Bleurv.9’ él»£e.Montréal (Québec) HSA 3M9.Tel.: (514) I185 SS3S redactionoledcvolr.com F AÏS UE QUE 1) 0 1 S perméabilisées par les chaussées, les toitures, les partiaux.» Or, couvrir ainsi le sol a des conséquences catastrophiques sur les cours d’eau avoisinants.En effet, lors d’une averse, au lieu que l’eau s’infiltre naturellement dans le sol, elle atteint très rapidement les cours d’eau, créant des crues artificielles qui ravagent les berges et les écosystèmes.De surcroît, l’averse passée, il n’y a plus de libération d’eau régulière et la rivière ne tarde pas à s’assécher.«C’est là tout un défi que de gérer les eaux de pluie et les cours d’eau en milieu urbain», souligne le spécialiste.Pour remédier à la situation, il faut créer des bassins de rétention qui jouent un rôle de filtration et qui permettent de libérer graduellement l’eau.«Toutefois, intégrer ce genre de bassins dans le tissu urbain — autrement dit, installer des petits marais — risque d’accroître la quantité d’insectes et d’amener la présence de rats musqués, de grenouilles, etc., observe-t-il encore.Mais si cela ne constitue pas nécessairement un problème, c’est bien souvent perçu comme tel par les citadins.» Rencontres disciplinaires Dans le cadre du colloque de l’ABQ, les organisateurs désirent faire en sorte que les urbanistes et les biologistes échangent sur ce qu’ils savent et sur les problèmes qu’ils rencontrent.«Les biologistes sont relativement peu présents en milieu urbain, rapporte Yves Bédard, alors que, de leur côté, les urbanistes désirent véritablement préserver la nature, mais ils ne savent pas toujours ce qu’il faut faire.» On espère donc qu'en se parlant ainsi, les deux professions parviendront mieux à gérer les fameux conflits faüne-société.Par exemple, indique M.Bédard, les citadins accepteraient-ils qu’on crée près de chez eux des marais?Et comment réagiront-ils lorsqu’ils verront passer des ratons laveurs, des mouffettes, etc., sur leur terrain?Autrement dit, la nature est-elle compatible avec le milieu urbain?Le biologiste répond pourtant sans hésiter «oui» à cette dernière question en indiquant que, si on planifie bien les choses, les milieux naturels peuvent être compatibles avec l’environnement urbain.Par exemple, note-t-il, des étangs temporaires, où il n’y a de l’eau qu’au printemps, se1 ront de véritables pépinières à moustiques.Par contre, si on les conçoit avec une profondeur suffisante pour qu’y vivent une diversité de prédateurs (insectes, batraciens, oiseaux, etc.), l’endroit peut même devenir très agréable à visiter.«De tels milieux naturels implantés en ville deviennent des sites très intéressants où les gens vont faire de l’ornithologie tout près de chez eux.» D’autre part, il faut aussi, en tant que citadins, apprendre à être plus tolérants envers certains inconvénients, par exemple en aménageant notre terrain.Ainsi, indique M.Bédard, pour contrer les fameuses mouffettes qui s’installent sous nos cabanons, on n’a qu’à installer un grillage à la base de celui-ci.Et s’il y a des rongeurs dans les environs, on protège nos arbres en plaçant tout simplement un grillage à leur base.«Vous savez, c’est simple, ce n’est souvent qu’un détail à prévoir, lance le biologiste.Tout compte fait, il nous faut apprendre à vivre et à laisser vivre.» Vivre sans pesticides.Une question d'habitude ! Info-pesticides (450) 463-7333 www.longueuil.ca/pesticides pestiHut lonfijueuil LE DEVOIR.LES SAMEDI 30 ET DIMANCHE 31 OCTOBRE 2 0 0 4 H 3 BIOLOGIE ABQ Comprendre la vie «Les biologistes sont avant tout des scientifiques» Ils ne sont pas des professionnels aux termes de la loi.Ils agissent toutefois comme des scientifiques responsables dans la promotion de la qualité de vie et la défense du territoire.Place aux biologistes.CLAUDE LAFLEUR Association des biologistes du Québec a été créée ' en 1973 afin non seulement de promouvoir la profession, mais dans le but ultime d’en faire un véritable ordre professionnel.Cependant le «dossier» progresse lentement mais sûrement relate l'actuel président de l'ABQ, Gaétan Roy.•Nous attendons depuis 30 ans d'être reconnus comme un ordre professionnel, dit-il.Nous avons fait une demande en ce sens au gouvernement, mais le processus est très long.» L’Association regroupe quelque 500 des 3000 biologistes en fonction au Québec.«Comme il ne s’agit pas d’une corporation professionnelle, personne n’est obligé d’en être membre», indique le président.Toutefois, considère-t-U, l'ABQ représente très bien les intérêts de la profession: «Il y a beaucoup de chercheurs scientifiques en biologie, explique-t-il, et si bon nombre d’entre eux ne sont pas membres de l’ABQ, ils considèrent néanmoins que notre association représente très bien leurs intérêts.Ces scientifiques savent que l’ABQ est là et qu’elle contribue au développement de la profession.» Des scientifiques Gaétan Roy souligne qu’il ne faut surtout pas confondre biologistes et environnementalistes.«Nous ne sommes pas de ceux qui descendent dans les rues pour faire des pressions, si légitimes soient-elles, indique-t-il.Malheureusement, beaucoup de gens nous confondent [avec les environnementalistes], ce qui mine un peu notre crédibilité.Les biologistes sont avant tout des scientifiques, au même titre que les physiciens et les chimistes.» De fait dans le cadre d’une vaste diversité d’occupations, les biologistes font avant tout de la science fondamentale.«Notre vocation est de comprendre les phénomènes biologiques, explique M.Roy.La fonction première de tout biologiste est de comprendre la vie!» Pour être biologiste, il faut obtenir un baccalaureat (après trois ou quatre années d’études, selon la formation) alors que, de plus en plus, il faut acquérir une maîtrise «tant la somme des connaissances en cette science est aujourd'hui grande».Cette profession offre par ailleurs une grande variété d’emplois, relate encore le président de l'ABQ.•H y a peut-être 25 sortes de biologistes, dit-il.