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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2004-11-16, Collections de BAnQ.

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OTTAWA Nouvelle controverse au sujet du bouclier antimissile Page A 3 w w w .1 e d e v o i r.c o ni * ¦ ** IRAK Les règles de la guerre sont bafouées à Fallouja, dit Amnesty International Page A 5 LE DEVOIR New York célèbre son musée d’art moderne -.' i'Aj DON EMMERT AGENCE FRANCE-PRESSE Les époques s’entrecroisent dans le nouveau musée d’art moderne de New York.Ainsi, une sculpture monumentale de Barnett Newman, Broken Obelisk, côtoie les Nénuphars, de Monet (mur du fond).Un nouveau MOMA de 858 millions, grandiose, et pourtant discret MICHEL HELLMAN New York — Dans le monde de l’art, c’est l’événement de l’année.Hier matin, lors d’une visite de presse spéciale, les journalistes invités ont pu entrevoir en avant-première la très attendue réouverture du musée d’art moderne de New York, le MOMA.Sa célèbre collection de peintures et de sculptures du XIXe et XXe siècle, exposée depuis près de quatre ans dans un entrepôt de Queens, est enfin de retour au cœur de Manhattan, dans un bâtiment transformé: avec un budget totalisant la somme astronomique de 858 millions de dollars canadiens, c’est un des projets les plus coûteux n’ayant jamais été entrepris par une institution culturelle.Il va sans dire qu’il s'agit de la plus importante rénovation qu’ait connue cette institution depuis son ouverture en 1929.Difficile d’imaginer qu’il y a 75 ans le MOMA n’était qu’une idée soutenue par quelques femmes aisées désireuses de présenter les avant-gardes européennes à un public américain.Le musée n’oc- cupait alors que deux étages dans un immeuble loué.Mais, dix ans plus tard, le président Franklin Delanoe Roosevelt le considérait déjà comme une institution nationale de première importance.De nouveaux espaces Dessiné par l’architecte japonais Yoshio Taniguchi, l’édifice s’étend désormais de la 53e à la 54e avenue et occupe, sur six étages, une surface totale de près de 58 000 m2: presque deux fois l’espace auquel avaient accès les visiteurs ces dernières années.En plus des salles d’exposition et des bureaux administratifs, des espaces ont également été conçus pour accueillir un restaurant, un café, une librairie et des salles de projection.Un étage est consacré aux œuvres vidéo et multimédias, un autre à l’architecture, au design et à la photographie.Deux étages nous présentent la collection permanente et deux autres les expositions temporaires.Signe des temps, l’entrée immense, avec son plancher renforcé, est conçue VOIR PAGE A 8: MOMA MANNIE GARCIA REUTERS Colin Powell a remis sa démission, hier, à Washington.Powell passe la main Rice devrait être nommée au po§te de secrétaire d’Etat GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Après quatre années difficiles passées à la tête de la diplomatie américaine, le secrétaire d’Etat Colin Powell a remis hier sa démission au président George W.Bush, qui perd ainsi le plus modéré des membres d'un cabinet désormais laissé à la main des «faucons».M.Powell, figure de proue de la guerre du Golfe en 1991, restera en poste jusqu’à la nomination de son successeur.Hier, la valse des rumeurs indiquait que le choix serait fait entre la conseillère à la Maison-Blanche pour la sécurité nationale, Condo-leezza Rice, et l’ambassadeur améri- cain à l’ONU, John Danforth.Toutefois, au moment de mettre sous presse, la nomination de Mme Rice semblait acquise, selon des sources à Washington.Le président Bush a officiellement accepté la démission de Powell, qui était prévue depuis longtemps.Elle intervient alors que Washington fait face à de nombreux dossiers brûlants, notairiment avec la guerre en Irak et les bouleversements politiques au Proche-Orient après la mort du leader palestinien Yasser Arafat.Le secrétaire d’Etat doit d’ailleurs se rendre en Cisjordanie la semaine prochaine pour y rencontrer les successeurs d’Arafat VOIR PAGE A 8: POWELL Trois autres membres .du cabinet de Bush ont démissionné hier ¦ Le général-diplomate, page A 5 • ¦ L’éditorial de Jean-Robert Sansfaçon, page A 6 TIM SHAFFER REUTERS Poursuite contre Conrad Black Bergeron, le Livingston montréalais ?Le maire de Londres inspire le chef du nouveau parti municipal Projet Montréal Le «Plan vert» est remis à Tan prochain LOUIS-GILLES FRANCŒUR La Securities and Exchange Commission a déposé une poursuite contre Conrad Black et son associé de longue date David Radier.L’organisme de réglementation des marchés boursiers aux Etats-Unis les accuse d’avoir puisé dans les coffres de Hollinger International pendant une période de quatre ans comme s’il s'agissait de leur «tirelire personnelle».Dans sa poursuite, la SEC réclame l’imposition d’amendes contre MM Black et Radier ainsi que Hollinger, le remboursement des gains qu’ils auraient obtenus au moyen de diverses transactions réalisées entre 1999 et 2003, ainsi qu’une interdiction pour les deux hommes d’agir comme dirigeants ou membres du conseil d’administration de sociétés inscrites en Bourse.¦ À lire en page B 1 INDEX Annonces.B 4 Avis publics.B 5 Culture.B 7 Décès.B4 Économie.B 1 Éditorial.A 6 Idées.A 7 Météo.B 4 Monde.A 5 Mots croisés.B 5 Sports.B 6 Télévision.B 7 Le chef de Projet Montréal, nouveau parti municipal axé sur le «développement durable», rêve pour lui et sa formation d’un fabuleux destin à la Ken Livingston, ce maire de Londres non conformiste qui a été réélu en juin contre toute attente, même après avoir imposé des péages aux automobilistes désirant atteindre le cœur de la capitale britannique, et ce, pour y privilégier les transports en commun.«Les gens sont prêts pour ça, regardez la position du Québec sur le Suroit!», dit le nouveau politicien.ANTOINE ROBITAILLE Tous les procédés de la bataille électorale exigent d’un homme cer-taines qualités, mais la conduite de l’Etat en exige d’autres complètement différentes et qui n’ont rien de commun avec les premières», écrivait Alexandre Soljénitsyne en 1990.Phrase troublante, qui traduit l’ampleur du pari dé- JACQUES GRENIER LE DEVOIR Richard Bergeron, infatigable pourfendeur de l’automobile.mocratique.Richard Bergeron l’incarne en quelque sorte.Chef de Projet Montréal (PM), nouveau parti municipal consacré le 7 novembre par une assemblée de fondation au Centre Saint-Pierre (lieu mythique du Rassemblement des citoyens de Montréal, le RCM), il a assurément toutes les compétences possibles et imaginables pour devenir premier citoyen de la métropole.Mais, électoralement, rien, vraiment rien, n’est acquis.VOIR PAGE A 8: BERGERON Le Plan vert promis dans le programme libéral lors de la dernière élection ne verra pas le jour avant l’an prochain, peut-être même pas avant la fin de l’automne prochain, soit deux ans après le moment initialement fixé par le gouvernement Charest pour sa divulgation.C’est ce que Le Devoir a appris de diverses sources hier, selon lesquelles le Plan vert, qui doit normalement contenir une réingénierie environnementale de l’ensemble de l'activité gouvernementale ainsi que des politiques économiques et fiscales, sera remplacé d’ici quelques semaines par un Plan de dévelop- j ^ pement durable.Le ministre de Muïcaîr l’Environnement, Thomas Mul-cair, entretiendra d’ailleurs samedi les délégués du prochain congrès libéral de sa philosophie et de ses nouveaux projets en la matière.Au beu de la réingénierie verte promise pour l’automne 2003, le nouveau Han de développement durable se réduira à un «document d’orientation» que le ministre Mul-cair publiera dans les deux prochaines semaines.C’est à cette occasion que le ministre divulguera son projet de VOIR PAGE A 8: PLAN V4 fi > A 2 LE DEVOIR, LE MARDI 16 NOVEMBRE 2004 LES ACTUALITES La CSN rappelle au gouvernement Charest que les syndiqués ont la mémoire longue ÉDUCATION CLAIKANDRÉE CAUCHY La CSN relance la machine de mobilisation en entamant une «semaine du souvenir» pour souligner le premier anniversaire de l’adoption de lois «antisyndicales et antisociales» et dissuader le gouvernement d'aller de l’avant avec les PPP.Environ 500 syndiqués ont visité hier des bureaux de ministres et de députés libéraux de la région de Montréal.Des centaines de drapeaux de la CSN flottaient hier matin au Carré Phillips, devant les bureaux de l’Institut pour les partenariats public-privé.Pendant que la foule scandait des slogans, une marionnette géante à l’effigie de la présidente du Conseil du trésor, accompagnée du lutin grincheux, est allée porter une affiche présentant Jean Charest en Patapouf, où il était inscrit «gouvernement à vendre».Les syndiqués dénoncent les lois, adoptées l’an dernier sous le bâillon, qui empêchent la syndicalisation des responsables de services de garde en milieu familial, facilitent le recours à la sous-traitance, augmentent les tarifs des garderies, «excluent la société civile» des centres de décision régionaux et forcent la fusion des accréditations syndicales en santé.Au-delà du requiem pour dénoncer «le sabotage des acquis sociaux», la CSN a aussi dans sa mire le projet de loi créant l’Agence sur les partenariats public-privé, dont l’adoption est prévue dans les prochaines semaines.