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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2005-01-15, Collections de BAnQ.

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DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE 16 JANVIER 2005 L E Le livre parfait de Pascale Quiviger Page F 2 L’art selon Malraux Page F 4 ?LE DEVOIR ?PHOTOS: NORMAND BLOUIN I > es hvres v,v ; .\ ef m Hi , - ' ' mm Elle est la peau des livres.Une peau tannée, cousue, collée, puis estampée à leur nom.De vachette, de buffle ou de mouton, de chagrin ou de cuir raciné, rouge, verte ou marron.À travers elle, les livres respirent et vieillissent.Plus ou moins bien, plus ou moins mal, c’est selon.La reliure des livres est un métier d’art moins pratiqué qu’autrefois.Pourtant, elle jouit aujourd’hui, au Québec en particulier, d’un souffle nouveau, d’un regain d’énergie.Ses artisans, disséminés en quelques écoles et quelques ateliers, rivalisent d’ingéniosité pour donner aux livres le panache qu’on leur doit CAROLINE MONTPETIT epuis le 13 janvier, le centre Materia, de Québec, présente une exposition de livres d’artistes, exposition qui célèbre par ailleurs les 20 ans de la Guilde canadienne des relieurs et des artistes du papier et du livre.On y trouve les livres-fantaisies, les livres- réflexions, les livres-poésie, de Jacques Fournier, d’Edward Hutchins ou de Monique Lallier.À Montréal, sur les murs de l’atelier de reliure La Tranchefile, boulevard Saint-Laurent, on peut admirer les œuvres d'étudiants.Peau d’anguille noire, fendue en son milieu par une fermeture éclair qui s’ouvre sur le corps d’une femme en émoi, pour envelopper Les Infortunes de la vertu, du marquis de Sade.Peau de saumon naturelle pour orner la couverture de La Cuisine retrouvée, ÀLa Tranchefile, on fait de la restauration comme de la création de Marcel Proust La Tranchefile a ouvert ses portes en 1979, sous l’impulsion de sa fondatrice, Odette Drapeau.Trois propriétaires en partagent aujourd’hui la gestion, Odette Drapeau, Isabelle Chasse et Patrick Gri-mond.Outre les étudiants, qui y apprennent les rudiments de l’art en amateurs ou en professionnels, les clients qui en franchissent la porte sont des bibliophiles, des collectionneurs, des entreprises privées ou des institutions publiques.Ce sont aussi, tout simplement des amoureux des livres, ou d’K» livre, qui ont décidé d’offrir à l’objet une jaquette soignée.Les demandes sont variées.IsabeUe Chasse se souvient d’avoir reçu à relier un manuscrit du livre de bord et de marchandises du dernier voyage de Francis Drake.Plusieurs relieurs ont aussi en mémoire l’anecdote d'un nouveau propriétaire fortuné qui désire garnir ses bibliothèques de jolies reliures.vides.À La Tranchefi- le, on fait de la restauration comme de la création.Mais il faut dire, constate Isabelle Chasse, que la bibliophilie n’est pas une pratique ancrée dans la tradition québécoise.Et le Québec n’a honoré cet art ancestral que fort tardivement En fait on s’entend pour dire que la monarchie fran-çaise, qui a longtemps brimé l'imprimerie en Nouvelle-France, n’a rien fait pour que le métier de relieur s’épanouisse id dans toute sa mesure.Car les métiers d’imprimeur et de relieur, voire de libraire, se sont confondus longtemps, de ce côtèd de l'Aflantique.Et les premiers ouvrages qu'a publiés l’imprimeur Fleury Mes-plets, à Montréal au XVIII'siècle, étaient des livres de piété et des almanachs.Son imprimerie était installée près du Vieux-Marché, Beu qu’on appelle aujourd’hui la place Royale, dans le Vieux-MontréaL «La première fabrique de papier est inaugurée en 1807 et la première fonderie de caractères ne sera instaurée que beaucoup phis tard, écrit Jacqueline HaUé dans un article intitulé «La reliure au Québec».Ces imprimeurs-pionniers travaillent dans des conditions miséreuses.As doivent s’approvisionner en Angleterre.» Dans les vieux pays, alors, la reliure a déjà une longue histoire derrière elle.Une exposition