Ça va du spécialiste des champignons ou des plantes au spécialiste des animaux, au spécialiste des habitats ou de l'écologie, au spécialiste de la génétique.Et là, on aborde le champ de la biologie médicale, du biologiste moléculaire, du généticien, du biotechnologiste, sans compter le spécialiste en bioéthique, le biomathématicien, etc.Bref, il y en a de toutes les sortes et pour toutes les sphères de la science actuelle!» Des acteurs sociaux D estime ainsi qu’il y a 3000 personnes qui exercent au Québec une profession axée sur la biologie.Il y a notamment tous ceux qui assument des fonctions qui font appel à la biologie, mais sans nécessairement faire de la biologie en tant que telle.«C’est justement mon cas!, déclare-t-il.Je n exerce pas une fonction de biologiste, mais plutôt un poste d'agent de planification en développement socioéconomique au gouvernement du Québec.» Par cette fonction, M.Roy s’est spécialisé dans le traitement de nos déchets.«/'étudie les divers enjeux se rapportant aux matières résiduelles, précise-t-il, et j’élabore la réglementation des lois nécessaires pour la gestion de ces matières et qui s’appliquent dans le cadre de la politique québécoise.En fait, ma spécialité, ce sont les matières dangereuses.Autrement, je suis un biologiste très éclectique, c’est-à-dire que je suis spécialisé à la fois en gestion de la valeur de la faune terrestre ainsi qu’en études fondamentales (neurologie) et, enfin, en environnement.J’ai la formation d’un biologiste médical et, à une époque, j’ai fait de la recherche fondamentale.» Par ces propos, Gaétan Roy illustre le fait que les tomato KETCHUP, mbtohk» i JACQUES NADEAU I.E DEVOIR L’Association des biologistes du Québec préconise le droit du public d’être informé de la présence d’OGM dans ses aliments.membres de l’ABQ sont souvent des gestionnaires de ressources, par exemple en faune, en foresterie ou en environnement.L’Association compte aussi quelques professeurs de biologie et de nombreux chercheurs qui travaillent en laboratoire.«Il y a aussi ce que j’appelle les “hybrides”, dit-il, par exemple des biologistes avocats ou des biologistes ingénieurs, etc., sans oublier les biologistes écrivains qui font de la vulgarisation dans les médias et dont certains sont très influents.» Des dossiers prioritaires L’une des fonctions de l’Association des biologistes du Quebec consiste à «baliser» la profession, c'est-à-dire à promouvoir un axle de déontologie, en plus de faire kt promotion de la profession auprès du [xiblic et des instances décisionnelles.«Nous suivons énormément de dossiers!, rapporte le president, notamment celui des (KIM — un gros dossier celui-là — ainsi que.depuis les tout debuts de l'Association, celui de la gestùm île la foret publique.On est aussi très present dans la gestion de l'eau et on se fait aussi souvent consulter concernant la gestùm de ùi faune du (Québec.Ftus récemment, on se fuit de plus en plus consulter par les gens des biotechnologies pour ce qui est de l 'éthique des sciences concernant tout ce qui touche à l'utilisation des matériaux génétiquement modifies.On se fait aussi demander notre avis sur la sécurité alimentaire, sur les nouveaux produits alimentaires, etc.» 11 y a deux ans, à l’occasion de la commission park» mentaire sur les OGM, l'ABQ a déposé un intéressant mémoire sur la question.Intitulé Pour une approche éclairée et équitable, ce document préconise le droit du iniblic d’être informé de la présence d’OGM dans ses aliments et, surtout, l’importance de poursuivre It's n» cherches avant de clore le débat.«En tant qu’organisme qui regroupe les biologistes, on essaie de se tenir au fait de tous les enjeux qui touchent à la biologie, explique le président.Et, en tant que scienti fiques.nous ne pouvons nous empêcher d'émettre des avis — lorsque cela est pertinent.» Ainsi, en ce qui concerne la gestion des forêts publiques, l’ABQ considère que ce n’est |xis qu’une question d’arbres: «Ixi forêt, ce n'est pas seulement de la ma tière ligneuse!, lance Yves Roy.Elle est sans aucun doute l'affaire des biologistes puisque la forêt, c'est avant tout des habitats, des environnements, de la flore et de la fou ne.etc.» Far conséquent, l’Association a pris position sur ce que devraient être les critères d’évaluation de la qualité du travail qui se tait en foresterie.MONTRÉAL Intégrer le milieu naturel au développement Près de 33 % du territoire montréalais serait contaminé La protection et la mise en valeur des milieux naturels ainsi que la réhabilitation des terrains contaminés représentent pour les grandes villes d’aujourd’hui deux important défis à relever.La Ville de Montréal l’a compris et a, depuis quelques années, posé plusieurs gestes qui vont dans ce sens.PIERRE VALLÉE La Ville de Montréal a mis en place un programme de réhabilitation des terrains contaminés.Simultanément elle investit dans la protection des milieux naturels en créant, entre autres, les parcs-nature, comme celui de rîle-de-la-Visitation.De plus, elle est sur le point de se doter d’une politique de la protection et de la mise en valeur des milieux naturels.Pierre Legendre est conseiller en aménagement à la direction des sports, des parcs et des espaces verts au Service du développement culturel et qualité du milieu à la Ville de Montréal.Ce biologiste connaît bien ces deux dossiers.Il a d’abord travaillé à la décontami-nation des sols lorsqu’il était au service de la division des laboratoires, et il travaille aujourd’hui à la politique de la protection et de la mise en valeur des milieux naturels.Ce que l’on cherche à faire comprendre aux promoteurs, c’est qu’il existe à Montréal la possibilité d’offrir la nature à leurs éventuels clients résidentiels voir investir 36 millions de dollars dans les trois prochaines années.» Mais cela ne veut pas dire pour autant que la Ville de Montréal se portera acquéreur de tous les terrains à protéger et l’on ne prévoit pas non plus la création de nouveaux parcs-nature.