«Le projet de loi 61 prépare une épidémie de privatisations et de partenariats public-privé.J’accuse le gouvernement Charest de mentir à la population, en disant qu'il va y aller doucement.On voit s’allonger la liste des PPP à travers des Jitites dans les médias», a dénoncé la présidente de la CSN, Claudette Carbonneau.Les différents articles publiés récemment démontrant que la pluie de sous-traitance annoncée par les syndicats ne s’est pas abattue sur le monde du travail n’incitent pas la présidente de la CSN à désarmer: «Il va falloir un cycle complet de cinq à sept ans pour voir les effets dans les relations de travail.» Privés de la protection du Code du travail, les syndiqués redoubleront d’ardeur pour que leurs conventions collectives les prémunissent contre la sous-traitance, pense Mme Carbonneau.Déjà, cet enjeu figure au cœur de plusieurs conflits de travail, ajoute la syndicaliste.Il lui est cependant impossible de citer un seul cas d’entreprise qui a eu recours à la sous-traitance grâce aux nouvelles dispositions du Code du travail.Si la CSN a renoncé pour l’instant à appliquer son mandat de grève sociale, elle pourrait y revenir si les conditions étaient réunies, soit une participation des autres centrales.«Mais ce n’est pas parce qu'on n’applique pas ce moyen de pression qu’il y a une accalmie pour autant», a précisé Mme Carbonneau Outre la tournée des élus montréalais, des manifestants se sont également réunis hier devant le bureau du ministre Claude Bé-chard dans le Bas-Saint-Laurent et devant le Parlement à Québec.Les syndiqués CSN entendent aussi «perturber» les milieux de travail jeudi.Cette mobilisation culminera en fin de semaine, alors que des syndicats et des groupes sociaux convergeront vers Montréal, pour le congrès du Parti libéral du Québec Le Devoir Montréal cité de la musique 2004 Neuf concerts exceptionnels présentés sur les ondes d'Espace musique et dans 25 pays.mm ¦ du 21 au 28 novembre.www.radlo-CQtiQcla.ca/montTealmuslqu« WÊÊÈÊÊÊÈÊë -gj ESPACE MUSIQUE 100,7 FM EM”! *** ’ KVI jft I TOURISME Montréal LE DEVOIR Montréal© ] AIR CANADA (jk) Les écoles de ville ont besoin d’une aide semblable aux écoles de village La baisse démographique aura des conséquences néfastes si Québec n'ouvre pas ses goussets, prévient la CSDM MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Pour panser les plaies laissées par de soudaines diminutions du nombre d’élèves, les commissions scolaires des centres urbains veulent elles aussi une aide financière particulière pour renflouer leurs coffres, à la manière des écoles de village.Lors d’un conseil général spécial, il y a une dizaine de jours, la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ) a été ainsi mandatée par certains de ses membres issus des villes — dont la Commission scolaire de Montréal et la Commission scolaire de Laval — pour faire des «représentations» auprès du ministre de l’Education à cette fin.«Ce financement est nécessaire pour préserver la qualité des services éducatifs dispensés dans l’ensemble des écoles», notait la CSDM à ce sujet la semaine dernière, dans une résolution de son conseil des commissaires à propos du plan triennal d’immobilisation.Aux prises avec une diminution de clientèle de l’ordre de 2 % cette année — une première! —, la CSDM consulte actuellement sa communauté pour trouver une manière de fonctionner avec quelques centaines de milliers de dollars en moins.«Nous faisons face à une nouvelle réalité, en effet, qui est celle de la baisse démographique dans les centres urbains, alors qu’on a surtout entendu parler des écoles de village dans les dernières années», explique Denis Pouliot, directeur des communications à la FCSQ.«Les commissions scolaires nous ont demandé en effet de faire des représentations à ce sujet auprès de Québec.» Québec, qui verse déjà une douzaine de millions — sur deux ans — pour le maintien des écoles de moins de 100 élèves en région, réplique à cela qu’il a déjà prévu dans ses crédits quelque 28 millions pour soutenir les commissions scolaires, quelles qu’elles soient, qui subissent les effets pervers des baisses démographiques.Au-delà du premier pour cent de dimipution d’élèves, le ministère de l’Education soutient la commission scolaire pour les coûts de système rattachés à la baisse de clientèle, explique l'attachée de presse de Pierre Reid, Caroline g r~ "r 14 *z J* sgJJtffpB ISf .asS : , .Richard.Sans verser le montant lié à l’élève — quelque 6000 $ — le ministère apporte une aide pour tout le soutien technique qui entoure la perte de cet élève (entretien des immeubles, etc.).A Laval, une chute de 8 % d’élèves oblige la CSDL à revoir son organisation, faisant des parents mécontents.Le manque à gagner est tout simplement de dix millions de dollars, arguent les autorités de l’organisme, qui sont à l’origine de la résolution votée le 5 novembre dernier à la FCSQ.A Montréal, où l’annexion ou la fermeture d’une vingtaine d’écoles primaires était possible pour les deux prochaines années, on a décidé de faire une pause d’un an sur tout mouvement «En faisant une consultation, nous nous exposions à revoir notre hypothèse de départ», explique Diane De Courcy, présidente de la CSDM.«C’est vrai que c’est rare qu'il y ait un recul de la commission scolaire, mais c’est ça que la consultation nous a donné: la communauté nous indique que ce n’est pas la voie à suivre.» C’est donc le statu quo pour 2005-2006, ce qui ravira les parents inquiets.La CSDM prévient quand même: «Notre problème demeure entier, parce que, globalement, il y a une diminution d’élèves à laquelle nous devons faire face», poursuit Mme De Courcy.Si une aide financière particulière du gouvernement ne vient pas combler ce vide, la CSDM prévoit que «les coûts que représente le maintien des petites écoles seront assumés par les plus grandes écoles, ayant pour effet de diminuer globalement la qualité des services éducatifs dont le ratio maître-élèves».Rien de neuf, prévient la présidente, puisque «c’est déjà le cas, tant nous manquons de ressources».L’Alliance des profes- ARCHIVES LE DEVOIR seurs de Montréal se désole toutefois de cette partie de la résolution votée la semaine dernière.«Je trouve que c’est une grosse pression à porter pour les plus grosses écoles», explique Pierre Samt-Ger-main, présidente de l’APM.La CSDM envisage par ailleurs de fermer l’école secondaire Pier-re-Dupuy et de créer plutôt une toute nouvelle école destinée au dernier cycle du primaire et aux trois premières années du secondaire.La formule du pensionnat pourrait y être accolée.«Les parents du quartier cherchent un meilleur encadrement pour leurs enfants, ça pourrait répondre à un besoin», explique le commissaire Paul Trottier, qui est porteur de ce projet.La CSDM doit d’ailleurs lancer, à la fin du mois de décembre, une étude de faisabilité pour évaluer le projet, et notamment ses coûts.Le Devoir ?McGill S./ Les nouveaux défis en éducation au Quels rôles l'État québécois doit-il et peut-il jouer en éducation ?Symposium pour souligner' le 40e anniversaire de la création du ministère de l'Éducation du Québec et du Conseil supérieur de l'Éducation • 40 ans après la Loi 60, quelles sont les fonctions essentielles pour l’État québécois en matière d'éducation ?• Quels défis pour l'architecture du système scolaire québécois ?