sur la reliure, montée par La Tranchefile et qui orne les murs de l’atelier, fait remonter cet art au Moyen Age.Dans les monastères, un ligator, comme on appelle le moine chargé de la reliure, ornait les livres enluminés d’or, d’argent, d’ivoire, de pierres précieuses, de soie et de velours.VOIR PAGE F 2 : PEAU Il faut dire aussi qu’avec une démocratisation de l’éducation, la demande pour des livres bon marché, à la couverture cartonnée et collée, s’est accrue î 1j\ LE DEVOIR, LES SAMEDI ET DIMANCHE 16 JANVIER 2 0 0 5 F 2 Une sublime CHRISTIAN DESMEULES Il n’y a que lui dans cette histoire sans personnages, lui avec ses chiens et sa mère, «un peu de vent, des milliers de tournesols, et le temps étrange dans lequel nous coulions tous, le temps de nos draps défaits, le temps de la vie vide de tout».: Récemment consacré par le prix du Gouverneur général 2004 dans la catégorie «roman», Le Cercle parfait, de Pascale Quiviger, se lit comme un poème et comme une révélation.Et puisqu’il n’est jamais trop tard pour bien lire, personne ne nous en voudra ide souligner, après un concert d’éloges beaucoup trop intimes, les qualités exceptionnelles de ce premier roman.Voilà pour les remords.En une phrase?Une jeune Québécoise échoue un jour en Italie, au bord d’un grand lac, où elle fait la rencontre d’un homme qui lui inspire une passion dévorante, totale, dans laquelle son existence se réduit jusqu’à devenir l’ombre de cet homme.C’est cela, le «cercle parfait».Le mystère sans nom d’un amour qui échappe à la raison, le lieu étroit d’une dé-jx>ssession sans nuances.Entre ses arrivées intempestives et ses départs accablants, un aller-retour transatlantique, l’amant italien finit par incarner à lui seul le plaisir et la douleur, la perte tout autant que la rédemption: «Tu étais le canot de sauvetage me rejetant à la mer.» Une sorte de prologue intitulé «L’exact moment de la soif», exposition d’un thème qui sera par la suite repris, divisé, développé, amorce ce magnifique roman.Une trentaine de pages incantatoires, d’une beauté à faire plier les genoux, mélange subtil de réflexion et de poésie où l’usage du «vous» vient souligner avec éloquence la dépersonnalisation qui est à l’œuvre dans cette passion qui emporte tout.«C’est malgré vous que vous tombez amoureuse.Il faut savoir que, par la fenêtre ouverte, le châtaignier fleuri entre dans votre chambre et que l’eau, partout, a un goût de ci- 1 5 -«'Livres ••- ROMAN QUÉBÉCOIS Le livre parfait?histoire d’amour à l’italienne de Pascale Quiviger SOURCE L’INSTANT MÊME Pascale Quiviger, Prix du Gouverneur général 2004 dans la catégorie «roman», pour Le Cercle parfait.tron.H faut surtout savoir que vous voyez entre les pétales écartés ce que vous n'aviez jamais vu: l’apparent désir des fleurs.Et que vous pressentez enfin en vous-même ce que vous n’aviez jamais pressenti: le pouvoir d’être un bouquet.» Dans cette Italie qui lui échappera toujours malgré elle, bercée par la «désinvolture des siècles», entre les regards appuyés des voisins et sa solitude totale, Marianne la Québécoise sait qu’elle sera à jamais l’étrangère.Dans ce village rond comme une bille, fermé sur lui-même, à l’image parfaite de l’existence de Marco — avec son travail, sa mamma, ses amis et ses chiens —, elle prend la mesure de son désarroi.Une vie satisfaite («la vie contente de Marco»), c'est ce qui échappe précisément à la jeune narratrice, installée à l’auberge locale ou dans une petite maison qui appartient à son amant, prisonnière de son incapacité à se contenter de ce qui est, de ce désir sans fond d’être ailleurs.Elle sait pourtant que le retour au réel est inévitable — tôt ou tard, elle devra reprendre possession d’elle-même.Cette échéance qui flotte à l’horizon de la passion amoureuse représente autant une menace qu’une promesse de délivrance.Et avant de reprendre le cours vivant de sa vie, de l’autre côté de l’Atlantique, «sans s’effacer complètement sous le gris de la ville», elle accumule les images, les sensations, le plaisir.Elle boit l’Italie et s’imprégne de «l’humanisme,bleu de Giotto».