«R y aura sans doute quelques acquisitions là où l’achat du terrain est la seule façon de créer une aire protégée.» Il donne en exemple certaines îles près de Poin-te-aux-Trembles, accessibles seulement par chaloupe ou bateau, et qui servent encore comme pâturage pour les moutons., Milieux naturels • «Présentement, seulement 3 % du territoire de l’tle de Montréal possède un statut officiel d’aire protégée, explique-t-il.Nous comptons, avec la nouvelle politique, augmenter ce nombre à 8% du territoire.» On cherche à protéger ainsi les rives, les berges et les marais, en particulier les lieux de nidification et de frai des poissons.La protection des boisés et des forêts est aussi une cible importante.«On compte sur l’tle de Montréal 1600 hectares de surfaces boisées».Selon Pierre Legendre, cette nouvelle politique a l’avantage d’être accompagnée d’une enveloppe budgétaire.«On espère pou- Biodiversité Un autre objectif visé par cette politique est de favoriser la biodiversité et conserver le capital génétique de la nature, ce qui à Montréal revêt une certaine importance.«Montréal est située dans le Québec méridional où se trouve la plus grande variété de flore et de foune.» Comme une bonne part des terrains à protéger à Montréal sont des propriétés privées, la Ville de Montréal a privilégié une autre approche à la protection des milieux naturels que l’expropriation et l’acquisition.«Le politique vise à mettre un terme au développement sauvage en incitant les promoteurs immobiliers à intégrer dans leurs développements les milieux naturels à protéger, comme les boisés, les ruisseaux et les marécages.» Ce que l’on cherche à faire comprendre aux promoteurs, c’est qu’il existe à Montréal la possibilité d’offrir la nature à leurs éventuels clients résidentiels.Selon Pierre Legendre, certaines études européennes ont démon- tré que ce type de développement a fait augmenter de 10 % à 15 % la valeur des maisons.Pierre Legendre croit aussi que cette approche a de plus l’avantage d’attirer à Montréal des résidants férus de nature et ainsi contrer l’étalement urbain.«Il fout lutter contre l'étalement urbain qui est une importante source de pollution puisqu’il implique toujours un plus grand usage de l’automobile.» Ce que souhaite Pierre Legendre, c’est un changement d’attitude concernant la protection et la mise en valeur des milieux naturels et il croit que la nouvelle politique de la municipalité pourra y contribuer.«La protection des milieux naturels, ce n’est pas uniquement pour protéger les canards et les petits oiseaux.C’est aussi pour le bénéfice des humains.» Sols contaminés Un des problèmes environnementaux touchant des villes comme Montréal, qui ont connu une période de forte industrialisation au début du siècle dernier, est la présence de sols contaminés sur leur territoire.Le problème est de taille puisqu’on estime qu’à Montréal, environ 33 % du territoire pourrait connaître une forme ou une autre de contamination.«La situation à Montréal a ceci de particulier que la contamination est étendue mais elle est diffuse.C’est une contamination généralisée mais pas nécessairement aiguë.Le seuil de contamination n’est pas alarmant et il ne représente pas de danger pour la santé publique.» Mais que faire de ces terrains contaminés qu’on hésite souvent à réutiliser?D’abord, le coût de décontamination est souvent si élevé que les promoteurs n’y trouvent pas leur compte.«Le coût de la décontamination de certains terrains leur donne une valeur presque négative.» C’est la raison pour laquelle la Ville de Montréal a mis en place le programme RE Vf SOL qui apporte une aide financière aux promoteurs et peut aller jusqu’à 50 % des frais de décontamination.Ce programme, doté d’un budget de 60 millions, a déjà investi les trois quarts de cette somme.Pierre Legendre espère qu’il sera reconduit L'authenticité de l'environnement, partenaire du développement Décontamination totale?La décontamination des terrains à Montréal, dans 95 % des cas, passe par l’excavation et l’enfouissement des sols contaminés.De plus en plus, on s’interroge sur l’efficacité de cette méthode.«Est-ce qu’on ne fait pas autant de tort en les transportant plutôt que de tenter de les gérer sur place?» Cette approche repose sur l’analyse et la gestion des risques.«Est-ce qu un sol légère- ment contaminé sous le plancher d’un magasin à grande surface pose un réel problème de santé?» Il donne en exemple le développement immobilier sur le site des anciennes usines Angus.«Certains sols contaminés ont servi à construire un talus qui sert d’écran visuel le long de la voie ferrée.» D’autres approches peuvent aussi être utilisées en matière de décontamination.C’est le cas de la phytoremédiation, qui consiste à semer sur un sol contaminé des plantes dont le système de racines permettra l’absorption des contaminants par la plante.En fauchant ensuite les plantes, on élimine les contaminants.«Ça prend environ dix ans pour réhabiliter un terrain de cette façon, donc ce n’est pas une solution à court terme.Mais la décontamination des sols, tout comme la protection des milieux naturels, ne peuvent pas être envisagées uniquement en fonction du court terme.Cela fait partie aussi de ce qu’on appelle maintenant le développement durable.» Résultat d’une collaboration étroite entre le Département de sciences biologiques de l'Université de Montréal et le Jardin botanique de Montréal, l'Institut de recherche en biologie végétale offre un cadre unique pour la formation supérieure, notamment en écologie et aménagement des écosystèmes en zones habitées.Les activités d'enseignement et de recherche en écologie végétale y sont orientées vers les préoccupations urbaines, péri-urbaines et agro-forestières du Québec méridional, par exemple : • la revalorisation et la renaturalisation de sites dégradés; • la maîtrise intégrée de la végétation indésirable; • l'impact des espèces végétales envahissantes.Renseignez-vous sur nos programmes de maîtrise et de doctorat! www.irbv.umontreal.ca www.bio.umontreal.ca Institut de recherche en biologie végétale JARDIN BOTANIQUE lï I M O N I K f A I Université fHl de Montréal Ville de Mont-Tremblant 1145, rue de Saint-Jovite, Mont-Tremblant (Québec) J8E 1V1 TéL: (819)425-8614 Télec.: (819)425-9247 Courriel : info@>villedemont-tremblant.qc.ca Site Internet : www.villedemont-tremblant.qc.ca » LE DEVOIR.LES SAMEDI 30 ET DIMANCHE 31 OCTOBRE 2004 H 4 * BIOLOGIE * Mont-Tremblant Une solution venue du Nord Urbanisme et biologie vont de pair On ne fait pas d’omelette sans casser des œufs.De même, on n’aménage pas un lopin de terre sans en modifier les paramètres naturels.Car qui dit développement du territoire dit coupe de végétation et menace d’érosion.Que faire alors pour atténuer les impacts environnementaux liés au développement urbain?Sensibiliser les promoteurs aux dangers de l’urbanisation incontrôlée et les obliger, par protocole d’entente, à mettre en place des mesures d’atténuation, répond le biologiste Serge Léonard, directeur du Service de l’environnement à la Ville de Mont-Tremblant.MYLÈNE TREMBLAY Quelles sont les villes qui peuvent compter sur les services d'un biologiste?Honnis Montréal, Laval et Québec, rares sont les agglomérations qui ont cette chance.