• Quelle gouverne pour l'État en matière d'éducation pour l'avenir ?Organisé par le Programme d’études sur le Québec et la Faculté des Sciences de l'éducation de l'Université McGill Le jeudi 18 novembre 2004 8 h 15 à 19 h Salle 232, Pavillon Leacock, 855, rue Sherbrooke Ouest Université McGill Réservation obligatoire : (514) 398-3960 Gratuit pour les étudiants; 10$ pour le public incluant lunch www.arts.mcgill.ca/qs Courchesne intervient en faveur des réfugiés Gatineau — La ministre québécoise de l’Immigration, Michelle Courchesne, a pressé hier son homologue fédérale, Judy Sgro, d’étendre «rapidement» les droits d’appel des demandeurs d’asile.La nouvelle Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés, en vigueur depuis juin 2002, prévoit la création d’une section d’appel au sein de la commission qui examine les demandes d’asile.Or, invoquant l’importante accumulation de dossiers en souffrance, Ottawa retarde la mise en place de cette section qui s’intégrerait à la Commission de l’immigration et du statut de réfugié.«Tai dit à Mme Sgro et à mes collègues provinciaux que le Québec était favorable à la mise en vigueur de cet article de loi sur le droit d’appel», a déclaré Mme Courchesne à l’issue d'une rencontre fédérale-provinciale sur l’immigration, à Gatineau.Elle faisait écho aux revendications des organismes d’aide aux réfagiés.«Je pense qu’il faut rapidement résoudre cet enjeu, a-t-elle ajouté.[.] Les demandeurs d’asile sont de responsabilité fédérale, mais avec des conséquences très grandes sur notre territoire, quand on pense à toutes ces familles qui prennent refuge trop souvent dans les églises.» Cet été, la ministre Sgro avait soulevé un tollé en envisageant publiquement de demander aux autorités religieuses de cesser d'abriter des réfugiés dont le dossier a été rejeté.Hier, Judy Sgro a répété qu’elle préférait réduire davantage le nombre de demandes d’asile pendantes avant d'instaurer une section d’appel.Le nombre de dossiers en attente tourne actuellement autour de 29 000, alors qu’il était de 53 000 à la fin 2002.La ministre a soutenu qu’elle visait le chiffre de «20 000 à 22 OOO» pour créer la section d’appel.Presse canadienne LE DEVOIR.LE MARDI i t> NOVEMBRE 2 0 0 4 A ;i r 1 T T* Michel David Oui, mais.Aune époque où la politique n’est censée i provoquer que cynisme et désabusement dans la population, la naissance d’un nouveau parti est en principe une bonne nouvelle, dans la mesure où cela signifie que des gens croient encore possible d’utiliser le système pour changer les choses.Encore faut-il savoir ce qu’on veut changer exactement Courir deux lièvres à la fois a toujours produit le même résultat.L'incapacité d’Option citoyenne d’en arriver à un consensus sur la question nationale illustre parfaitement le dilemme — et le drame — de la gauche québécoise depuis des décennies.En octobre 1991, Germain Gauvin, le dernier président du Mouvement socialiste fondé dix ans plus tôt par le syndicaliste Marcel Pépin, avait expliqué de la façon suivante la raison de son sabordage: «Tant que la question nationale ne sera pas réglée, il sera extrêmement difficile de mettre sur pied une organisation axée sur des intérêts sociaux, parce que la souveraineté finit toujours, encore aujourd’hui, par monopoliser les débats.» Si besoin était ce qui est survenu en fin de semaine au premier congrès d’orientation d’Option citoyenne a permis de vérifier à nouveau la justesse de ce constat Avant même de devenir officiellement un parti, le mouvement fondé par Françoise David est coqtaminé par le virus du «oui, mais.» A l’issue du congrès, Mme David a semblé se réjouir du fait que les deux tiers des membres en soient sortis «de bonne humeur».S’il y a un déjà tiers de mécontents, on lui souhaite bonne chance.Elle en aura bien besom dans son projet d’unir toute la gauche.On peut facilement concevoir que des gens trouvent la social-démocratie péquiste trop molle.Mme David elle-même n’a jamais caché à quel point elle avait été déçue du peu de suite que le gouvernement Bouchard avait donné à la marche du «pain et des roses», il y aura bientôt dix ans.La présence de Bernard Landry, que de nombreux progressistes voyaient comme le mauvais génie de M.Bouchard, n’est pas nécessairement de nature à faciliter un rapprochement La perspective d’une réforme du mode scrutin pour introduire un élément de proportionnelle permet maintenant à un parti de gauche d’entretenir raisonnablement l’espoir d’être représenté à l’Assemblée nationale.Le nouveau système ne sera pas en vigueur avant les élections de 2011, mais le développement d’un parti est une affaire de longue haleine.Parlez-en à Mario Dumont! Nul ne peut prévoir exactement quel effet un mode de scrutin même modérément proportionnel aura sur la paysage politique québécois, mais on peut penser qu'il deviendra plus difficile de former un gouvernement majoritaire.C’est précisément la raison qui a amené le PQ à la conclusion qu’il était préférable d’attendre que le Québec soit devenu un Etat souverain avant de changer les règles du jeu.Autrement, il risque d’être incapable de tenir un autre référendum.Vues sous cet angle, les prochaines élections prennent donc des al-lurçs de dernière chance.A moins d’un accident de parcours, on voit mal comment Option citoyenne pourrait faire élire un seul député dans le cadre d’un scrutin uninominal à un tour.Françoise David n’en demeure pas moins la figure la plus charismatique qu’un parti de gauche aura réussi à présenter au Québec.Dans plusieurs circonscriptions, elle pourrait certainement contribuer à la défaite d’un candidate péquiste.Quand un collègue lui demandé si elle se voyait bien dans le rôle d’un Ralph Nader québécois, qui assurera la réélection des libéraux, elle a répondu: «Nous sommes tous des gens intelligents et stratégiques.À l’approche des élections, on verra ce qu’on aura à dire au PQ.» On brûle de l’entendre.Pour le PQ, il y a encore plus grave que les votes qu’il risque de perdre au profit des amis de Mme David.S’il est forcé de protéger son flanc gauche, il sera surtout incapable de recentrer son discours pour empêcher l’ADQ de continuer son travail de sape dans des régions comme Québec, Beauce-Appalaches ou le Bas-Saint-Laurent.Même si le Québec tout entier souhaitait la victoire de John Kerry, cela ne signifie pas qu’il soit balayé par un vent de gauche.S’ils s’opposent au démantèlement de l’Etat issu de la Révolution tranquille, la majorité des Québécois souhaitent aussi voir son poids diminuer.Quand Jean Charest accusait les syndicats de défendre leurs intérêts corporatistes au détriment de l’intérêt public, il disait tout haut ce que pense une bonne partie de la population.Bernard Landry le sait parfaitement, même s’il doit davantage peser ses mots.M.Charest aurait pu faire siens les propos qu’il a tenus récemment devant la Chambre de commerce de l’Est de Montréal, au sujet de la responsabilité sociale des syndicats dans le nécessaire assouplissement des règles qui régissent le marché du travail.Si M.Landry s’efforce de freiner les ardeurs so-ciales-démocrates de François Legault, qui voudrait les voir s’incarner dans son «programme de pays», c’est précisément pour faire en sorte que le PQ conserve son caractère de coalition, qui demeure indispensable à la réussite du projet souverainiste, mais la présence d’une option sérieuse à gauche risque de compliquer encore les choses.Sur l’inspiration de son ancien collègue Joseph Fa-cal, Pauline Marois plaide elle aussi pour un recentrage du discours péquiste, mais l’image que projette le PQ depuis son retour dans l’opposition demeure ceüe d’un parti qui cherche à préserver plutôt qu’à moderniser.Il a cru bien faire en intégrant le SPQ Libre à ses structures, mais Françoise David est une certainement une figure plus inspirante pour les progressistes québécois que l’ancienne présidente de la CSQ, Monique Richard.La dernière chose à faire pour le PQ est de donner l’impression d’être le parti de l’establishment syndical.Pire encore que les «oui, mais.», fl y a les non.POUTIQIIE Nouvelle controverse au sujet du bouclier antimissile MANON CORNELL1ER Ottawa — Le premier ministre Paul Martin a ravivé la controverse autour de l'appui éventuel du Canada au bouclier antimissile américain.D a mis le feu aux poudres en fin de semaine en laissant entendre que le Canada avait déjà fait le pas le plus important dans ce dossier.En juillet, Ottawa a accepté de modifier l’accord de NORAD afin de permettre aux Américains d'utiliser, dans le cadre de leur bouclier, le système d’alerte rapide du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord.«C’était la décision cruciale pour le Canada», a soutenu M.Martin lors de son passage en Colombie-Britannique.Son gouvernement prétendait le contraire l’été dernier.Ses ministres et lui répétaient que ce changement à l’accord de NORAD était de nature technique.Les conseillers de M.Martin avaient tenu le même langage quelques mois plus tôt quand cette modification avait été évoquée une première fois.Ils disaient quelle était nécessaire si le Canada voulait participer au bouclier, mais qu’elle ne créait aucune obligation pour Ottawa.La nouvelle déclaration du premier ministre a fait bondir le chef néo-démocrate Jack Layton.Hier, aux Communes, il en a conclu que les libéraux avaient déjà décidé d’appuyer le bouclier sans attendre le vote promis aux Communes.«[Le premier ministre] a dit que la décision la plus importante a déjà été prise.La vérité, c’esf que le premier ministre a décidé», a-t-il lancé.A sa sortie des Communes, il a rappelé que M.Martin lui avait dit l’été dernier, que la modification à l’accord de NORAD n’était «pas si importante que ça [Not a big deal]».Les jeux ne sont pas faits, a retorque le ministre de la Défense, Bill Graham.«Nous avons conclu un accord cet été pour préserver NORAD.U s'agissait seulement du rôle de NORAD.Reste la discussion autour de notre participation ou non au système antimissile des États-Unis.Nous examinons cela à la lumière des intérêts canadiens», a-t-il dit aux Communes.11 a ajoute qu'une décision serait prise à terme, mais qu'un vote aurait lieu «avant de faire cela».Dans son entrevue à CanWest News Service, M.Martin s'appuie toutefois sur la décision de cet été pour justifier de ne pas faire du débat sur le bouclier antimissile une priorité de son gouvernement.«Mon attention maintenant est tournée vers la défense de l’Amérique du Nord, ce qui veut dire nos côtes, notre souveraineté dans l’Arctique, et c’est là que nous allons concentrer [notre attention]», a-t-il dit.Le Canada n'a pas donné son appui officiel au bouclier.Aucune lettre d’entente n'a été signée pour définir les termes d’une participation canadienne et prendre en compte l'opposition du Canada à l’arsenali-sation de l'espace.Les Américains ont déjà commencé le déploiement d'intercepteurs au sol en Alaska et en Californie, ce qui a longtemps laissé croire qu'une décision serait prise avant la fin de l’aimée par le Canada.Le chef bloquiste Gilles Duceppe ne s'est pas formalisé de la déclaration de M.Martin.Selon lui, la modification à l’accord de NORAD était un premier pas en faveur du bouclier, mais le plus important reste, selon lui, la décision de participer ou non.Cette décision n’a pas été prise et il n’est pas question que le Bloc, qui s’oppose au projet, accepte quelle se prenne avant la tenue d’un vote aux Communes, a-t-il ajouté.Le Devoir Libre JACQUES NADEAU LE DEVOIR m % EN COMPAGNIE notamment du militant indépendantiste Raymond Villeneuve, le cinéaste Pierre Falardeau a lancé hier son livre Québec libre!, un compte rendu de huit entretiens politiques réalisés par le directeur des jeunes Éditions du Québécois, Pierre-Luc Bégin, avec le célèbre cinéaste.Celui-ci trouve dans ce livre l’espace et la «tribune pour développer en profondeur sa pensée» sur une foule de sujets en phase avec ses engagements: crise d’octobre, attentats du 11 septembre 2001, marxisme-léninisme, violence politique, intellectuels québécois, féminisme, conflit israélo-palestinien, art engagé, lutte des Noirs américains et, évidemment, celle pour l’indépendance du Québec, • monW^ PPP: le Vérificateur général ne pourra pas jouer son rôle TOMMY CHOUINARD Québec — L’Agence des partenariats public-privé pourra se soustraire à l’examen du Vérificateur général du Québec, déplore le nouveau titulaire de cette fonction, Renaud Lachance.Comme le IVotec-teur du citoyen, le Commissaire au lobbyisme et la Commission d’accès à l’information, il soulève une autre lacune du projet du gouvernement Charest en matière de transparence.«Si elles le désirent, l'Agence et ses filiales pourront fort probablement m'empêcher de mener les travaux de vérification de l’optimisation des ressources [vérification de gestion] que je jugerais nécessaires», écrit Renaud Lachance dans une lettre qu’il a envoyée à la présidente du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget.Cette lettre a été déposée la semaine dernière à la commission parlementaire qui étudie le projet de loi 61 sur l’Agence des PPR Au cours des consultations de la commission, Monique Jérôme-Forget tentait pourtant de rassurer les personnes inquiètes de son projet en affirmant que les livres et les comptes de l’Agence seraient vérifiés chaque année par le Vérificateur général, comme le prévoit en effet l’article 55 du projet de loi.Or Renaud Lachance lui-même affirme que «cet accès ne permet pas nécessairement une vérification complète».L’Agence des PPP sera une entreprise du gouvernement au sens de la Loi sur le vérificateur général.Ainsi, explique M.Lachance, «même si le projet de loi me confie la vérification des livres et comptes de l’Agence, je ne pourrai procéder à une vérification de gestion qu’après entente avec le conseil d’administration tel que l’édicte la Loi sur le vérificateur général.Malheureusement, il arrive que cette dernière disposition soit utilisée pour m’empêcher de mener une vérification de gestion dans une entreprise du gouvernement».Ses pouvoirs seraient ainsi limités dans le cas de l’Agence des PPP «Il m'est apparu approprié, de vous communiquer ces informations [.] afin que vous ne gardiez pas une fausse impression de sécurité en pensant que le Vérificateur général pouvait toujours et de sa propre initiative examiner et commenter la gestion des activités des entreprises du gouvernement comme l’Agence et ses filiales», note-t-il.Le projet du gouvernement Charest accupiule les critiques de la part des chiens de garde de l’État Les inquiétudes du Vérificateur général au sujet de l’Agence des PPP s’ajoutent à celles exprimées par le Protecteur du citoyen, le Commissaire au lobbyisme et la Commission d’accès à l’information.Le Devoir ARCHIVES LE DEVOIR Monique Jérôme-Forget f ROLEX Explorer II Vente et service technique 630-A RUE CATHCART, CENTRE-VILLE MONTRÉAL (514) 366-387( ¦¦fMS > (\I -O 74 * Nlf Gambard Après plus de 30 ans CLUB 402 ferme ses portes fin janvier.Vestons Importes d'Italie Costumes Importes d'Italie vJ U U Q Vestons Importes d'Italie £ U U Q Chemises C 100% coton ÜÜ vauü 0 Cerruti 1881 — Zegna — Luigu Botto LIQUIDATION TOÏA De tous nos,vêtements IMPORTES D’ITALIE 1118, rue Sainte-Catherine Ouest 2* étage, Montréal • (514) 881-3636 Heures d’ouverture : Lun.eu ven.10h à 18h Sem.lûh i 16h Tous les soirs après 18h sur rendez-vous seulement 402-HOMMe» S.V.P.Adressez vos dons à: La Société Amis pour Toi Inc.al» Soeur Théréee Paradis 10908, av.Bellevois Montréal-Nord (Québec) Ht H 3C9 Tél.: (514) 322-0307 Fax: (514) 329-0405 Un reçu pour tins d’impôt est disponible.LA SOCIETE AMIS POUR TOI INC o besoin de vous! À nos leunes sans famille et vulnérables, nous tentons de leur offrir un quotidien semblable au vôtre, au nôtre Pouvez-vous nous aider à réussir 7 Merci d avance ! Nom_____________________________ Adressa____________________________ Villa_______________________Prov .Code postal______________Tél.:_____ mdavid@ledevoir.com LE DEVOIR.LE MARDI 16 NOVEMBRE 200 ?LES ACTUALITES?La dépression frappe les femmes de plus en plus jeunes Une Canadienne sur cinq a déjà souffert de dépression ou d’anxiété CLAIRANDRÉE CAUCHY Effet de la double tâche ou de l’accélération du rythme de travail, une Canadienne sur cinq a déjà souffert de dépression ou de trouble de l'anxiété, selon un sondage réalisé en septembre par Léger Marketing.Au Québec, cette proportion est légèrement plus élevée: 23 % des femmes ont été affectées par ces deux maladies.La différence s’explique surtout par une plus grande proportion de troubles anxieux.Parmi les femmes souffrant de ces deux maladies, 71 % avaient des enfants.la psychiatre Marie-Josée Filteau, spécialiste des troubles de l’humeur, observe que les femmes sur le marché du travail subissent les contrecoups des coupures de postes et des dé-parts à la retraite, qui engendrent un plus grand stress chez celles qui restent.