Étrangère et simple passante parmi ces villageois immobiles, Marianne finit par comprendre que le mouvement est le propre de la vie.Aussi, en brisant finalement ce cercle parfait, elle réalise qu’elle vient sans doute de choisir la vie pour la première fois: «Le bonheur demande de bouger avec la vie, il exige la rupture des cercles parfaits.» Déjà, avec Ni sols ni ciels (L’Instant même, 2001), un premier recueil de cjnq «histoires courtes pour apprendre à parler» portées par une remar- quable force d'écriture, Pascale Quiviger nous offrait une délicate leçon sur la manière de voir et de vivre.Montréalaise née d’une mère québécoise et d’un père breton, éprise de philosophie, d’art visuel et de l’Italie, où elle s’est installée il y a quelques années.Pascale Quiviger dédie saps rire son roman à «ceux qui parlent aux chiens».A ceux qui savent comme eux, peut-être, avancer avec cet- te confiance animale face à la vie, puisqu’il «y aura à boire et il y aura à manger».LE CERCLE PARFAIT Pascale Quiviger L’Instant même Québec, 2003,180 pages Les enfants échoués écriture est grave et réfléchie du début à la fin.Le roman, poignant, traite de la violence familiale.Une blessure difficile à guérir et qui ne se referme que très lentement.Dans son troisième roman, L’Or des fous, Lise Blouin réussit à parler avec justesse de cette dure réalité en restant proche de l’imaginaire des enfants violentés, mêlant secrets, petites inventions, attentes et souffrances, tentatives pour s’y soustraire avec les moyens qui sont les leurs.Deux cent soixante-cinq pages bien tassées, une histoire racontée «comme un ressort bandé dont personne n’aurait tenté d’enrayer le mécanisme».Une écriture précise, hachée, emportée.La souffrance rugueuse et muette de deux enfants battus mise en images fortes.Les jours familiers d’orage L’histoire commence avec la mort du père, homme silencieux et tourmenté à la fin de sa vie.La narratrice, âgée, ranime sa mémoire.Parfois son regard s’arrête sur la photo fixée au cadre du miroir où une petite fille danse à la corde.«Ai-je pu être cette enfant légère?» Aussi loin qu’elle peut remonter dans ses souvenirs, elle perçoit «la rumeur d’une tempête continuelle planant sur la maison»: les poings de son père, «un homme dépourvu qui n’a appris qu’avec la rudesse», sa mâchoire crispée, ses muscles bandés, ses explosions de colère.Les cris, les coups, le silence de la mère.La petite se blottit contre son frère.Ses sanglots apaisés font place à des tremblements, puis à des coups de pieds ou de poings dirigés vers un ennemi imaginai- re: «J’l’haïs, JThats, JThaïs.» Elle jure de toujours hurler, de ne pas garder le silence comme son frère.À dix ans, sa tête est durcie par les coups, son regard, froid et droit comme une lame d’acier.«Pourriez-vous trouver dans ce visage enfantin un endroit, une parcelle de peau, une simple cellule où déposer un baiser si petit soit-il?» Prisonniers de l’univers clos de la famille, le frère et la sœur bâtissent de hautes murailles pour se protéger de cette violence au sein de leur famille, où «l’été orageux ne passe jamais», où on marche «sur un tapis de verre partout dans la maison».Ils plongent dans un univers imaginaire élaboré à partir de leur collection d’or — en réalité de petits cristaux de pyrite de fer — qu.'ils extraient d’une vieille mine désaffectée.Ils affublent chaque membre de la famille de noms curieux, véritable halo d’intimité contre l’adversité: Azurite, baptisée par son frère «pour désigner chacune des prunelles enjouées de ses yeux», Ammonite (frè- re), du nom de certains fossiles de la lointaine ère secondaire, Plu-tonique (père) pour magma en fusion, lave de volcan impossible à arrêter, Serpentinite (mère) parce que les enfants ne savent jamais s’ils peuvent compter sur elle ou s’ils doivent se méfier, Antigorite et Chrysotile (sœurs), et enfin, «le