«Dans les petites municipalités, la Protection de l’environnement est une fonction qui est encore dévolue à l’inspecteur municipal», explique d’emblée Serge Léonard, aux commandes des dossiers environnementaux de la municipalité de Mont-Tremblant (devenue ville lors des fusions) depuis plus de 20 ans.En ce sens, ce paradis des Laurentides peut s’estimer choyé.Non seulement a-t-il à sa portée monts et vallées, mais il bénéficie en plus des ressources nécessaires pour les préserver.Un heureux hasard C’est par un heureux concours de circonstances que la ville fait figure d’exception en la matière.A l’origine, Serge Léonard avait été embauché sur une base estivale pour seconder l’inspecteur muni- cipal, un urbaniste, qui n’avait «ni le temps ni la compétence» pour veiller aux dossiers environnementaux — protection des berges, pollution de l’eau.C’était en 1985.La Ville a-t-elle saisi en cours de route toute la nécessité d’avoir un biologiste dans ses rangs?Toujours est-il qu’aujourd’hui, Mont-Tremblant ne pourrait plus se passer de son expertise et l’a même nommé, en mars dernier, directeur de son service de l’environnement.«On a souvent fait sursauter les gens dans les colloques quand on me présentait comme tel, raconte le spécialiste.Mais de fil en aiguille, la présence d’un biologiste au sein d'une corporation municipale s’est précisée.» Quand on lui demande ce que mange un biologiste municipal en hiver, Serge Léonard émet un rire.Cette question, il l’a entendue à maintes reprises.Invariablement, il répond: «C'est le professionnel le mieux placé et le mieux formé pour veiller à limiter les impacts environnementaux reliés au développe- ment.C’est lui qui conseille les autorités en place quant à la conservation des milieux jugés sensibles — habitats fauniques, paysage visuel, qualité de l'air et de l’eau.» En somme, c’est grâce à ce spécialiste de la faune et de la flore si ce qu’il reste de la nature en ville peut encore souffler, respirer.«Au fur et à mesure du développement urbain, les chercheurs ont remarqué que l’urbanisation incontrôlée entraîne des problématiques de dégradation de l’environnement», observe-t-il.Aux grands projets, les grands moyens Avec l’arrivée d’Intrawest dans le portrait du Mont-Tremblant, il y a 13 ans, la ville aurait pu facilement crouler sous le poids d’une urbanisation débridée.«Lorsque la firme a débarqué en 1991 avec un projet de un milliard de dollars en développement, ç’a été le branle-bas général, relate Serge Léonard.On a été forcé de se mettre à jour et d’engager des forces externes pour adopter une approche globale.On a tenté de cerner de A à Z ce que le projet pouvait signifier en termes d’impacts humains, fiscaux et environnementaux.» Ainsi, avant de se lancer dans les phases I et II — construction du village piétonnier, développement des mille et une pistes de sld.—, le promoteur a dû entériner un protocole d’entente avec la Ville.L’un des chapitres portant sur l’environnement sommait In-trawest de reconnaître et d’éviter les zones sensibles.Durant cette phase de déve- loppement, le biologiste et son équipe ont dû dresser «l’état zéro des lieux».«Avant tout développement, on doit décrire le plus fidèlement possible le territoire sur les plans faunique, floristique, hydrographique, afin de voir s’il y a des contraintes environnementales obligeant le promoteur à moduler son approche, explique Serge Léonard.Par la suite, on superpose le projet tel qu’imaginé par le promoteur à l’état des lieux et on voit où le bât blesse et où l’on doit apporter des modifications.» Tout ça dans le but de s’assurer que le produit final sur la planche à dessin respecte au mieux les contraintes environnementales.En phase de construction et d’exploitation, une panoplie de mesures d’atténuation ont été mises en place pour minimiser les impacts environnementaux: marquage des arbres à supprimer, mesures de contrôle de l’érosion pour éviter l'ensablement des cours d’eau et la dégradation des eaux environnantes.«En bout de ligne, ça a fait un projet beaucoup plus recevable par la population et moins dommageable pour le milieu», commente Serge Léonard.Station Mont-Tremblant, ajoute-t-il, a dû se concentrer tout particulièrement sur les frayères de maskinongé, le ravage des cerfs de Virginie (lieu de rassemblement hivernal des chevreuils), la gestion des pesti- cides et des fertilisants répandus sur les terrains de golf, la protection des berges.et l’érosion.«L'érosion a été le gros de la problématique avec les pluies diluviennes et la fonte des neiges.On continue aussi de faire un suivi sur [les dommages occasionnés par] le sel de dé-glaçage», indique-t-i Une collaboration souhaitée Devant le développement rapide des villes, aussi petites soient-elles, les autorités ne peuvent plus faire l’économie d’un professionnel de l’environnement, croit Serge Léonard.Très conscient des problèmes financiers qui assaillent les municipalités, il propose toutefois une solution: «Chacune des MRC devrait, selon sa taille, avoir un service de l’environnement comprenant des biologistes en plus des urbanistes.En disposant d’un tel service, les MRC pourraient le fournir aux petites municipalités lorsque le besoin se fait sentir.» Malgré leur développement fulgurant les municipalités (ou villes) présentent encore d’innombrables attraits visuels.Et il est encore temps de les sauver, estime le biologiste.On n’a qu’à penser à la pollution lumineuse.