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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2004-11-06, Collections de BAnQ.

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D 1 M A X CHE X 0 V E M B K E 2 0 0 4 L E EN APARTÉ A quand une Sainte-Perpétue-les-Livres ?Page F 2 L E S DEVOIR S A M E 1) 1 ROMAN Le Pendu de Trempes d’Andrée A.Michaud Page F 4 0 ; mm PIERRE VADEBONCŒUR Les mots d’un poème ne sont pas seulement écrits, ils sont inscrits.Les mots, le vers où chaque mot est serti, ont une place qui leur est proprement exclusive.On n’en peut rien changer.Dans un poème, on ne passe pas de l’énoncé précis qu’il exprime à un sens voisin.Un poème ne se verse pas dans un autre poème.Mais voilà que les proses de Miron, réunies dans Un long chemin, retiennent quelque chose de cette loi du poème.De ces textes, vous pouviez déjà connaître en partie le sens ou même certaines formules, mais c’est comme si vous les découvriez à nouveau.Vous repassez par elles et par les idées qu’elles portent, un peu comme on repasse le mot à mot d’un poème.C’est assez curieux.Ces phrases, ces idées se déposent Elles ne passent pas comme le ferait un discours qui courrait sans cesse après sa suite ou vers quelque autre propos.Elles gardent longuement leur nouveauté.C’est que le sens, dans ces proses, se trouve lui aussi comme inscrit Pour tout dire, c’est du Miron.Les idées de Miron, longuement advenues, ont un poids d’existence et une originalité qui ne se dissipent pas.D y a une autre caractéristique à relever.Sa lecture nous fait aujourd’hui le même effet que son discours et sa présence autrefois.On ne séparait pas Gaston de ses propos.Il pesait de son propre poids dans ce qu’il disait.Son discours était Miron lui-même.D arrivait toujours chargé de ce qu’il avait à dire, et ce qu’il avait à dire était plein de lui.Si on lit maintenant ce qu’il écrivait il y a vingt, trente ou quarante ans, que cela soit ou non resté inédit, c’est la même impression.Miron est là et pas seulement son discours.Ces textes restent, d’une certaine manière, nouveaux et efficaces.Ils sont comme du moment même.C’est que l’écrivain puisait ses idées à même l’existence et non par un jeu de concepts, et comme on vit non comme on spécule.Les proses (1953-1996) d’Un long chemin contiennent vers la fin du livre, des textes courts et à peu près oubliés sur des écrivains, des œuvres, des ar- tistes, par exemple Roussil, Giguère, Claude Gau-vreau, Pierre Perrault, Gilles Marcotte et nombre d’autres.Elles contiennent aussi neuf ou duc textes plus longs et plus denses, de cinq à dix pages chacun, où l’auteur livre sa pensée sur la littérature, le pays, la langue, le poème, le non-poème.Par exemple, Situation de notre poésie (1957), Notes sur l’homme d’ici (1960), Le bilingue de naissance (1974).Mais il y a peut-être surtout inédites, deux conférences d’une trentaine de pages, Conférence de l’Es-térel (1974) et Parcours et non-parcours (1990), où l’auteur résume sa pensée politique dans la première et son itinéraire littéraire dans l’autre.On y apprend des choses.On y lit aussi de ses jugements si pénétrés qui tiennent au fait qu’il vivait intensément ce qu’il pensait et vice-versa.Se peut-il qu’il ait fait comme essayiste, de notre situation historique, politique, culturelle, les réflexions les plus profondes jamais écrites sur ces sujets?Se peut-il qu’il ait écrit là-dessus parmi les meilleures pages de notre littérature d’idées?Il est venu à la politique à partir d’une réalité très profonde diagnostiquée d’abord en lui-même: l’alié- nation linguistique et personnelle.Nous ne sommes pas un tout, collectivement, comme peuple, par notre situation politique, explique-t-il, mais une'par-tie, et cela entraîne, pour l’individu, une pareille et intime infirmité.D parle de «l’homme dissocié, l'homme séparé et divisé en lui-même».«J'ai mal à ce que je dis comme je le dis.» «Écrire me rend malade physiquement.» «Je n’ai plus de langue.» Miron pousse l’analyse de la condition nationale jusqu’à un point tel dans son intériorité personnelle que sa démonstration atteint à l’irréfutable.Naturellement, la droite, les fédéralistes n’entendent goutte à tout cela et n’y Ont jamais rien entendu.La Conférence de l’Estérel, que nous lisons trente ans après l’événement, nous fait revenir à la réalité des choses.Nous avons échoué.Par cette conférence, tout y est repris dans l’essentiel.L’essentiel n’a guère bougé.Miron se trouve, comme poète, comme homme d’intuition, tout à fait au cœur de la réalité politique nationale.L’autre conférence, Parcours et non-parcours, sur la VOIR PAGE F 2 MIRON Lespace de vivre ! S I Gaston Miron Un lone chemin • HMWm JACQUES GRENIER LE DEVOIR LE DEVOIR.LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE NOVEMBRE 2 0 0 4 F 2 Livres EN APARTÉ Sainte-Perpétue-les-Livres ?ue Amherst à Montréal, le libraire Giacomo Fal-coni terminait de remplir ses derniers cartons.Les vieilles étagères poussiéreuses n’en supportaient pas moins encore quelques perles pour les chercheurs de trésor.Ici, les remarquables lettres de prison de Jules Fournier; là, quelques numéros originaux de la glorieuse Lanterne d’Arthur Buies, tout juste à côté d’une édition originale d’Alain Grandbois, illustrée par Alfred Pellan.Falconi a quitté Montréal avec ses bouquins.Depuis, il continue son travail à partir des Can-tons-de-l’Est, surtout grâce à la vente par catalogue.Ses livres, il les a installés sur de nouveaux rayonnages, dans une belle et grande maison victorienne de Stanstead, cette reine régionale déchue à la suite de décisions politiques favorables, au XK' siècle, à la seule croissance de Sherbrooke.C’est néanmoins à Stanstead que papetiers, typographes et imprimeurs s’unirent pour lancer les premiers journaux de la région.Cet héritage historique explique peut-être qu’un vieil imprimeur y continue encore, tous les jours, de travailler avec ses caractères d’imprimerie en plomb plutôt qu’avec un ordinateur.Toujours est-il qu’à Stanstead, le bon Giacomo Falconi est évidemment le seul bouquiniste.Un seul, pour tout dire, c’est déjà énorme dans une localité du genre.Pourtant, plusieurs petits villages européens, guère plus favorisés que Stanstead a priori, ont développé toute une économie locale fondée essentiellement sur le Jean-François Nadeau Des livres pour sauver un village Dès 1962, Richard Booth fonde au pays de Galles, à Hay-on-Wye plus précisément, le premier village consacré entièrement aux livres.Aujourd’hui, ce tout petit village, établi à l’ombre d’un château en ruine, compte pas moins de 35 librairies qui sont au cœur de son activité.Les célébrations du livre et de la lecture y sont toujours nombreuses, tout au long de l’année.Vingt ans plus tard, au cœur des Ardennes belges, sur la route qui reliait autrefois Liège à la France, le village agricole et forestier de Redy s’inspire des Anglais.A l’époque, le village se meurt Les bâtiments de ferme sont à l’abandon et personne ne souhaite plus vivre autour de la grande église de pierre.Un des habitants du village rencontre alors l’Anglais Richard Booth.L’idée lui vient d’installer aussi à Redu, comme l’a fait Booth au pays de Galles, une cité du livre.En 1980, une première librairie ouvre ses portes à Redu.Cinq ans plus tard, ce village de 400 personnes est résolument transformé.Les habitants cèdent, souvent en location, des bâtiments de ferme ou de vieilles maisons pour y installer des libraires.Tout est peu à peu rafraîchi et adapté.Aujourd’hui, une trentaine de libraires travaillent à Redu, de même que des spécialistes des métiers du livre, relieurs, imprimeurs, calligraphes.Le bureau de tourisme estime que plus de 200 000 personnes visitent chaque année les lieux.Si AN TEYSSEN Bouquiner à Redu, village agricole et forestier au cœur des Ardennes belges.commerce et la passion du livre.bien qu’on a dû construire, tout en haut de la grande côte qui conduit au centre du village, un terrain de stationnement Bien sûr, il a aussi fallu penser à nourrir tout ce beau monde, hiver comme été.Des restaurants ont donc ouvert leurs portes.Les fins de semaine surtout les petites rues grouillent de monde et les cuisines du village ne dérougissent pas.Installée à Redu depuis neuf ans à l’enseigne de «Livres et Passion», la libraire Nelly Grognard Laloy se promenait auparavant de foires du livre en foires du livre, aux quatre coins de l’Europe.«On est passé un jour à Redu.Il y avait un espace à louer.On a décidé de se baser là pour nos affaires, comme bien d’autres.» L’hiver, quand l’activité est moins grande, la libraire s’occupe d’adresser des catalogues à ses clients les plus fidèles.Mais l’été, «surtout le week-end, les rues sont noires de monde.Les gens viennent acheter, pour la plupart, mais d’autres viennent aussi pour nous vendre leurs livres».La plupart des libraires sont spécialisés: librairie maritime, historique, bédé, ésotérisme, beaux-livres, histoire régionale.Marie Alix Van de Sande tient, à l’entrée du village, la librairie Article 31, consacrée aux droits de l’homme.On y trouve de tout au sujet des idéologies politiques, de la lutte contre le racisme et l'extrême droite, florissante en Belgique flamande.«Je suis libraire depuis six ans.Au dépqrt, c’était un rêve de militant.A Redu, le rêve est apparu possible.» LES AUTEURS DE TROIS-PISTOLES SE METTENT À TABLE AU SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL Victor-Lévy jKZ.Beaulieu Claude Jasmin Nicole Brossard Renaud Longchamps Pierre Dubuc ÉÜL Ginette Pelland Guy Fournier U Martin Pouliot JEUDI VICTOR-LEVY BEAULIEU De Race de monde au Bleu du ciel 19 h à 21 h MICHEL X CÔTÉ Peau de tambour 19 h à 21 h DANIEL GAGNON Maman Burger 19 h à 21 h VENDREDI 19 novembre VICTOR-LÉVY BEAULIEU De Ôace de monde au Bleu du ciel 14 h à 16 h /19 h à 21 h NICOLE BROSSARD L'horizon du fragment 20 h à 21 h MICHEL X CÔTÉ Peau de tambour 20 h à 21 h PIERRE DUBUC L'autre histoire de l’indépendance 16 h à 17 h DANIEL GAGNON Maman Burger 19 h à 20 h CLAUDE JASMIN Rachel au pays de l’orignal qui pleure 19 h à 20 h GINETTE PELLAND Écrire dans un pays colonisé 14 h à 15 h SAMEDI VICTOR-LEVY BEAULIEU De Race de monde au Bleu du ciel 14 h à 16 h /19 h à 21 h NICOLE BROSSARD L’horizon du fragment 13 h à 14 h/20 h à 21 h MICHEL X CÔTÉ Peau de tambour 12 h à 13 h PIERRE DEMERS À l'ombre de sainte Anne 14 h à 16 h PIERRE DUBUC L’autre histoire de l ’indépendance 13 h à 14h GUY FOURNIER Le plus vieux métier du monde 15 h à 16h DANIEL GAGNON Maman Burger 12 h à 13 h CLAUDE JASMIN Rachel au pays de l'orignal qui pleure 14 h à 16 h/20 h à 21 h RENAUD LONGCHAMPS Decimations 19 h à 20 h MARTIN POULIOT Open House 16 h à 17 h DENIS SAMSON Les territoires de l’ombre 16 h à 17 h DIMANCHE 21 novembre NICOLE BROSSARD L'horizon du fragment 13 h à 14 h PIERRE DEMERS À l 'ombre de sainte Anne 11 hà13h PIERRE DUBUC L'autre histoire de l'indépendance 15 h à 16 h GUY FOURNIER Le plus vieux métier du monde 15 h à 16 h DANIEL GAGNON Maman Burger 14 h à 15 h CLAUDE JASMIN Rachel au pays de l’orignal qui pleure 14 h à 16 h RENAUD LONGCHAMPS Décimations 11 hà13h MARTIN POULIOT Open House 11 h à 13 h DENIS SAMSON Les territoires de l’ombre 11 h à13h - HUMONS IROINFINIOt tN STAND 280 Daniel Gagnon N’OUBLIEZ PAS ! Le samedi 20 novembre, sur la place dite de l’Agora du Salon du livre de Montréal, ne manquez pas la lecture-performance, à 20 h, des poètes suivants; Renaud Longchamps • Denis Samson • Pierre Demers * Martin Pouliot • Michel X Côté Le tout animé par Victor-Lévy Beaulieu.Oites-le à vos amis et pourquoi pas aussi à vos ennemis si vous en avez.En plus des librairies, cœur vivant de la cité, Redu compte un certain nombre d'artisans et de boutiques qui profitent aussi du tourisme livresque.Chaque année, a Pâques pour être exact, Redu tient une grande fête du livre à laquelle tout le monde participe.On organise aussi, à la belle saison, des ventes aux enchères pour des ouvrages anciens et rares, une nuit du livre ainsi qu’un salon du livre ancien régional, tout cela ponctué de diverses activités culturelles, dont une série de concerts de musique classique.Cet automne, au moment de quitter ce village baigné par les rayons encore chauds du soleil, de grands sons de cors, suivis des jappements d’une meute de chiens, annonçaient le début de la chasse dans ce coin de pays autrement tout à fait calme et serein.D’autres cités du livre Le cas de Redu n’est pas unique dans l’Europe continentale, loin de là.En France, dans l’ancienne place forte médiévale de Béche-rel, 18 librairies sont installées en permanence.Bécherel — qui n’a rien à voir avec les fameux ouvrages des frères Bescherelle — s’est inspiré de Redu en 1986 pour raviver l’activité locale en misant tout sur le livre.Dans cette bourgade de 600 habitants, les événements en rapport avec le livre se multiplient.On