bébé c’est le bébé».Ils inventent un langage codé «pour dire des choses pas disables, mais pas explicables non plus».Par exemple, quand le père redouble de violence, ils disent «grenu» pour indiquer comment ils ont mal après les coups; ils crient «aragonite» pour exprimer la douleur qui court sous leur peau.Texte maillé serré Azurite partage avec son frère une vie de dissimulation, de secrets, de complicité.Le grenier devient leur appartement privé.Après leurs expéditions dans la grotte — «le lieu de l’enchantement» —, ils alignent sur des poches de jute leurs pierres la- vées, brossées, un véritable trésor.Le grenier commence à ressembler à un véritable musée.Ammonite prend souvent des livres à la bibliothèque pour apprendre de nouveaux mots.Le grenier se peuple peu à peu de mots savants, compliqués.Azurite «repasse les mots nouveaux, les fait sauter sur sa langue, certains lui arrachent encore quelques rires joyeux».L’enfance se termine.Ammonite a quinze ans et le cœur en furie.Pour engourdir son cauchemar, il s’absorbe dans les études.Azurite, treize ans, abusée par son père, se mure dans un silence ravageur.Elle «tend le cou en quête d’oxygène».La seule évocation du mot «amour» «lui remet une lourdeur au cœur.Elle n'a encore rien apprivoisé de l’amour».Le père, enfant agressé lui-même, a semé autour de lui la détresse et la solitude.«Un grand livre commence longtemps avant le livre.Un livre est grand par la grandeur du désespoir dont il procède, par toute cette nuit qui pèse sur lui et le retient long- temps de naître», écrit Christian Bo-bin dans Une petite robe de fête.Aux dernières lignes du récit la narratrice nous confie que cette histoire est née d’une profonde nécessité intérieure.«Toutes les deux, l’une patiente, l’autre impétueuse, nous sommes parties dans une quête de réconciliation qu'il nous a fallu apprivoiser mot à mot.» L’écriture de fiction au féminin, comme une porte dérobée pour canaliser la puissante charge émotive d’une insoutenable douleur.L’Or des fous dit les meurtrissures de l’enfance maltraitée, murmure l’abandon et le manque d’amouf.Un texte maillé serré et à la fols limpide, une œuvre bouleversante qui a remporté le prix Alfred-Des-rochers 2004 décerné par l’Association des auteurs des Cantons-de-l’Est L’OR DES FOUS lise Blouin Triptyque Montréal, 2004,265 pages Suzanne Giguère ROMAN QUÉBÉCOIS Viser la tête PEAU Un lecteur averti voit toute la différence entre un livre bien relié et un livre de mauvaise qualité LOUIS CORNELLIER Cela commence comme un roman policier.Guillaume Thi-vierge et son père Félix, un prêtre défroqué devenu petit entrepreneur en construction, s’affeirent à réparer des toits de logements à Montréal.Par un puits de lumière, le fils aperçoit soudain une scène bouleversante: un homme tente de violer une femme.Par instinct, le fils fracasse la vitre avec son marteau et un éclat de verre tue net l'agresseur.La fille, elle, se sauve.Qui est-elle?Comment expliquer sa réaction?Guillaume, obsédé pin le drame et le visage de la mystérieuse victime, fera enquête.Entré en littérature en 1997 avec un roman au titre coup-de-poing, Où il est le petit Jésus, tabamac?.qui racontait les aventures d’un curé-ouvrier de campagne des années 1970, Yves Chevrier, dont l’itinéraire personnel ressemble en plusieurs points à celui de son personnage Félix, poursuit avec Ils viseront ta tête, une série romanesque au contenu très original.T çs Éditions Actes Sud et les .L/Éditions du Rouergue ont annoncé leur fusion.Actes Sud est maintenant propriétaire de la totalité du Rouergue.Ce dernier devient donc à 100 % une filiale d’Actes Sud, dont l’ancienne directrice, Danielle Das-tugue, conserve Ig contrôle au quotidien.Les Éditions du Rouergue employaient 15 per sonnes et réalisaient un chiffre d’affaires net de 2,5 millions d’euros, soit près de quatre millions de dollars canadiens.Créées en 1984, les Éditions du Rouergue comptent quelque 200 titres à leur catalogue: beaux f Thriller psycho-politique rédigé dans un esprit post-11 septembre 2001, ce quatrième roman d’une série de cinq met en question, en fait nos rapports individuels avec la transcendance et leurs incidences sur nos engagements dans le monde en ce début de millénaire troublé.La fiHe que cherche Guillaume, il le découvrira, appartient à une secte.Les Judithéens, c'est leur nom, s’inspirent du livre de Judith, tiré de l’Ancien Testament, qui évoque la déroute de l’armée de Na-buchodonosor à la suite de l'intervention de l'héroïne hébraïque.Du inonde bizarre, comme on dit Or, pour arracher la fille à leur influence, Guillaume devra les fréquenter.Jeune adulte révolté de type alter-mondiaUste et plutôt agnostique, le fils Thivierge prendra conscience, à leur contact, que ces gens-là, qu’il trouve illuminés, partagent avec lui ime même volonté de s’engager radicalement pour changer le monde.Auraient-ils raison?Le père, ex-curé devenu agnostique et vaguement désillusionné, s’inquiétera de plus en plus, avec livres, publications pratiques, une collection littéraire, «La Brune», et un secteur pour enfants.En 2000, approchant de l'âge de la retraite, Danielle Dastugue avait déjp cédé 20 % de son capital des Éditions du Rouergue à Actes Sud.«La fusion s’inscrit dans la continuité de ce premier rapprochement», explique-t-elle aujourd’hui.Les deux équipes commerciales travaillaient déjà de concert.Dès la prochaine rentrée, plusieurs titres des Éditions du Rouergue passeront sous étiquette Actes Sud, notamment au sein de la collection de poche «Babel».raison, de l’attitude de son fils.Ne lui ressemble-t-il pas, au fond?N’est-ce pas son ancien Dieu qui fascine son fils?Mais comment n'a-t-il pas su le prémunir contre une telle tentation qui, cette fois, prend un visage franchement douteux?Dépassée par une tournure des événements quelle n'a vraiment pas vu venir, Julie, la blonde de Guillaume, est, quant à elle, un peu jalouse et franchement désemparée.Joviale fonceuse imbue d’un néolibéralisme chantant, la jeune fille ne pourra que laisser aller.Celui qu’elle aimait n'appartient plus au même monde qu'elle.Mais qui se trompe?Les inquiets, qui négocient avec l’air du temps, ou l’obsédé de la vérité, engagé dans une quête extrême et périlleuse?Un univers riche Yves Chevrier n’est pas un grand styliste, mais il possède l'art de raconter une histoire et d'installer un univers très riche en humanité.Les deux ramasseurs de scrap qu’il fait vivre dans les marges de ce roman Danielle Dastugue affirme croire «aux rapprochements qui permettent l’addition des compétences et des énergies.Mais je pense que ces rapprochements ne peuvent être efficaces qu’avec un adossement à un éditeur indépendant de taille nettement plus importante.Cela offre à l’ensemble l’occasion de mettre en place une autre façon de travailler.Nous pouvons ainsi proposer à nos auteurs et à nos équipes des perspectives plus larges.» Poursuite contre La Martinière-Le Seuil Les Éditions Liana Levi pour- sont de magnifiques figures des grandeurs et petitesses de la condition humaine ordinaire.La jeune beauté néolibérale qu'il met en scène possède la fraîcheur de l’innocence et émeut Son Guillaume le Conquérant donquichottesque dérange nos certitudes.Son Félix, enfin, personnage pivot de l’œuvre, catholique combattant recyclé en humaniste veilleur, réconforte sans rien imposer.Ils viseront ta tête, au passage, traite de féminisme, d’impérialisme américain, de délires religieux, mais aussi, et surtout de la fragile et indéracinable quête de vérité au cœur de l’homme.Rendu méditatif par les événements, Félix Thivierge se souviendra soudain d’une phrase de Fernand Dumont «Si vous vous engagez, que ce soit avec tendresse.» Ce roman, et c'est pour ça qu’il est beau, ne dit pas autre chose.ILS VISERONT TA TÊTE , Yves Chevrier Editions du Cram Montréal, 2004,254 pages suivent à leur tour le géant La Martinière-Le Seuil pour réparations de préjudices fiés aux