«Elles doivent partir plus tôt pour s’occuper des enfants et, avec Internet, elles ont parfois le loisir de travailler une fois les enfants couchés.Il y a tout pour tomber malade.» Les femmes sur le marché du travail vivent souvent la collision entre les deux sources de valorisation importantes que sont le travail et les enfants, poursuit la psychiatre.Deux fois plus à risque que les hommes Jusqu’à l’âge de 65 ans, les femmes risquent deux fois plus que les hommes d'être affectées par la dépression, selon des données citées par la médecin spécialiste.Le risque est encore plus important pour les mères chefs de familles monoparentales.La docteure Filteau, constate que les femmes souffrant de dépression sont plus jeunes qu'aupa-ravant.«Dans le temps de nos grands-mères, cela survenait souvent après la ménopause, à cause du syndrome du nid vide, quand le$ enfants partent de la maison.A l’heure actuelle, c’est en pré-ménopause que les femmes sont le plus susceptibles de déprimer, avec les fluctuations hormonales.» Le sondage commandité par la compagnie pharmaceutique Wyeth et réalisé en collaboration avec l’Association canadien- ne pour la santé mentale, révèle que 33 % des femmes qui ont souffert de dépression ou d’anxiété étaient âgées de 45 à 54 ans et 31% avaient de 35 à 44 ans.«Im quarantaine, c’est souvent le moment où on a plus de responsabilité au travail et où on a souvent encore des enfants à la maison.En plus, elles s’occupent souvent de parents vieillissants, puisque la majorité des aidants naturels sont des femmes», explique la docteure Filteau.Le sondage révèle que les femmes atteintes jugent que la dépression et l’anxiété constituent des obstacles majeurs à leur réussite professionnelle, davantage que la grossesse (71 % contre 23 %), l’éducation des enfants (49 % contre 44 %), le sexisme ( 54 % contre 37 %) ou les soins prodigués à des parents âgés (51 % contre 39 %).Seul le harcèlement sexuel est jugé aussi handicapant pour la carrière.Des solutions?les femmes tardent à demander de l’aide.Près de 8 femmes sur 10 ne pensent pas consulter si les symptômes se poursuivaient pendant six mois.D’ailleurs les trois quarts des femmes dépressives ou anxieuses disaient éprouver les symptômes depuis 2 à 10 ans.Outre la sensibilisation auprès des femmes, la docteure Filteau pense qu'il faut impérativement améliorer l’accès aux médecins de famille, qui traitent les trois quarts des dépressions.«Plus on traite rapidement, meilleures sont les chances de guérison», fait-elle valoir.La médecin invite aussi les femmes à faire de l’activité physique — aussi bénéfique qu'une prise de médicament dans le cas d’une dépression légère —, à apprendre à connaître leurs limites et à entretenir un bon réseau d’amis.Aux milieux de travail, elle suggère des retours progressifs après une dépression ainsi qu’une meilleure conciliation travail-famille.Le sondage a été conduit auprès de 7260 Canadiennes, dont 1508 étaient atteintes de dépression ou de trouble de l’anxiété, et comporte une marge d’erreur de 2,5%.Le Devoir PO' InMümSSPS Un investissement qui rapporte toute une vie durant.Le r décembre.Marchés mondiaux C1BC et CIBC Wood Gundy feront don de leurs honoraires et commissions à des organismes d'aide à l’enfance.Une nouvelle prison serait superflue, publique ou privée Un regroupement d’organismes communautaires fait part de son scepticisme devant les intentions du gouvernement BRIAN MYLES Le Québec n’a pas besoin d’une nouvelle prison, et encore moins si elle est administrée par le secteur privé, estime un comité d’experts mandaté par l’Association des services de réhabilitation sociale du Québec (ASRSQ).La baisse générale de la criminalité, le vieillissement de la population et le recours de plus en plus prononcé à des sentences alternatives (comme les peines à purger dans la communauté) rendent superflue la construction d’une nouvelle prison, estime l’ASRSQ.Cette coalition, représentant une cinquantaine d’organismes communautaires, se montre très sceptique en ce qui a trait au projet du gouvernement Charest de confier au privé la construction et la gestion d’une prison de 300 à 500 places en Montérégie (à Lon-gueuil ou à Sainte-Julie), pour enfermer les détenus écopant de peines inférieures à deux ans.«Il n'existe pas de données fiables pour appuyer l’idée que les prisons privées sont plus efficaces et que les services sont de meilleure qualité», affirme le comité d’experts dans son rapport.Les prisons privées emploient moins de gardiens que les prisons publiques, et elles utilisent davantage la surveillance électronique pour contrôler les détenus.Le taux de roulement du personnel oscille à 50 % dans une prison privée sur deux, contre 9 % dans l’ensemble des prisons publiques.Il en résulte une baisse généralisée de la qualité des services aux détenus.Il existe déjà une prison privée au Canada, à Penetanguishene en Ontario, gérée par la firme américaine Management and Training Corp (MTC).Les détenus qui y ont séjourné ont rapporté qu’ils ne mangeaient pas à leur faim et qu’il fallait attendre des semaines avant de consulter un médecin en cas de maladie.Des documents internes de MTC ont été divul- gués au Toronto Star cet automne, faisant état d'un manque flagrant de personnel pour assurer la sécurité des lieux C’est cette même prison de Penetanguishene que visiteront sous peu les fonctionnaires québécois en quête d’inspiration.Les prisons de Sorel et Valleyfield, totalisant 120 places, sont désuètes et devront être fermées dans un avenir rapproché.Le gouvernement Charest croit qu'un centre de détention privé de 300 à 500 places pourrait combler les besoins des services correctionnels, tout en générant des économies.Environ 150 cellules sont disponibles au Québec depuis l’entrée en vigueur d'une loi interdisant l’incarcération des citoyens pour amendes impayées.Cela équivaut aux places qui seront perdues lors de la fermeture des prisons de Sorel et Valleyfield, fait remarquer Johanne Vallée, directrice générale de l’ASRSQ.Le Québec pourrait par ailleurs s’inspirer du Nouveau-Brunswick et conclure des ententes avec les Services correctionnels du Canada pour loger leurs détenus dans les pénitenciers lorsque c’est possible, dit-elle.Quelque 200 cellules sont inoccupées dans les pè nitenciers du Québec.Le comité d’experts de l’ASRSQ reconnaît l’existence de problèmes de surpopulation dans certaines prisons du Québec.C’est plutôt dans les ressources humaines, et non dans le béton, qu’il faudrait investir à leur avis.S’il y avait davantage de spécialistes à l’œuvre pour évaluer les détenus et leur proposer des programmes de réhabilitation, les séjours en prison seraient beaucoup plus courts.