compte aussi sur le regroupement des compétences dans la cité pour favoriser la vente d’ouvrages par Internet Toujours en France, à Fonte-noy-la-Joûte, un patelin de tout juste 280 habitants, 18 bouquinistes, de même qu’un relieur d’art, un artisan-papetier, un calligraphe et un restaurateur professionnel assurent ni plus ni moins que l’existence économique du lieu.On trouve aussi des cités semblables à Fjaerland en Norvège, à Mellôsa en Suède et à Sysmà en Finlande.En Espagne, à Valladolid, un projet semblable est en train de voir le jour, tout comme en Australie, à l’initiative d’un libraire.Pourquoi pas, de ce côté-ci de l’Atlantique, quelque part en province, fonder une Sainte-Perpé-tue-les-Iivres?Le Devoir MIRON SUITE DE LA PAGE F 1 question de la langue, si problématique pour cet auteur et d’ailleurs par elle-même, contient des pages très significatives sur sa propre histoire littéraire.Miron, d’abord sans culture pour la peine, a trouvé par lui-mème et par ses amitiés littéraires tout ce qu’il faut savoir de Part et de la littérature.Ses proses sont une leçon d’histoire et d’intériorité.Elles sont un pont d’une grande pertinence avec sa poésie.La similarité d’origine des premières et de la seconde s’y reflète.Il y a chez cet écrivain une homogénéité intérieure qui fait qu’on le retrouve pleinement dans sa prose comme dans sa poésie.Il tient beaucoup de place dans ce qu’il écrit.Prose ou poésie, il remplit de sa nature l’une et l’autre.Il n’y a pas chez lui de césure qui ferait du poète un autre homme que celui qu’on rencontrait dans la rue, dans le quotidien, dans ses tâches journalières, dans ses activités de militant.D y avait le poète qui méditait sur la langue et le prosateur qui incorporait la politique à son discours.Prose et poésie étaient bien distinctes, naturellement mais ces vases communiquaient dans l’homme qui s’appelait Miron, forte nature qui, comme ClaudeL n’était pas compartimentée.On ne se fait pas une suffisante idée de cette unité si l’on ne consulte pas les proses, qui confèrent une autre voix au même homme, et cette voix se trouve en bonne partie la même, en tout reconnaissable comme aussi le personnage.L’unité faisait le fond de sa personnalité.Lire ce livre, c’est comme autrefois écouter parler le personnage dans diverses circonstances.Même la poésie y est présente par citations, et aussi l’accent celui avec lequel il déclamait parfois de ses poèmes devant deux ou trois amis, comme il évoquait du même souffle devant eux la politique et ses événements.La voix, le mouvement, tout y est et s’y retrouve.Cela fait de ce livre quelque chose d’émouvant II avive notre regret UN LONG CHEMIN Proses 1953-1996 Gaston Miron L’Hexagone Montréal 2004,477 pages LIBRAIRIE BONHEUR D’OCCASION Livres d’occasion de qualité Livres d’art et de collections Canadians Livres anciens et rares Littérature Philosophie Sciences humaines Service de presse Achetons à domicile 514-522-8848 1-888-522-8848 4487, rue De La Roche (angle Mont-Royal) bonheurdoccasion@bellnet.ca NOUS NOUS DÉPLAÇONS PARTOUT AU QUÉBEC, POUR L’ACHAT DE BIBLIOTHÈQUES IMPORTANTES.m Grand Prix du LIVRE de Montréal 36* Grand Prix lauréat sera dévoilé au cours d’une cérémonie qui se tiendra à l’hôtel de ville de Montréal 275, rue Notre- I 5 novembre 2004 Félicitations aux finalistes Mario BRASSARD Choix d’apocalypses Les Herbes rouges Evelyne DE LA CHENELIÈRE Théâtre Les Éditions Fides Marie-Francine HÉBERT Nul poisson où aller Les 400 coups Rachel LECLERC Visions volées Les Éditions du Boréal David SOLWAY Franklin's Passage McGill-Queen's University Press Montréal© ê i 4 LE 11 E V 0 1 R .LES SAMEDI R ET DIM A S C H E N 0 V E M B R E 2 0 0 1 ÉCHOS L’aventure Radisson Traître ou héros, aventurier indomptable ou retoumeur de veste opportuniste, Pierre-Esprit Radis-son (1636-1710) attisera toujours limaginaire.Fait prisonnier et adopté par les Iroquois a Tâge de seize ans, il a fonde la Compagnie de la baie d’Hudson, fait des aDenert-tours entre la richesse et la pauvreté, écrit ses mémoires.D’Avignon au Mississippi, en passant par Quebec, Montréal, Paris et Londres, Le Sauvage blanc, publié chez JCL éditeur, revisite par la fiction le mythe controversé d'un homme ivre de liberté au destin exceptionnel Jean-Pierre T repanier est bibliothécaire dans un penitencier de la région de Montréal Roman d’aventures dans la plus pure tradition.Le Sauvage blanc est un premier roman bien écrit et convaincant - Le Devoir Voix de l’amour Des personnages hantés par leurs désirs, par des fantasmes flous ou obsédants, sont tour à tour visités par des «lendemains fragiles et amers».L'Etemel et l’Ephémère, publié chez Vents d’ouest ce sont quinze nouvelles qui flirtent avec d’étranges désirs, minées par une surcharge qui atténue souvent les premières œuvres.De petites fables d’amour et de mort tissées de drames familiaux, de personnages hantés par le vide de leur existence, de provocations qui tombent à plat Variations sur l'éternelle banalité du sentiment amoureux et la chute inévitable des passions éphémères, les nouvelles de Bernard Julien nous font entendre une voix sensible qui devra encore mûrir pour arriver à toucher vraiment.-LeDevoir Y S jITTERATURE Bruno Roy ou la littérature comme engagement Après 18 ans au sein de VUnion des écrivains, le président cède sa place Durant dLx-huit ans, avec un intermède de quatre ans, il a défendu la cause des écrivains du Québec.D’abord en tant que membre du conseil d’administration de l’Union des écrivains du Québec (UNEQ), puis, de 1986 à 1996 et encore de 2000 à 2004, à titre de président.Le 4 décembre, Bruno Roy cédera sa place de président de l’UNEQ.Aux dernières nouvelles, au moment de mettre sous presse, Claude Beausoleil et Stanley Péan avaient confirmé leur intendon de se présenter à la prochaine élection.C’est l’occasion de faire le bilan de l’engagement de Bruno Roy au sein de l’UNEQ.JACQUES CREMIER I.E DEVOIR Le président sortant de l’UNEQ, Bruno Roy.CAROLINE MONTPETIT Pour Bruno Roy, la notion de littérature québécoise est intima ment liée à celle de la souveraine té.«J’exerce ici ma fonction d’écrivain afin que nul ne puisse être indifférent à ce monde qu ’est le Québec dans le monde.Ni l’ignorer», écrivait-il dans son essai récent, Naître c'est se séparer, publié chez XYZ.C’est sans doute pour cette raison que, sous sa présidence, l’UNEQ a adopté une orientation résplument indépendantiste.A ce chapitre, Bruno Roy cite trois enquêtes qui ont été effectuées successivement auprès des membres de l'UNEQ.La première établissait à 93 % le nombre de membres qui souhaitaient que l’organisme soutienne activement l'indépendance du Québec, la seconde n’en recensait plus que 89 % et la dernière enquête comptait 73 % de membres soutenant cette position.Cette baisse, explique-t-il, est sans doute attribuable à l’élargissement de l’UNEQ aux essayistes ou aux auteurs de livres pratiques, qui, selon lui.sont moins enclins à favoriser l’indépendance du Québec au sein de l'UNEQ que les littéraires.Le président sortant n'est cependant pas contre l’élargissement de la base de l’UNEQ à des auteurs d'un autre champ que la littérature.«Plus on est nombreux, plus on est forts», croit-il.Les positions politiques de l’UNEQ n’engagent d'ailleurs pas chaque membre individuellement Au dernier référendum, se souvient-il, plusieurs membres de l'UNEQ se sont ouvertement prononcés contre l’indépendance.Au-delà de ces débats idéologiques, ce sont les conditions de vie des écrivains qui ont motivé l'engagement de Bruno Roy à l’UNEQ au cours des dernières aimées.«Depuis sa fondation, en 1977, l’UNEQ s’est dotée de deux grandes missions, qui sont toujours d’actualité.Il s’agit de la promotion de la littérature québécoise et de la défense des intérêts économiques des écrivains», résume-t-il.Parmi les dossiers qui ont récemment retenu son attention, on trouve la question du contrat qui relie l'éditeur à l'écrivain.En tant qu’association professionnelle, l’Union des écrivains souhaiterait que les droits de l’écrivain soient garantis dans un contrat unique.liiuit l'ensemble des écrivains aux éditeurs.Une situation qui permettrait à l’UNEQ de négocier en bloc.Cette tentative a échoué.En effet, étant donné que l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL) ne regroupe pas l'ensemble des éditeurs, un tel contrat collectif serait illégal.En attendant, donc, l’UNEQ tente de faire respecter la loi qui oblige les éditeurs à faire un rap- port annuel concernant les droits des auteurs qu’ils publient.Bien que cette obligation soit inscrite dans la loi, dit Bruno Roy, beaucoup d’éditeurs la néglige.«C’est difficile pour l’écrivain de savoir combien il a vendu», dit-il.Une assurance revenu Autre sujet prioritaire à l'UNEQ, celui du filet de sécurité sociale, qui assurerait aux écrivains, comme aux autres artistes, certains reve nus minimaux, notamment au mo ment de la retraite.On sait que la ministre de la Culture.Lyne lîeau-champ, a déjà annoncé son intention de faire avancer ce dossier.«C'est un dossier extrêmement corn plexc qui pose la question du travail autonome.Je pense que c’est une préoccupation qui est réelle à long terme.mais ce n est pas pour demain matin», constate Bruno Roy.Enfin, l’UNEQ, et Bruno Roy à sa tète, defend sans relâche la place qu’occupe, ou devrait occuixt.la littérature québécoise dans les médias et à l'école.11 se désole de la r»> cente disparition des emissions littéraires à RadiœCanada.«Di littérature est une occasion de reflexion, dit-il.I.] Une société qui ne réfléchit pas, c’est inquiétant.» Il s’inquiète aussi de la disparition de la dimen sion creative dans l’enseignement de la littérature au cégep.Et c'est sans (jarler de l'état lamentable des bibliothèques scolaires.Reste que les dernières don nées publiées par l'Observatoire de la culture et des communica lions du Québec concernant la condition de l'écrivain n’étaient pas si sombres.En fait, l’Observa toire avançait que 92 % des ecri vains québécois attirmaient avoir vu ou entendu leurs œuvres recensées dans un média.«Moi, personnellement, je mets (ces statistiques] en doute», dit-il.ajoutant que ces «recensions» in chiaient sûrement les deux lignes consacrées aux titres «a paraître».«Je pense qu ’il y a une invisibilité du livre à l’école el dans les médias, si on le compare au cinema, par exemple», ajoutiM-il.Le Devoir Le Studio littéraire un espace pour les mots MERCREDI 17 NOVEMBRE, 19 H 30 Ce radotage poignant Spectacle littéraire et musical présenté dans le cadre de l'événement Couleurs flamandes au Québec Avec les auteurs Luc Devoldere, Stefan Hertmans, Leonard Nolens, Miriam Van hee, Geert van Istandael et l’ensemble musical de Dirk van Esbroeck.Spectacle gratuit Laissez-passer disponible à la billetterie Une production des CAPTeURS DS MOTS présentée en collaboration avec la Place des Arts Studio-théâtre Place des Arts 514 842.2112 I MJÊÊM Des livres pour savoir Kthtft ht»f 1)1 /Ol \ 205 p.24,95 S —— Jacques Pelletier —— Que peut-on et que doit-on faire de la littérature ?Jacques Pelletier tente de répondre à cette grande question à travers son essai sur l’œuvre de Zola.Éditions Nota bene Nadine BISMUTH Scrapbook «C’est extraordinaire, un livre absolument réjouissant, caustique, drôle.» Chantal Jolis Indicatif présent Radio-Canada « Fantaisiste, léger, tendre et intelligent.