«On commence à être sensibilisé à l’approche américaine du “dark sky”, dit-il.Les gens ont de moins en moins la chance de voir la voie lactée.Les étoiles disparaissent à cause du surplus d’éclaira- ge artificiel.Il est mal jbutu et éclat re plus vers le haut que vers le bas! Au fur et à mesure qu’on change les équipements, c’est le temps d’en prévoir de nouveaux, plus respectueux de l’environnement.» Aussi en appelle-t-il à une coite boration beaucoup plus étroiie entre les deux ordres de professionnels — urbanistes et biologistes.A la campagne, dit-U, les urbanistes ont l’air aussi dépourvu?qu’un chien dans un jeu de cartes.«En zone rurale, les urbanistes se sentent impuissants sur le plan environnemental, et Dieu sait qu’il y a beaucoup à protéger! Les urbanistes auraient tout intérêt à travailler plus étroitement avec les biologistes car ces deux professions sont les mieux placées pour faire un aménagement du territoire réussi à moyen et fi long terme.» A l’inverse, un biologiste est triste à mourir, rue Sainteïatherinv à Montréal! «On n’est pas à l’aise dans le béton! La plupart des biologistes de la Ville de Montréal sont concentrés au Biodôme, à l’Insectarium, pour foire de la sensibilisation.» Selon lui, le développement du Québec ne peut plus se concevoir sans une approche multidisciplinaire dans la résolution de problèmes et l’application de solutions.«Pour que le Québec demeure vivable, beau et plaisant, il y a un travail important à faire de la part des deux professions, qui se complètent et travaillent bien ensemble.» L’organisation conjointe du congrès de l’Association des biologistes du Québec et de l'Ordre des urbanistes du Québec est déjà un pas dans cette direction.Le biologiste est triste à mourir, rue Sainte-Catherine, et l’urbaniste, perdu à la campagne Pointe-Fortune Maire et biologiste La ville aux 152 espèces (incluant l’homme) C'A LU Cil 4 et 5 novel Congrès conj « Le défi de la nature en ville » 8 novembre Journée mondiale de l'urbanisme Ordre des Urbanistes du Québec www.ouq.qc si ¦ ¦ Pointe-Fortune, une petite municipalité d’environ 500 habitants, relève depuis près de 15 ans un défi de taille en développant un projet de conservation et de mise en valeur de son milieu naturel.L’objectif avoué: attirer une clientèle touristique.Quand la préservation d’un site naturel rime avec le développement municipal.ULYSSE BERGERON Ly écosystème du ruisseau à ' Charrette et de la baie Bra-zeau qui borde la municipalité de Pointe-Fortune, située non loin de Rigaud, déborde d’une richesse écologique exceptionnelle.D’une superficie de 750 hectares, on dénombre sur le site une multitude de plantes sauvages, et pas moins de 32 espèces de poissons, 97 espèces d’oiseaux, 16 espèces de mammifères et six espèces de reptiles et amphibiens.Le projet qu’élaborent et développent la municipalité et ses citoyens dépasse largement la conservation.Il s'agit d'une entreprise de mise en valeur des atouts naturels de la municipalité.Le projet s’articule principalement autour d’une vieille voie ferrée qui traverse le site naturel et que la municipalité à transformée en sentier pédestre, soutient le maire de Pointe-Fortune, Normand Chevrier, également professeur de biologie à l’UQAM.«En plus du sentier, on a construit une tour d’observation qui permet d’avoir une vue sur le site.En tout, on parle d'un projet qui s’évalue à environ un million de dollars.» Partenariats Plusieurs partenaires, aussi bien des secteurs commercial et gouvernemental qu'environnemental, se sont greffés au projet C’est le cas de Canard illimité Canada, une organisation qui s’est donné pour mission de conserver les milieux humides.«Le site de Pointe-Fortune est très riche et très diversifié.Depuis 1987, on démontrait un vif intérêt à son égard en raison des 13 espèces de sauvagine qui y vivent.On a finalement acheté 25 hectares de terrain comprenant principalement les marais qui sont près des aménagements», explique Isabelle Gibson de Canard illimité Canada.«La communauté de citoyens se prend en charge, il y a aussi plusieurs intervenants, tout cela nous a poussés à nous impliquer davantage», ajoute-t-elle.Le maire Chevrier abonde dans le même sens: «On a la chance d’avoir un milieu exceptionnel.Toutefois, pour développer un tel projet, ça prend avant tout une volonté des citoyens ainsi que de nombreux partenaires, mais également une volonté politique.S’il n’y a pas de soutien de la municipalité, on oublie ça.» Dans ce cas précis, les résidants de la municipalité ont intensivement participé à l’élaboration et à la réalisation du projet.Ils en sont d’ailleurs les principaux instigateurs.Selon le maire biologiste, c’est ce qui a permis de concrétiser ce qui n’était il y a 15 ans, qu’un vaste projet de conservation.Le 6 octobre dernier, la municipalité inaugurait finalement le poste d’accueil «Pointe-Fortune Station», une bâtisse qui se veut la réplique de la gare présente sur les bords du chemin de fer à la fin du XK' siècle.«C’est un peu la cerise sur le gâteau.Le poste d’accueil peut maintenant recevoir les visiteurs et on peut y faire des activités d’interprétation.C’est maintenant fonctionnel», précise le maire.Autofinancement Il est dans les intentions de la municipalité et des promoteurs que le projet s’autofinance.Réaliste?