dysfonctionnements du réseau de distribution de l’ensemble, Volu-men.Selon Liana Levi, non seulement Volumen n’est pas encore en état de marche, mais le groupe La Martinière-Le Seuil a rendu inaccessible les comptes de janvier.Plusieurs éditeurs, dont Christian Bourgois, José Corti et Minuit, ont déjà fait savoir qu’ils engageraient un recours judiciaire pour des raisons semblables.Le Monde et Le Devoir SUITE DE LA PAGE F 1 «Pour les ouvrages de moindre importance, une matière plus modeste est utilisée: la peau», lit-on encore sur les tableaux de cette exposition.La fin du Moyen Âge voit naître l'imprimerie.Le format des livres rapetisse.Fin XVII' siècle, la reliure janséniste propose des livres sans aucun ornement, en maroquin, mais à la doublure ornée et dorée.Au XV11I' siècle, une période faste, riche en reliure dite à dentelle et en almanachs royaux, précédera l’ère révolutionnaire, plus sévère.Le XIX' siècle est porté par le perfectionnement technique, explique encore l’exposition.Une anecdote, relatée dans le journal L'Impartial, de 1902, et repiquée sur Internet, fait sursauter en 1813.Jacques Delille, grand traducteur des Géorgiques, de Virgile, décède.Son avocat, Edmond Leroy, qui assistait à l’embaumement, aurait obtenu de l’embaumeur deux morceaux de la peau du traducteur, avec lesquels il relia un exemplaire des Géorgiques traduit par Dellile! C’est ce qu’on appelle avoir une œuvre dans la peau.Le XX' siècle marque quant à lui la venue des concours et de l’innovation artistique.Au Québec, ce n’est qu’au cours de la deuxième moitié du XX' siècle que Louis-Philippe Beaudoin ouvre un atelier de reliure et de formation, où l’on pratiquera à la fois la reliure et la dorure, la marbrure et l’enluminure.Une nouvelle école est formée, qui deviendra ensuite partie prenante de l’École des arts graphiques.Suivent les Pierre Ouvrard et Jacques Blanche!, puis les relieurs qui dirigent des écoles aujourd’hui, d’Odette Drapeau à Lise Dubois, en passant par Nicole Billard, Monique Lallier et Robert Jourdain.Mais François Côté, président de la Confrérie de la librairie ancienne du Québec, ne crie pas victoire pour autant.Si le nouveau marché existe, c’est en partie parce que des institutions, comme les bibliothèques publiques ou les commissions scolaires, ont fermé leurs départements de reliure, pour cause de compressions budgétaires, et qu’elles font faire leur reliure ailleurs.D faut dire aussi qu’avec une démocratisation de l’éducation, la demande pour des livres bon marché, à la couverture cartonnée et collée, s’est accrue.Et les éditeurs sont parfois partagés entre le goût de publier de beaux livres bien reliés et l’idée qu’ils devront en envoyer une certaine quantité d’invendus au pilon pour destruction.Pourtant, un lecteur averti voit toute la différence entre un livre bien relié et un livre de mauvaise qualité.Alors qu’une Histoire de France, datée de 1822 et imprimée sur papier chiffon, chante encore quand on la feuillette, des Fables de La Fontaine imprimées sur papier de bois et publiées en 1906 s'apprêtent déjà à tomber en poussière.Au fond de l’atelier de La Tran-chefile, là où l’on choisit les peaux de reliure, ce sont essentiellement des cuirs de vachette qui présentent leur robe.Mais l’atelier s’est aussi distingué par l’usage qu’il fait des peaux de poisson, de la pKe, du saumon, de l’anguille, tannées en Gaspésie.La peau de porc, plus souple mais impossible à estamper, sert aussi parfois comme page de garde des livres.