****» Benny Vigneault Le Soleil [ Naiiint Bismuth j SCRAPBOOK Roman 400 pages • 25,95 $ Retrouvez Nadine Bismuth au Salon du livre de Montréal Stand Boréal N° 512 Vendredi 19 > 18 h à 19 h Samedi 20 > 15 h à 16 h Dimanche 21 > 16 h à 17 h ivw.ed i i ionslx>rea I.qc.ca | Ils ont perdu leur chemise et sont en train de jouer le reste André Gosselin LETTRE OUVERTE AUX INVESTISSEURS IRRESPON^BLES Les investisseurs individuels obtiennent des rendements “ catastrophiques.Inconscients, incompétents, irresponsables, ils mettent en péril plus que leur portefeuille : ils jouent la prospérité de toute la communauté.Dans cet essai corrosif, André Gosselin tire à boulets rouges sur les ennemis du libéralisme économique et de la mondialisation.218 pages • 27,95 $ En librairie dès le 11 novembre Les Editions 4 Transcontinental LE DEVOIR.LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE NOVEMBRE 2 0 0 4 F 4 «•ilTTÉRATüRE-* BIOGRAPHIE / Eva Senécal i à Fombre du Mégantic JEAN-FRANÇOIS NADEAU Dans le village de La Patrie, au milieu des années 1930, le député conservateur local, Samuel Gobeil, fricotait avec les nazillons d’Adrien Arcand, les Goglus, lesquels s’inspiraient moins d’Hitler, comme on l’a souvent cru, que d’Oswald Mosley, un ancien ministre britannique aussi chic que dangereux.Un discours de Gobeil à la Chambre des communes, «La griffe rouge sur VUnivenité de Montréal», fut alors publié en brochure par les supporteurs d’Arcand.En couverture, une croix gammée, cette araignée gorgée de sang, sur un fond jaune vif.Cela donne déjà une petite idée, pour dire le moins, de l’univers sociopolitique dans lequel macérait Gobeil et, dans une certaine mesure, son comté de Compton, un immense territoire de colonisation des Cantons-de-l’Est éncore presque neuf où la religion occupait dans les esprits presque autant d’espace que la forêt Au petit village de La Patrie, dans ce climat que l’on imagine, une jeune femme du nom d'Eva Se-riécal s’affirme néanmoins de façon éclatante grâce à sa plume.Poète et romancière, son œuvre est jugée fraîche, sensible, nouvelle et vive par ses contemporains.; Au mieux, son œuvre n’apparaît Plus aujourd’hui que tellç de la lave froide.Pour tout dire, Eva Se-rtécal est aujourd’hui inconnue, sinon à Sherbrooke, essentiellement parce que la bibliothèque municipale, un édifice presque neuf, porte son nom.Pourtant cette femme énergique a compté dans l’histoire de nos lettres.Au temps de sa gloire littéraire, elle correspond entre autres avec Alfred DesRochers, qui l’honoré de son affection autant que de ses conseils et de son sens aigu du pays comme tremplin nécessaire pour atteindre l’universel.Lucide, il lie se gêne pas pour critiquer sa cbnsœur.L’auteur d’À l’ombre de l’Orfbrd reproche notamment à cet- COLLECTION RENÉ BROCHU Éva Senécal te fille de paysan le choix de son univers d’écriture absolument bourgeois et déraciné.Dans son roman intitulé Mon Jacques!, Eva Senécal écrit autour des tribulations d’un violoniste brillant et d’une chanteuse d’opéra dans l’univers cossu de Westmount.DesRochers écrit «Ce serait à La Patrie que je ferais vivre mes personnages.Parce qu’après tout, il y a ici comme ailleurs des gens capables d’aimer, de souffrir (les deux synonymes) et de mourir!» Les maux de l’amour la mènent à abandonner les Cantons-de-l’Est pour Montréal.EUe s’en va travailler à CKAC, puis revient s’installer à La Patrie, capitale de son enfance, qu’elle quitte de nouveau, cette fois pour Ottawa Rédactrice au ministère des Affaires étrangères, elle collabore à plusieurs journaux, dont La Tribune, La Revue moderne.Le Bulletin des agriculteurs et Le Soleil.Mariage, angoisses, séparation et maladies n’ont jamais raison tout à fait de sa passion des lettres.Sa biographie, inattendue, œuvre de François Hamel-Beaudoin, insiste justement peut-être trop sur les douleurs de l’amour pour qu’on puisse bien saisir son bonheur au pays de la littérature.LA VIE D’ÉVA SENÉCAL Françoise Hamel-Beaudoin Triptyque Montréal, 2004,168 pages ROMAN QUÉBÉCOIS Noirceur d’ébène © MARTINE DOYON Andrée A Michaud a publié cinq romans unanimement salués par la critique.Lauréate du prix du Gouverneur général en 2001 pour Le Ravissement (L’Instant même), la romancière nous donne une fois de plus une leçon littéraire avec Le Pendu de Trempes.Le plus impressionnant dans ce sixième roman, c’est sans doute l’écriture majestueuse et la puissance d’évocation des lieux et des atmosphères liées à l’ombre et à la lumière.Ce roman hybride emprunte quelques éléments au polar, au conte et au fantastique.D parie de la folie d’un homme confronté aux mystères du divin, de l’amour et de la mort puis de la lumière enfuie de l’enfance, de cette vacillante lumière qu’à force de trop vouloir ranimer on finit par éteindre à jamais.Le roman est fascinant L’expérience de lecture, absolument envoûtante.Hérésie et folie Le roman s’ouvre sur l’image d'un coyote guetteur assis sur une colline, face au village de Trempes.11 voit un homme anxieux descendre jusqu’à la rivière.L’animal le comprend, cet homme s’en va vers le passé.Il y a vingt-cinq ans, au cœur de la forêt de Trempes, se sont déroulés des événements tragiques.Charles Wilson croyait avoir tourné le dos à son passé douloureux, enfoui ses pleurs d’homme à jamais au fond de lui-même.Après des années de fuite et d’obscurité, il pose les pieds dans le vaste champ d’herbe folle de son enfance.Confronté à la résurgence d’anciennes frayeurs, il perçoit faiblement les cris emmurés de l’enfance.«A quarante ans, je me retrouvais perdu au centre d’un univers qui s’effondrait, soulevant autour de moi un écran de poussière derrière lequel s'éloignait la silhouette d’un gamin qui me narguait et m’incitait à le suivre.Or mon enfance était en réalité une tour d’ébène, et, dans la tour d'ébène, il n’y avait que cela, une immobile et parfaite noirceur d’ébène.» Andrée A.Michaud Il entaille sa mémoire, croise l’embranchement où sa vie a bifurqué.Au creux d’une longue après-midi chaude d’été, Charles Wilson, son meilleur ami Paul Faber et la douce Anna Dickson empruntent le sentier qui mène à la rivière.La poussière de la route a un goût de framboise.Sa mémoire s’embrouille.Des images insensées, affolantes augmentent sa confùsion.Un violent orage éclate dans sa tête.La romancière pointe son index vers la clairière où s’est jouée ce jour-là la vie des trois amis.Anna est morte, Paul se balance au bout d’une corde et Charles sombre dans la folie.Le lecteur est entraîné dans un univers énigmatique, une sorte de dédale où toutes les pulsions — sauvagerie, animalité, ef- froi — sont convoquées, où le bien se change en mal et vice-versa, où le diable et Dieu ne font qu’un.Dans les jours précédant le drame, Paul Faber, qui se destinait à la prêtrise, affirmait «Je n’accepterai '^’8 W'Lpte ET LA FIN DU MODÈLE £ QUÉBÉCOIS /wr Jean Renaud £ ABUS DE LANGAGE, ABUS DE * POUVOIR (SUR UN ESSAI DE JOSEF PIEPER) /Kir John Bryson NICOLAS GÔMEZ DÂVILA ET LES DROITS DE L'ÂME par Luc-Olivier d’Algange NIHILISME ET CHRISTIANISME: LA GUERRE DES RELIGIONS par Richard Bastien LTDÉOLOG1E HOMOSEXUELLE /Kir Jean Renaud TURBO-RÉACTION : ’ DEMOLITION MAN (DE MARILYN MANSON À CHOI-FM) par Maurice G.Dantec LE SIÈCLE, LES HOMMES, LES IDÉES par Claude Barthe, Pierre Brassard et Luc Gagnon et des NOTES DE LECTURE par André Blais et Yves Prayal BRÈVES DE FRANCE par Matthieu Lenoir IN MEMOR1AM GILLES GRONDIN (1926-2004), DÉFENSEUR DE LA VIE par Luc Gagnon AfTOMM 200+ 2 année NUMÉRO V ACTUALITÉ Succès du Salon du livre de Beyrouth L'événement est le troisième en importance après les salons de Paris et de Montréal Avec quelque 100 000 visiteurs, le W Salon du livre de Beyrouth, qui a fermé ses portes le 2 novembre, a confirmé son importance, se plaçant au troisième rang des salons francophones après Paris et Montréal.En 2001, le salon n’avait accueilli que 60 000 personnes.Cette année, il est devenu la plus importante manifestation culturelle francophone du Moyen-Orient.Organisé par la Mission culturelle française au Liban — un pays qui, sur 4,2 millions d’habitants, compte 1,5 million de francophones —, il a accueilli 70 auteurs d’expression française, parmi lesquels Hélène Carrère d’Encausse, Henry Laurens ou Laurent Gerra, dont l’interprétation du Lucky Luke de Morris et Gosciny, La Belle Province (Lucky Comics, 2004), faisait un malheur au stand Virgin.Le salon a aussi rendu hommage à Arthur Rimbaud à l’occasion du 150' anniversaire de sa naissance.Les Libanais francophones n’étaient pas en reste, avec Alexandre Najjar, qui annonce, en 2005, une grande saga libanaise chez Plon, ou encore Samir Kassir, dont YHistoire de Beyrouth (Fayard, 2003) a remporté le prix Phénix.On a aussi rendu hommage à Michel Chiha, un des penseurs du Liban moderne.Débats, émissions de radio, conférences, concerts de Lio, qui chante des chansons de Prévert, et de l’actrice Jeanne Balibar: malgré la crise économique, le Liban retrouve peu à peu, notamment grâce à ce salon, le statut de capitale culturelle dont il jouissait au Proche-Orient avant la guerre civile (1975-1990).Le Monde et Le Devoir Les poètes de P Amérique française En collaboration a\cc l.c Consulat général de France à Québec Proposent Un récitai d'Alain Nadaud Vn écrivain incontournable ! Avec Dominique (Ligné, ténor Nathalie Tremblay, piano Julie Tanguay, violon l ne présentation de Cu\ Cloutier Lundi S novembre Mardi *) novembre Chiipvllc du Musée (h- l'AmériqiH' Ihincuisc Maison de la culture Plateau Mnnt-Rinal 2, Côte de la Fabrique.Québec 465.as.du Mnnt-Roval F2.Montréal (4IH) 692-2S43 (5I4IS72-2266 Epiphanies romanesques LOUIS CORNELLIER Atmosphère très bizarre que celle qui se dégage des Larmes d’Adam, le premier roman du comédien Robert Maltais.Nous sommes dans un monastère cistercien français en 2002.Dom Gilbert, le guide spirituel de cette abbaye, est un orphelin montréalais qui y vit depuis 1968.Il n’a pas la foi.Il était athée; il est maintenant agnostique et pratique l’onanisme pour, croit-il, préserver sa liberté.Sa rencontre avec le jeune frère Ouriel, «beau comme une fille» et «ébloui par saint Jean», déclenchera en lui un processus de conversion.Soudainement devenu très malade, il sera d’ailleurs miraculeusement guéri par le jeune frère, qui a un don.Or, de ce don, le thaumaturge ne sait trop que faire.Il souhaiterait en fait le sublimer pour le faire servir à une élévation strictement spirituelle, mais un frère chaste et animé par Satan ne l’entend pas ainsi.D complotera pour que ce don, qui écrase son possesseur, serve de tremplin à ses malsaines ambitions.Mais les voies du Seigneur, on le sait bien, sont impénétrables, et tous ceux qui seront mêlés à cette affaire ne s’en sortiront pas indemnes.Le récent converti dom Gilbert expérimentera la kundalini (réseau de chakras d’inspiration hindouiste) dans son corps et sera tenté par l’appel de la chair, les comploteurs seront victimes du charisme du jeune Ouriel et les vautours médiatiques, privés du miracle spectaculaire attendu, connaîtront aussi leur épiphanie.Tout cela aurait pu être fascinant mais ne l’est jamais vraiment.La narration trop froide et descriptive utilisée par Maltais contribue peut-être à créer une atmosphère gothique et inquiétante qui retient l’attention, mais elle sape l’intensité psychospirituelle des personnages.Les quelques passages oniriques qui surgissent ici et là et qui devraient compenser cette froideur réussissent surtout à semer la confusion, tout comme les séquences et\ italiques qui évoquent Adam, Eve, Gain et Abel et dont le sens analogique s’avère quasi impossible à cerner.Robert Maltais, qui a lui-même récemment vécu dans un monastère français pendant quelques années, semble en connaître un bout sur la puissance de la conversion spirituelle, qu’il évoque avec une certaine force en ces pages.Celle-ci, toutefois, reste ou trop froide ou trop floue pour vraiment subjuguer.LES LARMES D’ADAM Robert Maltais Québec Amérique Montréal, 2004,192 pages Un premier roman du comédien Robert Maltais 1 /vf ver le ht littérature canailieniKsI ramaisc uveauté Tihtiyas et Jean, Tihtiyas naka Jean, Tihtiyas and Jean Un jour, Tihtiyas.une jeune Passamaquoddy âgée de 12 ans, voit sur la mer un oiseau immense qui approche des côtes.Quelle n’est pas sa surprise de constater qu’il s’agit d’un bateau ! À travers le regard de Tihtiyas, on assiste à la grande aventure de l'arrivée, de l’installation et du premier hiver des Français à Itle Muttoneguis (Sainte-Croix).Parmi eux se trouve un jeune garçon âgé de 12 ans qui se liera d'amitié avec Tihtiyas.Texte en ftanems et en anglais de Naünilie Gagnon Texte en passamaeiimhfy de Donald Soetomah Illustrations de Nuomi Mitdtatn 36 pages 7,95$ ISBN 2-92220374.3 I TVbrtyn* «I J LE DEVOIR.LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 NOVEMBRE 2004 F (> «"Littérature» Elizabeth en spectacle Il aura peut-être fallu l’incident Lepage-Desjardins pour confirmer ce que les Gaspésiens répètent eux-mêmes depuis longtemps: la Gaspé-sie, ça se trouve loin de Québec, et ce n’est pas seulement une question de kilomètres ou de billets d’avion.L’écrivain dont je vais parler aujourd’hui a reçu deux fois le prestigieux Booker Prize et reste à ce jour le seul double lauréat de cette récompense.Les deux fois, cet habitant de la périphérie du Commonwealth, natif du Cap, en Afrique du Sud, a refusé de faire le voyage à Londres.Il avait pour lui l’excuse d’être un homme très discret John Michael ne fume pas, ne boit pas, ne mange pas de viande.Les notes biographiques disponibles à son sujet ajoutent qu’il fait du vélo pour garder la forme, écrit une heure par jour et participe à des banquets littéraires sans jamais ouvrir la bouche.Un confrère qui l’a côtoyé pendant plus de dix ans l'aurait cependant vu rire, une fois.En l’an 2003, cette studieuse retenue a été récompensée par l’attribution du prix Nobel de littérature.On peut supposer que, à cette occasion, Coet-zee a accepté de marcher sur ses principes, de quitter ses terres et de sortir de sa cachette.Son expédition à Stockholm, discours en poche, lui a peut-être même procuré quelques-uns des éléments de réflexion semés sur le parcours de l’écrivaine australienne vieillissante qui figure au centre de son dernier roman, au titre éponyme.Comme J.M.Coetzee, Elizabeth Costello a accédé à la renommée grâce à la parution de son quatrième livre (Michael K., sa vie, son temps pour Coetzee, La Maison de la rue Eccles pour Costello), lequel, non sans ambition, s’appropriait la destinée de Marion Bloom, femme de Leopold et héroïne marginale du chef-d’œuvre de Joyce, Ulysse.A partir de ce moment, note Coetzee, «il s’est développé autour d’elle une petite industrie cri- Louis Hamelin tique".Entre autres consécrations, la Société Elizabeth Costello, basée à Albuquerque, édite un obscur Bulletin Elizabeth Cosfello trimestriel.Son œuvre connait du succès aux Etats-Unis.Ainsi, à l’âge de 66 ans, Elizabeth s’est fait décerner, à Williamstown, en Pennsylvanie, par un jury composé de critiques et d’écrivains, le prix Stowe, assorti d’une bourse de 50 000 $ et d’une médaille.