«Certainement, c’est faisable.Si on faisait uniquement de la conservation, ça poserait problème; mais en faisant de la mise en valeur, on peut développer certains aspects comme le [domaine] récréotouristique et récréoé-ducatif», assure le maire, ajoutant que la survie du projet en dépend.Pour ce faire, la municipalité mise particulièrement sur la population des villes avoisinantes.La MRC Vaudreuil-Soulanges, où se trouve Pointe-Fortune, représente «un bassin de population qu’on estime à près de 106 000 personnes.De plus, la MRC est considérée comme la deuxième plus riche» de la province, note Normand Chevrier.La croissance démographique de la région au cours des dernières années pousse également le maire à croire qu’il y a un réel potentiel de développement Les résidants de la municipalité ont intensivement participé à l’élaboration et à la réalisation du projet pour ce type de projet.Le nombre de familles ayant augmenté, il va de soi que la présence d’écoliers s’est accrue.Un plan éducatif a donc été élaboré afin de répondre à cette clientèle.On y a développé des activités d’interprétation assistées qui s’adressent d’ores et déjà aux jeunes, aux adeptes de randonnées ainsi qu’aux ornithologistes et botanistes amateurs.Pointe-Fortune prend actuellement en compte diverses avenues possibles qui lui permettraient d’assurer la rentabilité du projet.La municipalité étudie la possibilité de développer l’aspect récréatif du site en mettant sur pied des activités de chasse qui seraient gérées selon le potentiel du milieu.Sur le plan commercial, des produits du terroir seront disponibles à divers points de vente, entre autres à la boutique du poste d’accueil.Finalement, on compte bien faciliter le travail des chercheurs scientifiques qui s,’intéressent au milieu naturel.Evidemment, note M.Chevrier, le tout se fera «dans le respect de l’intégrité écologique».Milieux en péril Considérant les progrès accomplis au cours des dernières années, le biologiste n’hésite pas à soutenir qu’il est bel et bien possible d’harmoniser environnement et visées de développement municipal.Il avoue par ailleurs qu’il s’agit d’un «choix de la communauté» et que ce n’est pas nécessairement l’ensemble des villes québécoises qui adoptent ce comportement Force est d’admettre qu’au cours des dernières années, plusieurs milieux naturels de la province ont disparu au profit de projets résidentiels et commerciaux.Les exemples sont nombreux.Dans le quartier la-vallois de Duvernay, le boisé Papineau a presque disparu au cours des 20 dernières années pour laisser place ru développement résidentiel.A Longueuil, le boisé du Tremblay est en péril depuis que le ministère de l’Environnement du Québec a autorisé, en juin 2003, le prolongement de deux boulevards et la construction de deux rues dans une section du site.«C’est très facile de développer à outrance, fi faut faire l’effort de préserver.A mon avis, il s'agit avant tout d’uife orientation politique.Nous, A Pointe-Fortune, on insiste pour que les promoteurs soient portés sur la conservation.Évidemment, ce n’est pas toujours facile», affirme-t-il, avouant que la municipalité peut être considérée comme un cas à part en raison du petit nombre de ses habitants.î LE DEVOIR.LES SAMEDI 30 ET DIMANCHE 31 OCTOBRE 2 0 0 4 Il 5 BIOLOGIE Conférence régionale des élus de Montréal Révolution verte Un diagnostic environnemental pour l’ensemble de cette île qu’est Montréal Le région montréalaise aura bientôt un plan stratégique pour assurer un développement durable.Celui-ci devrait démarrer dès 2005.L’un des principaux artisans de cette révolution verte est la Conférence régionale des élus de Montréal (CRE), qui travaille étroitement avec la Ville, le milieu des affaires et des groupes de citoyens.GENEVIÈVE OTIS-DIONNE La Conférence régionale des élus de Montréal est un lieu de concertation qui a pour objectif de déterminer les besoins communs sur le territoire de file, dont ceux en environnement EDe est composée, entre autres, d’élus municipaux et provinciaux, de personnes en provenance des milieux syndicaux, des affaires, communautaires, et de représentants de la société civile.Le CRE a vu le jour après les fusions municipales et a remplacé le défunt Conseil régional de développement de file de Montréal (CRDUVÎ).L’idée d’élaborer un plan stratégique de développement durable pour l’île de Montréal avait vu le jour au sein du CRDIM.Plusieurs acteurs avaient à l’époque constaté le réel besoin d’un diagnostic envi- ronnemental pour l’ensemble de 111e ainsi qu'une vision globale des enjeux.Différents joueurs s’impliquaient en effet dans le développe ment environnemental de file, sans qu’il y ait toutefois l'adoption d’une stratégie commune.Les premières lignes du plan stratégique ont été écrites lors du Sommet de Montréal en juin 2002.Au cours des deux dernières années, dix principaux secteurs d’intervention se sont dessinés.La phase de démarrage du plan, qui sera lancée au début de 2005, mettra la priorité sur quatre grands secteurs.Pour définir ces secteurs d’intervention, le CRE a effectué de nombreuses consultations auprès de ses 80 partenaires.«On s’assure que le plan qui est développé va susciter une bonne adhésion de la part des partenaires, explique Martin Dorais, coordonnateur pour l’environnement au CRE et biologiste de formation.II y a deux façons de faire: on peut imposer la réglementation ou on peut chercher un consensus pour faire en sorte qu'il y ait une participation volontaire», ce qui est, bien entendu, privilégié par le CRE.De l’air pur, s.v.p.! L’un des secteurs d’intervention qui sera touché dès 2005 est l’amélioration de la qualité de l’air.Pour ce faire, l’une des actions posées vise à encourager la conversion des flottes de véhicules pour passer à des sources d’énergie alternatives à l'essence et au diesel «Nous voulons voir avec nos partenaires lesquels sont prêts à embarquer dans un programme de conversion de flottes et à favoriser la synergie entre eux.» Les entreprises pourraient en effet s’unir pour acheter des véhicules, ce qui reviendrait moins cher pour chacune d’entre elles.Le CRE se veut également un lieu d'échanges pour que les partenaires puissent mettre en commun leur expertise.M.Dorais mentionne cependant qu’il n’est pas question d’imposer une seule sorte de véhicule alternatif aux participants.