«Le problème de la surpopulation est créé par la machine, parce qu’elle n’arrive pas à produire en temps opportun les rapports nécessaires à l’évaluation des détenus», estime Mme Vallée.Le Devoir Tapis rouge pour Nouvelle-France fl Fondation du Miracle pour l'cnfance de Marchés mondiaux CISC fine excellente idée Vingt ans de miracles.www.chiidrensmirade.oom JACQUES GRENIER LE DEVOIR LE TAPIS ROUGE était déroulé au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts, hier soir, pour Nouvelle-France, la grosse production historique de Jean Beaudin coproduite avec la France et l'Angleterre.Mettant en scène des interprètes de plusieurs horizons, dont les Québécois Noémie Godin-Vigneau et David La Haye (notre photo) aux côtés de Gérard Depardieu, Tim Roth, Vincent Perez, Irène Jacob, etc., le film, centré sur me histoire d’amour, se déroule au cours d’une période-charnière de notre histoire, quand le pays passa aux mains des Anglais.La chanson-thème écrite par Luc Plamondon est interprétée par Céline Dion.Un peu de sang neuf dans le système EN ADMINISTRATION DE USANTE Volume i, numéro i • janvier 2005 • Une toute nomplle revue faite par et pour les cadres et professionals du réseau de la santé et des services sociaux • Notre objectif ?L'enrichissement des compétences et l'épanouissement professionnel des intervenants, dans le but d'améliorer les services • Sortie début janvier 2005.Le premier grand thème abordé : Réservez votre exemplaire 1-888-832-3031 postes, L'année de l'Acura joyeux temps d'en profiter.ACURA MDX location à partir de Comptant js 955$ j 2 99S$ i 0$ : Paiement |595$* |665$* |nS$* Incluant: ¦ moteur V6 SACT de 265 chevaux ¦ chaîne sonore AM/FM/CD à 8 haut-parleurs ¦ garnitures intérieures en cuir ¦ assistance de la stabilité du véhicule (VSA) i 4 roues motrices avec système de gestion variable du couple (VTM 4) i ordinateur de route i et tellement plus.Aucun dépôt de sécurité • Allocation de 96000 km ACURA DE LAVAL 2500, boul.Choir*dey laval (450) 682-4050 www acuralaval.com ACURA PLUS 255.bout de ta Seigneurie Blainville (450) 435-4455 www.acuraplus.com GALERIES ACURA ACURA GABRIEL LUCIANI ACURA 7100, boul.Métropolitain E 4648, boul.Saint-Jean 4040, rue 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pouvez retourner te véhicule au concessionnare ou l’acheter pour une valeur résiduelle prédétermmée Garantie Aura limitée de 5 ans/100 000 Les deux premiers services d'entretien sont compris, le modèle offert peut différer de la photographie Voyez votre concessionnaire pour plus de détails Du 2 au 30 novembre 2004 ACURA BROSSARD 9100, boul.Taschereau O.Brossard (450) 659-1616 www.acurabrossard.com LE DEVOIR.LE MARDI 16 NOVEMBRE 2004 A 5 E MONDE PORTRAIT Le général-diplomate Colin Powell, une voix modérée au milieu des faucons CHRISTOPHE DE ROQUEFEUIL Washington — Le secrétaire d'Etat Colin Powell, général aux origines modestes devenu diplomate, a dans le monde l'image d’un modéré et d'un pragmatique, même s’il a défendu la décision du président George W.Bush d'envahir l’Irak.Premier Noir à être arrivé aussi haut dans l’appareil d’Etat américain, Colin Powell, 67 ans, est Time des personnalités politiques les plus populaires aux Etats-Unis, chez les républicains comme parmi les démocrates.Né le 5 avril 1937 dans le quartier du Bronx, à New York, dans une famille modeste d’origine jamaïcaine — sa mère est couturière et son père comptable — il symbolise le «rêve américain» aux yeux de beaucoup de ses concitoyens.Après avoir étudié la géologie à l’université, Colin Powell s'engage dans l’armée pour une longue carrière de 35 ans durant laquelle il s’illustre sur les champs de bataille en Corée ou au Vietnam, où il est blessé à deux reprises.Il gravit tous les échelons jus- qu’à devenir chef d’état-major interarmes, la plus haute fonction militaire aux Etats-Unis, de 1989 à 1993.Jamais un Noir ni un homme aussi jeune n’avait occupé un tel poste.Il mène la guerre du Golfe, en 1991, durant laquelle il fait preuve de réticence à utiliser la force militaire pour porter un coup définitif aux forces de Saddam Hussein et précipiter la chute de son régime, au-delà de la libération du KoweiL D définit une doctrine, officieuse, selon laquelle les Etats-Unis devaient s’efforcer, à chaque intervention, de se fixer des objectifs politiques clairs, engager des moyens massifs pour garantir la victoire et, prudemment, prévoir une stratégie de repli.Lorsqu’il prend sa retraite militaire en 1993, Colin Powell refuse de se jeter dans l’arène politique, malgré les conjectures pour qu’il se présente à la présidence ou la vice-présidence.Fin 2000, il accepte néanmoins le poste de ministre des affaires étrangères à la demande de George W.Bush, pour qui «personne n’est mieux plac,é» Que lui Pour représenter les Etats-Unis.as» ' ARCHIVES REUTERS M.Powell (à droite) se réjouissant de la réélection du président Bush en compagnie de collègues, dont Donald Rumsfeld.Ses quatre années à la tête de la diplomatie ont été difficiles.Modéré de tempérament, il doit batailler ferme pour faire prévaloir son point de vue de paix face aux «faucons» de l’administration, comme le vice-président Dick Cheney ou le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, très «va-t-en guerre» après les attentats meurtriers de septembre 2001.Les tensions atteignent leur paroxysme sur l'Irak.Mais, fidèle à George W.Bush, Colin Powell ne laisse rien paraître et défend sans état d'âme apparent la politique suivie, qui donne pourtant la haute main au Pentagone de M.Hum sfeld.11 accepte notamment de présenter, à Î’ONII le 5 février 2003, un dossier à charge sur les armes de destruction massives supposées détenues par Saddam Hussein, qu'aucune découverte n’est venue étayer.Orateur doué, le ministre a toutefois montré qu’il préférait les discussions pratiques aux diatribes idéologiques.H a également privi légié le travail à Washington, par courant moins le monde que ses prédécesseurs.lorsqu'il n’est pas accaparé par ses occupations, Colin Powell aime, le week-end, retaper de vieilles Volvo de collection.Il a été opéré en décembre 2003 d’un cancer de la prostate, une intervention dont il s’esl biep remis, selon le département d’Etat.Marié, M.Powell est père d’un fils et de deux filles.Agence France-Presse Procès des écoutes de l’Élysée Paris — Vingt ans après les faits, douze anciens collaborateurs civils et militaires de François Mitterrand se sont retrouvés hier devant le tribunal correctionnel de Paris pour répondre du placement illégal sur écoutes téléphoniques d’environ 150 personnalités entre 1983 et 1986.Gilles Ménage, ex-directeur adjoint de cabinet de François Mitterrand, s’est assis à côté de Christian Prouteau, ancien patron jie la «cellule antiterroriste» de l'Elysée, Louis Schweitzer, ancien directeur de cabinet de Laurent Fabius à Matignon et actuel p.-d.g.de Renault, et Michel De-lebarre, qui était directeur de cabinet de Pierre Mauroy à Matignon.Les autres prévenus sont des militaires qui ont mis en œuvre le dispositif.Tous sont jugés pour «atteinte à l’intimité de la vie privée», un délit passible d’un an de prison et de 45 000 euros (70 000 S) d’amende.Le procès durera jusqu’en février.Lors des interrogatoires d’identité, les prévenus ont fait état de reconversions et de revenus disparates: Christian Prouteau est préfet sans affectation à 5000 euros (7800 $) par mois, Louis Schweitzer touche 165 000 euros (250 000 $) par mois de Renault, Paul Barril anime une société de sécurité privée et gagne 7000 euros (10 000 $) par mois.Le tribunal de Paris a décidé d'entendre comme témoins les deux anciens premiers ministres socialistes Pierre Mauroy (1981-1984) et Laurent Fabius (1984-1986), respectivement le 24 no-veipbre et le 11 janvier.A la demande de la défense, les juges ont aussi convoqué pour le 11 janvier Raymond Barre, premier ministre de 1976 à 1981.Seront également entendus l’ex-mi-nistre des Affaires étrangères Roland Dumas et Paul Quilès, ancien ministre de la Défense.La «cellule antiterroriste» créée en 1982 par l’Elysée aurait espionné journalistes, écrivains, avocats et personnalités de milieux très divers, de l’actrice Carole Bouquet au secrétaire général du parti centriste CDS, François Froment-Meurice, en passant par Paul Barril lui-même.Une trentaine de plaignants se sont présentés ou sont représentés à l’audience, notamment le journal Le Monde et le directeur de sa rédaction Edwy Plenel, l’avocat Antoine Comte, la famille de l’écrivain Jean-Edern Halüer, décédé en 1997, et le Syndicat national des journalistes (SNJ).«Être écouté donne l’impression que tout ce qui relève de votre intimité est étalé devant les gens, c’est un peu comme un viol», a dit le journaliste Patrice Dutertre.«H n’y avait pas que Mazarine», la fille cachée du président Mitterrand, «il y avait aussi les relations troubles de Mitterrand sous l’Occupation, son cancer caché, tout cela mon frère le savait», a dit Laurent Hallier, frère de l’écrivain disparu.Pour l’accusation, les écoutes visaient à empêcher ou à contrôler de possibles révélations sur des affaires gênantes Reuters Sanctions contre la Côte d’ivoire Les «patriotes» réclament le départ des Français New York et Abidjan— Le Conseil de sécurité des Nations unies a infligé hier, par un vote unanime, des sanctions à la Côte d’ivoire, comprenant un embargo immédiat sur les armes et des mesures conditionnelles contre certaines personnalités ivoiriennes qui prendront effet dans un mois.Ce vote intervient au lendçmain d'un sommet de chefs d’Etat d'Afrique de l’Ouest réuni à Abuja à l’initiative de l’Union Africaine (UA).Les «jeunes patriotes», partisans de Laurent Gbagbo, ont réclamé hier le départ des soldats français de Côte d’ivoire, dans un climat gravement détérioré avec Paris et à quelques heures du vote àl’ONU.Dans le même temps, le dernier avion affrété par la France, selon des sources consulaires, a quitté hier soir Abidjan pour Paris avec 270 étrangers désireux d’évacuer le pays.