«J’aurais dû leur demander de laisser tomber la cérémonie et d’envoyer le chèque par la poste», observe la vieille femme fatiguée qui vient de traverser la moitié du monde pour obliger ses bienfaiteurs.«Que veulent-ils exactement de moi?» Et quel est le rôle de l’écrivain aujourd'hui?, semble se demander, à travers elle, le nobélisé et double lauréat du Booker.Réponse du fils venu cueillir sa mère à sa descente de l’avion: «Si tu acceptes l’argent, tu dois assurer le spectacle.» C’est le point de départ du livre de Coetzee.A l’opposé de la récente flopée d’ouvrages à la mode qui, dans la lignée du Nom de la rose d’Umberto Eco, s’efforcent de réconcilier le roman d’idées et le roman d’action, J.M.Coetzee a écrit, lui, un pur roman d’idées, structuré autour des huit conférences que livre son héroïne à l’occasion de diverses invitations à l’étranger.L’écrivain comme être de discours qui prend position et qui s’assume: on pourrait ici se trouver aux limites de l’essai si ce n’était de la pulsation vitale des déplacements, des circonstances et des rencontres qui servent d’anecdotes elliptiques à une narration dont la maitrise ne s’embarrasse d’aucun détail inutile.En l’absence de toute intrigue, la singularité doucement ironique de l’auteur prête au regard et à l’imagination de cette végétarienne militante au caractère pas toujours jojo une personnalité finalement attachante qui fait qu’il devient vite tentant de la prendre pour un alter ego féminin.De chambre d’hôtel en cabine de paquebot, le coips accuse le coup et la lorgnette ne fait pas de cadeau.Grandeur et (petites) misères de la vie publique.On y trouvera quelques pages instructives sur les littératures des anciennes colonies, notamment dans le chapitre intitulé «Le roman en Afrique», et au moins un exemple réjouissant du genre de controverse qui frappe un jour ou l’autre ceux dont la profession commande de se mesurer à des auditoires.Comparer le massacre des animaux d’élevage à la Shoah, non mais quelle imprudence, quand même.Là où l’auteur paraît s’être un peu planté, c’est quand, dans le chapitre intitulé «Eros», il tente de donner une vie amoureuse, fût-elle rétrospective, à son personnage de femme de lettres sur le retour.Une rencontre avec le poète Philip Duncan sert de prétexte à un déluge de considérations mythologiques où Coetzee, une fois n’est pas coutume, perd son lecteur sans jamais arriver à donner un peu de chair et de sang versé à l’existence de son héroïne.Dommage.Voulait-il nous dire que cette sécheresse finale est le lot de toute vie humaine sérieusement consacrée à l’écriture?Message effrayant, à traiter dans une prochaine conférence, sans faute.AGENCE FRANCE-PRESSE J.M.Coetzee a reçu le prix Nobel de littérature en 2003.ELIZABETH COSTELLO J.M.Coetzee Traduit de l'anglais (Afrique du Sud) par Catherine Lauga du Plessis Éditions du Seuil Paris, 2004,309 pages Au nom de tous les miens ROMAN FRANÇAIS Au royaume de Pégase des chevaux de Dominique Maynard est un bijou de la saison AGENCE FRANCE-PRESSE Bartabas, le personnage qui a fondé le théâtre équestre et musical Zingaro, est au cœur du dernier roman de Jérôme Garcin.JOHANNE JARRY Jamais un Scorta, donc, ne pourrait se soustraire à cette terre misérable.Jamais un Scorta n’échapperait au soleil des Pouilles.Jamais.» Voilà comment frappe la fatalité, enfermant ce second roman du dramaturge français Laurent Gaudé dans un monde régi par les liens du sang.Cela commence en 1870, pendant que ceux du village de Montepuccio font la sieste.Une femme ouvre silencieusement la porte à un homme qu’elle n’a pas vu depuis quinze ans.Ce bandit, craint de tous, vient là pour s’unir à elle.Après, quand l’homme retourne à la rue, ceux du village le tuent.Quant à la femme, elle meurt peu de temps après avoir donné naissance à Rocco, premier maillon de la lignée des Mascalzone, d’hommes et de femmes dont l’existence sera toujours liée à cet accouplement interdit.On comprend rapidement que les personnages de ce roman ne urront échapper à leur destin, travers eux, l’histoire affirme de façon inéluctable que l'héritage familial, même bâtard, doit être connu et transmis pour que chacun puisse donner un sens à sa vie, sans s’écarter du chemin emprunté par ceux qui l’ont précédé.«Que chacun parle au moins une fois dans sa vie.À une nièce ou un neveu.Pour lui dire ce qu’il sait avant de disparaître.Parler une fois.Pour donner un conseil, transmettre ce que l’on sait.Parler.Pour ne pas être de simples bestiaux qui vivent et crèvent sous ce soleil silencieux.» Le sud de l'Italie, région particulièrement désignée pour inscrire cette longue filiation, offre un cadre d’écriture contrasté à l'auteur; Laurent Gaudé décrit cet espace géographique avec élégance et poésie.Il arrive plus difficilement à donner une réelle profondeur aux personnages qui, prisonniers du chemin ouvert par Rocco, vivent sans rien remettre en question.Ces personnages à qui on ne cesse de rappeler que «c’est la famille qui compte» sont étouffés par une entité qui, parce quelle a préséance sur eux, les confine à l’étroitesse d’un espace peu propice au développement d'identités complexes.LE SOLEIL DES SCORTA , Laurent Gaudé Editions Actes Sud Arles, 2004,247 pages Le Ciel GUYLAINE MASSOUTRE Jérôme Garcin est un fou du monde équestre.Qu’on pense à La Chute de cheval (Gallimard, 1998), un récit passionné qu’il a consacré à l’équitation.0 y donnait le témoignage d’une volupté dévoreuse de temps et d’énergie, et il évoquait ce divertimento, ce caprice privilégié, en tenues distingués.Question d’écriture, Garcin vise la perfection.Est-ce une illusion?Ses pages de critique littéraire, à la plume fine, ont soudain semblé aller d’un pas plus tranquille.Car sa plus noble conquête, le cheval gracieux et pourtant massif, a libéré, chez Garcin, une fierté d'être qu’il partage avec son prince.Il fait de l'animal, à la robe aux tons de palette impressionniste, un objet de littérature.Dans La Chute de cheval, il consacrait déjà des pages à Barfa-bas.Cet artiste du manège, plus près des bêtes que des hommes, est au cœur de Bartabas, le roman.Séducteur provocant et déclencheur d’émotions fortes, le personnage a fondé le théâtre équestre et musical Zingaro, y donnant des spectacles aux allures de rituel qui inspirent, par delà maintes frontières, d’autres cavalcades rythmées et solennelles.Il est déjà le héros, sur la pellicule, de Mazeppa et de Chamane.Plaisirs de centaure Pourquoi Bartabas?Parce que l'homme est un mystère.D’où le titre Bartabas: Garcin insiste sur le rêve en pénétrant dans la microsociété de l'écuyer.Dans ce portrait aux teintes sombres, il fait valoir que l’homme est sorti de nulle part; mais n’est-il pas désormais l’attraction du vieux manège de Versailles?L’homme est fanfaron et dominant, mais doué, selon Garcin, du «sixième sens emprunté à l’intelligence équine».Et l'adepte de renchérir sur le vocabulaire, au charme désuet, du sabir noble et ancien.«On s’y rudoie, on s’y tutoie», écrit-il en passionné, à propos de la «petite principauté équestre» qui lie les cavaliers.Il faut avoir vu cet art de Vienne, Jerez ou Saumur, requinqué aux couleurs de Géricault et enchanté par les mélopées des Mangha-nyars, pour saisir ce mauvais garçon.accroché à l’encolure forte.Pina Bausch a créé une chorégraphie pour lui.Purs-sangs, lusitaniens, quarter horses, percherons ou mules, il les monte avec grâce, complice d'une bête que jamais il ne dompte.En centaure, ü épouse sa monture, endurante, ambitieuse et splendide.Cabarets, Opéra équestre, Mazeppa, Chimère, Eclipse, Triptik, Loung-ta, Bartabas a signé des pièces à résonance internationale.En 1996, son écurie d'artistes à quatre pattes a conquis New York: c’était Zingaro Dream, la folie.L’épate virtuose jouait avec la désinvolture.Mais l’homme de Courbevoie a boudé l'Amérique, pour l’Himalaya et la Sibérie, où son rêve rejoignait son mysticisme.Dans la foulée, une femme discrète parle du saltimbanque né Clément Marty, souvent seule derrière l'homme aux effets, qui métissait les genres, passant du baroque à un style pur, dur et vertical.Le souffle de Garcin emporte l’équipage vers son Académie.Il demeure qu’Eaubac, le cheval de Garcin, reçoit plus d’affection.Par lui passent d’autres confidences.Précipité autour d’un petit manège L'univers équestre inspire diver- sement Le Ciel des chevaux, de Dominique Mainard, est un roman saisissant, obsédé par un bruit de fond: une rumeur de hennissements, un bruit de sabots étouffés, une bousculade indistincte, une chute sanglante font une trame sonore, habilement distribuée.Au fil d’une écriture experte, la mémoire traverse la confùsion du brouhaha et restitue la logique d’un drame d’enfance.L’émotion est vraie.Dominique Maynard, déjà lauréate de plusieurs prix, sait raconter la hantise et soulever les ferrures de l’inconscient Elle dévoile l’innommable d’une grande douleur impliquant plusieurs personnes.Entre rêve et réalité, elle approche son visage, devenu langage d’une profondeur humaine, qui révèle amour, erreurs et lâcheté.Le suspense psychologique relève d'un doigté musical parfait Au début du roman, Lena, le personnage principal, semble limpide.Mais une curiosité étrange la pousse à mentir à son entourage, cherchant l’écho d’un drame qu'elle veut oublier l’issue de son désir est malheureuse, et elle le sait.Un petit manège d’enfant, poussé par des mains invisibles, précipite les péripéties.Le passé resurgit.Sans forcer le lecteur à consommer des actes romanesques gratuits, la romancière lui donne à sentir des nuances psychiques fines, repliées dans les plis des tabous et sculptées par des leçons obscures.Les caractères sonnent juste, irrationnels et lucides au bon moment Interdit de dévoiler l’histoire, construite comme un polar.Ce roman des éditions Joëlle Losfeld est un bijou de la saison.Plongeant dans les manèges de l’inconscient Mainard éveille le trouble des interdits, des relations limites entre des êtres chers, de la violence rentrée, où l’expérience humaine bascule dans une noirceur inconnue, hors sens et hors normes.Petit manège et chevaux de bois appartiennent à l’enfance, au monde enchanté du Grand Meaulnes d’Alain Fournier.Le Ciel des chevaux appartient à cette veine.L’innocence a perdu ses vertus; mais elle conserve, montée des bois, la loi du silence.L’ouvrage est justement sélectionné par le jury du Femina.BARTABAS Jérôme Garcin Gallimard Paris, 2004,236 pages LE CIEL DES CHEVAUX Dominique Mainard Editions Joëlle Losfeld Paris, 2004,258 pages Les Editions TROIS félicitent André Brochu Les Jours à vif Finaliste au Prix du Gouverneur Général Champion et Ooneemeetoo Tomson Highway Reflets .m iv c.imuK'nm* li C hampion et Ooneemeetoo / ïlypolliblt ,/h-c rôti, b bon, hhrtim ¦< 1 liuhwav tissi souvenirs J enfance, rêves surrcels.réalité pitoyahle et luinTour houlton dans un fascinant .entrelacement dh Gloires.*¦ Moutnut! (nizstte - lieparole /V frf-j .-¦tipef’wnt a «nartonvtrvç;»' le l.i liUor.itnio umKlicnno-tranÇiii mveauté t La butte à Pétard En 1755, pour échapper à la déportation, plusieurs familles acadiennes de la butte à Pétard, maintenant Saint-Joseph-de-Memramcook, au Nouveau Brunswick, se réfugient dans les bois à l'arrivée des troupes anglaises.L’aide précieuse du Mi’kmaq Kitpou les aidera à survivre, mais ne parviendra pas toujours à soulager leurs peines.Texte de Diane Carmel Léger Illustrations de Michel Léger 120 pages 9.95 S ISBN 2-922203-70-0 Bouton d'or Acadie 20ÀC-236.rue St-George* Moncton (N.