«Une compagnie peut décider que c’est le véhicule élec- trique qui fait son a/faire.une autre peut choisir un véhicule hybride qui consomme moins d'énergie.L'idee.c ’est d'encourager la réflexion au sein du groupe.» Quartier 21 Le second secteur qui démarrera en 2005 est celui du Quartier 21, un concept créé en 2001 lors du Sommet mondial sur le développement durable à Johannesburg.L’idée qui sous-tend ce concept est de rendre le développement durable «vivant» dans la vie quotidienne en repensant l'aménagement des quartiers.Par exemple, pour les nouveaux quartiers, on veut aménager les avenues de manière à favoriser la marche, le cyclisme et le transport en commun.«En fait, c'est de voir comment on peut faire en sorte que les gens n ’aient pas à utiliser leur auto tous les jours pour aller chercher une pinte de lad.L’objectif, c’est de diminuer le plus possible l'utilisation de l’automobile», explique M.Dorais.Pour les quartiers déjà aménagés, M.Dorais mentionne que différentes modifications peuvent être effectuées pour se rapprocher du Quartier 21, notamment en favorisant le développement résidentiel près des axes du transport en commun.lTn autre aspect qui peut être mis de l'avant est de privilégier l'octroi de certains permis pour faire en sorte de diversifier les services sur les artères eonunerciales.De cette façon, les gens pourraient effectuer leurs achats à un même endroit et seraient nxàns obliges d'utiliser leur voiture pour aller acheter un produit offert dans un autre quartier.Un autre aspect du Quartier 21 est d’integrer les derniers critères d’efficacité énergétique dans la construction des habitations.«On peut aller extrêmement loin avec le concept du Quartier 21.De nombreuses interventions peuvent être faites dans les quartiers pour fatkiri-ser le développement durable et nous continuons de les développer», déclare le biologiste.Milieux naturels Lors de la phase de démarrage du plan stratégique, le CRE veut aussi favoriser la protection des milieux naturels de l’île et encourager les contacts de la population avec la nature.«On oublie parfais que Mimt-réal est une île et qu’elle est entourée d’eau.Comme nous avons tourné le dos au fleuve, la plupart des berges ont été privatisées.Nous voulons, entre autres, travailler pour mùtnner à la population un accès au .fleuve.• le CRE veut également inciter à l’économie d’énergie et d’eau en favorisant une gestion responsable des ressources.La ViDe de Montréal commence déjà à aller de l’avant concernant cet aspect en proposant l'implantation de compteurs d'eau dans les industries, commerces et institutions.M.Dorais souligix» aussi quîl y a un besoin criant de rénover les aqueducs de Montréal car beam coup d’eau s’y perd.Ces quatre secteurs d’intervention qui seront privilégiés en 2005 ne sont que le début de l’implantation du vaste plan de développement durable pour fife de Montréal qui sera appliqué au til des ans.«Le défi, c'est de ne pas essayer d'en prendre trop à la fois.Il faut apprendre à marcher avant de courir et s'assurer de la participation de tous les partenaires pour que le plan ait de réels impacts.» Tout au lorig de l’implantation du plan stratégique, le CRE s’engage à soutenir les intervenants dans leurs initiatives en leur fournissant des informations et en favorisant l’échange d'expertises entre les divers partenaires.Biologie n.f.(de bio et logie) Étude de la vie, de notre environnement de notre milieu de vie.Biotechnologies médicale, agroalimentaire, végétale, environnementale et bioéthique.LES BIOLOGISTES SONT SUR LA LIGNE DE FRONT Les biologistes agissent en tant que professionnels de la vie pour traiter des questions à propos des CHANGEMENTS CLIMATIQUES, des MANIPULATIONS GÉNÉTIQUES, de la GESTION DES RESSOURCES NATURELLES, du CONTRÔLE DE LA QUALITÉ DE L’EAU, de L’AIR et du SOL et bien d’autres domaines.Leur recherche, analyse et distribution de l’information permettent à la société de prendre des décisions plus éclairées et ainsi promouvoir le développement durable.Le travail et l’apport du biologiste sont INDISPENSABLES dans plusieurs domaines névralgiques de la société et de l’économie québécoises.L’Association des biologistes du Québec demande au Gouvernement du Québec d’accorder une reconnaissance légale au titre de « biologiste », tel que recommandé par l’Office des professions du Québec.Dans le contexte actuel, cette reconnaissance est un outil essentiel à une protection adéquate du public, face entre autres, aux risques liés aux OGM, à la surexploitation des ressources naturelles ou à la dégradation des écosystèmes.i î i ! Depuis 1973, l’Association des biologistes du Québec regroupe des biologistes œuvrant dans les divers champs d’exercice de la profession.1208 me Beaubien Est bureau 102, Montréal H2S 1T7 Tél (514)279-7115 Téléc : (514)279-9315 abq@qcaira corn wwwabqqc ca Sa mission est de favoriser la recherche, renseignement et la diffusion d’information en biologie et d’assurer la protection du public en matière de qualité des services fournis par ses membres.Association des biologistes du Québec i i « i LE DEVOIR.LES SAMEDI 3 0 ET DIMANCHE 31 OCTOBRE 2004 H G * BIOLOGIE ?LONGUEUIL Protéger le milieu ambiant Mettre fin à un usage «courant» des pesticides La pelouse, premier problème urbain?On pourrait le croire quand on parle d’environnement, alors que la mise au ban des divers pesticides et autres engrais s’impose.La Ville de _ r JACQUES NADEAU LE DEVOIR Ce que le règlement entré en vigueur en mai 2003 à Longueuil interdit particulièrement, c’est l’utilisation par les simples citoyens des autres pesticides, ceux qui ont un impact marqué sur l’environnement.Longueuil agit dans ce dossier.FRANÇOIS HUOT Dura lex, sed lex, affirmait le vieil adage latin que la Ville de Longueuil reprend à son compte dans le dossier des pesticides: «Depuis janvier 2004, lit-on sur le site Internet de la municipalité (www.longueuil.ca/pesticides), l’application des pesticides (insecticides, herbicides et fongicides) est interdite sur l’ensemble du territoire de longueuil pour tous les secteurs résidentiel, commercial et industriel.Ce règlement [sur les pesticides] vise à protéger l'environnement et la santé des effets nocifs que peuvent avoir les pesticides.» Il ne s’agit pas là d’une vue de l’esprit, explique Anne-Marie Goulet, biologiste et responsable de la promotion et de la mise en (Euvre du règlement à la direction de l’environnement: «Quand les insecticides sont lavés ou transportés par l'eau de pluie, ils peuvent finalement aboutir dans l'eau de consommation!» C’est d’ailleurs ce que confirmait une étude publiée la semaine dernière en montrant que 98,7 % des échantillons d’urine prélevés chez 89 enfants québécois âgés de trois à sept ans présentaient des traces d’insecticides utilisés pour contrôler des insectes nuisibles en milieux résidentiel et agricole! (Le Devoir, 19 octobre 2004).Le hic de l’histoire, c’est que les enfants testés ne vivaient pas en milieu agricole.Les insecticides voyagent donc de la campagne à la ville et de la ville.