«Il faut que les soldats français se retirent» de Côte d’ivoire, a lancé le leader des «Jeunes Patriotes» Charles Blé Goudé au cours d'une conférence de presse publique tenue au milieu de ses troupes à Abidjan.Accusant l’armée, française de «tentative de coup d’État» contre le président Gbagbo, il a lancé à ses milliers de sympathisants et devant la presse étrangère: «Pensez-vous que l’armée française est encore crédible pour jouer les arbitres?» «On est passé d’une crise ivoiro-ivoirien-ne à une crise franco-ivoirienne, a déclaré M.Blé Goudé.Depuis une semaine, ce n’est plus contre l’armée des rebelles que les Ivoiriens se battent, mais contre l’armée française.» Selon le leader de ce mouvement véritable milice du pouvoir, qui avait largement orchestré les violentes émeutes anti-françaises de la semaine dernière à Abidjan, les affrontements entre «manifestants aux mains nues» et armée française devant l'hôtel Ivoire d’Abidjan le 9 novembre, ont fait «64 tués et plus de 1400 blessés» dans les rangs des patriotes.Exactions démenties Il a également démenti toute exaction de la part de ses partisans contre les Français (14 000 dans le pays) et les étrangers, dont plus de 5000 ont quitté le pays depuis le début des violences anti-Blancs le 6 novembre.Soixante-neuf plaintes.dont trois pour viol, ont été depuis déposées en France par des rapatriés français venant d’Abidjan.Le ton est particulièrement monté, par presse interposée, entre Jacques Chirac et durent Gbagbo au cours du week-end, le premier affirmant que la France continuerait à «assumer ses responsabilités» en Côte d’ivoire pour éviter une dérive vers «un régime de nature fasciste», des propos quali-fié§ d'«insulte» par le second.Evoquant l’attaque de l’aviation ivoirienne du fief rebelle de Boua-ké au cours de laquelle neuf soldats français ont été tués, le président Gbagbo a accusé la France d’avoir «objectivement» pris parti «pour les rebelles».Agence France-Presse Les règles de guerre sont bafouées à Fallouja, selon Amnesty International Londres — Les règles de la guerre destinées à la protection des civils et des combattants blessés ont été bafouées par les deux protagonistes du siège du bastion rebelle de Fallouja, rapportait hier Amnesty International.Les troupes américaines et irakiennes n’ont pas pris les mesures nécessaires pour s’assurer que les non-combattants ne soient pas exposés et les rebelles ont utilisé abusivement le drapeau blanc, faisant feu sans discrimination.«Amnesty International craint que des civils n’aient été tués, en violation du droit international humanitaire, les parties prenant part au conflit n’ayant pris aucune des précautions nécessaires à la protection des non-combattants», a indiqué le groupe de défense des droits de l’homme.Amnesty, qui se fonde sur le témoignage d’un médecin ayant survécu à l’offensive, précise que 20 membres des services médicaux irakiens et des dizaines de civils ont été tués lorsqu’un missile non identifié a touché une clinique le 9 novembre.Le même J „ ’ %-A’ ."K* Franc-tireur des marines à l’œuvre à Fallouja.USMC REUTERS jour, un garçon de neuf ans est mort des suites de ses blessures après avoir été touché au ventre par un éclat d’obus.Incapables de l’emmener à l’hôpital en raison des combats, ses parents l’ont enterré dans leur jardin.Amnesty indique aussi que, le 11 novembre, l’émission de télévision britannique Channel Four New a diffusé des images sur les- quelles on voyait un soldat américain tirer un coup de feu, apparemment en direction d’un insurgé blessé se trouvant hors champ de la caméra.«Le soldat s’en allait ensuite en disant: “Il est parti”.» «Selon le droit international humanitaire, les forces américaines ont l’obligation de protéger les hommes mis hors de combat.Amnesty International demande aux autorités américaines d’enquêter immédiatement sur cette affaire», demande l’organisation.«Les insurgés auraient également violé les règles du droit international humanitaire.» «Dans un cas, des Irakiens seraient sortis d’un bâtiment en agitant un drapeau blanc.Un marine se serait approché du groupe et aurait été alors pris sous le feu des insurgés.«Un responsable militaire américain en Irak a également accusé les insurgés de stocker des armes dans des mosquées et des écoles Des insurgés auraient ouvert le feu depuis une mosquée le 10 novembre», poursuit Amnesty International.Avant de conclure: «Toutes les violations du droit international humanitaire et relatif aux droits humains doivent faire l’objet d’enquêtes.Et les auteurs présumés d’attaques illégales, notamment celles visant délibérément des civils, d’attaques disproportionnées menées sans discrimination et d’homicides de personnes blessées doivent être traduits en justice.» Reuters Tony Blair plaide en faveur du «multilatéralisme» Londres — Le premier .ministre britannique Tony Blair a appelé hier les Etats-Unis à se tourner vers leurs partenaires étrangers, notamment l’Europe, dans leur combat contre le terrorisme.«Un multilatéralisme efficace doit être l'objectif, je n’ai pas de sympathie pour un unilatéralisme de principe», a plaidé le chef du gouvernement travailliste britannique, dans un discours prononcé hier soir à Londres, affirmant que «rien ne marchera (.] si les États-Unis ne se tournent pas vers les autres.» «La politique américaine est en train d’évoluer et, de plus en plus, l’Europe et les États-Unis réalisent qu’une sécurité durable face au fanatisme et au terrorisme ne peut être seulement le fruit d’une réponse militaire conventionnelle mais sera le résultat d’un engagement en faveur de la démocratie, de la liberté et delà justice», a insisté Tony Blair.«Le seul Afghanistan stable sera un Afghanistan démocratique et au final, en Irak, c'est la démocratie qui permettra de défaire les insurgés», a-t-il déclaré.«La démocratie est le point commun entre l’Europe et les États-Unis», a plaidé le premier ministre britannique.Mais, a-t-il dit, «je ne suis pas en faveur —j’insiste sur cela — d’une série de solutions militaires pour y parvenir».Tony, Blair, qui a été la semaine dernière le premier chef d’État ou de gouvernement reçu par George W.Bush après sa réélection, a également mis en garde contre toute arrogance mal placée, des deux côtés de l’Atlantique.«Et ce n’est pas une attitude intelligente, pour nous Européens, de tourner les arguments américains en dérision et de nous moquer de leurs dirigeants», a-t-il dit «Ce qu’il est par contre intelligent de dire, pour l'Europe, c'est que le terrorisme ne sera pas défait seulement en tapant du poing sur la table», a insisté Tony Blair, sous-entendant ainsi que les armes ne permettraient pas seules de lutter contre al-Qaïda et ses affiliés.Agence France-Presse EN BREF Démissions à la CIA Washington — Les deux principaux responsables des opérations clandestines de la CIA ont démissionné, a annoncé hier le nouveau directeur de la CIA Porter Goss, assurant qu’il n’y aurait «pas de vide» du pouvoir dans la guerre contre le terrorisme.Stephen Kappes, le directeur-adjoint des opérations secrètes, et Michael Sulick, son adjoint ont tous les deux annoncé officiellement qu’ils quittaient leur emploi.Ces départs s’ajoutent à celui, annoncé vendredi, du directeur-adjoint John McLaughlin qui travaillait pour la centrale depuis 32 ans.Des pariementaires ont demandé au directeur Goss de rendre des comptes après ces démissions en cascade.