-B.) E1C1W1 Téfcohone : 506 382.1367 Télécopieur 506 854.7577 Courriel : boutonor#nb sympatico ca http://recf.ca T t L K DEVOIR.LES SAMEDI « ET DI M A'N < Il E N O V E M R R E 2 O O I F MA 1 HCC j SSA LS XV- UJniversalis en révolution La Nouvelle-France urbaine PATRICK KÉCHICHIAN Abrs que le support numérique semblait avoir definitivement supplanté la version papier, l'encyclopédie tente une synthèse inédite.Aussi imposante soit-elle par son volume et la masse de savoir qu elle contient, une encyclopedic est fragile et son vieillissement rapide.U y a, bien sùr, l’avancée, le progrès des savoirs, qu'il faut prendre en compte, consigner.Il y a aussi, sur une durée toujours plus courte, les goûts et les demandes du public, cet appétit qu'il faut toujours aiguiser et faire renaître, sous peine d’ètre rapidement dépassé.En quelque trente-cinq années d’existence, Wniversalis a dû, pour survivre, traverser des mutations profondes, avec, comme axe, l’inévitable passage à l’ère du multimédia.La dernière «édition papier» date de 1990.Depuis l'origine, environ 650 000 collections des vingt-huit volumes ont été vendues.En 1995, la première édition numérique sur CD-ROM venait compenser le net infléchissement des ventes de l’encyclopédie dans sa version classique.Quatre ans plus tard, le disque avait, sans difficulté, détrôné le papier: 80 000 exemplaires vendus contre 2000 collections de l’édition papier.Le support moderne représentait alors 60 % du chiffre d'affaires contre 40 % pour l’édition classique.Conséquence: la souplesse du nouvel outil permettait des mises à jour à un rythme annuel, et non plus tous les cinq ans.Mais si le numérique est une révolution, il faut bien, un jour, revenir à son point de départ, pour inaugurer une troisième génération.Ce sera celle de la réconciliation, ou du moins de la tentative de réconciliation, des deux approches, avec retour au livre.Le projet n’est cependant pas passéiste.Et pour prouver qu’il ne s’agit pas d’un retour en arrière, le CD-ROM (ou DVD-ROM) a été entièrement revu, modernisé, adapté (notamment avec une ouverture directe et, si on le désire, sélective sur Internet).Au premier examen — difficile de porter un jugement définitif avant usage prolongé —, les clefs d’accès offrent des facilités et des souplesses réelles.Ainsi, il faut souligner la qualité et la diversité des modes de circulation, grâce à des «onglets» (recherche simple, mode expert, alphabétique, thématique ou chronologique).En plus d’un accès facilité (et si l’on veut personnalisé).Des relais sont aménagés, pour aller plus aisément du texte à l’image et au son.Par ailleurs, 700 œuvres de référence sont analysées dans la partie «Bibliothèque».Enfin, dans cette nouvelle version, enrichie de quelque 600 articles, le lecteur débutant se verra proposer des «dossiers d’initiation» qui comportent notamment des articles de synthèse brefs, agrémentés de dessins et de diaporamas interactifs.Mais cette troisième génération se caractérise par une autre innovation, en forme de paradoxe.Un gros volume est proposé à la vente en même temps que l’encyclopédie nu- mérique.Conçu comme un outil de culture générale, un «usuel», le «No-tionnaire», c'est son nom.comporte 650 entrées dans autant d'articles brefs (1000 mots en moyenne).Le lecteur peut ainsi accéder aux connaissances essentielles qui sont destinées à lui ouvrir les développements proposés dans la version électronique.Parmi ces notions, on trouvera aussi bien «clone» que «altérité», «bonheur» que «information», «utopie» que «temps».Ace volume.Notions, succéderont cinq autres tomes du «Notionnaire»: Disciplines, Doctrines, Civilisations, Géopolitique et Arts.En Europe, il en coûtera plus de 225 SCAN pour le DVD et le «Notionnaire 1».Un ouvrage d’indexation, offert aux acheteurs, précisera les «liens» entre les deux supports.Le pari de cette réconciliation est hardi.Mais il est cohérent avec la vocation ancienne d'Universalis.Réconciliation et conflit Les deux actionnaires qui détiennent à égalité le capital de Universalis, le Club français du livre (CFL) et la Britannica — le premier s’occupant de la vente par correspondance et le second du courtage — sont par ailleurs en désaccord sur la stratégie de l'entreprise, sur le développement des produits annexes et les investissements nécessaires.En juin, le p.-d.g.d’Universalis, Giuseppe An-noscia, était écarté.Face à ce blocage, un administrateur provisoire a été nommé par le tribunal de commerce de Paris, et un médiateur tente de mener à bien un processus de conciliation.Si un terrain d’entente ne peut être trouvé, et après l’audience prévue le 14 décembre au cours de laquelle chaque partie présentera son point de vue, c’est le tribunal qui tranchera.Le CFL ne cache pas son intention, si une dissolution était prononcée, de se porter acquéreur de la part du capital détenue par la Britannica, société contrôlée par l’homme d’affaires Jacky Saffra.Le Monde André Lachance est un historien populaire au sens noble du terme.Son Vivre, aimer et mourir en Nouvelle-France - La vie quotidienne aux XVII' et XVIII' siècles, paru en 2000, était un vrai délice et son Juger et punir en Nouvelle-France - Chroniques de la vie quotidienne au XVIII siècle, quoique moins riche, instruisait en divertissant.Ces deux livres, d’ailleurs, viennent d’être réunis en un seul volume dans la collection «Zénith», chez Libre Expression, et l’on ne saurait trop les recommander aux amateurs d'histoire qui s'intéressent plus aux modes de vie des ancêtres qu'aux grands événements officiels du passé.Cette saison, André Lachance récidive en nous offrant un ouvrage du même genre intitulé Vivre en ville en Nouvelle-France.Pédagogique mais sans lourdeur, de lecture simple et très agréable, cet essai nous amène donc dans les trois seules villes canadiennes qui existaient déjà à l’époque, c’est-à-dire entre les années 1680 et 1760: Quebec, Montréal et Trois-Rivières.Il faut comprendre, ici, que le terme «ville» désigne plus un mode de vie qu’un jugement quantitatif puisque, en 1755, «Québec n'a que 7215 habitants [.], Montréal n'atteint même pas les 5000 âmes et Trois-Rivières n’est qu’un petit bourg de moins de 700 personnes».Ces chiffres, tout de même, représentent entre 25 % et 15 % de toute la population.Lachance formule d’abord une mise en garde: «Il y a un grand dépaysement à effectuer entre ce que nous vivons aujourd’hui quotidiennement et ce que nos ancêtres ont connu à cette époque.» Les chemins de ces villes, en effet, sont impraticables, se transforment fréquemment en bourbiers, les rues ne sont pas eclairees et on peut, en y déambulant, recevoir sur la tète les «eaux» des pots de chambre que les citadins vident par les fenêtres.Sur le plan de l’hygiène personnelle et publique, nos ancêtres ne partagent pas nos scrupules.Ils ne se décrassent pas parce qu'ils craignent l'eau, ils ont des poux et leurs bouches, ma foi, puent «Quant à l’hygiène buccale ou dentaire, elle n’existe pas chez le peuple, qui a une haleine fétide.Celle-ci est d'autant plus malodorante que les Canadiens mangent beaucoup d'oignons rouges [.].* Ut malpropreté des villes, d'ailleurs, où porcs, chiens et poules vivent avec les gens, est générale et explique peut-être les fréquentes épidémies qui y sévissent.Plus qu’ar-chaïque, la médecine de l’époque n’y peut pas grand-chose.L’école, pour sa part, est assez peu développée, peu fréquentée, sauf par les privilégiés, et elle s’en tient à l’essentiel: catéchisme, lecture, écriture et calcul.Le quotidien de la Nouvelle-France, Lachance a raison d’insister là-dessus, ne ressemble pas au nôtre et, pour cette raison, le découvrir tient un peu de l’expérience exotique.Une commune humanité Notre commune humanité avec nos ancêtres, toutefois, ressort aussi fortement de la lecture de ces pages rafraîchissantes.On se plaint déjà, par exemple, en Nouvelle-France, non pas des enragés du volant, mais des fous de la voiture.à chevaux.Pin 1730, Charles Le Moyne, baron de Lon-gueuil, écrit: «Dans la ville de Montréal, tous ceux qui conduisent des voitures ou équipages, officiers comme tous les autres, se font une gloire d’aller toujours le grand Louis Cornellier I ouveauté Du pain, du lait, des œufs, du beurre France Adams Pas d’école.Grâce à la tempête de neige Sophie a congé ! En route pour l’épicerie la tentation de jouer avec ses amis est grande, mais Sophie a promis à sa maman de ne pas s'amuser en chemin.Rencontrez France Adams dans Charlevoix, du 15 au 19 novembre, et au Salon du livre de Montréal, le 20 novembre, stand 158.www.plaines.mb.ca PLAINES Reflets de la littérature canadiennefrançaise Du -pain» du lait des «œufs.• (ü/’beurreld tfcs /V Heqroupement des éditeurs canadiens-français http://rccf.ca galop tians les rues II est arrivé cet hiver plusieurs accidents 1.].» Quant aux jeunes gens, la nuit venue, ils font du tapage et se livrent au vandalisme.Cette société urbaine, que certains ont tendance à idéaliser, est déjà «caractérisée par la diversité des conditions sociales qu ’on y trouve».L’elite.constituée des officiers civils et militaires et du clergé, impose son ordre du jour, défend ses privilèges et pratique à plein le favoritisme.les nobles s’allient aux riches commerçants, les gens de métier fréquentent.les gens de métier.les soldats ont déjà la réputation d’aimer «la bonne chère, les femmes, la boisson», les soûlots perdent fréquemment la tète et se déresponsabilisent en plaidant qu’«t’fc ne savaient pas ce qu'ils faisaient».les domestiques, surtout les femmes, sont souvent exploités, même sexuellement, de même que les esclaves, moins nombreux au Canada que dans les autres colonies françaises.Li misère, comme c’est encore trop souvent le cas aujourd’hui, est mise sur le dos de ceux qui en souffrent: «Cependant les Canadiens ne voient pas les causes économiques de cette pauvreté et portent sur elle un jugement essentiellement moral."L’oisiveté n'est-elle pas la mère de tous les vices?", pense-t-on à l’époque.Pour la société d’alors, la misère est considérée comme dangereuse, car elle s'accompagne souvent de phénomènes de criminalité et d'errance.» Il y a, malheureusement, des choses qui ne changent pas, comme cette attitude qui consiste à faire du vêtement «un signe d’identification et d’appartenance sociales», au détriment des pauvres, bien entendu.Lachance, en bon historien ob- jectif, se contente de constater les faits sans les juger.11 insiste, entre autres, sur les multiples contraintes étatiques et cléricales qui pèsent sur cette société plutôt fermée (ces villes, rappe-lons-le, sont des enceintes, sécuritaires peut-être, mais où on vit sous surveillance) et souligne que la délinquance, légère et lourde, vient contrebalancer cet étau communautaire dans lequel le conformisme social finit toutefois par s’imposer.On ne peut qu’être, devant de telles découvertes qui nous inspirent des sentiments à la fois dëloi-gnement et de proximité avec nos ancêtres, fasciné.Toute la force de la meilleure histoire populaire se trouve justement dans cet art profondément humaniste qui consiste à redonner vie au monde de jadis dans son inquiétante étrangeté sans interdire l’atta-chante familiarité que l’on peut en-tretenir avec lui.On comprend, avec elle, que nous ne sommes pas nos ancêtres, mais que nous n’aurions pas été sans eux.louiscoruellieriaparroinfd.net VIVRE, AIMER ET MOURIR EN NOUVELLE FRANCE JUGER ET PUNIR EN NOUVELLE FRANCE VIVRE À LA VILLE EN NOUVELLE-FRANCE André Lachance libre Expression Montréal, 2(XM, respectivement 408 et 312 pages Librairie indépendante 5219.Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges tél.: 739-3639 service@librairieolivieri.com .ÇREE L’EVENEMENT Cette semaine, nous n’avons pas d’événement, mais quand nous en aurons, LE SAUREZ-VOUS ?Souscrire aux amis d’OIivieri vous assure de recevoir notre programme, d’assister gratuitement à tous nos événements et de bénéficier d’offres exclusives.Pour tout renseignement : 514-739-3639 Pt?® Les Éditions du Noroît ont le plaisir de vous inviter Vmlh au lancement de leurs nouveautés de l’automne 2004, le mardi 9 novembre a 18 heures à la Galerie Simon Blais, 5420, boul.Saint-Laurent, (au sud de Saint-Viateur, métro Laurier) www.lenoroit.com Monique Deland, LE NORD EST DERRIERE MOI André Romus, TOI TERRIBLEMENT Denise Desautels.MÉMOIRES PARALLÈLES Jean Royer, AU SEUIL DE L’INESPÉRABLE Bertrand Laverdure, RIRES Bahman Sadighi, SEMENCES, SYLLABES Nadine Ltaif, LE RIRE DE L’EAU Martin Thibault, UN RADEAU DE PAPIER Mercedes Roffé, DÉFINITIONS MAYAS .