à la ville! C’est pourquoi Longueuil a légiféré.Au-delà de l’aspect appa-remment drastique du règlement, la Ville a prévu des exceptions — nécessaires — et entrepris toute une série d’actions pour inciter ses citoyens à modifier leurs habitudes et leur «appétit» de pesticides.Quand le ver blanc attaque En fait, Longueuil permet d’utiliser quelque 25 pesticides dits «à faible impact» comme l’huile de dormance.De ce nombre, seuls une douzaine peuvent être employés dans des endroits «sensibles» comme les parcs, garderies et écoles.Ce que le règlement entré en vigueur en mai 2003 interdit particulièrement, c’est l’utilisation par les simples citoyens des autres pesticides, ceux qui ont un impact marqué sur l’environnement.Ils ne peuve/it être utilisés que par des entreprises dûment enregistrées, lors d’infestations, et après que ces entreprises aient obtenu un permis de la Ville.Il y a infestation quand est «en péril la santé des humains, des animaux ou des végétaux».Dans le cas des végétaux, on parle d’une telle infestation quand le ver blanc — un rejeton du hanneton — attaque.Des quelque 900 demandes de permis reçues en 2004, seulement 7 % ont été acceptées.On ne peut en conclure que 93 % des demandeurs ont été laissés à eux-mêmes, car presque tous ont eu l’occasion de discuter au téléphone ou de recevoir la visite de l’un des éco-conseillers engagés par la municipalité.Spécialistes des problèmes affectant les pelouses, ces employés sont capables d’évaluer l’ampleur des problèmes et de proposer des solutions.Verte pelouse Ainsi, pour les fameux pissenlits, on informe les demandeurs que cette plante est l’indice d’un sol trop compacté et souffrant d’un manque d’aération.C’est justement ce déséquilibre que le pissenlit tente de réduire car ses racines, fort longues, contribuent à aérer le sol.Bref, pour enrayer le développement des pissenlits, on va suggérer de mieux aérer le sol tout en adoptant d’autres actions (ajout de compost et d’engrais particuliers, désherbage, emploi d’herbicides à faible impact).Parmi les suggestions générales et de prévention avancées par les éco-conseillers, il y a celle d’ajuster sa tondeuse de sorte que la coupe se fasse à 7,5 cm du sol et non à trois ou quatre centimètres comme le font beaucoup de gens.Cette pratique permet d’avoir des racines plus fortes car la longueur d’une racine de gazon est égale à celle de la pousse en surface.Des racines plus longues permettent au gazon de mieux résister par temps sec et d’empêcher des plantes indésirables comme le pissenlit de se développer en limitant la luminosité au sol.On suggère aussi, lors des opérations de semence, d’utiliser un cocktail de graines différentes plutôt qu’un seul type; on évite ainsi la «monoculture» et la pelouse est plus résistante aux maladies.Visites, conférences, dépliants.service téléphonique (ligne Info-pesticides) , cours destinés aux entreprises d’aménagement paysager, la bataille de Longueuil contre les pesticides «emprunte, explique Anne-Marie Goulet, divers moyens dont le but n’est pas de pénaliser les citoyens, mais de les convaincre d'utiliser de nouveaux moyens pour atteindre leurs objectifs».C’est ainsi que Ton suggère, pour éliminer ces fameux vers blancs — qui s’apparentent à la peste pour plusieurs —, d’attaquer sur trois fronts.Le citoyen est donc invité à modifier ses méthodes culturales (en ajoutant par exemple de la matière organique), à utiliser des produits à faible impact (comme du savon insecticide) et à utiliser des moyens de lutte biologiques (par exemple, en installant des nichoirs pour attirer les oiseaux qui se nourrissent de larves de hannetons, ou en plantant des géraniums, qui sont toxiques pour les vers blancs).Le prix du gazon vert Si l’application d’un règlement nature 3 novembre Clarion, peut sembler complexe et tatillonne, il reste que l’ancienne façon de faire comporte, elle, des aspects incroyablement négatifs.Le «syndrome du gazon vert» qui frappe des millions de Nord-Américains a pour corollaire le fait que des milliards de litres d’eau et des tonnes d’insecticide et d’herbicide aboutissent chaque année sur les pelouses.Cette verdure à tout prix a un prix, comme l’indique cette petite citation reprise du site Internet de la Ville de Longueuil: «De nombreuses études scientifiques indiquent, malgré quelques réserves, que l’exposition chronique aux pes- ticides est susceptible d’augmenter l’incidence de dérèglements des systèmes reproducteur, endocrinien, immunitaire ou nerveux.Certains pesticides peuvent également induire des effets tératogènes ou cancérigènes.» Doit-on dire: «Au revoir pissenlits, bonjour cancer»?Longueuil ne le souhaite pas! Pour en savoir phis: Rapport du groupe de réflexion sur les pesticides en milieu urbain, ministère de l’Environnement, mars 2002.http://u3wtv.menv.g0uv.qc.ca /publications/2002/ENV200 20090.htm KttHÉIMMÉHMHiKl Un choix naturel SOPftANATURK Congrès conjoint de l’Association des biologistes du Québec et de l’Ordre des Urbanistes du Québec Sous la présidence d'honneur de monsieur Jean-Paul L'Allier, maire de la Ville de Québec Visitez nos sites Internet pour en savoir plus ou pour profiter de l'inscription en ligne.www.abq.qc.ca ou www.ouq.qc.ca Pour information : (514) 849-1177 abq LNV/IQ un concept avant-gardiste qui allie étanchéité et végétation sur un même toit.Pour tout savoir www.soproma.ca 1 800 887-1492 Vous êtes à l’abri
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