-AFP Le dossier médical d’Arafat pour les seuls ayants droit Paris — lo ministère français de la 1 )éfense a fait savoir hier que le dossier médical de Yasser Arafat pouvait être communiqué à ses ayants droit s’ils en faisaient la demande conformément à la loi en application en France.lo lieutenant-colonel Philippe Tanguy, de la délégation à l’information et à la communication de la défense (DICOD), n’a ni confirmé ni infirmé le fait qu’un ayant droit avait déjà demandé à avoir accès à ce dossier.La loi organisant le secret médical que «les médecins militaires appliquent bien entendu comme les autres médecins prévoit que pour obtenir le dossier medical d'un défunt, seuls les ayants droit peuvent poser cette demande», a expliqué le porte-parole du ministère de la Défense Jean François Bureau sur France Info.«Je pense que les juristes devront sans doute expertiser quel est le périmètre de cette définition.Sûrement, son épouse, sa fille [de Yasser Arafat | font partie des ayants droit, cela me parait très probable.» Jean-François Bureau a précisé que la loi ne prévoyait rien d’Etat à d’Etat «Nous appliquons [la loi organisant le secret médical] comme l’ensemble de la médecine en France dans les hôpitaux militaires, a-t-il dit.C’est à la demande des ayants droit que le dossier médical peut être transmis dans les conditions prévues parla loi.» le président de l’Autorité palestinienne est mort jeudi dernier à l’hôpital Percy de Clamart, près de Paris, à l’âge de 75 ;uis.Hier, le premier ministre palestinien Ahmed Qoreï a demandé à la France que soit publié le dossier médical de Yasser Arafat.Associated Press M Terreur a Berlin-Est L’horreur d’une prison pas comme les autres en Allemagne de l’Est.Un documentaire primé dans plusieurs festivals internationaux.A VOUS LE MONDE WWW.TV5.CA A 6 LE DEVOIR, LE MARDI 16 NOVEMBRE 2 0 0 4 EDITORIAL Partie remise Ce qui est bien d’un jeune-parti-qui-n’est-pas-encore-un-par-ti, c’est que, faute de tradition, on peut en tirer tous les enseignements que l’on veut.Encore faut-il ne pas confondre tergiversations sur la question nationale et renouveau du langage politique! A l’issue du congrès d’Option citoyenne qui s’est déroulé en fin de semaine, Françoise David s’est réjouie de la «maturité politique» de ses membres, qui ont préféré remettre à l’an prochain le difficile débat sur l’appui ou non à la souveraineté du Québec.Les délégués, pourtant, ne risquaient pas grand-chose.Option citoyenne s’affiche d’abord et avant tout comme un mouvement «de gauche, féministe, écologiste et altermon-dialiste».Nul ne s’y trompera: c’est, pour emprunter une référence connue, l’article 1 du programme! Le compléter par une référence à la souveraineté, alors que la plupart des membres d’Option citoyenne privilégient cette option même si elle n’est pas la cause de leur vie, aurait dû couler de source.Cela règle l’affaire et permet de passer à toutes ces choses dont personne ne parle: l’économie domestique, par exemple, l’occupation du territoire ou la biodiversité.Ce ne fut pas le cas, preuve par l’absurde que, à Option citoyenne comme dans le reste de la société, il suffit de vouloir évacuer l’avenir du Québec pour que celui-ci revienne par la porte de côté.Pourtant, le débat est familier aux progressistes eux-mêmes et ils lui apportent déjà une réponse: les fédéralistes sont au NPD, les souverainistes à l’UFP Quant aux autres — ceux qui n’ont pour appartenance que le monde et leur coin de rue —, vont-ils même voter?Or, puisque Option citoyenne a déjà décidé que c’est avec l’UFP, parti de gauche souverainiste, qu’elle entend fusionner — les pourparlers étant officiellement enclenchés cette se-Josée maine —, le sort de la souveraineté est pour Boi lea u ainsi dire réglé.À moins que l’UFP ne renonce à son option (impensable!), à moins que l’UFP et l’Option citoyenne réunies ne présentent deux plates-formes constitutionnelles (impraticable!), les militants d’Option citoyenne, dans un an, devront donc opter pour le «oui».Entre-temps, on se sera égarés dans des chicanes de virgule, dignes de la gauche traditionnelle.et du Parti québécois.De quoi lasser bien des électeurs.La création d’Option citoyenne a pourtant été motivée par le désir de rompre, à gauche, avec les ennuyeuses arguties qui détournent de l’essentiel.Verra-t-on l’Option citoyenne se perdre dans les méandres du «pourquoi la souveraineté», à l’image du Parti québécois qui s'égare, lui, dans le «comment»?C’est le Parti vert qui doit bien sourire, lui qui a renoncé le mois dernier à s’allier au mouvement de madame David, satisfait de la cohérence de son propre programme.La direction d'Option citoyenne, Françoise David en tête, dit ne pas avoir voulu imposer son point de vue, favorable à la souveraineté.Elle a pourtant trouvé moyen d’affirmer le caractère féministe du mouvement, à l’issue d’un débat qui a duré une heure et demie samedi et qui divisait aussi les membres.Mme David croyant avec ferveur à la nécessité du féminisme, le mot a finalement été accepté.Peut-être la ferveur lui manquait-elle sur la question nationale pour qu’on puisse aussi sceller son sort Ce n’est que partie remise?Fort bien.Mais ce n’est pas de maturité qu’il faut alors parler.Cela s’appelle plutôt du «zigonnage».jboileau@ledevoir.ca L’après-Powell uatre secrétaires d’Etat de l’administration Bush, dont le secrétaire aux Affaires étrangères, Colin Powell, ont remis leur démission dans la seule journée d’hier.Il s’agit des ministres de l’Agriculture, Ann M.Venaman, de l’Éducation, Rod Paige, et de l’Énergie, Spencer Abraham.Ces départs suivent de quelques jours ceux des ministres de la Justice, John Harkroft, et du Com- Jean-Robert Sansfaçon merce, Donald Evans.Il n’est pas rare qu’un tel remaniement ait lieu au début du second mandat d’un président Compte tenu des difficultés rencontrées depuis quatre ans.personne n’est étonné d’apprendre que plusieurs acteurs proches de la Maison-Blanche décident de réorienter leur carrière, volontairement ou poussés en cela par le président Dans le cas de Colin Powell, c’était un secret de Polichinelle que, malgré son passé de haut gradé de l’armée, coordonnateur de la première guerre contre l’Irak sous Bush père, le secrétaire aux Affaires étrangères n'était pas à l’aise avec certaines des décisions les plus radicales de l’administration américaine.Il faut se rappeler que c’est lui, Colin Powell, qui a eu la tâche de convaincre les membres de l’ONU de l’urgence d’une intervention en Irak à l’aide de fausses preuves photographiques présentant des sites d’entreposage d’armes de destruction massive.On imagine le malaise en apprenant que de telles armes n'existaient pas, surtout que l’homme n’était déjà pas très chaud à l’idée d'envahir le pays sans que des conditions minimales soient remplies, dont celle de savoir quand et comment les États-Unis sortiraient de l'Irak avant même le déclenchement de l’opération.Au sein de l’administration Bush, M.Powell n’avait pas l’oreille du président sur la question de l’Irak.Dans les circonstances, difficile d’être pris au sérieux par les représentants des pays étrangers avec lesquels il devait négocier.La question qui vient en apprenant le départ prochain de M.Powell est évidemment de savoir par qui il sera remplacé.Quelques noms circulent dont celui de Condoleezza Rice, la conseillère du président en matière de Sécurité nationale, du sénateur Richard G.Lugar et de l’ambassadeur des États-Unis à l’ONU, l’ancien sénateur John Danforth.Le choix de l’un ou l’autre de ces personnages n’eçt pas anodin: s’il s’arrête sur Condoleezza Rice, cela pourra signifier que M.Bush tient à ce que rien ne change dans les relations avec le monde, Mme Rice étant l’une de ses plus fidèles et plus proches collaboratrices.En revanche, si c’est l’ambassadeur Danforth qui accède à ce poste jadis occupé par Henry Kissinger et Madeleine Albright, pour ne nommer qu’eux, cela pourrait signifier que M.Bush est prêt à envoyer un message de rapprochement à l’intention de ses alliés.M.Danforth est républicain, mais il fait partie de ces hommes d'influence qui ont le respect des démocrates autant que des républicains.Cela dit, même si Je président Bush choisissait M.Danforth pour représenter les États-Unis sur la scène internationale, encore faudrait-il qu’il lui fasse confiance et lui laisse une marge de manœuvre plus grande qu’à M.Powell.Ce qui est loin d’être assuré! j- rsansfaconfàledevoir.ca LE DEVOIR FONDE PAR HE.NRJ BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE fluATRÊ Miuivnses SCHtRouAApfS ÇyR PATi*^ ON PgotfRAMMf % ?p
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