* Les parutions de l’année seront disponibles sur place Les Editions TROIS félicitent Lucy Pagé, Marcher sur tes os .i / « MENTION D'EXCELLENCE DE LA SOCIÉTÉ DES ÉCRIVAINS CANADIENS XY7 éditeur, 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2L tZl Téléphone; (çt/p 525.21.70 • Télécopieur: (51/,) 525.75.37 Courriel : info@xy/edlt.qc.ra • www xy/edil.qr.ca Le premier voyage de Geneviève dans le Grand Nord.Une expérience si intense qu’elle en sera à tout jamais marquée.Jean W-ff Llle de Tayara jean Désy L’île de Tayara roman sur le Grand Nord 252P- *25 $ Romanichels a 1 Prix littéraires du Gouverneur général 2004 ' catégorie illustration jeunesse [es *f00 côu^s ^élicîtërifieurs finalistes! is queue oure blanc ¦ Alain Reno Janice Nadeau Pascale Constantin Les 4oo coups 4L I L K I) K V 0 I R , LES S A M EDI (i ET DI M A \ (HE N O V E M R R E 2 0 0 4 F 8 BIOGRAPHIE Portrait de Denys Arcand POLITIQUE Les Rocheuses de Sheila Copps ODILE TREMBLAY /'"Y u’une biographie de Denys XV Arcand sorte l’année même où le cinéaste des Invasions barbares a récolté tant de lauriers semble arrangée avec le gars des vues.Hasard pourtant, puisque l’auteur de l’ouvrage, Réal I.a Rochelle, professeur de cinéma et familier d’Arcand depuis les bancs de l’université, fut très présent sur le plateau des Invasions, avant de savoir si le succès viendrait au bout.Il considérait à juste titre que la vision saturnienne du déclin occidental, inscrite dans le parcours d’Arcand, était emblématique d’un demi-siècle d’histoire du Québec et de son cinéma.La recherche pour cette bio s’est effectuée en parallèle avec des entretiens entre le cinéaste et le biographe pour des documentaires sonores réalisés à la radio de Radio-Canada.Et rarement a-t-on vu Arcand aussi volubile.Il a d’ailleurs fait le tour de ses propres archives pour nourrir l’ouvrage.C’est un portrait à la fois très complet et très pudique du réalisateur de Réjeanne Padovani qui nous est offert ici.L’enfance à Deschambault, dans le giron d’une mère confite en religion (elle avait voulu devenir carmélite) et d’un père pilote de marine, droit et admiré, également très croyant, est capitale dans le développement de la psyché arca-nienne.Son père considérait les Québécois comme des porteurs d’eau sans éducation, jugement dont l’œuvre du fils portera la trace, comme il gardera l’obsession maternelle de la mort.Importantes aussi, les années d’études montréalaises où Denys Arcand découvre le sport et la culture classique, quitte, plus tard, à faire le désespoir de ses parents qui se sont sacrifiés pour en faire un notable alors qu’il deviendra cinéaste et, pis encore, athée.Ses frères et sœur, tous des têtes d’affiche dans leurs secteurs, seront coupés aussi du rameau de piété parental.Mais s’évade-t-on vraiment des carcans d’interdits?Le parcours d’Arcand se confond avec le Québec en mutation et la montée de L’ONF comme miroir social, encore que les rapports de l’Office avec le cinéma d’Arcand furent houleux, avec couperet en main pour la censure.En plus de recueillir des réflexions d’Arcand qui éclairent sa personnalité et sa vision du monde, lucide et mélancolique, cette biographie montre de façon éloquente le rapport d’amour-haine qu’il a entretenu avec sa société, tour à tour adulé, décrié, oublié, déifié par elle au fil des succès et des échecs, mais dont il s'est fait l’historien-cinéaste.Contre une idée répandue Réal La Rochelle signe un texte à la fois bien écrit et très documenté, cherchant à s’élever contre l’idée répandue voulant qu’il y ait eu deux Arcand: celui, engagé, d’avant Le Déclin et le cynique qui lui a succédé.Le biographe ne convainc pas tout à fait le lecteur de l’unité de la trajectoire et on demeure avec l’impression qu’il y a eu cette scission.Celle-ci correspond d’ailleurs au plan collectif à l’avant et à l’après référendum; d’où encore, le caractère emblématique du réalisateur.Et même si Denys Arcand, l’ange exterminateur (un titre-hommage à Bunuel, source d’inspiration profonde pour le cinéaste québécois) laisse de grands pans d’ombre, en particulier dans la sphère privée, les contradictions et les constantes de l’homme et de l’artiste s’éclairent aussi, en suivant l’évolution de Montréal et du Québec dans leurs bouleversements et leurs rêves brisés.Cet ouvrage propose en annexe — heureuse initiative — un florilège d’écrits, inédits ou non, que le cinéaste a semé sur sa ROBERT GALBRAITH REUTERS Denys Arcand à la soirée des Oscars, en février dernier.route entre 1958 et 2003.Discours, textes publiés dans les journaux étudiants, préfaces (celle pour le scénario de François Girard, Trente-deux films brefs sur Glenn Gould est très vivante) .Les talents d’essayistes d’Arcand méritent le détour et ses écrits dans Parti pris, en 1963 et 1964, sur les résonances nationales de La Petite Aurore, l’enfant martyre, d’À tout prendre, de Jutra et du Chat dans le sac, de Groulx sont particulièrement percutants.De quoi regretter qu’il n’ait pas écrit davantage.DENYS ARCAND, L’ANGE EXTERMINATEUR Réal La Rochelle Leméac Montréal, 2004.384 pages * A noter que l’ONF vient de publier en coffret tous les documentaires d’Arcand, dont la version non expurgée d’On est au coton.livre et films se faisant écho.LOUIS CORNELLIER Si j’étais Canadien anglais, je pense que j’aimerais Sheila Copps.J’aime assez, en effet, son esprit frondeur, son enthousiasme naïf, sa sincérité a défendre le monde ordinaire contre ce quelle appelle les «libéraux d'affaires» et son engagement dans la défense de la culture canadienne contre l’impérialisme culturel américain.Son centrisme libéral reste, tout de même, ce qui se fait de plus a gauche chez les Rouges fédéraux et son nationalisme de drapeaux, d'une certaine manière, je vais vous surprendre, ne me déplaît pa Je partage, en effet, son point de vue sur la nécessité de créer un sentiment d’appartenance au sein d’une nation fragile à laquelle l’histoire n’a pas permis de se complaire dans l’évidence de son existence.Si j’étais Canadien anglais, oui, je pense que j’aimerais Sheila Copps.Je lirais La Batailleuse en me disant que j’ai eu raison de me méfier de Paul Martin, ce politicien rongé par une ambition vide, prêt à tout même au mépris de la démocratie à l’intérieur de son propre parti, pour s’imposer.J'aurais même tendance à croire Sheila Copps sur parole quand elle prétend que Martin, après avoir ouvert la porte au dégel des droits de scolarité, a voulu augmenter l’âge officiel de la retraite à 67 ans, abolir les pensions de vieillesse, abroger la Loi canadienne sur la santé pour faire plus de place au privé et lapcer le Canada dans la croisade irakienne avec les Etats-Unis.J’attendrais encore, en tout cas, pour l'heure, des démentis convaincants de l’équipe Martin à ces accusations.Je saluerais, aussi, le courage de Sheila Copps quand elle affirme «qu’en politique l’intérêt public exprimé si vaillamment durant les campagnes électorales est souvent sacrifié au profit des intérêts privés lorsque vient le temps de gouverner», que «rien ne rend plus heureux vos collègues — les gens qui sont du même côté que vous en Chambre — que vos échecs: cela leur donne une chance de vous passer sur le corps» et que «dans la famille libérale, gagner, c’est tout ce qui compte».Son multiculturalisme exalté, de même que son féminisme de convenance, m’irriterait, mais je lui reconnaîtrais au moins une certaine noblesse, fût-elle maladroite et contre-productive.Paternalisme Malheureusement pour Sheila Copps, je ne suis pas Canadien anglais, mais Québécois et, à ce titre, il m’est impossible de l’aimer.«Chaque fois que j’ai eu besoin d’inspiration pour mener mon combat solitaire pour la culture, écrit-elle, Je n’ai eu qu’à observer les Canadiens français, un peuple qui a lutté contre Top-pression et l’assimilation pendant des centaines d’années et qui est parvenu à conserver sa langue et sa culture dans un océan anglophone nord-américain.» Ce paternalisme, qui consiste à flatter dans le sens du poil ceux à qui on n'accorde pourtant le droit de parole que quand celle-ci nous convient résume justement l’idéologie de la dame, qui n’est rien d'autre que du fédéralisme dominateur.Le peuple a toujours raison, ne cesse-t-elle de répéter tout au long de son témoignage, mais, à l’heure de commenter le référendum de 1995, n’ont droit à ce statut de peuple, semblet-il, que les fédéralistes.«Tout Canadien qui aime son pays, clame-t-elle, se souvient avec horreur du référendum québécois de 1995.Nous avons presque perdu notre pays.» Et elle dénonce, tenez-vous bien, la propagande pro-Québec qui aurait été le fait des «assauts répétés des séparatistes».Les commandites fédérales?Sheila Copps ne connaît pas.Le love-in de Montréal, organisé quelques jours avant le vote au mépris de la loi référendaire québécoise?Un sain patriotisme dont elle se congratule encore.Le peuple qui a toujours raison exclurait-il donc la moitié de la société québécoise?Dans son aveuglement idéologique, Sheila Copps est ainsi capable d’affirmer que «les francophones du Québec [ont] toutes les raisons de se sentir menacés au milieu d’une mer de quelque trois cent vingt millions d’anglophones», elle qui a «eu tout le mal du monde à préserver [son] français» alors quelle était députée à l’Assemblée législative de l’Ontario, mais de ne proposer, en guise de solution, qu’une rhétorique à la Elvis Gratton.Elle rencontre un jour, à Banff, une jeune cinéaste québécoise: «Francophone unilingue, elle avait le souffle coupé et parvint à me dire qu’elle n’avait jamais vu un endroit aussi magnifique que les montagnes Rocheuses et qu’elle comprenait enfin pourquoi ce serait une folie de déchirer notre pays.» Voilà la solution de Sheila Copps: un séjour dans les Rocheuses pour les séparatistes afin que tout le peuple québécois ait enfin raison.Un aveu nous permet d’en savoir un peu plus sur les sources de cette profonde incompréhension de la réalité québécoise: «Je me souviens que le “Vive le Québec libre” du Général avait mis ma mère en furie.Elle a déclaré à mon père, qui n’en revenait pas, qu’elle aurait aimé avoir un fusil pour pouvoir tirer sur le président français.» D’où l’on comprend que, pour que les peuples canadien-anglais et québécois puissent avoir raison en même temps, il vaudrait peut-être mieux leur permettre de mener chacun leur destinée respective.Je pourrais peut-être, alors, apprécier Sheila Copps.Dans le cas contraire, la batailleuse continuera de trouver des batailleurs, sans fusil, sur son chemin.LA BATAILLEUSE Sheila Copps Traduit de l’anglais par Bruno Delisle Boréal Montréal, 2004,240 pages « Michel Phaneufest certainement l’une des plus importantes figures de la scène du vin au Québec.» Jean-François Demers, Indicatif Présent, Radio-Canada Best-seLLeR Depuis 24 ans Plus de 2000 vins répertoriés Les Grappes d’or 2005 Les meilleurs vins à boire en 2005 Les courbes de vieillissement des vins S LES EDITIONS DC 1 L’HOMME] www.edhomme.com CINÉMA Un florilège ODILE TREMBLAY Tj' t si la vraie vie n’était pas, ¦ -L-/ comme le déclarait Marcel Proust, la littérature mais le cinéma?», insinue en préface' Claude Aziza.Art pour art, à chacun son avis.Mais le cinéma sut bel et bien s’imposer au fil du dernier siècle comme le médium référentiel.Ce magnifique ouvrage, très abondamment illustré, offre un florilège des 1001 meilleurs films.Une équipe internationale de critiques s’est penchée sur la masse des œuvres cinématographiques pour en extraire la sub-stantifique moelle.Nosferatu le vampire, de Murnau, est du bal, mais aussi La Passion de Jeanne d’Arc, de Dreyer, Le Faucon Maltais, etc.jusqu’aux Invasions barbares.A chaque film ou presque, sa photo et sa page ou demi-page de commentaire critique avec fiche technique.Le répertoire est classé de façon chronologique, démarre avec Le Voyage dans la lune, de Méfies et se clôt sur Kill Bill, de Taranti- no.Cette anthologie de classiques, où Eisenstein voisine Capra, Hitchcock, Scorsese et Bergman, se consulte, s’admire et s’impose comme livre de chevet pour tout bon cinéphile.1001 FILMS À VOIR ET REVOIR Sous la direction de Steven Jay Schneider, préface de Claude Aziza, version française de 1001 Movies You Must See Before You Die, Editions HHH Montréal, 2004,960 pages Parallèles Marc;ukrn i: Andkrshn ROMAN 20 S 2(0 pages / ^ispnniblt cheztiïDrh bons libraires S uk parole l' INAI is n Prix du Gouverneur général |xlp.intox Re^'oupernenl des éditeurs Mnadiens-lrançais Reflets de la littérature eanadiénm' fr.mi.aise Le répertoire des DVD ODILE TREMBLAY J* avoue que l’illustration de la couverture du Guide Vidéo.TV de l’année, signée Lan-glais (inspirée des oeuvres de Gustav Klimt), frappe par sa beauté et donne vraiment envie de consulter l’ouvrage, placé à telle enseigne.Répertoire des films offerts en vente et en location, avec classification par genres cinématographiques, par décennies, et thématique, ce guide place en exergue les grandes œuvres de l’histoire du cinéma.Un chapitre s’attarde aux meilleures nouveautés du cru, A’Osama à Gaz Bar Blues.Cent DVD extras sont recensés, tout comme les coffrets de collection, de Charlie Chaplin aux Lord of the Rings de Peter Jackson.Ce répertoire s’attarde également aux lauréats des différents festivals et grands concours: Oscars, Jutra, etc.Ajoutez les filmographies des acteurs et réalisateurs, les cotes d’appréciation critiques de Mediafilm, etc.Bref, tout est en place pour vous guider à travers le dédale du cinéma qu’on regarde en pantoufles au coin du feu.GUIDE VIDÉ0-DVD 2005 Sous la direction de François Poitras Avec la collaboration de Mediafilm et de La Boîte Noire Fides Montréal, 2004,899 pages louveaute De