«IJ faut faire avec ce qui est disponible», note Isabelle Chasse.La reliure donne et redonne vie aux livres.Souhaitons-leur maintenant d'être à la hauteur de leur peau.Le Devoir Actes Sud et Le Rouergue fusionnent LE DEVOIR.LES SAMEDI 15 ET DIMANCHE l H JANVIER 2 0 0 5 F ?r POÉSIE Répondre à la démesure du monde DAVID CANTIN André Brochu a reçu le prix littéraire du Gouverneur général 2004 pour Les Jours à vif.Après L’Inconcevable (Trois, 1998) et Je t’aime, je t'écris (Québec/Amérique, 2000), ce recueil surprend à bien des égards.Lorsqu’on le compare aux livres des autres finalistes, il dévoile un étrange lyrisme qui finit par convaincre même s’il n’est pas toujours facile à apprécier.Plutôt que de suivre un ton ou une ligne directrice, cette langue instable s’éloigne d’une quelconque uniformité intrinsèque.On retrouve des poèmes brefs, des proses ainsi que de longues suites qui s’enchaînent telles de nombreuses variations sur l’existence au quotidien.Dès les premières pages, ce livre inaugure une rythmique nerveuse et incertaine.On entre ainsi dans un monde où la tendresse cohabite avec l'ironie la plus féroce, où l’érotisme côtoie une peur toujours fugitive.Dans Les Jours à vif, André Brochu penche du côté obscur des choses afin de sortir indemne d’une vie qu’il résume à travers les gestes les plus simples.Il revient ici sur des souvenirs qu’il porte tel un fardeau.Entre le désir de l’autre et l’absurdité d’une époque, le poème résume une forme d’abandon par rapport au temps qui s’achève: «/e tourne sur moi dans mon cercueil / comme un fou canard à la broche./ Que ne suis-je douce fumée / de cendre à moitié envolée / et balancée entre les airs, / figure arithmétique / sans poids ni rêve, /juste un sourire des lignes?/ C'est fou, la mort au plancher, / dans la réclusion qui ronge./ Je voudrais me répandre au vent / du large, me hisser / plus haut que moi, / là où l’on imagine Dieu / anéanti d’apesanteur.» Un tel extrait montre à quel point ces «états du moi» parlent avec justesse d’une remise en question presque constante.De plus, cette parole se rattache foncièrement à une certaine tradition poétique (de Hugo à Valéry) qui n’a rien de vieillot ou de désuet.Curieusement, Brochu arrive mieux que jamais à défendre une voix aussi riche que complexe.D’une drôle de façon, Les Jours à w/montre à son meilleur un poète québécois à l’écart des modes et des chapelles littéraires.La voix de Thibodeau Après avoir écrit de longues fresques éblouissantes sur l’errance et l’exil, Serge Patrice Thibodeau semble revenir à une parole beaucoup plus serrée dans Que repose.De 2001 à 2003, de Montréal à la Pologne, ces poèmes inaugurent un nouveau cycle dans l’œuvre singulière de SOURCE ÉDITIONS XYZ André Brochu l’Acadien.Au fil des onze sections du recueil, une voix progresse lentement dans la solitude des lieux.Ce carnet de voyage passe au crible les rencontres, les villes, la mélancolie et la quiétude dans un ton des plus elliptiques.Une voue s’émerveille devant l’insolente beauté qui rayonne de toute part.Des endroits inconnus évoquent l’enfance à Rivière-Verte, la dépossession ou encore l’absence la plus douloureuse.Bien que cette parole au bord du chuchotement se situe à l’opposé de livres tels Le Cycle de Prague (Editions d’Acadie, 1992) et Le Quatuor de l’errance (THexagone, 1995), on reconnaît ici une justesse dans l’évocation de ce corps au repos: «Un seul geste / une seule genèse / ne faut-il pas apprendre à lire / écrire / est si maladroit / n’existe que le geste / échoué / un soir de grands vents.» Avec un certain recul, l'œuvre de Thibodeau gagne dans cette économie de mots et d’images.Loin d’un lyrisme nerveux qu’il maîtrise avec audace dans d’autres recueils, Que repose s’attache à un émerveillent instinctif qui n’a rien de caricatural.On sent dans ce vers court une véritable tension poétique capable de surprendre et de relacer la phrase.Par ailleurs, cette quête métaphysique ne se replie jamais sur elle-même avec complaisance.Encore une fois, Serge Patrice Thibodeau met à l’épreuve une démarche des plus exigeantes.LES JOURS À VIF André Brochu Trois, collection «Opale» Laval, 2004,114 pages QUE REPOSE Serge Patrice Thibodeau Editions Perce-Neige, collection «Poésie» Moncton, 2004,115 pages Sons L\ direction de Fernand Ouellet Quelle formation pour l’éducation à la citoyenneté ?à la Itoyenneté?