la tourmente au doux vent Aux enfants dont les rêves sont anéantis, qu'un bon vent apporte chaleur et espoir.Texte de Marguerite Maillet Illustrations de Ren an Roy Couv.souple ISBN 2-922203-86-7 0.95 S Cckiv nçide ISBN 2-022203-88-î 14.05 S 32 pages Je la littoral anadienne-lt'aiKaiM i>e (a «ourmant* TK>«X VIENT - ' Bouton d or Acadi* 204C-236, ruf St-Georçes.Moncton (N -B.) EK 1W1 Téléphonf 506 3821367 Télécopieur 506 8547577 Courriel boutonorfcnbsympatKoej Les Roses et le Verglas Maurice Henrie • Surtout ne pas bouger, afin de maximiser les elunees de percevoir ncyi pas un.non pas mille, mais tous les mouvements du monde Reflets de La hucutture canadienne-frarx^i g i" 1 Les roses et le verglas / cîcparole |xlp.nl«.x,i NOl'Ml 1 1 S 20 S 100 pages / hspoii/b/e t in-z tom h s MOIS bbhWTs ftnjrfHipemwrt Livres xVi LITTERATURE JEUNESSE Victime de la lecture CAROLE TREMBLAY Dans les années 80, lan Livingstone et Steve Jackson, deux fervents adeptes de jeux de rôles à la Donjon et dragons, ont eu l'idée de génie de transposer leur passe-temps favori en livres d’aventures.Mêlant la fiction et le jeu, ces ouvrages ont connu un succès fulgurant bien au-delà de la décennie 80 qui les a vus naître.Même s'il ne s’en écrit pratiquement plus de nouveaux, Gallimard a encore une centaine de titres en réédition à son catalogue, dont les ventes régulières contribuent à faire gonfler le faramineux chiffre de 13 millions d'exemplaires déjà écoulés.Le principe est simple: le lecteur se voit confier une mission qu’il doit mener à bien en traversant diverses épreuves mettant au défi sa mémoire, sa perspicacité et son sens de la décision.L’auteur français Arthur Ténor a, lui aussi, eu une idée brillante en jouant sur le fantasme ultime du lecteur de ce genre d’ouvrage: que le jeu devienne réel.Dans le dernier roman de cet amateur de fantastique, Alex, un adolescent tout ce qu’il y a de plus ordinaire, entre dans une librairie et achète un bouquin au titre intrigant: Le livre dont vous êtes la victime.A peine l’a-t-il ouvert qu’il est déjà trop tard.Il Arthur Ténor Le livre dont vous êtes la victime il y a vient de mettre le doigt dans un engrenage infernal dont il lui sera impossible de se libérer.Le jeune homme avait pourtant abordé ce qui s’avère être un recueil de nouvelles d’horreur d’un œil un peu sceptique.«Juste trois lignes et je balance cette nullité», pense-t-il.C’est donc avec une grande stupéfaction qu’il entame la lecture de la première page: «Dans trois lignes, mon garçon, tu seras vert de peur, car l’histoire que je m’apprête à te racontera de quoi te congeler le sang.Mais avant, il faut créer l’ambiance trop de lumière ici.» Sur ce, la chambre d'Alex se retrouve plongée dans l’obscurité.Le ton est donne.C’est le livre qui commande et il n'entend pas à rire.Quand la lumière revient.Alex, mû par la curiosité, poursuit sa lecture.C’est à ce mo-ment-là que les ordres commencent.La première épreuve envoie l’adolescent dans un cimetière en pleine nuit refermer des caveaux hantés.11 est ensuite convié sur la scène d’un véritable meurtre.Affolé, le jeune homme veut reculer, mais tous ses efforts pour abandonner le jeu se retournent contre lui.Comme dans Jumanji.Alex devra jouer le jeu jusqu’à la fin.Malgré la complexité du récit, ce roman enlevant, à mi-chemin entre le thriller et le livre d'horreur, harponne sa victime dès le début et la tient en haleine jusqu'à la dernière page.Suspense, surprises et frissons font finalement du lecteur consentant, une victime totalement comblée.LE LIVRE DONT VOUS ÊTES LA VICTIME Arthur Ténor Pocket jeunesse Paris, 2004,191 pages ÉCONOMIE Profit et pouvoir JEAN-FRANÇOIS NADEAU LA CORPORATION LA SOIF PATHOLOGIQUE DE PROFIT ET DE POUVOIR Joel Bakan Editions Transcontinental Montréal, 2004,224 pages Nous nous éloignons, Dieu merci, de l’époque où quelques fumistes prétendaient, dans des essais qui se mordent la queue, que faire de l’argent était aussi facile que d’affirmer que deux et deux font quatre.En vérité, il ne suffit pas de savoir compter.Il faut savoir aussi détourner.Professeur de droit à l’université de Colombie-Britannique, Joel Bakan s'est surtout M connaître comme coauteur et scénariste du documentaire The Corporation.De ces témoignages accablants sur le caractère égocentrique, manipulateur, amoral et irresponsable des «personnes morales» que sont les entreprises, on a tiré un livre vigoureux portai]! le même titre.Le livre, publié aux EdL fions Transcontinental, est à lire pour qui souhaite avoir une meilleure idée des dérives actuelles du capitalisme.Pour Bakan, «nous devons défier la loi des corporations si nous voubns voir grandir les valeurs et les aspirations que les entreprises s’acharnent à détruire: la démocratie, la justice sociale, l’égalité, la compassion.» Le Devoir L£ UVHE QUI A INSPIRÉ LE DOCUMENTAIRE-CHOC Joel Bakan la soif pathologique de profil et de pouvoir LES PENSEES 3JJIATA9 M3 À LA LIBRAIRIE GALLIMARD À l’occasion de la pièce LES MAINS, EiRIKb J présentée au Théâtre de Quat’Sous DIRECTEUR ARTISTIQUE ET CODIRECTEUR GÉNÉRAL DU THÉÂTRE DE QUATSOUS RENCONTRE., DAPHNEE POIRIER SOCIOLOGUE DANS LE CHAMP DE LA CULTURE DES SOURDS JEUDI LE 11 NOVEMBRE DE 17h30 À 19h à la librairie GaKintard, 3700 Boulevard Saint-Laurent, Montréal POUR INFORMATIONS : 514 /499 2012 UNE COLLABORATION "AcriyffGR^yiS- théâtre de ttUAT SOUS éraim Gallimard WWW.GAUiMAROMONntEAL.COM Tempête, rock & roll et mystères G 1 S E 1.E DESK O C H E S L* auteure et illustratrice Caroline Mérola se taille r peu à peu une place respectée en littérature jeunesse.J'aimerais vous dire qu’elle manie aussi bien la plume que le pinceau.Pans Les Mystérieuses Figurines.paru à La Courte Échelle, les deux talents de l’auteure se conjuguent avec finesse1 et nuance.L’histoire concerne Marco, un des quatre amis de la sérié Coco Bonneau.Il trouve quatre figurines mises au recyclage par sa voisine italienne madame Biscot-ti.Les événements de la journée se bousculent, laissant croire à Marco (et au lecteur) que les figurines sont peut-être dotées d’un certain pouvoir.Ën tout cas.les coincidences sont troublantes et si bien arm-nées que le doute est seine.11 n’en fallait pas plus pour permettre de traiter de l’héroïsme, des petits sauvetages et du courage qui passe parfois inaperçu.Très joli roman.LES MYSTÉRIEUSES FIGURINES Textes et illustrations de Caroline Mérola La Courte Échelle, coll.«Premier roman», Montréal, 2004.64 pages Il y a quarante ans, dans la foulée de la «bealle-manie», les formations musicales de rock poussaient au Québec comme des champignons.L’auteur Alain M.Bergeron, ayant lui-même tâté de la guitare dans un groupe semblable bien que plus tard dans les années 80, décide d’en faire la trame de son roman pour adolescents.Les Tempêtes, paru chez Soulières éditeur.Dans un garage de Victoriaville, quatre jeunes fans, croyant en leur rêve, décident de former un groupe.Ils chantent bientôt leurs propres compositions.Ils sont même recrutés par un gérant qui leur propose de faire la première partie du spectacle des Beatles au Forum de Montréal.La fougue et la naïveté de la jeunesse sont rendues comme si on y était.Une ambiance du tonnerre — pardonnez le jeu de mots — entoure la narration des débuts, le premier spectacle, le premier passage à la télévision à Jeunesse d’aujourd’hui, les premières entrevues.Bien documenté, le récit entremêle si bien fiction et réalité que bien finaud qui réussit à s’y retrouver.Un CD des quatre succès (réels) du groupe (lequel?), joint au roman, ainsi qu’un site Internet (www.les-tempetes.com) achèvent de convaincre.La plume alerte et trempée dans l’humour (certains passages sont tordants), l’auteur nous fait parcourir en un éclair et en souriant une page de la petite histoire musicale de l’époque des baby-boomers.Un bon moment de lecture.LES TEMPÊTES Alain M.Bergeron Soulières éditeur, coll.«Graffiti» Montreal, 2004.236 pages U's deux tomes de L’Ecole de l’au-delà (L'Entre-deux et Le Kcvcil) convient l’enfant lecteur à une in-.offensive et originale incursion à Intiniville, d;ms le royaume de l’après-vie.Lucia Florès, qui nous avait donné le savoureux Congrès des laids, propose ici un univers étrangement semblable à la réalité nord-americaine, c’est-à-dire que les enfants y vont à l’école, obéissent à des règles qu’ils transgressent parfois, assistent à des simulacres de repas et vivent dans des villes.Quelques vivants, invités à une journée portes ouvertes, y cherchent réponse à des questions lancinantes telles que: «0« est passé mon jumeau mort à ma naissance?» ou encore: «Qu'ai-je en commun avec mon arrière-grand-père dont on m’a donné le prénom?» Wallace, neuf ans, y fera la rencontre inattendue de Sidonie, une Entre-deux (fillette dans le coma), à qui il est interdit de parler.Elle trouvera néanmoins le moyen de lui confier une mission qui lui tient à cœur: guérir une dame dtf monde des vivants qui a la phobie des enfants.Des pistes de lecture partent dans tous les sens, rebondissent, se croisent, trouvent leur résolution, mais le plus intéressant demeure le fantastique «au-delà», palpable et esquissé à hauteur d’enfant.1-a curiosité du lecteur reste attisée jusqu'à la fin.L’ÉCOLE DE L’AU-DELÀ Tome 1: L’ENTRE-DEUX Tome 2: LE RÉVEIL Incia Florès Illustré par Yayo Hurtubise HMH, coll.«Caméléon» Montréal, 2004,112 et 96 pages ItCOUÇf mm Le Noroît www.lenoroit.com Semonces, svlkitaes ï nuit un t r» U N * A ÏM A U tM ?A » i f « Bahman Sadighi SEMENCES, SYLLABES Martin Thibault UN RADEAU DE PAPIER Jean Royer AU SEUIL DE LTNESPÉRABLE Reflets le la littérature caiiadieiiiie-lniiK.iise O ! ouveaute Que repose Serge Patrice Thibodeau Salon du Livre de Montréal 2004 Que repose, poésie 120 pages, ISBN 2-922992-13-6, 16,95 $ « Que repose se rapproche davantage des suites pour violoncelle seul ou des petits ensembles de musique de chambre propres au langage intimiste et contemplatif.» La poésie de Serge Patrice Thibodeau lui a valu une reconnaissance nationale et internationale soulignée entre autres par le Prix du Gouverneur général du Canada.Que repose est son onzième recueil de poésie./V Iittp://m l.( n .- ^ , r!p! ; : FELICITATIONS Au Festival de TROIS, Lauréat du Prix Événement artistique 2004.décerné par le Conseil de la Culture de Laval HKVf FISCHFt LE DECLIN DE L'EMPIRE HOLLYWOODIEN NAVIGATIONS TECHNOLOGIQUES F 10 LE DEVOIR.LES SAMEDI 6 ET DIMANCHE 7 NOVEMBRE 2 0 0 4 Bloc ïOTES VITRINE DU DISQUE Monsieur Lambert va de l’avant Odile Tremblay Culture en dérive imanche soir dernier, quand Guy A Lepage a garroché le trophée de Richard Desjardins en coulisse du Gala de l’ADISQ, après que le poète eut boudé son émission et la cérémonie, on a vu deux univers entrer en collision.D’un côté, Lepage, ses gags et sa roue, avec l’arrogance du roi des ondes, assis sur les cotes d’écoute de Tout le monde en parle.De l’autre, Desjardins, poète des abîmes, éloquent par son absence, courtois au lendemain de l’incident mais un demi-sourire aux lèvres qui flotte encore.Et laissons aux poètes l’arme du «Non merci!» face au raz-de-marée de l’humour et du divertissement à tout prix, qui n’en finit plus de tasser la culture dans un recoin.Que le créateur de Kanasuta trouve encore son public et rafle les prix du disque malgré la vague des rimailles à trois sous est déjà bon signe.Signe que les gens savent reconnaître la poésie lorsqu’elle s’offre à eux.Faudrait juste leur en proposer plus souvent.Non, ils ne sont pas dupes, les Québécois.Après le geste disgracieux et les stupides jeux de masques de Lepage au gala, le public a protesté à pleines tribunes pour dire: hep! Richard Desjardins est un monsieur qui mérite considération et respect même quand il ne vient pas à votre party.Et les trépignements de l’animateur n’ont fait qu’accentuer le fossé entre leurs deux univers.Lepage s’excusera demain soir, parce que ses téléspectateurs se sont retournés contre lui.Tout le monde en pariera toute la semaine, versant encore plus d’eau à son moulin.Desjardins chantera devant une audience silencieuse.Deux continents en face l’un de l’autre.Celui de l’art et celui du divertissement Mais c’est celui de l’étage du dessous qui s’étale sur les ondes, qui prend ses aises et gagne du terrain.Pas étonnant qu’il se soit cru autorisé à biifouer le poète absent D a le vent en poupe.Depuis le début de l’automne, on voit nos institutions dérouler plus que jamais le tapis rouge au rire facile, à l’art jetable après usage.Pourtant la culture, même avec un grand C, existe encore.Et Dieu sait à quel point les artistes québécois peuvent exceller au cirque, au théâtre, en chanson, en danse et ailleurs.Mais on les déloge des agoras, ou bien ils y passent en coup de vent pour répondre à des questionnaires piégés sur un plateau mort de rire.Radio-Canada s’était tenue longtemps sur la ligne de partage des eaux, cherchant à éduquer d’un bord, à divertir de l’autre, au mieux en mariant les deux courants.Aujourd’hui, culture, dites-vous?Personne ne semble plus savoir quoi faire avec cette substance qui sent le soufre de l’élitisme.Nous vivons dans un monde où l’étiquette d’intellectuel équivaut au sceau de l’infamie, alors.11 sufffl de jeter un œil au tableau d'ensemble.A la radio d’Etat, Espace musique dilue sa sauce depuis septembre en réduisant le temps d’antenne au classique, au jazz, aux chansons à textes, jusqu’à nous faire oublier le sens du mot culture.La télé de la SRC a assis Tout le monde en parle sur son meilleur créneau du dimanche soir, en tassant du pied sa mission culturelle.Au même moment tiens donc! l’avenir de Télé-Québec est scruté par les compères.On sent que plusieurs bonzes voudraient bien l’envoyer se rhabiller avec des costumes plus clinquants que ses habits d’intellos, trop sérieux au bal des fous.Même le 27f Salon du livre de Montréal s’offre ce moisci une crise d’identité.Plutôt que de mettre le cap sur la littérature, il a choisi la gastronomie et l’art de vivre comme thèmes et appâts.Elle n’a pourtant pas trop de tribunes où s’afficher, la littérature, vu que les médias de masse la cachent dans le placard à balais.De grâce, laissez-lui son salon annuel.On n’a rien contre les livres de cuisine.Mais voir la littérature se mettre à l'ombre des pâtés en croûte donne un choc.Phis assez ragoûtante pour attirer le client dans son propre salon, obligée d’appeler le chef cuisinier en renfort pour sa réclame, cette littérature.Démission de société, vous dites?Un signal est envoyé, partout, à pleins médias: la culture arrimée aux grandes traditions est un croque-mitaine qui doit s’effacer devant les clowns des parcs d’amusement et les jambons braisés.Reléguée aux soirées de gala pour impressionner la galerie, le reste du temps on lui fait avoir honte d’exister, à cette culture-là Allez, ouste! Quand sonne l’heure des grandes foires commerciales et des émissions-vedettes, les livres, la musique classique ou même le jazz et la chanson à texte retournent dans leur placard à balais, où on leur demande d'éviter de faire du bruit de peur d'effaroucher le client.Oui, la grande culture disparaît de nos agoras.Impardonnable démission d’une société qui renonce à attirer son monde vers le haut.L'art se réduit aujourd’hui au produit à rentabiliser dans un monde de divertissement.Former une vraie relève de créateurs avec un public assez cultivé pour pouvoir l'apprécier ne semble plus un projet collectif.L’heure est au court terme et les générations montantes n'ont plus le choix du menu.Où s'en va donc cette triste galère?Alors oui, quand Desjardins répond par son absence aux bavardages sans écho servis au public en guise de culture, on éprouve la joie d’une petite revanche, mince, éphémère, mais si douce au cœur.«La poésie fout le camp.Villon», soupirait Ferré.Mais elle est encore capable de faire un pied de nez.otrem blayCaJedevoir.com RÉCIDIVE Monsieur Lambert & compagnie La Prûche libre C* est d’abord le geste qu’on admire id.Lambert a troqué sa sécurité d’emploi aux commandes des lacets de La Bottine souriante pour le vertige de la création en son propre nom.Fallait l’oser.Aujourd’hui, on applaudit Avec Récidive, il poursuit l’aventure, la belle, ceDe-là-même qui avait mené La Bottine du côté du jazz et des rythmes afro-cubains.Aventure faite de métissages, d’exploration et d’audace, avec les pieds encore et toujours bien plantés dans la musique traditionnelle.Alors que La Bottine a choisi de faire du sur-place artistique tout en faisant de l’argent en tournée, monsieur Lambert, lui, botte bien des derrières et va de l’avant Cela donne Rwita, où il tente l’improbable rencontre d’une chanson du répertoire de Jean-Paul Guimond et du blues électrique.Dans sa Suite pour l'indépendance, il intègre pareillement boogie, gigue écossaise et reels de la famille Soucy.Lambert s’essaie aussi à la ballade folk, à la manière d’un troubadour charnel: cela s’appelle La Fruitière et c’est suivi d’un Caprice (ou l’éloge de la main droite), une valse musette.Mais la plus belle réussite est peut-être la chanson traditionnelle du répertoire de Jean-Paul Guimond, actualisée par Lambert, qui parle dorénavant autant de chasçe aux canards que de guerre en Irak cela s’intitule A l'abri des bombes et ça se déploie sur fond de tapochage de pieds et de sonorités arabisantes, gracieuseté des collaborateurs Hassan El Hadi et Mohamed Raky.Toutes ces soudures tiennent parce que Lambert n’oublie jamais d’où il vient (du milieu trad), ce qu’il est (un bon vivant), ce en quoi il croit (l'indépendance politique et artistique): autant de prises à la terre qui lui permettent de s’ouvrir véritablement à l’Autre avec un grand A Souverain dans sa maison, il en ouvre grand les portes.Bel exemple.SylvainCorm ier VILLE ÉMARD BLUES BAND AU COMPLET 1973-1975 Ville Emard Blues Band ProgresSon Musique (Dep) Ville Emard Blues Band était bien plus qu’un collectif composé de musiciens et de chanteurs — plutôt des chanteuses, en fait — qui butinait autour du studio d’enregistrement du bassiste Roland «Bill» Gagnon, lequel studio se trouvait à Ville Emard.C’était aussi, dans l’appellation même, la prise de possession d’un territoire et la mise en commun de ce que la musique québécoise avait accouché de meilleur au début des années 70.C'étaient les musiciens de Charlebois, de Ferland, de Dubois, des Pierre Nadeau (le fameux Gros Pierre de la chanson, aujourd’hui décédé), de Michel Robidoux, etc.C’était Lise Cousineau, fraîchement émancipée des Alexandrins, alors en plein trip africain avec Michel Séguin dans Toubabou.C’étaient Christiane Robichaud, Rawn Blankley, Yves Laferrière, qui œuvraient déjà en parallèle avec Contraction.C’était le batteur Denis Farmer et le guitariste Robert Stanley, qui allaient se retrouver avec l’Harmonium de L’Heptade, etc.Et d’autres encore.Bref, une saprée belle gang, qui produisit brièvement mais intensément de la saprée bonne musique.Une musique éclatée, dans le genre des grosses formations qui accompagnaient en ce temps-là des gens comme Joe Cocker ou Frank Zappa: beaucoup de cuivres, beaucoup de percussions, du rock progressif, du funk, du folk et du psychédélique, mais aussi de très belles mélodies que l’on redécouvre.Ce sont ces ballades qui, à mon sens, ont le mieux vieilli: Ode à une belle inconnue, Indian Giver God, In Our Loneliness, Le Chemin, et surtout Sainte-Mélanie Blues.Les gens de ProgrèsSon, à qui nous devons cette intégrale, ont vraiment bien fait les choses: le livret est très documenté, le matriçage bichonné par Bill Gagnon lui-même, et tout y est les deux albums (avec une chanson en plus, Va t’en vite, retranchée à l’époque du Uve à Montréal), plus les versions rarement entendues des deux 45-tours introuvables du groupe.Compilation indispensable, vous pensez bien.Entre Chariebois et Harmonium, c’est rien de moins que le chaînon manquant S.C.K 1.K C T K O DEPECHE MODE Remixes 81-04 (Warner Music) En posant les yeux sur la pochette, la question s'impose d’elle-même: pourquoi un groupe dont les compositions n’ont pas pris une ride depuis 1981, mais aussi un groupe qui a toujours su ajuster ses échantillon-neurs pour s’inscrire dans l’air du temps, présente-t-il aujourd’hui un assemblage de ses meilleurs titres revus au goût du jour?Four revenir un peu à l’avant-scène et pour le plus grand bonheur des trentenaires mélancoliques sans doute, répond-on après une douce promenade à travers les trois volumes de cette compilation.Cette nouvelle rencontre avec Martin Gore, Andrew Fletcher, Vince Clarke, David Gahan et consorts — les british électro derrière Depeche Mode — était attendue.Sans regret d’ailleurs, une fois des expositions répétées à leurs Just Can’t Get Enough, Personal Jesus, Enjoy The Silence ou encore Master And Servant conjugués au temps des années 2000.On l’aura donc compris: ce trio de galettes se consomme avec délice et surprise lorsqu’on se met à frayer avec les relectures des œuvres de Depeche Mode tir la litUTalinv uvnauioniKMiàiKAisi uveauté Hélène Harbec Invitée d’honneur Salon du Livre de Montréal 2004 Les Voiliers blancs, roman 232 pages, ISBN 2-922992-12-8, 24,95 $ « Petit livre fragile, tendre et drôle à la fois, écrit avec simplicité dans une prose libre et buissonnière [.] » - Suzanne Giguère, Le Devoir Née au Québec, Hélène Harbec vit à Moncton depuis 1970.Son recueil de poésie.Va, a remporté, en 2002, le prix littéraire Antonine-Maillet/Acadie Vie.proposées par Goldfrapp, Mike Shinoda, Ulrich Schnauss, Headcleanr ou encore Timo Maas.Mais même avec des rythmes, des arrangements et des sonorités du moment, ce Remixes 81-04 n’en demeure pas moins une incroyable porte d’entrée dans la mémoire de chacun: «Je commençais à sortir dans les bars de Québec sur cette chanson!», dira l’un, «fai rencontré ma première blonde à l’époque de Question Of Lust/», dira un autre.Nostalgie, quand tu nous tiens.Fabien Deglise (2 t !-: NOUVEAUTÉS ATMA Schubert Quintette «LaTruite», D.667.Adagio et Rondo concertant D.487.Les Chambristes du Canada ATMA ACD 2 2346.Toumemire: 12 Préludes-Poèmes.Lise Boucher (piano).ATMA ACD 2 2329.Ce n’est pas tous les jours fête.Je saluais récemment ici l’excellence du CD Bach de Bernard Labadie chez ATMA Les amateurs du quintette «La truite» de Schubert trouveront là un enregistrement ni vraiment pire, mais certainement pas meilleur que la trop longue cohorte des versions moyennes de ce chef-d’œuvre si mal servi au disque (choisissez Christian Zacharias et le Quatuor de Leipzig chez MDG).La première gêne est sonore: étonnant quand on est à Foiget avec Johanne Goyette en régie! Le piano, omniprésent et manié avec la subtilité d’une dactylo, semble s’inscrire dans une autre acoustique, une sorte de halo coloré.A cela s’ajoute la manie du violoniste d’appuyer avec contentement certaines notes et accents.L’ensemble ressemble à un raide duo piano-violon avec instruments d’accompagnement qui donnent un peu de moelleux et de finesse: bref, Tide® et Downy® réunis dans le même ruisseau! Allez comprendre: dans la même salle, Johanne Goyette enregistre en mars 2004 un piano parfait, sonnant idéalement sous les doigts de Lise Boucher dans les Préludes-Poèmes, parfois un peu arides, de Charles Tournemire (1870-1939), le célèbre organiste.Le principal intérêt des Préludes-Poèmes, que Lise Boucher avait déjà enregistrés pour Fonovox, un CD paru en 1997, est de présenter un chaînon stylistique manquant entre les œuvres de Debussy et de Ravel (mais en marge de ceDesci) et les Vingt regards sur l'Enfant Jésus de Messiaen.Pour les amateurs de piano français du XX' siècle, c’est assurément un disque d’approfondissement à connaître.Christophe Huss .1 A Z Z LAND OF THE SUN Charlie Haden Étiquette Verve Sacré Charlie Haden! Peu de musiciens sont aussi curieux des autres que lui.On entend par-là les autres horizons sonores, fl y a une trentaine d’années de cela, le contrebassiste aux pieds nus avait réalisé un album de duos aux tempéraments contestataires.Il y était notamment question de l’Angola et du Portugal, celui d'avant la révolution des œillets.Cet album fut la première tentation voyageuse de Haden.Après le Portugal, il y eut la jungle amazonienne en compagnie d’Eg-berto Gismonti et les fjords norvégiens avec J an Garbarek.Puis, il a remonté le cours du gospel en compagnie du pianiste Hank Jones avant d’explorer les bas-fonds de La Havane avec le pianiste Gonzalo Rubalcaba comme guide.Aujourd’hui, Haden est au Mexique.En fait, il en revient.fl y a quelques années, Haden s’est pris d’une grande affection pour les thèmes doux et lents qui avaient fait la réputation du compositeur José Sabre Marroquin.Avec le soutien de Rubalcaba, Haden a concocté des arrangements qui se caractérisent par leur richesse, leur amplitude.Bref, des arrangements aussi chic que les exigences vestimentaires des casinos de la Vieille Europe.Il a invité le saxophoniste Joe Lovano et d'autres souffleurs, sans oublier un des batteurs favoris de Dizzy Gillespie, soit Ignacio Berroa.L’album s’avère au fond une longue ballade.Le tempo est en effet toujours lent C’est riche, c’est original.Cela plaira à tous ceux qui apprécient la musique du monde fondue dans un peu de jazz.Serge Truffaut SOURCE VERVE Charlie Haden http://iecf.ia Le vin se féminise le guide de Jean Aubry aussi ! O O C*4 >* OQ -et u-i O S o LeslOO meilleurs vins ?OUf fous les budaets • Disponibles loufe l'armée les Éditions 41 Transcontinental J Le tout nouveau guide Aubry 2005 : Les 100 meilleurs vins pour elle Un guide ludique, réjouissant et hyper pratique conçu spécialement pour les femmes.242 pages • 18,95 S • Dans toutes les bonnes librairies Les Éditions Transcontinental
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