«.préparer les jeunes à participer à la vie et à la délibération démocratiques dans une société marquée par le pluralisme culturel et religieux constitue une finalité est entielle de l’éducation à la citoyenneté.» ISBN 2-7637-8091-1 262 pages ?28 $ À paraître ce printemps également sous la direction de Fernand Ouellet Quelle formation pour l’éducation à la religion ?{ I es Editions FUI IQRC M.6V> *111 poMc KWlU, • Iilct. ww w.ulaval .ca pul ITTERÂTURE LITTÉRATURE AMÉRICAINE La Beat Generation enfin définie MICHEL LA PIERRE Vers 1960, dans une fête, un critique littéraire, qui passe plus ou moins pour un intellectuel de gauche, prend le poète Allen Ginsberg à part et hii dit «Tu es un type bien.Si seulement tu te débarrassais de tes petits copains Kerouac et Burroughs, tu pourrais réussir une carrière d’écrivain à New York.» Ginsberg l’envoie paître.A l'heure actuelle, peu de gens savent exactement ce qu’était la beat generation, courant littéraire très éclectique et très vague, mais ce critique, Norman Podhoretz, savait presque dès le début ce qu’elle n’était sûrement pas: la voie royale de la réussite américaine.Aujourd’hui, Podhoretz, l’un des chefs de file du néoconservatisme états-unien, compte parmi les plus ardents défenseurs de la doctrine de la guerre préventive formulée par George W.Bush.Le principal détracteur des écrivains de la Beat Generation les définit indirectement en personnifiant leur parfait contraire.On comprend plus que jamais pourquoi Podhoretz considère depuis longtemps Kerouac, Burroughs et Ginsberg comme les grands responsables du cancer moral de la contre-culture qui, selon les néoconservateurs, aurait rongé l'Amérique entre 1960 et 1980.En nous présentant seize écrivains de la Beat Generation dans une excellente anthologie, le Français Gérard-Georges Lemaire nous montre, sans s’en apercevoir, que Podhoretz n’a pas perdu son temps en condamnant Kerouac, Burroughs et Ginsberg.Si négatif soit-il, le jugement émis par le néoconservateur confirme l’importance historique sans précédent de la Beat Generation.Il donne aussi une bonne idée de la cohérence qui, en réalité, caractérise ce courant littéraire.Souvent méconnus, les nombreux textes que Lemaire a choisis paraissent très disparates, SOURCE RADIO-CANADA Jack Kerouac lors de son célèbre passage à l'émission Le Sel de la Semaine, à Radio-Canada, en 1967.mais Podhoretz y décèlerait, non sans raison, une confondante unité.En 1958, dans Esquire, Kerouac associait la Beat Generation à la «vision d'une génération de bohèmes illuminés et fous».Cette vision quasi surnaturelle, John Clel-lon Holmes, Allen Ginsberg et lui-même l’avaient eue à la fin des années quarante, précisait-il.Comme le souligne Lemaire, Kerouac donnait du courant littéraire une interprétation mystique que ne confirment pas nécessairement les œuvres de figures agnostiques, tels William S.Burroughs et Lawrence Ferlinghetti.Même si elles sont réelles, les divergences philosophiques entre Kerouac et ces autres membres de la Beat Generation importent peu William Burroughs en 1989.HUMANITAâ MAURICE JONCAS Cantüènes et Chants de mer CANTILÈNES ET CHANTS DE MER Maurice Joncas Ces poèmes épousent le temps, ont couleur de tendresse, parfois de chagrin, et sentent bon le varech, la mer, le sable.Mais ils ont surtout parfum d'un bien beau pays, la Gaspésie.Ils se veulent des semences de silence.Les poèmes sont accompagnés de 7 illustrations en couleurs.Poèmes, 168 pages, 24,00 $ LES FILMS D'AURÉLIE Maurice Elia Les films d’Aurélie, ce sont tous des hommes.À tous ceux qui ont partagé son lit, elle a donné des noms de films qu'elle a inscrits sur des fiches et qu'elle a classés alphabétiquement.À 33 ans, Aurélie ne s'est pas encore remise de la mort accidentelle de son père, critique de cinéma à Montréal.Certains noient leur chagrin dans l’alcool, Aurélie a choisi de se doper au sexe.Roman, 224 pages, 21,95 $ MOUfrCO ËllO Les films d'Aurélie Marie Flore Domond Ecrivain en résidence ST 1!
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